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Culture

Politique

Journal de l’association étudiante

Volume IV - Mai ‘08

Le Pape est mort!

Société Insolite Pékin 2008: Des olympiques contreversés

C o n fe s s i o n s d’un militant

NOUVEAU: Cahier détachable!

Des jeux, des articles insolites et des articles estivaux pour décompresser durant vos cours


Le Mot de la rédac’

C

hers étudiants et étudiantes,

Pour cette deuxième édition de la session d’hiver, nous tenions tout particulièrement à vous offrir un journal d’une qualité renouvelée. L’enthousiasme dont vous avez tous fait preuve lors du lancement de la dernière Crise nous a poussé à nous dépasser encore cette fois. Cet esprit d’excellence nous a d’ailleurs peut-être incité à prendre un peu plus de temps que prévu afin de produire la présente édition; toute l’équipe espère sincèrement que vous saurez nous en pardonner! Le journal que vous tenez entre vos mains est particulier puisque c’est la parution de La Crise qui est selon nous la plus diversifiée. On y trouve des articles pour tous les goûts et concernant tous les sujets chauds de l’heure : que l’on pense à notre dossier spécial sur les Olympiques de Pékin 2008 (les athlètes à surveiller, les conflits au Tibet qui y sont liés, etc.) ou à la désaffiliation de l’AGECFXG avec l’ASSÉ. D’excellents articles sur la culture vous attendent (notamment la dédicace toute spéciale de Beethoven à la ville de Québec) tandis que d’autres, plus légers, vous divertiront assurément (plongez sur celui traitant des coupes Longueuil!). En tant que journalistes, les opinions de nos lecteurs comptent beaucoup à nos yeux. N’hésitez donc pas à nous faire parvenir vos impressions, vos commentaires, vos articles, etc., et vous aurez probablement la chance d’être publié (il est cependant primordial que vous écriviez votre nom, car nous ne pouvons pas imprimer les lettres ou les articles anonymes). En espérant que cette Crise renouvelle votre ardeur d’étudiant du collège François-XavierGarneau, nous vous souhaitons la plus agréable des lectures!

Le journal la Crise est une production 100% étudiante, engagée et solidaire. Les propos tenus dans les articles ne sont pas modérés, mais nous offrons gracieusement un droit de réplique à toute personne se sentant offensée. Pour nous tout commentaires, suggestions ou collaboration spéciale: crise@assofxg.com Équipe de production Directeur: Alexandre Ste-Marie Rédactrice en chef: Amélie B. Goudreau Responsable aux Publicités: Eva Falk Pedersen Collaborateurs: Alex Tremblay Amélie B. Goudreau Andréa Monplaisir Catherine Cimon David Bélanger Élise Fortin Étienne Cayer Étienne Dupont Eva Falk Pedersen Féeniscya Roy Félix Côté François Turcotte Gabrielle Bertrand Marie-Pier Ménard Pierre-Olivier Drouin Correcteur en chef: Alex Tremblay Correcteurs: Carole-Ann Alain Simon Beaudoin Eva Falk Pedersen Claudia Langlois Laura Perreault Montage et Graphisme: Alexandre Ste-Marie Tout droits réservés ©2008 Journal La Crise

Amélie B. Goudreau, Rédactrice en Chef

Volume IV - Mai ‘08


À Voir dans cette crise... Le Dossier Choc: Pékin 2008

Les Jeux sont dans le cahier détachable...

Les jeux olympiques, une tradition plus que centenaire!

En détail en p. 5

Un monde, un rêve Les jeux olympiques à Pékin cet été risquent encore une fois de permettre au Canada de faire le plein de médailles. Nous vous présentons nos prédictions par rapport à ceux-ci. En détail en p. 6

Politique interne

Présentation des résultats du référendum de désaffiliation de l’ASSÉ et commentaires d’acteurs important dans celui-ci. Référendum

Actualités Internes

Confessions d’un militant

À bas les préjugés!

En détail en p. 7 En détail en p. 7

La Grande déclaration - Journée Citoyenne

Canimun 2008

En détail en p. 11

Opinions

En détail en p. 17

De la sépu(cu)lture québécoise

Revue de cette journée qui a permi aux étudiants de Garneau d’affirmer leur engagement pour le développement durable de notre planète En détail en p. 8

En détail en p. 17

Insolite

Des extraterrestres, ici?! La légendaire coupe Longueuil

En détail en p. 9 En détail en p. 10

Culture

L’origine des fêtes Beethoven et... Québec? Le pape est mort!

Politique Externe En détail en p. 12 En détail en p. 13 En détail en p. 15

Une mosaïque du prix littéraire des collégiens

En détail en p. 16

Le conflit au Proche-Orient

En détail en p. 18


Messages d’intrêt public Votre logement est froid ? Votre facture d’énergie est élevée ? Un service gratuit est à votre portée pour réduire le coût de votre facture d’énergie et améliorer l’isolation de votre logement ou de votre maison. Le Programme Éconologis. Développé par l’Agence de l’efficacité énergétique du Québec, avec l’appui financier des distributeurs d’énergie, le programme est livré gratuitement dans votre secteur par l’organisme Vivre en Ville.

C’est gratuit ! Le programme consiste à une intervention à domicile, où un technicien effectue divers travaux tels que : -Calfeutrage de vos fenêtres -Installation de seuils et de coupe-froid pour vos portes -Installation de produits économiseurs d’eau et d’énergie (pomme de douche à débit réduit, aérateurs de robinets) -Ajustement et isolation de votre chauffe-eau -Installation d’ampoules Fluo compact Lors de cette visite, une

C Comme vous avez pu le lire, soit O dans l’une des dernières paruM tions de l’Hebdo Garneau, soit M U sur les nombreuses pancartes N qui ont été placardées dans tout I le cégep, l’issue du référendum Q concernant le maintien de l’affiU É liation de l’AGECFXG (Associa-

tion Générale Étudiante du Collège François-Xavier-Garneau) à l’ASSÉ (Association Syndicale pour la Solidarité Étudiante) s’est soldé par la victoire du Non. En effet, la lutte, que beaucoup trou-

conseillère, qui accompagne le technicien vous aidera à améliorer l’efficacité énergétique de votre logis en suggérant des moyens pour réduire votre consommation en ce qui a trait au chauffage, à l’eau chaude, aux appareils ménagers et à l’éclairage. Le programme vous offre encore plus ! Si vous chauffez à l’électricité ou au gaz naturel, un entrepreneur-électricien ou un technicien de service qualité en combustion pourraient se rendre à votre résidence pour effectuer la pose de thermostats

vaient très chaude la semaine précédant le scrutin, s’est finalement terminée par une écrasante défaite du camp du Oui, le Non l’ayant emporté à 90,4 %. L’équipe du journal, qui avait auparavant déploré les circonstances plus ou moins brumeuses du vote de grève de l’automne passé, tient à souligner l’implacable démocratie dont l’Association étudiante a cette fois-ci fait preuve; le vote s’est déroulé dans

électroniques. Ceux-ci optimiseront le chauffage de votre domicile et réduiront votre facture de chauffage de 10 %. C’est simple, Rapide et Efficace ! Pour obtenir plus d’information et pour prendre rendez-vous, appelez-nous au (418) 523-5595.

Pour informations supplémentaires, venez vous informer à l’Association étudiante auprès de Marie Christine Trottier ou de tout autre membre du Front Vert.

un climat de calme et de confiance, ce qui donne, selon plusieurs, beaucoup plus de crédibilité et de poids aux résultats finaux. Référez-vous à l’article de Simon Beaudoin pour connaître tous les détails du processus électoral qui a été mis en place, pour vous rappeler les arguments des deux clans et pour savoir en quoi cette désaffiliation pourra être profitable à tous les étudiants du cégep.

