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Sciences

Le Web-napperon L’internet pour les

Séniorsp. 5

L’ISORG

Nouvelles surfaces intelligentes p.3

Flora Masiuk p.7 Communicante scientifique et animale Numéro 0 - Décembre 2012 - WS


L Editeur de publication : ICM, Grenoble

Directeur de publication : Muriel Jacobiak Rédacteur en chef : Alexandre Peruchon

Assistante de rédaction : Flora Masiuk Directeur artistique : Bruno Poyard Conception graphique : Alexandre Peruchon . Photographie : Alexandre Peruchon . Illustrations : Abigaëlle Peterschmitt . Impression : ICM, Grenoble

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e mot de la Rédac'

Parce que personne n’a le monopole de la connaissance, parce que la Science n’est pas la chasse gardée des vieux barbus ventripotents et pour beaucoup d’autres raisons, vous tenez entre vos mains le numéro zéro de We Science. Ce nouveau mensuel gratuit de culture scientifique fait le pari que loin d’être désincarnée et inaccessible, la science gravite tout autour de vous. De la plus petite molécule d’ADN aux premiers pas de l’Homme sur la lune, nous baignons dans la science, nous sommes Science ! Fort de ce constat, l’objectif de We Science est simple : éveiller la curiosité scientifique et s’inscrire au cœur des enjeux actuels. Curieux de tous bords, jeunes et moins jeunes, fanatiques de physique quantique, troubadours, amateurs de bons fromages, pongistes et autres sportifs en herbe… Ce magazine est fait pour vous. Dans ce numéro, nous vous invitons à découvrir des innovations : qu'elles soient destinées aux personnes âgées ou aux accros aux nouvelles technologies. Nous parlerons également de chants d'oiseaux, de médiation scientifique et de communication chimique. . Bonne lecture à vous tous, Alexandre Peruchon

n h o c u r e AP


© Le Cherche-midi

eN BREF...

« Ecologie chimique : le langage de la nature » Alimentation, reproduction, défense… Pour toutes ces fonctions, la majorité des espèces, dont les hommes, communiquent à l’aide de molécules et de signaux chimiques. à travers cet ouvrage édité par Le Cherche-midi, une cinquantaine de spécialistes du CNRS dévoilent les secrets d’une nouvelle science : l’écologie chimique.

© Abigaëlle Peterschmitt

Des champignons pour protéger les végétaux Ces champignons non pathogènes, présents dans toutes les plantes, font preuve de propriétés inédites. Selon le CNRS, ils libèreraient des molécules aux propriétés antibiotiques, insecticides, neurotoxiques et hormonales. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives en agriculture. 22e rencontres CNRS-Jeunes sciences et citoyens Du 26 au 28 octobre, à Poitiers, 450 européens âgés de 18 à 25 ans ont rencontré des chercheurs du CNRS pour débattre librement sur 10 thèmes de science liés à des préoccupations actuelles. Le CNRS réaffirme ainsi sa volonté d’inscrire les enjeux de la recherche dans le débat publique.

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L’ISORG ou comment rendre le verre et le plastique intelligents

Dans le cadre de la fête de la science 2012, rencontre avec Christophe Premont, design manager et membre de l’ISORG (Image sensor organic), une start-up du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Grenoble à l’origine de « l’électronique organique imprimée ».

En tant que start-up, quel est le lien que ISORG entretient avec le CEA ? ISORG collabore avec le CEA sous la forme d’un partenariat stratégique en recherche et développement. Cet ensemble représente une activité de 50 personnes impliquées dans l’élaboration d’une ligne d’électronique organique imprimée. ISORG assure le développement industriel de produits commerciaux à partir de la technologie développée en collaboration avec le CEA. Nous produisons des surfaces intelligentes et interactives issues du verre et du plastique. Il n’est pas encore question d’une production de masse mais nous espérons avoir une portée industrielle d’ici 2 ans. Pour l’instant nos clients viennent avec une idée précise comme une étagère intelligente et nous faisons du sur-mesure grâce à la flexibilité de nos matériaux.

