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www.culturetoute.com France • Liban • Maroc

© PHOTO fb.com/redone

Numéro 201

SM le roi Mohammed VI honore la culture une photo de redone qui fait le buzz

#BONNEANNée2017


Remerciements aux contributeurs A l’occasion de la fin d’année et du 200e numéro de culturetoute.com, je vous souhaite tous mes voeux de bonheur et de santé. Je souhaite remercier l’ensemble des contributeurs qui ont bien voulu collaborer pour la réalisation de cultruetoute.com qui, à ce jour reste l’unique revue culturelle digitale quotidienne en Afrique francophone. Ahmad BOUZOUBAA, fondateur de culturetoute.com Mourad HAMAYET

‘’Culturetoute.’’ Une incitation enthousiaste à l’abordage de l’aculturation, du superficiel, de la vacuité pour les remplacer par la culture et les arts. Khalid MHAMMEDI

J’ai beaucoup aimé vous parler d’art, d’écrivains, de peintres, de culture et de choses de la vie entre souvenirs et fictions. Je ne me mets pas de limites et le digital s’y prête énormément. Vous aurez encore droit en 2017 à «Oyez oyez» et «j’adooooooore le lundi» Mounir Serhani

“Culturetoute” fut pour moi une belle expérience qui m’a permis d’écrire sur des poètes et écrivains marocains connus et d’autres peu connus. J’ai gagné beaucoup de lecteurs complices et amis. Je souhaite à cet espace numérique portant sur la culture un succès plus prospère et un avenir plus heureux. Nezha KANDOUSSI

On aime peut-être le charme désuet de la culture au coin du feu, mais on la préfère accessible en ligne, tous les jours sur #culturetoute. C’est déjà le 200e numéro et ce n’est que le début. Nadia Jacquot

Le passé, le présent et l’avenir de l’Homme appartiennent à la Culture qui, sans elle, on n’est rien, on est vide de sens. On gagne en humanité grâce à la culture. #culturetoute y contribue largement : 200 numéros pour la faire vivre et plus encore... Abdellatif BOUZOUBAA

Avec de la persévérance rien n’est impossible. 2 culturetoute.com 30.12.2016


Ilham Mirnezami

Effecteur des zoom fréquentes sur des artistes marocains, ayant évolué en France et œuvrant dans la pluridisciplinarité et la diversité culturelle. Ce qui m’intéresse c’est de montrer comment la Culture marocaine est un tableau de diversités et de fait, tout artiste marocain est ancré dans cette ouverture, vers une Culture plurielle. Le jeux de regards franco-marocain est tout particulièrement pertinent. Abdallah Bensmain

#culturetoute pourrait bien être pour les générations actuelles d’écrivains, essayistes, plasticiens, musiciens, infographistes, designers et autres créatifs de la génération «internet» ce que furent Souffles, Intégral et Pro Culture dans les années 70... Tout y est : la rigueur, la création, l’originalité, bref l’essentiel des ingrédients qui font de cette publication culturelle, une publication de l’avenir, par le fond documentaire qu’elle pourra représenter, les débats d’idées qu’elle aura contribué à imposer ou à tout le moins à diffuser. Pour être de sa génération, #culturetoute n’est pas sur papier mais digitale. www.culturetoute.com Salima AL ANSARY

#culturetoute est un magazine honorable pour la scène artistique marocaine. Le Maroc est en manque de magazine dans ce registre ! Nous avons besoin de ce genre d’initiative. C’est encourageant et (hamdoullah) nous pouvons faire un suivi de la scène artistique marocaine grâce à culturetoute.com. On souffre de cette insufisance mediatique et surtout digital ... la culture est notre premier soucis. «Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.» Pierre dumayet Rachida Massylia Belkacem

www.culturetoute.com quotidien digital en Afrique Francophone dans l’univers du zapping télévisuel et d’Internet la faculté de contempler est devenu rare. Il est vrai qu’il prouve sa capacité à innover en matière de communication de manière à favoriser le dialogue du public et de ses œuvres. Le bon accueil fait par la presse et média marocaine m’a incité à communiquer en France sur ce média innovant ! Inutile d’ajouter que ce média riche est avant tout un encouragement à la rencontre de l’Art et de la Culture... Il est aussi un formidable plaidoyer de l’information digitale j’espère qu’il recevra en France l’accueil qu’il mérite ! Laila BOUI IDRISSI

Un magazine qui, au fil de ses pages nous plonge dans un univers de culture aussi passionnant qu’enrichissant. 30.12.2016 culturetoute.com 3


Le Musée YSL et politique culturelle. par Abdellatif BOUZOUBAA

Le futur musée Yves Saint Laurent à Marrakech, (ville dont l’artiste subit le tropisme irrésistible et où il retourna, tel l’héliotrope fasciné et aimanté par le soleil), constituera une nouvelle plate-forme culturelle susceptible d’attirer amateurs d’art et de mode. La portée du Maroc dans l’œuvre de cet artiste de génie est si prégnante qu’il était naturel d’y

construire un musée à partir des collections de la Fondation Pierre Berger. Ce nouveau joyau architectural, situé à proximité du Jardin Majorelle que le créateur de mode a, avec Pierre Bergé, sauvé d’une déliquescence certaine, et qui est devenu aujourd’hui, avec son musée berbère, un îlot de sérénité paradisiaque incontournable dans une ville de plus en plus trépidante. La conception du musée a été confiée au Studio KO, qui a conçu, d’ores et déjà, de nombreux projets au Maroc, en Europe et aux EtatsUnis. Ce chef d’œuvre à venir, d’une surface totale de 4 000 m2, comprendra un espace d’exposition permanente présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent en mettant l’accent sur le processus créatif et la gestation de l’œuvre, dans une scénographie novatrice de Christophe Martin, une salle d’exposition temporaire, un auditorium, une bibliothèque et un restaurant.


Le nouveau musée s’adresse autant aux passionnés d’art, qu’à un large public curieux de découvrir l’œuvre d’Yves Saint Laurent, artiste majeur dans l’histoire de l’art au XXème siècle. Interrogé sur le sort de la fondation qui perpétue la mémoire et la création d’Yves Saint Laurent, Pierre Berger, récemment décoré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, affirme : « j’ai décidé de transformer les souvenirs en projets». C’est dire qu’un musée en même temps qu’il sauvegarde le patrimoine culturel d’une nation, sa mémoire et son identité, il porte en germe, les idées du futur. Un simple regard rétrospectif sur les civilisations anciennes nous apprend que l’art survit aux aléas du politique. Porté par un « souvenir », l’élan créateur se perpétue dans un « projet », notamment si l’on ne sacrifie pas à une nostalgie qui se contente de réifier le passé, sans édifier les fondements de l’avenir. Aujourd’hui, les expressions culturelles sont des rituels modernes qui apaisent les tensions sociales, conjurent les raideurs identitaires et promeuvent l’amitié entre les peuples. De même, nul n’ignore que la culture ne se mue en civilisation qu’après un long travail d’émondage qui élague les fioritures et met en lumière le génie propre d’une nation. En d’autres termes, si la culture est la chrysalide,

la civilisation, elle, c’est le papillon qui déploie ses ailes au soleil. Sauvegarder le passé n’est pas une mince affaire, à plus forte raison si l’on sait que les retombées politiques et économiques ne sont envisageables qu’à moyen ou long terme. Dans ce sens, le Musée stricto sensu « est une institution permanente, à but non lucratif, au service de la société et de son développement, ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, communique et expose, à des fins de recherche, d’éducation ou d’agrément, des témoins matériels de l’activité humaine et de l’environnement ». Cette définition que l’on doit à International Council of Museums, en dit long sur la place que doivent occuper les musées dans la politique culturelle d’un pays déterminé. L’initiative de la Fondation Pierre Berger, célèbre par la création de ce musée, le dialogue et le métissage fécond des cultures, à l’heure où malheureusement, les esprits chagrins se vautrent dans les cachots exigus d’une identité chimérique et appellent de tous leur vœux le clash des civilisations. En tant que telle, cette initiative est autant le signe que l’art est salutaire, parce qu’il ouvre des horizons insoupçonnés de dialogue culturel, qu’un pied de nez magistral aux zélateurs du repli identitaire. Chapeau bas Monsieur Pierre Berger. ©culturetoute.com


