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SEPT/OCT

N#57 2013 MAGAZINE

PLONGÉE MAGAZINE N°57 SEPT/OCT 2013

LA RÉFÉRENCE DE TOUS LES PLONGEURS Rendez-vous sur

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FORMATION

DOSSIER

Cursus et PASSEZ AU NIVEAU exercices SUPÉRIEUR incontournables

VOYAGE

INDONÉSIE INDONÉSIE

AAlor lor, llaa vvie ie ssauvage auvage à ll’état ’état ppur ur

BIARRITZ

De la bulle sous la vague ÉPAVE

AVENTURE

OPÉRATION LUNE

MADAGASCAR

Dans les puits naturels de l’Île Rouge

Un tournage hors normes AU PAYS DU POULPE GÉANT ESSAIS ESSA ES SAIS MATÉRIEL

11 COMBINAISONS COMPARÉES PAR NOS EXPERTS MÉDE MÉ MÉDECINE DECI CINE NE

PLONGÉE ET AUTISME ILS ONT RELEVÉ LE DÉFI

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RECYCLEURS

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L'IVROGNE DES PROFONDEURS

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SUR NOS CÔTES

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Réassort et modifications de services : " à juste Titres " - Diane Paillard Tél. 04 88 15 12 47 d.paillard@ajustetitres.fr

Sans progression, il y a lassitude. Tournage en rond et furieuse envie de faire éclater le bocal. Un besoin de chambouler, de satisfaire sa soif d'ascension. C'est humain. D'autant plus à notre époque de zapping où l'on a la fâcheuse tendance à ringardiser ce que l'on a adulé. Un désamour inéluctable qui touche aussi la plongée et ses pratiquants. Aux premières bulles, c'est la découverte, le tourbillon enivrant qui pousse à recommencer encore et encore. Il y a même des adeptes du baptême à répétition, grisés par l'adrénaline de l'immersion mais pas assez "piquousé" pour se lancer dans la formation. Ils aiment mais ils s'arrêtent aux portes de la technique, jugée – ou mal vendue – comme "pas assez fun". L'aura du grand bleu s'effrite. Alors que c'est tout le contraire. L'apprentissage, le dépassement de soi, la réinvention de ses limites... Rien de tel pour gazéifier l'eau plate. Pour captiver, il faut des défis. Ça peut paraître idiot, mais entre nous, qui n'a pas ressenti une immense fierté lors de son premier vidage de masque maîtrisé ? Qui ne s'est pas vanté auprès des copains après la réalisation d'une remontée assistée sans le moindre incident ? Honnêtement, vous l'avez tous éprouvé ce petit frisson gratifiant de satisfaction ? Cette sensation d'être parvenu dans un monde d'initiés, de ceux qui savent le faire... Ok, on n'a pas fait atterrir un Boeing 747 sur une piste détrempée, mais on est tout de même parvenu à remonter son binôme du fond, en contrôlant la vitesse et en se stabilisant en douceur à 3 mètres, non ? C'est jouissif de réussir. Il faut peut-être arrêter de brader la plongée comme un loisir de pépère et nous donner l'envie de vibrer pour une activité qui nous valorise. On n'abandonne pas ce qui nous élève.

Cécile Cioni Rédactrice en chef

Prêts pour la formation ? Une ambiance de surface signée Predrag Vuckovic/Getty Images

Impression : MCC Graphics “Printed in Spain/Imprimé en Espagne”. CPPAP N° 0715K86929 ISSN 1261-2405

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SOMMAIRE

28 Q INSOLITE 6 i Moonwalk sous la glace QSECRETS DE PROFONDEURS 8 i La planète des petites bêtes QACTUALITÉS 12 i Opération Lune : un tournage hors normes

14 i Malte : du métal pour le bonheur des plongeurs

16 i Expédition de Fabien Cousteau :

PLONGÉE MAGAZINE SEPTEMBRE-OCTOBRE 2013 # 57

68

62 QENVIRONNEMENT OCEANS 68 i Au pays du poulpe géant QPRATIQUE PLONGEURS DÉBUTANTS

74 i La croisière s'amuse,

et moi ?

QTEK POUR TOUS 84 i Le recycleur semifermé, un économiseur de gaz

QMÉDECINE 86 i Plongée et autisme, ils ont relevé le défi !

QHISTOIRE DE PLONGÉE 90 i Véritable ivresse des profondeurs QLÉGISLATION 95 i Toute l'actu législative de la plongée QBANDE DESSINÉE 98 i Les animaux marins

31 jours sous la mer

18 i Eilat Red Sea 2013 : the place to be

QSHOPPING 22 i Jouons les prolongations QCONFIDENCES 24 i Dominique Sérafini, artiste des océans

QPARTIR PLONGER 28 i Indonésie : Alor, la vie sauvage ?

à l'état pur

QSUR NOS CÔTES 36 i Biarritz, nouvelle vague QFICHE ÉPAVE 38 i Le Marcella, La Spezia (Italie) QAVENTURE 40 i Dans les catacombes de

Madagascar

QMATÉRIEL COMPARATIF 46 i 11 combinaisons pour tout faire QPHOTO SHOPPING 58 i Rentrée étanche ATELIER PHOTO 60 i Vos photos commentées et primées par notre rédaction

QPORTFOLIO 62 i Thomas Roger et Frédéric Larrey : la faune du grand bleu magnifiée

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PRATIQUE PLONGEURS CONFIRMÉS

DOSSIER

76 i FORMATION : PASSEZ VOS NIVEAUX ! En plongée, les écoles et les standards s’affrontent parfois, mais il est une certitude partagée par le plus grand nombre : la formation est indispensable pour pratiquer. Sans elle, l’évolution subaquatique est fortement limitée et soumise à un encadrement omniprésent. En cette rentrée propice aux bonnes résolutions, voici un point sur les enjeux de l'apprentissage et sur les principales compétences à acquérir. Retrouvez le sommaire de notre prochain numéro en page 91 et nos offres d'abonnement en pages 96-97

