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MAGAZINE

PLONGÉE

PLONGÉE PLONGÉEMAGAZINE P PL MAGAZINEN°54 N°55MAI–JUIN JUILLET 2013 2013

JUILLET 2013

# 55

LA RÉFÉRENCE DE TOUS LES PLONGEURS

GAGNEZ UN VOYAGE AUX MALDIVagES.net sur www.plongee-m

PLONGEZ ÉCOLO

PORTFOLIO

REQUINS

Portraits de seigneurs

DOSSIER

MARSEILLE

Cap sur les fonds secrets de la Côte Bleue

VOYAGE

PHILIPPINES BALICASAG

10 STABS

BIENVENUE DANS L'ÎLE AUX TORTUES

MATÉRIEL COMPARATIF

PASSÉES AU CRIBLE

ENQUÊTE

ACCIDENTS DE PLONGÉE OBJECTIF PRÉVENTION

EXPÉDITION

G GROENLAND PARTEZ 22 MOIS AU BOUT DU MONDE A

PRATIQUE

i PLONGÉE DE NUIT: RÉUSSIR SA PREMIÈRE FOIS iCOMMUNIQUER DANS LE MONDE DU SILENCE

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Les associations pour buller utile

INÉDIT

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SOMMAIRE

8 QINSOLITE 6 i Pas vu pas pris QACTUALITÉS 8 i Discovery Greenland : 22 mois au bout du monde

12 i Requins : dépasser la mauvaise réputation

PLONGÉE MAGAZINE JUILLET 2013 # 55

30

46

QPRATIQUE PLONGEURS CONFIRMÉS 80 i Communiquer dans le Monde du silence

QVIE DE PRO 86 i Formation en eau profonde

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QHISTOIRE DE PLONGÉE 90 i L'arme (presque) fatale QBANDE DESSINÉE 98 i Les animaux marins Retrouvez le sommaire de notre prochain numéro en page 91 et nos offres d'abonnement en pages 96-97

14 i Orion, les aventuriers du sous-marin perdu

QSHOPPING 18 i Youpi ! C'est l'été ! QENQUÊTE 20 i Accident de plongée, une histoire de prévention

QCONFIDENCES 26 i Maud Fontenoy, le Grand Bleu dans les yeux

QPARTIR PLONGER 30 i Philippines : Balicasag, l'île

aux tortues géantes

QSUR NOS CÔTES 38 i Marseille, plus belle la côte : épisode 1 QFICHE ÉPAVE 44 i Le V213 (Claus Bolten) Saint-Malo QMATÉRIEL COMPARATIF 46 i 10 stabs passées au crible QPHOTO SHOPPING 58 i Des images à tout prix QATELIER PHOTO 60 i Vos photos commentées et primées

par notre rédaction

QPORTFOLIO 62 i Alex Mustard, le seigneur des requins QPRATIQUE PLONGEURS DÉBUTANTS 78 i Plongée de nuit : réussir sa première

fois

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DOSSIER ENVIRONNEMENT OCEANS

68 i

DOSSIER

DES ASSOS POUR PLONGER ÉCOLO !

Qui a dit qu’on ne pouvait pas lier l’utile à l’agréable ? De plus en plus, les palmipèdes plongent utile : nettoyage de fonds marins, recensement de poissons, observation de cétacés… La nécessité de protéger l’océan et ses habitants a conquis tous les amoureux du Grand Bleu. Impossible de recenser toutes les associations et ONG qui œuvrent à cette noble cause, en France et dans le monde. Voici donc dix exemples si vous souhaitez apporter une pierre à l’édifice.

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INSOLITE 6 \PLONGテ右 MAGAZINE

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PAS VU PAS PRIS J’aime pas les poissons. Ou alors en sushis. Parce que sous l’eau, dans leur milieu, ce sont de faux frères. Soit ils se cachent, soit ils prennent la poudre d’escampette. Les pires, les plus lâches et les plus fourbes, ce sont ces mystificateurs qui adoptent formes et couleurs de leur environnement pour mieux passer inaperçu. Exemple avec cet antennaire, totalement immobile se fondant admirablement avec son poste d’affût. Non seulement ses coloris se confondent avec son support, mais de plus son corps est parsemé de spinules et de verrues pour un camouflage parfait. De quoi faire pâlir de jalousie les concepteurs de treillis des meilleurs armées du monde ! Ce poisson crapaud était tellement bien planqué sur le mât de l’épave du Stella Maru, à Maurice, que nous ne l’avons pas vu à la descente. C’est le guide qui nous l’a indiqué à la remontée. Comme nombre de ses congénères, cet antennaire est fidèle à son poste depuis des années. Sans doute y est-il toujours. Texte et photo Daniel Deflorin

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ACTUS

Après avoir exploré les dessous de la banquise du pôle Nord, Ghislain Bardout s'apprête à descendre dans les fonds méconnus du Groenland, jusqu'à 100 mètres, voire plus.