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Vous parlez de surface intelligente, d’électronique organique imprimée, de quoi s’agit-il Une surface intelligente est en fait un support capable d’interagir avec son environnement. Dans notre cas, nous utilisons des capteurs optiques innovants pour créer de nouvelles interfaces homme-machine. Dans « électronique organique imprimée » on distingue deux termes. Le mot « organique » vient de l’utilisation de matériaux de la chimie organique (matériaux polymères à base de carbone) qui ont des propriétés conductrices ou semi-conductrices. Le terme « imprimé » correspond à des techniques d’impression sur grande surface comme la sérigraphie, le jet d’encre ou l’ablation laser. Pour résumer, on crée des capteurs optiques sur un support flexible en verre ou plastique en déposant des matériaux organiques par impression.


Comment fonctionnent ces nouvelles surfaces interactives ? Le principe est simple : la matière organique utilisée est photosensible c’est-à-dire sensible à la lumière. Les photons, particules de lumière, sont perçus par ces molécules organiques et transformés en signal électrique. Le système mis en jeu est similaire à celui des panneaux photovoltaïques mais ici l’idée n’est pas de créer de l’électricité en quantité car nos rendements sont faibles. En fait, ce sont les variations d’électricité produite qui créent de l’information et qui sont digitalisées. L’appareil détecte ainsi des différences de luminosité, que ce soit la lumière ambiante ou par exemple les mouvements précis d’une main devant le capteur sans qu’il y ait un contact. Dans quels domaines pourra-t-on trouver ces surfaces ?

Nous faisons du sur-mesure grâce à la flexibilité de nos matériaux. Il suffit de laisser place à son imagination.

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© Alexandre Peruchon

Grâce à leur flexibilité, ces surfaces intelligentes auront d’innombrables usages : il suffit de laisser place à son imagination. Nous développons par exemple des capteurs de lumière ambiante pour du packaging interactif permettant de créer de nouveaux usages pour le consommateur. En médecine, les domaines d’action recouvrent l’imagerie médicale comme la détection par rayons X. Par ailleurs, la reconnaissance de mouvements en 3 dimensions a du potentiel dans tous les secteurs. Dans l’électroménager, la façon dont nous utilisons quotidiennement nos appareils sera profondément modifiée. Cette technologie permettra également de créer des écrans tactiles « multitouch », des affiches interactives… Les possibilités sont telles que les applications à venir restent encore à inventer …

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Napperon

l’internet du troisième âge

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n 2060, 30 % de la population européenne sera âgée de plus de 65 ans contre 17.1 % en 2008 d’après l’Eurostat. En France, l’Erasme vient d’annoncer 1.2 millions de personnes dépendantes et 50 milliards d’euros de dépenses publiques à l’horizon 2040. « Il nous faut favoriser le maintien des personnes âgées autonomes à domicile, tout d’abord dans un souci de confort personnel et évidemment pour réduire les dépenses inutiles » : explique Christophe Monnet, directeur adjoint d’Erasme. Host, un vaste projet de recherche européen, a été initié en 2011 dans l’espoir d’apporter des réponses innovantes via le spectre des nouvelles technologies. Ce projet pilote est développé pour la partie française par l’Opac du Rhône et repose sur trois

Comment favoriser le maintien des personnes âgées chez elles à l’aide des nouvelles technologies ? L’Opac1 du Rhône et le centre d’expérimentation multimédia Erasme2 présentent le Web-napperon.

axes : combiner des techniques déjà existantes pour permettre l’accès aux locataires à des informations pratiques (panne d’ascenseurs, travaux), éditer des services en ligne sur-mesure (téléachat, télémédecine, téléculture) et favoriser l’intégration des séniors dans le cadre familial (partage de photos, développement d’un réseau familial). En tant que centre d’expérimentation multimédia et organisme public, l’Erasme apporte ses compétences techniques au projet. Le Web-napperon, une interface internet simplifiée

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© Erasme

« Allez voir ailleurs, voilà la première réaction des personnes âgées quand on leur a parlé de technologie» : se


