AH Info 160 : édition spéciale mobilité

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AH info 160

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Éditorial

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SOL : coup d’envoi

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Préambule du SOL : Les laboratoires créatifs

E411/A4 – Sortie 8a : lancement du chantier

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À quelle sauce le spaghetti ?

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Pierre Lacroix PAYSAGES RÉSILIENTS  :

Approche systémique du territoire post-effondrement. Architecte paysagiste. Prix 2018 de la Fondation des générations du futur.

Aménagement du territoire et mobilité : réflexions citoyennes

10 Vous avez dit : LLN ville cyclable ? 11 La trottinette électrique,

joyeuse entrée

13 Philibert, le père du RER 14 Nouvelles des quartiers 15 Épinglé pour vous 16 Les grands moments de l’AH :

Invitation à l’Assemblée générale du 24 mars 2019

Éditeur responsable : Anne Quévit

Les articles de l’AH Info sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Ils n’engagent pas la responsabilité de l’Association des Habitants.

Coordination : Alix Buron Comité de rédaction : Maria Allard, Ignace Hecquet, Walter Hilgers, Anne Quévit, Any Reiland, Martine Renders, Paul Thielen Mise en pages : Sandy Doutreluingne

Avec le soutien de la Fédération Wallonie – Bruxelles

Éditorial

Sommaire

Le périodique de l’Association – Édition publique tirée à 6 150 exemplaires – Mars 2019 – Association des Habitants de Louvain-la-Neuve asbl – Ferme du Biéreau - Scavée du Biéreau, 3 - 1348 Louvain-la-Neuve – Tél. : 010/45 29 12 – info@ahlln.be – www.ahlln.be – BE57 0682 0795 9135 – TVA 420 934 567

Deux thèmes traversent ce numéro : la mobilité et la participation au Schéma d’Orientation Local des environs de la gare (SOL). Comme promis, la Ville a lancé la démarche participative pour l’élaboration du SOL (entrée Nord-Est de LLN) ! Une belle opportunité pour les habitants de peser sur les décisions ? D’aucuns n’y croient pas ! N’est-ce pas la raison du plus fort qui de toute façon l’emportera ? Quel poids peuvent avoir les habitants ? D’autres répondent : l’importante participation à la consultation populaire a conduit les responsables à suspendre le projet et à décider de procéder au SOL participatif. À ce stade gageons que cette décision ouvre la porte à une réelle prise en considération de ce qui a poussé tant d’habitants à réagir ! À première vue l’enjeu est celui-ci : un vaste centre commercial ou pas ? À l’autopsie, les enjeux sont bien plus profonds. Ils touchent à la gouvernance à OLLN, à la qualité de la vie dans la ville et sur la planète. La consultation populaire était un appel aux élus : « écoutez-nous » ! Protégeznous des projets qui poussent au consumérisme, nous conduisent droit dans le mur du réchauffement climatique et des inégalités sociales. Stop à la gouvernance en vase clos, aux faits accomplis ! Privilégiez l’équilibre entre raison d’argent et raison des gens, celle qui enrichit l’humain et l’environnement. N’est-ce pas précisément ce qui est demandé aujourd’hui dans les rues, en vert, en jaune, en rouge et plus inquiétant, en noir ? La grande réussite de LLN, c’était d’avoir voulu l’équilibre entre fonction économique et valeurs non marchandes. Donc une ville piétonne pensée pour ceux qui y vivent, y travaillent, y étudient. Une dalle de béton pour reléguer la voiture en sous-sol et laisser les piétons à l’air libre ! C’était génial, visionnaire et précurseur ! Pourtant, entre mobilité sauvage, mobilité douce, transports en commun, ville piétonne, ville cyclable, la cité chavire ! L’espoir et la sagesse voudraient que la mobilité soit repensée dans une vision d’avenir de la vie locale et non comme pièce rapportée. Et si OLLN redevenait une ville de visionnaires ? Anne Quévit, présidente


Dossiers de l’AH

Coup d’envoi de la participation au SOL du centre ville L’avenir du quartier de la gare de Louvain-laNeuve et de l’Esplanade La parole aux citoyens, pour commencer Vous en avez certainement entendu parler, un Schéma d’Orientation Local (SOL) a été initié par la Ville afin de préciser la manière dont cette zone va être urbanisée. Les autorités communales souhaitent un développement de la zone qui rencontre au mieux les attentes des citoyens, sans toutefois éluder les contraintes. Dans ce but, elles ont décidé d’organiser un processus participatif conjoint au processus urbanistique du SOL, pour alimenter la réflexion et construire ensemble un avant-projet de SOL. Une première réunion publique d’information a eu lieu le 20 février à Louvain-la-Neuve. Elle a permis de présenter le cadre administratif et le périmètre du futur SOL, ainsi que ses étapes d’élaboration. Elle a surtout été l’occasion de détailler la façon dont va se dérouler le processus participatif, ses ambitions et les modalités de participation.

Le processus participatif Un appel à candidatures clôturé le 6 mars a été lancé afin de constituer le panel de citoyens. Les personnes intéressées ont été invitées à la poser via le formulaire prévu à cet effet. Un tirage au sort parmi les candidats de chacune des catégories a ensuite permis de composer le panel. Le panel de citoyens se réunira au cours de 5 ateliers, répartis sur une période de 2 mois entre fin mars et fin mai. L’analyse du contexte, l’élaboration d’un diagnostic partagé, les objectifs et options à privilégier seront progressivement affinés afin d’aboutir à des esquisses et/ou à des scénarios destinés à alimenter l’avant-projet de SOL. Une réunion publique de restitution des résultats sera organisée en juin. Accompagné par un bureau neutre et indépendant (Espace Environnement), ce processus a pour objectif de faire dialoguer les différents acteurs et d’éclairer les mandataires communaux au moment où les options à privilégier devront être choisies. Un travail en ateliers participatifs – un groupe constitué de 25 citoyens – sera au centre du processus. Ce groupe sera le plus représentatif possible des différents acteurs, habitants et usagers du centre de Louvain-la-Neuve (la composition du panel est détaillée dans l’encadré). Le travail en ateliers successifs permettra aux participants de bien appréhender le contexte, les enjeux, les visions des autres acteurs… et de se donner les moyens d’exprimer leurs propres besoins et attentes. Les ateliers seront construits selon une logique d’entonnoir, privilégiant des informations généralistes au début, puis en affinant progressivement les débats autour de sujets de plus en plus pointus. Il est donc indispensable que les membres du panel participent à la totalité des ateliers.

Comment alimenter le processus, si on ne participe pas aux ateliers ? Le site internet www.sol-llncentre.be permettra de diffuser les informations utiles sur la démarche et son cadre. Il intégrera les comptes-rendus des ateliers et permettra de recueillir les réactions des citoyens. Ces apports seront transmis aux membres du panel au cours des ateliers suivants pour alimenter leur réflexion.

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Des animateurs neutres et spécialisés Espace Environnement animera les ateliers en favorisant l’écoute et le dialogue, dans une posture neutre et indépendante. Régulièrement, les ateliers accueilleront des interve-

Le périmètre du S.O.L. Crédit photo : www.espace-environnement.be

nants extérieurs (acteurs institutionnels et/ou ayant un lien avec l’avenir du quartier) afin d’apporter un éclairage particulier sur certaines questions.

Une charte d’engagement Chaque personne désirant intégrer le panel sera invitée à souscrire à la charte d’engagement qui définit le processus participatif. La charte (disponible sur le site internet) précise les règles à respecter pour garantir un dialogue constructif entre les participants, condition indispensable pour aboutir à un résultat fructueux.

Composition du panel › 12 habitants de Louvain-la-Neuve, en veillant à un équilibre hommes/ femmes, une répartition entre les différents quartiers, ainsi qu’une diversité dans les tranches d’âges et activités › 3 habitants d’Ottignies-Louvain-la-Neuve qui résident hors LLN › 3 étudiants › 3 usagers du centre-ville, non habitants de la commune (travailleurs, usagers des services ou commerces…) › 2 commerçants (un situé dans le centre commercial ; un autre en dehors du centre) › 1 représentant de l’Association des Habitants › 1 représentant de la Commission Consultative communale d’Aménagement du Territoire et de la Mobilité (CCATM)

Le calendrier

L’élaboration du Schéma d’Orientation Local À la suite du processus participatif, un bureau d’étude spécialisé va élaborer un avant-projet de SOL, tenant compte des résultats du panel citoyen qui sera soumis à l’approbation du Conseil communal. Cet avant-projet doit ensuite faire l’objet d’un Rapport d’Incidences Environnementales (RIE) et être soumis pour avis à une série d’instances. Le Conseil communal adopte alors un projet de SOL en tenant compte du RIE et des avis des instances. Puis, ce projet de SOL est soumis à enquête publique permettant à la population d’exprimer ses remarques et commentaires. Finalement, le Conseil communal adopte le SOL en tenant compte des remarques et avis exprimés dans le cadre de l’enquête publique. Cette dernière étape n’est pas attendue avant fin 2020. Espace Environnement ASBL, rue de Montigny 29 – 6000 Charleroi Tél 071300300 – Fax 071 509 678 info@espace-environnement.be www.espace-environnement.be


En vue de la participation au SOL, l’AH a invité les habitants qui le souhaitaient à « Ouvrir des possibles ». Rappelons que le but de l’Association n’était pas de ficeler un Schéma d’Orientation Local, ni de faire concurrence à la démarche de la Ville. Au contraire, le processus s’est voulu préparatoire et complémentaire. Il s’est déroulé en toute transparence vis-à-vis des responsables de l’UCL et de la Ville qui ont été invités à y contribuer. Plusieurs élus s’en sont bien rendu compte et n’ont pas manqué de participer aux ateliers, y compris notre nouvelle bourgmestre. Ils ont pu apprécier la démarche

places publiques tous les 300 mètres, diversité des cheminements, architectures de murs et murets favorisant la pause et la conversation. D’où la qualité de ce milieu urbain propice à la vie communautaire. Ils ont aussi vu comment les aménagements plus récents rompent avec ces préoccupations d’origine : voiries plus larges et rectilignes, immeubles aux gabarits plus importants, moindre intégration des fonctions et des immeubles qui confèrent un aspect plus fonctionnaliste au centre-ville.

