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Recherche Agronomique Suisse 2 0 1 2

|

N u m é r o

2

Agroscope | OFAG | HAFL | AGRIDEA | ETH Zürich

F é v r i e r

Production animale 

Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière

Page 68

Production végétale Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne

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Environnement Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil

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Sommaire Février 2012 | Numéro 2

La fièvre du lait est la maladie la plus fréquente et la plus importante du point de vue économique chez les vaches à haute performance après vêlage. Des chercheurs d’Agroscope ALP-Haras ont étudié si les paramètres acido-basiques dans l’urine des vaches avant ­vêlage permettaient d’informer de manière prédictive sur le risque de fièvre du lait. (Photo: Olivier Bloch, ALP-Haras) Impressum Recherche Agronomique Suisse / Agrarforschung Schweiz est une publication des stations de recherche agronomique Agroscope et de leurs partenaires. Cette publication paraît en allemand et en français. Elle s’adresse aux scientifiques, spécialistes de la recherche et de l’industrie, enseignants, organisations de conseil et de vulgarisation, offices cantonaux et fédéraux, praticiens, politiciens et autres personnes intéressées. Editeur Agroscope Partenaires bA  groscope (stations de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW; ­ Agroscope Liebefeld-Posieux et Haras national suisse ­A LP-Haras; Agroscope Reckenholz-Tänikon ART) b Office fédéral de l’agriculture OFAG, Berne b Haute école des sciences agronomiques forestières et alimentaires HAFL, Zollikofen b Centrale de vulgarisation AGRIDEA, Lausanne et Lindau b E cole polytechnique fédérale de Zurich ETH Zürich, Département des Sciences des Systèmes de l'Environnement Rédaction Andrea Leuenberger-Minger, Recherche Agronomique Suisse / Agrarforschung Schweiz, Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP, Case postale 64, 1725 Posieux, Tél. +41 26 407 72 21, Fax +41 26 407 73 00, e-mail: info@rechercheagronomiquesuisse.ch Judith Auer, Recherche Agronomique Suisse / Agrarforschung Schweiz, Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW, Case postale 1012, 1260 Nyon 1, e-mail: info@rechercheagronomiquesuisse.ch Team de rédaction Président: Jean-Philippe Mayor (Directeur général ACW), Sibylle Willi (ACW), Evelyne Fasnacht (ALP-Haras), Etel Keller-Doroszlai (ART), Karin Bovigny-Ackermann (OFAG), Beat Huber-Eicher (HAFL), Philippe Droz (AGRIDEA), Jörg Beck (ETH Zürich) Abonnements Tarifs Revue: CHF 61.–*, TVA et frais de port compris (étranger + CHF 20.– frais de port), en ligne: CHF 61.–* *Tarifs réduits voir: www.rechercheagronomiquesuisse.ch ou info@rechercheagronomiquesuisse.ch Adresse Nicole Boschung, Recherche Agronomique Suisse/Agrarforschung Schweiz, Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP, Case postale 64, 1725 Posieux, tél. +41 26 407 72 21, Fax +41 26 407 73 00, e-mail: info@rechercheagronomiquesuisse.ch Internet www.rechercheagronomiquesuisse.ch www.agrarforschungschweiz.ch ISSN infos ISSN 1663 – 7917 (imprimé) ISSN 1663 – 7925 (en ligne) Titre: Recherche Agronomique Suisse Titre abrégé: Rech. Agron. Suisse © Copyright Agroscope. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. Toute reproduction ou traduction, partielle ou intégrale, doit faire l’objet d’un accord avec la rédaction.

Indexé: Web of Science, CAB Abstracts, AGRIS

67

Editorial

Production animale

68

Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la

prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière Michel Rérat et Hans Dieter Hess

Production animale

74

Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg Lucie Winckler, Erwan Cutullic et Pierre Aeby

Production végétale

82

Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle Thomas Hebeisen, Theodor Ballmer, Roger Wüthrich et Brice Dupuis

Production végétale

88  Variétés, densité de semis et fumure azotée sur

orge d'automne Raphaël Charles, Jean-François Collaud, Lilia Levy Häner et Sokrat Sinaj

Environnement

96

Attractivité des prairies extensives pour les ­prédateurs des pucerons Lisa Eggenschwiler, Maya Senn, Adele Ferrari, ­Andreas Egli et Katja Jacot

Environnement

104

Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil Véronique Chevillat, Oliver Balmer, Simon Birrer, ­Verena Doppler, Roman Graf, Markus Jenny, ­Lukas ­P fiffner, Christine Rudmann et Judith Zellweger-­Fischer

Eclairage

112

L a banque de données suisse des ­aliments pour animaux www.feedbase.ch Monika Boltshauser, Annelies Bracher, Michael ­Böhlen, Francesco Cafagna et Andrej Taliun

115

Portrait

116

Actualités

119

Manifestations

Listes variétales

Encarts

Listes recommandées des variétés de soja et pois protéagineux pour la récolte 2012 Jürg Hiltbrunner et Christian Streit

Liste recommandée des variétés de tournesol pour la récolte 2012 Didier Pellet

Liste recommandée des variétés de maïs ­ pour la récolte 2012 A. Baux, J.-F. Collaud, J. Hiltbrunner, U. Buchmann et M. Bertossa


Editorial

Aliments pour animaux: un ­instrument de référence interactif Chère lectrice, cher lecteur,

Monika Boltshauser, Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP-Haras

Il est bien loin le temps où il fallait chercher les valeurs nutritives des aliments simples dans d’innombrables tableaux pour pouvoir ensuite les utiliser dans la pratique quotidienne. En 2007, ALP a lancé sur Internet une banque de données regroupant les tableaux des apports alimentaires recommandés pour les ruminants et les porcs, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités. Il est devenu désormais possible d’actualiser rapidement les valeurs, de les corriger et de les compléter, ou d’ajouter de nouveaux aliments. En outre, les utilisateurstrices de la banque de données peuvent télécharger et imprimer les valeurs dans des tableaux Excel pour leur propre usage, par exemple pour la planification de l’affouragement. Par ailleurs, les possibilités technologiques ne cessant de croître et créant de nouveaux besoins, la banque de données des aliments pour animaux commence une nouvelle phase de développement. Collaboration fructueuse Grâce à notre partenaire, le groupe Database Technology du département informatique de l’Université de Zurich, nous avons la chance unique de pouvoir développer les aspects techniques de la banque de données suisse des aliments pour animaux de telle sorte que nous pourrions, un jour, arriver en «première ligue». La mise en œuvre de ce développement technologique a été possible grâce à un projet du Fonds national en cours depuis 2011 (cf. l’article à ce sujet dans ce numéro). Il est cependant important que cette recherche en matière d’informatique aille de pair avec un input agronomique régulier, autrement dit, que nous tendions vers une collection aussi vaste et complète que possible de toutes les données disponibles sur les aliments simples. Il s’agit là d’une tâche permanente à laquelle nous allons nous atteler avec d’autres partenaires et promoteurs. Nous avons par exemple déjà pu gagner l’appui d’un tel partenaire; il s’agit de la centrale de vulgarisation AGRIDEA qui met à notre disposition les données mises en valeur de son enquête annuelle sur les fourrages secs. Bientôt une nouvelle présentation Internet Au cours de l’année 2012, nous serons en mesure de présenter sur Internet les premiers fruits de ce fructueux travail de collaboration. Parallèlement, la banque de données des aliments pour animaux se parera d’un nouvel habit. L’avenir apportera certains changements importants, car les diverses technologies de l’information interagissent toujours davantage. Ainsi, des connexions avec les sources de données les plus diverses sont susceptibles d’être réalisées. La banque de données des aliments pour animaux www.feedbase.ch se veut un précieux instrument de référence interactif, accessible à un large public.

