Page 1

DE JONCKHEERE | GENÈVE ÂGE D’OR ACQUISITIONS RÉCENTES EXPOSITION DE PEINTURES FLAMANDES DES XVIe ET XVIIe SIÈCLES

DU 01 DÉCEMBRE 2016 AU 27 JANVIER 2017 DE JONCKHEERE Tableaux de Maîtres


DE JONCKHEERE | GENÈVE 7 RUE DE L’HÔTEL DE VILLE

ÂGE D’OR ACQUISITIONS RÉCENTES EXPOSITION DE PEINTURES FLAMANDES DES XVIe ET XVIIe SIÈCLES DU 01 DÉCEMBRE 2016 AU 27 JANVIER 2017 VERNISSAGE | 30 NOVEMBRE 2016 | 18H

HIERONYMUS BOSCH (ÉCOLE DE) MAÎTRE DES DEMI-FIGURES CORNEILLE DE LYON JAN MANDIJN MAÎTRE DU SAINT SANG LUCAS CRANACH LE JEUNE PIETER HUYS MAERTEN VAN CLEVE HANS BOL PIETER BRUEGHEL LE JEUNE JAN BRUEGHEL LE VIEUX ABEL GRIMMER FRANS FRANCKEN LE JEUNE GIJSBRECHTS LEYTENS ISAAC SOREAU DAVID TENIERS JAN VAN KESSEL LE VIEUX FRANCESCO GUARDI

CONTACT PRESSE Alexandra EL ZEKY Tel. + 33 (0)1 43 20 10 20 Mob. + 33 (0)6 40 19 62 60 aelzeky@communicart.fr 23 rue du Renard – 75004 Paris www.communicart.fr


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

ÂGE D’OR ACQUISITIONS RÉCENTES EXPOSITION DE PEINTURES FLAMANDES DES XVIe ET XVIIe SIÈCLES

ÂGE D’OR : UNE EXPOSITION ANNIVERSAIRE À l’occasion des 500 ans de la disparition de Jérôme Bosch (1450 – Bois-le-Duc – 1516) et célébrant quarante ans d’expertise de la peinture flamande des XVIe et XVIIe siècles, De Jonckheere présente l’exposition Âge d’Or du 30 novembre 2016 au 27 janvier 2017. De Jonckheere rassemble pour cette exposition les dernières acquisitions de la galerie : un ensemble d’œuvres inédites réalisées par les suiveurs et émules du peintre Jérôme Bosch, parmi lesquels le Maître des Demi-Figures, Corneille de Lyon, Jan Mandijn, le Maître du Saint-Sang, Lucas Cranache le Jeune, Pieter Huys, Maerten Van Cleve, Hans Bol, Pieter Brueghel Le Jeune, Jan Brueghel Le Vieux, Abel Grimmer, Frans Francken Le Jeune, Gijsbrechts Leytens, Isaac Soreau, David Teniers, Jan Van Kessel Le Vieux et Francesco Guardi. LE MYSTÈRE JÉRÔME BOSCH Jérôme Bosch cultive encore aujourd’hui une immense fascination. La virtuosité de ses toiles en ont fait, sans conteste, l’un des peintres flamands les plus influents de sa génération. Tout au long de l’année 2016, de nombreux événements ont eu lieu pour célébrer le génie. À Bois-le-Duc sa ville natale, au Prado à Madrid et enfin sur le stand de la galerie De Jonckheere à la Biennale des Antiquaires de Paris en septembre 2016, la galerie lui consacre à nouveau un hommage à travers son exposition annuelle genevoise. Compositions partiellement revues ou complètement inventées, une sélection d’oeuvres de l’exposition, parmi lesquelles La Tentation de Saint Antoine de Jan Mandijn, représente à merveille l’univers énigmatique et fascinant des peintres flamands qui se sont inspirés du maître. MODERNITÉ ET TRADITION Des scènes religieuses de peintres anonymes tels que le Maître des Demi-Figures et le Maître du Saint-Sang, aux scènes rurales et célébrations traditionnelles de Maerten Van Cleve, Jan Van Kessel ou encore Abel Grimmer, la diversité des sujets et des styles sont de parfaites illustrations de la vie paysanne et religieuse flamande de l’époque. La richesse des détails et du vocabulaire pictural des tableaux exposés sont révélateurs de la modernité de la peinture flamande des XVIe et XVIIe siècles.

