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Le Magazine du Syndicat des industries de Madagascar

N° 11 - Sept./Oct. 2011

Régions | VATOVAVY FITOVINANY Manque de ressources pour la promotion de la région ATSIMO ATSINANANA Les produits de rente en régression

Point de vue | Roger Ranaivoson, Directeur Général du Groupe Ny Havana

Marché des assurances

Faible taux de pénétration

Je consomme Malgache, nous y gagnons !

J’achète Malgache et tous nous y gagnons !

Manjifa ny vita gasy aho, tombony ho an’ny rehetra ! Mividy ny vita gasy aho, tombony ho antsika rehetra

!


22

8

Sommaire éditorial.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

18

Capital eco. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Marché des assurances | Faible taux de pénétration. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

POINT DE VUE | . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Roger Ranaivoson, Directeur Général du Groupe Ny Havana.. . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Région | VATOVAVY FITOVINANY .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 VATOVAVY FITOVINANY | Manque de ressources pour la promotion de la région.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 CONFITURERIE SAINT JOSEPH | Un success story en évolution continue. . . . . . . 23 APICULTURE | Une miellerie aux normes européennes en 2012. . . . . . . . . . . . . . . . . 24 FILIERE LAIT | La culture fourragère, un enjeu à développer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 MICROFINANCE | Très peu de demandes pour la transformation.. . . . . . . . . . . . . . . 25 Région | ATSIMO ATSINANANA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 ATSIMO ATSINANANA | Les produits de rente en régression. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 ECONOMIE DE L’ATSIMO ATSINANANA | Une chute de 50% pour les cultures de rente. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 PRODUITS DE RENTE | Investir malgré tout. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 RESSOURCES FORESTIERES | D’importants potentiels pour l’écotourisme.. . . . 31 FILIERE LANGOUSTE | L’avenir est dans le grossissement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 OMEF | Promouvoir la briquèterie et l’huile de palme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

Le Magazine du Syndicat des Industries de Madagascar

1 bis, Rue Patrice Lumumba Antananarivo - Madagascar Tél. : +(261) 20 22 240 07 E-mail : syndusmad@moov.mg Site web : www.sim.mg Fondateurs Hery Ranaivosoa, Fredy Rajaonera, Laurent Rajaonarivelo, Stéphane Raveloson, Damase Andriamanohisoa, Karim Barday, Francis Rajaobelina, Franck Fohine, Claude Ratefiarisoa Directeur de publication Claude Ratefiarisoa Coordonnatrice Léa Ratsiazo Ont collaboré à ce numéro - Fanjanarivo Symonette - Felana Lalatiana - Evelyne Fanantenana Rakotomanana

PECHE ET ARTISANAT | Pour l’autonomisation des femmes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

Régie Publicitaire : - Andoniaina Rova RAZAFITSIALONINA - Rindra AMBININTSOA

La vie du sim. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

Maquette :

TBE .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

Impression : Imprimerie NIAG Tél. 22 204 20 - niag@iris.mg

(Hery Lalaina Razafimamonjiraibe)

Dépot légal : N°11-Septembre 2011


EDITO

Editorial

Mesdames et Messieurs, Chers lecteurs,

Avec Septembre, sonnent les cloches de la rentrée. Les chanceux sont partis en vacances, les moins chanceux ont été retenus par leurs activités. Les plus à plaindre sont ceux qui du fait de la morosité du climat socio-économique actuel sont en vacances forcées attendant impatiemment une hypothétique rentrée. Cette dernière irait-elle de pair avec la signature de la fameuse ‘’feuille de route’’ ? Tels, sœur Anne qui ne voit rien venir, nous avons beau scruter l’horizon, en vain… En effet, ces deux derniers mois, nous avons fait le tour de quelques partenaires techniques et financiers internationaux. De leur part, et tout au moins dans le court terme, il n’y a rien à attendre en matière de programmes d’appui. La visite de nos partenaires publics nous a permis de constater qu’ils connaissent sur le bout des doigts les contraintes du monde des affaires, en particulier celles du secteur industriel. Ils paraissent parfaitement conscients des actions à mener pour inverser la tendance et rendre plus favorable cet environnement. Alors à quand les réformes et leur mise en œuvre? A entendre les voix qui fusent de partout, il semble que tout dépend une fois encore de la signature de la fameuse ‘’feuille de route’’. Comme dossier majeur, nous vous présentons dans ce numéro le secteur des « Assurances », et les régions Atsimo Atsinanana et Vatovavy Fitovinany en rubrique écho régional.

Bonne lecture Le Comité Directeur

6

EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11


CAPITAL ECO

Marché des assurances

Faible taux de pénétration Bien que de petite taille (près de 25 M€), le marché malgache de l’assurance est susceptible d’expansion. Selon la dernière étude du Service des Assurances du ministère des Finances et du Budget sur l’assurance à Madagascar, le taux de pénétration est encore très faible et n’atteint même pas 1%. L’on enregistre même une diminution de ce taux par rapport au Produit intérieur brut (PIB) pendant 3 années successives. « Les Malgaches n’ont pas encore la culture de l’assurance, d’où cette faible taux de pénétration. Des efforts doivent être menés par la démystification », a déclaré le chef de Service des Assurances au sein du ministère des Finances et du Budget. Mise à part cette culture, les divers produits d’assurances restent encore méconnus à Madagascar. Une campagne d’informations s’impose. Les responsables des compagnies d’assurances, notamment le Directeur général de « Ny Havana », ont annoncé que le marché existe, mais il faudra des améliorations comme celle du Code des Assurances qui date de 1999. Ce secteur est encadré par le Code des Assurances de 1999 qui ne s’est concrétisé qu’en 2005 avec l’obtention d’un agrément vie et non-vie pour deux nouvelles Compagnies, en l’occurrence AGF Madagascar - qui devient actuellement «  Allianz Madagascar  » - et « Colina Madagascar ». Cinq compagnies d’assurances existent à Madagascar dont une mutuelle et quatre sociétés d’assurance. Il s’agit de la Compagnie d’Assurances et Réassurances Omnibranches (ARO), la Compagnie malgache d’Assurances et Réassurances «  Ny Havana  », la Mutuelle d’Assurances Malagasy

8

Année

2006

2007

Felana Lalatiana 2008

Prime (en millions d’ Ar) ARO

44054

52933

57317,9

NY HAVANA

20889

23295

27759,38

7317,25

7976,78

8504,55

MAMA ALLIANZ

578,22

3077,67

6610,58

COLINA

6882,49

3836,27

4972,02

TOTAL

79721,46

90118,70

105164,40

CA

81,5

92,07

105,51

PIB

11815

13768

16131

0,69

0 ,67

0,65

TAUX DE PENETRATION

Source : service des assurances, ministère des Finances et du Budget

Chiffre en millions d’Ariary 2006

2007

2008

Résultat net du secteur

8128,98

7588,34

6317,2

Perte cumulé MAMA

6140,97

6371,79

5597,28

Résultat final

1988,01

1416,55

719,92

Source : ministère des Finances et du Budget, Service des Assurances

(MAMA), la Colina Madagascar et l’«  Allianz Madagascar ». Mises à part ces 5 compagnies, une nouvelle demande d’agrément est actuellement enregistrée auprès du ministère des Finances.

En amélioration

Malgré ce faible taux de pénétration, l’on enregistre une augmentation des primes d’assurances. En effet, la dernière étude sur le secteur a montré que le marché d’assurances a réalisé en 2008 un montant de primes émises de 105,51 millions d’Ariary contre 92,07 millions d’Ariary en 2007 soit une augmentation de 16,7%. Les charges

EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

des sinistres ont augmenté de 49,34% en 2008 par rapport à 2007. Les études effectuées par le Service des Assurances au sein du ministère des Finances et du Budget ont également montré une augmentation de 47% des paiements de sinistre. Les incendies ont marqué l’année 2008 dans le secteur des assurances à Madagascar. Le secteur a connu des résultats financiers positifs même si l’on a enregistré une baisse significative pendant trois années successives. La perte au niveau de la Compagnie d’assurances MAMA a réduit les résultats obtenus.


Nom de la société : Allianz Madagascar (ex-AGF Madagascar) Date de création : 01/01/2006 - Capital social : 2 100 000 000 Ariary - (Chiffres d’affaires en milliers d’Ariary)

Les compagnies d’assurances, hormis la mutuelle MAMA, ont annoncé des résultats satisfaisants. Pour la Compagnie d’Assurances et Réassurances Omni-branches (Aro) le chiffre d’affaires a augmenté de 10% en 2010 avec un résultat net passant de Ar 3 milliards à Ar 5,5 milliards. Pour la Compagnie d’assurances « Ny Havana », l’exercice 2010 a été meilleur comparé à celui de 2009. Les dernières données de la Fédération des Sociétés d’Assurances de droit national africain (PANAF) montrent plus en détail l’amélioration du secteur au niveau des 3 compagnies. Ce tableau montre les émissions nettes, les sinistralités, les résultats et marges des ces 3 compagnies.

Micro-assurance agricole Au plus tard en 2012 L’assurance agricole aide à amortir les risques. L’agriculture est, comme chacun le sait, une entreprise à haut risque. Un éventail impressionnant de calamités menace les producteurs  : cyclone, sécheresse ou pluies diluviennes, sans oublier les fluctuations des prix et les dégâts des insectes ravageurs et maladies. Il est impossible d’éliminer totalement les risques ; mais on peut les réduire. L’assurance sur les cultures, le bétail ou d’autres biens est un instrument efficace de gestion de ces risques. Très répandue dans les pays du Nord, elle est bien moins courante dans l’Hémisphère Sud. L’Afrique ne compte que pour 2% du total des primes d’assurances agricoles. Outre les pertes de récoltes et de bétails, l’absence d’assurance entraîne des répercussions négatives. Les agriculteurs pauvres sont réticents à investir dans de nouvelles cultures ou technologies et ont du mal à obtenir des crédits. A Madagascar, plus de 70% de la population sont des agriculteurs ; cependant, il n’y a aucune assurance agricole dans la Grande Ile. Pourtant, selon l’étude menée par l’Institut Mapplecroft, qui a établi la liste des pays les plus exposés aux risques climatiques pour les années à venir, Madagascar figure en 3ème position derrière le Bangladesh (1er) et l’Inde (2nde). Qui dit risque climatique dit risque économique et social. Une catastrophe climatique dans un pays comme le nôtre peut se transformer en une catastrophe humanitaire avec des conséquences très importantes comme la famine et la destruction du tissu économique et agricole. L’Institut estime qu’il faut 5 ans à un pays pour se remettre des conséquences d’un cyclone dévastateur. Ce classement relate l’importance de l’assurance agricole pour les paysans. En effet, la perte causée par le

Emissions nettes 2006 Branche

Primes émises

2007 Primes émises

Primes acquises (PA)

Primes acquises (PA)

Accidents corporels Maladie Automobiles Incendie et autres dommages aux biens RC Générale Transports Autres Risques

11300 0 121729 296733 41153 94510 13304

7752 0 87462 250053 33925 86057 850

31330 0 814281 1120824 210050 356378 428116

28243 0 691656 1054329 177989 347317 402844

TOTAL affaire directes

578729

466099

2960979

2702378

0

0

0

0

578729

466099

20960070

2702378

Acceptation Ensemble

Sinistralité 2006 Branche

Primes émises

Accidents corporels Maladie Automobiles Incendie et autres dommages aux biens RC Générale Transports Autres Risques TOTAL affaire directes

2007

Primes acquises (PA)

Primes émises

Primes acquises (PA)

2 000 0 40 106 80 852 1 846 16 000 0

25,8% 0 45,9% 32,3% 5,4% 4 18,6%

0 0 125 364 80 026 4 047 601 604 0

18,1% 7,6% 2,3% 173,2%

140 804

30,2%

811 041

30,0%

140 804

30,2%

811 041

30,0%

Acceptation Ensemble Résultats et marge Rubrique

2006

Produits financiers nets Commissions Frais Généraux

2007

Evolution

115 910

120 415

3,9%

1 905

322 397

16823,7% 34,5%

1 009 669

1 357 992

Résultats d’exploitations nets

-495 202

-517 565

-4,5%

Marge réglementaire

100 808

354 495

251,7%

1 604 798

1 087 235

-32,3%

219 198

1 390 013

534,1%

1 626 630

1 514 923

-6,9%

742,1%

109,0%

Marge disponible Engagements Réglementés Actifs admis Taux de couverture des Engagements

Nom de la société : Colina Pays : Madagascar - Date de création : 09/08/2005 - Capital social : 1 600 040 000 Ariary

Emissions nettes 2006 Branche

Primes émises

Primes acquises (PA)

2007 Primes émises

Accidents corporels Maladie Automobiles Incendie et autres dommages aux biens RC Générale Transports Autres Risques

10 470 1 573 180 707 243 582 6 874 391 992 146 345

28 791 11 666 423 463 592 038 796 966 660 720 362 193

TOTAL affaire directes

981 543

2 875 837

981 543

2 875 837

Primes acquises (PA)

Acceptation Ensemble

p (suite à la page 10) N°11 - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - EXPANSION MADAGASCAR

9


p

CAPITAL ECO

(suite de la page 9)

Sinistralité 2006 Branche

Primes émises

2007

Primes acquises (PA)

Primes émises

Primes acquises (PA)

Accidents corporels Maladie Automobiles Incendie et autres dommages aux biens RC Générale Transports Autres Risques

0 127 40 531 100 0 4 827 927 0

2 998 702 235 517 154 922 0 15 960 0

TOTAL affaire directes

4 868 685

410 100

Acceptation Ensemble

0

0

4 868 685

410 100

18,1% 7,6% 2,3% 173,2%

Résultats et marge Rubrique

2006

2007

384 586

341 667

-11,2%

31 215

419 568

1244,1%

Frais Généraux

865 229

1 029 509

19,0%

Résultats d’exploitations nets

-73 997

-20 724

-72,0%

Produits financiers nets Commissions

Marge réglementaire Marge disponible Engagements Réglementés Actifs admis Taux de couverture des Engagements

Evolution

ND

ND

75 849

330 199

335,3%

305 229

2 582 781

746,2%

1 926 551

3 295 694

71,1%

631,2%

127,6%

Nom de la société : Assurances et Réassurances Omni-branches (ARO) Date de création : 21/12/1975 - Capital social : 7 013 300 000 Ariary

Emissions nettes 2006 Branche Accidents corporels Maladie Automobiles Incendie et autres dommages aux biens RC Générale Transports Autres Risques TOTAL affaire directes Acceptation Ensemble

Primes émises

2007

Primes acquises (PA)

Primes émises

Primes acquises (PA)

1 036 870 3 209 233 8 983 834 9 469 273 5 285 030 8 628 441 543 361

951 707 2 943 985 8 555 641 9 353 097 2 762 524 8 306 494 483 044

1 137 284 3 306 761 9 461 252 9 092 748 10 965 348 8 972 360 519 868

1 095 610 3 257 552 9 156 328 9 196 045 6 701 273 9 010 115 526 502

37 156 042

33 356 492

43 455 623

38 943 425

867 999

8 344 455

2 600 216

2 534 722

38 024 041

41 700 947

46 055 839

41 478 148

Sinistralité 2006 Branche Accidents corporels Maladie Automobiles Incendie et autres dommages aux biens RC Générale Transports Autres Risques TOTAL affaire directes Acceptation Ensemble

Primes émises 88 516 3 233 354 3 001 995 2 573 562 2 323 362 1 489 744 1

Primes émises

Primes acquises (PA)

9,3% 109,8% 35,1% 27,5% 84,1% 17,9% 0%

40 742 3 058 866 3 041 703 2 964 729 823 443 1 249 107 0

3,7% 93,9% 33,2% 32,2% 12,3% 13,9%

12 710 534

38,1%

11 178 590

28,7%

73 364

0,9%

786 412

31,0%

12 783 898

30,7%

11 965 002

28,8%

p (suite à la page 11)

10

EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

Assurance à haut risque, laissée à la charge des compagnies

A Madagascar, à la fin des années 80, la Compagnie ARO avait développé une assurance agricole permettant de couvrir tous les risques pour les activités agricoles, y compris les risques dus aux catastrophes naturelles. Devant les pertes subies par la société, par manque de prise en charge par l’Etat d’une partie des sinistres et par absence de toute société de réassurance, la Compagnie ARO a cessé de proposer ses produits d’assurance agricole. La Direction générale d’ARO a exprimé la possibilité de soutenir une opération d’assurance montée par un programme et ainsi de partager les risques. Cette opération pourrait être promue au travers des réseaux d’institutions de micro-finance. Toutefois, la Compagnie ARO a exprimé ses doutes sur la pérennité d’un tel système si l’Etat ou d’autres sociétés d’assurances ne jouait pas le rôle de réassureur. En 1986, la Compagnie d’Assurances et de Réassurances «  Ny Havana  » a développé une assurance agricole pour le PC 15 dans l’Alaotra ; et ce, en partenariat avec la Somalac. Des stations d’observation et de suivi ont été mises en place au niveau de ce PC 15 pour vérifier les sinistres. Avec la Somalac, les agriculteurs ont adopté les techniques culturales nécessaires. Après la dissolution de la Somalac, la Compagnie d’Assurances et de Réassurances « Ny Havana » s’est également retirée. En effet, d’après le premier responsable de cette compagnie, on ne peut pas faire des assurances dans des domaines où les techniques culturales ne sont pas respectées. En outre de cela, les différents matériels sur les stations d’observation et de suivi ont disparu ; ce qui a aggravé la situation et conduit la Compagnie « Ny Havana » à maintenir sa décision de retrait.