Cette édition de La Crise est la dernière de l’année scolaire 2007-2008. Au nom de toute l’équipe, je vous souhaite de bonnes vacances estivales et vous remercie de nous avoir lu. -La Direction du Journal La Crise


Le Dossier Choc: Pékin 2008

LES JEUX OLYMPIQUES, UNE TRADITION PLUS QUE CENTENAIRE ! Par Élise Fortin 6 avril 1896, Athènes, Grèce. Cette journée vit naître les premiers jeux olympiques modernes. Pourquoi modernes ? Parce que, il y a quelques milliers d’années, les habitants de la Grèce antique prenaient part à des courses de chars et à des courses à pied et pratiquaient la boxe et la lutte. Les premiers résultats ont été enregistrés l’année 776 avant J.-C. lors d’une compétition sportive qui eût lieu pendant une cérémonie destinée à honorer Zeus, un dieu grec. Puisque ces jeux avaient lieu tous les quatre ans dans la vallée de l’Olympe, ils furent nommés jeux olympiques. Les premiers jeux olympiques d’hiver ont eu lieu à Chamonix, en France, en 1924. Depuis, les jeux olympiques ont lieu tous les quatre ans et les jeux d’hiver tous les quatre ans, à deux ans d’intervalle des jeux d’été. Les symboles olympiques Le drapeau olympique arbore cinq anneaux de couleurs différentes : noir, bleu, vert, rouge et jaune. Ils représentent l’équité, l’amitié, la compréhension et le respect entre tous les participants. Le flambeau, lui, entreprend un voyage qui le mène d’Athènes, en Grèce, jusqu’au site olympique pour l’ouverture officielle des jeux. À l’origine, le gagnant d’une course avait l’honneur d’allumer la flamme symbolique à l’ouverture des jeux. Cette tradition a été reprise lors des jeux de Berlin

en 1936. La devise olympique est : « Plus vite, plus haut, plus fort » du latin « Citius, altius, fortius ». Elle représente les principes de l’esprit olympique. Une panoplie de sports ! Voici la liste à jour des sports et disciplines au programme des prochains jeux olympiques reconnus par le Comité International Olympique (CIO) : Été : Athlétisme Aviron Badminton Baseball Basketball Boxe Canoë-kayak Cyclisme Équitation Escrime Football Gymnastique Haltérophilie Handball Hockey Judo Lutte Natation Pentathlon moderne Soft Ball Taekwondo Tennis Tennis de table Tir Tir à l’arc Triathlon Voile Volley-ball Hiver : Biathlon Bobsleigh Curling

Ski Patinage Hockey sur glace Luge La lutte à la corde, le rugby, le polo, la crosse, le golf, le ski nautique, le cricket et la pelote basque figuraient autrefois au programme olympique. Dates importantes des jeux olympiques d’été 1896 : Athènes Premiers jeux olympiques 1900 : Paris 1904 : Saint-Louis Le tricheur et 1e dopé des jeux olympiques modernes. 1908: Londres 1912 : Stockholm 1916 : Berlin. Les jeux olympiques n’ont pas lieu à cause de la 1ère Guerre mondiale. 1920 : Anvers C’est la première fois qu’on voit apparaître le drapeau aux 5 anneaux et qu’on prononce le serment de Pierre de Coubertin. 1924 : Paris 1928 : Amsterdam 1932: Los Angeles 1936: Berlin Première transmission télévisée au cours de laquelle les jeux olympiques sont transformés en manifestation à la gloire du régime nazi. Un accroc pour Hitler : le grand gagnant est un noir (J. Owens). 1940: Tokyo puis Helsinki Ils n’ont pas lieu à cause de la 2e Guerre mondiale. 1944: Londres

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Jeux annulés. 1948: Londres 1952: Helsinki 1956: Melbourne/Stockholm 1960: Rome 1964: Tokyo 1968: Mexico 1972: Munich Un commando palestinien prend d’assaut le quartier israélien au village olympique: 11 morts. 1976: Montréal 1980: Moscou 1984: Los Angeles 1988: Séoul 1992: Barcelone 1996: Atlanta 2000: Sydney 2004: Athènes Jeux Olympiques d’hiver : 1924: Chamonix Premiers jeux olympiques d’hiver 1928: Saint-Moritz 1932: Lake Placid 1936:Garmisch-Partenkirchen 1948:Saint-Moritz 1952: Oslo 1956: Cortina d’Ampezzo 1960: Squaw Valley 1964: Innsbruck 1968: Grenoble 1972: Sapporo 1976: Innsbruck 1980: Lake Placid 1984: Sarajevo 1988: Calgary 1992: Albertville 1994: Lillehammer 1998: Nagano 2002: Salt Lake City 2006 : Turin Prochain jeux olympiques : Beijing en 2008 et Vancouver en 2010.

La Crise


Le Dossier Choc: Pékin 2008

UN MONDE, UN RÊVE! Par Marie-Pier Ménard Il y a déjà près de quatre ans, le Canada récoltait 12 médailles aux jeux olympiques d’Athènes, en Grèce. Quelques mois avant le lancement des évènements, la fébrilité des athlètes se fait sentir, la compétition commence à se faire féroce et l’atmosphère est des plus tendues. Cette année, la flamme olympique sera sur le sommet du mont Qolomolangma (Everest). Cette année, l’équipe chinoise, dont le chef est Wang Yongfeng, escaladera le mont pour atteindre le site de la flamme olympique. Cette flamme devra atteindre le sommet de la montagne et devra ne pas s’éteindre malgré les conditions rudes de cette région montagneuse. Encore cette année, le Canada sera représenté par plusieurs athlètes dans plusieurs disciplines, notamment par Alexandre Despatie qui, on s’en rappelle tous, récolta une médaille d’argent au 3 mètres en plongeon. Dans cette même discipline, mais au 10 mètres synchronisés cette fois, Emilie Heymans et Blythe Hartley récoltaient ensemble une médaille de bronze et ce, quelques points derrières l’incollable duo Lishi et Ting. Le plongeon fut l’une des disciplines qui fit le plus jaser au Québec, car le favori Alexandre Despatie eut plus d’une bonne performance, se classant 4e au 10 mètres

individuel et 5e en duo avec Philippe Comtois au haut vol synchronisé au 10 mètres. De plus, cette fois-ci dans une autre discipline, le gymnaste Kyle Shewfelt nous impressionna tous en récoltant la toute première médaille d’or du Canada en exercices au sol pour homme. Un autre point fort des jeux olympiques d’Athènes fut lorsque la Québécoise MarieHélène Prémont gagna Des installations olympiques très futuristes. une médaille d’argent en vélo tout terrain. On s’attend présentement à message invite le monde Depuis, cette athlète qui être encore une fois représenté entier à se joindre à l’esprit s’entraine au Mont St-Anne, par ces athlètes d’excellence en olympique et à construire connaît un succès fulgurant et plus de nouveaux venus. Les un avenir meilleur pour récolte de nombreux éloges. périodes de l’humanité. Le 31 mars dernier, qualification pour les olympiques sont toutefois à venir. Le programme 2008 est similaire à celui de 2004 : les vingt-huit sports seront à nouveau présentés et ce, en 302 épreuves (167 masculines, 127 féminines et 10 mixtes).

Le slogan de cette année est : « Un monde, un rêve!» Ce

débutait le lancement du relais de la XXIXe olympiade. Le début des festivités et le gala d’ouverture est prévu pour le 8e jour du 8e mois de 2008, date dont on se souviendra probablement longtemps. Il faut donc surveiller les performances de nos athlètes dès le lancement. Reste à voir si les athlètes auront de bonnes performances et sauront récolter plus de médailles! Du 8 au 24 août se tiendront les olympiques à Pékin en Chine.


Politique Interne

RÉFÉRENDUM

Par Antoine Sarasin-Bourgoin Les 12 et 13 mars derniers, les étudiants du collège François-Xavier-Garneau ont décidé de se faire confiance et de se désaffilier du regroupement national qu’est l’ASSÉ. Conscients de leur potentiel, ils ont fait leur choix par référendum et ils ont voté à 90,5% contre le maintien de cette affiliation. Nous avons ainsi rattrapé la norme régionale et la majorité des collèges du Québec en devenant indépendant. En étant indépendant, Garneau ne sera plus comparé ni relié à l’ASSÉ qui, par son extrémisme, nuit à tout le mouvement

étudiant. Deuxièmement, les étudiant(e)s de Garneau, en se désaffiliant, se donnent la chance que leur vote compte vraiment car, selon l’ancien fonctionnement de l’ASSÉ, même si les 6500 étudiant(e) s de Garneau votaient non à une grève, le vote oui des 600 étudiants du CÉGEP de Matane pouvait l’annuler puisque, pour eux, chaque association équivalait à un vote. En étant indépendants, nous ferons respecter notre caractère distinct, mettrons de l’avant les idées de nos membres et veillerons à ce qu’ils aient un accueil correspondant à leur grand

nombre. En ce sens, nous donnerons une grande voix au mouvement. Troisièmement, bien sûr, vient la question monétaire. Nous sauverons 16 000$ par année qui pourront être dépensés ici et par nous, selon ce qui est décidé par vos représentants et selon les directions données par les assemblées générales. Les étudiants de Garneau pourront mieux se représenter seuls mais, pour ce faire, ils devront, dans un futur rapproché, se réapproprier leur liste de revendications pour mieux refléter leurs idées et leurs valeurs. Une assemblée générale se tiendra

le 1er avril, où il sera décidé de changer, de proposer ou de réaffirmer les positions et les revendications que les étudiant(e)s ont prises dans le passé. Ces positions, une fois votées dans une assemblée générale, détermineront les luttes que feront pour vous les administrateurs de l’Association étudiante. Assurez-vous que ces positions représentent bien vos besoins et vos préoccupations. Vous pourrez également en ajouter de nouvelles. C’est ainsi que les étudiant(e)s de Garneau se réapproprieront leur association étudiante.

