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lettre mensuelle d’informations du conseil créatif, agile et ouvert ! Infos mensuelles

édition n°5 - mars 2010

Logiciel libre Du 16 au 18 mars se tenait la onzième édition du salon Solutions Linux à la Porte de Versailles à Paris. Alexis Monville (Ayeba) présidait la conférence Administration et Libre. Une conférence proposant les interventions d’acteurs de l’Etat et des collectivités locales qui ont choisi d’utiliser des solutions sous licences libres et d’expliciter les bénéfices qu’ils en retiraient pour le service public. • L’administration et le libre Alexis Monville (ayeba) • L’ENA libère son Système d’Information Didier Georgieff (Ecole Nationale d’Administration) • Le correcteur terminologique pour OpenOffice.org Laure Patas d’Illiers (Ministère financiers) et Géraldine Taillard (Ministère de la Culture et de la Communication) • Le Libre dans le secteur public, ce que L’Allemagne peut apprendre de la France (et l’inverse) David Gumbel (ITOMIG) • UGO Urgence Guide Orientation : le service en ligne de l’aide sociale à l’enfance en Essonne Jean-Christophe Frachet (Conseil général de l’Essonne) • Mutualisation par la demande l’économie du logiciel libre François Elie (Adullact)

Paradoxalement ce modèle prédictif, souvent lourd et souvent long, s’adapte mal à des environnements métiers en mutation et rend La contractualisation de l’agilité est une question impossible l’adaptation à des contraintes majeure dans l’adoption de ce type de méthodes. non prévues dans le cahier des charges. Cet Comment contractualiser un projet sans définir « hyper   contrôle   » génère un risque projet totalement le besoin ? important   : celui de ne pouvoir dégager Patrick Leroy Kowalski, responsable études et aucune marge de manœuvre suffisante pour développement à la CNSA (caisse nationale de adapter le périmètre du projet si un solidarité pour l’autonomie) a réalisé plusieurs évènement imprévu se présente. Ce risque projets de développement en méthodes agiles reste cependant directement proportionnel contractualisés sous forme de marché public. Il aux délais et au degré de précision initial. nous livre son analyse de la délicate alchimie Sur des projets à 2 ans, c’est un vrai risque. entre les contraintes imposées par le code des marchés publics et la volonté de tout donneur Quelle place pour l’agilité ? d’ordre de limiter certains risques projets en Au premier abord, la spécification « au fil de dégageant les marges de manœuvre adéquates. l’eau   », et la parallèlisation des développements, si chère aux méthodes Les caractéristiques de l’achat public agiles en général, semblent donc peu compatibles avec cette rigueur séquentielle. La plus visible des contraintes posée par l’achat public est sans aucun doute la durée Pourtant, les avantages de la mise en œuvre de la procédure d’achat. Une deuxième d’une méthodologie agile dans la phase de d’un outil informatique contrainte immédiatement rencontrée au réalisation (particulièrement de gestion) n’est plus a moment de la rédaction du marché est liée au niveau de contractualisation nécessaire à démontrer et apporte une réelle valeur la définition d’un engagement de résultat ajoutée au projet. «   définitif   ». Ceci est particulièrement vrai Privilégier la collaboration à la négociation, dans le cadre de l’acquisition de prestations pousser à trouver un modèle de partage de de développement d’outils informatiques. risque équitable entre le client et le L’article 5 (Titre I et II) du code des marchés fournisseur et, bien entendu, imposer de publics rappelle   : «   La nature et l'étendue des besoins à satisfaire sont déterminées avec précision avant tout appel à la concurrence …» en précisant : « Le pouvoir adjudicateur détermine le niveau auquel les besoins sont évalués… »

Agilité & Achat public

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• Conclusions par Jean-Paul Degorce- Cette contractualisation forte en amont de la réalisation n’est pas sans bénéfice pour la Dumas (Ministère de la défense) personne publique. Elle lui permet de maîtriser son risque budgétaire par un engagement forfaitaire. Elle lui permet aussi ayeba pilote des projets en cycles courts avec un meilleur contrôle du risque projet, celui-ci étant alors totalement assumé par le titulaire ses clients pour leur permettre d'améliorer qui s’engage sur un résultat défini par le leur performance grâce à l'informatique en cahier des charges. respectant les coûts et les délais.

lettre d’informations - mars 2010 - ayeba - 06 75 73 54 82 - http://ayeba.fr

Créatif, agile, ouvert, trois mots pour résumer un état d’esprit et vous proposer une façon différente d’envisager le conseil.

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pouvoir modifier le besoin en cours de projet sont les principes, très modernes, pourtant pas si nouveaux, mais qui remettent en question la contractualisation au forfait des prestations de développement d’outils informatiques. Il va de soi que les avantages du forfait ne sont que théoriques. Celui-ci peut souvent dériver ou ne pas aboutir à l’objectif fixé par le cahier des charges. Le code des marchés, par la possibilité de contractualiser un avenant (13%), a bien identifié le problème et prévoit même ce cas de figure.

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l’inconvénient d’engager la personne publique dans le temps. Il faudra cependant porter une attention particulière à la stabilité des ressources externes intervenant sur le projet afin de favoriser un transfert de connaissance durable entre les acteurs du projet.