CAFE LITTERAIRE du ROTARY CORNICHE avec Rachid KHALESS Lejeudi12Janvier2017,leRotaryCasaCorniche organisera une rencontre littéraire autour de la belle histoire d’amour : «ABSOLUT HOB «, de l’écrivain et poéte  Rachid KHALESS. Cette rencontre, qui se déroulera au Golden Tulipe Farah de Casablanca, sera rehaussé par la présence de plusieurs personnalités telles que, l’écrivain marocain Mounir SERHANI, le talentueux Najib ABDELHAK, l’ex gloire des stades Aziz BOUDERBALA, l’écrivain Habib MAZINI, l’éditeur Philippe Broc, l’homme de culture derrière les micros Adib MECHRAFI … etc. Cette rencontre-débat, sera animé conjointement par l’animateur culturel au sein du Club ROTARY CORNICHE khalid M’HAMMEDI et l’écrivain poète Habib MAZINI. Elle sera aussi l’occasion de mettre en avant les valeurs universelles du Rotary. Humanisme, le don de soi, le travail pour la communauté, le partage, la défense des causes humaines et sociales qui sont au cœur des préoccupations du Rotary. Cette philosophie de vie qui part de l’homme pour servir tous les hommes et leur donner plus de confiance dans l’avenir de l’humanité. Dr Othman TAZI , président du Rotary Casa Corniche évoque à juste titre l’engagement du Rotary pour les arts et la culture, dans ce même souci de partager le savoir, de créer des ponts entre les créateurs et leurs environnements. C’est dans ce sens, que le Rotary Casa Corniche fait de ces rencontres littéraire un nouveau rendez vous désormais mensuel incontournable dans son planning.


Numéro 201 du 30 décembre 2016 directeur publication Ahmad Bouzoubaa www.culturetoute.com

SOMMAIRE

actu 10 Evenement, Le jazz en fête à Essaouira 2ème édition du Festival «Jazz sous l’Arganier» 10 Evenement, «Aventuriers des mers, de Sindbad à Marco Polo» à l’IMA. Quand le monde était exploré à travers ses mers.

en une 08 Chronique, “des chiens écrasés à “la une”” par Mourad HAMAYET

magazine

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#culturetoute

12 Digital, Zaina Aguenaou “Youtube Ambassador in Morocco”, Interview exclusive 04 Chronique, “Le Musée YSL et politique culturelle.” par Abdellatif BOUZOUBAA 20 Joaillerie, une perle de la joaillerie, Rhita BENJELLOUN, interview exclusive avec Nadia JACQUOT 24 Design, Réflexions sur le design marocain par Nezha KANDOUSSI

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36 Mode, entretien avec Manel MARzouK Ambassadrice, de plusieurs marques de LUXE 40 Chronique, Cinéma «ROGUE ONE STAR WARS STORY» de Laila BOUI 42 Peinture, Myriem MONGHAL “L’expressionnisme de l’émotion” entretien.

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par Mourad HAMAYET C’était au début du troisième tiers du siècle dernier… Mes études sybaritiques paressaient honteusement en mordillant mille et une disciplines, ce qui fit que mon père m’adressa un ultimatum, en l’occurrence d’avoir à cesser mon erratique divagation sous peine de voir ma pension suspendue. En d’autres termes, ou je rentrais dans le rang et cessais mes errements, ou il me fallait m’attendre à voir ma dotation suspendue ou même envisager de m’en passer. Je choisis, bien évidemment, la liberté car je n’entendais nullement décorer les murs de ma chambre de diplômes : je me préoccupais honnêtement bien plus d’emplir ma tête de savoirs divers. Sans acrimonie ni même agressivité, père et moi décidâmes de donner sa chance à l’oiseau épris de liberté, à ses risques et périls, à savoir votre serviteur. Il me fallut donc rechercher un emploi pour m’assurer les quelques pécunes nécessaires à ma vie matérielle. Le travail ne manquait assurément pas à l’époque et un simple diplôme de baccalauréat –baccalauréat de l’époque, il est vrai, cent fois plus probant qu’une licence d’aujourd’huiétait suffisant pour ouvrir les portes de l’emploi. Mes études littéraires m’ouvrirent, quant à moi, celles de la radio. Je devins ainsi rédacteur à la chaîne française de la Radiodiffusion Nationale. Ayant été, je l’avoue, recommandé par une grosse légume, je ne puis dire que je fus accueilli avec des effusions de joie par mes nouveaux collègues, bien au contraire. Ainsi, Monsieur le Secrétaire Général de la Rédaction, prit en grippe par principe le pistonné que j’étais : il 8 culturetoute.com 30.12.2016

m’affecta à l’humiliante tâche de correction, autrement dit de nettoyage et de mise en valeur de la prose des autres… Ceci, j’en fus convaincu, pour me forcer à ravaler mes rêves zoliens imprudemment dévoilés, et les remplacer par de sombres perspectives scribouillardes et anonymes. Je me tus et effectuai la tâche assignée sans rechigner, mais vraiment sans me fouler ni la rate ni aucun autre organe lymphoïde : je fournis un travail à peine passable, tout juste suffisant pour ne pas être évincé… Arrivèrent les fêtes de fin d’année durant lesquelles le service public n’eut su être interrompu, mais que fuient comme une malédiction les rédacteurs, surtout, parmi eux, les parents… J’étais quant à moi, célibataire et je n’avais rien de prévu à mon programme. Je le dis honnêtement et l’on m’intégra donc dans l’équipe de rédaction, non sans m’écarter des ‘’choses sérieuses’’ bien sûr. C’est ainsi que je me vis confier la responsabilité de la rubrique dite ‘’des chiens écrasés’’, à savoir, dans l’argot journalistique, la rubrique consacrée aux faits divers et aux informations de peu d’importance. C’est à cette tâche que l’on affecte généralement les ‘’Théophraste Renaudot pas très doués’’… Mais c’était mieux que rien et il m’appartenait de m’y distinguer. Le sort me proposa sa complicité et je sus l’accepter : Un accident minier dans le Nord de la France fit qu’un groupe de gueulesnoires se retrouva coincé au fond d’une mine, suite à un coup de grisou qui provoqua un éboulement. Des essais de sauvetage furent immédiatement