voir ce que j’ai fait comme une affirmation légitime de ma position, mais ce n’était pas vraiment le cas… Je ne dis pas là que j’ai menti, seulement que je me suis menti. Dans un comité référendaire, plusieurs arguments sont avancés pour favoriser une position et je n’étais pas toujours d’accord avec toutes ces positions. Par exemple, la récupération du 16 000 dollars par année n’était pas pour moi un enjeu prioritaire : ce qui m’importait vraiment, c’était que cet argent soi bien investi. Je n’étais pas d’accord avec l’usage que l’ASSÉ en faisait, mais je ne m’opposais pas au principe du partage des richesses entre cégeps si nécessaire. Mes deux véritables arguments étaient mon opposition au syndicalisme de combat et ma conviction que la véritable chose à défendre n’était pas la

gratuité scolaire puisqu’elle ne change rien à l’écart entre les riches et les pauvres, mais bien une certaine restructuration du système des prêts et bourses. En effet, j’estime recevoir trop recevoir de prestations de l’aide financière aux études et je ne dois sans doute pas être le seul dans cette situation -. Cela démontre donc qu’il peut encore être amélioré. En m’identifiant à tout un tas d’arguments que je ne cautionnais pas vraiment, je me suis donc menti à moi-même et j’ai également ébranlé la liberté que je me consentais de dire ce que je voulais. J’ai, selon moi, manqué d’honnêteté chaque fois que j’ai vu quelqu’un aller trop loin dans ses attaques et que je ne pouvais rien dire pour défendre l’ASSÉ. J’étais également mal à l’aise quand j’ai invité les gens à voter en me basant sur des arguments

CONFESSIONS D’UN MILITANT Par Simon Beaudoin Le référendum des 12 et 13 mars derniers m’a vu me promener en criant à tue tête des slogans anti-ASSÉ et s‘est soldé par la victoire éclatante de mon camp. En suis-je content pour le cégep? Oui. Le suis-je pour moi? Non. Car, pendant cette campagne, je me suis rendu compte que je ne voulais pas vraiment militer, que j’aurais préféré être du camp des indécis, et ce, malgré ma répugnance au syndicalisme de combat que prônait l’ASSÉ. Je me sens maintenant capable de simplement travailler à faire fonctionner la démocratie qui n’a tout de même eu, dans l’ensemble, qu’un peu plus de 10% d’appui lors du référendum. Je transmets ici mon expérience parce que je crois qu’elle pourrait en intéresser quelquesuns. Mon but n’est pas de décrédibiliser le camp du NON

ou de cracher sur le comité directeur du référendum; il est plutôt d’exposer mes propres scrupules de conscience face à ce que j’ai fait. Pendant l’Assemblée générale étudiante qui a voté pour le référendum, j’avais déjà prononcé, très maladroitement, des paroles contre l’ASSÉ. Vers la fin de cette assemblée, j’ai tenté d’adhérer au groupe des neutres qui a supervisé le référendum avec, bien sûr, un échec manifeste. Le lendemain même, je m’étais fait à l’idée que je devais assumer mon choix et mes paroles et m’inscrire dans le camp du NON. Ironiquement, j’ai été le premier inscrit et également, je crois, le premier à voter. Tout au long de la campagne, j’ai cru trahir mes positions quelquefois exprimées dans ce journal sur l’honnêteté et le respect. Peut-être pouvez-vous


Politique Interne

qu’il m’était impossible d’expliquer au milieu d’un couloir et même, parfois, que je ne voyais pas vraiment comme la véritable raison pour laquelle nous devions nous désaffilier. Il m’est aussi quasiment inutile de dire que j’ai manqué de respect envers tous ceux qui soutenaient l’ASSÉ, si peu étaient-ils , en les jetant consciemment tous

dans le même panier, alors que l’ASSÉ avait certainement, elle aussi, des divergences parmi ses membres. Et toutes les fois où je me suis trahi, je me suis aussi manqué de respect à moimême… Pour toutes ces raisons, j’affirme aujourd’hui que j’admire ceux qui peuvent ainsi mettre de côté leurs spécificités propres.

Toutefois, je crois également que j’aurais trouvé moins éprouvant de ne pas épouser la cause qui semblait pourtant m’aller comme un gant. J’aurais pu, à la place, faire parti du comité neutre, mais ne me serais-je pas alors sermonné parce que je n’aurais pas suivi ce que je croyais devoir faire? Je me rattrape après le

référendum en écrivant cet article sans prétention qui rétablit en moi ma position et vous montre à quel point je suis peu sûr de moi. Si vous lisez cet article, toutefois, j’ai eu assez de courage pour l’envoyer au journal…

LA GRANDE DÉCLARATION JOURNÉE CITOYENNE

Par Cyril Shreiber, collaboration spéciale Le mardi 8 avril 2008, le collège François-Xavier-Garneau a tenu une activité historique : la journée citoyenne. Réalisée en collaboration avec l’INM (Institut du Nouveau Monde), les étudiants et étudiantes étaient invités à signer la Grande Déclaration, charte qui propose un monde plus sain, plus juste et plus équilibré. En gros, les étudiants étaient conviés à se sensibiliser à un sujet vaste mais nécessaire : l’engagement. Quelles formes prend l’engagement de nos jours ? Comment agir concrètement et efficacement en tant que citoyen à son propre niveau ? Sous le slogan « Agissons pour mieux vivre », le projet, chapeauté par le professeur de philosophie Pierre Mercure, proposait toutes sortes d’activités durant la journée pour réveiller la fibre citoyenne en chacun de nous. L’événement fut lancé à la place du citoyen, devant le stationnement du 1660, sous le chapiteau. Durant la journée, l’endroit accueillit notamment un match d’improvisation portant sur l’engagement, le mur des exultations citoyennes et une œuvre collective. Bref, c’était là qu’il fallait aller pour faire entendre sa voix et laisser sa trace.

Il y eut aussi un volet « dialogue/échange/débat ». À 13h00 se tenait deux activités : une conférence de Marie-Ève Mathieu intitulée « Est-il trop tard pour prendre ma santé en main ? » à l’auditorium et la projection du film d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », au Centre de démonstration en sciences physiques. Une heure plus tard, une conférence sur la gestion de l’eau s’est tenue au A-2090. À 15h00, une table ronde nommée « Le choc des visions citoyennes » était proposée (encore une fois au Centre de démonstration en sciences physiques). Finalement, un événement fut très attendu par les organisateurs : le buffetcauserie sur l’engagement et ses difficultés à la cafétéria du 1660. L’originalité tenait du fait que les participants débattaient de cette question... tout en mangeant de délicieux plats non-conventionnels ! Au menu : couscous et carré d’abricots en dessert... Bien sûr, de 13h00 à 16h00, la salle des Pas Perdus fut occupée par des stands d’information sur différents sujets reliés à l’engagement : « Eau secours », « Le suremballage dans mon assiette », « L’engagement citoyen dans le Collège », « Le compostage », « La citoyenneté

et le travail », « Le citoyen et le monde », « La citoyenneté et l’ordre », « La citoyenneté et la marginalisation », et finalement « Culture et littérature », un stand qui faisait la promotion du Salon du Livre, et qui démontrait à quel point la culture (dont fait partie la littérature) est importante dans nos vies de tous les jours. Finalement, la journée s’est achevée avec un volet festif pas piqué des vers : plusieurs groupes, dont Marylène et Les Heureux Perdus ainsi que Les Pesants d’Art, étaient au rendez-vous pour offrir leur musique engagée tout en donnant un spectacle unique. Des membres de l’école de cirque de Québec étaient présents pour l’animation entre deux artistes et le clou de la soirée fut la prestation de Biz, membre du fameux groupe Loco Locass. Ancien étudiant de Garneau, c’est sans hésitation qu’il a accepté d’être le porte-parole de cette journée exceptionnelle et qu’il a adhéré à l’idée de chanter quelques-unes des chansons de son groupe. Son engagement dans ses paroles est d’ailleurs bien connu des étudiants. Ce n’est pas tous les jours qu’un événement de cette ampleur

et de cette importance a lieu à Garneau. La mission des organisateurs était de faire prendre conscience aux étudiants de leur pouvoir d’agir pour vivre dans une société plus adéquate à leurs valeurs et leur grande force fut de viser large : par le terme engagement, une multitude de sous-catégories apparaissent, et l’action engagée peut être posée concrètement de toutes sortes de manières. Même si les gens réduisent malheureusement leur engagement envers des causes écologiques, la guerre contre la pollution et la lutte aux changements climatiques, cette journée citoyenne montra à tout le monde que l’engagement n’est pas seulement écologique, mais aussi culturel, social, humanitaire. Le 8 avril 2008 restera gravé dans les mémoires comme une date où certaines personnes ont prouvé que l’engagement peut et devrait être accepté par tout le monde et que chacun, dans son domaine, peut faire un geste, aussi petit soit-il, pour une meilleure société, que chaque geste compte et sert à quelque chose.


