Issuu on Google+

■ 4 actualité Nouveau tronçon pour la voie verte de l’Ailette ■ 12 développement durable Rejoignez la plateforme de covoiturage de l’Aisne ■ 14 culture L’artothèque s’installe à Tergnier ■ 17 dossier Bien vieillir dans l’Aisne ■ 26 territoire de l'Aisne Rêves d’un autre monde à Saint-Gobain 181 Novembre/Déc. 2010/ le magazine du Département de l’Aisne

www.aisne.com


2

sommaire

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

4/9 actualité > Travaux : 3 kilomètres de plus pour la voie verte de l’Ailette > Tourisme : le trésor de l’Hôtel-Dieu de Château-Thierry s’ouvre au public > Economie : hôtel trois étoiles écolo à Soissons > Sport : le cyclotourisme, la liberté sur deux roues > Education : l’outil en main développe l’intelligence manuelle > Social : la MDPH au service des usagers

10/11 développement durable > Des maisons de la famille au naturel > Rejoignez la plateforme de covoiturage de l’Aisne

12 tribune 17/21

dossier

A la maison comme en établissements pour personnes âgées, récits d'initiatives qui permettent de bien vieillir dans l'Aisne.

13/16 culture > Manu Caré, un pélerin poète sur le chemin de Katmandou > L’artothèque de l’Aisne s’installe à Tergnier > Familistère : le panorama illustré d’une utopie réalisée

17/21 dossier Bien vieillir dans l’Aisne

22/23 ils font bouger l'aisne > Des retraités actifs dans le monde pour l’éducation > François Thirault, virtuose de l’archet > Dominique Brisson explique Beaubourg aux enfants

24 un temps d'avance > Axo box, la boîte à idées > Sébastien Mahut branche sa moto sur l’électricité

25 histoire > 1934 : Victorine Vérine invente le bibliobus

26/29 territoire de l'Aisne > Saint-Gobain rêve d’un autre monde

30/31 les rendez-vous > Théâtre, expo, concert : le meilleur des deux prochains mois.

32 l’image > Gagnez des agendas 2011

Le magazine du Conseil général de l’Aisne n° 181 de Novembre/Décembre 2010 / 245 000 exemplaires / Conseil général de l'Aisne - rue Paul Doumer 02013 Laon Cedex - Secrétariat Journal l'Aisne 03 23 24 86 99 - Fax : 03 23 24 62 84 / contact@cg02.fr Directeurs de la publication : Yves DAUDIGNY / Philippe MIGNOT - Responsable communication : Pascale CARTEGNIE - Rédacteur en chef : Bruno WALTER - Rédaction : Pascale CARTEGNIE / Bruno WALTER / François-Xavier DESSIRIER - Photos : François-Xavier DESSIRIER / Bruno WALTER - Réalisation graphique : Christian JOMARD/Service communication Conseil général de l’Aisne - Secrétariat : Annie BEAUVILLAIN - Imprimerie : Groupe MORAULT Distribution : La POSTE/MÉDIAPOST Imprimé sur papier 100% recyclé


éditorial

3

Comme la Marquise de Sévigné, nous consta-

tons tous que “le temps vole et m’emporte malgré moi.” Oui, le temps vole, mais le vol dure de plus en plus longtemps. L’espérance de vie progresse, dans l’Aisne comme dans le reste du pays. Et il faut s’en réjouir. On vit plus longtemps mais aussi de mieux en mieux, grâce, notamment, à la solidarité départementale. Le vieillissement de la population pose en effet de nouveaux défis et j’interpelle depuis de longs mois les autorités sur la question du financement de la dépendance. Actuellement, ce sont les Conseils généraux qui supportent la charge de l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie. Dans l’Aisne, la facture s’élève aujourd’hui à 45 millions d’euros, en forte augmentation chaque année. L’Etat, qui a transféré cette charge, ne la compense pas intégralement ; les difficultés croissantes pour boucler notre budget viennent en partie de là. Nous savons parfaitement que le vieillissement entraînera, mécaniquement, une hausse de l’APA.

Mais la vieillesse est trop souvent abordée d’un strict point de vue comptable. On le voit avec les débats portant sur la réforme des retraites, bornés par une vision purement financière. Une réalité humaine ne peut pourtant se traduire par une simple équation de chiffres. Il n’existe pas de On sait colonne, dans un bilan, pour exprimer la richesse de nos ainés. Richesse de l’expérience, d’abord, qu’une nation que certains transmettent aux enfants, comme vous sans passé n’a le lirez dans ce magazine. Richesse de la mémoire, pas d’avenir. ensuite. On sait qu’une nation sans passé n’a pas d’avenir. Notre société voue un culte à la jeunesse, incarnation de la modernité. Dans ce monde cosmétique, où seules comptent les apparences, la vieillesse n’est plus considérée comme un atout.

C’est pourquoi, au-delà des considérations financières que j’ai rappelées, je voudrais ici réaffirmer l’engagement fort du Conseil général de l’Aisne auprès des personnes âgées du département, notamment des plus démunies. Prendre soin d’elles, c’est aussi prendre soin de nous.

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Yves DAUDIGNY Sénateur de l’Aisne Président du Conseil général


4

actualité

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

travaux l’Ailette

Voie verte : 3 km de plus

La réalisation du nouveau tronçon de la voie verte de l’Ailette, qui s’achève ces jours-ci, proposait un joli défi technique, avec la pose d’un ponton sur pilotis de 157 mètres de long.

Chamouille

18 000

Durant les deux mois d’été, 18 000 passages ont été enregistrés sur la voie verte de l’Ailette, avec des pics à 600 par jour. Un vrai succès pour un investissement touristique majeur du Conseil général de l’Aisne.

Retour en images

9

Le nouveau tronçon de la voie verte, long de trois kilomètres, permet de relier l’entrée du Center Parcs à Cap’Aisne. Si la majeure partie du tracé est classique, en forêt et le long des rives du lac, elle posait un défi technique : le passage de la rivière, à l’extrémité de la retenue d’eau. Un pont routier enjambe l’Ailette. Pour des raisons de sécurité, impossible d’y faire passer les randonneurs. “Nous avons choisi la seule option possible : une passerelle qui passe sous le pont”, explique Arnaud Boudard, de la direction de la voirie au Conseil général. Cette passerelle sur pilotis est longue de 157 mètres au total. Sa réalisation a été confiée à Marcanterra, une entreprise picarde spécialisée

Base nautique

Center Parcs

967

le chiffre

D1

Entrée Center Parcs

Neuville/Ailette

D1

9

Plan d’eau de l’Ailette

dans ce type d’ouvrage. “Tous les bois proviennent des forêts de la région gérées durablement”, précise Nicolas Durand, cogérant de l’entreprise. “Les poteaux sont en robinier, car c’est le seul bois européen de classe IV, résistant aux intempéries et à l’humidité.”

cat. La profondeur est environ de 2,50 m à cet endroit là. L’entreprise a d’ailleurs travaillé avec des engins amphibies pour mettre en place les poteaux et monter la passerelle. Un chantier de quatre mois qui s’achève dans les prochains jours.

Mais avant d’implanter les pilotis, il a d’abord fallu rechercher d’éventuelles munitions de la Grande guerre… le tout sous l’eau, ce qui rend l’exercice toujours plus déli-

D’ici 2012, la voie verte sera prolongée, avec la réalisation du tronçon entre Cap’Aisne et Axo’ Plage, à Monanpteuil.

La fête du livre de Merlieux a connu un beau succès populaire pour sa 18e édition. Des grands noms des lettres françaises, dont l’incontournable marraine, Régine Deforges, étaient présents, à la rencontre des lecteurs. Le pôle Environnement, à Géodomia, a permis d’attirer l’attention sur la thématique du développement durable, autour d’auteurs spécialisés.

© Ville de Saint-Quentin

La construction de la passerelle sur pilotis qui permet d’enjamber l’Ailette.


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

tourisme Château-Thierry

actualité

5

Découvrir le musée de l’Hôtel Dieu

Après de gros travaux, les remarquables collections du musée de l’Hôtel Dieu de Château-Thierry, sont depuis peu ouvertes au public.

pratique Billetterie à l’Office de tourisme, 03 23 83 51 14 Pour les individuels, visites le vendredi à 14h et 16h ; le samedi à 10h30, 14h et 16h. Etre présent 10 mn avant. Pas de visites libres. Tarifs : 7 E adultes ; 3 E pour les 12/18 ans, sans emploi et étudiants ; gratuit pour les – de 12 ans, les enseignants et professionnels du tourisme.

Cuisine reconstituée et toiles de maître pour une visite variée.

L’Hôtel Dieu de ChâteauThierry a été fondé en 1304, sous Philippe Le Bel, par Jeanne de Navarre. Une quinzaine de sœurs augustines s’y installent pour soigner les malades. Il faut attendre le décès de sœur Thérèse, en 1966, pour clore l’histoire religieuse du lieu, aujourd’hui propriété de l’hôpital. Visiter le musée, c’est d’abord se replonger dans l’histoire de la vie recluse des augustines, parfaitement restituée dans quelques pièces

Pour les groupes, jusqu’à 50 personnes, et les scolaires, visites possibles du mercredi au vendredi. Durée de la visite : 1h30.

réaménagées et agrémentées de mannequins - apothicairerie, cellule… Le musée de l’Hôtel Dieu propose 1 200 pièces, sur 1 500 m² et 18 salles. Peintures, sculptures, meubles remarquables, reliques de Sainte Claire, tapisseries, antependium gothique, antiphonaires de 1710… Parmi ces œuvres, une douzaine sont classées aux Monuments historiques. On découvre l’étonnant chapier, meuble ingénieux qui permettait de ranger les chapes et autres vêtements liturgiques, dont le musée conserve des exemplaires exceptionnels, parfois très anciens. Ces trésors doivent beaucoup à un couple

La base urbaine de loisir (BUL) est désormais ouverte à SaintQuentin. Financé notamment par le Conseil général de l’Aisne (6 ME), ce grand équipement propose bassins aquatiques, patinoire, bowling et de nombreux espaces de détente.

de mécènes, les Stoppa, qui, à la fin du XVIIe siècle, vont doter l’Hôtel Dieu de toutes ces richesses. Leur nièce, madame de la Bretonnière, est alors prieure de l’établissement, et le couple, sans enfants, reporte sur elle toute son affection. Durant toute la visite, la mémoire des Stoppa est présente : leur mausolée est construit dans la chapelle, aux côtés des reliques de Sainte Claire, reçues des mains du pape Innocent III. Le blason de l’Hôtel Dieu est, lui-même, une déclinaison des armes de Pierre Stoppa et de son épouse, Anne de Gondi. Deux jeunes guides conférenciers, recrutés par l’association Art et Histoire de Château-Thierry, chargée de l’animation, rendent la visite à la fois vivante et passionnante. Vaut le voyage.

Le pôle de recherche de la zone du Griffon a été inauguré, début octobre, au pied de la butte de Laon. Sont regroupées sur un même site les activités du Laboratoire départemental d’analyses et de recherche (LDAR), certaines activités de l’unité Agro-Impact de l’INRA et l’Institut technique de la betterave.


6

actualité

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

économie Soissons

Trois étoiles écolo à Gouraud L’hôtel des Francs, qui a ouvert ses portes il y a quelques semaines, est l’un des tout premiers de l’hexagone à avoir intégré, dès sa conception, les critères de haute qualité environnementale.

débat Le mois de la création d’entreprise Plus de 3 000 entreprises créées l’an dernier dans l’Aisne : chiffre encourageant qui démontre le dynamisme du département en la matière. Dans le cadre du mois de la création, les partenaires de J’entreprends dans l’Aisne - parmi lesquels le Conseil général - proposent de nombreuses rencontres, jusqu’à la clôture, le 25 novembre à 14 heures à Laon à la Chambre d’agriculture, sur le thème : “devenir chef d’entreprise, ça s’apprend aussi”. Les débats sont décentralisés et les thèmes permettent à chacun de s’y retrouver. Mardi 9 novembre, à Chauny, à partir de 13h30, on débattra de la création au féminin ; le 16, à Soissons, des entrepreneurs handicapés ; les 8 à Laon et 18 à Saint-Quentin, on en saura plus sur les nouvelles formes juridiques, notamment le fameux statut d’auto-entrepreneur, particulièrement prisé des jeunes créateurs. Renseignements sur www.aisneco.com

Yves Dupont et Eric Pace, sur les terrasses de l’hôtel, face à Saint-Jean des Vignes.

La haute qualité environnementale (HQE), beaucoup en parlent, peu franchissent le pas. Yves Dupont, un investisseur soissonnais, démontre avec l’hôtel des Francs qu’il est possible de réaliser des bâtiments exemplaires, y compris dans le domaine bien particulier de l’hôtellerie. Cet hôtel, situé au Parc Gouraud, face à l’abbaye SaintJean des Vignes, est l’œuvre de l’architecte axonais Eric Pace. Yves Dupont voulait un investissement “citoyen”, l’architecte lui a proposé des solutions. “Il n’existe en France que quatre hôtels écocertifiés dès la phase de conception. Les trois autres appartiennent à de grands groupes : Accor, Club Med et Pierre et Vacances” fait remarquer Yves Dupont. Dès la conception, cela veut dire que tout a été étudié, par le cabinet d’architecture, pour répondre aux quatorze “cibles” du référentiel HQE. Avec une double contrainte supplémentaire : l’hôtel est situé dans le parc Gouraud,

réalisé par l’un des architectes les plus connus mondialement, Jean-Michel Wilmotte, qui a édicté des principes pour l’ensemble du site, et dans le périmètre historique de Saint-Jean des Vignes. “Des contraintes qui ont été transformées en atout”, explique Eric Pace. Concrètement, celui-ci a travaillé avec la pierre de Noyant, un matériau local, utilisée d’une manière à la fois esthétique et isolante. Combinée au béton et au triple vitrage, elle donne à l’hôtel des Francs une isolation parfaite, permettant de se passer de la climatisation… sauf dans huit chambres, “pour les Américains, pour qui elle est indispensable”, précise Yves Dupont. Côté Gouraud, la toiture est entièrement recouverte de panneaux solaires, sur plus de 300 mètres carrés. Cela rend l’hôtel autosuffisant pour l’eau chaude sanitaire dans les chambres et pour la piscine. L’eau est récupérée, pour permettre l’arrosage des espaces

verts ; certaines terrasses sont végétalisées… Tout ceci a un coût : “sur 8,8 millions d’investissement, le HQE représente environ 10 % de surcoût, selon les calculs d’Yves Dupont. Nous devrions évidemment gagner sur les coûts d’exploitation.” Avec une consommation énergétique en dessous de 50 kw/h par mètre carré, l’hôtel est écolo… et économique.

