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VARIETY FAIR Hétéros: Encore la norme?

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LE POINT CULTURE Cultivez-vous... Découvrez la sélection Variety Fair Que vous réserve le mois d’Avril?

Notre mots-mêlés

ACTU Nouvelles normes et variété des genres AVIS DE PRO’ Interviews et témoignages


EDITORIAL VF A l’heure où le mariage homosexuel vient d’être accepté en France, des pays comme la Russie, l’Ouganda, et l’Inde font marche arrière. A Sotchi, en guise de contestation contre Poutine, certains pays brandissent fièrement les couleurs de la Fédération LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans). En effet, Poutine a récemment promulgué deux lois punissant tout acte de "propagande" homosexuelle devant mineur et réprimant les "offenses aux sentiments religieux". Pourtant, la France étant le 14ème pays à ouvrir le mariage aux homosexuels, a fait un pas en avant dans la reconnaissance de la communauté LGBT. Mais alors, est ce que l’hétérosexualité est toujours la norme ?

Faisons en sorte que la "variety" soit la norme. Il n'est plus question de ne reconnaitre, et d'inscrire dans les moeurs qu'une seule orientation sexuelle. La communauté homo, bi, trans et pansexuelle mérite d'être mise en valeur, et reconnue par tous.

Elodie LE CORRE Rédactrice en chef de Variety Fair


SOMMAIRE 6 10

La nouvelle norme

Différences mondiales: régression ou evolution? 12

Variety des genres

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Le coin des pros

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Point culture Le jeu du mois

Variety Horoscope

Edité et géré par : Anne-Laure Jaouën-Parmelan Adresse : 4 rue Jean Zay 56100 LORIENT Tél. : 02.97.25.30.45 Rédactrice en chef : Elodie Le Corre

Rédactrices & chroniqueuses: Alicia Levanic, Emelyne Le Gall, Justine Le Ny Illustrations: Emelyne Le Gall

Photos: Braden Summers, Eram, Givenchy, Granola, Ray Ban, Transavia, Le Refuge


La nouvelle norme Selon les époques et les cultures, l’homosexualité et la bisexualité sont plus ou moins acceptées ou réprimées. Comme le dit la sociologue Marie-Laure Deroff, « en France, nous sommes dans une société hétéronormative malgré un discours d'acceptation de la diversité ». Aujourd'hui, l'homosexualité et la bisexualité sont de plus en plus exposées. Deviendraient-elles la nouvelle « norme », mettant de côté l'hétérosexualité ? La France est un des pays d’Europe ayant une plus faible évolution par rapport à la reconnaissance des couples homosexuels et des bisexuels. Une personne homosexuelle est une personne qui éprouve des sentiments amoureux ou de l’attirance envers des personnes du même sexe (une femme pour des femmes, un homme pour des hommes). Une personne peut se définir comme homosexuelle sans avoir eu la moindre relation physique avec des personnes du même sexe. A l’inverse, certaines personnes se définissant comme hétérosexuelles peuvent avoir occasionnellement des relations physiques avec un partenaire de même sexe.

C’est à partir des années 80 que la France commence à prendre en compte les homosexuels et leurs couples. C’est le 17 juillet 1982 que la dépénalisation de l’homosexualité a été votée à l’Assemblée nationale, ne faisant plus de l’homosexualité un délit. Mais, l’homosexualité restera sur la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé jusqu’en 1991. C’est le 15 novembre 1999, que le Pacs est adopté à l’issue d’une longue bataille pour la reconnaissance du couple homosexuel. La jurisprudence évoluera peu jusqu’en 2012, avec la campagne électorale de François Hollande. Alors qu’il est candidat à l’élection présidentielle, il promet, dans son engagement 31, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. La promesse sera tenue. L’Assemblée nationale a adopté le 23 avril 2013 le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de mêmes sexes, faisant de la France le 9ème pays européen à l'autoriser, et le 14ème dans le monde. La France est un des pays qui aura eu le plus d’opposition au projet. La loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été publiée au Journal officiel du samedi 18 mai 2013. Cette loi permet aux couples homosexuels de se marier. Elle ouvre également la voie de l’adoption à ces couples mariés. Ce texte reconnaît par ailleurs les mariages entre deux personnes du même sexe célébrés à l’étranger avant l’entrée en vigueur de la loi. Il rend aussi possible la célébration du mariage en France lorsque les futurs époux, dont l’un au moins a la nationalité française, vivent dans un pays qui n’autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe (et dans lequel les autorités diplomatiques et consulaires françaises ne peuvent pas procéder à la célébration). Enfin, cette loi contient des mesures intéressant tous les couples comme notamment la possibilité de célébrer le mariage dans la commune où l’un des parents du couple a son domicile ou sa résidence, et pour chacun des époux de porter, à titre d’usage, le nom de l’autre époux, par substitution ou adjonction à son propre nom dans l’ordre choisi.

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Mais l’application de la loi n'est pas la même pour tout le monde. En effet, ne peuvent se marier, les couples homosexuels binationaux dont l’un est de nationalité d’un des onze pays suivant : Algérie, Maroc, Tunisie, Cambodge, Laos, Pologne, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie et Kosovo. Ces pays répriment les relations homosexuelles. Donc, le mariage n’est pas possible bien qu'il soit célébré sur le territoire français.

Le projet de loi a fait l’objet de nombreux débats et a essuyé beaucoup de critiques et de protestations. Il y a eu de nombreuses manifestations opposant les pro-mariages pour tous et les anti mariage pour tous. La manif pour tous est un collectif d’associations à l’origine des plus importantes manifestations d’opposition au projet de loi. Pour bon nombre d’homosexuels, le débat qu’a suscité le Mariage pour tous n’a pas apporté que du bénéfique. Un jeune de homme dit que «la loi sur le mariage pour tous reste un grand débat, même chez les homos. Je pense surtout que cette loi était nécessaire, mais qu'elle a été mal médiatisée. Elle a redonné la parole aux homophobes, ce qui a réveillé pas mal d'homophobes dormants ». Ces propos sont relayés par la sociologue Marie-Laure Deroff, qui dit que « les médias diffusent des modèles qui sont prescripteurs ». Donc, les médias sont une des causes de la vision que les gens ont des homosexuels et des bisexuels.

La bisexualité est le fait d’être attiré par ou d’éprouver des sentiments amoureux pour des personnes des deux sexes. Les hommes et femmes se disant bisexuel-le-s aiment, simultanément ou à des périodes distinctes de leur vie, des femmes et des hommes. La bisexualité est plutôt bien acceptée mais elle n'est pas toujours bien comprise. Cela s'explique par le fait que, pour certains, c'est une déviance ou un effet de mode. En fait, cela s'explique surtout par un manque de connaissance de la bisexualité. Elle est perçue comme une phase, comme le temps qu'il faut à une personne pour assumer son homosexualité. Par ailleurs, les bisexuels sont souvent perçus comme jouant sur deux tableaux. En effet, pour les hétérosexuels comme pour les homosexuels, la bisexualité n'existe pas, ils sont sceptiques. Pour eux, la bisexualité est une étape avant l'homosexualité (ce qui, apparemment, est une mauvaise chose...). C'est la définition que se donnent les personnes qui sont confuses à propos de leurs attirances.

Pour la plupart des gens, être en couple avec une personne bisexuelle, surtout sur une longue durée, n'est pas concevable. Il y a la « peur d'être trompé(e) », l'idée que les bi(e)s sont éternellement insatisfaits ou rejettent l'engagement de longue durée, et qu’ils ont forcément besoin de relations régulières avec les deux sexes. En plus de cela, il y a le développement de la biphobie, qui se répand de plus en plus via internet. Ce serait dû au fait que l'on s'intéresse de plus en plus à la question, que l’on n’a plus de préjugés.