Insolite

DES EXTRATERRESTRE, ICI?! Par Élise Fortin Sommes-nous seuls dans l’univers? Cette question est sur nos lèvres depuis des décennies. Ayant été sujette à des milliers d’études, d’expériences et de conquêtes spatiales, cette question reste pour le moins irrésolue à ce jour. L’affaire Roswell et la vie extraterrestre La NASA a lancé, dans le cadre du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, le plus vaste projet spatial jamais conduit sur la recherche d’une intelligence extraterrestre. Le 12 octobre 1992, le programme de recherches HRMS (High Resolution Microwave Survey) a envoyé des millions d’ondes radio à travers l’univers à l’aide d’immenses radiotélescopes. Cependant, la facture du projet, s’élevant à 100 millions de dollars sur dix ans, était trop salée au goût du Congrès américain qui demanda son annulation en 1993. Le Search for ExtraTerrestrial Intelligence (SETI), un organisme privé, prit sa relève. Il faut premièrement se rappeler la spectaculaire intrigue de l’affaire Roswell. Au cours de la soirée du 2 juillet 1947, une soucoupe volante se serait écrasée à 100 kilomètres de Roswell, au NouveauMexique. Le lendemain matin, Mac Brazel, un fermier de la région de Corona, fait la découverte, en compagnie d’un ami, de débris étalés sur plus d’un kilomètre de long. Après en

Une scène d’un des films de science-fiction les plus célèbre: Independence Day avoir ramassé quelques-uns, il rentre chez lui et fait part de son étonnante découverte à ses voisins. Le métal posséderait des propriétés étranges : impossible de le brûler ou de le couper. Le 6 juillet, Mac Brazel se rend à Roswell avec des échantillons pour signaler au shérif l’écrasement de l’aéronef dont il a été témoin. Le shérif avertit la base aérienne locale. Des officiers se présentent quelques minutes plus tard. Le major Jesse A. Marcel, responsable de la sécurité de la base et témoin important de l’affaire, est dépêché sur les lieux de l’écrasement. Le 7 juillet, une opération secrète est organisée par l’armée pour récupérer l’épave. Quatre petits êtres d’apparence humaine auraient été découverts morts en état de décomposition. Une équipe de scientifiques en aurait fait l’autopsie. Le lendemain, un périmètre de sécurité est établi pendant que Brazel est mis

sous surveillance. Le matin du 8 juillet, le site d’un second écrasement aurait été découvert à 4 kilomètres au sud-est du premier par une équipe d’archéologues, juste avant l’arrivée des militaires. Les archéologues affirment avoir vu les débris d’un « objet métallique gris » et quatre autres corps non humains de 1,15 mètre. Dans un premier communiqué de presse, l’armée vient confirmer que l’équipe du major Jesse Marcel a récupéré l’épave d’une « flying saucer ». Le soir même, depuis son bureau de Forth Worth au Texas, le général Ramey déclare que ces spécialistes se sont trompés et présente aux journalistes les débris d’un ballon-sonde qui aurait été dépêché à la hâte par avion. L’affaire est par la suite étouffée. Les nombreux témoins auraient été bâillonnés et mis sous surveillance. Certains auraient même disparu mystérieusement. En 1978, l’affaire Roswell refait

9

surface lorsque Jesse Marcel, alors à la retraite, affirme publiquement la première version des faits. En 1994, une enquête officielle est instituée, mais elle est entravée par l’armée qui n’y collabore pas vraiment. Au printemps 1995, un film sur l’affaire Roswell sème la controverse. Le document a été acheté par un producteur britannique à un caméraman américain à la retraite qui aurait tourné des images de l’ovni écrasé et de l’autopsie des créatures pour le compte de l’armée. Pendant plusieurs années, le caméraman aurait conservé plusieurs bobines que l’armée n’avait pas réclamées. Des problèmes financiers auraient incité le caméraman à vendre le film. Plusieurs doutent cependant de l’authenticité du document. Au cours de la nuit du 30 au 31 mars 1990, deux intercepteurs F-16 belges rencontrent un ovni. Leur radar capte alors le mouvement d’un triangle

La Crise


Insolite

lumineux qui passe de 300 à 1200 km/h en une seconde. Contrairement aux autorités de plusieurs pays qui se font discrètes sur la question des ovnis, le gouvernement belge a décidé de mener une enquête publique. Été 1947: un été plutôt surprenant! • Le 24 juin 1947, un homme d’affaires du nom de Kenneth Arnold survole les montagnes de l’État de Washington. Soudain, il aperçoit à sa gauche neuf objets plats et lumineux filant à une vitesse hallucinante. Peu après, il raconte son histoire aux journalistes en utilisant le mot « soucoupe ». Le lendemain, un journaliste invente le terme « soucoupe volante » pour décrire ce que Kenneth Arnold a vu. Une expression venait d’être consacrée.

• L’été de 1947 est exceptionnellement propice aux apparitions d’ovnis aux États-Unis. Quelques jours avant l’écrasement d’un appareil près de Roswell, plusieurs observations sont signalées. Le 28 juin, à Lake Mead dans le Nevada, un chasseur F-51 repère une formation d’objets circulaires. Le lendemain, un disque argenté est aperçu sur le terrain militaire de White Sands au Nouveau-Mexique. Le 4 juillet, des témoins, dont des policiers, observent pendant deux heures un disque volant au-dessus de la ville de Portland en Oregon. Le 8 juillet, de mystérieux objets volent au-dessus de la base militaire secrète de Muroc en Californie. • Mais le récit le plus spectaculaire de l’été 1947 a lieu le 21 juin. En plein aprèsmidi, un garde-côte nommé

Harold Dahl, son fils de 15 ans et un autre membre d’équipage patrouillent la baie de Maury Island à 5 km de Tacoma dans l’État de Washington. Ils aperçoivent « six machines très grosses en forme de beignets » au-dessus de leur tête. Par mesure de sécurité, Dahl accoste le bateau sur la plage. Il prend quatre photographies. Soudain, un des engins se met à cracher des fragments dans l’eau qui tuent le chien de Dahl et brûlent son fils. Par la suite, les six ovnis quittent la baie en direction du Pacifique. L’équipage récupère quelques échantillons. Dahl présente les preuves à son supérieur Fred Crisman.

celle de sa famille. « Vous avez vu ce que vous n’auriez jamais dû voir », lui aurait-il dit.

Le 22 juin, un homme au volant d’une Buick noire, vêtu de noir, arrive chez Dahl. Il l’invite à déjeuner et lui demande de garder le silence sur ce qu’il a vu, s’il tient à sa sécurité et à

Leur avion s’écrase mystérieusement. Crisman disparaît lui aussi de façon obscure, tout comme le fils de Dahl…

L’homme d’affaires Kenneth Arnold, celui-là même qui a fait une observation d’ovnis en plein vol quelques jours plus tôt, a vent de l’histoire et se rend à Tacoma. Dahl et Crisman lui montrent les échantillons. Arnold fait appel au lieutenant Frank Brown, un officier de renseignements de l’armée de l’air, pour les aider dans leur enquête. Après un entretien avec Arnold et Crisman, Brown et le capitaine Davidson qui l’accompagne seraient repartis pour la Californie avec un carton de fragments.

LA LÉGENDAIRE COUPE LONGUEUIL Par Gabrielle Bertrand Que peut-on dire à propos de la mythique, la légendaire, l’originale, l’affreuse, la kétaine, la ridicule, la hideuse coupe longueuil? Eh bien, bien des gens font de l’ancêtre du « Padde » une vénération. Je ne comprenais pas pourquoi il y a quelque temps mais, en faisant une petite recherche sur google, c’est fou ce qu’on peut trouver pour se faire rire. Pour ma part, j’ai tout simplement recherché « Mullet ». Je suis désolée d’utiliser ici des pages Internet en anglais, mais c’est pour la bonne cause. En fait, ces articles s’adressent à tous ceux qui sont déprimés par le trop-plein de travaux et qui se demandent comment ils vont arriver à réussir leur session ou bien à toutes les personnes qui ont quelques minutes à perdre

à investir dans une thérapie du rire. Alors, commençons par « The Mullets Galore ». Cette page Web regroupe une quantité monumentale de photos de coupes longueuils. Toutes ces photos sont classifiées et, dans chaque catégorie, vous trouverez une description plus ou moins fictive de chaque personne portant fièrement une magnifique coupe longueuil. Des heures de plaisir! Peut-être y trouverezvous de l’inspiration pour vous coiffer au prochain « Pinch of Love »! Vous pouvez trouver ces magnifiques coupes de cheveux au www.mulletsgalore. com. Puis, il y a le fameux Mull it over qui nous présente la longueur minimale pour qu’on considère notre coupe de cheveux

comme une coupe longueuil. Sur cette même page Web, il est possible de se procurer des t-shirts « I Love Mullets ». Alors, à tous les amoureux des coupes longueuils, affichezle fièrement et encouragez le mouvement « Mullet ». Vous pourrez par la suite admirer les magnifiques cheveux de ces hommes et de ces femmes à la recherche d’originalité et d’identité. Tout cela sur un même site Internet au www. MulletJunky.com. Pour terminer notre visite en beauté, je vous propose d’aller faire un tour au www. ratemymullet.com. On nous offre de juger de nos coupes longueuils préférées. Quoi de plus satisfaisant que de partager notre appréciation avec d’autres personnes qui ont la même opinion que nous?