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DISCOVERY GREENLAND

22 MOIS AU BOUT DU MONDE

En 2010, Ghislain Bardout et son équipe d'Under The Pole relevaient un pari fou : s'immerger sous le pôle Nord et découvrir la face sous-marine de la banquise, afin d'immortaliser en images ce milieu naturel si fragile. Programmé pour l'exploration polaire, l'aventurier a décidé de transformer l'essai avec un nouveau défi dix fois plus givré. Dès janvier 2014 débutera ainsi "Discovery Greenland", une expédition de 22 mois sur les côtes Ouest et Nord du Groenland. Un périple couvrant presque deux cycles saisonniers, avec 400 plongées dont certaines au-delà de 100 mètres, pour mieux comprendre le rôle de ces univers glacés dans les rouages climatiques de notre planète. Texte Cécile Cioni, photos Benoît Poyelle/Deepsea Under The Pole by Rolex sauf mention contraire

I

l a depuis longtemps succombé à l'appel de la glace. Alors que la plupart d'entre nous aspirent à se réchauffer la couenne sous les tropiques, Ghislain Bardout ne rêve que d'immensités polaires où l'homme a encore tout à explorer et à apprendre. Un Graal qu'il a touché du doigt en 2010, en menant une expédition de 45 jours dans le mythique océan Arctique. "Quand j'ai créé Deepsea Under The Pole, c'était uniquement pour cette première aventure au pôle Nord, explique Ghislain. Mais en rentrant, s'est très vite posée la question : et maintenant ? Soit je retournais à une vie normale, soit je poursuivais les explorations polaires." Difficile de l'imaginer choisir la première option, même si cet héritier de Jules Verne est depuis devenu papa... Il va donc

repartir pour la glace promise, longeant cette fois-ci la côte Ouest du Groenland en voilier, avant de parcourir en traîneaux à chiens la partie septentrionale du territoire. Le tout avec femme et enfant, sa compagne Emmanuelle Périé étant elle-même une spécialiste de la plongée polaire et ayant organisé et participé activement au projet de 2010. Si le couple, noyau dur de l'expédition, demeurera au Groenland durant 22 mois, ce sont au total une cinquantaine de personnes qui prendront part à l'aventure. Scientifiques, plongeurs, cameramen, photographes, ingénieurs et médecins se relaieront tous les mois. Banquise des côtes et du large, icebergs géants, glaciers et fjords... L'univers des glaces, entre le cercle polaire et le Nord du

L'AVENTURE VOUS TENTE ? Créé par Ghislain Bardout, avec l'expédition Deepsea Under The Pole by Rolex (2010), le programme Under The Pole a pour vocation de mettre en place des expéditions polaires sous-marines, en Arctique et Antarctique. Objectif : ramener des images inédites de ces milieux extrêmes, comme autant de témoignages de leur fragilité, et accroître les connaissances scientifiques sur ces régions. Désormais, le projet s'élargit et s'ouvre au tourisme polaire. Tarifs (billet d'avion non inclus) : de 5 500 à 13 000 €. Si vous souhaitez prendre part à l'aventure Discovery Greenland : Base Océans Under The Pole ; tél. 06 71 25 32 73 ; explorer@underthepole.com ; www.underthepole.com/explorer

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ENQUÊTE

ACCIDENT DE PLONGÉE

UNE HISTOIRE DE PRÉVENTION

Reprise de la pratique, plongeurs plus nombreux dans l'eau, comportements parfois insouciants... Avec la période estivale, revient le spectre des accidents de plongée. Au-delà de quelques chiffres intéressants à analyser, et sans prétendre donner de leçons, voici une enquête résolument placée sous l’angle de la prévention. Texte Alain Delmas, photos Daniel Deflorin sauf mention contraire

L

a pratique régulière d’une activité physique et sportive cultive le paradoxe : c’est un facteur incontournable d’amélioration de la santé, mais c’est également l’une des premières causes d’accident et de traumatologie.

DANS LA VIE COURANTE Selon le ministère en charge de la Santé, les accidents de la vie courante (AdVC) touchent plus de 11 millions de personnes chaque année (1 Français sur 6) et 19 % d’entre eux

(2 millions de personnes) se produisent sur des aires de sport et de jeux. On recense 19 000 décès par an parmi ces AdVC, avec cinq causes principales identifiées et classées par ordre d’importance : chute, suffocation, noyade, intoxication et accident du feu. Ces accidents mortels de la vie courante touchent donc 0,03 % de la population. Près de 33 ans en arrière, en 1980, on enregistrait 22 000 décès du même type, soit 0,04 % de la population. Selon l’Institut national de veille sanitaire (INVS), cette baisse sensible a été

possible en jouant sur trois axes : l’information, la prévention et la réglementation.

