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l’Aisne

■ 8 actualité L’arbre de vie des handicapés de Coyolles ■ 10 développement durable L’éolien maîtrisé ■ 16 culture Les collégiens au théâtre pour voir le monde ■ 26 territoire de l'Aisne Chauny et Tergnier, culture et solidarité 177 Mars/Avril 2010/ le magazine du Département de l’Aisne

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La bibliothèque départementale cultive les fruits du savoir. © Barroux


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sommaire

l'Aisne 177 magazine du Département - Mars/Avril 2010

4/9 actualité > Le budget départemental se prépare > L’Aisne au salon > Economie : Le Bourget investit à Fresnoy-le-Grand > Sport : la vingtième foulée Liesse-Marle > Santé : l’arbre de vie des handicapés de Coyolles > Tourisme : la première rando gourmande

10/11 développement durable > L’éolien, une énergie propre et maîtrisée > Les collèges chassent le Gaspi

12 tribune 13/16 culture 17/21

dossier

Développer la lecture publique, animer le territoire, la bibliothèque départementale sème à tout vent.

> Joël Levêque, éditeur à Vauxrezis > Aller au théâtre voir le monde > Exposition autour de l’œuvre de Bernard Noël

17/21 dossier La Bibliothèque départementale est aujourd’hui un acteur incontournable de l’action culturelle dans l’Aisne.

22/23 ils font bouger l'aisne > Jacques-Victor André, sculpteur > Frédéric Bernard orchestre un festival à six cordes > Denise Artoux, la bonne fée des fêtes d’école

24 un temps d'avance > Numérisation des archives : du parchemin à l’écran

25 histoire > En 1539, la langue française s’impose à Villers-Cotterêts

26/29 territoire de l'Aisne > Chauny/Tergnier, paroles et musique

30/31 les rendez-vous Théâtre, expo, concert : le meilleur des deux prochains mois.

32 l’image

Le magazine du Conseil général de l’Aisne n° 177 de Mars/Avril 2010 / 245 000 exemplaires / Conseil général de l'Aisne - rue Paul Doumer 02013 Laon Cedex - Secrétariat Journal l'Aisne 03 23 24 86 99 - Fax : 03 23 24 62 84 / contact@cg02.fr Directeurs de la publication : Yves DAUDIGNY / Philippe MIGNOT - Responsable communication : Pascale CARTEGNIE - Rédacteur en chef : Bruno WALTER - Rédaction : Bruno WALTER/ François-Xavier DESSIRIER - Photos : François-Xavier DESSIRIER / Bruno WALTER - Illustration couverture : Barroux Réalisation graphique : Christian JOMARD/Service communication Conseil général de l’Aisne - Secrétariat : Annie BEAUVILLAIN - Imprimerie : Groupe MORAULT - Distribution : La POSTE/MÉDIAPOST Imprimé sur papier 100% recyclé


éditorial

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Aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, alors

que les Français utilisent toujours des tickets de rationnement pour les denrées indispensables, l’Aisne inaugure la toute première Bibliothèque départementale de prêt. Les premiers “bibliobus” sillonnent les routes et vont porter les livres dans les villages. Le pain est rationné et l’on offre quoi ? Des livres. Parce que l’homme a autant besoin de nourrir son esprit que son corps. “La culture n’est pas un luxe. C’est une nécessité” explique le prix Nobel de littérature Gao Xingjian. Lorsqu’il se sentait craquer, épuisé psychologiquement, Nelson Mandela, enfermé dans sa geôle de Prétoria, se récitait des poèmes. Récemment, une survivante du terrible tremblement de terre de Haïti, coincée plusieurs jours sous les décombres, est sortie en chantant. Membre d’une chorale, elle a trompé sa peur, sa faim et sa soif, grâce aux chansons. Oui, la culture est une nécessité, et la Bibliothèque départementale poursuit inlassablement et avec conviction sa mission en faveur de la lecture publique et, au-delà, de l’animation culturelle sur l’ensemble du territoire.

Avec l’éducation, la culture est en effet l’un des piliers fondamentaux des politiques du Conseil général. La loi nous a donné des compétences obligatoires : aides sociales, voiries, entretien des collèges. Si nous agissons au-delà de ces domaines, c’est parce que, à l’image des pionLa culture niers qui bravaient nos petites routes au volant d’une n’est pas camionnette bondée de livres, nous avons ce devoir un luxe. impérieux de permettre à tous, sans distinction soC’est une ciale, d’accéder à la culture. Une culture ouverte, sans élitisme, qui permet à chacun de se construire nécessité. comme citoyen. Gao Xingjian,

prix Nobel

Que l’on ne s’y trompe pas : les premières attaques, dans les pays non démocratiques, sont réservées à de littérature la culture. La censure frappe les œuvres ; les écrivains sont pourchassés, emprisonnés ; les esprits façonnés. En France, le danger est d’une autre nature. La tentation peut être grande, en temps de grave crise budgétaire, de couper les crédits culturels, parfois jugé superflus. Il nous faut résister. Sacrifier la culture aujourd’hui sur l’autel de la raison budgétaire, c’est oublier de nouveau qu’elle est une nécessité, comme l’air que l’on respire, le pain que l’on mange, l’eau que l’on boit.

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Yves DAUDIGNY Sénateur de l’Aisne Président du Conseil général


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actualité

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institution

Budget 2010 : quel niveau pour l’action publique ? Comme la plupart des départements de France, l’Aisne prépare son budget dans un contexte qui n’a jamais été aussi difficile. La crise a des conséquences importantes sur le niveau des dépenses sociales et les recettes stagnent ou baissent. Le budget sera mis au vote de départements, sans pour autant l’assemblée départementale le 22 que les recettes ne suivent. mars. Jamais un exercice budgétaire n’aura été aussi difficile que Car en face, les recettes stagnent, celui-ci. Contrairement à l’Etat, au mieux, ou sont en chute libre, le Conseil général doit présenter comme les droits de mutation un budget équilibré : il ne peut (- 10 ME). Les droits de mutation être question de déficit. Or, les sont directement liés au marché dépenses sociales explosent. Les immobilier, lui aussi en crise. Le dépenses nettes du département budget départemental est égaleconsacrées au RSA (ex-RMI) ment fragilisé par la récente réaugmentent de 15 ME. C’est une forme de la taxe professionnelle conséquence directe de la crise voulue par le gouvernement. financière et économique, des Face à cette situation, deux solulicenciements tions seulement. dans les enContrairement Réduire l’action putreprises. Les autres alloà l’Etat, le Conseil blique, en faisant cations, pour des coupes sévères général doit présenter dans les dépenses les personnes âgées dépennon obligatoires. un budget équilibré. dantes, pour Très concrèteles handicament, cela signipés, vont croître également. Ces fierait la fin des transports scodépenses sont obligatoires : elles laires gratuits, dont bénéficient ont été transférées par l’Etat aux écoliers, collégiens et lycéens ;

Retour en images

Le transport scolaire gratuit pour tous : une volonté.

la suppression des bourses d’enseignement supérieur ; des réductions importantes, voire la disparition, des aides aux 1 400 clubs sportifs amateurs - qui répercuteraient le manque à gagner sur les familles -, aux 159 associations culturelles soutenues par le département ; la fin du soutien aux petits commerçants et artisans qui investissent, au monde agricole etc.

C’est un choix difficile, parce que le pouvoir d’achat des Axonais est déjà érodé. Le débat est ainsi posé, et chaque conseiller général en est saisi. Mais ce débat - quel niveau d’action publique pour le département ? - est aussi le votre, car c’est un véritable choix de société qui est devant nous.

Rendez-vous pour le vote du L’alternative est une hausse des budget, dont nous reparlerons recettes, donc de la fiscalité. dans notre prochain numéro.

La toute nouvelle caserne de gendarmerie de Coucy-le-Château a été inaugurée fin janvier. Depuis 1993, le Conseil général de l’Aisne finance dans sa presque totalité ces équipements, indispensables au maintien de ce service public, dépendant de l’Etat, en zone rurale.


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territoire

actualité

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L’Aisne au salon Pour promouvoir l’Aisne et attirer des investisseurs, le Département participe aux grands salons internationaux. Une présence efficace.

L’agence Aisne Développement est une association à qui le Conseil général de l’Aisne a confié une action de développement économique. Son conseil d’administration est composé d’élus et de représentants des chambres consulaires et patronales. Le Laboratoire départemental d’analyses et de recherche de l’Aisne est un service du Conseil général, spécialisé dans l’analyse de terres et matières fertilisantes et dans le conseil agronomique dans le domaine de la fertilisation.

Pour Jean-Paul Laroze, directeur adjoint de l’agence Aisne développement, il y a principalement deux raisons de participer à un salon : “promouvoir la notoriété de l’Aisne et faire de la prospection.” Pour cela, Aisne développement a une stratégie : ne jamais participer seul à un salon. Lors du dernier Pollutec (1), l’Agence s’est associée au Laboratoire départemental. “Cela nous permet de partager les coûts du stand et de renforcer notre crédibilité. Lorsque nous disons aux investisseurs qu’il existe une vraie filière verte dans l’Aisne, le Labo est là pour le prouver” poursuit Jean-Paul Laroze. Ce que confirme Jean-Luc Julien, directeur du Labo. “Avec Aisne développement, nous avons réfléchi pour créer un événement sur le salon, à savoir une conférence. Sur ce type d’événement, vous devez être actif, vous ne pouvez pas vous contenter d’être derrière votre stand et d’attendre le client.”

Sur les salons, les touches sont nombreuses.

Le patron du Labo estime que chaque salon débouche toujours sur un ou deux contrats, parfois très importants. Participer à des salons coûte cher, et il faut les choisir judicieusement. “Nous les sélectionnons en fonction des savoir-faire présents dans le département. Nous serons au salon de la logistique, en mars, par exemple, ou au salon international de l’agro-alimentaire (SIAL) en octobre” précise Jean-Paul Laroze. Le Labo, lui, est présent dans les salons agro-alimentaires (betteraves, pommes de terre…) et rayonne aussi au niveau international en participant à des colloques

scientifiques. “C’est très important, souligne Jean-Luc Julien, car cela assoit notre notoriété et témoigne de la compétence du Labo.”

(1) Pollutec est un salon international destiné aux professionnels de l’environnement.

Désormais disponible en DVD, la belle aventure vécue par une soixantaine d’élèves des écoles de musique du département, qui ont travaillé avec l’orchestre des Siècles, sous la direction de François-Xavier Roth. Le DVD revient sur les répétitions, les premières rencontres entre jeunes et musiciens professionnels, et sur le concert donné à la cathédrale de Laon. Disponible auprès de l’ADAMA 03 23 24 60 09 et à l’Office de tourisme de Laon.


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actualité

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économie

Fresnoy le Grand

Collant à son image

Architecture moderne aux lignes souples, magasin d’usine et show room flambant neuf, à Fresnoy-le-Grand, Le Bourget se dote d’un nouveau siège social et modernise son centre d’expédition.

50% des clients viennent de l’extérieur du département.

“Notre vieille usine ne collait plus avec le produit. Nous voulions conserver notre site historique tout en présentant un lieu qui cadre avec notre image de marque.” Dans son tout nouveau bureau, Thierry Simon, directeur général de “Le Bourget France”, revient sur le récent passé des “bas Bourget” comme on le dit toujours ici, à Fresnoy-le-Grand qui doit en partie son appellation de “cité de la maille et de l’émail” à ce grand nom de l’industrie textile. Fondé en 1926 par Jean-Pierre Saltiel, Le Bourget restera une entreprise familiale jusqu’en 1995. La marque est définitivement acquise en 1999 par le groupe italien CSP, numéro trois du collant en Europe, qui confie sa restructuration à Thierry Simon en 2001. “De la philosophie d’un industriel du collant,

nous sommes passés à la straté- des produits continue en efgie de marque avec un savoir faire fet d’arriver à Fresnoy-le-Grand industriel au service de la marque, pour les finitions, le formage et le explique ce dernier. Les investis- conditionnement. “Sur 20 millions sements ont été concentrés sur la de pièces vendues, 25 % ont été travaillées sur notre création et la commusite, précise Thierry nication, l’identité viUne forme Simon. 130 personsuelle et le packaging. de tourisme nes travaillent ici, dont En cinq ans d’efforts 80 en production.” Le dans ce sens, notre industriel nouveau siège social image a rajeuni de dix représente quant à lui ans et notre clientèle 2,5 millions d’euros d’investisseavec. Je pense même que l’on ment. Très lumineux, mariant des peut dire que nous sommes pastons bois et acier, les nouveaux losés de la “mère” à la “fille.” caux abritent une grande salle de Sur le plan industriel, 600 000 E réunion, le fameux “show room”, ont été investis dans le déplace- pièce maîtresse pour l’image de ment et la modernisation des ate- la marque. Loin d’être en reste, liers de façon à mettre en place le magasin d’usine de 300 m2 se un pôle “finition et centre d’ex- présente comme une vraie boutipédition”. Si le tricotage se fait que, décorée dans ses hauteurs aujourd’hui en Italie, une partie d’une grande fresque photo noir et blanc déclinant l’histoire de la firme. Les excédents de stocks y Une esthétique soignée, en accord avec l’image de la marque. sont proposés à prix cassés, mais la superficie du lieu permet surtout d’accéder à l’ensemble de la gamme. “50% des clients du magasin viennent de l’extérieur du département, précise le directeur général. La société Le Creuset est dans la même démarche et nous travaillons ensemble, ainsi qu’avec la Maison du Textile, à mettre en place une forme de tourisme industriel.”