entrepris moyennant des efforts colossaux et la France entière se passionna pour l’accident, priant et tremblant pour les prisonniers. Je fis tant et si bien qu’il en fut de même au Maroc, au point que peu à peu, les nouvelles du groupe passèrent de la dernière place dans le sacrosaint Journal Parlé, juste avant l’actualité sportive, à la ‘’une’’ de la rubrique internationale dudit journal. L’intérêt des gens pour le sort des infortunés fut à peine imaginable. On finit même par ouvrir le journal sur les dernières informations les concernant, juste après les titres des nouvelles nationales. L’audience augmenta considérablement et les éloges et remerciements pour cette forme de journalisme, humain, vivant et compréhensible par tous, plébiscitèrent mon travail. Le directeur de la programmation suggéra à mon supérieur direct de me faire ouvrir le journal en présentant moimême, de ma voix cassée et inconnue, les dernières nouvelles concernant les mineurs bloqués. J’utilisais le sensationnalisme le plus racoleur pour capter l’attention et pour cela, rien ne m’échappait : ni le petit mot que la fillette de l’un des mineurs fit parvenir à son papa par le tube mis en place et reliant le groupe de prisonniers à l’extérieur, ni les messages d’encouragement de personnalités diverses, ni le menu qu’on fit servir aux captifs par le tuyau pour le soir de Noël. Le tout dans un style ampoulé et larmoyant, philosophard et moralisant, de la meilleure trempe des magazines populaires de l’époque. Le standard téléphonique de la Radiodiffusion Nationale était pris d’assaut quotidiennement au milieu de la matinée puis en début de soirée par des auditeurs qui suppliaient qu’on leur donnât des nouvelles avant la diffusion du Journal Parlé. Les plus hardis demandaient s’ils pouvaient me parler en personne sous les prétextes les plus amusants ou les plus sournois. Pour comprendre cette insistance, il faut se rappeler qu’à l’époque, il n’y avait qu’une seule chaine de radio en langue française et que les stations étrangères étaient difficiles d’accès. En guise de clin d’œil de complicité, les journalistes de l’Agence de presse nationale, principal fournisseur d’informations de la

Radio nationale, avaient créé une rubrique spéciale dans laquelle ils mettaient toutes les informations concernant le sujet en question… Les professionnels ‘’moustachus’’ de l’information, entendez par là, reconnus et aguerris, commencèrent à s’intéresser à moi et l’on demandait partout qui était ce diable qui raflait avec autant d’insolence l’audience de tout un pays. Parlerais-je alors de mes méprisants collègues et de mon désagréable chef de naguère, de leurs moues condescendantes lors de mes premiers jours parmi eux ? Certains d’entre eux me proposèrent ‘’gentiment’’ de me donner un coup de main et même de me seconder dans ma lourde tâche de vedette. Seuls quelques grincheux incurables se plaignirent qu’à l’heure où il aurait fallu parler de choses importantes pour l’avenir du Pays, ‘’d’aucuns’’ utilisaient les ressources publiques pour satisfaire leur égo et parler de futilités qui ne concernaient en rien les Marocains et leurs problèmes… Heureusement, la tragédie du groupe de mineurs prisonniers au fond d’une mine finit par connaître un dénouement digne d’un film heureux, soit dit en passant. Moult mains se frottèrent alors car beaucoup voyaient sonner l’heure de la fin de mon éphémère gloire. Mais hélas pour eux, je reçus une convocation de Monsieur le Directeur Général qui me fut transmise par le directeur des programmes, sans même en aviser mes supérieurs hiérarchiques directs. Je m’y rendis, bien sûr : Le ‘’big boss’’ me tapota l’épaule, m’encensa de compliments et me dit que j’avais assurément la fibre journalistique. Il fallait, soliloqua-t-il à voix haute, songer à exploiter ce don dans un cadre adapté qu’il chargea hic et nunc ledit directeur de la programmation d’aménager en collaboration avec moi… Nous nous entendîmes pour que je conçusse et animasse une revue de presse généraliste - et quotidienne s’il vous plait, ce qui m’emplit de fierté, améliora drôlement l’état de mes rentes et surtout, Ô délices paradisiaques, rendit verts de rage, rage, rage mes petits camarades peu charitables. ©culturetoute.com

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la revue de presse #du vendredi 30 DECEMBRE 2016 Le jazz en fête à Essaouira 2ème édition du Festival «Jazz sous l’Arganier»

«Le jazz est vif, douloureux et lent. Il apaise, il bouleverse, c’est de la musique et ce qu’il rythme est vrai. C’est le pouls de la vie», des mots profonds de la romancière québécoise André Maillet repris la nuit du 27 décembre par Tarik Ottmani, président de l’Association Essaouira Mogador à l’occasion de l’ouverture de la deuxième édition du Festival «Jazz sous l’arganier» qui a été donné au Centre culturel Dar Souiri, avec un concert du «Trio Driss Maaloumi» plein de douceur et de spiritualité. Le trio a réussi à éveiller les sens des mélomanes et à les transporter dans le temps et l’espace avec sa musique spirituelle et enivrante où il propose un «jazz venu d’Orient»... © libe.ma Le 30 décembre 2016

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«Aventuriers des mers, de Sindbad à Marco Polo» à l’IMA Quand le monde était exploré à travers ses mers L’Institut du monde arabe de Paris accueille, jusqu’au 26 février, une exposition exceptionnelle relatant l’odyssée des grands voyageurs du monde, depuis Sindbad jusqu’à Marco Polo. Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) de Marseille, partenaire de l’événement, prendra le relais de cette magnifique prestation, du 6 juin au 25 septembre 2017 à Marseille... © lematin.ma Le 29 décembre 2016


16 000 RECRUTEURS

140 000 ETUDIANTS

22 000

OFFRES DE STAGE

/stagiaires.ma

@StagiairesMA

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Une interview de Ahmad BOUZOUBAA

Interview exclusive

Zaina Aguenaou “Youtube Ambassador in Morocco” Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Je suis Zaïna, j’ai 29 ans, je tiens une chaîne Youtube depuis 2 ans maintenant sous le nom de « Zaina Aguenaou », mon nom et mon prénom, c’est tout simple. Je traite les sujets relatifs à la beauté, skincare, cuisine, fashion et voyages et j’essaie surtout de faire ça dans la bonne humeur :) Depuis quand êtes-vous blogueuse ou «postcasteuse» ? Cela fait maintenant un peu plus de 2ans que je suis sur les réseaux sociaux. J’ai commencé en tant que Youtubeuse et maintenant je suis un peu partout, Facebook, Instagram, Snapchat et je suis devenue une addict! Pourquoi avoir choisi l’anglais ? Tout simplement parce que j’ai commencé Youtube quand je suis rentrée définitivement au Maroc. J’ai vécu un moment en Inde et ce sont mes amies en Inde qui m’ont demandé de créer une chaîne pour pouvoir partager avec elles mes astuces beauté. Du coup l’anglais m’ait venue naturellement en tête, c’était la seule manière de me faire comprendre par tout le monde, L’idée est partie de là, 12 culturetoute.com 30.12.2016

mais depuis, j’ai vu que le public Marocain répondait positivement à mes vidéos et c’est là où j’ai commencé à diversifier mes vidéos et faire un peu d’anglais, d’arabe et de français. Pendant votre enfance, que vouliez(vous faire à l’avenir et est-ce bien ce que vous faites aujourd’hui ? Ah ah ah, très bonne question! Quand j’étais enfant, j’ai toujours voulu être actrice ou animatrice... allez , je voulais être chanteuse aussi! Je m’amusais à jouer des rôles et me mettre en scène. Il faut dire que je ne suis pas loin de mon rêve d’enfant. Je me mets en scène à ma manière aujourd’hui et j’adore jouer de ça dans mes vidéos en le faisant d’une manière ludique et décalée. Y a-t-il un blog ou un site qui vous a inspiré ? donné envie de vous lancez ? Mmmm.... les Youtubeuses Américaines m’ont toujours inspiré et elles m’inspirent toujours, Elles étaient les premières à se lancer sur Youtube. On trouve de tous les genres et de tous les styles mais c’est surtout leur manière de présenter une vidéo qui m’a attiré, Un vrai show à l’américaine!