Une clientèle d’affaire L’hôtel, 70 chambres et 120 couverts, est classé trois étoiles. Avec trois salles de séminaires, il est clairement destiné à une clientèle d’affaires qui, selon Yves Dupont, avait tendance à se rabattre sur Reims ou Compiègne. L’investisseur a d’ailleurs mis sur pied une force de vente pour aller chercher les clients sur Paris et Roissy. Et il jouera sur la carte de visite environnementale : “bien sûr qu’on va s’en servir comme outil marketing !”

Une réalisation 100% axonaise L’investisseur, Yves Dupont, est Soissonnais. Il a d’abord repris et développé une blanchisserie industrielle. L’architecte, Eric Pace, est installé à Château-Thierry. Il est connu notamment pour ses compétences en matière de développement durable. Quant aux entreprises qui ont travaillé sur le chantier, elles sont pratiquement toutes implantées dans le Soissonnais. “C’est une volonté de ma part, souligne Yves Dupont. Nous avons toutes les compétences localement. Les entreprises sont fières d’avoir travaillé sur le chantier, et elles peuvent légitimement l’être.” Le chantier a employé entre 20 et 50 personnes pendant dix-huit mois. Et l’ouverture de l’hôtel se traduit par une trentaine d’embauches, “des gens d’ici”, précise Yves Dupont.


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

sport

actualité

7

La liberté sur deux roues Le cyclotourisme n’est pas tout à fait un sport comme les autres. Il se pratique avec un vélo et un appareil photo. Il est à la fois écolo et rigolo. Des centaines d’Axonais sont licenciés dans dixhuit clubs et des milliers le pratiquent. “Un cyclotouriste est d’abord quelqu’un de curieux”, assure Marie-Ange Gras-Serré, présidente du comité départemental de cyclotourisme. “C’est à la fois un sport, car il faut savoir rouler sur plus de 70 kilomètres, et un loisir. Chez nous, il n’y a pas de chronomètre, pas de compétition. Notre but, c’est la découverte et le partage.” Si elle ne devait garder qu’un mot pour définir le cyclotourisme, Marie-Ange choisirait liberté. Les cyclos sont des nomades modernes. “Nous sommes en communion avec la nature ; le vélo ne pollue pas, et il permet de voir plus de choses qu’à pied. C’est aussi le partage, car il règne un esprit convivial entre nous. Le cyclotourisme est un mode de vie.” Un mode de vie vanté par les adeptes de la décroissance. La gazette de la Ligue de Picardie reprend, à la une, un long article paru dans un numéro de la revue Décroissance : “le vélo est un moyen de renouer avec le caractère aventureux de l’espèce humaine, avec la convivialité et de renouer le lien entre l’homme et la nature, de rêver en gardant les pieds sur terre” Une phrase qui, selon Marie-Ange, “résume bien notre philosophie.” Dans l’Aisne, le cyclotourisme est pratiqué au sein de dix-huit clubs, qui comptent au total près de six cents licenciés, tous affiliés à la Fédération française de cyclotourisme. Mais les amateurs sont bien plus nombreux : après la randonnée pédestre, le cyclisme est l’activité préférée des Français. Les clubs qui ont des écoles, assurent un encadrement, dès le plus jeune âge. Ceci dit, les clubs attirent plutôt les retraités. “Tout le monde

peut nous rejoindre. La moyenne d’âge est de plus de cinquante ans. L’avantage est qu’il n’y a pas besoin d’être un sportif accompli pour nous rejoindre” assure Marie-Ange. “L’important, c’est de commencer doucement, puis d’accomplir des boucles de plus en plus longues, toujours à son rythme.” Rapidement, on atteint sans efforts surhumains la soixantaine de kilomètres, voire beaucoup plus, puisque certains enfilent facilement leurs deux cents kilomètres. Voilà un sport où il n’existe pas de limite d’âge : le Saint-Quentinois Roger Letrun, du haut de ses 90 ans, est toujours fidèle aux sorties de son

club et du comité. “C’est bon pour la santé, parce que l’on ne va jamais au-delà nos forces” reprend la présidente. La pratique en club permet également de bénéficier des sorties organisées par la Fédération. Car les cyclos sont de grands voyageurs. “Certains se fixent des challenges : visiter l’ensemble des départements français. Même si ça doit leur prendre la vie entière !” Les Axonais, eux, sont allés récemment dans les Landes, sur la Côte picarde - à Eu - ou dans le Gers, pour la “semaine picarde”, qui réunit les licenciés des trois départements de la région. “Ce sont des moments d’échange, de partage” s’enthousiasme Marie-Ange GrasSerré. Chaque sortie est bien entendu l’occasion de sortir les appareils photos, appendices quasi naturels des cyclos. Rouler et prendre des clichés souve-

nirs fait partie de l’ADN de ces amoureux d’espaces naturels et de sites touristiques. Quant à l’Aisne, les cyclos la connaissent parfaitement. “C’est vraiment un beau département pour nous, car il offre des parcours variés, avec du plat, des dénivelés, des paysages superbes…” Les cyclos axonais ont d’ailleurs collaboré avec le Comité départemental de tourisme pour préparer l’édition du guide l’Aisne à vélo. “Comme ce guide s’adresse aux pratiquants occasionnels, nous avons sélectionné des petits parcours” précise la présidente. Avec l’hiver, les cyclos vont pour la plupart se ranger des rayons jusqu’au printemps prochain. Pour les rencontrer, un grand week-end de promotion est déjà programmé les 28 et 29 mai 2011.

Les cyclotouristes sont avant tout des amateurs de nature.

Retrouvez les coordonnées de tous les clubs

www .aisne.com


8

actualité

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

formation

L’intelligence de la main Le mercredi après-midi, certains enfants se défoulent balle au pied, apprennent la musique... D’autres ont choisi de manier le rabot, la truelle, le marteau ou le rouleau à pâtisserie, sous l’œil attentif d’hommes de métiers retraités, tout heureux de transmettre leur savoir-faire.

le chiffre

1 137

C’est le nombre d’enfants qui fréquentent les ateliers de l’Outil en main, au niveau national.

“Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie”. L’association l’Outil en main, présidée au niveau national par l’Axonaise Yana Boureux, propose de suivre ce précepte énoncé par Confucius. Un métier choisi est bien plus épanouissant qu’un métier subi, trop souvent adopté par défaut à l’issue d’une orientation chaotique, notamment dans les activités manuelles. L’Outil en main œuvre donc pour réhabiliter les métiers manuels dans ce qu’ils ont de plus noble, et créer du lien entre les générations. “Nous faisons de beaux métiers. Moi, il m’a rendu heureux toute ma vie” raconte Jean-Pierre, céramiste, ancien compagnon du tour de France, et retraité, comme la trentaine “d’hommes de métier” qui inter-

Tous les métiers sont à la portée des enfants.

peuvent retourner dans l’atelier de leur choix, pour approfondir.” Yanna Boureux est intarissable en anecdotes cocasses ou révélatrices de la dévalorisation des Jean-Pierre a l’âge d’être le métiers manuels. “Les enfants grand-père des enfants qui mane connaissent pas les métiers, nient la scie et la lime autour de c’est bien naturel, et ils s’en font lui. Eux, ont entre 9 et 14 ans. une image parfois négative. Je “Du coup, la relation qui s’installe me souviens d’un jeune qui ne est très différente de celle qui voulait pas aller en couverture existe à l’école” souligne Yanna charpente. Mais lorsqu’il a vu que Boureux. “Ici, c’est notre homme de mécomme une grande Le principe tier avait de l’or dans famille” sourit Jeanles doigts, lorsqu’il a nine, la couturière, est de tous les vu le savoir-faire que qui anime avec un tailleur l’atelier coufaire réussir. nécessite la réalisation d’une belle charture. Une famille où pente, il a changé l’on apprend le plaisir de trad’avis et il a voulu rester.” vailler, où l’intelligence de la main se concrétise par la création d’ob- Même si ce n’est pas forcément jets. Ce jour-là, en menuiserie, l’objectif de l’association, l’Oules enfants repartiront avec un til en main permet parfois à des nichoir à oiseaux ; en cuisine, jeunes de trouver leur voie proJacques, le pâtissier, a aidé son fessionnelle. C’est le cas de Cyril, groupe à réaliser des chouquettes une jeune de Coucy-le-Château, et des tartelettes, que les gamins en échec scolaire et qui, grâce à ramènent chez eux, fièrement. l’association s’est découvert une Le principe est “de tous les faire vocation de tailleur de pierres. réussir”, comme l’explique le Aujourd’hui, il est en troisième année de compagnonnage et est plombier-chauffagiste. responsable d’une dizaine d’ouMais attention. Il ne s’agit pas vriers. de loisirs créatifs, mais bien de découverte de métiers, par des contact anciens professionnels qualifiés. 03 23 73 46 82 Les enfants tournent dans les www.loutilenmain.asso.fr différents ateliers. “Le principe est de faire découvrir tous les (1) L’Outil en main est présent égamétiers aux enfants. Ils passent lement à Saint-Quentin et Rozoy-suraussi bien par la mécanique auto Serre. Des antennes devraient ouvrir que par la cuisine. Au bout d’un très rapidement à Château-Thierry et an, s’ils ont des préférences, ils Laon. viennent à Soissons, dans les locaux du lycée Le Corbusier, l’une des plus importantes antennes françaises de l’association (1).


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

solidarité

Laon

actualité

9

La MDPH : au service des handicapés

La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a ouvert ses portes en 2006. Guichet unique pour toutes les personnes handicapées, elle est aussi un carrefour qui oriente aux mieux les usagers. Le monde du handicap a vécu une révolution en 2005, avec l’adoption d’une loi sur l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées. Les associations ont participé activement à sa rédaction, et le texte grave dans le marbre un principe intangible : “la personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap, quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie.”

Située à Laon, la MDPH tient des permanences dans toute l’Aisne.

bilan est positif. Bien sûr, il a fallu Les Maisons départementales des lancer la machine, qui regroupe personnes handicapées (MDPH) pas moins de cinq administraont été créées pour simplifier les tions différentes, aux cultures démarches et mettre en œuvre ce parfois éloignées. Mais l’essen“droit à la compensation” prévu tiel est le service rendu, véritable raison d’être de la par la loi, mais pas MDPH. seulement. AuL’objectif : delà de l’attribution “Nous avons acd’une allocation, parvenir à la plus cueilli plus de l’objectif est bien, grande autonomie 11 000 personnes dans la mesure du l’an dernier” prépossible, d’améliopossible. cise Patricia Gérer l’intégration sonard, directrice. ciale des personnes handicapées, Chaque cas est approfondi par que ce soit à l’école pour les enune équipe pluridisciplinaire fants, dans le monde de l’entremédecins, assistantes sociales, prise ou, tout simplement, dans la psychologues… “Nous n’applivie courante. quons pas une grille purement L’Aisne a été l’un des tout premiers administrative où, à tel handicap, départements à ouvrir une struc- correspond telle allocation. Nous ture, dès mars 2006. Aujourd’hui, sommes dans l’individualisation : avec près de cinq ans de recul, le chaque personne est différente, a

Des agents à votre rencontre Pour faciliter l’accès aux services de la MDPH, celle-ci organise, depuis le 1er janvier dernier, des permanences à La Fère, Saint-Quentin, Soissons, Château-Thierry et Guise, dans les CIPAS (circonscription de prévention et d’action sociale). Vous serez accueillis par des agents de la MDPH, qui viennent à votre rencontre. Les dates et horaires des permanences sont accessibles par téléphone auprès de la MDPH.

sa propre histoire, son cadre de vie, son projet…” poursuit la directrice. Mais quelle que soit la personne, l’objectif est le même : parvenir à la plus grande autonomie possible. Cette autonomie est définie par un “projet de vie”. “Nous demandons, simplement, quelles sont les attentes des personnes : la scolarisation, pour un enfant, l’insertion professionnelle pour un adulte, ou une aide quotidienne…” C’est à la MDPH de traduire tout cela puis d’orienter. “Nous sommes un guichet unique pour les personnes handicapées, mais surtout un carrefour, pour les orienter vers les structures, les associations, les professionnels… adaptés à leurs demandes.” Cette charge de travail importante n’empêche pas la MDPH de l’Aisne d’être novatrice. En 2010, ses équipes se sont attachées à développer l’insertion professionnelle, en participant, avec neuf autres départements français, au programme “Record 2”, qui vise à simplifier le parcours vers l’emploi des personnes handicapés. plus d’infos sur

www .aisne.com

le chiffre

11 367

L’an dernier, 11 367 personnes ont déposé un dossier à la MDPH, qui a rendu plus de 30 000 décisions - un même dossier pouvant intégrer plusieurs demandes. à télécharger sur

www .aisne.com Vous trouverez sur le site du Conseil général www.aisne. com, rubrique “service en ligne” le formulaire qui rassemble toutes les demandes, depuis l’allocation d’adultes handicapés jusqu’à la carte de stationnement. Egalement sur le site, les coordonnées de l’ensemble des associations axonaises pour les personnes handicapées.

contact

03 23 24 89 89 MDPH - Route de Besny 02000 Laon


10

développement durable

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Familles au naturel Les établissements départementaux de l’enfance et de la famille (EDEF) de l’Aisne ont adopté de nombreux gestes éco-citoyens au quotidien. Des bonnes pratiques écologiques qui ont aussi des vertus pédagogiques.