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 67, 2012

67


P r o d u c t i o n

a n i m a l e

Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière Michel Rérat et Hans Dieter Hess Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP, 1725 Posieux Renseignements: Hans Dieter Hess, e-mail: dieter.hess@alp.admin.ch, tél. +41 26 407 72 45 ration riche en cations a un pouvoir alcalogène sur le métabolisme et diminue la mobilisation osseuse du calcium (Ca) (Goff et Horst 1997). De ce fait, le statut acidobasique avant vêlage pourrait informer de manière prédictive sur le risque de fièvre du lait. L’objectif de cette étude était de définir l’équilibre acido-basique avant vêlage et de déterminer sa relation avec le taux de Ca dans le sang lors du début de la lactation.

Animaux, matériel et méthodes

En plus de la cétose et des mammites, la fièvre de lait représente la maladie la plus fréquente et la plus importante du point de vue économique chez les vaches à haute performance.

Introduction En Suisse, les rations distribuées en période de tarissement se composent fréquemment de fourrages excédentaires en potassium (ALP 2011), ce qui représente un important facteur de risque de la fièvre du lait. Une

68

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 68–73, 2012

Cent vaches laitières de race Red Holstein (n=49), H ­ ol­stein (n=47) et Swiss Brown (n=4) ont fait l’objet de cette étude qui s’est déroulée sur une période de 2 ans (2007 – 2008). Le nombre de lactation moyen s’élevait à 3,3 ± 0,3 (16 primipares) et la production laitière moyenne en 305 jours à 8513 ± 201 kg. La ration alimentaire quotidienne des vaches taries se composait d’environ 20 kg d’un mélange d’ensilage d’herbe et de maïs (60:40). Du foin était à disposition en libre accès (ad libitum). De plus, chaque vache a reçu 500 g d’aliment concentré et 300 g d’aliment minéral par jour. Des échantillons ont été prélevés pour l’analyse des teneurs de Ca, P, Mg, Na, K, S et Cl. La valeur du bilan alimentaire cation/anion (BACA) a été calculée à l’aide de la formule BACA = (Na+ + K+) – (Cl- + S2-) (Block, 1984). Une prise de sang a été effectuée par ponction de la veine jugulaire au cours des 12 premières heures suivant le vêlage pour déterminer le taux de Ca total. Dans 17 cas, la prise de sang a été réalisée après une administration orale prophylactique de Ca (environ 61 g; Calci-for®, Multiforsa AG, Steinhausen, Suisse). La concentration du Ca total a été déterminée dans le sérum. Les échantillons d’urine ont été prélevés en milieu de miction spontanée ou par cathéterisation (fig. 1). Les prélèvements d’urine ont été réalisés 14, 7, et 3 jours antepartum (ap), c’est-à-dire avant la date de vêlage prévue (jour 285 de gestation). Pour la mise en valeur des résultats, les échantillons ont ensuite été attribués aux jours de prélèvement selon la date réelle de vêlage (14 j ap: effectif n=52; 7 j ap: n=84; 3 j ap: n=66). Les indicateurs Net Acid-Base Excretion (NABE) et Base-Acid Quotient (BAQ) ont été déterminés dans les échantillons


Résumé

Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière | Production animale

Figure 1 | Prise d’urine au moyen d’un cathéter.

d’urine selon la méthode fractionnée de Bender et Staufenbiel (2003). L’indicateur NABE se calcule selon la formule NABE (mmol/L) = teneur en bases excrétées – (teneurs en acides + ammoniac excrétés) et le BAQ représente le rapport bases/acides (Bender et Staufenbiel 2003). Les minéraux Ca, P, Mg, Na et K ont été analysés dans l’urine. Pour l’évaluation statistique des données, on a utilisé une analyse de variance répétée (ANOVA), le Fischer’s LSD test et le Pearson product moment correlation.

L’objectif de cette étude était de déterminer une éventuelle relation entre les paramètres acidobasiques dans l’urine de vaches laitières avant vêlage et le taux de Ca dans le sang peu après le vêlage. Les conditions expérimentales étaient similaires pour les 100 vaches laitières participant à l’étude. La ration alimentaire des vaches taries se composait d’un mélange d’ensilage d’herbe et de maïs complété par du foin mis en libre accès. Les échantillons d’urine ont été prélevés 14, 7 et 3 jours avant la date de vêlage prévue (jour 285 de gestation) afin de mesurer la valeur du pH. Les indicateurs Net Acid-Base Excretion (NABE) et Base-Acid Quotient (BAQ) ont également été déterminés dans l’urine. Un échantillon de sang a été prélevé 12 heures après le vêlage afin de déterminer la teneur en Ca. Les valeurs moyennes du pH de même que des indicateurs NABE et BAQ dans l’urine avant vêlage s’élevaient respectivement à 8,63 ± 0,02, 232 ± 4 mmol/L et 4,75 ± 0,09 mmol/L. Les valeurs du pH et du NABE indiquaient un état d’alcalose métabolique r­ ésultant d’une valeur du bilan alimentaire cation anion (BACA) fortement positive (+ 474 mEq/kg MS). La concentration moyenne de Ca dans le sang (1,92 ± 0,04 mmol/L) peu après vêlage n’a montré aucune corrélation significative avec les valeurs moyennes du pH (r = 0,08, P = 0,416), du NABE (r = 0,04, P = 0,719) et du BAQ (r = -0,12, P = 0,234). Ces résultats suggèrent que la mesure de paramètres acidobasiques dans l’urine de vaches en alcalose ne permet pas d’informer de manière prédictive sur le risque de fièvre du lait. La mesure du pH dans l’urine et le calcul des paramètres acido-basiques fournissent des informations comparables sur l’équilibre acido-basique des vaches laitières.

