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Université Toulouse II le Mirail Arts Appliquées/L2 séminaire Aleksandra Voroncenko 12/05/2014


Sommaire 1.......................................Introduction Recherches graphiques.....................12 2.................................................Projets I Pliage...............................................12 2......I Vinyle Florence and the Machine

II VĂŠgĂŠtation......................................14

5..............II GusGus monte sur le vinyle 8......................................III Margherita Conclusion.......................................16


Introduction En continuant mes recherches graphiques sur la relation entre la musique et l’image je poursuis mon travail sur la pochette de vinyle. Le nom de cette « fine galette noire gravée et percée au centre » (Ch. de Smet) provient de sa composante principale - polychlorure de vinyle. Dans les années 50 le vinyle remplace complètement son ancêtre les 78 tours, le premier support d’enregistrement de la musique sur disque plat. Depuis, le vinyle devient le seul moyen de reproduire, diffuser et pouvoir écouter la musique chez soi. De nombreux graphistes se sont dédiés à promouvoir la pochette de 30*30 cm. Alex Steinweiss est l’un des premier à réaliser le packaging qui devient un vrai enjeu commercial. Jusque dans les années 80 perdure l’idée que l’attrait de la pochette a une forte influence sur les ventes des vinyles. Ainsi les graphistes présentent des pochettes compréhensibles, lisibles et séduisantes. La méthode d’illustration qui reliait le contenu avec son visuel a été enrichie par la photographie.

Un abaissement des ventes et de la production des vinyles au milieu de 1980 est étroitement lié à l’arrivé du CD-ROM. Un nouveau support qui est plus petit, plus performant (en quantité, mais non pas en qualité) et bien sûr moins chère. Pourtant le vinyle peu à peu reconquiert sa place avec les styles de musique comme le reggae, le rap, les musiques électroniques, le punk rock et le noise. Les pochettes contemporaines sont très variées et on peut remarquer une tendance : la présentation de la pochette n’est plus considérée comme un moyen de vendre, mais elle est plutôt rattachée à l’expérience personnelle de l’artiste. L’image contemporaine de la pochette peut être choquante, psychédélique ou délirante. En plus, il peut ne pas y avoir de texte, ni du sens direct, ni de l’ordre, ni de hiérarchie des informations. Ce qui est plus important c’est la musique, le visuel reste très libre et particulier.

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Projets I Vinyle Florence and the machine Recherches Afin de trouver des idées pour la pochette vinyle de la chanson du groupe Florence & the Machine Shake it out, je me suis d’abord intéressée aux paroles. La chanson nous dit que même si on vie dans le présent on ne peut pas se débarrasser du passé que l’on regrette.

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Pour l’aspect technique, je pensais moderniser la pochette en lui adaptant une nouvelle fermeture. La fermeture est constituée d’un pliage qui permet de manipuler l’image pour qu’il y ait deux côtés différents. En ajoutant la possibilité de plier la couverture, je rejoins l’idée d’une double image. Avec ce pliage j’invite le consommateur à interagir avec la pochette et son image en mouvement, se l’approprier et donc tisser un lien plus étroit avec l’objet.

Pochette fermée

Pochette ouverte


Pourtant, la pliure n’amène pas de modernité dans mon choix. C’est une décision prise trop vite, sans me rendre compte de tous les problèmes que cela peut produire: impression compliqué sur deux côtes, fragilisation rapide du papier cartonné, question de fermeture peu commode. Donc, je suis revenue sur la pochette clasique où l’on glisse le vinyle dans la pochette sur le côté. Mais mon intention reste la même: traduire un sentiment de regret du passé, qui reste toujours avec nous.

Pochette ouverte

Pochette fermée

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Pochette Pour cette chanson énergique j’ai choisi le contraste de noir/blanc, ou noir/rouge. Le rouge intensif et même parfois agressif. La couleur noir aussi comme le symbole des démons et de l’obscurité qui est présent dans les paroles. Afin d’incarner le décalage entre passé et présent j’ai superposé les deux premières images pour traduire cet écart. Le contour rouge peut être considéré comme l’ombre du passé présent dans son corps comme dans sa tête.


II GusGus monte sur le vinyle Recherches Pour ne pas trop s’éloigner dans l’abstraction, je commence à analyser la chanson par ses paroles, sa musique, et la relation entre ces deux éléments. La chanson hateful (Fr. odieux, détestable) de groupe Islandais GusGus nous raconte une histoire d’un homme qui ne peut pas aimer, du coup il décide de détester tout ce qui lui entoure. Donc, les paroles sont désagréables et provocantes, cependant la musique reste calme, tranquille, fluide. Dans la vidéo, on observe un homme qui chante dans le champ de fleurs, le paysage typiquement Islandais.