Ci -contre : JAN MANDIJN (1502 Haarlem - 1560), La Tentation de Saint Antoine dans un paysage panoramique, 20 x 29,2 cm (pp.22-23)

|5


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

A PROPOS DE HIERONYMUS BOSCH Peu d’éléments ont survécu à la carrière de Hieronymus van Aeken, dit Bosch, et ne permettent donc pas d’établir avec certitude la biographie de ce grand maître flamand du XVe siècle. Le nom brabant de sa ville natale de Bois-le-Duc, Herzogenbosch, lui aurait valut son surnom de Bosch. Les tableaux peints par Hieronymus Bosch forment un corpus d’une grande importance pour l’histoire de l’art. En effet, cet ensemble introduit un vocabulaire nouveau peuplé de créatures hybrides inspirées du bestiaire médiéval et de monstres, matérialisant ainsi une certaine vision manichéenne de l’enfer et du paradis ainsi que les conséquences du péché et des souffrances terrestres. Ces nouvelles scènes fourmillant de détails furent généralement composées au sein de larges formats et font état d’un certain esprit moralisateur à une période annonçant les bouleversements religieux de la fin du Moyen-âge et du début de la Renaissance. LA TENTATION DE SAINT ANTOINE Dans une société en pleine métamorphose, la Tentation de Saint Antoine est un des thèmes les plus appréciés de la Renaissance. L’auteur du diptyque que nous présentons rend ici un hommage à Jérôme Bosch, en reproduisant un de ses tableaux les plus célèbres ; La Tentation de Saint Antoine, triptyque conservé au Museo Nacional de Arte Antiga de Lisbonne. Cette œuvre magistrale de Bosch aurait été commandée par l’ordre des Antonins. Quoique de dimensions différentes, les panneaux sont très proches de la version originale du maître de Bois-le-Duc. La réinterprétation la plus flagrante de l’œuvre originelle par le peintre se trouve dans le traitement des paysages. Le peintre prend ici le prétexte du thème de la tentation de Saint Antoine pour créer un monde imprégné de magie et d’alchimie, peuplé de monstres et de créatures infernales en tous genres. Le diable, à travers l’imagination de l’artiste, met tout en œuvre pour détourner l’ermite de sa foi. Cependant, quoiqu’il puisse entreprendre, c’est en vain que celui-ci use de son ingéniosité pour faire succomber le saint à la tentation.


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

HIERONYMUS BOSCH (École de) Bois-le-duc 1450-1516 La Tentation de Saint Antoine Paire de panneaux : 115,4 x 43 cm Provenance : Collection privée, France. |7


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE LUCAS CRANACH LE JEUNE Les Cranach, famille allemande de peintres, de dessinateurs et de graveurs, sont actifs en Saxe durant le XVIe siècle. Les deux fils de Lucas Cranach le Vieux, Hans et Lucas le Jeune, imitent l’art de leur père. Lucas le Jeune est mentionné à quinze ans dans l’atelier de son père. Il en reprend la charge en 1550. Lucas le Jeune est le seul à se démarquer du style paternel. Il s’en distingue avec des portraits expressifs et très soignés et fait preuve d’une grande indépendance de coloris. CRANACH ET LES HUMANISTES Bourgmestre de Wittenberg et peintre attitré de la Cour de Saxe, Lucas Cranach le Vieux entretint très tôt des relations d’amitié avec les humanistes de la Réforme, devenant leur portraitiste attitré. Au vu du nombre d’exemplaires qui subsistent, ces portraits officiels étaient exécutés en atelier afin d’être envoyés aux nombreuses cours allemandes attirées par le Protestantisme. Avec les portraits de Martin Luther et de ces principaux partisans et adversaires, Cranach donne un visage à l’époque de la réforme. A la suite du modèle paternel, Cranach le Jeune s’inscrit dans la tradition du portrait chère à la peinture allemande du XVIe siècle. Cranach le Jeune fait ici une nouvelle fois preuve de son talent. Initiateur d’un style qui influencera de nombreux artistes, Cranach séduit au-delà des siècles les plus grands collectionneurs comme les plus grands artistes à commencer par Pablo Picasso, Ernst Ludwig Kirchner ou encore Paul Wunderlich.