Quand manger des légumes est interdit Le monde est parfois absurde. Les EDEF ont des jardins potagers, qui servent à des fins pédagogiques, voire même thérapeutiques, tant le jardinage a des vertus apaisantes. Des beaux potagers, qui produisent des légumes… qu’ils n’ont pas le droit de manger, déplorent les animateurs du groupe éco-citoyen. Pour des raisons de traçabilité, de recours aussi, en cas d’intoxication alimentaire. Résultat, la loi autorise les résidents à manger de la tomate poussée sous serre et nourrie aux engrais chimiques - mais celle-là, on sait d’où elle vient -, et leur interdit de goûter celle qu’ils ont cultivée dans leur jardin. “Nous donnons aux enfants leurs légumes, lorsqu’ils rentrent chez eux le week-end, mais c’est absurde de ne pas pouvoir utiliser cette production dans les repas ici” regrette Sandrine Gilbert. Cette règlementation est, de plus, socialement injuste. Les résidents des EDEF ne roulent pas sur l’or et ils n’ont pas les moyens de s’offrir des fraises ou des framboises en barquettes.

Eteindre la lumière lorsque l’on quitte une pièce ; remplacer les néons par des ampoules basse consommation ; récupérer l’eau ; supprimer les produits d’hygiène qui contiennent du parabène ; manger, au maximum, des produits de saison… Depuis deux ans, les neuf établissements de l’enfance et de la famille (EDEF) gérés par le Département de l’Aisne ont adopté dans leur vie quotidienne des gestes simples, à la portée de tous, mais qui vont de le sens d’une responsabilité éco-citoyenne. Sous l’impulsion de Sandrine Gilbert, responsable du centre maternelle de Mondrepuis, et Maryline Liénard, de la maison La Chaumière de Saint-Quentin, un groupe de 18 agents des EDEF s’est constitué, il y a deux ans. “Nous nous

gées. Ca ne paraît pas grandchose, mais le mouvement était ainsi amorcé. Le groupe écocitoyen travaille désormais sur l’alimentation, les produits d’hysommes rendu compte qu’il y giène, les travaux et l’énergie, avait beaucoup à faire, mais et les actions pour l’environnequ’il fallait commencer par des ment (tri…). Selon les maisons, petites choses, un peu comme les chantiers sont différents. nous le faisions chez nous, à Mais tous vont dans le même la maison.” Les EDEF sont, en sens. Economiser les énergies, consommer d’une quelque sorte, des manière respon“grandes” maisons Ce qui est sable… Ici, les qui accueillent des enfants, des mabon pour la déodorants classiques ont été mans… Près de planète est bon, remplacés par la 130 résidents au total vivent dans les aussi, pour le pierre d’Alun, plus naturelle et sans maisons, réparties porte-monnaie. sel d’aluminium. sur l’ensemble de Là, un récupéral’Aisne, de Mondrepuis, en Thiérache, à Essômes- teur d’eau de pluie a été inssur-Marne. Et dans les familles, tallé. Là où sont accueillies des l’éducation à l’environnement mamans avec leur bébé, des est primordial : c’est une poli- couches lavables devraient faire leur apparition. tesse à rendre à la planète.

La première action ? Installer des récupérateurs de piles usa-

Ces bonnes pratiques ont été bien intégrées par les résidents, d’autant plus qu’elles leur ont été expliquées. “Cela fait partie de notre rôle d’éducateur”, affirme Maryline Liénard. Des sorties pédagogiques ont eu lieu, à Géodomia, le centre de ressources environnementales à Merlieux ; dans des centres de tri, des déchetteries… Enfin, ce qui est bon pour la planète est bon, aussi, pour le porte-monnaie. Les factures d’électricité ont fondu comme neige au soleil : entre janvier et avril, la facture d’électricité du Centre maternel de Mondrepuis a chuté de 1 116 à 467 E. Autant de raisons qui expliquent que l’écocitoyenneté fasse désormais partie des projets d’établissement.

L’écologie a pris toute sa place au centre maternel de Mondrepuis, comme dans toutes les maisons de l’Edef.


développement durable

11

A l’initiative du Conseil général, une plateforme de covoiturage départementale vient de voir le jour. Ouverte à tous les habitants de l’Aisne, elle permet de partager sa voiture, un geste écolo et économique.

Partager sa voiture Le covoiturage est la version moderne de l’auto-stop. Avec une grande différence : la fiabilité, puisque les trajets sont connus d’avance. Pas de risque de faire le poireau au bord d’une départementale déserte, le pouce tendu. Le covoiturage est la rencontre de deux offres : le conducteur, prêt à partager sa voiture ; les passagers, qui partagent les frais. Dans les faits, le covoiturage existe déjà, de façon informelle souvent : c’est la voisine qui emmène le petit au conservatoire en même temps que ses enfants ; ce sont des collègues de bureau qui habitent dans le même secteur et qui vont ensemble au travail. Reste qu’avec une solide organisation, le covoiturage peut se développer, comme le prouvent les nombreuses expériences déjà menées dans d’autres régions. C’est l’objectif du Conseil général qui est à l’origine de la plateforme www.aisne-covoiturage. com, lancée à la mi-septembre.

Le Conseil général emploie 2 500 agents, qui, selon une étude, effectuent chacun une quarantaine de kilomètres pour se rendre à leur travail. Il s’agit bien entendu d’une moyenne. En cumulé, cela veut dire que les agents du département parcourent à eux seuls plus de 200 000 kilomètres par jour… Le constat est le même dans d’autres administrations et pour les entreprises privées. Le trajet domicile - travail a eu tendance, ces dernières années, à se rallonger. Le coût économique est important ; le coût écologique également, lorsque l’on sait qu’une voiture rejette entre 120 et 150 g de gaz carbonique par kilomètre. Partager sa voiture soulage le portemonnaie, puisque le passager participe aux frais, mais aussi - et surtout - la planète, dont le

Une vignette spéciale est apposée sur le pare-brise des covoiturants.

Vous pouvez dès maintenant vous inscrire sur le site www.aisne-covoiturage.com

réchauffement produit des catastrophes en série. Le site internet www.aisne-covoiturage.com, est donc libre d’accès. “Le fonctionnement est très souple” insiste Sabine Corcy, de la direction de l’aménagement et du développement durable au Conseil général. “Il ne s’agit pas de vous engager pour tous les jours de la semaine… Vous pouvez parfaitement proposer de partager un trajet pour une demi-journée seulement.” L’important est qu’il y ait le plus d’inscrits possibles sur le site, pour offrir un maximum de parcours. Le coût du trajet est calculé automatiquement par le site, en fonction de la voiture, du nombre de kilomètres parcourus et du nombre de personnes transportées. La liberté est totale, ensuite, de faire ou non participer financièrement le passager. Au sein du Conseil général, différentes réunions ont permis de sensibiliser les agents. Des contacts ont été pris avec la préfecture, qui partage des locaux à Laon, sur le plateau, avec le Département. D’autres administrations ont été invitées à se joindre au mouvement. Des in-

formations ont également été diffusées auprès du grand public, à travers des stands tenus dans un hypermarché laonnois. La plateforme de covoiturage n’est pas réservée au trajet domicile-travail. Elle peut-être l’occasion de trouver un conducteur pour aller à un concert, à une manifestation festive, au stade… C’est aujourd’hui aux usagers de www.aisne-covoiturage.com de s’approprier l’outil et d’en faire un outil de service réciproque.

le chiffre

5 000

Une voiture coûte, en moyenne, 5 000 euros par an. Le covoiturage permet d’économiser jusqu’à 1 500 euros annuellement.

prenez le réflexe

www.aisne-covoiturage.com


12

tribune

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Obligation prévue par la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité. Les propos publiés ci-dessous le sont sous l’entière responsabilité de leurs auteurs.

La crise n’est pas finie. Singulièrement dans notre département où elle continue de sévir. Notre taux de chômage (plus une rentrée de 13%) reste élevé, l’emploi est la prédifficile ! occupation majeure des Axonais avec le pouvoir d’achat. Nous souffrons de beaucoup d’inégalités et les injustices sociales sont mal vécues. Sachons regarder les réalités en face : pour les habitants de l’Aisne cette rentrée est difficile.

La “crise” et

La politique gouvernementale n’arrange rien. En un an nous sommes passés d’un plan de relance de l’économie à un plan de rigueur. Les dotations de l’Etat aux collectivités sont “gelées” et moins que jamais les transferts de compétence vers les Conseils généraux (RSA, APA…) ne sont équitables. Mesurons l’ampleur des problèmes financiers qui en résulte. Comment construire un budget dans un tel contexte ? En 2010 nous avons été contraints d’augmenter la fiscalité. Ce n’est jamais de gaieté de cœur. Nous avons choisi d’épargner les plus modestes en déliant les taux de la taxe foncière et de la taxe d’habitation. Mais surtout nous sauvegardons dans le département un bon niveau d’action publique. En agissant ainsi nous avons, par exemple, sauvé la gratuité des transports scolaires. C’est un choix : nous l’avons fait ! De même nous maintenons un niveau d’investissement élevé (plus de 100 millions d’euros) ce qui contribue par exemple à faciliter des travaux de voirie (déviations de Fresnoy le Grand, Bruyère et Montbérault, Chauny…), l’investissement éducatif (rénovation et reconstruction des collèges) ainsi que divers projets générateurs de dynamisme économique et d’emplois. Cette démarche courageuse a été comprise par une partie de l’opposition qui l’a soutenue. Dans ce contexte de crise, aggravé par le projet de réforme des collectivités territoriales, la majorité départementale est restée unie et solide. Nous savons, toutefois, que des années difficiles nous attendent. Le budget 2011 sera contraignant à élaborer : les Conseils généraux sont menacés de disparition et leur asphyxie financière est organisée dès aujourd’hui. Cette rentrée 2010 est pénible pour les habitants du département. Notre territoire souffre, il est malade du chômage et des bas salaires. A notre place nous gardons intacte notre détermination à avancer malgré les obstacles. Une gestion sérieuse, compétente, toujours soucieuse de justice sociale, toujours tournée vers l’avenir : ce sont les qualités qu’incarne la majorité départementale pour mieux servir l’Aisne. La Majorité de Gauche : groupes socialiste, progressiste et communiste

Alors que bon nombre de déPour une véritable partements sont en difficulté budgétaire, la question des solidarité territoriale disparités de richesse entre collectivités doit clairement être posée afin de maintenir des services aux populations qui soient équitables sur l’ensemble du territoire national (prestations sociales : RSA, APA, PCH, éducation….). Aussi, lors de la session du 27 septembre 2010, le groupe des Indépendants, dans un souci de solidarité territoriale, a fait adopter par le Conseil général de l’Aisne un vœu sollicitant une meilleure répartition des ressources et des charges des départements, des plus riches au profit des plus défavorisés. En effet, les nouvelles réformes fiscales ne permettent pas aujourd’hui cette redistribution des richesses et, ainsi, de réduire les inégalités territoriales. Au delà des départements, la réduction des inégalités doit aussi être réglée pour les autres niveaux de collectivités : régions et communes. Cette question est essentielle pour le devenir de nos zones rurales. C’est pourquoi, cette péréquation doit être au cœur de la définition d’une vraie solidarité territoriale, elle-même, préalable, à une véritable dynamique d’aménagement du territoire. Les Indépendants : A. Venet / N. Fricoteaux / M. Laviolette / B. Ronsin / E. Templier / P. Timmerman

Avec la dernière augmentaLes entreprises tion insensée de la fiscalité axonaises trinquent locale, la majorité PS-PCDivers gauche du Conseil général vient à nouveau de porter un coup dur aux entreprises de notre département. En effet, avec plus de 60% d’augmentation de la Taxe sur le Foncier Bâti, les entreprises vont encore perdre de la compétitivité vis-à-vis des voisins qui n’ont pas eu à subir un tel sort. En outre, dire que cette hausse sera compensée par la suppression de la Taxe Professionnelle n’est pas juste. Et quand bien même, elle le serait, dans un monde où les risques de délocalisation sont réels et la compétitivité omniprésente, il ne nous semble pas opportun de reprendre d’une main ce que l’Etat a consenti de l’autre. En effet, cette exonération de la TP voulue par l’Etat avait pour objectif de permettre aux entreprises de créer de l’emploi et de gagner en compétitivité. Il est donc dommageable que sur l’autel du dogme politique, la majorité départementale détruise les efforts faits par l’Etat. Mais pourquoi donc des départements, semblables au nôtre, sont parvenus à maîtriser la fiscalité locale ? En tout état de cause, c’est une nouvelle fois, l’image de l’Aisne qui va pâtir de cette hausse. Le groupe UMP

!!!


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

14 lecture

Manu Caré, un poète de retour du Népal.

15 art

Tergnier accueille l'artothèque de l'Aisne.

16 utopie

© Catherine Radet-Gaessler

Le Familistère de Guise fait son panorama illustré d'une utopie réalisée

culture 13

Artothèque : l’art d’emprunter


14

culture

spectacle

Lire en Fête à la Caverne du Dragon

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Manu Caré, un pèlerin sur le chemin de Katmandou

En novembre, la Bibliothèque départementale de l’Aisne propose deux spectacles dans le cadre de l’opération Lire en fête.

Manu Caré travaille son écriture pour la dépouiller au mieux de tous ses artifices.