Résultats et discussion La composition des différents aliments de la ration figure dans le tableau 1. Les taux moyens de Na, K, Cl, et S dans la ration se situaient à (respectivement), 1,7, 27,8, 6,6, et 2,0 g/kg de MS. La valeur de la BACA s’élevait à +474 mEq/kg de MS. La concentration moyenne en Ca dans le sérum des vaches qui ont reçu un traitement prophylactique à base de Ca (1,87 ± 0,11 mmol/L) était comparable (P = 0,542) à celle des autres vaches (1,93 ± 0,04 mmol/L), raison pour laquelle toutes les données des échantillons de sang ont 

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 68–73, 2012

69


Production animale | Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière

Tableau 1 | Composition chimique des aliments Foin

Ensilage d’herbe et de maïs

Aliment concentré

Aliment minéral

Eléments nutritifs et composants, g/kg de MS MS1

887

336

867

925

MA

153

143

120

48

NDF

473

439

133

146

ADF

279

262

45

75

Ca

5,7

4,8

9,2

102

P

4,1

3,4

4,5

56

Mg

2,0

1,7

1,4

25

Na

0,4

0,2

2,5

69

K

32

26

6

5

Cl

5,9

3,7

3,6

102

S

2,1

1,9

1,5

1,9

g/kg de matière fraîche.

1

Tableau 2 | Valeurs du pH et des indicateurs Net Acid-Base Excretion (NABE) et Base-Acid Quotient (BAQ) dans l’urine de vaches saines et de vaches souffrant ultérieurement de fièvre du lait (valeur moyenne ± erreur standard)

Paramètres

pH

NSBA, mmol/L

BSQ, mmol/L

Jour ap1

Vaches saines

Malades postpartum

n

n

Valeur P

14

8,6 ± 0,04

47

8,7 ± 0,11

5

0,664

7

8,6 ± 0,03

78

8,6 ± 0,12

6

0,977

3

8,6 ± 0,04

63

8,7 ± 0,19

3

0,652

14

246 ± 8,3

47

267 ± 25,6

5

0,450

7

231 ± 6,0

78

202 ± 21,8

6

0,206

3

225 ± 7,3

63

214 ± 33,6

3

0,745

14

5,3 ± 0,2

47

5,7 ± 0,7

5

0,546

7

4,5 ± 0,1

78

5,4 ± 0,5

6

0,073

3

4,6 ± 0,1

63

3,9 ± 0,7

3

0,359

ap = antepartum.

1

été analysées ensemble. Parmi les 100 vaches, 8 ont souffert d’hypocalcémie clinique après vêlage et un groupe a ainsi été formé avec les données de ces animaux. Le taux moyen de Ca dans le sérum des vaches malades (0,96 ± 0,07 mmol/L) était inférieur (P < 0,001) à celui des vaches saines (2,01 ± 0,03 mmol/L). Les valeurs moyennes du pH, NABE et BAQ des deux groupes étaient identiques 14, 7 et 3 jours ap (tabl. 2). Les valeurs de référence dans l’urine de vaches laitières se situent pour le pH entre 7,8 et 8,4, pour le NABE entre 107 et 193 mmol/L et pour le BAQ entre 2,5 et 4,8 mmol/L

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Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 68–73, 2012

(­Bender et Staufenbiel 2003). Les valeurs du pH et du NABE des deux groupes se situaient au-dessus des valeurs de référence, ce qui indiquait un état d’alcalose métabolique. La valeur très élevée de la BACA reflète le surplus de cations dans la ration, dont le potassium représente la plus grande proportion. Cet excédent de cations forts dans la ration s’est traduit par un effet alcalinisant sur le métabolisme. Aucune corrélation significative n’a été établie entre les valeurs du pH urinaire (fig. 2), du NABE et du BAQ (fig. 3) antepartum et les concentrations sériques du Ca peu après vêlage.


Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière | Production animale

Jour 14 antepartum

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

8,8 8,5 0,6

0,8

1,0

9,2 8,7

1,2Jour 1,4 1,6 1,8 7 antepartum

2,0

2,2

2,4

2,6

Jour 7 antepartum

250 0,6 100

0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

BAQ, mmol/LBAQ, mmol/L

2,0

2,2

2,4

2,0

2,2

2,4

Ca sérique, mmol/L

200 50

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

9,0 8,8

Jour 7 antepartum

9,2 8,9 8,7 9,1 8,8 8,6

0,6

0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

8,8 8,5 0,6

0,8

1,0

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

0,8

1,0

Jour 1,4 7 antepartum 1,6 1,8

1,2

Ca sérique, mmol/L

3 8 2

Jour 3 antepartum

9,2 9,0 8,5

0,6

0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

791 1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

350 250 300 200 400

0,6

0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L Jour 3 antepartum

9,2 8,9 8,7 9,1 8,8 8,6 9,0 8,7 8,5 0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