LUCAS CRANACH LE JEUNE 1515 Wittenberg - Weimar 1586 Ci-dessus : Portrait de Martin Luther Ci-contre : Portrait de Philippe Melanchthon, signé du dragon et daté 1557 Panneaux : 35 x 23 cm Provenance : Collection Kolb, anciennement Gut Pritzlow; Marché d’art à Hamburg en 1966; Collection privée, Berlin.

|9


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS D’ABEL GRIMMER Peintre anversois, Abel Grimmer est le fils du paysagiste Jacob Grimmer (c. 1526-1590) chez lequel il effectue son apprentissage avant d’être reçu comme Maître dans la Gilde des peintres de Saint-Luc en 1592. Il peignit de nombreux paysages de petit format, représentant des scènes champêtres avec parfois l’insertion de motifs bibliques; il fut surtout le spécialiste des séries consacrées aux Quatres Saisons et aux Douze Mois, qui sont en quelque sorte la transposition sur panneaux des calendriers des miniaturistes. LE PAYSAGE MINIATURE Ces tondi d’Abel Grimmer sont des variantes de panneaux de la série des douze mois qui se trouve actuellement dans l’église Notre-Dame à Montfaucon. Pour le cycle, le peintre s’est inspiré des œuvres de Hans Bol diffusées par des gravures d’Adrian Collaert de l’Emblemata Evangelica publié par la famille Sadeler en 1585. Les séries de mois ou de saisons font partie de la tradition picturale qui remonte aux premiers temps du christianisme. Elle s’est notamment manifestée dans les miniatures des livres d’heures chers au XVe et XVIe siècles. Un siècle plus tard, séduits par le thème, les peintres flamands tels que Pierre Brueghel l’Ancien et Lucas van Valckenborch transposent sur des panneaux les calendriers des miniaturistes. À Anvers, Grimmer en sera le spécialiste. À travers ces panneaux, Abel Grimmer, révèle la vision d’un artiste authentique, donnant une interprétation du paysage comme un théâtre où se mêlent scènes religieuses et profanes.


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

ABEL GRIMMER 1570 - Anvers - 1618 Le mois de Septembre ou la Parabole du figuier stérile Inscription en bas à droite LVC. 13 Le mois de décembre ou Marie devant l’auberge Inscription en bas au centre LVC.2. Signé et daté ABEL.G…/FECIT.159.(?) Panneaux: 25,4 cm de diamètre Provenance : Collection Tardieu (début XX); Collection privée, France.

| 11


DE JONCKHEERE | GENÈVE

JAN BRUEGHEL LE VIEUX 1568 Bruxelles - Anvers 1625 Paysage animé de voyageurs sur un chemin champêtre Cuivre : 20,3 x 31,8 cm Signé et daté «Brveghel.1611», marque de Peeter Stas. Provenance : Avant 1979, Pieter de Boer, Amsterdam ; 1979, Collection Einer Perman, Stockholm ; 1990, Johnny Van Haeften, London ; Collection privée.