Etude en cours

2007

Primes acquises (PA)

changement climatique risque de démotiver ces derniers.

De nombreuses études conduites par l’Union européenne, la Banque mondiale et d’autres bailleurs sur l’assurance agricole et la microassurance sont pour l’instant restées lettre morte. Vu l’importance de l’assurance pour le secteur agricole, le « Programme de Soutien aux Pôles de Micro-entreprises rurales et aux Economies régionales  » (Prosprer) mène actuellement des études sur ce sujet. Le programme a mis à disposition un fonds pour la mise en place de la micro-assurance agricole, a déclaré Suzelin Ratohiarijaona, Secrétaire général du ministère de l’Agricul-


p (suite dela page 10)

Résultats et marge Rubrique Produits financiers nets

ture. « Du fait que Madagascar est un pays à haut risque en matière de changement climatique et compte tenu de l’importance de l’agriculture dans notre économie, la mise en place d’une assurance agricole demande une volonté politique et doit être soutenue par les bailleurs de fonds et l’Etat », ajoute le SG du ministère de l’Agriculture. Selon ses explications, à part le remboursement des sinistrés, les infrastructures pour l’établissement de la situation du sinistre sont très coûteuses. Soulignons que Prosperer (Fanohanana ny Orinasa iraisan’ny Tantsaha rehetra eny Ambanivohitra ou Fanoitra en malgache) est un programme financé par le Fonds international de Développement agricole (FIDA), en collaboration avec la Fédération des Chambres de Commerce et d’Industrie (FCCI). Le programme a été mis en place pour une durée de sept ans et son démarrage s’est effectué au cours du premier semestre de l’année 2008. Le programme œuvre pour accroître les revenus de la population rurale à travers la promotion des micro-entreprises rurales (MER) dans les cinq Régions et dix-neuf Districts considérés comme étant encore vulnérables à la pauvreté.

Les zones d’intervention et les bénéficiaires

Du fait que c’est le programme Prosperer qui finance la micro-assurance agricole, ses zones d’intervention seront les premiers – sinon les seules - bénéficiaires de cette initiative à savoir les deux groupes de Régions limitrophes  : Analamanga et Itasy dans la partie centrale des Hauts-Plateaux autour d’Antananarivo  ; et la HauteMatsiatra et Vatovavy-Fitovinany correspondant à la partie méridionale des Hauts-Plateaux de l’ex-province de Fianarantsoa ; ainsi qu’une Région située au nord des Hauts-Plateaux, Sofia. Au sein de chacune des Régions d’intervention, les Districts ciblés sont ceux qui offrent le meilleur potentiel de développement de pôles de microentreprises au sein des filières de production et des clusters d’artisans et de services. Dans l’Analamanga la microassurance sera mis en œuvre dans les Districts d’Andramasina, Ambohidratrimo, Manjakandriana, Antananarivo-Atsimondrano, avec une option d’extension possible sur Anjozorobe. Dans l’Itasy, les Districts cibles sont Miarinarivo, Arivonimamo, Soavinandriana. Par ailleurs, Ambohimahasoa, Fianarantsoa, Ambalavao sont

Commissions Frais Généraux Résultats d’exploitations nets

2006

2007

Evolution

10 784 853

8 855 765

-17,9%

2 885 345

2 812 543

-2,5%

9 753 874

10 494 204

7,6%

18 950 411

27 106 751

43,0%

Marge réglementaire

ND

Nd

Marge disponible

ND

ND

Engagements Réglementés

51 429 536

51 429 536

Actifs admis

84 979 412

84 979 412

165,2%

165,2%

Taux de couverture des Engagements

Part de marché Selon une étude faite par le ministère des Finances et du Budget, la Compagnie d’Assurances et Réassurances Omni-branches (ARO) reste leader dans le secteur de l’assurance en général. La Mutuelle d’Assurance Malagasy (MAMA) domine dans l’assurance non-vie, tandis que la Compagnie d’Assurances « Ny Havana » est en tête dans l’assurance vie, selon le tableau qui suit :

MAMA ARO NY HAVANA ALLIANZ ET COLINA

Assurance non vie

Assurance vie

51,29% 32,15% 15,47%

45,52% 53,76%

1,09%

0,72%

sélectionnés dans la Haute-Matsiatra et Manakara, Mananjary, Ifanadiana et Vohipeno dans la Région Vatovavy-Fitovonany. Enfin, dans la Région Sofia, Antsohihy, Boriziny, Befandriana et Mandritsara seront les bénéficiaires de la micro-assurance agricole. L’ensemble des 19 Districts sélectionnés correspond à une population totale de plus de 4 millions d’habitants. Les quelques 2,4 millions d’habitants représentant 59% de l’ensemble sont considérés comme pauvres ou démunis, selon les estimations du recen-

Part de marché Cie d’assurance ARO Ny Havana MAMA Colina Allianz

Part de marché 54,5% 26,4% 8,09% 4,73% 6,29%

sement des Communes en 2001. Le programme Prosperer cible en tout 346 communes, soit environ le quart des Communes existantes à Madagascar. Comme tout programme de développement, ce ne sont pas tous les habitants de ces Communes qui bénéficieront de la microassurance agricole mais seulement les populations cibles de Prosprer. Celui-ci cible en tout 27 500 micro-entreprises rurales (MER) bénéficiaires directes.


CAPITAL ECO

Mécanismes existants

Divers mécanismes sont actuellement à l’étude pour faciliter leur accès à ce mode de gestion du risque. Le coût des catastrophes naturelles de ces dernières années, la nécessité d’accroître la compétitivité sur un marché libéralisé et l’amélioration des techniques de modélisation des risques ont

eu pour effet d’éveiller l’intérêt pour une assurance en faveur des agriculteurs pauvres. Les assurances classiques ont leurs limites : des primes élevées, des difficultés logistiques à évaluer, les demandes d’indemnisation dans les zones reculées et une clientèle peu familiarisée avec les services financiers. L’émergence de la micro-assurance est donc

particulièrement intéressante pour les producteurs. Il s’agit d’assurances aux coûts abordables pour les petits agriculteurs, proposées par des instituts de micro-finance (IMF), des ONG ou des coopératives. Elles sont moins chères parce que concernant des groupes et sont associées à d’autres produits tels que le crédit ou l’engrais. Dans des lieux

Avenir de l’assurance : Dépend de la volonté de l’Etat Malgré la faible pénétration du taux d’assurance à Madagascar, le développement du secteur dépend en grande partie de la volonté de l’Etat. En effet, même si le taux de pénétration est faible, l’on constate une évolution notable dans le secteur. « Même si l’assurance n’est pas une culture malgache, l’on constate que les malgaches sont devenu de plus en plus intéressé par l’assurance » déclare une personne travaillant dans le secteur. Compte tenu que l’assurance est un service qui fournit une prestation lors de la survenance d’un risque, toute personne morale ou physique a besoin d’assurance. La prestation est généralement financière en échange de la perception d’une cotisation ou prime. Il y a plus de 12 millions d’habitant à Madagascar, ce qui veut dire, que le marché est encore vaste et le secteur a tout a fait la possibilité de se développer. Ce développement ne dépend pas uniquement des compagnies d’assurance mais surtout de l’Etat. La mise en place d’un environnement favorable à l’investissement y compris l’assurance est du rôle de l’Etat. Suite à la crise politique, une compagnie a vu augmenter de 100% les règlements du sinistre allant de 32 milliards d’Ariary à 79 milliards d’Ariary en 2009, ce qui peut fausser les prévisions ou plan de développement de la compagnie. «  Malgré cela, nous avons un résultat positif car notre compagnie fait des placements et d’autres activités financière » explique un responsable de cette compagnie. Un autre compagnie d’assurance souhaite à ce qu’il y ait plus de visibilité pour faire la planification. Le renouvellement ou mis à jour du code des assurances appartient aussi à l’Etat. Le code des assurances date de 1999, en l’espace de 12 ans, le secteur a beaucoup évolué, même au niveau international, les textes régissant le secteur a changé. Pour bien répondre aux besoins de la population et au besoin du développement des compagnies d’assurance, la mise à jour du code est nécessaire. En attendant cette mise à jour, l’Etat doit veiller au respect de ce code et honorer sa part. En effet, l’administration doit être un exemple pour le respect et l’application des textes et loi. Or dans certains cas, il ne tient pas son rôle. L’article 16 du décret 2000-986 portant sur la communication des procès verbaux est loin d’être appliqué. Cet article stipule qu’ «  un exemplaire de tout procès verbal relatif à un accident corporel de circulation doit être transmis automatiquement aux assureurs impliqués dans ledit accident par les officiers ou agents de la police judiciaire ayant constaté l’accident. Le délai de transmission est de deux mois à compter de la date de l’accident. Faute du respect de ce délai, l’assureur ne peut être tenu pour responsable du retard de l’offre de transaction ». Dans la plupart de temps, ce délai de 2 mois n’est pas respecté. Une volonté politique de l’Etat est un grand coup de pouce pour le secteur. A Madagascar le pouvoir d’achat est encore faible alors que les produits de l’assurance sont taxés y compris l’assurance à la retraite qui est assujetti à l’impôt. Dans certains secteurs, comme l’agriculture, où le risque est trop grand, une implication directe de l’Etat dans la constitution d’un fonds pour l’assurance est nécessaire. Dans

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EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

la santé et autres domaines sociales, une contribution de l’Etat dans l’assurance permet à la population d’y accéder. Selon les différentes lois et texte sur le secteur, la fédération des sociétés assurances de droit national africaine a compilé la Fiscalité des assurances à Madagascar. Le tableau qui sut rassemble les taxes d’enregistrements, les autres taxes, les assurances obligatoires ainsi que les taux de commissions pour les intermédiaires. Cette volonté politique aura aussi des impacts sur le secteur si l’Etat prône le nationalisme économique. En effet, l’Etat a des grands parts dans les compagnies d’assurances malgaches. Ces compagnies malgaches, font de réinvestissement à Madagascar et contribue au développement économique du pays. D’ailleurs, avec le développement de ces compagnies malgaches, les dividendes augmenteront.

ARO : Une solidité financière reconnue Issue de la nationalisation de «La Préservatrice Madagascar» en 1975, ARO ou Assurances Réassurances Omnibranches demeure le leader incontesté du secteur de l’assurance dans le pays, avec 55% de part de marché en 2010. Soit un gain de 2 points par rapport à l’année précédente. Fidèle à sa politique de qualité et d’innovation, la Compagnie a su surmonter les effets de la crise et affiche une solidité financière stable. Société Anonyme au capital social de 7 milliards d’ariary, ARO a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 61 milliards d’Ariary, avec un résultat net de 5 525 millions d’ariary contre 3 013 millions d’ariary en 2009. Elle dispose en outre d’une marge de solvabilité de 16,1 fois le minimum réglementaire. Autant d’indicateurs qui confirment la bonne santé financière de ce numéro 1 de l’’assurance, ainsi que sa forte capacité à honorer à tout moment ses engagements envers ses clients. Soulignons que l’Etat malgache est actionnaire majoritaire dans la Compagnie ARO avec 73,35%, suivi du personnel de la Compagnie avec 16,83%, de diverses sociétés (9,62%) et autres porteurs (0,19%). La Compagnie d’assurances ARO propose plusieurs produits à l’endroit des industriels du pays, dont l’assurance multirisques. Cette assurance permet de se prémunir contre les risques majeurs qui peuvent affecter le patrimoine des entreprises. Elle couvre plusieurs préjudices à savoir les dommages et pertes matériels, les frais et pertes pécuniaires consécutifs aux dommages matériels ainsi que les responsabilités encourues à la suite des évènements prenant naissance dans l’établissement. Dans ce produit, l’assurance couvre l’incendie et risques annexes, les risques spéciaux, les grèves ou mouvements populaires, les évènements climatiques, les événements naturels, les vols y compris les viols des valeurs, les dégâts des eaux et le bris de glaces. Bref, une assurance multirisque qui permet d’entreprendre en toute sérénité.


reculés où les producteurs sont très dispersés, le regroupement des assureurs, selon un mécanisme de pooling, peut permettre de faire baisser les primes. En Inde, le secteur privé fournit déjà une micro-couverture pour les cultures et le bétail, la santé et les biens. Dans un projet pionnier, l’IMF locale BASIX s’est appuyée sur son réseau pour fournir la micro-assurance et a réassuré son portefeuille chez ICICI Lombard. Au Malawi, l’ONG « Opportunity International » s’est associée à la Banque mondiale pour assurer les producteurs d’arachides contre les risques climatiques. Dans le cadre du Programme des produits agricoles de base « Tous ACP », financé par l’UE (45 millions €), la FAO, le Groupe de travail de la Banque mondiale sur la gestion des risques liés à ces produits et d’autres organisations analysent la gestion du risque en agriculture. Le projet couvre l’Ethiopie, Madagascar, le Malawi, l’Ouganda et la Tanzanie. D’après Piero Conforti, économiste à la FAO, «  l’assurance agricole peut aider les petits agriculteurs à réduire les risques encourus et à améliorer leurs revenus ; mais elle peut entraîner de gros frais de transaction. L’assurance à coupons est une manière de réduire ces frais ». Contrairement aux polices d’assurance qui exigent des preuves des dégâts, les polices à coupons utilisent des critères météorologiques pour déclencher l’indemnisation - une température minimum, un volume de précipitations ou une certaine vitesse du vent. L’assuré reçoit un coupon d’une valeur monétaire fixe qui lui sera versée si l’événement climatique se produit. Cette assurance a l’avantage d’être simple, souple et de faible coût administratif, puisqu’il n’est nul besoin de vérifier les pertes. Bien que considérée comme la formule la plus prometteuse, l’assurance à coupons a des inconvénients. Un paiement peut ne pas suffire pour indemniser les pertes des agriculteurs ou au contraire dépasser la valeur réelle des dommages. Le système suppose également des informations et modèles climatiques fiables. Selon un récent rapport, il est possible d’offrir une micro-assurance climatique aux petits agriculteurs d’Afrique du Sud, car ce pays dispose d’un réseau assez sophistiqué de stations météorologiques. Mais de nombreux autres pays auront besoin de gros investissements. De plus, le changement climatique donne la migraine aux modélisateurs et aux statisticiens, car les valeurs climatiques tendancielles perdent de leur fiabilité.

ContrOle des assurances Retrait de l’agrEment comme sanction suprEme Personne n’est à l’abri des risques. Accident de voiture, vol ou un incendie sont autant d’impondérables qui peuvent frapper n’importe qui n’importe quand, malgré toutes les précautions prises pour la prévention. Les risques peuvent affecter une ou plusieurs personnes. Souscrire à une assurance permet de mieux gérer les impacts de ces risques. L’assurance offre à celui qui la contracte plusieurs avantages qui le mettent à l’abri. L’assurance facilite l’accès à la propriété en offrant les garanties exigées par les prêteurs hypothécaires ; permet de mainte-

nir le niveau de vie en cas d’invalidité ou de maladie grave  ; contribue à réduire le coût des médicaments des ordonnances, des soins dentaires, des soins de la vue et des autres soins médicaux couverts  ; assure la subsistance de vos proches en cas de décès ; permet de mieux gérer le risque associé à l’exploitation d’une entreprise… En un mot, l’assurance tient une place importante dans la vie de tout être humain. A Madagascar, c’est le code des assurances de 1999 qui régit le secteur, ainsi que différents lois et textes. Les lois qui régissent le secteur sont : • Ordonnance N°1988-006 du 29 avril 1988 autorisant l’adhésion de Madagascar à


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• • •

l’Accord portant création de la Société africaine de Réassurance (AFRICARE), adopté le 24 février 1976 à Yaoundé. Loi N°1999-013 du 2 août 1999 portant Code des Assurances applicable à Madagascar Décret N°2000-986 relatif aux opérations d’assurances. Décret N°2001-1120 relatif au contrôle de l’Etat et le cadre institutionnel du secteur des assurances. Décret N°2001-1121 relatif aux régimes juridique et financier des entreprises d’assurance. Loi N°2004-024 du 3 septembre 2004 auto-

risant la ratification de l’Accord portant création de l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA). • Décret N°2004-853 du 8 septembre 2004 portant ratification de l’Accord portant création de l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA). • Arrêté N°2004-9620 précisant la définition et les modalités d’application de la catégorie 23 de la branche Vie et Capitalisation prévue au décret 2001-1120 du 28 décembre 2001. • Arrêté N°16280-2004 fixant les modalités

d’application du décret N°2000/986 du 20 décembre 2000 relatif aux opérations d’assurances. • Décret N°2005-088 relatif aux agents généraux, courtiers et autres intermédiaires d’assurance. • Arrêté N°12590/06 MEFB/SG/DGT/DOF/ ASS portant application du Décret N°2005/088 du 15 février 2005 relatif aux agents généraux, courtiers et autres intermédiaires d’assurance. • Décret N°2007-152 portant Approbation du Plan Comptable des Assurances (PCAss).

