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Avril 2010 N°40

Céréales

AGRIAL JOUE LA CARTE DE L’EXPORT ET DE LA MEUNERIE > 34 ÉVÉNEMENT

VIE COOPÉRATIVE

Oyonnax, vainqueur du Prix Bilan des assemblées d’Amérique, de filière > 6 est né chez Rémy Blanchet, responsable du Point Vert du Merlerault >5

FILIÈRE LAIT

PORTRAIT

Carnet de voyage au cœur de la planète lait. Des adhérents témoignent > 36

Jean-Luc Duval, vice-président d’Agrial > 44


édito

SOMMAIRE

Agir sur ce qui dépend de nous

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VIE DU GROUPE

Ludovic Spiers Directeur Général

L

e premier semestre 2010 est sans aucun doute l’un des plus difficiles que la profession agricole ait rencontré depuis de nombreuses années. Alors que les prix agricoles restent soumis à une pression concurrentielle forte, amplifiée par le contexte de crise, les besoins de trésorerie pour les emblavements et les cultures sont à leur maximum. Votre Conseil d’administration, vos élus dans les régions sont pleinement conscients de cette situation, nous en débattons chaque mois. En réponse à cette situation, nous nous sommes attachés à avoir des offres très compétitives et ceci grâce aux actions que nous avons entreprises dans le cadre du plan Horizon 2010. Nous avons d’une part renforcé notre capacité en terme d’achats en adhérant à la centrale Union Terre de France, nous avons d’autre part réduit la voilure dans nos charges de structure. Nous mesurons les effets de ce plan auquel vient s’ajouter la fusion de juin dernier qui a fait sensiblement évoluer le périmètre de la coopérative. Toutes ces réalisations ainsi que la bonne contribution des filiales agroalimentaires du groupe se traduisent dans les résultats de l’exercice 2009. Ils font apparaître un

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chiffre d’affaires consolidé de 2,171 milliards d’euros et un résultat net de 32,7 millions d’euros. Le résultat de la coopérative va permettre de distribuer des dividendes et ristournes à hauteur de 5,8 millions d’euros, ce projet vous sera présenté lors des assemblées de section qui se tiendront au cours de la seconde quinzaine de mai. Au-delà des préoccupations de chacun à court terme, et d’une amélioration attendue de la conjoncture, il nous faut accélérer la mise en œuvre de l’approche technico-économique dans la relation entre la coopérative et ses adhérents. Nous savons que l’évolution de la politique agricole se traduit par davantage de volatilité des prix, nous savons que l’élargissement de l’Europe a modifié les équilibres et que de nouvelles échéances se préparent. Lors des assemblées de filière qui se sont déroulées en février et mars, les différents intervenants ont eu des propos convergents à savoir une demande mondiale croissante de biens alimentaires, et un déficit de compétitivité de notre agriculture qui nous interpelle tous. Nous devons agir ensemble sur ce qui dépend de nous, c’est l’un des axes de réflexion et d’action qui va guider le plan Horizon 2015 actuellement en cours d’élaboration.

4 Créaline, un nouveau site de production à Lessay (50)

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VIE DES RÉGIONS

15 Région Mont Saint-Michel Réglage des semoirs à maïs

16 Région Cotentin La région met l’accent sur l’étude technico-économique des exploitations

18 Région Centre Manche D’un siècle à l’autre : Créances, haut lieu de la carotte

AGRIAL - 4, rue des Roquemonts 14050 CAEN Cedex Tél. 02 31 45 43 43 - Fax 02 31 43 69 39 www.agrial.com


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VIE DE LA COOPÉRATIVE

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5 Oyonnax, vainqueur du Prix

Plateforme couverts végétaux : échos très favorables auprès des représentants de l’administration et des agriculteurs

d’Amérique 2010, est né chez Rémy Blanchet, responsable du Point Vert du Merlerault

6 Calendrier des assemblées de section 6 à 13 Bilan des assemblées de filière 14 Bientôt la collecte des Emballages Vides de Produits d’Hygiène utilisés en Élevage Laitier

AGROFOURNITURE

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VIE DES FILIÈRES 32 Filière œufs La production label, un complément d’activité pour un revenu régulier

34 Filière céréales Lourdeur des marchés internes, Agrial se tourne vers l’export et la meunerie. Les stocks de report s’annoncent élevés.

22 Région Plaine Caen Falaise Premier anniversaire du Point Vert Le Jardin de Douvres-la-Délivrande

36 Filière lait Regards croisés sur la planète lait, témoignages

24 Région Mayenne Agrial renforce son dispositif pour la distribution des tubulaires Jourdain

39 Filière porc Le « TAF » pour mieux valoriser les céréales et optimiser le coût de production

25 Région Orne Centre et Est Blé, la protéine porte d’entrée des marchés. Témoignage de Xavier Bigot

28 Région Sarthe Sud-Ouest

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NUTRITION BOVINE Agrial scelle un partenariat avec l’Inra

Réunion technique viande bovine

29 Région Sarthe Nord Bilan de la réunion d’hiver

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SANTÉ ANIMALE Investir dans la prévention et limiter les interventions curatives

Directeur de la publication : Ludovic Spiers Directeur de la rédaction : Michel ORIAC Assistantes rédaction : Anne Charbaut, Mélanie Marais, Josiane Marie Maquette : Art terre Photographies : photothèque Agrial Couverture: Silo de Beillé (72)


VIE DU GROUPE

Créaline va ouvrir sa nouvelle usine à Lessay

Dans quelques semaines, les purées et les soupes Créaline seront produites dans le nouveau site à Lessay (50)

C

réaline est une société spécialisée dans la production de purée et plus récemment de soupe que l’on trouve dans le rayon frais en grande surface. Dans quelques semaines, elle va ouvrir son nouveau site de production à proximité de Florette à Lessay.

Devenue l’an dernier filiale de Florette, Créaline s’est installée en 1995 dans une ancienne laiterie à Quettreville-sur-Sienne (50). Le site est arrivé au maximum de sa capacité de production avec une configuration devenue obsolète, il ne permettait plus d’accompagner le

développement de l’entreprise. En mai 2008, Florette et Créaline opèrent un rapprochement dans la perspective d’optimiser leurs moyens logistiques et commerciaux. Ce rapprochement débouche rapidement sur le projet de construire un nouveau site de production en

proximité du site Florette, afin d’optimiser les synergies industrielles et logistiques. Le projet est validé fin 2008, les travaux sont engagés en mai 2009. Après une année de chantier, le nouveau site Créaline va entrer en production. « Le nouveau bâtiment de 4500 m2 va permettre d’optimiser les conditions de fabrication, et de porter notre capacité de production à terme à 5000 tonnes contre 2000 tonnes actuellement » note Joël Scheck, directeur de Créaline. « Nous allons élargir nos gammes de produits et les types de conditionnement afin d’intéresser un plus grand nombre de consommateurs, y compris au travers de nouveaux réseaux comme la restauration hors foyer par exemple ». La branche légumes Agrial conforte ainsi son offre et sa place de leader dans un marché qui continue de se développer.

Une semaine d’animation chez SM3

S

M3 avait soigneusement préparé sa semaine d’animation de printemps intitulée « les immanquables » qui s’est déroulée du 15 au 19 mars. Les sites de Valognes, de Villedieu et de Laval avaient soigneusement préparé l’opération avec un ensemble conséquent de matériels exposés. Un programme d’animation

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avec les principaux fournisseurs était également proposé aux clients de SM3. Mais voilà, c’était sans compter sur la météo qui, tout au long de la semaine, a retrouvé des couleurs après un hiver bien marqué. Si la fréquentation a quelque peu souffert du retour attendu du beau temps, le bilan de cette semaine est très positif. Pour Jacques

Lebaron, directeur de SM3, l’organisation et la communication ont été remarquables, cela a généré de nombreux contacts et des ventes avant, pendant et après la manifestation. SM3 n’a donc pas manqué « les immanquables ». Michel Oriac


VIE COOPÉRATIVE

Prix d’Amérique 2010 Oyonnax est né chez Rémy Blanchet, responsable du Point Vert du Merlerault Événement

A

u sein de la coopérative, Rémy Blanchet est responsable du magasin Point Vert au Merlerault, une commune située au nord de Sées dans l’Orne. En dehors de son activité professionnelle, il a une passion : les chevaux. Cette passion lui a valu ainsi qu’à son épouse et sa famille une très grosse émotion à la fin du mois de janvier lorsque Oyonnax, un cheval né chez eux en 2002, a remporté le prix d’Amérique 2010. Entré à la coopérative en 1988, Rémy Blanchet prend la responsabilité du magasin du Merlerault l’année suivante. Les contacts avec le monde du cheval commencent par les poneys Connemara de son épouse. Le département de l’Orne, et cette région en particulier, compte un grand nombre d’éleveurs et d’entraîneurs de trotteurs. Ils sont nombreux à fréquenter le magasin du Merlerault, et à leur

contact, Rémy et son épouse franchissent le pas en achetant une première poulinière en 1994. La seconde acquisition intervient en 2000, la pouliche s’appelle Hermine d’Urga. En 2002, elle donne naissance à Oyonnax. Le poulain a du potentiel, il trouve acquéreur, mais il faudra la patience et le talent de l’entraîneur actuel pour qu’il s’exprime au plus haut niveau. Il compte parmi l’élite du trot et s’illustre dans de nombreuses courses, en particulier dans le prix du Cornulier en 2009 où il prend la 3e place. Dans cette même épreuve cette année, il échoue à cause d’un départ trop rapide. Qualifié pour la plus grande épreuve de trot au monde, le prix d’Amérique, Oyonnax s’impose au terme d’une course qui restera dans les annales du monde du trot. Elle aura aussi une place bien particulière dans la mémoire de Rémy Blanchet et de son

Au Point Vert du Merlerault, l’activité cheval est très présente. Au contact des éleveurs et des entraîneurs, Rémy Blanchet a été attiré par le monde du trot, il a maintenant quatre poulinières.

épouse, de leur environnement personnel et professionnel, parmi lesquels ses collègues d’Agrial. L’exploit est d’autant plus remarquable qu’il s’est construit à partir d’un élevage amateur, du travail d’un jeune entraîneur et du talent d’un jeune driver. La carrière d’Oyonnax n’est pas terminée, un autre cheval né de la même mère

chez Rémi Blanchet à la Gaprée est promis à un très bel avenir. Pour autant, celui-ci garde les pieds sur terre, « la vie d’éleveur de trotteurs est faite de moments forts, voire exceptionnels, et parfois de traversées du désert ». Pour l’instant, la passion est synonyme d’émotions fortes et de succès. Encore toutes nos félicitations pour cet exploit. Michel Oriac

Oyonnax, vainqueur du prix d’Amérique 2010.

Rémy Blanchet et Hermine d’Urga, la mère du champion Oyonnax.

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VIE COOPÉRATIVE

Les assemblées de section et l’assemblée générale du 18 juin Après les assemblées de filière courant février et mars qui font l’objet d’une information dans le présent journal, nous allons tenir les assemblées de section au cours de la seconde quinzaine de mai, plus précisément du 18 au 31 mai. Vous trouverez, à titre d’information, les dates de votre assemblée dans le calendrier ci-dessous. Les convocations seront diffusées par voie de presse dans les annonces légales, cependant, une invitation sera adressée par les régions aux adhérents. Ces assemblées de section précéderont l’assemblée générale qui se tiendra au Mans, le 18 juin, dans l’enceinte du parc des expositions.

Calendrier des assemblées de section 2010 Régions

Sections*

Dates

Plaine Caen Falaise Pays d'Auge Orne Centre et Est Sarthe Nord Bocage Ornais Indre-et-Loire Ille-et-Vilaine Ille-et-Vilaine Mont Saint-Michel Sarthe Sud-Ouest Mayenne Sarthe Sud-Est Mayenne Bessin Bocage Cotentin Mayenne Centre Manche

Mardi 18 mai Mardi 18 mai Mercredi 19 mai Mercredi 19 mai Mercredi 19 mai Jeudi 20 mai Nord Jeudi 20 mai Sud Vendredi 21 mai Vendredi 21 mai Mardi 25 mai Villaines-la-Juhel Mardi 25 mai Mercredi 26 mai Château-Gontier Mercredi 26 mai Jeudi 27 mai Jeudi 27 mai Pontmain Vendredi 28 mai Lundi 31 mai

Horaires

Lieux

10 h 00 20 h 00 10 h 00 14 h 00 19 h 00 10 h 00 19 h 00 10 h 00 19 h 00 10 h 00 19 h 00 10 h 00 19 h 00 10 h 00 19 h 00 19 h 00 19 h 00

Salle des fêtes 14190 GRAINVILLE-LANGANNERIE Salle des fêtes 14100 ST-MARTIN-DE-MAILLOC Salle polyvalente - 61240 NONANT-LE-PIN Salle culture et loisirs - 72170 BEAUMONT-SUR-SARTHE Salle polyvalente - 61100 LANDIGOU Salle Espace des Falins - 37240 MANTHELAN Salle multifonctions - 35133 SAINT-SAUVEUR-DES-LANDES Salle des fêtes - 35220 ST-JEAN-SUR-VILAINE. Salle polyvalente (près du stade) 50220 DUCEY Salle polyvalente 72270 MEZERAY Salle polyvalente 53440 LA-CHAPELLE-AU-RIBOUL Salle des fêtes 72150 LE-GRAND-LUCE Salle des chardonnerets 53260 PARNE-SUR-ROC Salle polyvalente 14310 MONTS-EN-BESSIN Salle polyvalente 50260 L'ETANG-BERTRAND Hôtel de Paris 53220 MONTAUDIN Salle des fêtes 50750 SAINT-EBREMOND-DE-BONFOSSE

*Pour les régions ayant deux ou trois sections

AG LAIT

L’Ouest doit renforcer ses atouts en production laitière L’année 2009 a été synonyme de difficultés pour la filière laitière française et ses producteurs. Pour faire le bilan de cette année et regarder l’horizon à moyen terme, les responsables de la filière avaient invité Vincent Chatellier. En résumé, le lait reste un produit d’avenir dans l’Ouest, mais au risque de se répéter, il faut travailler au renforcement de la compétitivité des exploitations. L’assemblée générale de la filière lait se déroulait dans l’Orne cette année, à Bagnoles-de-l’Orne.

Lors de l’assemblée générale, le 16 mars dernier, les producteurs se sont déplacés en nombre, moins pour faire le bilan de l’année 2009 que d’échanger sur l’avenir en production laitière.

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Gilbert Herpe a précisé l’importance, pour la coopérative Agrial et ses sociétaires, de préparer l’avenir en travaillant pour solutionner la productivité et l’efficacité des exploitations mais égale-

ment à plus long terme, et en concertation avec la transformation, pour valoriser au mieux notre production. Le bilan des activités Agrial de

l’année a été complété par Daniel Chevreul, responsable approvisionnement chez CLE. Baisse du prix du lait et augmen-


tation du coût des intrants ont largement affecté la trésorerie des producteurs. Après deux années d’embellie, 2007 et 2008, la crise économique met en danger laiteries et producteurs. L’impact d’une absence de mécanisme de régulation des marchés s’est lourdement fait ressentir. Au niveau européen, une fois de plus, la France ne réalise pas son quota alors que l’Allemagne est en surproduction tout comme le Danemark. Moins de lait collecté en 2009 En termes d’activité, la collecte Agrial est en recul de 5,6 % par

rapport à 2008. Nos adhérents ont apporté 473,5 millions de litres de lait, mais si l’on se réfère à la campagne laitière, le recul est de 1,5 %. La restructuration des exploitations laitières se poursuit, elle témoigne d’une évolution des techniques de production touchant à l’organisation du travail et au mode de vie sur les exploitations laitières. Le nombre de producteurs continue de baisser (- 2,6 % en 2009) et la référence moyenne des exploitations progresse avec 310 000 litres par point de collecte en 2009. La production est réalisée sous

forme sociétaire pour 73 % des volumes (Gaec et EARL étant les plus courantes). S’agissant de la qualité du lait livré, il reste une ombre au tableau : la qualité cellulaire qui certes s’est améliorée par rapport à 2008 année particulièrement médiocre, mais qui reste en dessous du niveau de 2007. La volonté d’optimiser les coûts de collecte reste une priorité au sein de la filière, la productivité mesurée en nombre de litres de lait collectés par kilomètre parcouru continue de s’améliorer année après année.

Des métiers qui bougent L’année 2009 a vu évoluer les missions des techniciens avec leur implication dans l’approche technico-économique des exploitations et en particulier avec le calcul du prix de revient du litre de lait, critère indispensable au raisonnement de l’atelier lait. Dans le domaine du froid à la ferme, Agrial et son service ont obtenu une attestation de capacité d’intervention sur les installations, attestation désormais obligatoire qui vise à réduire les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Analyse de Vincent Chatellier,

Vincent Chatellier, économiste à l’Inra de Rennes « il y aura du lait demain dans nos régions mais l’avenir passe par le renforcement de la compétitivité des exploitations ».

économiste à l’Inra de Rennes, sur l’avenir du lait dans l’Ouest.

L’Ouest, une région où il y aura du lait demain Vincent Chatellier a une conviction: « il y aura du lait dans l’Ouest demain parce que cette région a trop d’atouts ». Cette conviction, il l’a acquise en faisant l’inventaire des forces de notre région. En premier lieu, des atouts pour la production avec un climat favorable, un potentiel agronomique intéressant et de l’espace. Des profils d’exploitation multi-productions, moins vulnérables. Un coût alimentaire à la tonne de lait produite qui est l’un des meilleurs d’Europe. Un coût du foncier quatre fois inférieur à celui de nos compétiteurs européens avec une forte proportion de fermage. Des exploitations qui vont retrouver de la compétitivité avec l’arrivée au terme des amortissements concernant la mise aux normes. En second lieu, des atouts pour les industriels qui recherchent une densité de production suffisante pour assurer la proximité de leur ressource avec leur outil industriel.

compétitivité. Il faut que les agriculteurs investissent dans ce qui va générer de la valeur demain, de l’efficacité économique, des économies d’échelle. »

Les raisons d’y croire Pour Vincent Chatellier, le lait est un produit d’avenir. « Les principaux fournisseurs de lait sur la planète sont en train de caler, la consommation mondiale progresse. Chaque année il faut trouver sur la planète trois fois la production du Danemark pour satisfaire la consommation domestique, et puis la France est géographiquement proche de pays qui ne produisent pas suffisamment de lait pour satisfaire leur consommation (Espagne, RU). De plus, le lait est un produit tracé ce qui rend difficile l’exportation vers l’Europe, aujourd’hui seulement 2 % du lait consommé en Europe est importé. »

« la maîtrise du coût de production est incontournable »

Pour être là demain, il faudra être bon Être bon, c’est engager une réflexion et une analyse de son coût de production. « C’est une démarche incontournable pour ceux qui veulent encore vivre de leur métier pendant 20 ans, affirme Vincent Chatellier, il va falloir progresser et connaître son coût de production en temps réel et se comparer. Il faut avoir en ligne de mire une politique fiscale pour diminuer les frais de mécanisation qui pénalisent en partie la

La maîtrise des coûts de production est incontournable pour être compétitif vis-à-vis de nos concurrents européens car ce que nous devons craindre c’est bien la concurrence à l’intérieur de l’Europe ». Le défi de la communication n’est pas toujours simple à relever mais les agriculteurs doivent défendre l’agriculture dans les débats et au quotidien pour que chaque citoyen comprenne que l’agriculteur a un rôle social dans notre société. L’avenir de l’agriculture française dépend du budget européen qui est en train de se déterminer. Il est important de bien financer l’Europe pour l’avenir de la PAC et de l’agriculture française qui draine 19 % du budget de la PAC. Précisons que sur les cinq dernières années, les aides représentent 90 % du revenu des agriculteurs français, c’est la pérennité de nos structures qui est en jeu. Pour terminer, il faut anticiper la fin des quotas et trouver rapidement un nouveau système de régulation de la production.

