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INTERVIEW - Alain Marsaud, candidat UMP sur la 10ème circonscription

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INTERVIEW - Alain Marsaud, candidat UMP sur la 10ème circonscription Écrit par Oana Paraschiv Investi comme candidat de l’UMP pour la 10e circonscription aux prochaines législatives des Français de l’étranger, Alain Marsaud (crédits photo Oana Paraschiv) nous présente son parcours, ses priorités et sa vision sur la représentation politique des Français de l’étranger Lepetitjournal.com : Tout d’abord, pourriez-vous nous présenter votre parcours avant cette candidature aux législatives des Français de l’étranger ? Alain Marsaud : Je suis devenu magistrat en 1974 à la section criminelle du Parquet de Paris. J’ai ensuite été juge d’instruction pour les affaires de terrorisme jusqu’en 1986, où j’ai été nommé chef du Service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris. Il s’agissait d’une période très agitée pour la France, qui a dû faire face à différentes campagnes terroristes. Je suis rentré pour la première fois à l’Assemblée nationale en 1993 en qualité de député de la Haute-Vienne, mandat que j’ai également assuré de 2002 à 2007. Cette expérience a été très formatrice pour moi et m’a imposé un certain nombre de défis compte tenu de la composition politique de ce département, le plus à gauche de France. Entre 1997-2002 et 2007-2011 j’ai travaillé en qualité de cadre dirigeant dans de grandes entreprises privées. Aujourd’hui, je suis toujours magistrat honoraire. Je suis marié et père de 2 filles. Je suis également ancien rugbyman, et joueur de golf à mes libres moments. Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter sur la 10e circonscription des Français de l’étranger ? A.M. : Ceci est dû en partie à mon expérience de l’étranger sans forcément avoir été expatrié moi-même. En effet, j’ai été nommé secrétaire national des Français de l’étranger tout de suite après la création de l’UMP, en 2002. J’ai également une bonne connaissance des problématiques qui concernent les Français de cette circonscription pour avoir été membre du conseil d’administration de l’Institut des relations internationales et stratégiques et président du groupe amitié France Émirats Arabes Unis. À ce titre, j’éprouve un certain attachement pour cette région. En vue des prochaines législatives de l’étranger, considérez-vous que le découpage des circonscriptions a été bien réfléchi ? A.M. : Je pense que la répartition des pays dans les circonscriptions électorales a été un vrai challenge au vu de la diversité des problématiques et du nombre très variable de Français selon les pays. Cependant, je crois que ce découpage n’est pas du tout critiquable : les futurs députés devront donc faire face aux défis de leurs zones respectives. Que pensez-vous de l’arrivée prochaine des députés des Français de l’étranger ? Quelles seront, d’après vous, leurs missions ? A.M. : Cette réforme est un engagement du Président de la République, qui s’est rendu compte que les 2.5 millions de Français de l’étranger ne s’exprimaient pas suffisamment en terme politique, et cela malgré la richesse économique et culturelle qu’elle constitue pour la France. Il s’agissait donc d’aller vers eux et de leur assurer une nouvelle représentation. Jusque-là, les expatriés n’étaient représentés que par les sénateurs, actifs au Sénat mais qui ensuite avaient du mal à porter ces préoccupations à l’Assemblée Nationale, faute de députés spécifiquement dédiés. La mise en place d’un couple sénateurs-députés devrait améliorer très notablement la représentation politique des Français de l’étranger qui se fera ainsi sur deux pieds au parlement. Il faut également comprendre que les missions des sénateurs et des députés ne seront pas les mêmes. Si les premiers ont une compétence d’action "worldwide" (donc très large, certes, mais assez générale), les derniers seront amenés à se concentrer sur des zones plus restreintes, qu’ils pourront donc connaître au plus près. Ainsi, ils pourront être le relai direct entre les Français expatriés et la politique nationale. Si vous êtes élu, comment comptez-vous organiser vos déplacements dans la 10e circonscription afin de couvrir toute votre zone d’intérêt ? A.M. : La circonscription dans laquelle je suis candidat comporte effectivement 49 pays, avec une population française très disparate. Apparaît donc le problème de leur juste représentation à l’Assemblée. Je crois, cependant, qu’un candidat basé en métropole est tout à fait capable d’accomplir cette tâche, peut-être même mieux qu’un député résidant dans l’un des pays d’Afrique par exemple ou dans la zone Arabique, et pour cause. Toute décision est prise à Paris, qui est le

