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Comment j'ai gagné au casino de Deauville à Las Vegas

ALAIN RUFET


Copyright © 2015 Alain Rufet Tous les droits sont réservés. ISBN: 295387450X ISBN-13: 978-2953874501 (Alain Rufet) Éditions du Kasi-Nodo https://about.me/charles.furet


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La pratique de la poussette est rigoureusement interdite en France, ainsi que dans tous les autres pays du monde.

Tout le fric, qu'ont pu rafler la vingtaine de grands Braqueurs français, y compris Mesrine, c'est de la roupie de sansonnet comparé à la vingtaine de Poussetiste internationaux que nous étions.


« Poussetiste »

Le plus noble et exaltant de tout les bizness ayant été pratiqué depuis que le monde existe.


L’humilité, depuis ma plus tendre enfance est en sentiment dont j’ai beaucoup entendu parler, mais que je n’ai pas souvent rencontré ; Du moins le vrai, pas celui de façade qui lui est trop fréquemment affiché. En préambule, je me propose de vous raconter une anecdote plutôt comique. Printemps 1969 à la brasserie « Flo », j'ai 19 ans et j'y suis serveur. Mon employeur s'appelle Mr Bucher; il est 14h30, je passe devant lui les mains chargées. Dans cette entrefaite arrive 3 messieurs très classes, dont un mesurant 1m90. Tout en servant ma table, pour leur signifier que le service était terminé, je vis Mr Bucher écarter ses bras tel un albatros déployant ses ailes. Leur noblesse n'ayant d'égale que leur humilité, ces grands comédiens ont tourné les talons et sont ressortis sans dire un mot. Revenant à hauteur de Mr Bucher, je lui dis : -Mr Bucher, vous savez qui vous venez de mettre dehors ? -Non, c'est qui ? -Philippe Noiret, Michel Bouquet et Jean-Louis Trintignant. Mr Bucher est sorti comme un fou, il a juste eu le temps de les rattraper alors qu'ils s'apprêtaient à tourner rue Fg. SaintDenis. Entre parenthèses, j'attends toujours des remerciements de la part de ces messieurs pour avoir pu prendre ce midi-là, le repas qu'ils espéraient, mais bon ! Ils n'ont jamais su que c'est à moi qu'ils le devaient. Furtivement, j'avais enfin croisé l'humilité.


Chère Lectrice, Cher Lecteur, Ce récit d’aventures vécues est destiné à un public planétaire, en particulier au marché américain, très friand de casinos. Il renferme tous les ingrédients possibles et inimaginables dont le public raffole ; Le principal étant “La Poussette ”, note explicative jointe à part. D’abord, le sujet n’a jamais été traité en livre, au cinéma ou à la télévision : il est donc totalement inédit, pour la bonne raison que personne ne connaît cette technique. Il est évident, que seuls quelques initiés parmi les casinotiers la connaissent, de plus que très approximativement. Uniquement le microcosme de « Pros », une quarantaine de personnes dont vingt au niveau international la maîtrisent parfaitement. En quoi l’intégral de mon livre, pourra-t-il devenir le plus grand best-seller planétaire dans la catégorie récit ? Mon Art, si je puis le qualifier ainsi, je l’ai exercé pendant près de vingt-ans, dans une quarantaine-de-pays, avec 39 séjours rien qu’aux USA. D’après un calcul sommaire, j’ai parcouru dans le cadre de mon “BIZNESS” l’équivalent de cinquante-fois le tour de la planète, soit sensiblement deux-millions-de-kilomètres. De plus, certains événements que j’ai vécus depuis mon plus jeune âge, ne l’ont été par personne d’autres que moi. Je vous mets donc au défi, de trouver un seul livre sur toute la planète, qui renferme autant d’ingrédients authentiques que le mien. C’est très simple : sur mon créneau il n’existe absolument aucune concurrence.