Les défis à relever L’avenir du métier d’agriculteur est lié au revenu que peut dégager ce métier. « Le partage de la valeur ajoutée est une question fondamentale mais encore faut-il la générer, précise Vincent Chatellier. Pour le producteur, il faudra arbitrer entre grossir et être efficace en privilégiant l’efficacité, en contractant les coûts de production et en se concentrant sur les investissements qui génèrent de la valeur.

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VIE COOPÉRATIVE AG BOVINE

Renforcer la place de l’OP bovine Les producteurs de viande bovine de l’OP Agrial ont été réunis en assemblées départementales générales au cours du mois de mars pour faire le bilan de l’exercice 2009. Dans le nouveau périmètre issu de la fusion, l’OP bovine a commercialisé 161500 animaux dans une conjoncture marquée par une activité soutenue en vache de réforme et une diminution sensible des abattages en jeunes bovins. La production de viande bovine est stable en France en 2009, dans un contexte de baisse continue dans l’Union européenne.

Recul des abattages de JB en France Le territoire d’Agrial est, faut-il le rappeler, à dominante élevage. La production de viande bovine occupe une place significative dans les productions agricoles de nos régions. On distingue deux grands types d’activité: la commercialisation des gros bovins issus du troupeau laitier d’une part ; la production de jeunes bovins d’autre part. Agrial commercialise également des animaux maigres (broutards essentiellement) et des veaux de 8 jours. Parmi les enseignements de l’année 2009, nous retiendrons une activité soutenue en gros bovins. En France, les abattages sont en progression de près de 5 %. La hausse de l’offre a pesé sur les

L’activité de l’OP bovine en 2009 • 161 500 animaux commercialisés • Filières identifiées bovins TÜV de boucherie 35,7 % Label Rouge 24 % des animaux de 9,2 % boucherie sont orientés Ramsès vers un circuit identifié (BFM, Blonde d'Aquitaine)

CCP 45,9 %

(FQRN, FQC Charolais, SPN…)

7,6 %

Bio 1,6 %

Nbre d’animaux en 2009 Jeunes bovins Gros bovins Total boucherie Bovins maigres Veaux de 8 jours Total élevage TOTAL

Effectifs 54 786 50 931 105 717 29 040 26 752 55 792 161 509

Le président, Pierre Hermenier, a plaidé pour le renforcement de l’OP bovine, afin de mieux accompagner les producteurs et de mener une politique de contractualisation dans l’intérêt de toute la filière.

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L’assemblée générale de la filière bovine s’est déroulée à Essay dans l’Orne. Auparavant, les adhérents ont participé aux assemblées départementales.

prix: cela se traduit par une baisse de plus de 8 % pour la catégorie O3 (source FranceAgrimer). En jeunes bovins, nous avons assisté à un recul important des abattages: - 8,9 %. Cette tendance n’est pas vraiment surprenante, elle fait suite à la baisse des mises en place l’année précédente. Quatre départements représentent plus de 80 % des apports : l’Orne, la Sarthe, la Manche et la Mayenne. Si les prix des JB de la catégorie U se sont maintenus, la catégorie O affiche une baisse de 4,9 %. La FCO perturbe l’activité maigre 29000 bovins maigres, broutards principalement, ont été commercialisés en 2009. Si les mises en place d’animaux dans les ateliers d’engraissement chez les adhérents ont été actives tout au long de l’année, l’activité export de l’OP a rencontré des difficultés. En cause: la FCO. Les élevages allaitants dans nos régions ne sont pas tous dans le processus de vaccination. Les débouchés, en particulier pour les femelles vers l’Espagne, sont très restreints pour les animaux issus d’élevages non vaccinés. Pour compléter l’analyse de l’activité 2009, ajoutons la commercialisation des veaux de 8 jours. Elle représente 26700 animaux dans un contexte de repli du marché. Un enjeu: la compétitivité L’avenir de la filière bovine constituait le thème des débats lors de

l’assemblée générale. Il a beaucoup été question de la place de la France sur la scène européenne. Une place à la fois solide par l’importance de son agriculture et fragile par un handicap structurel. Pour Christophe Hamon, de Breizh Europe, « la France a des atouts mais elle doit regarder davantage ce qui se passe autour d’elle, en particulier en Allemagne, et combler son déficit de compétitivité ». Un peu plus tôt, Pierre Hermenier avait souligné l’avancement du projet de créer une structure commune avec notre aval Socopa Viandes. « Il verra le jour dans les prochains mois. Les réflexions qui animent cette structure, ce sont la recherche d’économies tous azimuts, en particulier dans les transports, 2e poste de charge. Nous devons gagner en efficacité par la relation directe des hommes entre les abattoirs et le terrain ». Le développement des apports en confiance a également été abordé. À la question d’un éleveur sur l’avancement du dossier machine à classer, le président de Normabev a précisé que le fait d’en parler moins n’était pas le signe de temporisation, bien au contraire. « Le dossier avance bien a-t-il assuré ». L’avenir de la production bovine passe par de bonnes performances chez les éleveurs et une organisation optimisée. Si la consommation de viande bovine tend à diminuer, elle reste néanmoins ancrée dans nos habitudes de consommation.


AG PORC

Un contexte difficile pour les éleveurs En 2009, la fusion a donné une nouvelle dimension à la filière porcine Agrial. Avec 914 180 porcs commercialisés, elle se hisse au 6e rang parmi les structures de production en France. Mais le bilan 2009, c’est aussi une nouvelle baisse des cours et une situation difficile pour les éleveurs même si les coûts de production ont également diminué. Les débats ont porté sur l’organisation du marché au cadran, les adhérents ont également pu appréhender la place croissante de l’Allemagne qui affiche ses ambitions de développement en Europe. Depuis trois ans, la filière porc est confrontée à une situation économique difficile. « Le contexte de l’année 2009 n’aura pas répondu à nos espérances et aux besoins de nos exploitations ». Cette phrase extraite du rapport d’orientation

du président, Arnaud Degoulet, résume bien la situation. Le prix du porc affiche un recul de près de 10 % avec un prix moyen annuel base cadran de 1,146 €/kg. Fort heureusement, dans le même temps, le coût de production a diminué avec la baisse du prix des céréales, ce qui a permis d’atteindre l’équilibre avec le prix du porc. Maigre consolation après deux années qui ont fortement dégradé les trésoreries des éleveurs. Une activité stable en porcs En dépit de ce contexte, l’activité de la filière porc en 2009 affiche une stabilité avec 914180 porcs commercialisés. Si l’activité porcelets tend à diminuer (- 2 %), les ventes de reproducteurs sont en hausse de 10 % grâce à des débouchés extérieurs au groupement. Point positif: une reprise d’activité sur le second semestre avec l’arrivée de 23 nouveaux adhérents. « Cela conforte les choix techniques réalisés » note Jean-Luc

Fourmond qui a détaillé l’ensemble des activités et des services développés par la filière. En termes de valorisation des animaux, le groupe Bigard - Socopa représente 75 % des débouchés. Plus de 70 % ont été commercialisés via des débouchés spécifiques permettant une meilleure valorisation. Ces débouchés (porcs certifiés, Label Rouge, porcs sur paille, porcs bio, porcs lourds et porcs conformés) sont notamment développés avec les abattoirs de proximité. La question de la valorisation et du prix du porc a provoqué un débat sur la formation du prix au cadran qui est la référence en la matière. Présent à l’assemblée, Michel Bloc’h, président de la filière porc chez Coopagri Bretagne et de l’UGPVB, a plaidé pour un meilleur équilibre géographique de l’offre au cadran. La filière porc Agrial y participe, elle a depuis décidé de porter à 8 % le nombre d’animaux qui seront commercialisés via le cadran.

L’Allemagne conforte son leadership en Europe Les responsables de la filière porc avaient invité M. Dietmar Weiß, chef du département bétail et viande à l’AMI, une structure fondée en juin 2009 après la disparition de ZMP. L’AMI a pour mission d’analyser les marchés et l’économie des filières. En préambule, Dietmar Weiß a présenté la filière porcine allemande qui occupe la première place en Europe et se place derrière la Chine et les États-Unis sur la scène mondiale. La production porcine est en forte croissance en Allemagne. En 2009, plus de 56 millions de porcs ont été abattus, soit plus du double de la production française. Entre 2003 et 2009, les abattages ont progressé de 24 %, soit un rythme annuel moyen de + 4 %. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique en Allemagne : les crises sanitaires (épisodes de fièvre aphteuse aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France) qui ont permis d’accroître leur part de marché sur le commerce extérieur; la baisse de la production dans certains pays; l’ouverture de l’Europe à l’Est avec l’avantage de la proximité pour l’Allemagne ; l’extension de la capacité d’abattage et une meilleure compétitivité des outils par un coût de main-d’œuvre moindre; enfin, des niveaux de prix légèrement supérieurs qui ont favorisé les

importations en vif. Avec 5,2 millions de porcs et 9,2 millions de porcelets importés, la production allemande est dépendante des pays voisins pour un quart de son activité, ce qui est considérable. Paradoxalement, l’Allemagne est également exportatrice, à hauteur de 3 millions d’animaux en vif répartis équitablement entre porcs charcutiers et porcelets. Une dynamique de conquête des marchés En termes de débouchés, le marché intérieur est important avec un niveau de consommation de 54 kg de viande de porc par habitant qui n’évolue cependant plus depuis 10 ans. Dans le même temps, la production augmente, l’Allemagne se place résolument dans une dynamique d’exportation et de conquête de marchés. En 2009, ce sont 2,4 millions de tonnes qui ont été exportées, les trois quarts dans l’Union européenne et un quart sur pays tiers (Russie et Chine). Cette dynamique industrielle et commerciale contraste avec la situation des producteurs qui, comme en France, sont à la peine depuis trois ans. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on assiste à une accélération de la restructuration des

Le président, Arnaud Degoulet, a souligné dans son rapport l’orientation technico-économique de la filière porc au service de la performance et l’importance du lien avec les éleveurs.

Pour autant, le prix du porc reste soumis à l’équilibre entre l’offre et la demande. La situation de la France au regard de son environnement concurrentiel européen appelle à renforcer les structures. Le rapprochement Bigard - Socopa opéré en 2009 va dans ce sens.

M. Dietmar Weiß, de l’AMI, a présenté la filière porcine allemande. Leader européen et numéro 3 mondial, l’Allemagne affiche ses atouts et ses ambitions pour accentuer sa présence sur les marchés de la viande porcine.

élevages en Allemagne. Leur nombre est en diminution constante. Sur les dix dernières années, le nombre d’exploitations produisant du porc est passé de 140000 à 62000. Les projections pour les dix ans à venir vont dans le même sens, le nombre d’exploitations pourrait tomber à 35000. Dans le même temps, on assiste à une spécialisation des élevages. À court terme, les prévisions de l’AMI ne laissent pas entrevoir de hausse du prix du porc en 2010. La pression sur un marché intérieur de plus en plus dominé par le hard discount (40 % de la viande de porc achetée) a pour effet de baisser les prix à la consommation et par conséquent à la production. À moyen terme, l’Allemagne restera structurellement exportatrice, elle va accentuer sa présence sur le marché européen et mondial dans les années à venir.

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VIE COOPÉRATIVE AG VOLAILLE

La production de volailles confortée en 2009 L’activité des groupements label et standard a été très stable en 2009 par rapport à l’exercice précédent avec plus de 14 millions de volailles produites. Dans le même temps, un plan de relance des investissements est en cours, l’objectif est d’assurer le renouvellement du parc de bâtiments et de pérenniser une production qui tire plutôt bien son épingle du jeu dans le contexte de crise et ce malgré une pression croissante de la concurrence intra-européenne.

Les producteurs de volailles standard se sont retrouvés à Commer (53) pour leur assemblée générale.

Les études portant sur l’évolution de la consommation des ménages montrent que la viande de volaille continue de progresser, à l’inverse des autres viandes. Outre l’absence de barrière « culturelle », la viande de volaille reste l’une des moins chères à produire et cela compte dans le prix à la consommation. On voit d’ailleurs les difficultés pour la viande de dinde par rapport au poulet. Le poulet standard « prêt à cuire » voit ses ventes progresser en 2009. En France, on note une augmentation de 4 % de la consommation, les ventes en grandes surfaces progressent de 2,8 %. Les consommateurs se sont réorientés vers les produits moins onéreux.

aux exigences de la norme notamment en ce qui concerne la densité/m2 et la problématique ammoniac. Le conseil de filière volailles standard réuni en février 2010 a d’ailleurs décidé de majorer le prix de reprise pour le poulet standard afin de revaloriser les marges pour enlèvement précoce. Ces décisions arrivent à point pour accompagner l’application de la directive bien-être animal. Cependant, ils ont insisté sur la nécessité de fiabiliser les relevés de pesées réalisés par les producteurs. Reste à attendre la retranscription en droit français de cette directive en espérant qu’elle ne sera pas plus drastique que la version européenne.

Les volailles standard • Le poulet standard tire son épingle du jeu La progression en poulet standard est de l’ordre de 4,2 %, elle suit l’augmentation de la consommation nationale. Cette activité représente aujourd’hui 61 % de notre production en tonnage. Cependant, des problèmes de planning viennent perturber la production: pas assez de mises en place l’été alors que la demande est forte et à contrario trop de production l’hiver qui engendre des vides plus longs. L’activité dinde du groupement accuse un repli plus sensible que la moyenne nationale. Elle marque un retrait de 24 %. L’évolution structurelle à la baisse de cette production est amplifiée par la pyra-

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mide des âges des éleveurs très défavorable au sein du groupement qui engendre une diminution du parc bâtiments. Le report de mises en place de lots par certains producteurs est également un frein pour cette activité. Les tonnages de canards abattus accusent une baisse de 10 % par rapport à 2008. Ils reflètent l’évolution négative de la consommation qui est de l’ordre de - 9 %. • Maintien des marges et amélioration globale des performances techniques Sur le plan technique, les résultats sont bons, voire même en nette progression en dinde et en canard. Les marges de ces deux productions se sont sensiblement améliorées. En poulet standard, on note un léger tassement des performances techniques et de la marge qui sont cependant reparties à la hausse en fin d’année. • La filière plutôt optimiste pour la mise aux normes « bien-être animal » Après l’exposé de Laure Bignon, de l’Institut Technique Avicole, sur l’application de la directive bienêtre animal et les réalités de l’élevage des poulets de chair, les producteurs ont manifesté une certaine inquiétude quant à son application dans leur système de production. Les responsables de la filière ont rappelé que le groupement, grâce à la pratique du desserrage, avait déjà parcouru une partie du chemin pour répondre

Les volailles label En 2009, l’activité s’établit à 1,9 million de volailles label, un chiffre identique à l’année précédente. On note cependant une progression dans les poulets jaunes au détriment des poulets blancs. Cela traduit une évolution de la demande des consommateurs. Dans le bilan 2009, on note une amélioration des performances technico-économiques, elles sont en progression constante depuis quatre ans. Pour autant, les marges de progrès existent, il faut aller les chercher à tous les maillons de la filière. Sur le plan sanitaire, le groupement label a mis en place une caisse de risque qui permet d’intervenir en cas d’événement sanitaire dans les élevages. En 2009, le

montant des interventions représente près de 22000 euros, à la suite de passages viraux ou de cas de botulisme. Outre le bilan de l’exercice, Pierre Clément a rappelé le dispositif d’accompagnement mis en place par la coopérative et les collectivités territoriales à l’image de la Région Basse-Normandie. Il vise à soutenir les projets d’investissement dans une production sous signe de qualité qui doit conforter sa place dans les linéaires. Au total, une quinzaine de projets vont voir le jour courant 2010. La question du coût du bâtiment est venue en débat, les éleveurs ont parfois une vision différente quant au choix des équipements, ceux-ci pouvant faire varier le coût final du projet. Les responsables de la filière avaient invité Christine Jez, membre de l’unité prospective à l’Inra, qui vient de coordonner une étude prospective sur la filière avicole française. Cette étude intitulée « la filière avicole à l’horizon 2025 » est le résultat d’un travail réalisé conjointement par l’Inra et l’Itavi. Il ressort de cette étude que la filière avicole souffre d’un déficit de compétitivité par rapport à plusieurs concurrents mondiaux parmi lesquels des européens. Face à ce constat, la France doit jouer la carte de la différenciation, mais elle doit également renforcer ses structures de transformation pour exploiter au mieux les atouts de la production hexagonale dans un contexte de demande mondiale croissante.


AG ŒUFS

La directive bien-être engendre une baisse de la production en Europe La filière œufs a échappé à la crise en 2009. Elle a même retrouvé un contexte favorable : demande croissante, recul de la production française et européenne, prix de l’aliment à la baisse. Le bilan d’activité du groupement œufs, présenté le 24 février dernier, est positif. Les perspectives pour 2010 semblent elles aussi favorables, mais restent les interrogations quant à la pérennité de la production d’œufs en cage. En ce qui concerne l’avenir du groupement, Gilbert Herpe, président de la filière et président d’Agrial, a donné le ton: « tout en restant fidèles à nos engagements, nous devons rester ouverts à de nouvelles opportunités de partenariat, garantes de développement et de débouchés durables ». Après une année 2008 perturbée, le marché de l’œuf est en bonne

Lucien Roffidal, responsable volailles de ponte chez Inzo. Après avoir fait un état des lieux de la production européenne au regard de la norme bien-être applicable en 2012, il a présenté les travaux réalisés par Inzo sur la notion de poids et de l’évolution de la composition corporelle des poules pondeuses.

santé. 2009 a été plus favorable au cours de l’œuf, c’est la conséquence: • d’une hausse de la consommation en France (+ 6,5 % sur le premier semestre) car l’œuf bénéficie d’une image de produit peu onéreux, • de l’anticipation de la mise en place de la directive bien-être animal en Allemagne et aux Pays-Bas avec de fortes baisses de la production dans ces pays (- 17 % en Allemagne contre - 3 % en Europe et - 2,1 % en France), • de problèmes sanitaires en Espagne qui ont freiné les exportations. En parallèle, l’évolution à la baisse des matières premières et notamment des céréales qui retrouvent leur niveau de 2006 avec le coût de l’aliment qui recule de 20 % par rapport à 2008, a permis une baisse significative du prix de revient. En 2009, le groupement a commercialisé 134 millions d’œufs (+ 1 % par rapport à 2008) et près de 1,5 million de poulettes. Les œufs produits en systèmes alternatifs progressent Les systèmes de production se diversifient en France et en Europe en lien avec les attentes des consommateurs, l’anticipation plus ou moins précoce de la mise en œuvre de la directive bien-être animal et la sensibilité de chaque pays. Les œufs produits en systèmes alternatifs (plein-air, bio, Label Rouge) occupent une place croissante. Cette production représente maintenant plus de 30 % des œufs de consommation produits par le groupement. De nouveaux projets sont en cours pour accompagner la demande.

Une bonne participation des producteurs d’œufs à l’assemblée annuelle.