ÂGE D’OR


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE JAN BRUEGHEL LE VIEUX Jan Brueghel le Vieux, appelé également Brueghel de Velours en raison de la séduction de sa palette, est le deuxième fils de Pierre Brueghel l’Ancien et le frère de Pierre Brueghel le Jeune. La diversité des sujets traités est d’un raffinement, d’une précision et d’une virtuosité extrêmes. Il est surtout l’un des plus grands spécialistes du paysage du XVIIe siècle. Il en renouvelle totalement la conception en créant un genre à la fois simple et lyrique, liant les différents plans par des personnages qui sont quelquefois exécutés par Rubens. Daniel Seghers fut, en dehors de son fils Jan II, son unique élève mais son influence fut immense et s’exerça sur plusieurs générations de peintres. UN VOYAGE DANS LE PAYSAGE Virtuose de la peinture, Jan Brueghel le Vieux a longuement exploité le thème de l’entrée de village, répondant ainsi à la demande de commettants toujours plus nombreux. Toutefois, chacun de ces tableaux est, par sa grande technique et la richesse de ses couleurs, une œuvre d’art unique. Chaque coup de pinceau extrêmement raffiné respecte le moindre détail. Sous la loupe, on peut d’ailleurs apprécier la minutie du dessin des personnages, des animaux et des feuillages dont la couleur et la densité sont très variées. En effet, l’artiste a un sens du détail très poussé et fait preuve d’une grande précision dans l’observation de la naturprofanes. Une évolution s’est ici profilée dans la relation entre l’œuvre et le spectateur, très différente de celle de la peinture paysagiste du XVIe siècle. L’observateur ne regarde plus au premier plan du tableau, où se déroule l’action, comme chez Pieter Bruegel l’Ancien ; il est dorénavant introduit dans cet espace du tableau, devenant par là même un des voyageurs au premier plan. Ce regard tout particulier vers l’arrière-plan est une composition qui est largement repris par ses disciples.

| 13


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE JAN VAN KESSEL LE JEUNE Jan van Kessel II, dit « le Jeune », est l’arrière petit-fils de Jan Brueghel de Velours. Il se forma auprès de son père, Jan van Kessel l’Ancien, se spécialisant dans la nature morte de plantes et d’animaux. Commençant tout naturellement sa carrière dans l’atelier paternel, il quitta cependant Anvers pour l’Espagne en 1680 où il devint portraitiste à la cour de Charles II à partir de 1686. Si ses portraits ne sont plus connus de nos jours, son corpus de natures mortes est parvenu jusqu’à nous. C’est avec ces œuvres en particulier qu’il connut la renommée. UN FESTIN HAUT EN COULEUR La nature morte est source chez Jan van Kessel de délicatesse et de méticulosité. Nous retrouvons ainsi dans ce précieux cuivre, le pinceau à la fois vif et élégant qui séduit les amateurs de nature morte de cet artiste. Cette composition s’impose dans la production du peintre par la diversité des éléments représentés et le schéma qui les régit. Etonnante représentation d’un buffet d’apparat, cette somptueuse Corbeille et plats de fruits avec deux singes, un écureuil, un ara et deux cochons d’Inde est exceptionnelle par sa taille qui permet à l’artiste de se livrer à un exercice de virtuosité rarement égalé. En introduisant dans un seul tableau la quasi-totalité de ses thèmes de prédilection, Jan van Kessel magnifie un genre en plein essor au XVIIe siècle. En effet, le goût pour ce type de représentation gagne les grands centres européens, et notamment Anvers qui jouit d’une effervescence particulière grâce au commerce de son port et à la finance internationale. Œuvre maîtresse d’un des plus grands spécialistes de la nature morte anversoise, ce tableau ravira sans détour les amateurs, tant par la maestria de sa composition, l’importance de son format que par le flamboiement de ses couleurs.


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

JAN VAN KESSEL LE JEUNE Anvers 1654 – Madrid – 1708 Corbeille et plats de fruits avec deux singes, un écureuil, un ara et deux cochons d’Inde Cuivre : 31 x 42 cm Provenance : Bruxelles, Galerie Filippo Franco, 1979 ; Collection privée, Italie.

| 15


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

GIJSBRECHTS LEYTENS 1586 – Anvers – 1656 Paysage d’hiver animé de villageois Panneau : 48 x 74 cm Provenance : Collection privée, France.