PREMIER CHAPITRE À Pantin, le 3 février 1950, naissait de père inconnu un beau bébé au charme dévastateur ; Devant l'ampleur de cet événement, l'État français prit la décision de faire un emprunt national. Ouais c'est vrai! D’abord j’en ai la preuve. Son charme irrésistible, il ne s'en rendra vraiment compte qu'à l'âge de quinze-ans, lorsqu'il entrera dans la vie active et qu'il devra y affronter l'incessant regard des filles et leurs désirs libidineux, que dis-je libidineux, une fois que j'y aurai goûté ça sera même tout entier qu'elles y auront droit ; Ça leur apprendra à toutes ces salopes ! Quand je vous dis que les filles me traquaient en permanence, ce ne sont pas des conneries, comme tout ce qui suivra tout au long de ce livre. En fait, les filles me faisaient peur car j'étais d'une timidité maladive ; c'est pire que tout ce que vous pouvez vous imaginer, oui, elles me terrorisaient. Quand l’une d’entre elle posait son regard sur moi, je devenais “ rouge écarlate ”, des oreilles, jusqu'aux doigts de pieds. Pourtant je ne suis pas né ainsi : quand j'étais à l'école maternelle, rue de Tanger, les filles ne m’impressionnaient pas, je les aimais bien. À la récré, j'étais même leur doigteur agréé par l'éducation nationale ; je trouvais ça plutôt agréable, bien que parfois, j'aurai préféré pouvoir jouer avec mes petits copains mais la plupart du temps je me retrouvais les deux mains occupées, parce qu'il y avait celles qui me faisaient du “ chantage 1


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à la maitresse ”, si je ne leur mettais pas aussi un petit doigt dans la foufoune. Pourquoi suis-je né à Pantin, alors que ma mère habitait une petite chambre de bonne au dernier étage du quarante-neuf-bis de la rue de Flandre Paris 19ème ? La raison en est toute simple, ma mère travaillait comme serveuse dans un restaurant Porte de la Villette, quand elle y perdit ses “ os ” ; Et l'hôpital le plus proche était celui de Pantin ; c'est con “ hein ”, comme dirait Danny Boon. Bon, autant vous y faire tout de suite, j'adore la déconnade, vu qu'il n'existe pas de loi qui oblige à se prendre au sérieux et vieillir et quand bien-même il en existerait une, savezvous où ils pourraient s'la carrer ? Ma mère prendra en tout et pour tout, huit-jours d'arrêt, comme Rachida mais à son compte, parce qu'à l'époque les droits sociaux n'étaient pas vraiment les mêmes qu'aujourd'hui ; on sortait tout juste de la guerre. Ayant repris son travail, mère me plaça en nourrice où j’y passerai toute ma petite enfance, jusqu'à ce que je rentre à la maternelle. Elle était l'avant-dernière de trois-sœurs et deuxfrères, née en Mayenne, dans la région où se situe le récit d'Hervé Bazin, “ Vipère au poing ”; Folcoche, l'héroïne, à coté de ma mère c'était Sœur Emmanuelle. Mon grand-père, lui, était métayer, comme Alex *, c'est-à-dire gérant de l’exploitation pour le compte d'un noble. Il était la copie conforme du personnage de Jean Gabin, dans le film “ la Horse ”, de Pierre Granier Deferre. C'était le patriarche : A table, il se mettait en bout où il y avait toujours un minimum de dixpersonnes (le père, la mère, les six-enfants, les deux-domestiques de ferme et parfois le facteur). Immuablement, le rituel était le même : cela commençait par le Bénédicité, après quoi, le patriarche prenait sa cuillère, commençait à manger sa soupe et à ce moment seulement, tous avaient droit d'en faire autant ; mais personne ne pipait un mot, que si le patriarche lui adressait la parole ; puis, quand il se levait, tout le monde partait vaquer à ses occupations.