Les opérations d’assurance : divisées en deux grandes parties Selon ces textes et lois, les opérations d’assurance sont classées par branches, ellesmêmes subdivisées en catégories de la manière suivante : branche non-vie (IARDT) et assurance vie. La première est composée de plusieurs catégories dont la première concerne les accidents, y compris les accidents du travail et les maladies professionnelles. Dans cette catégorie, il y a les prestations forfaitaires, les prestations indemnitaires, les combinaisons, les personnes transportées. Catégorie 2 : englobe les maladies et comprend les prestations forfaitaires, les prestations indemnitaires, les combinaisons… Catégorie 3  : corps de véhicules terrestres (autres que ferroviaires) pour les dommages subi par : a) véhicules terrestres à moteurs b) véhicules terrestres non automoteur Catégorie 4 : corps de véhicules ferroviaires pour tout dommage subi par les véhicules ferroviaires. Catégorie 5 : corps de véhicules aériens sur tout dommage subi par les véhicules aériens. Catégorie 6 : corps de véhicules maritimes, lacustres ou fluviaux, sur tout dommage subi par les véhicules fluviaux, véhicules lacustres et véhicules maritimes. Catégorie 7 : marchandises transportées, y compris les bagages et tous autres biens sur tout dommage subi par les marchandises transportées ou bagages, quel que soit le moyen de transport. Catégorie 8 : incendie et éléments naturels sur tout dommage subi par les biens, autres que les biens compris dans les catégories 3, 4, 5, 6 et incendie, explosion, tempête, éléments naturels autres que la tempête, énergie nucléaire, affaissement de terrain. Catégorie 9  : autres dommages subis par

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les biens  : sur tout dommage subi par les biens, autres que les biens compris dans les branches 3, 4, 5, 6 et 7 ; et lorsque ce dommage est causé par tout événement aléatoire tel le vol, autre que ceux compris dans la catégorie 8. Catégorie 10  : responsabilité civile résultant de l’emploi de véhicules terrestres à moteur et ferroviaires : toute responsabilité résultant de l’emploi de véhicules terrestres automoteurs, y compris la responsabilité du transporteur. Catégorie 11  : responsabilité civile résultant de l’emploi de véhicules aériens  : toute responsabilité résultant de l’emploi de véhicules aériens, y compris la responsabilité du transporteur. Catégorie 12 : responsabilité civile résultant de l’emploi de véhicules maritimes, lacustres et fluviaux  : toute responsabilité résultant de l’emploi de véhicules fluviaux, lacustres et maritimes, y compris la responsabilité du transporteur. Catégorie 13  : responsabilité civile générale  : toute responsabilité autre que celles mentionnées dans les catégories 10, 11 et 12. Catégorie 14 : crédit : insolvabilité générale, crédit à l’exportation, vente à tempérament, crédit hypothécaire, crédit agricole. Catégorie 15  : caution dont la caution directe et la caution indirecte. Catégorie 16  : pertes pécuniaires diverses dont les risques d’emploi, l’insuffisance générale de recettes, le mauvais temps, les pertes de bénéfices, la persistance de frais généraux, les dépenses commerciales imprévues, la perte de la valeur vénale, les pertes de loyers ou de revenus, les pertes commerciales indirectes autres que celles mentionnées précédemment, les pertes pécuniaires non commerciales et autres pertes pécuniaires. Catégorie 17 : protection juridique.

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Catégorie 18 : assistance qui comprend l’assistance aux personnes en difficulté, notamment au cours de déplacements. Catégorie 19 : (Réservé). Pour la Branche Vie et Capitalisation, l’on trouve : Catégorie 20 : vie-décès pour toute opération comportant des engagements dont l’exécution dépend de la durée de la vie humaine. Catégorie 21 : assurances liées à des fonds d’investissement sur toutes opérations comportant des engagements dont l’exécution dépend de la durée de la vie humaine et liées à un fonds d’investissement. A noter que les catégories 20 et 21 comportent la pratique d’assurances complémentaires au risque principal notamment celles ayant pour objet des garanties en cas de décès accidentel ou d’invalidité. Catégorie 22  : capitalisation sur toute opération d’appel à l’épargne en vue de la capitalisation et comportant, en échange de versements uniques ou périodiques, directs ou indirects, des engagements déterminés quant à leur durée et montant. Catégorie 23  : gestion de fonds collectifs dont toute opération consistant à gérer les placements et notamment les actifs représentatifs des réserves d’entreprises autres que celles mentionnées à l’article 221 de la loi N°99-013 du 2 août 1999 relative au Code des Assurances et qui fournissent des prestations en cas de vie, en cas de décès ou en cas de cessation ou de réduction d’activités. Catégorie 24  : opérations tontinières sur toute opération comportant la constitution d’association et réunissant des adhérents en vue de capitaliser en commun leurs cotisations et de repartir l’avoir ainsi constitué, soit entre les survivants, soit entre les ayants droit des décédés.


Fiscalité des assurances

Selon les différents lois et textes sur le secteur, la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africain a compilé la Fiscalité des assurances à Madagascar. Le tableau qui suit rassemble les taxes d’enregistrements, les autres taxes, les assurances obligatoires, ainsi que les taux de commissions pour les intermédiaires.

Compagnies d’assurances : surveillées par le Service des assurances du ministère des Finances

Le ministère des Finances est chargé du contrôle des entreprises d’assurances et de leurs opérations, ainsi que celui des intermédiaires d’assurances conformément aux dispositifs des articles 221 à 224 de la Loi 99-013 du 2 août 1999 portant Code des Assurances applicables à Madagascar et de l’octroi d’agrément prévu à l’article 227 de cette même Loi. « Selon le Code des Assurances, notre travail est de contrôler les assurances tel qu’il est prévu par l’article 222 de la Loi N°99-013 du 2 août 1999 relative au Code des Assurances applicable à Madagascar », déclare Joelisoa Liliane, chef du Service des Assurances au sein du ministère des Finances et du Budget. Selon ses explications, son service veille

Branches

TAUX (%) Minima

Maxima

Branche IARDT Automobile

5%

Incendie

15%

25%

3%

18%

2,50%

15%

Transports Maladie

18%

Individuelle Accidents

5%

20%

Vol – Dégâts des eaux

15%

20%

Bris de Machines

10%

10%

Tous risques chantiers

10%

10%

RC Générale

15%

20%

Aviation

15%

15%

Branche Vie Contrats individuels

3%

40%

7,50%

10%

Mixte

3%

40%

Prévoyance

5%

10%

Contrats groupes

3%

10%

Groupe emprunteur

3%

10%

Groupe entreprise

3%

10%

Groupe prévoyance

3%

10%

Retraite

5%

10%

Temporaire

Source : Panaf, février 2009

à ce que les assurances paient convenablement, c’est-à-dire à temps et compte tenu des circonstances du sinistre, les sinistrés. «  Nous déterminons également les ratios prudentiels des assurances afin que les compagnies puissent avoir la capacité de payer les sinistrés. Ce ratio est prévu par décret relatif aux régimes juridique et financier des entreprises d’assurances et par les textes réglementaires. Nous vérifions également à ce que les entreprises d’assurances les respectent à tout moment, notamment la marge de solvabilité et les provisions techniques et sanctionnons les manquements constatés », ajoute notre interlocutrice. Notons que les entreprises d’assurances agréées doivent fournir périodiquement au Service chargé du Contrôle des assurances du ministère chargé des Finances les documents, ainsi que les états statistiques de leurs opérations. Pendant les trois exercices faisant l’objet de prévisions, l’entreprise doit présenter au ministère chargé des Finances, pour chaque semestre, un compte-rendu d’exécution du programme d’activités. Si les comptes-rendus font apparaître un déséquilibre grave dans la situation financière de l’entreprise, le Service des Assurances au sein du ministère des Finances peut à tout moment prendre les mesures nécessaires pour faire renforcer les garanties financières jugées indispensables

N°11 - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - EXPANSION MADAGASCAR

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CAPITAL ECO conformément aux procédures de redressement et de sauvegarde et, à défaut, prononcer le retrait de l’agrément. « Tous sinistrés ayant des plaintes sur des retards ou autres problèmes concernant leurs assurances peuvent frapper à notre porte », assure Joelisoa Liliane. Et notre interlocutrice d’ajouter que, selon le Code des Assurances, «  lors de la réalisation d’un risque assuré ou, à l’échéance du contrat pour les

POINT DE VUE

Monsieur Roger Ranaivoson,

assurances vie et capitalisation, l’assureur doit exécuter dans les délais convenus la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu au-delà. Au reçu de toute déclaration de sinistre, l’assureur doit immédiatement informer l’assuré des documents qui doivent lui être fournis pour compléter le dossier de demande d’indemnisation et diligenter les expertises éventuellement nécessaires en tenant l’assuré informé et en l’invitant à participer à ces expertises. Si national. Si vous considérez les éléments de départ évoqués auparavant, il convient d’admettre que l’évolution globale a été plutôt positive.

directeur général du Groupe Ny Havana Toutefois, si la prudence fait bien partie des vertus prônées par la Société Malgache (« Mitsinjo ny vodiandro merika  »), la souscription d’assurances pour une réelle sécurisation des personnes et de leurs biens n’est pas une pratique courante pour la majorité des ménages ou des Entreprises Malgaches de petite ou moyenne envergure.

M. LE DG, POURRIEZ-VOUS NOUS PRESENTER LA COMPAGNIE D’ASSURANCES NY HAVANA ? La création de NY HAVANA, 1ère Compagnie d’Assurances de Droit Malgache, remonte au 11 octobre 1968. A l’époque, son Capital Social de 120 000 000 Fmg, était détenu à 50% par les représentations locales des Compagnies d’assurances étrangères opérant à Madagascar. L’effectif du personnel était de 5 personnes. En 1975, le Secteur National des Assurances a été nationalisé (décret n° 75 002 en date du 16 juin 1975). De ce fait, le Capital de NY HAVANA est passé aux mains de l’Etat pour plus de 50%. Cependant, son statut de Société Anonyme régie par le Droit Commercial a été maintenu. Depuis, comme vous le savez sans doute, l’ouverture du marché intérieur est passée dans les faits. Consacrant cette libéralisation, le «  Code des Assurances Applicable à Madagascar  » a permis entre autres, l’entrée de 2 Entreprises étrangères d’assurances qui sont donc en concurrence avec NY HAVANA et la Compagnie nationale sœur. COMMENT VOYEZ VOUS LE « PRODUIT ASSURANCE » A MADAGASCAR ? Tout récemment, le Capital Social de NY HAVANA a été porté à 7,7 Milliards d’Ariary. Notre Réseau Commercial est maintenant constitué de 29 Agences déployées sur l’ensemble du territoire

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En général, quand les Malagasy déboursent de l’argent, ils en attendent une contrepartie immédiate et matérielle. Or, l’assurance se caractérise par son aspect d’engagement conditionnel : l’assuré n’a droit à l’indemnisation ou à la compensation qu’en cas de réalisation d’un événement prévu et garanti au contrat. Il y a donc, à la base, cet état d’esprit qu’il faut faire évoluer. D’autre part, à ce jour, la seule assurance obligatoire à Madagascar est celle de la Responsabilité Civile liée à l’usage des véhicules terrestres à moteur. L’assurance en tant que «  produit  » comme vous l’avez qualifiée, reste donc peu connue et peu utilisée par la majorité d’entre nous. Q : COMMENT VOYEZ-VOUS LES PERSPECTIVES DE L’ASSURANCE DANS NOTRE PAYS ? En me basant sur notre parcours, il est permis d’affirmer que le potentiel existe. Le tout, c’est de le mobiliser. Un «  état des lieux  » conjointement dressé par les Autorités et l’ensemble des acteurs du secteur des assurances serait un premier pas en ce sens. Entre autres, et à titre d’exemple, Le Code des Assurances en vigueur a été rédigé (en 1999) par un étranger. Les membres de l’Assemblée Nationale qui l’ont approuvé avaient-ils tous les éléments pour apprécier la teneur et la portée de ses 300 (Trois Cents) articles ? Les compétences de nos juristes nationaux ne devraient-elles pas être mises à contribution pour une révision et une réactualisation éventuelles, justifiées par les changements majeurs qui se constatent actuellement ?

EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

l’assureur estime que le sinistre ne doit pas être pris en charge, il doit immédiatement en donner les raisons à l’assuré par écrit. Si le risque est couvert par le contrat, l’assureur doit présenter à l’assuré une offre d’indemnisation détaillée par chefs de préjudice dont les modalités sont fixées par décret. Le délai de paiement pour un sinistre donné est fixé par décret. Tout retard dans le paiement expose l’assureur à une pénalité ».

Par ailleurs, l’assurance étant un domaine régi par le droit contractuel, la Justice est-elle à même de tenir son rôle de manière équitable et objective ? A ce niveau, force est de constater des semblants d’incompréhension, source de décisions qui ont entaché, et l’image du secteur et celle de l’Etat. L’Etat, en tant que force structurante et garant du respect des Lois, détient les clefs d’un assainissement de l’économie des assurances et ce, entre autre, pour la mise en place effective d’organes de consultation et de contrôle spécifiques au secteur des assurances, pour qu’une saine concurrence puisse s’instaurer et dynamiser ce marché. Q : ET EN GUISE DE CONCLUSION ? L’économie mondiale est dans une passe difficile. Madagascar, comme la majorité des pays du monde, en subit les contrecoups. Cependant, ce contexte éveille aussi la conscience d’un besoin de plus de sécurité pour atténuer les effets du marasme ambiant. La hausse notable des souscriptions d’assurances immobilières et d’épargne qui s’observe actuellement dans le portefeuille de NY HAVANA, l’atteste. Une refonte du système de taxation appliqué aux contrats d’assurances permettrait d’étendre cette dynamique à d’autres secteurs et inciterait le grand public à investir davantage dans la sécurisation des personnes, des biens et des activités sources de revenus. Choisir d’être Assureur implique de tabler sur le long terme. Cela implique aussi une certaine foi en un meilleur avenir. Notre objectif global est de faire progresser la qualité et la rentabilité de nos prestations pour conquérir une position de leader sur notre marché national et, pourquoi pas, régional ? Madagascar a, encore, une économie en plein devenir et NY HAVANA a, je le crois, le dynamisme et les compétences requises pour accompagner et promouvoir cette marche en avant.


RéGION | VATOVAVY FITOVINANY

VATOVAVY FITOVINANY

Manque de ressources pour la promotion de la région Fanjanarivo Symonette Vatovavy Fitovinany est parmi les régions de 2ème catégorie en terme de développement économique. Elle est de loin devancée par Analamanga, Itasy, Bongolava… Cette situation s’explique par plusieurs facteurs selon Prosper Randrianarison, Secrétaire général de la région. Les opérateurs économiques n’ont pas encore la culture fiscale. Or, la région est riche en produits de rente qui devraient renflouer sa caisse et celle des communes concernées en terme de ristournes. Mais le recouvrement n’est pas évident, surtout avec la multiplication des voies de sortie. Pour Vatovavy, il y a celle vers l’Atsimo Atsinanana, la RN12, vers Fianarantsoa, les chemins de fer, le canal des Pangalanes. Dans ce cas, la région ne dispose pas les ressources nécessaires pour promouvoir ses potentiels économiques dans la mesure où la subvention de l’Etat s’avère insuffisante. Le responsable note qu’il faut un financement conséquent pour attirer les investisseurs et les industriels via l’organisation ou la participation à des foires et salons, des ateliers, des activités de promotion intenses… La plupart du temps, les investisseurs potentiels qui veulent s’installer s’aventurent en quelque sorte en choisissant la région. Vatovavy Fitovinany s’étend sur 21 038 km2 et compte 2 millions d’habitants répartis dans 139 communes dont 5 urbaines et 1 une commune rurale de 1ère catégorie.

Potentiel industriel incertain dans la filière fruits

Le Secrétaire général note que nombreux sont ceux qui évoquent une abondance de production fruitière devant assurer une transformation à l’échelle industrielle. A son avis, il s’agit d’un volume destiné à la consommation et non pour l’industrie. Le litchi par exemple est un fruit saisonnier et la production tourne autour de 50 000 à 60 000 t/an. Il s’agit d’un volume plutôt modeste pour une unité industrielle, d’autant qu’il est impossible de le transporter. Les producteurs ne peuvent même pas sortir la moitié de cette production vers les zones industrielles vu le mauvais état des routes. Le même scénario est valable pour l’ananas, la papaye, etc. En fait, les fruits de la région se prêtent bien

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à la transformation  Artisanale et non industrielle à moins que les industriels potentiels disposent de plusieurs modules de transformation et travaillent sur plusieurs fruits. Seulement, la transformation Artisanale n’abonde pas non plus dans la région. De 2003 à 2005, le ministère de l’Agriculture a travaillé sur cette filière avec l’appui de l’USAID et du PNUD. Puis, le flambeau est repris par le programme PROSPERER du Fonds international pour le développement (FIDA). Il travaille sur la transformation de fruits, l’apiculture, la vannerie… Ces initiatives débouchent sur des résultats probants. Le SG cite le success story de la confiturerie saint Joseph, la miellerie de Marofarihy au nord de Manakara, etc.