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Avec cette chanson on retrouve l’écart entre le sens et la présentation. D’abord j’ai présenté la pochette avec la même technique du pliage. Pensant au départ que cela fonctionnait. La pochette fermée – la musique qui commence tranquillement, les fleurs, la douceur. Puis, la pochette ouverte – la haine, les pensées pessimistes, toujours en restant sur la musique impassible (la petit partie des fleurs en couleur). Cette méthode un peu illustrative qui vient de conception d’Alex Steinweiss, qui nous disait «Je voulais que les gens entendent la musique en voyant l’œuvre d’art ». Mais j’ai choisi de laisser la pliure à cause de contraintes techniques. Pochette fermée

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Pochette ouverte


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Pochette Ici la pochette est dans une gamme monochrome pour éviter le rapport narratif qui précède avec la représentation direct des fleurs. La ligne devient un élément principal de l’image. Avec une épaisseur différente la ligne crée une superposition, transparence et envahit l’espace de la pochette. Occupation du titre exprime la face cachée de l’album. D’un côté l’espace monochrome, sinueux nous semble clair, mais de l’autre, l’envahissement créer une sorte d’angoisse, on ne sait pas qu’est-ce qu’il y a derrière la limite de la pochette.


III Margherita Recherches La troisième chanson sélectionnée est: Margherita de groupe Massara. C’est une chanson italienne des années 80. Dans le style électronique funk disco. L’histoire d’une fille qui a des doutes par rapport à son amoureux, et elle demande à la marguerite s’il l’aime, ou s’il ne l’aime pas.

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J’ai débuté la recherche sur la forme de la fleur. Je me suis demandée « comment elle est construite ?» et «pourquoi la marguerite est toujours représentée avec des feuilles en forme de U ? ». J’ai voulu créer ma propre fleur pour pouvoir ensuite l’intégrer dans la composition de la pochette. Donc j’ai repris les signes musicaux (clef de sol, clef basse, forte fortissimo) et je les ai utilisé pour constituer la forme de la marguerite. Ici on trouve la perte du premier sens d’un signe musical, qui devient un élément plastique. Mais sans aucun indice il serait difficile de reconnaitre la provenance d’un élément graphique, par contre ça permet de créer une variété de nouvelles formes. Avec cette recherche je rejoins mon questionnement par rapport au détournement de l’objet graphique en lui redonnant une nouvelle perspective.


En ayant choisi quelques typographies je propose plusieurs mises en page avec les marguerites élaborées. Pour les pochettes des années 80, Ch. de Smet* évoque quelques principes de composition : un motif plastique qui envahit l’espace, le texte devient le principal élément visuel. A mon avis, l’envahissement de l’espace incarne une forte notion de l’instabilité, de la peur, tandis que Margherita est une chanson positive et harmonieuse. Donc je choisie plutôt d’occuper l’espace, que de l’envahir, car cette chanson est beaucoup plus agréable, que celle de GusGus. Dans le but de sortir le texte de son environnement classique je lui donne une fonction supplémentaire. Non seulement il porte l’information, un message, mais aussi il devient un élément de composition, qu’on appelle typographie expressif.

*Extrait de l’article Habiller le Jazz dans le livre «Pour une critique du design graphique : Dix-huit essais» de Catherine de Smet, B42, 2012

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Pochette

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Inspirée de la pochette de Reid Miles - Jackie McLean « It’s time! » je propose la pochette pour Margherita. La composition avec des fleurs qui diminue précise la mélodie de la chanson suffisamment monotone (la même fleur) mais quand même ondulée. La gamme colorée si on pourrait dire psychédélique manifeste les couleurs des années disco. Les couleurs vives véhiculent aussi le sentiment positif et le rythme pétillant de la chanson.

Reid Miles It’s time! 1964


Vue de face

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Vue de dos


Recherches graphiques I Pliage

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Inspirée du premier principe pour les pochettes de vinyles pliage j’expérimente avec cela. Dans un premier temps le but c’est de raconter une histoire au travers l’image à double face. Ici on oublie totalement la pochette et le rapport musical et on s’intéresse à l’image. J’applique toujours mon intention de double sens qui émerge dans tous mes projets.

Avec ces images j’essaie de répondre aux questions : « comment l’image de devant du dessus est changée par la face cachée ? », « quelle influence porte-t-elle sur notre perception ? » et « comment donner de la profondeur à l’image ? ».


Pour acquérir de la profondeur et de la perspective je superpose les doubles images. En jouant sur la transparence et les zones qui apparaissent je complète l’image avec une espace imaginaire au verso. Cela laisse le spectateur s’approprier l’image, rajouter des touches personnelles.

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II Végétation Sur un exemple de Catriona Spencer je travaille mes qualités graphiques et mon style personnel. En m’inspirant de son travail, je m’approprie l’idée d’un élément graphique, son multiplication jusqu’à l’infini. Au travers de formes abstraites je joue avec la composition de l’image, les tonalités de la couleur. Le but étant de créer une base d’images, qui n’évoquent pas un contexte précis, pour après pouvoir les utiliser dans les environnements différents.

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C’est un essai de rassembler les formes, et composer une image en ayant l’idée de la profondeur derrière la tête. Le concept de superposition, transparence, envahissement qui trace mon travail de la pochette de Florence, GusGus et la série pliage.