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sport Marle

Liesse

actualité

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vos rdv

Vingt bougies pour la foulée Liesse-Marle

21 mars Saint-Quentin : semi-marathon Fabien Camus. 1, 5 et 10 km et marche. Rens. 06 86 75 38 60 ou www.association-camus.com

Traditionnellement organisé le second dimanche de mars, ce semi marathon a lieu cette année le 30 mai, en raison des élections régionales. L’épreuve attire, chaque année, près de 500 coureurs.

17 avril Wassigny : les 4h VTT Andigny organisé par Thiérache VTT. Course d’endurance de 13h à 17h. Départ : forêt d’Andigny. Rens. 06 23 3412 51 ou http://thierachevtt02. ifrance.com

Les semi marathons ne sont pas nombreux dans le département : Saint-Quentin, Chauny, Pinon… et la foulée Liesse-Marle, qui fête cette année son vingtième anniverLa Foulée attire près de 500 coureurs chaque année. saire. La Foulée est toujours très populaire. “Nous faisons en sorte La Foulée attire d’ailleurs à la fois déguisé… qu’elle reste une manifestation des sportifs accomplis - des athLe départ sera, cette année, donné ouverte à tous”, précise Stéphanie lètes russes ou kenyans font réde Liesse avec une arrivée à MarAudinet, présidente de l’associa- gulièrement le déplacement, sans le, après 21,1 km sur les petites compter la fine tion organisaroutes départementales, à travers trice. Le semi Une manifestation fleur des clubs les plaines agricoles. Finalement, de l’Aisne - et marathon est pour cette vingtième édition, seule coureurs l’épreuve reine, vraiment ouverte à tous. des la date a changé, en raison des moins aguerris, bien entendu, élections. “Les participants ont mais ce jour-là, les moins entraî- séduits par l’ambiance particulièdeux mois de plus pour s’entraînés peuvent choisir le parcours re. La course est également ouverner !” conclut Stéphanie Audinet. de 5 km ou inscrire leurs enfants te aux handisports. L’épreuve n’est - gratuitement - sur l’une des deux pas inscrite au calendrier officontact : ciel, et on peut se “lâcher”, courir boucles qui leur sont dédiées. http://lafouleeliessemarle. over-blog.com

Mikaël Vinchon, champion de quad

25 avril Fère en Tardenois : 25e randonnée du Tardenois. 4 circuits cyclo et marche 10km. Départ de la salle des fêtes Paul Claudel à 7h Inscriptions auprès de Pierre Petit : 03 23 82 31 58 ou à cylcodutardenois@aol.com. 1er et 2mai Plomion : Championnat du monde de side-car cross. Championnat de France élite de quad. Rens. 06 19 85 87 80 www.motocrossplomion.com Tous les rendez-vous sport sur

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Laval

Mikaël Vinchon est devenu champion de France sur le fil, lors de la dernière épreuve.

Les 27 et 28 mars prochains, sur le circuit d’Antagnac, en Gironde, Mikaël Vinchon, 21 ans, va remettre en jeu sa couronne de champion de France d’endurance en quad. Un titre conquis de haute lutte : “j’ai décroché le titre à la dernière heure de la dernière manche” sourit Mikaël. Originaire de Laval-en-Laonnois, le jeune pilote est étudiant à Reims. Dans le monde du quad, il n’y a pas de professionnalisation et le quad, même pratiqué à haut niveau, reste d’abord une passion.

mières compétitions à Laon… et se prend au jeu. C’est toujours avec son père qu’il prépare sa machine aux exigences de l’endurance. “Le plus difficile, c’est de tenir physiquement pendant 2h30.” Et même parfois plus, lorsqu’il s’aligne sur des épreuves européennes, comme le mondial du quad de Pont-de-Vaux, considéré comme les “24 heures du Mans” du quad.

Cette année, son objectif est de faire bonne figure dans le championnat de France, qui s’annonMikaël a commencé le quad vers ce plus relevé que l’an dernier et, douze ans, avec son père, pour pourquoi pas, de conserver son le loisir. Puis, il goûte aux pre- titre.


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actualité

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solidarité

Coyolles

Un "arbre de vie" pour changer le regard

Le 20 mars, à Villers-Cotterêts, une sculpture monumentale créée par l’artiste Hubert Dufour se dressera au centre d’un rond-point. Sa particularité : elle est le fruit d’un long travail mené avec les personnes handicapées de l’APEI arts et techniques de Coyolles.

Logement intergénérationnel Une chambre contre une présence : l’Union départementale des associations familiales de l’Aisne (UDAF) propose depuis plusieurs mois une formule originale pour aider les jeunes de 18 à 25 ans à se loger. “D’un côté, nous avons des personnes âgées qui sont seules dans des appartements ou des maisons trop grandes ; de l’autre, il y a des jeunes qui ont du mal à se loger. L’idée, c’est de rapprocher les deux” explique Florine Gournay, chargée du dossier à l’UDAF. Trois formules sont possibles : le logement “solidaire”, où le jeune est hébergé gratuitement en échange de menus services et d’une présence auprès de la personne âgée ; le logement convivial, où le jeune participe aux charges, en échange d’une présence amicale ; l’occupation classique, enfin, où l’hébergé règle une indemnité d’occupation. “L’idée, c’est aussi de créer du lien entre les générations” poursuit Florine Gournay. Plusieurs seniors proposent déjà une ou plusieurs chambres, à Château-Thierry, Saint-Quentin et Travecy. Renseignements : 03 23 23 90 66 ou fgournay@udaf02.unaf.fr

Une stèle de bronze de 3,17 m de haut, un “arbre de vie”, bien visible, comme un symbole. Le symbole d’une différence qui ne veut plus se cacher derrière les murs. L’Association de parents d’enfants inadaptés (APEI), implantée à Coyolles qui s’est donné pour L’artiste Hubert Dufour a travaillé plus d’un an mission l’intégration et la particiavec les pensionnaires de Coyolles. pation sociale des handicapés est à l’origine du projet. “On ne voit me.” souvent que ce qui leur manque : Des mondes ils sont en permanence en ré- Le sculpteur Hubert Dufour, insqui se ressemblent apprentissage. Or, ils savent faire tallé à Laon, a travaillé de longs énormément de choses” souligne mois avec les pensionnaires de L’écrivain Jean-Louis Fournier, Frédéric Hyacinthe, directeur ad- Coyolles. “Je me régale avec eux. prix Fémina pour “Où on va joint. C’est notamment vrai dans On crée du rêve, on fait passer Papa ?”, dans lequel il raconles domaines artistiques où les une émotion… J’aime travailler te sa relation avec ses deux avec les handicapés” handicapés s’autorifils handicapés mentaux, est explique-t-il. Lors des sent tout, sans limite à parrain de l’opération “Arbre On crée ateliers artistiques, il leur imagination, leur de vie”. observe les réactions ressenti. A leur manièdu rêve. “Le monde des artistes et des des uns et des autres. re, ils jouissent d’une handicapés sont des mondes immense liberté. Hubert Dufour, “Certains ne font que contigus. Les artistes sont regarder, mais ils parLa sculpture, qui sera sculpteur ticipent à leur mades gens mystérieux, qui ont implantée le 20 mars dans la tête ce que les autres nière. Ils sont calmes, sur le giratoire “Volkswagen”, est n’ont pas ; ils inventent des ils regardent, mais avec une vraie née de cette volonté de rendre ces choses étranges. Les handiqualité de regard.” talents bien visibles et de faire se capés sont aussi des gens pas rencontrer des mondes qui, ordi- A Coyolles, les handicapés ont comme les autres qui invennairement, s’ignorent. Or, comme participé à l’ensemble de la réatent des choses étranges. Les disait Malraux, “l’art, c’est le plus lisation du gabarit de plâtre, qui a dessins d’enfants handicapés court chemin de l’homme à l’hom- permis de réaliser le moule de la sont proches de l’art abstrait ; sculpture, coulée en bronquand on écoute ce qu’ils ze aux ateliers du Doloir, disent vraiment, ça ressemà Chezy-sur-Marne. C’est ble parfois à de la poésie. La bien une œuvre collective frontière entre nos deux monqui se dressera à Villersdes n’est pas si marquée.” Cotterêts.

A travers l’art, les handicapés abolissent les différences.

En savoir plus sur les activités artistiques menées par l’APEI de Coyolles.

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tourisme Parfondeval

actualité

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Fourchettes et sac à dos

Le 8 mai prochain, le Comité départemental de la randonnée pédestre (CDRP) et le réseau Bienvenue à la ferme organisent leur première “randonnée gourmande”. Douze kilomètres à pied, en Thiérache, avec trois haltes plaisirs. Conjuguer le plaisir de la marche 10 heures, pour permettre des visià celui des papilles : pour la pre- tes dans de bonnes conditions.” mière fois, le CDRP et Bienvenue à la ferme se sont associés pour Car c’est toute l’originalité de cette proposer une “rando gourmande”. randonnée. “La première étape Elle aura lieu en Thiérache, autour sera à la ferme de la petite prée, de Parfondeval - commune dis- à Archon, chez des producteurs tinguée par l’association des plus de lait bio” précise Viviane Demortier, qui anime le réseau beaux villages de FranBienvenue à la ferme à la ce. “Nous proposons Lait bio Chambre d’agriculture. Viune marche familiale de douze kilomètres, pour le petit site… et apéritif gourmand. La marche reprendra jusaccessible à tous” déjeuner. qu’au Clos de la Fontaine souligne Jacky DuHugo, qui fabrique du ciquesne, président du CDRP. La participation est limitée dre. Là, sera pris le déjeuner. Enà 150 personnes, sur inscription. fin, après les derniers kilomètres, “Nous ferons trois groupes, avec le dessert sera pris à Parfondeval, des départs échelonnés de 8h30 à chez Françoise et Lucien Chrétien.

citoyennenté

Bonne conduite

Lancée par des gendarmes de l’Aisne, l’association départementale pour la sécurité routière (ADSR) invite les Axonais à devenir des relais auprès de leur entourage pour promouvoir de bonnes pratiques sur la route. En 2009, les gendarmes de l’Aisne ont dressé plus de 13 000 contraventions pour vitesse excessive.

La première rando gourmande partira de Parfondeval.

“La randonnée sera encadrée par les animateurs de notre comité et par des gens du terroir, qui donneront des explications sur ce qu’il y a voir” reprend Jacky Duquesne.

Au départ, trois gendarmes de l’escadron départemental de sécurité routière, dont leur capitaine, Sébastien Jouglar. Leur quotidien : les mauvais comportements sur la route, les drames. “Nous avons lancé l’association d’abord pour organiser les journées départementales de la sécurité routière, explique le capitaine. Et nous avons eu envie de l’ouvrir à toutes les personnes intéressées par le sujet qui ont envie de s’impliquer.” L’idée de l’association est originale. Plutôt que de répéter inlassablement les mêmes messages de prévention - on ne conduit pas quand on a bu ; on adapte sa vi-

contact : inscriptions jusqu’au 10 avril auprès de Viviane Demortier 03 23 22 50 94 ou du CDRP 03 23 79 09 35. Tarif : 16 E par personne 8 E de 3 à 11 ans. Gratuit pour les moins de 3 ans.

tesse etc. - l’objectif est de sensibiliser les “bons conducteurs”, de leur donner des arguments concrets, pour qu’ils en fassent part à leur entourage. Un site internet a été lancé, particulièrement bien documenté : www.adsr02.fr. C’est une mine d’informations sur l’activité des gendarmes de l’Aisne, qui donne également des conseils judicieux - par exemple, sur la conduite par temps de neige ou de verglas.