Le potentiel existe pour l’agroindustrie et les mines Il s’observe notamment à Mananjary. Le SG évoque notamment l’entreprise Ripple fish qui collecte et engraisse les civelles jusqu’à ce qu’elles atteignent 350 à 400 g. Ce produit intéresse les marchés japonais et chinois. Il en est de même pour les anguilles vivantes collectées par cette entreprise. L’année dernière, elle a déclaré à la Région la production d’une quinzaine de tonnes. Le SG déclare que la région est toujours prête à accompagner les industriels et investisseurs. Cet accompagnement se matérialise par l’appui dans les démarches administratives, la localisation de terrains disponibles, l’accès au foncier, etc. Notons que ce produit est tabou dans la région. Mais les gens commencent à dépasser ce tabou en acceptant la présence d’une entreprise qui travaille sur les anguilles. C’est ainsi que cette entreprise dispose des installations à Manakara et à Mananjary et recrute chez les locaux. La région ne prélève aucune ristourne sur ces produits sur les premières années d’existence. Outre les produits halieutiques, Vatovavy possède des potentiels pour les cultures de jatropha et de cannes à sucre devant servir à la production de bioénergie. En 2004, l’on a parlé d’un projet de 80  000 ha et le dialogue avec les communautés de base soutenu par la région était déjà bouclé. Il s’agissait d’investisseurs israéliens. Mais leur partenaire local manquait de sérieux et le projet n’a pas vu le jour. Le même scénario s’est pro-

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duit en 2008 pour un projet indien de plantation de cannes à sucre sur 300 000 ha. Primo, il est impossible de trouver un seul lot de terrain répondant aux caractéristiques de ces investisseurs, soit une vaste superficie plate et irriguée. La crise de 2009 a tout Arrêté. Quant à l’ilménite, la compagnie Mainland mining a une antenne à Manakara. Elle veut travailler sur le littoral et a déjà procédé à une étude d’impact environnemental. En janvier dernier, des dirigeants de cette compagnie étaient à Manakara. Mais depuis quelques mois, c’est le silence radio. En fait, la compagnie Rio Tinto QMM a des droits de préemption sur le littoral en question qui va de Fort-Dauphin à Toamasina.

Le port de Manakara n’est plus depuis 2008 Les projets miniers de cette taille devraient s’accompagner d’importantes infrastructures de transport. C’est le cas pour l’ilménite de Fort-Dauphin avec le port d’Ehoala. Mais dans le Vatovavy, le port de Manakara est fermé depuis 2008 et celui de Mananjary depuis 2004. Pour le SG de la région qui a travaillé dans les anciennes sociétés commerciales d’Etat, ces fermetures n’ont rien d’étonnant : « Elles sont synonymes de soulagement pour les entreprises locales, d’autant que la route vers Fianarantsoa est goudronnée depuis 1986. Auparavant, il a fallu subir les importants casses et coulages (pertes dues aux gaspillages et aux vols) lors des opérations de débarquement et d’embarquement ». Comme ces ports étaient en haute mer, les manutentions étaient délicates et faisaient perdre beaucoup de marchandises aux opérateurs. Les problèmes cités plus haut s’y ajoutent. En 1983-1984 pourtant, le port de Manakara faisait 35  000 à 40  000  t de café par an ripées sur Toamasina. Il comptait 40 bateaux par an. Mais si un opérateur embarque un lot de 15 t, il fallait y ajouter 10 sacs supplémentaires pour combler les pertes lors des opérations au port. Même topo lors des débarquements : sur le terre-plein du port, il fallait marcher dans de l’huile quand on débarquait ce produit puisque les vols via le perçage de fûts étaient nombreux. Le SG affirme que si l’on remet au goût du jour la réhabilitation de ces ports et ce système pourri, aucun opérateur ne veut se suicider là-dedans.


Marohita est la solution idoine. Situé à 20 km au sud de Mananjary et sur le canal des Pangalanes, cet endroit pourrait recevoir un port en eau profonde. Le terrain a l’avantage d’être très dur et d’avoir un fond sableux. Il est joignable par une route tracée sous la colonisation mais qui doit être réhabilitée. Marohita est une bonne alternative. Mais il exige la présence de grands projets miniers ou autres. Il a l’avantage de disposer de 80 000 ha de terrains plats tout autour. Pour l’heure, les opérateurs ripent leurs marchandises par route vers Toamasina ou vice versa. Manakara-Toamasina se fait entre 24 et 30 h. Ce transport coûte entre 5 et 6 millions Ar. Si les opérations portuaires sont correctes, il ne devrait pas dépasser 2 millions Ar pour une cargaison de 20 t. Quant aux chemins de fer, ils n’ont plus comme rôle que le désenclavement des zones où ils passent. CONFITURERIE SAINT JOSEPH

UN SUCCESS STORY EN EVOLUTION CONTINUE

Démarrée en 2005, la confiturerie saint Joseph située à Manakara est un projet du diocèse de Farafangana. Elle a procédé à plusieurs essais pour déboucher dans la phase commerciale en 2009. L’année dernière, elle a produit 15  000 pots de confiture et de gelée, contre 20  000 pour 2011. La responsable de production, Aimée Rahantarimamy précise que le volume de fruits achetés auprès des paysans augmente de 30% par an. Cette année, l’entreprise a acheté 4  t de litchis, 4  t d’ananas, 1,5 t de fruits de la passion et 1,2  t de goyaves. La confiturerie envisage d’augmenter son volume de production en 2012. Sur le plan commercial, elle participe à des foires comme la Foire internationale de Madagascar (FIM), la Fier-Mada et la Journée mondiale de l’artisanat. Les impacts sont tangibles car elle y obtient des commandes. Les demandes ne sont plus locales parce qu’à part celles de supermarchés de la capitale, de Mahajanga et de Toamasina, et de boutiques touristiques d’Ambositra et de Tana, elles viennent aussi de Maurice et de La Réunion. Actuellement, 50% de la production vont vers la France grâce à l’association française de volontaires catholiques

Fidesco. La confiturerie pense répondre aux demandes des îles voisines.

Intégrer les couches vulnérables La confiturerie emploie 15 femmes issues de la couche vulnérable et la clientèle réunionnaise apprécie particulièrement cette approche. L’objectif est d’aider les gens de la région à trouver du travail, à vendre leurs produits à des prix intéressants… C’est ainsi que de nombreux paysans veulent intégrer le circuit d’achat de la confiturerie. Celle-ci travaille avec 35 producteurs installés dans un rayon de 30 à 35 km de Manakara. Cette distance est obligatoire pour disposer de fruits frais : il faut tout au plus 24 h entre la récolte et la livraison. Sinon, la qualité des fruits se détériore. Et si l’on utilise des fruits pourris, de la moisissure sera visible sur la confiture ou la gelée un mois après. Les matériels sales provoquent le même phénomène. Tous les ans, l’unité dispense une formation pour les producteurs de fruits. Les visites des plantations sont également au programme pour améliorer la qualité. Elles sont aussi nécessaires pour l’estimation de la production, la maîtrise de l’approvisionnement et la traçabilité exigée par les importateurs. Une codification est instaurée pour identifier les produits de la plantation jusqu’au conditionnement. Les producteurs sont soutenus par la confiturerie sur le plan technique. Ils sont aussi dotés de petits matériels comme le poste téléphonique, la balance. Le financement de ces appuis se fait via un versement de 50 Ar/kg de fruits vendus. En 2011, cette caisse servira à acheter des pirogues et des petits moyens de transport terrestre.

Une filière qui fait vivre ses acteurs La filière fait vivre les producteurs mais pour la confiturerie, il faut attendre une production

en grosse quantité pour récolter des bénéfices substantiels. La confiturerie leur achète l’ananas à 600  Ar/kg, contre 80 à 90  Ar pour le litchi. Les prix sont établis selon les prix sur le marché local et à l’export. Si l’on prend l’exemple du litchi, le prix local était de 70 Ar lors de la saison précédente. L’unité de transformation est stricte quant à l’emballage lors de l’approvisionnement  : il faut envelopper les fruits dans des feuilles avant de les mettre dans des paniers souvent en bambou (ou « garaba »). L’idée est toujours de disposer de fruits de qualité à l’arrivée. Les plantations de fruits sont certifiées bio par Ecocert. Mais comme il est difficile de trouver du sucre bio, les produits de la confiturerie ne le sont pas encore. Le sucre constitue 60% de ces produits. L’unité fabrique 3 gammes de produits qui diffèrent par l’emballage. Elle travaille avec 3 brodeuses handicapées et 12 vanneuses dont les produits ornent les bocaux. Ici aussi, il s’agit d’intégrer la couche vulnérable. Les bocaux en verre sont importés et constituent le 1er poste de dépenses à raison de 1 000 Ar l’unité. Ce coût augmente le prix des produits. Le prix de gros d’un pot de confiture de 240 g est de 4 800 Ar. Le plastique n’est pas adapté car ne peut pas être stérilisé. Si le produit conditionné dans du plastique n’est consommable que sur 15 jours tout au plus, le délai est de 2 ans pour le bocal en verre. La confiturerie importe directement ses bocaux et même les Artisans de Fianarantsoa viennent s’approvisionner chez elle. Cette année, les commandes de bocaux sont nombreuses avec la participation des Artisans à des foires. Elles représentent la moitié des besoins de l’unité. Quant à la production de confiture et de gelée, la confiturerie saint Joseph congèle des pulpes et stocke du jus pour pouvoir tra-


RéGION | VATOVAVY FITOVINANY Transformation de fruits Les matériels posent problème Si la confiturerie Saint Joseph bénéficie d’appuis de l’extérieur pour ses équipements, les autres unités artisanales ne se développent pas beaucoup. Elles ont difficilement accès aux matériels nécessaires. Au programme PROSPERER, l’on explique que ces équipements coûtent trop chers pour ces opérateurs. C’est ainsi que le potentiel fruitier pour la transformation artisanale n’est pas pleinement exploité. Pour l’heure, PROSPERER appuie trois micro unités. L’une d’entre elles a bénéficié de matériels offerts par la FAO. Sinon, les trois micro entreprises sont encadrées par le programme. Celui-ci s’adresse à la confiturerie Saint Joseph pour ses besoins en formateurs. Il cherche aussi des débouchés pour ces entreprises mais n’arrive pas encore au stade où il peut les doter de matériels. Par ailleurs, PROSPERER soutient aussi la vannerie car la région dispose d’un savoir-faire indéniable dans cette filière. Il aide les vanneuses à s’organiser via des associations ou des coopératives. A Ifanadiana, le tissage se développe avec 5 associations. Le programme y soutient 3 groupements et une coopérative sur le plan technique et matériel. Si ces artisans maîtrisent la teinture de base et le tissage, ils ne disposent pas encore d’un moule pour fabriquer des chapeaux. Ils ont aussi besoin de formation sur la production de sacs. A Manakara qui ne compte qu’un groupement, il y a encore beaucoup à faire dans la filière vannerie. Afin d’aider les artisans à trouver des débouchés autres que le marché local, le programme les font participer à des foires. Pour l’accès aux intrants, le raphia abonde dans des zones comme Lokomby. Seulement, il n’est pas exploité faute de maîtrise de la collecte.

vailler en dehors des saisons de récolte de fruits. Elle dispose de 4 congélateurs et peut travailler 7 mois sur 12. La période creuse sert à préparer la participation à des foires et expositions et à rendre visite aux producteurs.

L’investissement coûte cher Il est difficile pour un particulier d’investir dans une confiturerie. Celle de Manakara fait la fierté de la région grâce à l’initiative du diocèse dont le leader est Mgr Benjamin Ramaroson, évêque de Farafangana, au bâtiment financé par Catholic relief service (CRS) et à des dons en matériels de l’extérieur. La confiturerie développe ses activités d’une manière progressive. Si la transformation ne pose pas des pro-

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blèmes particuliers, les matériels coûtent chers et sont parfois fragiles. Le réfractomètre pour mesurer le taux de sucre vaut 600  000  Ar. C’est aussi le cas du PHmètre pour mesurer le taux d’acidité. Pour les petits transformateurs, la mutualisation des efforts et des matériels devrait résoudre le problème d’investissement. La région compte une association des transformateurs de fruits mais elle est seulement visible dans les foires. En fait, les Malgaches n’ont pas l’habitude de travailler en groupe, alors que c’est une approche pour trouver plus aisément des financements et des appuis techniques. APICULTURE

UNE MIELLERIE AUX NORMES EUROPEENNES EN 2012

Vatovavy Fitovinany dispose d’une miellerie pour le marché local et bientôt une autre pour l’exportation et aux normes européennes. Jean Narcis Ramarolahy du service de l’élevage de Manakara explique : « La miellerie pour le marché local est opérationnelle depuis cette année. Elle est indispensable pour offrir aux clients des produits propres et de qualité. Depuis longtemps, les apiculteurs et les commerçants emballent le miel dans des bouteilles en plastique. Il faut relever le standing pour protéger les consommateurs ». Cette miellerie de Marofarihy gérée d’une manière autonome par la coopérative Tanamasoandro a été créée avec l’appui du Projet de soutien au développement rural (PSDR). Sa première production sera le miel de litchi pour la campagne 2011-2012. Le service de l’élevage a un droit de regard sur cette unité et sert ainsi de garde-fou. La miellerie a une capacité de 120 t et cette production ne sera pas « tout venant ». En effet, la traçabilité est une réalité. Depuis 4 ans, le service d’élevage a identifié 600 apiculteurs et 300 d’entre eux ont un numéro matricule. Sans ce numéro, ils ne peuvent pas approvisionner la miellerie. Ils ont également bénéficié d’une formation avec l’appui du Centre des services agricoles (CSA).

S’engager pour la qualité Les apiculteurs immatriculés s’engagent à moderniser leurs activités. Cela signifie que la miellerie accepte ceux qui ont des ruches

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traditionnelles mais ces derniers doivent plus tard transformer leurs matériels. Toute cette approche a pour objectif de professionnaliser la filière et de protéger les consommateurs malgaches. Pour son démarrage, la miellerie préfère être modeste et compte sur 2  t de miel de litchi. Quant à l’emballage, le service oriente les producteurs vers les nouvelles bouteilles plastiques au lieu d’utiliser des emballages usés. La collaboration avec le programme PROSPERER permet aux producteurs de suivre les bonnes pratiques pour le conditionnement. Mais il n’est pas facile d’habituer les consommateurs à acheter des produits emballés dans des bocaux en verre. Sinon, le conditionnement selon les règles de l’art nécessite notamment un bâtiment aménagé de telle sorte que toutes les opérations adoptent la marche en avant. Les employés ne doivent pas effectuer un retour en Arrière. Il faut aussi des équipements dont l’extracteur qui coûte plusieurs millions d’ariary, de l’eau courante, un réfractomètre, des bas à égouttage… La région compte déjà quelques mini mielleries dont le coût est supporté par des associations. Elle a un gros potentiel apicole avec les zones de Marofarihy, Ambila, Midilo, Anosiala, Tatao, Amboanjo et Manakara. Ces communes avoisinent la miellerie de Marofarihy.

Le suivi est crucial Les apiculteurs sont incités à utiliser des ruches modernes dont la production est plus élevée et de qualité. Selon un apiculteur de Mananjary, cette ruche coûte 70 000 Ar avec la grille à reine. Cet investissement est rapidement amorti car dans la région, la récolte se fait tous les mois avec une moyenne de 8 l par ruche et à un prix entre 3 000 et 4 000 Ar/l (1 l = 1,250 kg de miel). Mais des apiculteurs n’abandonnent pas complètement les ruches traditionnelles. Elles sont plus lourdes que les ruches modernes et se volent difficilement. Ils les améliorent pour avoir un rendement élevé. Pour Marofarihy, le suivi de la qualité du miel est également un point crucial. Un comité de surveillance s’en occupe parce qu’une protéine dans le miel peut, par exemple, changer en alcool ou même en vitriol. Et c’est nocif pour la santé humaine. Dans la région, la récolte se fait 10 mois sur 12 dans le sens où des Arbres et fleurs fleurissent pendant cette période. Et si l’on veut mettre les colonies au repos, il faut compter des récoltes pendant 9 mois sur 12. Des charbonniers et des charpentiers se sont convertis dans cette filière et en vivent aisément. A Manakara et ses environs, le litre est de 4 000 Ar au producteur. Des apiculteurs possèdent en moyenne 10 à 20 ruches et envi-


sagent d’aller jusqu’à 40. La conversion dans la filière est évidente avec un surcroît de revenu, moins de fatigue physique, un encadrement de professionnels. A Ambila, un apiculteur avec 40 ruches fait un chiffre d’affaires mensuel de 320 000 Ar. C’est nettement plus élevé que le revenu des gens vivant en dessous du seuil de la pauvreté qui est de 75 000 Ar/mois au maximum.