Afin d'éclairer le propos de l'article, nous avons recueilli deux témoignages de personnes homosexuelles. Ils ont accepté de répondre à quelques questions traitant de leur façon de voir les choses sur leur orientation sexuelle, leur vécu, leur avis sur le Mariage pour tous. Le premier témoignage est celui d'une jeune fille lesbienne, encore au lycée : Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert votre orientation sexuelle ? Tout d'abord, il est important de dire que pour moi ça n'a pas été une « révélation », plutôt un cheminement. On va dire que quand je me suis dit « je suis lesbienne » (déjà, rien que me dire « lesbienne » a été un pas énorme à franchir tellement il y a une connotation négative derrière ce mot … mais j'y reviendrais peut être plus tard), j'avais déjà parcouru beaucoup de chemin dans mon acceptation, du coup, je l'ai plutôt bien pris au début. Après tout, j'étais attirée par les filles, mais ça restait dans mon petit jardin secret alors ça ne me dérangeait pas plus que ça, sachant que j'ai reçu une éducation tournée vers la tolérance. Le problème c'est qu'avec le temps, mon homosexualité a pris une place de plus en plus grande sur ma personnalité, ma vision des choses, et mes comportements. Forcément, c'est difficile de renier sa « nature » et au bout d'un moment, sans qu'on s'en rende compte, on a totalement assimilé cette vérité. C'est à partir de là que ça se gâte, parce que tout d'un coup, tu te rends compte de l'homophobie ambiante. Alors, j'ai compris que c'était encore loin d'être naturel pour les autres, que oui, pour beaucoup de gens, l'homosexualité c'est encore « dégueulasse » (dixit mon prof de philo), que les homos ne sont que des « sales pédés », « tapettes », « gouines » … etc. Et à partir de là, je suis devenue membre d'une minorité stigmatisée et « déviante » aux yeux des autres. J'ai eu peur, et j'ai tout fait pour renier ce que j'avais fini par comprendre et accepter.

Et puis, au lycée, il y a peu, très peu de gens ouvertement gays/lesbiennes … forcément, le lycée n'est pas le lieu le plus favorable pour affirmer une différence de ce type. Du coup, il est très difficile de se trouver un référant pour nous parler de ce « monde » méconnu. Je connais de vue un seul couple de gays au lycée, et visiblement, ils en prennent plein la tête … La seul source d'information pour un jeune gay ou une jeune lesbienne est alors internet, avec du bon et du moins bon … Les pornos par exemple, ne reflètent pas du tout la réalité car ils se concentrent toujours sur une vision hétérosexuelle. En gros, les deux femmes sont justes bonnes à faire les préliminaires, heureusement qu'elles ont un mâââââle pour les soulager après ! … Autre exemple des mauvaises recherches à éviter : les sites religieux extrémistes qui t'expliquent que l'homosexualité est une « maladie » que l'on peut « guérir », il y a de quoi être légèrement contrarié … Mais Internet n'est pas le mal absolu, et c'est aussi grâce à ça que les consciences semblent s'ouvrir petit à petit. Avec des forums, des sites lesbiens, des sites gays, des associations, des vidéos YouTube, Facebook, … on arrive à rencontrer des gens « comme nous », à acquérir une vision globale de ce qu'est l'homosexualité, à trouver les armes pour nous permettre d'accepter ce que l'on est et d'assumer pour pouvoir enfin vivre sa vie au grand jour. Internet peut être formidable, à condition de faire attention où l'on met les pieds. Ici, comme partout, il y a des endroits où la tolérance règne et où je

n'ai pas peur d'assumer une seule seconde que je suis lesbienne (la preuve avec le site Madmoizelle) et d'autres endroits où je sais qu'il vaut mieux passer son chemin … Les commentaires YouTube sont assez représentatifs de ce phénomènes … on peut être absolument haï (je t'invite à aller voir les commentaires sous la vidéo de Seb la frite, « Une Histoire d'homophobie » …) ou alors totalement accepté.

Quelle a été la réaction de vos parents/proches lorsque vous leur avez confié ? Étrangement, malgré ma peur du rejet, tous les coming-out que j'ai fait ont, pour l'instant, été des succès. Je me suis évidemment assurée de le faire savoir une fois que j'étais certaine que ce n'était pas une « passade » (bah oui, à notre âge on peut ressentir le besoin de sortir avec des filles, mais c'est parce que les garçons nous font peur hein ? (ironie)) et surtout j'ai choisi de le dire aux bonnes personnes, à ceux qui comptent le plus pour moi en ce moment. Tout d'abord, je l'ai annoncé un peu par surprise à une de mes meilleures amies. Je la savais ouverte d'esprit. C'était un jour où j'en avais gros sur le cœur de me cacher, de cacher à tout le monde que oui, il pouvait m'arriver d'avoir des peines de cœur aussi, même si ce n'était pas pour des garçons. Alors, au détour d'une conversation je lui ai annoncé que j'aimais les filles. C'était le 12 juillet (oui, je suis une dingue qui garde bien précieusement les dates de ses coming-out, haha), et elle a eu la réaction la plus belle qui soit. Elle m'a juste dit « et alors ? » avant d’enchaîner « que ça ne changeait rien, qu'elle était là pour moi, que si les autres n'étaient pas foutu d'accepter ça, c'est qu'ils étaient cons et qu'il fallait que je fasse confiance à mes vrai(e)s ami(e)s pour trouver du soutien … » (en gros, je n'ai pas poussé le vice jusqu'à garder le sms quand même). Je me suis sentie tellement soulagée, comme si on m'avait retiré un poids de 1000kg des épaules ! Enfin, quelqu'un savait ! Et en plus, c'était normal ! Ce succès m'a pas mal motivé pour la suite, et au mois d'août, c'est mon meilleur ami qui a été mis au courant via Facebook. Sa réaction a été un peu plus contrasté. Il m'a d'abord demandé si c'était une blague puis voyant que non, que c'était bien sérieux, n'a pas rajouté grand-chose, mis à part qu'il comprenait et que ça ne changeait rien pour lui. Aujourd'hui, il se comporte tout à fait comme avant avec moi, et nous sommes toujours meilleurs amis. Ça me faisait deux succès ! Je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin, et en Novembre, je l'ai dit à une amie très proche en face à face. Elle a eu une réaction très très positive ! Elle m'a dit qu'elle était heureuse pour moi, heureuse que je lui en parle, elle m'a même proposée d'aller voir avec elle « La vie d'Adèle » quand il sortirait au cinéma (film assez peu représentatif des lesbiennes au final …). Elle a pris ça avec énormément de naturel, elle n'a même pas eu une réaction choquée, c'était juste normal. Et se sentir normal quand on est entouré par des gars qui te voient comme une « erreur de la nature », c'est un vrai soulagement. Plus récemment, c'est à une soirée qu'une de mes amies m'a demandé avec assez d'insistance si j'étais lesbienne. Le problème c'est qu'on était en groupe, et bien que toutes les filles faisant partis de ce groupe soient mes amies, je ne me sentais pas prête à assumer devant autant de gens. Même si globalement tous mes comings-out ont été des succès (pour l'instant), j'appréhende énormément le moment où je vais devoir l'annoncer à ma famille, car elle ne semble pas être tout à fait ouverte par rapport à ce sujet. J'ai souvent le droit à des commentaires homophobes de ma mère devant la télé, ce sont des toutes petites remarques, mais qui suffisent à mettre le doute. Et puis, on redoute plus le rejet de la famille que des ami(e)s, je pense, parce qu'on a une seule famille et qu'elle est essentielle à

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notre équilibre. Donc pour l'instant, le coming-out à la famille, ce n’est pas pour maintenant. Je préfère attendre d'avoir une situation stable et ne plus être dépendante financièrement d'eux pour le faire.

Que pensez-vous de l’homophobie actuelle ? Elle est ambiante, elle est partout, où en tout cas, je la vois partout, chez tout le monde dans ce lycée. Elle est le résultat de préjugés, de l'ignorance et de l'éducation … Elle donne lieu à des discriminations, à de la violence, à du rejet et à de la peur, beaucoup de peur. Moi, je vis cette homophobie de l'intérieur tout en étant cachée parce que je ne suis pas encore reconnue comme « lesbienne ». Comme je ne suis pas cataloguée en tant que lesbienne, les gens ne me visent pas en particulier. Mais cela ne m'empêche pas de ressentir leur peur, leur méconnaissance ou leur haine … et forcément, ça blesse profondément parce qu'on se trouve dans un environnement qui nous est hostile. Ça n'aide pas à sortir du placard. Et surtout, ça retarde notre progression vers l'acceptation … et une chose, qui devrait-être aussi naturelle que d'être hétérosexuel(le) (vous connaissez beaucoup d'hétéro qui annoncent à leurs parents qu'ils le sont ?) devient quelque chose de terrible, à « avouer ». (Mais enfin, qu'est-ce qu'il y a bien à avouer dans le fait d'être homo ? Nous ne sommes pas coupables d'un crime à ce que je sache …). Le débat sur le mariage pour tous n'a pas franchement changé les choses, il a simplement mis plus en lumière les anti-mariages et donc leur argumentaire bidon. Au final, quand le sujet arrive dans nos discussions entre potes, j'observe que c'est en majorité ce qu'ils retiennent de ce débat. Ils ne sont pas spécialement homophobes, ils ignorent simplement la réalité de la communauté et gobent toutes les conneries qui passent à la télé sur le sujet. Mais il y aussi quelque chose qui est important de remarquer, c'est que dès qu'on discute un peu avec eux et qu'on leur propose une opinion différente de la-leur (« pourquoi tu dis « sale pédé », il ne t'as rien fait, tu ne le connais pas, alors pourquoi tu le dis ? », « pourquoi tu remarques quand deux homos s'embrassent mais pas quand des hétéro le font ? ») j'ai l'impression qu'ils réfléchissent et qu'ils essaient de réviser un peu leurs opinions et leurs clichés. Mais bon, y a encore du boulot !