Les journées départementales de la sécurité routière

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Alcool, vitesse et drogue en cause En 2009, on a déploré 41 tués sur les routes de l’Aisne, hors agglomération. Dans la moitié des cas, l’alcool était en cause. La vitesse est responsable de 40% des accidents mortels, les stupéfiants de 15%. L’état des infrastructures routières ne cesse, pour sa part, de s’améliorer. En 2009, le Conseil général a consacré 4 ME à des opérations de sécurisation du réseau routier.


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développement durable

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Eoliennes : un développement maîtrisé Avec bientôt 170 machines installées, l’Aisne est le 11e département de France pour la production d’énergie éolienne. Propre et renouvelable, celle-ci est appelée à se développer encore… mais pas à n’importe quelles conditions.

le chiffre

1 000 000

L’énergie produite par les éoliennes en France, en 2008, a permis d’éviter le rejet dans l’atmosphère de gaz à effet de serre équivalant à celui d’un million de voitures.

Implantation des éoliennes dans l’Aisne, au 20 août 2009 (Source : DDE).

Les éoliennes ne peuvent pas s’implanter n’importe où. Volontaires pour en accueillir, les communes, ou les regroupements de communes demandent à l’Etat un classement en zone de développement éolien (ZDE). Ces zones répondent à trois critères principaux : le potentiel éolien, bien sûr ; la facilité de raccordement au réseau de transport électrique ; la protection du patrimoine, des paysages, des monuments et des sites, enfin. C’est ce dernier

Dans l’Aisne, dès 2004, une charte pour l’implantation des éoliennes était adoptée par l’Etat. Une charte complétée en 2005. Pour un développement vraiment respectueux de l’environnement, un point qui est le plus sensible et, schéma paysager éolien a même généralement, mis en avant par été adopté en juillet dernier. Il complète un dispositif législatif les opposants. déjà rigoureux. Ce classement en ZDE ne débouche pas obligatoirement sur la construction d’éoliennes. Dès lors qu’elles dépassent 12 mètres - une éolienne, actuellement, zoom culmine entre 120 et 150 mètres de haut - les machines sont soumises au dépôt d’un permis Eoliennes Ikéa à de construire, qui entraîne toute Hauteville une longue procédure. Une étude d’impact est obligatoire : elle perLe géant suédois du meumet de mesurer les incidences de ble ne se lance pas dans l’implantation d’éoliennes la construction d’éoliennes sur l’environnement. L’enen kit. En revanche, dans le quête publique, elle, ouvre cadre de son engagement une large concertation avec pour réduire son empreinte la population. carbone, l’entreprise a décidé d’acquérir plusieurs champs éoliens en France. Les éoliennes d’Hauteville, inaugurées en novembre, sont la propriété d’Ikéa. Le groupe s’est engagé à compenser intégralement sa consommation électrique par les énergies renouvelables, éolienne et solaire. D’une capacité de 12 mégawatts, le parc éolien d’Hauteville couvre l’équivalent de la consommation de six magasins.

En vert, les parcs construits - En rouge, les parcs autorisés. Le chiffre correspond au nombre d’éoliennes.


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agenda 21

développement durable

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Chasse au gaspi dans les collèges L’Aisne optimise la gestion thermique de ses 55 collèges Au sein de la Direction des bâtiment du Conseil général, le tout récent service de gestion patrimoniale et logistique (GPL) s’est vu confier l’optimisation des dépenses énergétiques sur l’ensemble des bâtiments à sa charge. “Le contrat pour le chauffage des collèges, attribué à deux gros opérateurs, Daklia et Cofely, porte sur le remplacement du matériel, sa maintenance et la fourniture d’énergie Les collèges sont équipés en chaudières moins énergivores. pour un total de 1,7 ME par an, précise Alain Caura, expert thermicien au GPL. Les 1,13 ME du sation des chaudières à conden- “Nous sommes face à des techseul poste “énergie”, gaz, et fioul sation, l’isolation des bâtiments est nologies de plus en plus comprincipalement, marquent déjà également un point prioritaire. La plexes, mais aussi de plus en “télégestion”, per- plus performantes, relève Alain une économie de 5% mettant aux opéra- Caura. Sur le très long terme, on par rapport aux préDévelopper teurs de piloter très peut très bien envisager qu’il y cédents contrats.” La difficulté résidant esdemain l’énergie finement et d’un seul ait un jour des établissements à point l’ensemble des “énergie positive”. Il existe déjà sentiellement dans la positive. établissements est la une discothèque où ce sont les grande disparité des prochaine étape. Elle danseurs qui génèrent toute établissements, des diagnostics thermiques menés de- sera opérationnelle dans tous les l’électricité nécessaire à son puis 2002 ont permis, notamment collèges dès la fin de l’année avec fonctionnement !” dans le cadre du plan “collège”, pour objectif, à terme, l’application de tirer l’ensemble du parc vers non seulement au chauffage mais le haut. L’heure est à la générali- à tout le réseau eau et électricité.

en bref Les éco-quartiers adoptés Porté par le Conseil général de l’Aisne, le projet “Ecoquart’Aisne Wallonie“ pour la promotion des éco quartiers a été adopté lors du dernier comité de pilotage du programme transfrontalier Interreg IV. Sur un coût total évalué à 646 663 E, ce projet visant à développer l’aménagement durable en zone urbaine ou rurale recevra une aide du Fond européen de développement régional (FEDER) de 252 285 E. Ce projet vise notamment à créer une cellule d’aide (à travers la mise en place d’appels à projets) au soutien des communes et structures intercommunales désirant créer un éco quartier dans l’Aisne et en Wallonie.

Le tri est appliqué dans tout le collège.

Guise

A l'école de l'éco-responsabilité “Ce n’est pas la révolution, précise d’emblée Pierre Cathlin, principal du collège Camille-Desmoulins à Guise, mais par des gestes simples nous essayons d’avoir un fonctionnement écoresponsable.” Depuis trois ans, l’établissement s’est engagé dans l’adoption de l’agenda 21 à travers les thèmes du respect de la nature, de l’eau et de l’énergie. Vigilance sur la consommation du papier, éclairage commandé par minuteurs ou détecteurs de présence, utilisation de produits non toxiques pour l’entretien et les

ateliers, tri et compostage des déchets verts en section horticulture, ce ne sont que quelques exemples des idées mises en pratique. “Il y a surtout un volet pédagogique passionnant, indique Alain Finet professeur de SEGPA et coordonnateur du projet. Les élèves travaillent sur des slogans et les déclinent dans toutes les langues, ils ont aussi été amenés à réaliser un visuel pour un logo. Avec un peu de bonne volonté, chaque matière peut aisément s’associer à cette démarche.”


12

tribune

l'Aisne 177 magazine du Département - Mars/Avril 2010

Obligation prévue par la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité. Les propos publiés ci-dessous le sont sous l’entière responsabilité de leurs auteurs.

Ce que l’Etat ne fait pas,

nous le ferons

Le vote d’un budget est toujours difficile et celui de 2010 le sera. Toutefois, la majorité départementale de gauche du Conseil Général assumera ses choix.

Ses choix, comme ceux des années précédentes, résulteront de la volonté de la majorité d’assurer un niveau d’action publique élevé pour la population car c’est là notre mission principale.

pour vous !

Contre vents et marées, la majorité choisira, par exemple, de maintenir la gratuité des transports scolaires ou encore le soutien financier aux communes. Ces choix témoignent de la nécessité de garantir l’exigence de service public qu’attendent les Axonais, et, pour cela, il est impératif de maintenir un niveau de recettes adapté. Toutefois, le maintien de ce niveau de ressources ne doit pas, et ne sera pas pénalisant pour les foyers les plus modestes de l’Aisne. C’est la crise et le désengagement de l’Etat qui, en n’honorant pas son devoir de solidarité nationale, plombe le budget de l’Aisne et de tous les départements.

Crier au loup ou dénoncer des réformes avant d’en connaître réellement les effets, voilà une Halte méthode que les élus socialistes ont l’habitude au loup de pratiquer. Il devient, en effet, quasi systématique d’entendre de leur part critiques et contre vérités sur des textes qui n’ont pas encore été débattus au Parlement et sans pour autant qu’ils ne proposent quoi que ce soit de constructif. Les réformes actuelles, notamment celle de la fiscalité locale, menées courageusement par le gouvernement afin de moderniser notre pays, n’échappent pas à cette règle. Pourtant, le Premier ministre a indiqué que cette réforme de la fiscalité, serait appliquée de manière “pragmatique”. Il se dit prêt, si nécessaire, à des aménagements en 2010 au vu des simulations complémentaires qui seront effectuées. Cette “clause de revoyure” devrait être mise en œuvre “dans une parfaite transparence.” Et “si la réforme des compétences des collectivités locales justifie une évolution du panier de ressources de chaque niveau de collectivité, alors nous examinerons la question sans tabou.”

Comment, alors que les dépenses sociales ne cessent d’augmenter, du fait de la casse industrielle en particulier, comment alors que le nombre de bénéficiaires du RSA ne cesse d’augmenter, et que dans le même temps les recettes du département stagnent voire diminuent pour certaines, comment maintenir un haut niveau de solidarité ?

Le Premier ministre a aussi réaffirmé que “les communes et les intercommunalités ne seront pas pénalisées par cette réforme”, parlant “d’opportunité pour introduire plus de justice entre les territoires grâce à une meilleure péréquation et à plus de clarté”.

La suppression de la Taxe Professionnelle, qui représentait dans l’Aisne plus de 75 millions d’euros, soit 40% de nos recettes fiscales directes, réduit d’autant la marge de manœuvre du Conseil général. Cette mesure, socialement injuste, additionnée à la réforme territoriale, a plusieurs objectifs : - elle étranglera les départements et les régions - elle transférera le déficit de l’Etat sur l’ensemble des collectivités locales allant même jusqu’à asphyxier et à sacrifier les secteurs les plus ruraux de nos départements.

Il s’agit bien là d’une preuve d’intelligence du Gouvernement qui s’engage à prendre du recul afin d’analyser les effets des mesures prises pour, le cas échéant, en corriger les erreurs.

Malgré cette mise à mort programmée des départements, la majorité de gauche du Conseil Général, refuse de ne pas être au rendez vous de la solidarité, de l’éducation et des projets ambitieux pour l’Aisne.

Pourtant, il ne s’agit, en aucun cas, de remettre en question toutes les décisions prises mais de prendre le temps de vérifier que le résultat est conforme aux effets escomptés.

Puisque l’Etat n’assume pas ses responsabilités, c’est le Conseil général qui prendra le taureau par les cornes ! C’est pourquoi, il votera un budget responsable et ambitieux, mais toujours équilibré, dans l’intérêt des Axonais.

Quoi de plus naturel, en effet, que de veiller à la bonne utilisation des deniers publics et quoi de plus bête que de s’entêter dans des politiques inefficaces.

La Majorité de Gauche : groupes socialiste, progressiste et communiste

Cette idée pleine de bon sens devrait inspirer de nombreuses collectivités locales pour réaliser une évaluation de leurs politiques publiques. L’Intergroupe du Conseil général de l’Aisne a déjà fait des propositions en ce sens, malheureusement non suivies d’effet jusqu’à présent.

L’intergroupe du Conseil général de l’Aisne

!


14 Edition

l'Aisne 177 magazine du Département - Mars/Avril 2010

Joël Lévèque à contresens

15 Spectacle vivant

A l'école des spectateurs.

16 Exposition

Le jardin d'encre de Bernard Noël.

culture 13

Guise : l’utopie s’ouvre au public.