Samedi 20 novembre à 17 heures, Vincent Barraud, de la compagnie La parole du corps, fera une lecture d’extraits de Ceux de 14 de Maurice Genevoix, témoignage du poète écrivain, lui-même Poilu, notamment à Verdun. Le lendemain, 21 novembre à 17 heures, Carte d’identité spectacle de et avec Diogène “Atome” Ntarindwa, offre un miroir aux mots de Genevoix. L’auteur, Diogène Ntarindwa, est un jeune Rwandais, originaire du Burundi, enrôlé dès son adolescence dans l’une des factions impliquées dans la guerre fratricide qui a ensanglanté la région. C’est son témoignage, littéraire, comme celui de Maurice Genevoix, qu’il partage aujourd’hui sur les scènes du monde. Réservation obligatoire au 03 23 25 14 18

Guise

Le poète signe, avec Loin de Katmandou, un recueil tout en légèreté, né d’un voyage au Népal. “Cette plus haute forme de la connaissance : le rêve, l’adoration du silence.” Ces mots du poète Christian Bobin pourraient être ceux de son disciple guisard, Manu Caré, qui tisse au fil des ans une œuvre écrite de plus en plus intéressante et aboutie. Le silence, entre les mots, donne du souffle à ses textes, qui glissent imperceptiblement de la réalité d’un voyage à l’immatérialité du rêve.

Aussi le chemin de Katmandou de Manu Caré est-il celui d’un authentique pèlerin, qui chemine à la recherche de lui-même et d’une certaine forme de sagesse. “Mon écriture va de pair avec ce parcours spirituel, explique-t-il. L’objectif est bien de tenter de vivre, en pleine conscience, l’instant présent. L’écriture épurée réclame, comme la méditation, une certaine rigueur, une certaine discipline.”

Il y a deux ans, de retour de la Dans ses textes, ni envolées lypatrie d’Aimé Césaire, Manu Caré riques ni démonstrations. Nous ne sommes pas dans affinait son style épuré esquissé dans son ouLoin de un carnet de voyages, mais dans une œuvre vrage précédent, Pèlerin Katmandou, de poésie en prose, du quotidien. Pour cette sans pose ni marentrée, il nous offre Loin de la poésie nière. Les adjectifs de Katmandou, une série de courts récits qui en prose. sont bannis comme autant d’aspérités sur sont autant de voyages intérieurs nés de sa découverte, la voie de la simplicité. Chaque bien réelle celle-là, du Népal. page est le récit d’une scène, Un voyage initiatique pour cet vécue ou imaginée, et des senadepte de la méditation, éveillé sations qui en découlent. Sur les au bouddhisme après avoir été hauteurs de Katmandou, Manu un chrétien engagé, amateur de Caré écrit “Ici, chaque pas apretraites spirituelles ignaciennes. puie le pouls de la terre. Chaque

geste perce le jour. Au moindre battement d’œil, le temps éteint une larme de lumière, une sueur de nuit.” Au Népal, il rencontre le bonze Matthieu Ricard dans son monastère, “un homme qui nous ramène à l’instant présent.” Là encore, le récit de cette rencontre est dépouillé, nu, comme, sans doute, le sentiment qu’a dû ressentir Manu Caré face au sage. Le poète Guisard s’est, depuis, remis au travail. “J’ai terminé un nouveau manuscrit, Séquences, qui rassemble différentes scènes de vie, en rapport avec l’image, le cinéma, l’une de mes passions” poursuit-il. Pour ce recueil, il cherche un éditeur. Loin de Katmandou a été édité à compte d’auteur. Un choix : “mon éditeur précédent a malheureusement disparu, comme beaucoup d’autres professionnels indépendants. Et j’ai voulu rendre accessibles mes textes poétiques : qui achèterait 15 ou 20 E le recueil d’un inconnu ?” En vente 5 E, chez l’auteur : 03 23 62 37 86, à la librairie Déclic de Saint-Quentin, la maison de la Presse de Guise et la librairie Le Dormeur du Val à Chauny.


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

culture

15

Tergnier Nouveau départ et nouveaux enjeux, l’association “Arène Collection - Artothèque de l’Aisne” déménage à la Médiathèque de Tergnier.

Prête moi un maître “Nous disposons maintenant d’un lieu qui nous est dédié ce qui est primordial pour bien travailler.” Pour Pomme Legrand, nouvelle présidente de l’Artothèque de l’Aisne, l’invitation de la part de la ville de Tergnier à venir s’installer dans les locaux flambants neufs de la nouvelle médiathèque était une opportunité à saisir. “Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler à la maison des Arts et Loisirs de Laon ces cinq dernières années, précise la nouvelle élue, mais ce sera plus simple ici où nous aurons un bureau et surtout une réserve pour stocker les œuvres dans de bonnes conditions.”

pratique Arène Collection – Artothèque de l’Aisne Place Lionel Lefèvre 02700 Tergnier 06 79 58 28 56 Périodes de prêt en 2011 : > du 2 au 12 Février > du 1er au 11 Juin > du 5 au 15 octobre Horaires d’accueil : De 15h30 à 18h30 le mardi, jeudi et vendredi De 13h30 à 18h le mercredi De 9h à 12h et de 13h30 à 16h30 le samedi Les tarifs d’abonnement, adhésion comprise : Particuliers : 44 E/an pour une œuvre tous les quatre mois ou 76 E pour deux œuvres Ecoles primaires : 75 E/an pour quatre œuvres sur deux périodes Collèges et lycées : 104 E pour quatre œuvres sur deux périodes Entreprises et collectivités : 170 E pour quatre œuvres tous les quatre mois.

L’artothèque de l’Aisne soutient la diffusion de l’art contemporain en permettant à toute personne, entreprise, collectivité ou établissement scolaire de l’Aisne, d’emprunter une ou plusieurs œuvres d’art pendant un trimestre. Accueillie depuis l’année dernière au sein de l’Association naLa médiathèque de Tergnier, tionale pour le développement et nouveau pied-à-terre la recherche sur les artothèques pour l’artothèque de l’Aisne. (ADRA), l’association travaille en réseau avec plusieurs partenaires, par exemple.” Diffuseur artiscomme le Musée de Soissons et tique, l’artothèque a aussi un rôle le FRAC Picardie, qui lui confient d’accompagnement. En 2009 des œuvres, d’autres sont louées et 2010, le projet “Territoire(s)” à l’Artothèque de Compiègne et initié par l’association fut ainsi une dernière partie l’occasion de plusieurs vient de ses acquisiValeurs résidences, expositions, tions. “Depuis notre débats et moments de création, nous avons sûres et rencontre autour du traacquis 166 œuvres vail d’artistes tels que artistes Marie-Claude Quignon, d’art, rappelle Catherine Radet-Gaessler, émergeants Saâdane Affif ou Cédric secrétaire de l’assoAlby. ciation. Des valeurs sûres, Titus Carmel, Ernest Pi- “Avis aux esthètes de bonnes gnon Ernest, ou Alechinsky mais volontés, nous cherchons des aussi des artistes “émergeants“ bénévoles, lance Catherine Thiecomme Shigeko Hirakawa et blemont, responsable des prêts. des talents implantés localement, Préparer les œuvres et les emle plasticien Marc Gérenton et baller représentent beaucoup de la photographe Adriana Wattel travail.”

Pomme Legrand, présidente, Catherine Radet-Gaessler, secrétaire et Catherine Thieblemont, responsable des prêts.

Puta Guerilla

“La rue qui braille“ Changement d’ingrédients et nouvelles saveurs pour ce deuxième album des “puta“ qui se retrouvent amputés d’un guitariste mais récupèrent du même coup un excellent saxo. Aaaah le saxo dans le punk rock ! Une histoire d’amour vieille comme les Bérus dont on retrouve bien évidemment une part d’héritage tout au long de ces 13 titres façonnés dans la rage, la révolte et la sédition. Guitare incisive et riffs saignants à souhait, avec Puta Guerilla l’alternatif retrouve ses couleurs d’origine et ses thèmes de prédilection : les flics, les fachos, le patronnat affameur du peuple et l’état policier, tout le monde est là et nos anars énervés tapent dans le tas avec jubilation. On pourrait citer Parabellum, OTH ou La Mano, tout ce terreau originel dans lequel ont joyeusement pogoté nos guérilléros, mais la force de leur révolution permanente tient surtout dans sa capacité à se renouveler. Pour preuve, ce magistral “Avant le départ“, sur un texte du poète pacifiste Eugène Bizeau, dont l’ambiance lourde et torturée n’est pas sans évoquer les sombres mélopées d’un Noir Désir au sommet de son art. On notera également une belle reprise de “Fussin’ & fighting“ du grand Bob et l’inattendu épilogue très “électroboumboum“ du “Drum’n’couilles Bass“ servi par DJ Cyrillien. www.puta-guerilla.org


16

culture

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Guise

Le Familistère de Guise (Aisne) Un Palais social

Panorama illustré d’une utopie réalisée Sur le modèle de l’ouvrage consacré il y a deux ans à la Grande Guerre, le Conseil général vient d’éditer, en partenariat avec le journal Libération, une publication de 84 pages consacrée au Familistère de Guise et à l’aventure de Godin, avec des regards actuels de grands témoins.

Publication collective Département de l’Aisne - 2010 nt 2010 - Ne peut être vendu séparéme n° 9139 du jeudi 30 septembre Supplément gratuit à Libération

le chiffre

120 000

Le Panorama illustré a été tiré à 120 000 exemplaires. 66 000 ont été distribués avec le quotidien Libération, le jeudi 30 septembre, sur l’ensemble de l’Ile de France. C’est un outil de promotion important pour le Département, dans la mesure où les lecteurs de Libération peuvent être sensibles aux thèses de Godin. L’idée étant, bien entendu, de les inciter à venir visiter le site de Guise.

contact

missionfamilistere@ cg02.fr Vous pouvez vous procurer cette publication auprès de l’ensemble des bibliothèques du département, aux archives départementales et dans les offices de tourisme.

Quelle est, au fond, la modernité de Godin ? La citation en exergue de l’ouvrage de référence que vient de publier le Conseil général de l’Aisne apporte sinon “la” solution, du moins un angle de vue. C’est une citation de Romain Gary : “Le bonheur, il faudrait des lois pour l’empêcher de faire le salaud.” Histoire de bien situer le ton des 84 pages, rassemblées sous le titre “Le Familistère de Guise, un palais social. Panorama illustré d’une utopie réalisée.” Il ne s’agit pas d’encenser Jean-

Baptiste André Godin, mais de décortiquer, le plus objectivement possible, l’aventure du Familistère et ce qu’elle a pu apporter dans l’histoire sociale mondiale. “C’est un parti pris que l’on retrouve lors de la visite du Familistère”, souligne Damien Becquart, chargé de mission au Département, qui a dirigé l’ouvrage avec Frédéric Panni, conservateur du Familistère. Expliquer le Palais social, cette “machine à habiter ensemble”, éclairer les choix de Godin, mais aussi en montrer les limites. L’ouvrage est structuré en six chapitres : des portraits de “l’audacieux” Godin, qui permettent de mieux cerner le personnage dans son époque ; l’aventure industrielle, ensuite, sans laquelle rien n’aurait pu exister (“la réussite industrielle n’est pas une finalité ; elle est le moyen du progrès social”, écrit Frédéric Panni) ; l’architecture, bien sûr, “contremodèle de cité ouvrière” telle

qu’on l’entend au XIXe siècle ; un “voyage en utopie” avec, notamment deux textes formidablement vivants de Jonathan Beecher, historien américain, sur Charles Fourier et l’expérience - qui précède le Familistère - de phalanstère à Dallas (“Il n’en reste plus rien aujourd’hui (…) Au lieu des dortoirs, de la boulangerie et de l’épicerie on trouve les centres commerciaux, les lotissements et les parkings de voitures d’occasion de l’ouest de Dallas”). La cinquième partie propose des regards sur le Familistère, par un architecte, un philosophe, un économiste, un coopérateur et un dessinateur (lire ci-dessous). Enfin, l’ouvrage se clôt sur l’actualité du site, avec une autre belle aventure, le projet Utopia, qui a permis, en dix ans, de restaurer une grande partie du Familistère et d’ouvrir le musée remarquable qu’il est aujourd’hui.

Des contributeurs de renom Pour réaliser cette publication, dont l’ambition est bien d’être un ouvrage de référence, le Conseil général a fait appel à quelques contributeurs de renom. Parmi eux, le philosophe Michel Onfray qui constate que “La révolution est affaire d’utopie pratique et non d’utopie idéale.” L’architecte Michel Cantal-Dupart, créateur avec Roland Castro de la mission Banlieue 89, affirme pour sa part que “Le voyage à Guise est une obligation pour les professionnels ou amateurs qui pensent, conçoivent ou améliorent la ville”. Denis Clerc, économiste, fondateur du magazine Alternatives économiques, estime que si Godin a réussi là où tous les autres utopistes ont échoué, c’est que “Godin a compris qu’il fallait non pas bâtir la société parfaite, mais améliorer l’existant à partir d’une base productive solide.” Et de conclure que l’expérience familistérienne “porte témoignage qu’une autre façon de produire est possible, que le social n’est pas un sous-produit de l’économique.” Jean-François Draperi, géographe et rédacteur en chef de la Revue internationale de l’économie sociale, rappelle combien le Familistère enseigne aux coopérateurs d’aujourd’hui “qu’il ne faut pas avoir peur de nourrir une ambition de changement social d’envergure.”


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

18 Folembray : la mémoire revient au bistrot.

19 Soissons : les aides à domicile formées à la bientraitance. 20 Saint-Gobain : chœur de grand-mère.

21 Le Nouvion en Thiérache : cuisine souvenir.

Bien vieillir dans l’Aisne

dossier 17


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

18

Après Folembray, un second bistrot mémoire a ouvert à Chauny.

dossier

La mémoire revient au bistrot solidarité

Solidarité départementale Dans l’Aisne, une femme sur quatre et un homme sur cinq sont âgés de plus de soixante ans. Le vieillissement de la population départementale suit la courbe française. Le Conseil général de l’Aisne a adopté en 2007, un schéma départemental en faveur des personnes âgées pour améliorer la prise en charge à domicile comme en établissement. Ce schéma - téléchargeable sur www.aisne. com, dans la rubrique Solidarité - partage une ambition avec l’ensemble des partenaires qui travaillent dans le domaine de la gérontologie. Cette ambition est de mettre, par tous les moyens, la personne âgée au cœur du dispositif. Augmentation du nombre de places et ouverture de nouvelles unités d’accueil pour les malades d’Alzheimer ; professionnalisation de l’animation et en maison de retraite ; soutien fort aux services d’aide à domicile pour la formation de leur personnel… La solidarité départementale s’exerce pour les personnes âgées à tous les niveaux, pour permettre à chacun(e) de bien vieillir dans l’Aisne.