Une miellerie aux normes européennes en 2012 Le projet de miellerie de Manakara pour l’exportation est en cours. Elle devra être fonctionnelle en janvier 2012 au plus tard. C’est une structure préfabriquée et l’installation se fait en 15 jours. A la suite de la crise, le projet nécessite encore 50 000 euros à cause du surcoût dans le transport des matériels, du fret et du magasinage. La coopérative KTTF qui a versé son apport bénéficiaire en sera le gestionnaire. Elle travaille avec une coopérative française sous tutelle de l’association française de solidarité nationale ou Agriculteurs français et développement international (AFDI). Le 1er marché visé est la France. La région a la chance d’être indemne de la maladie appelée varroa et peut proposer du miel bio. Les apiculteurs immatriculés pourront approvisionner tout aussi bien la miellerie de Manakara que celle de Marofarihy. La demande française est de 15 à 50 t par an. Elle s’oriente sur le miel de litchi, de niaouli et sur le miel mille fleurs. Jean Narcis Ramarolahy a toutefois quelques craintes par rapport au volume de production : « La région regorge d’essences mellifères comme l’eucalyptus, le niaouli, le litchi ou encore les forêts. Et quand nous allons sur terrain, nous constatons que les cadres sont pleins de miel dans des zones comme Ambila. Mais il  Arrive aussi que les apiculteurs surévaluent leur capacité de production. C’est pour cette raison qu’au début, il faut peut-être faire preuve de modestie dans nos ambitions ». FILIERE LAIT

LA CULTURE FOURRAGERE, UN ENJEU A DEVELOPPER Pour obtenir du lait de qualité, il faut 40 à 50 kg de fourrage de qualité pour une vache lai-

tière selon l’explication de Jean Narcis Ramarolahy du service de l’élevage à Manakara. Ce qui signifie qu’il faut 10  Ares de cultures fourragères par vache. La région a l’avantage de laisser pousser rapidement les fourrages. Puis, 8 sur les 10 variétés essayées par le service donnent un rendement intéressant. Mais pour l’heure, le litre de lait est de 2 400 Ar à Manakara étant donné l’insuffisance de l’offre. Ce prix n’est pas à la portée de tous. Or, la culture fourragère n’est pas encore entrée dans l’habitude des paysans et des éleveurs. Sinon, certains éleveurs se passionnent pour leurs activités mais ne disposent pas de terrain pour le fourrage. Afin de relever le défi de la culture fourragère, le service d’élevage a mis en place des sites fourragers chez «  les éleveurs qui acceptent de bien mettre les bœufs avant la charrue  ». A ce propos, certains d’entre eux ont même changé leurs rizières en terrains fourragers. Ils sont souvent la risée de leurs voisins, alors qu’ils sont sûrs d’y gagner. En effet, ils gagnent 2 fois plus que dans la riziculture. Actuellement, l’on compte 7 sites fourragers suivant la convention passée entre le service de l’élevage et des éleveurs. Le service compte sur l’effet tache d’huile.

La laiterie est un objectif à terme Chaque éleveur a 2 à 4 vaches laitières. Si la filière se développe bien, elle devrait déboucher sur des unités de laiterie. Pour le moment, le lait est seulement transformé en yaourt de maison. Le fromage et les autres produits laitiers proviennent de la capitale et l’on en trouve rarement à Manakara comme à Farafangana. Une fois de plus, tout dépend de la quantité et de la qualité du lait et donc du fourrage en amont. A l’heure actuelle, des fermiers de Vohipeno cherchent du fourrage à Manakara. Le même phénomène

Filière apicole Vers la création d’une plateforme Mieux défendre les intérêts des apiculteurs et avoir une approche filière. C’est l’objectif de la plateforme qui sera mise en place dans la région. Cette structure est en cours de création avec la collaboration entre le programme PROSPERER, le Fonds régional pour le développement agricole (FRDA), le service de l’élevage, les apiculteurs… En attendant, ces différents acteurs essaient de regrouper les acteurs de la filière dont notamment les apiculteurs. C’est nécessaire pour obtenir du miel de qualité car un extracteur coûte, par exemple, 1,6 million à 1,8 million Ar selon le PROSPERER.

s’observe à Mananjary. La solution se trouve toujours du côté de la culture fourragère. Une enquête sur 40 vaches menée par le service de l’élevage a permis de savoir que la production moyenne par tête est seulement de 4 litres par jour. Or, une vache Holstein bien nourrie donne jusqu’à 40 litres par jour. MICROFINANCE

TRES PEU DE DEMANDES POUR LA TRANSFORMATION Les demandes de crédit émanant des paysans sont nombreuses selon Titus Heriniaina, directeur de l’exploitation commerciale du réseau de microfinance TIAVO à Manakara. Elles se situent dans une fourchette moyenne de 300 000 à 500 000 Ar par crédit. Pour l’heure, ces cultivateurs et éleveurs se contentent de financer les cultures de subsistance. Les crédits servent donc à acheter des semences, des engrais, des produits de traitement des cultures… Les paysans ne demandent des crédits ni pour la mécanisation ni pour la transformation de


RéGION | VATOVAVY FITOVINANY leurs produits. Le directeur explique : « Dans la région, la collecte et le commerce de produits agricoles dominent. Ces secteurs procurent facilement et rapidement de l’argent. Tout le monde joue l’intermédiaire, même les grands collecteurs ». C’est ainsi que 43 à 45% des portefeuilles de TIAVO sont composés de stocks de paddy et 60% de produits de rente. Mais la plupart du temps, ces stocks appartiennent à des commerçants et collecteurs. Les paysans stockent leurs semences pour la prochaine saison culturale. A fin juin 2011, TIAVO a enregistré 3 100 t de stock de paddy. Pour le girofle, le stock est de 167 t en 2010 contre 470 t en 2009. Quant au café, 150 t ont été stockées en 2009. Outre le nantissement de stocks effectués pendant les récoltes et contre de l’argent déboursé par TIAVO, cette institution mutualiste propose des crédits pour l’achat de matériels. Le délai de remboursement s’étale sur 36 Le réseau TIAVO en bref Créé via un appel d’offres et sous financement de la Banque mondiale en 1996, ce réseau est présent dans le Vatovavy Fitovinany, l’Atsimo Atsinanana, la Haute Matsiatra et l’Ihorombe. Basé à Fianarantsoa, il compte environ 72 000 dont 42% sont des femmes et 9% des personnes morales. Une augmentation moyenne de 8 900 membres par an est constatée entre 2008 et 2010. Avec le principe mutualiste, 1 homme vaut 1 voix quel que soit le volume de l’apport. Le réseau est géré par plus de 400 bénévoles et compte près de 380 salariés. Il offre à ces membres des produits d’épargne dont l’épargne à vue sans frais. Le volume de ce type d’épargne est passé de 2,7 à 4,9 milliards Ar entre 2008 et 2010. Quant au dépôt à terme, le 1er versement minimum est de 10 000 Ar pour une période de 2 mois à 18 mois et avec un intérêt de 6% à 12% à la fin de la période convenue. Ce produit représente 30% de l’épargne totale du réseau. Pour les sociétaires bénéficiaires de financements, ils doivent choisir entre un dépôt de garantie ou le versement d’une part sociale variable. Résultat  : ce type d’épargne a connu une forte baisse en passant de 104 millions Ar en 2009 à 78 millions Ar en 2010. Ces différentes offres permettent au réseau de collecter jusqu’à 7 milliards Ar d’épargne en fin 2010, soit 40% des ressources totales. Pour les offres en crédits, il y a l’octroi en trésorerie, le nantissement de stocks ou le financement des Greniers communautaires villageois (GCV), le crédit pour les matériels.

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mois. Il appartient aux bénéficiaires de chercher le matériel et le fournisseur. Mais dans ce domaine, il n’y a pratiquement pas des demandes émanant des paysans. Ces derniers n’éprouvent pas le besoin de mécaniser leurs activités ou de transformer leurs produits agricoles ou d’élevage.

Les minibus Arrivent en premier Plus de 80% des demandes de crédits pour l’achat de matériels sont pour des minibus. Sinon, le reste est orienté sur l’achat de quelques camions et de rares décortiqueurs de paddy. Dans les 4 régions d’intervention de TIAVO dont les 2 régions du Grand Sud-Est, l’on compte tout au plus 4 décortiqueurs. Mais si les paysans ne franchissent pas encore l’étape de la transformation, pourquoi hésitent-ils à développer leurs activités ? Le directeur de l’exploitation commerciale trouve qu’ils ont souvent peur de ne pas pouvoir rembourser. Bref, la culture du crédit n’est pas encore ancrée dans la région. Il faut y ajouter le taux d’analphabétisme élevé et les problèmes de débouchés. L’institution les a, par exemple, sensibilisés à la culture de piment. Mais par crainte de ne pas trouver des marchés, ils préfèrent ne pas s’engouffrer dans la filière. Les cultures grande échelle sont ainsi loin de se développer. Or, le financement d’un tel projet est possible. Chez TIAVO, le membre emprunte au début 50  000  Ar et au fur et à mesure de ses performances, il peut obtenir un prêt allant jusqu’à 50 millions Ar pour un dossier de demande.

Quid des taux d’intérêt jugés élevés 3% par mois ou 36% par an. C’est le taux proposé par TIAVO. Mais l’institution pratique le calcul dégressif et ce taux tombe à 26-27% par an au maximum. Il est impossible de faire baisser les taux à cause des frais occasionnés par l’éloignement des emprunteurs. Avec ses 99 points de services permanents, le réseau TIAVO couvre 85% d’implantations dans des zones rurales et 15% urbaines dans les 4 régions de l’ex province de Fianarantsoa. Sinon, des gens font souvent une surévaluation de leurs besoins en crédits. Ils ont plus tard des problèmes pour rembourser et crient aux taux qu’ils jugent élevés. C’est aussi une manière d’empêcher les voisins de se rendre à l’institution. Car il Arrive que des membres jouent sur le registre de l’égoïsme. Ils n’hésitent pas à dénigrer TIAVO alors que l’encours de crédits augmente continuellement. Il en est de même pour l’épargne (voir graphes). Pour les crédits, le taux de remboursement atteint les 98%. C’est plutôt bizarre en cette période de crise. Le directeur de l’exploitation

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commerciale explique : « Nous avons quelque peu augmenté le budget pour le recouvrement. Puis, les procédures ont été simplifiées. Les membres ont 90 jours pour rembourser avant que le dossier soit transmis au service contentieux. Au cours de cette période, le réseau cherche avec lui des solutions ». Notons que pour Vatovavy Fitovinany, le réseau TIAVO est l’unique institution de microfinance oeuvrant dans la région. L’évolution de l’encours de crédits (en million d’ariary) :

L’évolution de l’épargne (en million d’ariary) :

Des services annexes pour parer à l’éloignement Des membres éloignés des points de services sont confrontés aux problèmes de fourniture de marchandises. Cet éloignement occasionne des coûts supplémentaires et augmente ainsi le coût de revient. Il y a aussi les problèmes de sécurité : il n’est pas indiqué d’amener avec soi beaucoup d’espèces. Afin de contourner ces difficultés, le réseau propose à ces membres le service MVola qui dessert les communes couvertes par Telma. Ce service intéresse beaucoup les gens. En mars denier par exemple, le flux (envois et réception d’argent) via MVola a été de 200 millions Ar par jour. Le réseau distribue aussi les pensions des fonctionnaires retraités et des enseignants du public dans les CISCO (Circonscription scolaire) de Vatovavy Fitovinany, de l’Atsimo Atsinanana et de la Haute-Matsiatra. Il facilite l’accès des paysans à un éclairage solaire et non polluant via les lampes Tough Stuff. Il loue les lampes et fournit ainsi jusqu’à 10 lampes pour un hameau. Notons que ces matériels permettent aussi d’écouter la radio et de charger le téléphone. Ils procurent ainsi une nouvelle source de revenu pour les loueurs.


ATSIMO ATSINANANA

Les produits de rente en régression Fanjanarivo Symonette La région compte 5 districts, à savoir Farafangana, Befotaka, Midongy, Vondrozo et Vangaindrano. Sur les 90 communes, 2 sont urbaines et 3 rurales de 1ère catégorie. La population est estimée à 1,2 million d’habitants. Connue pour ses produits d’exportation comme le café, le girofle et le poivre, la région voit pourtant sa production chuter continuellement. Particulièrement pour le café, elle se situe actuellement entre 3 000 et 4 000 t pour l’Atsimo Atsinanana. Il y a une vingtaine d’années pourtant, le Directeur du développement régional (DDR) d’Atsimo Atsinanana, Robert Nobelisen rappelle qu’elle oscillait entre 20 000 et 30 000 t pour le grand Sud-Est incluant Vatovavy Fitovinany. Qu’est ce qui s’est passé entre-temps ? Le DDR évoque la chute continue des cours mondiaux qui a découragé les paysans. Ils étaient nombreux à changer leurs champs de caféiers en rizières. Depuis quelques années, les cours remontent. Seulement, les plantations sont vieilles et donnent un rendement médiocre. Le partenariat avec le Comité national de commercialisation du café (CNCC) financé par l’Union européenne a aidé à améliorer la qualité et augmenter la production. Il a également permis de diversifier les cultures avec des girofliers et poivriers. Mais le projet a été clôturé en décembre dernier. Puis, il a travaillé dans le seul district de Farafangana. Actuellement, beaucoup de paysans reviennent dans la filière d’autant que le projet Bassins versants et périmètres irrigués (BVPI) financé par la Banque mondiale apporte son soutien à la filière. De plus, le prix au producteur est actuellement à 5 000 Ar/kg, contre 400 Ar il y a 6 ans.

Les vertus économiques des huiles essentielles Quant au poivre et au girofle, ils ne rencontrent pas des problèmes particuliers. Au contraire. L’offre ne suit pas toujours la demande. D’où l’envolée des prix. Le kilo de poivre noir est à 7 000 Ar. Si le café ne fait l’objet d’aucune transformation, ce n’est pas le cas pour le poivre et le girofle. Ces produits sont gagnés par la vague des huiles essentielles. Quelques opérateurs travaillent le poivre vert et noir pour en obtenir des huiles essentielles. Ils misent aussi sur la cannelle. Mais les producteurs n’ont pas encore tendance à suivre les courbes montantes de la demande. Le DDR

Evolution du volume de l’exportation directe à partir de la région : Année

Part de l’exportation directe de café de la région dans l’exportation nationale (en %)

Jusqu’à la 1ère République

50

1975 - 1987

25

1987 - 1995

20

2000 - 2010

0 (Source : Chambre de commerce et d’industrie de Farafangana)

espère que plus tard, ils s’y mettront. Le ravintsara et le girofle intéressent aussi les distillateurs d’huiles essentielles. Cinq opérateurs locaux disposent des plantations de plusieurs dizaines d’ha chacun et utilisent même des motopompes pour les irriguer. Ils pourraient bientôt choisir la mécanisation. La région espère que ces opérateurs feront tache d’huile. Comment expliquer ces investissements en pleine crise que ce soit pour les huiles essentielles ou pour les produits comme le café ? Le DDR note que tout est question de marché et donc d’offre et de demande. Les opérateurs cités plus haut ont remarqué qu’il y avait une demande mais que l’offre ne suivait pas. Si l’on prend l’exemple du café, la demande intérieure est estimée à 26 000 t en 2010. La demande en ravintsara aussi augmente beaucoup. Les Malgaches sont de plus en plus nombreux à revenir aux remèdes traditionnels et le ravintsara y a une place de choix. Le développement de la filière huiles essentielles apporte plusieurs avantages dont la création de valeur ajoutée et d’emplois pour les jeunes des environs.

Le litchi a un atout à développer Le litchi devrait aussi créer de la valeur et des milliers d’emplois saisonniers dans la région. Le quota pour le Sud-Est est de 4 000 tonnes pour la campagne 2010-2011. Mais sur ce quota, les opérateurs locaux n’ont pu expédier que 20 tonnes tout au plus. En 2009, la région a eu droit à un quota d’exportation de 2 000 tonnes. La région en produit toutefois dans les 25 000 tonnes par an. Or, elle a un atout : ses litchis mûrissent avant ceux de Vatovavy Fitovinany et de Toamasina et devraient aider les exportateurs à débarquer du litchi sur le marché français pour les festivités de Noël. Mais qu’en est- il du transport étant donné que les opérateurs sont obligés de riper leurs produits via la voie terrestre ? Une opération qui occasionne des coûts élevés. Le DDR répond que si des opérateurs viennent jusque dans la

région pour collecter des litchis pour l’exportation, c’est qu’ils y trouvent probablement leurs comptes. Quant au port de Manakara qui se trouve dans le chef-lieu de la région de Vatovavy Fitovinany, il n’est plus à réhabiliter. Il faut en fait un nouveau port pour le Grand Sud-Est. Pour ce qui est de la filière litchi, le DDR trouve que le problème est du côté de la date d’ouverture de campagne. Lorsque les autorités ont décidé de la faire reculer de 5 jours par rapport à celle de Vatovavy, les gens se sont rués sur Vatovavy. Sinon, l’Atsimo Atsinanana regorge de fruits tropicaux comme la papaye, la goyave, l’avocat, la mangue. Mais l’on note aussi les agrumes dont le citron et l’orange. Tous ces fruits ne sont guère transformés. Les petites unités  Artisanales ne sont pas nombreuses.

Les épices, une nouvelle filière Le piment et le gingembre poussent facilement dans la région. On peut les cultiver dans les plantations de café. Le prix est très intéressant puisque le contenu d’une boîte de lait concentré vaut 1 000 Ar. Seulement, les paysans n’ont pas l’habitude d’en cultiver et considèrent ces épices comme des marchandises de peu de valeur comparés aux cultures vivrières et autres cultures de rente. Le marché existe toutefois, rien qu’avec celui de La Réunion. Les rares paysans qui s’engouffrent dans la filière vivent correctement de leurs activités selon le DDR. La récolte se fait en effet tous les 3 mois. Et si les plants sont bien ombrés, ils peuvent donner jusqu’à 5 à 6 ans. En réalité, les paysans font comme Saint Thomas : ils hésitent ou sont tout simplement indifférents aux nouveautés tant qu’ils ne ressentent pas les impacts comme réellement tangibles et leur procurent des profits. Raison pour laquelle des associations de femmes amenées en visite d’échange à Mahajanga se sont engouffrées dans la filière en voyant sur place des résultats probants dans la culture de piments. Elles commencent ainsi à en planter.