« Allez voir ailleurs, voilà la première réaction des personnes âgées. »

remémore Christophe Monnet. Pour s’affranchir de cette difficulté, la souris et le clavier se sont mués en napperon afin de créer l’interface la plus simple et intuitive possible. Relié à un écran, le dispositif permet l’accès à certaines fonctionnalités d’internet via un réseau hyperlocal. La marche à suivre est simple : il suffit en effet de poser l’objet équipé d’une puce sur le napperon pour lancer une application sur l’écran. A chaque puce correspond un contenu spécifique. Déposer un faire-part de naissance ou une boite de médicament n’aura pas le même effet : le premier item garantira l’accès à des photos mises à jour du dernier né alors que le second objet indiquera des dosages. Ecouter un CD, un livre audio, consulter la météo… ce sont autant d’utilisations potentielles. L’intérêt des séniors pour internet Le système repose sur l’utilisation de puces HD apposées sur des objets et reconnues par un lecteur de puces situé sur le napperon. Le contenu lié à chaque puce est unique et édité au préalable. Deux types d’expérimentations ont été menés : dans le premier cas, un rouleau de puces HD a été donné à plusieurs familles. Chaque membre de la famille a choisi un objet auquel il a associé des applications et alimente régulièrement son objet en informations. Dans une seconde expérience, un animateur a entièrement pris en charge un réseau Web-napperon dans plusieurs maisons de retraite. « Les personnes âgées se connectaient jusqu’à 15 fois par jour, étaient très demandeuses en contenu, de ce fait le système marche bien avec un animateur mais est lourd pour une famille » : explique Christophe Monnet. « Forts de ce succès, nous voudrions établir des partenariats avec des PME pour développer le système Web-napperon/animateur ». Une version 2 du Web-napperon est par ailleurs en développement et cette fois il s’agit d’une tablette tactile. Loin des stéréotypes, les personnes âgées semblent désormais prêtes à s’approprier internet. OPAC : Office public d’aménagement et de construction 2 ERASME : Etablissement pour la recherche et l’accès au savoir par le multimédia et l’expérimentation 1

« Les personnes âgées se connectaient jusqu’à 15 fois par jour. » Décembre 2012 - WS

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« Masiuk avec un s et pas un z» s’empresse-t-elle de corriger. « Un nom probablement Ukrainien, mais je ne connais pas vraiment l’origine ». Flora Masiuk, 21 ans, vient d’intégrer le master de communication scientifique et technique de Grenoble. Cette vitryate (Champagne-Ardenne) raconte son parcours : en 2009 elle intègre une classe préparatoire scientifique à Nancy. De cette période, elle retient les longues heures passées à étudier : « 2 années de prépa à ne rien faire d’autre ». S’ensuivent une licence en biologie et un stage d’éthologie (biologie du comportement animal) à Saint Etienne. « J’aurais dû enregistrer des chants d’oiseaux » explique-t-elle. Des chants d’oiseaux à la communication Finalement, elle est chargée d’écrire un article de journal sur le laboratoire qui l’accueillait en stage. De là, elle réalise son goût pour « la Com’ ». Lucide quant au métier d’éthologiste, « aucun poste disponible en France », elle opte alors pour la communication scientifique. Son futur, elle l’imagine à concevoir des expositions à portée scientifique mais reste ouverte à d’autres opportunités. Déjà créatrice et animatrice d’un site Internet Quand elle évoque ses années d’équitation c’est avec enthousiasme. Sa fierté : le site internet EquiRecherche qu’elle a créé seule et « sans pubs ». Retrouver des chevaux perdus ou volés, voilà l’idée qu’elle développe pour « palier au peu de rubriques sur le sujet ». Avec 25000 visiteurs comptabilisés et 60 équidés retrouvés, Flora envisage déjà l’avenir du site : « pourquoi pas lancer une campagne de Com’ ! ». Qu’il s’agisse d’oiseaux, de chevaux ou de science, Flora est donc bel et bien une communicante.

FLORA MASIUK

De

la communication

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© Flora Masiuk

animale


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