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UNE FAC DE LETTRES ET DE SCIENCES HUMAINES


SOMMAIRE, A

Ennoncé du projet

B

Contexte

C

Problématique

D

Amorce du projet

E

La lettre «pictogramme»

F

Une lecture à plusieurs niveaux

G

Parti pris rédactionnel

H

Parti pris formel

I

Technique envisagée


A: Il faut un début à tout Un point de départ : barbouiller les murs de la fac. Moi, j’ai eu envie de les apprivoiser.

Ci-contre: Une citation de Colette, sur les murs du bâtiment I.


B: La toile de fond La faculté c’est comme une forêt de Petit Poucet, un univers intimidant, perturbant, truffé de pièges, où l’on s’égare, panique et se perd. Il est évident que c’est aussi un lieu d’apprentissage, de savoir, de culture... mais l’on ne peut s’y limiter. Les cours rassurants, organisés, où règne une hièrarchie réconfortante, ce n’est qu’une infime partie de la faculté. En dehors de la salle de cours, il y a le reste, tout le reste. Et il y a plein de choses que l’on voudrait faire une fois le cours fini; faire pipi par exemple, ou encore manger un bout, voire s’assoir et bouquiner ? Bref, une fois la classe terminée, on cherche désespérement à souffler un peu. A retrouver des répères dans ce lieu immense et hostile. S’y faire une petite place.

Ci-contre: «Voilà, on est dehors»


C: Question appelle réponse : «Réponse ?» De quelle manière vais-je pouvoir créer de la connivence entre les murs et les élèves, leur permettre de trouver leurs marques, de tisser des liens avec ce lieu où ils passent leurs journées ?

Ci-contre: Clin d’oeil à «Un tramway nommé désir»; sur le mur juste en face du tramway.


D: Ébauche du projet À partir de ce constat, la solution m’apparait assez évidente, elle consiste à mettre au point un système faussement signalétique, plus ludique que pratique, à l’intention des élèves.Un système parallèle qui aurait pour objectif de créér de petites bulles d’espaces personnels presque privés,dans cet immense ensemble public qu’est la fac - Un système moins conventionnel que celui institutionnel déjà à l’oeuvre à l’intérieur des murs. Et j’ai pensé à «un jeu de mots pour une fac de lettres», mais pas seulement...

Ci-contre: «Par ici ? Par là !»,Maison des arts.


TYPOGRAPHIE// ANTHROPOMORPHE


E:

La lettre «pictogramme»

Des mots, plus précisement des lettres, créer une typographie à l’image des étudiants, le voilà mon système signalétique. Des lettres pour une fac de lettres. Et pas n’importe lesquelles : une typographie illustrée mettant en image la vie étudiante, les relations entre élèves, leurs activités, leur grande diversité. Soit, des êtres humains pour des sciences humaines. Le tout sous une forme simple, ludique, un brin naïve.

Ci-contre: L’alphabet dessiné à l’image de la diversité étudiante


F:

Une lecture à plusieurs niveaux

J’aime jouer avec l’idée de double sens, de lecture à plusieurs niveaux, c’est ce que j’ai tenté de mettre en oeuvre dans ce projet. Les lettres, associées, forment des mots, des phrases et participent à raconter une histoire... mais elles fonctionnent aussi de façon autonomes. Et pour peu que l’on s’approche, on découvre un autre discours. Tout est question de distance.

Ci-contre: Les toilettes des filles, bâtiment H, rez-de chaussée.


LOUISE BOUR

GEOIS


G:

Le discours de l’image

Le projet met en oeuvre deux sortes de messages. Dans un premier temps des citations d’écrivains ou d’artistes qui privilégient l’humour ou encore les questions propres aux préoccupations intellectuelles d’une faculté de lettres (la couleur, le langage...). D’un autre côté des petits bouts de phrases en lien avec les lieux mais plus particulièrement avec la quotidienneté d’une vie étudiante («enfin dehors», «il fait quoi le tram», «pipi !»...). Autant de mots qui tendent à attirer le regard des passants, à tisser une certaine complicité, connivence entre les murs et les élèves. Ambivalence entre langage et image, Petit à petit, s’est dessiné dans ce projet un jeu sur la dualité image/langage. Le dessin d’une bouche parle de langage, de même que la lettre est ici image.

Ci-contre: Une citation de Louise Bourgeois, sur un des auvents colorés.


H:

L’ insdispensable discrétion, pour le plaisir du jeu.

Quand c’est posée la question de la mise en forme de la typographie, des différentes «scènes», la discrétion s’est imposée. Un format modeste, afin d’amener le passant curieux à s’approcher et celui pressé à passer à côté. Je réserve mes dessins à ceux qui ont envie de les voir, et n’oblige pas les indifférents. Le curieux s’est approché et voit sont effort récompensé, ce n’est pas seulement des mots, mais de petits personnages cachés dans les lettres. Appâté, le curieux se lancera peut-être alors dans une chasse au trésor. Régresser un tout petit peu et jouer, partir à la recherche des indices disseminés sur cet immense terrain de jeu/ terrain du je qu’est la faculté. Enfin, le curieux apprivoisera-t-il l’université, prenant plaisir à y déambuler.

Ci-contre: Passage proche de l’arrêt du tramway.


O

SC

I

E ON


I:

Du papier marouflé au désir d’éphémère

Pourquoi envisager le papier ? Du papier marouflé. Ce n’est pas innocement que j’emprunte à l’affichage la technique du collage. Il y a tout d’abord une grande praticité à utiliser le papier imprimé : mon projet joue sur des éléments graphiques répétés - «Et le pochoir, alors ?» - qui nécessitent une grande finesse dans la reproduction, puisque jouant sur la légèreté du trait et un format modeste. Ensuite, il y a la possibilité infinie de composer et de recomposer de nouvelles formes, de permettre au projet d’évoluer. Mais avant tout, il y a une envie d’éphèmere. Le papier est un matériau fragile qui va se modifier, se soumettre à l’altération du temps, devenir autre chose. Le choix de l’éphèmere c’est aussi de proposer une image un jour et céder sa place au temps, aux idées nouvelles sans imposer indéfiniment les siennes. «Seul l’éphèmère dure» (Eugène Ionesco). Il y a aussi un peu de vanité à s’engager dans l’éphèmere : une chose vouée à disparaitre est d’autant plus précieuse que sa durée de vie est courte. Peut-être en profite-t-on plus ?

Ci-contre: Une citation de Ionesco, extraite de « La Cantrice Chauve ».


Un projet de Claire Lupiac


« Une fac de Lettres et de Sciences humaines : Abécédaire »  

« Une fac de Lettres et de Sciences humaines : Abécédaire » - Claire Lupiac (L3 Arts-Plastiques), Illustration/Dessin de narration

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