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Il faut dire que mon inspiration première vient des clips musicaux, le début de chacune de mes vidéos et comme un «video clip», j’essaie de choisir LA musique qui correspond au thème de la vidéo et c’est là que je commence mon spectacle. Je pense que ce coté là vient de mon rêve d’enfant :) Quels sont tes gestes de beauté au quotidien ? Je me démaquille toujours! Une étape très importante! Il faut toujours bien nettoyer sa peau et bien l’hydrater par la suite. Et surtout, je bois beaucoup d’eau! Quels sont vos «indispensables» beauté ? Ma crème hydratante, mon anti-cernes est un innnndispensable! un blush rosé et un mascara. A quel âge avez-vous commencé à vous maquiller et plus largement à faire attention à votre apparence? mmmm....un peu comme la plupart des filles, à l’adolescence, peut-être à 16 ans. Je ne me maquillais pas forcément mais, je me permettais de mettre un trait de khôl, du mascara, du blush et du gloss, c’était la tendance à mon époque. Comment voyez-vous le monde de la cosmétique au maroc ? Je pense que le monde de la cosmétique s’est développé au niveau international ces dernières années et le Maroc commence aussi à s’y intéresser. Les Femmes sont de plus en plus indépendantes, elles veulent de plus en plus prendre soin d’elles, tout le monde cherche cet épanouissement personnel et du coup, dans ce sens là, la 14 culturetoute.com 30.12.2016

cosmétique est de plus en plus sollicitée. Comment etes-vous arrivée a cette notoriété internationale, à partir du maroc ? Je ne dirai pas que j’ai une notoriété internationale honnêtement, Mais on va dire que je me suis permise d’être «exportable» dans le sens où j’essaie toujours de présenter des vidéos de qualité, tout en faisant ça d’une manière drôle, simple et surtout en restant moi même, que ce soit en anglais, arabe ou français. Et surtout que tout le monde s’y retrouve. Un moment de détente: Chaque Vendredi soir devant les Kardashians, Ehhh oui! Un Parfum: Miss Dior Blooming Bouquet Jamais sans ( maquillage fétiche) : Mon anti-cernes ou mon blush Un sport: La Boxe Que pouvez-vous dire de culturetoute.com ? Je trouve ce magazine très intéressant dans la mesure où il éclaire les lecteurs au niveau de la culture. Et puis c’est un magazine qui s’intéresse aux jeunes et il essaie de les mettre en avant. En tant que jeune entrepreneur je ne peux qu’applaudir cette initiative et je souhaite longue vie à culturetoute! Où peut-on vous retrouver ? Vous pouvez me trouver sur tous les réseaux sociaux qui vous passent par l’esprit! Ah! Par contre je ne suis pas très Twitter. Mais je suis très connectée sur : Youtube/ Instagram / Facebook et Snapchat sur @ ZainaAguenaou C’est «Zaina Aguenaou» partout!


Expliquez-nous en quelques mots ce qu’on doit entendre par «ambassadrice YouTube maroc»: Effectivement! Une très belle reconnaissance! J’ai été nommée avec deux autres Youtubeurs Marocains « Youtube Ambassador in Morocco» Alors ça consiste en quoi? En fait Youtube a choisi 3 Youtubeurs pour représenter Youtube au Maroc et cela consiste principalement à faire grandir la communauté Youtube au Maroc. En tant qu’Ambassadrice Youtube, je suis présente dans des évènements tenus par Youtube et je présente à tous les Youtubeurs, à savoir les créateurs de contenu, des astuces et des guidelines pour bien

établir leur chaîne Youtube et pouvoir créer un bon contenu. Je suis une vraie passionnée! Et je suis très honorée de faire partie du programme «Youtube Ambassadors». J’ai hâte que la communauté Youtube au Maroc grandisse qu’on soit de plus en plus nombreux et qu’on s’entraide entre nous. Il y’a de vrais créatifs au Maroc, des personnes qui ont beaucoup de talent mais qui ne savent pas forcément comment l’exploiter, ce programme est surtout fait pour ça, pour que l’on puisse partager ce que l’on a appris au cours de ces années et d’aider les créateurs à s’améliorer. On est une communauté et on essaie de la rendre meilleure! © culturetoute.com 30.12.2016 culturetoute.com 15


Une interview de Ahmad BOUZOUBAA PHOTOS salah ghrissi

SANAA MARAHATI artiste marocaine spécialisée dans le chant du Melhoun et de la musique judéo-andalouse Interview exclusive Bonjour, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de culturetoute ?  Je suis Sanaa Marahati, artiste marocaine spécialisée dans le chant du Melhoun et de la musique judéo-andalouse. Je suis née à Sefrou, j’ai grandi à Azemmour et habite depuis que j’ai terminé mes études à Casablanca.   Pouvez-vous nous parler du style musical qui vous caractérise?  Le principal style musical que je chante est le Melhoun. Le mot « Melhoun » qualifie à l’origine toute la poésie populaire écrite en arabe maghrébin, qu’elle soit bédouine ou citadine. Cette poésie s’est développée sous une forme littéraire ne 16 culturetoute.com 30.12.2016

respectant pas la structure de la poésie classique. Au Maroc, « El Melhoun » représente l’interprétation musicale de cette poésie et représente l’un des plus anciens et des plus précieux patrimoines culturels de notre pays, puisant ses textes dans les répertoires des poètes du Melhoun marocain qui se sont succédés. Le deuxième style musical dans lequel je me suis spécialisée également, est la musique judéo-andalouse, qui représente un héritage de paix et un patrimoine en partage, dans la mesure où il est le fruit musical de plusieurs siècles de cohabitation harmonieuse entre les communautés musulmane et juive du Maroc.   Nous vous suivons depuis


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un certain temps et nous constatons que vous parcourez le monde grâce à votre chant, dans combien de pays vous vous êtes produite et dans lesquels vous avez notamment représenté la chanson marocaine? En effet, ma passion pour le patrimoine musical que je défends m’a poussé à participer au fil des années à plusieurs manifestations musicales et artistiques à travers le monde. J’ai eu ainsi l’occasion de participer à des tournées en France, en Espagne, en Belgique, en Hollande, au Canada, en Algérie et au Liban, parmi tant d’autres pays.  Ma dernière manifestation en Belgique fut dans le cadre du « Printemps de la Musique », celle en Hollande était dans le cadre d’une fusion entre le Melhoun et le Jazz, et celle à Paris était au Quai d’Orsay à l’occasion du 60 ème anniversaire des accords de La CelleSaint Cloud.   Pouvez-vous nous parler de votre prochaine prestation?  Le prochain évènement sera un opéra en arabe et en français, intitulé « Kalîla wa Dimna », auquel je participerai en mars prochain dans le cadre du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-enProvence. Lors de cet évènement, j’aurai l’honneur de me produire aux côtés de plusieurs grands artistes de renom, tels que Mohamed Jebali, Moneim Adwan, Jean Chahid et Reem Talhami, parmi tant d’autres. Cette manifestation, à laquelle j’invite mon public et tous mes amis à participer, se fera en coproduction avec l’opéra de Lille et 18 culturetoute.com 30.12.2016