Je vous souhaite une bonne visite, en espérant que vous aurez autant de plaisir que moi à regarder ces extravertis. Que ce soit en famille ou entre amis, toutes les occasions sont bonnes pour rire un peu.


Actualités internes

CANIMUN 2008 Par Étienne Cayer Peu avant la semaine de relâche, un groupe d’étudiants du Baccalauréat International se sont rendus à Ottawa pour vivre une simulation des Nations Unies. La conférence, qui se déroulait tout près du parlement, a réuni des gens de partout au pays, mais aussi des invités internationaux. Des visiteurs se sont même déplacés du Ghana pour venir assister à cette simulation. Mais qu’est-ce que cette conférence qu’on nomme CANIMUN (Canadian International Model United Nations)? C’est une occasion pour des étudiants de se réunir entre eux et de représenter un pays au cours d’une session de l’ONU. Chaque établissement se voit accorder un certain nombre de pays en fonction de son nombre de délégués qui vont participer à la conférence. Chaque étudiant (délégué) se doit de représenter le pays qui lui a été assigné et ce, même s’il ne pense pas ce qu’il défend. Au cours des cinq conférences, d’environ trois à quatre heures chacune, les différents délégués discutent de sujets qui leur avaient été préalablement présentés. À la fin de la séance, les responsables des différentes conférences choisissent les meilleurs délégués et ceuxci sont honorés lors de la cérémonie de fermeture. Le collège François-Xavier-

Garneau comptait le plus grand nombre de délégués et ses pays étaient la Russie, le Maroc, le Chili, le Pakistan et Haïti. Nous avons été particulièrement chanceux de se voir octroyer la Russie puisque les pays ayant un droit de veto (États-Unis, Chine, France, Russie, Grande-Bretagne) sont souvent réservés pour les grandes universités telles que McGill. Comment se déroule une session de l’ONU? Tout d’abord, il y a différents comités : le Conseil de sécurité, les Assemblées générales, l’Organisation mondiale de la santé et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Chacun de ces comités a deux sujets sur lesquels ils doivent débattre pendant les différentes sessions. Par exemple, le comité sur l’environnement a traité de la sécurité de l’Arctique et de l’importance de préserver l’environnement dans les pays en voie de développement. Ensuite, au cours des sessions, les délégués peuvent s’inscrire sur une liste pour obtenir le droit de parole et ainsi présenter le point de vue de leur pays. Bien sûr, les

différents pays n’ont pas tous la même importance. Ainsi, la présence et l’implication des États-Unis sont bien plus importantes que celles d’un petit pays, mais ces petits pays ont tous aussi le droit de s’exprimer. Le but de la conférence est de laisser les étudiants gérer des crises ou des enjeux au meilleur de leurs connaissances. Pour ce faire, des alliances se créent entre différents pays qui vont travailler sur ce qu’on appelle des « working paper ». Ces derniers doivent être entièrement soumis au comité qui, s’il les trouve bons, va voter en faveur de l’adoption des « working paper » qui pourraient éventuellement devenir des résolutions. Sur le plan personnel, j’ai participé à CANIMUN et je siégeais sur le Conseil de sécurité. J’avais un rôle très important, car je représentais la Russie. Nous étions douze délégués présents au conseil et notre sujet principal était la crise au Darfour. Ma position était assez délicate puisque la Russie a des liens très forts avec le gouvernement soudanais qui est, en partie, responsable de cette crise. J’ai dû, dès le début, créer une

alliance avec la Chine qui se retrouvait dans une position similaire à la mienne. Ainsi, nous étions deux pays avec un droit de veto, ce qui obligeait les États-Unis et la France à composer avec ce fait lorsqu’ils souhaitaient soumettre un « working paper » puisque ce dernier devait recevoir notre accord. Ce fut l’un des points forts de mon expérience, car deux universitaires dans la vingtaine avancée devaient s’assurer qu’un cégépien comme moi accepte leurs idées sans quoi je n’avais qu’à apposer mon droit de veto. J’ai vraiment aimé cette sensation! En conclusion, j’ai passé un merveilleux séjour à Ottawa et il est sûr que je vais participer de nouveau à la conférence l’année prochaine en espérant apprécier l’événement autant que cette année. FÉLICITATION À LORENZO TESSIERMOREAU ET PHILIPPE TESCEIRALESSARD (DÉLÉGUÉS H O N O R A B L E S ) AINSI QUE NICOLAS CAREL-RENAUD, SIMON CASTONGUAYCOUILLARD ET ANNE-MARIE KIMPE (MENTIONS LORS DE LA CÉRÉMONIE DE FERMETURE)!


Culture

ORIGINES DES FÊTES

Par Élise Fortin Toutes ces fêtes qu’on célèbre ici et là sans trop savoir pourquoi ont pourtant toutes leur raison d’être. Parfois incertaine, leur origine est par contre toujours intéressante à connaître! Voici donc les origines de quelques fêtes célébrées dernièrement. Le poisson d’avril L’origine exacte du poisson d’avril est difficile à identifier. On dit que le 1er avril correspondait au premier jour de l’année mais, qu’en 1564, Charles IX, roi de France, décida de le fixer au 1er janvier. Pour la première fois, en 1565, on se souhaita bonne année et on s’offrit des cadeaux le 1er janvier. Quand arriva le 1er avril, des plaisantins eurent l’idée de donner des cadeaux amusants. Une autre hypothèse serait cette fois liée au carême. Au XVIe siècle, chez les chrétiens, le 1er avril correspondait à la fin du carême. Le carême était une période où on ne mangeait pas de viande mais plutôt du poisson. Les chrétiens, qui en avaient assez du poisson, utilisaient les restes en les accrochant sur les portes ou sur le dos des autres en guise de blague. La coutume du poisson d’avril existe en France, en Belgique, au Canada, en Italie, aux ÉtatsUnis, en Suisse et au Japon. Les gens ont pris l’habitude de se jouer des tours ce jourlà. Des journaux, des postes de télévision et des stations

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de radio s’amusent même à faire marcher les gens! La Saint-Patrick La Saint-Patrick, qui a lieu le 17 mars, est la fête nationale des Irlandais. Cette date marque le décès du saint Patrick en 461. Il s’agissait d’un prêtre irlandais qui convertit les païens à la religion chrétienne. Comme il était très aimé des Irlandais, ces derniers lui ont dédié une fête. À l’origine, la Saint-Patrick était une fête chrétienne qui avait toujours lieu durant le carême. Fait cocasse, la première célébration n’aurait pas eu lieu en Irlande mais plutôt à Boston, aux États-Unis, en 1737. De nos jours, la fête de la Saint-Patrick est soulignée dans plusieurs pays. Pour l’occasion, les gens qui participent aux célébrations sont vêtus de vert et portent le trèfle à la boutonnière. Le trèfle est devenu l’emblème national de l’Irlande car, pour expliquer le concept de la Sainte Trinité, saint Patrick utilisait le trèfle comme symbole. Ce sont les immigrants irlandais qui ont popularisé la fête au Québec, mais c’est à New York qu’a lieu chaque année la plus grande parade qui rassemble plus de deux millions de spectateurs! La Journée internationale de la femme Le 8 mars, à chaque année, c’est la Journée internationale

de la femme. C’est l’occasion de réfléchir à ce qu’on appelle la « condition féminine » partout dans le monde, d’améliorer la situation des femmes et de fêter les victoires et les avancées. Elle prend son origine dans des manifestations et des protestations à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Des femmes revendiquaient alors de meilleures conditions de travail (dans l’industrie textile, notamment), mais aussi une égalité dans les droits fondamentaux par le droit de vote par exemple. La création d’une Journée in-

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ternationale de la femme était alors révolutionnaire. Elle a été proposée pour la première fois en 1910 par Clara Zetkin, une leader socialiste allemande et une figure historique du féminisme. Cette journée existe officiellement depuis que les Nations Unies l’ont officialisée en 1977. Depuis, elles invitent tous les pays à la célébrer. La Journée de la femme existe pour rappeler que beaucoup de femmes souffrent encore d’inégalités sociales partout dans le monde et que certaines sont même oppressées et violentées couramment.


