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Le Zercafeusism 20%

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vec son corps frêle et délicat, son air d’insecte et ses cornes effilées, le Zercafeusism paraît dérisoire voire négligeable. Sous ses yeux béants, noirs et brillants, de longs cils allongés accentuent pourtant une démarche gracile. En fait, le charme de la bestiole n’a d’égal que la grandeur de son sourire aux dents filandreuses. Sot, inconséquent, le Zercafeusism s’agite dans d’incessants mouvements... les lumières des consciences l’excitent, le captivent.

sans relâche. Peu à peu le retraçage cachera le modèle d’origine. On en remettra, on saturera, on recommencera. Le processus se développera à l’excès, la moindre marque deviendra trace, saleté puis tache.

En tout lieu, en tout temps se nourrit-il de nos emportements, ne serait-ce que pour survivre aux obscurs déserts de sa sécheresse intellectuelle. Par le jus de son éloquence et la chaleur de sa verve, cette vermine habite la personne jusqu’à susciter les plus bizarres obsessions. Par les suggestions du Zercafeusism, l’attention diverge, le geste ne suit plus la volonté. L’acte de l’individu, dépourvu de son inspiration initiale, sera bientôt répété

« Tes sensibilités. mes exigences, te condamnent à l’insatisfaction. Par ma voix, frappe-toi la tête. Défonce-toi, oublie-les tous! Emporte-toi au gré des courants. Trouve dans la ligne la substance primordiale, l’atome de ton essence, la vérité suprême! Toujours dans le noir par mes bras visqueux je t’étreindrai. Implore le culte du tropplein! »

A

Cette mite de l’âme rabaisse à un hideux esclavage. Celui chez qui le Zercafeusism loge se voit avili par les affres d’un perfectionnisme stérile. Hanté, il tente de retrouver l’assurance et le geste sûr de ses débuts sans y arriver, jamais.

DÆMONDALA – Les Effigies de la folie 48

Daemondala - Les effigies de la folie (demo)  
Daemondala - Les effigies de la folie (demo)  
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