Échéance 2012, qu’en est-il? L’échéance de la directive bien-être animal en 2012 suscite beaucoup d’interrogations chez les producteurs. Sur la base d’un diagnostic établi fin 2008, par FranAgrimer, 60 % des capacités de production en cage restaient à convertir avant 2012. 90 % des éleveurs interrogés annoncent leur intention d’investir dans l’aménagement des cages. On irait vers l’arrêt d’un tiers des bâtiments et un accroissement des tailles d’élevage. Au final, la directive bien-être se traduirait par une diminution de la production en France. Le chiffre de 10 % est avancé. Dans cette course contre la montre, l’Union européenne avance en ordre dispersé. Un premier bilan sur l’état d’avancement des travaux de mise aux normes 2012 a été présenté, par Monsieur Lucien Roffidal, responsable volailles de ponte chez Inzo. Il semble établi que la conversion aux normes 2012 ne sera pas totalement achevée. Dans les principaux pays producteurs d’œufs en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Pologne, Royaume-Uni et France), le niveau de 50 % serait même péniblement atteint. Une complète mise aux normes est matériellement impossible d’ici 2012 tout particulièrement en Espagne et en Pologne. La ques-

tion du devenir de la cage même aménagée n’est pas définitivement tranchée en Allemagne. Le poids de la distribution sera peut-être l’élément déterminant si celle-ci décidait l’arrêt de la commercialisation d’œufs de cages. La directive sera t-elle appliquée à la lettre avec une interdiction de produire dans les cages traditionnelles début 2012, ce qui entraînerait une baisse drastique de la production d’œufs dans l’UE qui pourrait favoriser l’importation d’œufs et d’ovoproduits de pays tiers n’appliquant pas les mêmes normes… à ce sujet, rien est encore écrit. Une carte à jouer pour la France Selon Lucien Roffidal, la France occupe géographiquement une position stratégique, charnière entre le nord et le sud de l’UE qui ont des attentes différentes sur le type d’œuf de consommation. Au nord, le marché étant plutôt orienté vers un marché de l’œuf produit en systèmes alternatifs et au sud, un marché de production rationnelle en cage type 212. La production française pourra donc s’orienter vers ces deux créneaux. L’important sera de produire au meilleur coût quel que soit le type de production.

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VIE COOPÉRATIVE AG LÉGUMES

Renforcer les liens entre la production et les marchés Les producteurs de légumes ont tenu successivement leurs réunions de bassin et l’assemblée générale de l’OP pour faire le bilan de l’année 2009 et débattre des orientations pour la production régionale dans une branche légumes qui rayonne en Europe. En 2009, les apports dans l’OP représentent 86 500 tonnes de légumes. C’est un peu inférieur à l’année précédente, principalement à cause de la diminution de l’activité en carotte qui retrouve le niveau de 2007, en navet et en céleri. La valeur des apports exprimée en chiffre d’affaires est en légère progression, Bernard Guillard, président de l’OP, a qualifié le bilan de l’année de « correct au regard de la situation économique globale ». Une bonne activité et des projets en salade L’activité salade affiche une croissance des tonnages de 2 % à près de 23000 tonnes, avec des surfaces en diminution. Ceci s’explique par l’amélioration de la productivité et les moyens mis en place dans le cadre du programme opérationnel. Parmi ces moyens, citons la pose de petits tunnels pour les productions précoces, le

Les producteurs de l’OP légumes réunis en assemblée générale à Lessay (50).

blanchiment des serres pour la production de mâche d’été, la plantation de mottes sur plastique biodégradable dans le Val de Saire. La production sous abri bénéficie d’une augmentation des surfaces

Bernard Guillard (second en partant de la droite sur la photo) reste confiant sur l’avenir de la production légumière régionale avec une OP proche de ses producteurs dans une branche légumes qui dispose d’un aval bien structuré.

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de 3 ha. En 2010, l’équipe de l’OP mise sur un nouveau développement avec la nécessité de doubler les volumes en production de jeunes pousses. De nouvelles constructions de serres sont en projet pour 2010, cela représente une surface supplémentaire de 9 ha. Ces équipements sont particulièrement intéressants pour accompagner le développement en mâche et jeunes pousses. Une nouvelle organisation pour la mise en marché du poireau Le sujet de la mise en marché n’est pas nouveau, mais il a évolué au cours de l’année 2009 à la faveur de la mise en place d’une nouvelle organisation avec l’arrivée de Christophe Charvieux à la direction des opérations sur l’ensemble du périmètre Prim’co. L’objectif réaffirmé est d’être réactif par rapport aux besoins des clients dans une logique du « vendre pour pro-

duire », voire d’anticiper des actions commerciales. Prim’co est devenu un opérateur majeur en légumes frais sur les marchés européens. Cela doit profiter à l’ensemble des bassins et notamment ceux du territoire de la coopérative. La nouvelle organisation de mise en marché du poireau a été mise en place. Fondée sur une communication renforcée entre la production et le commerce, elle doit permettre de valoriser la production actuelle et de prendre des parts de marchés à l’avenir. Dans le même esprit, la question du développement de la production biologique est venue en débat. La demande est là, l’OP est-elle prête à relever le défi? Il semble que oui. L’OP légumes et ses producteurs peuvent en tout cas s’appuyer sur un aval qui poursuit son développement dans un marché toujours plus européen.


AG CIDRICOLE

Avec la création de l’OP, la filière cidricole conforte son organisation et ses moyens Les responsables de la filière cidricole avaient choisi de tenir l’assemblée à proximité d’Argentan, un lieu assez central pour réunir les producteurs de fruits à cidre dont le nombre a continué de croître en 2009 avec la fusion d’Union Set dans Agrial et la reprise de l’activité Val de Vire. Le bilan de cette année, c’est aussi la reconnaissance de l’OP « fruits transformés ». Résumé de l’essentiel de la teneur des exposés et des débats de cette assemblée. La filière cidricole poursuit sa croissance au sein de la branche boissons (cf. encadré). Les apports réalisés par les adhérents de la coopérative représentent 96000 tonnes de pommes sur un total de

172200 traitées par l’ensemble de la branche, soit 56 % de ses approvisionnements. Cette croissance s’explique par l’évolution du périmètre car cette année, les rendements ont été inférieurs de l’ordre de 15 %. Avec la fusion d’Union Set et la reprise de Val de Vire, la filière a accueilli 170 adhérents, ils représentent environ un millier d’hectares et 30000 tonnes de pommes qui viennent renforcer le potentiel de production. Cette évolution du périmètre a également conduit à revoir l’organisation interne avec une animation terrain placée sous la responsabilité de Jean-Marie Cailly, l’animation et le suivi des actions de l’OP étant confiés à Philippe Leprince. « Dans le bilan 2009, nous retiendrons la poursuite de l’amélioration de la qualité des fruits. L’amélioration est constante depuis que nous avons mis en place l’agréage des fruits, tout le monde y gagne » note Franck Malinowski. Côté prix, l’essentiel de la production chez les producteurs basses tiges et chez les producteurs hau-

Producteurs de fruits à cidre, modification des conditions de production des produits AOC La loi d'orientation agricole de décembre 2006 a entraîné une modification des conditions de production des produits AOC. Si vous disposez d'un numéro d'identification INAO de producteur de fruits AOC et si vous souhaitez conserver votre appellation pour vos productions à venir, vous devez impérativement être identifiés auprès des Organismes de Gestion (ODG) des appellations concernées. Pour ce faire, il vous faut remplir et renvoyer votre Déclaration d'Identification (DI) et être à jour de vos cotisations auprès de l'ODG correspondante (toutes réunies, pour les produits cidricoles, sous l'entité CICD). Si vous n'avez pas encore fait cette

démarche, vous devez le faire impérativement avant la prochaine récolte. Ceci vous permettra de livrer vos pommes dans nos dépôts dédiés à la collecte des fruits AOC. Des formulaires sont à votre disposition dans ces mêmes dépôts. Pour tout renseignement complémentaire, adressez-vous directement aux CICD, Caroline Marie, Immeuble Citipolis, 6 place Boston, 14200 HérouvilleSaint-Clair, téléphone 02 31 53 17 61. C'est aussi à cette adresse que vous devez retourner vos formulaires et cotisations. Vous pouvez contacter la filière cidricole Agrial à Sainte-Foy de Montgommery.

Une participation croissante des adhérents à l’assemblée générale de la filière cidricole.

tes tiges au-delà d’un certain seuil est contractualisé. Cependant, 20 % des apports sont indexés sur le marché des concentrés. Déjà très forte l’an dernier, la concurrence des pays de l’Est sur ce marché s’est accentuée, avec pour conséquence une nouvelle dégradation des prix, au-delà des prévisions, à 635 euros/tonne. On reste malgré tout à un niveau tout proche de l’an dernier pour le prix des pommes sur cette part variable. Au global, la production cidricole a moins subi la volatilité des prix enregistrée dans la plupart des productions agricoles ces derniers mois. Plan pommes 2020, plus de 1000 ha ont été plantés Le plan pommes 2020, visant à assurer le renouvellement du verger, arrive à son terme. Au total, ce sont plus de 1000 hectares qui ont été plantés au cours des trois dernières années dont 485 hectares pendant l’hiver dernier. Il reste une centaine d’hectares à réaliser, ce sera fait l’hiver prochain. Interrogé sur le devenir des producteurs qui n’ont pas renouvelé leur contrat, Jean-Luc Duval, président de la filière, a précisé que « ce plan avait été établi sur la base des adhérents ayant renouvelé leur

engagement contractuel. Il ne saurait être question de toucher aux équilibres entre la production et les besoins de notre aval ». L’OP fruits transformée est agréée En réflexion depuis trois à quatre ans, le projet de constituer une Organisation de producteurs dans la filière cidricole a enfin pu aboutir. L’agrément a été officialisé fin 2009. Jean-Luc Duval n’a pas caché sa satisfaction, il a souligné au passage l’important travail réalisé par les équipes avec l’appui de l’OP légumes qui a apporté son expertise. Autour de ce projet dans lequel près de 200 producteurs sont engagés, va se mettre en place un programme opérationnel validé par FranceAgrimer. Les modalités de ce programme, avec un volet financier significatif à hauteur de 1,2 million d’euros, ont été présentées par Philippe Leprince en charge du dossier. L’objectif est d’allouer des moyens à la production notamment dans les domaines de l’environnement, de la qualité. Le déploiement de ce programme commence dès 2010. Michel Oriac Anne Charbaut

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VIE COOPÉRATIVE Emballages Vides de Produits d’Hygiène utilisés en Élevage Laitier

La collecte va s’organiser Une nouvelle filière de gestion des Emballages Vides de Produits d’Hygiène utilisés en Élevage Laitier (EVPHEL) va se mettre progressivement en place. Des réunions à ce sujet sont organisées dans chaque département. Les dates et lieux ne sont donc pas encore validés, mais la première collecte devrait se dérouler à l'automne prochain.

À

l’exception des opérations pionnières initiées par certaines laiteries et fabricants ou chambres d’agriculture, il n’existe pas de dispositif structuré au niveau national pour la récupération des Emballages Vides d’Hygiène utilisés en Élevage Laitier (EVPHEL). Depuis plusieurs années, on note une forte attente des éleveurs pour qu’un service de collecte soit mis en place sur les mêmes principes que celui existant pour les emballages de produits phytopharmaceutiques. Le lancement de cette filière est le fruit d’une démarche collective initiée par l’interprofession laitière et les représentants des metteurs en marché de produits d’hygiène, en cohérence avec la charte des bonnes pratiques en élevage. Les bidons réceptionnés subiront un traitement en unité spécialisée avant d’être orientés vers le circuit de recyclage. Les emballages vides collectés seront recyclés pour fabriquer d’autres objets plastiques comme des mandrins ou des gaines de câbles électriques pour le secteur du bâtiment.

À chacun son rôle Un des principes fondateurs de la filière EVPHEL est la responsabilité partagée. Comme pour les autres emballages recyclables, le logo ADIVALOR apparaîtra à l’avenir sur les bidons.

• L’utilisateur (l’éleveur) prépare les emballages en vue de leur collecte conformément au protocole défini (rinçage, égouttage, stockage) et les dépose à des lieux et dates définis. • Le distributeur (laiterie, distributeur d’agrofourniture…) collecte, contrôle, et entrepose les emballages. • Le metteur en marché (fabricant, importateur…) de produits d’hygiène, via une éco-contribution, gère le financement des opérations de récupération et la valorisation des plastiques collectés. • ADIVALOR gère l’organisation générale du dispositif, la récupération et la valorisation des emballages. • Les prescripteurs publics et privés (ministère, institut technique, chambre d’agriculture, contrôle laitier, GDS, SNGTV…) relayent les consignes et l’information sur le terrain. Plusieurs types de collecte possibles La collecte pourra se faire de plusieurs manières : apport des emballages par l’éleveur sur un site déterminé, collecte par le laitier, collecte par une camionnette. Elle pourra être simultanée avec celle d’autres emballages mais bien séparée car le circuit de recyclage est spécifique. Dans tous les cas, le collecteur sera susceptible de refuser un emballage si celui-ci n’est pas conforme aux exigences définies. Une attestation sera remise par le collecteur à l’éleveur. Éric Delandes

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Les EVPHEL : c’est quoi ? EVPHEL = Emballages Vides de Produits d’Hygiène utilisés en Élevage Laitier Les EVPHEL englobent les produits de nettoyage et de désinfection du matériel de traite et les produits d’hygiène de la mamelle. Ne sont pas concernés par ce projet : les désinfectants de bâtiment d’élevage, les produits de traitement d’eau et les produits de type formol, javel… Les emballages vides de ces produits représentent un gisement estimé à 1 500 tonnes de plastique par an, Exemple de bidons concernés composé majoritairement de bidons de 10, 20 ou 60 litres en polyéthylène haute densité (PEHD) de couleurs variées.

Bien préparer les emballages


VIE DES RÉGIONS Mont Saint-Michel

Ça bouge dans les magasins Le premier semestre 2010 a été marqué par quelques évolutions dans les magasins du Teilleul, de Ducey, de Sourdeval et de Sartilly. Suite au départ en retraite de Michel Ménard, responsable du Point Vert du Teilleul, à la mutation de Laurent Boulé, responsable du Point Vert de Ducey, et au changement d’orientation de carrière de Aurélien Letondeur, magasinier à Sourdeval, des mutations et promotions se sont effectuées au cours du premier trimestre 2010. Michel Ménard a fait valoir ses droits à la retraite au 1er avril. Il est entré à la coopérative en janvier 1972 d’abord comme secrétaire commercial à Saint-Hilaire du Harcouët, puis conseiller d’exploitation pendant trois ans avant de reprendre un poste de secrétaire commercial à la plateforme de Parigny.

C’est en 1988 qu’il est nommé responsable du magasin du Teilleul, poste qu’il a occupé jusqu’au 31 mars 2010. Le jeudi 8 avril, les adhérents et ses collègues sont venus le remercier pour le travail accompli pendant toutes ses années d’activité à la coopérative. Nous lui souhaitons une longue et heureuse retraite. LES MOUVEMENTS • Au Point Vert de Ducey Pour des raisons de rapprochement de son domicile, Laurent Boulé a émis le souhait de quitter son poste de responsable de magasin de Ducey pour rejoindre le magasin de Carpiquet (14). Marc Rochelle, jusqu’alors responsable du magasin de Sartilly, lui succède.

Michel Ménard

• Au Point Vert du Teilleul

Damien Courteille succède à Michel Ménard en tant que responsable de magasin. Il était conseiller vendeur dans ce magasin. • Au Point Vert de Sourdeval Anthony Levêque succède à Aurélien Letondeur en tant que magasinier.

• À Sartilly Abel Jouenne est nommé responsable du magasin de Sartilly, il était auparavant au Point Vert de Bréhal.

Opérations diagnostic, réglage semoirs à maïs

Animation au Point Vert de Sourdeval et nouvel équipement

Les 12 et 19 mars, les adhérents étaient conviés à des opérations de réglage de semoirs à maïs sur les sites de Ducey, Saint-James, Le Teilleul et Brécey. L’implantation du maïs doit permettre à chaque graine de faire jusqu’à 600 g de matière verte en 170 jours. C’est bien un départ de 100 mètres, et toutes les graines qui prendront un mauvais départ ne seront pas à l’arrivée. Des essais plein champ ont permis de constater un gain de rendement de 10 quintaux, grâce à une révision de semoir. Le diagnostic repose essentiellement sur: - l’état des pièces d’usure (socs,

Nicolas Marie, responsable du magasin, et son équipe, avaient organisé le mercredi 3 mars une animation autour de différents thèmes: - clôtures électriques, - blocs à lécher, - produits nutritionnels, - ficelles.

Opération réglage des semoirs.

pioches à engrais, disques), - le positionnement de l’engrais starter (5 à 7 cm sur le côté du rang, 3 cm sous la graine), - le micro-granulateur, - le contrôle des débits. Ne négligeons pas les atouts pour réussir les semis de maïs.

Ce fut l’occasion de faire découvrir un nouvel équipement aux adhérents venus à cette journée. La région a en

effet fait l’acquisition d’un épandeur d’amendements calcaires de grande capacité et de grande précision afin d’apporter un meilleur service à ses adhérents.

Épandeur de grande capacité à Sourdeval.

jean Claude Fusée

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VIE DES RÉGIONS Cotentin

Accompagner nos adhérents dans l’analyse de leur système de production L’approche par le Lactoplan, outil d’aide à la gestion du troupeau laitier et de comparaison de résultats entre exploitations est une première étape pour analyser son système de production. Le 22 janvier dernier, Philippe Lauhlé, ingénieur ruminants chez Inzo, a

rappelé le fonctionnement du Lactoplan et présenté le bilan 2009 des exploitations suivies par Agrial. Les écarts importants des résultats technico-économiques entre les exploitations montrent qu'il est opportun d'analyser son système de production. Dans

cette logique, Agrial propose maintenant une approche par le calcul du coût de production. Une présentation de cette démarche a été réalisée, lors de la réunion Lactoplan, par Etienne Jeanne, responsable de la démarche technico-économique.

Calculer son coût de production On appelle coût de production les dépenses faites pour obtenir un certain produit, un quintal de blé ou un litre de lait par exemple, rien de plus délicat, mais aussi de plus important que d’établir au moins approximativement le coût de production des principaux produits d’une ferme. Cette définition du coût de production a été retrouvée dans un manuel de première année d’agriculture qui date de… 1890! Connaître son coût de production n’est donc pas un effet de mode; cet indicateur devrait être présent en production laitière comme il l’est chez les producteurs ayant une production hors sol. Il permet: • un diagnostic efficace en temps réel de son atelier, de sa rentabilité, • un positionnement du niveau des charges

opérationnelles et de structure. Il doit devenir un outil de pilotage au service de l’agriculteur. La région Cotentin s’investit pleinement dans cette démarche, Mireille Van Bladel met en place cet indicateur dans bon nombre

Les principaux résultats des différentes études menées dans la région Cotentin. €/1 000 litres

Maximum

Coût de production

Charges variables

+ 96 €

+ 92 €

Charges fixes

Produits annexes

+ 76 € + 25 €

Moyenne

315 €

166 €

199 €

49 € - 23 €

- 42 €

Minimum

Témoignage «

d’exploitations. À ce jour, on compte près de soixante calculs de coût de production réalisés sur la région. Pour calculer le coût de production de votre atelier lait, prenez contact avec votre RT€, il vous accompagnera dans cette démarche.

- 100 €

- 75 €

Calculer son coût de production, c’est simplement logique » Lucie et Marcelle Godey accompagnées de Mireille Van Bladel (au centre), RTE élevage.

Gaec de Dodeville Saint-Georges-de-la-Rivière (50) - troupeau laitier de 80 VL Prim’Holstein, moyenne économique de 10000 litres, - quota de 730000 litres de lait. Les associées du Gaec participent à différents groupes de travail ce qui leur permet de diversifier les approches technico-économiques de leur atelier lait. Pour elles, calculer son coût de production en lait,

c’est simplement logique comme pour toutes autres productions. C’est un axe de travail complémentaire et incontournable pour situer leur exploitation et définir les axes de progrès possibles.