Etes-vous à l’aise avec votre sexualité, et le regard que les autres portent sur vous ? Je me sens de mieux en mieux avec moi-même, ça doit se ressentir dans mon attitude à mon avis. S'accepter, c'est le premier pas pour être en confiance avec soimême et avec les autres. C'est essentiel pour être bien dans sa peau. Maintenant, il y a toujours des jours où certaines personnes vont te faire des remarques gratuites sur ce qu'on est ou ce qu'on devrait être (« t'es une fille bah met une robe », « t'as les cheveux de plus en plus courts, non ? Tu veux devenir chauve ? » …), et ces jours-là sont difficiles pour le moral. Mais au final, on finit par oublier et on passe à autre chose. Alors, oui je suis de plus en plus à l'aise avec moi-même et du coup, avec les autres aussi.

Le second témoignage est celui d’un homme de 50 ans, homosexuel : Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert que votre orientation sexuelle était différente de la « norme hétéro » ? J'ai eu ma première expérience homosexuelle à l'adolescence à 15 ans. J'ai d'abord été troublé quand un garçon de presque 3 ans plus âgé que moi a commencé à me faire des caresses plus ou moins furtives. Quand il m'a embrassé la première fois, mon trouble s'est fait très intense, nouveauté, imprévu, conscience de la déviance par rapport à la morale... mais dans le même temps j'ai éprouvé de la fascination et même du plaisir.

Quelle a été la réaction de vos parents et de vos proches lorsque vous leur avez annoncé ? Je ne l'ai jamais avoué à mes parents même si je pense qu'ils s’en sont toujours doutés. J'ai longtemps été discret avec mes proches en général; ce n'est que depuis peu de temps que je préfère être clairement considéré comme homosexuel.

Avez-vous trouvé du soutien ? Ce sont des amies, simples copines, qui m'ont donné confiance par leur regard positif; ça été mon plus grand soutien pour passer à une homosexualité clairement affichée.

Pensez-vous que la loi pour le mariage pour tous a changé quelque chose dans la vision que les gens ont de vous (que cela soit en bien ou en mal) ? Je n'ai pas l'impression que le Mariage pour tous ait changé les choses. Par contre, il me semble que chez les jeunes, l’intolérance s'est renforcée. A la fin des années 70 début 80, je n'ai jamais été persécuté par mes camarades au lycée. Ceux qui savaient ont toujours été respectueux et discrets. Je pouvais aussi porter parfois des vêtements un peu féminins sans que je sois harcelé.

Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer au quotidien? Je ne rencontre aujourd'hui pas de difficultés particulières; je regrette de n'avoir pas vécu plus ouvertement mon homosexualité depuis toujours. Ma gène ne venait que d'un manque de confiance en moi je pense.

Etes-vous à l’aise avec votre orientation sexuelle, et le regard que les autres portent sur vous ? Aujourd'hui, je me sens vraiment plus en phase avec moi-même lorsqu'on reconnait mon homosexualité. Je supporte mieux d'éventuelles réprobations que d'être nié dans mon essence fondamentale.

En conclusion, je ferais le petit parallèle suivant. Quelque soient les vêtements que l'on porte, à la mode, démodés ou décalés, si l'on ne les porte pas avec aisance, l'allure est mauvaise et suscite les critiques. Je crois qu'il en est de même avec l'homosexualité; le tout est de la porter avec aisance. La loi ne pouvait pas faire mieux qu'en 1981 lorsque l'homosexualité a cessé d'être un délit. La loi ne peut pas faire mieux non plus que de dire que l'on peut s'habiller comme on veut, à chacun de trouver son style et de l'affirmer. Justine Le Ny

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Différences mondiales: régression ou évolution? La loi sur le mariage pour tous est entrée en vigueur en France en mai 2013, tandis qu'en Russie, la vie des homosexuelles est de plus en plus difficile. Quel est l'état de la législation à travers le monde ? Les droits des personnes gays, lesbiens, bisexuels et transgenres varient d'un Etat à un autre. En effet, un nombre croissant d’Etats, en Europe et en Amérique latine en particulier, pratiquent désormais l’égalité des droits, alors que d’autres continuent de sanctionner l’homosexualité par la prison ou la peine de mort, considérant leur préférence sexuelle comme une maladie mentale. On dénombre environ 88 pays dans le monde qui condamnent encore l'homosexualité, six en font toujours un crime passible de la peine de mort : l'Arabie Saoudite, l'Iran, le Nigéria, la Mauritanie, le Soudan et le Yémen. Cette législation très dure dans ces états provient directement de la religion, puisqu'il s'agit de pays musulmans dont la charia est toujours la source principale du droit. Même s'il existe un islam progressiste sur les droits homosexuels, il reste mineur et se développe principalement en Occident. Le 24 février 2014, l'Ouganda, un pays de l'Afrique de l'est, a promulgué une loi anti-homosexualité, malgré les tentatives de dissuasion des pays occidentaux et les défenseurs des droits de l'homme. Désormais, les relations homosexuelles sont passibles de prison à vie. Cette loi interdit également toute promotion de l'homosexualité et rend obligatoire la dénonciation d'une personne s'affichant homosexuelle. Cette législation fait suite à celle de la Russie, moins dure, certes, mais dans la même lignée. Cette dernière a promulgué une loi qui condamne la propagande de l'homosexualité envers les jeunes. Les personnes concernées risquent des amendes allant de 100 à 23 500 euros. Ils justifient leur loi en prétextant "protéger les mineurs des conséquences de l'homosexualité", tout en assurant que le texte ne condamnait pas l'homosexualité en tant que telle. Pour rappel, l'homosexualité a été longtemps considérée comme un crime en Russie, jusqu'en 1993, et comme une maladie mentale jusqu'en 1999. Et selon un sondage datant de 2010, de l'institut indépendant Levada, 74% des personnes interrogées pensent toujours que l'homosexualité est soit "immorale", soit le résultat d'une "déficience mentale". Les Gay Pride sont régulièrement empêchées et celle de Moscou est même interdite jusqu'en 2112 !

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Cette loi avait fait grand bruit durant les Jeux Olympique d'hiver qui se déroulaient justement en Russie, et plus précisément à Sotchi. Un député russe avait laissé entendre que les athlètes et supporters homosexuels risquaient d'être arrêtés. Suite à cette controverse, le ministre des sports russe a tenu à clarifier les choses en annonçant " Personne n'interdit aux sportifs qui ont une orientation sexuelle non traditionnelle de venir à Sotchi, mais s'ils sortent dans la rue pour en faire la propagande, ils devront en répondre devant la loi".

Pour protester, plusieurs pays ont refusé de se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux de Sotchi, comme les Etats-Unis et la Grande Bretagne, ainsi que la France, même si cette dernière n'a pas réellement justifié son boycotte (est ce pour la loi contre les homosexuels ou pour la crise de l'Ukraine ?). Autre contestataire, l'acteur américain Wentworth Miller, star de la série américaine "Prison Break", a annoncé en août 2014, qu'il ne participera pas au festival du film de Saint-Pétersbourg, en précisant qu'en tant qu'homosexuel, il se doit de refuser cette invitation. Les législations restrictives de certains pays en matière d'homosexualité peuvent également s'expliquer par des traditions homophobes très ancrées et pas seulement pour des raisons culturelles ou religieuses. L'Ukraine par exemple, interdit les homosexuels de manifester, le Parlement Ukrainien a d'ailleurs adopté un texte interdisant toute promotion de l'homosexualité comme la Russie. En Pologne, il n'y a pas de lois homophobes mais une forte pression de l'Eglise catholique et de l'extrême droite qui empêche le pays de promulguer des lois antidiscriminatoires. Dans ce contexte, les personnes visées sont condamnés à vivre dans la clandestinité et la peur. Ils craignent même d'être dénoncés ou réprimandés par leur propre famille. Les manifestations LGBT restent donc très risquées, les militants étant souvent victimes de brimades, de violence et parfois même sont assassinés. Fort heureusement, de plus en plus de pays ouvrent des droits à la population LGBT. Le mariage homosexuel est devenu aujourd'hui un sujet de société internationalement débattu.


