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■ 8 actualité En famille d’accueil après 18 ans ■ 11 développement durable Donner une seconde vie aux objets ■ 14 culture Le second souffle de la Cie l’Echappée ■ 17 dossier Deux siècles de voirie départementale ■ 26 territoire de l'Aisne Le Valois à vol d’oiseau 182 Janvier/Février 2011/ le magazine du Département de l’Aisne

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Voirie : à votre service


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sommaire

l'Aisne 182 magazine du Département - Janvier/Février 2011

4/9 actualité > Enfance : les nouveaux-nés de l’Aisne à la loupe > Tourisme : l’Aisne disponible sur IPad > Economie : une nouvelle ère pour le laboratoire d’analyse départemental > Sport : Emmanuel Lanchais, champion de kayak pour le plaisir > Social : En famille d’accueil après 18 ans > Art et mieux être au château d’Epaux-Bézu

10/11 développement durable > Hôtel à insectes : belle participation > La seconde vie des objets

12 tribune 17/21

dossier

Les routes départementales, créées par Napoléon 1er en 1811, sont entretenues, bichonnées, améliorées, par le Conseil général, dont 400 agents sont au service des usagers.

13/16 culture > Théâtre : l’Echappée cartonne avec sa valise > Art plastique : Jean-Marc Brunet, passeur d’émotions > Spectacles : tout sur le Printemps des conteurs et sur les Voix d’hiver

17/21 dossier Deux siècles de voirie départementale

22/23 ils font bouger l'aisne > Soissons : 750g.com, la blanquette sur le web > Nouvion-le-Vineux : le théâtre à Coulisses distingué > A-Music : toute la musique que James…

24 un temps d'avance > Préparer l’arrivée de la télévision numérique terrestre

25 histoire > 1912 : Henri Guernut prend la tête de la Ligue des Droits de l’Homme

26/29 territoire de l'Aisne > Villers-Cotterêts

30/31 les rendez-vous > Théâtre, expo, concert : le meilleur des deux prochains mois.

32 l’image > Le Printemps des conteurs

Le magazine du Conseil général de l’Aisne n° 182 de Janvier/Février 2011 / 240 000 exemplaires / Conseil général de l'Aisne - rue Paul Doumer 02013 Laon Cedex - Secrétariat Journal l'Aisne 03 23 24 86 99 - Fax : 03 23 24 62 84 / contact@cg02.fr Directeurs de la publication : Yves DAUDIGNY / Philippe MIGNOT - Responsable communication : Pascale CARTEGNIE - Rédacteur en chef : Bruno WALTER - Rédaction : Pascale CARTEGNIE / Bruno WALTER / François-Xavier DESSIRIER / Yves COURAUD - Photos : François-Xavier DESSIRIER / Bruno WALTER / Céline WALTER - Réalisation graphique : Christian JOMARD/Service communication Conseil général de l’Aisne - Secrétariat : Annie BEAUVILLAIN - Imprimerie : Groupe MORAULT - Distribution : ADREXO Imprimé sur papier 100% recyclé


éditorial

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Il y a deux siècles,

Napoléon Bonaparte décide de confier la gestion des routes secondaires de l’Empire aux départements. L’Etat garde les grandes voies de communication, qui relient Paris aux principales villes de province, mais comprend que la proximité des élus du Département avec la réalité des habitants garantit le développement d’un réseau correspondant aux besoins concrets des territoires. Depuis deux cents ans, la plupart des routes de l’Aisne sont entretenues, améliorées, construites, par le Conseil général. Parce que nous sommes tous des usagers de la route, la voirie départementale incarne, très concrètement, ce qu’est le service public. Aujourd’hui, plus encore qu’en 1811, pouvoir se déplacer est indispensable. Les nuits d’hiver, des hommes du Département sillonnent les routes enneigées ou verglacées pour rendre viable un réseau qui s’étend sur plus de 5 400 kilomètres. Bien sûr, il est impossible de déneiger l’ensemble des routes en quelques heures ; mais le plan adopté cet hiver encore par le Conseil général organise des circuits qui ne négligent aucune voie.

Le service public, il faut bien le comprendre, n’est pas un contrat passé entre une institution - le Conseil général - et chaque individu. C’est la mise en œuvre de moyens communs, au service de l’ensemble de la collectivité. Il suppose - et c’est là sa grandeur - la primauté de Aujourd’hui, la solidarité sur l’individualisme. Ainsi, les routes plus encore qu’en 1811, principales sont déblayées avant les routes sepouvoir se déplacer condaires, parce qu’elles sont empruntées par le est indispensable. plus grand nombre. Ce n’est qu’un exemple. Le Département permet à plus de 30 000 enfants de se rendre au collège ou au lycée gratuitement, en empruntant les transports en commun. Et celui qui n’a pas d’enfant ? Il fait partie de la communauté, et participe au vivre ensemble. Le Conseil général, avec ses 2 500 agents, est aussi aux côtés des enfants ; des personnes âgées ; des handicapés… La marchandisation du monde nous a mené à une crise dont nous payons le prix. Le service public rappelle, comme écrivait Apollinaire, qu’il est “grand temps de rallumer les étoiles” de la solidarité.

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Yves DAUDIGNY Sénateur de l’Aisne Président du Conseil général


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actualité

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santé 6, 9, 12, 15 et 18 ans, l’âge de montrer ses dents !

M’T dents

cuisine

Recettes en vidéo sur aisne.com Partenaire et soutien du salon du blog culinaire, qui a eu lieu à Soissons les 20 et 21 novembre, le Conseil général de l’Aisne vous propose désormais de découvrir sur le site www.aisne. com des vidéos de recettes de cuisine concoctées par l’équipe de 750g.com, sous la houlette de Chef Damien. En trois minutes, vous apprendrez par exemple à faire - comme en décembre un magret de canard au foie gras. Mais attention : ce n’est pas un grand chef qui présente et exécute la recette, mais un bloggueur culinaire. Pour la première, c’est Pierre, du blog “fraîchement moulu”, qui est aux fourneaux, dans la “kitch’n” du lycée professionnel de Soissons. En début de chaque mois, rendez-vous dans la rubrique “gastronomie” du site www.aisne.com.

Depuis quatre ans, l’Assurance Maladie organise une campagne de prévention bucco-dentaire à destination des enfants et adolescents. Un mois avant son anniversaire, à 6, 9, 12, 15 et 18 ans, qui sont des âges clefs retenus par le plan national de santé publique, chaque enfant reçoit un bon de prise en charge avec lequel il peut se présenter chez son dentiste. La famille n’a rien à régler : la facture est adressée directement par le praticien à la CPAM qui le règlera. Les soins apportés à cette occasion sont remboursés à 100% s’ils sont effectués dans les 6 mois qui suivent cette consultation (hors appareils d’orthodontie et prothèses). Cet examen - qui ne remplace pas les consultations habituelles, conseillées tous les 6 mois, même sans douleur, explique le Dr Lenfant, responsable du projet M’T dents pour le département de l’Aisne, c’est vraiment un moment particulier où le dentiste va pouvoir faire le point sur la prévention : fréquence et méthode de brossage, habitudes alimentaires. Aujourd’hui 10 000 enfants bénéficient de ces examens préventifs. Ils sont pourtant 30 000 à être invités… et ce serait vraiment bien que tous se rendent à ce rendez-vous gratuit,

Après chaque naissance, la Protection maternelle et infantile (PMI) du Conseil général reçoit un “certificat de santé du 8e jour”.

80% des enfants ont des petits problèmes dentaires.

regrette le Dr Lenfant, nous avons constaté que 80% d’entre eux présentaient des petits problèmes dentaires !

Les nouveaux-nés à la loupe 6 896 enfants sont nés dans l’Aisne en 2008. Ou plus exactement, sont nés de parents axonais : près d’une femme sur cinq choisit d’accoucher dans un département voisin : la Marne et le Nord, principalement. En moyenne, les mères sont âgées de 28 ans. S’il s’agit d’un premier enfant, cet âge tombe à 25,7 ans. A noter que l’on dénombre environ 80 mamans adolescentes, un peu plus de 1% des naissances. De l’autre côté, la tendance à des maternités plus tardives mises en avant dans les journaux “people” n’est pas franchement marquée. Les mères âgées de plus de trente-sept ans sont 5,9 % ; elles n’étaient pas moins nombreuses en 2003. Quand aux quadragénaires, elles sont 1,7 %. Un enfant sur cinq naît par césarienne. C’est notamment le cas, la plupart du temps, des jumeaux et triplés (3 % des naissances dans le département). Les prématurés sont plus nombreux dans l’Aisne (8,1 %) que la moyenne française (6,1 %), avec des secteurs géographiques plus sensibles que d’autres le nord de la Thiérache. On observe également de fortes disparités entre les cantons pour la question de l’allaitement : 27 % à Guise, seulement, pour une moyenne régionale de 46 % (et 64 % au niveau national) mais des pointes à plus de 50 % dans le canton d’Aubenton, lui aussi situé en Thiérache, tout comme dans l’arrondissement de Château-Thierry.


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tourisme

Center parcs et l’économie locale Depuis son ouverture en 2007 à l’Ailette, Center Parcs attire chaque année environ 300 000 visiteurs, pour un millions de nuitées. Des visiteurs qui consomment également, pour une partie d’entre eux, hors du parc. L’Agence départementale de tourisme de l’Aisne (ADRT) vient de lancer une mission dont le but est d’évaluer les retombées indirectes et immatérielles, avec les impacts positifs sur l’économie locale liés à l’afflux de nouveaux clients.

L’Aisne sur Ipad

Ce magazine est réalisé par la société marseillaise Vox in The Box, spécialisée dans la visite interactive. “Nous avons choisi de commencer par l’Aisne pour sa qualité et ses innovations constantes en matière de tourisme” souligne l’équipe de Vox in The Box, qui connaît bien le département pour avoir réalisé l’ensemble des onze visites audio guidées proposées par l’Agence départementale de tourisme (ADRT, ex-CDT). Ces visites sont d’ailleurs toutes reprises sur l’Ipad, avec leurs vidéos

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étude

Les possesseurs de la tablette numérique peuvent découvrir les richesses touristiques de l’Aisne sur Ze Visit Mag. Le département est ainsi le premier à faire sa promotion sur l’IPad.

L’IPad, la tablette numérique d’Apple, est l’objet branché du moment. Et que trouve-t-on, sur ce dernier gadget électronique à la mode ? L’Aisne, bien sûr. L’application s’appelle “Ze Visit Mag” et se présente comme un magazine touristique classique. Au fil des pages, visites, découvertes de gîtes, d’activités… Rien que du classique, sauf que les pages sont interactives. Il suffit d’effleurer l’écran tactile pour visionner des vidéos, voir des photos, entendre des reportages...

actualité

L’Aisne est le premier département présent sur la tablette IPad.

promotionnelles. Les possesseurs d’IPhone pouvaient, déjà, télécharger les visites axonaises, également disponibles sur le site www.audio-guide-aisne.com. Cette nouvelle façon de découvrir l’Aisne, moderne et interactive, séduit de plus en plus. “Nous

avons d’excellents retours de la part des touristes, explique Florence Tabart, chargée de mission à l’ADRT. Ce sont des supports de visites ludiques qui plaisent énormément, et dont se servent aussi les écoles pour leurs visites scolaires.”

Des clip élus Licorne d’or Les vidéos de promotion des visites audio guidées de l’Aisne se distinguent par leur qualité mais aussi par leur humour, leur ton décalé. C’est ce qui a séduit le jury du Festival international du film touristique. L’Aisne a gagné une Licorne d’Or, la récompense suprême. 64 films étaient en compétition, représentant 8 pays.

L’enquête va durer un an, autour de trois axes : une étude de comportement des clients de Center Parcs, à partir d’un questionnaire ; une étude financière portant sur leurs dépenses réalisées à l’extérieur ; une enquête quantitative et qualitative sur les retombées médiatiques. Autant d’éléments objectifs qui permettront, très précisément, de connaître l’impact du Center Parcs sur l’économie locale. Les résultats seront connus en novembre 2011.

Halte aux violences conjugales Dans l’Aisne, l’an dernier, deux femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ; plus de 1 500 plaintes ont été déposées pour des faits de violence conjugale. “Et encore, on estime que seule une victime sur dix ose porter plainte” assure Claude Dufour, président du CIDFF 02 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles). Dans le cadre de la Journée internationale de l’élimination de la violence faite aux femmes, le réseau axonais est allé à la rencontre du plus large public possible, dans la galerie marchande d’un hypermarché laonnois. Le Conseil général de l’Aisne, à travers les agents de la CIPAS de Laon, s’est impliqué largement dans l’opération. Pour Véronique Vériaux, la responsable de la CIPAS, “l’intérêt, c’est de toucher à la fois les victimes potentielles, mais aussi leurs proches, leurs familles, pour leur dire que les situations de violence ne sont ni normales, ni acceptables.” contact : CIDFF 02 : 03 23 79 30 14 Numéro national violences conjugales : 3919


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actualité

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économie Laon

bougies Cadeaux d’anniversaire à Aisne Développement Le LDAR traite 220 000 échantillons par an.

Aisne développement a 20 ans. Le bras économique du Conseil général a soufflé ses bougies au cours d’une soirée où des bonnes nouvelles ont été dévoilées. En voici quelques unes. William Saurin, d’abord, a annoncé la construction d’une usine de 7 000 m² sur le pôle du Griffon de Laon, pour la fabrication de plats cuisinés. L’investissement se monte à 12 ME, avec la création de 30 à 40 emplois rapidement. Camille Fournet, à Tergnier, fabrique des bracelets de montre de luxe pour la haute industrie horlogère mondiale. La marque se porte bien et va investir 1,8 ME dans un nouvel atelier. 35 embauches sont prévues, sur trois ans. Le pâtissier industriel Florepi, à Guignicourt, devrait recruter quinze personnes et investir 4 ME sur son site, pour le stockage, la logistique. On ne présente plus Tereos, le leader du sucre. Un nouvel investissement a été annoncé, pour produire de la bétaïne, sur le site de sa sucrerie-distillerie d’Origny-Sainte-Benoîte. Enfin, Bigmat, bien connu des artisans et bricoleurs, va installer à Château-Thierry, sur la zone de l’Omois, son siège administratif et sa base logistique.