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centre névralgique en termes de représentation politique. Tout député qui veut faire entendre sa voix et celles des Français qu’il représente doit en permanence faire l’aller-retour entre sa circonscription et Paris. Sur des circonscriptions aussi étendues, un candidat installé dans l’un des 49 pays n’aura pas forcément la connaissance des problématiques des autres communautés de la circonscription. Le fait d’être basé à Paris ne représente donc pas un désavantage selon moi, bien au contraire, de plus, le transport vers chacun de ces pays se fera bien plus aisément au départ de Paris qu’à Louanda, Abu Dabi, ou Antananarivo. Le hub aéroportuaire que constitue Paris rend, à mon sens, incontournable un tel positionnement géographique pour être utile à l’ensemble de la circonscription. (crédits photo Oana Paraschiv) En effet, comment un député résidant dans l’un de ces pays pourrait dans la même semaine être présent aux débats et commissions du parlement et quelques jours plus tard à Libreville, Johannesburg ou Beyrouth. Quelles thématiques seront au cœur de votre campagne ? A.M. : Cela dépendra bien sûr des pays, en l’occurrence pour la Péninsule Arabique il s’agira de la sécurité personnelle et celle des biens, alors qu’ailleurs je me concentrerai davantage sur l’éducation ou d’autres domaines de compétences. En tout cas il faudra s’adapter d’un pays à l’autre car la France, tel qu’on le sait, mène une politique extérieure plutôt interventionniste, ce qui a pour conséquence d’exposer nos concitoyens à des risques pour leur sécurité à l’étranger. Il sera donc nécessaire d’établir des accords de coopération avec certains pays afin de pouvoir intervenir au mieux en cas de crise dans l’intérêt et pour la sauvegarde de nos ressortissants. En parlant d’éducation, quelle est votre position vis-à-vis de la loi sur la gratuité de l’enseignement au niveau lycée pour les enfants d’expatriés ? A.M. : En ce qui concerne la gratuité de l’enseignement français à l’étranger, je pense qu’il s’agit d’une mesure extrêmement bénéfique pour notre réseau culturel international. Il est donc important de sauvegarder ce qui a déjà été acquis, même si pour l’instant l’élargissement de la gratuité au collège n’est pas envisageable. Il n’est pas anormal que dans une période de crise telle que celle que nous traversons, tous les ministères (y compris celui des Affaires étrangères et européennes) voient leur budget restreint. Cela ne doit cependant pas affecter le bon fonctionnement des services consulaires. La mission d’un député de l’étranger est d’autant plus importante dans une période de difficultés économiques et politiques, car il doit être à même d’informer les électeurs de la réelle situation économique nationale. Les Français de l’étranger doivent déjà gérer les problèmes liés à leur expatriation, il faut donc améliorer ce processus par une attitude politique adéquate. Comment vont s’articuler les missions des députés avec les Ambassades et services consulaires déjà en place ? A.M. : Il est nécessaire de rendre très clairs les domaines de compétences des nouveaux députés. Le système consulaire et des ambassades actuellement existant peut avoir quelques craintes sur l’action future de ces nouveaux députés et que ceux-ci interfèrent dans les structures déjà en place. Or il ne s’agit absolument pas d’une concurrence, mais bien au contraire d’un nouvel apport dans l’intérêt du rayonnement de la France, chacun restant dans le cadre des compétences délimitées par la loi et les règlements. Quel est votre avis sur la circulaire du 31 mai concernant l’accès à l’emploi des étudiants étrangers après la fin de leurs études en France ? A.M. : Cette mesure est regrettable car elle porte atteinte à l’insertion professionnelle de ces étudiants qui ont souvent fait de très bonnes études en France. Mais il ne faut pas oublier que cette démarche n’est pas nouvelle, puisqu’elle ne fait que rappeler une loi qui existait déjà. Je proposerai au Ministre de l’Intérieur de faire une application individualisée de cette réglementation et non pas générale. Une dernière question sur la binationalité, qu’en pensez-vous ? A.M. : Le Président Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà tranché la question. Pour ma part, je pense que la binationalité est une chance pour nos compatriotes. D’ailleurs de nombreux Français de la 10ème circonscription disposent également d’une autre nationalité, notamment dans deux pays de la circonscription, le Liban et Madagascar. Propos recueillis par Oana Paraschiv (lepetitjournal.com) - Mercredi 9 novembre 2011 Voir aussi : Français de l'étranger - Eric Besson quitte la politique ? LEGISLATIVES - Français de l’étranger 2012 – Candidat? Pourquoi pas moi ?

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