Les pactes d'union civile ont été mis en place dans pratiquement toute l'Europe de l'Ouest, à l'exception de l'Italie. Les pays du Nord de l'Europe sont les plus avancés en ce qui concerne les droits LGBT. En effet le mariage homosexuel est autorisé en Suède, au Danemark, en Belgique et aux Pays-Bas. On peut noter que nos voisins espagnols et portugais ont accordé le mariage pour tous depuis maintenant presque dix ans !

"sexe" de leur passeport. L'Allemagne a d'ailleurs autorisé, en novembre 2013, à ne pas indiquer de sexe sur les registres de l'état civil pour les bébés nés sans être clairement identifiés comme garçon ou fille. Ainsi, cela permet d'atténuer la pression exercée sur les parents lors de la naissance à choisir rapidement un sexe à leur enfant et d'éviter tout acte chirurgicale irréversible. C'est une première en Europe.

L'Afrique du Sud est le premier pays en Afrique et le cinquième pays au monde à autoriser le mariage gay. L'Amérique Latine est également plus avancée que la France sur les droits des LGBT. Les homosexuels peuvent se marier depuis 2010. Elle a également promulgué une loi autorisant le changement de sexe. On peut d'ailleurs affirmer que les conditions d'existence des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles (LGBT) se sont largement améliorées.

Alicia Levanic

L'union civile existe au Brésil et en Colombie. Mexico, lui, reconnait le mariage gay. Pour en revenir à notre pays, la France a adopté le mariage pour tous en 2013 après beaucoup manifestations contre ce projet de loi. Mais avant cela, les couples homosexuels devaient se contenter du PACS, l'union civile française. La France est devenue le neuvième pays d'Europe à légaliser le mariage pour tous. Le premier mariage entre personnes de même sexe a eu lieu le 29 mai 2013, d'après Human Rights Watch. C’est pour la France "le début d'une ère de pleine égalité des droits au mariage". Une nouvelle avancée dans les droits LGBT a été faite il y a peu en Australie. Même s'il n'autorise que le mariage entre un homme et une femme, une personne peut désormais être reconnu de genre neutre. Ainsi l'Australie devient l'un des rares pays à reconnaitre l'existence d'un troisième sexe. Une personne peut donc cocher à l'état civil, soit homme, femme ou neutre. Cette reconnaissance, les australiens la doivent à Norrie, né homme. Il avait subi une intervention chirurgicale pour changer de sexe en 1989, mais n'étant pas totalement satisfait de son identité sexuelle, avait réussi à se faire enregistrer sur le registre de l'état civil sous la catégorie "genre non spécifique", mais peu après cela fut annulé. Norrie réussit donc à se faire reconnaitre par la plus haute cours du pays comme un genre neutre et cela après plusieurs recours en justice. Seulement pour être reconnu de genre neutre par la loi et l'état civil, il faudra présenter son dossier médical. L'Australie avait déjà en juin 2013, modifié les textes officiels concernant la reconnaissance des sexes, ainsi les australiens avaient le choix entre homme, femme ou transgenre. On peut noter aussi, que l'Allemagne et le Népal autorisent leurs ressortissants à inscrire un X dans la case

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Variety des genres

On se demande souvent ce qu’est la normalité, que se soit pour la sexualité, le sexe ou pour tout autres choses. La normalité se réfère tout simplement à ce que les gens considèrent comme la norme ou ce qui est acceptable selon leur jugement moral, leur compréhension. A l’heure actuelle, être un homme ou une femme est quasiment toujours considéré comme la norme, et un écart à celle-ci est quelque chose de rédhibitoire. C’est pour cela que les personnes ne considérant pas leur sexe biologique comme le reflet de leur genre, et qui l’assument, sont souvent mal vues. Mais n’est-ce pas avant tout de l’incompréhension, un manque de communication envers tous ces gens qui font qu’ils sortent de la « norme » ? La question que l’on pourrait tout d’abord se poser est : qu’est-ce qu’un transgenre ? Premièrement, il faut définir la transidentité. En effet, il ne faut pas confondre l’homosexualité et la transidentité. Une personne homosexuelle aime les personnes de même sexe. Une personne transidentitaire est tout simplement une personne qui a la sensation, l’impression, d’être du sexe qui ne lui correspond pas. La personne désire vivre et être acceptée en tant que personne appartenant au sexe opposé. Une personne transidentitaire peut être transgenre ou transsexuelle. Quelqu’un de transsexuel est une personne transidentitaire qui souhaite faire correspondre son sexe physique, biologique avec son genre, en ayant recourt à la chirurgie. Une personne transgenre, quant à elle, a fait le choix, contrairement à une personne transsexuelle, de ne pas subir d’opération chirurgicale mais a quand même recourt à des traitements esthétiques, des traitements hormonaux. Un transgenre peut éventuellement revendiquer un troisième genre. Il faut savoir que certaines personnes revendiquent l’androgynie, d’autres choisissent de vivre en tant qu’homme ou femme, bien que non opéré. Le terme transgenre désigne de manière générale les transsexuels, les transgenres, les travestis, les gender queers, les drag Queens, les drag Kings et bien d’autres encore. En France, les médecins ont décidé de différencier les personnes ayant subi une hormonothérapie de ceux qui ont subi, en plus de l’hormonothérapie, une opération de chirurgie. La médecine, ainsi que les associations, expliquent bien que le fait de se sentir homme ou femme, se fait de manière indépendante à l’identité sexuée (être biologiquement homme ou femme). De manière générale le transsexualisme n’a rien à voir avec la sexualité. Etre transgenre dans la société actuelle

Faire référence à la norme revient à rejeter une partie de la population, qui ne rentrerait pas dans la norme. Certaines fois, cela se ressent comme de l’homophobie, du sexisme … etc. La pression sociale que subissent les transgenres, poussent certains à tout faire pour être « normaux ». De plus, ils sont souvent victimes d’agressions transphobes. La transphobie peut se traduire sous différentes formes d’agressions (viols, meurtres, crime de haine, etc), de discrimination (à l’embauche, au logement, aux soins etc.). A l’heure actuelle, les Etats européens pensent à prendre de nouvelles mesures pour protéger les personnes transgenres des agressions transphobes. De 2008 à 2012, on a recensé 1083 homicides (dans 56 pays), et les chiffres augmentent d’année en année, sans compter les agressions qui ne sont pas toujours prises en compte. Mais les agressions ne sont pas la seule forme de discrimination. Dans certains pays (dont des pays européens), les trans n’ont pas de reconnaissance légale. Pour obtenir une reconnaissance légale, ils

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doivent remplir certains critères (stérilisation, divorce, suivis psychiatrique, chirurgie). De plus, dans certains pays, la transidentité est considérée comme un trouble mental. En France, les transgenres ne sont autorisés à changer de genre sur leur certificat que s’ils ont subi une opération de chirurgie ou une stérilisation. Cette discrimination peut paraitre absurde à l’heure actuelle puisque l’on prône l’égalité pour tous. En effet, Doug VanderLaan (Ingénieur du Centre pour les addictions et la santé mentale au Canada) montre, lors d’une étude ethnologique, que des sociétés ancestrales acceptaient les personnes transgenres, et reconnaissaient également un troisième genre. Les personnes transgenres étaient acceptées dans les sociétés chasseurs-cueilleurs traditionnelles, pour la simple raison que nonobstant leur identité, ils étaient tous aussi utiles que les autres membres de la société. Seule la continuité de leur société importait. Cette étude a également démontré que ces sociétés étaient égalitaires (46 sur 146). Malheureusement cette étude ne portait que sur les hommes, difficile de voir donc si le statut des femmes était semblable. Cette étude a permis de démontrer qu’être transgenre n’est pas un phénomène contemporain, et que même si ça ne rentre pas dans la « norme », cela n’empêche pas d’être accepté.

- Savoir utile -

Transidentitaire : Une personne transidentitaire est une personne qui a l’impression d’être dans un corps qui ne correspond pas à son genre, qu’elle est née dans un corps de femme. Transgenre : désigne une personne transidentitaire qui souhaite faire correspondre son sexe (physique) avec son genre en ayant recourt aux hormones. Dans un sens plus large, une personne transgenre est donc une personne dont l’identité de genre, est différente par rapport à ce qui est attendu pour les gens de son sexe biologique au sein de la société. Transsexuel-le : désigne une personne transidentitaire qui souhaite faire correspondre son sexe (physique) avec son genre en ayant recourt à la chirurgie. - Transsexuel : désigne une personne de sexe féminin qui passe à un sexe masculin - Transsexuelle : désigne une personne de sexe masculin qui passe à un sexe féminin. Cisgenre : leur identité sexuelle est la même que leur sexe biologique. Agenre : désigne une personne sans identité de genre. Neutre : désigne une personne de genre ni féminin ni masculin. Souvent considéré comme un troisième genre.