GIJSBRECHTS LEYTENS Paysage d’hiver 72 x 89 cm, huile sur panneau L’Hermitage, St. Petersbourg


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE JAN VAN KESSEL LE JEUNE L’œuvre de Gijsbrecht Leytens était jadis donnée à un anonyme appelé le « Maître des Paysages d’Hiver ». Aujourd’hui, on sait que le peintre, identifié grâce à un tableau portant son monogramme et conservé dans une collection privée hollandaise, fut baptisé à Anvers le 4 avril 1586 et qu’il entama son apprentissage auprès de Jacob Vrolijck, avant d’accéder à la maîtrise à Anvers en 1611. Toute son œuvre s’inscrit dans la veine du paysage flamand et hollandais des XVIe et XVIIe siècles, dans laquelle se sont illustrés des maîtres tels que Pieter Bruegel l’Ancien, Hendrick Avercamp, Gillis Van Coninxloo, Joost de Momper ou Denijs Van Alsloot. Poète du gel, Leytens parvient à exprimer la froide nudité du soleil sur une campagne figée dans le givre. LA POÉSIE DU PAYSAGE HIVERNAL Voici un très bel exemple de la production du maître avec ce Paysage d’hiver animé de villageois. Son style si singulier se reconnaît immédiatement : ambiance poétique, subtilité du coloris et aisance à peindre de splendides forêts sous la neige. Cette représentation est non sans rappeler la version du musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg, qui offre, de façon grandiose, la même perspective. La scène semble plongée dans un univers irréel, où les teintes de rose poudré, de jaune subtil, de bleu très pâle, et de bruns pour les coins d’ombre sont nimbées d’un blanc aux multiples variations. Par ce jeu de nuances, le peintre dépose sa marque de fabrique qui font depuis toujours son succès auprès des amateurs. Fortement inspiré par d’autres maîtres flamands du genre, Leytens entre dans l’histoire tel le spécialiste du paysage d’hiver du milieu du XVIIe siècle.

| 17


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DU MAÎTRE DES DEMI-FIGURES Ce maître actif durant la première moitié du XVIe siècle est resté non identifié. Il est surtout célèbre pour ses portraits de femmes, représentées à mi-corps, souvent vêtues de riches vêtements. Le caractère élégant de ses modèles, les sujets de ses tableaux inspirés par la musique ou la poésie ont conduit les historiens à supposer qu’il travailla à Malines, dans le milieu raffiné et cultivé de Marguerite d’Autriche, Gouvernante des Pays-Bas de 1518 à 1530, dont Bernard van Orley fit le portrait. Le maître anonyme serait peut-être issu de l’atelier de celui-ci. Les œuvres de ce Maître restent principalement associées aux figures de jeunes femmes représentées à mi-corps ; la tête tournée de trois quart, le visage ovale, les sourcils arqués, la bouche aux lèvres ourlées, les mains fines et soignées sont les caractères d’un modèle idéalisé que le Maître des DemiFigures a repris dans tous ses tableaux. HARMONIE ET FÉMINITÉ Ce tableau religieux peint sur un support chantourné dans sa partie supérieure évoque le panneau central d’un retable, du moins un tableau d’autel. Cette composition à la fois harmonieuse et dynamique est une reprise littérale d’une Sainte Famille imaginée par Raphaël. Le thème de la Sainte Famille connut une grande popularité dans les Flandres du début du XVIe siècle, en particulier à Anvers où officiait Pieter Coecke van Aelst. Usant de symboles choisis, l’artiste pouvait dresser des parallèles enrichissants entre l’Ancien et le Nouveau Testament, faisant de son tableau une véritable œuvre de contemplation et de réflexion spirituelle. Le traitement des visages, des coiffures et des drapés est très proche d’une Sainte Famille conservée à la National Gallery de Londres et d’une autre de Philadelphie données au Maîtres des Demi-Figures et présentant des dimensions quasi similaires à ce panneau.