Des espaces publics ouverts et verts Le premier atelier était consacré aux espaces ouverts et publics. OUVERTURE était le maître mot de la vision : ouverture de la ville sur son environnement, avec des liens forts vers les entités voisines plutôt qu’une polarisation de toutes les fonctions sur LLN ; ouverture de la gare sur le centre-ville plutôt que sur un centre commercial ; ouverture de tous les espaces publics, généreux et accueillants ; ouverture aussi du tissu bâti pensé pour contrer « l’effet barrière » qui caractérise le site actuellement.

La mise en valeur du potentiel paysager du site

Dossiers de l’AH

En préambule du SOL : les laboratoires créatifs de l’AH

Il importe que le vallon dans lequel se développe l’entrée de ville conserve ses qualités paysagères, aboutissant sur un large espace vert vallonné qui rejoindrait le niveau de la dalle et se connecterait avec les nouveaux Jardins de Courbevoie. Un espace naturel où se rencontreraient les 3 quartiers. proposée : une visite de LLN pour comprendre la structure urbaine et découvrir les principes directeurs, une visite du site pour percevoir les difficultés, les contraintes du relief, le gabarit des constructions existantes. Deux après-midis de laboratoire créatif ont abouti à une série de propositions pertinentes faites par des participants motivés, souhaitant une ville ouverte sur l’avenir de la planète et de ses habitants. Tous ont bien compris qu’il s’agissait à ce stade, pour ce site hautement stratégique et symbolique au coeur de la Ville, de s’autoriser à laisser l’imagination libre, indépendamment des contraintes juridiques et administratives qui seront nécessairement rappelées lors de l’élaboration du SOL. Au total, plus de 200 personnes se sont intéressées au processus et y ont contribué à un moment ou un autre, le tout dans une atmosphère très amicale et constructive.

Une triple « idée force » : une ville de dialogue, de rencontre et d’équilibre Au cours des ateliers, les participants ont abordé les trois dimensions de l’espace urbain : l’espace ouvert, l’espace public et l’espace bâti. Les propositions ont été reportées sur une carte mentale et sur une maquette. Ces deux supports constituent des outils qui peuvent susciter d’autres idées, d’autres propositions et provoquer la réflexion. Une pluralité d’objectifs émergent de l’ensemble des propositions faites par les participants. Elles s’articulent à une triple « idée force » (Au Larousse : Idée principale, pivot d’un raisonnement, germe d’action ) : ville de dialogue, de rencontre, d’équilibre. Une idée force dans le prolongement de celle qui agissait en amont du projet de LLN : « ville de dialogue, de rencontre, de confrontation d’idées » (Michel Woitrin). De fait, au fil de la visite de LLN, les participants ont constaté qu’urbanistes et architectes ont intégré cette idée pour modeler une ville piétonne à taille humaine : intégration des fonctions, espaces semi-publics séparant les espaces privés des voiries,

L’espace ouvert fait la part belle à la végétation par laquelle la dalle du centre-ville rejoint le paysage environnant ainsi qu’à l’espace public s’appuyant sur la création de nouvelles places qui complètent le maillage du centre-ville. On souhaite un parcours piéton agréable vers le centre permettant de longer l’Esplanade et d’accéder à de petits commerces et des services le long du parcours, exempt de pollutions liées à l’automobile. Un site que l’on voudrait lieu de rencontre et d’échange où se mêlent différentes fonctions : logements, services, productions/création, culture, commerce. Un lieu accessible et ouvert physiquement et économiquement à tous, notamment aux jeunes et aux personnes âgées. Les participants verraient d’un bon œil s’y développer de l’agriculture urbaine.

Mobilité douce et non polluante D’où la promotion des mobilités douces (développement d’un réseau cyclable), l’amélioration de l’intermodalité, la réduction de la place réservée à la voiture. Espace d’accueil par excellence, les participants préfèrent une gare à ciel ouvert à reconfigurer comme un réel espace public. De l’air, de la lumière et de la verdure ainsi que des bâtiments aux façades animées. Sous la dalle, ils proposent de réduire à une voie la circulation automobile et d’ouvrir le mur qui sépare la voirie des quais pour que les bus déposent les voyageurs à hauteur des quais. Par-dessus ces derniers, une nouvelle place entre les Halles et la ville accueillerait des

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Dossiers de l’AH 4

› usagers de tous horizons. Flâneurs, cyclistes et PMR sont prioritaires dans tous les aménagements.

Une zone dédiée à une nouvelle économie Le second atelier était consacré à l’espace bâti. Les participants le voient en lien avec l’espace public. Ils cherchent à lui apporter une véritable échelle humaine. On pense à une halle de producteurs ou une halle de la création ouverte tant aux petits producteurs qu’aux créateurs : artistes et artisans. Ils suggèrent de dédier ce site à la nouvelle économie, celle qui soutient les producteurs locaux, qui offre des conditions d’emplois respectueuses des droits humains, qui n’épuise plus les ressources naturelles et proscrit les produits toxiques. Ils proposent donc de nouveaux bâtiments et de nouvelles fonctions qu’ils adossent aux façades fermées du complexe commercial pour animer les façades aveugles. Ils les affectent à des ateliers de production de réparation, de récupération, de recyclage côté Lauzelle, au logement et services côté Antenne communale. Ils pensent au co-working également. Ils imaginent convertir la traverse de l’Échange en une Rambla propice à la promenade.

Ils aimeraient une diversité et une créativité architecturale, l’usage de matériaux renouvelables ou recyclés. En particulier face à l’entrée de ville, ils préconisent un signal d’avenir, un effet « waouh ! ». Une nouvelle fonction emblématique est appelée à s’y implanter… qui mériterait un concours d’architecture, ce qui ne s’est jamais vu pour les projets à LLN. Toutes ces propositions reflètent une recherche d’équilibre : équilibre et intégration des fonctions, équilibre entre nature et bâti en donnant toute son importance à l’aspect paysager, équilibre entre dimension humaine et dimension économique. La maquette est présentée dans le cadre de l’exposition Musée du Capitalisme au Musée L jusqu’au 18 avril. Venez la découvrir. Que vous soyez sélectionné ou non pour participer activement à l’élaboration du SOL, elle nourrira vos réflexions et vous inspirera d’autres idées et d’autres propositions. Anne Quévit


Comme vous avez pu le remarquer si vous passez régulièrement par là, les premiers coups de pelle ont été donnés en vue de la réalisation du chantier des accès au P+R. Un comité de suivi du chantier a été créé et l’Association des Habitants en fait partie. Notre rôle sera de veiller au bon respect de certaines impositions telles que les horaires, l’état des routes aux abords du chantier, le respect des riverains en termes de nuisances sonores… Ce sera aussi l’occasion de vous tenir au courant de l’état d’avancement ainsi que des grosses nuisances incontournables à prévoir. Ces travaux vont durer jusque fin 2020. Ils sont divisés en 3 phases : le « spaghetti » qui va relier l’autoroute E411 au P+R, la sortie sur le boulevard de Wallonie et l’élargissement du pont de l’autoroute pour y inclure un passage piétons/vélos sécurisé. Dans un premier temps, ce seront des travaux liés au déplacement ou à la mise en place des impétrants (eau, gaz, lignes téléphoniques, électricité, égouts…), surtout à hauteur de l’entrée/sortie du P+R sur la N4. La circulation sera déviée tantôt d’un côté de la N4 tantôt de l’autre. Même si le MET annonce peu de perturbations au niveau du trafic, je vous conseille d’éviter le coin. Ce qu’on verra aussi rapidement, c’est la modification provisoire de la sortie 8a en provenance de Bruxelles ou de Namur : la circulation sera envoyée vers la rue Jean Monnet et rejoindra le rond-point situé à hauteur des bâtiments ORES et INBW. Pour plus de détails, je vous invite à consulter sur le site de l’AH le communiqué de presse qui a été publié par le MET. Adresse : www.ahlln.be Dans le projet initial, la liaison E411 – P+R devait passer par l’élargissement de 2 à 3 bandes du pont de l’autoroute ainsi que de 1 à 2 bandes pour la bretelle de sortie en provenance de Namur. Vu les retards accumulés par la mise en service du RER, le MET remet ces modifications à plus tard. Cette