« Le calcul se fait assez rapidement à partir de nos documents comptables. Nous réalisons ensemble la ventilation des charges. La représentation graphique des résultats et la comparaison avec les exploitations de la base de données d’Agrial permettent de hiérarchiser les postes de charges, de visualiser les points forts et les points faibles de notre exploitation pour en dégager les axes de travail. Cette démarche nous a confortées par rapport à ce que l’on présentait déjà à travers les autres méthodes d’analyse de notre production. Nous avons réalisé ce calcul a posteriori, à l’avenir, il serait intéressant de pouvoir le faire en prévisionnel et encore mieux en temps réel. » Olivier Duchesne

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Bessin Bocage

Journées formation Promotion du cheval certiphyto aménagé tout un rayon pour mettre en Les formations continuent à un bon rythme. Fin janvier, plusieurs groupes du bocage virois ont suivi les deux journées pour l’obtention de certiphyto. La première journée concerne la réglementation et l’environnement, la deuxième journée, réalisée par Arvalis, porte sur la connaissance de la pulvérisation: efficacité, qualité et respect des normes.

avant le savoir-faire et les produits proposés. Une occasion pour l’équipe du magasin de faire découvrir un volet mal connu de son professionnalisme : le domaine équin.

Alain Groult, référent cheval de la région.

La formation certiphyto se déroule sur deux journées.

Lactoplan Un nouveau groupe vient de se constituer lors d’une réunion animée par Christian Hoflack et Philippe Laulhe de la société Inzo. Dans le cadre de la démarche technico-économique de l’entreprise, il apparaît nécessaire aux éleveurs de disposer des éléments forts pour se situer et déterminer les axes de progrès sur leur exploitation. Les points à étudier sont souvent identiques d’une exploitation à l’autre : charges fixes, charges variables, renouvellement (taux et coût). Chaque RTE dispose de Simul’Eco, véritable outil d’aide à la décision qui permet de simuler les points techniques capables d’améliorer la marge globale de l’exploitation. Le lactoplan agit comme le baromètre de la maîtrise technique de l’éleveur et de ses orientations économiques. N’hésitez pas à rejoindre ce groupe motivé en contactant votre RTE.

Pendant deux jours, l’équipe du service équin a participé à la promotion du cheval, au magasin de Bayeux. Toute la gamme de produits, alimentaires ou non, proposée par Agrial était déclinée. Alain Groult, notre référent « cheval » de la région, avait

Les plus jeunes se sont initiés au poney.

Une journée du printemps au Point Vert de Vire « La Douitée » Cette manifestation s’est déroulée le 9 avril dernier, avec la collaboration de nos fournisseurs : Pengar, les Salins du Midi, Sanicoopa, Kranzle, le Gardien électrique,

Carmeuse, Sainte Germaine, Advanta et Jouffray-Drillaud. Ces derniers intervenaient pour présenter les évolutions de notre gamme de produits agricoles. Les adhérents ont répondu présents à cette invitation malgré une météo favorable à travailler dans les champs. Comme sur d’autres sites, ils ont prêté une attention particulière à l’atelier de réglage du semoir à maïs. La journée s’est déroulée dans la convivialité autour d’un buffet campagnard et d’un jeu concours.

Mobilisation de l’équipe du magasin et de nos fournisseurs.

Locales productions végétales et semoir à maïs Plusieurs réunions ont rassemblé une centaine d’agriculteurs pour une démonstration grandeur nature du réglage des semoirs à maïs. Sans revenir en détail sur tous les points de contrôle, deux sont essentiels: l’état d’usure des pièces et la vérification du débit.

Cette opération s’est déroulée sur les secteurs de Landelles, Caumont, Isigny, Vassy, Chenedollé et Vire. À Caumont et Chenedollé, un complément technique a été apporté sur les cultures de céréales et colza. André Cassigneul

Démonstration de réglage des semoirs à maïs.

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VIE DES RÉGIONS Centre Manche

D’un siècle à l’autre : Créances Pour cette édition, nous nous sommes intéressés à la commune de Créances, aujourd’hui connue au travers de ses carottes de sables et de ses poireaux. Agrial est présent sur la commune depuis 1977 avec l’ouverture de son premier site agricole. Le second magasin, à enseigne Point Vert, a ouvert en mai 2005.

S

i les Créançais sont réputés pour leur particularisme, ils ne sont pas moins ouverts à l’image de Monsieur Joseph Fromage, qui nous a gentiment ouvert sa porte pour nous raconter l’histoire de sa région. Créances est une commune située sur la côte ouest du Cotentin dont le nom s’est imposé au 16e siècle. « Ses origines se perdent dans la nuit des temps » souligne Monsieur Fromage mais ce qui est sûr c’est que la vie y a été rude et qu’elle a forgé le caractère des Créançais.

Le Créançais, « terre de bagne » C’est ainsi qu’on le qualifie dans certains ouvrages. Et oui la vie n’a pas toujours été facile dans cette région coincée entre Le Havre au nord, les landes à l’Est et la mer à l’ouest. Les Créançais ont pendant longtemps vécu en dehors des autres régions, cultivant même la légende qu’ils seraient issus de navigateurs d’un bateau échoué sur la côte… La région a été forcée de pourvoir à ses besoins et c’est certainement pour cette raison que les légumes, pouvant être cultivés sur de petites surfaces, se sont développés. Pour se particulariser un peu plus, les créançais ont développé un dialecte différent des parlers voisins, patois contenant des mots propres au Créançais. On murmure beaucoup à propos de Créances, de ses habitants et notamment à propos des mariages. Mais quel était vraiment la motivation de ses unions entre Créançais, la volonté de ne pas disperser le patrimoine familial ? La version de Monsieur Fromage est un peu différente. « Si les gens de Créances se mariaient ensemble, c’est parce que les hommes assu-

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Pendant des siècles les cultivateurs ont acheminé des charretées de varech (algues coupées sur les rochers ou ramassées à marée basse) dans leurs champs, c’était souvent le seul fertilisant utilisé. Sur cette photo, après la libération, Raymond Jacquette revient de la mer avec un chargement de varech (document M. Fromage).

raient le commerce des légumes dans les communes environnantes plusieurs jours par semaine et que la femme devait assumer le travail au champ, savoir-faire unique puisqu’à l’origine seule la région de Créances s’était spécialisée dans les légumes. Dans ces conditions, comment trouver chaussure à son pied ailleurs surtout que le travail de la terre était un travail dur que peu de femmes non issues du milieu voulaient assumer. »

Créances, terre de maraîchage Les recherches de Monsieur Fromage montrent que les Créançais devaient déjà cultiver des légumes en 1251. Avec la vulgarisation de la charrette, du 18e siècle et jusqu’à la moitié du 19e les hommes vendaient sur les marchés (3 jours/semaine) dans un rayon de 75 km. Les Créançais cultivaient

tous les légumes susceptibles d’être commercialisés. Au 19e siècle, la culture du melon était prépondérante (fin 1914). La carotte a commencé son extension après la 1re guerre mondiale, elle est devenue dominante vers 1935.

Des carottes des caves aux mielles Jusqu’à la dernière guerre, les carottes étaient cultivées dans les terres, puis dans les caves (sables de bord de mer en dessous du niveau de la mer) et maintenant dans les mielles (sables voisins de la mer plutôt séchants) avec l’introduction de l’arrosage après 1976. Le premier groupement de producteurs est apparu vers 1930-1935. La première coopérative maraîchère s’est


Le Point Vert de Créances Lisa : 480 m2 Marché couvert : 210 m2 Ombrières : 150 m2 Réserve : 400 m2 et stockage phytosanitaire destiné au bassin légumier : 135 m2

montée en 1942, Auguste Fromage en a été le fondateur.

Et Agrial dans tout ça ? Le premier magasin agricole était un magasin Casam. Il a été ouvert en 1977 « C’était un magasin type petit Lisa, explique Michel Lefèvre RTE légumes du secteur, il y avait un atelier mécanique agricole avec trois mécaniciens à temps plein ». Le Point Vert a été inauguré en 2005. « Notre clientèle reste majoritairement composée de maraîchers. Aujourd’hui, sur Créances, il reste environ 45 exploitations, on en comptait 350 en 1957. La carotte reste l’activité principale avec le poireau. Les exploitations du Créançais ont une surface moyenne d’une vingtaine d’hectares. Les pêcheurs et les estivants s’approvisionnent également dans notre magasin » précise Françoise Lepaisant, responsable du site. Sur la plateforme extérieure, nous avons bien cherché, pas de varech (le droit à la coupe de varech était attribué au proprié-

taire d’un lopin de terre) mais bien des big bag de fertilisant, les conduites culturales elles aussi ont évolué ! Créances est un peu une terre d’accueil pour Agrial puisqu’on y trouve également le

siège de l’OP légumes Agrial et une station légumière. Anne Charbaut Patrick Desmortreux

Ventes de melon sur la foire de Lessay, carte postale imprimée vers 1910 (document M. Fromage).

Tous à la fête de la carotte ! C’est le 2e samedi d'août, que chaque année la carotte de Créances est à l’honneur. La confrérie des "Mouögeous d'carotte de Crianches", ouvre la fête. À cette occasion, elle intronise de nouveaux

chevaliers qui ont œuvré pour la défense et la promotion de la carotte de Créances. Des concours de légumes, de plats cuisinés à base de carotte, une foire à tout et des animations musicales, ponctuent la journée.

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VIE DES RÉGIONS Centre Manche

Les entrepreneurs agricoles visitent l’usine Carmeuse des Aucraies (14) Une quinzaine d’entrepreneurs du Centre Manche ont visité l’usine Carmeuse des Aucraies dans le Calvados. Cette usine produit 450 000 tonnes de calcaire dont 200000 tonnes sont destinées à l’activité agricole. Toutes les étapes, de l’extraction à l’expédition, sont réalisées sur le site (extraction, broyage, tamisage). Charles Goudy, partenaire de la région Centre Manche pour l’amendement, nous a présenté la société Carmeuse. Son origine

remonte en 1860 en Belgique, elle fait référence dans 11 pays pour l’extraction et la transformation du calcaire. Pascal Rozier est également intervenu pour présenter trois dossiers clés concernant les semis maïs au printemps 2010: • Les précautions d’emploi des semences protégées Cruiser, avec l’obligation réglementaire d’équiper les semoirs maïs de déflecteur anti-poussières pour le respect de l’environnement et de l’utilisateur.

• L’utilisation de micro-granulés avec l’installation de diffuseurs permettant de satisfaire les efficacités sur taupins. • Sensibilisation sur la maintenance et les réglages semoirs pour un travail de qualité, de précision, dans le but de permettre à la graine de maïs d’exprimer pleinement son potentiel. Présentation des demi-journées diagnostic semoirs organisées sur plusieurs magasins Agrial de la région.

Les hommes et les femmes dans la région Point Vert de Bréhal : Après onze années passées au Point Vert de Bréhal, Abel Jouenne va rejoindre sa région d’origine le Mont Saint-Michel comme responsable de magasin à Sartilly. Nous le remercions pour avoir parfaitement rempli sa mission auprès des adhérents et clients du magasin. Il est remplacé par Olivier Lavalley, qui était responsable

du Point Vert de Torigni depuis Point Vert de Torigni : Suite au départ d’Olivier Lavalley, la rescinq ans. ponsabilité du magasin sera assurée par Claude Culeron. Bien connu de nos adhérents, il avait déjà la responsabilité de la partie agricole du site. Nous leur souhaitons à tous les trois de réussir pleinement dans leurs nouveaux magasins Olivier Lavalley et Abel Jouenne.

Claude Culeron et Olivier Lavalley.

Ille-et-Vilaine

Rencontres techniques Les traditionnelles « réunions techniques d’hiver » de la région Ille-et-Vilaine se sont déroulées le 26 février à Saint-Ouen des Alleux, le 2 mars à l’Aumaillerie à Fougères et le 10 mars à Vitré. Trois thèmes ont été abordés lors de ces rencontres: - les dernières évolutions de la PAC (BCAE prairies, aides rotationnelles, MAE rotationnelle), avec Isabelle Chopin d’AgrialServices, - le point sur les contraintes réglementaires lors de l’emploi des produits phytosanitaires, avec Didier Lardillier du SAPC, - la présentation des dix offres de contrats d’achats céréales d’Agrial, avec Céline Le Berre de la filière céréales. La participation de 180 adhérents a démon-

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tré l’adéquation entre ces sujets et les préoccupations des agriculteurs. Les débats ont été constructifs et nombreux. Les deux premiers sujets ont permis aux

Didier Lardillier intervenant sur les points à respecter lors de l’application de produits phytosanitaires à Vitré.

adhérents d’actualiser ou de conforter leurs connaissances sur les aspects réglementaires concernant leurs futures interventions phytosanitaires et leur prochaine déclaration PAC. La présentation des contrats d’achats de céréales, résultat chiffré de chaque contrat sur les trois dernières campagnes à l’appui, a mis en évidence la difficulté de faire le bon choix pour commercialiser sa récolte. Le conseil est de rester prudent. Il faut éviter de spéculer et diversifier les moyens de mise en marché. Le calcul sur chaque exploitation du prix d’intérêt paraît indispensable pour rendre plus sereine la prise de décision de vendre. Les réunions se sont terminées par un repas convivial.


Ille-et-Vilaine

Les jeunes agriculteurs de la région en Touraine Les 23 et 24 mars, les jeunes de la région ont effectué un déplacement en Touraine. Au programme, visites de l’usine Class du Mans, de Centre Sem et pour agrémenter l’utile à l’agréable d’une cave de producteurs de Vouvray et du Château de Chenonceau. Le site Class du Mans s’étend sur 21 hectares (7 ha couverts) et regroupe 730 salariés. Cette usine assemble les tracteurs Class pour la France et l’export. D’importants investissements sont réalisés depuis 2003 afin de moderniser les unités de production. Une nouvelle ligne de peinture sera mise en service courant mai. La visite de Centre Sem, notre station de conditionnement de semences située à Reignac (37), a donné lieu à de nombreux échanges entre les producteurs de maïs semences et les jeunes

de la région. Centre Sem compte un réseau de 175 multiplicateurs, ils représentent une surface de 3 500 ha en production. En 2009, Centre à conditionné plus d’un million de

doses, ce qui la situe parmi les plus importantes en France. Nous remercions les adhérents de Centre Sem pour leur accueil et leur disponibilité.

La seconde journée nous a conduits tout d’abord à Vouvray au sein d’une cave de producteurs. Après une visite des caves troglodytiques et un exposé sur l’élaboration des vins de Vouvray, le groupe a pu déguster différents crus. Notre dernière étape avant le retour sur Javené était le château de Chenonceau, monument historique le plus visité en France après Versailles. Chacun a pu réaliser la visite à son rythme. L’ensemble du groupe est rentré pleinement satisfait de ces deux journées où l’ambiance toujours conviviale a favorisé les échanges.

Le groupe sur le site de Class du Mans, Centre Sem et le château de Chenonceau.

Réunion lactoplan Le 12 mars 2010, les éleveurs du groupe Lactoplan Agrial d’Ille-et-Vilaine se sont retrouvés à Saint-Brice en Coglès. Au cours de la matinée, Philippe Lauhlé a commenté et analysé les résultats du groupe, pour les 10 premiers mois de la campagne laitière. On constate que la production des éleveurs du groupe est supérieure de 3,5 % à la prévision. Ces chiffres s’expliquent par une légère progression de la production par VL (+ 126 kg) et une augmentation de l’effectif d’environ 2 VL/troupeau. Au cours de son exposé, Philippe Lauhlé a également insisté sur l’importance de produire tout son quota. 5 % de non production étant l’équivalent d’une perte de 10 €/1 000 litres.

Pour terminer, il a réalisé un point sur la pesant plus de 340 kg sont classées O. Un mise à l’herbe mettant en garde sur la perte gain de 5 €/1 000 litres est possible par l’end’état de l’animal liée au déficit énergétique graissement pendant environ 60 jours des et aux déséquilibres entre énergie et azote vaches de réforme. dans la ration et il a souligné l’importance Après cette matinée riche en informations, de la complémentation minérale pour que la nous avons partagé un déjeuner. VL reconstitue ses réserves. Jean-Marie Gibault Nous avons ensuite abordé l’intérêt technico-économique de l’engraissement des vaches de réforme. En engraissant davantage, la valorisation des carcasses pourrait atteindre 0,30 € du kilo. Ceci concerne notamment les vaches de réforme pesant entre 280 et 340 kg (soit 50 % des effectifs) dont uniquement 23 % sont clas- Une matinée riche en informations pour les participants sées O alors que 66 % des VL du groupe lactoplan.

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VIE DES RÉGIONS Plaine Caen Falaise

1er anniversaire du Point Vert Le Jardin de Douvres-la-Délivrande Les 5 et 6 mars 2010, l’équipe du magasin était en effervescence pour accueillir ses clients et adhérents pour fêter l’événement. Au-delà de la traditionnelle borne de jeux, le magasin avait été largement achalandé pour fournir tout le nécessaire pour le jardin (même si la météo n’était pas encore au rendez-vous), la décoration de la maison, le bricolage et la construction.

Les premiers lots remis à la tombola étaient : un bon d’achat de 750 €, un bon d’achat de 150 €, un VTT, un bon d’achat de 50 € et une meuleuse Makita GA 5030 K.

Depuis cet événement, la météo a permis aux nombreux jardiniers d’intervenir dans leur jardin et de revenir s’approvisionner dans notre magasin de proximité.

Raymond Leprevost tire sa révérence Après 38 années passées au service des adhérents de l’Orne et du Calvados, Raymond a fait valoir ses droits à la retraite. Ses adhérents du secteur de Douvres-laDélivrande ont été nombreux à venir le saluer lors du pot de l’amitié organisé le 22 avril dernier. Son successeur, Thierry Donal, a déjà une longue expérience sur le terrain en tant que RTE auprès des adhérents de l’Orne et du Calvados. Nos souhaitons à Raymond une très bonne retraite et à Thierry une réussite dans ce nouveau challenge.

Visite de la plateforme couverts végétaux d’Ouilly-Le-Tesson Les essais « longue durée » sur les CIPAN servent de support d’expérimentation, mais aussi de communication avec les instances départementales et les adhérents. La rencontre organisée le 9 février dernier avait pour but d’échanger avec le Conseil général, la DDAF, la Chambre d’agriculture et

les représentants des agriculteurs pour évoquer les contraintes d’implantation, de date de destruction et de mode de destruction de ces CIPAN. L’après-midi était réservé aux adhérents qui ont pu découvrir les aspects des différentes espèces implantées.

L’aspect agronomique n’était pas oublié puisque nous avions une fosse pédologique pour démontrer l’intérêt des couverts. Pour plus de détails sur cette manifestation, reportez-vous à la page 31 de ce journal.

Esson à l’heure du réglage des semoirs Le 19 mars, nous avons convié nos adhérents maïsiculteurs pour échanger sur les insecticides. En effet, la législation Cruiser étant remise en cause régulièrement, la solution insecticide sur le rang est de nouveau à l’ordre du jour. Cette méthode nécessite des aménagements de semoir et surtout des systèmes de protection et de sécurisation pour les utilisateurs et l’environnement. Autour d’un semoir prêté gracieusement par un adhérent, Thomas Roussel en partenariat avec les sociétés Advanta et Certis, a présenté et expliqué les points suivants: réglage, débit, protection…

En maïs, la protection insecticide sur le rang nécessite quelques aménagements du semoir.

À l’occasion de cette animation, Laëtitia Lair a fait un rappel sur les sujets d’actualité en élevage: • la mise à l’herbe des animaux dans un contexte météorologique instable, • les précautions à prendre pour éviter les tétanies d’herbage et les problèmes de météorisation. Daniel Richard

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Pays d’Auge

Rencontre annuelle avec les entrepreneurs agricoles et les CUMA Entrepreneurs de travaux agricoles (ETA) et CUMA sont venus en nombre à la rencontre annuelle proposée par Agrial, le jeudi 14 janvier 2010. Une opportunité pour la région de réunir, échanger, et partager sur différents thèmes dans un esprit club. La SAMA, notre filiale machinisme, nous a reçus à Bretteville l’Orgueilleuse (14) dans ses nouveaux locaux. Chacun a pu apprécier la qualité des nouvelles installations et du siège de la SAMA.