8,8 8,5 0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

8,7

68 57

Jour 7 antepartum

946

250 150 350

835

200 100 300

724

150 50 250 0,6

0,8

1,0

1,2

100 200

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

50 150 400 0,6

0,8

1,0

Jour 3 antepartum

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

Ca sérique, mmol/L

41 2,6 9 3

8 2

Jour 3 antepartum 0,6

0,8

1,0

1,2

350 250

1,4

1,6

1,8

7 19 2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

300 200 400

613 52

Ca sérique, mmol/L

400 50 300

9,0 8,8

8,9 8,6

Jour 7 antepartum

100 350

9,1 8,6

9,1 8,9

3 antepartum 1,2Jour1,4 1,6 1,8

NABE, mmol/lNABE, mmol/l

0,8

NABE, mmol/l

0,6

9,1 8,9

400 50 300

9,0 8,7 8,5

pH urinaire

300 150 50

100 350

9,2 9,0 8,5

pH urinaire pH urinaire

350 200 100

150 0,6 400

Ca sérique, mmol/L

9,1 8,6

pH urinaire pH urinaire

1,2

Jour 14 antepartum

BAQ, mmol/L

1,0

300 200 400 250 150

68 57

Jour 3 antepartum

946

250 150 350

835

200 100 300

724

150 50 250 0,6

0,8

1,0

1,2

100 200

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

50 150 0,6

613 52 41

0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

BAQ, mmol/LBAQ, mmol/L

0,8

NABE, mmol/lNABE, mmol/l

pH urinaire

8,9 0,6 8,6

350 250

9 11 8 10 7 9 6 8 5 11 7 4 10 6 3 9 5 2 8 4 1 7 2,6 3 6 2 5 1 2,6 4 9

BAQ, mmol/L

NABE, mmol/lNABE, mmol/l

9,1 8,8 8,6

NABE, mmol/l

Jour 14 antepartum

9,2 8,9 8,7

NABE, mmol/l

pH urinaire pH urinaire

9,0 8,8

9,0 8,7 8,5

pH urinaire

Jour 14 antepartum

400 300

9,1 8,9

9,2 8,7

10

350

Jour 14 antepartum

9,2 9,0

11

Ca sérique, mmol/L

100

BAQ, mmol/L BAQ, mmol/L

9,1

8,9 8,6

Jour 14 antepartum

400

BAQ, mmol/L

9,2

3 2

8,6

50

1 0,6

8,5 0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L Figure 2 | Lignes de régression entre le pH urinaire aux jours 14, 7 et 3 antepartum et la concentration sérique de Ca 12 h après vêlage.

0,8

1,0

1,2

1,4

1,6

1,8

2,0

2,2

2,4

2,6

Ca sérique, mmol/L

Figure 3 | Lignes de régression entre les valeurs du NABE et BAQ aux jours 14, 7 et 3 et la concentration sérique de Ca 12 h après vêlage. • Valeurs NABE,  Valeurs BAQ, — Ligne de régression NABE --- Ligne de régression BAQ.

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 68–73, 2012

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Production animale | Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière

Tableau 3 | Taux de Ca, P, Mg, Na, K dans l’urine de vaches saines et de vaches souffrant ultérieurement de fièvre du lait (valeur moyenne ± erreur standard)

Paramètres

Ca, mmol/L

P, mmol/L

Mg, mmol/L

Na, mmol/L

K, mmol/L

Jour ap1

Malades postpartum

Vaches saines n

n

Valeur P

14

0,91 ± 0,12

47

1,26 ± 0,38

5

0,373

7

0,91 ± 0,09

78

1,57 ± 0,34

6

0,070

3

0,64 ± 0,07

63

0,53 ± 0,31

3

0,742

14

0,65 ± 0,12

47

0,31 ± 0,37

5

0,377

7

0,78 ± 0,26

78

0,29 ± 0,93

6

0,611

3

0,50 ± 0,10

63

0,34 ± 0,47

3

0,740

14

5,79 ± 0,48

47

5,59 ± 1,48

5

0,898

7

6,62 ± 0,49

78

3,61 ± 1,77

6

0,105

3

5,34 ± 0,40

63

3,56 ± 1,84

3

0,347

14

21,9 ± 3,47

47

50,1 ± 10,6

5

0,014

7

25,8 ± 3,12

78

32,0 ± 11,3

6

0,598

3

24,8 ± 3,47

63

21,9 ± 15,9

3

0,858

14

337 ± 6,3

47

313 ± 19,2

5

0,244

7

322 ± 6,1

78

276 ± 22,1

6

0,047

3

297 ± 7,9

63

310 ± 36,2

3

0,726

ap = antepartum.

1

L’excrétion urinaire de Ca des vaches souffrant ultérieurement de fièvre du lait était tendanciellement plus élevée le jour 7 avant vêlage (tabl. 3). Cette situation est indépendante de l’administration prophylactique de Ca chez 17 vaches, étant donné que le traitement a été effectué durant les deux derniers jours précédant le vêlage. Une excrétion plus élevée de Ca dans l’urine avant vêlage est le signe d’une disponibilité accrue de Ca pour les fonctions métaboliques (Tucker et al. 1992), ce qui est en contradiction avec les résultats de cet essai. Dans le groupe de vaches souffrant ultérieurement de fièvre du lait, l’excrétion urinaire de Na au jour 14 ap était plus élevée et l’excrétion de K au jour 7 ap plus faible en comparaison des animaux sains. Vu le faible nombre d’animaux malades pour une analyse statistique, il faut toutefois interpréter ces résultats avec prudence. Selon Casalone et al. (2008), les taux de minéraux dans l’urine de vaches saines au jour 7 ap étaient de 0,78, 0,93, 7,71, 24,5 et 199 mmol/L pour le Ca, P, Mg, Na et K. Ces valeurs correspondent avec nos résultats à l’exception de la concentration de K qui, dans le présent essai, était sensiblement plus élevée.

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Conclusions Ces résultats suggèrent que la mesure du pH urinaire a révélé autant d’informations sur le statut acido-basique que le calcul du NABE. Dans le cas d’une alcalose métabolique, tel que présenté dans cette étude, il semble que les paramètres acido-basiques dans l’urine ne permettent pas d’informer de manière prédictive sur le risque de fièvre du lait. n


Coefficienti acido-basici nell'urina per la diagnosi precoce della febbre del latte nella vacca lattifera L’obiettivo di questo studio era di determinare l’esistenza di un’eventuale correlazione tra i parametri acido-basici nelle urine delle vacche lattifere prima del parto e il tenore in calcio nel sangue poco dopo lo stesso. Le condizioni sperimentali erano simili per le 100 vacche lattifere allo studio. La razione per le vacche in asciutta era a base di insilato di erba e mais, integrata con fieno a libera disposizione. Il prelievo delle urine per stabilire il valore di pH è stato effettuato 14, 7 e 3 giorni prima della data prevista del parto (285 giorni di gestazione). Nelle urine sono stati pure determinati l’equilibrio acido-base (EAB) e l’escrezione acida netta (NAE). Per determinare il tenore in calcio si è effettuato un prelievo di sangue 12 ore dopo il parto.I valori medi di pH riscontrati come pure quelli relativi all’escrezione acida netta (NAE) e all’equilibrio acido-base (EAB) presenti nelle urine prima del parto erano rispettivamente 8,63 ± 0,02, 232 ± 4 mmol/L e 4,75 ± 0,09 mmol/L. I valori di pH e dell’escrezione acida netta (NAE) indicano uno stato di alcalosi metabolica quale risultato di un valore fortemente positivo del bilancio alimentare cationi-anioni (+ 474 mEq/kg SS). La concentrazione media di calcio nel sangue (1,92 ± 0,04 mmol/L) poco dopo il parto non ha rivelato alcuna correlazione significativa con i valori medi pH (r = 0,08, P = 0,416), escrezione acida netta (NAE) (r = 0,04, P = 0,719) ed equilibrio acido-base (EAB) (r = -0,12, P = 0,234). Questi risultati suggeriscono che la misurazione dei parametri acido-basici nelle urine delle vacche in alcalosi non sembrano adatti per effettuare una diagnosi precoce sul rischio della febbre del latte. La misurazione del pH nelle urine e il calcolo dei parametri acido-basici forniscono informazioni comparabili sul valore acido-basico delle vacche lattifere.