LES ACCIDENTS DU SPORT Dans ce domaine, la collecte des infos est difficile. La source de données la plus accessible – les admissions dans les services d’urgence et hospitaliers – est d'ailleurs très incomplète. Non seulement parce qu’une fraction importante des accidentés du sport se rend directement chez son médecin, mais aussi parce qu’une part non négligeable

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Le taux d'accidentés chez les plongeurs serait de 0,4 %, soit dix fois moins que pour les adeptes du footing !

LES FACTEURS DE RISQUES DE LA PLONGÉE (SELON BERNARD GARDETTE)

7 facteurs individuels

6 facteurs environnementaux PROFONDEUR/DURÉE IMPORTANTES (Plongée saturante)

MÉFORME PHYSIQUE ANTÉCÉDENTS MÉDICAUX

Trauma/ADD/FOP...

+ 10 ANS DE PLONGÉE MAUVAISE HYGIÈNE DE VIE

EN PLONGÉE

EXCÈS DE POIDS

RISQUES

ÂGE + 40 ANS

SÉCURITÉ = 6 FACTEURS MAXI CUMULÉS

PERTE DU CONDITIONNEMENT Pas de plongée depuis +3 jours

RÉPÉTITION EXCESSIVE +2 plongées /jour , yo-yo

VITESSE DE REMONTÉE +15 m/mn

FATIGUE AVANT LA PLONGÉE Voyage/stress/ déshydratation...

EFFORT/FROID/STRESS Pendant la plongée

EFFORT/FATIGUE Après la plongée

LA PRÉVENTION DES RISQUES

d'entre eux est déclarée comme simple AdVC afin d’être remboursé par la Sécurité sociale, au lieu de solliciter les assurances sportives. La dernière enquête sur ce thème, publiée en 2012 par le ministère en charge des Sports, est intéressante car elle est basée sur le questionnement direct des sportifs, en complément des données hospitalières. Sur les 43 millions de pratiquants sportifs français recensés en 2010, 9 %, soit 4,4 millions, déclarent avoir eu un accident du sport. La majorité (74 %) ont consulté directement un médecin et 19 % ont été hospitalisés. Sur l’ensemble de ces accidentés, 1,2 million (28 %) font l’objet d’un arrêt d’activité professionnelle ou scolaire, conséquent à l’accident sportif.Au niveau du profil des accidentés du sport, les hommes sont deux fois plus sujets que les femmes (13 % des hommes interrogés pour 6 % des femmes) et les jeunes sont également plus concernés (18 % des 15-29 ans pour 9 % des 30-49 ans). Le taux d’accident varie nettement avec la motivation principale à pratiquer le sport, telle que déclarée par les personnes interrogées :

Bernard Gardette, docteur ès sciences et directeur scientifique Comex Sa, s’occupe de décompression depuis longtemps. Il est l’un des experts mondiaux les plus renommés en la matière. Ces dernières années, il a développé deux théories intéressantes sur les risques d’accidents de plongée et leur prévention : i Afin d'analyser les risques d’une immersion, il propose de prendre en compte 7 facteurs individuels et 6 facteurs environnementaux qui influent sur la plongée pour en élever le niveau de risque. Le plongeur reste en sécurité s’il ne dépasse pas les 6 facteurs cumulés au total. Ainsi un plongeur qui ne cumule aucun des facteurs individuels pourra envisager une

la compétition (22 % d’accidentés), la prise de risque (20 %), les performances (15 %), les sensations (13 %), l’entretien (10 %) et la santé (9 %). À noter enfin qu’un tiers des accidents du sport (38 %) survient au cours d’une activité encadrée. Le taux de sportifs accidentés par rapport au nombre total de pratiquants varie

plongée engagée, et à l’inverse, celui qui réunit déjà plusieurs facteurs avant de plonger devra être très prudent dans son choix d’évolution. Enfin, l’ajout de chaque facteur supplémentaire multiplie le risque d’accident par 10. i Sur la base de l’analyse de plus de 80 000 plongées, il a élaboré un calcul statistique du risque d’ADD en intégrant le niveau d’engagement en fonction de la profondeur, la durée de plongée et celle de décompression. Selon le résultat, le risque d’ADD varie de manière impressionnante. Ainsi pour une plongée à l’air à 30 mètres de 35 mn, le risque moyen d’ADD sera de 1/100 000, mais il passera à 1/10 000 pour 65 mn à cette profondeur. À 60 mètres, il sera de 1/1000 pour 30 mn de plongée à l’air. Cette équation peut être modifiée en respirant de l’hélium ou en allongeant le temps de décompression.

grandement d’un sport à l’autre ; quelques exemples : 28 % en rugby, 15 % en hand-ball, 13 % en foot, 6 % en tennis, 4 % en footing, 2 % en VTT et 1 % en marche de loisir.