Recherche et développement

Sur le Pôle du Griffon, au nord de Laon, une ère nouvelle commence pour le Laboratoire départemental d’analyse et de recherche (LDAR), ses partenaires et ses clients.

“Un client regarde avant tout compétent.” votre capacité. Dans nos anciens Fort d’une expérience plus que locaux, malgré des contrôles percentenaire, le LDAR intervient manents, un doute planait...” dans 5 domaines : environnePour Hiazid Bélabbès, responment, agriculture, santé animale, sable du Pôle “Relation clients et santé humaine et transfert de qualité” du LDAR, l’inauguration technologie. Il traite annuellement en octobre dernier des 6 000 m2 quelques 220 000 échantillons ultra modernes du Pôle de repour plus de 20 000 clients basés cherche et de développement du sur le grand quart nord ouest de Griffon a permis de montrer beaula France. “Le LDAR nous procoup de choses. “Nous sommes pose une palette de service qui aujourd’hui sur une plateforme va au delà des simples analyses réunissant toutes les compébactériologiques, précise Nicolas tences appuie-t-il. Partenaire Fischer, dirigeant de la société historique, l’unité Agro-Impact de l’INRA est à nos côtés ainsi que l’Institut technique de la betterave, mais aussi le Groupement de déNous ne fense sanitaire de l’Aisne (GDS), les voulons pas bureaux d’étude GES devenir un et Sorange spécialisés en gestion et prosupermarché tection de l’envirode l’analyse. nement et l’agence Aisne développement. Sur des aspects techniques comme des questions de financement, nous pouvons aiguiller qui le souhaite vers un partenaire

Florépi à Guignicourt, spécialisée en pâtisserie surgelée. C’est aussi du conseil et des audits qui impliquent notre personnel, un vrai travail en commun.” La force du LDAR est d’avoir su sortir de son strict rôle de “contrôleur” pour instaurer une vraie relation client. “Rationaliser notre fonctionnement nous permet de proposer des prestations à des prix toujours décroissants mais nous ne voulons surtout pas devenir un supermarché de l’analyse, souligne Hiazid Bélabbès. Nous savons tous que ce qui coûte, c’est l’humain. Il est heureux que les normes draconiennes exigées sur les délais d’analyse nous placent à l’abri des délocalisations.” La “métrologie” est l’un des domaines que le labo maîtrise.


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sport Hirson

Champion du monde de canoë pour le plaisir

En juillet dernier, Emmanuel Lanchais, licencié à Thiérache Sport Nature (TSN) devient champion du monde de canoë, en catégorie vétéran. Une belle récompense pour un sportif au parcours atypique.

pas lieu chaque année et qui était plus une animation qu’autre chose, au début. Finalement, en Espagne, ils ont décidé d’en faire une course officielle. Moi, j’y allais pour tester mon niveau par rapport aux meilleurs de ma catégorie.” On connaît la suite : Emmanuel décroche le titre, devant quelques cadors de la pagaie.

Dans la vie d’Emmanuel Lan- se retrouvent tous les deux mois chais, le canoë n’est apparu pour s’entraîner ensemble, en qu’assez tardivement. “Comme eau vive. “J’avais un peu la pression, c’est tous les gamins, j’étais plutôt A l’heure de la retraite sportive, vrai, mais lorsque l’on s’aligne en porté sur le foot, même si je me Emmanuel et Aude Lanchais dévétéran, c’est vraiment différent. suis toujours intéressé à tous les cident de rester licenciés à TSN. A notre âge, c’est le plaisir qui sports” se souvient-il. C’est son “Le club nous suit bien, il nous prime avant tout, et si je continue, métier d’éducateur sportif en fournit les bateaux, une particic’est uniquement pour le plaisir.” centre de loisirs qui va l’amener pation financière pour les déplaCourir pour le plaisir : c’est ce qui à prendre les pagaies. “J’avais 23 cements lors des compétitions… explique la sérénité d’Emmanuel ans, ce qui n’est Sans le soutien pas tout jeune Sans le soutien matériel de TSN, face à une accusation de dopage qui l’a rattrapé lors des champour débuter dans nous ne pourrions un sport, lorsque de TNS, pas de pas continuer le pionnats de France, quelques semaines seulement après les monl’on vise le haut haut niveau. haut niveau” ex- diaux. “Dopage… à mon âge, eh niveau.” Emmaplique-t-il. Emmabien oui, le corps souffre, et moi, nuel est polyvalent nuel apprécie particulièrement quand j’ai mal, je me soigne, et il se sert de sa pratique sporl’ambiance du club thiérachien : comme tout le monde ! Nous ne tive multiple pour progresser sur “Il repose sur une bonne dynasommes pas des professionnels, l’eau. “La natation m’a appris la mique et il y a, dans l’équipe, une nous n’avons rien à gagner, et recherche d’appuis, la perforvolonté de transmettre la passion franchement, en vétéran, on a mance dans la glisse. Le VTT m’a aux jeunes.” passé l’âge de la gloire… En fait, permis de bien lire les trajectoires En juillet dernier, Emmanuel dé- j’ai été idiot, j’ai pris un anti-in: tout cela est utile en canoë.” cide de s’aligner au départ du flammatoire, et, au lieu de ne pas Charentais d’origine, Emmanuel championnat du monde vété- m’aligner au départ de la course, fait d’abord équipe avec un ran. “C’est une épreuve qui n’a je suis monté dans le canoë.” autre sportif du sud-ouest. Le duo est médaillé de bronze aux Emmanuel, sur le parcours du championnat du monde. championnats du monde en 2000. Sélectionné en équipe de France, il se lie d’amitié avec le Thiérachien Laurent Karmuzik, qui porte lui aussi le maillot tricolore. Le hasard fait que leurs coéquipiers arrêtent à peu près en même temps. “Avec Laurent, on avait une rivalité sur l’eau, mais on s’entendait vraiment bien. Comme les statuts nous obligent à être licenciés dans le même club pour concourir en biplace, en 2003, j’ai pris ma licence à Thiérache sport nature, et nous sommes devenus coéquipiers. Ma femme, Aude, qui est également sportive de haut niveau, m’a suivi.” Emmanuel et Laurent

actualité

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jeu concours

Gagnez le casque de Louis Rossi

En mars, au Qatar, Louis Rossi s’alignera au départ de la première épreuve du championnat du monde de moto 125 cm³, après une belle saison 2010 dans ce championnat. Louis, 21 ans, ancien élève du lycée De Nerval à Soissons, est une bête de circuits depuis 5 ans et sa première année de compétition. Ce jeune sportif est soutenu par le Conseil général de l’Aisne, dont il porte haut les couleurs. L’Aisne vous propose, aujourd’hui, de gagner le casque qui a protégé Louis pendant la saison dernière. Un casque de pro, bien sûr, qui a voyagé de l’Espagne au Japon, des Etats-Unis à l’Australie. Pour participer, vous devez répondre à la question suivante : avant de s’illustrer sur les circuits moto, Louis Rossi s’est distingué dans une autre discipline, à l’âge de dix ans. Laquelle ? Les indices sont sur www.aisne.com Vous devez renvoyer votre réponse, sur papier libre, avant le 31 janvier 2011, à l’adresse suivante : Conseil général de l’Aisne Service communication Rue Paul-Doumer 02013 Laon Cedex.


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actualité

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social

Jeunes en famille d’accueil : une solution à leur majorité Dans l’Aisne, les enfants placés peuvent désormais rester dans leur famille d’accueil après dix-huit ans. Les assistantes familiales gardent leur salaire et, en échange, les jeunes s’engagent, à travers un Contrat jeune majeur, à respecter certaines obligations. La demande venait des assistantes familiales, ces “tatas” comme les appellent souvent, affectueusement, les enfants placés qu’elles élèvent. Il arrive que le placement, qui est toujours provisoire, s’éternise. De nombreuses assistantes familiales ont accueilli chez elles des nourrissons âgés de quelques mois seulement qui sont restés jusqu’à Le but est d’en faire un leur majorité. Après citoyen autonome, un adulte 18 ans, ces jeunes devaient partir, sauf responsable de sa vie. dérogation exceptionnelle. Ils n’allaient pas à la rue, non, mais ils intégraient un foyer de jeune travailleur, une chambre en ville… Les retours réussis d’un jeune majeur dans sa famille naturelle sont, malheureusement, très rares. Certaines assistantes familiales gardaient

une chambre et un couvert pour ces “gamins” qu’elles ont élevés. Désormais, et grâce à la décision des élus du Conseil général de l’Aisne, ces jeunes peuvent rester dans leur famille d’accueil après leur majorité, dans un cadre strictement défini, celui d’un “contrat jeune majeur” (CJM). « “C’est un contrat signé entre l’assistante familiale, le jeune, et l’éducateur qui le suit” explique Beatrix Rosado, animatrice du service d’accueil familial à Soissons, venue expliquer le dispositif aux assistantes concernées. Le jeune doit avant tout avoir un projet. “Le but est d’en faire un citoyen autonome, un adulte responsable de sa vie.” Tous les jeunes placés âgés de 18 ans ne souhaitent pas rester dans leur famille d’accueil, malgré les liens d’affection, souvent fort, qui se sont tissés au fil des ans. Comme la plupart des jeunes, ils veulent vivre leur destin et découvrir la vie par eux-mêmes. “Ils veulent se sentir libres” raconte Florence, qui accueille des enfants depuis trente ans dans le

Soissonnais. Mais pour certains le départ n’est guère envisageable. Avec le nouveau dispositif, les assistantes familiales continuent à percevoir un salaire pour accompagner le jeune dans sa vie quotidienne, ses démarches, son autonomie… Laetitia, 19 ans, est arrivée bébé chez Maryse. “Si le dispositif CJM n’existait pas, je pense que je l’aurai gardée malgré tout à la maison, parce qu’elle ne peut pas se débrouiller seule, pas encore” témoigne-t-elle. Florence, elle, pense qu’Alexandra, 18 ans, restera chez elle jusqu’à l’obtention de son bac. C’est le sens du contrat qu’elles ont signé. “C’est important pour nous, cette signature de contrat, parce qu’il s’agit d’un document qui engage le jeune, et qu’on peut lui rappeler au cas où il l’aurait un peu oublié” explique-t-elle. “L’adhésion du jeune est indispensable : il s’engage sur des objectifs, ça le responsabilise” reprend Béatrix Rosado. De fait, s’agissant d’un contrat, il peut toujours être rompu. D’une durée de six mois, il est renouvelable, jusqu’à l’âge de 21 ans. L’assistante familiale doit aider le jeune à progresser dans des domaines qui ont été établis, après un intense travail collégial, mené par la Direction de la famille et de l’enfance du Conseil général. La santé, la vie quotidienne, le savoir-être, les relations aux autres, la citoyenneté, la scolarité et l’insertion professionnelle, la maîtrise de la gestion d’un budget… Une grille qui serait d’ailleurs valable pour n’importe quel ado !

Maryse et Florence, deux assistantes familiales du Soissonnais qui accueillent des jeunes majeurs.

plus d’infos sur

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éducation Epaux-Bézu

actualité

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Art et mieux être au château

L’artiste Ramuntcho Matta a racheté le château d’Epaux-Bézu, en ruine, pour le transformer en lieu atypique, à la fois résidence d’artistes, galerie et havre de repos ou l’on mènera une réflexion sur le corps, le mieux être. Dès le mois de mars, le château d’Epaux-Bézu sera habité. “Oui oui, je viens m’installer dans l’Aisne. J’aurai mon studio d’enregistrement et… le projet Lizières à mener à bien.” Ramuntcho Matta est un artiste aussi atypique que le lieu qu’il créé dans ce village de 534 habitants du sud de l’Aisne, découvert totalement par hasard. “Je cherchais un tel lieu depuis deux ans et finalement, par un ami, j’ai atterri ici. Malgré l’ampleur des travaux, je me suis dit que c’était là, et pas ailleurs, que le projet se ferait.” L’idée de Lizières est née de l’expérience intime de Ramuntcho Matta avec la mort. “En 2000, un virus à la moelle épinière me paralyse. Les médecins ne me donnent alors que six mois à vivre. J’ai appelé un copain, pour savoir si je pouvais venir

mourir chez lui…” Le destin s’inverse. Trois ans après, il a retrouvé toute sa motricité. “Mais pendant cette expérience, je me suis rendu compte qu’il n’existe pas de lieu où aller se ressourcer, à un moment où l’on en a réellement besoin.” Pour Ramuntcho, son destin est là. Une médecin chinoise ne lui a-t-elle pas dit que sa maladie était “un mal dont souffrent ceux dont la vie n’est pas en adéquation avec leur destin ?” Le destin de l’artiste passe par l’Aisne, par EpauxBézu. “J’avais un peu d’argent de côté, grâce aux tubes que j’ai pu faire autrefois. Quel sens aurait ma vie si j’allais passer mon temps à jouer au golf aux Bahamas ? » Le château est racheté et les travaux de rénovation, menés tambour battant, doivent s’achever en mars. Lizières ne sera pas un lieu médicalisé. Trop compli-

Ramuntcho Matta va s’installer dès le printemps à Epaux-Bézu, où il recevra des artistes en résidence.

qué à mettre en œuvre même si, trevoir des perspectives pour le dans le “comité des sages” du moins intéressantes… projet, apparaissent médecins, Pour faire fonctionner le site, il cancérologues ou psychiatres. s’est adressé à une société spéEn revanche, le concept de Licialisée dans le business plan zières repose sur la notion de des lieux atypiques. “Le verdict : “mieux être”. Des chambres Lizières peut s’aud’hôtes vont tofinancer, grâce ouvrir dans Quel sens aurait aux stages que les dépennous allons orgadances, où ma vie si j’allais passer niser. C’est donc s’organisemon temps à jouer jouable.” Il reste à ront égalel’ar-tiste à trouver ment des au golf aux Bahamas ? des financements stages, des pour l’aménageséminaires, des expositions… ment des dépendances. “C’est un laboratoire, un vivier de réflexions, un pont entre Ramuntcho Matta espère créer arts, philosophies, sciences et à Epaux-Bézu un modèle qui pratiques physiques”. Quelques sera en réseau avec d’autres chambres du château - la bâ- lieux, à New-York, au Chili, où tisse fait 1 000 mètres carrés - se croiseront artistes, âmes en seront réservées à des artistes en peine, corps fatigués ou simples résidence. Le carnet d’adresses humains éveillés au rêve qu’est de Ramuntcho Matta laisse en- la vie.