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SECRETS DE PROFONDEURS

La planète des

petites bêtes

Avide de sensationnalisme, le plongeur se détourne trop souvent de l'interminable bleu des paliers, ce monde entre deux eaux où se dissimule le minuscule. Un néant illusoire, un vide stimulant peuplé de petites bêtes à la dérive, comme autant d'antidotes à l'overdose de gigantisme. Texte et photos Laurent Ballesta L’accusation retentit autour du feu de camp : "De toute façon, toi, tu AIMES faire des paliers !" C’est Yanick qui me jette ça au visage, à l’annonce du lourd programme du lendemain. Ce n’est pas un reproche, plutôt une vanne, d’ailleurs le ton dénonciateur est largement surjoué. Les copains rigolent, je souris. En fait, je ne sais pas quoi penser. Comme tout le monde, il me semblait que je n’aimais pas ça, les paliers, mais la vérité est sans doute plus nuancée. Au début d’une mission, il est vrai que le plaisir des descentes est gâché par l’appréhension des remontées. Même la soif de découverte peut vite être anéantie par la perspective de ces interminables décompressions. Aux paliers, lors des premiers jours, je ne me sens jamais très bien. L’inconfort fait naître des angoisses parce qu’il semble impossible de rester ainsi des heures durant. Quelques idées noires tournent en rond, un mauvais souvenir mine le moral, et puis il y a toujours quelque chose qui ne fonctionne pas, une sangle mal ajustée, un tuyau au mauvais endroit, des trucs qui grattent autant le corps que l’esprit. J’ai mal aux reins, j’ai mal aux dents, j’ai froid. C’est pénible et j’ai envie de sortir de l’eau le plus vite possible.

VOYAGE AU RALENTI Mais les choses changent. Petit à petit, jour après jour, plongée après plongée, décompression après décompression, je retrouve mes marques, je me sens mieux dans mon scaphandre, bien équilibré de la tête au pied, les attitudes deviennent naturelles, et les gestes rares et économes. Alors l’impatience, au lieu de s’accumuler, se délite. Elle se dilue dans l’eau qui me porte. L’ennui cède la place à une agréable léthargie. Le temps ne s’allonge plus, il s’épaissit. Soudain, cette condamnation à l’immobilité n’est plus une peine non négociable, elle devient un sursis salutaire, un bonus de temps. C’est une pause offerte à la course effrénée de nos vies, une échappatoire à nos urgences du quotidien. La lente déambulation devient un voyage au ralenti. Le corps dérive et l’esprit divague. Le temps n’est plus un ennemi, l’inconfort est passé. Plus aucune souffrance ne m’encombre, enfin je me tourne vers l’extérieur que je croyais vide. Alors soudain, devant mes yeux, le désert liquide se remplit de minuscules trésors que j’avais négligés jusque-là. Focalisé sur ce petit point en suspension, je m’aperçois qu’il s’agit d’un coquillage de quelques millimètres. Plus petit qu’un grain de

Une étoile de mer aux bras psychédéliques ? Non, un petit gastéropode aux tentacules pigmentés et déployés dans le bleu pélagique.

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ENQUÊTE

” COMMENT RETENIR SON ATTENTION SUR

QUELQUES MILLIMÈTRES DE DÉLICATESSE, NOUS QUI SOMMES NOURRIS EN PERMANENCE DE GRANDS SPECTACLES ?

ENQU

Au cœur de l’univers pélagique, loin du fond et loin des côtes, sans repère dans ce monde monochrome dépourvu de décor et d’horizon, l’insignifiant prend de l’importance. C’est un ancrage pour mes yeux, un refuge pour mon esprit. C’est tout cela et ce n’est rien à la fois : un minuscule microgramme de vie dans un immense désert d’océan.

UNE APPARITION SUR L'ÉCRAN BLEU riz, abandonné dans l’immense océan Indien, ça ne fait pas bien lourd, je vous le concède. Ce n’est qu’un éclat brillant dans la pénombre bleue, une particule de matière dans le vide liquide, une poussière dans la mer, un quasi-néant dans l’océan.

Se pourrait-il que ce minuscule mollusque soit une larve d’escargot ? Comme si l’animal avait entendu la question, il me répond en déployant tout doucement de longs tentacules qui font de lui un gastéropode planctonique à part entière PLONGÉE MAGAZINE \9

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ACTUS Le sous-marin Remora 2000 de la Comex (ci-dessus), équipé d'une caméra, a permis de filmer l'épave, tandis que le scaphandre Newtsuit de la Marine nationale (ci-contre) a servi à la récupération d'objets.

OPÉRATION LUNE UN TOURNAGE HORS NORMES

En octobre 2012, trois bateaux (le Jason de la Marine nationale, L'André Malraux du Drassm* et le Minibex de la Comex**) se retrouvent au large de Toulon pour fouiller l'épave de la Lune. Dotée de moyens technologiques considérables, l'expédition est filmée en détails pour un documentaire, "Opération Lune", diffusé en juin dernier sur Arte. Puis en juillet, un second tournage a lieu afin de compléter les prises de vues sous-marines en relief, qui serviront à réaliser un film 3D pour une distribution internationale dès cet automne. Texte Cécile Cioni

”C

'était une aventure incroyablement enrichissante, tant sur le point technique qu'humain, une première en termes de moyens mis à disposition", souligne Yvan Tchernomordick. Plus connu sous le surnom de Popof, ce scaphandrier de 66 ans a pourtant derrière lui une expérience de 42 ans au sein de la Comex, dont une bonne partie à manœuvrer le sous-marin biplace Remora 2000. Autant dire qu'il a vécu un nombre considérable de missions hors normes. Mais l'expédition sur l'épave de la Lune, posée à 90 mètres de fond, n'était pas une opération comme les autres. Avec un budget de près de 2 millions d'euros, elle a mobilisé des partenaires prestigieux, civils et militaires, peu

habitués à travailler ensemble : le Drassm, la Comex, la Marine nationale, Dassault Systèmes*** et plusieurs sociétés de production. Tous avaient le même but, à savoir fouiller la Lune sans l'intervention de plongeurs, à l'aide de nouvelles techniques, qui pourraient à l'avenir être dupliquées pour des explorations plus profondes. Une expédition sans équivalent, qui n'aurait jamais vu le jour si le film "Opération Lune" – initié par Guillaume Pérès de Grand Angle Productions, Marine Jacquemin d'Ethic Prod et Michel L'Hour du Drassm – n'avait pas été à la clé.

L'HOMME DE LA 3D SOUS-MARINE Côté prises de vues, Denis Lagrange d'Aloha Production était l'homme de la situation.