l’opéra de Dijon, avec le soutien du Festival d’Abu Dhabi.   Pouvez-vous nous en dire plus sur vos futures projets ?  Au-delà de participer à de nouvelles tournées internationales pour continuer à sauvegarder et à étendre notre précieux patrimoine culturel, je travaille actuellement – en collaboration avec un nombre de musiciens locaux et internationaux – sur un projet de fusion entre le Melhoun et d’autres genres musicaux occidentaux. Ayant dans le passé participé à des fusions entre le Melhoun et le R&B ou le Jazz, mon prochain projet consistera à étendre cette fusion à des nouveaux genres tels que le Fado ou le Flamenco. Le Melhoun étant principalement un « art poétique de paroles », il est à mon sens très pertinent de garder l’authenticité de son fond (les paroles), et de les doter de formes musicales variées qui renforceront l’engouement d’autres catégories de public pour ce précieux patrimoine, tout en créant un nouveau genre musical qui est plus dans l’air d’aujourd’hui.     Un conseil aux artistes marocains ? Mon précieux conseil à tous nos jeunes artistes est de s’accrocher au maximum à leurs projets et de ne jamais les laisser tomber. Les débuts d’un artiste sont souvent très difficiles, avec des contraintes de temps, de moyens, d’exigences du public et cela, souvent avec peu de moyens financiers. La solution est donc de croire en soi et en


ses potentialités, de choisir une voie, et de la suivre jusqu’au bout sans se disperser.       Que pensez-vous de la revue culturelle digitale «culturetoute»?  J’ai sincèrement beaucoup de respect pour votre revue culturelle, qui veille soigneusement à jouer son rôle de « véritable catalyseur de la culture marocaine ». Je pense que le parcours de Culturetoute depuis sa création a été très impressionnant dans la mesure où elle est parvenue à fédérer des milliers

de fans intéressés et concernés par la promotion de la Culture marocaine, ainsi que les acteurs culturels marocains à travers le monde qui ont à cœur de la faire connaître et apprécier. Enfin, j’abonde entièrement dans le sens de votre stratégie de développer des partenariats avec différentes entités digitales très actives sur les réseaux sociaux marocains, car c’est un élément crucial de la communication artistique d’aujourd’hui. © culturetoute.com  

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une perle de la joaillerie Interview exclusive avec Rhita Benjelloun, par Nadia JACQUOT Rhita Benjelloun a tout d’une grande. Sa marque Rhita Création sera sans aucun doute au même rang que les grands noms de la joaillerie. Pourtant, elle ne fait pas dans le bling-bling. Elle aime la discrétion, la subtilité et la légèreté. Ces qualités font partie de sa personnalité et se ressentent dans chacun des bijoux qu’elle conçoit. Le « less is more » est la tendance de demain. Rhita l’a bien compris et maîtrise ce concept à la perfection.

Parlez-nous de vous en tant qu’artiste ? Je ne me considère pas vraiment comme artiste mais plutôt comme artisane. Je suis architecte praticienne et ai toujours été attirée par la joaillerie. Ma première collection était de l’enfilage, cela ne fait qu’un an que je m’intéresse et manipule l’argent et le vermeil (argent trempé or) : des matières plus nobles pour accompagner les pierres semi-précieuses qui sont au centre de mon travail. C’est d’ailleurs ce 20 culturetoute.com 30.12.2016

qui m’intéresse le plus, mettre en avant et en valeur la pierre, de la manière la plus simple et respectueuse. Pour cela, je suis actuellement une formation en gemmologie, c’est fou tout ce qu’il y a à savoir sur les pierres d’un point de vue purement scientifique, et si on rajoute à cela la dimension énergétique, c’est un réel univers sans limites. Si je devais résumer mon idéal, ce serait de tendre vers le « less is more », tout en combinant le mieux possible l’univers de la lithothérapie, la technique, et l’esthétisme.


“L’architecture en tant que discipline m’inspire et m’aide également beaucoup dans le design de bijoux. ”

Qui et quoi vous donne de l’inspiration ? Dans mon travail, la pierre en elle même constitue une source d’inspiration. C’est le plus souvent la forme, la couleur, les reflets, la vibration et la matière de la pierre qui me dicte mon travail. L’architecture en tant que discipline

m’inspire et m’aide également beaucoup dans le design de bijoux. A plus petite échelle, c’est un peu le même procédé, avec peut-être comme avantage pour le design de bijoux le fait de voir apparaître le fruit de son travail un peu plus rapidement. Comment se passe votre 30.12.2016 culturetoute.com 21


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collaboration avec Kouzina ? Comment est née la rencontre ? La collaboration avec Kouzina est une collaboration pleine d’amour et de joie. Non vraiment, je suis ravie d’avoir pu faire partie de cette aventure. J’ai rencontré plein de jeunes artistes géniaux, passionnés et passionnants, et je pense que ce n’est que le début d’une belle aventure qui aura commencé par une rencontre lors d’un festival avec une des membres fondatrices : Soukaina Hachem. Parle nous de vos projets pour 2017 ? J’ai un nombre incalculable de projets qui me viennent en tête par jour. Ils sont tellement nombreux que je me souviens que de la moitié des projets à la fin de la journée. Un de mes projets serait donc de canaliser mon énergie sur 1 ou 2 projets :) Sinon voyager pour dénicher de nouvelles pierres en Asie ou en Afrique de l’Ouest, et faire plus souvent la cuisine. Qu’est-ce que la Culture selon Rhita ? Qu’est-ce qui fait partie de votre culture ? Je pense que la Culture est quelque chose que l’on partage avec une ou plusieurs personnes. Une chose empreinte de codes et de symboles, d’histoire et de souvenirs. Ma culture à moi comme beaucoup, est un mélange de mon éducation, de mes voyages et mes rencontres. © culturetoute.com 30.12.2016 culturetoute.com 23


DOSSIER SPéCIAL design par Nezha Kandoussi

fondatrice de DEZIN-IN.COM sourceur en art et design contemporain international, Intervenante chez Crèapôle, écoe d’arts appliqués, PARIS.

Réflexions sur le design marocain PAR NEZHA KANDOUSSI

Qu’entend-on par design exactement ? Dans le contexte francophone, quand le non spécialiste parle de design, il fait surtout référence à une ambiance, à un art de vivre dont l’esthétisme serait épuré, désencombré, minimaliste et qui inviterait au bien-être. L’idée qui prédomine est plus esthétique que fonctionnelle. Bien que l’on imagine que les deux se rejoignent, l’objet n’est que rarement mentionné. Or, le design tourne surtout autour de la notion d’objet et de fonction. De plus, un objet « beau », plaisant, moderne et de forme utile. Comme le disait Steve Jobs : «Le design ce n’est pas seulement l’apparence et le ressenti. C’est comment cela fonctionne ». La définition grand public du design se rapproche cependant de l’état d’esprit de Walter Gropius dans lequel il a fondé le Bauhaus en 24 culturetoute.com 30.12.2016

1919 en Allemagne. Son initiative était effectivement motivée par la volonté de créer et de produire des environnements de vie, en dehors du bâti. D’ailleurs, le designer est ce profil entre l’ingénieur et l’artiste (à moins qu’il ne soit ingénieur ET artiste). C’est le créateur, visionnaire qui conçoit un objet soit pour répondre à un besoin soit pour résoudre un problème et qui, en même temps, pense le processus, de l’idée à l’objet, au produit et aux outils pour le réaliser: les matériaux, les formes, le processus de fabrication, l’industrialisation, la commercialisation. Rendre le compliqué simple, ce que le designer français Ora-ïto. C’est cette « simplexité » dont parle designer français Ora-ïto qui fait écho à une citation d’Antoine de Saint-Exupéry :’la perfection, ce n’est pas quand il n’y a rien


© photo DR

Ora-ïto, designer à ajouter, mais quand il n’y plus rien à retrancher. » Tout un programme ! Le Maroc et la culture de l’objet Dans le contexte marocain, l’art de vivre, le bien-être, l’objet et le matériau sont des notions qui sont ancrées dans la culture depuis des siècles et qui ont fait le tour du monde. La créativité marocaine n’est plus à démontrer. Qui n’a jamais eu un pincement au cœur en voyant un objet traditionnel, mille fois utilisé dans le quotidien des Marocains, repris par une grande enseigne internationale, stylisé et vendu à prix d’or ? Et de penser : « Quel dommage que ce ne soit pas du « made in Morocco » ! » La culture marocaine de l’objet est intimement liée à l’artisanat et au travail de l’artisan, figure emblématique des arrière-boutiques des vieilles villes. C’est plus qu’une tradition, c’est une identité qui s’est façonnée au cours des siècles, mais c’est aussi le résultat d’une volonté politique, qui au début du siècle dernier avait lancé la machine afin de sauvegarder de ce patrimoine si riche. Aujourd’hui, le Maroc est ce pays qui tranche dans un

“la perfection, ce n’est pas quand il n’y a rien à ajouter, mais quand il n’y plus rien à retrancher.”