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RéGION | ATSIMO ATSINANANA ECONOMIE DE L’ATSIMO ATSINANANA

se reflète dans le maigre budget consacré au développement agricole. En fait, l’Etat n’a jamais eu la volonté de booster effectivement la production agricole. C’est pourtant un secteur qui fait vivre 80% des Malgaches. L’économie nationale ne peut pas se développer si l’agriculture ne se développe pas. Aux Etats-Unis et dans les pays de l’Union européenne, l’Etat subventionne l’agriculture. Ces pays comprennent que l’agriculture est à la base du commerce et de l’industrie  ». Dans l’Atsimo Atsinanana, 98% des opérateurs sont pourtant dans le commerce de produits agricoles et de marchandises générales. Les secteurs secondaire et tertiaire ne se développent guère. Pour l’hôtellerie, la région compte, par exemple, 2 grands hôtels à Farafangana et 2 autres à Vangaindrano. Or, elle a des potentiels à revendre. Il y a les sites écotouristiques, les 150  km de côtes pour le tourisme balnéaire… La région ne dispose pas encore d’un office régional du tourisme.

UNE CHUTE DE 50% POUR LES CULTURES DE RENTE Depuis plusieurs décennies, la région vit des produits de rente. Seulement, la production chute tant en qualité qu’en quantité. Le directeur exécutif de la Chambre de commerce et d’industrie de Farafangana, Amédée Ramanankavana précise : « En 10 ans, la production des cultures de rente a chuté de 50%, alors que 70 à 80% de la population de la région sont des paysans et vivent de ces produits. La chaîne qui va de la collecte jusqu’à l’exportation aussi est concernée. Cela signifie que lorsque la production dégringole, ce sont toutes les activités économiques de la région qui sont affectées. Et actuellement, il n’y plus d’exportation directe à partir de la région ». Or, l’exportation directe a créé de nombreux emplois, notamment pour les femmes. Cellesci s’occupaient du tri et du calibrage des produits. Mais avec la chute de la production, ces emplois n’existent plus guère. Quant aux cultures vivrières, la déficience alimentaire prouve également la chute de la production. Les inondations et la sécheresse y sont pour beaucoup. Au début août, le kilo du riz était à 1 120 Ar. Un niveau jugé élevé à cette période. Quant au secteur industrie, la région ne compte qu’une unité de traitement de langoustes.

La Chambre consulaire redynamise le secteur privé Le secteur privé est encore faible dans la région. Devant cette situation, la Chambre de commerce et d’industrie essaie de le redynamiser. Elle travaille sur le renforcement des capacités par le biais des informations sur les débouchés, les acheteurs potentiels, etc. Elle incite aussi le secteur privé à participer aux foires comme la Foire internationale de Madagascar (FIM) et Fier Mada. Ces manifestations permettent de présenter les produits et d’attirer des clients. Le 2ème axe de la CCI porte sur la formation. La fiscalité fait partie des thèmes abordés car des entreprises formelles tendent à basculer vers l’informel. Une formation sur la menuiserie est également en préparation avec la Fédération des Chambres de commerce et d’industrie (FCCI) étant donné que la région compte 15 menuiseries. L’année dernière, la CCI a dispensé une formation sur l’hôtellerie en collaboration avec l’Institut national du tourisme et de l’hôtellerie. Par ailleurs, cette chambre consulaire envisage de créer un cyber entreprises pour aider le secteur privé à accéder à des informations sur le marché fournis par la

Les impacts des choix politiques sur l’économie Sinon, comment expliquer le recul de la production des cultures de rente et des produits vivriers ? Le directeur exécutif se rappelle la suppression du corps des vulgarisateurs agricoles en 1987. Cette décision répond à l’une des conditionnalités des bailleurs de fonds par rapport à l’ajustement structurel. Cette politique correspondait, entre autres, au gel de recrutement de nouveaux fonctionnaires et à la suppression de certains corps de fonctionnaires comme celui des vulgarisateurs agricoles et des garde-forestiers. Puis, il y a le manque de volonté politique. Le directeur exécutif précise : « Ce problème Les produits d’exportation en 2010 : Produits

Superficie cultivée (en ha)

Production annuelle (en tonne)

Quantité exportée (en tonne)

Girofle

5 712

800

150

Café

27 600

6 000

50

Poivre

900

250

25

200

150

1 200

100

25

20

Langouste Litchi Huiles essentielles

250

(Source : Chambre de commerce et d’industrie de Farafangana)

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FCCI, le ministère du Commerce, les annonces dans les journaux et bien sûr par la CCI. En attendant, cette dernière se prépare au forum des îles organisé par la FCCI qui se tiendra en octobre prochain à Fort-Dauphin. Elle sensibilise les opérateurs à y participer. Il en est de même pour la foire sur l’agrobusiness prévue en octobre en Afrique du Sud. Le directeur exécutif explique : « La participation à ces différentes manifestations devrait aider le secteur privé à renforcer ses capacités pour faire face à la concurrence nationale, régionale et internationale. Nous sommes, par exemple, dépassés par l’Itasy dans la culture de café Arabica de qualité alors que l’Atsimo Atsinanana est réputé être un producteur de café ».

Le système financier est un blocage En fait, les opérateurs n’ont pas l’habitude de travailler en synergie. Ils sont seuls dans leur coin. La preuve en est que la CCI compte 45 membres sur les 305 entreprises dénombrées par les services fiscaux. La cohésion est pourtant essentielle pour faire face à la concurrence selon le directeur exécutif de la CCI. Elle permet, entre autres, de grouper les achats ou de mieux répondre aux commandes. Dans la région, aucun opérateur ne dispose d’un stock de 500 tonnes de café, alors que si les opérateurs se mettent ensemble, ils pourront offrir une quantité plus importante et vendre leurs produits à des tarifs plus intéressants. Mais il n’y a pas que ce manque de cohésion. Le directeur exécutif de la CCI évoque le système financier : «  Il s’agit d’une analyse personnelle et à mon avis, tant que le système financier est toujours le même, nous allons continuer à être envahis par les investisseurs étrangers et n’aurons rien pour développer nos potentiels. Un étranger avec 1 000 euros en poche devient un investisseur chez nous. Alors que nous avons beaucoup de mal pour emprunter auprès des banques. Il faut toute une procédure, sans parler du taux d’intérêt élevé qui va jusqu’à 25% et des impôts qui représentent jusqu’à 40% du chiffre d’affaires. Pourtant, on ne peut pas faire beaucoup de chose avec le fonds propres. Si les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne se développent, c’est qu’ils accordent des taux bon marché ». Le contexte économique se dégrade A Madagascar, les prêts bancaires sont très chers, alors que le contexte économique se dégrade. Le taux de rentabilité des activités économiques est souvent loin de couvrir les taux bancaires. En même temps le pouvoir d’achat des consommateurs chute dangereusement. La répercussion sur les activités économiques est importante. Pour les entreprises, une même quantité de produits s’écoule actuellement en 6 mois contre 1 mois auparavant.


RéGION | ATSIMO ATSINANANA Dans le secteur minier, le sous-sol de la région recèle du cristal, de l’ilménite… Les zones concernées sont Farafangana, Vangaindrano et Vondrozo. Pour l’heure, le secteur est dominé par des nouveaux Chinois qui font de la collecte auprès des petits exploitants. Ils ramassent jusqu’à plusieurs centaines de tonnes pour le cristal. Des Sri lankais commencent aussi à venir dans la région. Ils s’intéressent au béryl. Des gisements d’or existent aussi dans la région. Mais au lieu d’apporter le développement, ces ressources minières créent de l’insécurité dans la région. De plus, ces opérateurs miniers ne paient rien comme ristourne à la région. Pour son compte, la CCI a effectué courant août des tournées de sensibilisation et d’informations dans les chefs-lieux de district de la région. Elle estime que si l’on Arrive à revigorer le marché intérieur, c’est déjà un très bon point. Pour l’heure en effet, la concurrence à l’international est trop rude pour que le secteur privé de la région s’y aventure. PRODUITS DE RENTE

INVESTIR MALGRE TOUT

L’établissement Ranarson Naziraly est l’une des rares entreprises qui traitent et conditionnent des épices dans la région. Il travaille sur le girofle, la cannelle, le piment, le café et le poivre vert. Il opère dans ces filières depuis 20 ans. « Nous n’arrivons pas à nous tenir mais nous faisons notre possible. Cela veut dire que nous devons nous contenter de ne pas récolter beaucoup de bénéfices  », explique Ranarson Naziraly, directeur de l’établissement. Il précise que le problème réside notamment dans la chute des cours mondiaux, alors que le café est la principale ressource économique de la région. Pour le girofle, il se développe plus que le café et le poivre. La production n’a pas chuté contrairement à celle de ces deux produits. En 1997, le cyclone Gretelle a tué beaucoup de plants dont notamment des poivriers. La production de poivre connaît ainsi une chute, sans parler du non renouvellement des plants demeurés vieux. Malgré le contexte, l’établissement investit dans la plantation. Il récolte 30 tonnes de poivre vert par récolte sur 5 500 pieds répartis sur 5 ha. Cette plantation donne 3 récoltes par an.

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Se démener pour les recherches Le directeur rappelle que pour sa plantation, il a mené lui-même les recherches nécessaires. Il remarque ainsi que si l’on récolte le poivre non encore mûr, le plant commence à fleurir tout de suite après. Il a fait plusieurs essais pour choisir, par exemple, le tuteur qui n’entre pas en concurrence avec le poivrier. Il en est de même pour des observations comme quoi le plant a besoin de plus de soleil que d’ombre, que le tuteur a besoin de fréquentes coupes pour ne pas bouffer trop de sève devant être pompée par le poivrier. Quid des centres de recherche qui pourraient aider l’opérateur ? Ils sont éloignés, alors que les techniciens retraités de la zone n’aident guère à améliorer les cultures. Le directeur explique : « Je comprends pourquoi le reboisement ne réussit pas toujours. Au lieu de préparer progressivement les jeunes plants à s’habituer aux rudes conditions post-pépinière en enlevant petit à petit la couverture leur procurant de l’ombre, les techniciens les sortent subitement de l’ombre des pépinières pour les exposer au soleil et à ces conditions post-pépinière ». Conditionnement local mais exportation par un tiers Pour le café et le poivre vert, l’établissement fait la collecte, traite et vend à un partenaire. Celui-ci s’occupe de l’exportation vers la Belgique et la France. L’établissement voudrait bien exporter directement du poivre vert. Mais le marché est restreint. Quant aux cours mondiaux, ils évoluent souvent en Yo-yo. Puis, la situation est encore difficile à maîtriser dans un contexte où la production ne suit pas la demande, alors que la filière compte à la fois des exportateurs et des opérateurs qui travaillent pour le marché national. Lorsque les cours chutent, ces derniers maîtrisent la filière et les exportateurs s’alignent sur leurs prix. Quant aux exportateurs, ils manquent souvent de visibilité à cause de la fluctuation de la production. Ils ont dû faire face à des prix loin d’être intéressants et commencent seulement à souffler cette année. Quant au prix au producteur, il est actuellement à 3  000  Ar/kg, contre 2  000  Ar auparavant. Pour ce qui est de la transformation, notamment pour le café, le directeur estime qu’elle est peut-être pour le marché extérieur étant donné que les Malgaches préparent euxmêmes leur poudre de café. Traiter 150 t de poivre vert par an L’établissement traite 150 tonnes de poivre vert par an. C’est grâce à cela qu’il se maintient dans la filière. Mais le poivre vert ne trouve preneur sans le calibre demandé par l’acheteur, soit 4 à 6 mm de diamètre. Le directeur de l’établissement a donc inventé un calibreur

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manuel qui fait travailler 6 à 7 personnes. Pour le tri, la société fait travailler plusieurs dizaines de femmes. Chaque femme peut trier en moyenne 20 kg par jour et elle est rémunérée selon le volume réalisé. Après le tri, 65 à 70% du poivre sont de bonne qualité. Le reste est séché pour être transformé en huiles essentielles. Après le tri, on cuit le produit. Le volume pour chaque cuisson est de 90 kg à raison de 2 cuissons par jour. Une fois cuit, le poivre vert est conservé dans de la saumure composée de sel et d’acide citrique. Il faut 30 kg de sel pour 100 litres d’eau. La saumure est remplacée régulièrement pendant 3 semaines. Un nouveau tri est effectué avant le conditionnement. On enlève aussi le surplus de saumure. L’objectif est d’avoir un volume compact pour que le poivre vert ne se casse pas. Le conditionnement se fait dans des cubitainers, des récipients en plastique souples. Sinon, l’établissement a récemment commencé à investir dans une nouvelle filière. Il travaille la cannelle, le poivre, le girofle et le ravintsara. Il est d’ailleurs le seul à distiller de la cannelle alors que ce produit abonde dans la région. L’établissement a investi dans un alambic et envisage en acquérir 2 ou 3 plus tard, en fonction du développement de ses activités. Un alambic de 100 litres coûte actuellement 6 millions Ar. Il faut y ajouter le branchement en eau et les autres accessoires périphériques.

Le financement est un blocage Qu’en est-il des perspectives de toutes ces filières ? Le directeur note que le problème réside dans le financement. Le crédit agricole fait défaut alors que le budget public pour le secteur manque. Les opérateurs tout comme les paysans ne peuvent pas ainsi procéder à une extension de leurs activités. Les plantations datent souvent de leurs Arrière-grands-pères. Il faut y ajouter le problème de mentalité. Alors que la production continue à chuter, nombreux sont ceux qui ne se soucient pas trop de ce qu’ils vont manger dans une situation marquée par la croissance démographique. Ranarson Naziraly a initié et dirigé le projet appuyé par le Comité national de commercialisation du café (CNCC). Ce projet comprend le renouvellement des plants et la diversification des plantations. La distribution de jeunes plants était gratuite. Mais lorsque l’application de nouvelles méthodes de culture a été exigée, il se rappelle que les paysans ne voulaient rien entendre. L’établissement a également distribué des semences de piment auprès de paysans. Mais ces derniers n’en voulaient pas.


L’écotourisme, un espoir pour l’Atsimo Atsinanana RESSOURCES FORESTIERES

D’IMPORTANTS POTENTIELS POUR L’ECOTOURISME

192 000 ha. C’est la vaste superficie du parc national Befotaka-Midongy géré par Madagascar national park (MNP). Le directeur régional de l’environnement et des forêts, Jean Joseph Andrianarijaona remarque que pour l’heure, les richesses de ce parc sont encore méconnues. Elles offrent toutefois d’importants potentiels pour développer l’écotourisme dans la région. Il en est de même pour le corridor forestier Ambositra-Vondrozo, une Nouvelle aire protégée (NAP) créée en 2006 qui s’étend sur 62  000 ha et dans 5 régions dont celle d’Atsimo Atsinanana. Celle-ci compte aussi la NAP de Mahabo-Mananivo, la réserve spéciale de Manombo. Le directeur souligne que les routes s’améliorent et devraient inciter les opérateurs touristiques à investir et à amener des touristes dans la région. En effet, si l’état des routes est plus ou moins acceptable, la valorisation des richesses de ces aires reste à faire. Il en est de même pour les aménagements de circuits écotouristiques. Le directeur note par ailleurs que les recherches sur ces aires protégées sont encore insuffisantes. Rares sont les étudiants qui viennent y faire leurs recherches pour leur mémoire de maîtrise ou leur thèse de doctorat. Outre les intérêts scientifiques, ces recherches devraient néanmoins faire connaître ces parcs auprès des professionnels du voyage et faire révéler l’importance écologique et/ou socioéconomique de certaines espèces de la faune et de la flore. Rappelons qu’en 2009, des opérations de zonage ont permis dans la région de délimiter et de définir l’affectation des terrains dans les aires protégées et leurs environs. Il y a les zones de conservation, les zones d’aménagement forestier durable où une partie est destinée à l’exploitation, les zones de restauration forestière et les zones sylvio-pastorales.

Des potentiels en bois précieux existent Mais la direction régionale de l’environnement et des forêts ne dispose pas encore de la carte finale définissant les zones d’exploitation. Elle précise en effet que la région compte encore des ressources comme le palissandre, le bois de rose, le bois d’ébène et des essences comme le « nato »… Mais la région ne compte aucun exploitant détenteur d’un permis. Seuls les permis de coupe à titre de droit d’usage pour les communautés de base et les autorisations de coupe sur les terrains privés existent.