portion devrait à l’heure actuelle suffire pour absorber la circulation entrante. Rappelons aussi qu’une étude de mobilité vient d’être faite sur LLN et devrait fournir des éléments de réponse (on en reparlera !). Mais revenons un peu en arrière. Il y a 6 ans, souvenez-vous, l’AH avait introduit un recours à l’encontre de la SNCB-Holding concernant la construction du P+R. Craignant pour le bien-être des habitants et pour leur qualité de vie, l’AH s’était positionnée en exprimant son inquiétude par rapport aux nuisances que ce projet pouvait engendrer sur LLN. Si l’entrée principale devait absorber le flux principal de voitures, l’entrée secondaire était elle aussi indispensable à la viabilité du projet selon la SNCB-Holding. Nous nous sommes inquiétés d’une augmentation de la circulation dans LLN et avons demandé que les entrées du P+R se fassent de manière imperméable à LLN, en accès direct de la E411. Un accord a été trouvé, reprenant 13 points, scellé dans une motion (visible sur le site de l’AH) votée à l’unanimité au Conseil communal. Celui-ci reprend aussi des aménagements à mettre en place tels qu’un mur anti-bruit le long du boulevard de Wallonie, des revêtements en SMA sur les pénétrantes et une limitation de vitesse à 50 km/h, très peu respectée actuellement il faut le dire.

Mobilité

E411/A4 – sortie n°8a « Louvain-la-Neuve » Lancement du chantier d’aménagement d’une liaison directe entre l’autoroute et le parking P+R (Park and Ride)

LLN est une ville en pleine évolution urbanistique. D’autres chantiers sont encore prévus. Nous devons veiller à ce que la qualité de vie des habitants ne soit pas détériorée par ces nouveaux chantiers mais au minimum, maintenue et au mieux améliorée. Didier Croonenborghs

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Mobilité


« Spaghetti » ? C’est le joli nom de baptême donné aux accès routiers qui, d’ici deux ans, relieront la E411 au parking relais SNCB (P+R) de Louvain-la-Neuve (photo p 5). Malgré les effets d’annonce, cette version « spaghetti » de l’échangeur 8a pourrait à l’avenir s’avérer moins goûteuse qu’il n’y parait. L’ambition de cette liaison routière en site propre est de favoriser l’accessibilité automobile du P+R tout en améliorant « sensiblement la fluidité de la circulation contrairement à la situation actuelle en proie à des embouteillages récurrents » (permis accès au P+R/ WF217955 page 8). Or, plusieurs indices font craindre le contraire.

Inventaire des impasses redoutées › Entre 2010 et 2019, le trafic quittant la E411 par les bre-

telles Sud et Nord en heure de pointe du matin (HPM) a explosé, passant de 1135 véhicules (Ariès) à 2200 (Derom). Cet accroissement fut rendu possible par la création en 2015 d’un tourne-à-droite sur le rond-point de Wallonie (RPW), un by-pass depuis lors fort fréquenté (670 en HPM).

› L’ajout sur le RPW d’une insertion à l’intention du trafic

venant de la E411-Sud ne permettra plus à ces automobilistes d’accéder à ce by-pass et provoquera la saturation du rond-point. Un risque clairement redouté par la Zone de police locale d’OLLN : « les voiries venant de la E411 (Namur, Bruxelles) qui débouchent sur le giratoire sont très proches l’une de l’autre (risque de conflits) » (permis accès P+R page  5). › L’abandon de l’élargissement à trois bandes du pont sur la E411 à droite de l’échangeur 8a va probablement nous faire renouer avec les remontées de file observées depuis 2014 et ainsi décourager les navetteurs de se diriger vers le parking relais SNCB construit à leur intention.

la E411. Son esquisse comportait un chapelet de ronds-points accessibles depuis et vers la E411-Sud via 2 nouvelles bretelles au droit du pont de Vieusart, et une bretelle de sortie de la E411Nord vers l’Avenue Jean Monnet. L’échangeur 8a restait intact et, vu l’absence de nouveaux ouvrages d’art, la viabilisation des 47 ha de cette zone n’aurait pas coûté davantage que le plat de « spaghetti ». À l’époque, on partait d’une page blanche. Mais la précipitation qui a ensuite prévalu afin d’obtenir au plus vite le permis du P+R, a chamboulé ces visions raisonnables.

Trop tard pour rattraper la sauce ? Puisque le P+R est là, essayons de le transformer en un outil performant au service d’une mobilité plus durable. La marge est étroite tant la configuration de notre belle cité piétonne est complexe et de plus en plus étriquée. Le PCM 2020 (Plan Communal de Mobilité) nous tracera certainement quelques pistes : priorité aux modes doux et aux transports en commun, intermodalité. Et si le RER vient à nous d’ici quelques années, osons espérer que le balancier commencera à pencher du côté désirable. Reste-t-il aujourd’hui des pistes pour éviter les impasses techniques et les faiblesses du réaménagement de l’échangeur 8a dont le chantier vient de débuter ? Peu probable puisque la plupart des adjudications ont été délivrées. Nous avons cependant demandé à André Mertens, un des pères de l’urbanisation de LLN, de se prêter à l’exercice. Il nous propose une esquisse alternative au « spaghetti » des accès routiers au P+R tel qu’il nous est servi. Cette alternative, nous l’avons baptisée du doux nom de « macaroni » (plan ci-contre). Un macaroni dont l’ambition serait de relever les 6 défis suivants : › Dé-saturer le rond-point de Wallonie (RPW) › Permettre au trafic sortant de la E411 d’accéder au by-

pass du RPW

› Limiter les nuisances dans les zones résidentielles

Était-il possible de faire mieux ou de faire moins ? Oui ! Pas mal d’habitants l’ont demandé lors des enquêtes publiques. Leur premier souhait était de favoriser l’accès aux transports en commun de façon décentralisée et par des modes doux. Autrement dit, au plus près de leurs lieux de résidence plutôt que dans un hub urbain accessible en voiture particulière. Une fois l’option d’un P+R de 2 300 places décidée, ils invitaient les concepteurs à mieux le localiser, à en réduire la taille et à l’intégrer dans un pôle multimodal : gare ferroviaire, TEC, covoiturage, kiss&ride. Ces attentes n’ont pas (encore ?) été rencontrées : les automobilistes seront aspirés en masse vers un centre urbain déjà encombré. Cette politique paradoxale qui fait la part belle à la voiture particulière, a des effets néfastes qui ne sont plus à démontrer. Sur la santé des citadins en premier lieu(1). Sur le changement climatique que nos propres enfants appellent massivement à endiguer. Cette politique accroît enfin la tentation de faire plus de la même chose à l’avenir, c’est-à-dire d’augmenter et d’élargir le réseau routier pour résoudre la congestion automobile qu’elle a elle-même favorisée. Pourtant, dès 2008, les alternatives au « spaghetti » tel qu’il nous est servi aujourd’hui n’ont pas manqué. Parmi elles, retenons celle dessinée par l’urbaniste Luc Boulet qui travaillait à l’UCLouvain. Ce projet tout à fait original par sa simplicité (esquisse cicontre) anticipait l’extension du parc scientifique entre la N4 et

Mobilité

À quelle sauce allons-nous devoir manger le spaghetti ?

› Réduire le transit par l’anneau central › Relier le parking Courbevoie à la N4 › Découpler le P+R du parking résidentiel de Courbevoie

Pari tenu, même si ce macaroni et le spaghetti ont un petit goût de famille. Régalez-vous mais demeurons vigilants car dans le paradis de la voiture particulière, le « Miracoli » n’existe pas ! Mike Derom

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Vox pop https://www.arte.tv/fr/videos/078527-033-A/vox-pop/

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Mobilité

Aménagement du Territoire et Mobilité : Réflexions Citoyennes

Au départ : une optique de la transition L’optique de la transition se situe dans la perspective d’une série de crises qui affectent notre planète non seulement pour sa qualité de vie d’aujourd’hui mais aussi et surtout, pour ses possibilités de survie dans un avenir plus ou moins lointain. Pensons en particulier aux problèmes de contamination de la terre, de l’eau et de l’air dus à l’excès de transport motorisé, à l’activité industrielle, aux méthodes chimiques de l’agriculture et aux excès de consommation, avec des conséquences sur les évolutions climatiques et sur la santé publique. Pensons aussi à l’épuisement des ressources naturelles et à l’évolution de la distribution des revenus et des biens, insensée autant au regard des problèmes de pauvreté hallucinante que des revenus élevés sans limite raisonnable. Ces problèmes sont effectivement d’ordre planétaire : ils sont présents dans (presque) tous les pays, les régions et... les villes. Ils mettent ainsi en question chaque habitant de la planète. Ce qui suit concerne les problèmes relatifs à l’Aménagement du Territoire et la Mobilité (ATM), à la fois d’un point de vue local et d’un point de vue planétaire. La mobilité dans le cadre présent concerne essentiellement la mobilité des personnes avec une attention secondaire au transport des marchandises.