Antoine de Saint-Exupéry 

monde uniformisé, où le visiteur vient faire une pause, las du monde uniformisé. De Shanghai à New York, c’est le règne des standards et le visiteur vient y faire une pause. Alors pourquoi le design ? Parce que le design est un indicateur de développement économique d’un pays. Que ce soit la recherche pure comme dans le cadre du mouvement Bauhaus en Allemagne dans les années 20 ou dans les Etats-Unis post-1929, la question était économique, initiée et encouragée par le développement industriel. Il fallait créer des objets fonctionnels qui soient beaux pour plaire à la grande consommation et aux classes moyennes naissantes. Le design au Maroc doit se développer, parce que le marché a besoin de se renouveler, l’économie a besoin de nouveaux vecteurs de croissance, l’artisanat de jouer un nouveau rôle. Le design, c’est l’avenir, c’est le secteur qui permet de superposer et de faire fusionner toutes les sciences, les arts et les techniques. ©culturetoute.com 30.12.2016 culturetoute.com 25


DOSSIER SPéCIAL design par Nezha Kandoussi

cinq Témoignages

Le design marocain vu par Jean-Paul Bath Jean-Paul Bath, directeur général du VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement), Paris. Le design souffre mondialement d’une grande uniformité tant dans les conceptions que dans la fabrication. L’enjeu pour chaque pays et même chaque designer est de trouver et prouver son originalité et qu’elle soit légitime. Les designers marocains doivent éviter les écueils consistant à copier les tendances internationales mais aussi à rester trop anecdotique dans l’utilisation des codes locaux (formes ou matériaux ou artisanat). Cela passe par un décryptage intelligent de l’ADN marocain (artisanat, matériaux, usages, couleurs…) qu’il faut réinterpréter 26 culturetoute.com 30.12.2016

Jean-Paul Bath, Fred Hernandez, Driss Kettani, Karim Hamdi, Rajaâ bel Mehrez

dans un registre contemporain. Plutôt que réutiliser un pouf ou un moucharabieh, il faut se questionner sur leur intérêt, leur usage, et les retranscrire dans un nouvel objet, une nouvelle forme plus moderne servant la fonction. Plutôt que de copier les matériaux aux codes suédois ou allemand, utiliser ceux qui ont du sens et de la chaleur localement dans des objets nouveaux et résolument futuristes (pas rétro futuristes ! sachant que le futur va vers le recyclage, le responsable, le local). Il y a beaucoup de possibilités pour un pays en plein essor qui doit trouver ses marques. Vos designers sont prometteurs, mais effectivement encore jeunes. Ils doivent trouver leur propre identité : ni celle de leurs ancêtres, ni celle de l’international aseptisé. ©culturetoute.com


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cinq Témoignages Jean-Paul Bath, Fred Hernandez, Driss Kettani, Karim Hamdi, Rajaâ bel Mehrez

Le design marocain vu par Fred Hernandez, designer, Rabat Le design contemporain au Maroc Le design contemporain marocain est captivant par son aspect hybride et métissé. Il témoigne de la richesse du bi-culturalisme de la plupart des designers marocains. En effet, les créateurs marocains, évoluant entre les influences traditionnelles marocaines et les tendances contemporaines occidentales, ouvrent des voies particulièrement intéressantes d’un design de fusion, d’un design de métissage. La théière Koubba, de Hicham Lahlou, chef de file du design marocain, est la parfaite image de cette fusion harmonieuse entre un objet symbole de la tradition 28 culturetoute.com 30.12.2016

marocaine et le traitement résolument contemporain de ses lignes pour en faire un objet intégré à son siècle... Le design, vecteur d’intégration. L’utilisation pertinente des motifs traditionnels zelliges par le designer Younès Duret est également un travail subtil intégrant habilement un art traditionnel marocain dans des univers résolument contemporains. Le motif zellige revisité par Younès Duret n’a plus besoin de support puisqu’il devient lui-même son propre support, le motif devient matière, le motif traditionnel devient meuble contemporain. Hicham el Madi illustre également ce design de fusion. Tout comme Hicham Lahlou et Younès Duret, il s’est penché sur la relecture de la théière marocaine pour en faire un objet


aux lignes initialement traditionnelles mais avec un judicieux traitement déstructuré pour en faire un objet sculptural et très contemporain. Son mobilier est également particulièrement créatif, au croisement des influences orientales, africaines et occidentales. On retiendra également le travail intéressant de la créatrice Myriam Mourabit qui revisite les objets et les arts traditionnels marocains, en leur conférant une touche plus épurée. Son sens évident de l’harmonie des couleurs et des formes lui permet de créer un univers chromatique puissant mais délicat. Sophia Giorgio Chraibi, explore des voies créatives pertinentes en revisitant le salon traditionnel marocain ou le divan

oriental par l’utilisation de matériaux contemporains comme le MDF ou le Corian. Jamil Bennani, designer, ébéniste, sculpteur, pilier du design marocain contemporain est également très représentatif de cette tendance forte mixant diverses sources d’inspiration pour créer des objets et sculptures nourris du multiculturalisme de leur créateur. Reda Bouamrani allie également avec talent les styles et les formes empruntés tant à la tradition marocaine qu’aux univers les plus contemporains. Au delà du métissage des styles, il exécute des « allers-retours » créatifs de haut niveau entre tradition et modernité. ©culturetoute.com

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cinq Témoignages Jean-Paul Bath, Fred Hernandez, Driss Kettani, Karim Hamdi, Rajaâ bel Mehrez

L’état des lieux du Design au Maroc vu par Driss Kettani, architecte, Casablanca Le design en tant qu’activité tout à la fois artistique, économique et industrielle n’est reconnu et présent au Maroc que depuis peu. Nous avons pourtant depuis toujours eu une grande tradition dans l’artisanat et dans les arts décoratifs. Heureusement, ces dernières années ont connu l’émergence d’une génération de designers talentueux qui a su mettre le design sur le devant de la scène, le faire reconnaître et promouvoir la création marocaine à l’international. De débuts balbutiants et confidentiels dans les années 90, le design connaît aujourd’hui un intérêt constant au Maroc et une créativité réelle. Ce n’est qu’un juste retour des choses, eu égard, encore une fois, au riche patrimoine et à la tradition artisanale du Maroc. Mais cette exposition médiatique 30 culturetoute.com 30.12.2016

ne doit pas cacher de réels problèmes structurels, le plus important étant la quasi-absence de synergies industrielles et de débouchés permettant la mise sur le marché des créations. Cela est bien entendu lié à la faiblesse du tissu industriel notamment et à la non-compréhension par les industriels et fabricants de l’importance et de la plusvalue potentielle du design, ceci étant valable aussi bien pour les secteurs directement corrélés au design (mobilier, accessoires etc.) que d’industries plus généralistes. Il est à noter également le problème de l’édition, les designers recourant souvent à l’auto-édition avec ce que cela implique de difficultés à avoir accès à des process industriels performants. Sur le plan créatif, la qualité et l’originalité sont indéniables,