Bibliographie ▪▪ ALP (Agroscope Liebefeld-Posieux), 2011. Recommandations alimentaires et tableaux des valeurs nutritives pour les ruminants. Accès: http:// www.agroscope.admin.ch/publikationen/03837/index.html?lang=fr [18 mai 2011]. ▪▪ Bender S. & Staufenbiel R., 2003. Methodische Einflüsse auf ausgewählte Parameter des Säure-Basen-Haushaltes in Harnproben von Milchkühen. Berl. Münch. Tierärztl. Wschr. 116 (9–10), 432–435. ▪▪ Block E., 1984. Manipulating dietary anions and cations for prepartum dairy cows to reduce incidence of milk fever. J. Dairy Sci. 67 (12), 2939–2948.

Summary

Riassunto

Indicateurs urinaires du statut acido-basique pour la prédiction de la fièvre du lait chez la vache laitière | Production animale

Use of acid-base indicators to predict the risk of milk fever in dairy cows The aim of this study was to investigate a possible relationship between acid-base parameters in urine before parturition and the calcium level in blood shortly after parturition. Hundred dairy cows kept under identical feeding and housing conditions were monitored. The diet was based on grass and corn silage and hay ad libitum. Urine samples were taken on day 14, 7, and 3 before the estimated calving (day 285 of gestation) for the determination of pH, net acid-base excretion (NABE) and base-acid quotient (BAQ). Blood samples were taken within the first 12 h after calving for the analysis of total calcium. During the period before parturition, the mean values of urinary pH, NABE, and BAQ were 8,63 ± 0,02, 232 ± 4 mEq/kg DM, and 4,75 ± 0,09, respectively. The pH and NABE values indicated a state of metabolic alkalosis of the cows resulting from the distribution of a diet with a high positive dietary cation-anion difference value (+ 474 mEq/kg DM). No significant correlations were observed between total calcium concentration in blood (1,92 ± 0,04 mmol/L) and mean values of urinary pH (r = 0,08; P = 0,416), NABE (r = 0,04, P = 0,719), or BAQ (r = -0,12, P = 0,234). The measurement of acid-base parameters in urine prior to parturition cannot be used to predict the level of blood calcium after parturition in cows under alkalotic condition. The determination of the NABE and BAQ parameters revealed similar information on the acid-base status of dairy cows as the measurement of the urinary pH. Key words: dietary cation-anion difference, acid-base status, calcium, dairy cow.

▪▪ Casalone M., Cannizzo C., Stefani A., Moro L., Giansella M. & Morgante M., 2008. Mineral metabolism during late pregnancy and calcium status after parturition in dairy cows. Poster at the 25th World Buiatrics Congress, 6 – 11.07.2008, Budapest, Hongrie. ▪▪ Goff J. P. & Horst R. L., 1997. Effects of the addition of potassium or sodium, but not calcium to prepartum rations on milk fever in dairy cows. J. Dairy Sci. 80 (1), 176–186. ▪▪ Tucker W. B., Hogue J. F., Adams G. D., Aslam M., Shin I. S. & Morgan G., 1992. Influence of dietary cation-anion balance during the dry period on the occurrence of parturient paresis in cows fed excess calcium. J. Anim. Sci. 70 (4), 1238–1250.

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P r o d u c t i o n

a n i m a l e

Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg Lucie Winckler1, Erwan Cutullic2 et Pierre Aeby1 Institut agricole de l’Etat de Fribourg, Grangeneuve, IAG, 1725 Posieux 2 Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires HAFL, 3052 Zollikofen Renseignements: Pierre Aeby, e-mail: pierre.aeby@fr.ch, tél. +41 26 305 58 62 1

Les surfaces fourragères et leur mode d’utilisation sont divers. Leur efficacité en termes de production de lait varie selon leur mode de gestion et leur utilisation.

74

Introduction

Matériel et méthodes

La durabilité des exploitations agricoles est un enjeu d’actualité. Elle combine la rentabilité économique, la charge et la qualité du travail, et le respect de l’environnement. L’utilisation efficace de la surface fourragère par les ruminants s’intègre dans cette notion de durabilité, elle est synonyme de valorisation optimale des ressources «terre» (rare et chère), «fourrages» (impliqués dans l’équilibre de la ration des animaux) et «travail». En systèmes laitiers, la quantité de lait produite par unité de surface fourragère à disposition est un indicateur de cette efficacité (Huguenin 2003). Cette étude vise à évaluer l’efficacité de la surface fourragère dans le canton de Fribourg.

Un concours sur l’efficacité de la surface fourragère, organisé en 2002 par l’Association pour le développement de la culture fourragère (ADCF), est à l’origine de ce travail. Le questionnaire développé a été réutilisé chaque année par l’Institut agricole de l’Etat de Fribourg, et ainsi complété par 310 exploitations entre 2002 et 2009. Pour cette étude, 266 exploitations laitières ont été retenues dans le canton de Fribourg et en zone limitrophe (huit exploitations concernées). Ces exploitations peuvent être considérées comme représentatives du canton de Fribourg. Les 258 exploitations fribourgeoises de l’échantillon représentent 12 % des exploitations du canton (Service de la statis-

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tique du canton de Fribourg 2010) et sont présentes sur l’ensemble du territoire. Elles ont un atelier lait moyen de 226 tonnes, contre 173 tonnes dans le canton (en ajoutant 10 % du lait livré pour les veaux et le ménage). De 2002 à 2009, la productivité laitière par vache sur le canton a été d’environ 7400 kg selon le contrôle laitier (Swiss Herd Book, Fédération Suisse Holstein) contre 6900 kg dans notre étude en production laitière recalculée (généralement inférieure aux chiffres des fédérations). Les données disponibles concernent la structure d’exploitation, les pratiques d’alimentation et les performances laitières du troupeau. L’efficacité de la surface fourragère (lait/ha) correspond au lait produit grâce aux fourrages (donc sans les concentrés) divisé par la surface fourragère allouée aux vaches laitières (fig. 1). Les variables ont d’abord été décrites par classe d’altitude. Certaines moyennes et proportions ont été spécifiquement comparées entre classes par des tests de Student (t-test) et tests du Khi2 ou de Fisher. Les effets des variables de pratique et de structure sur le lait/ha ont ensuite été appréhendés en deux étapes. Dans la première étape, nous avons testé par analyse de variance-covariance (modèle linéaire) les effets sur le lait/ha de ces variables prises une à une, puis prises ensemble en simplifiant le modèle pas à pas pour ne conserver que les variables hautement significatives (P < 0,01). Cette même analyse a été appliquée au lait/VL (vache laitière). Dans la deuxième étape, nous avons réalisé une classification ascendante hiérarchique (CAH) sur les quatre variables lait/VL, kg de concentré/VL, 