Portrait Pour les quadragénaires de la génération pop, Ramuntcho Matta est une icône. Il est l’auteur du tube sautillant et ambigu de l’année 1986, Toi mon toit, d’Elli Medeiros. Voilà pour la partie grand public. Car hors cette saillie pop, Ramuntcho Matta est plus connu des amateurs d’art contemporain et sa musique est d’ordinaire plus confidentielle : B.O. de films de Chris Marker, bandes expérimentales... Fils d’un peintre majeur du XXe siècle - on peut admirer certaines de ses œuvres à Beaubourg - Ramuntcho baigne, dès son adolescence, dans un bain de folle poésie. Il n’a pas quinze ans lorsqu’il rencontre le poète Brion Gysin et toute la bande du Beat Hôtel, dont l’écrivain William Burroughs. Il devient très ami avec Lou Reed, LA star absolue, qui, très tôt, a lancé des passerelles entre les arts graphiques et la musique. Lou Reed qui parraine, avec d’autres, le projet d’Epaux-Bézu… La lisière, entre les arts et la vie, entre les mots et la réalité, Ramuntcho en a fait la mœlle de sa vie.


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développement durable Merlieux

sur le web

Toute l’eau de l’Aisne sur le web L’atlas hydrogéologique du département existe désormais en version numérique, utilisable sous SIG (Système d’informations géographiques). Cet atlas vient remplacer celui édité en 1983. Il est disponible gratuitement mais requiert des connaissances de base en hydrogéologie et des outils de visualisation des données.

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Des insectes bien logés

Dans le cadre de l’opération “Faites des jardins durables”, le Conseil général, avec Géodomia, a lancé un concours de réalisation d’hôtel à insectes. La qualité des réponses a été exceptionnelle. Vingt-sept hôtels à insectes, aux quatre coins du département : le concours lancé en septembre a eu un retentissement important. Quatorze particuliers et treize écoles ont participé, et, au moment de choisir les vainqueurs, la tâche n’était pas simple. “Il y ont tous mis beaucoup de cœur” explique Dorothée Genteur, responsable de Géodomia. Imagination, astuces… Les participants ont tous joué le jeu à fond.

L’objectif pédagogique - prendre en compte l’importance des insectes dans la biodiversité - a été atteint, dans les écoles comme chez les particuliers. A l’IME du Moulin vert, à Blérancourt, Patrick Audren, en charge de l’atelier ferme, a encadré une quinzaine d’enfants. “Ils sont déjà sensibilisés à l’environnement, ici. Mais là, c’était intéressant de leur parler des insectes. Nous avons fait des recherches documentaires…

Plusieurs évolutions sont à noter pour cet atlas par rapport à la version papier de 1983. La première, non des moindres est sa numérisation et son utilisation sous SIG. D’autre part, cette version numérique comporte des nouvelles données : la piézométrie hautes eaux (2001) et basses eaux (2005) de la nappe de la craie en complément de la piézométrie moyenne déjà existante ; des volets annexes à l’hydrogéologie tels que le risque inondations par remontée de nappe, le risque érosion ou encore la localisation des ouvrages de prélèvements, ouvrages de traitement… Enfin, cet atlas permet des liens dynamiques vers des sites publics avec des données à jour, qui peuvent être directement rapatriées sur le SIG par l’utilisateur, rendant cet outil très convivial. A télécharger sur le site www.geodomia.com

Titouan et Louison, deux enfants éveillés à la nature, devant leur palace à insectes.

Et les enfants ont tous participé, en fonction de leur compétences.” Certains sont allés chercher les joncs dans les marais, d’autres ont travaillé directement à la construction… “Pour nous, il s’agissait avant tout d’un atelier d’éveil et de découverte. C’est aussi une activité collective, qui a permis de créer du lien entre les anciens et les nouveaux.” L’IME a même réalisé un panneau explicatif pour sensibiliser les visiteurs au rôle des insectes. L’hôtel, lui, trône désormais dans le jardin pédagogique où les enfants cultivent fleurs et légumes. Louison et Titouan Vatin, 12 et 10 ans, vainqueurs dans la catégorie “particuliers”, sont des enfants déjà sensibilisés à l’environnement. Chez eux, à Proisy, la nature fait partie de la famille. Titouan raconte avec enthousiasme la construction, réalisée avec des objets trouvés sur place - une roue, un casier à bouteilles en bois - et remplis des matériaux les plus divers, glanés dans les environs de la maison : “de la paille, du sureau pour protéger les insectes. Il y en a qui aiment les trous, d’autres qui veulent avoir chaud...” Louison, elle, énumère les insectes qu’elle espère voir arriver à l’hôtel : “des coccinelles, des cloportes, des abeilles charpentières, des pince-oreilles.” D’ailleurs, pour les attirer, Louison et Titouan ont un secret : “des marrons magiques, chuchote Titouan, pour chasser les mauvaises ondes !”

Préparez la bourse aux plantes d’avril Après l’hôtel à insectes, l’opération “Faites des jardins durables” se poursuit avec une bourse aux plantes. Celle-ci aura lieu le dimanche 17 avril, à Géodomia. Avril, ce n’est pas tout de suite, mais mieux vaut prévoir dès cet hiver de quoi échanger le jour J. A vos serres, donc, et dès maintenant ! Le principe de la bourse aux plantes est en effet d’échanger graines, racines, bulbes, plantes vivaces, arbustes, greffons, plants… Pas de vente ce jour-là, juste du troc : donc, ne pas arriver les mains vides. En parallèle de la bourse aux plantes, des animations seront proposées. Plus d’info sur www.geodomia.com


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développement durable

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Donner une seconde vie aux objets Pour réduire le poids de nos déchets, l’idéal est… de ne pas jeter. Dans bien des cas, les objets dont vous ne voulez plus peuvent intéresser quelqu’un. On appelle cela le “réemploi”, qui fait l’objet d’un guide pratique. Un guide plein d’astuces - Le Conseil général vient d’éditer un guide du réemploi et de la réparation. Ce document est téléchargeable sur le site internet www.geodomia.fr ; quelques exemplaires ont également été imprimés pour les personnes ne disposant pas de l’accès au réseau. On peut les demander auprès de sa mairie. Ce guide donne les adresses des structures axonaises qui pratiquent le réemploi - communauté Emmaüs, ateliers des Restos du Cœur, association Le Relais, Recycl’Aisne - mais également de nombreuses pistes pour acheter malin et jeter futé. Avant d’acheter, d’abord, on peut se poser plusieurs questions. Pour certains matériels à usage occasionnel - notamment les gros outillages de bricolage ou de jardinage - vous pouvez envisager un achat groupé avec un ou plusieurs voisins ou amis. C’est le principe de la coopérative. La location est, parfois, une solution plus économique. Et, bien entendu, vous pouvez ache-

ter une seconde main, sur une brocante, dans les structures de réemploi, ou en fouinant dans les petites annonces. Vous prolongerez ainsi la vie d’un objet. Jeter futé consiste… à ne pas jeter. Votre vieux frigo ets peutêtre réparable. Si vous voulez vraiment vous en débarrasser, envisagez plutôt de le donner à une association qui en fera bon usage, plutôt que de le jeter. Pour d’autres objets, faites preuve d’imagination, et n’hésitez pas à les détourner de leur usage. Stockez vos clous dans d’anciens récipients de plastique ; transformez vos palettes en composteur. Ou, avec les vieux vêtements, découvrez les joies de la “customisation” : personnalisez votre look en fabriquant vos habits à partir de votre garde robe. Certaines associations peuvent vous aider, renseignez-vous dans les mairies. Recyclage aux ateliers des Restos du Cœur - Un atelier de 600 mètres carrés, véri-

Les objets récupérés sont revendus au profit des restos et leurs ateliers.

table caverne d’Ali Baba. Des meubles, de l’électroménager, de la vaisselle, des téléviseurs… Certains portent une étiquette “Vérifié” et sont prêts à la vente. Bienvenue à la recyclerie des Restos du Cœur du Laonnois, ouverte depuis 7 ans. Une douzaine de personnes travaillent là en chantier d’insertion, encadrées par Gilles Claisse. Le but : récupérer des objets, les réparer puis les revendre. “Nous avons trois types de collecte, explique Véronique Gadrey, coordinatrice aux Restos. Soit les particuliers nous appellent, et nous allons chercher les objets ; soit ils les apportent directement au siège des Restos, à Aulnois. Enfin, nous avons un partenariat avec le Sirtom qui nous donne des objets réparables en provenance des déchetteries.” Tout se passe ensuite à Ardon, dans l’atelier de réparation. “C’est vraiment la partie la plus intéressante, confie Gilles Claisse. Parfois, à 17 heures, les bénéficiaires n’ont pas vu le temps passer, parce qu’on s’est donnés à fond sur la réparation.” Les matériels sont tous vérifiés. Pour l’élec-

Avant d’être revendus, tous les objets sont vérifiés, nettoyés et remis en état.

troménager, les Restos peuvent compter sur l’expérience d’un ancien réparateur spécialisé. Et pour tout le reste, il y a Gilles, qui transmet son savoir. La formation reste le but premier d’un chantier d’insertion. Les ventes ont lieu en matinée, les deuxièmes vendredi et samedi de chaque mois, à Aulnoissous-Laon. L’occasion de faire de bonnes affaires : réfrigérateurs et machines à laver à partir de 50 E, mais aussi bicyclettes, meubles, cocotte-minute… “Les meilleures ventes se font sur le gros électroménager”, précise Gilles Claisse.

contact 03 23 20 54 99

le chiffre

592

592 kg - C’est, en moyenne, le poids annuel de déchets ménagers produits par un habitant de l’Aisne. Au total, ce sont 317 944 tonnes qui terminent dans nos poubelles, l’équivalent de plus de 30 Tour Eiffel.


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tribune

l'Aisne 182 magazine du Département - Janvier/Février 2011

Obligation prévue par la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité. Les propos publiés ci-dessous le sont sous l’entière responsabilité de leurs auteurs.

Depuis le vote sur la fiscalité déparMensonges et tementale, la droite UMP n’a pas de cesse de tenir des propos mensonmalhonnêteté gers, de déformer malhonnêtement ne masquent et systématiquement la position courageuse de la majorité de gauche du pas la vérité Conseil général de l’Aisne, qui permet de ne pas pressurer financièrement les foyers les plus modestes déjà fortement touchés par la crise. Les départements de gauche , comme de droite, sont tous dans la même galère. L’Etat ne compense pas la totalité des sommes que ses transferts de compétences les obligent à engager sur le plan social pour le paiement de l’aide aux personnes sans ressources, handicapées et âgées (RSA, PCH, et APA). Pour équilibrer le budget 2011, il fallait trouver 16 millions d’euros. Quels choix avions-nous : trouver de nouvelles recettes afin d’équilibrer les dépenses ou supprimer certaines politiques non obligatoires ? Par exemple, le transport scolaire, bénéficie aux élèves de la maternelle au lycée. Certes, cette politique coûte 32 millions d’euros par an au Département, soit un coût moyen de 850 E par enfant transporté, mais dans un département où les revenus sont bas et le chômage important, il est exclu de faire porter ce coût aux familles. Le Conseil général aurait pu opter pour une augmentation uniforme de ses taux de 13,5 %, il aurait alors perçu 13 millions d’euros des ménages et 3 millions d’euros du monde économique. En déliant les taux, et en proposant une revalorisation du taux de 61 % de la taxe sur le foncier bâti et une baisse du taux de 43 % de la taxe d’habitation, le Conseil général fait porter l’effort principal sur le monde économique : 15 millions d’euros contre 1 million d’euros sur les ménages. Ce dispositif est plus juste, même s’il n’est pas parfait. Dans l’Aisne, sur 200 000 foyers, le Conseil général a reçu 250 réclamations, dont celles de personnes âgées propriétaires, exonérées de la taxe d’habitation. Il faut bien le reconnaître, pour ces quelques cas, la baisse de la taxe d’habitation ne peut compenser l’évolution de la taxe sur le foncier bâti. Dans un contexte économique difficile, la majorité se refuse à supprimer des services publics rendus aux Axonais. Elle se doit de continuer à soutenir l’action publique et d’apporter son soutien aux forces vives du département. La Majorité de Gauche : groupes socialiste, progressiste et communiste

Les conclusions de la Chambre Régionale des Comptes de Picardie sur la gestion du département, de 2003 à 2009, ont été présentées aux conseillers généraux le 22 novembre 2010.