Pour étayer les propos de l’article, nous avons collecté trois témoignages de personnes transgenres. Ils ont répondu à différentes questions sur leur vécu, leur façon de voir leur orientation sexuelle, leur avis sur le mariage homosexuel. Le premier témoignage est celui d’un individu agenre pansexuel.

Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert que votre orientation sexuelle était différente ou que vous souhaitiez être du sexe opposé ? Je suis tombée amoureuse d'une amie, ça ne m'a pas perturbé tant que ça parce que je n'avais pas vraiment de désir pour elle. Mais elle me fascinait. Quand j'y pense son corps me fascinait déjà mais je pesais que je la trouvais juste belle. Ensuite, je suis tombée amoureuse d'un garçon. Et c'est là que j'ai réalisé que les corps féminins m'attiraient énormément. Parce que j'ai découvert la sexualité et donc le regard sexuel aussi…

Je me considérais comme bisexuelle jusqu'à ce qu'une amie me parle de pansexualité. Une personne bisexuelle peut aimer des hommes et des femmes. Une personne pansexuelle peut aimer des personnes, peu importe leur genre. Quand à mon genre je me suis longtemps définie comme n'étant pas une 'vraie fille'. Puis je me suis intéressée au féminisme et j'ai découvert que les filles n'étaient pas toutes les mêmes. En revanche je n’ai jamais réussi à me sentir fille. Je me souviens à la JAPD à la question, êtes-vous : A. Un homme, B. une femme. J'ai répondu A. Sans réfléchir. (Heureusement que c'était la question test) Parce que je n'étais pas Femme. Et apparemment dans notre société si on n'est pas une femme on est un homme. Ça m'a tellement soulagé quand j'ai entendu parler des genderfluids, agenres, neutres etc… Mes parents se sont toujours un peu moqués de moi quand je tâtonnais la féminité, j'ai eu très honte d'avoir mes règles. Je n’ai pas aimé mes seins. J'ai haï mon corps. Petit à petit, j'ai appris à m'aimer, mais je me questionnais encore, je n'ai jamais réussi à m'associer aux mots femme et fille. Alors, bon, je le fais pour tout le monde c'est plus simple, comment expliquer que malgré mes cheveux longs, mes collants et minishorts je ne me sentais pas fille ? Tout le monde me voit comme une fille, je ne corrige presque personne. Quelle a été la réaction de vos parents et de vos proches lorsque vous leur avez avoué ? Je n'ai rien avoué, ce n'était pas un aveu, juste un fait. Alors que j'essayais d'inciter mes parents à aller à la contre manif pour tous pour soutenir le mariage gay, j'ai placé au milieu mon incompréhension des gays et des hétéros. Comme quoi je comprenais qu'on ait des préférences, mais qu'on se limite à 100% ça me perturbait… Ma mère n'a pas vraiment relevé, mais elle m'a dit plus tard qu'elle avait déjà aimé des femmes sans jamais osé l'avouer… J'ai parlé à mon père que je me sentais déguisée dès que j'étais habillée de façon très féminine, de même quand c'était de façon très masculine. Il m'a dit "ah bon?" et c'est tout. Ils se sont jamais trop questionnés sur le genre je pense. Avez-vous trouvé du soutien ? J'en n’ai pas demandé, j'ai un entourage rempli d'autres bis/pan/gays/lesbiennes. Mon meilleur ami est agenre etc.

Pensez-vous que la loi pour le mariage pour tous a changé quelque chose dans la vision que les gens ont de vous (que cela soit en bien ou en mal) ? Je ne sais pas, je crois que les homophobes se sont affirmés et sont devenus fiers de l'être. Mais sinon, je ne sais pas.

Etes-vous à l’aise avec votre sexualité, et le regard que les autres portent sur vous ? J'ai eu assez peu de tabou sur la sexualité. Au final, là, je recherche une relation avec une fille (ou du moins un corps féminin). J'ai peur de ne pas savoir faire, d'être nulle, mais je sais que ça passera, c'est juste la peur de la nouveauté, de la même façon que j'ai été effrayée dans mes premiers pas sexuels avec un mec… Le deuxième témoignage, est celui d’un individu androgyne.

Quelle a été votre réaction quand vous avez réalisé que vousvous identifiez mieux au sexe opposé qu’au vôtre ? La honte, l'impression d'être une personne anormale. Quelle a été la réaction de vos proches et de vos parents lorsque vous leur avez avoué ? Rien, je n'en ai jamais parlé à personne. Les gens de mon entourage ne sont pas très ouverts sur le sujet. J'ai juste dit que je me sentais androgyne et que je n'avais pas envie de rentrer dans une case. Mais globalement, mon entourage n'est pas très ouvert sur le sujet et ils voient sûrement ça comme une fantaisie passagère.

Quelles ont été les étapes de votre transformation ? Quel était votre ressenti par rapport à cette transformation ? Je me laisse pousser les cheveux, je me maquille légèrement, je m'épile et je mélange les accessoires masculins et féminins. Je suis aujourd'hui 100% androgyne et j'ai plutôt un très bon passing. Les inconnus me prennent pour une femme au quotidien dans 99% des cas. Avez-vous trouvé du soutien ? Non.

Etes-vous à l’aise avec votre genre, votre identité, et les regards que les autres portent sur vous ? Non, pas tellement. Je vois parfois des gens qui me dévisagent, me regardent d'un air interrogateur. Ils cherchent à me situer, à me faire rentrer dans la case homme/femme. Il m'arrive d'entendre dans mon dos "c'est un homme ou une femme?" Je n'arrive pas à m'intégrer parmi les gens de ma classe, car je suis très timide et assez mal à l'aise. On me voit comme quelqu'un de bizarre (même si ils ne me le disent pas directement).

Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer au quotidien? J'ai du mal à nouer des contacts avec les gens, à m'intégrer. Je suis mal à l'aise partout et je m'empêche de faire des choses.

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Ce témoignage est celui d’une transexuelle se considérant du sexe opposé depuis son enfance.

Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert que vous souhaitiez être du sexe opposé, changer de genre ? Ça ne s’est pas fait vraiment comme ça, pour moi. Le tout début dont je me souvienne, j'étais toute petite, avec des petites copines, et c'est elle qui m'ont "annoncé" que moi j'étais un garçon. J'ai fait des yeux comme ça en disant "Mais non ! N'importe quoi !" et ça ne m'a jamais quitté. Le plus long, pour mon travail d'assomption, aura été le temps d'accepter que je ne serai jamais tout à fait comme les autres, quoi que je fasse. Beaucoup de gens croient qu'on court après un corps féminin à part entière et qu'on se condamne ainsi à notre malheur parce que c'est impossible. C'est faux. Je fais juste ce qu'il me semble falloir pour vivre, bosser, etc... telle que je suis dans le monde tel qu'il est, sans être emmerdée à tous les coins de rue. Et ça fonctionne bien

Quelle a été la réaction de vos parents et de vos proches lorsque vous leur avez avoué ? L'éventail est large ! Des amis proches l'ont toujours su, d'autres jamais. Ça n'a pas vraiment fait l'effet d'une bombe atomique, sauf pour mes parents qui m'imaginaient peut-être plutôt dans une petite homosexualité gentillette, alors ils ont trouvé le truc "trash", forcément. Je les comprends. Pour eux ils ont un deuil de mon identité passée, et c'est difficile et violent. J'ai la chance d'avoir une famille en or qui me comprend et ne m'a jamais rejetée. Tout le monde n'a pas cette chance. J'éprouve énormément de gratitude envers eux. Avez-vous trouvé du soutien ? Oui. C'est presque la même question que la précédente... Que rajouter ?

Pensez-vous que la loi pour le mariage pour tous a changé quelque chose dans la vision que les gens ont de vous (que cela soit en bien ou en mal) ? En soi non, je ne suis pas homosexuelle. Ça a dû changer des choses pour celles qui entament une transition étant déjà mariée à une femme. Ce n'est pas mon cas. En revanche, ça a soulevé des débats et mis au jour des intégrismes sur l'identité de genre qui me font un peu flipper, j'avoue. Etes-vous à l’aise avec votre genre, et le regard que les autres portent sur vous ? Aujourd'hui, oui, ça va mieux.

Emelyne Le Gall

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Le coin des PROS

Une psychologue nous explique...!

Valérie Adnet, psychologue à Lanester, nous dévoile le côté «psychologique» de l’acceptation de la sexualité, par la famille ou la société...