Résumé

Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg | Production animale

PL conc PL troupeau

(0,3 x %MG + 0,24 x %MP + 0,816) x PL fourr / 3,14

PL fourr

PL fourr ECM

% UGB VL SFP

SFPc VL

SFP VL

altitude

PL ECM fourr/ SFPc VL = lait/ha

La productivité de lait à l’hectare est un critère pour évaluer l’efficacité de la surface fourragère en système laitier. L’objectif de cette étude est de mettre en évidence ses principaux facteurs de variations dans le canton de Fribourg. L’analyse repose sur le suivi de 266 exploitations durant la période 2002–2009. L’altitude est une contrainte structurelle qui pénalise logiquement la productivité de lait à l’hectare, en raison des baisses de rendement et de qualité des prairies. Les exploitations de plaine utilisant de l’ensilage de maïs et des quantités modérées de concentrés sont en moyenne plus performantes. Les exploitations plus herbagères atteignent pour certaines ces mêmes niveaux d’efficacité, mais la plupart ont encore des marges de progrès. De même, bien que de fortes efficacités soient atteignables avec des vaches de productivité individuelle moyenne, il existe dans notre étude une nette relation positive entre le lait par ha et la production par vache de lait grâce aux fourrages. Pour conclure, en dehors des facteurs pédoclimatiques, la productivité à l’hectare semble fortement influencée par la capacité des éleveurs à optimiser leur système de production, et ce quel que soit ce système.

UGB = unité gros bovin SFP = surface fourragère principale VL = vache laitière PL = p roduction laitière; conc = concentrés; fourr = fourrage; c = corrigé ECM =  lait corrigé selon l’énergie; e.m. = ensilage de maïs; e.h. = ensilage d’herbe sans e.m MG = matière grasse MP = matière protéique

2/3 ha prairies extensives 2/3 ha couverts hivernaux ha fourrages vendus + ha fourrages achetés

nombre de VL kg lait/VL kg conc/VL utilisation d’ensilage de maïs (e.m.)

variables structurelles variables de pratiques variable à expliquer

utilisation d’ensilage d’herbe (e.h.) sans e.m. % de pâture dans la ration estivale % d’herbe dans la SFP

Figure 1 | Variables d’intérêt et mode de calcul du lait à l’hectare selon la méthode ADCF 2002 (Huguenin 2003). Toutes les variables sont annuelles. Le lait produit grâce aux concentrés a été estimé à 2,1 kg/kg de concentré distribué.

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Production animale | Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg

% d’herbe dans la surface fourragère principale (SFP) et % de pâture en été, afin de regrouper les exploitations par type de pratiques. Entre groupes générés, les valeurs et proportions moyennes des différentes variables ont été comparées respectivement par des tests de Student et tests du Khi2 ou de Fisher. Les analyses ont été réalisées à l’aide du logiciel R (procédures lm, agnes du paquet cluster, t.test, chisq. test, fisher.test; R Development Core Team, 2010).

Résultats Description des exploitations par classe d’altitude Les exploitations à plus de 800 m d’altitude ont des ateliers lait plus petits qu’à 650 – 800 m (t-test, P < 0,01; tabl. 1). Les exploitations à moins de 650 m sont intermédiaires et de taille plus variable. Elles ont notamment une plus petite surface fourragère que celle des classes d’altitude supérieure (P < 0,01). La part d’herbe dans la SFP augmente graduellement avec l’altitude (P < 0,001 entre les différentes classes). Elle atteint presque 100 % à plus de 800 m. L’ensilage de maïs est principalement utilisé par les exploitations à moins de 650 m d’altitude, et la pâture y tient une place moins importante (P < 0,05). Pour autant, elles ne distribuent pas plus de concentrés que les autres exploitations. L’utilisation d’ensilage d’herbe (sans ensilage de maïs) concerne seulement 17 exploitations, principalement à plus de 800 m (P < 0,01).

Les exploitations produisent en moyenne 8770 ± 2528 kg de lait/ha, un résultat proche des résultats du concours ADCF de 2002 (8000 kg), qui avait impliqué 201 exploitations suisses (Huguenin 2003). Les exploitations à plus de 800 m sont moins productives à la fois à l’hectare (P < 0,001; fig. 2) et par animal (P < 0,001; tabl. 1). Les exploitations entre 650 et 800 m sont tout aussi productives par animal que celles de basse altitude, mais ont une productivité à l’hectare significativement plus faible (P < 0,01). Toutefois, on retrouve dans les trois classes d’altitude des exploitations avec des niveaux de productivité supérieurs à 14’000 kg de lait/ha. Les variables explicatives de la productivité à l’hectare et de la productivité laitière Les variables lait/ha et lait/VL partagent souvent les mêmes facteurs explicatifs et le lait/VL est lui-même un facteur explicatif du lait/ha (tabl. 2). Si les quantités de concentré ont un effet net sur le lait/VL, elles n’en ont pas sur le lait/ha. L’effet du lait/VL sur le lait/ha s’explique essentiellement par la production laitière permise par les fourrages de base, et ce quelle que soit l’altitude (fig. 3). A l’inverse, si l’utilisation d’ensilage de maïs a un faible effet sur le lait/VL, elle a un effet plus marqué sur le lait/ ha. Cet effet dépend de l’altitude: en basse altitude, les exploitations avec de l’ensilage de maïs présentent une même productivité à l’hectare que celles utilisant du fourrage sec (fig. 4).

Tableau 1 | Caractérisation des exploitations étudiées par classes d’altitude (moyenne ± écart-type) < 650 m

650 bis 800 m

> 800 m

66

107

93

550 ± 59

708 ± 42

892 ± 97

SFP (ha)

22 ± 15

29 ± 14

31 ± 18

Nombre de VL

30 ± 19

35 ± 17

30 ± 16

228 ± 180

252 ± 142

199 ± 124

10 108 ± 2’544

9116 ± 2’198

7422 ± 2’239

Lait/VL (kg)

7120 ± 1’235

7088 ± 1’131

6510 ± 1 212

Lait fourr/VL (kg)

5521 ± 1139

5307 ± 998

5024 ± 1’138

761 ± 287

848 ± 357

707 ± 275

68 %

26 %

15 %

n Données structurelles Altitude (m)

PL totale (t) Données techniques Lait/ha (kg/ha)

Concentré /VL (kg) Part d’utilisateurs d’e.m. Part d’utilisateurs d’e.h.