Un débat

intéressant

Au delà de certains dysfonctionnements soulignés dans ce rapport, les indépendants, au cours des débats, ont préféré mettre l’accent sur l’aspect prospectif de ce document. En effet, nous souhaitons que la majorité départementale, à partir de cette évaluation, se fixe des objectifs en terme de réduction des dépenses et d’amélioration des politiques menées, d’autant qu’un cabinet d’audit a déjà mis en évidence les difficultés à venir, découlant de “l’effet ciseaux” de l’évolution des recettes et dépenses du Conseil Général. Conscients des difficultés des Départements face aux enjeux de la solidarité nationale mais déterminés à ce que les Axonais ne subissent pas de nouvelles hausses de la fiscalité, les indépendants entendent continuer à travailler, en 2011, de manière constructive afin que le Département demeure un acteur essentiel de l’action publique locale. En ce début d’année, nous souhaitons également pour notre pays davantage de solidarité et de tolérance ainsi que pour tous les Axonais une très bonne et heureuse année 2011. Les Indépendants : A. Venet / N. Fricoteaux / M. Laviolette / B. Ronsin / E. Templier / P. Timmerman

En ce début d’année, permetteznous tout d’abord de vous adresser nos vœux les plus chaleureux de bonheur et de réussite.

Une session riche d’enseignement

La présentation par le Président du Conseil général de l’Aisne du rapport de la Chambre Régionale des Comptes de Picardie sur la gestion du département entre 2003 et 2009 a mis en évidence de graves dysfonctionnements que les élus de l’UMP n’ont de cesse de souligner depuis de nombreuses années. En effet, cette institution, chargée de contrôler les collectivités, qui est présidée par un socialiste a critiqué de manière forte certains points de la gestion de la majorité PS-PC-DVG du département de l’Aisne. Nous pouvons y lire par exemple que le département ne respecte pas la loi en refusant de provisionner certaines dépenses ou encore que 21% de l’encours total de la dette repose sur des emprunts considérés comme risqués. Chose plus grave encore pour le bon fonctionnement de notre institution est le fait que les élus et la population ne soient pas suffisamment informés des décisions prises par la majorité départementale. Nous avions déjà à plusieurs reprises dénoncé cette pratique mais force est de constater que nous avions raison. Nous n’avons plus qu’à souhaiter que les remarques formulées par la CRC soient entendues par l’exécutif départemental. Le groupe UMP


14 théâtre

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La valise de l'Echappée fait un carton

15 art plastique

Jean-Marc Brunet, passeur d'émotions

16 spectacle

Les voix d'hiver et le Printemps des conteurs

© Amin Toulors

Nouveau départ pour la Cie l’Echappée

culture 13


14

culture

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La valise fait un carton

à écouter

Tour à tour, grave ou franchement drole, “Sam et la valise au sourire bleu” s’adresse au jeune public à partir de 10 ans.

Fêtant aujourd’hui 35 ans d’une carrière d’artiste globe trotter, Pierre Bensusan vit en toute discrétion dans le petit village de Bouresches près de Château-Thierry. C’est là, dans son “studio du chien qui tourne“ qu’a été enregistré “Vividly“ son 10e et dernier album. Hors du circuit des majors et mal connu du grand public, il n’en est pas moins une référence guitaristique adulée de par le monde et de fait, derrière sa folk, malgré un jeu tout en finesse, Pierre Bensusan est une brute ! Un de ces gratteux dont on se demande toujours : “Mais il a combien de mains ce gars là ?“ Alternant instrumentaux et chansons, “Vividly“ balaie un spectre musical dont l’étiquette “World Music“ ne donne qu’une idée très imprécise tant l’univers de Pierre Bensusan lui est propre. Si les accents celtiques sont la marque du ménestrel sur ses arrangements de traditionnels, un jazz très aérien plane comme sur magistral instrumental “Kiss landing“. Un peu isolée dans cet océan hors du temps et des frontières, “La java du concessionnaire“ s’échappe du lot comme une bille tombée sur le pavé du Paris Musette de son enfance. C’est frais, sautillant et drôle, et dire que c’est la première fois qu’il chante un de ses propres textes ! www.pierrebensusan.com

© photos Amin Toulors

“Vividly“ Pierre BENSUSAN Dadgad Music

Saint-Quentin

“C’est un nouveau départ et un retour aux sources, indique Didier Perrier, responsable artistique de la compagnie l’Echappée.” Après six ans de convention avec la ville de Château-Thierry, l’équipe retrouve la salle de ses débuts, La Manufacture à SaintQuentin. Outre la masse considérable de travail accompli durant ces années, (créations, ateliers, lectures, interventions auprès des scolaires et en milieu médicalisée) l’Echappée peut légitimement bomber le torse de voir son action reconnue par le Ministère de la Culture. Avec ALIS à Fèreen-Tardenois et l’amiénoise Ches Panses Vertes, l’Echappée est à ce jour la troisième compagnie de Picardie, et la seule purement théâtrale, à entrer en convention directe avec les hautes instances culturelles.

A l’aube d’une nouvelle convention avec le Ministère de la Culture, la compagnie de théâtre l’Echappée signe son retour sur Saint-Quentin avec une création jeune public, “Sam et la valise au sourire bleu” spectacle charnière, le prochain traitera des rapports mère-fille.” En échec scolaire et familial, Sam cherche en effet lui aussi à faire entendre sa parole. Son appel à l’aide le conduit à l’hôpital où il va vivre d’étonnantes rencontres. Jouant de l’expression corporelle, du théâtre d’objet, du chant et de la vidéo, la pièce clôturera en Avignon une tournée de 63 représentations. En partenariat avec l’inspection académique, sa diffusion s’accompagne d’une valise

Un nouveau Sous la plume de Marianne Oeschantier théâtral treicher-Jourdain, auteur de pluaxé sur la famille. sieurs pièces montées par l’Echappée, “Sam et la valise au sourire bleu” ouvre la voie d’un nouveau chantier théâtral axé sur la famille. “La trilogie de ces dernières années, (“Putain Didier Perrier d’vie“, “Le temps qu’il nous reste” et son équipe emmèneront et “Les Dames Buissonnières”) “Sam et sa s’articulait sur le thème de “la valise“ parole des gens”, explique Didier jussqu’en Perrier. “Sam” est dans ce sens un Avignon.

pédagogique d’un genre novateur dont la conception a été confiée au photographe Amin Toulors. Tenant plus de la malle au trésor que de l’attaché-case, elle renferme notamment du son, des images et une reproduction du décor de la pièce en diorama qui font d’elle un outil pédagogique particulièrement riche.

contact

www.compagnie-lechappee.com


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Une monographie parue chez Fragments International et préfacée par Pierre Drachline et Michel Butor, trois expositions dont deux dans l’Aisne, l’une à l’Arsenal à Soissons, l’autre à la Maison des Arts et Loisirs de Laon… autant de raisons de rencontrer Chassemy Jean-Marc Brunet, peintre et graveur installé à Chassemy.

culture

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à lire

Passeur d’émotions L’Aisne : dans ce beau livre sorti en septembre, vous présentez des peintures, dessins, gravures, qui n’ont rien de commun avec vos précédents travaux. Comment décririez-vous cette évolution ?

L’A : vous avez l’été dernier à l’initiative de la biennale d’art contemporain du Fort de Condé. Vous intervenez auprès des enfants dans les écoles… c’est important d’être un artiste “disponible” ?

Jean-Marc Brunet : il y a encore quelques années, on disait de moi que j’étais un peintre abstrait. En fait, il me semble que l’essentiel n’est pas dans la classification, peinture abstraite ou figurative. La peinture est d’abord un travail de mémoire, de l’intelligence, du sensible. Ce que je peux dire de mes œuvres précédentes, c’est que j’étais alors davantage attaché à la forme. Mes tableaux étaient très construits, à partir de formes géométriques, et je dessinais la toile avant de la peindre. J’ai aujourd’hui abandonné ce travail de préparation pour attaquer directement la toile ou le papier. Je joue avec la forme encore, mais aussi le fond, la couleur, l’énergie… c’est un travail plus libre, plus éclaté.

J-M. B. : tout ce travail d’éducation avec les enfants, c’est primordial pour moi. Leur présenter des œuvres, leur permettre de s’approcher au plus près, d’être touchés par des formes, des couleurs, d’être impressionnés par une technique picturale, leur donner le sensible… Je me sens quasi obligé de transmettre ça. Je ne peins pas pour l’élite, je peins pour l’élite des sensibles, et elle est partout.

Monographie, Jean-Marc Brunet Fragments international éditions Prix de vente : 35 E www.fragmentsinternational.com 06 179 20 179

expositions Gravures Du 22 janvier au 26 mars Maison des Arts et Loisirs Place Aubry 02000 Laon 03 23 22 86 56 Grands formats et dessins Du 29 janvier au 27 février Arsenal, Musée de Soissons Rue Saint-Jean 02200 Soissons 03 23 93 30 50

M’investir sur un territoire dans lequel je me sens bien, c’est également important. Nous avons de magnifiques artistes, de vrais militants de l’art, des beaux lieux d’exposition, mais nous avons du mal à rassembler les forces. Un artiste doit être en mesure de sortir de sa tour d’ivoire, je ne me sentirais pas cohérent si je ne sortais pas de mon atelier. Lorsque je peins, je peins pour moi, sans penser à un public possible. Mais lorsque j’expose, si quelqu’un

que je considère vient me dire “ça, Brunet, c’est bien”, je suis le premier heureux, ça me touche. L’A : dans votre atelier, il y a vos toiles, vos dessins, toutes sortes de livres et de la musique… une sorte d’univers artistique personnel ? J-M. B. : dans mon atelier, il y a une partie peinture, une autre gravure, une dernière dessin. J’aime passer de l’une à l’autre au cours de la journée. J’envisage même d’installer une passerelle entre ces différents espaces ! Il y a des livres d’art, parce qu’on ne peut pas peindre aujourd’hui sans avoir connaissance de l’art et de ce qui se fait sur la planète. Il y a des livres de poésie, d’amis poètes, Michel Butor, Jean-Marc Natel, parce que je me sens plus proche de la poésie. Il n’y a pas mieux qu’un poète pour écrire sur la peinture. Analyser une peinture, ça ne m’intéresse pas. On n’a pas besoin d’apprendre le solfège pour aimer la musique ! Et toujours de la musique, du jazz plutôt, parce que j’aime ça, et que je suis peintre dans un univers artistique, avec d’autres artistes et d’autres expressions artistiques.

“Une vie à l’école, une école de la vie” de Robert RIGAUD. Biographie. Carrefour du net Editions. Prix : 21 E Pensée du jour : “Celui qui sait lire et écrire, c’est comme s’il avait des yeux et des oreilles de plus que les autres”... Et Robert Rigaud, instituteur puis directeur d’école à Marle pendant plus de trente ans, sait de quoi il parle. Dans ce livre de souvenirs, il nous raconte une histoire, la sienne bien sûr, avec ses bonheurs et ses jours sans, celle de sa famille du Limousin aussi, mais surtout il nous conte l’histoire qu’il a vécue avec l’Ecole Publique et Laïque, cette école qui a rempli sa vie d’une sorte de passion qui n’est pas étrangère à celle que durent connaître les hussards noirs de la République, ces instituteurs qui partout en France, en ville et à la campagne, édifièrent les fondations de notre société laïque d’aujourd’hui. Robert Rigaud a fait œuvre de mémoire et à l’heure où le trompe l’oeil rivalise avec le futile, il n’est pas inutile de rappeler quelques valeurs essentielles, celles gravées au fronton des écoles, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité.


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culture

à lire

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Artistes à découvrir et redécouvrir, textes à la saveur relevée, la 11e édition du Festival des voix d’hiver de Gauchy garde le cap.

Eclats de voix “Les Frères Le Nain” de Antony VALABREGUE. Collection Des faits et des hommes. Le Livre d’histoire-Lorisse. Prix : 30 E Réédition en fac-similé par les éditions Le Livre d’Histoire, installées à Autremencourt, du livre d’Antony Valabregue paru en 1904 et consacré aux trois frères Le Nain. Célèbres peintres nés à Laon à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe, ces peintres de la réalité et de la paysannerie ont façonné une œuvre originale et personnelle éclairée par l’humanité profonde qui les habitait. Un livre de belle facture, à posséder absolument pour les amoureux de la peinture réaliste. “Une jeunesse d’aujourd’hui” de Denis MAHIEUX Roman Carrefour du net Editions Prix : 16 E Au travers d’un roman à la tonalité initiatique la découverte et la prise de conscience d’une jeune femme issue d’un milieu aisé de la misère des jeunes livrés à la rue - l’auteur qui réside à Bucy le Long, porte un regard inquiet sur le futur d’une jeunesse en errance. Un livre d’une grande humanité qui peut déranger mais surtout nous interroger...

Gauchy

Il faut s’attendre à tout sauf à n’importe quoi, voilà l’image que le Festival des voix d’hiver s’est forgé au fil de ses 10 dernières éditions à force de constance dans l’exigence et la curiosité. Du 11 au 20 février, le 11e du nom perpétue le genre, convoquant en 10 dates un plateau d’artistes sur lequel l’étiquette “chanson française” se décolle un peu à force d’être tournée, retournée, détournée et explorée jusqu’à exploser. Dès la soirée d’ouverture, les pistes se brouillent avec une affiche qui réunit les rythmes destructurées des “Les vendeurs d’enclumes” et “le concert dont vous êtes l’auteur” d’Arthur Ribo où ce sont les mots proposés par les spectateurs qui deviennent matière d’improvisation. Avec de jeunes auteurs comme David Sire, Mémo, Ben Mazué, le picard Laurent Margerin ou l’axonaise “La Mordue”, les voix d’hiver jouent la carte de la découverte tout en réservant de belles soirées aux grandes figures que sont Allain Leprest, Francesca Solleville, Marcel Amont ou Gilles Servat. Concentrée à la MCL de Gauchy, la programmation propose deux soirées décentralisées sur Saint-Quentin avec l’Orchestre National de Barbès et le cabaret déjanté de “Stories Comeback”. Les plus jeunes sont quant

A l’avant garde d’un art de la scène bourgeonnant, le Printemps des Conteurs 2011 convie gratuitement tous les publics à la découverte. Saïda Churchill ouvrira la manifestation le 11 mars à Soissons avec “Vacances au bord de la guerre”.