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culture

publication Cocotte à papier Nouvelliste et poète, Coraline Dienne a déjà deux recueils à son actif : “Et si c’était par la fin que tout commençait“ sorti en 2002 et “Lire et Délire“ en 2004. Avec “Papier bavards“, publié par édilivre, c’est un hommage au verbe que propose la jeune auteur qui se plaît à jouer avec la langue et les mots comme un peintre jouerait des formes et des couleurs. Dans un style enlevé qui trahit une authentique accro des jeux littéraires, le recueil regroupe une série de courtes et improbables histoires où l’humour le dispute à l’absurde. Chaque nouvelle emprunte son titre à une expression où il est question de papier, poussant le jeu jusqu’à intituler “Le pape y est ?“ la réjouissante aventure mystique vécue par un curé de campagne. “Papier bavards“ de Coraline Dienne aux éditions édilivre (Paris). www.edilivre.com/doc/15958 Contact : coraline.dienne@orange.fr

Un site cistercien, Vauclair, de Jacques Philippot, 20 E. Secrétaire de l’Association des amis de Vauclair, l’auteur propose une découverte didactique de l’abbaye et offre au passage une vision très personnelle de sa rencontre avec le site. Dictionnaire des élus de l’Aisne par Alain Trogneux, éditions Encrage, 33 E. Voilà une somme : plus de 400 personnages politiques axonais sont présentés dans ce dictionnaire, des débuts du XXe siècle à nos jours. Un compagnon indispensable pour les amateurs de la vie publique locale.

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Vauxrezis

Joël Levêque, éditeur à contresens

De l’armée de l’air, il n’a guère gardé que la coupe bien nette. Pour le reste, Joël Levêque a bien changé de vie. Il accomplit le rêve de tout amoureux des mots : il édite les livres qui lui plaisent. Joël Levêque est d’abord un auteur. “Dès l’âge de 15 ans, je savais que ma vie ne serait pas accomplie si je n’écrivais pas un livre.” Il en a publié trois, qui se sont plutôt bien vendus (3 000 exemplaires, ce qui, pour un auteur inconnu, est une excellente performance). Mais à force de baguenauder dans les allées des salons du livre et de rencontrer d’autres écrivains comme lui, l’idée a germé de se lancer dans l’édition. “Trop de gens sont abusés par les éditeurs… Certains ont tellement mis de cœur dans leur livre qu’ils sont prêts à signer n’importe quoi pour être publié. Un auteur est seul avec ses pages, c’est une proie facile.” Joël Levêque constate aussi que, trop souvent, les gens qui écrivent “ne savent pas qu’il faut travailler, qu’un premier jet est rarement le bon. Le travail d’un éditeur, c’est d’accompagner, de faire réécrire, retravailler…” Lancée il y a deux ans dans un hameau de Vauxrezis, avec sa

livres, l’auteur est sollicité. “Mon idée, c’est que la publication d’un livre est une longue chaîne qui va de l’auteur jusqu’au lecteur, et que tout le monde gagne à se connaître.” Les auteurs bénéficient d’un contrat plutôt généreux (tirage de 2 000 exemplaires, 10% de droits compagne, la maison d’édition d’auteur, avec une ristourne de - baptisée symboliquement A 40% lorsqu’il vend lui-même ses contresens - reçoit un manuscrit livres) mais ils sont vivement incipar semaine. “Avec mon comité tés à se rendre eux-mêmes dans de lecture, nous en retenons un les salons, à organiser des séansur dix, environ. Nous publierons ces de signature dans les libraisix ouvrages en 2010.” Beaucoup ries… “Je n’édite de déchets, donc, car que sur des coups bien des hommes ou Je n’édite de cœur pour un texdes femmes prente et pour un auteur. nent la plume pour que sur des Je ne pourrais pas raconter leur histoire, coups de cœur, travailler avec quelsouvent douloureuse. qu’un dont le caMais à moins de pospour un texte et ractère ne serait pas séder un réel talent pour un auteur. compatible avec l’esd’écriture, ces récits prit de la maison.” ne présentent guère d’intérêt, au-delà du cercle fami- A contresens édite des romans, lial. “Ce n’est pas facile de trouver mais également des livres jeunesles mots pour refuser un texte. Il se. Depuis quelques semaines, ne faut pas blesser celui ou celle tous les ouvrages sont désormais qui en est l’auteur…” témoigne en vente dans les librairies. Un l’éditeur. travail qui ne permet plus à Joël Levêque d’écrire. “Mais ça revienLorsqu’un manuscrit retient son dra !” Et il saura où trouver un édiattention, Joël Levêque s’investit à teur ! fond, mais demande la réciprocité. “J’ai une manière de travailler difcontact : férente d’un éditeur traditionnel.” www.acontresenseditions.com Même pour la diffusion de ses

La Maison d’édition de Joël Levêque et sa compagne est installée dans leur maison de famille, dans un hameau de Vauxrezis.


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culture

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Deux pas vers le théâtre L’Aisne expérimente une “école du spectateur”.

Les CM2 de la classe de Nicolas Lauda avaient préparé quelques scènes de la pièce “Deux pas vers les étoiles”.

Guise

“Monsieur, monsieur ! Pourquoi vous avez choisi ce métier de metteur en scène ? Monsieur ! Comment faites vous pour donner envie à un comédien d’incarner un rôle ?” Dans la classe, les questions fusent autour de Jérôme Wacquiez, metteur en scène de la compagnie Les Lucioles. Il intervient ce jour là dans les écoles Roosevelt et Malraux à Tergnier dans le cadre du projet “Je vais au théâtre voir le monde” à l’initiative du Pôle Culture de l’Inspection académique. L’Aisne est le premier territoire à expérimenter cette “école du spectateur” dont l’objectif Rencontrer un metteur en scène, une expérience premier est de faciliter l’accès de qui a suscité l’enthousiasme des élèves. chaque enfant au spectacle vivant en lui proposant une approche largement plus approfondie que la avec les structures culturelles qui Mathieu, François et les autres. Inseule invitation à une représenta- accueillent cette année trois piè- vité pendant une semaine, l’auteur ces de l’auteur Québécois Jean- a pu rencontrer et échanger avec tion. Rock Godreault : “Deux pas vers les élèves impliqués et participer à 866 élèves des classes de cycle 3 les étoiles” et “Comment parler à un débat à la MCL de Gauchy le 3 des écoles et de 6e des collèges un enfant pendant que le monde février dernier. s’y sont engagés sur les secteurs pleure” par la Cie Les Lucioles de Gauchy, Laon, Chauny, Ter- ainsi que “la migration des oiseaux www .aisne.com gnier et Soissons en partenariat invisibles” par la Cie québécoise

Voyage au cœur de l’utopie

Au Familistère Godin, l’espace muséal du pavillon central prend vie.

Lever de rideau sur le pavillon central le 30 mars 2010.

“Avec l’ouverture des nouveaux espaces muséographiques, l’offre au public devient plus que conséquente et le visiteur peut dorénavant envisager de passer au moins une journée complète au Familistère.” Sur les pas d’Alexandre Vittel, directeur de régie au Familistère de Guise, force est de constater que la valeur ajoutée par les nouvelles installations qui s’ouvriront le 30 mars prochain doit autant à l’envergure des aménagements qu’à leur pertinence. C’est en puisant dans le lieu même les règles de sa transformation que le projet a été conduit. Ainsi, si la cour centrale par laquelle entre le visiteur a été laissée vierge de toute installation pour conserver son caractère particulièrement saisissant, c’est par des sons provenant des 72 bouches de ventilation qu’elle se met à parler sous la baguette du compositeur et scénographe Jean-

Christophe Desnoux. Mais la plus grande curiosité dans cette visite qui décortique en profondeur la “machine à habiter ensemble” est sans aucun doute la spectaculaire coupe grandeur nature opérée au centre de l’aile nord. L’édifice y est évidé dans toute sa hauteur, mis à nu des sous sols aux combles. Un ascenseur panoramique parcourt la coupe dans son ensemble, livrant des aperçus sur certaines scènes d’intérieurs des étages. Le palais social va jusqu’à ouvrir ses impressionnantes caves. Cette “centrale” de ventilation de la cour et des logements, découvrant ses fonctions sanitaires et sociales, est présentée dans son état et éclairage naturel.

contact :

Familistère de Guise 03 23 61 35 36


16

culture

à écouter

Starters - Le temps qui passe 3e album d’un groupe né à Laon en 2001 et stabilisé en quatuor depuis 2008, “Le temps qui passe“ porte tous les signes de la maturité ne serait-ce que par son titre. Toutes guitares dehors, le son se veut résolument pop rock au fil de ces dix titres aux accents 90’s revendiqués et assumés, le tout appuyé par une basse aux couleurs franchement post-punk, voire new wave. L’énergie qui suinte de cette galette donne surtout envie d’aller les découvrir sur scène. Contact : www.myspace.com/lesstarter

Flying Ducks - Chienne

de vie - Du rock goûteux et saignant, avec des grosses guitares qui dégrippent bien les oreilles, le 2e album de ce groupe de Vauxbuin donne tout de suite le ton. Moitié en anglais, moitié en français, la poésie suave des Flying Ducks verse plutôt dans le politiquement incorrect quand ce n’est pas la dérision ouvertement j’menfoutiste. “We love sex & drugs & H5’n’roll“, le message est lancé. Mention spéciale au titre “Frites Mayo“ (wohohohoho), un tube en puissance ! Contact : www.myspace.com/ fflyingducks02

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Le jardin d’encre de Bernard Noël Bernard Noël est l’un des plus grands poètes français vivant. Cet ancien ami d’Aragon habite Mauregny-en-Haye. Pour ses 80 ans, différents événements sont organisés, dont une exposition à la MAL de Laon.

Bernard Noël, aussi prolixe que discret.

Bernard Noël est l’un des rares poètes contemporains édités en livre de poche. Mais il n’est pas que poète. Romancier sulfureux - Le château de Cène, publié en 1969 a été longtemps censuré et lui a valu un procès pour outrage aux bonnes mœurs - c’est un auteur aussi prolixe (il a publié près de 80 ouvrages) que discret. Dans le monde des lettres, Bernard Noël est admiré, reconnu comme l’un des auteurs les plus importants de ces quarante dernières années. Pour autant, il reste très peu connu du grand public. Retiré à Mauregny-en-Haye, il écrit. Il semble presque gêné de tout ce bruit que l’on va faire autour de lui. Avec la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), la MAL

Mauregny en Haye

propose une exposition, résultat de la rencontre d’un fragment de texte de Bernard Noël et de l’imagination de l’artiste contemporain François Rouan. Le jardin d’encre entremêle vidéo, texte, photos… “Il faut se laisser porter par le texte de Bernard Noël, qui vous emmène dans une méditation profonde” explique François Rouan.

Il semble presque

gêné de tout ce bruit

autour de lui.

Le travail présenté à Laon n’est pas achevé. C’est tout son intérêt. Il invite à réfléchir à l’acte de création. L’écrivain et l’artiste vont poursuivre leur collaboration, qui voyagera ensuite - notamment à Buenos-Aires en Argentine - pour revenir à Laon à la fin de l’année, où elle fera l’objet d’une publication. Comme l’écrit Bernard Noël, “Vivre est un exercice qui chaque jour rature l’habitude.”

exposition à la MAL, jusqu’au 30 avril.