76

0 %

3 %

15 %

% d’herbe dans la SFP

79 ± 13

91 ± 8

98 ± 5

% de pâture en été

44 ± 23

53 ± 27

59 ± 30

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Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg | Production animale

La CAH a conduit à quatre groupes de pratiques, qui se sont aussi traduits par quatre niveaux d’efficacité à l’hectare, croissants des groupes A à D (tabl. 3).

16128 15000

14261

Lait / ha (kg)

12264

10000

Groupe A: petites exploitations extensives; Il comprend la majorité des exploitations à plus de 1000 m et des exploitations à basse altitude qui produisent de petites quantités de lait, pratiquent la pâture en été et utilisent peu de concentrés. La production laitière des vaches est faible. La surface fourragère est principalement constituée d’herbe, mais un tiers des exploitations utilise de l’ensilage de maïs.

10428

10028 8123

8739 8739

8687

7446

7231 5980

5000

<650

650 à 800

>800

Altitude (m) Les délimitations des boîtes représentent les 1ers, 2e (médiane) et 3 e quartiles. L’extrémité des pattes se situe soit au dernier point soit à 1,5 fois l’espace interquartile en cas de valeurs extrêmes (figurées par des points).

Figure 2 | Distribution des individus en termes de lait/ha par classe d’altitude.

Groupe B: exploitations herbagères pâturantes; Ces exploitations pratiquent la pâture en été. Elles utilisent des quantités de concentrés plus importantes que le groupe A ; la productivité laitière des vaches, y compris par les fourrages est supérieure. Groupe C: grandes exploitations herbagères peu pâturantes utilisant beaucoup de concentrés; Ces exploitations ont une productivité des vaches supérieure. Elles pâturent nettement moins et utilisent davantage de concentrés. Groupe D: grandes exploitations en basse altitude utilisant du maïs ensilage; Les quantités de concentré distribuées sont inférieures à celles du groupe C pour une même productivité laitière des vaches. Ces exploitations sont majoritairement en zone d’ensilage, affouragent du maïs et pratiquent peu  la pâture.

Tableau 2 | Effet d’une augmentation de 1 écart-type (e.t.) des variables explicatives continues ou de l’utilisation d’ensilage sur la productivité à l’hectare et sur la productivité par vache (modèles univariés; modèle multivarié, R 2 = 52 %; erreur type résiduelle = 1753; n = 266)

variables Variable

Moy. ± e.t. ou %

modèle univarié Lait/VL (kg)

Lait/ha (kg) -1296 ***

Altitude (m)

733 ± 149

-344 ***

PL totale (t)

226 ± 148

624

Lait/VL (kg)

6893 ± 1215

Lait fourr/VL (kg)

5261 ± 1097

Concentré/VL (kg)

777 ± 318

m. multivarié

***

948

Lait/ha (kg) -828 ***

***

1455 *** 1017 *** 537

***

1450 *** 264

ns

% d’herbe dans la SFP

91 ± 11

-279 ***

-1054 ***

% de pâture en été

53 ± 28

-402 ***

-949 ***

Utilisateurs d’e.m.

33%

398

Utilisateurs d’e.h.

6%

-428 ns

*

1196 ***

-441 ***

1792 *** -2469 ***

*** P < 0,001; ** P < 0,01; * P < 0,05; ns P > 0,05.

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Production animale | Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg

16000 14000

< 650 m 650 – 800 m > 800 m

y = 1,1879x + 3548,8

Lait / ha (kg)

12000

y = 1,1879x + 2812,5 y = 1,1879x + 1453,4

10000 8000 6000 4000 2000 2000

3000

4000

5000

6000

7000

8000

9000

lait fourr / VL (kg) L’interaction de pente n’est pas significative (P = 0,28) et a été exclue du modèle.

Figure 3 | Effet du lait produit / VL grâce aux fourrages et de la classe d’altitude sur le lait par hectare (P < 0,001 et P < 0,001, R² = 43 %, erreur type résiduelle = 1912 kg de lait/ha).

Discussion Un effet marqué de l’altitude sur la productivité de lait à l’hectare L’altitude est une contrainte structurelle qui pénalise la productivité de lait à l’hectare. Les deux facteurs rendement et qualité des prairies sont raisonnablement impliqués. Le rendement des prairies diminue de 4 dt MS/ha par 100 m d’élévation selon Mosimann (2005), ce qui se

traduirait par une perte d’efficacité potentielle d’environ 350 à 400 kg de lait/ha par 100 m d’élévation (en considérant une qualité de l’herbe variant de 5,5 à 6,3 MJ NEL/kg MS, un rendement de transformation de l’énergie en lait de 50 % et 3,14 MJ NEL/kg lait). D’autres facteurs liés à l’altitude expliquent donc probablement les 870 kg de lait/ha perdus par 100 m d’élévation dans notre étude. Le % de pâture en été a eu un effet négatif sur l’efficacité à l’hectare, or ce pourcen-

12000 10212 a 10000

9883 a

10093 c

8000 Lait / ha (kg)

8979 c

8831b 7230 a

7329 b 6293 a

6000 4000 e.m. = ensilage de maïs

2000 0

sec = sans ensilage e.h. = ensilage d’herbe sans e.m. n= 45

21

< 650 m a,b,c

n= 28

79

3

n= 14

650 – 800 m

79

14

> 800 m

intra-classe d’altitude, les valeurs sans lettres communes diffèrent significativement (P < 0,05).

Figure 4 | Données moyennes de production de lait à l’hectare en fonction du type d’alimentation des VL, par classe d’altitude.

78

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 74–81, 2012


Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg | Production animale

Tableau 3 | Caractéristiques des groupes résultants de la CAH Groupe

A

B

C

D

n

50

82

86

48

Tableau 4 | Productivité théorique à l’hectare selon l’altitude pour deux types de ration, en simulant une baisse de rendement du maïs, une baisse de rendement et de qualité des prairies avec l’augmentation de l’altitude

Variables ayant servi à la constitution des groupes (CAH) Lait/VL (kg)

5246a

6968b

7410c

7557c

Concentré /VL (kg)

509a

691b

998d

809c

% herbe dans SFP

93

96

94

74

% de pâture en été

72b

71b

33a

39a

Lait/ha (kg)

6913a

8346b

9122c

10798d

Lait fourr/VL (kg)

4177a

5515b

5315b

5859c

Altitude (m)

791b

763b

745b

601a

PL totale (t)

141a

212b

267c

274 c

Part d’utilisateurs d’e.m.

32 %b

13 %a

26 %b

79 %c

Part d’utilisateurs d’e.h.