La mobilité Structure de la mobilité des personnes. Distinguons : – la mobilité douce (non motorisée) – la mobilité motorisée collective – la mobilité motorisée individuelle Ces modes de mobilité sont ainsi mentionnés dans un ordre croissant des coûts et dans un ordre croissant des dégâts de pollution. Il faut aussi remarquer que cet ordre des modes de mobilité est fortement décroissant quant à un impact positif sur la santé. Faut-il en effet rappeler que l’obésité et la santé cardio-vasculaire, notamment, sont fortement influencées par l’intensité de l’activité physique des individus. Objectifs d’une stratégie « Aménagement du territoire et Mobilité » : – maximiser la part de la mobilité douce (non motorisée) – dans la mobilité motorisée : maximiser la part de la mobilité collective – dans la mobilité motorisée individuelle : encourager les moyens de locomotion « propres »

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Le choix du mode de mobilité par les personnes est le résultat d’un équilibre entre les besoins de mobilité de l’individu et l’offre des moyens de mobilité. Une stratégie d’ATM devra donc se préoccuper à la fois des besoins de mobilité des individus et des offres de transport collectif. Au-delà des objectifs immédiats, les objectifs de l’aménagement du territoire ne se limitent pas au seul domaine de la mobilité des personnes. Citons notamment : – diminuer l’imperméabilisation des terres et donc réduire au maximum la surface des terrains construits. Dans les espaces urbanisés, il faut veiller à l’efficacité sociétale des espaces consacrés aux infrastructures lourdes (chemin de

fer, axes de grande circulation) en les recouvrant de bâtiments, particulièrement des bâtiments à usage collectif ou industriel. – rapprocher les cultures maraîchères de leurs lieux de consommation et ainsi notamment diminuer le volume du transport des fruits et légumes.

Une stratégie d’aménagement du territoire Idée de base : regrouper habitat et emploi en « Entités Territoriales Intégrées » (ETI) et relier les centres de celles-ci par un réseau de transport à haute performance.

Les Entités Territoriales Intégrées (ETI) Ce sont des territoires de forme convexe (par exemple, un cercle ou un carré) de maximum 1 km² (100 ha) qui regroupent emploi, service et habitat. Au centre d’une ETI se situe un point d’arrêt du réseau de transport en commun. Ce centre est ainsi une zone de haute densité d’emploi et d’habitat et cette densité se fait décroissante en s’éloignant de ce point central. La dimension des ETI est telle que les trajets entre un point quelconque et le centre ne dépassent pas 500 m. et même les trajets entre points extrêmes opposés ne dépassent pas 1000 m. Ces trajets peuvent donc se faire aisément en mobilité douce. La circulation à l’intérieur d’une ETI sera « douce », c’est-à-dire limitée à 30 km/h et donnant la priorité aux piétons et aux engins de mobilité douce.

Une restructuration du transport des personnes Une restructuration de la mobilité routière. Un axe crucial de cette stratégie d’aménagement du territoire est une séparation drastique entre deux types de trafic : – circulation locale : chaque ETI est délimitée et entourée par une rocade dont les accès vers l’intérieur se font par des ronds-points. Avec un rayon de 500 m, un trajet à 30 km/h ne prendrait pas plus d’une minute entre la périphérie et le centre d’une ETI. – trafic de transit : axes routiers réunissant les ETI. Un réseau de transport en commun à haute performance. Pour être efficace, le réseau de transport collectif reliant les centres de ETI devra offrir un service de haute qualité, à savoir haute fréquence, large plage horaire et bonne connexion avec l’ensemble des réseaux de transport collectif. En général, le transport collectif fait face à des coûts dominés par les coûts fixes, en particulier d’infrastructure. Il n’est donc efficace, au point de vue économique, que moyennant un taux d’utilisation moyen élevé, la moyenne se calculant non seulement sur l’ensemble des heures de la journée mais aussi sur l’ensemble des jours de la semaine et l’ensemble des saisons. Ce taux d’utilisation est déterminé par : – la densité d’habitats et d’emplois autour des points d’arrêt ; – la mixité de fonctions habitat et emploi qui évite des trafics


Mobilité

Fresque de Luc Schuiten, auditoires Socrate, LLN Photo Alix Buron

pendulaires ; ceux-ci impliquent des sous-emplois d’infrastructure aux heures creuses ; – la multiplicité générationnelle de l’habitat : le quatrième âge en particulier a une mobilité très complémentaire par rapport aux générations en âge d’école ou de travail ; – la propension des individus à choisir un transport collectif plutôt qu’un transport motorisé individuel ; celle-ci dépend crucialement de la richesse de l’offre du transport collectif.

Action politique et action citoyenne Horizon d’une stratégie et coût de réalisation. Une modification profonde de l’aménagement du territoire ne peut se réaliser que sur un laps de temps assez long, de l’ordre de 50 années. En effet, une réalisation sur une période courte serait extrêmement coûteuse, impliquant de nombreuses démolitions d’immeubles alors qu’une réalisation sur 50 ans par exemple, permettrait de gérer intelligemment « la mort naturelle » des immeubles d’habitation (env. 2 % par an). Horizon d’une stratégie et implication du monde politique. Il convient d’insister sur une nécessaire collaboration entre l’opinion publique et le monde politique. En effet, un parti politique ne pourra soutenir une politique cohérente en matière d’aménagement du territoire sur un horizon de 50 ans que s’il est stimulé par une volonté cohérente des citoyens. Inversement, les représentants politiques devront s’activer pour convaincre l’opinion publique de la nécessité d’une stratégie de long terme en matière d’aménagement du territoire.

Les enjeux d’une région en transition – plus d’autonomie énergétique : on sait en particulier que l’avenir des ressources pétrolières est très incertain avec vraisemblablement des fluctuations des prix (mondiaux) brutales et peu prévisibles et des coûts environnementaux dramatiquement croissants dans l’exploitation des nouvelles ressources pétrolières ; – moins de pollution atmosphérique : il s’agit non seulement de la pollution causée par les gaz d’échappement des moteurs à combustion (en particulier mais pas seulement, du CO2) mais aussi de l’émission de particules fines, provoquées notamment par le roulement et l’usure des pneus ; – moins d’encombrement du réseau routier et d’embouteillage, ce qui est aujourd’hui une cause colossale de perte de temps ; – économie des dépenses à la fois pour les individus et les collectivités ; – en particulier diminuer le nombre de kilomètres des routes entretenues par la collectivité, dans la mesure où progressivement la collectivité ne prendrait plus en charge l’entretien de liaisons entre des habitats ou entreprises situés hors des ETI et le réseau du trafic de transition.

L’outil fiscal Un des défis de cette ATM proposée concerne une réorientation fiscale sans augmenter la charge fiscale totale(1) en vue de financer le coût inévitable d’un réaménagement du territoire et de conscientiser les citoyens de l’impact sociétal de décisions individuelles en matière de localisation de l’habitat. Un aspect serait donc d’alléger la fiscalité immobilière pour les localisations à l’intérieur des ETI et d’alourdir cette fiscalité pour les localisations à l’extérieur des ETI.

Remarque finale Cette stratégie conduit à de profonds changements de mode de vie. Il faut donc penser en termes d’une stratégie du long terme, non seulement pour des raisons techniques de réalisation de grands travaux mais aussi pour des raisons psychosociologiques, pour permettre une évolution progressive d’un changement d’habitudes de vie.

Réflexions pour LLN et OLLN Un projet cohérent d’ATM ne peut traiter LLN comme une entité isolée. Un tel projet doit impliquer non seulement toute la commune d’OLLN mais aussi les communes voisines, telles que Wavre, Court-Saint-Étienne et Mont-Saint-Guibert. Actuellement, le centre urbanisé de LLN est entouré d’une rocade mais est trop étendu pour réaliser une seule ETI. Il faudra donc concevoir un réseau de points d’arrêt distants d’environ 1 km et couvrant non seulement l’actuel centre urbain amis aussi les extensions telles que centres sportifs, parcs industriels et nouveaux quartiers tels que Athéna. Chacun de ces points d’arrêt devrait être conçu comme un centre d’une ETI, celle-ci n’étant pas nécessairement entourée d’une rocade qui lui soit propre. L’importance est ici de structurer ces centres d’ETI en une haute densité d’emploi, de service et d’habitat pour donner à chacun de ces ETI un haut degré d’autonomie et permettre en particulier la mise en place d’un transport en commun beaucoup plus efficace qu’il ne l’est actuellement. Michel Mouchart, Professeur émérite de l’UCLouvain.