souvent, mais l’on peut noter un recours un peu trop systématique aux références décoratives traditionnelles, qui même lorsqu’elles sont utilisées dans un souci de subtilité font courir le risque de s’enfermer dans un registre formel. La référence décorative doit être pensée comme une source d’inspiration qui peut être dépassée, qui doit même l’être dans certains cas et non comme une quelconque obligation. Il en va de la capacité créative et de renouvellement du design marocain. Pour finir, il s’agit de mener une réflexion globale, qui intègre une stratégie associant tous les acteurs : designers, éditeurs, industriels, communicants, qui puisse permettre au design de s’imposer

comme facteur de développement artistique et industriel parce qu’au final, le design peut être intégré à tous les aspects de la production, aussi bien de l’objet d’art le plus prestigieux que de l’accessoire le plus usuel. Il serait également judicieux de trouver de meilleures synergies avec le monde de l’artisanat et de penser des complémentarités intelligentes. Le but étant in fine de vulgariser les notions de beauté, d’élégance, d’originalité, d’insuffler ce goût de la touche artistique au grand public et surtout de faire sortir le design marocain de l’élitisme et de la confidentialité, au delà des expositions et autres vernissages. ©culturetoute.com 30.12.2016 culturetoute.com 31


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cinq Témoignages Jean-Paul Bath, Fred Hernandez, Driss Kettani, Karim Hamdi, Rajaâ bel Mehrez

Le design marocain vu par Karim Hamdi, Paris, fondateur de Dar en Art, éditeur de mobilier design oriental J’ai fondé Dar en Art pour donner la possibilité à des designers d’exprimer leur inspiration orientale et notamment marocaine pour faire évoluer le mobilier, d’une part. D’autre part, j’ai pensé rendre accessible le design aux consommateurs de sensibilité orientale, comme le consommateur marocain. J’ai bien évidemment fait travailler ces designers sur la conception, nous même réalisé les premiers prototypes au Maroc. Les limites de ce processus se sont rapidement manifestées. Il n’a pas été possible de produire en série au Maroc, les interventions manuelles étant trop nombreuses, les réalisations

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devenaient trop chères et le modèle économique peu profitable. La mission des designers édités par Dar en Art reste la même : repenser la forme et les matériaux des objets de décoration et meubles, mais la fabrication a lieu désormais ailleurs. L’idéal serait de mettre en place une table ronde de designers et artisans pour établir une feuille de route d’un côté et un preneur de risque de l’autre pour assurer l’édition. Et sinon, bonne route à culturetoute qui a une très bonne idée d’être un espace d’expression pour les Marocains. ©culturetoute.com


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cinq Témoignages

Le design marocain vu par Rajaâ bel Mehrez Rajaâ bel Mehrez, designer et fondatrice de la galerie La rue es Consuls, Paris. Ce qu’il faut comprendre du Maroc, c’est que c’est avant tout un pays émergent. Comme tout pays émergent, il est dans une transition, il cherche son chemin vers un avenir qui lui serait propre. Comment savoir dans quelle voie s’engager quand l’ère numérique a emboîté le pas à l’ère industrielle, ce critère qui continue à pourtant encore distinguer un pays développé de celui qui ne l’est pas. Il n’est donc pas comparable à la France, même si les Marocains ont cette fâcheuse tendance à se regarder dans ce miroir déformant et à tirer des conclusions définitives sur leur sort. Le pays de qui le Maroc se rapprocherait le plus sur le plan de l’attachement aux traditions, serait plutôt le Japon. Ces motifs identifiables, ces traditions qui ne sont pas prêts de prendre leur retraite dans un musée. Le Maroc a un folklore riche et vivant, soutenu et sans revivifié par les Marocains, qui continuent 34 culturetoute.com 30.12.2016

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de consommer de l’artisanat à tous les étages. Si développement du design il y a, ce cheminement devra se faire naturellement en commençant par la case qui consiste à assumer ce folklore et à le digérer. Mais qui dit pays émergent, dit émergence d’une classe moyenne qui s’installe lentement et donc un marché encore trop jeûne pour la production en masse de produits design. Ce qui m’amène au point suivant : celui de la production. Pour développer le design, il ne suffit pas de créer, il faut pouvoir fabriquer, il faut pouvoir mettre en place des processus et des techniques innovantes de fabrication sans intervention manuelle qui coûte trop cher. Et pour finir, il n’y a pas de design sans matériaux innovants, sans matière première disponible sur le marché. Hors le grand défi du Maroc aujourd’hui, c’est de dépasser le simple statut d’assembleur, ce qui nécessite de repenser les modalités d’importation et d’exportation. ©culturetoute.com


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Une interview de Ahmad BOUZOUBAA Photos David Sokay

Manel MARzouK ambassadrice, de plusieurs marques de LUXE entretien

En tant qu’ambassadrice cosmétique d’une grande marque qui rayonne à l’échelle internationale, trouvez- vous le temps pour animer des émissions ; et comment conciliez-vous entre les deux puisque chacun fait appel à un don spécifique ? J’ai choisi de faire de ma passion pour les cosmétiques mon métier, je me donne toutes les chances pour avancer et réussir (inchallah). Je m’organise comme je peux entre mon travail autant qu’ambassadrice de marque en cosmétique de luxe, les formations continues, les longues heures de travail et ma rubrique beauté à la radio, toutes mes occupations actuelles ont un point commun, le monde de la beauté, mon amour pour mon métier me fait oublier la fatigue physique. Je m’applique dans mon travail 36 culturetoute.com 30.12.2016

avec beaucoup d’amour. Je suis des cours de théâtre pour mon développement personnel et pour m’évader et me libérer le temps de quelques heures. Je fais toujours en sorte de passer du temps avec ma famille aussi pour faire le plein d’énergie positive. Parlez-nous de votre parcours. Après avoir fini mes études supérieures en gestion et communication. J’ai pris beaucoup de temps avant de trouver ma voie. J’ai eu plusieurs expériences professionnelles très différentes l’une de l’autre. Je ne me sentais pas à ma place dans le travail administratif, le monde du cosmétique m’a toujours attiré. J’ai décidé enfin de prendre les choses en mains et de changer ma trajectoire. J’ai suivi plusieurs formations par de prestigieuses marques


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“Plusieurs marques me font confiance pour être leur ambassadrice, Le groupe l’Oréal luxe, ysl, lancôme, Helena Rubinstein, Biotherm, Et HERMÈS, Cartier...” de cosmétique de luxe, Yves saint Laurant, Helena Rubinstein, Biotherm, Hérmés, lancôme… etc, et une formation professionnelle comme Make-up artist chez le plus célèbre relookeur et chroniqueur télé de Belgique Mr David Jeanmotte, la vie est faites de rencontre, cette personne si célèbre et humble est devenu ami, il a cru en moi, il m’a encouragé et soutenue. J’ai ensuite collaborer avec le talentueux créateur belge Mr David Sokay pour l’événement mode incontournable de Belgique le «DS brussels fashion Days», ont succédé à ça plusieurs important événements dans le monde de la mode et le cosmétique, plusieurs prestigieuses marques me font confiance pour les trois axes, maquillage, soin et parfum (Lhamdellah), on m’a proposé en suite de faire une chronique beauté à la radio, je n’ai pas hésité une seule seconde, je le fait avec passion et amour.