"J'ai développé en 2011 un caisson stéréoscopique unique au monde, avec l'aide de la société suisse Subspace, raconte-t-il. L'idée étant de réaliser des images 3D, grâce à deux caméras, l'une se déplaçant de manière horizontale et l'autre à la verticale, avec entre les deux, un miroir." Pour le tournage de "Opération Lune", le système devait être piloté depuis un sous-marin. Et c'est là que Popof est intervenu. Au Festival mondial de l'image sous-marine de Marseille, en 2011, il retrouve son vieil ami de 40 ans, Jean-Claude Protta, fondateur de Subspace. Il lui présente Pascal Courtin, qui vient de reprendre la société, et lui montre une photo de la caméra de Denis. Plaisantant à moitié, Popof s'exclame :

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À gauche : la caméra 3D, posée devant Denis Lagrange (à droite) et son assistant sous-marin, Pascal Jagut. À droite : le Newtsuit prêt à être immergé.

"Mais on devrait monter cet engin sur le sous-marin Remora !" Denis et Popof sont mis en contact et le projet prend forme. "C'est la première fois qu'une caméra à miroir a été montée sur ce type de sous-marin", précise fièrement Popof. Un deuxième caisson 3D, avec deux caméras côte à côte, a également été positionné sur le ROV Achille, un robot sous-marin de la Comex. Il a permis des vues d'ambiance et des contre-champs afin de filmer le Remora en action. Mais l'autre problématique à résoudre pour ce type de tournage sous-marin était l'éclairage. "À 90 mètres de fond, il fallait de la puissance, explique Denis. Une rampe de 1 600 W led (environ 6 000 W tungstène), alimentée par le ROV de la Marine nationale, a fourni une source lumineuse suffisante et mobile." Durant le second tournage, en juillet dernier, c'est finalement à une grue du bateau Minibex que l'éclairage a été fixé, pour une lumière "en pluie".

DÉFI RELEVÉ AVEC BRIO Au total, 7 jours de tournage en mer (cinq en octobre 2012 et 2 en juillet 2013) auront été nécessaires. Denis et Popof avouent que la deuxième partie a été nettement plus réussie, les conditions de mer étant beaucoup plus favorables. Pour autant, les journées étaient bien remplies, avec deux immersions quotidiennes de 3 h à 3 h 30 chacune, durant lesquelles la concentration des deux hommes était maximale, le sous-marin

Remora 2000 devant être piloté finement. "Il y a beaucoup de sédiments sur la Lune, indique Denis. Au moindre mouvement mal contrôlé, ça peut vite se transformer en brouillard." Et Popof de préciser : "On venait au contact de l'épave, il fallait être prudent. Le déplacement du Remora, qui pèse tout de même 5 tonnes, pouvait troubler l'eau."

Toujours est-il que les deux hommes ont réussi leur pari : filmer la Lune en 3D. * Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines ** Société spécialisée dans les interventions sous-marines humaines ou robotisées *** Leader mondial de solutions 3D Crédits photos : Grand Angle Productions, Denis Lagrange, Pascal Jagut, Pascal Courtin, Jean-Claude Protta.

Le bateau Minibex de la Comex, avec le Remora 2000 à l'arrière, prêt pour l'exploration de la Lune.

LA FACE CACHÉE DE LA LUNE C'est en 1993 que Paul-Henri Nargeolet invente l'épave de la Lune, lors d'une mission d'exploration pour l'Ifremer. Disparu en 1664, le bateau repose à 90 mètres de fond au large de Toulon. Vaisseauamiral du Roi Soleil, ce trois-mâts était pourtant tombé dans l'oubli, Louis XIV ayant préféré étouffé le drame... En effet, à son retour d'Afrique du Nord, où il avait été envoyé pour ravitailler les troupes se battant contre les pirates de la région, le navire est bloqué à l'entrée de la rade de Toulon. L'affrontement en Afrique du Nord a tourné à la débâcle pour les Français, la Lune revient donc chargée de blessés. Prétextant un risque de peste, les autorités de

l'époque lui ordonnent d'aller mouiller aux îles d'Hyères pour une mise en quarantaine. Mais le bateau est en mauvais état, il coule le 6 novembre 1664 avec plus de 800 soldats. On ne parlera plus de la Lune durant plus de 300 ans. Extrêmement bien conservée, l'épave est une sorte de Pompéi sous-marin, avec une multitude d'objets témoignant de la vie au XVIIe siècle. Son exploration, dirigée par Michel L'Hour, directeur du Drassm, a bénéficié de moyens techniques inédits. i "Opération Lune", documentaire réalisé par Pascal Guérin et Herlé Jouon, coproduit par Arte France, Grand Angle Productions, GAD, Dassault Systemes, Ethic Pro et Aloha Production.

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SHOPPING PARTIR PLONGER

JOUONS LES PROLONGATIONS Bon, on s'est bien éclaté cet été, avec une saine saturation azotée et du bleu plein les mirettes. Il est temps de rincer le sac de plonge pour préparer le cartable et l'attaché-case. Mais rien n'empêche de lorgner sur les nouveaux produits qui viendront remplacer ceux un peu dépassés, ou compléter notre panoplie. Car la saison n'est pas finie et de belles plongées sont encore à faire ! Daniel Deflorin

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CONFIDENCES

BIOGRAPHIE 1946 Naissance à Paris. 1966-1968 École nationale supérieure des Beaux-arts, Paris. 1973 Il réalise et édite la plongée sous-marine en bandes dessinées, la chasse sousmarine et une brochure sur la plongée industrielle avec la Comex. 1975-1977 Collabore à la revue “Océans”. 1978-1980  Graphiste publicitaire. 1985-1998 Il illustre la série d’albums “L’aventure  de l’équipe Cousteau en bande dessinée”, 17 tomes (Éditions Robert Laffont). Livre d’Or pour avoir dépassé 100 000 exemplaires vendus. 2002 Lance le site www.dreamwrecks.com, illustre et dessine les épaves des Caraïbes. Tourne dans la foulée 26 films sur le sujet avec sa compagne, Catherine Salisbury.