Il atterrit maintenant en douceur depuis qu’il a pris distance de son activité professionnelle en économétrie et en statistique.

1. La détermination d’une charge fiscale globale optimale est un autre débat.

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Mobilité

Vous avez dit : Louvain-la-Neuve, ville cyclable ? Joachim est cycliste au quotidien sur Louvain-la-Neuve. Avec son vélo cargo, il embarque ses deux enfants pour les conduire à la crèche et à l’école sur LLN comme pour aller voir famille et amis au-delà de LLN (Genappe, Wavre ou encore Rixensart).

Construite dans les années 70 sur un modèle de ville piétonne, Louvain-la-Neuve n’a pratiquement pas tenu compte de la mobilité à vélo lors de sa conception. Les rues principales de la dalle sont fort étroites, et les principales avenues dans les quartiers, de même que les boulevards n’intégraient pas de piste cyclable. Il faut dire que LLN s’est créée à l’époque du « tout à la voiture », le vélo s’il y a toujours été toléré, n’y était certainement pas la priorité. LLN fait pourtant figure d’exception dans le modèle de ville nouvelle de l’époque avec sa mobilité pensée autour du piéton et une philosophie de ville à échelle humaine avec des rues étroites, de nombreuses placettes et places pour favoriser la rencontre dans l’espace public. Mais point de place pour le vélo. Aujourd’hui l’essor, ou plutôt comme l’écrit Frédéric Héran, « le retour de la bicyclette », ne fait plus aucun doute. Si le phénomène est global, il se manifeste particulièrement dans notre ville comptant une proportion importante d’habitants conscientisés par rapport aux enjeux environnementaux. En quelques années, les comptages de cyclistes (réalisés par Provélo Ottignies) ont montré une forte progression du nombre de cyclistes (+25 % pour la commune et +20 % place de l’Université à Louvain-la-Neuve). De plus en plus de personnes abandonnent leur voiture pour aller au travail et rejoignent donc le matin la gare de LLN, comme d’autres viennent à LLN à vélo.

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À ceci s’ajoute un autre phénomène  : LLN continue de s’étendre ! Du bout des Bruyères à la gare, il y en a pour plus d’1,5 km et demain, pour près de 3 km jusqu’au bout du quartier Athéna. Soit plus d’une demi-heure à pied ou moins de 10 min à vélo… Déjà aujourd’hui, entre le quartier du Blocry et le haut du Biéreau, le vélo permet un gain de temps important. D’ailleurs qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le succès des trottinettes électriques partagées (Axio) provient sans doute en partie de ces distances parfois « importantes » intraLLN selon les trajets (et le temps dont on dispose). La question maintenant est de savoir si notre ville est capable de faire face à ce transfert modal et surtout jusqu’à quel point ? Un autre problème qui émerge depuis plusieurs années déjà est celui du partage des rues piétonnes entre piétons et cyclistes. Les rues sont pour la plupart étroites et la vitesse des vélos par rapport aux piétons ne rend pas la cohabitation aisée. La largeur des nouvelles rues Charlemagne et surtout de l’Union Européenne réduit le risque de conflit entre usagers mais pour le reste il est nécessaire en vélo d’adapter sa vitesse et en dernier recours de faire aller gentiment sa sonnette. Certes, LLN n’est pas Amsterdam ni Copenhague. Malgré tout, des solutions doivent pouvoir être mises en place pour faciliter l’accessibilité aux vélos et leur permettre d’agréables alternatives aux rues fort empruntées. Par exemple, les pénétrantes automobiles devraient toutes être munies de pistes cyclables (seul le Boulevard du Nord l’est actuellement).

Ainsi, une piste le long du Boulevard du Sud assurerait une liaison rapide pour certaines parties des quartiers des Bruyères et du Biéreau vers la gare des bus. Mais surtout, l’enjeu principal est de sécuriser les traversées de la rocade. Pratiquement aucune des traversées ne l’est (si ce n’est quelques pertuis pour piétons). C’est notamment le cas sur le boulevard de Lauzelle entre l’avenue des Citeaux et l’avenue Athéna, ou encore au niveau du boulevard Baudouin entre l’avenue Lemaitre et le parc Einstein. Or, ces traversées sont essentielles pour favoriser un accès rapide entre LLN et son « hinterland ». Notons aussi l’accès via le Bois des Rêves qui, bien que sécurisé, est, le long de sa portion boisée, dans un état lamentable… L’amplification nécessaire du transfert modal vers le vélo au quotidien (surtout pour de courtes distances) au sein, vers et depuis LLN, devra donc se faire par des aménagements plus directs, confortables et sécurisés qui permettent aux cyclistes voulant se déplacer rapidement d’éviter les rues piétonnes. Attention cependant, il ne s’agit pas d’interdire aux cyclistes de les emprunter, notamment pour les déplacements plus tranquilles, pour les enfants et les personnes qui le souhaitent. Joachim Romain

AH

Info

La traversée du Boulevard de Lauzelle au carrefour des Quatre vents Photo Mike Derom

Vous aimez écrire ? Vous souhaitez partager un point de vue, informer, faire réfléchir ?

L’AH INFO 161 paraîtra en juin 2019, soumettez-nous votre projet d’article en l’envoyant à : communication@ahlln.be avant le 1er mai 2019.


Comment l’arrivée de cette formule est-elle perçue par les utilisateurs occasionnels ou réguliers et par les non utilisateurs ? Quelle est la position de notre Échevin de la Mobilité ? Quel est l’itinéraire de Justin Courtois, fondateur de la start-up AXIO Rides ?

Quelques extraits de témoignages Micheline : partager les piétonniers... Un nouvel objet mobile et connecté a récemment fait son apparition dans LLN. Impossible de ne pas « la » remarquer… Elle, c’est la trottinette électrique AXIO qui s’emprunte là où elle traîne sur le site. Un tout petit clic sur votre smartphone et elle est à vous pour quelques minutes ou quelques heures… Pas encombrante, toujours dispo, rapide , elle a toutes les qualités ! Hélas, il y a un « hic » : son utilisation dépend du niveau de convivialité et de sociabilité de son utilisateur… Comme je me déplace dans LLN soit à pied soit sur mon bon vieux vélo, je suis fréquemment dépassée par ce mignon bolide qui se faufile en zigzaguant dans les rues de façon tout à fait inattendue et donc, de mon point de vue, dangereuse... Et si on essayait de partager les piétonniers de notre ville en sachant que seul le piéton en est et en reste le roi ! Sébastien, enseignant : utilisateur occasionnel, c’est extrêmement pratique ! …J’ai utilisé plusieurs fois le service de manière occasionnelle et c’est extrêmement pratique ! Une fois l’application lancée, on localise la trottinette la plus proche et après son trajet, il suffit de la laisser sur le lieu de destination. Pas besoin de penser à la recharger, pas besoin de la transporter, on se concentre sur le trajet ! Guillaume, étudiant UCL : c’est très pratique mais cher pour un usage régulier ! …C’est très pratique, je trouve souvent deux trottinettes garées près de la gare des bus, le matin. J’en prends une, je roule jusqu’à mon auditoire et je la laisse simplement. Néanmoins, étant devenu utilisateur de plus en plus régulier, cela finissait par me revenir trop cher ! En effet, avec 1 euro fixe à l’activation et 15 cents la minute, cela me revenait à entre 3 et 6 euros par jour en moyenne, sachant que j’utilisais également le service pour redescendre au centre sur le temps de midi. J’ai donc fini par m’en acheter une personnelle pour environ 350 euros, bien plus rentable ! Seul inconvénient, je dois la trimballer partout et ce n’est pas léger. Jean-Marc : il est temps de réglementer ce qui doit l’être... ...Force est de constater qu’il est temps de réglementer ce qui doit l’être pour fixer des limites claires aux trottineurs, notamment en ce qui concerne le stationnement de l’engin loué. On en voit désormais n’importe où, y compris en plein milieu de chemins de circulation empruntés aussi par des personnes malvoyantes ou aveugles.

Interview de David da Camara, Échevin de la Mobilité Que pensez-vous de l’arrivée des trottinettes électriques partagées en libre service à LLN ? La Commune a-t-elle dû délivrer certaines autorisations, imposer certaines limites de circulation sur la voie publique ? Si oui, quelles mesures peut-elle prendre en cas de non-respect des prescriptions ?