Culture

BEETHOVEN ET… QUÉBEC? Par Alex Tremblay À prime abord, il est difficile d’établir un lien direct entre ce grand compositeur du début du XIXe siècle connu de tous et la ville de Québec. Certes, comme dans toute autre grande ville qui se respecte ses œuvres ont été jouées à plusieurs reprises et sont connues de tous ses citoyens; Québec ne fait pas exception à la règle, loin de là. En 1961, le pianiste de renommée internationale Wilhelm Kempff et l’Orchestre symphonique de Québec ont même joué l’intégrale des concertos de Beethoven à Québec. Ce sur quoi je veux attirer votre attention est ce qui différencie notre ville des autres et le lien direct unissant Beethoven et Québec. Tout commence le 13 février 1795 avec la naissance d’un certain Théodore Frédéric Molt près de Stuttgart en Allemagne. Avant de s’installer à Québec au printemps de 1822, il servit dans l’armée napoléonienne à titre de soldat, de comptable et de payeur adjoint. Son régiment devait prendre part à la célèbre bataille de Waterloo le 18 juin 1815. Molt arriva « trop tard pour participer au combat mais à temps pour apercevoir le champ couvert de morts et de mourants — une scène qui demeura par la suite un souvenir vivace en son esprit », ainsi que le rapporte un ami de Molt, l’historien John K. Converse. À son arrivée à Québec, Molt,

qui est avant tout un musicien de formation, se fit connaître comme professeur de piano, d’orgue, de violon, de chant de basse chiffrée et arrondit même ses fins de mois en accordant des pianos. Peu de temps après son arrivée, en 1823, il se maria à Henriette

Glackemeyer (fille d’un autre musicien allemand très actif à Québec, Frédéric Glackemeyer) et fonda la Juvenile Harmonic Society en 1824. Histoire somme tout banale, semblable à celle de bien des artistes qui vinrent s’établir à Québec.

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En quoi Molt se distinguet-il alors plus que d’autres et en quoi est-ce pertinent de l’évoquer dans cet article sur Beethoven? En 1824, Molt prit la décision sans laquelle cet article n’existerait pas : il vendit tous ses biens pour se rendre en Europe afin de

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Culture

parfaire sa formation.

Au cours de ce voyage, Molt fit un séjour à Vienne où il espéra de tout cœur pouvoir rencontrer Beethoven. Son vœu fut exaucé. Le maître l’accueillit même chaleureusement chez lui. Pour communiquer avec Beethoven, à cette époque complètement sourd, il fallait écrire dans un carnet. Voici les mots tracés dans ce petit cahier par un Molt visiblement ému : « Je suis professeur de musique à Québec en Amérique du Nord. Je me suis si souvent délecté de vos œuvres que c’est pour moi un devoir de vous témoigner, à l’occasion de ce voyage à Vienne, ma gratitude personnelle, d’autant plus que j’ai grand… » Hélas, la page suivante a été arrachée. La conversation alla bon train, mais ne toucha guère la musique. Beethoven fit plutôt lire des vers — médiocres, aux dires de Molt — qu’il venait d’écrire à l’intention d’une jeune femme. Ne voulant pas refroidir l’enthousiasme du maître (à qui on attribue de façon abusive l’image d’un homme colérique), Molt n’osa pas lui demander la faveur qui lui brûlait les lèvres – ou plutôt les doigts ! Toutefois, peu après la rencontre, il fit parvenir à Beethoven une courte missive dans laquelle il adressait la requête suivante : « Après mon départ, je n’aurai jamais plus la chance de venir à vous. Vous voudrez donc me pardonner de vous

remettre une feuille d’album qui restera pour moi, à une distance de 3000 heures (que je dois encore parcourir pour rentrer), comme un document éternellement précieux. […] je serai fier de pouvoir dire à mes amis làbas, eux-mêmes de fervents admirateurs : «Voyez ce que Beethoven a écrit pour

moi, du fond de sa grande âme». » Juste en dessous de sa signature, Molt, ajouta de nouveau l’information qui, il ose l’espérer, va peser de tout son poids : « Professeur de musique à Québec en Amérique du Nord. » Beethoven se laisse toucher et fait mieux que de griffonner un petit mot : il compose un bref canon à deux voix, avec la dédicace : « Des profondeurs de mon âme, à M. Théodore Molt ». Détail amusant, le document porte la date du 16 décembre 1825, soit le jour du 55e anniversaire du grand compositeur ! Intitulé Freu dich des Lebens — en français « Réjouis-toi de la vie » — ce canon constitue l’unique lien connu de Beethoven avec,

non pas seulement la ville de Québec, mais tout le Nouveau Monde… On imagine la joie de Molt lorsqu’il reçut pareil trésor! Toujours est-il qu’il rentra à Québec au début de juin 1826 et tenta alors de profiter de ses rencontres musicales en s’annonçant, encore une fois, comme professeur et en ajoutant avoir étudié avec Beethoven, Czerny et Moscheles. On est loin de la rencontre fortuite où il ne fit que discuter avec le maître… Il est même possible de se demander s’il a rencontré Czerny et Moscheles (et même Schubert, comme son ami Converse le prétendit plus tard). Toujours est-il que s’il les a rencontrés, il n’a dû avoir droit qu’à quelques conseils ou à de brèves leçons puisque son séjour en sol européen n’a duré qu’une année. Molt se tailla tout de même une belle réputation de pédagogue et d’organiste et fut même celui de la cathédrale de Québec entre 1841 et 1849 après s’être converti au catholicisme. Également auteur, il publia plusieurs ouvrages pédagogiques, dont le premier manuel bilingue d’enseignement de la musique au Canada. Le 12 juin 1846, son épouse et deux de ses fils, FrédéricFélix et Adolphe-Alphonse, âgés respectivement de 12 et 19 ans, périssent dans le très violent incendie du théâtre Saint-Louis (situé à l’emplacement de l’actuel monument de l’UNESCO,

juste à côté du terrain sur lequel fut édifié le château Frontenac en 1892), où, dans une panique indescriptible, 45 personnes trouvèrent la mort. Molt se remaria deux ans plus tard, partit pour Burlington au Vermont et y termina ses jours. Le 16 novembre 1856, il s’y éteint à l’âge de 61 ans. Quant au manuscrit du Freu dich des Lebens de Beethoven, il devint d’abord la propriété du fils aîné de Molt. Un antiquaire berlinois en fit l’acquisition en 1933 et il fut par la suite vendu aux enchères à New York en 1966 à un collectionneur canadien, Lawrence Lande, qui le déposa à l’Université McGill. La division de la musique de Bibliothèque et Archives Canada (Ottawa) en fit l’acquisition en 1979. Cet article vous a donné envie de découvrir ce petit canon écrit pour nous ? Un enregistrement récent fait pas les Voltigeurs de Québec le reprend justement et est disponible chez tout bon disquaire. Un concert de cet ensemble fondé en 1866 sera donné au Palais Montcalm le 19 avril prochain, au cours duquel on pourra entendre l’œuvre. Allez donc écouter ce que Beethoven nous a écrit du fond de sa grande âme pour les citoyens de la ville de Québec.


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LE PAPE EST MORT! Par David Bélanger Non, ne vous alarmez pas, je fais ici allusion au pape du nouveau roman. Mais, pour ceux qui, comme moi, vouent à la littérature un culte, l’événement est de même envergure, si ce n’est de plus grande. Alain Robbe-Grillet, auteur de nombreux romans, notamment Les Gommes, Le Voyeur, et La Jalousie, ainsi que de plusieurs scénarios de films, dont un sorti en 2007 (C’est Gravida qui vous appelle), s’est éteint le 18 février dernier d’une crise cardiaque. Destin tragique pour un homme qu’on aurait pu croire immortel ou, du moins, qu’on aurait voulu voir mourir la plume entre les mains, achevant son énième chef-d’œuvre... Un frisson passe le 18 février 2008 à la mort de l’écrivain de 85 ans qui a consacré une bonne partie de son œuvre à innover la littérature, à se détacher des formes et idées essentiellement prônées par un canevas plutôt traditionnel : un frisson semblable à un mal de génération. Nous avons manqué quelque chose. L’ère du nouveau roman est révolue. Excepté cet écrivain d’excellence qu’on retrouve en Michel Butor, qui est maintenant âgé de 82 ans et qui rejoindra sans doute bientôt ses « collaborateurs », les nouveaux romanciers ont tous, ou à peu près, franchi le cap de la mort. On parle ici de Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Claude Simon et de