COMBIEN D’ACCIDENTS DE PLONGÉE ? Ce n’est pas une science exacte. Les données

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CONFIDENCES

BIOGRAPHIE 1977 Naissance à Meaux. 2003 Traversée de l'Atlantique Nord de SaintPierre-et-Miquelon à La Corogne (Espagne). Après 4 mois en mer, elle est la première femme à réussir cet exploit. 2005 Elle rallie en canot le Pérou à l’île de Hiva Oa aux Marquises en 73 jours. C’est la première femme à traverser le Pacifique à la rame. 2006 Tour du monde à contre-courant à la voile, en solitaire et sans assistance. 2007 Elle est promue Chevalier de l'ordre national du Mérite. 2008 Elle fonde la Maud Fontenoy Fondation. 2009 Elle devient porte-parole de l’Unesco pour les océans. Auteur notamment de “Le sel de la vie”, aux éditions poche chez J’ai lu.

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MAUD FONTENOY

LE GRAND BLEU DANS LES YEUX Nouvelle égérie de l’écologie marine ? Sirène captive des médias ? Rien de tout cela. Simple et naturelle, encore plus belle en ciré jaune, Maud s’épanouit dans les embruns et ne respire bien qu’au grand large. Si elle s’est durci la peau des mains dans les courses hauturières à la voile ou en tirant sur des avirons, elle pose sur l’environnement marin qu’elle vénère un regard protecteur de madone et multiplie les actions de sensibilisation auprès des jeunes. Propos recueillis par Pierre Camus, photos Riccardo Tinelli

Plongée Magazine : Quand on tape Maud Fontenoy sur Google, on ne vous voit jamais à bord d’un bateau, mais plutôt en robe de soirée, genre glamour… Ça ne vous agace pas un peu ? Maud Fontenoy : En fait je n’ai jamais cliqué mon nom sur Google, donc je ne le savais même pas. En tout cas, je sais prendre mes distances par rapport aux médias. J’ai été élevée sur un bateau, et j’ai passé plus de temps sur l’eau en mer que sur la terre ferme. En famille, nous n’avions pas la télévision, et nous avons toujours été en décalage par rapport aux médias. Quand nous sommes rentrés en métropole, nous habitions sur une péniche. Pour moi, les médias représentent plutôt une façon de mettre la lumière sur un projet pédagogique, et permettre de toucher le plus grand nombre. J’œuvre dans le milieu associatif depuis plus de 15 ans, j’ai donc commencé mon travail avec les enfants bien longtemps avant mes aventures à la rame ou à la voile. Aujourd’hui, je le fais avec plus d’images et plus de lumière, tant mieux ! Mais j’essaie de faire passer humblement mon message, sans porter de jugement de valeur. Est-il nécessaire d’avoir une visibilité médiatique pour faire quelque chose d’efficace pour la sauvegarde de l’environnement ? M. F. : Pas du tout, car je mène ce type d’action depuis 15 ans déjà, et les gens n’ont commencé à me connaître vraiment que depuis mon tour du monde, en 2006. Non, je pense que les médias permettent de toucher un plus vaste public. Au lieu de travailler avec une trentaine d’écoles, nous travaillons avec tout le réseau de l’Éducation nationale. Mais je sais que je continuerai, car c’est l’engagement de ma vie, à faire ce métier même lorsque les médias m’auront oubliée…

Après les avoir croisées en surface lors de son périple à la rame, la navigatrice a pu approcher les baleines de plus près, dans les eaux de Moorea, en Polynésie française.

Ces actions pour l’environnement doivent-elles être politisées pour avoir plus de résonance ? M. F. : Personnellement je ne le pense pas. L’écologie ne doit pas être partisane, pourtant aujourd’hui, bizarrement on persiste à considérer qu’elle ne peut être que de gauche. Pour moi elle touche tout le monde, et j’ai grand espoir qu’un jour on puisse avoir une vraie vision transversale et globale pour une vraie politique environnementale. Ce n’est pas la notoriété qui reflète le cœur avec lequel vous menez vos actions. Il y a des associations

modestes qui font un travail extraordinaire, et je les soutiens au maximum en leur donnant toute la lumière possible. Je vais dans beaucoup d’écoles sans les médias, dans des prisons sans aucun journaliste. Vous vous sentez appartenir à la tribu des voileux, des rameurs ou des plongeurs ? Ou vous vous en fichez complètement ? M. F. : J’ai plutôt le sentiment d’appartenir à ceux qui aiment la mer, le grand large, ce Grand Bleu qui nous fascine tous. J’ai été élevée

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PARTIR PLONGER

Impossible de mettre le dテゥtendeur sous l'eau sans apercevoir de tortue. Alors "open your eyes" comme l'a dit le guide !