En avril 2018, Justin Courtois nous présente son projet. La Police était présente et a fait ses remarques et recommandations. À l’époque, il n’y avait encore rien de semblable en Europe. Les premières trottinettes électriques partagées font leur apparition à Paris en juin de la même année. La Commune n’avait donc pas d’expérience en la matière mais accepte le projet dans une logique de transmodalité, les voitures d’étudiants envahissant de plus en plus LLN… et d’autant que les trottinettes tout comme les vélos sont déjà bien présentes et tolérées… Une demande pour 8 conteneurs a été introduite, 2 seulement ont été acceptés et placés voie des Gaumais au Biéreau et rue des Chinels à l’Hocaille. Ce dernier sera déplacé près des bulles à verre sur le parking de la piscine du Centre sportif du Blocry suite à plusieurs plaintes et parce que la visibilité des piétons et des automobilistes au niveau de la traversée du passage pour piétons s’en trouve diminuée. (N.D.R : l’opérateur confirme que c’est en discussion avec la Commune)

Mobilité

La trottinette électrique partagée en libre service a fait sa « joyeuse (r)entrée » à Louvain-la-Neuve

Les trottinettes ont commencé à circuler à titre d’essai à partir du 15 septembre, entre-temps une évaluation a eu lieu : à part quelques plaintes, la principale concernant l’emplacement du conteneur rue des Chinels, le bilan est positif : pas de vols, pas de vandalisme, le nombre de locations est suffisant,… Actuellement il n’y a pas de cadre juridique légal. (N.D.R : Le Gouvernement bruxellois vient d’adopter un arrêté d’exécution d’une ordonnance destinée à réglementer ce secteur de la mobilité en plein développement : à partir du 1er février, la mise en location d’une flotte libre d’au moins 50 vélos, trottinettes et autres engins à deux roues à Bruxelles est soumise à l’obligation de disposer d’une licence). La commune se dotera d’un instrument pour réguler la location de trottinettes à LLN car, bien que pour le moment il n’y ait qu’un seul interlocuteur, d’autres opérateurs s’intéressent à la cité et pourraient introduire une demande. Il faut fixer très rapidement des balises : limites de vitesse, stationnement, enlèvement des trottinettes la nuit… En cas de non-respect du cadre et des normes, la licence accordée pourrait être retirée.

Interview de JUSTIN COURTOIS, fondateur de la start-up Quand, comment et pourquoi avez-vous eu l’idée de créer la start-up AXIO Rides  ? Comment avez-vous concrétisé ce projet ? J’ai 23 ans, un Bac en architecture à Bruxelles et je poursuis un Master en ingénieur-architecte à Louvain-la-Neuve. En y arrivant l’année passée pour mes études, j’ai trouvé qu’il manquait un moyen de mobilité accessible et facile en ville. C’est d’ailleurs également ce qui ressort du dernier Plan Communal de Mobilité datant de 2003. On peut par exemple facilement passer 25 minutes à pied pour aller des locaux EPL au centre sportif du Blocry, un temps parfois précieux. L’idée de créer cette start-up m’est venue début février 2018 après avoir entendu parler d’un système similaire venant d’être installé aux États-Unis. Le projet a été lancé 7 mois plus tard à la rentrée universitaire du 17 septembre 2018. À

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Mobilité

taires (+ de 18 ans) et travailleurs. La période de blocus est plus calme ainsi que le dimanche et les vacances d’hiver. Il n’y a pas de jours se démarquant spécialement et les pics s’observent principalement à chaque changement de cours (8h30-10h30-12h45-16h-18h). L’Association des Habitants a recueilli l’avis d’utilisateurs occasionnels, réguliers ou non. Points positifs : vision jeune et du futur, solution écologique, mode doux et partagé, appli facile, trottinettes bien entretenues... Souhaits : étendre dans tous les quartiers, aux parkings malins, aux parcs scientifiques, aux zonings, à Ottignies, étendre les horaires en soirée, aménager les voiries, apposer des autocollants résumant les principales mesures de sécurité à respecter...

Photo Justin Courtois

22 ans à l’époque, je ne disposais pas d’un grand nombre de contacts mais le bouche-à-oreille m’a permis de tomber rapidement sur des acteurs capables de réaliser les parties software et hardware nécessaires à la réalisation du projet. La mise en œuvre s’est faite en coopération avec les autorités communales et les services de Police. Un emprunt à la banque m’a permis de trouver les fonds nécessaires. Je n’ai aucun associé, j’occupe actuellement tous les postes mais ferai bientôt appel à des étudiants pour distribuer et récupérer les trottinettes matin et soir... Les trottinettes sont fabriquées en Chine et modifiées en Belgique pour correspondre au service. Une trentaine ont été sorties jusqu’à maintenant pour évaluer le rapport entretenu avec les habitants. Les trottinettes ne sont pas abandonnées dans la ville et sont récupérées chaque soir. Cela évite le vandalisme, nous permet de les entretenir, de garder un contrôle de qualité et de les redistribuer à des endroits stratégiques de manière journalière. Une zone est également délimitée pour garder un service accessible au plus grand nombre (passé cette zone, les trottinettes s’arrêtent et il faut alors revenir en arrière pour continuer à les utiliser ou mettre fin à son trajet). Ces premiers mois nous ont permis de tester quels sont les endroits stratégiques pour le dépôt des trottinettes chaque matin. Le public cible a répondu présent, étudiants universi-

Points négatifs : pas utilisable sans smartphone, coût élevé pour un usage régulier, craintes pour les autres usagers de la voie publique, en particulier pour les enfants, les seniors et les personnes à mobilité réduite, à cause de la vitesse, de la manière de rouler, du slalom, de l’« abandon » des trottinettes un peu n’importe où, de la difficulté de contrôler l’usage abusif par des mineurs d’âge... Batteries énergivores, l’usage des trottinettes ne se justifierait pas sur la dalle et devrait être réservé aux quartiers périphériques... Craintes : quid de la responsabilité en cas de dommages matériels, physiques... Que répondez-vous à tout cela ? L’extension de la zone est à l’étude. Des autocollants résumant les principales mesures de sécurité sont déjà présents sur chaque trottinette (dont le fait d’adapter sa vitesse). Une voie préférentielle est indiquée en bleu sur la carte de l’application mobile, celle-ci regroupe un ensemble de rues larges et confortables permettant de traverser la ville sans passer par les rues les plus fréquentées. Les trottinettes sont également un complément aux transports en commun, on observe que celles qui sont disponibles aux arrivées des gares de bus/trains sont les plus prisées. Nous sommes assurés pour la responsabilité liée au bon fonctionnement de notre matériel et chaque usager est donc responsable de ses actes. Propos recueillis par Maria Allard Dossier complet en ligne : https://www.ahlln.be

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Pour rester ou devenir membre de l’Association des Habitants, il n’est pas trop tard : La cotisation est de 10 € pour le premier membre d’une famille, et de 3 € pour les autres membres de plus de 16 ans et pour les étudiants isolés. À verser au compte BE57 0682 0795 9135 de l’AH-LLN asbl avec en communication : Cotisation 2019 suivie des noms et prénoms des membres concernés de votre famille.


Il était une fois un monsieur très génial et distrait qui rêvait qu’on en finisse avec tous ces embouteillages sur les autoroutes de son royaume. Il avait entendu dire qu’il y avait presque autant de voitures que d’habitants dans son pays, que c’était mauvais pour la santé et que ça mettait les gens de mauvaise humeur. Il avait raison, il fallait que ça cesse.

Une nuit, il rêva qu’il était assis dans un long tube qui glissait en silence, traversant de beaux paysages ensoleillés. Les autres passagers étaient gentils. Certains lisaient, d’autres riaient, il y avait même une dame très coquette qui disait qu’elle tricotait un bonnet pour sa filleule. Quand ce monsieur se réveilla, il raconta tout son rêve à sa petite femme. Oui, elle était petite mais pleine de bons sens. Sa femme lui dit : Mais chéri, tu n’as pas rêvé, ce tube dont tu parles, ça existe en vrai. C’est le train, le train que je prends depuis 35 ans pour aller travailler à Bruxelles. Et cette dame très coquette qui tricote, ce ne serait pas moi par hasard ? L’homme éberlué écarquilla les yeux et répondit : alors moi aussi il faut que je l’essaie. Ce train, il part à quelle heure demain ?. Toujours à la même heure chéri : à 6h, 7h, 8h... moi je prends celui de 6h.... Le lendemain, l’homme se leva de bonne heure, se rasa, déjeuna, enfila ses chaussettes à l’envers comme d’habitude et arriva à la gare à 7h30. Il pleuvait et il avait oublié son parapluie, il fallait attendre sur le quai parce que le train n’était pas encore là. Quand le train arriva, l’homme avait pris froid. Il éternuait mais n’avait pas de... mouchoir. Bon, je vous passe les détails. Voyant qu’il n’arriverait pas à l’heure à son travail – c’était un ingénieur qui travaillait dans un bureau – il retourna dare-dare à la maison, sauta dans sa voiture de société et, vlan rataplan, le voilà sur la E411. Mais, pas de chance, à peine arrivé à Rosières, ribambelle de queue leu leu ! Bon, pas grave, j’ai mon téléphone sans fil, j’appelle ma secrétaire, je donne quelques instructions par ci par là. Ça finira bien par se résorber. Au carrefour Léonard, Philibert commença à s’impatienter. Oui il s’appelait Philibert et était souvent en retard. Arrivé à son bureau capitonné, il prit sa tête entre les mains et se dit : c’est pas tenable, il faut que ça change. Alors, ni une ni deux, il ouvrit son portable et commença à analyser tous les scénarios possibles pour aider ses compatriotes à résoudre le problème des bouchons. Les esquisses s’amoncelaient dans tous les coins de son bureau mais rien n’y fit. À midi, en dégustant son sandwich au saumon, il pensa à sa petite femme qui le lui avait préparé. Et une idée lumineuse jaillit dans son cerveau : mais oui, le train, idiot que je suis ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ! Fort de sa mauvaise expérience du matin, il conclut que les trains, il n’y en avait pas assez. Il fallait qu’il y en ait

un tous les quarts d’heure. Oui, c’est ça... 4 trains par heure, ce serait parfait.