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DOMINIQUE SERAFINI ARTISTE DES OCÉANS

De sa vie passée sous les océans et mers du globe, Dominique Serafini conserve des esquisses, des dessins, qui sous ses doigts deviennent des bandes dessinées, des toiles ou des livres. Une gouaille de titi parisien, un physique buriné de vieux loup de mer et une prédilection pour les métaphores sous-marines. Avec une bulle de provocation, il s’est livré à Plongée Mag. Propos recueillis par Martine Carret, photos collection Dominique Serafini Plongée Magazine : Comment définiriez-vous votre vie ? Dominique Serafini : Une suite de mésaventures heureuses et malheureuses. Le destin m’a invité à participer à un carnaval, avec ceux qui dansent et ceux qui ne dansent pas. Enfant, je rêvais de voler dans le ciel comme Peter Pan. Puis le Monde du silence m’a appris que je pouvais voler dans l’eau. À 15 ans, j’ai décidé que je serai dessinateur sur Calypso. J’étais extrêmement motivé. Au point de prendre contact avec le commandant Cousteau ? D. S. : Je lui ai montré mes dessins à la fin d’une conférence à l’Institut océanographique de Paris. Il ne m’a pas découragé. Au contraire. Il m’a déclaré : “Intéressant. Continuez. Revenez me voir quand vous aurez grandi.’’  Le dessin était-il une vocation précoce ? D. S. : Tracer des caricatures était ma méthode pour communiquer. Je vivais sur l’île de la Cité. Picasso avait son atelier non loin, la lumière éclairait Notre-Dame. J’allais à l’école en croisant des peintres à tous les détours des ponts. À l’école, j’ai fait en sorte de prouver que j’étais mauvais en tout, sauf en dessin. À 14 ans, j’ai suivi des cours de nus à Montparnasse. Imaginez… Comment un titi parisien découvre-t-il la plongée ? D. S. : Mon père m’emmenait nager dans la Seine à côté du pont Neuf, l’eau était claire, on ramassait des écrevisses. Il me portait sur son dos et me lançait en disant “nage’’. Plus tard, je suis allé à la piscine Deligny près de la Tour Eiffel. C’était le seul endroit où les bikinis étaient autorisés. On croisait BB, Mireille Darc, Martine Carol... J’avais un masque. Un jour, une femme a perdu son bikini. J’ai appris alors deux lois physiques de la plongée : l’effet loupe et Archimède. Quand j’ai vu ces seins nacrés à portée de mes yeux, je me suis dit que la plongée et la peinture allaient faire bon ménage.

Le dessin, c'est toute sa vie. Dès 15 ans, il rêvait de rejoindre l'équipe Cousteau, ce qu'il fit dans les années 1980. Il illustre aujourd'hui les aventures d'un autre héros, le capitaine Watson de Sea Shepherd.

Était-ce un monde facilement accessible ? D. S. : En Corse, j’ai découvert la chasse sousmarine. Un jour sur un voilier, des gens m’ont demandé si je pouvais aller décrocher leur ancre. “Tu sais plonger ?”. Je suis descendu avec une bouteille jaune, rouillée et un détendeur Mistral. Mes connaissances étaient uniquement… livresques. Une bouteille après tout, ce n’était ni plus ni moins qu’un gros tuba, non ? Je suis descendu à 30 mètres. On m’avait dit aussi : “Tu tires sur la tringle si tu n’as plus d’air.” Les mérous venaient me voir, les corbs, les sars… c’était splendide. J’ai intégré l’Association des hommes grenouilles de Paris. On partait aux Glénan, l’ambiance était super sympa. Les formations en club associatif ne coûtaient quasiment rien. Je me mettais sur le bord de la route, je levais le pouce et hop, je descendais plonger à Ibiza. Une autre époque, totalement insouciante. Vous êtes alors inscrit aux Beaux-arts. D. S. : On exposait nos toiles. Les profs rétorquaient : “La France manque de plombiers.” Parfois, on avait le droit d’entendre “Intéressant, mon ami !” Il paraît que j’avais trop de facilité. On considérait qu’il fallait

souffrir pour être artiste, alors que moi je voulais cultiver l’art de vivre. Mai 68. Vous avez 22 ans. La révolte ? D. S. : Nous étions un chaudron de trublions énervés, qui pensaient pouvoir changer le cours des choses, revenir à une société plus raisonnable qui ne soit pas basée sur l’agressivité, qui ne jure pas que par la consommation furieuse. Nous refusions le modèle américain. On considérait qu’il était interdit d’interdire de rêver. J’ai été arrêté et embarqué en Allemagne pour effectuer mon service militaire. Ils voulaient me remettre les “idées en place”. Je suis sorti de cet enfer bien décidé à ne jamais marcher au pas. Au retour, vous bossez dans la pub. D. S. : J’ai obtenu le Prix des arts ménagers pour Philips, en créant des dépliants pour utiliser des robots ménagers. L’horreur ! Je partais dans une voie sans issue. C’était signer mon enterrement avant l’heure. Au fond de vous, il y avait toujours ce rêve de plongée ? D. S. : Une agence de voyages m’a envoyé

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PARC DES EXPOSITIONS - PARIS - PORTE DE VERSAILLES

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La plongée. Une histoire de famille... Z_PM57_PUB.indd 27

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PARTIR PLONGER

INDONÉSIE

ALOR LA VIE SAUVAGE À L’ÉTAT PUR De l’autre côté du monde, à l’extrémité Est de l’Indonésie et de ses 17 000 îles, l’archipel d’Alor comble les plongeurs qui ont fait un très long voyage. Dans une nature préservée à la biodiversité époustouflante, ils évoluent entre les gorgones géantes et les plateaux coralliens, au milieu des prédateurs qui chassent et des petits qui se cachent. Un havre de paix à la vie foisonnante. Texte et photos Olivier Delorieux

INDONÉSIE i ALOR

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La splendeur de ce massif d'éponges orange, très architectural, donne une idée du paradis sous-marin qu'est cette île lointaine.