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

MAÎTRE DES DEMI-FIGURES vers 1490 – Anvers – vers 1540 Sainte Famille avec sainte Élisabeth et saint Jean-Baptiste Huile sur panneau : 87 x 63.5 cm Provenance : Collection privée, France.

| 19


DE JONCKHEERE | GENÈVE

MAITRE DU SAINT-SANG Actif à Bruges autour de 1520 Triptyque : Mariage Mystique de Sainte-Catherine (panneau central) Sainte Barbe et Sainte Marie-Madeleine (volets) Panneaux : 113,5 x 170,2 cm Provenance : Collection de Monsieur George Donaldson, Londres, Grande- Bretagne; Sotheby’s, Londres, 03.07.1929, lot 31 ; Private collection James Mann, Glasgow, Ecosse, 1929 ; Christie’s, Londres, 01. 04. 1929, lot 29 ; Collection privée Cornelis Johannes Karel van Aalst, Hoevelaken, Hollande, 1960 ; Robert Fink 1964/5 ; Galerie De Jonckheere, Bruxelles/ Paris, 2002 ; Collection privée, Italie.

ÂGE D’OR


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DU MAÎTRE DU SAINT-SANG Ce maître de l’école brugeoise, actif aux alentours de 1520, tire son surnom des œuvres de sa main qui sont conservées à la Confrérie du Saint-Sang à Bruges. Au vu des œuvres qui, depuis la redécouverte de ces dernières, se sont progressivement ajoutées à son corpus, sa production fut abondante et il est logique de supposer qu’il fut à la tête d’un atelier florissant. Une de ses meilleures œuvres, une « Vierge à l’Enfant avec Saints, Prophètes et Sybilles » et est conservée à l’Eglise Saint Jacques de Bruges. Par-delà l’excellent rendu des textures dont témoignent ses œuvres, le Maître du Saint-Sang accuse souvent une certaine raideur dans le traitement des plis de ses drapés, visible notamment par des plis en bracelet tout à fait spécifiques au niveau des manches. Très caractéristiques également, ses oreilles, souvent haut placées, constituent une sorte de crypto-signature. L’utilisation savante et mesurée d’une forme de chiaroscuro insuffle une vibration silencieuse dans des compositions généralement régies par un esprit de tranquille quiétude. BEAUTÉ IDÉALE Ce remarquable triptyque représente une addition de taille à l’œuvre du Maître du Saint-Sang : on peut sans ambiguïté le rapprocher du très beau retable, conservé à la Kunsthalle de Hambourg figurant la Sainte Famille avec un Ange musicien et, sur les volets, Sainte Catherine et Sainte Barbe : même proportions et type idéalisé des figures féminines, avec une présentation, dans ce cas, oblique de Saint Joseph, mais toujours derrière un parapet. La dualité de la culture picturale de ce maître éclate dans toute sa spécificité : le type des figures ainsi que le traitement rigoureux des détails luxueux participent d’une culture anversoise. On perçoit l’écho de l’œuvre de Metsys mais aussi une parenté certaine avec l’œuvre du Maître des Demi-Figures ainsi qu’avec celles d’artistes résolument plus “maniéristes”. À côté de cela, l’horizontalité tout en symétrie de la composition, la calme gravité qui s’en dégage renvoie à des modèles plus brugeois.

| 21


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE JAN MANDIJN Né à Haarlem en 1502, Jan Mandijn s’établit dès 1530 à Anvers. Très rapidement, il s’y bâtit une réputation par ses représentations de scènes telles la Tentation de Saint Antoine et Saint Christophe pour lesquelles il puise largement, à l’instar d’un Pieter Huys, dans le bestiaire fantastique d’un Jérôme Bosch. Dans ses compositions plus drolatiques que véritablement inquiétantes, on ne trouve toutefois pas cet arrière-fond d’angoisse caractéristique du maître de Bois-le-Duc. Mandijn jouit de son vivant d’un succès d’estime et d’une reconnaissance publique dépassant, ainsi que l’atteste la pension annuelle qu’il recevait de la Ville d’Anvers pour ses travaux de décorateur des sorties annuelles de l’Ommegang, le simple profil d’épigone de Bosch auquel on le réduit généralement. UN BESTIAIRE FANTASTIQUE Le thème du héros tenté passionne depuis l’Antiquité les artistes : vainqueur du mal, résistant aux épreuves, impassible devant la tentation, Saint Antoine est un de ceux à avoir su braver le malin et ses nombreux vices. Ermite, il est la figure biblique représentative du triomphe de la raison. Une fois n’est pas coutume, le suiveur de Bosch Jan Mandijn s’attaque à ce monstre sacré dont la première apparition date probablement de la sculpture romane. Eclipsé durant la période gothique, ce thème connait un essor considérable en Occident au XVIe et XVIIe siècle. Au beau milieu d’assaillants et autres suppôts de Satan, campé dans un grand paysage panoramique, notre Patron des Antonites se recueille pour faire abstraction de la faune fantastique imaginée par Mandijn. Par sa fantaisie et l’aura de son sujet, cette scène comblera les amateurs aussi bien avides d’extraordinaire que ceux attachés à la grande tradition flamande du paysage du XVIe siècle.