Mobilité

Philibert, le père du RER

Au comble de l’excitation, Philibert téléphona au patron de la Société Nationale des Chemins de Fer de Belgique, la SNCB, pour le mettre au parfum de sa découverte. Ce CEO qui était son ami – car les CEO se connaissent souvent entre eux – l’écouta avec attention et dit : le problème, c’est pas le nombre de trains, c’est le nombre de rails. « Comment ça ? » demanda Philibert perplexe. Ben, c’est tout simple, répondit le CEO, sur les grandes lignes, il y a des trains toutes les 8 minutes, mais ils ne peuvent pas s’arrêter à toutes les gares sans quoi il y aurait des bouchons, des retards. En fait, c’est dédoubler les voies qu’il faudrait faire, passer à 4 voies plutôt que de rester à deux comme aujourd’hui. L’histoire que je vous raconte là a commencé il y a bien longtemps, en 2002 si je ne me trompe. Cela a pris des mois et des mois pour que les ministres se mettent d’accord, trouvent l’argent pour construire les nouvelles voies et décident quelles entreprises allaient réaliser les travaux. Finalement, le grand jour arriva : on pouvait signer le contrat. Ce jour-là, Philibert avait revêtu son beau costume de fête, sa cravate et ses chaussettes à l’envers. Mais personne ne s’en aperçut car le pantalon neuf qu’avait repassé sa petite femme au petit matin, tombait pile comme il faut sur ses chaussures cirées comme des miroirs. Mais pour quelle grande occasion te fais-tu si beau aujourd’hui ? demanda-t-elle à son chéri. Philibert, qui était somme toute un homme fort modeste, ne voulait pas lui révéler la vérité. Il se contenta de répondre ceci : Nous allons fêter l’anniversaire d’une collègue qui part à la retraite aujourd’hui. Ah, dit-elle, tu veux dire la dame très coquette qui tricotait dans le train ? Philibert sourit, embrassa sa petite femme sur le front et s’en fut à son dîner de gala. Toutes les personnalités avaient fait le déplacement, la presse était là et même la télévision. En grande pompe, on signa le traité qui allait sceller le coup d’envoi du Réseau Express Régional. C’est ainsi qu’on baptisa ce chantier gigantesque de dédoublement des voies de chemin de fer. Mais pour faire facile, on l’appellerait désormais le RER. Et comme c’est Philibert qui en avait eu la géniale idée, on lui offrit un joli cadeau à la fin de la cérémonie. Devinez lequel ? Un train électrique évidemment, avec ses aiguillages, ses passages à niveau et ses chefs de gare miniature. En plus, on lui accorda le titre de « Monsieur RER » un surnom qu’il accepta volontiers. Le soir, lorsqu’il arriva à la maison, sa petite femme regardait les nouvelles à la télévision. Chéri, viens vite voir, on voit un monsieur très élégant qui va expliquer qu’on aura quatre fois plus de trains d’ici dix ans. À quoi Philibert répondit : ne serait-ce pas ton mari par hasard, ton Philibert, le père du RER ?. La suite au prochain numéro. Yol et Mike

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Biéreau Le printemps est à notre porte  ! Ce dimanche 10 mars, le « Four à pain » a rouvert ses portes. Chaque deuxième dimanche du mois, les membres de cette asbl y accueilleront les habitants de LLN et d’ailleurs souhaitant partager avec eux le plaisir de mettre la main à la pâte et de cuire pains, pizzas, quiches, tartes… dans une ambiance appliquée et conviviale. Plusieurs de ces dimanches seront par ailleurs l’occasion d’y associer un événement particulier : la chasse aux œufs de Pâques destinée aux enfants du quartier le 14 avril, la cuisson de baguettes à la française le 14 juillet et spécialement la sixième Grande Fête du pain, le 8 septembre. Nous clôturerons l’année par l’atelier cougnous, le 8 décembre et par la vente de cougnous à l’approche de Noël. C’est aussi à l’équipe du Four à pain que la Ferme du Biéreau confiera le soin de préparer les pizzas qui seront dégustées lors de la Fête de la Musique du vendredi 21 juin. https://fourapainolln.wordpress.com.

Nouvelles des quartiers

Des Bruyères à Maubeuge Les ballons des Bruyères vont loin ! Le ballon de Rémi, envolé parmi tous ceux lâchés par les enfants lors de l’apéritif de Nouvel An a atterri dans une pâture pas loin de Maubeuge ! Bravo Rémi ! Le premier Café Bruyères de l’année a accueilli J-C. Mangeot venu expliquer la mise en « assec » du lac et le double système d’égouttage. Prochains cafés, le 29 mars sur le thème « Outils de connaissance de soi » et le 31 mai, deuxième ITINERANCE qui nous mènera en Russie. Le 28 avril, pas de café mais une FÊTE DE PRINTEMPS qui cette année sera organisée en partenariat avec le Service Environnement de la Ville et la Ferme Équestre. De 10 h à 17 h, bourse de graines et plantes à la Ferme Équestre. Un programme détaillé suivra.

Lauzelle

Centre

Fête de quartier le 1er mai, avec cette année un super spectacle musical, une vraie fausse conférence chantante et joyeuse sur l’amour, avec la complicité de Purcell, Haendel, Offenbach, Vian, Satie, les fleurs, les papillons, l’amour : Ce Soir, Chéri ! Diana et Sophie campent deux conférencières étonnantes, légèrement déjantées, apparemment bien peu rigoureuses… Pourtant tout ce qu’elles affirment est vrai. Et puis elles chantent avec tant de bonheur qu’on ne peut s’empêcher d’en rire et d’en vouloir encore ! Spectacle tout public. Le reste du programme suivra via la newsletter dans le courant du mois d’avril.

Le quartier organisera, comme les années précédentes, la fête des voisins. Elle aura lieu à la fin du mois de mai. La date sera fixée par le comité du Centre-ville qui la communiquera.

Hocaille-Blocry Chasse aux œufs et brunch printanier : lundi de Pâques, 22 avril Renseignements et inscriptions : Any Reiland- 0486/ 23 62 91- anyreiland@yahoo.fr

Épinglé pour vous Un moment hors du commun : la clôture le 18 avril à 18 h au MuséeL Pierre Lacroix nous propose une visite guidée vers un monde résilient ! De quoi nous projeter dans l’avenir tel que l’anticipe la nouvelle génération afin d’éclairer nos choix d’aujourd’hui. Invité par l’AH et les organisateurs du Musée du Capitalisme, ce jeune architecte paysagiste a été primé par la Fondation pour les générations futures. Une rencontre à ne pas manquer suivie d’une performance chorégraphique de Naomi Gross et Elsa Morineaux à découvrir avant le Drink de clôture de l’Exposition du Musée du Capitalisme.

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D’ici là le Musée du Capitalisme propose des visites guidées et des nocturnes un jeudi par mois. Pour cette édition à LLN, l’exposition est agrémentée d’œuvres d’art de la collection du MuséeL mais également de contributions étudiantes et de celles de l’AH.