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S Ci-dessus : un gobie pose dans son corail fouet. En haut : la plage devant les bungalows séduit immédiatement par le calme qui y règne. En haut, à droite : l'incontournable spot Bama Wall regroupe toute la vie locale ! Explosion de couleurs garantie !

i le nom de cette destination vous est inconnu, il n’y a rien de surprenant. Éloigné des sites indonésiens les plus fréquentés comme le Nord Sulawesi ou Bali, l’archipel d’Alor profite d’un isolement propice à sa quiétude. Il faut avoir de bonnes raisons pour aller se perdre au fin fond de l’Indonésie et la pratique de la plongée en est une excellente. La préservation des sites n’est pas un argumentaire commercial mais une réalité. Du bord de la plage, ou à quelques dizaines de minutes de bateau tout au plus, les plongées s’effectuent au cœur d’un large détroit formé par les îles d’Alor et Pantar. Tombants, dérivantes, platiers coralliens, muck dives, tout est possible sur Alor ! Tout, surtout des rencontres exceptionnelles ! Il faudrait plus d’une vie pour se targuer de connaître tous les fonds d’Indonésie où les photographes viennent chercher du “petit”, même si quelques croisières plus élitistes offrent des rencontres plus “consistantes”. Pour rejoindre Alor, il faut prendre trois vols depuis Jakarta, faire environ 45 minutes de voiture, puis 30 min de bateau. Implantés sur une des rares plages de l’île, les sept bungalows du resort se fondent dans la forêt tropicale sur fond de paysages volcaniques.

Le charme opère immédiatement par le calme qui y règne. Aucune infrastructure ne vient ternir le décor, aucune pollution sonore pour troubler le chant des geckos. Ce havre de paix pourrait presque nous faire penser à un séjour pour 3e âge mais les jours à venir nous démontreront le contraire.

UN DÉCOR DE TOUTE BEAUTÉ Outre la plage sublime et le décor idyllique, le but de notre séjour est bien d’en profiter un maximum. Le briefing général de notre hôte Gilles, fin connaisseur de la plongée en Indonésie pour y avoir travaillé durant 8 années, nous ouvre l’éventail des possibilités. En plus des deux plongées quotidiennes effectuées depuis une des deux vedettes, liberté nous est donnée de plonger du bord comme bon nous semble. Quand le house-reef* de certains resorts n’est juste bon qu’à une plongée de réadaptation, celui de la plage est remarquable, d’une richesse incroyable, de jour comme de nuit, sur le platier dans 3 mètres d’eau comme sur le tombant à seulement quelques dizaines de mètres du bord. Les bungalows semblent cachés derrière une plage de sable blanc de 400 mètres de long. Fabriqués

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PARTIR PLONGER

en bois local, leur confort est modeste mais parfait pour apprécier la tranquillité des lieux. Point de climatisation, les espaces ouverts sur l’extérieur étant trop importants. Un ventilateur suffit d’ailleurs largement. La capacité du centre, limité à 14 plongeurs, contribue naturellement au confort individuel et au dépaysement. Ici, le tourisme de masse n’a pas sa place. Au restaurant, les repas sont servis à heures régulières et toutes les recettes locales parfaitement adaptée à nos palais occidentaux. C’est un moment privilégié pour discuter de la France, de nos plongées d’ailleurs avant d’écouter avec attention le briefing de Gilles quant à la prochaine plongée. Les explorations s’enchaînent à un rythme soutenu. Le Niveau 2 est vraiment le minimum pour profiter pleinement de chacune des sorties. Le centre n’est d’ailleurs pas vraiment spécialisé dans la formation, mieux vaut le savoir avant d’envisager un séjour.

GIGANTESQUES GORGONES Les quelques muck dives locales sont intéressantes, non pas pour la beauté des fonds, mais pour les espèces que l’on peut observer sur le sable : poissons feuilles, poissons fantômes, nudibranches…

ALOR, LA VIE SAUVAGE À L'ÉTAT PUR

LES REQUINS SURPRISES La plongée sur Alor réserve de belles surprises. Cette dernière matinée de plongée, nous nous sommes rendus une nouvelle fois sur Current Alley, un site exposé à de forts courants mais que Gilles aime visiter. Au moment de se mettre à l’eau, alors que tout le groupe avait été prévenu que le courant allait être fort, je compris de Gilles qu’il valait quand même faire l’effort de prendre l’appareil photo, lui-même ayant opté pour un grand-angle ! Après quelques minutes d’une plongée dérivante dans le bleu, un banc composé d’une trentaine de requins marteaux est soudainement apparu à portée de flash.

Impressionnant ! Quelle surprise ! Nous avions passé tant de temps durant ces 13 jours à plonger et à scruter le “petit” dans le corail, à contempler les récifs multicolores que nous avions presque oublié qu’un océan immense et sauvage nous entourait. Même si le hasard nous a aidés, Gilles avait bien calculé son coup. Le phénomène est rare, semble-t-il, mais souligne la diversité des espèces rencontrées lors de ce séjour. Des hippocampes pygmées de Biatabang aux nuées de poissons de Bama Wall, toutes les rencontres sont possibles sur Alor, c’est maintenant une évidence.

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SUR NOS CÔTES Ci-dessus : un chapon se laisse admirer, sur le beau tombant de Campo Banco.

BIARRITZ, NOUVELLE VAGUE

Page de droite vignettes : avec un peu de chance, on peut croiser un poisson lune ! En revanche, le congre et la coquette sont plus fréquents.

La capitale européenne du surf n’est pas seulement réservée aux adeptes des rouleaux. En partant du Port des pêcheurs, écrin d’authenticité basque, de magnifiques immersions vous attendent à Biarritz. Entre les reliefs sous-marins impressionnants, les différentes épaves et la faune qui se cache ou qui pavane, faites le plein de sensations ! Texte et photos Antoine Mettra

D BIARRITZ

e vielles cabanes de pêcheurs, les crampottes, legos dispersés et emboîtés cahincaha à flanc de falaise, sont peintes aux couleurs de la ville et du Pays basque : murs blancs, volets rouges, ou verts. Quel magnifique panorama que ce petit port improbable, tantôt bercé, tantôt secoué par l’océan Atlantique, dont il protège tant bien que mal des assauts de la houle quelques bateaux fatigués. Cette même houle attire le regard vers ses vagues qui se brisent sur la “Grande”, cette mythique plage au cœur de Biarritz. Au Nord, la pointe Saint-Martin et son phare majestueux marquent la limite avec Anglet, dont on devine les plages ainsi que celle des Landes se mélangeant à l’horizon.