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PHILIPPINES

À quelques milliers de kilomètres de l’Hexagone, se trouve Balicasag, l’une des 7 100 îles de l’archipel des Philippines. Au terme d’un périple alternant tous les moyens de transports possibles, le voyageur accédera à cette réserve marine grouillant de vie subaquatique. Autour des tombants et plateaux coralliens, dans une eau tiède et claire, des armées de carangues escortent de vénérables tortues de mer sous l’œil amusé des poissons clowns. Texte Olivier Clot-Faybesse, photos Kamel Benabid sauf mention contraire PHILIPPINES iBALICASAG

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PARTIR PLONGER

BALICASAG, L'ÎLE AUX TORTUES GÉANTES

Ci-dessus : les bancs de carangues sont si importants qu'ils apportent comme une ombre dans ces eaux limpides.

C

’est une action maintes fois répétée mais toujours aussi riche en promesses et satisfactions. Équiper son bloc, enfiler son gilet, maintenir masque et détendeur et se glisser dans l’eau. Puis, évoluer en apesanteur, tout en écarquillant les yeux devant le spectacle. Sans oublier, en ce qui me concerne, d’emmener mon précieux accessoire à immortaliser toute scène sous-marine d’intérêt. D’ailleurs, dès le début de cette plongée, le voilà sollicité : une première tortue se présente devant mon objectif. Certes, mon guide m’avait prévenu de leur présence : “Here, turtles. A lot. Open your eyes”. Pourtant, je ne m’attendais pas à tomber sur un spécimen après seulement 30 secondes d’immersion sur ce site au nom évocateur de Heaven. Nonchalante, la belle se laisse admirer. Son image commence à remplir ma carte mémoire quand, tout à coup, la lumière s’assombrit derrière moi. Tiens, le ciel se voile ici aussi vite qu’à Paris en hiver ? Mais les nuages n’émettent pas de son, ni cette sorte de bruissement allant crescendo. Je me retourne et là, surpris devant cette masse, je ne peux m’empêcher d’esquiver un mouvement de recul face à cette foule de poissons. Une quantité ahurissante d’ailleurs. Devant moi approche un mur vivant, une vaste surface ondulante

Ci-contre : l'antennaire, le roi du camouflage ! En haut, à droite : les tortues vertes sont majoritaires dans cette réserve marine. Et l'on croise surtout des modèles grandes tailles aux dimensions impressionnantes !

et argentée. Point intimidées, des centaines de carangues à gros yeux (Caranx sexfasciatus) viennent à ma rencontre puis commencent à défiler sous mon regard béat. Le ballet est si envoûtant que j’en oublie de déclencher l’appareil. Tout à coup, une explosion survient. Les animaux viennent de changer brutalement de direction et glissent d’un même mouvement dans le bleu. Quelque chose visiblement a dû les effrayer…

LA DÉBANDADE DU BANC Au cours des plongées suivantes, ce “bang” produit par les carangues se renouvellera sans que je ne parvienne à en discerner la cause. Est-ce l’arrivée dans les parages d’un réel prédateur (requin ?) ou la

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présence d’une foule de Japonais ? Impossible de trancher, car je ne verrai ni l’aileron de l’un ni la palme de l’autre ! Je ne m’habituerai jamais à ce bruit si particulier, mais je saurai par contre saisir à chaque fois l’opportunité de photographier le banc juste avant la débandade. Mais revenons à nos tortues. Deux espèces cohabitent dans les eaux de Balicasag : la verte et l’imbriquée. Comment les reconnaître et les différencier ? D’après mon guide philippin, c’est facile. La carapace d’une tortue verte est formée de plaques brillantes avec des taches jaunes, vertes et noires disposées en rayon, alors que celle de la tortue imbriquée possède des écailles tirant sur le brun rouge, posées un peu à l’image des tuiles d’un toit. Ok j’avoue, ces précisions ayant été données en anglais à l’époque, j’avais pas tout compris. Il a fallu que je plonge à mon retour dans un guide bio, en papier celui-là, pour démêler cette histoire d’écailles. Sur le coup, cela ne m’a pas trop porté préjudice, car la tortue verte étant majoritaire, il est difficile de se tromper. Au fil des immersions, je constaterai surtout que les petits modèles sont rares, laissant la place à des individus séculaires, aux dimensions parfois impressionnantes.

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Il serait cependant injuste de réduire l’intérêt des lieux à ces seuls reptiles, si imposants soient-ils. Au pied de l’île aux tortues, barbotte une bonne partie de la faune tropicale classique :

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MATÉRIEL COMPARATIF ESSAI MATÉRIEL ESSAI MATÉRIEL

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STABS

Pour ce comparatif, ce sont dix stabs de milieu/haut de gamme qui ont été testées.