Nous avons ensuite abordé la valorisation du fourrage sous forme d’ensilage au travers d’une enquête réalisée chez les éleveurs de la région en insistant sur les pistes d’amélioration concernant la récolte, la conception du silo, la conservation, et leur impacts économiques. À l’initiative de la SAMA, un point a été réalisé sur les techniques sans labour, l’agriculture de précision et les nouveaux moyens de traction. Ces thèmes ont été développés par les spécia-

listes des sociétés partenaires que sont RKW, Pioneer, Väderstad, Agri 3000, Massey Ferguson avec la participation de la SAMA et du service agrofourniture d’Agrial. Ces sujets ont fortement intéressé les participants. Les discussions se sont poursuivies pendant le dîner. Nous remercions tout particulièrement les intervenants pour la qualité de leurs présentations, ainsi que la SAMA pour son accueil et la mise à disposition de son site.

Semis de précision Trois animations « diagnostic semoir à maïs » se sont déroulées aux magasins d’Orbec, Drubec et Quetteville en mars 2010. L’enjeu au semis se résume en moyenne à 10 quintaux par hectare en fonction de la qualité de semis. Celle-ci englobe le semoir et les différents réglages (références expérimentales Advanta). Les démonstrations concrètes sur les semoirs ont repris les points clés contribuant à un semis de précision. On peut comparer le semis au départ d’une course de 110 mètres

haies. Il y a obligation de réussite dès le départ pour espérer une bonne arrivée. Le semoir est un des maillons contribuant à la réussite où chaque élément est important: état des pièces d’usure, équipements (fertilisateur, micro granulateur, diffuseurs, déflecteur anti-poussière). C’est un tour d’horizon complet, matériel et conduite culturale à la veille des semis, dont il a été question. Nous remercions nos partenaires, Advanta et Certis, pour la qualité de leurs présentations.

Une de ces manifestations au magasin de Quetteville.

Porte ouverte robot de traite

Le jeudi 25 mars, Agrial s’est associée à la porte ouverte organisée par la société Lely au Gaec des épis du Feugère chez Jean-Luc et Christophe Bréhin à Saint-Germain-laCampagne (Eure). Un grand nombre d’adhérents Agrial étaient présents. Cette manifestation s’est déroulée en parfaite cohésion entre les différents intervenants : la société Lely et ses partenaires, pour l’occasion : le CER du département de

l’Eure, le Crédit Agricole et Agrial. Chacun l’état d’esprit dans lequel a été organisée amenant ses compétences et son savoir-faire cette journée. Philippe Duval dans son propre domaine d’activité. Nous sommes intervenus au travers de notre démarche spécifique de suivi de l’alimentation au robot et de notre service bâtiment qui avait monté l’ensemble du dossier de la nouvelle installation. Un grand merci aux éleveurs pour leur accueil et le temps nécessaire libéré pour que cette manifestation soit une réussite. Nos félicitations à Cyril Legoff, Jean-Luc et Christophe Bréhin accompagnés de Cédric de la société Ruaux, pour Malbranche, RTE Agrial. AGRIAL N° 40 > AVRIL 2010

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VIE DES RÉGIONS Mayenne

Agrial renforce son dispositif pour la distribution des tubulaires Jourdain Agrial et la société Jourdain ont décidé de renforcer leur collaboration en Mayenne en

faisant évoluer le modèle de distribution. Concrètement, le magasin Point Vert de Montsûrs devient la nouvelle plateforme de stockage et de distribution. Ce choix vise avant tout à répondre aux attentes des éleveurs, ils trouveront sur ce site une offre très large de tubulaires dont la réputation n’est plus à faire. Agrial et Elevance vont travailler en synergie pour développer cette activité en Mayenne.

PONTMAIN LASSAY-LES-CHATEAUX GESVRES VILLAINES LA JUHEL

ST-DENIS DE GASTINES MAYENNE

LA CHAPELLE AU RIBOUL

ERNEE

ST-AUBIN-DU-DÉSERT ST-THOMAS-DE-COURCERIERS

BAIS

CHAILLAND

Laval

MONTSURS

EVRON

VAIGES MONTIGNE LE BRILLANT

COSSE-EN-CHAMPAGNE

COSSE-LE-VIVIEN MESLAY DU MAINE

Le site de Montsûrs devient le centre de stockage des tubulaires Jourdain pour le réseau Agrial en Mayenne. Il présentera une très large gamme avec une organisation logistique permettant des délais de livraison très rapides.

Le nouveau dispositif - un centre de stockage unique et permanent en Mayenne, - une offre de plus de 600 références disponibles, avec les nouveautés mais aussi une large gamme traditionnelle « les modèles antérieurs Jourdain » pour construire ou continuer d’aménager ses projets, - une vitrine d’exposition dans chaque magasin de proximité. Montsûrs, Vaiges, Cossé-en-Champagne, Gesvres, Ernée,

CRAON

MARIGNE PEUTON

Evron, Cossé-le-Vivien, Pontmain, SaintDenis de Gastines, Meslay-du-Maine, Saint-Thomas de Courceriers et Villainesla-Juhel, - un schéma logistique organisé en tournées hebdomadaires.

Animation « réglage de semoir à maïs » Pour bien démarrer les semis de maïs, il faut commencer par vérifier le bon réglage des semoirs car un dysfonctionnement peut entraîner une perte d’une tonne de matière sèche ou de 10 quintaux de maïs grain. En collaboration avec la société Advanta, nous avons organisé plusieurs demi-journées de réglage de semoir. Ces rencontres ont eu lieu, le 9 février à Marigné et Cossé-le-Vivien,

le 11 février à Vaiges et La Chapelle-au-Riboul, le 23 février à Chailland et Pontmain et le 25 février à Mayenne et Saint-Aubin du Désert. Ensuite, la société Certis a présenté l'installation du « kit Bélem », équipement du micro-granulateur obligatoire pour utiliser l'insecticide Bélem 0,8 MG homologué contre le taupin au semis sur les cultures de maïs.

Une quinzaine d'agriculteurs très attentifs étaient présents à chacune des animations.

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Après ces matinées chargées, nous avons partagé le verre de l'amitié avec l'intention de renouveler l'opération. Hervé Jarry


Mayenne

Animation mise à l’herbe au magasin de Chailland Gilbert Boulanger, RTE, et l’équipe du magasin de Chailland, Sylvain et Christophe Prouteau, ont organisé en collaboration avec nos fournisseurs, le 25 février dernier, une matinée d'animation autour de la mise à l'herbe. Bruno Boisseau, conseiller d’élevage, JeanClaude Tripon de la société Pengar (hygiène de traite) et Denis Suchet, vétérinaire (prévention sanitaire), animaient cette manifestation.

Départ en retraite

Point Vert d’Evron

Après avoir passé près de 10 ans au magasin de Saint-Denis-de-Gastines, Michel Gérard vient de faire valoir ses droits à la retraite. Durant ces dix années passées au magasin, Michel a su faire apprécier ses compétences et sa disponibilité auprès des adhérents. Nous lui souhaitons une bonne retraite.

113 élèves des classes de CP et de GS des écoles d’Evron, Voutré et Martigné, répartis sur trois jours, sont venus s’initier au jardinage en participant à différents ateliers.

Michel Gérard

La demi-journée était organisée en deux parties. Une partie théorique avec la découverte des plantes aromatiques, des graines, des bulbes, des outils de jardin et une partie pratique avec le semis et la plantation. Cette animation s’est déroulée en collaboration avec l’équipe du magasin et la participation de plusieurs fournisseurs. Après un goûter, les enfants sont repartis à

Orne Centre et Est

La teneur en protéine des blés tendres: la porte d’entrée au marché Depuis plusieurs semaines déjà, la région Orne Centre et Est communique avec insistance sur la nécessité de produire des blés tendres avec un taux de protéines proche de 11,5 %. Les adhérents producteurs de blé tendre de la région ont reçu dernièrement une information concernant la conduite azotée des blés et la nécessité de recourir à l’outil de pilotage N’Tester. Xavier Bigot, agriculteur à Marcé, met en pratique cette méthode du suivi de l’azote. Il est convaincu de la nécessité de produire de la qualité. Depuis 1995, à travers l’implantation d’un essai fractionnement de la fumure azotée par

la coopérative, il s’initie à l’approche qualitative des blés tendres sur sa ferme céréalière. Cela fait une dizaine d’années qu’il mesure les reliquats azotés sortie hiver dans ses parcelles. Pour piloter sa fumure, il intègre également la date de semis, la variété, le précédent et la nature de sols. « Je travaille en ammonitrate soufré au 1er passage, en solution 390 au second. Le dernier apport est réalisé avec de l’ammonitrate 27 %. » En 2001, dès la mise en place de l’outil N’Tester qui mesure l’état de nutrition azotée des blés, il l’adopte sur son exploitation. Cette information lui permet de déterminer la date et la dose d’azote du dernier apport. En 2009, les résultats sont probants, les ren-

Une vingtaine d'adhérents a échangé sur les préconisations de mise à l'herbe et l’intérêt de faire une bonne transition (apport de magnésie, bloc de sel, minéral adapté : Pep's herbe et pour les génisses le culbuto avec un minéral spécifique Pep's génisse). Une tombola et le verre de l'amitié ont clôturé la matinée. Merci à Sylvain et Christophe de leur collaboration et de leur accueil.

l’école avec en poche: un diplôme, le tablier du jardinier et le fruit de leur travail.

Les élèves fiers de leurs tabliers et de leurs diplômes.

Xavier Bigot, agriculteur à Marcé.

dements sont dans la norme de la région et sa teneur moyenne en protéines est de 11,5 %. « En 2009, chez Agrial avec la bonification protéines, l’intérêt de faire de la protéine est mesurable, cela récompense l’effort! Dans un contexte de marché difficile avec des prix faibles, il faut élever le prix moyen de nos productions et la bonification protéine nous le permet. Avec plus de protéines, nous pourrons conserver ou accéder à de nouveaux débouchés. Mais pour obtenir ces résultats, il faut une approche globale de la culture qui commence dès le choix des variétés. » Pascal Renard AGRIAL N° 40 > AVRIL 2010

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VIE DES RÉGIONS Bocage Ornais

Le cheval en fête au Point Vert de La Ferté-Macé Le magasin Point Vert de La Ferté-Macé a organisé, les 26 et 27 mars, une grande animation sur le thème du cheval. Les professionnels et le grand public étaient conviés à ces deux journées. Les professionnels et les propriétaires de chevaux de loisir ont pu échanger avec nos spécialistes équins sur la nutrition du cheval,

On n’est pas très rassuré pour la première randonnée équestre.

avec une présentation de la gamme de produits Agrial. La journée du samedi a été aussi l’occasion pour les non-initiés de découvrir le monde du cheval : les enfants se sont régalés avec les baptêmes de poney et de carriole, pendant que les parents regardaient la démonstration du maréchal-ferrant. La bonne humeur était au rendez-vous et les dégustations de café de la coopérative Cooparaiso étaient là pour faire oublier une météo morose. Nous remercions nos partenaires : le service équin Agrial, les sociétés Dynavena et Dodson & Horrell, le Village du Cheval de St-Michel-des-Andaines et Ludovic Kroockmann. Marc Boldrini

Démonstration de ferrage.

Equipe organisatrice de la manifestation.

Sarthe Sud-Est

Réunion « espaces verts » en collaboration avec les communes À la demande du Conseil de région, une réunion d’information « espaces verts » s’est déroulée le 25 février au Grand-Lucé. Cette réunion avait pour objectif de réunir les élus et les agents communaux afin de les informer des conditions d’application des

produits phytosanitaires pour les espaces verts. Les nouveautés en matière de désherbage, d’aménagement des parcs et jardins et de présentation de massifs, ont ponctué cette rencontre.

Stéphane Chable, agent communal à Saint-Vincent-du-Lorouër (commune de 829 habitants).

« En tant qu’utilisateur de produits phytosanitaires pour les espaces verts, cette réunion me permet d’être informé sur les nouvelles normes environnementales, les nouveaux produits mis sur le marché et sur leur utilisation. Je peux de cette façon répondre plus facilement aux habitants du village quand ils me voient désherber. Je me sens également plus à l’aise pour utiliser ce genre de produits. Je trouve intéressant de pouvoir bénéficier des échanges du groupe ». Réunion espaces verts au Grand Lucé.

26 AGRIAL N° 40 > AVRIL 2010


Sarthe Sud-Est

Hommage à Jean Mellinet

Formations Certiphyto La région Sud-Est a démarré le programme « Certiphyto 2018 » cette année par six formations de deux jours, elles ont réuni près d’une centaine d’adhérents. Ces formations ont pour objectif de livrer un agrément auprès des adhérents-utilisateurs de produits phytosanitaires. De nouveaux cycles seront programmés prochainement. Formation Certiphyto de Château-du-Loir.

Réunion technique bovine

Visite au Gaec Guitton au Luard.

Le 27 janvier dernier, le Gaec Guitton au Luard, a ouvert ses portes aux producteurs de viande bovine de la région. Une quarantaine de producteurs a assisté à cette rencontre. Claude et Fabien Guitton ont partagé leurs performances techniques avec le groupe. L’aspect sanitaire et l’élevage du veau ont été développés en salle par l’équipe de la filière bovine.

Nous avons eu la tristesse d’apprendre, le 4 mars dernier, le décès de Jean Mellinet, à l’âge de 51 ans suite à un accident du travail. Jean exploitait avec son frère au sein du Gaec de la Hersonnière, une exploitation laitière et céréalière à Busloup dans le Loir-et-Cher. Il était arrivé au Conseil de région à l’automne 2009. Il représentait le Loir-etCher et avait intégré la commission prospective d’Agrial. Nous adressons à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances.

Date à retenir Mercredi 26 mai à 10 h 00, Assemblée de section : salle des fêtes du Grand-Lucé (inscription auprès de Nathalie Vandecasteele - Maison de région au 02 43 84 98 53).

La « semaine du jardinage » du 8 au 14 mars 2010 Cette année encore, pour fêter l’arrivée du printemps la FNMJ, le GNIS et FranceAgriMer ont organisé « la semaine du jardinage » pour les écoles. Cette opération, à la fois ludique et pédagogique, s’est déroulée du 8 au 14 mars. La thématique de cette

12e édition portait sur la biodiversité animale et végétale au jardin. Durant cette semaine, plus de 300 distributeurs spécialisés jardin ont accueilli gratuitement des classes de maternelle et élémentaires pour faire découvrir les végétaux aux élè-

Classe de CE2 et CLIS de Bouloire.

ves et leur apprendre à les cultiver dans le cadre d’ateliers pratiques et pédagogiques. Cette année, le Super Catena de Bouloire a eu le plaisir d’accueillir deux classes de l’Ecole Primaire de Bouloire. Plusieurs ateliers étaient proposés : découverte des plantes de saison, la plantation de fleurs, les graines et les semis de légumes, les outils de jardin et leurs utilisations. Les journées des 9 et 10 mars ont été consacrées aux élèves des classes de CE2 et CLIS (Classe pour l’Inclusion Scolaire - élèves présentant des handicaps) avec comme animateur le personnel du magasin ; Aurore (caissière), Nadia (responsable de rayon) et Nathalie (responsable du magasin). C’était une première pour ce magasin et l’équipe qui a ainsi pu faire partager ses connaissances et sa passion pour le jardin avec les enfants. Tout le monde espère renouveler cette belle expérience au printemps prochain. Jean-Pierre Coignard

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VIE DES RÉGIONS Sarthe Sud-Ouest

Réunion technique viande bovine à l'EARL Bérard-Beauvais à Noyen-sur-Sarthe La réunion technique bovine s’est déroulée cette année à l’Earl Bérard-Beauvais à Noyen-sur-Sarthe chez Jean-Luc Bérard et Sylvie Beauvais, le 21 janvier dernier. Moment privilégié, d'échanges et d'informations techniques, cette journée a regroupé une cinquantaine d’éleveurs bovins de notre région. La visite de l'exploitation a été très appréciée. Elle a permis de mettre en avant l'organisation d'un grand troupeau (110 vêlages) en deux périodes de vêlage et l’engrais-

sement des mâles en système intensif. La réunion s'est poursuivie en salle avec une intervention de GENOE sur l'intérêt économique de l’insémination artificielle. Franck Hamon, responsable de la filière bovine, a conclu sur les différentes aides que la coopérative peut apporter pour le maintien et le développement des ateliers d'engraissement. La bonne participation montre, une nouvelle fois, l'intérêt des éleveurs de se retrouver et échanger sur leurs pratiques.

Le groupe des participants lors de la visite de l’exploitation.

Merci à Jean-Luc et Sylvie pour leur accueil et leur professionnalisme.

Journées « portes Un nouveau responsable au magasin ouvertes agricoles » de Sablé-sur-Sarthe Le 1 avril, Franck Boiret (ancien responsable au magasin de des magasins de Mayet et Le Lude) a pris la responsabilité du magasin de Sablé-surRöezé-sur-Sarthe Sarthe. Il succède à Gérard Clément qui Franck Boiret, responsable du magasin de Sablé-surSarthe.

er

Les 3, 4 et 5 mars derniers, le magasin de Roëzé-sur-Sarthe organisait des portes ouvertes agricoles. Elles ont réuni une trentaine d’agriculteurs qui ont pu assister à différentes interventions : démonstrations de nettoyeurs haute pression à eau chaude; échanges sur le matériel de protection individuel à utiliser dans le cadre des interventions de pulvérisation des produits phytosanitaires. La société Lafarge a présenté les aspects techniques de différents bétons. JeanClaude Eveillard est intervenu sur la mise à l’herbe des ruminants. Un repas convivial accompagnait la journée. L’équipe du magasin est prête à renouveler ce type de rencontres dédiées aux agriculteurs.

repart sur le terrain en tant que RTE sur la région Mayenne. Nous leur souhaitons bonne réussite dans leurs nouvelles responsabilités.

Semaine du jardinage

Très attentifs nos jeunes jardiniers.

Les 9 et 11 mars derniers, les magasins du Lude et de Sablé-sur-Sarthe ont accueilli des élèves de primaire à l’occasion de la semaine du jardinage. L’école du Pré et l’école Saint-Exupéry se sont retrouvées au magasin de Sablé-sur-Sarthe. Le magasin du Lude a, quant à lui, accueilli l’école Saint-Anne et l’école de Coulongé. Le succès était au rendez-vous, les jeunes élèves encadrés par les équipes des magasins ont eu le plaisir de goûter aux joies du jardinage.

Réunion de délégués

Démonstration de nettoyeurs haute pression à eau chaude.

28 AGRIAL N° 40 > AVRIL 2010

À l’initiative du conseil de région, le 18 mars dernier, les délégués de la région ont été conviés à une rencontre pour faire le point sur le fonctionnement de la région un an après la fusion. 28 délégués ont ainsi pu s’exprimer sur les points positifs et ceux restant encore à améliorer dans le cadre de notre organisation

suite à la mise en place des régions. Le conseil a souhaité que nous évoquions des dossiers faisant la particularité de notre région, comme le maïs semences, la production de pommes à cidre ou encore le dossier légumes qui est réactivé (25 ha de salsifis seront mis en production). Christophe Poirier


Sarthe Nord

Réunion d’hiver Le 22 janvier dernier, plus d’une centaine d’adhérents de la région Sarthe Nord ont participé à la réunion d’hiver au gîte de Pontaubault à Vivoin. Initialement prévue début janvier, elle avait été reportée à cause des importantes chutes de neige, qui a dit « réunion d’hiver » ! Cette rencontre s’est déroulée en présence de Gilbert Herpe, président Agrial, et de Ludovic Spiers, directeur général du Groupe. Philippe Potier, président de la région, a souligné lors de cette réunion le travail réalisé par le conseil de région tout au long de l’année. Au programme, les activités 2009 pour la région en approvisionnement, la collecte et la distribution rurale. Ont été également abordés les objectifs de la région en terme de gain de part de marché et les perspectives 2010 dans les domaines de la production de viande bovine, de la production laitière, du marché des céréales et des oléoprotéagineux, et de l’approvisionnement. L’ensemble de ces sujets a permis des

Une bonne participation des adhérents de la région Sarthe Nord à la réunion d’hiver organisée au gîte de Pontaubault à Vivoin.