DES ESCLAVES ET DES POULPES En ce magnifique mois de septembre, sous un soleil radieux, je retrouve Matthieu Lebrun, une vielle connaissance, moniteur aguerri travaillant à l’USB plongée. Avec lui, j’aurai la chance de partager quelques immersions riches en sensations. Et il y en a pour tous les goûts. Pour des baptêmes, des formations ou des réadaptations, les plongées au Boucalot, gros rocher devant celui de la Vierge, ou du bord à la sortie du port, sont idéales. Une petite épave et quelques tunnels sont visibles. Les seiches vous émerveillent par leur mimétisme avec leur environnement tandis que des poulpes vous observent depuis leur cachette. Une fois l’amuse-bouche avalé, vous en voulez plus ?

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Les gorgones illuminent les fonds marins de l'Atlantique, baignés par une eau souvent verte et fraîche.

INFOS PRATIQUES

La pointe Saint-Martin et son phare majestueux surplombent l'Atlantique.

Le “banc des esclaves” propose des sites entre 15 et 30 mètres et déroule au large un festival de reliefs sousmarins. De petites arches, grottes ou tunnels succèdent à de magnifiques failles et autres reliefs anarchiques. Les strates de roches, parfaitement visibles, témoignent des forces gigantesques, se jouant sous nos palmes, mises en œuvre pour sculpter un pareil décor ! Et la vie n’est pas en reste : sars en solo ou accompagnés déambulent tranquillement tandis que les bogues et les chinchards passent et repassent en bancs serrés, à l’opposé des oursins et des étoiles de mers si placides, du moins en apparence. De nombreux nudibranches se laissent découvrir à qui a le regard aiguisé. Quelques balistes, plutôt amicaux, viennent parfois aux nouvelles. Et, cachés, vous pouvez peut-être apercevoir un congre ou une raie torpille.

LA RÉCOMPENSE DU POISSON LUNE Pour les plongeurs confirmés, de beaux tombants dont Campo Banco sont inévitables. Sur ce dernier, entre 25 et 45 mètres, on trouve un gros chapon posé nonchalamment sur son rocher, des coquettes colorées en vadrouille, une araignée de mer fuyant la lampe de mon phare pour se cacher dans une faille, ainsi qu’un congre. Mon séjour se termine par une plongée sur épave, le Cruz Segundo. Immersion magique mais engagée, à 55 mètres, dans une eau qui s’annonce verte, sombre et froide. Il faut donc être bien préparé : sécu surface, Nitrox en décompression, et briefing avec une planification rigoureuse. En récompense : un beau poisson lune se fait déparasiter dans la cale, au milieu d’un banc de tacauds pendant que les congres virevoltent autour de nous ! Inoubliable ! Q

Se rendre à Biarritz i vols et trains quotidiens de Paris, Lyon et Marseille. La voiture reste une bonne option pour visiter le Pays basque sur un séjour plus long. Météo i la période s’étend d’avril à fin octobre. À Biarritz, la houle et la marée sont des facteurs constants à prendre en compte. Incontestablement, la meilleure période est l’été : en juillet-août où l’on peut avoir des visibilités incroyables. Juin et surtout septembre permettent de profiter sans la foule. Les immersions sont souvent sportives, dans une eau verte et plus chargée qu’ailleurs. La température de l’eau varie de 11 à 23°C en fonction de la saison et de la profondeur. À voir et à faire i du sport surtout : surf, golf, vélo ou marche comme l’ascension de La Rhune, offrant un panorama unique sur la côte basque et espagnole. Arpentez le petit Bayonne et ses ruelles. Admirez au Musée de la mer les nombreuses espèces de l’Atlantique et également de grandioses aquariums tropicaux. La Cité du surf vaut aussi le détour. Pour manger : sur le port, la Casa Juan Pedro et au-dessus de la Côte des Basques, La Tantina de Burgos, où vous croiserez peut-être un joueur du BO !

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MATÉRIEL COMPARATIF ESSAI MATÉRIEL ESSAI MATÉRIEL

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COMBINAISONS POUR TOUT FAIRE

Les combinaisons testées remplissent leurs principale mission : tenir chaud tout en étant souples .

Pour clore notre campagne de tests 2013, place au néoprène. Les onze modèles essayés, avant tout polyvalents, sont dits modulaires. Chaque ensemble est en effet composé d’une monopièce et d’une surveste, avec une cagoule qui peut être dissociée afin de s’adapter à un maximum de conditions de plongée. Texte Olivier Clot-Faybesse, photos Daniel Deflorin

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epuis deux années au moins, notre Hexagone est frappé par des hivers aussi rigoureux que longs. Avec des conséquences peu propices à la pratique de la plongée, à moins de recourir à un vêtement étanche. Pour preuve, cette année, les côtes provençales de la Méditerranée affichaient en février une eau à 10°C, pour ne pas dépasser les 15°C aux premiers jours de l’été. Sans parler de l’Atlantique… Alors à moins de s’expatrier vers les Maldives – et encore

même dans une eau tiède, une bonne monopièce sera toujours utile pour protéger sa délicate peau des agressions des UV ainsi que d’éventuels contacts brûlants avec le récif –, impossible de vivre sa passion pour la mer sans une bonne combinaison. Ce qui tombe bien car nous vous en proposons onze. Ces néoprènes ont été consciencieusement décortiqués dans les pages suivantes. Plus ou moins onéreux, chacun de ces modèles a globalement rempli sa mission : tenir chaud et être suffisamment

souple pour un habillage aisé, sans l’aide d’une tierce personne. Avec quelques différences, comme on le verra plus loin.

SÉLECTION DU MATÉRIEL Le cahier des charges indiqué aux fabricants précisait notre désir de tester des combinaisons destinées à des pratiquants expérimentés, descendant dans la zone des 40 mètres ou plus à l’occasion, là où l’épaisseur de néoprène et la température de l’eau baissent de concert. Sans rentrer

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toutefois dans le domaine du technique (vêtement étanche) et tout en tenant compte du goût des plongeurs à voyager vers d’autres horizons, souvent plus cléments question température. Par conséquent, point de produits d’entrée de gamme ni d’habits vendus au prix d’une croisière en Égypte. Selon les solutions techniques adoptées (type de fermeture ou de manchon, souplesse du néoprène, etc.) et les nouveautés présentes au catalogue des marques, des ensembles deux-pièces, dont le prix varie de 200 à 500 €, nous ont été confiés. Le bénéfice de tels écarts de tarifs au sein de cette sélection permettra à chacun d’y trouver le bon produit en fonction de son budget et du niveau de performance recherché.