PASSÉES AU CRIBLE

Les gilets stabilisateurs sont au menu du premier volet de notre campagne de tests 2013. Ces équipements, qui allient performance et polyvalence, ont été analysés en fonction des solutions techniques adoptées et classés selon leur efficacité. Étude des caractéristiques propres à chaque produit, évaluation et résultats... On vous dit tout sur ces indispensables de la panoplie du plongeur. Texte Olivier Clot-Faybesse, photos Daniel Deflorin

L

es tests de gilets stabilisateurs de Plongée Magazine ne connaissent pas la crise. Après avoir évalué huit modèles polyvalents en 2011, le cap a été conservé en 2012 en considérant un même nombre de références (de voyage cette fois). En cette année 2013, nous revoilà sur le terrain de la polyvalence et du réglable, avec cette fois dix marques au compteur.

Au programme, des gilets manufacturés par des fabricants connus et reconnus sur le marché hexagonal, tels qu’Aqua Lung, Beuchat, Oceanic, Scubapro et Subgear, sans oublier notre trio italien (Cressi, Mares, Seac Sub). À ce panachage, nous avons ajouté des acteurs plus confidentiels en France, à savoir Aeris et Tusa. Ce qui nous fait bien dix produits en tout, le compte est bon.

LE CHOIX DU MATÉRIEL Comme d’habitude, notre sélection s’est portée sur des produits de milieu/haut de gamme. La destination première de ces matériels n’est pas le plongeur débutant. D'abord pour une question de prix, le tarif moyen de ces gilets avoisinant les 440 €. Ensuite, parce que selon nous, il est préférable d’apprendre à (bien) plonger avec des

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Accès aux poches, utilisation de l'inflateur et des purges, appréciation des équipements... Tous les gilets ont été évalués dans le détail.

matériels moins sophistiqués, avant d’opter plus tard pour un modèle équipé en fonction de ses préférences et/ou de sa polyvalence. Ces gilets de stabilisation s’adressent donc principalement à des pratiquants expérimentés à experts (Niveau 2 à 4), pour des immersions essentiellement monobloc, avec toutefois la possibilité d’emporter un petit "biberon" pour la déco, le volume et les nombreux anneaux de fixation le permettant. En ce qui concerne la diversité du panorama observé, ce sont les fabricants qui l’apportent, en adoptant des solutions techniques originales et distinctes pour leur modèle. On trouvera ainsi des gilets axés plutôt sur la polyvalence (suffisamment léger et peu encombrant) et d’autres offrant pléthores d’équipements au détriment d’un peu de poids et d’un tarif plus musclé. Ou encore d’autres matériels pariant sur l’innovation ou un prix serré. Bref, tous les goûts devraient être satisfaits. Mais avant de jeter son dévolu sur un modèle en particulier, prenez le temps d’analyser l’ensemble de

ses caractéristiques et comparez les produits entre eux. Nous vous invitons par conséquent à décortiquer ces dix gilets, puis à comparer leurs performances (voir le tableau récapitulatif en pp. 56-57).

LES CRITÈRES DES TESTS Pour considérer au mieux le potentiel de nos matériels, plusieurs caractéristiques techniques ont été définies pour évaluation et notation. Leur détail est le suivant : Design i ce n’est certes pas l’aspect le plus fondamental mais difficile d’investir dans un gilet à 500 € si le style et l’esthétisme ne suivent pas, non ? Même si les goûts, les formes et les couleurs se discutent, les avis d’une dizaine de plongeurs, hommes et femmes, ont été recueillis afin d’obtenir une appréciation moyenne significative portant à la fois sur l’apparence générale, l’aspect esthétique et le choix des couleurs utilisées. Qualité construction/Longévité i difficile de juger en quelques immersions de la qualité des matériaux employés pour l’assemblage de l’enveloppe ou de la solidité d’un équipement. Toutefois, l’expérience et le coup d’œil de nos experts ont permis

d’établir une évaluation la plus objective possible. Ou en tous cas, d’attirer l’attention sur des points bien pensés, ou au contraire, portant un risque de faiblesse avec le temps. Encombrement et poids i même si ces gilets ne sont pas désignés pour une utilisation exclusive lointaine et tropicale, leur "voyageabilité" n’est pas à négliger. Car pour pratiquer même localement, il faut se déplacer en voiture et/ou en train. Sans compter que la photographie sous-marine, de plus en plus pratiquée, a vite fait d'ajouter des kilos et d'occuper de l'espace dans les bagages du week-end. Le poids est donc un paramètre à considérer, tout comme la facilité à caser son gilet au fond du sac. Équipement i ensemble des dispositifs équipant le gilet autres que ceux dédiés au lestage, tels que le système de fixation et le maintien de la bouteille, les rangements, les anneaux de fixation, etc. Lestage i recensement des différents systèmes de lest proposés. C'est-à-dire essentiellement la présence ou pas de poches largables et de poches à plombs dorsales. Pour les lests largables, leur praticité a été examinée en profondeur. PLONGÉE MAGAZINE \47