Sur la route du sud avec Dominique Brisson Le nouvel ouvrage de Dominique Brisson, écrivain installée à Epaux-Bézu, est réjouissant. Ecrit pour les adolescents, On dirait le sud raconte l’histoire de Zap, un collégien qui part sur les routes avec sa mère, dans une vieille Estafette. Sa mère vient d’être “virée” de son boulot de vendeuse chez un marchand de meubles. Lui, s’ennuie à l’école. Alors, autant vivre, non ? Et vivre, c’est tailler la route vers le sud : “on avait quitté notre vie et l’idée, en gros, maintenant, c’était de tout changer.” Sur la route, évidemment, le duo croi-

se des personnages : un écrivain italien, un couple d’agriculteurs… et il lui arrive toute sorte d’aventures. A l’arrivée, ce “road-movie” est l’occasion pour Dominique Brisson de raconter joliment les liens entre une mère et son fils le père est totalement absent du roman. On dirait le Sud, de Dominique Brisson, édition Syros. A partir de 11 ans.

que l’on va faire


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18 Les nouvelles missions de la bibliothèque départementale 19 Acheter des livres, un vrai métier

20 Embarquement immédiat avec Barroux

21 Ouvrir de nouveaux espaces aux savoirs

dossier 17

Culture pour tous


18

dossier

Soissons

La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté. François Mauriac

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La bibliothèque départementale cultive les fruits du savoir

La bibliothèque départementale (BDP) de l’Aisne est la plus ancienne de France. Sa mission : permettre à tous d’accéder à la lecture et, plus largement, à la culture. Sous son impulsion, les bibliothèques communales sont de plus en plus animées. “Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout.” Cette invite de Victor Hugo pourrait être reprise à son compte par la Bibliothèque départementale de l’Aisne. Elle vivifie, édifie, attendrit, apaise. Elle met des livres partout. Son réseau compte environ 150 points, dans l’ensemble du département. Tous n’ont pas la même importance, bien entendu. Cela va de la petite salle de village, avec quelques rayonnages, à des médiathèques remarquables, comme à VillersCotterêts. La BDP dispose de 300 000 documents, qu’elle prête aux bibliothèques des communes de moins de dix mille habitants. “Environ 80% de notre fonds se La bibliothèque départementale dispose de 300 000 documents.

trouve dans les bibliothèques communales, explique Laetitia Bontan, directrice. Le développement de la lecture publique reste la principale mission de la BDP, née en 1945. “Historiquement, nous avons été la première lancée en France” souligne la responsable. Cela fait donc 65 ans qu’inlassablement, des bus sillonnent les routes de l’Aisne, chargés de livres. Le bibliobus d’antan, qui s’arrêtait sur les places du village, n’existe plus. Il sert désormais à transporter les ouvrages dans les bibliothèques du réseau. Qu’importe, l’esprit est là : irriguer l’ensemble du territoire par les livres et, aujourd’hui, par le savoir au sens large. “Nos attributions ont considérablement évolué : les usagers des bibliothèque ont de nouvelles demandes, et nous devons y répondre. Nous devons être des “guichets du savoir”, où l’on trouve des livres, oui, mais aussi toutes sortes de ressources documentaires, des accès internet… et surtout des animations culturelles.” Sur ce dernier point,

La BDP met l’accent sur l’animation. Sa manifestation la plus importante est le Printemps des conteurs.

la BDP est en pointe. Le Prin- tervenants d’envergure nationale, temps des conteurs, une mani- voire internationale, sur un thème festation d’ampleur départemen- donné - cette année, il sera questale, en est la partie émergée. Au tion des nouveaux types d’usages quotidien, les responsables de la des bibliothèques. “La BDP nous BDP n’ont de cesse d’encoura- fédère, témoigne Carole Bacot, ger les bibliothécaires qui, dans responsable de la médiathèque leurs communes, proposent des de Tergnier. On se rencontre, grâce aux formations, animations : expositions, renFormer on échange. Et, professionnels ou contres avec des les professionnels bénévoles, nous auteurs... avons tous besoin Pour les aider, et leurs bénévoles. de nous remettre à la Bibliothèque jour en permanendépartementale a mis en place ce. Ces formations sont vraiment des sessions de formation en indispensables.” direction des responsables des bibliothèques communales et de Cultiver, vivifier, édifier, attendrir, leurs bénévoles. “Nous offrons apaiser : les missions actuelles des formations techniques, mais de la BDP ont, réellement, des aussi des sessions de culture gé- ascendances hugoliennes. nérale, sur l’opéra, le cinéma, la presse…” reprend Laetitia Bontan. Chaque année, une journée départementale est organisée pour l’ensemble des acteurs de la lecture publique, avec des in-


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La Bibliothèque départementale est un service du Conseil général de l’Aisne dirigé par Laetitia Bontan. Son siège est à Soissons, avec une antenne à Vervins. Elle emploie dix-neuf personnes.

De l’art de bien choisir ses livres Chaque année, la Bibliothèque départementale consacre 340 000 € à l’achat de livres, DVD et documents divers. Des livres qui seront ensuite diffusés dans l’ensemble du réseau. Comment sont choisis ces livres ?

Pour bien acheter, la BDP s’est organisée. “Nous travaillons en binôme, chacun étant responsable d’un secteur : économie, fiction étrangère, littérature française…” explique la directrice, Laetitia Bontan. Francine Jeanpierre, par exemple, s’occupe de la fiction étrangère. “Cela va du roman adulte aux livres pour enfants, et aux autres supports, même si la part des livres reste prépondérante” précise-t-elle. Comme ses collègues, Francine est une consommatrice des revues littéraires - le Monde des livres, Lire, Livres hebdo etc. - et des sites internet spécialisés. Comme ses collègues, elle fréquente le Salon du livre, à Paris, et le Salon du livre jeunesse, à Montreuil. “Nous sommes en alerte permanente pour connaître les nouveautés. Mais avec l’expérience, nous savons aussi à quels éditeurs, à

Le site internet de la BDP http://bdp.cg02.fr permet aux Axonais de réserver un ouvrage et de le faire porter à leur bibliothèque favorite. Page d’accueil du site de la BDP.

dossier 19

quelles collections, nous pouvons mandés, et nous devons remnous fier.” placer les livres régulièrement” Les achats permettent à la Biblio- poursuit Francine Jeanpierre. thèque départementale d’offrir les nouveautés incontournables, les romans dont on parle et que les lecteurs voudront emprunter. Mais pas seulement. “Nous devons aussi réapprovisionner le fond des classiques. Les grands romans classiques sont très de-

Autre mission : susciter la curiosité. Si l’achat du dernier Mary Higgins Clark est une évidence, Francine propose aussi de découvrir les littératures des cinq continents, “souvent moins connues”, dit-elle, mais qui méritent, justement, que l’on s’y arrête.

Le fonds de la BDP s’enrichit chaque année de nouvelles acquisitions.

Le livre au bout du clic

Où que vous habitiez dans l’Aisne, vous avez accès à l’ensemble du fonds documentaire de la Bibliothèque départementale depuis votre ordinateur. Vous voulez lire du Haruki Murakami ? D’un simple clic de souris, vous saurez de quels titres de l’auteur japonais la BDP dispose, et où les livres se trouvent. Vous habitez, forcément, non loin de l’une des 150 bibliothèques du réseau. Vous pouvez, en remplissant un formulaire en ligne, demander qu’un exemplaire de Kafka sur le rivage, par exemple, soit livré dans votre bibliothèque favorite.

Ce service est accessible, aussi, aux bibliothécaires, qui peuvent savoir en temps réel où se trouvent les exemplaires, et les faire rapatrier dans leurs rayonnages. “Nous avons mis en place un système de navettes mensuelles, qui desservent tous nos partenaires” précise Laetitia Bontan, directrice de la BDP. “Pour nous, les navettes sont précieuses : c’est une formule très réactive, qui permet à nos lecteurs de ne pas trop attendre”, témoigne Christelle Tourrier, bibliothécaire à Corbeny.


20

dossier

animations Action culturelle Depuis plusieurs années, la Bibliothèque départementale s’affirme comme un acteur important de l’action culturelle dans l’Aisne. Action phare, le Printemps des conteurs fête cette année sa dixième édition et s’est élargi aux autres arts de la scène. Une vingtaine de spectacles sont programmés cette année (du 5 mars au 2 avril). “C’est notre mission, insiste Laetitia Bontan. Les bibliothèques sont désormais des lieux de vie, d’action culturelle. Nous nous devons, par tous les moyens, de permettre à chacun d’alimenter sa culture générale.” La BDP travaille avec de nombreux partenaires comme l’ADAMA (l’Association pour le développement des activités musicales de l’Aisne) ou l’espace muséographique de la Caverne du Dragon - à l’occasion de Lire en fête et, bien entendu, avec l’ensemble de son réseau de bibliothèques adhérentes. Chaque année, elle propose deux expositions, appuyées par des animations. Cette année, deux thèmes ont été retenus : le poète Robert Desnos et les abeilles. Plus d’infos

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Partager ce que je fais, ça fait partie de mon métier. Barroux, illustrateur

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Embarquement immédiat avec Barroux Pour la première fois, la BDP a invité un artiste en résidence. L’illustrateur Barroux va sillonner les villes de Tergnier, Chauny et Sinceny, de mars à juin. Au programme : rencontres avec les scolaires et la population, autour d’un thème principal, le carnet de voyages. C’est un drôle de voyageur qu’accueille la BDP, dès ce début mars.. Barroux est connu à la fois des enfants, grâce à ses illustrations de livres pour la jeunesse, et des adultes amateurs de carnets de voyages. StéphaneYves Barroux a également travaillé pour la presse et notamment pour les prestigieux New York Times ou Washington Post. Un touche à tout, qui, après ses études à l’école Estienne, débute dans la publicité, à Paris. “Mais très vite, je suis venu à l’illustration de liL’illustrateur Barroux.

Barroux sera présent dans l’Aisne de mars à juin.

vres pour les enfants. Ceci dit, de mon passage dans la publicité, j’ai conservé ma capacité à développer de nombreuses idées” explique-t-il. Parfois, il écrit lui-même ses livres, d’autres fois, il donne l’idée à un auteur et il travaille uniquement l’illustration. Artiste dans l’âme, Barroux ne sort jamais sans carnet de croquis dans ses poches. “J’ai toujours dessiné, partout où j’allais, même pas très loin” poursuit-il. Parti vivre au Canada, aux Etats-Unis, au Brésil, il en est revenu avec de nombreux “petits moments figés”. Plusieurs de ces carnets ont été édités. D’autres non. Qu’importe. Barroux attend beaucoup de sa rencontre avec les habitants de l’Aisne. “Lorsque j’étais enfant, mes parents m’emmenaient au cinéma pour voir les films de Connaissance du monde. Ça me faisait rêver, ces explorateurs qui partaient autour du globe… J’espère que, à mon tour, avec mes carnets, je fais rêver d’autres enfants.” A son tour, il est attendu.

Les enfants de CM1 de l’école des Boulloche, de Fargniers, veulent créer un carnet de voyages à partir d’une correspondance suivie avec une classe du Bénin ; les 5e du collège Joliot-Curie de Tergnier ont prévu un carnet sur une sortie à Coucy-le-Château… Pour l’atelier tout public, une visite guidée de Tergnier est prévue. Barroux découvrira la ville, le 5 juin, et les participants pourront prendre des notes, des croquis, des photos… avec les conseils de l’artiste. Autres temps forts, des conférences, des expositions sur trois albums de Barroux, des ateliers d’illustration… Un programme qui ne l’effraie pas. “Une partie de mon temps, je le passe, solitaire, dans mon atelier. Mais j’aime vraiment partager ce que je fais, ça fait partie de mon métier” conclut-il.

Programme complet

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dossier 21 Tergnier

Corbeny

De nouveaux espaces pour de nouvelles missions

A Corbeny, 700 habitants, ou à Tergnier, la BDP apporte son soutien aux projets de construction de nouvelles bibliothèques, plus grandes, mieux adaptées aux demandes du public. A Corbeny, la bibliothèque est velle bibliothèque va ouvrir ses située dans la mairie. Pour l’ins- portes. “Nous allons passer de tant. A droite, le secrétariat de 43 m2 à 270 m2. C’est vrai que ça mairie, à gauche, derrière la baie va tout changer, et heureusement vitrée, une petite salle, des rayon- que la BDP nous aide depuis le nages et quelques tables. Chris- début. Ce qui n’est pas facile, telle Tourrier est à la baguette : c’est d’imaginer comment nous secrétaire de mairie et bibliothé- fonctionnerons dans un espace caire. Une double casquette qui six fois plus grand. La BDP est ne l’empêche nullement d’animer à nos côtés jusque pour le choix son petit espace dédié aux livres du mobilier. Et bien sûr, elle nous et à la culture. “Chaque semai- fournira des ouvrages pour remne, nous offrons une animation. plir tous nos rayons, ce que nous Nous recevons des auteurs, des ne pourrions faire seuls.” illustrateurs… Je pense que nous devons être un lieu de vie dans la Un soutien apprécié également commune et ici, les mercredis et à Tergnier, où la ville inaugure, les samedis, la cafetière fonction- le 24 avril prochain, une toute ne !” Dans ce bourg rural, la bi- nouvelle médiathèque. “Nous bliothèque cible les jeunes, bien avons 87 m² actuellement, nous sûr - avec même une animation en aurons plus de mille ; nous spécifique appelée “bébés lec- sommes deux, nous allons pasteurs”, pour les tout petits - mais ser à six… C’est un grand saut aussi les personnes âgées. “Je en avant” souligne Carole Bame rends régulièrement à la mai- cot, la bibliothécaire. La nouvelle médiathèque sera son de retraite. C’est l’occasion La bibliothèque située pour partie dans l’ancien buffet pour les pendoit être un lieu de la gare, rénové, sionnaires de qui a été prolongé se changer les de vie dans la d’une aile moderidées, autour commune. ne. “C’est essentiel d’un livre” tépour nous, car nous moigne Christelle. Plus largement, la bibliothè- étions vraiment à l’étroit. Les exque s’adresse à tous, et certains positions étaient accueillies au lecteurs, accrochés à l’école pri- Centre culturel, et, lorsque nous maire, continuent à pousser les accueillons des classes, il faut reportes régulièrement, une fois pousser les murs…”

A Corbeny, Christelle Tourrier anime la bibliothèque municipale avec passion.