POLYVALENCE AVANT TOUT Il nous est apparu évident que seul un ensemble dissociable, c’est-à-dire composé d’une monopièce et d’une surveste, pouvait revendiquer le créneau de la polyvalence et de la facilité d’utilisation. En eau fraîche (10 à 13°C), le positionnement de la surveste par-dessus la monopièce fournira une protection thermique satisfaisante. En eau tempérée, la monopièce seule pourra suffire, tandis qu'en mer tropicale, le port de la simple surveste de 5 mm jouera le rôle du classique shorty. En somme, une utilisation trois en un, affinée par le fait que la monopièce se décline souvent en deux, voire trois épaisseurs : 3, 5 ou en 7 mm. D'autre part, selon les marques, la cagoule est soit indépendante, soit attenante à la monopièce ou à la surveste. Avec comme résultat, un éventail des possibilités de protection des plus larges : de 3 à 12 mm (7 + 5 mm) de seconde peau de néoprène au niveau du torse (14 mm dans le cas de la combinaison Bare qui est la seule à posséder une surveste de 7 mm). Dans le cadre de ce test, la valeur médiane de 5 mm pour la monopièce a été retenue, pour une isolation thermique totale du torse de 10 mm (5 + 5), à l’exception donc de la Bare. Enfin, histoire d’augmenter encore les solutions, une majorité de fabricants (Mares, Scubapro, Excel, Beuchat, Aqua Lung…) propose également une sous-veste (appelée familièrement "souris"), taillée dans des épaisseurs variables de néoprène (de 1,5 à 4 mm). Proposée avec ou sans cagoule, elle se glissera sous la monopièce. Avec à la clé jusqu’à trois couches de vêtements isolants, le potentiel d’assemblage

En plus du confort, les experts ont analysé le design de chaque modèle, les manchons, les renforts, les fermetures... mais aussi les logos et les couleurs.

et le programme d’utilisation de la modulaire humide se voit ainsi encore élargi (pas toutefois jusqu’à plonger sous glace…).

LES CRITÈRES DES TESTS Cette année, pour plus de simplicité, nous avons légèrement remanié les différentes caractéristiques techniques à considérer pour évaluer les vêtements. Ces paramètres, au nombre de cinq, se définissent comme suit : Design i coupe anatomique/préformée et apparence (coloris, logo) de la monopièce et de la surveste. Revue des différents équipements : manchons, fermetures éclair, renforts, etc. Qualité i difficile d’estimer la qualité d’un

néoprène et celle de l’assemblage en seulement quelques semaines de plongée. Toutefois, après plusieurs sorties, chaque combinaison a été placée sous un œil expert afin de faire l’objet d’éventuelles observations pertinentes (positives ou négatives). Habillage i ce point évalue la facilité à s’habiller et à se déshabiller, surveste incluse. Confort i un aspect d’importance car le plaisir d’une immersion sera vite gâché si le plongeur se sent engoncé dans son habit. La souplesse du néoprène participe à la sensation de confort. Isothermie i la conservation de la chaleur est évidemment une propriété fondamentale. Pas de plaisir lorsque le froid surgit PLONGÉE MAGAZINE \47

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ENQUÊTE

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PORTFOLIO

THOMAS ROGER ET FRÉDÉRIC LARREY

LA FAUNE DU GRAND BLEU MAGNIFIÉE Une seule chose vient à l'esprit en regardant les photographies de Thomas Roger et Frédéric Larrey : beauté et harmonie. Copains d'enfance, c'est sur les bancs de la fac, alors qu'ils préparaient une licence en biologie, que les deux compères de la région de Montpellier créent l'association "Regard du vivant", initialement dédiée aux sorties naturalistes avant de devenir également maison d’édition. Outre leur fonction de guides naturalistes, chacun suit sa voie en qualité de photographe : Madagascar pour Fred, Laponie pour Thomas. Mais ils savent mettre leurs compétences et leur énergie en commun pour des sujets de fond. Ce fut le cas pour l'aigle de Bonelli et pour le sujet de ce portfolio, consacré à la faune du sanctuaire Pelagos, des côtes françaises et italiennes jusqu'à la Sardaigne. En regardant ces images, on se doute bien qu'elles ne sont pas le fruit d'une semaine de vacances. "Nous avons envisagé ce projet bien avant l’officialisation du sanctuaire, précise Thomas Roger. Il représente pas moins de 6 années de travail dont plus de 200 journées en mer. Près de 80 à 90 % de ces prises de vues ont été réalisées au large de la côte varoise. À l'exception de l'Italie pour la baleine de Cuvier, plus rare, et la Grèce pour le phoque moine auquel nous avons consacré

deux missions à l'automne, lors de la reproduction, et pour la tortue caouanne." Un vrai travail de fond qui s'étale sur de longues années, gage de qualité. "À chaque fois, on prend notre temps, renchérit Thomas Roger. Parce que l'on essaie de réunir les aspects esthétique et graphique avec le côté naturaliste. Notamment en recherchant des angles différents ou de belles lumières pour ne pas rester dans le bleu monochrome. De plus, en mer tout est compliqué, beaucoup de paramètres entrant en ligne de compte : les conditions météo, la présence ou l'absence des animaux, leur fuite ou leur acceptation pour réussir à faire des images. Parfois c'est l'échec, comme avec le requin pèlerin que nous n'avons pas réussi à photographier, ou la chance comme avec le rorqual. Il faut aussi savoir la provoquer, par exemple, en nous attachant avec un harnais à l'avant du bateau pour photographier les dauphins." Le résultat se passe de commentaire avec la

beauté naturelle des animaux le disputant au graphisme et à la vision artistique. Du vrai travail d'auteurs, réalisé uniquement en apnée "pour accéder plus facilement aux animaux qui sont furtifs, car même une baleine de 22 mètres a plus peur de nous que l'inverse" et sans flash ou presque. Ce portfolio n'est qu'une infime partie de leur travail. On pourra l'approfondir dans leur ouvrage "Pelagos" ou lors de leurs expositions extérieures à Argelès-sur-Mer (jusqu'en septembre), Monaco (septembre), ou au FMISM de Marseille (du 31 octobre au 3 novembre). Prochaine collaboration, un film sur les merveilles animales de Mare Nostrumet un livre en cours sur la faune de la taïga. Texte Daniel Deflorin

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ENQUÊTE

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PUFFIN CENDRÉ (Calonectris diomedea) Il est un oiseau, un marin, faisant fi des tempêtes et des coups de vent. C’est dans ces conditions que le puffin cendré est sans doute le plus majestueux. On pourrait l’observer des heures voler, ou plutôt planer, tel un surfeur sur la vague, avec une aisance déconcertante. Sans effort apparent, il semble prendre plaisir à caresser les déferlantes du bout de ses longues ailes ou à subitement changer de direction sur la crête de ces masses liquides. Libre, imprévisible, il disparaît dans l’écume... Statut UICN : préoccupation mineure

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DOSSIER PRATIQUE PLONGEURS CONFIRMÉS

En fonction des compétences aquises, les plongeurs disposent de différentes prérogatives.