La promotion des sites écotouristiques de la région devrait se faire auprès des opérateurs touristiques selon Robert Nobelisen, directeur du développement régional (DDR) d’Atsimo Atsinanana. Il estime que ce secteur offre un grand espoir de développement pour la région. Il pense que l’ouverture de routes devrait accélérer les choses. Il y a notamment la route reliant Farafangana à Fort-Dauphin longue de 350 km. Elle est praticable depuis quelques temps déjà et se fait en 12 h de temps en 4x4. Tous ceux qui empruntent cette route sont émerveillés par la grande variété et la beauté des paysages. Des richesses qui ne manqueront pas d’attirer les touristes, d’autant plus que la sécurité ne laisse pas à désirer. La RN27 reliant Farafangana à Ihosy et Ivohibe, longue de 265 km, est également praticable et se fait en une demi journée en 4x4. Elle devrait faire de Farafangana un grand carrefour de la partie sud du pays. Le DDR rappelle que cette route était en très bon état dans les années 70. Si elle demeure ouverte à la circulation, c’est grâce à l’habitude des opérateurs économiques qui l’empruntent régulièrement. Puis, le pont de Maropaiky a été réhabilité. Il constituait un goulot d’étranglement auparavant. Rappelons que le permis d’exploitation proprement dit n’est plus délivré selon le système de gré à gré comme auparavant. Il passe par voie d’adjudication et contrairement au système ancien, c’est à l’Etat de délimiter les zones à exploiter et de lancer par la suite un appel d’offres devant aboutir à l’adjudication. Cette nouvelle approche exige de la direction régionale de faire une reconnaissance sur terrain, et un inventaire forestier, de comparer les prix sur les marchés, de dresser un plan d’aménagement… Les fruits de ces différentes opérations doivent être envoyés au ministère pour que ce dernier lance l’appel d’offres. Le hic est que ces opérations coûtent chers. La direction régionale ne peut donc travailler sans un financement du ministère. En attendant, les exploitations illicites approvisionnent le marché.

Non maîtrise de l’exploitation illicite Faute de moyens, les services déconcentrés et les forces de l’ordre ne peuvent pas maîtriser ces trafics. Certes, ceux-ci n’ont pas la même ampleur que sur le littoral Est et dans la SAVA, mais ils existent quand même. Comment expliquer ce manque d’ampleur par rapport à ce qui s’observe ailleurs ? Le directeur régional répond : «  La région ne compte pas des trafics célèbres comme ailleurs parce que les ressources ne sont pas aussi importantes que dans l’Est et le Nord-Est du pays. Ce qui fait que les bois coupés approvisionnent seulement le marché de la région. Quant à la transformation, elle est rare ». Sinon, il évoque les menaces qui pèsent sur les aires protégées. Comme les zones forestières en dehors de ces aires sont « écrémées » par les exploitants, une tendance pour pénétrer jusque dans les superficies protégées est observée. Et bien entendu, il s’agit d’exploitations illicites. Une balise pourrait toutefois juguler ce problème. Le directeur évoque l’attitude très responsable des communautés de base riveraines de ces aires protégées. Grâce au travail du WWF, des transferts de gestion de ressources forestières à ces communautés se sont multipliés dans les zones comme Midongy, Vondrozo et un peu à Vangaindrano. Ces

communautés prennent à cœur de protéger les aires protégées dont des zones leur sont réservées pour l’exploitation et pour leurs besoins. FILIERE LANGOUSTE

L’AVENIR EST DANS LE GROSSISSEMENT Il n’est pas rare d’observer des langoustes de 15 cm avec des œufs. Le directeur général de Malagasy seafood provider (MSP), Jainal Embidine Hobaya rapporte toutefois que selon l’Institut halieutique des sciences marines (IHSM) de Toliara, les langoustes ne devraient avoir des œufs qu’avec une taille de 18 à 20 cm. Ce qui veut dire qu’elles développent un réflexe de survie pour l’espèce suite à une probable surexploitation. Outre les langoustes avec des œufs capturées par les pêcheurs, ces derniers prennent aussi des langoustes de 12 cm. Or, la loi n’autorise que les captures à 18 cm. Afin de faire face à une éventuelle surexploitation des stocks, le DG de MSP propose de développer le grossissement sur des sites naturels. On y dépose les langoustes de petite taille et les langoustes avec des œufs. Le grossissement n’est pas une chimère. A Antananarivo, une société exporte des langoustes vivantes avec tout un système bien sûr. Elle a fait des essais de grossissement avec des langoustes de 4 à 5 cm et les a alimentées avec de la provende. Au bout d’une année, elle a obtenu des langoustes de 1 kg et de plus de 20 cm. Au Japon, le grossissement de langoustes de petite taille capturées par les pêcheurs et les bébés langoustes issus des langoustes avec œufs est une réalité. Notons que les œufs d’une seule langouste se comptent par dizaines de milliers.

Des grosses pertes avec les langoustes hors tailles A Madagascar, les langoustes hors taille capturées sont estimées à 200 t par an. Si l’Etat autorise et soutient le grossissement, il devrait y gagner et la filière aussi parce qu’à très long terme, la filière risque d’être menacée. Pour le moment, le pays perd beaucoup avec ces

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RéGION | ATSIMO ATSINANANA langoustes qui ne devraient pas encore être pêchées, sans parler du non respect de la date de clôture de la pêche. Si l’on considère les 200 t hors taille, le pays perd près de 3 millions de dollars ou 5,6 milliards Ar par an, soit près de 3% des besoins mensuels du Trésor public pour le fonctionnement de l’Etat. Ce montant est aussi l’équivalent du budget annuel d’investissement du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques. La pêche de langoustes hors taille est une grosse perte pour le pays. Dans l’Atsimo Atsinanana toutefois, la présence de MSP depuis mi-2000 a changé la donne. Le DG explique : « La taille des langoustes pêchées commence à augmenter. En 2007-2008, 35 à 40% de la prise d’un pêcheur étaient des langoustes de 18 cm. En 2010, ce taux est monté à 50%. Et cette année, il est de 65% et puis, les pêcheurs amènent rarement des langoustes avec des œufs ».

Madagascar a une carte à jouer Le DG de MSP est optimiste pour l’avenir : « En matière de produits marins, Madagascar a une carte à jouer pour le long terme. Pour le moment, le marché est dominé par les Japonais qui commercialisent en un mois l’équivalent de la production annuelle de Madagascar. A Cuba où la pêche en haute mer se développe, une usine traite 3,5 t de langoustes par jour. Malgré tout, Madagascar a des belles perspectives avec la pêche en haute mer  ». D’après les estimations de la FAO, si la pêche langoustière sur les côtes est évaluée à 500 t, elle peut atteindre les 1 000 t si l’on va un peu plus loin. Mieux, l’estimation fait état d’un stock de 5 000 t en haute mer. Mais la pêche en haute mer exige des matériels performants comme les bateaux motorisés, ainsi que du savoirfaire. Un investisseur étranger a déjà fait un essai, il y a quelques années de cela. Le résultat était probant : il ramenait une centaine de kilo par sortie. L’expérience n’a pourtant pas duré pour des questions de vols. Quoi qu’il en soit, le DG de MSP affirme qu’avec le grossissement, la pêche en haute constitue une solution pour l’avenir de la filière.

Investir sur la durée Mais si des opérateurs bien établis et ayant amorti leurs investissements ne se soucient pas trop du long terme, MSP avance qu’il faut investir pour la durée. C’est ainsi qu’il est entré sur le marché en 2005, une période marquée par la baisse des captures. Cette année-là, celles-ci n’ont même pas atteint les 100 t pour toutes les régions langoustières. Mais l’entreprise a parié sur l’avenir en tablant sur le critère cyclique des captures. Elle a démarré avec un agrément Afrique, Asie, Dubaï, Japon et Taiwan. Puis, elle a obtenu l’agrément pour le marché américain et en 2011, l’agrément pour l’Union européenne. C’est grâce à la maîtrise du HACCP ou du système de management pour l’hygiène et la sécurité des aliments. A partir de cette année donc, MSP exportera sur le marché européen. Les Européens ne consomment pas beaucoup de langoustes comme les Japonais mais ils les achètent à des prix plus élevés. Quant aux Asiatiques, ils consomment des langoustes entières et préfèrent les préparer vivantes. Mais une telle demande est difficile à satisfaire. MSP propose donc des langoustes précuites. Ces produits exigent beaucoup de maîtrise et des langoustes vivantes livrées à l’usine. Sans cela, le goût de la langouste est altéré. Avec les procédés de la pré-cuisson, l’entreprise enregistre une perte de 50% des langoustes collectées à cause des problèmes de transport. MSP a décidé de s’implanter à Farafangana en comptant sur l’eau courante et la réhabilitation des routes dans la région. Mais la crise a suspendu les programmes routiers. L’électricité est un frein En attendant, sa 1ère production date de 2007 et a atteint 45  t, contre 35  t en 2008 et une vingtaine de tonnes en 2009. A cette époque-là, les actionnaires ont voulu fermer boutique, d’autant plus que plus tard, le tsunami au Japon a fait fléchir le marché japonais. Il faut y ajouter les captures aléatoires dues au mode traditionnel dans lequel évoluent les pêcheurs. Ces derniers ne prennent pas la mer quand ils ont, par exemple, un événement à

Crise politique Un grand projet est en suspens Une grande unité de traitement de langoustes et un projet dans l’hôtellerie à Masihanaka. Ces projets sous financement suisse sont suspendus à la suite de la crise politique. Le Directeur du développement régional (DDR) d’Atsimo Atsinanana, Robert Nobelisen rappelle que ces projets ont été élaborés par la région. Ils sont censés être gérés par des compétences issues de la région. Ils auraient dû créer des emplois et de la valeur ajoutée dans la zone. Une fois de plus donc, des potentiels de la région demeurent inexploités. Outre le climat politique, tout dépend aussi de la volonté des opérateurs. Si auparavant, la région voyait peu d’investisseurs, le DDR trouve qu’à l’heure actuelle, elle commence à compter quelques opérateurs qui vont de l’avant. Pour l’heure, MSP est l’unique usine de la région, en plus de l’établissement Ranarson Naziraly qui développe actuellement la filière piment. Ses produits dénommés les « Epices du Sud-Est » ont été présentés à la foire Fier-Mada 2011.

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EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

fêter. Mais le DG demeure optimiste : « Il ne faut pas agir selon un esprit spéculatif. Nous avons tenu bon. Personnellement, je suis de formation industrielle. J’ai été à la Siranala de Morondava pour ses 12 premières années puis j’ai été dans la zone franche textile. Il faut donc penser sur le long terme. L’industrie n’est pas seulement une question d’amortissement. C’est aussi avoir une vision commerciale sur le long terme ». Pour ce qui est du contexte actuel, il déplore la cherté de l’électricité et de la qualité des services de la Jirama. La facture de MSP avoisine les 8 millions Ar par mois, alors que le délestage est le lot quotidien de Farafangana. Le coût du kilowatt est de 547 Ar, soit le double du prix appliqué dans la capitale. Pour pallier les coupures, l’entreprise est obligée d’avoir recours à un groupe électrogène. De quoi saler encore plus l’addition. Au final, l’électricité est le premier poste de dépenses. L’entreprise ne peut pas faire autrement car elle doit veiller à ne pas couper la chaîne de froid de peur de détériorer ses produits. Le problème d’électricité n’est pas unique à Farafangana. Il touche des villes comme Fort-Dauphin, Mahajanga. A part l’énergie, l’absence d’un port dans la région oblige les opérateurs à transporter leurs produits par route. Le tarif de location d’un camion réfrigéré pour relier le port de Toamasina varie de 5 à 6 millions Ar. « Si en 2005, nous avions un peu plus de visibilité par rapport au port d’Ehoala, nous aurions peut-être choisi de nous installer à Fort-Dauphin, explique le DG de MSP. Mais à l’époque, le projet de port n’était pas encore bien dessiné  ». A l’heure actuelle, cette entreprise est la seule usine à traiter des langoustes dans le grand Sud-Est. Auparavant pourtant, il y en avait deux autres. Elles ont disparu de la circulation après les baisses successives des captures.

Les rabatteurs empochent 500 millions Ar par an Quant à MSP, elle compte 36 employés permanents et une vingtaine d’agents de collecte payés à la commission. Comme dans plusieurs filières, l’entreprise n’a pas un accès direct avec les pêcheurs. Elle doit avoir recours aux rabatteurs qui lui vendent le kilo à 9 000 Ar. Ces derniers se font un bénéfice de 1 000 Ar/kg. Ils gagnent nettement plus que les pêcheurs parce que ces derniers se mettent souvent à trois sur une pirogue et capturent en moyenne 10 kg par sortie. Un pêcheur gagne ainsi un peu plus de 26 000 Ar, alors qu’un rabatteur gagne 10 000 Ar par pirogue sans avoir bougé le petit doigt. Et il travaille avec plusieurs pêcheurs. Si le pays exporte 500 t de langoustes par an, les rabatteurs empochent à eux seuls dans les 500 millions Ar (ou 2,5 milliards Fmg) si l’on considère ce volume. Cette somme importante ne circule pourtant pas dans le système économique. Elle est


RéGION | ATSIMO ATSINANANA souvent dilapidée dans des achats de matériels audiovisuels (poste téléviseur et lecteur de VCD surtout) ainsi que dans l’alcool. A côté, les pêcheurs ne font que survivre sans parler des dangers de la mer. De l’avis du DG de MSP, on devrait voir comment résoudre ce problème. En 2005, cette entreprise a financé la fête de la langouste dans l’idée de créer un esprit corporatif dans la filière. L’atelier organisé au cours de cette fête a permis de maintenir la taille autorisée à 18 cm, au lieu des 20 cm proposés par le ministère. Tous les acteurs de la filière bénéficient de cette décision mais seul un opérateur a voulu participer aux dépenses engagées par MSP pour l’organisation de l’atelier. L’esprit corporatif n’a pas pris. OMEF

PROMOUVOIR LA BRIQUETERIE ET L’HUILE DE PALME

La région comptait des unités de briqueteries il y a une vingtaine d’années. Cette activité protège l’environnement car dans l’Atsimo Atsinanana, les briquetiers ne procèdent pas toujours à la cuisson. De plus, les matières premières nécessaires sont locales. Puis, la maison construite avec des briques résiste mieux aux cyclones et aux inondations. Bref, le marché existe. En juillet 2010, l’antenne régionale de l’Observatoire malgache de l’emploi et de la formation professionnelle continue et entreprenariale (OMEF) du ministère de la Fonction publique, du Travail et des Lois sociales, a identifié les filières à soutenir pour la promotion d’emplois pérennes. 20 personnes issues des 5 districts de la région ont été formées en décembre 2010. La formation s’est focalisée sur la gestion et la comptabilité simplifiée, la communication, la gestion d’entreprise, des cours pratiques sur les techniques en briqueterie… Car si l’on goûte la glaise devant servir à la production, on sait que c’est de l’argile si elle colle à la langue. Quelques mois plus tard, les résultats de cette formation d’une semaine sont probants selon Marc Morasata, chef d’antenne de l’OMEF à Farafangana. Dans la commune d’Anosivelo, un briquetier a déjà produit 2 500 unités mais l’inondation de la dernière saison cyclonique a tout détruit.

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La demande existe toutefois et ce briquetier ne s’est pas découragé. Il a reçu des religieuses catholiques de la commune de Tangainony une commande de 15  000 unités. Des commandes viennent aussi de la ville de Farafangana. L’unité coûte 80 Ar. En fait, ce briquetier a déjà travaillé dans le secteur auparavant mais avait besoin de la formation dispensée par l’OMEF pour renforcer ses capacités.

Une vitrine pour faire tache d’huile Afin de sensibiliser les jeunes à la briqueterie, l’OMEF va faire des activités de ce briquetier d’Anosivelo une vitrine. Le projet est en cours selon le chef d’antenne. Il note que ce briquetier a déjà reçu en formation des élèves du lycée technique de Farafangana. L’antenne régionale de l’OMEF programme aussi une formation pour le district de Befotaka. La raison en est que ce secteur crée des emplois, de la valeur ajoutée. Ceux qui ont reçu de la formation en font leurs activités principales. L’activité commence à intéresser leurs voisins. Si des briquetiers choisissent de cuire leurs produits, ils ont recours à du son de riz. C’est moins cher que le bois de chauffe et il protège les forêts du déboisement. Sinon, il faut un hangar pour le séchage, une opération qui précède la cuisson. Le problème des briquetiers se situe souvent à ce niveau. Le hangar exige en effet un investissement trop élevé pour eux. C’est notamment le cas à Vangaindrano. Or, les marchés existent. Ils sont notamment constitués des membres de la diaspora issus de la région et qui travaillent dans la capitale. Elle préfère la brique au parpaing car celui-ci est 2 fois plus cher. Les organisations religieuses s’intéressent à la brique. Pour les autres, il faut encore une campagne de sensibilisation étant donné que les matières végétales locales coûtent nettement moins chers que la brique. Elles n’offrent pourtant pas la même sécurité que cette terre  Argileuse transformée. La vitrine à mettre en place va beaucoup contribuer à cette campagne de sensibilisation. Notons que l’OMEF a pour objectifs la création d’emplois pérennes, et pour le long terme le soutien aux opérateurs pour la formalisation de leurs activités et la protection sociale de leurs employés. Il compte 2 départements, à savoir le Système national d’information sur l’emploi et l’Office national pour l’emploi. Les activités de son antenne dans l’Atsimo Atsinanana s’inscrivent dans celles de ce 2ème département. L’huile de palme, remise au goût du jour Il en est de même pour celles effectuées dans la région de Vatovavy Fitovinany. Cette foisci, l’antenne de l’OMEF travaille sur l’huile de palme. Comme pour l’Atsimo Atsinanana, un atelier a été organisé pour identifier les besoins en formation. L’huile de palme a émergé du lot

EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

puisque des paysans travaillent déjà dans cette filière. 20 personnes issues de 4 communes ont été formées sur les mêmes modules que pour la briqueterie en avril dernier. Le volet pratique sur la transformation des graines de palmier en huile et le partage d’expériences entre les paysans producteurs ont eu lieu à la société Heniplant. Cette dernière est la propriétaire de la palmeraie de Marofarihy située à quelques dizaines de kilomètres au nord de Manakara. Qu’elle soit brute ou raffinée, l’huile de palme trouve toujours preneur. Brute, elle est recherchée par les savonniers. Quant à l’huile raffinée, elle est consommée par le marché local, d’autant qu’elle coûte plus de 2 fois moins cher que l’huile alimentaire habituelle, soit 2  000  Ar/litre. Pour améliorer la qualité du produit, l’OMEF travaille avec le Centre national de recherche industrielle et technologique (CNRIT). L’objectif est de réduire la quantité d’eau dans l’huile de palme. Les résultats seront pour bientôt.