Dans la salle d’un bar-tabac de Folembray, des anciens se retrouvent autour de Patrick Lamendin, orthophoniste. Au menu : un café, et pas mal de souvenirs Folembray qui font travailler la mémoire. Les mains posées sur les tables d’aluminium sont veinées de bleu et grainées de son. Elles ont vécu, ces mains là, et elles s’envolent, battent la mesure d’une conversation qui file d’un sujet à l’autre, doucement maîtrisée par Patrick Lamendin, orthophoniste et animateur de ce “café mémoire”, organisé par le centre local d’information gérontologique (CLIC) de La Fère. Isabelle Fojcik, coordinatrice du CLIC, est là pour servir d’intermédiaire entre l’animateur et les participants, qui sont attentifs. Elle est accompagné d’Hélène Lefèvre, psychologue à l’hôpital de Chauny. Ce n’est pas une simple conversation de bistrot. “Nous avons des personnes seules, qui n’ont plus guère de contacts ; d’autres qui sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le bistrot mémoire est à la fois thérapeutique, parce qu’on les sollicite, on les fait participer à la conversation” explique Isabelle Fojcik. “A

Chauny

la fois un lieu social, au cœur de Folembray, où il y a du passage. C’est important pour certains, qui ne sortent plus de chez eux.” Le décor du bistrot, avec son long comptoir courbe, ses pompes à bière et ses habitués, inscrit l’atelier dans un lieu de convivialité. Pour lancer la conversation, Patrick Lamendin choisit un thème. Mais il lâche très vite la bride aux souvenirs. Certains s’expriment

parfaitement - l’atelier est, aussi, ouvert à des gens du village, un peu seuls - ; d’autres ont les mots coincés dans un coin d’une mémoire qui joue des tours. Qu’importe. L’orthophoniste sait rebondir avec finesse. Au bout de deux heures, tous les participants ont parlé, raconté leur péripétie en caravane, retrouvé le goût d’un voyage de noces, partagé une image d’un service militaire en Afrique du Nord… Le bistrot mémoire de Folembray existe depuis juin 2009. Son succès a donné des idées : un autre s’est ouvert à Chauny, il y a six mois.

Parler en groupe aide la mémoire à revenir.

Jeannine à la batterie, Louise à l’harmonica, Françoise au banjo… Ambiance rock’n roll à Chauny où les rockeurs des Caves à musique donnent le la à des mamies enthousiastes.

Le longiligne et placide Dadack à la basse ; le bondissant Carlos, sanglé dans son pantalon de cuir, à la guitare. Mais aussi Armande, Louisette, Denise, qui tapent, grattent, martèlent… Le lundi, au centre de vie de Chauny, la génération rock’n roll rencontre celle d’Edith Piaf, et le résultat est un concentré de bonne humeur partagée et de to-

Mamies blues

lérance. “On est là pour s’amuser !” répète à loisir Françoise, hilare, qui s’essaye au banjo électrique. L’atelier s’appelle Art et mémoire et il faut y assister pour y croire. Pendant que, dans les autres pièces du centre, on joue paisiblement au Scrabble, elles sont une bonne dizaine de retraitées - et un retraité, Jean-Pierre, tranquille derrière sa contrebasse - à


Soissons

La bientraitance : respect, proximité, autonomie.

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

dossier

Des aides à domicile formées à la bientraitance

Rencontre avec Dominique Villa, responsable de l’association Aides et gardes à domicile de l’Aisne (AGDA).

service

Les CLIC à votre service Il existe neuf centres locaux d’information et de coordination (CLIC) dans le département. Ces structures, financées et pilotées par le Conseil général, sont tout à la fois un lieu d’accueil, d’écoute et d’orientation pour les personnes âgées et leur entourage. Les CLIC sont également chargés de développer l’animation sur leur territoire.

L’Aisne : comment définir la bientraitance ? Dominique Villa : il y a trois mots pour résumer ce qu’est la bientraitance : respect, proximité, autonomie. Nous devons respecter la personne, ses droits, son intimité. Nous devons être attentifs à ce qu’elle s’exprime sur ses attentes, son projet de vie. Nous ne sommes plus du temps où l’aide à domicile se résumait à quelques heures de ménage chez une personne âgée. Les deux autres mots découlent du premier. La proximité suppose une écoute, une attention à l’autre. Et l’autonomie reste, au maximum, l’objectif. L’A. : vos salariés sont-ils formés à la bientraitance ? D.V. : la première difficulté est la solitude dans laquelle se trouve l’aide à domicile lorsqu’elle est sur son lieu de travail, chez la personne dépendante. Pour que nos salariés soient bientraitants, nous devons d’abord être bientraitants avec eux, et cela passe par la formation. L’an dernier, notre plan de formation s’est élevé à 120 000 euros, ce qui a permis de les sensibiliser à la bientraitance. A l’AGDA, nous avons aussi choisi de spécialiser nos aides à domicile. C’est très différent d’intervenir chez un malade d’Alzheimer, un polyhandicapé ou une personne en fin de vie. Pour être bientraitant, il faut connaître les pathologies dont souffrent les usagers, savoir évaluer régulièrement la situation des personnes… Et ces problèmes complexes seront mieux abordés par des salariés qui ont reçu des formations complexes.

19

L’AGDA - Créée il y a 23 ans, l’AGDA emploie 120 personnes sur trois pôles - Soissons, Saint-Quentin, Chauny/Tergnier/La Fère. Elle dispense annuellement 105 000 heures de prestations.

s’initier aux rudiments de la musique avec les joyeux drilles des Caves à musique qui s’amusent visiblement autant que leurs “élèves”. Toutes ont l’âge d’être leur maman, voire leur grand-mère, mais ces garnements de rockeurs ont une bonne fois pour toute aboli la frontière de l’âge. Que l’une commence à évoquer son mal de dos, et Carlos l’interrompt : “c’est comment le nom du groupe déjà ? La musique rajeunit les âmes.

La Fère : 0 800 507 959 Saint-Quentin : 03 23 06 12 60 Thiérache : 0 800 86 39 39 Gauchy : 0 800 300 385 Laonnois : 0 800 212 636 Soissons Sud : 0 800 100 519 Soissons Nord : 0 800 679 001 Oise - Escaut : 0 800 100 604 Sud de l’Aisne : 0 800 225 922

Les Tamalou ?” Eclat de rire, et on passe à la suite. Cette rafraîchissante rigolade permet, bien plus sérieusement, de travailler sa mémoire. Le but n’est pas de transformer les mamies en musiciennes accomplies, mais, à force de petits exercices, de coordonner rythme, accords, paroles… Pas si facile ! Pour y parvenir, la mémoire est vivement sollicitée, mais d’une manière tellement ludique que les fous rires sont incessants.


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

20

dossier

en chiffres

Chœur de grands-mères Saint-Gobain

Les établissements pour personnes âgées L’Aisne dispose de 6 759 places autorisées pour l’accueil des personnes âgées. Ces places sont réparties dans 87 établissements. Parmi eux, plus de la moitié sont publics ; 21 % sont gérés par des associations ; 27 % sont privés à but lucratif. Depuis la mise en place de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) qui favorise le maintien à domicile, l’âge moyen d’entrée en maison de retraite a augmenté ; dans l’Aisne, il se situe aux alentours de 85 ans. Le Conseil général ne gère aucune maison de retraite ; en revanche, c’est lui qui autorise les ouvertures, les extensions, les modifications… L’an dernier, par exemple, il a autorisé la création d’établissements ou de places à Rozoy-sur-Serre et Saint-Quentin, Le Nouvion, Vendeuil et Corbeny. L’effort a porté notamment sur l’accueil des malades d’Alzheimer. Depuis 2002, le Département passe des conventions avec les établissements, pour en améliorer le fonctionnement. “Ces conventions mettent l’accent sur la qualité de la prise en charge des pensionnaires” explique Micheline Bellot, chef du service des établissements pour personnes âgées au Conseil général.

A la résidence Leclère Grandin de Saint-Gobain, les pensionnaires peuvent intégrer la chorale de l’établissement, car la vie, “c’est plus marrant en chantant”. Il y a cinq ans maintenant que les murs de la résidence Leclère Grandin résonnent des notes des mamies chantantes de la chorale. Les répétitions ont lieu chaque vendredi après-midi. Sagement assises autour de la table - les jambes ne portent plus guère, certaines choristes sont en fauteuil roulant - elles sont une dizaine, cahier de musique en main, à chanter en mesure, sous la direction de Jocelyne Plaquet, l’animatrice de la maison. Le répertoire de la chanson française y passe, mais pas forcément celui que l’on croit. “Ne leur faites pas chanter Frou Frou ou Berthe Sylva !” s’amuse Jocelyne. L’avant-guerre, le temps du noir et blanc, c’est “ringard”, pour ces mamies, qui préfèrent Edith Piaf, Aznavour… Les chansons

ces mamies chanteuses est atteinte de la maladie d’Alzheimer. “Elle se perd dans les couloirs, mais ne se trompe pas lorsqu’il faut chanter.”

L’animatrice est elle-même soprane dans une chorale. Elle ne de leurs vingt ans, ça oui ! Mais se contente pas de faire chanles pensionnaires gobanaises tonner son chœur de grandssemblent avoir une authentique mères. “Bien sûr elles n’ont plus dilection pour les tubes des an- leur voix d’autrefois, mais ce nées soixante-dix, et elles mettent n’est pas grave !” Ces dames se tout leur cœur sur Les vieux ma- sont déjà produites en public, à riés de Michel Sardou ou sur le Saint-Gobain, devant trois cents Vieux de Daniel Guichard… “Ces personnes, à l’occasion de la fête chansons, ça leur de la musique. Rérappelle des sougulièrement, elles Berthe Sylva, donnent de la voix venirs” sourit Jocelyne. c’est “ringard,” lors de rencontres avec d’autres éta“Ce genre d’atelier elles préfèrent blissements. L’idée est essentiel pour tellement Piaf ou Aznavour. est la santé morale” bonne que Patrick souligne Patrick Trépant a instauré Trépant, directeur de l’établisune chorale à Flavy-le-Martel. sement, qui en gère un second, “L’animation de qualité fait parà Flavy-le-Martel. “Ici, on laisse tie de nos priorités ; nous nous ses soucis à l’entrée de la salle”, sommes donnés les moyens, confirme Jocelyne Plaquet. La avec du personnel qualifié. Nous musique se révèle parfois étonavons professionnalisé cette namment bénéfique. L’une de fonction d’animation, et tout le monde y a gagné” conclut-il.

La chorale est bonne pour le moral.


Des instants où l’on oublie

sa dépendance, ou les uns et les autres s’entr’aident avec bon cœur.

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

dossier

21

Le Nouvion en Thiérache

A la résidence pour personnes âgées La Thiérache, au Nouvion, les pensionnaires se retrouvent tous les jeudis dans la cuisine thérapeutique pour mettre la main à la pâte, lors d’un atelier “saveurs des terroirs”.

Tête blanche et cordon bleu “C’est le meilleur jour de la hommes - de bons petits plats. semaine !” Les joues sont ridées Ce plaisir de casser les œufs, de mais roses de plaisir à l’idée mélanger la farine ou de couper d’une simple après-midi passée des pommes s’affiche sur les vidans la cuisine. Dans la petite sages. pièce aux couleurs vives, on est Il s’agit avant tout comme à la maide se faire plaisir, son et c’est bien même si l’atelier Cela stimule l’ambiance que repoursuit égalecherchent les penle langage, ment un but thésionnaires. la mémoire et rapeutique, autour “Les personnes qui du maintien de les sens. l’autonomie. Pour arrivent ici avaient pour habitude de exécuter une reparler de leur façon de cuisi- cette, il faut retrouver l’automaner, avant, lorsqu’elles étaient tisme des gestes - éplucher des chez elles” explique Valérie, pommes, beurrer un moule -, l’animatrice. L’atelier, ouvert de- bien la lire etc. “Cela stimule puis quatre ans, leur permet le langage, la mémoire et les de retrouver le plaisir de faire sens” poursuit l’animatrice. De elles-mêmes - il y a aussi des fait, autour de la table, chacun

L’atelier cuisine, un moment de détente et d’autonomie.

s’applique et s’implique. C’est le moment, aussi, d’échanger des souvenirs, de se rappeler de bons moments… Des instants où l’on oublie sa dépendance, ou les uns et les autres s’entr’aident avec bon cœur. Un jeudi sur deux, le petit groupe réfléchit à la recette qui sera faite la semaine suivante. “Ils cherchent à retrouver le goût des gâteaux qu’ils faisaient à la maison” reprend Valérie. Cette recherche implique, elle aussi,

pas mal de discussions. En Thiérache, on parle tarte au sucre, à la rhubarbe, pommes au four… mais, en gourmands authentiques, ces cordons bleus raffolent du chocolat. Avec l’aide de l’animatrice, les participants à l’atelier ont réuni leurs recettes dans un recueil. “Certains demandent un double des recettes, pour les donner à leurs enfants… Il y a une fierté de leur part à avoir réussi leur gâteau.”