Est-ce que les homosexuels, bisexuels et transgenres acceptent mieux leur sexualité maintenant que la loi du mariage pour tous est adoptée ? V.A. : Une loi ne peut peut-être pas suffire pour permettre au sujet une meilleure acceptation de lui-même, même si sur le plan symbolique, la Société lui reconnaît les mêmes droits que tout autre individu. Quels sont les facteurs qui font que ces personnes n’acceptent pas leur sexualité, ou qui ont du mal à vivre avec ? Ce qui semble avant tout être un frein est la peur de la différence et la difficulté à assumer sa différence. Il peut être difficile et douloureux de ne pas se sentir « comme tout le monde » en ne s'inscrivant pas dans l'hétérosexualité, qui reste la norme sociale. La peur du rejet de l'autre (famille , amis, voisins) conduit parfois à un refus de son homosexualité ou de ses tendances sexuelles pour ne pas se confronter au regard de l'autre et à ce qu'il imagine de son intolérance. La peur de décevoir est aussi un élément actif dans la difficulté à s'accepter : peur de décevoir des parents qui ont des projections pour l'avenir de leur enfant (qu'il construise une vie d'adulte d'après des critères hétérosexuels, qu'il ait une vie de famille...) On repère aussi la peur d'être considéré comme déviant, au sens pathologique, être homo, bi... équivaudrait à être « déviant sexuel ». Le sujet lui-même se met parfois beaucoup de barrières pour reconnaître sa différence et l'assumer face aux autres à cause de toutes ces peurs, réélles ou imaginaires. Quel est le ressenti des enfants issus de couples homosexuels ou dont un des parents est transsexuel ? Je dirais que le ressenti des enfants est différent en fonction de son âge. La période de la petite enfance jusqu'à la pré- adolescence permet à l'enfant de ne pas être dans le jugement vis à vis de ses parents ou de ne pas trop être ds la crainte du jugment extérieur. Il vit et reçoit l'amour parental sans se soucier particulièrement de la composition de sa cellule familiale. L'enfant au cours de cette période n'est pas préoccupé par l'identité sexuelle et peut très bien composer avec l'entourage qui l'accompagne. C'est la qualité du lien avec l'adulte responsable de lui qui importe plutôt que son genre sexuel. Et c'est aussi comment les adultes lui parleront et lui présenteront leur différence par rapport aux autres cellules familiales qui aidera l'enfant à faire avec toutes ces différences. C'est parfois plus difficile lorsque l'enfant aborde l'adolescence et les

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questions de son identité sexuelle. Il va devoir se confronter à cette question de la sexualité, du choix sexuel pour s'inscrire dans le masculin ou le féminin. Les processus d'identifications aux parents pour devenir soi-même un sujet sexualisé peuvent être complexifiés du fait de la particularité de leur choix sexuel. La façon dont l'adolescent va gérer cette situation dépendra aussi beaucoup de la qualité de la relation avec les parents, de la qualité de leur communication sur ce sujet de la sexualité et dépendra de la capacité des parents à accompagner leur enfant dans son questionnement sur l'identité sexuelle, la sienne et celle des adultes qui l'entourent. Quel est le ressenti des parents par rapport à la situation particulière de leur enfant ? Arrivent-ils à l’accepter ? Il y a-t-il eu des réactions violentes ? Parmi mes patients adultes, je n'ai jamais rencontré de parents qui rejetent en bloc leur enfant en fonction de leur orientation sexuelle. Ils expriment pour certains leur difficulté à faire avec les choix de leur enfant, leur besoin d'avoir du temps pour se faire à l'idée de ce mode de vie sexuelle différent du leur... Ils ressentent surtout de la culpabilité ; comme s'ils avaient raté quelquechose dans l'éducation de leur enfant ou comme si leur modèle d'adulte n'était pas bon pour leur enfant. Ils s'interrogent donc sur les raisons de la différence sexuelle de leur enfant et s'en sentent responsable en partie et se remettent en question. Et c'est plus ou moins douloureux en fonction de leur propre histoire, de leur propre tolérance de la différence... Pour certains parents l'attachement à leur enfant et leur souhait qu'il soit avant tout épanoui quelquesoit son mode vie ou sa sexualité prédomine et leur permet de dépasser leur appréhension ou leur 1ère réaction. Pensez-vous qu’il y aura une évolution favorable des mentalités par rapport aux différences sexuelles ? Les nouvelles générations semblent bien plus ouvertes et tolérantes à la question de la différence des choix et des orientations sexuelles. Elles vivent plus librement leur sexualité, expérimentent avec moins de culpabilité les relations hétéro ou bi, alors je pense que l'acceptation des différences sexuelles va évoluer positivement grâce à cette plus grande tolérance. Est-ce que vous pensez que l’hétérosexualité est toujours la norme en France ? Actuellement oui, l'hétérosexualité reste la norme, et le restera encore probablement longtemps car la différenciation entre les êtres (homme/femme, maternel/paternel) reste nécesssaire dans l'inconscient collectif et individuel. Valérie Adnet Psychologue Lanester


Help!

Le coin des PROS

Le Refuge propose un hébergement temporaire et un accompagnement social et psychologique à des jeunes majeurs, garçons et filles, victimes d'homophobie, en rupture familiale. Aujourd’hui, cette organisation répond à nos questions... Pour quelles raisons les familles rejettent la situation particulière de leur proche ? L.R. : Chacun a ses raisons de ne pas accepter l'orientation sexuelle de ses proches, nous pensons que souvent l'annonce de l'homosexualité à un parent le renvoi lui même a son intimité d'un point de vue inconscient et préfère se "protéger" en excluant cette idée en étant agressif, au point de rejeter son enfant.

Est-ce que des personnes bénéficiaires de vos services se sont à leur tour engagées dans l’association ? Non et nous ne le souhaiterions pas car il est nécessaire en travaillant ici (ou même bénévolement) d'avoir un recul nécessaire pour accompagner les jeunes dans leur projet de vie. Nous encourageons par contre les "anciens" hébergés à revenir participer a nos permanences et partager des moments avec les jeunes actuels. Est-ce que vous pensez que l’hétérosexualité est toujours la norme en France ? Qu'est ce que la "norme" ?...

Est-ce que certaines personnes arrivent à reprendre contact avec leur famille ? Il y a-t-il un accompagnement de la famille pour qu’elle puisse accepter la situation de leur enfant ? Oui il existe des cas de reprises de contacts avec la famille mais rarement la reprise d'une relation profonde, le rejet restant un réel traumatisme. Comment arrivent-elles à se reconstruire après cette épreuve ? Le Refuge propose aux jeunes suivis et/ou hébergés des séances avec des psychologues vacataires de l'association en séances individuelles et en groupes. La reconstruction totale du jeune restant longue et difficile. Quelle(s) aide(s) (logement, financements, études, accompagnement….) proposez-vous pour les personnes mineures (homosexuelles ou autres), rejetées par leur famille ? Pour l'accompagnement des jeunes mineurs, l'Aide Sociale à l'Enfance en est généralement le responsable. Le Refuge venant compléter cette accompagnement au quotidien.

Association Le Refuge Maison des Ensembles, 75012 Paris

Est-ce que certaines personnes renient leur orientation sexuelle à cause de la réaction de leur famille ? En effet quelques jeunes se posent ce types de questions et pensent renier leurs attirances, mais ces idées sont accompagnées par les psychologues et n'aboutissent pas. Avez-vous eu le cas d’un couple homosexuel rejeté par leur famille ? Comment cela a-t-il évolué? Oui nous avons déjà hébergé des couples, la majorité sont aujourd'hui en FJT (Foyer Jeunes Travailleurs) ou en colocation.

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POINT CULTURE EN LITTÉRATURE La sexualité et les genres, dans toutes leurs formes, sont présents depuis toujours dans la littérature. Dans l’antiquité, Platon évoquait la pédérastie, Sappho écrivait des poèmes célébrant la beauté féminine, et Homère, avec l’Iliade évoquait les relations homosexuelles des dieux et des mortels. Aujourd’hui, la littérature a des effets sur la « culture homosexuelle », elle participe directement au développement de l’identité homosexuelle, et permet également de modifier l’image de cette communauté aux yeux du monde. Par ailleurs de nombreuses maisons d’édition se sont spécialisées dans cette forme de littérature.

Pendant la guerre froide, Patricia Highsmith publiait en 1952 « Carol » en France. Ce roman fut d’abord refusé en 1951 par son éditeur en raison du sujet quelque peu hardi pour l’époque. En effet le roman parle de l’histoire de Carol, mariée et mère, et va se rendre compte en rencontrant Thérèse, vendeuse dans un grand magasin, qu’elle n’a jamais connu l’amour. Une passion nait entre les deux femmes, perturbée par le mari de Carol qui n’hésite pas à se servir de sa fille comme moyen de pression. A l’époque où le livre est sorti, il fut l’objet d’une polémique en raison de son sujet, l’homosexualité féminine, mais également et surtout parce que le roman avait une fin heureuse. Ici, Patricia Highsmith écrit un livre qui va bousculer l’esprit conservateur et puritain Américain.