Carole Bacot s’apprête à déménager dans la nouvelle médiathèque construite à Tergnier.

véritable stratégie d’animation culturelle. A Tergnier, la nouvelle médiathèque va accueillir l’artothèque de l’Aisne - on pourra y emprunter des œuvres d’art - et adultes. Que ce soit à Tergnier ou à Cor- la ville compte bien nouer une La commune a décidé d’aller beny, la BDP a soutenu des dynamique avec les autres pôles plus loin. D’ici 2012, une nou- projets qui reposent sur une culturels du secteur de la gare

(cinéma, centre social…). Dans la cité cheminote comme à Corbeny, les bibliothèques sont le reflet des missions qui leurs incombent.


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Frédéric Bernard orchestre un festival à six cordes

Laon

Il est né en 1970, l’année de la mort de Jimi Hendrix, guitariste rock mythique. Mais Frédéric Bernard n’est pas binaire. Au rock qui cogne, il préfère les sensuels accords de la guitare classique. “J’ai commencé la guitare à 11 ans et j’ai vite su que je voulais transformer ma passion en métier.” Dans les années 90, Frédéric part en Amérique du Sud. Il y rencontre le Brésilien Giacomo Bartoloni, avec lequel il fonde un duo. Ils viennent de sortir leur quatrième disque, et se retrouvent encore parfois pour des concerts. Il a également intégré deux autres ensembles professionnels avec lesquels il se produit régulièrement.

te. “Jamais moins de quatre heures par jour sur son instrument. Sinon, la technique se perd…” Exigeante mais passionnante. A tel point que Frédéric Bernard, prof au conservatoire de Laon, a lancé il y a trois ans un festival absolument remarquable, pratiquement unique en Europe, “Guitares en Picardie”. La crème des musiciens classiques - l’an dernier, l’extra-terrestre argentin Roberto Aussel, applaudi par près de 250 personnes à Laon - rencontre les jeunes guitaristes axonais, réunis au sein de l’Ensemble départemental de guitares, fondé par Frédéric. “L’idée est de permettre aux élèves de jouer avec des instrumentistes professionnels confirmés” expliLa guitare classique est exigean- que-t-il. Tous les concerts sont

Frédéric Bernard est à l’origine d’un festival unique en Europe.

gratuits - grâce, notamment, au soutien financier du Conseil général : “c’est une volonté. La guitare classique est perçue comme une musique d’initiés, ce n’est pas la peine, en plus, d’ajouter une barrière financière.” Résultat : les salles de concerts sont pleines. Les musiciens se sont passé le mot. Désormais, ce sont eux qui sollicitent Frédéric pour venir jouer dans l’Aisne. Cette année, le

festival prend encore plus d’ampleur, avec dix-neuf concerts, dans tout le département, y compris dans certains bourgs ruraux. “La culture doit aller partout” professe le guitariste. Début du festival le 2 mai.

programme complet www.guitaresenpicardie.fr

Denise Artoux, la bonne fée des écoliers Fontenoy Denise Artoux range soigneusement tous ses costumes dans un grenier.

Dans un trimestre - déjà ! - l’encre aura séché ; ce sera le temps des vacances. En maternelle comme en primaire, pas de fin d’année sans fête d’école. Et pas de fête d’école sans costumes.

Et ça, c’est le domaine de Denise Artoux, institutrice puis conseillère pédagogique, elle décide, une fois retraitée, “d’approfondir des domaines que j’ai toujours aimés : la comédie, la danse…” Elle se souvient alors de ces fêtes d’écoles où, faute de temps souvent, les costumes sont les parents pauvres. Vite rejointe par sept autres bénévoles, anciennes couturières ou non, elle lance un atelier costume, qui rayonne rapidement dans tous le canton et au-delà. “Les écoles de Villers-Cotterêts font appel à nous régulièrement, mais avec le bouche à oreille, nous avons déjà eu des demandes d’une classe d’Hirson” témoigne-t-elle. L’atelier crée tout : chapeaux, costumes… et les loue pour un prix symbolique aux écoles qui en font la demande. “A partir du mois de mai, nous

sommes débordées” poursuit Denise. L’association organise également un spectacle, toujours avec des écoliers. Et là, Denise tient la plume : “j’adore écrire des histoires !” Au-delà de la fête, la retraitée de l’Education nationale insiste sur l’aspect pédagogique de la préparation de cet événement. “Un gamin qui avait du mal à s’exprimer en début d’année n’a pas hésité à prendre un premier rôle, et en juin, ce n’était plus le même, il avait pris confiance en lui.”

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03 23 74 25 41

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Après avoir consacré une grande partie de sa carrière à la réalisation d’œuvres monumentales à travers tout le nord de la France, le sculpteur Jacques-Victor André révèle au public une face plus personnelle de son travail.

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Art en creux

Caillouël-Crépigny

“J’ai voulu un temps être architecte, mon travail devait en tout cas trouver à s’inscrire dans l’espace public.” Des réalisations publiques, Jacques-Victor André en a une petite centaine à son actif, comme le Moulin de la Housse, sur le campus universitaire de Reims ou la fontaine aérienne baptisée “l’envolée” à Romilly-sur-Seine. Natif de Chauny, résidant aujourd’hui à CaillouelCrépigny, l’Aisne fut l’un de ses premiers territoires d’investigation. En 1971, alors tout jeune diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Métiers d’Art et des Arts Appliqués de Paris, il décrochait le “1% artistique” du collège Victor Hugo de sa ville natale. “Dès ce premier travail, j’ai voulu que les usagers du lieu, en l’occurrence les collégiens, se retrouvent dans l’œuvre et puissent se l’approprier, se rappelle de Serres à Paris, l’école qui l’a l’artiste, j’ai donc fait des statues formé, et poursuit une producd’enfants. L’un est en patin à roution plus personnelle dans son lettes, un autre a des écouteurs atelier axonais. La récente expovissés sur les oreilles. A l’entrée sition que lui consacrait l’Espace du collège, les élèves se retrouSaint-Jacques à Saint-Quentin vent autour d’eux et s’assoient sur levait le voile sur ce travail d’une les socles.” Il y aura par la suite grande cohérence dans ses diffébien d’autres édifices et lieux purentes expressions. Bien que de blics sur lesquels il sera amené à dimensions réduites, les sculptravailler, parfois tures de Jacpour des réaliques-Victor Ansations de très J’ai toujours dré n’en aspirent grande envergusculpté ce qui était pas moins à une re, comme en téévidente monumoigne la giganphysiquement mentalité. Comtesque “Arche” proche de moi. plètement autoqu’il conçoit à Bénomes en tant thune en 1989. que pièces, ces L’an 2000 le verra même en fiportes, grottes et autres nymnale du concours international phées peuvent être envisagées de Lyon pour la réalisation de comme autant de maquettes l’œuvre commémorant le milléd’œuvres sans échelle établie, naire sur la pointe du confluent dès lors potentiellement giganRhône-Saône. tesques. “J’ai toujours sculpté ce Parallèlement, il enseigne la qui était physiquement proche sculpture à l’ENSAAMA Olivier de moi, partant du corps pour

L’Espace Saint-Jacques à Saint-Quentin proposait une rétrospective de 40 années du travail de Jacques-Victor André.

en arriver à la nature qui m’entoure, précise l’artiste.” De fait, la texture de ses œuvres tient pour beaucoup de l’eau et du végétal, aspect magnifié par sa technique inédite qui consiste à sculpter en creux, ou plus exactement à travailler en plein pour tirer en plâtre ou en bronze une œuvre finale qui est comme un négatif de la première étape.

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03 23 52 30 23 www.jacquesvictorandre.net


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l'Aisne, un temps d'avance

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Laon

Archives : du parchemin à l’écran Les Archives départementales ont achevé un travail de bénédictin : la numérisation d’une partie de leur fonds, dont l’état civil et les registres paroissiaux, très prisés des généalogistes. Prochaine étape : l’ouverture d’un site internet, où les documents seront consultables.

le chiffre

21 km

Aux archives départementales, on ne compte pas en nombre de documents. Il y en a trop. L’unité de mesure est… le kilomètre. Actuellement, l’ensemble du fonds représente environ 21 kilomètres. La distance, par exemple, de Laon à La Fère !

L’acte de naissance de Jean-Baptiste Godin a été numérisé, comme l’ensemble des documents d’état civil d’avant 1905 conservés aux archives départementales.

Les Archives départementales passent à l’ère numérique. Dans quelques mois - il reste un gros travail de vérification avant son lancement - un site internet permettra aux particuliers d’accéder à une partie des millions de documents conservés à Laon. Une partie seulement. “Nous avons un tel nombre de documents qu’il n’est pas possible de tous les numériser” explique Aude Roelly, conservatrice des Archives. Il a fallu choisir. “Nous avons donné la priorité aux documents dont la

L’état civil est né à Villers-Cotterêts Les ordonnances de Villers-Cotterêts - lire page suivante - sont principalement connues pour avoir rendu le français obligatoire dans les actes administratifs. Elles sont également à l’origine de la tenue des premiers registres de baptêmes, même si certaines paroisses les avaient déjà institués auparavant. Signées par François 1er, les ordonnances indiquent : “aussi sera tenu registre pour preuve des baptêmes, lesquels contiendront le temps et l’heure de la naissance, et dont l’extrait servira à prouver le temps de la majorité ou de la minorité et fera pleine foi à cette fin”. L’état civil prendra le relais après la Révolution, Les Archives départementales conservent une partie de ces registres qui ont échappé aux guerres, incendies, destructions… On peut ainsi consulter les actes de naissances de nombreuses personnalités nées dans le département... et ceux de ses aïeux.

manipulation est difficile en raison précise Aude Roelly. La numéride leur grande taille. Ce sont les sation des documents n’est ainsi plans, les cadastres… Nous avons pas une “sauvegarde” informatiprotégé les documents les plus que des trésors documentaires, fragiles. Mais nous avons surtout mais bien un service proposé à la répondu à la demande du public.” population. Un service qui entre Et le public, aux dans les attriArchives départe- La numérisation butions des Armentales, ce sont chives départeest particulièrement mentales. “Nous principalement les généalogistes. attendue des avons cinq mis“Quotidiennesions : contrôler ment, nous avons généalogistes. les producteurs des demandes de d’archives publipersonnes qui souhaitent accé- ques - mairies, communautés de der aux registres paroissiaux ou communes, etc - ; collecter les à l’état civil, sous format numé- archives ; les conserver dans de rique.” En France, une cinquan- bonnes conditions ; les classer ; taine de départements ont déjà un mais, aussi, communiquer.” site internet dont la fréquentation La numérisation permet ainsi de oscille entre 20 et 30 000 visites faciliter l’accès à une partie de nopar mois. C’est dire l’attente à latre patrimoine écrit. quelle va répondre le site, qui sera donc mis en ligne cette année.