Le respect et la tolérance sont les mots clef pour vivre ensemble, Bruxelles est une ville multiculturel et très diversifiée, je suis plutôt attirée par les personnes différentes que par mes semblables, j’aime la mixité de cette ville et être en contact avec des personnes de toutes origines confondus, je trouve ça amusant et très enrichissant humainement. Pour avancer que ça soit sur le plan amical ou professionnel je respecte les différences et j’exige du respect envers ma culture par mon bon comportement. Que pensez-vous de culturetoute.com ? Je vous félicite tout d’abord pour votre quotidien culturel «culturetoute» j’ai beaucoup de plaisir à vous lire à chaque fois, vous êtes un magnifique lien entre mon pays le Maroc qui me manque tant et la Belgique ou je réside actuellement, le Maroc est pour moi un exemple en terme de vivre ensemble au sein d’un pays au tour de valeurs et de principes partagés ou les différences religieuses par exemple sont des atouts.

Vous êtes marocaine résidante en Belgique, comment conciliezvous entre les deux cultures, et qu’est ce qui peut les rapprocher © culturetoute.com selon vous ?

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chronique cinéma de Laila BOUI IDRISSi

Snowden O

liver S ton e sig n e san s gran d re tou r avec «S n ow den » Ce film raco n te l’h istoire d ’Ed ward S n ow de n u n jeu n e h omme am é r ica in q u i a lon gtemp s tra va il l é avec les services se cre ts et sp éciau x américain s e t qu i va au cou rt d e sa ca r r iè re révéler l’existen ce d’ u n système d e su rveil l a n ce i n imagin ab le d e la p op u lation mon d iale pa r ces in stitu tion s et le s man igan ces, frau d e s de ce gou vern emen t... S n owd en est u n film très in téressan t ave c sa d imen sion d ’in form a tion s. Mais, le p rob lème q u i se p ose est q u e le réa l isa teu r est d ésireu x d e mo n tre r tou s les asp ects et d étails d e cette gra n de mach in ation , ce q ui d on n e à ce film u n côté d ocu men taire. On é cou te , on s’in forme mais o n n e p lon ge p as totalem e n t da n s l’amb ian ce et l’atm osph è re

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du f il m . Pa r fo is on a r r ive pa s à ressen tir de l a te n sion d a n s cette h isto ire, le fon d d u probl èm e re ste e n su sp e n s e t c’ e st pl u tôt dom m a g e po u r u n f il m a vec u n si b o n th è m e . C e f il m n o u s m on tre a in s i l’ im pa ct des révél a tion s d’ Edw a rd S n ow den à l a presse su r sa v ie pr ivée , le tou t d’ u n e m a n iè re in té ressa n te . O n reg ret te ra ju ste qu e le cin éa ste n e fo ca l ise pa s pl u s su r ce s fa m e u ses révél a tion s, su r leu r a spe ct pol itique e t su r l a m a n ière do n t le gou ver n em en t a m é r ica in ba fo u e le s droits fo n da m e n ta u x de s a m é r ica in s et des pe u ple s de s a u tre s pa y s. C epen da n t, le co n sta t e st sim ple, S n ow den est u n f i l m d’ in térê t pu bl ic, à voir s a n s hésiter, et à faire découvrir. © c u lt u r e to u t e . co m


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Une interview de ahmad BOUZOUBAA

entretien avec

Myriem MONGHAL “L’expressionnisme de l’émotion” Pouvez-vous nous parler de votre prochaine exposition. Concernant les expositions, bien entendu, plusieurs sont au programme pour l’année 2017 au Caire (Egypte), à Marrakech, Tétouan, Doubaï et Londres. Étant une artiste engagée, ma ligne de conduite est de pouvoir transmettre à travers mes œuvres des émotions et aussi des messages sur différents thèmes qui peuvent soulever des questionnements sur le monde d’aujourd’hui. Plusieurs propositions m’ ont été soumises, dont une en cours et qui est réalisée en collaboration avec Marc Provost, Vice-Président de Emmaüs solidarité pour ARTQUIVIE, une association répondant à la loi de 1901 dont l’objet est d’insérer les plus démunis, notamment les personnes réfugiées, par des activités artistiques. L’élément commun et fort des membres de l’association est 42 culturetoute.com 30.12.2016

de donner du sens à la vie des personnes hébergées par une activité de création artistique à la fois manuelle, artisanale et esthétique. Il s’agit de les aider à élaborer un projet, les former, les insérer dans leur nouveau pays. Pouvez-vous nous parler de la culture au Maroc, de la culture à travers le monde ? Le Maroc a une richesse exceptionnelle, déjà par ses couleurs et sa grande diversité, qui a su les faire valoir et cela est bien relevé par de grands artistes d’exceptions. Cette diversité en effet, véhicule une âme, des odeurs, qui s´expriment avec une grande force. La philosophie de vie, notamment à l’extérieur des grandes villes garde son aspect authentique que bien des pays occidentaux ont perdu, à savoir l’amour et le partage dans la simplicité avec noblesse. Un des pays les plus beaux pour trouver une inspiration pour la création.


Née à Rabat, antique comptoir phénicien sur la côte atlantique marocaine, Myriem Monghal est d’origine francomauritanienne. Après différents séjours dans les caraïbes et en Angleterre, Myriem Monghal revient en France, se forme et se perfectionne dans différents ateliers d’arts plastiques à Paris. Au service de la peinture, elle revendique ses racines auvergnates, sahraoui de la tribu des Ouled Bou Sbaa pour donner un sens à ses différences mêlées de contradictions.

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éloignés. Mon rêve est que chacun puisse un jour découvrir sa sensibilité artistique, qu’il soit cadre citadin ou enfant et résidant dans les quartiers défavorisés. Concernant le détail du projet avec Emmaus, l’idée en cours de réalisation est de créer une équipe pour lancer un projet d’insertion fondé sur la fabrication de meubles en carton avec la participation de personnes sans domicile, des personnes migrantes, notamment des réfugiés, hébergés par des associations chargées d’insertion, en particulier. Emmaüs Solidarité à une une grande expérience de l’accueil des personnes à la rue. Je résumerai ma réponse en faisant valoir une évidence certaine: la culture est universelle et elle est l’amour du partage. Et à notre échelle, nous les artistes, nous avons le devoir de stimuler la création. La peinture n’est pas seulement une question d’ombres et de lumières mais aussi un outil puissant c’est à dire un outil capable de stimuler l’énergie créatrice. La culture dans le monde a également pour devoir de diffuser la culture en connectivité permanente avec la paix la tolérance et un monde sans frontières. Utopiques certes mais avec l’art essayons ! Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets ? Je ne peux à l’instant donner tout le détail, mais je peux vous dire que je continue de lancer des projets sur l’initiation de l’art à l’ensemble des acteurs de la société, en donnant la priorité à ceux qui en sont un peu 44 culturetoute.com 30.12.2016

Un conseil pour les artistes marocains ? Comment pourrais-je donner conseil à

des artistes marocains, ou d’une autre nationalité ? Ce que j’aimerais tout de


même dire aux artistes marocains c’est de continuer , de bien vouloir développer leurs énergies non seulement dans les expositions, mais aussi pour tous ceux qui en sont éloignés, … , et pourquoi ne pas créer un jour un conservatoire ou un espace pour les artistes dans chaque quartier ? Continuons aussi à travailler avec les enfants et allons ensemble les chercher s’il le faut pour développer leur sens artistique.

Que pensez-vous d’un webzine culturel au maroc comme culturetoute ? Je suis ravie que cela a enfin vu le jour. C’est une excellente initiative très appréciée par les artistes. C’est notre objectif à tous, que tout le monde ait accès à la culture et que celle-ci ne soit pas réservée uniquement à une élite ! © culturetoute.com 30.12.2016 culturetoute.com 45



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