Piste n°3 - Marché à bons de commande Cette dernière piste est davantage dans l’air du temps. L’idée est de réaliser l’application en fonction des besoins en commandant les réalisation par tranches (à la manière d’une TMA). Ce type de fonctionnement se L’achat public est donc très formalisé dans rapproche de l’acquisition itérative propre un engagement lui aussi fortement aux méthodes agiles. contractualisé alors que les méthodes agiles préconisent une collaboration basée sur un La solution du marché à bon de commande modèle adaptatif et itératif. Ces 2 approches permet une adaptabilité du projet au besoin ne semblent donc pas très compatibles entre- associé à une bonne maîtrise budgétaire du elles. marché.

Quelques pistes de mise en œuvre ?

D’autre part, en choisissant d’utiliser un Certains aménagements peuvent cependant accord cadre, on garde la possibilité de permettre l’usage de méthodes agiles par la mettre en concurrence jusqu’à 5 acteurs différents et de réduire les délais de personne publique. consultation d’un marché subséquent à 10 Piste n°1 - Internaliser les ressources jours. C’est la solution la plus évidente. La personne publique maîtrise l’organisation et En revanche la performance de ce type de l’animation de l’équipe de développement de marché reste très liée à la pertinence des bout en bout permettant alors de gérer un unités d’œuvre et à l’évaluation initiale de la projet agile dans les meilleures conditions si dépense. un fort leadership projet est assuré. Cependant, cette piste dépend d’un choix politique et salarial avant tout et n’est pas Lors du salon Solutions Linux, Didier Georgieff toujours simple à vendre à une Direction qui a indiqué avoir utilisé un marché cadre pour s’engage alors durablement vis-à-vis de ces l ’ i n t é g r a t i o n d ’ o p e n E R P à l ’ E N A a fi n ressources et de leurs évolutions d’augmenter le niveau d’agilité de son projet en réduisant les temps de traitement professionnelles. administratifs. Cette piste donne la possibilité de développer une forte interactivité entre le Chaque tranche de travaux a fait l’objet d’une métier et le développement afin d’établir une spécification séparée afin de s’adapter au courbe d’expérience positive bénéfique à mieux au besoin. l’ensemble de la structure et au mode projet. Piste n°2 – Contractualiser des ressources Il est à noter en premier lieu que si ce type de marché est utilisé couramment pour des prestation d’assistance à maîtrise d’ouvrage (ex : en assistance à l’expression de besoin et rédaction de cahier des charges) l’utilisation dans de la cadre d’une AMOE (assistance à la maîtrise d’œuvre) est plus délicate. Il n’y a pas loin du marché d’assistance au marché de régie. Or ce mode de contractualisation est interdit par le code des marchés publics. La définition des unités d’œuvre et l’évaluation de la dépense sont difficiles à réaliser.

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commandée en fonction des besoins, est facultative. C’est une tranche à bons de commandes à base d’unité d’œuvre (comme c’est le cas également pour un marché de TMA). Ainsi, il sera possible de commander chaque itération en connaissance de cause et en fonction du résultat du travail réalisé précédemment. Mis à part la définition des unités d’œuvre qui peut être délicat, il n’y a pas d’inconvénient à mettre en œuvre ce type de démarche. La personne publique est sécurisée par l’engagement de résultat sur chaque commande. Elle peut aussi déterminer un maximum de dépense sur le marché et rester maitre de cette dépense au plus près du développement. La réalisation n’est engagée que lorsque l’étude initiale, forfaitaire celle-ci, est recevable. Cette organisation permet au titulaire une plus grande liberté de manoeuvre et favorise sa force de proposition.

Conclusion Le code des marchés publics n’est pas intuitivement favorable à l’agilité des projets de développement mais il préconise de choisir la proposition « la plus économiquement favorable ». Qualité qui ne se trouve pas nécessairement chez le mieux disant ou le moins disant mais sans doute chez le soumissionnaire qui préconise l’utilisation de méthodes agiles. En effet, je pense que la réussite d’un projet de développement des SI de gestion, réside avant tout dans la bonne collaboration entre le métier et la maîtrise d’œuvre. Après tout, comprendre ce qu’on met en œuvre et pourquoi on le fait sont des fondamentaux qu’il faut diffuser à chaque acteur d’un projet. La contractualisation de l’achat se doit de servir cet objectif.

Quelle organisation retenir ? Ce marché peut se décliner deux parties, une tranche ferme commandée une seule fois et une tranche à bons de commandes. La tranche ferme, commandée dès la notification du marché, consiste à réaliser les spécifications techniques de l’application et à réaliser une maquette (comme cela peut-être le cas pour une prestation de démarrage d’un marché de réalisation d’un outil informatique). Le livrable de cette prestation est un document regroupant les éléments structurant la réalisation de l’ensemble de l’application et qui définit l’organisation de celle-ci. Un découpage de la réalisation peut alors être envisagée. La poursuite de la prestation sera conditionnée par la validation de ce livrable intermédiaire.

Dans tout les cas, le choix de s’orienter vers cette solution reste à la discrétion du pouvoir adjudicateur qui acceptera ou non la suffisance et la précision de « …la nature et de l’étendu du besoin à satisfaire…   ». Ce type de contrat, présente pourtant l’avantage de sélectionner des ressources dédiées en fonction des besoins d’un projet sans avoir La 2

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ayeba - lettre d'informations mars 2010  

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