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

JAN MANDIJN 1502 Haarlem - 1560 La Tentation de Saint Antoine dans un paysage panoramique Panneau : 20 x 29,2 cm Provenance : Collection privée.

| 23


DE JONCKHEERE | GENÈVE

PIETER BRUEGHEL LE JEUNE 1564 Bruxelles – 1638 Anvers Paysans se chauffant devant l’âtre Huile sur panneau de chêne Marque du fabricant au revers (feuille de trèfle de Michiel Claessens) Panneau : 23,5 x 34,5 cm Provenance : Galerie de Jonckheere, Paris ; Collection privée.

ÂGE D’OR


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE PIETER BRUEGHEL LE JEUNE Fils aîné de Pieter Bruegel l’Ancien, Pieter Brueghel le Jeune se fixe de bonne heure à Anvers où il reçoit probablement une formation dans l’atelier du paysagiste Gillis van Coninxloo (1544-1606). Il est reçu Maître en 1585. Son père n’a pu que sommairement l’initier à la peinture car il décède en 1569, Le Jeune n’a que cinq ans. Il est possible de classer ses compostions en deux périodes distinctes. Dans un premier temps, il reprend un grand nombre de compositions héritées de son père, dont il livre plusieurs versions plus ou moins littérales auxquelles il apporte sa touche personnelle. Il accorde notamment une importance significative aux paysages et développe une palette vive aux teintes saturées. Dans un second temps, à partir des années 1615-1620, Le Jeune se détache quelque peu de l’héritage paternel et propose de nouvelles compositions originales en affirmant ainsi sa place d’artiste de premier ordre. CHRONIQUE DE LA VIE PAYSANNE FLAMANDE L’œuvre de Pieter Brueghel le Jeune est dominé par des mises en scène d’assemblées paysannes et de villages flamands animés. Ces chroniques peintes d’un temps révolu jouent sur le pittoresque et l’anecdote truculente, rendue d’autant plus vivante que l’artiste mêle des coloris étincelants à une parfaite maîtrise technique. Le peintre nous livre de fascinantes illustrations d’un monde rural où les coutumes sont riches et variées. Avec son tableau intitulé Paysans se chauffant devant l’âtre, Brueghel le Jeune nous fait découvrir un intérieur domestique baigné d’intimité et de douceur, loin des véhémences parfois turbulentes de ses scènes de liesse populaire. Cette version hivernale est un précieux témoignage sur le cadre et le mode de vie journalier d’une famille paysanne.