Avec le printemps, les rendez-vous BE WAPP (Wallonie Plus Propre) font leur come-back... Sur le site walloniepluspropre.be/grand-nettoyage-de-printemps, vous trouverez les coordonnées de toutes les personnes qui ont décidé d’organiser une opération de nettoyage. Peut-être s’en trouve-t-il dans votre quartier ? Par ailleurs, venez nous donner un coup de main, prendre des sacs et gants et partager un moment de convivialité : nous vous fixons 4 rendez-vous : › Le

vendredi 29 mars à 13 h : RDV au parking de la place Polyvalente

› Le

samedi 30 mars à 11 h : RDV à l’Office du Tourisme de LLN, galerie des Halles

› Le dimanche 31 mars à 10 h : RDV à l’entrée du bois du Buston › Le

dimanche 31 mars à 10 h : RDV au potager communautaire « Jardin en cœur », accès par la rampe de parking 20


L’Association des Habitants remercie toutes les familles ayant eu à cœur d’ouvrir leur porte à des jeunes qui étaient loin des leurs pour les fêtes de fin d’année. Voici le lien vers la séquence radio diffusée à 8  h le 1er janvier 2019 sur Vivacité et la Première (Sur bulletin d’info, après 1h 58 min 49 sec). https://www.rtbf.be/auvio/detail_vivaweek-end?id=2441957

Parcours d’Artistes 2019

Les années précédentes, la braderie des commerçants du centre piétonnier de Louvain-la-Neuve se greffait sur la fête de la BD, un événement organisé par la Ville. Cette année, les autorités communales ont décidé de mettre la manifestation entre parenthèses, obligeant les commerçants à réinventer leur braderie. Samedi 4 mai : braderie et marché aux plantes Dimanche 5 mai : braderie et grande brocante Animations durant tout le week-end : les amateurs de musique seront gâtés. Aux quatre coins de la ville, vous découvrirez l’univers des chanteurs de rue, de jeunes artistes armés de leur instrument qui sans fard ni artifices se livreront pour votre plus grand bonheur. Organisation : Association des commerçants de La Dalle (0475 22 56 90) Vous souhaitez un emplacement à la brocante du dimanche ? Renseignements et inscription par mail à deneef_freddy@live.be ou par téléphone au 0475 78 36 61

Et si vous ouvriez vos portes à l’Art ? Lors de chaque parcours du Trèfle à 5 feuilles, vous prenez plaisir à déambuler dans les rues et à entrer dans des lieux accueillants afin de (re)découvrir pendant deux week-ends des artistes, nouveaux ou anciens que vous voyez évoluer et vous étonner. Pour cette 9e édition, n’auriez-vous pas envie de découvrir, de soutenir le parcours autrement ? Artistes cherchent des habitants de LLN comme vous, prêts à ouvrir leur espace et à les accueillir pour faire l’expérience de beaux moments de rencontre et de convivialité. Ce profil vous ressemble ? Vous souhaitez plus d’explications ? Contactez l’Association des Habitants. Tél : +32 (0)10 45 29 12 Mail : Secrétariat : info@ahlln.be Communication : communication@ahlln.be. Les inscriptions sont ouvertes dès maintenant et jusqu’au 20 mars. Pour rappel, le Parcours 2019 aura lieu les week-ends des 21-22 & 27-28 septembre sur le thème Perspective.s.

Épinglé pour vous

Noël et Nouvel An en famille :

Grande braderie des commerçants de La Dalle : samedi 4 et dimanche 5 mai

Rejoignez l’équipe des AMIS du TRÈFLE pour le Parcours d’Artistes 2019. En quoi pourrez-vous apporter ponctuellement votre contribution selon vos intérêts, disponibilités ou compétences ? › chercher des hôtes, des lieux d’accueil › aider à l’intendance lors de la réunion de lancement – le lundi 17/6 de19 h à 22 h 30 › aider au vernissage de l’exposition collective des artistes au Forum des Halles – le vendredi 20/9 à partir de 17 h › aider au fléchage du Parcours › aider au montage et au démontage des expositions des artistes invités › assurer des permanences dans les lieux d’accueil : renseigner les visiteurs et vendre les catalogues et les badges › seconder les artistes invités dans leur exposition avec explications éventuelles aux visiteurs en accord avec l’artiste › assister l’équipe pendant le Parcours selon les besoins › soutenir financièrement le Parcours.

Rubriques coordonnées par Maria Allard

Bien sûr, dès que vous nous aurez fait part de votre adhésion, nous vous réunirons pour faire connaissance, expliquer le projet et vous permettre de vous inscrire éventuellement dans les divers postes qui vous intéresseront. Communiquez-nous vos coordonnées et nous vous recontacterons. L’équipe du Trèfle à 5 feuilles. Bernadette Meyer : meyer_bernadette@yahoo.fr – Gsm : 0474 11 21 53 Anne d’Huart : dhuartanne@yahoo.fr – Gsm : 0498 45 44 19 Association des Habitants : info@ahlln.be – Tél. : 010 45 29 12

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➜ À 14h :

Vous êtes chaleureusement invités à l’AG de l’Association qui se tiendra le dimanche 24 mars 2019. Nous souhaitons que l’Assemblée soit un réel moment de rencontre et d’échange enrichissant pour chacune et chacun ainsi que pour l’Association elle-même. C’est pourquoi cette année nous avons prévu un moment stimulant et détendant, ouvert au jeune public. Et pour les plus jeunes de 3 à 15 ans, les pionniers de Vieusart animeront l’après midi. Ils seront présents de 13 h 30 à 19 h. De quoi permettre aux parents d’assister au spectacle et à l’AG en toute tranquillité moyennant une contribution libre.

Thomas Prédour et Olivier Vermeulen dans À nos choix

En préambule à l’Assemblée générale proprement dite, deux joyeux conférenciers, Olivier Vermeulen et Thomas Prédour présenteront leur conférence gesticulée : À nos choix. Chaque jour, dans tous les domaines de la vie (travail, consommation, amour, engagement, partage des richesses, climat), nous posons des choix. Que disent-ils de nous ? Sont-ils libres ou non ? Et si nous voulons cesser de perturber davantage le climat et instaurer une réelle justice sociale, quels choix serons-nous capables de poser ? Ils nous inviteront à y réfléchir… à en rire et en parler entre nous et avec eux !

➜ À 16 h : Goûter amical, en musique si tout va bien…

➜ À 16 h 30 :

Les quatre saisons de l’AH Notez déjà le 4 mai 2019 dans vos agendas, parlez-en autour de vous, venez nombreux. Ça va être sympa ! Un des vœux de l’Association des Habitants est de rassembler, de s’ouvrir à tous les secteurs de la population, des plus jeunes au moins jeunes, qu’ils soient calmes ou « sauvages »… Dans ce but elle lance ses bars et concerts. Qu’on se le dise ! Tout d’abord, en trame de fond, un bar mensuel avec une première édition le vendredi 1er mars dans les caveaux de la Ferme du Biéreau. Ensuite, un programme de soirées-concerts, un évènement par saison dont le premier concert se déroulera au Dude le samedi 4 mai avec de chouettes groupes de musique de la région. Plus d’informations plus tard mais bloquez déjà la date ! À côté de ses activités d’éducation permanente et de citoyenneté active mais aussi de lobbying pour une Vie & Ville de qualité, l’AH organise déjà toute une série d’activités ludiques pour favoriser la rencontre et créer des liens, comme les Cinécocktails, les fêtes et cafés de quartier. En créant les « quatre saisons », nous souhaitons accentuer cet aspect ludique et attirer de nouveaux publics à nos activités. La communauté de LLN et de ses environs est le terreau dans lequel nous pouvons planter ensemble davantage de citoyenneté active, alors entretenons-le ! Pour le « Bar de l’AH », l’Association recherchait un lieu pour se rencontrer et échanger simplement autour d’un verre. Grâce à l’ASBL Corps et Logis, ce vœu se réalise et un nouveau partenariat se concrétise. Un bar populaire

La participation aux frais sera libre

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Assemblée générale. Cette AG est un moment symboliquement important pour l’Association et ses membres. Nous vous présenterons le rapport d’activité, les priorités que le CA s’est fixées, les comptes et le budget. Vous aurez la possibilité d’exposer vos questions, vos remarques et vos suggestions concernant l’activité de l’AH, sa gestion ainsi que les priorités que le Conseil d’Administration s’est données pour 2019.

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Les grands moments de l’AH

Une Assemblée générale tonique !

est désormais organisé tous les premiers vendredis du mois dès 18 h (sauf autre évènement prévu). Le bar se tiendra donc dans les caveaux de la Ferme du Biéreau situés Scavée du Biéreau 3 (entrée depuis la cour de la ferme), comme dans les premiers jours de Louvain-laNeuve où ces lieux servaient d’espace de rencontre et de guindaille aux premiers habitants. Un lieu évident puisque c’est là dans cette ferme que se nichent les bureaux de l’Association des Habitants ! Mais au fond, qui est Corps et Logis ? L’ASBL a ses quartiers au sein de la Ferme du Biéreau. En plus d’un habitat communautaire, elle gère les caves et les écuries de la ferme. Elle prône la culture alternative en y organisant différents évènements culturels à prix libre comme un cinéclub avec certaines séances pour enfants, des concerts et des spectacles notamment de marionnettes. Elle ne souhaite pas devenir « professionnelle » mais veut partager la culture de façon spontanée. Le programme de ses activités se trouve sur son site https://corpsetlogis. wordpress.com et sa page Facebook.

Sur un ton décalé et dans le style rébus, le logo

symbolise les 2 types d’activités de l’AH : le groupe de pression & d’éducation permanente représenté par une « hache » et les évènements plus ludiques représentés par un « décapsuleur ». Il sera utilisé lors de tout évènement festif de l’Association pour identifier clairement une action des 4 saisons. Quelques administrateurs de l’AH ont constitué un comité des fêtes pour démarrer ce « renouveau », ce « printemps » de l’AH. Toute aide est bienvenue !

Olivier Van De Ponseele Membre du CA et du comité des fêtes de l’AH


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