La numérisation est longue et coûteuse : 80 000 E l’an dernier, pour les documents d’état civil et les cadastres. A dire vrai, l’état civil et les registres paroissiaux avaient déjà été microfilmés, il y a plusieurs années. Pour des raisons de coût, les Archives ont choisi de numériser ces microfilms. “Le microfilm, c’est l’ancêtre de la numérisation, mais c’est une technique bien plus fiable pour la conservation”


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histoire

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Villers-Cotterêts, août 1539 : une langue pour tous Le roi François 1er impose, dans ces célèbres ordonnances prises en son château de Villers-Cotterêts, l’usage de la langue française dans les actes administratifs et judiciaires. Son objectif : unifier le pays autour d’une seule langue, celle du roi. Le français, imposé à des fins politiques, Villers-Cotterêts est depuis lors une langue qui se sent en danger . “Nous voulons d’oresnavant enjeu politique majeur, explique que tous arrests, ensemble tou- Franck Richard, professeur de tes autres procédures (…) soient lettres en poste à l’IUFM de Laon. prononcés, enregistrés et délivrés Elle est une affirmation de la moaux parties en langage mater- narchie absolue. Un Roi, une nel françois et non autrement”. langue. C’est d’abord un outil L’article 111 des ordonnances de d’unification du pays. Plus tard, Villers-Cotterêts est limpide. Fran- lors de la Révolution française, çois 1er veut que, dans l’ensem- elle sera un instrument au serble de son royaume, les clercs vice de la démocratie, avec l’idée écrivent une langue unique, le qu’il faut instruire le peuple avec français. Au XVIe siècle, le latin une langue unique.” est encore quasi systématique, De la monarchie à la république, dans les actes administratifs et la langue est donc, avant tout, juridiques, et un instrument les provinces d’unification Il y a le sentiment usaient largedans un pays ment de leurs qu’il existe un beau qui, on l’a langues locaoublié, s’est les. Le roi, ha- langage, celui des livres. construit sur bile, précise Franck Richard, des aires linque l’usage professeur de lettres guistiques difobligatoire de férentes. La la langue franlangue a une çaise est avant tout une question fonction politique considérable, d’intelligibilité : “Que les arretz qu’elle conserve aujourd’hui ensoient clers et entendibles.” Le core. “Le français ayant dû se peuple doit comprendre ce qu’on battre pour s’imposer, il y a cetlui dit. te idée, qui traverse les siècles, “En réalité, notre langue est un que c’est une langue en danger

Le château de Villers-Cotterêts.

permanent” poursuit Franck Richard. D’où les débats contemporains sur la défense de la langue française. Mais de quelle langue parle-t-on ? Celle de François 1er François 1er a imposé la lanest aujourd’hui illisible sinon pour gue française pour tous. les spécialistes. L’orthographe ? Elle n’est fixée que depuis le XIXe de langue, la langue orale, prend siècle. le pas sur l’écrit, à travers les médias notamment. A la radio, Car une langue n’est pas figée. à la télévision, de plus en plus Elle s’enrichit de mots nouveaux, de monsieur et madame tout le d’autres tombent en désuétude. monde sont interrogés ; l’irruption Emile Littré, dans la préface de de la téléréalité enfonce le clou. son fameux dictionnaire de la lanLes journalistes eux-mêmes ont gue française, écrivait, à la fin du réduit volontairement l’étendue XIXe siècle : “il est impossible, on de leur vocabulaire. Les linguisdoit en convenir, qu’une langue tes ont théorisé sur l’apparition parvenue à un point quelconque de cette nouvelle norme orale. y demeure et s’y fixe. En effet Ce qui n’empêche nullement l’état social change ; des instituune langue littéraire, exigeante, tions s’en vont, d’autres viennent ; de poursuivre sa route. L’une ne les sciences font des découvertes ; se construit pas contre l’autre. les peuples, se mêlant, mêlent leurs idiomes : de là l’inévitable Sujet d’inquiétude, le “parler jeucréation d’une foule de termes.” ne”, lui, est un langage “tribal”, Des mots courants sont ainsi une norme parallèle, dont il faut, d’apparition relativement récen- dit Franck Richard, “accepter la te, car ils désignent des objets ou coexistence avec les autres formes que sont la langue écrite et des concepts nouveaux. orale.” S’il y a danger, il est non Mais on vit en France avec l’idée, pas dans l’apparition de ces difbien ancrée, d’une “pureté” de la férentes normes, mais dans la langue. “Il y a le sentiment natu- maîtrise approximative de la lanrel qu’il existe un “beau” langa- gue de référence - l’écrit. La lange, reprend Franck Richard, qu’il gue commune voulue par Franfaut protéger contre la langue çois 1er unifie, ce qui signifie, a d’en-bas.” Cette langue “pure”, contrario, qu’elle exclut ceux qui ce français mythique, est celui ne la maîtrisent pas. que l’on écrit dans les livres. Pour bien faire, il conviendrait donc que l’on parlât comme on écrit. Mais c’est là une gageure. “Cette idée est véhiculée par l’école, qui ne favorise pas l’évolution” constate le professeur. Il existe pourtant une rupture, dans les années 1980. La secon-


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territoire de l'Aisne

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Chauny Tergnier

Ici, c’est le pays des Mains d’or de Bernard Lavilliers. Une solide culture populaire, déjà chantée par Rabelais, une camaraderie qui se transforme en solidarité dès qu’il le faut. La richesse ici, ce sont d’abord les femmes et les hommes.

Chauny/Tergnier, paroles “A Chauny on ne voit pas Brigitte Bardot Et y a moins de Rolls que de Deux Chevaux Les beatnicks, les provos, les hippies Ce n’est pas le genre des gars de Chauny.” Longtemps, on a pu entendre dans le juke-box d’un bistrot du centre-ville chaunois la rengaine “Oh Chauny, que tu es jolie !”,

éphémère succès d’un certain Gonthier, sorti en 1968. Hymne gentillet à la simplicité des gens d’ici, à la tranquillité du pays. Les beatnicks, les hippies, ont pris la direction de Tergnier et des mythiques caves à musique, où, dans les années 80, on distille un rock brut de corde. La chanson de Gonthier l’évo-

que en creux : on a parfois opposé Chauny, ses belles avenues bordées d’arbres, son charme discret, à Tergnier la cheminote, l’ouvrière, la bruyante. En fait, les deux villes font partie d’une même entité urbaine, soudée par l’Oise et par un destin commun de villes industrieuses. “On est un peu comme le Saint-Etienne


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et musique de Bernard Lavilliers, l’usine et la musique”, explique François Guernier, plus connu sous son nom d’artiste, Tichot. “J’adore ce coin, même si je n’y habite plus aujourd’hui. Il y a une ambiance, une convivialité. La richesse d’ici, ce sont les gens. Une simple rencontre dans un bistrot peut donner du sens à ta journée.”

territoire de l'Aisne

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“Ah Chauny, que tu es jolie !” chantait Gonthier en 1968.

Pour autant, on ne passe pas ici sa vie à regarder dans le rétroviseur. Il n’y a qu’à se promener dans les rues proprettes et bien fleuries pour s’en convaincre. La libraire Aline Marelli, installée au cœur de Chauny depuis dix ans, est enthousiaste. “C’est vraiment une jolie petite ville, agréable et dynamique.” Originaire du

Soissonnais, elle avait pourtant une autre image, avant de venir. “Pour moi, c’était ciel gris et briques rouges. Ca ne correspond pas du tout à la réalité.” La libraire apprécie surtout la simplicité des habitants. Rabelais, dans Gargantua, s’enthousiasmait déjà pour l’esprit des Chaunois, “Grands jaseurs, beaux bailleurs

de balivernes en matière de singes verts.” La cité en a conservé des singes sur son blason. Tergnier, de son côté, tourne petit à petit la page cheminote. Sa zone d’activités, tournée vers l’environnement, esquisse ce que pourrait être son avenir. Mais toujours, dans les bistrots d’ici, on continuera à chanter et à jaser.


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Rockeurs en cave

Tergnier

Comme un graffiti indélébile, l’aura électrique de la cité Ternoise perdure et se transmet. “Sur les photos de groupes, Virgins, Little Bob, les Bérus ou on était tous en perfecto et cree- les Road Runners, côté rock pers, devant un mur de briques français et encore bien d’autres. ou sur les rails !” Le musicien et Vers 1984, tout se concentre chanteur Tichot a connu à Ter- autour de la MJC et c’est de là gnier les années 80, quand nom- que partiront les fameuses Cabres de groupes proliféraient : ves à musique sous l’impulsion Rockin’Sixteen, Les Maqueux des membres du groupe Rocd’Saurets, Les Roadies, Chèque kin’Sixteen. Un cours de guitare barré, les Yelling cats ou encore d’abord, des sous-sols pour réPrésident Z et son étonnante scie péter, puis de plus en plus d’atemusicale. “Certains de ces mecs liers et d’équipement jusqu’à deétaient dans le circuit depuis un venir aujourd’hui une véritable moment, se souvient l’artiste du école des musiques modernes cru. Le premier groupe, ça devait fréquentée par les musiciens de être les “Candles” vers 69, il y tous horizons. Quelques années avait aussi “Up Session” et “Pu- plus tard, s’ouvrira sur Chauny rin” un peu après, vers 75. C’était Espace musique proposant égaleun petit noyau de passionnés. ment des ateliers pédagogiques, Ils ont créé une dynamique qui une salle de répétition et un stua laissé sa mardio d’enregistrement. que. Chez nous Le principe du “La philosophie des les petits jeunes, groupe persiste. caves, c’est avant je me souviens tout la rencontre, ind’un vrai sentidique Nadine Bécret, directrice ment d’urgence. On apprenait administrative de la structure. à jouer en faisant le groupe et Nous montons d’ailleurs chaque il fallait faire de la scène, vite !” année un spectacle dans lequel Qui à l’époque n’a pas été voir un tous les musiciens intervienconcert à Tergnier ou à la salle des fêtes de Quessy où sévissait nent.” Les ateliers sont ouverts à l’association Lucifer ? Tout l’un- tous et travaillent en partenariat derground venait s’y produire : Dr avec des nombreuses structures Feelgood coté anglais, Blessed sociales. D’un point de vue péda-

Ce qu'il faut voir

Pour répéter ou apprendre, il y a toujours des musiciens au fond des caves à musique.

gogique, le principe du groupe persiste. Dans l’une des salles, Alexandre, Jordan, Guillaume et Rony se retrouvent chaque semaine autour de Dadack, l’un des fondateurs des caves qui grattait déjà dans bon nombre des formations citées plus haut. 16 ans de moyenne d’âge, deux guitares, un batteur et un bassiste, c’est exactement comme un groupe en répète, sauf qu’ils viennent pour apprendre. “Sur des compos ou des reprises, le but est d’arriver à choper les accords, travailler les enchaînements et la structure des morceaux, explique Jordan derrière son instrument d’un look typiquement heavy metal.” Dans

la salle voisine, William reconnaît sept ans de violon au conservatoire avant d’être tombé accro, lui aussi de la guitare électrique. “J’ai aussi joué longtemps dans un orchestre, avoue-t-il. En ce moment je suis sur un projet de groupe.” La relève est là.

contact :

03 23 57 40 24 www.cavesamusique.fr Espace musique 03 23 39 93 96

Source bibliographique : Dictionnaire de mémoire collectives, CACIT 1997

L’architecture art-déco, principalement à Chauny et, dans une moindre mesure, à Tergnier. L’hôtel de ville de Chauny en est une belle illustration, de même que le marché couvert. A Tergnier, la façade de l’hôtel de ville témoigne de la reconstruction après 14/18.

Photos du club photo de Tergnier

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Solidarité pour les Nexans Chauny

Chauny a déjà vécu, par le passé, des restructurations industrielles. Mais l’an dernier, il s’est incontestablement passé quelque chose autour de l’usine Nexans après l’annonce de sa fermeture et le licenciement de 220 salariés. Un mouvement de solidarité qui a traversé toute la ville.

“Nexans fait partie du patrimoine chaunois. Tout le monde a de la famille qui y a travaillé, du temps où l’usine s’appelait Thomson. La fermeture ne pouvait pas se passer sans que l’on ne dise rien.” Carole Dahler a le visage énergique de ceux qui ne se rendent pas. “Ici, les hommes sont debouts et ne se couchent que pour mourir”, a dit un jour Léo Ferré. Carole est mariée à Sébastien. Il fait partie des 220 salariés licenciés par Nexans. Un plan social comme les autres ? “Non. Ce site fonctionnait, il avait de l’avenir. Nexans gagne de l’argent et, en plus, a reçu le soutien financier de l’Etat.” Carole, qui est bibliothécaire, enrage. “Le soir, mon mari rentrait et me racontait ses journées… Un jour, je n’ai plus tenu, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.” La jeune femme entre dans l’usine. “S’il y avait eu une table, je serais montée dessus, mais il n’y en avait pas”. Elle s’adresse aux ouvriers, leur dit que, dehors, beaucoup de gens voudraient les aider. Le comité de soutien est né. “Au départ, nous n’étions que des femmes de salariés. Puis, nous nous sommes élargis.”

théâtre vient jouer gratuitement dans une salle prêtée par le centre chorégraphique. Les lycéens de Gay-Lussac écrivent leur solidarité sur les vitres de l’établissement. Les conseils municipaux de Chauny et des villes alentours adoptent des motions. “Passé un moment de sidération, où personne ne voulait croire à la réalité de la fermeture, les habitants se sont révoltés”, explique Fabienne Marchionni, la mère de Sébastien, elle aussi membre du comité.

s’est senti solidaire de son voisin. Aujourd’hui, le comité de soutien va se transformer en association, pour maintenir les liens. Après les sirènes de l’usine, les sirènes médiatiques se tairont, et c’est là, dans ce grand sommeil, que les Nexans auront, plus que jamais, besoin de ne pas se sentir seuls.