| 25


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

À PROPOS DE MAERTEN VAN CLEVE Martin van Cleve, le fils du peintre Willem van Cleve, reçut son premier apprentissage auprès du peintre Frans Floris. En 1551, il fut reçu Maître dans la corporation d’Anvers, la même année que Pieter Brueghel l’Ancien, dont il était l’exact contemporain. Ses premières œuvres révèlent l’influence de Pieter Aertsen, avant de subir, à l’instar de tous ses contemporains, celle de Pieter Brueghel l’Ancien. Dans la foulée des œuvres de ce dernier, Martin van Cleve se plaît à représenter, avec un sens aigu du réel, des scènes paysannes, en plein air ou dans un intérieur. En retour, l’on sait que Pieter Brueghel le Jeune s’est inspiré, en plus des modèles paternels, de plusieurs tableaux de van Cleve. Quelques détails caractéristiques se rencontrent de façon récurrente dans l’œuvre de van Cleve qu’il s’agisse des coiffes blanches de ses femmes, plus amples que celles qu’on observe chez Brueghel et avec des brides souvent relevées et nouées sur le sommet de la tête ou du motif, tout aussi fréquent, du chien représenté de profil. CÉLÉBRATION DU QUOTIDIEN Considéré comme un suiveur de Pieter Breugel le Vieux, Marten van Cleve dévoile dans cette célébration de mariage toute son inventivité. Si le thème est effectivement tiré de la production picturale de la famille Breughel, le style et l’originalité du tableau dévoile un artiste indépendant et innovateur. A l’instar de Bruegel, Marten van Cleve trouva les sujets de ses compositions dans des scènes de la vie quotidienne, notamment dans les festins paysans et les célébrations. Les mariages paysans furent un sujet privilégié qu’il interpréta dans de nombreux panneaux. Contrairement aux nombreuses compositions de petites dimensions représentant ce sujet, cette œuvre apparaît comme une exception dans le corpus de Marten van Cleve. Il propose ici une scène bien plus spacieuse et aérée.


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

MAERTEN VAN CLEVE 1527 – Anvers – 1581 Danse de noces en extérieur Circa 1570 Panneau : 94,3 x 122,3 cm Provenance : Collection privée.

| 27


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR


DE JONCKHEERE | GENÈVE

ÂGE D’OR

DE JONCKHEERE LA GALERIE DES GRANDS MAÎTRES

De Jonckheere est la galerie de référence pour la peinture flamande des XVIe et XVIIe siècles. Depuis 2012, la galerie accompagne aussi ses collectionneurs sur les traces des grands maîtres de l’Art Moderne et de leurs œuvres les plus désirables. Les frères De Jonckheere ont ouvert leur première galerie à Bruxelles en 1976, puis à Paris, rue du Faubourg Saint-Honoré, en 1983. En avril 2011, De Jonckheere a inauguré un nouvel espace dans le centre historique de Genève au 7 rue de l’Hôtel de Ville, devenu le cœur du développement de la galerie. L’étude approfondie des œuvres sélectionnées par De Jonckheere et l’excellence mise à déceler les plus belles œuvres du marché ont permis à la galerie d’asseoir sa réputation et son expertise de tableaux des grands maîtres flamands. Leurs tableaux, appréciés des collectionneurs les plus exigents et des musées du monde entier, sont régulièrement présentés sur les foires les plus prestigieuses telles que la Biennale des Antiquaires de Paris depuis 1978 ou encore TEFAF Maastricht et New York. Le 500e anniversaire de la mort de Hieronymus Bosch cette année est l’occasion de célébrer sa peinture dans les collections de la galerie, qui accompagne depuis plus de quarante ans les amateurs dans l’acquisition de sujets typiquement boschiens. Dans la continuité de son expansion, la galerie De Jonckheere ouvrira les portes d’un nouvel espace à Monaco au premier trimestre 2017.

DE JONCKHEERE Tableaux de Maîtres

| 29


DE JONCKHEERE | GENÈVE 7 RUE DE L’HÔTEL DE VILLE

ÂGE D’OR ACQUISITIONS RÉCENTES EXPOSITION DE PEINTURES FLAMANDES DES XVIe ET XVIIe SIÈCLES DU 01 DÉCEMBRE 2016 AU 27 JANVIER 2017 VERNISSAGE | 30 NOVEMBRE 2016 | 18H

Les visuels déployés dans les pages de ce dossier représentent une sélection disponible pour la presse.

CONTACT PRESSE Alexandra EL ZEKY Tel. + 33 (0)1 43 20 10 20 Mob. + 33 (0)6 40 19 62 60 aelzeky@communicart.fr 23 rue du Renard – 75004 Paris www.communicart.fr


DE JONCKHEERE Tableaux de Maîtres

Dossier de presse - Exposition "Âge d'Or" - Galerie De Jonckheere - Genève  

Peintures flamandes des XVIe et XVIIe siècles

Dossier de presse - Exposition "Âge d'Or" - Galerie De Jonckheere - Genève  

Peintures flamandes des XVIe et XVIIe siècles

Advertisement