David Sire sera à la MCL de Gauchy le 14 février avec le spectacle “En roue libre”.

à eux conviés en avant première et en famille au “P’tit bal” de la compagnie Tire-laine dans l’après midi du vendredi 11 février.

contact : MCL de Gauchy 03 23 40 20 00 Le programme complet sur

www .aisne.com

Tout conte fait Le conte est un art vivant ! Pour ceux qui en douterait encore, la 11e édition du Printemps des Conteurs qui sillonnera les route de l’Aisne du 11 mars au 8 avril est là pour le prouver. Forte de 10 ans d’expérience dans l’organisation de cet événement, la Bibliothèque départementale de l’Aisne propose une affiche où le one man show pur et dur le dispute au théâtre et au spectacle musical. L’honneur d’ouvrir le bal à Soissons revient à Saïda Churchill avec “Vacances au bord de la guerre“, une thématique dans laquelle la rejoint Jihad Darwiche et ses “Récits de vie en tant de guerre”. Au programme également, le trompettiste Emmanuel Van Cappel et son “Piston de Manoche”, la québécoise Nadine Walsh dans “Femmes pirates ou crise de foi(e)” ou encore Albereto Garcia Sanchez. François Rollin proposera “seul”, compilation et adaptation de quatre spectacles de Pierre Légaré, le comédien Daniel Mesguish et le pianiste Mikaïl Rudy clôtureront avec “Lettres à Milena”, correspondance de Franz Kafka sur des musiques de Janacek et Brahms, un spectacle en partenariat avec l’ADAMA. Le programme complet sur

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18 Histoire : de Napoléon à la décentralisation 19 Prêts pour l'hiver

20 Un entretien au quotidien 21 Des routes plus vertes

dossier 17

Voirie départementale : deux siècles à votre service


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18

dossier

Le travail du cantonnier est codifié par Napoléon en 1811.

Deux siècles de routes départementales Un soir de 1811, au palais des Tuileries, l’empereur Napoléon 1er signe un décret impérial sur la construction, la réparation et l’entretien des routes. C’est ce décret qui institue les routes départementales et les confie aux Conseils généraux.

La construction d’une route au XVIIIe siècle (peinture de Joseph Vernet, Musée du Louvre).

5 467 kilomètres de routes départementales à entretenir. L’Aisne, 49e département pour sa population, se classe au 13e rang pour la longueur de son réseau routier. Il faut bien relier les 816 communes entre elles et le département est vaste. Mais la géographie n’explique pas tout, et le poids de l’histoire est important pour comprendre d’où vient le réseau départemental actuel, né il y a deux siècles avec le décret napoléonien.

est plus important au sud de Laon qu’au nord… Dans les délibérations de 1875, les conseillers généraux de l’époque regrettent, déjà, que “malgré les propositions faites dans le projet de budget”, l’empierrement de la chaussée entre Laon et Marle sur la RN2 soit encore suspendus “à cause des conditions financières de l’Etat.”

Le réseau secondaire est assez dense et le Conseil général de l’Aisne récupère dès 1811 un linéaire important. Mais l’Empereur a tout prévu. Dès 1812, les départements sont priés de désigner les voiries à rendre aux communes ou, au contraire, les chemins vicinaux à élever au rang de routes départementales. Et c’est plutôt ce qui va se produire ; le réseau départemental s’étoffe en intégrant des artères communales. Jusqu’en 1850, le L’essor spectaculaire Conseil général de l’Aisne va déEn 1811, les routes sont impériales et réparties selon leur imdes routes départemen- velopper les voiries d’une manière spectaculaire, accompagnant l’esportance en différentes classes. tales date du XIXe siècle. sor industriel… tout en jouant Napoléon décide de rendre la complémentarité avec la voie départementales les routes de troisième classe. Les chemins de l’époque n’ont pas d’eau : c’est l’époque où l’on perce les canaux. grand-chose à voir avec ceux que l’on connaît auMais le 29 octobre 1875, le Conseil général de l’Aisne jourd’hui. D’abord, parce que ce sont des chevaux, adopte une délibération qui précise : “le service des des calèches et des piétons qui les empruntent. Les routes départementales et celui des chemins vicicomptages ne se font pas en véhicules par jour, mais naux seront réunis sous la même direction, à partir en “colliers”. Dans le meilleur des cas, les voiries sont du 4 janvier 1875 (…) Le Conseil décide, en principe, pavées. Souvent, elles ne sont revêtues que d’un méle déclassement des routes départementales et leur lange caillouteux ; quand ce ne sont pas de simples classement en chemins de grande communication.” chemins de terre. Et voilà comment les départementales rebasculent, L’Aisne est alors traversée par une artère principale, pour un temps, dans la vicinalité… la “Route Impériale n° 2”, ancêtre de la RN2. Les cartes de l’époque montrent que son aménagement Cinquante ans plus tard, en 1938, un décret crée les Chemins départements, les fameux CD. Le Conseil général de l’Aisne récupère alors dans son giron les “chemins de grande communication” et les “chemins d’intérêt commun”, jusqu’alors communaux. Puis, dans les années cinquante, le département, avec l’accord des conseils municipaux, récupère de nouveau une partie du patrimoine routier communal. L’ensemble de ces mouvements, opérés depuis deux siècles, se traduit par le très faible nombre de kilomètres du réseau communal : l’Aisne est 84e seulement au niveau national.

Ces transferts des communes vers le département explique le dimensionnement de certaines routes départementales, parfois si faible que deux véhicules ne s’y croisent pas. Un autre mouvement, initié par l’Etat, a lieu : le déclassement de routes nationales en départementales. Une première vague a lieu en 1972. Une grosse vague : 655 km. La seconde vague est récente. En 2006, le gouvernement transfère 283 kilomètres d’anciennes routes nationales au Conseil général.


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Le plan hivernal prévoit de déblayer l’ensemble du réseau, avec des priorités. Mais les plus petites départementales - ici en Thiérache - ne sont pas laissées de côté.

dossier

19

Face à l’offensive annuelle de l’hiver, les troupes des agents de la voirie départementale sont mobilisées dès les premiers frimas. Une armée de fantassins équipés pour déblayer au plus vite les chaussées.

Prêts pour l’hiver

Disons le tout net : il n’est pas humainement possible aux troupes du Conseil général de dégager les 5 467 kilomètres de voiries départementales chaque nuit d’hiver où le verglas et la neige sont au rendez-vous. En revanche, à travers le plan de viabilité hivernale, les agents de la voirie sont sur le pont pour assurer la meilleure sécurité possible sur le réseau.

Dans la salle opérationnelle de la direction de la voirie, à Laon, l’agent de permanence scrute l’écran météo. On annonce de la neige pour la nuit, “une couche non négligeable.” Météo France a développé un logiciel particulier pour l’Aisne, particulièrement précis. “Nous avons sept zones météorologiques distinctes dans le département” explique Jean-Marc “Trois niveaux de priorités ont été définis, Moreaux, responsable du pôle exploiexplique Eric Vantal, directeur de la voirie tation à la direction de la voirie. “Le départementale. Le niveau S1 correspond logiciel nous permet de savoir quelle aux itinéraires à traiter en priorité, y compris zone va être affectée, d’une manière le week-end ou les jours fériés. Ce sont les assez fiable.” Le Conseil général routes les plus empruntées. Vient ensuite le bénéficie également des niveau S2, que nous traitons dès données des cinq stations lors que la circulation est rétablie Un œil météos (1) qu’il a installées sur les routes prioritaires. Puis le sur le ciel. lui-même, avec des équipements niveau S3, les routes les moins spécifiques. “Nous connaissons fréquentées, que nous ne laissons par exemple la profondeur du gel pas de côté, mais sur lesquelles nous interdans la chaussée : c’est un élément d’aide venons, en journée, avec nos moyens encore à la décision pour la pose des barrières de disponibles, et seulement après intervention dégel.” sur les niveaux 1 et 2.” L’idée est d’abord et avant tout d’être au service des usagers : il Dans les cinq unités départementales, est logique de déneiger d’abord un tronçon d’autres agents de veille ont, eux aussi, un qui supporte 15 000 véhicules par jour avant œil sur les prévisions. Si la neige ou le verglas une RD peu fréquentée. Mais il est à noter sont annoncés, des patrouilles sont envoyées que c’est bien l’ensemble du réseau qui est sur place. “Nous vérifions toujours sur le terrain.” Les patrouilleurs sont équipés d’insconcerné : aucune route n’est oubliée. truments de mesure météo Les prévisions météo sont scrutées à la loupe. qui permettent de valider les prévisions. Le croisement de toutes les informations permet de déclencher ensuite les opérations de salage ou de déneigement, suivant les circuits définis dans le plan de viabilité hivernal.

(1) A Prémont, La Bouteille, Festieux, Hartennes et Romeny.

Les engins de déneigement suivent des circuits pré-établis.

Un coût important Le département vient de connaître deux hivers particulièrement rigoureux. Les routes ont particulièrement souffert, surtout l’an dernier. “L’hiver 2008 nous a coûté 3 millions d’euros en réparation” explique Eric Vantal, directeur de la voirie départementale. “Et nous avons eu juste derrière un hiver 2009 rigoureux, avec des périodes de gel et de dégel qui se sont succédé”. Facture : 5 millions d’euros. L’an dernier, le gel est descendu jusqu’à 40 centimètres de profondeur, attaquant la structure des chaussées. Malgré les barrières de dégel, qui interdisent la circulation aux poids lourds pour éviter les dégâts.

pratique

08 200 826 02 Les automobilistes peuvent consulter ce serveur vocal pour connaître les conditions de circulation dans l’Aisne.


La cartographie et l’arrêté concernant

les barrières de dégel pour cet hiver 2010/2011

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dossier

sont consultable sur www.aisne.com

l'Aisne 182 magazine du Département - Janvier/Février 2011

Au service quotidien des usagers Chaque année, le Conseil général de l’Aisne consacre environ 9 M€ à l’entretien des routes départementales. La priorité est donnée aux routes les plus fréquentées.

le chiffre

7 ME Le Département aide aussi les communes à entretenir leurs routes. Ce coup de pouce est important : 7 ME dans le budget 2010. Il faut préciser que les communes participent en partie à ce financement, abondé par le FDS (Fonds départemental de solidarité).

L’entretien des routes, une priorité.

Chaque année, un programme d’entretien est donc établi, en fonction de critères objectifs : dégradation de la chaussée, trafic... Lorsqu’une route est refaite, sa structure doit durer une trentaine d’années. La bande de roulement - le bitume - doit généralement être reprise tous les dix ans, voire tous les cinq ans dans certains cas. L’entretien régulier de ces routes est essentiel pour préserver la structure : réhabiliter intégralement une route coûte jusqu’à dix fois plus cher que son entretien simple, jusqu’à un million d’euros le kilomètre. C’est d’ailleurs pour protéger les routes qu’en période hivernale, sont posées les barrières de dégel, qui limitent la circulation aux véhicules les plus légers.

Une route se dégrade vite. Surtout lorsqu’elle accueille un trafic poids lourds important. Le rapport est impressionnant : “un seul camion dégrade la structure de la chaussée autant qu’un million de voitures particulières” explique Eric Vantal, directeur de la voirie départementale. Le réseau axonais doit, notamment, composer avec la forte activité des betteraviers, concentrée sur quatre mois sur des routes secondaires, mais pas seulement. Sur certains axes, un véhicule sur quatre est un poids lourd. Pour Un budget particulier (1,3 ME l’an dernier) est gérer au mieux l’entretien des 5 467 consacré à l’entretien des ponts. Le kilomètres de son réseau, le Conseil Un entretien département en compte environ un général a crée en 2005 des catégories millier. Or, de nombreux ponts sont de routes (- réseau prioritaire, réseau sur des critères anciens : démolis pendant la Grande secondaire -), pour définir ses prioriguerre, ils datent de la reconstruction tés. “Nous sommes un service public, objectifs. et sont souvent très dégradés. Chaque au service de l’usager. Les efforts se année, le Conseil général en refait enportent d’abord sur les routes qui supportent le plus tièrement un ou deux, et intervient sur des opérafort trafic de voitures, mais aussi de poids lourds.” tions urgentes de sécurisation. Bien entendu, et en fonction des possibilités budgétaires, des opérations sont possibles sur des routes Les agents se consacrent également au marquage moins fréquentées, mais dont l’état nécessite une au sol. Sur les routes à fort trafic, il convient de intervention urgente. La Voirie départementale peut le refaire tous les deux ans. Surtout, la Voirie dés’adapter également en cas de problème récurrent partementale s’attache à marquer l’ensemble des d’accidentologie, même si l’état des routes n’est routes. Il reste un millier de kilomètres de routes sans aucun marquage. Il s’agit des voies les plus qu’exceptionnellement à l’origine d’accidents. étroites, où deux véhicules ont parfois du mal à se croiser. Chaque année, des dizaines de kilomètres de chaussée reçoivent un marquage. C’est tout de même un budget de 1,4 ME. Mais c’est une question de sécurité.

400 hommes de terrain La voirie départementale emploie environ quatre cents personnes. Peu d’administratifs, beaucoup de personnel de terrain : “nous sommes une armée de fantassins” plaisante Eric Vantal. Il existe cinq “UD” - unités départementales réparties dans les arrondissements de l’Aisne. Chacune d’entre elles est composée d’une soixantaine d’agents, qui gèrent leur secteur routier sous l’autorité de la direction, basée à Laon. Cette proximité avec la réalité du territoire permet d’être plus efficace en cas d’urgence.