“Le repas, un moment essentiel” Patrick Trépant, directeur d’établissements pour personnes âgées à Flavy-le-Martel et Saint-Gobain a décidé de prendre à bras-le-corps la question des repas, “un moment essentiel dans la vie de nos résidents” explique-t-il. “La bientraitance de la personne âgée passe par l’assiette, par la qualité, la quantité, mais aussi la présentation et le service. C’est essentiel.” Il souhaite que les tables soient nappées, par exemple. “Ce n’est pas pour ressembler à un restaurant, mais tout simplement parce qu’autrefois, personne ne mangeait à même la table. Mon souci est de proposer un modèle qui se rapproche le plus possible des modes de vie qu’ils ont connus.” Patrick Trépant plaide pour un retour à une cuisine plus traditionnelle, faite sur place et, si possible, de saison. “C’est une question de goût, mais aussi de coût : réaliser nous-mêmes les gâteaux du goûter, ça coûte bien moins cher que d’en acheter à l’industrie.” A Flavy-le-Martel, la cuisine sent la pâtisserie tous les matins… Et les résidents ne s’en plaignent pas.


22

ils font bouger l'Aisne

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Des retraités actifs dans le monde, pour l’éducation Laon

Installée à Laon, Maryse Leroy est responsable régionale du Groupement des retraités éducateurs sans frontières (GREF), une association de solidarité internationale spécialisée dans l’aide aux projets éducatifs et sociaux. Monter une bibliothèque centre de documentation au Liban ; former les éducateurs d’un dispensaire au Burkina-Faso… Les missions auxquelles a participé Maryse Leroy au sein du GREF sont toutes plus passionnantes les unes que les autres. Retraitée, ancienne directrice d’école à Laon, elle a trouvé dans le GREF un support à son esprit nomade et à sa soif de transmettre. Le GREF regroupe plus de sept cents membres, au niveau national, tous retraités. Dans l’Aisne, les bénévoles sont quelques-uns - l’autre cheville ouvrière s’appelle Jean-

Maryse Leroy a déjà menée des actions en Afrique et au Liban.

Claude Mahut - mais les effectifs fluctuent. L’engagement au sein du GREF est aussi exigeant qu’exaltant. “Nous partons pour des missions de sept semaines, souvent, mais il y a au préalable un travail important de préparation” souligne Maryse Leroy. “Nous sommes bénévoles et retraités, mais nous agissons avec sérieux et rigueur. Nous devons rendre compte précisément de notre action sur place. Une fois rentrés nous avons encore quelques semaines de travail.” Le GREF, fondé il y a vingt ans, intervient en Afrique, au Proche-Orient, en Amérique du Sud… mais aussi en France, pour des cours d’alphabétisation aux détenus, par exemple. “Nous Elle a notamment aidé à la formation d’éducateurs au dispensaire de Bobo Dioulasso, au Burkina-Faso.

allons là où l’on nous le demande” reprend-elle. Tant que le projet est dans l’esprit de l’association : laïque, au service de l’éducation et, plus largement, de l’apprentissage de la démocratie.

s’ils sont largement majoritaires. Certains sont éducateurs spécialisés, professionnels de santé…

De retour à Laon, la bénévole laonnoise estime aussi de son devoir de témoigner, le plus objectivement possible, de ce En Afrique comme au Liban, qu’elle a vu, des conditions de Maryse a trouvé un accueil re- vie des habitants. Elle a ainsi été marquable. “Pour ces pays en marquée par sa mission auprès demande, il est impordes éducateurs d’un tant de savoir qu’ils ne dispensaire à Bobo Aider Dioulasso, au contact sont pas seuls dans leur coin, qu’il y a des sans des enfants des rues, collègues qui peuvent parfois atteints du sida. imposer. “Ce sont des enfants à les aider. Mais attention : nous n’exportons qui, modestement, on pas notre pédagogie, ce serait donne l’espoir de s’en sortir. Ils ridicule. On n’enseigne pas au ont des qualités exceptionnelles, Niger, devant deux cents en- des compétences qu’ils ont fants réunis dans une classe - dû développer pour survivre.” quand elle existe, comme nous S’engager comme bénévole au pouvons le faire à Laon dans GREF, c’est aussi accepter de nos écoles.” Sur place, les bé- se sentir déstabilisé, remis en névoles du GREF partent de ce cause dans ses certitudes. “Mais qui a déjà été mis en place, pour les échanges, les rencontres sont aider les équipes pédagogiques un enrichissement sans équivalocales à atteindre leurs objec- lent” conclut Maryse Leroy. tifs, parfois très terre à terre : “on peut les aider à réaliser les contact clôtures d’un jardin éducatif” Maryse Leroy poursuit Maryse Leroy. C’est 03 23 20 14 94 pourquoi le GREF n’est pas réwww.gref.asso.fr servé exclusivement aux anciens de l’Education nationale, même


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

ils font bouger l'Aisne

23

Dans la famille Thirault, voici François Laon

Fils et petit-fils de violoncellistes, François Thirault a 18 ans et semble promis à une belle carrière. Le jeune Laonnois vient d’intégrer l’orchestre français des jeunes.

“A quel âge j’ai commencé ? Je ne peux pas répondre précisément, parce que dès que j’ai su marcher, mon père m’a mis un petit violoncelle dans les mains…” 18 ans, dont 17 avec un archet : François Thirault a la musique dans le sang. Son père est professeur aux conservatoires de Reims et Lille ; son grand-père était directeur du conservatoire de Laon. Son oncle est premier soliste à l’orchestre philharmonique de Provence, à Marseille. Avec une telle ascendance, François a de qui tenir. Ceci dit, il n’est pas prouvé que les triples croches, les rondes, les blanches et les noires soient héréditaires. “La musique, c’est un gros boulot, mais… c’est une passion”, avouet-il. Une passion qu’il vit désormais à 100 %. Il a décroché son bac S à Laon, et depuis la rentrée, il travaille sa virtuosité au conservatoire de Reims. A plein temps. “Mon objectif, c’est le concours d’entrée au Conservatoire

Epaux-Bézu

sept heures en rêvassant” assure-t-il. Pour entendre François et les 103 musiciens de l’Orchestre français des jeunes, il faut faire le voyage jusqu’à Paris, salle Pleyel, le 16 décembre.

national, à Paris. Je me donne un an pour me préparer à fond.” Ce jeune homme doué a également intégré l’orchestre français des jeunes, sur concours. A sa grande surprise - modeste, il est presque ennuyé d’avouer qu’il a décroché un premier prix au concours Rampal - il en devient co-soliste. Une belle aventure : “nous avons fait une tournée cet été, et nous avons deux dates cet hiver, à Aix-enProvence et à la salle Pleyel, à Paris.” Pleyel, un rêve : “ça fait plaisir, c’est une salle mythique.” Les concerts, la scène… François adore. Le trac ? “Raisonnablement, mais pas vraiment.” Plus tard, il se verrait bien allier enseignement et concerts. Et pour cela, il travaille, encore et toujours, dans son box, au conservatoire, véritable cellule de moine, jusqu’à sept heures par jour. “Mais parfois, il vaut mieux travailler efficacement trois heures que de passer

François Thirault, 18 ans, dont 17 avec un archet en main.

Expliquer Beaubourg aux enfants

Auteure de livre pour enfants et de CD didactiques, Dominique Brisson vient de publier “Comment parler du centre Pompidou aux enfants”.

Pas facile d’expliquer à un gamin de huit ans l’action painting de Jackson Pollock. “C’est de la peinture, ÇA ?” Et combien de parents ont ramé face à la fameuse “fontaine” de Marcel Duchamp - “Oui mon chéri, c’est un urinoir, mais, euh, c’est de l’art parce que ça date de 1917…” L’art contemporain n’est déjà pas simple à appréhender par les adultes, alors l’expliquer… C’est le défi que relève Dominique Brisson, auteure installée à Epaux-Bézu. “Cétait un double travail : il faut apporter les connaissances à des adultes, mais en partant du point de vue des enfants avec une difficulté réelle : comment les intéresser ?” Dominique n’est pas une bleue dans l’univers des musées : on lui doit, notamment, les CD-rom sur le Louvre ou le musée d’Orsay. Mais cette fois, l’angle est différent. “C’est un livre pour

les parents, pour leur donner des clefs, face à une trentaine d’œuvres que j’ai choisies parmi l’ensemble des collections du centre Pompidou. Je me suis mise à la place des enfants, j’en ai emmenés, aussi, pour entendre leurs questionnements.” Le livre est loin d’être rébarbatif. Au contraire. “Il ne faut pas avoir de posture morale, face à l’art contemporain. Il ne s’agit pas de beau, de pas beau, de bien ou de mauvais. J’ai beaucoup insisté sur le côté ludique de cet art, car les enfants y sont particulièrement sensibles. C’est un monde plein d’humour, finalement.” Les plus jeunes accrochent à cet aspect ludique ; les ados, eux, aiment le côté subversif et provocant. Comment parler du centre Pompidou aux enfants, de Dominique Brisson, aux éditions du Baron Perché.


24

l'Aisne, un temps d'avance

Axo Box, la boite à idées Leur succès est tel que tout le monde connaît aujourd’hui les Smart-box et autres Wonderbox… et leur principal inconvénient : la difficulté de concrétiser le cadeau offert, la faute à l’éloignement et aux difficultés de réservation dans les délais. Jean-Luc Toussirot a trouvé la bonne formule : il a inventé l’Axobox. Des coffrets cadeaux, organisés par gamme de prix et non par thème, avec des offres à l’échelle départementale, dont certaines très originales. “Nous avons contacté les commerçants et artisans et avons construit nos offres avec eux : dans nos Axo box, vous pouvez par exemple offrir un abonnement d’un an à un fleuriste ou un chocolatier, ou une séance de coaching avec un… paysagiste !” Trente-cinq partenaires ont déjà proposé leurs services pour un total de 130 prestations, convenant à tous les âges, allant des soins de beauté à la gastronomie, en passant par toutes sortes d’activités nature, sensations, insolites. Pour rester fidèle à l’Aisne, les coffrets cadeaux ont pour nom Claudel, Dumas, La Fontaine… La formule séduit : l’entreprise Proxi Box créée par Jean-Luc Toussirot pour développer l’Axo Box emploie déjà cinq personnes et, après d’un an d’existence, a vendu des centaines de coffrets cadeaux. Elle a également été lauréate des Etoiles de l’UnionEconomie, dans la catégorie jeune entreprise. Et son avenir s’annonce plutôt positif : sortie prochaine d’une Marno-Box, et pourquoi pas une déclinaison sur l’ensemble des départements et territoires ? Contact : 03 23 73 69 85 www.axobox.fr

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Un jeune étudiant de 22 ans, Sébastien Mahut, a mis au point une moto électrique, à partir d’une carcasse d’Aprilia 125 cm³.

Une moto branchée sur le 220

Crouy

Quand il était petit, Sébastien Mahut fabriquait déjà des objets avec des légos. Ado, il s’est passionné pour le modélisme et il pouvait passer six mois à réaliser un avion radiocommandé. Devenu étudiant, il se déplace à vélo. Mais il ajoute à son VTT un kit pour le motoriser… avec même une poignée d’accélération. c’est l’autonomie et le poids. J’ai Sébastien, aujourd’hui en 4e ancommencé avec des batteries au née d’école d’ingénieur, n’est ni plomb, mais la moto dépassait les motard, ni particulièrement écolo, 140 kg, et l’autonomie était franmais il aime les défis technolochement mauvaise.” giques. “J’ai toujours été fasciné par le fait que l’on puisse se dépla- Sébastien démarche et trouve un cer avec des moteurs électriques” sponsor, qui lui offre alors des explique-t-il. “C’est pour ça que piles au lithium, destinées à l’orije me suis lancé sur la moto.” Il gine à alimenter des perceuses repère dans les petites annonces sans fil… La débrouille, toujours ! une Aprilia sport de 125 cm³, en “Avec des batteries au lithium, état d’épave. “Je cherchais un le poids est le même qu’avec modèle avec un carénage, pour le moteur thermique. Je l’ai fait essayer à des mocacher les battetards qui l’ont trouries” précise le 10 centimes vée parfaitement jeune homme. La équilibrée.” Ce promoto est en pièces d’euros pour blème résolu, Sébasdétachées, dans 60 kilomètres tien n’en n’a pas fini : des boîtes. Son preil améliore une foule mier travail : trier, à 90 km/h. de détails. Remdécaper, sabler les place, par exemple, pièces. Un job de mécanique basique. “Il rentrait les feux d’origine par des leds, le vendredi soir, et il filait tout de moins gourmandes en électricité. suite bricoler”, témoigne sa mère. Conçoit et installe un compteur digital qui lui indique la charge de Une fois restaurée, la moto a fière la batterie. allure. Reste à lui installer un moteur électrique. “Là, j’ai un peu Côté performances, l’Aprilia monte tâtonné. J’ai fabriqué des gabarits à 90 km/heure et affiche des acen cartons, puis en bois, avant de célérations foudroyantes. L’aume lancer.” A l’écouter, pourtant, tonomie est limitée, pour l’insle principe est simple. “Ce n’est tant, à 60 kilomètres, ce qui en jamais qu’un moteur électrique, restreint l’usage à des parcours un variateur, des batteries…” urbains, ou des petits trajets. En Certes, mais la réalisation n’en revanche, Sébastien Mahut esréclame pas moins une bonne time à 10 centimes d’euros seudose d’ingéniosité. “Le problème, lement le coût d’une recharge,

La moto roule en silence et permet de parcourir 60 kilomètres en autonomie.

effectuée en deux heures sur une prise de courant ordinaire. “Les accus peuvent se recharger 1 000 fois, ce qui veut dire que les batteries ne sont pas à changer avant d’avoir parcouru 60 000 kilomètres.” Bref, le prototype du jeune Axonais est un rêve écolo, avec une pollution égale à zéro, et un rêve de jeune motard fauché, avec ses pleins au prix d’un carambar. Reste à homologuer la moto. “Aux Etats-Unis, c’est très simple : une petite visite, 50 dollars, et on vous laisse rouler… Ici, c’est bien plus compliqué” regrette Sébastien, qui a entrepris les démarches sans trop se faire d’illusion. En attendant, il est allé à Vierzon montrer sa réalisation sur un salon spécialisé. “Les gens étaient intéressés, ils voulaient voir si elle avançait vraiment…” Désormais, Sébastien travaille sur l’amélioration de son prototype. “Je vais adapter un nouveau moteur électrique, deux fois plus puissant, et je vais améliorer les batteries, pour gagner en autonomie.” Quand à l’avenir de son véhicule, il reste lucide. “Si je peux créer une boîte et en vivre, pourquoi pas. Mais je vais d’abord finir mes études d’ingénieur et on verra bien après !”