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ENQU

PORTFOLIO

ENQUÊTE

ALEX MUSTARD

LE SEIGNEUR DES REQUINS Une fois de plus, les requins sont sous les projecteurs des médias, traînant tristement leur sombre réputation de tueurs assoiffés de sang. Mais, pour quelques spécimens déviants, c’est toute la grande famille des squales qui subit un véritable délit de sales gueules. Oui ce sont des prédateurs, oui les dents de la mer sont de remarquables machines à tuer, admirablement adaptées à leur fonction. Même si les plus grands représentants de la famille ne sont que de braves gros bougres se nourrissant des miettes de la mer.

surtout le fruit d’un véritable travail et d’un œil de photographe qui sait transfigurer leur profil agressif en lignes harmonieuses et fluides. Sous son objectif, le requin tigre devient toutou câlinant le hublot du photographe ou surfant sous la vague ; le requin de récif croise dans la lumière révélant des courbes équilibrées en incomparable alliance avec le milieu sousmarin. Alex Mustard dévoile même des espèces méconnues, en accentue un trait de caractère ou un comportement.

Pourtant, sous le regard aiguisé d’Alex Mustard, ces brutes épaisses se muent en silhouettes souples et félines et trahissent leur véritable statut : celui de seigneurs d’une rare noblesse, en parfaite harmonie avec leur environnement. Car telle est leur véritable nature.

Avec une parfaite maîtrise technique, le photographe utilise tous les outils à sa disposition pour transmettre sa vision de l’animal. Vitesse lente pour exprimer le mouvement, fisheye circulaire pour souligner une courbe, jeux de lumière, voire même assemblage de deux images, pour situer une espèce dans son environnement de manière naturelle. Une

Sans doute est-ce dû à la formation initiale de biologiste marin d’Alex Mustard. Mais c’est

technique au service d’images tout autant esthétiques que biologiques. Des compétences qu’Alex Mustard utilise avec le même bonheur envers les espèces des eaux baignant son Angleterre natale ou celles des mers coralliennes, afin de réaliser des macrophotographies jouant des formes et des couleurs ou des ambiances comportementales. Un photographe accompli publiant son travail dans des livres ou dans les plus prestigieuses revues mondiales avec un indéniable talent artistique. Il suffit de savourer ce portfolio spécial requins afin d’en apprécier la teneur. Que ces photographies des fauves de la mer puissent mettre en valeur leur beauté naturelle et leurs lignes épurées, telle est sa démarche. Texte Daniel Deflorin

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ENQUÊTE

EN SURFACE Chaque fois que l’on a un gros animal près de la surface, on pense à tenter une image mi-air mi-eau. Quand le soleil est haut dans le ciel, il est facile d’équilibrer l’exposition, mais lorsqu’il descend sur l’horizon, l’écart d’exposition devient important. Ici, j’ai d’abord exposé pour la lumière du coucher du soleil et ensuite compensé au flash pour éclairer le requin sous la surface. i Un requin de récif (Carcharhinus perezi) à la surface au crépuscule. Grand Bahama, aux Bahamas.

ENQU

MÉDAILLON Le fisheye circulaire est un objectif procurant un effet spécial et qui doit être utilisé avec parcimonie. J’ai soigneusement composé mon cadre avec l’arrondi de la ligne du requin épousant la courbure de l’objectif. En réalité, il y a pas moins de 4 requins dans cette photo. i Vue du dessus d’un requin baleine (Rhincodon typus), Isla Mujeres, Quintana Roo, péninsule du Yucatán, Mexique. PLONGÉE MAGAZINE \63

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ENVIRONNEMENT OCEANS 68 \PLONGテ右 MAGAZINE

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PLONGER ÉCOLO DOSSIER Les filets de pêche causent de trop nombreuses victimes collatérales, et pas toutes ont la chance de croiser un plongeur sauveur...

Déclic Bleu Méditerranée

François Sarano

DES ASSOS POUR PLONGER ÉCOLO !

Qui a dit qu’on ne pouvait pas lier l’utile à l’agréable ? De plus en plus, les palmipèdes plongent utile : nettoyage de fonds marins, recensement de poissons, observation de cétacés… La nécessité de protéger l’océan et ses habitants a conquis tous les amoureux du Grand Bleu. Espèce en voie de disparition sur un site donné ou déchets en plastique accumulés sur un autre, les plongeurs sont de précieux témoins de la vie marine. Alors pourquoi pas les impliquer dans la protection de l’environnement ? Impossible de recenser toutes les associations et ONG qui œuvrent à cette noble cause, en France et dans le monde. Voici donc dix exemples si vous souhaitez apporter une pierre à l’édifice. Texte Olivier Clot-Faybesse

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PRATIQUE PLONGEURS CONFIRMÉS

Pour que la plongée se déroule en toute sécurité, il est essentiel de bien se comprendre sous l'eau. L'un des membres de la palanquée signale qu'il est "sur réserve". Les autres plongeurs doivent réagir en conséquence.