M. Robbe-Grillet 1922-2008 quelques autres tous décédés à l’orée d’un nouveau siècle. « Qu’avons-nous manqué?» demanderez-vous. Et à cela, on ne pourra que répondre qu’il s’agit ici de littérature et que ce que vous avez manqué se trouve sur les rayons de vos bibliothèques en attente de votre lecture, de vos yeux posés sur ces pages afin de rattraper le temps perdu, afin de rendre hommage à ces talentueux auteurs qui ont chamboulé, à partir des années 1940, le monde littéraire. Nous avons manqué, certes, la chance de faire partie de cette réflexion sur le roman, sur l’art, qui était alors d’actualité. Aujourd’hui, sur le sujet, nous n’avons que la chance – heureusement ou malheureusement- de citer ces penseurs, et, qui sait, de tenter de pousser plus vers l’avant ces idées. Ce qu’ils ont fait? Ils ont contesté le fameux modèle

traditionnel balzacien qui, affirmaient-ils, n’aurait plus rien à nous faire découvrir. Pour ce faire, ils ont travaillé sur de nouvelles formes pour faire du roman par essence un genre sans genre, une forme littéraire capable de plusieurs genres littéraires, apte à se mouvoir. Le nouveau roman se caractérise en fait par son aspect informe, par son caractère inachevé, son côté novateur et subversif. Il est expérimental, constituant en quelque sorte son propre laboratoire, il est sa recherche. Comme l’a dit Ricardou, on est plus dans le roman d’aventure mais dans l’aventure du roman. On est ici dans une entreprise de déchiffrement du réel et quel déchiffrement! Michel Butor, dans L’emploi du temps, consterne le lecteur à tout moment, l’amenant à faire face à une réalité probante. Le narrateur, dans l’œuvre, tente d’établir un rapport aux souvenirs, enchevêtrant des événements qui finissent par être répétés inlassablement, plaçant contre son gré le lecteur dans le même embarras que le personnage. Un chefd’œuvre qui réussit à intégrer véritablement le lecteur au roman. Robbe-Grillet – Sa Sainteté- dans La jalousie, joue avec les dits et les nondits, l’absence de noms, et de personnages entiers pour laisser croire qu’ils existent

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mais ne jamais le prouver. Il ne faut pas laisser un mot nous échapper devant ce genre de roman. Et pourtant, la fin, quelle déception! Mais ô quelle déception! Rien, jamais ne se termine comme on le voudrait. Tout est à interpréter, on assiste à une enquête qui ne se termine que si on le veut bien, mais encore, avec quelle certitude? Mais bon, absence de certitude et incessantes déceptions, cela ne vous rappelle-t-il pas le roman dont vous êtes le héros? Le nouveau roman a été difficilement accueilli à ses débuts, quoiqu’il jouissait d’une certaine reconnaissance dans les milieux d’avant-gardes. On l’a accusé de subvertir le vrai sens du roman et même d’être ennuyant. Mais, et c’est Robbe-Grillet, ce drôle de personnage, qui l’a souligné, il suffit d’être critiqué pour être. Il a d’ailleurs remercié le critique Pierre de Boisdeffre pour l’avoir fustigé et de lui avoir, par le fait même, fait de la publicité. Les nouveaux romanciers se sont plus à faire parler d’eux, de la même façon qu’ils se sont plus à découvrir de la nouveauté. Et l’important, comme l’a écrit Sarraute - l’empruntant à Flaubert c’est d’empêcher finalement à l’écrivain « de commettre son crime le plus grave : répéter les découvertes de ses prédécesseurs. »

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UNE MOSAÏQUE DU PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS Par David Bélanger Il fallait s’y attendre mais, comme est maintenant établie la coutume, personne ne s’y attendait, la mouture actuelle du prix littéraire des collégiens est on ne peut plus… colorée. De la verbeuse phrase de Pierre Samson à l’écriture minimaliste de Lise Tremblay – et pour être méchant, pourrait-on dire « l’écriture minimale » de Stéfanie Meunier – le P.L.C. offre, cette année, une sélection de livres aussi décousue en thèmes et en qualité que cela fût le cas pour les années antérieures. Un rapide survol s’impose donc. Catastrophes, satirique Voilà un roman qui n’a guère acquis l’unanimité au sein des lecteurs du collège. D’une forme travaillée, cette œuvre de Pierre Samson offre une lecture difficile où ne peut pas pénétrer simplement qui sait lire. Fruit d’une certaine recherche - résultant en un verbiage hermétique tournant sur luimême, diront certains – il n’en demeure pas moins que c’est là une tentative intéressante de traiter un sujet nombriliste : le monde littéraire québécois. À explorer avec circonspection. La sœur de Judith, un succès Bénéficiant de l’appui du chroniqueur vedette de la presse, Pierre Foglia, ce dernier livre de Lise Tremblay serait, à l’heure actuelle – et

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de l’aveu même de l’auteure ! - un best-seller vendu à 8000 exemplaires. Cette histoire toute simple d’une tragédie moderne sait offrir des personnages vivants qui périclitent sous le regard naïf d’une jeune fille, la narratrice. La stylistique sobre – un peu trop, parfois – réussit assez bien à imiter le ton d’une préadolescente de douze ans. Un livre qui tente d’exposer

sèche et froide. Un livre qui a pour centre le sujet de la mort – un peu barbant et répétitif, soutiennent quelques lecteurs – et qui ne s’ancre jamais tout à fait dans un récit, ne demeurant qu’un propos sur ce grand thème.

une réalité du Chicoutimi des années soixante possédant les qualités et les défauts qu’ont ces fictions agrafées au réel.

Robert Lalonde – qui est constitué de textes se rejoignant plus ou moins autour d’un thème, celui de la disparition de certaines qualités, de certains êtres. Une écriture poétique, sans envolée, qui sait souligner juste ce qu’il faut pour illustrer l’univers où se déroulent ses récits. N’ayant pas l’aplomb de toucher tous les lecteurs, ce recueil de nouvelles a su pourtant en charmer plusieurs même si d’autres regrettent ne pas garder de souvenirs de ces si courtes histoires.

Pourquoi faire une maison avec ses morts, inclassable Le … livre – que dire d’autre ? – d’Élise Turcotte est inclassable. Abordant son sujet un peu à la manière de l’essai avec une construction de recueil de nouvelles tout en pouvant être un roman quelque peu éclaté, ce livre laisse dubitatif. La prose de cette poète étonne par son inégalité tout au long de l’œuvre, se retrouvant tantôt dans des images vaporeuses, tantôt dans une description

Espèces en voie de disparition, modeste Un recueil de nouvelles – d’histoires spécifie l’auteur,

Ce n’est pas une ¸façon de dire adieu, un beau livre Ce roman de Stéfanie

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Meunier offre l’histoire d’un triangle amoureux dans les années soixante-dix à New York. Doté d’une triple narration – l’auteure aurait désiré titrer son roman « Les trois îles », titre qu’a rejeté son éditeur- la stylistique reste pourtant la même pour les trois narrateurs. Écriture très simple, on n’y réinvente pas le triangle amoureux. Les personnages sont construits de manière artificielle, ils sont stéréotypés, bref : ce sont des personnages, sans possibilité d’a p p r o f o n d i s s e m e n t . Pourtant, le livre est magnifique, avec sa photo et son titre qui divulgue un peu la fin, bien sûr, mais qui ignore la fin d’un tel roman ? Un divertissement, pour qui peut s’en divertir. Le prix littéraire des collégiens est décerné démocratiquement par les cégépiens de toute la province et il sera remis le 18 avril prochain, dans le cadre du salon du livre de Québec. L’auteur(e) lauréat(e) méritera une bourse de 5000 $ ainsi qu’une résidence d’écrivain pendant trois mois, en France. Rappelons que l’an dernier, la lauréate fut Myriam Beaudoin pour son roman Hadassa, également primé pour le prix France-Québec du public cette année.


Opinion

À BAS LES PRÉJUGÉS!

Par Simon Beaudoin S’il est une chose qui empêche de connaître les autres, c’est bien cette vermine pernicieuse que sont les préjugés. Qui n’a jamais entendu dire que telle personne était paresseuse parce qu’elle est « sur le BS » ou que « tous les … sont des …! »? D’abord et avant tout, les préjugés viennent de notre incapacité à reconnaître toutes les différences et les nuances qui entourent une personne ou un groupe de personnes. Effectivement, on fait inconsciemment des généralisations au lieu d’essayer de comprendre l’ « autre ». Bien sûr, il serait impossible d’exclure totalement les préjugés de nos vies, mais peut-être pourrions nous au moins avoir la décence de ne pas en exprimer en public. D’autres exemples de généralisations peuvent être trouvés quand on parle des « têtes carrées de l’Alberta

», ou même des populaires, il y a quelques années, « Newfies »… Cette dernière expression représenterait les Terre-Neuviens! Pour le divertissement et, comme on pourrait décliner n’importe comment ces blagues, on peut passer l’éponge, mais quand on s’attaque à un groupe en lui accolant une étiquette, je dis non. J’en reviens donc à notre environnement étudiant. Ceux qui étaient présents à la session dernière le savent. À la dernière édition de La Crise, une majorité d’intervenants du dossier sur la grève étaient contre une telle mesure. Dans ce seul conflit, on peut répertorier plusieurs préjugés qui ont insulté des étudiants. Le premier à citer est lorsque monsieur Sarrazin Bourgouin a dit : «Les étudiants sont avec nous, à part les gens du bac international qui sont l’élément d’extrême droite