Passé le XVIème siècle, même si elle ne fait pas encore l’unanimité, la situation de la société LGBT a évolué. Le mariage, l’adoption, leur situation est reconnue. Mais ce n’est pas le cas partout, car si dans un grand nombre de pays le mariage et les relations homosexuelles sont acceptées, d’autres les condamnent cruellement. C’est ce que démontre Philippe Castetbon dans son recueil de témoignages : « Les condamnés : Dans mon pays, ma sexualité est un crime ». Journaliste et photographe de profession, Philippe Castetbon a contacté des gays dans les 80 pays où leur sexualité est un crime. Ces hommes et ces femmes ont témoigné en total anonymat, sur le désamour d’un pays qu’ils portent pourtant dans leur cœur. Ce recueil montre que personne ne choisit de naitre homosexuel ou hétérosexuel, comme

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personne ne choisit de naitre à Paris où à Kaboul, lorsque la loi, qu’elle soit laïque ou religieuse, nous condamne. Emelyne Le Gall

Les Condamnés, Philippe Castetbon, édition H&O

Carol, Patricia Highsmith, édition Calmann-Levy


CULTURE-ET-VOUS « Le bleu est une couleur chaude », bande dessinée d’où est tiré le film « la vie d’Adéle », ra-

conte l’histoire de Clémentine qui rencontre

Emma, jeune fille qui va lui apprendre à affronter

le regard des autres et lui faire découvrir l’amour. Julie Maroh, édition Glénat.

« En l’absence des hommes », le narrateur

est un jeune homme de 16 ans qui pendant la seconde guerre mondiale, va vivre entre deux

amours, l’un pour son ami Arthur, qui vit sous

les balles dans les tranchées, et l’autre avec Mar-

cel Proust qui vit dans « le monde ». Ce roman a une suite, « Retour parmi les hommes », paru en 2011.

Philippe Besson, édition Julliard.

« La face cachée de Luna ». Liam est un gar-

çon, mais pourtant il se sent « fille ». Alors dans

le secret de sa chambre, la nuit, il devient «Luna». Seule Regan, sa sœur, va le soutenir secrètement. Ce roman parle de la souffrance de Liam mais

aussi celle de sa sœur Regan qui, en soutenant son frère, sacrifie un peu de sa vie.

Julie-Anne Peters, édition Milan.

« Rêve à nu ». Après l’échec de 10 ans de mariage, Jo pense qu’elle n’a pas droit à

l’amour et au bonheur. Prenant un congé

sabbatique pour un changement de décor,

elle va rencontrer une jeune femme qui sem-

ble vouloir lui apporter ce à quoi elle aspire le plus au monde.

Lyn Denison, édition Dans l’engrenage

« Mémoires d’Hadrien », est un roman historique dans lequel l’empereur romain Ha-

drien écrit à son petit fils adoptif et éventuel

successeur. Cette lettre est un rappel à la mémoire de l’empereur, sur ses triomphes mili-

taires, son goût pour la musique et la poésie,

mais avant tout sa passion pour son jeune favori le jeune Antinoüs.

Marguerite Yourcenar, édition Gallimard

« A mes amoures ». C’est l’histoire de la petite Rosalie qui s’interroge sur l’amour.

Elle aime ses deux maman, sa meilleure

amie Lucie mais qu’est ce que vrai l’amour ?

Lors d’un cours de reproduction des es-

pèces sa maitresse ne parle pas d’amour.

Alors qu’est ce que c’est l’amour ? Il faut se

ressembler ? Ca dure combien de temps ?

C’est pour qui ?

Claudine Galéa, Edition Rouergue

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POINT CULTURE EN MUSIQUE Quand on parle d'homosexualité en musique, on ne peut pas passer à coté du phénomène T.A.T.U, qui en 2000, avait fait l'effet d'une bombe. C'est la première fois qu’on montre publiquement l'image de l'homosexualité dans les médias. Le duo, Yulia Volkova et Lena Katina, sont Russes (étonnant vu le contexte actuel !) et sortent leur premier single "All the things she said" qui les révèlera à toute l'Europe. Elles doivent leur succès à leur mise en scène de l'homosexualité féminine au travers de leur clip et de leurs prestations publiques. Le clip met en scène les deux adolescentes (16 et 17 ans) vêtues d'un uniforme scolaire, qui s'embrassent sous la pluie devant des personnes interloquées. Malgré le fait que ce couple ne soit en vérité qu'un mensonge pour attirer le succès, elles continuent à être un modèle pour la nouvelle génération qui voit en elles une façon de s'assumer, l'homosexualité devient publique.

Le chanteur Mika, qui a fait son coming out en septembre 2013 a été la tête d'affiche d'un concert gratuit le 21 mai à Paris "Concert pour tous" qui célèbre la loi sur le mariage homosexuel et, par cette action, tente de réaffirmer l'importance de la lutte contre l'homophobie. Alicia Levanic

T.A.T.U - All the things she said

La chanson permet à la fois de divertir et d'induire le débat, il n'est donc pas étonnant que des artistes utilisent ce moyen de communication pour s'exprimer sur ce sujet, que ce soit pour promouvoir, railler ou parodier. En France, Indochine parait être le groupe de rock le plus impliqué dans le combat contre l'homophobie, il supporte activement « SOS Homophobie » et « Act Up Paris ». Dès le début de leur carrière, Indochine évoque des thèmes sur l'homosexualité et l'intolérance face à la différence. On peut citer comme chanson "3ème sexe" ou encore "Canary Bay", puis plus récemment Indochine à sorti un clip "College boy" qui a fait polémique. La chanson en elle-même parle de l'homophobie, mais le clip traite plutôt de l'intolérance générale face aux différences et à ce que cela peut engendrer. Suite à ces fortes réactions, le clip a été interdit de diffusion à la télévision, excepté après minuit. Il faut noter que l'interdiction de diffusion a été faite durant la période de polémiques et de manifestations "anti mariage pour tous".

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Indochine - College Boy

Mika - Life In Cartoon Motion


CULTURE-ET-VOUS

#1: La Différence - Lara Fabian

La Playlist

#2: Stef2 - Indochine

#3: Adam et Yves- Zazie

#4: Le Plus Beau du quartier - Carla Bruni #5: Petit Pédé - Renaud #6: Différent - Cali

#7: L'amour qu'on n'a pas fait par Laurent Viel et Olivia Ruiz

#8: Lola - Superbus

#9: Adora -Indochine

#10: La bourgeoisie des sensations - Calogero #11: Elle - Shy'm

#12: Elle a dit - Mylène Farmer #13:

Question de pudeur - Olivia Ruiz

#14: Deux ils, Deux elles - Lara Fabian

Mika, lors du concert pour tous, le 17 mai 2013 à la Bastille Variety Fair

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POINT CULTURE AU CINEMA La sexualité est un sujet souvent traité dans le monde du cinéma, qu’elle soit sujet de revendication ou de sensibilisation. Elle sert bien souvent à contrer les mœurs de la société, mais aussi à toucher plus facilement le public à l'aide d'image.

Le succès international du film "Le secret de Brokeback Mountain" d'Ang Lee, sorti en 2006 au grand public, montre que les gens ont été sensibles à l'histoire et au vue du nombre de récompenses et de réactions qu'il a déclenché, on peut estimer qu'il a eu un impact social. En effet, suite à cela, est sorti en 2008, le film "Harvey Milk" de Gus Van Sant, qui met en scène un homme politique américain, ouvertement gay et qui fut assassiné. Sean Penn reçu pour ce rôle l'Oscar du meilleur acteur. El déclare "C'est le premier film hollywoodien grand public où le personnage est gay sans s'excuser de l'être, c'est peut être le premier film sur les droits des gays".