échanges constructifs sur le positionnement de la coopérative et de la région ainsi que sur les projets en cours. Les actions déjà engagées, comme la démarche technicoéconomique auprès des exploitations ont été détaillées. Le plan horizon 2015 a été

lancé. Il faut noter la présence de nouveaux sociétaires dans l’assemblée, cela illustre bien l’intérêt retrouvé par les adhérents pour leur coopérative. Les adhérents se sont déplacés en nombre malgré le report de date.

Ramsès, c’est parti Les mesures Ramsès ont déjà repris du côté de Conlie, Dangeul, Fresnay, La Ferté-Bernard, La Guierche, Mamers et Vivoin. Ramsès est un outil de pilotage de la fumure azotée utilisé à partir du stade 1 nœud du blé. Il permet en deux à trois rendez-vous, avec mesures et résultats instantanés, de définir à la parcelle la dose d’azote à apporter. Le fractionnement des apports est préconisé en

tenant compte de l’historique « fertilisant » de la parcelle (reliquats) et des objectifs en termes de quantité (rendement) et de qualité (taux de protéines). Dans le contexte actuel, l’optimisation du rendement et de la qualité au travers d’une utilisation raisonnée des engrais revêt une importance capitale pour le résultat économique de la culture.

Viande bovine: portes ouvertes à l’EARL des Bois

45 éleveurs ont participé à la porte ouverte.

Le 26 janvier, Armel Baligand et son épouse ouvraient les portes de leur élevage bovin à un groupe de 45 éleveurs. L’objectif de cette porte ouverte, organisée par l’Organisation de Producteurs bovine Agrial, visait à mettre en évidence les performances de l’élevage en termes de reproduction sur le troupeau allaitant, et de croissance sur l’atelier jeunes bovins. Ces performances techniques ont été traduites en performances économiques, elles ont montré une rentabilité certaine de l’atelier bovin. Cette visite s’est poursuivie en salle avec l’intervention d’un technicien génétique de Créavia qui a rappelé l’intérêt du progrès génétique et de l’investissement génétique dans l’amélioration des performances techniques de l’élevage allaitant. Enfin, chacun a pu échanger ses opinions et expériences au cours d’un repas convivial qui clôturait cette matinée pleine d’enseignements. Sylvain Guisse AGRIAL N° 40 > AVRIL 2010

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VIE DES RÉGIONS Indre-et-Loire

Réunion technique bovine Les réunions techniques bovines constituent pour les éleveurs allaitants un rendez-vous privilégié pour échanger sur les pratiques d’élevage et les perspectives de la filière. C’est sur l’exploitation de l’Earl Robert à Charnisay qu’une vingtaine d’éleveurs de la Touraine ont été accueillis le 22 janvier dernier. La découverte de l’exploitation a permis de mettre en évidence la cohérence des choix stratégiques : - un système de vêlage d’automne couplé

avec une exploitation optimisée de l’herbe, dans une région où les sécheresses estivales sont marquées, - des adaptations réalisées à l’occasion de l’installation du fils (Aurélien), - une démarche génétique avec Réunion technique bovine à l’Earl Robert à Charnisay. vente de reproducteurs. Les discussions se sont poursuivies en salle de la conduite d’élevage sur les performanautour du rôle primordial de la génétique et ces économiques.

Formations Certiphyto Dans la région Indre-et-Loire, quatre sessions de formation ont eu lieu de janvier à mars (Reignac-sur-Indre, Ligueil, Saint-Flovier et Saint-Paterne-Racan). Une soixantaine d’adhérents ont pu, sur deux journées, être informés sur les bonnes pratiques phytosanitaires et environnementales. Cette formation a pour but d’obtenir un certificat « Le Certiphyto » nécessaire pour l’achat et l’utilisation des produits phytosanitaires à partir de 2014. La première journée animée par AgrialServices a permis de sensibiliser les agriculteurs sur la réglementation, l’environ-

nement et la protection individuelle. La deuxième journée animée par un intervenant d’Arvalis, plus technique, a abordé la maîtrise de la pulvérisation, le mode d’action

Formation certiphyto à Saint-Flovier.

Ferme Expo Tours Agrial était à nouveau présent sur cette manifestation qui a battu un record d’affluence : plus de 30 000 visiteurs. Les visiteurs du stand Agrial ont pu découvrir la coopérative, ses débouchés et ses filiales. Ils ont été plus de 200 à remplir

Le stand Agrial à la ferme Expo de Tours.

notre questionnaire et l’heureux gagnant, Monsieur Alain Tilloux de Bléré, s’est vu remettre un bon d’achat Gamm Vert. Le stand Gamm Vert a communiqué sur le monde du cheval (aliments et accessoires) et sur les relations établies entre Agrial et la coopérative brésilienne Cooparaiso, spécialisée dans la torréfaction du café de ses adhérents. Une dégustation de café était donc d’actualité. La coopérative était également présente en tant que partenaire sur le stand de l’association des éleveurs de porcs de Touraine qui promotionnent la marque « Roi Rose ». Cette marque valorise, chez les charcutiers du département, les porcs produits sur la Touraine.

des produits, les techniques de pulvérisation, la réduction d’utilisation des produits et les autres méthodes mécaniques de désherbage. Le bilan est très positif, ces deux journées de formation financées par des fonds VIVEA ont permis à chaque adhérent de faire un bilan individuel, de constater les points à améliorer sur les pratiques, les équipements, et la protection individuelle. Au vu de la demande importante des adhérents de la région, nous programmerons un plus grand nombre de sessions pour la prochaine campagne. N’hésitez pas à vous inscrire auprès de votre interlocuteur habituel.

Contrôle des pulvérisateurs avec la FD CUMA Pour répondre à la demande des adhérents, en collaboration avec l’animateur de la FD Cuma du département, la coopérative organise sur ses sites un contrôle des pulvérisateurs pour répondre aux exigences de la réglementation. N’hésitez pas à vous inscrire auprès de votre interlocuteur habituel.

Patrick Laude

30 AGRIAL N° 40 > AVRIL 2010


SAPC

Couverts végétaux à Ouilly-le-Tesson Les résultats plaident pour revoir la date de leur destruction. La plateforme couverts végétaux d’Ouilly-le-Tesson (Calvados), mise en place par le SAPC Agrial chez M. Soënen et visitée le 9 février dernier, a eu un écho très favorable auprès des représentants de l’administration et des agriculteurs. Une occasion privilégiée de faire passer quelques messages concernant notamment la date butoir du 15 décembre pour détruire les couverts végétaux dans le Calvados. e site expérimental d’Ouillyle-Tesson s’inscrit dans la durée. C’est la cinquième année consécutive que des essais couverts végétaux sont réalisés chez M. Bruno Soënen. Chaque année, les agriculteurs et les élèves du Lycée Agricole du Robillard se retrouvent sur la parcelle. Pour cette édition 2010, le thème central était la destruction des couverts végétaux avec la participation de la société Jouffray-Drillaud. Les atouts environnementaux et agronomiques des couverts végétaux ne sont plus à démontrer mais

L

Un groupe d’étudiants du lycée agricole du Robillard et des adhérents Agrial. À gauche, Bruno Soënen qui accueille régulièrement les essais couverts végétaux d’Agrial sur son exploitation.

le cadre réglementaire qui les régit manque de souplesse. En cause, la date du 15 décembre pour pouvoir détruire les couverts. L’objectif serait de gagner en flexibilité pour que les agriculteurs s’approprient pleinement la démarche. C’est ce que le service agronomie d’Agrial a exposé aux représentants des administrations (Conseil général et DDTM: Direction Départementale des Territoires et de la Mer) lors de leur visite sur la plateforme d’Ouilly-leTesson le 9 février au matin.

tervention au champ pour l’agriculteur serait de déterminer une durée minimale de 60 jours de couverture des couverts. Deux autres points ont été également soulevés : pertinence du broyage des pailles sur les parcelles en faible reliquat post-récolte en remplacement des couverts, incohérence de la restriction d’apports de fumier en juillet et août sur les CIPAN (Culture Intermédiaire Piège A Nitrate) alors qu’ils sont possibles pour les colzas.

Plus de souplesse dans la réglementation Agrial, les représentants professionnels de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d’agriculture du Calvados ont cosigné un courrier pour faire suite à cette rencontre et relayer leurs observations auprès du service environnement de la DDTM. Des propositions argumentées d’éléments techniques reposant sur des résultats expérimentaux, ont accompagné ce courrier. Un moyen pour allier efficacité vis-à-vis de la qualité des eaux (nitrates) et flexibilité d’in-

Anne Charbaut

Les enseignements 2009 - Les mélanges conseillés par Agrial se comportent bien tant au niveau de la production de biomasse, de la couverture du sol que de la colonisation racinaire. Le mélange Agralvert AM (avoine diploïde + moutarde) est facilement détruit par le gel. Pour Agralvert AP, la présence de phacélie impose un roulage pour obtenir un bon résultat. - L’année 2009 confirme que les légumineuses implantées seules ou en mélange ne sont pas adaptées, sous nos latitudes, aux dates de semis pratiquées dans nos régions. Leur développement est trop restreint pour que cette famille puisse jouer pleinement son rôle de piège à nitrates. De plus, elle entraîne des problèmes importants de salissement des parcelles.

Observations sur la facilité de destruction des couverts végétaux

Espèces

Densité de semis

Facilité de destruction gel

Moutarde blanche Moutarde brune Radis chinois Phacélie Avoine diploide Trèfle Alexandrie Vesce printemps

8 à 10 kg/ha 3 kg/ha 8 à 10 kg/ha 8 à 10 kg/ha 35 kg/ha 8 kg/ha 20 kg/ha

**** **** ** *** ** *** ** *** ** ***

Point fort ***** Point fort à moyen **** Moyen ***

mécanique roulage

chimique

** *** ** *** * ** *** **** ** *** ** ***

** *** ** *** *** ** *** ** *** ** *** ** ***

** *** ** *** * ** *** ** *** ** *** ** ***

Point faible à moyen ** Point faible *

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FILIÈRE œufs

La production label, un complément d’activité pour un revenu régulier Produire des œufs labellisés, c’est répondre à une demande croissante des consommateurs et s’assurer un complément de revenu régulier.

P

lusieurs facteurs militent pour une augmentation de la production d’œufs labellisés. D’une part, une consommation en progression suite aux campagnes de communication menées par les associations de protection des animaux qui ont sensibilisé et orienté les consommateurs vers des achats de produits sous signe de qualité et d’autre part, une incertitude vis-à-vis de la pérennité de la production d’œufs en cage. Voilà 10 ans que les premiers bâtiments sont sortis de terre au sein de la filière œufs Agrial, initialement en production plein-air puis en mode Label Rouge et en bio par la suite. Aujourd’hui, 28 bâtiments sont en production au sein du groupement.

Une production répondant à des normes strictes Un bâtiment Label Rouge répond à toutes les normes de bien-être animal: • des installations spacieuses et

TÉMOIGNAGE

Un parcours de 3 ha est nécessaire pour un élevage de 6 000 poules.

confortables pouvant héberger 6000 pondeuses, densité maxi de 9 poules par m2 couvert, • la présence de perchoirs, caillebotis sur 2/3 de la surface pour isoler les animaux des déjections, une zone d’exercice sur le 1/3 restant, • des pondoirs permettant une collecte semi-automatique des œufs, • des trappes d’accès à un parcours herbeux de 5 m2 par poule soit 3 ha.

Le tout s’intégrant parfaitement dans l’environnement. Cette production de qualité répond à un cahier des charges strict en terme d’alimentation permettant ainsi une valorisation des céréales (70 % minimum). Elle donne lieu à des contrôles sanitaires avec les DSV et à un suivi régulier par un organisme certificateur indépendant Avicert.

Des conditions de travail confortables La charge de travail est de quatre heures par jour pendant 11 mois. Ceci permet une certaine souplesse d’organisation en fonction des autres productions de l’exploitation et de la vie familiale. Entre deux cycles, il est nécessaire de nettoyer et désinfecter le bâtiment, d’observer un vide sanitaire de quatre à cinq semaines et de préparer l’élevage à recevoir un nouveau lot. Cette production vous intéresse, une équipe administrative, technique, sanitaire et développement est à votre disposition et prête à vous rencontrer pour étudier votre projet. Contactez la filière œufs Agrial. Pascal Cadot

Contact Filière œufs La Lantière - 35133 Javené Tél. : 02 99 17 21 70

« Nous avons choisi de construire un poulailler Label Rouge » Les associés du Gaec de l’Oisonnaie en compagnie de Dominique Lainé, leur technicien Agrial (second à partir de la droite).

Le Gaec de l’Oisonnaie est constitué de trois associés, Nicolas, Karine et Yvette Trotin. Leur exploitation est située à la Croixille dans la Mayenne. C’est à l’installation de Karine que les associés ont décidé de

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construire un poulailler. « Le choix de l’activité poules pondeuses a été assez rapide. Nous recherchions une activité complémentaire de nos productions (lait, taurillons et céréales) qui apporte une

sécurité de revenu et qui soit compatible avec une vie familiale équilibrée. Nous nous sommes orientés vers la production d’œufs Label Rouge car elle correspondait bien à notre philosophie de production. Le bâtiment de 6 000 poules est en production depuis octobre 2009. Pour nous, la plus grosse contrainte en tant que producteur de lait, a été de consacrer trois hectares de terre au parcours des poules. L’investissement représente

180 000 € HT clefs en main, sans le terrain. Nous avons réalisé les maçonneries nousmêmes. L’ensemble des travaux a été suivi par Agrial. À ce jour, nous n’avons pas rencontré de problème particulier, le suivi technique est assuré par Dominique Lainé, technicien Agrial. Tout se déroule selon les prévisions tant en organisation de travail qu’en production. Nous sommes tout à fait satisfaits de notre choix. » Propos recueillis par Anne Charbaut


FILIÈRE légumes OP légumes

La branche légumes Agrial au Fruit Logistica à Berlin Le Fruit Logistica est le premier salon mondial de la filière fruits et légumes. Organisé chaque année à Berlin, l’édition 2010 s’est déroulée du 3 au 5 février. La branche légumes Agrial avec Florette et Priméale était bien représentée, les membres du comité de l’OP légumes ont également fait le déplacement.

B

erlin est ainsi devenu un lieu privilégié voire incontournable pour les professionnels du secteur des fruits et légumes. Sur ce salon, on ne compte pas moins de 70 pays représentés, 50 000 visiteurs originaires de 120 pays. Cette année, les membres du comité de l’Organisation de producteurs de légumes Agrial ont fait le déplacement pour constater l’importance de cette manifestation et les enjeux pour Florette et Priméale qui avaient décidé de jouer collectif avec deux stands contigus. Après une visite matinale du marché de gros de Berlin, désormais réduit à fournir une distribution de proximité et notamment de vente ambulante, le groupe a pu découvrir plusieurs distributeurs dans Berlin. Nous avons constaté l’importance du système discount en Allemagne ainsi que le fort positionnement du bio qui, dans certaines enseignes, occupe un linéaire aussi conséquent que celui des légumes conventionnels. L’essentiel du déplacement était toutefois réservé à la visite du Fruit Logistica. Le nombre d’exposants et la disparité de l’importance des stands mettent en évidence une concentration du secteur encore faible dans un secteur très concurrentiel. Dans le même temps, il ressort de ce salon impressionnant une image de dynamisme de la filière fruits et légumes désormais ancrée dans un univers d’innovation et de marketing. Les opérateurs montrent une soif de conquérir de nouveaux marchés.

Dans cette ambiance, les membres du comité de l’OP ont eu la satisfaction de constater que la branche légumes Agrial, avec Florette et Priméale, est un interlocuteur qui compte parmi les acteurs des fruits et légumes européens. La très bonne ambiance dans le groupe et l’accueil cordial sur les stands Priméale et Florette ont conforté l’envie de reproduire ce type d’expérience très enrichissante. Jean-Luc Vandemoortele Durant trois jours, les clients sont très nombreux à visiter les stands parmi lesquels celui de Florette.

Les membres de l’OP légumes ont fait le déplacement. Ils ont pu apprécier la place de la branche légumes Agrial avec Florette et Priméale sur ce salon devenu incontournable en Europe voire au-delà.

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FILIÈRE céréales

Des stocks prévisionnels de fin de cam Depuis le début de la campagne 2009 - 2010, les bilans prévisionnels successifs ont toujours été revus à la hausse. A la fin de la campagne, les stocks de blé et d’orge seront élevés, ce qui annonce d’importantes disponibilités pour démarrer la prochaine campagne.

Blé: un bilan lourd mais un bon rythme d’exportation En blé, la récolte 2009 est véritablement un bon millésime. Tout au long de la campagne, les prévisions de production n’ont cessé d’être revues à la hausse, alors que la consommation pour sa part restait nettement en dessous de ce niveau de production ; ce qui concourt à l’accroissement du stock prévisionnel de fin de campagne. Le bilan prévisionnel USDA du mois de mars n’apporte aucune surprise sur ce bilan, le stock de fin de campagne s’alourdissant encore d’un million de tonnes pour arriver à 197 MT. Même scénario au niveau de l’Union européenne et de la France avec un stock de fin de campagne attendu en nette hausse. Les utilisations du blé en alimentation animale progressent mais les céréales au global subissent une importante baisse de fabrication. Les éléments de soutien sur le marché du blé sont la progression des utilisations pour la production de bioéthanol (montée en puissance de Lillebonne) et le niveau des exportations. Après les difficultés à exporter rencontrées sur la première partie de campagne, la situation s’améliore depuis janvier, le rythme de chargement de bateaux s’accélère. La baisse de l’euro rend les céréales européennes et françaises plus compétitives. Au final, nous devrions donc réaliser un assez bon niveau d’exportation en blé. Cependant, compte tenu du bon niveau de production de 2009, mais aussi des stocks encore importante chez les OS (dépôtvente) et chez les agriculteurs, le marché est sur une tendance extrêmement lourde qui ne laisse que peu d’espoir de voir un rebond significatif des prix qui sont dans une tendance baissière depuis le début de campagne.