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Soissons

Juillet 1934 : la victoire de Victorine

Au volant de sa camionnette bondée de livres, la vaillante Victorine Vérine, bibliothécaire à Soissons, formée à l’école américaine, apporte le bonheur de lire dans les foyers. Sous le soleil, la camionnette spécialement fabriquée par Hotchkiss quitte Soissons. Victorine Vérine est au volant : nous sommes en 1934, et à 42 ans, la bibliothécaire réalise son rêve. A l’arrière, plus d’un millier d’ouvrages, qu’elle va déposer dans les villages alentours. La “bibliothèque circulante de l’Aisne” est le premier bibliobus français. A quoi pense-t-elle, Victorine, ce jour-là ? A ses lecteurs, sans doute. Au bonheur qu’elle va leur procurer. C’est toute sa raison de vivre, à Victorine, née à Antibes en 1892, “montée” dans l’Aisne pour s’occuper des bibliothèques après la Grande Guerre. Tout cela n’a pas été simple, non : il a fallu trouver des fonds, et l’aide promise par l’Etat en 1930 ne vient pas. Finalement, une subvention du Conseil général de l’Aisne est déterminante. La bibliothèque circulante est née. L’idée plonge ses racines dans l’aide américaine mise en place dès la Grande Guerre. C’est l’aventure du Comité américain pour les régions dévastées de France (le CARD), fondé par la milliardaire Anne Morgan. Parmi les œuvres du CARD, le développement de la lecture publique apparaît rapidement nécessaire. La guerre a détruit les bibliothèques municipales comme celles des particuliers. Le CARD envoie une première caisse de livres dès 1918 et dépêche dans l’Aisne cinq bibliothécaires américaines, dont Jessie Carson, responsable de la section enfantine à la bibliothèque de New-York. En à peine deux ans, ces valeureuses pionnières vont ouvrir des

espaces de lectures à Blérancourt, Vic-sur-Aisne, Anizy, Coucy-le-Château et Soissons. Et dès cette époque, elles organisent une “bibliothèque circulante” qui sillonne la campagne pour déposer des ouvrages dans les foyers ruraux et les écoles de villages. Ces tournées s’arrêtent en 1924, et Victorine Vérine rêve, déjà, de les reprendre et de les améliorer. Les Américains n’ont alors pas la même vision de la lecture publique que les Français. Jessie Carson constate que si nos bibliothèques ont des trésors, “ils ne sont guère accessibles aux personnes de condition modeste.” Et sur les rayonnages, on ne trouve que des livres “austères et ennuyeux”. Les jeunes bibliothécaires vont apporter un vent de modernité. S’intéressent

aux jeunes lecteurs, auxquels elles font découvrir L’île au trésor et bien d’autres romans d’aventure. Dans les bibliothèques créées dans l’Aisne, les livres sont en accès libre ; les locaux, clairs et accueillants. L’inverse de la traditionnelle bibliothèque sérieuse, sombre, réservée à l’étude. Non, lire est un plaisir, et un plaisir populaire de surcroît. De 1921 à 1923, plus de 260 000 prêts sont enregistrés dans les 75 villages desservis par le camion du CARD. Un tel succès a des retentissements jusqu’à Paris. Ernest Coyecque, inspecteur des bibliothèques municipales à Paris, est présent à l’inauguration de la bibliothèque de Soissons. “Il suffit maintenant d’inviter ces messieurs de Paris à prendre le train de Soissons pour venir voir une bibliothèque modèle, sur le type de laquelle il faudrait peu à peu transformer les bibliothèques municipales parisiennes” écrit-il. En 1922, une première bibliothèque “moderne” ouvre dans le quartier de Belleville. Cette approche ne plaît pas à tout le monde. Lorsque les Américaines se mettent à former des jeunes bibliothécaires françaises à leurs méthodes, les gardiens de la tradition s’étranglent et dénoncent : “on ravale à un niveau très bas des enseignements qui de-

histoire

25

vraient être réservés à des gens cultivés.” Qu’importe. Victorine Vérine fait partie de ces jeunes femmes formées à l’école moderne - elle a suivi les cours en 1923, une modernité à l’origine du lancement du bibliobus. Le reporter envoyé de Paris par “Le Petit Journal” pour couvrir l’événement, lui, est enthousiaste, “souhaitons que leur exemple soit suivi par toute la France.”

Souhaitons que

leur exemple soit suivi

par toute la France.

Le Petit Journal

Le valeureux Hotchkiss disparaît dans la tourmente de 1940. Victorine Vérine s’enfuit à son bord pour gagner la gare la plus proche et rejoindre sa famille à Antibes. Résistante de la première heure, arrêtée, déportée, elle survit miraculeusement… et revient dans l’Aisne, où elle devient directrice de la première Bibliothèque départementale de France. Un modèle qui a été, depuis, étendu à l’ensemble du pays. Jusqu’à sa retraite, en 1953, cette grande dame continua à s’occuper de la lecture publique dans le département.

Victorine Vérine, au volant de son premier bibliobus.


26

territoire de l'Aisne

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Saint-Gobain

Caroline Varlet gère la programmation du cinéma municipal.

Au cœur du massif forestier de Saint-Gobain, les habitants semblent plus qu’ailleurs branchés sur l’alternatif. Un cinéma pas comme les autres ; un festival pas comme les autres ; des groupes de musiciens pas comme les autres. Ici, s’esquissent des solutions pour vivre mieux ensemble sur ce petit bout de planète solidaire. Le tout baigné dans l’atmosphère d’une forêt féérique.

A Saint-Gobain, on C’est une petite ville forestière, forcément bâtie sur des légendes ; un bourg plein d’histoires que l’on se raconte et auxquelles on a fini par croire. Au cœur d’une forêt, tout est possible. Ça commence d’ailleurs dès le VIIe siècle avec ce bon moine Goban qui s’installe tranquillement dans le chaos rocheux du mont de l’ermitage et qui, plantant son bâton

de pèlerin, fait surgir une source miraculeuse. Pauvre Goban, à qui les barbares trancheront le cou. Treize siècles plus tard, demeure l’idée qu’une source peut encore surgir là où l’on plante un bâton. Boris, chanteur d’un groupe punk et citoyen très investi dans la cité, le traduit à sa manière : “ici, les choses sont possibles à partir du moment où l’on se prend en main

et où on les décide soi-même.” Pour faire jaillir la source, encore faut-il planter le bâton… Il y a deux ans, il lance un collectif, “Les fous du fût”, qui propose de faire de la musique en cognant sur de vieux bidons d’essence. L’expérience prend immédiatement. “On réunit des chômeurs, des instituteurs, un psychologue, des étudiants, un melting-pot de


territoire de l'Aisne

rêve d’un autre monde gens et de personnalités qui ne se seraient pas rencontrés autrement.” Boris rêve d’un SaintGobain qui serait une “ville pilote pour les mouvements alternatifs”. Il cite le succès de l’AMAP, qui livre ses légumes bios sur la place chaque lundi, ou, bien entendu, la notoriété grandissante du festival écolo des Vers solidaires.

A Saint-Gobain, Caroline Varlet, musicienne professionnelle, s’occupe du cinéma. Un cinéma différent, porté sur la découverte de films d’auteurs. “On a toujours entre 50 et 100 personnes pour ces films, ce qui n’est pas gagné d’avance.” Comme Boris, Caroline insiste sur la participation de la population et l’échange. “Les gens m’écrivent, me signalent tel

27

La forêt de Saint-Gobain inspire les idéalistes.

ou tel film, il y a un dialogue.” Il existe à Saint-Gobain, selon elle, “une dynamique globale. Les instituteurs jouent le jeu, que ce soit pour le cinéma ou l’initiation à l’environnement ; les gens sont très ouverts, c’est aussi ce qui donne ce dynamisme.” Après la Révolution française, Saint-Gobain a décidé de changer de nom. C’était ces années

où la Sainteté était le plus court chemin pour l’échafaud. Les Gobanais d’alors choisissent de rebaptiser leur ville “Mont libre”. Ce nom n’a duré que quatre ans, mais son souffle est encore présent.


28

territoire de l'Aisne

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Une association et des élus s’inquiètent des choix d’exploitation opérés dans la forêt de Saint-Gobain.

L’avenir de la forêt en question La forêt de Saint-Gobain est-elle menacée ? 13 000 hectares, dont 8 000 sont domaniaux, c’est-à-dire publics ; un classement en zone “natura 2000” : à priori, le massif forestier n’a rien à craindre. Une association, Une forêt et des hommes, créée il y a vingt ans pour “défendre, protéger et faire connaître la forêt de Saint-Gobain”, s’alarme pourtant depuis quelques années. “La gestion de la forêt par l’Office national des forêts (ONF) a changé, affirme son président, William Church.

William Church et son association veulent préserver la biodiversité du massif forestier.

Comme pour d’autres services publics, l’Etat vise désormais la rentabilité, au détriment d’une gestion durable.” L’association n’est pas la seule à s’inquiéter. Les syndicats de l’ONF dénoncent eux aussi une “logique commerciale”. Concrètement, dans la forêt de Saint-Gobain, les bénévoles de l’association “Une forêt et des hommes” ont consta-

té l’intensification de coupes claires qui laissent la forêt à nu. “Pour dresser ce constat, nous avons sillonné l’ensemble des parcelles, pendant plus de trois mois, pour dresser une cartographie réelle” explique William Church. Une pétition, signée par les communes concernées et un vœu, pris à une large majorité des élus

Un étonnant festival du film animalier Les 12 et 13 novembre, le cinéma municipal de Saint-Gobain accueille un festival pour le moins original, organisé par l’association Une forêt et des hommes. Les films animaliers qui seront projetés sont des œuvres amateurs ; leur point commun : tous ont été réalisés dans la forêt de Saint-Gobain. Films amateurs, certes, mais la qualité est au rendez-vous. Pour Caroline Varlet, responsable du cinéma, “Dans certains cas, on ne voit pas la différence avec les films professionnels. Ce sont des passionnés qui maîtrisent parfaitement leur sujet.” Le festival est l’occasion de rencontrer tous ces amoureux de la forêt et de sa faune, dans une ambiance particulièrement festive.

Ce qu'il faut voir

Les souterrains de l’ancienne forteresse de Saint-Gobain se visitent et portent témoignage de l’importance du château, érigé par Enguerrand III, sieur de Coucy. Le roi de France, Louis XI, le démolit. En descendant sous terre, on remonte six siècles en arrière. Pour prendre rendez-vous, écrire envoyer un courriel à gobanieinferieure@ gmail.com

du Conseil général de l’Aisne, demandent l’arrêt de ces coupes et un retour à une gestion plus durable. “Nous ne sommes vraiment pas des extrémistes, reprend le président de l’association. Bien sûr qu’il faut continuer à couper du bois, cela fait aussi partie des missions de l’ONF. Mais nous voulons que cela se fasse comme auparavant, avec le souci de préserver la biodiversité.” S’il n’y a pas de danger immédiat, il y a, au moins, une sonnette d’alarme à tirer.

contact :

http://fdhsaintgobain. pagesperso-orange.fr


l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Pendant 306 ans, on a fabriqué du verre à Saint-Gobain. De la manufacture royale installée par Colbert, jusqu’à la multinationale, la ville a vécu autour et pour le verre... L’activité a cessé il y a bientôt vingt ans. Bernard Génard, verrier pendant 36 ans, s’en souvient. Bernard Génard, à 78 ans, se rappelle parfaitement de son premier jour à la manufacture des glaces de Saint-Gobain. “C’était le 16 juillet 1951. J’avais appris le métier d’ajusteur à Charmes, mais on savait tous qu’à la verrerie, les salaires étaient bons. Quand je suis arrivé ici, j’ai doublé ma paye.” Comme lui, des centaines d’ouvriers ont intégré l’usine, attirés par la bonne réputation de l’entreprise. “Un travail difficile et dangereux” tempère Bernard,

en montrant une impressionnante cicatrice à son poignet. “J’ai débuté comme coupeur au verre coulé et j’ai eu un accident. Pendant un an, j’ai été en arrêt, et la direction m’a alors mis comme conducteur de four. J’y suis resté jusqu’en 1987. Comme beaucoup de camarades, j’ai été liquidé à 55 ans et 3 mois…” Quand Bernard entre à SaintGobain, l’usine compte encore 800 ouvriers. “Nous étions 35 par équipes… à la fin, nous

territoire de l'Aisne

Mémoire verrière étions 35 au total !” Les ateliers ne sont aujourd’hui plus que des carcasses vides, pour la plupart. Bernard retrouve le sien, dont la construction remonte à la fin du XIXe siècle. “C’était une bonne époque, vous savez, même si c’était difficile. On était fier de travailler pour Saint-Gobain. C’est ici que l’on a inventé le verre coulé, par exemple.” La manufacture a redessiné les contours de la ville. “On habitait dans une cité construite pour les salariés, et c’était formidable, se rappelle Alain Pierret, 62 ans, initiateur du musée du verre. On avait la baignoire, les toilettes dans la maison… C’était toute une ambiance aussi.” Avec la fermeture définitive du site, une page s’est tournée. Seuls les souvenirs restent.

Bernard Génard, devant l’ancien atelier où il a passé une partie de sa vie.