à Garneau et qui voulaient entrer dans les classes», en entrevue avec le MediaMatin Québec dans l’édition du 16 novembre 2007. Il faut toutefois ajouter à cette citation des précisions qu’il m’a données selon lesquelles la journaliste qui l’a interviewé l’avait amené à dire quelque chose se rapprochant de ces mots. Le BI n’aurait donc été pour lui que la frange la plus à droite du cégep et non pas un groupuscule d’extrême droite. Mais, par-delà cet incident injustement gonflé, peut-on vraiment prétendre être tout blanc ou tout noir? Apparemment, l’éditorial de la dernière édition a été salué très froidement par l’Association Étudiante. Pas étonnant, puisqu’on y sousentendait quasiment que l’Asso était en quelque sorte « vendue à l’ASSÉ », ce qui n’était pas le cas puisqu’elle tentait à ce moment de s’en

désaffilier. Une meilleure connaissance de l’Asso, de son fonctionnement et de sa diversité aurait pu empêcher cet « incident diplomatique » entre les membres et l’organisme qui gère notre budget! La vérité est que tout le monde a sa part de responsabilité. Mais, s’il faut réserver notre jugement et, donc, le laisser mûrir, il ne faut pas non plus totalement l’éclipser au nom d’une tolérance à tout et à n’importe quoi. Je dois aussi, malheureusement, conclure en disant qu’il est souvent plus percutant d’insulter publiquement l’autre que de faire des articles posés comme je tente de le faire. À ce titre, la campagne de reconsidération de notre affiliation à l’ASSÉ nous a montré certains exemples...

toutes les autres- semblent tellement effrayer ? Ne pourrait-on pas faire les deux, trouver un juste milieu ? Apprendre et l’anglais de base et un français convenable ? Et la littérature québécoise et la littérature internationale ? Aller et à la cabane à sucre et au McDonald’s? « On ne fait pas lire assez de livres québécois dans le programme collégial ! » affirme-t-on, dans le milieu du livre. - Faites-en lire plus, exige la logique. - Il faut, pour cela, faire lire moins de livres français !

Ah ? La logique est perdue. On lui exige de hiérarchiser les savoirs en vu d’en éliminer. Rayons, disons… Racine et on enseignera Michel Tremblay. Mais, ce n’est pas un peu pernicieux de replier notre jeunesse sur son petit lopin de terre, de la couper des alexandrins du XVIIème siècle et des existentialistes du XXème ? - Faites lire plus de livres ! lance la logique Ce sont les institutions qui songent, alors. P-l-u-s de l-i-vr-e-s… Étrange idée parce que tout le monde sait que pour

DE LA SÉPU(CU)LTURE QUÉBÉCOISE Par David Bélanger Polémique culturelle : on se plaint, dans le milieu du livre, de l’organisation des cours de littérature obligatoires qui ne porteraient pas assez attention aux œuvres québécoises. Un problème de culture qui les miroite tous. Certains pourraient s’insurger d’une évidence : il y a davantage de collégiens qui connaissent le Français Charles Baudelaire que le très québécois Gaston Miron. Combien sont-ils, en effet, les professeurs qui enseigneront Miron dans l’unique cours du

parcours collégial consacré à la littérature québécoise ? Et puis, Baudelaire a l’avantage d’être reconnu par plusieurs spécialistes comme étant le plus important poète de l’Humanité ; ce qui n’est pas sans nous rappeler que nous sommes humains. N’empêche que, ne pas connaître Miron, à la source même de notre identité culturelle… Tout le débat est là. Que connaître : soi ou le reste du monde ? Pourquoi est-ce si embêtant au Québec ? Pourquoi ces questions – d’où découlent


Opinion

être un bon ingénieur civil, il ne faut pas nécessairement avoir lu Balzac. Même si… Il s’agit d’une opinion radicale que celle qui soutient qu’il faut lire davantage. Ceux qui n’aiment pas lire lisent déjà trop. En quoi est-ce que ça les aiderait ? « Nous savons, nous, amants de la culture, que c’est bon pour vous ! » Propos hautement dangereux que celui de prétendre connaître ce qui est bon pour la masse. Et puis, on n’inculque pas une culture à coups de pelle. Vaut mieux trouver des arguments, convaincre l’étudiant qu’il est bien de lire des bouquins, que c’est bon pour lui. - Tu vas pouvoir en parler durant le souper ! Bof ! Il faudrait quelque chose de solide, un peu comme l’indubitable valeur qu’à une bonne maîtrise de l’anglais

chez la plupart des étudiants bien conscients que, sur le marché du travail, c’est là un atout majeur. Mais la culture n’a pas d’arguments. - Mieux se connaître, nous, le peuple, et nous, l’humain. C’est ce qu’offre la culture, oui oui. La chanson, la peinture, la littérature, la philosophie, autant de portes définitionnelles de l’humanité. - Mieux connaître quequoi ? En effet, la culture a cela d’embêtant. Elle offre la connaissance pour la connaissance. Guère d’applications concrètes, rien à voir avec le calcul de l’hypoténuse. Elle offre de devenir un humain et un citoyen mais pas un médecin, un comptable ou un avocat.

Alors, non, on ne lira pas plus de livres au collège ni à la maison.

son bouquin parce qu’il voit l’effritement d’un peuple et refuse d’écrire pour le vide.

Et alors arriveront les autres. Les gens de théâtre qui affirmeront que nous ne fréquentons pas assez leurs salles. Et les cinéastes, les musiciens, les chansonniers, les danseurs, les conservateurs de musée. « Pas assez ! Pas assez de gens ! » TQS s’égraine, car plusieurs téléviseurs, eux aussi, sont clos. Le problème s’étend. Mais que ce passe-til? Où sont-ils tous passés ?

Étudier l’ailleurs ou étudier l’ici, se gratter le nombril ou sentir la croupe du voisin ? Il semble que le regard québécois doit nécessairement être en train de se poser ailleurs parce qu’il délaisse – la masse, du moins- sa propre culture. À moins qu’il ne regarde nulle part ? Que nous ne trouvons plus le temps de porter nos yeux où que ce soit. Trop occupé. Mais… à quoi ? Je me le demande, je vous le demande, QUE FAITESVOUS ?

Ce sera la question qu’on se posera, un jour, nous, les Québécois. Où seronsnous passés? Victor-Lévy Beaulieu, il y a peu, a lancé l’interrogation, dans le même élan qu’il lança son œuvre dans le feu. Oui, il a brûlé

Enfin, il est déjà miracle que vous ayez achevé la lecture de cet article…

Politique Externe

LE CONFLIT AU PROCHE-ORIENT Par Élise Fortin Nous avons tous déjà entendu parler de ce conflit. En ce moment, les États-Unis essaient de rétablir la paix et le calme dans cette région agitée. Mais d’où provient ce conflit exactement ? Et depuis quand existe-t-il? En voici un bref aperçu. L’histoire d’Israël est parsemée de conflits avec ses voisins arabes depuis la création du pays le 14 mai 1948. Le 30 novembre 1947, les Nations Unies ont adopté la résolution 181 qui prévoyait le partage de la Palestine en deux États : un État juif et un État arabe. Les Juifs acceptèrent cette résolution avec joie, mais les Arabes palestiniens et

l’ensemble des pays arabes s’y opposèrent. Moins de 24 heures après sa déclaration d’indépendance, Israël fut attaqué par les armées d’Égypte, de la Jordanie, de la Syrie, du Liban et de l’Irak. La guerre, gagnée par Israël, dura quinze mois et coûta la vie à plus de 6000 Israéliens. Des centaines de milliers de Palestiniens ont été chassés de leurs terres et des milliers de Juifs qui vivaient dans des pays arabes et des pays d’Europe ont immigré en Israël. En 1956, Israël est de nouveau entré en guerre contre ses voisins arabes. C’est toutefois en 1967, lors de la guerre des

Six Jours, qu’Israël a conquis des territoires qui sont encore au cœur du conflit entre les Palestiniens et les Israéliens. On n’a qu’à penser à la Cisjordanie et à la bande de Gaza où des communautés juives se sont implantées malgré l’opposition des Palestiniens et des pays arabes. Le 6 octobre 1973, jour de la fête du Kippour, soit la plus importante du calendrier juif, l’Égypte et la Syrie attaquent Israël. Les combats prennent fin le 25 octobre et les Israéliens remportent la victoire malgré de lourdes pertes. C’est à partir de cette guerre qu’a eu lieu le premier

choc pétrolier. Les pays arabes producteurs de pétrole ont augmenté le prix du pétrole et ils ont cessé d’exporter l’or noir vers les pays qui ont soutenu Israël. Depuis, plusieurs tentatives de pacification ont été mises sur pied (malheureusement sans succès) au cours des ans. La communauté internationale voudrait voir la création d’un État palestinien. C’est pourquoi les États-Unis convoquèrent les principaux acteurs de ce conflit à la conférence d’Annapolis afin de relancer les discussions de paix et les pourparlers sur la création d’un État palestinien.


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