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Les 444 000 mètres cubes de remblais nécessaires à la construction de la déviation proviennent du site même ou d’une carrière locale.

Routes plus vertes Fresnoy-le-Grand

La construction de la déviation de Fresnoyle-Grand, qui vient d’ouvrir à la circulation, a été exemplaire en terme d’environnement. Réemploi des matériaux locaux, gestion de l’eau, utilisation de produits recyclés… le vert est mis sur le ruban noir.

zoom

Construire une route en minimisant l’impact négatif des travaux sur l’environnement. C’est l’option choisie par le Conseil général pour la déviation de Fresnoy. L’ensemble du chantier a été pensé à l’aune du développement durable. L’entreprise retenue pour effectuer les travaux, Norpac, a d’ailleurs obtenu le label “chantier bleu”, certifiant sa qualité environnementale. Mais, dans le détail, une route “verte”, c’est quoi ? D’abord, on agit sur les remblais. Pour ce nouveau ruban de 6 kilomètres de long, il a fallu pas moins de 444 000 mètres cubes de déblais (la terre que l’on retire) et à peine moins de remblais (la terre que l’on remet, pour faire simple). D’habitude, la terre déblayée part en décharge, et le remblais vient parfois de loin, occasionnant de nombreux déplacements de poids lourds. Pas de ça à Fresnoy : la qualité des matériaux trouvés sur place, notamment les craies et les limons, a permis de réemployer 80 % des déblais. Le reste provient de la carrière fresnoysienne située à proximité immédiate du chantier. Chaque fois que c’est possible, les opérations routières de

la voirie départementale privilégient ce réemploi : ce sera le cas, par exemple, pour la déviation de Bruyères-et-Montbérault. Une fois le remblais constitué, les ouvriers se sont attaqués à la structure de la route - “la sous couche” en quelque sorte - qui supporte la bande de roulement. Le choix s’est porté sur de la grave ERTALH. Comme son nom l’indique (ERTALH est l’acronyme de Enrobés recyclés traités au liant hydraulique), il s’agit d’un matériau réalisé à partir d’ancien enrobé, récupéré lors des travaux d’entretien des voiries. Là encore, l’impact environnemental est quasi nul. La gestion des eaux de ruissellement - la pluie, au contact des routes, se charge de toutes sortes de polluants - a également été soignée. L’eau est amenée dans des bassins équipés de déshuileurs et de débourbeurs, puis dirigée vers des noues tapissées de plantes aquatiques dépolluantes. Enfin - c’est l’une des exigences d’un chantier “label bleu”, un soin particulier a été porté à la gestion des déchets.

Talus fleuris Des fleurs, des graminées, et donc, des papillons, des insectes, des animaux… Les bords des routes départementales accueillent flore et faune, grâce à l’adoption de techniques de fauchage raisonné : les agents de la voirie ont donc réduit la largeur de la fauche. Une bande de deux mètres est tondue, au bord de la route, mais le reste du talus reste sauvage. Sur les routes les plus étroites, la largeur est réduite à un mètre. On réduit la largeur, mais aussi la hauteur de la coupe, pour ne pas mettre les sols à nu en plein été. Le nombre d’interventions - trois par an - ne change pas, mais en revanche, le calendrier a été décalé pour favoriser la pousse des plantes et la nidification. Enfin, côté chimie, les produits phytosanitaires sont progressivement interdits de séjour sur les bas côtés.

La déviation de Fresnoy-le-Grand a ouvert le 14 décembre. Il s’agit de la plus grosse opération routière depuis l’ouverture du contournement de Vignolles sur la D1, il y a cinq ans. Son coût, 23 ME, est partagé entre le Conseil général de l’Aisne et la Région Picardie. D’une longueur de 6 km, la déviation rapproche Bohain de Saint-Quentin. Les habitants de Fresnoy, eux, seront soulagés de ne plus cohabiter avec les 7 000 véhicules, dont de nombreux poids lourds, qui traversaient quotidiennement leur ville.


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750g.com met la blanquette de mamie sur internet Soissons

En moins de trois ans, le site culinaire www.750g.com s’est imposé sur la toile. Plus de 5 millions d’internautes vont, chaque mois, lire l’une des 25 000 recettes proposées. Une réussite made in Soissons. Vincent Lefrant a le sourire. Ce grand jeune homme, ancien du lycée hôtelier de Soissons, est aujourd’hui responsable des contenus éditoriaux de www.750g.com, l’un des leaders francophones des sites internet consacrés à la cuisine. “Lorsque je suis arrivé, il y a trois ans, nous étions quinzième. Aujourd’hui, nous sommes deuxième” se félicite-t-il. Les chiffres donnent le tournis : en septembre, 5,4 millions de visiteurs uniques ; 31,5 millions de pages vues ; 77 800 abonnés à la lettre d’information du site… Ce succès s’est accompagné d’un déménagement dans un bureau plus vaste, au parc Gouraud, et de l’embauche de Marie-Rose Domingues, qui seconde Vincent, et de Cécile Mougeot, chargée de développer les partenariats commerciaux. Trois salariés, déjà, et il est probable que l’équipe de 750g.com s’étoffe dans les mois à venir. Au départ de 750 grammes, il y a un autre Soissonnais - d’adoption - Damien Duquesne, professeur de cuisine au lycée. Son frère, Jean-Baptiste est un professionnel du vin et de l’internet depuis 1995. Il anime le site 75cl.com, consacré au vin. Du vin aux mets, il n’y avait qu’un pas, franchi en 2004. Au commencement, tout est bénévole et artisanal. Damien et un ami Christophe, lui aussi professeur de cuisine dans un lycée de Thiérache du Nord, consacrent des heures à la mise en ligne

Vincent Lefrant, entouré de Cécile Mougeot et Marie-Rose Domingues.

et à la vérification des recettes envoyées par les internautes. Très vite, les deux chefs réalisent qu’ils ne s’en sortiront pas seuls. En 2007, ils recrutent Vincent, qui va les aider à développer le site.

les produits de saison. “Nous avons également développé des blogs thématiques, à partir des concours que nous lançons chaque mois”, poursuit Vincent. Chocolat, cake, verrine… Toutes les tendances de la cuisine sont là. La vidéo a fait son apparition, 750g.com est toujours en mouil y a quelques mois ; en moins vement. Son succès se base de trois minutes, sur les relations on apprend à faire privilégiées tissés 750g.com est la pate à crêpe, à avec les cuisiniers un site toujours émincer des échaamateurs qui tienlotes… Au total, nent des blogs en mouvement. 120 démonstraeux-mêmes et alitions filmées sont mentent le site en disponibles. “Nous veillons à être recettes. La caution des deux présent sur tous les supports. chefs, Damien et Christophe, apNous sommes la 5e application porte une plus-value. A lui seul, la plus téléchargée, dans la ruchef Christophe a validé 70 300 brique Style de vie, sur I.Phone, commentaires et recettes… Car par exemple. Et nous travaillons toutes les recettes publiées sont pour être présent sur l’Ipad.” vérifiées. C’est aujourd’hui le job Pas un créneau qui n’échappe à de Marie-Rose, qui traque la la petite entreprise soissonnaise. moindre erreur – du sel au lieu “Nous avons une collection de du sucre, des proportions non livres, lancée avec l’éditeur Sorespectées… “Je suis cuisinière lar, et depuis la rentrée, nous amateur aussi !” avoue-t-elle. proposons des coffrets, avec des Et, en cas de doute, Damien ou recettes et des ustensiles. C’est Christophe sont là. Sur 750g, on très tendance, et pour les fêtes, trouve également une foule d’arce genre de produits cartonne” ticles consacrés aux plaisirs de reprend-il. la table : 4 650, en septembre. Cela va des recommandations Dès qu’elle le peut, l’équipe de de restaurant à des conseils sur 750g.com fait travailler des Axo-

nais : un vidéaste laonnois pour les démonstrations culinaires ; un imprimeur soissonnais pour les tabliers, offerts aux internautes qui déposent cinq recettes. Le chiffre d’affaires du site est quant à lui généré par la publicité et, de plus en plus, par les opérations commerciales. “750g.com vend son savoirfaire en matière d’organisation de concours, par exemple. Des syndicats professionnels nous ont acheté des concours sur les volailles fermières ou sur le fromage de brebis des Pyrénées” explique Vincent Lefrant. Et le jour où la popote ne sera plus à la mode ? “Je pense que ça va durer encore, avant de fléchir un jour. L’important, c’est d’anticiper, en étant présents sur toutes les nouvelles technologies qui débarquent.” La blanquette de Mamie fera toujours recette, à condition d’être disponible sur l’ensemble des supports actuels… et futurs.

contact

www.750g.com


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Nouvion le Vineux

La dernière édition de Theatra, festival international de théâtre amateur, a récompensé une troupe du Laonnois, le Théâtre à Coulisses, dirigée par deux enseignants, Sylvie Malin et Jean-Louis Levert.

De l’or en coulisses “Depuis que nous la jouons, nous sentions bien qu’il se passait quelque chose avec notre pièce “Comme quoi !”, nous savions que le public adhérait à chaque représentation. Nous étions prêts, je crois…” JeanLouis Levert, président du théâtre à Coulisses est tout heureux d’avoir reçu, avec Sylvie Malin, l’autre “tête” de la troupe, le fameux Louis d’Or qui récompense, chaque année depuis vingt ans, une compagnie amateur à l’occasion du festival Théatra. “Le texte de la pièce est souvent comique, et la mise en scène très dynamique. Les gens s’y retrouvent” confirme Sylvie. Et si les comédiens l’ont parfaitement rodée, depuis dix-huit mois, dans l’Aisne et ailleurs, ils ne s’attendaient pas forcément à gagner dans un festival international, devant des troupes

Soissons

Le théâtre à coulisses a séduit le jury international du Theatra Festival.

venues de Suisse, d’Italie, des Pays-Bas ou de République Tchèque… “D’ailleurs, nous n’y allions pas dans un esprit de compétition, mais pour échanger et voir ce que les autres font”, reprend Jean-Louis Levert. A noter que deux autres troupes de l’Aisne avaient été sélectionnées. “On sent qu’au sein de la Fédération AxoThéa, les troupes prennent du corps” indique Cathy Aulard, directrice artistique du festival, organisé en Alsace. “Nous suivons tous des stages grâce à AxoThéa et cela porte ses fruits” confirme Jean-Louis.

La troupe, basée à Nouvion-le-Vineux, répète à Vorges. Grâce au Louis d’Or décroché en Alsace, elle a déjà eu deux contacts pour aller jouer à Rouen et dans le Jura. “Mais on aimerait aussi jouer un maximum dans l’Aisne !” lance Sylvie Malin. La prochaine représentation est prévue le samedi 29 janvier, à Sinceny.

contact Sylvie Malin 06 22 69 95 78

Toute la musique que James…

Il vend des musiques à Luc Besson ; ses illustrations sonores habillent les émissions de télévision – Un dîner presque parfait, par exemple. James Abinger, citoyen de sa Gracieuse Majesté, a choisi Soissons pour développer sa librairie musicale. James Abinger (à gauche) et ses collaborateurs d’A-Music.

James Abinger a fui son Londres natal il y a une dizaine d’années pour vivre à la campagne, loin des embouteillages et de la pollution. Il trouve son bonheur dans l’Aisne, entre Soissons et Villers-Cotterêts. “En Angleterre, il faut aller à trois heures de Londres pour trouver une telle qualité de vie” s’enthousiasme-t-il. Après avoir travaillé dans la presse, il monte A-Music en 2005 au parc Gouraud. Son job : faire enregistrer des musiques, et les vendre. Plus de 250 musiciens travaillent pour lui, dans des studios mythiques comme Abbey Road. Le catalogue d’A-Music comprend 37 000 titres, dans lesquels ses clients viennent piocher. Le cinéma, la télévision, la publicité sont particulièrement gourmands en ambiances sonores… “Typiquement, pour le cinéma, les gens font appel à nous pour illustrer des scènes de café ou de restaurant. Il leur faut une musique de fond, mais ils n’ont pas envie de payer des sommes importantes en diffusant Madonna ou Michael Jackson. Nous leur proposons des musiques qui collent avec l’ambiance.” Electro-pop ou musique symphonique, il y a de tout. C’est ce qui séduit des clients comme Luc Besson. Sur son dernier long métrage “From Paris with love”, comme sur des films publicitaires pour Arthur et les Minimoys 2, on retrouve des extraits d’A-Music. “C’est un catalogue très riche et diversifié, avec des musiques de qualité, qui changent de l’image brouillonne qu’ont les musiques de catalogue” témoigne Alexandre Mahout, de chez Europa Corp, la boîte de production de Luc Besson. James a déjà embauché trois personnes à Soissons et compte ouvrir prochainement un bureau commercial à Paris, pour se rapprocher de ses clients. se renseigner : www.a-music.fr


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l'Aisne, un temps d'avance

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Comment s’adapter à la TNT, la télévision numérique terrestre ? Le 2 février, l’Aisne passe à la TNT, la télévision numérique terrestre. 222 000 foyers sont concernés dans le département. Explications pour éviter l’écran noir. La télévision de grand-papa est morte : son avis de décès est programmé le 2 février. A cette date-là, le mode de diffusion actuel - analogique - sera remplacé par le numérique. Pour la plupart des téléspectateurs axonais qui reçoivent la télévision par une antenne râteau (1), cette révolution technologique se fera en douceur. Le 2 février, ils allumeront leur poste et… rien n’aura changé, il y aura toujours de la télé dans la télé, mais avec une qualité d’image globalement

meilleure et, surtout, 19 chaînes gratuites au lieu des 6 actuelles. Encore faut-il habiter dans une zone couverte par la TNT, ce qui sera le cas de la quasi-totalité du département (2). Actuellement, l’Aisne est déjà couverte à plus de 85 % par six émetteurs. Le 2 février, deux nouveaux émetteurs seront mis en service, à Crézancy et Moy-de-l’Aisne. La couverture dépassera alors les 95 %. Pour savoir si vous êtes dans

une zone couverte par la TNT, vous pouvez vous rendre sur le site www.tousaunumerique.fr, pour y entrer votre adresse. Les personnes situées dans des zones non couvertes par la TNT devront s’équiper d’un autre mode de réception : satellite ou internet. Des aides sont prévues par la loi : jusqu’à 250 E. Une aide spéciale peut également être accordée à ceux qui, habitant dans une zone couverte, ont malgré tout des difficultés de réception. Même si vous êtes dans une zone de couverture, le passage à la TNT peut avoir un coût, si votre matériel n’est pas adapté. Toutes les télévisions vendues depuis mars 2008 ont un adaptateur TNT intégré. En revanche, pour les autres, il convient d’acheter un adaptateur (entre 25 et 50 E). Enfin, mais les cas doivent être rares, les téléviseurs d’avant 1981 ne peuvent recevoir la TNT. Dans l’Aisne, 8 foyers sur 10 ont déjà un matériel adapté. Parfois, il faudra réorienter (80 à 120 E) voire même remplacer une antenne râteau (jusqu’à 220 E). Des aides sont prévues par la loi, pour les foyers les plus modestes.