Les collecteurs influent sur les prix Certes, l’huile de palme raffinée est à la portée des consommateurs locaux, mais son prix est trop bas comparé à d’autres huiles alimentaires. Le chef d’antenne de l’OMEF explique : « Les zones de production se trouvent à 15 à 30 km au nord de Manakara. Les producteurs ne viennent pas livrer eux-mêmes leur production sur le marché. Des collecteurs viennent sur place pour rafler leur production et l’acheter à bas prix. Ils doivent en effet intégrer les frais de déplacement dans le prix auquel ils achètent l’huile. Afin de remédier à ce problème et aider les producteurs à avoir accès au financement chez la microfinance Tiavo, la prochaine étape consiste à organiser la filière. Mais comme le niveau d’instruction des producteurs est souvent très bas, les actions doivent se faire d’une manière progressive. Quoi qu’il en soit, Marofarihy compte déjà une association présidée par Simone Sikara. Elle compte 18 membres et va demande à Heniplant des parcelles de palmiers où elle pourra collecter des graines. L’objectif est d’augmenter sa production d’huile et d’approvisionner plus tard les savonniers en huile brute. D’ailleurs, Heniplant veut les aider à trouver des débouchés sur la capitale. Notons que la collecte des graines de palmier démarre en octobre. Elle est clôturée de juillet à septembre. Des paysans dans les communes voisines de Marofarihy plantent aussi des palmiers. Ils fournissent notamment des graines et produisent de l’huile lorsque la demande ne suit pas l’offre. La transformation des graines en huile crée de la valeur ajoutée et des emplois. Avec l’existence des marchés et le renforcement des capacités des paysans, la filière palmier à huile a encore de l’avenir devant elle.


RéGION | ATSIMO ATSINANANA Après la formation d’avril dernier, l’association de Marofarihy a produit 300 litres d’huile. Ce volume ne diffère pas trop de qu’elle produisait auparavant. Par contre, la qualité s’est beaucoup améliorée ainsi que les mesures d’hygiène lors de la production. PECHE ET ArTISANAT

POUR L’AUTONOMISATION DES FEMMES

51,6% de la population. C’est la proportion des femmes dans la région et elles constituent ainsi un grand potentiel à développer selon Alice Ravoson, responsable du projet Autonomisation des femmes financé par le PNUD. Elle remarque que les femmes sont très dynamiques et ont un esprit curieux. Parmi les activités du projet, l’on peut citer le fumage de poissons. Le secteur pêche est en péril avec un marché local très restreint composé de quelques restaurateurs. Il faut s’orienter sur le marché tananarivien où le projet compte quelques clients. Le taux de rentabilité est intéressant pour le fumage de poissons. Même si l’on perd 50% du volume pendant l’opération, le prix est toujours correct avec un bénéfice de 100%. Il est encore meilleur si l’on fume du thon car la perte en volume est seulement de 30%. Le kilo de filet de poisson fumé se situe à 20 000 Ar. C’est le climat qui pose souvent problème. Il est aléatoire alors qu’avant de fumer le poisson, il faut le sécher. Et pendant la saison cyclonique, les captures se réduisent à néant. La mer produit toutefois des poissons de qualité comme le thon, le cabaud, le rouget, sans oublier les autres espèces comme les langoustes, civelles, bichiques.

La pêche rencontre beaucoup de problèmes Il n’y a pas que le climat. La pêche traditionnelle fait face à de nombreux problèmes. Elle est peu soutenue alors que les captures diminuent en quantité. Actuellement, les autorités veulent aider les pêcheurs traditionnels à migrer vers la pêche Artisanale et à aller plus loin que les 2 miles à partir de la plage. La mise en œuvre de cette nouvelle approche n’est pourtant pas facile. Ce n’est pas évident pour ces pêcheurs d’utiliser des matériels comme les masques, les vedettes, etc. Ils en sont encore à des matériels de fortune et se fient à des

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connaissances empiriques. Nombreux sont les pêcheurs qui n’ont pas de pirogue et de filets, ils en louent. Dans ce cas, il est plutôt illusoire de les pousser du jour au lendemain vers la pêche Artisanale. En attendant des jours meilleurs, il faut noter que les femmes qui font du fumage de poissons achètent leurs produits chez ces pêcheurs. Et comme ces derniers ont des problèmes, les femmes doivent payer rapidement ce qu’elles achètent auprès d’eux. Toutefois, le marché de poissons fumés existe selon le responsable du projet. C’est pour cette raison que dernièrement, les produits ont été exposés à la foire Fier-Mada. Il s’agissait d’en faire la promotion auprès des clients potentiels.

S’occuper des normes Le projet s’y penche et lance un appel pour disposer d’un bâtiment équipé d’eau et d’électricité. La région Atsimo Atsinanana et la commune urbaine de Farafangana sont déjà prêtes à fournir un terrain. Le dossier de financement est élaboré avec le réseau de microfinance Tiavo. Notons qu’à Amboanio, un quartier de Farafangana, 25% des femmes, soit 60 femmes sont intégrées dans le projet. Elles peuvent produire 25 à 30 kg de poissons fumés par jour. La consommation journalière de la ville et notamment des restaurants Arrive à peine à 5 kg. Le projet travaille aussi dans deux fokontany, Andranomakoko et Anosinakoho, pour le fumage de poissons. Le projet sera clôturé en décembre prochain. Qu’en est-il de la pérennisation ? Le responsable affirme que les femmes sont mises en relation avec tous les services concernés. Le projet les aide aussi à faire des plans d’actions. Il y a également la formation pour le montage de dossiers de financement à adresser à la microfinance. Outre le fumage de poissons, notons que le projet fait aussi la promotion de la vannerie auprès de ces femmes. Une formation au design a été dispensée. Mais comme le design exige un coût et un délai plus élevés, les Artisanes préfèrent les méthodes traditionnelles. La pauvreté explique ce choix. Or, le marché extérieur existe et dans ce cas le design est important. Le projet sensibilise aussi ces femmes à la riziculture, aux cultures pluviales dont le voanjobory ou le pois de terre et le manioc. Dans la nouvelle pratique de «  basket compost  », on peut obtenir 100 à 150 kg de manioc par pied. Une formation à dispenser en septembre va renforcer les compétences en ce sens. Il faut toutefois noter que la qualité du sol laisse souvent à désirer. Elle est à la fois sableuse et rocailleuse. Les petits cailloux ont de plus la propriété de chauffer au soleil et de tuer ainsi les racines des plantes. Sinon, le compost est très intéressant parce que la région produit beaucoup de feuilles.

EXPANSION MADAGASCAR - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2011 - N°11

Sinon, le projet cible aussi l’apiculture. Mais là aussi, il y a un problème : il y a une concurrence entre l’apiculture et la filière des huiles essentielles. L’on assiste à un massacre des niaoulis alors qu’il faudrait entretenir l’arbre de manière à ce qu’il fleurisse pour servir les apiculteurs. La région est d’ailleurs exempte de la maladie parasitaire appelée varroase qui frappe les hautes terres et le littoral est. Le projet sensibilise aussi les femmes sur la culture maraîchère.

Travailler avec 2 000 femmes Le projet travaille avec 2 000 femmes du district de Farafangana. Le responsable estime que ces femmes constituent un potentiel de développement pour la région. Rappelons que le projet a été initié par l’évêché de Farafangana pour procurer aux femmes un emploi décent et pérenne. Mais pourquoi les femmes ? La polygamie est une pratique « institutionnalisée » dans la région. Puis, nombreux sont les hommes qui ont des enfants avec une femme et ne prennent aucune responsabilité vis-à-vis de leur progéniture par la suite. Les mères célibataires très jeunes et obligées de subvenir aux besoins de leur famille sont nombreuses. Or, le petit commerce informel ne leur permet pas de sortir de la pauvreté. Le projet a démarré en 2008 pour aider ces femmes à être autonomes et à améliorer la sécurité alimentaire de leur ménage. Dans la brousse, rares sont les gens qui mangent correctement alors que les hommes travaillent peu, contrairement aux femmes. En période de soudure, (ou « sakave »), les repas, unique dans une journée, est constitué de papaye verte, de la patate douce, du manioc ou du fruit à pain. Afin de remédier à ce problème, il est nécessaire d’aider les femmes à êtres autonomes sur le plan professionnel et financier. Après un an de suspension suite à la crise, le projet a redémarré en 2010 étant donné qu’il s’intègre dans le volet de lutte contre la pauvreté du PNUD. Il aide ces femmes à augmenter leur production et leurs revenus. Il les met en contact avec les acteurs des filières concernées pour une intégration des filières. Il les incite à se constituer en associations pour avoir plus de poids face aux acteurs de la filière, et pour mutualiser leurs moyens et accéder facilement aux renforcements de capacités. Mais si les autorités et des organisations prennent en compte les femmes, les jeunes restent en plan. Dans la région, il faut souvent aller au chef-lieu de commune pour trouver un collège d’enseignement général. Et la plupart du temps, les modèles donnés aux jeunes ne sont pas à même de les aider à travailler et à se surpasser pour un avenir meilleur. Or, ils sont délaissés et en brousse, ils deviennent souvent des voleurs de bovidés.


VIE DU SIM

La vie du SIM sursis à exécution a été déposée auprès du Conseil d’Etat de la Cour Suprême qui a répondu favorablement à cette requête.

Mademoiselle Mialy RAZANAJATOVO a quitté le SIM, elle est remplacée par Madame Evelyne RAKOTOMANANA qui prend la fonction de chargée d’études.

Rencontres avec les partenaires : Suite à son élection au poste du Président du SIM en Avril 2011, Monsieur Stéphane Hery Raveloson a rendu des visites de courtoisie aux différents institutions et organismes partenaires.

Réunion du Conseil d’Administration : Les membres du CA ont tenu leur réunion bimestrielle le 27/07/2011. Ont été discutés et examinés la mise en place d’un code d’éthique d’un code de conduite des affaires au niveau des membres du SIM. Cette action vise la mise en place d’un climat de confiance entre les membres pour former des alliances en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises à travers la formation d’une économie d’échelle. Par ailleurs, les administrateurs ont arrêté les propositions du SIM à soumettre pour la loi des finances 2012. Enfin, le SIM envisage de tenir pendant la célébration de la Journée de l’Industrialisation de l’Afrique en novembre, les Etats Généraux et le salon de l’Industrie.

Il a ainsi rencontré : • le Ministre d’Etat de l’Economie et de l’Industrie, • le Ministre des Finances et du Budget, • la Ministre du Commerce, • le Directeur de l’AFD, • la Représentante Résidente du PNUD, • la Représentante de l’ONUDI, • la Chef de Section Gouvernance, Economie, Commerce et Secteurs Sociaux de la Délégation de l’Union Européenne, • le Directeur de la Banque Mondiale. Ont été évoqués pendant ces entrevues, la situation du secteur industriel, les contraintes et opportunités de développement, le programme d’activités du SIM.

Procédure accélérée de dédouanement (PAD) Depuis l’application de la décision n° 23 MFB/SG/DGD du 08 juin 2011 fixant les conditions pour le bénéfice de la procédure accélérée de dédouanement, 21 dossiers sont transmis à l’Administration douanière. Compte tenu de l’engagement du SIM dans la procédure, le Conseil d’Administration du SIM a décidé que seuls les dossiers des membres directs seront traités

Projet CAPDEV Après une année d’existence, le projet CAPDEV prendra fin au 30 septembre 2011. Il sera clôturé par une conférence régionale durant laquelle toutes les organisations intermédiaires ayant participé au projet se rencontreront afin de définir ensemble les voies et moyens pour pérenniser le réseau d’associations qui est l’un des grands acquis du programme. Par ailleurs, des rencontres individuelles et des ateliers thématiques seront également programmés. Cette manifestation se tiendra à l’hôtel CARLTON du 26 au 28 Septembre 2011.

Redevance de prélèvement et de déversement d’eau : L’Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement a notifié au SIM le refus du Ministre de l’Eau de la suspension du paiement de la redevance et son engagement ferme pour l’application du texte. Une demande de

Tableau de bord économique

Tableau de Bord Economique

juin-11

mai-11

avr-11

mars-11

févr-11

janv-11

déc-10

nov-10

oct-10

sept-10

août-10

juil-10

juin-10

mai-10

avr-10

mars-10

févr-10

janv-10

Opérations

déc-09

oct-09

nov-09

Evolution des indicateurs monétaires

MASSE MONETAIRE (Milliards d’Ar) Base monétaire

1 619

1 676

1 643

1 627

1 577

1 591

1 611

1 673

1 666

1 690

1 677

1 699

1 690

1 729

1 893

1 822

1 817

1 857

1 863

1 911

2 006,10

Agrégat monétaire M3

3 916

3 999

4 106

4 064

4 131

4 091

4 116

4 181

4 186

4 259

4 199

4 183

4 298

4 317

4 498

4 423

4 412

4 496

4 551

4 583

n.c

1 036

1 004

1 019

1 041

1 039

1 096

1 110

1 051

1 116

1 123

1 114

1 151

1 178

1 135

1 177

1 124

1 120

1 151

1 142

1 135

n.c

867

858

885

883

883

867

869

887

887

894

914

928

934

930

936

959

947

939

957

960

n.c

CREDIT A L’ECONOMIE (Milliards d’Ar) Crédits octroyés à court terme au secteur privé Crédits octroyés à moyen et long terme au secteur

CREDIT A L’ETAT (Milliards d’Ar) Système bancaire

-55

-41

20

5

6

15

-3

6

-227

-201

-226

-221

-222

-219

-229

-231

-132

-117

-94

-123

n.c

Autres créances nettes

134

144

149

166

142

155

171

155

179

162

165

164

132

153

167

154

152

168

155

169

n.c

Avoirs extérieurs

961

1 002

982

953

930

895

896

892

964

986

985

955

965

988

1 021

1 047

1 015

1 058

1 070

1 083

n.c

dont disponible

792

831

814

787

766

732

734

733

803

822

821

789

796

821

852

762

691

734

775

846

n.c

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

9,50%

AVOIRS EXTERIEURS (Millions d’USD)

TAUX MONETAIRE S Taux directeur de la BFM

Taux d’intérêt des banques commerciales (%)

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

13,8

n.c

n.c

Taux de base MAX

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

15

n.c

n.c

Taux débiteur MIN

7,4

7,4

7,43

7,4

7,4

7,39

7,34

7,25

7,25

7,25

7,19

7,19

7,19

7,16

7,09

7,09

7,09

7,05

7,05

n.c

n.c

Taux débiteur MAX

42,54

42,57

42,51

42,46

39,04

38,72

38,49

37,95

37,81

37,64

37,58

37,57

42,2

42,2

42,2

42,26

42,39

42,84

43,12

n.c

n.c

Taux créditeur MIN

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0,04

0

0

0

n.c

n.c

9,53

9,75

8,82

9,75

9

9

9,33

9,17

9,85

9,14

8,86

9,13

8,84

9,76

9,76

9,64

9,9

9,83

9,95

n.c

n.c

Taux de base MIN

Taux créditeur MAX

TAUX DE CHANGE Parité Ariary/USD

2 010,68

1 951,98

1 936,68

2 034,59

2 148,29

2 133,79

2 053,93

2 077,11

2 192,60

2 204,44

2 121,75

2 010,22

1 999,63

1 990,92

2 117,83

2 092,68

2 020,42

2 004,24

1 972,84

1 966,77

1 939,34

Parité Ariary/Euro

2 974,51

2 909,58

2 834,38

2 903,88

2 941,52

2 896,22

2 756,67

2 626,18

2 686,16

2 812,23

2 748,09

2 625,00

2 774,47

2 727,90

2 809,60

2 797,51

2 757,30

2 803,37

2 847,39

2 821,24

2 787,61

Parité Ariary/DTS

3 195,23

3 123,49

3 069,36

3 184,71

3 306,26

3 262,32

3 116,51

3 077,03

3 218,88

3 345,26

3 221,67

3 040,72

3 138,99

3 109,87

3 253,00

3 234,64

3 155,64

3 166,06

3 151,78

3 140,74

3 103,12

Source : BCM



Expansion Madagascar N°11