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Bilan mondial blé en millions de tonnes

700 680 660 640 620 600 580 560 540 520 500

Stocks Production Consommation 196

197

2009/2010(fév)

2009/2010(mars)

164,7 148 127

2005/2006

119

2006/2007

2007/2008

2008/2009

700 680 660 640 620 600 580 560 540 520 500

Bilan USDA mars 2010

Maïs: la très bonne récolte en Amérique du Sud alourdit considérablement le stock prévisionnel de report. Le bilan du maïs s’annonçait relativement sain du fait de la forte utilisation pour la production de bioéthanol aux USA (un tiers de la production US est transformé en éthanol). Il s’alourdit de façon importante sur le bilan USDA de mars, du fait d’une production mondiale revue en nette hausse (bonne production en Argentine…). Cette hausse de production et du stock de

report n’a cependant eu que peu d’effet sur les prix. Le soutien de la production d’éthanol, le maintien à un bon niveau du prix du pétrole et les ambitions américaines de développement du bioéthanol apportent des éléments de soutien des prix. Orges: recours à l’intervention En orge de mouture, le marché est « plombé » depuis le début de la campagne. Les fortes disponibilités en blé et maïs, en France et en Bretagne, en particulier, mais également les problèmes zootechniques

Bilan mondial maïs en millions de tonnes

850 800

Stocks Production Consommation

300 250

750 200

700 145,9

650 600

127,8

134

140

150

108,8 100

550 500

50 2006/2007

Bilan mars 2010

2007/2008

2008/2009

2009/2010(fév)

2009/2010(mars)


mpagne confortés Activité Agrial Orientation vers l’export et la meunerie À fin mars, nous avons collecté plus de 1,4 million de tonnes, ce qui est un excellent niveau pour la première année sur le nouveau périmètre après fusion. En céréales, nous sommes confrontés à la lourdeur du marché intérieur. Hormis les contrats avec les usines d’aliments Agrial et les contrats vendus avant récolte, il a été quasiment impossible de vendre sur l’alimentation animale. C’est pour cette raison que nous nous sommes orientés dès le début de campagne vers les marchés de l’exportation et de la meunerie. À fin février, les ventes de blé se répartissaient de la manière suivante : Ventes de blé par débouché au 5 mars 2010 Meunerie

5%

Le bilan en orge est extrèmement lourd. Seule porte de sortie : le recours à l'intervention. Les quantités proposées à l’intervention en orge s’élèvent ainsi à 3 millions de tonnes dans l'Union européenne.

limitant l’incorporation de l’orge conduisent à une forte baisse des débouchés pour cette graine. Seule porte de sortie : l’intervention. Ce mécanisme en cours de démantèlement par l’Union européenne aura, pour sa dernière année en l’état, été largement utilisé. Les quantités proposées à l’intervention en orge s’élèvent ainsi à ce jour à 3 MT dans l’UE. Au niveau français, le bilan est extrêmement lourd et prévoit un stock de report en orge de près de 4 MT (1,5 MT l’an passé). En orge de brasserie, le marché est également extrêmement lourd du fait du fort ralentissement de la consommation de bière en Asie et du bon niveau de production. Bonne tenue des cours du colza Depuis le début de la campagne, le bilan prévisionnel du colza

français et européen est très sain ; on ne se trouve donc pas dans la même situation de lourdeur que pour les céréales. Les prix se maintiennent donc avec une volatilité toujours importante sur la campagne. Premiers échos de 2010 À l’heure où nous écrivons ces lignes (fin mars), il est très difficile de se faire une opinion de 2010, les cultures sortant à peine de l’hiver. La production prévisionnelle de blé s’annonce à ce jour confortable et le stock de début de campagne sera important, ce qui devrait permettre un niveau de disponibilité élevé. Et qui pourrait conduire à une pression sur les prix au début de la campagne ; nous n’y sommes pas encore…

Export

FAB

47 %

48 %

On notera ainsi que le débouché FAB représente moins de 50 % des ventes de blé, le débouché export étant très important. Afin de nous permettre d’approvisionner régulièrement ce marché, il est nécessaire de poursuivre les efforts d’amélioration de la qualité engagés. En effet, sur ce débouché export, nous touchons principalement la meunerie (Italie, Portugal, Afrique du Nord…) et nos blés entrent en compétition avec d’autres origines en général de bien meilleure qualité. En orge, les quantités restant à vendre sont en grande partie mises à l’intervention. On note à fin février des tonnages en dépôt-vente à la coopérative encore très importants. Pour ces tonnages, nous incitons les agriculteurs à bien analyser les marchés et à profiter des moindres rebonds pour marquer des prix. Nous rappelons que les dépôts s’arrêtent au 15 mai, date à laquelle les tonnages restants seront vendus. La majorité des OS procède de la même manière afin de libérer les silos pour la récolte. Cela signifie que des quantités importantes seront vendues sur mai, ce qui pourrait peser sur les prix si aucun élément nouveau ne voit le jour.

Philippe Vincent

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FILIÈRE lait

Regards croisés sur la planète lait: états des lieux et prospectives S’intéresser à l’environnement économique de la filière laitière et à ses concurrents quoi de plus naturel lorsque l’on est membre du conseil de la filière lait Agrial ou lorsque l’on est passionnée d’économie laitière comme l’est Carine Chassé, agricultrice dans l’Ille-et-Vilaine. Des témoignages qui permettent de mieux appréhender la situation européenne et mondiale.

C

arine Chassé est agricultrice à Piré-sur-Seiche (35) sur une ferme laitière. Elle travaille avec un associé sur l’exploitation. Elle fait partie de différents groupes de réflexion sur la production et l’économie laitière en Bretagne et au niveau européen. En 2008, elle postule à la bourse Nuffield. Elle sera l’unique lauréate en France. Son projet : faire un état des lieux des modes de production du lait à travers le monde, connaître les perspectives de production de différents bassins laitiers et appréhender l’évolution de pays émergents vis-à-vis de leur autonomie alimentaire. Son périple l’emmènera à travers la Nouvelle-Zélande, la Chine et le Danemark. Régis Levallois et Hervé Malin sont respectivement présidents des comités départementaux lait Agrial de la Manche et de la Mayenne. Après s’être déplacés en Allemagne avec le conseil de la filière lait Agrial, ils ont participé à un voyage d’étude organisé par Coop de France Ouest en Nouvelle-Zélande. Ils étaient présents lors des assemblées départementales pour présenter leur périple.

Le Danemark, un système proche de la saturation La production du Danemark est voisine de celle de la Bretagne. La production laitière y est optimisée au maximum avec de très gros investissements. « Ce sont les cham-

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Nouvelle-Zélande, les paddocks sont desservis par des chemins à toutes épreuves.

pions de l’efficacité, cite Carine Chassé » avec des structures d’exploitation très éloignées des nôtres : un nombre de vaches très important, des systèmes automatisés à outrance sans rapport avec l’animal, une conception du métier difficile à imaginer chez nous-mêmes au point de vue social. Le nombre d’exploitations devrait passer de 12 000 à 6 000 d’ici la fin des quotas. Les perspectives d’évolution de la production laitière sont liées aux quotas azote qui sont déjà couverts par les productions d’élevage. Les exports de ce pays pourraient être handicapés par un coût de production du litre de lait assez élevé.

La Chine, une place restreinte pour la production de lait Les perspectives d’évolution de la production laitière restent très mesurées de par la politique gouvernementale en vigueur. La terre est la propriété de l’État qui alloue 0,6 hectare de terre par membre d’une même famille pour une durée de 7 à 8 ans. Cette surface permet de subvenir aux besoins de la famille et de payer les impôts en nature (riz). Les fermes les plus importantes sont des propriétés de l’Etat. Les investisseurs étrangers sont encouragés par le gouvernement et bénéficient de bail de 70 ans à condition d’employer le personnel sur place. L’occidentalisation, l’élévation du niveau de vie bousculent les habi-

tudes alimentaires. Les chinois consomment plus de lait, de protéines. Les besoins potentiels pour alimenter la population sont colossaux et ne pourront être couverts par la production interne d’autant plus que les consommateurs boudent le lait chinois suite au problème de la mélanine. Le challenge sera en premier lieu de satisfaire les besoins en quantité. La qualité et l’éthique vis-à-vis du mode de production, du social passeront au second plan. La Nouvelle-Zélande, une économie laitière tournée vers les pays émergeants Avec une production égale à celle du Grand Ouest français, la Nouvelle-Zélande est reconnue


comme un intervenant majeur sur le marché mondial où elle exporte près de 95 % de sa production. L’agriculture, et notamment la production laitière, est un secteur stratégique pour l’économie nationale. La production augmente de 3 % par an notamment dans l’île du Sud car l’île du Nord ne peut accueillir plus de vaches. 92 % du lait du pays est transformé par Fonterra. « Si les éleveurs ne connaissent pas les quotas, ils doivent payer un droit à produire sous forme de parts sociales (non rémunérées) à la coopérative, expliquent Régis Levallois et Hervé Malin, le montant est lié au volume et est actualisé chaque année. À l’installation, il peut représenter un an de chiffre d’affaires. ». La transmission des exploitations est facilitée par le share milking, système qui permet d’échelonner la charge de la reprise dans le temps. Si l’Etat a supprimé toutes les subventions, il intervient en créant des infrastructures nécessaires à l’export, il facilite l’accès à des marchés avec l’absence des droits de douanes. La production est destinée à approvisionner l’Asie et non l’Europe. « Les producteurs pratiquent un système extensif sur l’animal mais intensif sur le sol avec un coût de

La bourse Nuffield Cette bourse a été créée après la seconde guerre mondiale par un industriel anglais pour remercier les agriculteurs d’avoir nourri le peuple pendant la guerre. Le réseau Nuffield donne l’opportunité aux lauréats d’étudier un sujet à travers le monde.

production ramené au litre de lait des plus concurrentiels », explique Carine Chassé. L’herbe est l’atout majeur de la filière, les NéoZélandais ont sélectionné des vaches adaptées à ce système, l’industrie de transformation a dimensionné ses structures en fonction de la pousse de l’herbe et de la production de lait qui en découle. Seul frein à la progression de la production laitière, l’industrie du tourisme qui talonne maintenant l’élevage dans l’économie du pays, et qui soulève le problème des nuisances olfactives, des algues brunes dans l’eau… les Néo-Zélandais vont devoir modifier leur système de production, la recherche est déjà sur le pont, nul doute qu’elle trouvera des solutions. L’Allemagne, de la croissance en perspective L’Allemagne est le 1er producteur de lait européen. La restructuration de la filière est déjà avancée. Les exploitations se sont spécialisées, les industries de transformation se regroupent. La législation nationale des quotas permet aux producteurs d’augmenter leur production sans pénalité tant que le pays ne dépasse pas sa référence. En Basse Saxe, certains producteurs s’orientent vers la production de méthane suite à un plan de développement de production d’électricité à partir du biogaz. Par opposition au nord, où les producteurs se positionnent dans une perspective de développer leur production après la fin des quotas. Les perspectives d’évolution de la production sont importantes, ils sont nos concurrents directs sur le marché européen.

LA PAROLE À Carine Chassé « J’ai touché du doigt toute la diversité des modes de production, d’organisations autour de la production laitière et d’états d’esprit dans lequel était exercé le métier de producteur de lait. Les comparaisons sont difficiles d’un pays à l’autre et peu de choses sont transposables dans nos exploitations. De mon passage en Nouvelle-Zélande, j’en retire que nous pourrions mieux valoriser nos prairies en améliorant notre conduite et notre gestion du pâturage. Il n’y a pas de modèle de production type, mais il faut rechercher le maximum d’efficacité tout en maîtrisant le coût de production et en restant en cohérence avec ses propres valeurs ».

Hervé Malin et Régis Levallois « Que ce soit en Nouvelle-Zélande ou en Allemagne, nous avons été surpris par l’état d’esprit positif et conquérant des éleveurs. Le contraste est saisissant avec la France. Les producteurs ont le moral et croient en l’avenir de la production laitière. Alors, pourquoi pas nous ! Pour faire le poids au niveau européen et être compétitifs vis-à-vis de l’Allemagne, nous devons travailler nos coûts de production. »

Propos recueillis par Anne Charbaut

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FILIÈRE bovine

La contractualisation: se donner les moyens de tenir ses engagements Que ce soit au niveau national ou bien régional, les débats autour de la contractualisation sont nombreux. Cette thématique n'est pourtant pas une nouveauté puisque si l'on prend l'exemple de notre organisation de producteurs, on dénombre plus de 1 500 adhérents engagés dans un contrat de production.

P

our l’organisation de producteurs Agrial, les animaux commercialisés dans une démarche de filière identifiée représentent 24 % du volume d’animaux de boucherie commercialisés. De nouvelles attentes en matière de contractualisation apparaissent. Elles sont plutôt assimilées à la recherche de sécurisation de revenu. À ce stade, il paraît nécessaire de faire un état des lieux sur ce sujet.

La contractualisation: de multiples formes Quand on ouvre le débat de la contractualisation, on s'aperçoit rapidement qu'elle revêt différentes formes de valorisation des animaux. Les plus courantes se sont mises en place avec le développement des signes officiels de qualité en proposant aux adhérents une notion de plusvalue par rapport à une grille de prix. Les Label Rouge ont quant à eux la particularité de s'appuyer sur des grilles de prix révisables dans le temps. À travers ces premiers modèles de contractualisation, se posent plusieurs

Les animaux commercialisés en contrat TÛV représentent 35 % des animaux commercialisés en filières identifiées par l’OP Agrial.

questions et réflexions: • comment trouver une grille de prix de référence - les marchés sont-ils encore un indicateur significatif? • ce type de contrat n'apporte pas de garantie en terme de marge. À noter que ces remarques ne sont pas valables pour le cas du dévelop-

"Attention aux opportunistes" Depuis que le débat sur la contractualisation est ouvert, certaines propositions fusent en campagne. C'est notre rôle de vous alerter sur le contenu des exigences qui ne sont pas toujours réalistes, en particulier sur le niveau de performance technique (GMQ) demandé. Le risque d'échec est important pour le producteur mais aussi pour la filière.

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La contractualisation implique des engagements de l'ensemble des parties. N’oublions pas que la réussite d'un contrat repose sur un accompagnement dans la mise en œuvre du plan de production, c'est une des missions principales de notre organisation de producteurs.

pement récent des contrats Ramsès proposés par l'organisation de producteurs. À l'image du contrat de reprise sur les jeunes bovins Prim’Holstein à destination de Mc Donald's, l'intérêt est réel pour les producteurs puisque nous sommes passés de 400 têtes la première année à plus de 2500 animaux sur cet exercice. Autre exemple: les propositions de prix garantis proposées ces dernières semaines par l'OP dans le cadre du dossier TÜV qui ont trouvé preneurs dans les jours qui ont suivi le lancement de l'opération. Quelle sera la prochaine étape? Nous avons ouvert la réflexion avec notre partenaire aval. L'idée est de pouvoir proposer une contractualisation dans le temps, surtout dans le cadre d'un accompagnement lors d'un investissement.

La contractualisation: la recherche de la performance technique Quelle que soit la formule de contrat, il y a nécessité de respecter un cahier des charges avec pour objectif d'être capable d'approvisionner la filière de manière régulière, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif. D'où l'intérêt de définir un plan de production qui permet d'optimiser l'approche technico-économique de l'atelier viande. Force est de constater que sur ce domaine, les marges de manœuvre sont encore considérables. S'engager dans un contrat, c'est aussi mettre tout en œuvre pour améliorer la conformité des produits par rapport à la demande d'un client. À ce titre, la pesée des animaux sur l'élevage au cours de leur croissance et pour affiner les plannings de sortie paraît une étape indispensable. Franck Hamon


FILIÈRE porc

Le « TAF » Mieux valoriser ses céréales et optimiser son coût de production Le travail à façon (TAF) permet à l’éleveur de valoriser les céréales produites sur son exploitation au travers d’aliments destinés à son atelier porc. Les aliments étant fabriqués dans les usines d’Agrial. Le bilan 2009 fait ressortir une meilleure valorisation des céréales de 14 € la tonne, ou un gain sur coût alimentaire de 56,3 € par truie présente.

L

e TAF consiste à transformer des céréales produites sur une exploitation en aliments, via les usines d’aliments Agrial, en vue d’une utilisation ultérieure par l’atelier porc de cette même exploitation. Il fait l’objet d’un contrat « échange céréales-aliments » entre l’éleveur et Agrial. L’éleveur livre ses céréales à la coopérative qui les incorpore lors de la fabrication des aliments porcs. Toutes les céréales peuvent entrer

dans le contrat TAF, mais principalement le blé et l’orge. Les aliments porcs qui peuvent bénéficier de ce type de contrat sont les aliments truies, postsevrage 2e âge et engraissement. Le taux d’incorporation des céréales livrées peut varier de 30 à 60 % en fonction du type d’aliment. Les intérêts du TAF Transformer les céréales par cette méthode a pour principal intérêt d’apporter une meilleure valorisa-

TAF Agrial Analyse 2009 ou Valorisation des céréales + 14 € / tonne

Tableau n°1

Gain sur coût alimentaire : 56,30 €/truie présente • Soit 6 010 € pour un élevage de 100 truies naisseurs engraisseurs.

- Intérêt du TAF sur le coût alimentaire Aliment complet

Prix moyen aliment Prix valorisation blé Coût aliment par porc

191,72 € 64,66 €

TAF 182,2 € 126,0 € 61,4 €

L’éleveur livre ses céréales à la coopérative. Elles sont transformées sous forme d’aliments pour les porcs fabriqués dans les usines, ce qui permet une meilleure valorisation pour les éleveurs.

tion aux céréales produites sur l’exploitation. Par exemple, dans le cas d’un aliment charcutier Novatonic TAF blé 50 %, dont le prix est inférieur de 63 €/t à son équivalent le Novatonic, l’éleveur, au travers de son contrat TAF, valorise son blé à 126 €/t contre un prix de cotation du blé à 105 €/t (prix de base campagne 2009). Une autre façon d’appréhender l’intérêt du TAF est de l’analyser au travers de son incidence sur le coût alimentaire (tableau 1). Les gains pour un élevage de 200 truies naisseurs engraisseurs représentent : • 3,22 € d'économie / porc, • 70,79 € d'économie / truie / an, • 14 159 € d'économie / an pour un élevage de 200 truies. Au final, le TAF a un impact positif sur la marge sur coût alimentaire et par conséquent sur le coût de revient du porc. Ce système peut également intéresser un éleveur qui désire revaloriser ses céréales sans investissement de main-d’œuvre. C’est un bon compromis entre la fabrication à la ferme et l’achat d’aliments complets.

Si cette démarche vous intéresse, contactez votre RTE. Yvan Briand

Les conditions à respecter Plusieurs conditions sont impératives pour pouvoir bénéficier de ce système : • l’éleveur doit rester propriétaire des céréales tout au long de l’opération, • la valeur du complémentaire apporté par le faiseur d’ouvrage (fabricant d’aliments) ne doit pas excéder celle des produits apportés par le donneur d’ouvrage augmentée des frais de façonnage (règle des % d’incorporation), • les matières premières apportées par l’éleveur doivent lui être restituées à l’équivalent (exemple : blé pour blé). Il n’est pas nécessaire cependant d’individualiser physiquement les lots lors de leurs stockages ou de leur mise en fabrication.

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NUTRITION bovine

Agrial scelle un partenariat avec l’Inra Un partenariat a été engagé entre Agrial et l’Inra du Pin (61) début 2010. Pour sceller cet engagement, une salariée Agrial, Ségolène Leurent, est détachée à l’Inra du Pin. grial et l’Inra du Pin se partagent l’emploi du temps d’une jeune ingénieur en agriculture, Ségolène Leurent, elle travaillait déjà sur le site du Pin. Les missions confiées à Ségolène sont définies par un comité de pilotage au sein d’Agrial. Cet engagement va nous permettre de mener des expérimentations en nutrition bovine avec l’organisme de référence en la matière qu’est l’Inra, de valider des innovations potentielles par le biais de ses stations expérimentales et de bénéficier de l’apport scientifique de leurs différents services.

A

Les actions L’arrivée de Ségolène Leurent au sein de l’équipe nutrition animale Agrial est un élément majeur du partenariat. Deux missions principales lui sont confiées. La première est d’avoir un rôle de vecteur de communication entre les recherches, les résultats scientifiques obtenus à l’Inra et Agrial et ses adhérents. La seconde est un travail sur l’évolution et l’adaptation possible des exploita-

tions laitières pour répondre au contexte agricole et à l’après quota. L’objectif est d’avoir une analyse assez fine (conséquences sur la gestion du troupeau, sur les systèmes d’alimentation…) pour anticiper et accompagner nos adhérents dans cette évolution. La communication est en ordre de marche entre l’Inra et les équipes Agrial. L’ensemble des RTE Agrial nutrition animale a visité le site de l’Inra du Rheu (35) spécialisé sur la gestion des pâturages et le métabolisme des vaches laitières. À cette occasion, ils ont bénéficié d’une intervention de Jean-Louis Peyraut, spécialiste Inra en nutrition laitière, sur l’intérêt technique et économi-

L’Inra du Rheu (35), un site dédié à la vache laitière.

que des tourteaux tannés. Cette présentation a conforté l’équipe dans la stratégie de nutrition animale adoptée par Agrial.