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L'ARMÉE Fin mai 1970, pour devoir y faire mes 3 jours, je recevais une convocation provenant du “ Fort de Vincennes ”. J'en avais reçu une l'année précédente, que j'avais lâchement ignorée, pensant qu’il m'oublierait et en trouverait un autre pour faire le “ gugusse ”. La période ne se prêtait guère à ce genre de clownerie ; faut dire que nous sortions tout juste des événements de mai 68. Compte-tenu de la naïveté dont je faisais preuve à l'époque, j'étais persuadé d'être réformé, du haut de mon mètre-quatrevingt-deux pour soixante-quatre-kg, tout le monde me l’avait prédit : beaucoup trop chétif, il n'en fut rien ! Les trois-jours durèrent un jour-et-demi, puis je fus sauvagement jeté dans un camion pour le 23ème Rima, Maison Laffitte “ Rothschild, grand cru classé 1855 ”. À Mezlaf, je fus affecté à la 1ère compagnie, 1ère section de l'adjudant Bauer, ancien parachutiste d'Indochine et d'Algérie où il avait servi sous les ordres d'un certain Général Bigeard, “ qui était loin d’être humoriste, lui, pas comme l’autre* ! ”. Dans la même section et classe que moi, je retrouvais un copain de l'Amiral Roussin : André Stuerga, qui, après avoir quitté l'école commença une carrière de jockey chez Patrice Pelat. Dédé, après les classes, fit les exercices nécessaires pour passer sous-officier et deviendra mon chef de groupe. Ensemble nous passerons un an à crapahuter comme des malades mais aussi à se fendre la gueule comme des dingues. 30


COMMENT J'AI GAGNÉ AU CASINO DE DEAUVILLE À LAS VEGAS

Un après-midi de maniement d’armes, pendant les classes, jour où il faisait une putain de chaleur, le sergent Josselin, qui m'avait désigné comme sa tête de turc, me dit un mot de trop ; il s’avança vers moi en furie et stoppa net à un mètre ; heureusement pour lui , sinon il aurait eu droit de prendre mon fusil en pleine gueule. Quelque temps après, lors de l’apprentissage d'une arme, de son montage et démontage, un des troufions qui avait fait le con dans la classe, fut désigné pour la corvée de balayage par le sergent Darius *, qui lui, m’avait pris pour sa tête de grec. Avant de sortir, Darius se ravisa, m'intimant l'ordre de m'en occuper; je lui fis remarquer que son ordre était arbitraire et qu'il était hors de question que je l’exécute, lui me répondit quinze-jours, Moi, j'en ai rien à foutre ; Il finit par deuxmois, soit le maximum autorisé. Le motif alla en priorité à son supérieur direct, l'adjudant, puis sûrement au commandant de compagnie ; le capitaine Ferrero “ Roche d’or ” qui, par ailleurs m’avait demandé pour jouer au tennis avec lui. Ces deux incidents ne connaîtront aucune suite, parce que l'adjudant, lui, m’avait à la bonne pour plusieurs raisons ; D’une part, j’étais un des fers de lance de la section ; D’autre part, le plus courageux au parcours du risque et aussi tireur d’élite, ensuite un rebelle comme lui et de plus je jouais au poker. En fait, tout simplement parce que j'étais différent. Après les classes, avec mes potes, pour fêter le 1er quartier libre, nous partîmes prendre un verre dans Mezlaf où nous avions décidé de faire tous les bars du côté droit à l'aller et ceux de gauche au retour. Foutant un “ souk ” pas possible dans toute la ville, ce qui nous valut en rentrant d'être attendus par la PM et de finir au gnouf. Le lendemain, nous retournâmes en section, puis je fus muté au mess en tant que serveur du chef de corps, “ le colonel Simon ”. Mon travail était loin d’être désagréable ; le matin, il consistait à lui servir son petit déj, le midi, avec un-oudeux-officiers-supérieurs, le déjeuner. En clair et en décodé, j'avais la plus belle planque de tout le régiment. Seulement voilà! Au bout d'une dizaine de jours je n'en pouvais plus, je me faisais chier comme un rat-mort ! Un midi où les officiers déjeunant un peu trop bruyamment dans leur salle, qui était attenante à celle