(1) Ceux qui reçoivent la télévision par internet, par câble ou par satellite n’ont rien à faire pour le passage à la TNT. (2) Dans certains cantons de l’Aisne, proches de Champagne-Ardennes, les habitants reçoivent déjà la TNT, depuis des émetteurs situés dans la région voisine.

pratique Seuls les téléspectateurs équipés d’antenne râteau sont concernés par l’arrivée de la TNT.

Personnes âgées : une aide à l’installation Dans l’Aisne, les personnes âgées de plus de 70 ans seront les plus touchées par le passage au numérique. Elles sont deux fois plus nombreuses que le reste de la population à posséder un matériel inapte à la réception de la TNT. Une sur cinq devra adapter son installation pour son poste principal et une sur deux pour son second poste. Principalement, il s’agira d’acquérir un adaptateur TNT. Reste le problème des réglages, pas toujours simple lorsque l’on est âgé. Depuis le 12 décembre, sur un simple appel au 0970 818 818, les seniors - comme les personnes qui souffrent d’un handicap à plus de 80 % - peuvent demander la venue d’un technicien pour installer et régler leur adaptateur à domicile. Cette intervention est totalement gratuite, soyez donc vigilant face aux éventuels démarcheurs mal intentionnés.

0 970 818 818 C’est le numéro de téléphone (prix d’un appel local, du lundi au samedi, de 8 à 21 heures) qui permet de connaître les conditions d’attribution des aides à l’équipement.

www.tousaunumerique.com - Le site

sur lequel il faut vous connecter pour tout savoir du passage à la TNT. Le dossier de presse complet sur le passage de la Picardie à la TNT sur

www .aisne.com


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Château-Thierry

histoire

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La conscience politique d’Henri Guernut naît lors de l’affaire Dreyfus. Enfant de la IIIe République, ce natif de Thiérache a dirigé la Ligue des Droits de l’Homme pendant vingt ans avant de porter le combat pour la justice et l’égalité à la chambre, comme député de Château-Thierry.

1912 : Henri Guernut à la tête de la Ligue des Droits de l’Homme Le 13 janvier 1898, à la une du journal L’Aurore, un titre en caractère gras : “J’accuse…” L’article est signé Émile Zola. Le poète Charles Péguy raconte ce jour pas comme les autres : “toute la journée, dans Paris, les camelots à la voix éraillée crièrent L’Aurore, coururent avec L’Aurore, en gros paquets sous les bras, distribuèrent L’Aurore aux acheteurs empressés. Le choc fut si extraordinaire que Paris faillit se retourner.” Dans la foule des acheteurs de l’Aurore, un tout jeune homme de 21 ans, natif de Lavaqueresse. Henri Guernut, fils de paysans thiérachiens, brillant sujet, descendu dans la Capitale pour y faire son droit. Tôt repéré par son instituteur, il a quitté l’école du village pour celle de Vervins, avant d’intégrer, grâce à une bourse, le lycée de Laon, puis celui de Lille et, enfin, le plus prestigieux des établissements parisiens, Louis Le Grand. Il obtient sa licence en droit à la Sorbonne et se destine à la profession d’avocat. Pour payer ses études, il donne des cours et publie des articles, notamment dans La revue socialiste. Pour Henri Guernut, l’article de Zola, qui prend fait et cause pour Dreyfus, le capitaine injustement condamné sur fond d’antisémitisme, est un choc. Quelques mois plus tard, alors que l’affaire Dreyfus divise encore, la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen est fondée. Henri

Guernut y adhère rapidement. La Ligue regroupe nombre d’avocats et de juristes, et le jeune Axonais est à son aise parmi eux. Ses convictions sociales y trouvent un écho. Les valeurs de la Ligue sont les siennes : “il y a une affaire Dreyfus partout où il y a un ouvrier qui souffre, un enfant sans instruction, un travailleur sans défense, un vieillard sans asile.” Henri Guernut, devenu avocat à Paris, ne plaide que des affaires politiques. Dès 1912, il devient secrétaire général de la Ligue des droits de l’homme, qu’il va présenter dans la France entière au cours de conférences. Réformé, il ne participe pas au combat de la Grande Guerre, mais avec la Ligue, il défend notamment les Poilus condamnés lors de conseils de guerre expéditifs. Dès 1918, il demande la réhabilitation des fusillés pour l’exemple. Son entrée en politique, prolongement de son action à la Ligue, est imminente. Il choisit de se présenter à Château-Thierry. Il est battu en 1924 mais prend sa revanche en 1928. Sous l’étiquette radical socialiste, il est réélu en 1932, date à laquelle il doit abandonner ses responsabilités à la Ligue des Droits de l’homme. Abandon de responsabilités mais pas de ses valeurs. Pendant ses deux mandats parlementaires, il poursuit inlassablement ses combats pour la justice. Ainsi, il demande l’égalité de traitement entre les citoyens

français et ceux que l’on appelle alors les “indigènes” ; il est aussi à l’origine du statut protecteur des journalistes professionnels. Forcément, l’extrême droite le hait. Le pamphlétaire Léon Daudet l’assassine dans les colonnes du quotidien nationaliste et antisémite L’Action Française : “ce Guernut est un imbécile et un fanatique.” Le député Axonais devient ministre de l’Education nationale en 1936, mais le gouvernement ne reste en place que quatre mois, et en avril, les élections lui sont défavorables. Les électeurs castels lui préfèrent le SFIO Paul Lambin. Henri Guernut retrouve la Ligue où les débats sont intenses. Guernut, qui a, dès les années 20, mis en garde contre la montée du fascisme, dénonce ensuite “la tyrannie stalinienne”, à un moment où la Ligue n’a pas de ligne claire sur le sujet.

Il reprend son activité de chroniqueur, au sein de son journal, “La tribune de l’Aisne”, qu’il suspend en 1940, en raison de la censure. Revêtant de nouveau sa robe d’avocat, il tente de défendre, encore une fois, les opprimés, nombreux sous l’Occupation. Fatigué, il attrape une pleurésie. Il meurt finalement de la tuberculose en 1943. L’une de ses dernières phrases, citée par Michel Hérody, qui lui a consacré un livre (1) est symptomatique de cet homme qui, né avec la IIIe République, meurt avec elle : “C’est la fin de la République qui m’a tué.” (1) Henri Guernut, un défenseur des droits de l’homme, député de Château-Thierry, de Michel Herody, édition de l’Harmattan (disponible à la Bibliothèque départementale de l’Aisne). Henri Guernut, une figure humaniste de la IIIe République.


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territoire de l'Aisne

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Villers-Cotterêts

Dès la naissance du pôle de Roissy en 1974, Jean-François Samier s’est établi à Puiseux- en-Retz.

Si son patrimoine littéraire et la splendeur de sa forêt font du Valois axonais une terre attirante à bien des égards, sa proximité de la ceinture parisienne joue encore plus en sa faveur.

Le Valois à A 20 lieues à peine des portes de la capitale, s’étendait ici du temps de la Gaule chevelue l’immense forêt des Sylvanectes, Appréciée pour ses chasses, sa proximité de Paris attira très tôt seigneurs et rois, à commencer par François 1er à qui Villers-Cotterêts doit d’être devenu un vrai bourg. Le monarque se plaisait

tant à chasser en forêt de Retz, accompagné de sa nombreuse suite, qu’il entreprit d’importants travaux sur le château dans lequel il signait en 1539 la célèbre “ordonnance de Villers-Cotterets”. Aujourd’hui plus que jamais, la cité d’Alexandre Dumas et sa région jouissent d’une attractivité accrue auprès d’une population

travaillant en Ile de France et tout particulièrement sur le pôle de Roissy. “Mais même au bout de 30 ans, ici je reste le parisien ou l’aviateur, relativise Jean-François Samier, installé à Puiseux-en-Retz depuis 1974.” Stewart, puis commercial naviguant chez Air France aujourd’hui en retraite, ce natif de Laon fut parmi les premiers à pa-


territoire de l'Aisne

Vue aérienne de Villers-Cotterêts

vol d’oiseau rier sur cette campagne à moins de trois quarts d’heure de route du nord parisien. “Les habitudes des navigants étaient si ancrées à Orly que rares étaient ceux qui croyaient en l’avenir de Roissy, assure-t-il. Certains pensaient sérieusement qu’à partir du Bourget, c’était déjà les terrils !” Dans ce seul village situé à

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8 km de Villers-Cotterêts, outre les volants comme Jean-François et son épouse Christine, hôtesse de l’air, près de 15 % des résidents travaillent en région parisienne. “Il suffit de voir les parkings pris d’assaut dès les premières heures, relève l’ancien stewart. Ici comme à Crépy-enValois, tout est plein dès le ma-

tin.” Comme Julie, cotterézienne de 35 ans, ils sont en effet près de 300 abonnés sur la ligne Villers-Cotterêts Paris Nord. “Sauf panne de réveil exceptionnelle, je monte dans le direct de 6h20, explique la jeune femme, cadre commercial dans l’ouest parisien. Au quotidien, ce sont des horaires fatiguant mais ce n’est

pas le départ en gare de Villers le plus éprouvant, ce sont surtout les trois quarts d’heure de métro qui m’attendent ensuite.”


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territoire de l'Aisne

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Rien n’échappe à l’œil aguerri des randonneurs.

S’il est une âme à ce pays, elle réside au cœur de sa forêt à qui randonneurs et amoureux de la nature rendent inlassablement hommage.

Hêtre ou ne pas hêtre “La plus noble et la mieux plantée du Royaume”, voilà ce qu’il est dit de la forêt de Retz dans le Règlement de Réformation de 1672. Les 13 000 hectares de bois qui s’étendent autour de Villers-Cotterêts comptent encore aujourd’hui parmi les plus belles hêtraies de Picardie, un milieu naturel préservé riche d’une faune et d’une flore uniques. Tous les mardis matin sans exception, tout au long de l’année et quelle que soit la météo, les randonneurs assidus de l’association des amis de la forêt de Retz se retrouvent pour l’explorer.

le secteur regorge de légendes et de récits de chasse palpitants.” Chaque promenade est immortalisée en photos et sera retranscrite en détail dans un bulletin. Les absents sont ainsi tenus au courant.

L’œil aux aguets, on relève les signes indiquant les passages d’animaux, les “vocelests”, ces traces singulières laissées par les cervidés, toujours avec l’espoir d’apercevoir au loin la silhouette majestueuse d’un cerf. “Il y a quelques semaines nous avons vu toute une harde de biches dans les champs, raconte Marie-Henriette. Mais même en “Nous faisons une distance Le secteur regorge petit groupe d’une dide 12 km en moyenne, prézaine de personnes cise Marie-Henriette Cwerde légendes et de récits comme aujourd’hui, man, marcheuse invétérée de chasse palpitants. nous faisons malheuqui se charge d’établir un reusement trop de bruit nouveau parcours pour chaque sortie. Le rythme est soutenu, mais pour ne pas les effrayer.” Rien n’échappe nous prenons le temps d’observer et d’enri- au petit groupe aguerri à l’observation. Ici chir nos connaissances sur l’histoire locale, un terrier est découvert, celui d’un renard à

Ce qu'il faut voir

n’en pas douter car si c’était un blaireau, les déjections de l’animal seraient visibles à l’entrée. Plus loin, un charme à l’écorce veinée développe une “loupe”, et là, cette feuille de hêtre présente une excroissance ressemblant à un bourgeon mais qui s’avère être un kyste renfermant une larve d’insecte. A midi tapante, la boucle est bouclée et rendez vous est pris le mardi suivant pour de nouvelles aventures en pleine nature.

contact : 06 17 30 01 41 www.amis-foret-retz.fr

Abbaye cistercienne, fille de Clairvaux, l’abbaye de Longpont fut fondé en 1131 par Saint-Bernard. Mise en démolition après la révolution, il ne reste que de majestueuses ruines de la grande abbatiale dont la façade dresse encore à 40 mètres de haut. La partie des bâtiments transformée en palais par les “abbés commendataires” a toutefois gardé toute sa splendeur. Visites sur réservation au 03 23 72 92 55


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territoire de l'Aisne

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Fleuron de la distribution automobile, le Groupe Volkswagen France s.a est depuis 50 ans l’acteur de marque de l’économie cotterézienne.