Le tortoir de SaintNicolas-aux-Bois est un prieuré fortifié du XIVe siècle, aujourd’hui propriété privée. S’il ne se visite pas, il peut s’admirer de l’extérieur, et on ne peut que vous conseiller d’arriver, au petit matin, lorsque la brume nimbe d’une aura mystérieuse ses vieilles pierres.

29

Une histoire au musée Le musée du verre rassemble dans plusieurs vitrines des objets créés par les ouvriers verriers, à leurs moments perdus. Ces œuvres d’art populaire, appelées les bousillés, ont pour l’instant trouvé refuge dans l’enceinte même de la manufacture, dans le local de l’association qui fait visiter les souterrains de l’ancien château. “Avec la municipalité, nous avons convenu que nous pourrons nous installer dans la chapelle, à l’entrée du site”, se réjouit Alain Pierret. Il faut pour cela attendre la fin des travaux de la chapelle. La chapelle est une solution temporaire ; le musée, qui présente également de nombreux documents sur l’épopée verrière à Saint-Gobain, gagnera, en définitive, un bâtiment à proximité immédiate. contact@musee-saintgobain.com

L’abbaye de Prémontré a été fondée au XIIe siècle. Les actuels bâtiments, qui surgissent au cœur de la forêt, remontent au XVIIIe. Prémontré est aujourd’hui reconvertie en hôpital public, mais on peut en visiter certaines parties, notamment la chapelle. Rens. 03 23 23 66 66


30

les rendez-vous

musique 6 novembre Tergnier : Samarabalouf, swing manouche. 20h30 au Centre culturel Rens. 03 23 40 24 40

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

musique “Philippe Bronsin”. A partir de 15h : Tremplin rock, 19h : Les Fils d’Albert, Mind, Maldito Rapaz, 22h : Les Caméléons. Rens. 03 23 97 79 72 ou www.tac-tic-animation.com

© Ludovic Leleu

29 novembre Tergnier : Les Têtes de Piafs dans le cadre des Soirées découvertes. 20h30 au Centre culturel. Rens. 03 23 40 24 40

7 novembre Saint-Quentin : Comme à l’opéra. Airs et chœurs d’opéras et d’opérettes en français avec le chœur La Rudelière, les solistes de la Compagnie Les Baladins Lyriques et l’école de Danse Ballerina. 16h au Théâtre Jean Vilar. Rens. 03 23 80 67 28 ou www.les baladinslyriques.com 13 novembre Gauchy : Pigalle et Zef en 1ère partie. 20h - MCL Rens. 03 23 40 20 02 20 novembre Clastres : Les Blaireaux. 20h30 salle Gilbert Levert. Rens. CC Saint Simon 03 23 63 36 51

© Caroline Doutre 2008

21 novembre Hirson : 25 ans de l’orchestre de Picardie. 17h - salle Michel Carpentier. Rens. 03 23 58 38 88 ou www.transfrontalieres.eu

21 novembre Saint-Quentin : récital piano solo avec Stan Laferrière par Jazz aux Champs Elysées. 17h - Ecole nationale de musique. Rens. 03 23 05 01 68 ou http://jazz-aux-champs-elysees.fr 27 novembre Vervins : Rock Aisne Forces

7 décembre Gauchy : Véronica and the Red Wine Serenaders et en 1ère partie : Prison’s Blues. 20h - MCL. Rens. 03 23 40 20 02 11 décembre Lesquielles Saint-Germain : concert de Noël avec la participation de la batterie fanfare et la chorale de la Ruche Lesquielloise. 20h - Eglise. Rens. 03 23 61 34 50 ou www.rl-musique.com

théâtre 11, 12, 13, 19 et 20 novembre Nogent l’Artaud : Il faut battre tambour par le Théâtre de la Mascara. 20h30 - Théâtre de la Mascara. Rens. 03 23 70 07 68 ou www.la-mascara.fr

théâtre 16 novembre Gauchy : Cherchevent par la compagnie Teatro Di Fabio. 20h30 - MCL. Rens. 03 23 40 20 02 17 novembre Chauny : Pêcheurs de rêves, par la compagnie La Fleur Qui Rit. 20h - Forum. Rens. 03 23 39 90 96 19 novembre Château-Thierry : L’impossible Monsieur Holmes par la Compagnie Kelanotre. 21h - Théâtre Jean Cocteau. Rens. 03 23 69 43 00 ou calicot2@wanadoo.fr 27 et 28 novembre Soissons : Ça va la famille ? Spectacle par la compagnie l’Arcade avec la participation des habitants. Le Mail, le 27 20h30 et le 28 à 18h. Rens. 03 23 76 77 70 2 décembre Tergnier : Bonbons assortis au théâtre par la compagnie les Petites Madames. 20h30 - Centre

12 novembre Saint-Quentin : La Revue tragique, textes de Sénèque par la compagnie l’Arcade. 20h30 Manufacture de théâtre. Rens. 03 23 62 36 77 ou www.compagnie-arcade.com

culturel. Rens. 03 23 40 24 40 10 décembre Château-Thierry : Hugoffenbach par la Compagnie La lune et l’océan. 21h - Théâtre Jean Cocteau. Rens. 03 23 69 43 00 ou calicot2@wanadoo.fr 10 décembre Tergnier : Stars de l’histoire,… par Les Demi-Frères. Humour. 20h30 - Centre culturel. Rens. 03 23 40 24 40 17 décembre Soissons : La dispute de Marivaux par la compagnie l’Arcade. 19h - Le Mail. Rens. 03 23 76 77 70

expo Du 20 nov. au 5 décembre Fère-en-Tardenois : 7e salon du dessin dont le thème de cette année “le dessin en mouvement”.

27 et 28 novembre Presles et Boves - Les Mélangeurs La Quintessence d’Epsilon par la compagnie les Mélangeurs “Après avoir remporté un grand succès lors de ses premières représentations cet été au Vieux château de Château-Thierry, La Compagnie les Mélangeurs entame une série de 20 représentations dans le Soissonais, dont 2 tous publics .

3 et 4 décembre Nogent l’Artaud : La piqûre de la tarentule par la compagnie Le Monde, le Monde. 20h30 Théâtre de la Mascara. Rens. 03 23 70 07 68

théâtre

La Quintessence d’Epsilon est un spectacle d’Arts Mélangés associant manipulation d’objets, arts du cirque, danse et musique. La Quintessence d’Epsilon est un regard sur le monde contemporain dans lequel l’homme a perdu la tête.

Magique, poétique et symbolique, la Quintessence d’Epsilon plait aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Son thème universel est abordé avec justesse.” Jardin de la Communauté de Communes du Val de l’Aisne - Sous le dôme de la Cie les Mélangeurs Samedi 27 novembre à 21h et le dimanche 28 novembre à 17hRens. 03 23 69 25 74 ou www.lesmelangeurs.com Le spectacle La Quintessence d’Epsilon

Loin de sa véritable connexion essentielle à sa survie, de son équitable rapport avec les éléments, il lui reste une solution : revenir aux sources de son existence, à la recherche d’une autre vie.

Plus d’infos : www.ville-chauny.fr / www.chateau-thierry.fr / www.ville-laon.fr / www.ville-gauchy.fr / www.tra


expo

l'été du Conseil général

jeune public

histoire 12 et 13 novembre Laon et Craonne : Colloque 1418 international organisé par le CRID avec pour thème “Les identités sociales et nationales en guerre” La guerre a-t-elle modifié les identités ? Où se trouvent les continuités, les changements profonds, les ruptures ? Comment ceci est-il exprimé ? Programme complet sur www.crid1418.org

A l’office de tourisme et l’espace Camille Claudel du mardi au samedi, de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h. Rens. 03 23 82 31 57 Jusqu’au 18 décembre Tergnier : 11 novembre 1940 : la jeunesse française honore les combats de 1914-1918. Exposition temporaire sur les manifestations de jeunes lycéens et étudiants le 11 novembre 1940. Musée de la Résistance et de la Déportation de Picardie. Rens. 03 23 57 93 77 Jusqu’au 15 janvier Bohain en Vermandois : Les Monstres par Tious à la Maison familiale d’Henri Matisse. Rens. 09 64 43 84 63

14h, 26 à 14h, 27 à 20h30. www.compagnie-lechappee.com 26 novembre Neufchâtel sur Aisne : Mauvais Bon Homme par la compagnie du Berger. A partir de 5 ans. 17h30 - salle des fêtes. Rens. 03 23 22 36 80

14 novembre Craonne : 8e journées du livre. Actualité du livre 14/18, fictions de guerre, conférence… Rens. 06 75 79 38 92 ou journeedulivredecraonne@laposte.net

30 nov., 1er et 2 décembre Saint-Quentin : Sam et la valise au sourire bleu par la compagnie l’Echappée. Les 30 à 10h et 14h, 1er décembre à 14h30 et 19h, 2 décembre à 14h et 20h à La manufacture. Rens. 03 23 62 36 77

littérature 18 novembre Tergnier : littérature de l’imaginaire par Simon Bréan, enseignant-chercheur au Centre d’étude et de recherche sur les littératures de l’imaginaire. Qu’est ce que la littérature de l’imaginaire ? Science fiction, fantasy, fantastique, horreur, cyber-punk... De 10h à 16h30 à la bibliothèque municipale. Rens. BDP 03 23 75 55 70

1er décembre Chauny : Tralalalalère, par la compagnie La Fleur Qui Rit. 10h30 - Salle Rabelais. Rens. 03 23 39 90 96

jeune public 20 novembre Berry au Bac : Tarzan in the Garden ou la grande question. Conférence loufoque de la Compagnie Che Panses Vertes. 20h - salle des fêtes. Rens. 03 23 22 36 80 Du 22 au 27 novembre Château-Thierry : Sam et la valise au sourire bleu de Mariane Oestreicher-Jourdain par la compagnie l’Echappée. Palais des rencontres, les 22 à 14h, 23 à 14h et 20h30, 25 à

danse

5 décembre Neufchâtel sur Aisne : Prémice(s) par la compagnie AK Entrepôt. A 10h30 et 16h30 - salle des fêtes. Rens. 03 23 22 36 80

13 novembre Hirson : Soma “L’autre”, par la compagnie Ecchymose. 20h30 Salle Eden. Rens. 03 23 58 38 88 ou www.transfrontalieres.eu

histoire 11 novembre Chemin des Dames : 2 visites à thèmes > Le fort de La Malmaison. Départ à 10h. Durée : 2h30 / > Parler des morts près d’un siècle après le conflit. Départ à 14h. Durée : 2h30. Départ en car de la Caverne du Dragon Réservation obligatoire au 03 23 25 14 18 ou www.caverne-du-dragon.fr

18 novembre Tergnier : Simon par Xavier Lot. Danse contemporaine. 20h30 – centre culturel. Rens. 03 23 40 24 40

© William Gaye

Jusqu’au 4 mars 2011 Fresnoy le Grand : Bijoux, joyaux et parures. Présentations de 90 travaux en patchwork et créations textiles. Rens. 03 23 09 02 74 ou www.la-maison-du-textile.com

2 décembre Gauchy : La mer en pointillés par la Cie Bouffou Théatre. Théâtre d’objets 19h - MCL. Rens. 03 23 40 20 02

31

cirque 9 novembre Gauchy : Saga par la compagnie La Torgnole. Cirque, magie et illusion. 19h - MCL. Rens. 03 23 40 20 02

© Pierre-Yves Guinais

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

20 novembre Pargny-Filain : soirée d’Isis à partir de 20h30 sous le chapiteau. Rens. 03 23 21 59 72 ou www.cieisis.org 30 novembre Gauchy : Slips Inside - Acrobatie, mime, burlesque 20h30 - MCL. Rens. 03 23 40 20 02

nature 21 novembre Essigny-le-Grand : marche et course nature du Beaujolais. Départ à 9h30 de la marche et 10h de la course nature. Rens. 03 23 63 34 55 ou http://10kmessigny.fr 28 novembre Bouconville-Vauclair : L’Argentel, randonnée de 8km. Rendezvous au parking de l’Abbaye à 8h45. Rens. 03 23 22 80 84 4 décembre Fonsommes : A la découverte des oiseaux le long de la rigole du Noirieu et de la Somme. Sortie animée et organisée par la LPO de l’Aisne et Picardie Nature. De 9h30 à 12h, rendez-vous devant la Mairie. Rens. 06 21 41 86 80 ou www.picardie-nature.org 11 décembre Saint-Quentin : l’Hôtel de ville en musique. Visite nocturne de 19h. à 20h30, rendez-vous devant l’Hôtel de ville. Rens. OT 03 23 06 93 14 ou www.tourisme-saintquentinois.fr

www .aisne.com

ansfrontalieres.eu / http://lemail-sceneculturelle.blogspot.com / www.ville-saintquentin.fr / www.ville-tergnier.fr


32

l'image

l'Aisne 181 magazine du Département - Novembre/Décembre 2010

Gagnez l’agenda 2011 Anciennes, écolos, sur l’eau, sous terre…

NOM PRÉNOM ADRESSE

RÉPONSE 1

RÉPONSE 2

Bulletin réponse

Des Axonais vous ouvrent les portes de leurs maisons.

1 2

Question 1 Sur la photo ci-contre, le pignon typique du Soissonnais est en - chapeau de gendarme - pas de moineau

Question 2 Sur la photo ci-contre, les murs, fréquents en Thiérache, sont en : - torchis - crépi

Pour gagner l’un des 1 000 agendas mis en jeu, retournez le coupon ci-dessous (tout bulletin incomplet ne sera pas pris en compte) avant le 26 novembre 2010 à : Conseil général de l’Aisne - Service communication / agenda 2011 - rue Paul-Doumer 02013 Laon Cedex Vous pouvez également jouer sur www.aisne.com - Jeu gratuit sans obligation d’achat. L’agenda ne peut être vendu. Les 1 000 agendas seront attribués par tirage au sort parmi les bonnes réponses, dans la limite d’un exemplaire par foyer. La liste des gagnants sera mise en ligne sur www.aisne.com à partir du 10 décembre 2010.


/aisne181-2