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1983 : LÀ OÙ TOUT COMMENÇA... Je venais d'avoir 33 ans, l'âge du Christ quand il est mort le moment où il faut réaliser ses rêves et comme le furet, je courais après ceux-ci. Je précise, que tout ce qui suivra : situations, lieux et personnages sont authentiques, en dehors de certains noms qui ont pu être changés de manière à ne nuire à personne. Avant tout, il ne serait pas inutile que vous fassiez connaissance avec le genre de joueur que je suis, pire..., le Flambeur ! Le jeu est ma passion dévorante, c'est elle qui m'a entraîné dans ces multiples aventures rocambolesques, que je vais vous narrer tout au long de ce livre. En 1976, après avoir subi de nombreuses pertes d'argent dans divers cercles et casinos français, je décidai de m’en faire interdire l'entrée, en en faisant la démarche auprès des services de la police des jeux. En 1977, remontant à Paris, après une saison d'hiver dans la restauration à Avoriaz, ayant mis à profit mon temps libre pour apprendre à skier et mener une vie “ saine ”, dans le calme et la sérénité, tout bronzé et “ pétant-la-forme ”, normalement j'aurai dû être guéri, sevré, désintoxiqué... Il n'en fut rien. Un après-midi d'avril, me promenant aux Halles, je croisais un copain que je n'avais pas vu depuis de nombreuses années, nous nous saluâmes, puis parlant de tout et de rien, nous partîmes prendre un verre à la terrasse d'une brasserie voisine.

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L'observant très attentivement, je lui trouvai une curieuse ressemblance physique avec moi, ceci provenant probablement de l'imagination débordante qui m'envahissait constamment. Une idée saugrenue germa aussitôt dans ma tête ; Je me mis à l'embrouiller, lui racontant une vague histoire d'objet de valeur à récupérer “ chez ma tante ”, pour lequel il me fallait l'attestation d'un témoin ou alors ses papiers. Par ce mensonge, je réussis à obtenir qu’il me confie sa carte d'identité. Par la suite, ce précieux sésame, me permit de m'inscrire dans les cercles où je n’avais encore jamais mis les pieds et d'en devenir un membre assidu. Le démon du jeu m'avait repris, en fait ! M’avait-il vraiment lâché ? Bien évidemment, je recommençai à perdre tout l'argent que je gagnais d’une manière laborieuse. L'astuce, pour pénétrer dans les cercles de jeux avec une carte d'identité ne m'appartenant pas, fonctionnait très bien et sous mon nom d'emprunt existait un autre “ moi-même ” ; cependant, je n'avais pas encore utilisé ce subterfuge, pour pénétrer dans les casinos. Petite précision : une interdiction de jouer émanant de soi, est applicable pour une durée de cinq-ans..., Cette prescription me concernant n'étant pas écoulée, je n'avais donc pas la possibilité d'y retourner légalement. C'est alors, qu'accompagné de Christian, qui lui aussi s’était fait interdire, parce qu’atteint autant que moi par le “ virus ” du jeu, que nous décidâmes de nous rendre à Ostende où se trouve un casino très sympa, que je connaissais bien car dans les années 77-78, j’avais fréquenté une fille, qui possédait un appartement à Knokke-Le-Zoute, (le Saint-Tropez Belge). Je garde en mémoire très précisément ces événements ; ils se déroulaient au mois de novembre 1980, un treize évidemment ! Ce soir-là, alors que nous flambions au casino, c'est exactement à une heure du matin, que je me suis retrouvé tondu, pour mon pote tout se passait bien, ne voulant pas l'indisposer à observer son jeu, je m'écartais et commençai à scruter l'assemblée. Parmi tous les joueurs qui emplissaient la salle, je remarquai une blonde ravissante, en compagnie d'une dame plus âgée ; vivement intéressé par le

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Comment j'ai gagné au casino de Deauville à Las Vegas  

Né en 1950 dans le 7-5 et le 9-3, Alain RUFET fut tricheur professionnel dans les casinos. Spécialisé à la roulette, il a opéré dans une qua...

Comment j'ai gagné au casino de Deauville à Las Vegas  

Né en 1950 dans le 7-5 et le 9-3, Alain RUFET fut tricheur professionnel dans les casinos. Spécialisé à la roulette, il a opéré dans une qua...

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