Pièce maîtresse 487 400 m2 au sol, entrepôts high-tech, et services sont les secteurs les plus repréMerveile de bureaux aux lignes modernes et racées à sentés. L’activité vitrine reste la logistique, la logistique, le “transtocker”. l’image des véhicules alignés par milliers sur très en pointe comme en témoigne l’impresune mer d’asphalte anthracite, le site Volks- sionnant “transtocker” dédié aux petites wagen France, implanté depuis 1960 sur le pièces. D’expérience, un tour à bord d’une faubourg de Pisseleux à Villers-Cotterêts a ligne de cette machine qui assure l’approvide quoi impressionner. Coïncidence étymo- sionnement du réseau pour près de 45 000 logique, le site construcréférences vaut largement teur de Wolfsburg (la ville un tour dans le Space 250 000 véhicules du loup) en Allemagne Mountain. et Pisseleux (le pire des et 29 000 tonnes loups) semblaient prédesde pièces détachées. tinés à s’unir, mais ce sont surtout les 13 hectares Le call center. d’une briqueterie désaffectée située à 80 km de Paris sur un axe routier et ferroviaire idéal qui, à l’époque, jouèrent en la faveur du petit village axonais.

Si 12 000 coccinelles étaient vendues en France en 1961, ce sont aujourd’hui 5 marques qui sont concernées (VW, VW utilitaire, Audi, Seat et Skoda), représentant plus de 11 % de parts de marché. Quelques 250 000 véhicules et 29 000 tonnes de pièces détachées transitent chaque année par le site cotterézien pour alimenter un réseau qui s’étend sur la France, le Maghreb, les DOM et La Réunion. “Nous sommes le plus gros client de la maison hors Allemagne, précise Benoît Sys, directeur des ressources humaines et de la formation. Le site emploie 650 salariés, très majoritairement des cadres. En comptant nos partenaires comme le transporteur Caille et Avenance Restauration, ce sont près de 1000 personnes qui travaillent ici.” Marketing, commerce, finances

Disposée en amphithéâtre sur l’Ourcq, le petit bourg de La Ferté Milon propose à lui tout seul le château inachevé du Duc d’Orléans. Sur ses hauteurs, la statue et le musée Jean Racine, ses trois églises classées monuments historiques et le pont Gustave Eiffel qui relie la place du Port au Blé à son parc arboré.

Le château de Montgobert date du XVIIIe. Il fut propriété de Pauline de Bonaparte, sœur de Napoléon 1er, épouse du Maréchal Leclerc dont le corps repose dans les jardins. Le jardin actuel fut réaménagé au XXe selon le plan de Duchène, paysagiste des jardins de Vauxle-Vicomte. Il abrite le Musée du bois et de la vie Locale qui propose 3000 outils répartis en ateliers. Contact : 03 23 96 36 69


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les rendez-vous

musique 14 janvier Tergnier : Barbara, de l’écluse au Chatelet. 20h30 - Centre culturel Rens. 03 23 40 24 40 14 janvier Saint-Quentin : Autour de Violette (chanson française). 19h30 - La Manufacture Rens. 03 23 62 36 77

18 janvier Saint-Quentin : L’opéra du dragon (Marionnette-opéra) - 20h30 - La Manufacture. Rens. 03 23 62 36 77 27 janvier Tergnier : Arthur Ribo (concert dont vous êtes l’auteur). 20h30 - Centre culturel Rens. 03 23 40 24 40 31 janvier Tergnier : Les chats noirs (swing manouche) dans le cadre des lundis découvertes. 20h30 centre culturel Rens. 03 23 40 24 40 5 février Saint-Quentin : Jacques Higelin. 20h30 - Le Splendid Rens. 03 23 62 36 77 7 février Hirson : The Beyonders dans le cadre des Lundis Découvertes. 20h30 - Salle de l’Eden Rens. 03 23 58 38 88

13 février Saint-Quentin : L’orchestre de Picardie - 16h00 - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77 18 février Villers-Cotterêts : Orchestre

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musique

théâtre

rac. 20h30 - Le Splendid Rens. 03 23 62 36 77

Les Siècles - Mozart / Ouverture d’Idoménée - Symphonies n°31 et n°35 - Concerto pour cor et orchestre - Mantovani / Streets 20h30 - Gymnase GermainThibaut Rens. OTSI 03 23 96 55 10 11 mars Laon : Divertissement pour piano et vents - Claire Désert accompagne les professeurs des écoles de musique de l’Aisne - Divertissement de Mozart à Poulenc - En partenariat avec l’ADAMA et le Festival de Laon - 20h30 - MAL Rens. 03 23 22 86 86 13 mars Saint-Quentin : La belle Hélène, opéra-bouffe. 16h - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77

théâtre Jusqu’au 29 janvier Villeneuve Saint-Germain : De toute urgence. Les vendredis et samedis à 21h. au théâtre Le petit bouffon. Rens. 03 23 59 56 62

10 mars Gauchy : Une chenille dans le cœur par la compagnie Vies à Vies. Théâtre et vidéo. 19h - MCL Rens. 03 23 40 20 00

A 20h30 - Salle de l’Eden Rens. 03 23 58 38 88 1er février Gauchy : Le Frichti de Fatou par la compagnie Tombés du ciel. 20h30 - MCL Rens. 03 23 40 20 00 1er février Saint-Quentin : Sin Sangre de Alessandro Baricco / Théâtre et cinéma. 20h30 - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77 3 février Saint-Quentin : Tue-Tête. 20h30 La Manufacture Rens. 03 23 62 36 77 6 février Vervins : Un pingouin à la morgue. 17h30 - Cinéma PiccoliPiccolo Rens. 03 23 98 11 98

Du 8 janvier au 11 mars 2011 Aisne : Devinez qui ? adapté des 10 petits nègres d’Agatha Christie par le Manteau d’Arlequin. 29 janvier à Bohain (salle Royal), 5 février à Vermand, 12 février à Gricourt, 12 mars à Fontaine Notre-Dame. RDV dans les salles des fêtes à 20h30 13 janvier Saint-Quentin : Oh les beaux jours ! de Samuel Beckett. 20h30 - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77

9 février Saint-Quentin : Antoine De Caunes : Un mec sympa. 20h30 - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77

14 janvier Château-Thierry : Domino par la compagnie Le Voyageur Debout. 21h - Théâtre Jean Cocteau Rens. 03 23 69 43 00

11 février Château-Thierry : Après la pluie par la Compagnie Théâtre de l’Epopée. 21h - Théâtre Jean Cocteau Rens. 03 23 69 43 00

25 janvier Gauchy : Léon le nul par la compagnie théâtre Bouches décousues. A partir de 9 ans. 19h MCL Rens. 03 23 40 20 00 27 janvier Hirson : Comédie sur un quai de gare de Samuel Benchetrit.

théâtre

15 février Tergnier : La compagnie des spectres par la compagnie Ô Fantômes. 20h30 - Centre culturel Rens. 03 23 40 24 40 16 février Saint-Quentin : Cyrano de Berge-

11 mars Château-Thierry : La paix du ménage par la Compagnie Calliopé Comédie. 21h - Théâtre Jean Cocteau - Rens. 03 23 69 43 00 11 mars Saint-Quentin : Une odyssée d’après l’œuvre d’Homère 19h30 - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77 11 mars Tergnier : Monsieur de Pourceaugnac. 20h30 - centre culturel Rens. 03 23 40 24 40

expo Jusqu’au 29 janvier Etréaupont : Compagnons d’histoires de Betty Bone à la médiathèque l’Oise-aux-livres. Mercredi de 17h à 19h, jeudi de 9h à 17h et le samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h. Rens. 09 62 00 92 47

Jusqu’au 20 février Guise : Les veilleurs de nuit, installation de Betty Bone visible de la rue au 72 rue des docteurs Devillers créée pour la Vitrine 02 Rens. 09 62 00 92 47 Jusqu’au 31 mars Tergnier : Concours de la résistance et de la déportation. La répression de la Résistance en France par les autorités d’occupation et le régime de Vichy. Musée de la Résistance et de la Déportation de Picardie. Rens. 03 23 57 93 77

Plus d’infos : www.ville-chauny.fr / www.chateau-thierry.fr / www.ville-laon.fr / www.ville-gauchy.fr / www.tra


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expo Du 16 janvier au 15 avril Bohain en Vermandois : Ma fibre naturelle par Géraldine PelletierChansard à la Maison familiale d’Henri Matisse Du mercredi au samedi : 10h12h / 14h-18h et dimanche et lundi : 14h-18h Rens. 09 64 43 84 63

Du 22 janvier au 20 mars Saint-Quentin : photographies de David Rosenfeld. Galerie SaintJacques Rens. 03 23 62 36 77

jeune public 26 janvier Chauny : La Clique à Claques. Les contes de La fleur qui rit avec Anne-Sophie Péron et Marcel à la musique. 10h30 - Salle Rabelais Rens. 03 23 40 22 13 27 janvier Gauchy : C’est pas pareil ! Par la compagnie Clandestine. Théâtre d’objets. 19h - MCL Rens. 03 23 40 20 00 1er février Laon : Sam et la valise au sourire bleu par la compagnie l’Echappée. 19h30 -MAL Rens. 03 23 22 86 86 4 février Saint-Quentin : Aldebert “Enfantillages”. 19h30 - Théâtre Jean Vilar Rens. 03 23 62 36 77

littérature 29 janvier Oisy : Racont’arts. Les Conturlures, histoires en peintures par l’association La pluie d’oiseaux. Des contes à voir et à entendre. 20h30 à la salle polyvalente Rens. 03 23 60 00 56 10 février Soissons : Le monde de l’édition. Les bouleversements dans la sphère du livre s’accélèrent. Qui édite, aujourd’hui ? Qui écrit ? Qui vend ? Quels sont les véritables maîtres du jeu ? L’existence même de l’écrit n’est-elle d’ailleurs pas en danger ? Devant d’inquiétantes ruptures à l’œuvre, concentration financière et commerciale, révolution de la lecture introduite par l’écran, livres sans auteur, édition sans éditeurs, librairies sans libraires..., cette journée permettra d’exposer l’enjeu du livre dans ses multiples dimensions : économie du livre, résistances et mutations de l’édition, acteurs du livre. De 9h30 à 12h30 à la Bibliothèque départementale, 11 avenue Robert Schuman. Rens. 03 23 75 55 70 ou http://bdp.cg02.fr 16 février Chauny : Issounbôshi le Samouraï. 14h - Forum Rens. 03 23 40 22 13

les rendez-vous

danse 16 janvier Saint-Quentin : Krafff (danse et marionnette). 16h - Théâtre Jean Vilar. Rens. 03 23 62 36 77 Du 23 au 30 janvier Saint-Quentin : Rencontres Chorégraphiques Che Malambo le 23 janvier à 16h au Théâtre Jean Vilar. Simon “Non je ne m’appelle pas Samuel Eto’O” le 26 janvier à 20h30 à La Manufacture. Fuenteovejuna d’après l’œuvre de Lope de Vega le 30 janvier à 16h au Splendid. Rens. 03 23 62 36 77

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cinéma Du 5 janvier au 28 février Aisne : Circuit cinéma itinérant L’homme qui voulait vivre sa vie En janvier Ven. 7 à 20h30 à Bourg et Comin Mer. 11 à 20h à Guignicourt Ven. 14 à 20h à Rozoy/serre Raiponce Mar. 18 à 20h au Nouvion et Catillon Mer. 19 à 15h30 à Guignicourt Narnia Mer. 19 à 16h30 à Montaigu Ven. 21 à 20h45 à Dizy le Gros Sam. 22 à 20h30 à Liesse Mer. 25 à 20h à Sissonne En février Mar.1er à 20h au Nouvion et Catillon Les émotifs anonymes Mar. 8 à 20h à Guignicourt Mar. 15 à 20h à Sissonne Mon beau père et nous Ven.18 à 20h45 à Dizy le Gros Sam.19 à 20h30 à Liesse Ven. 25 à 20h30 à Bourg et comin

11 février Gauchy : Le petit bal par la compagnie du tire-laine. Bal pour enfants et parents. 19h - MCL Rens. 03 23 40 20 00 8 mars Gauchy : Loupiotte par la compagnie fleurs de peau. 19h - MCL Rens. 03 23 40 20 00

Les chimpanzés 2 Mer. 16 à 15h30 à Guignicourt Mer. 23 à 16h0 à Montaigu Rens. FDMJC de l’Aisne 03 23 26 34 60

www .aisne.com

Du 4 au 13 février Tergnier - 15e festival international de clowns Dernier festival traditionnel du genre dans l’hexagone, le rendez-vous ternois est l’occasion de retrouver le clown blanc et l’Auguste, le rêveur et le nez rouge, la poésie et l’humour. Pour son 15e anniversaire, le festival exporte quelques spectacles à Beautor, Hirson et Saint-Quentin. Ven. 4 à 20h30 : Riez sans modération par la Cie Réverbère et Les Bouffons de demain par l’école de cirque de Saint-Quentin. Mar. 8 à 20h30 : L’aventure continue par la Cie la Lanterne Magique. Mer. 9 : Les Marchellos et Cracra et Momo Ven. 11 à 20h30 : Thomas Delvaux dans Thomas fait son cinéma ! Sam. 12 à 20h30 : soirée de gala RDV au centre culturel. Et aussi le 5 à Beautor, le 6 à Hirson : Auguste, nez rouge et clown blanc (16h30 salle Eden), le 11 à Saint-Quentin Plus d’infos : www.ville-tergnier.fr

ansfrontalieres.eu / http://lemail-sceneculturelle.blogspot.com / www.ville-saintquentin.fr / www.ville-tergnier.fr


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l'Aisne 182 magazine du DĂŠpartement - Janvier/FĂŠvrier 2011

Le Printemps des conteurs Du 11 mars au 8 avril 2011

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http://www.aisne.com/IMG/pdf/Aisne182-2.pdf

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