Le film britannique "Billy Elliot" met en scène un jeune garçon de 11 ans, issu d'une famille de mineurs. Il préfère les cours de danse des filles en face plutôt que les cours de boxe que son père lui paie. Il pratique pendant un certain temps en secret, et est soutenu par son ami Michael qui éprouve une attirance pour Billy. A la fin du film, Billy devient le danseur principal du "Lac des cygnes". Son père et son frère sont venus l'encourager et nous pouvons également apercevoir Michael travesti accompagné de son "ami". Alicia Levanic

En France, "La vie d'Adèle" est une comédie dramatique écrite, produite et réalisée par Abdellatif Kechiche, sorti en 2013. Ce film est tiré du roman "Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh. Il traite de la découverte de la sexualité chez une jeune fille de 17 ans. Celle-ci découvre son attirance pour les femmes et cette découverte lui permet de s'affirmer en tant que femme. La vie d'Adèle est présenté au Festival de Cannes où il reçoit un accueil positif de la presse malgré un contexte difficile en France à ce moment (cf: mariage pour tous). Le réalisateur Abdellatif Kechiche et ses deux actrices principales Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos ont été récompensées par la Palme d'or. A savoir que ce film a également reçu de bonnes critiques au niveau international. Un autre film français met cette fois en avant les difficultés d'adopter lorsque l'on est un couple gay/lesbien. "On ne choisit pas sa famille" est une comédie écrite, produite et réalisée par Christian Clavier et sorti au cinéma en novembre 2011. Il met en scène un couple lesbien souhaitant adopter une enfant thaïlandaise. Mais un homme doit se faire passer pour l'époux afin de s'assurer que la procédure d'adoption se déroule légalement en Thaïlande. 22

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Le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee, 2006


CULTURE-ET-VOUS Tomboy (2011) Laure, une gamine de dix ans, « garçon manqué » (tomboy en anglais), s’installe dans une nouvelle ville avec ses parents et sa sœur. Un jour, elle rencontre Lisa qui la prend pour un garçon, trompée par ses cheveux courts, sa façon de s'habiller et ses allures garçonnières. Laure la laisse croire et dit qu’elle s’appelle Mickaël. Lisa introduit alors ce « Mickaël » auprès des enfants de son groupe d'immeubles et « il » fait rapidement partie de la bande. XXY (2007) Alex, une adolescente de 15 ans, a un secret : elle est hermaphrodite. Peu après sa naissance, ses parents décident de quitter Buenos Aires pour s'installer sur la côte uruguayenne, dans une maison de bois perdue dans les dunes. XXY commence avec l'arrivée d'un couple d'amis venus de Buenos Aires, accompagnés d'Alvaro, leur fils de 16 ans. Le père, un spécialiste en chirurgie esthétique, a accepté l'invitation en raison de l'intérêt médical qu'il porte à Alex. Une attirance inéluctable naît entre les deux enfants qui va les obliger à affronter leurs peurs... Des rumeurs se répandent dans la ville. On commence à dévisager Alex comme si elle était un monstre. La fascination qu'elle exerce risque désormais de devenir dangereuse.

Comme un garçon (2010) Steven est un garçon comme les autres, il partage sa vie entre ses passions, la musique, la photo, le sport et les copains, en particulier, Linda, sa meilleure amie. Mais Steven est amoureux. Et cet amour est inavouable. Jusqu'au jour ou son rêve devient réalité, et son amour une belle histoire. Mais s'il est aime, son amoureux, un autre garçon, refuse de s'afficher avec lui. Alors, entre la vérité et le mensonge, entre le courage et la honte, Steven devra choisir entre faire comme les autres ou ne ressembler à personne.

My Summer of Love (2004) Mona, 16 ans, vit seule avec son frère aîné Phil dans un village du Yorkshire. Entre ses aventures sans lendemain et ce frère en pleine crise mystique, elle s'ennuie ferme. Les choses changent le jour où elle rencontre Tamsin, une jolie jeune fille de bonne famille, un peu sombre et rebelle. Celle-ci fascine aussitôt Mona qui, troublée, entrevoit immédiatement de nouvelles perspectives d'avenir.

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LE JEU DU MOIS Découvrez notre mots-mêlés!

B I S E X U A L I T É Q G C G

J X W E N Y G O R D N A B A N

A D O P T I O N W P Y H Y T O

K Z H M O M I C B O L I R P I

H R M U S R N V S L H A S X T

N E W I F S A V U E N I H F A

E M S I L A U X E S S N A R T

E I Q S P C E Y I B G D F Z P

E O R A R G X D A I J O V H E

R R Q D A Y E D N A X C J F C

P T N I N N Y C N N M H N B C

R N R E T A Z W O I F I A H A

Y A T I G D S G D S E N V F Y

M P T I W A C I A M R E F I T

A vous de jouer!

ACCEPTATION ANDROGYNE INDOCHINE MARIAGE TRANSIDENTITÉ 24

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ADOPTION BISEXUALITÉ LESBIANISME MIKA TRANSSEXUALISME

AGENRE GAY MADONNA MISANDRIE

A É A K I M Q C M E Z I P M S


VARIETY HOROSCOPE Ce qui vous attend pour ce mois d’Avril...

Belier (21 mars – 20 avril)

Vous avez une belle énergie et vous menez à terme ce qui vous tient à cœur. Amour : chaud le printemps ! Vous n’avez pas besoin d’en faire des tonnes pour être courtisée et recherchée. Jour de chance : le 9 avril. People : Elton John, Pierre Palmade, Cynthia Nixon

Taureau (21 avril – 20 mai)

Un mois très sympa pour les contacts et l’amitié. Profitez de vos loisirs et détendez-vous. Amour : si vous êtes seule, rencontre assurée en deuxième quinzaine. Avec Jules ou Juliette, ça repart très fort. Jour de chance : le 21 avril. People : Christophe Dominici, Dave, Megan Fox

Gémeaux (21 mai – 21 juin)

Votre tonus est au top, et si vous voulez un job pour les vacances, c’est le moment favorable pour chercher. Amour : des opportunités, mais attention de ne pas jouer avec le feu. Jour de chance : le 12 avril. People : Emmanuel Moire, Wentworth Miller, Bertrand Delanoe

Cancer (22 juin – 22 juillet)

C’est le moment idéal pour lâcher prise et vous reposer. Vivez dans le présent. Amour : c’est à vous de prendre l’initiative, car si vous attendez qu’il se décide, ça risque d’être long. Jour de chance : le 11 avril. People : Enora Malagré, Amélie Mauresmo, Marc-Olivier Fogiel

Lion (23 juillet – 22 août)

Rien ne vous arrête. Attention cependant, restez lucide et attentionnée. Amour : votre séduction est décuplée. Vous pouvez passer à l’action et Jules ou Juliette n’a qu’à bien se tenir. Résultat assuré ! Jour de chance : le 24 avril. People : Mika, Cara Delevingne, Muriel Robin

Vierge (23 août – 22 septembre)

Vous n’arrivez pas à vous décider. Réfléchissez bien, vous allez trouver des solutions. Amour : davantage un mois d’aventures que d’engagement, sauf si vous êtes déjà en couple. Jour de chance : le 5 avril. People : Freddy Mercury, Gérard Louvin.

Balance (23 septembre – 22 octobre)

Ce mois ne manque pas d’occupations. Entourez-vous d’amis et ne partez pas seule en vacances. Amour : vous allez vous éclater sans arrière-pensée. Faites de petites escapades. Jour de chance : le 13 avril. People : Pedro Almodovar, Matt Dallas.

Scorpion (23 octobre – 21 novembre)

L’ambiance est un peu tendue. Restez discrète et ne vous mêlez pas des histoires des autres. Amour : avec Jules ou Juliette, tout va bien. Seule, vous pouvez rencontrer quelqu’un d’agréable, sans plus … Jour de chance : le 20 avril. People : Jodie Foster.

Sagittaire (22 novembre – 20 décembre)

C’est le moment de vous calmer et de réfléchir avant d’agir. Faites face à vos dépenses. Amour : il y a des limites dans votre histoire. Dialoguez. Sinon, vous risquez de passer à autre chose. Jour de chance : le 3 avril. People : Nelly Furtado, Sinéad O’Connor.

Capricorne (21 décembre – 19 janvier)

Vous pouvez tenter votre chance en différents domaines. Ne vous laissez pas dicter votre conduite. Amour : en attendant de rencontrer l’âme sœur, renouez avec des amis. Patience … Jour de chance : le 8 avril. People : Ricky Martin.

Verseau (20 janvier – 18 février)

Vous rendez service à qui vous le demande et tout le monde est sensible à votre gentillesse et votre charme. Amour : ça va mieux dans votre vie sentimentale. Belles promesses pour l’été … Jour de chance : le 15 avril. People : Ellen Degeneres, James Dean.

Poissons (19 février – 20 mars)

Remettez à plus tard les projets et faites attention aux belles paroles. Amour : réglez les litiges. Si vous faites une rencontre, regardez où vous mettez les pieds … La prudence est conseillée. Jour de chance : le 17 avril. People : Ellen Page, Laurent Ruquier, Drew barrymore, Beth Ditto.

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Projet magazine  

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