Une visite de l’Inra du Pin est prévue pour les adhérents Agrial. Stéphane Nouvel

Journées de l’éleveur 9 et 10 juin 2010 à Villers-Bocage (Calvados)

VENEZ DÉCOUVRIR : • Notre plateforme productions végétales, thème central : « Produire de façon écologiquement intensive » • variétés céréales et protection, • culture du colza, • atelier outils d’aide à la décision, • désherbage prairie, • interculture et maïs.

• Nos ateliers et nouveautés en nutrition animale • optimisation du coût de complémentation • ateliers robot de traite

• La soirée de remises de prix Défi Tanor - classement (concours éleveurs) sur le critère technicoéconomique : lait produit/jour de vie.

Selon votre région, vous serez invité à participer à l’une ou l’autre de ces journées.

Ségolène Leurent est basée sur le site de l’Inra du Pin.

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ACTIVITÉ équine

Normandie, berceau du cheval Le récent vainqueur du Prix d’Amérique à Vincennes, Oyonnax, en est une preuve, s’il en fallait une. La Normandie est une terre privilégiée pour élever et faire grandir les champions. Mais d’où viennent ces cracks des hippodromes, des terrains de concours… Trotteurs Français et Selles Français prennent leurs origines en Normandie. es races de chevaux de sang (par opposition aux chevaux de trait) les plus représentées dans notre région sont les Trotteurs Français, les Selles Français et les Pur-Sang. L’évolution de ces trois races s’est effectuée depuis plusieurs dizaines d’années (voire quelques centaines pour les Pur-Sang) pour tendre essentiellement à une amélioration des performances sportives: sélection des individus sur des critères de vitesse pure au trot et au galop, d’endurance, de puissance et de souplesse pour les chevaux d’obstacles mais également sélection sur le « mental » et les modèles. Oyonnax fait partie des Trotteurs Français, il est le fils de In Love With You, étalon classique luimême fils du chef de liste bien connu Coktail Jet. La lignée de sa mère est très intéressante avec ses deuxième et troisième mères (grand-mère et arrière grand-mère maternelles) très bonnes reproductrices et une quatrième mère grande « matrone » du stud book Trotteur Français. D’un point de vue origines, la victoire d’Oyonnax n’était donc pas tout à fait un hasard.

L

Le cheval Pur-Sang (PS) Le cheval Pur-Sang - sous entendu anglais - est la race de chevaux de sang la plus répandue au niveau mondial. Il est le résultat d’un élevage sélectif, réalisé en Angleterre, débuté au XVIIe siècle lorsque des juments locales furent croisées avec des étalons étrangers principalement arabes.

Oyonnax, Trotteur Français, né en Normandie et vainqueur du dernier prix d’Amérique.

Les Pur-Sang sont en premier lieu des chevaux destinés aux courses hippiques mais sont considérés comme améliorateurs des autres races. Le Selle Français (SF) Le Selle Français est né en Normandie. Il provient de très nombreux croisements entre des races normandes, arabes, trotteurs Norfolk, néerlandaises, etc. La race est principalement issue de croisements de ces « demi-sang » normands et des pur-sang anglais. Le statut officiel du Selle Français n’a été défini qu’en 1958. Ces chevaux sont majoritairement sélec-

tionnés pour leurs aptitudes au saut d’obstacles et utilisés pour l’instruction des jeunes cavaliers en centres équestres.

Le Trotteur Français (TF) Le Trotteur Français est également d’origine normande. Il est obtenu à partir du début du 19e siècle par le croisement de la jumenterie locale avec des pur-sang, des trotteurs Orloff (russes) et des trotteurs américains. L’objectif de ces croisements était d’affiner le modèle et d’augmenter la vitesse. La quasi-totalité des trotteurs français actuels descendent de cinq chefs de race. Les premières courses de trotteurs en France eurent lieu à Cherbourg en 1836 et le 1er stud book fut ouvert en 1907. Corine Ralison

Alimentation « chevaux de courses » Le service équin Agrial propose à ces sportifs de haut niveau des aliments spécifiques « chevaux de courses ». Ces aliments sont très énergétiques, ils sont enrichis en matières grasses, vitamines, levures et autres améliorateurs de digestion, protéines et fibres de qualité. Ils sont présentés sous forme granulés ou floconnés et en conditionnement adapté à chaque entraîneur : sac, carton de 500 kg ou vrac.

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SANTÉ animale

Actualités en matière de prévention Avec des marchés toujours relativement tendus, la maîtrise sanitaire devient une composante majeure de la performance technico-économique des élevages. Investir dans la prévention et limiter les interventions curatives et les manques à gagner qui y sont liés devient une priorité fondamentale.

L’

équipe vétérinaire bovine Agrial s'efforce, de par sa présence quotidienne dans les élevages et sa disponibilité en termes de conseils, de vous aider à mieux prévenir. Les quelques conseils de saison ci-dessous peuvent également contribuer modestement à vous aider.

Désinfection des locaux L’hygiène est le premier maillon de la maîtrise sanitaire. La désinfection des locaux est indispensable pour les nurseries et les cases à veau; souhaitable pour les stabulations libres. Elle doit être réalisée dès la sortie des animaux.

• Nettoyage - « On ne peut désinfecter que des surfaces propres! » Élimination du fumier et du lisier, détrempage des souillures résiduelles à l’aide d’un détergent (Sanisurface: solution à 10 % au pulvérisateur et action de 15 mn) puis décapage. • Désinfection proprement dite Si le nettoyage a été difficile et est imparfait, préférer le Dénor (0,5 % = 5 ml/l d’eau) à base de phénols de synthèse; moins toxiques que les phénols naturels type Crésyl (Targosyl…) En cas d’épisode marqué de diarrhées néo-natales ou/et de dartres dans l’hiver, utilisation conseillée de Virkon (1 % = 10 g/l). Cas particuliers: Pour le sol et le bas de murs de nurserie et/ou de post sevrage, en cas de Coccidiose ou de Cryptosporidiose: utiliser le Dénor (3 % = 30 ml/l), désinfectant effi-

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Pour nettoyer : Sanisurface

cace contre les œufs enkystés de parasites (tests Inra Nouzilly 2008), en remplacement de l’OoCide, désormais plus fabriqué. Pour les sols de stabulation libre en terre battue, utiliser de la chaux vive 0,5 kg/m2 d’Oxychaux 92; à manipuler avec des protections adaptées. Pour les logettes, lors de présence de Dermatite digitée, avec éventuellement association de lésions mammaires (ulcération en avant de la mamelle), le décapage et la désinfection des surfaces de couchage une fois par an peut limiter les contaminations entre vaches. Utiliser Virkon (1 %) ou Dénor (0,5 %) si nettoyage imparfait. Maîtrise du parasitisme durant la saison de pâture Les produits disponibles pour lutter contre les strongles digestifs et respiratoires au cours de la saison de pâture se différencient par leur durée d'action. Les produits non rémanents, notamment buvables (Panacur, Synanthic, Disthelm…) doivent être associés au transfert sur des pâtures saines et renouvelés à la

Pour désinfecter : Denor et Virkon

demande. Ils n'ont quasiment aucun intérêt à la mise à l'herbe. Les aliments vermifuges (Albendoral Granulé…) sont plus faciles à utiliser. Les produits rémanents, bolus (Farmintic Répidose, Panacur…) ou endectocides (Cydectine, Dectomax…), permettent de limiter les interventions tout en apportant une réelle protection préventive aux animaux, d'où généralement une meilleure croissance. En première année de pâture, utiliser soit le bolus Farmintic Répidose 5 x 750 mg à la mise à l’herbe, soit la Cydectine Pour On, à la mise à l'herbe et 8 à 10 semaines plus tard, soit, finalement, la Cydectine 10 % LA (en injection derrière l’oreille), pour une protection durant toute la saison de pâture. En deuxième année de pâture, l'application à la mise à l'herbe de Cydectine Pour On est suffisante, avec une protection de 5 à 6 semaines. Elle sera relayée par l'immunité naturelle des animaux, initiée au cours de la première saison de pâture.

Dans le cas des bovins adultes (vaches laitières, vaches allaitantes et taureaux), un traitement systématique durant la saison de pâture ne se justifie que dans quelques cas particuliers: bovins en plein air permanent, épisode de bronchite vermineuse. Il est possible de prévenir de la bronchique vermineuse en début de saison de pâture sur des troupeaux connaissant habituellement des épisodes estivaux. Utiliser Eprinex pour les vaches laitières, au bout d'environ un mois de pâturage. Il permet de détruire les larves résiduelles ayant pu persister durant l'hiver sur la pâture malgré le froid, et de réduire le portage sain de certaines vaches. Lutte contre les boiteries des vaches laitières Certains élevages ont été touchés par des boiteries massives, avec des lésions multiples : Dermatite Digitée, mais aussi fourbures, fourchets (limaces, nécroses de talons), voire panaris. Les facteurs de risque de ces pathologies sont à la fois alimentaires (acidose, voire présence de mycotoxines dans des ensilages récoltés trop secs) mais aussi environnementaux (humidité des couloirs, dureté des sols en logettes) et infectieux (introduction de vaches porteuses de la Dermatite). Les accès à la pâture aggravent parfois les choses. En complément des mesures de maîtrise des facteurs favorisants, de l'intervention à l'aide d'antibiotiques injectables voire pulvérisables, ainsi que des soins apportés par les pédicures bovins, il est recommandé d'appliquer à intervalles réguliers des solutions anti-


septiques sur les pieds des bovins afin de limiter le microbisme et de renforcer la dureté de la corne. Une nouvelle génération de produits antiseptiques est apparue sur le marché, sous la forme de produits visqueux adhérant au pied, d'où un effet retard. On notera notamment le Kling On Blue, applicable exclusivement en pédiluve après reconstitution de l'émulsion, ainsi que le Hoof Fit, applicable lui en pédiluve comme en pul-

vérisation (salle de traite, cornadis). Ils existent aussi respectivement en pâte ou en gel pour des soins individuels lors de boiteries, avec pansement. À noter au passage l'utilisation potentielle du Hoof Fit sur les lésions de Dermatite mammaire, ceci en gel, en périphérie de la lésion au pinceau, voire avec la solution pédiluve en pulvérisation. La rémanence de ces produits permet de limiter la fréquence d’appli-

Lutte contre les boiteries

Gel Hoof Fit et KOB onguent

Hoof Fit pédiluve, pied KOB et pédiluve

cation tous les 8 à 15 jours, d’où moins de souillure de la solution. À noter également de ce point de vue l'intérêt du "Bi-pédiluve" présenté au dernier Space. La bouse tombe entre les deux bacs, espacés d'une grille inox. Prévention des maladies nutritionnelles et métaboliques au vêlage En début de lactation, l’appétit n'est pas suffisant pour couvrir l'intégralité des besoins énergétiques et minéraux. La vache mobilise ses réserves corporelles. Des déviations métaboliques sont fréquentes: hypocalcémie (faible taux sanguin en calcium, touchant au moins 50 % des vaches) au moment du vêlage, puis acétonémie durant les semaines suivantes. Depuis une bonne dizaine d'années, les éleveurs du nord de l'Amérique “drenchent” leurs vaches au vêlage. Cette solution consiste à faire ingérer une grande quantité d'eau tiède accompagnée de divers apports nutritionnels (stimulation de l'appétit et prévention des principales maladies métaboliques et nutritionnelles: non-délivrance, fièvre de lait, caillette, acétonémie…). Le drenchage est réalisé à l'aide d'une sonde œsophagienne et d'une pompe électrique.

Les vétérinaires traitants utilisent cette technique, en curatif, lors de maladie métabolique, à l'aide de pompe manuelle. La vache ayant naturellement soif juste après le vêlage, il est possible de réaliser ce “drenchage” à l'aide de produits suffisamment appétants du type Tonivel, ceci tout simplement par ingestion spontanée, au seau, d'une solution de 1 à 1,5 kg de Tonivel dans 20 à 30 litres d'eau tiède. Environ 90 % des vaches le boivent spontanément. La condition de base: le proposer à la vache dès la fin du vêlage, ce qui exige d'assister au vêlage. Possibilité d’apporter en mélange avec le Tonivel 500 ml du Calcipart Che (pour un apport supplémentaire de calcium, sous une forme plus assimilable, ainsi que de magnésium), voire 500 ml de Stardac. La priorité, avant de mettre en place des programmes préventifs, est d'évaluer le plus précisément possible le niveau des problèmes connus par l'élevage, ainsi que les risques potentiels. Patrick Laigre

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PORTRAIT

Jean-Luc Duval

Vice-président d’Agrial, président de la filière cidricole Jean-Luc Duval est agriculteur à Messei, une petite commune proche de Flers située dans le bocage ornais. Son parcours est marqué par trois engagements importants : le syndicalisme tout d’abord qui va l’amener jusqu’à la présidence nationale des jeunes agriculteurs ; la filière cidricole ensuite et plus récemment la coopération agricole avec son arrivée au Conseil d’administration d’Agrial.

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Nous avons la chance d’avoir une organisation qui dépend de nous, nous avons les cartes en main

ministration d’Agrial durant quelques mois, JeanLuc Duval est élu en 2003. Parmi ses motivations, figure un attrait certain pour l’organisation économique, dans le prolongement de ses responsabilités antérieures même si cela peut paraître parfois antagoniste. « Le projet de créer une véritable filière cidricole a été déterminant ». Agrial va tenir cet objectif en faisant l’acquisition en 2004 du leader français du cidre et des jus de pommes, le Groupe CCLF - CSR. « Nous avons la chance d’avoir une organisation qui dépend de nous, nous avons les cartes en main » note Jean-Luc Duval. Le principal enjeu reste la valorisation du cidre auprès des consommateurs. Les restructurations doivent permettre d’optimiser l’ensemble des moyens et des actions à mener, y compris à la production. C’est tout le sens de la constitution d’une OP qui vient d’être agréée fin 2009 après plusieurs années d’efforts. Homme de contact et de relation, Jean-Luc Duval reste proche de ses racines. Il participe assidûment à la vie de la région Bocage Ornais, la structure locale d’Agrial, et aux instances agricoles de l’Orne auxquelles il reste très fidèle, « notamment à l’UOAO qui, quelques années plus tôt, m’a permis d’accéder aux responsabilités nationales ». La situation actuelle de l’agriculture et les perspectives interpellent Jean-Luc Duval. « La crise que nous traversons depuis plusieurs mois est particulièrement difficile. Au-delà du court terme qui préoccupe chacun de nous, il nous faut nous interroger sur les stratégies individuelles et collectives à mettre en œuvre. Je m’investis dans une coopérative, dans un Groupe qui doit contribuer à faire évoluer l’agriculture de nos régions » note Jean-Luc Duval. « La notion de capitalisme coopératif renvoie à l’idée que l’avenir de notre métier et de nos productions est étroitement lié à la présence d’outils de transformation de proximité dans notre territoire. Les coopératives et leurs filiales doivent monter en puissance ». L’évolution de la filière cidricole qu’il a vécue de près illustre, si besoin était, cette exigence. Attentif aux orientations, en particulier dans le cadre des discussions sur la place de l’agriculture en Europe, Jean-Luc Duval reste attaché à un modèle d’exploitation « à taille humaine ».

«

é dans une famille d’agriculteurs, où l’on se succède de père en fils depuis six générations, Jean-Luc Duval ne déroge pas à la tradition. Il s’installe à seulement 21 ans. Auparavant, il est passé par le lycée agricole du Robillard dans le Calvados, où il concède bien volontiers avoir beaucoup appris, et pas seulement la zootechnie ou la phytotechnie. Cela ne l’empêche pas d’obtenir son brevet de technicien agricole et d’envisager de rester deux années de plus pour préparer un BTS. Les circonstances familiales vont le conduire à revenir sur l’exploitation un peu plus tôt que prévu, en tant qu’aide familial avant de s’installer en 1988 sur une partie de l’exploitation qu’il va reprendre totalement trois ans plus tard en 1991. À l’image des exploitations du bocage, les productions sont le lait et la viande bovine. Paradoxalement, c’est au moment de son installation qu’il se rapproche du syndicat des jeunes agriculteurs dans un contexte particulier. « À cette époque, les jeunes agriculteurs de l’Orne avaient bloqué les installations à cause de la redistribution laitière ». Cet épisode va lui valoir d’être repéré, et d’être élu responsable quelques mois plus tard dans son canton. À travers son mandat, Jean-Luc Duval découvre les responsabilités d’un élu et l’ambiance d’un congrès national des Jeunes Agriculteurs à Saint-Flour dans le Cantal qu’il garde encore en mémoire aujourd’hui. « À l’occasion de ce congrès, auquel participait Jacques Delors, j’ai découvert quelque chose, une atmosphère qui m’a à la fois marqué et encouragé à m’engager davantage dans les responsabilités professionnelles ». En 1992, il est élu président du CDJA de l’Orne. Nous sommes en plein débat sur la réforme de la PAC. « Le téléphone portable n’était pas répandu, mais il fallait malgré tout répondre aux nombreuses sollicitations, aux nombreuses pressions, y compris celles venant du plus haut représentant de l’État dans le département la veille des manifestations ». Mener de front la marche de l’exploitation, les responsabilités syndicales et la vie de famille n’a pas été chose facile concède Jean-Luc Duval. Pour autant, il apprécie son mandat et intègre la structure régionale, ce qui lui vaut de côtoyer les instances nationales. En 1994, il entre au Conseil d’administration du CNJA, devient membre du Bureau en charge du dossier lait. Il gravit les échelons, devient Secrétaire général adjoint. En 1999, il est l’un des artisans du succès de la finale mondiale de labour à Pomacle dans la Marne. « Ce projet représentait un énorme challenge, nous l’avons réussi en rassemblant plus de 300000 personnes. À cette occasion, nous avons lancé le concept Terre Attitude ». Quelques mois plus tard, en 2000, le Congrès national a lieu à Deauville. En terre normande, Jean-Luc Duval est élu président du CNJA qui va devenir « Les Jeunes

Agriculteurs », une identité plus communicante auprès de la société. Son parcours et ses responsabilités vont le conduire à rencontrer les dirigeants et les instances français et européens, il va également participer aux débats sur le commerce mondial dans le cadre du cycle de Doha. « Toutes ces expériences, toutes ces rencontres ont été une formidable école ». Il publie également un livre: « fin des paysans, faim du monde » pour rappeler l’importance de la place des paysans dans la société. À la fin de son mandat en 2002, il devient « disponible », ce qui lui vaut d’être sollicité par Gilbert Herpe à l’occasion de l’assemblée générale d’Agrial. La coopérative cherche à structurer la filière cidricole, une filière chère à Jean-Luc Duval qui s’est lancé dans la production de pommes à cidre en 1993 avec l’implantation d’un verger de 6 ha. Outre l’attrait pour cette proMichel Oriac duction, son objectif visait également à organiser l’exploitation en tenant compte des engagements extérieurs. La PARCOURS production s’est développée 1988 > installation sur l’exploitation familiale depuis, le verger couvre 1993 > orientation vers la production de pommes à cidre aujourd’hui 17 ha. Son engage2000 > président du CNJA ment dans la filière cidricole, ce sont aussi les responsabilités 2003 > entre au Conseil d’administrateur Agrial dans les organisations : la – président de la filière cidricole FNPFC, l’IFPC et l’Unicid. 2009 > vice-président d’Agrial – président de la commission prospective D’abord invité au Conseil d’adAGRIAL N° 40 > AVRIL 2010

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Journal Agrial N°40  

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