COMMUNIQUER DANS LE MONDE DU SILENCE Le "Monde du silence" n’est qu’une illusion balayée dès la première immersion, tant les bruits sont nombreux durant la plongée. La célèbre référence est probablement liée au constat d’impuissance du verbe dans l’univers subaquatique. Privé de la parole, l'Homme est profondément perturbé et doit développer d’autres facettes de la communication, pour lesquelles il dispose de tous les outils, mais pas toujours des modes d’emploi et du savoir-faire... Texte Alain Delmas, photos Daniel Deflorin

C

’est un fait, nous sommes organisés et adaptés à la communication verbale. Avec plus ou moins de bonheur selon les personnes, mais pour la plupart d’entre nous, ne plus pouvoir parler altère for tement nos échanges avec nos congénères. Dans l’eau, émettre des sons avec ses cordes vocales reste possible en utilisant l’air de la ventilation fournie par le détendeur, mais la transmission de fréquences sonores vers les récepteurs acoustiques des autres plongeurs pose souci. La densité de l’eau, avec ses particularités physiques, perturbe le message, qui reste inintelligible dans la

plupart des cas. Entendre est possible, comprendre est beaucoup plus délicat. La perte de l’efficacité du langage est donc bien l’une des perturbations principales ressenties par le plongeur... D’autant que la solidarité entre les plongeurs, essentielle au sein de la palanquée, se base principalement sur une bonne communication.

LES GESTES BASIQUES Très logiquement, lorsque nous sommes perturbés dans notre communication verbale, nous "parlons" avec les mains. Dans cette optique, les plongeurs ont développé leur propre code gestuel ; avec un signe

passe-partout, le célèbre "est-ce que ça va ?", à la fois question et réponse, et d’autres adaptés aux principales situations de difficultés rencontrées (je suis en réserve, ça ne va pas, je suis essoufflé, je suis narcosé, je suis en panne d’air…). S’y ajoutent des gestes aidant à la conduite de la palanquée (stop, viens, là-bas, on monte, on descend, regroupons-nous…). Si l’on complète avec le signal de détresse en surface, à la fois sonore et visuel à destination du bateau ou du bord, le tour des principaux gestes basiques est terminé. L’efficacité de ce code gestuel est assurée parce qu’il est uniformisé et presque universel. De plus, il

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Pour communiquer, les plongeurs ont développé leur propre code gestuel dont voici quelques signes conventionnels (de gauche à droite et de haut en bas) : on monte ; j'ai froid ; où est le bateau ? ; combien d'air te reste-t-il ?

ALLÔ ? IL Y A QUELQU’UN AU BOUT DU FIL ? C’est l’un des problèmes majeurs de la communication, dans l’eau comme ailleurs. Pour échanger des informations, il faut être au moins deux. L’un qui émet et l’autre qui reçoit les messages. Et c’est également l’une des limites de l’exercice en plongée. Avant de se lancer dans un signe ou une explication gestuelle, il faut s’assurer de la disponibilité de l’interlocuteur visé. Sinon, le message restera lettre morte. Dans l’eau, cela va se traduire par deux options : soit attendre que l’équipier ou le guide s’intéresse enfin à vous, soit attirer son attention. Souvent, il faut commencer

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par se rapprocher de lui puis le toucher afin de focaliser son regard. Faire du bruit peut être une autre solution, en criant, faisant fuser son détendeur ou en émettant un bruit métallique. Du côté du guide ou de l’équipier, il est nécessaire de créer des conditions favorables à la réception en ce domaine : en limitant l’éloignement, en se retournant fréquemment, en échangeant des regards et des signes, et surtout en montrant sa disponibilité. Tout cela devient même un indispensable outil de sécurité avec un équipier ou un élève qui paraît stressé ou inquiet.

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F. Brun

DOSSIER

J. Chias

VOYAGES TOUR DU MONDE

F. B Brun

DANS NOTRE PROCHAIN NUMÉRO AOÛT

MARSEILLE PLUS BELLE LA CÔTE : ÉPISODE 2

ENQUÊTE

D. Deflorin

J. Chias

D. Deflorin

DES PLUS BEAUX SPOTS

PRATIQUE

LES DÉRIVES SAUTEZ LE PAS, DU FEEDING DEVENEZ FORMATEUR PLONGÉE !

COMPARATIF 9 PALMES À L'ESSAI

+ NOS RUBRIQUES HABITUELLES ACTUS, PHOTO, SHOPPING...

SECRETS DE PROFONDEUR LAURENT BALLESTA SUR LA PISTE DU CŒLACANTHE

EN KIOSQUE FIN JUILLET EN ATTENDANT, L'AVENTURE SE POURSUIT SUR WWW.PLONGEE-MAG.NET

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Plongée Magazine n°55  
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