Dans ce moment de crise, chacun Carole Dahler, présidente du comité de soutien aux salariés de Nexans, et Fabienne Marchionni, qui en fait également partie.

Car dehors, toute la ville est en ébullition. Les commerçants, sous l’impulsion de leur Union, baissent le rideau. Les joueurs de rugby organisent un match. Une troupe de

Les canaux, la vallée de l’Oise constituent un but agréable de promenade. Les deux villes sont reliées par l’Oise. Découverte de la faune et de la flore, ballet des péniches et des plaisanciers à la belle saison : l’eau, c’est la vie !

Le musée départemental de la Résistance et la Déportation, à Fargniers, propose de nombreux documents d’époque, des armes, des affiches, des cartes ainsi que des véhicules - avions, traction avant - authentiques. Une visite émouvante et instructive. www.resistance-deportation-picardie.com


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les rendez-vous

musique 19 mars Fère en Tardenois : bœuf musical à 20h au centre culturel. Rens. 03 23 82 07 84 28 mars Chauny : concert, orgue et clarinette. Bach, Mozart et Vivaldi par les amis des orgues de Chauny à16h, Eglise Notre Dame. Rens. 03 23 52 09 55 24 avril Château-Thierry : “Sortie de fabrique !” par 21x29set et invités à 20h30 au Palais des rencontres. Rens : http://www.myspace.com/ 21x29set 25 avril Soissons : concert de printemps du cercle musical à 16h au centre culturel. Rens. 06 78 94 57 04 ou catherine.douchy@wanadoo.fr

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7e festival de jazz

26 avril Hirson : Les contes métissés de Péïo, ambassadeur du folk afro groove, dans le cadre des lundis découvertes à 20h30 salle de l’Eden. Rens. 03 23 58 38 88 29 avril Tergnier : Orchestre de Picardie. Honegger, Mozart et un hommage à Marcel Landowski à 20h30 au centre culturel. Rens. 03 23 40 24 40 30 avril Hirson : Orchestre de Picardie à 20h30, salle de l’Eden. Rens. 03 23 58 38 88 2 mai Flavy le Martel : apéritif concert avec David Swann à 11h, salle des fêtes. Rens. 03 23 63 36 51 ou o.beaurir@c32s.fr

Comédie de Picardie à 20h30, salle polyvalente. Rens. 03 23 58 38 88

23 mars à 20h : Ciné Concert - Le Petit Fugitif 25 mars à 19h15 : Tony Allen 1ère partie : La Banda del Ocho / Paradox 26 mars à 19h30 : Le jazz & la diva opus II 1ère partie : Gadjé Tavaritch / Nicolas Pfeiffer Trio 27 mars à 19h30 : Michel Delpech 1ère partie : Chupa Chuva / Brazuk 28 mars à 11h : Apéritif concert - Melon Jazz Band 28 mars à 15h : Caude Bolling Big Band 1ère partie : Arythmythique / Big Band du Conservatoire de Laon

20 avril Landouzy la Ville : “C’est pas nous” : la farce de Dario Fo par la Comédie de Picardie à 20h30, salle polyvalente. Rens. 03 23 58 38 88 21 avril Saint-Michel : “C’est pas nous” : la farce de Dario Fo par la Comédie de Picardie à 20h30, salle polyvalente. Rens. 03 23 58 38 88

Salle Michel Carpentier Rens. 03 23 58 38 88 ou www.transfrontalieres.eu rubrique le festival de jazz

24 avril Hirson : “C’est pas nous” : la farce de Dario Fo par la Comédie de Picardie à 20h30, salle de l’Eden Rens. 03 23 58 38 88

Claude Bolling a joué avec les plus grands noms du jazz et dirigera son Big Band le 28 mars.

2 mai Fère en Tardenois : concert par les accordéonistes du Tardenois à 15h30, salle Sainte-Macre. Rens. 03 23 69 26 85

25 avril Nogent l’Artaud : Vocalisssimo, ensemble de musique vocale à 15h30 au Théâtre de la Mascara. Rens. 03 23 70 07 68 ou mascara@la-mascara.fr

théâtre

Du 23 au 28 mars / Hirson

12 mai Montescourt : concert du brass band de l’Aisne à 20h30 au stade. Rens. 03 23 63 36 51 ou o.beaurir@c32s.fr

festival 23 et 24 avril Saint-Gobain : All Rights, festival organisé par l’association Gaïa. Vendredi 23 à 20h : projection d’un documentaire suivi d’un débat et chant des enfants des écoles de Saint-Gobain. Samedi 24 à 20h : concert de Caro, D.Rago et La Goutte à la salle l’Ermitage (cinéma). Rens. 06 63 70 84 83 ou http://www.vers-solidaires.org Du 29 avril au 7 mai Coucy le Château : 17e festival des jeunes musiciens des collèges et lycées de l’Aisne Rens. 03 26 80 49 54 Du 2 mai au 27 juin 4e festival guitares en Picardie Rens. www.guitaresenpicardie.fr

théâtre Du 15 mars au 24 avril Soissons : Tout le monde au lit !!! par la compagnie Acaly. Vendredi et samedi à 21h au café théâtre Saint Médard. Rens. 03 23 53 54 42 ou www.theatresaintmedard.com

7 mai Clastres : spectacle de l’humoriste Eric Deston à 20h30 au pôle communautaire. Rens. 03 23 63 36 51 ou o.beaurir@c32s.fr 8 et 9 mai Laon : 11e rencontres jeune théâtre de l’Aisne à la MAL. Rens. 03 23 23 71 67 ou www.axothea.fr

9 avril Château-Thierry : Courteline opérette à 21h au théâtre Jean Cocteau. Rens. 03 23 69 43 00 11avril Vervins : one Man Show Paulo “A travers champs” à 17h30, salle polyvalente. Rens. OT 03 23 98 11 98 Du 12 au 16 mai Soissons : Festival V.O en Soissonnais Rens. 03 23 55 84 65 http://voensoissonnais.blogspot. com/

Paulo à Vervins 19 avril Ohis : “C’est pas nous” : la farce de Dario Fo, la dérision de Beckett, l’absurdité de Jarry par la

Du 14 au 29 mai Soissons : best of Molière par la compagnie Acaly. Vendredi et samedi à 21h au café théâtre Saint Médard. Rens. 03 23 53 54 42 ou www.theatresaintmedard.com

Plus d’infos : www.ville-chauny.fr / www.chateau-thierry.fr / www.ville-laon.fr / www.ville-gauchy.fr /


l'Aisne 177 magazine du Département - Mars/Avril 2010

théâtre 31 mars Chauny : les contes de La Fleur Qui Rit avec Anne-Sophie Péron et Marcel à l’accordéon à 14h au Forum. Rens. 03 23 39 90 96

expo familiale d’Henri Matisse. Rens. 03 23 60 90 54 ou maisonmatisse@bohainenvermandois.fr

Du 30 mars au 7 mai Château-Thierry : exposition sur la fabrique d’instruments de musique P.G.M (anciennement Couesnon) par Elise Hardy, photographe. Office de Tourisme, du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h. Rens. 03 23 83 51 14 ou animation.ot@ccrct.com Du 31 mars au 30 mai Alaincourt : broderies autour des fleurs au musée de la maison de Marie Jeanne. Rens. 03 23 63 62 07 ou www. la-maison-de-marie-jeanne.fr Du 2 au 30 avril Chauny : œuvres originales d’un carnet de voyage par Barroux, auteur illustrateur à la bibliothèque. Rens. 03 23 38 32 90 ou mediatheque@ville-chauny.fr 3, 4, 5, 10, 11, 17,18 avril Château-Thierry : photographies de l’association Photo club arcen-ciel le week-end de 14h à 18h, Porte Saint Pierre. Rens. 03 23 83 51 14 Du 16 avril au 15 novembre Oulches la Vallée Foulon : exposition temporaire “Les fantômes du Chemin des Dames”, exposition photographique de Gérard Rondeau à la Caverne du Dragon. Rens. 03 23 25 14 18 ou www.caverne-du-dragon.fr Du 19 avril au 15 juillet Bohain en Vermandois : “Capteurs de lumière”, redécouverte du vitrail et de l’œuvre en verre par Laurence Weber à la Maison

jeune public 1er avril Soissons : Deux pas vers les étoiles de Jean-Rock Gaudreault par la compagnie des lucioles à 20h30, centre culturel Le Mail. Rens. 03 23 76 77 70 ou www.ville-soissons.fr 1er avril Saint-Quentin : Léon, Li, Louis à 19h30 à La Manufacture. Rens. 03 23 62 36 77

expo 27 et 28 mars La Capelle : exposition-vente d’orchidées au profit de l’association Univers Inverse de 10h à 18h, Hippodrome de La Capelle. Rens. http://www.rotary-fhv.org/

les rendez-vous

20 mars et 17 avril Pargny Filain : soirée cabaret d’Isis. Spectacle à 20h30, ouverture de la billetterie et de la restauration à partir de 19h, sous le chapiteau de la compagnie. Rens. 03 23 21 59 72 ou www.cieisis.org

sortie 24 et 25 avril Coucy le Château : Les seigneuriales, grande foire médiévale avec de nombreuses animations. Samedi à 21h : concert médiéval avec le groupe Naheulband Samedi de 14h à 21h et dimanche de 10h à 19h au parc Lhermitte. Rens. 03 23 52 69 40 ou www.seigneuriales.coucy.com 25 avril Bouconville : fête départementale de la randonnée sur le Chemin des Dames. Rens : Comité de Randonnée au 03 23 79 09 35 ou cdrpaisne@aol.com

Du 31 avril au 10 mai Sinceny : œuvres originales d’un carnet de voyages par Barroux, auteur illustrateur à la bibliothèque. Rens. 03 23 39 82 15

cirque

31

20 avril Chauny : Comment parler de dieu à un enfant pendant que le monde pleure de Jean-Rock Gaudreault. A partir de 10 ans A 19h au Forum. Rens. 03 23 52 23 52

16 avril / Craonne - Chemin des Dames

Sans casque et sans arme 5h15 - Marche commentée du matin Rendez-vous mairie de Craonne. Départ : 5h30. Durée : 3h30, haltes commentées comprises. Accès libre toute la journée - La Caverne du Dragon, Musée du Chemin des Dames, exposition photographique de Gérard Rondeau. Les fantômes du Chemin des Dames. 18h30 précises - Eglise de Craonne. Spectacle de Dominique Grange et Tardi Une voix, des images et des mots sur 14-18 “Les lendemains qui saignent”. Chant : Dominique Grange. Projection de dessins et lecture de textes : Jacques Tardi. Accès gratuit dans la limite des places disponibles. Ni entrée ni sortie après le début du spectacle. 20h45 - Marche du soir Départ mairie de Craonne. Arrivée au cimetière militaire français de Craonnelle. Durée : 1 heure.

1er mai Guise : 1er mai du Familistère. Rens. 03 23 61 35 36 ou www.familistere.com 8 et 9 mai Marle : Journées mérovingiennes au musée des Temps Barbares Samedi et dimanche de 14h à 19h. Rens. 03 23 24 01 33 ou www.museedestempsbarbares.fr

conférence 16 mars Villers-Cotterêts : Jeux de mots, de langage et de littérature avec Michel Abecassis De 19h à 21h à la médiathèque. Rens. 03 23 76 48 20 ou http://bdp.cg02.fr 20 mars Saint-Quentin : visite nocturne des hauteurs de la Basilique de 19h à 20h30. Rendez-vous devant la basilique. Rés. OT Saint-Quentinois Rens. 03 23 67 05 00 ou www.tourisme-saintquentinois.fr 27 mars Saint-Quentin : visite guidée par Monsieur Dominique Morion. De 15h à 16h30 à la Société académique 9 rue Villebois Mareuil. Rens. OT 03 23 67 05 00 ou www.tourisme-saintquentinois.fr

22h - Illumination du cimetière de Craonnelle et chants corses Toute la journée, buvette et restauration légère à Craonne. Rens. www.chemindesdames.fr

www .aisne.com

/ www.transfrontalieres.eu / www.ville-soissons.fr / www.ville-saintquentin.fr / www.ville-tergnier.fr


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l'Aisne 177 magazine du DĂŠpartement - Mars/Avril 2010

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