FORMATION i CETTE ANNÉE, JE PASSE MES NIVEAUX ! En plongée, les écoles et les standards s’affrontent parfois, mais il est une certitude partagée par le plus grand nombre : la formation est indispensable pour pratiquer. Sans elle, l’évolution subaquatique est fortement limitée et soumise à un encadrement omniprésent. En cette rentrée propice aux bonnes résolutions, voici un point sur les enjeux de l'apprentissage et sur les principales compétences à acquérir. Texte Alain Delmas, photos Daniel Deflorin

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l est possible de s’immerger, sans aucune formation préalable, lors du célèbre baptême de plongée. Et encore... Le briefing qui précède est-il autre chose qu’un acte d’enseignement, si court et synthétique soit-il ? Au-delà de cette première expérience, très limitée en profondeur et très encadrée, les enjeux de la formation du plongeur sont limpides : le niveau de compétences acquises permet d’accéder à des conditions de plongée adaptées.

DES PRÉROGATIVES ET DES COMPÉTENCES Il ne faut pas prendre le problème à l’envers. Au sommet de la pyramide, se trouvent les

prérogatives du plongeur, ce qu’il est censé pouvoir faire lorsqu’il s’immerge et qui se décline en profondeur d’évolution, type d’encadrement, nombre de personnes dans la palanquée, équipements utilisés et conditions de plongée. Pour disposer de ces prérogatives, le plongeur doit développer des compétences correspondantes. C’est l’enjeu principal de la formation. Il s’agit d’acquérir des savoir-faire et des savoir-être qui vont coller avec les conditions d’évolution envisagées. Pour y parvenir, le formateur dispose d’une batterie d’objectifs techniques, de connaissances théoriques et d’expériences de terrain encadrées. Les gestes sont décomposés ou proposés globalement.

Certaines situations sont aseptisées, d’autres proches de la réalité ou avec handicap. Les plongées d’exploration servent à mettre le tout en musique et sont aussi importantes, sinon plus, que les immersions techniques ou les cours théoriques. Le concept de compétences développées à partir des prérogatives ne diffère pas d’un système de formation à un autre, mais les prérogatives, oui ! Que ce soit sous contrainte juridique ou pas, rares sont les moniteurs qui développent leur propre cursus en complète autonomie. La plupart utilisent des cursus existants, avec les outils qui leur sont associés (brevets, cartes, passeports, carnets, livrets…).

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FORMATION

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INDONÉSIE

LEXIQUE DES SIGLES

La plus grande biodiversité marine au monde

Plusieurs sigles apparaissent dans cet article. Pour vous y retrouver, voici la définition des principaux : ANMP i Association nationale des moniteurs de plongée CMAS i Confédération mondiale des activités subaquatiques FFESSM i Fédération française d’études et de sports sous-marins FSGT i Fédération sportive et gymnique du travail IANTD i International Association of Nitrox & Technical Divers PADI i Professional Association of Diving Instructors RSTC i Recreational Scuba Training Council SNMP i Syndicat national des moniteurs de plongée SSI i Scuba Schools International UCPA i Union des centres de plein air

LES CURSUS FRANÇAIS

LES AUTRES CURSUS D’autres organismes présents sur le sol tricolore proposent des cursus au travers des centres qui leur sont affiliés. Figurent en

Croisière Raja Ampat A bord de l’Ambaï 11 nuits de croisière, en cabine double à partager et pension complète, 3 à 4 plongées / jour Du 17/01/2013 au 31/01/2013

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Dans le système français, la législation définit le contexte de base. Les textes applicables à la plongée organisée dans les centres – établissements d’activités physiques et sportives (APS) – définissent des niveaux et leurs conditions d’évolution (les fameuses prérogatives). Sont également indiqués les principaux organismes habilités à délivrer des qualifications de plongeur considérées comme conformes à la réglementation : ce sera deux fédérations (FFESSM et FSGT), deux syndicats de moniteurs (ANMP et SNMP), auxquels s'ajoutent l’UCPA et la fédération internationale (CMAS). Depuis longtemps, les organismes formateurs français délivrent des niveaux de plongeur référencés de 1 à 3 (le Niveau 4 étant plutôt un encadrant). Le Niveau 1 est un débutant encadré ; le Niveau 2 est un plongeur perfectionné mais limité dans ses prérogatives ; le Niveau 3 est aguerri et autonome dans la mise en œuvre de ses plongées. Un peu sur le modèle international de la CMAS, fortement inspiré dès ses débuts par le système français. Depuis 2012, les règles ont changé et les cursus se sont adaptés. Les Niveaux 1 à 3 persistent, mais d’étranges sigles sont apparus sous la forme de PA ou PE affublés de chiffres (lire notre encadré "Les aptitudes à la française"). On parle maintenant d’aptitudes de plongeur, mais le principe reste identique. Les qualifications délivrées par les organismes français doivent coller avec les aptitudes du Code du sport.

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Alain Perrier

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Michel Labrecque

J. Chias

Drazen Goricki

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MARTINIQUE, GUADELOUPE, SAINT-EUSTACHE ET AUTRES FONDS ENCHANTÉS DE LA MER DES CARAÏBES

ADRIATIQUE

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ENQUÊTE

PRATIQUE

MORBIHAN

LE CIMETIÈRE D'ÉPAVES DE L'ÎLE DE VIS

FACE-À-FACE AVEC LE GRAND MARTEAU

LE POINT SUR L'ACCUEIL DES HANDIPLONGEURS

AMÉLIORER SA MISE À L'EAU

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Plongée Mag n°57 Sept / Oct 13  

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