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Conclusion Mon champ de recherches que j’ai défini comme la dualité de l’image se ramifie en plusieurs branches. Je questionne la forme, le texte, le rythme, le sens (des paroles), la pochette de vinyle. Je m’intéresse beaucoup à comment cohabitent ensemble la musique et l’image. Au travers de mes projets de pochette j’ai tenté de comprendre et faire coexister les supports audio et visuel. J’ai altéré mon but de traduire la musique en image, parce que cette tentation risque de tomber dans l’illustration.

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Ce que je faisais au début me rappelle la création de la pochette du vinyle vers les années 40-80. Les premiers graphistes plongeaient dans la « relation illustrative qui reliait les premières pochettes à leur contenu » ex. une pochette de David Stone Martin. Le rapport trop direct et trop étroit avec la musique ne génère qu’une image plate, superficielle et monotone.

David Stone Martin Jazz at the Philharmonic 1963

Afin de proposer une pochette moderne il faut concevoir une nouvelle méthode. L’un de ses exemples de pochette de Peter Saville pour un groupe Joy Division l’album « Unknown pleasures » (Fr. plaisirs inconnus) sortie en 1979. Cette image d’un diagramme porte toute une histoire derrière. En fait, c’est un diagramme représentant la fréquence régulière des radios émissions du premier pulsar CP1919 jamais découvert. Le batteur de Joy Division Stephen Morris a remarqué cette image dans «The Cambridge Encyclopaedia of Astronomy» et l’a choisi pour la pochette.

Peter Saville Unknown pleasures 1979


Cette distance que donne à l’image Peter Saville marque une approche particulière. Prendre une image, la détacher de son premier sens, de son utilisation quotidien et la remettre dans un nouveau contexte. Avec cet écart le spectateur est poussé à donner sa réflexion, soi il reste avec l’image des radios émissions, soi il laisse son imagination remplir le contexte. Peut-être va-t-il imaginer les ondes de la musique, la vibration de son corps en contemplant la musique, à chacun son imagination. Un autre aspect important : la composition. Ici on voie la mise en valeur d’un élément graphique. Les grandes marges le fait sortir et apprécier. L’image est minimaliste, simple et allégée. C’est le contraire de la pochette de David Stone Martin, qui essaie d’occuper tout l’espace en restant dans véritable illustration: il montre un jazzman devant une philharmonie.

TRUST TRST 2012

Franchissons une trentaine d’années, on découvre une pochette de vinyle de groupe TRUST nommée TRST, sortie en 2012. Une histoire personnelle qui a influencé le choix graphique de la pochette. Le vocalisateur Robert Alfons a vu cette femme gothe dans une soirée et l’a prise en photo. Cette femme l’a tellement inspiré qu’il a décidé qu’elle incarnera son prochain album. Le visuel de cette pochette s’attache vraiment à son genre de musique. La femme mystérieuse et angoissante exprime fidèlement le sentiment ressenti en écoutant cette musique. De plus, cette pochette moderne ne porte aucun titre, aucune information sur le contenu, néanmoins on sent qu’une énigme nous attend.

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Aujourd’hui les artistes sont libérés des contraintes graphiques, donc ils choisissent ceux qu’ils leur parlent le plus pour représenter leur travail. Maintenant le vinyle est devenu un objet précieux, ainsi il est acquis pour son contenu audio. La pochette est devenue plutôt une possibilité pour l’artiste d’enrichir son travail, raconter une histoire personnelle que le promouvoir. Dans la situation contemporaine on peut définir le vinyle comme un support rare de la musique. D’abord parce qu’il exige un équipement spécial. Puis, peu de groupe ou DJ adoptent le vinyle, en conséquence il devient couteux, le prix d’un vinyle moderne varie entre 25-45 euro. Et finalement, seulement un public restreint peut apprécier le son du vinyle. Donc, cet objet peut être qualifié comme original et insolite.

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En disant que le vinyle fournit le son de meilleure qualité et qu’il est un objet original je rentre dans le débats avec Walter Benjamin. Il nous dit* que l’œuvre d’art reproduit perd son hic et nunc (ici et maintenant) et son aura (lien avec l’origine). Au travers de la reproduction en série, l’objet subit une désacralisation, donc cet objet devient un objet de culte. D’un objet personnel et unique il devient un standard, une universalité. Je suis d’accord que la reproduction des images, le piratage des films et de son ont un fort rapport avec une massification. C’est un mouvement qui devient incertain. Mais, à mon avis, le cas du vinyle est à part. Car, premièrement, le nombre de copie d’un vinyle moderne sont très limités. Deuxièmement, ce n’est pas si facile de pirater un vinyle, c’est toujours plus simple de pirater un CD. Pour moi, même dans ce contexte de la culture de masse, le vinyle reste un objet rare et *Dans son livre L’Œuvre d’art à l’époque de sa apprécié qui mérite d’exister. reproductibilité technique, paru en 1955.


Double sense of the image  

Double meaning which personifies in graphic layout

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