14 %

2 %

7 %

4 %

b

c

b

a

Autres variables

e.m. = ensilage de maïs; e.h. = ensilage d’herbe sans e.m. a,b,c,d Les valeurs sans lettres communes diffèrent significativement (P < 0,05). Les différents niveaux de bleu mettent en évidence les gradients de valeurs pour les variables de constitution des groupes.

tage augmente avec l’altitude; une maîtrise insuffisante des techniques de pâture pourrait induire une sous-valorisation des potentiels de rendement et de qualité des prairies. En basse altitude, les exploitations de polyculture-élevage cultivent plus de prairies temporaires; celles-ci sont d’excellente qualité et présentent une bonne capacité de conservation. A cela s’ajoute encore la facilité en plaine d’équilibrer finement les rations avec des fourrages humides (ex. pommes de terre). L’effet positif de l’ensilage de maïs sur le lait/ha n’est observé qu’à plus de 650 m d’altitude (fig. 4). Ceci peut s’expliquer par une baisse des rendements fourragers et une baisse de la qualité de l’herbe avec l’élévation en altitude (tabl. 4). Des pratiques différentes pour des efficacités à l’hectare différentes Les quatre groupes de pratiques sont relativement indépendants de l’altitude. Les exploitations les plus performantes (groupe D) se trouvent toutefois en plaine. Elles ont un atelier lait relativement grand, utilisent de l’en-

Plaine Moyenne ­altitude

Ration

Lait/ha (kg)

Ratio (%)

1/3 maïs

11 100

100

100 % herbe

10 200

92

1/3 maïs

8600

100

100 % herbe

6800

80

Ration modulée sur une courbe de lactation standard et calculée à l’aide du plan d’alimentation PAFF-Agridea 2009, pour une vache multipare de 680 kg PV produisant 7500 kg de lait/an, intervalle vêlage de 365 jours. Les rendements sont issus des Données de base pour la fumure; les prairies sont équilibrées avec ray-grass en plaine (stade moyen = 4), et riche en graminées sans ray-grass en altitude (stade moyen = 4).

silage de maïs, sont modérées dans l’utilisation de concentrés et obtiennent des productions laitières par vache totales et par les fourrages élevées. Certaines exploitations des groupes B et C, plus herbagères, atteignent les mêmes performances que les plus efficaces du groupe D, probablement grâce à une gestion optimisée de leur système de production. L’efficacité des groupes pâturants (A et B) est décevante et loin de celles d’exploitations très performantes en matière de pâture, comme la ferme du Waldhof à Langenthal. Elle produit 115 000 kg de lait avec 17 vaches laitières (6780 kg/VL) sur 7 ha de pâture et avec environ 400 kg MS de concentré/ VL. Elle a atteint une production moyenne de 14 400 kg de lait à l’hectare entre 2001 et 2006 (Thomet et al. 2008; Thomet 2004). Ces performances s’expliquent par une excellente maîtrise du système de pâture (contrôle des hauteurs d’entrée et de sortie des parcs, complémentation réduite, vêlages groupés en fin d’hiver). Une marge de progrès semble donc possible pour les exploitations herbagères du canton de Fribourg. Ces systèmes pâturants requièrent une excellente technicité mais sont à encourager pour leurs effets positifs sur la rentabilité et la charge de travail (Gazzarin et Schick 2004). La productivité laitière par vache: un réel critère d’efficacité de la surface? La productivité des vaches, lorsqu’elle s’appuie sur une large proportion de lait produit grâce aux fourrages, a un effet important sur le lait à l’hectare, quelle que soit la classe d’altitude considérée. Cet effet de la proportion de lait produit grâce aux fourrages a également été mis en évidence par Weiss et al. (2008) pour 499 exploita tions de Bavière.

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Production animale | Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg

Figure 5 | Une mauvaise gestion du pâturage peut entraîner un gaspillage important de l’herbe: par exemple, lorsque la pression de pâturage est insuffisante (refus) ou que les vaches pâturent de l’herbe trop haute.

Pourtant, une forte productivité de lait à l’hectare peut être obtenue par la somme de faibles productions laitières individuelles, comme le prouvent l’exemple du Waldhof ou l’étude irlandaise en pâture intégrale de Horan et al. (2005). Dans ce dernier essai, les Holstein de génétique nord-américaine alimentées avec peu de concentré (300 kg/VL/an) produisent environ 11 500 kg de lait/ha avec 6700 kg de lait/VL contre 9800 kg/ha avec 7900 kg/VL lorsqu’elles sont alimentées libéralement (1300 kg/VL/an). De plus, augmenter le chargement à l’hectare réduit la production individuelle mais augmente la productivité à l’hectare par une meilleure valorisation de l’herbe à disposition. En effet, restreindre les vaches à 90 % de leur capacité d’ingestion permet de valoriser 77 % de l’herbe à disposition contre 58 % pour une capacité couverte à 100 % (Delagarde et al. 2006). Enfin, pour aller plus loin, la prise en compte des interactions entre la génétique des animaux et le système de production est un pas de plus pour l’amélioration de l’efficacité (Horan et al. 2005, Delaby et al. 2009).

Conclusions ••L’efficacité de la surface fourragère est fortement influencée par l’altitude pour les exploitations laitières du canton de Fribourg. Cependant, les pratiques des agriculteurs ont elles aussi un effet important sur la productivité à l’hectare. La production de lait par vache grâce aux fourrages joue ainsi un rôle très important sur l’efficacité à l’hectare, quel que soit le système de production.

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••Aujourd’hui, les exploitations fribourgeoises avec un atelier lait important, en basse altitude, et utilisant de l’ensilage de maïs, semblent avoir une bonne maîtrise technique de leur système. En revanche, les exploitations pâturantes pourraient être plus performantes par une amélioration de la gestion de la pâture et un apport raisonné et limité de concentrés. ••L’efficacité de la surface fourragère est un critère de durabilité des exploitations car il reflète la valorisation des ressources. Cependant, il ne doit pas être le seul objectif des exploitants, le but final étant de trouver un équilibre entre rentabilité, plaisir au travail et respect de l’environnement. n


Efficacia della superficie foraggera del sistema lattiero nel canton Friborgo La produttività di latte per ettaro è un criterio per valutare l’efficacia della superficie foraggera del sistema lattiero. Obiettivo di questo studio è di evidenziare i suoi principali fattori che determinano la variazione di produttività della superficie nel canton Friborgo. L’analisi si basa su un sondaggio tra 266 aziende nel periodo tra il 2002 ed il 2009. Il livello del mare è, come presupposto, uno dei principali fattori strutturali che limita l’area di produttività a causa della minore qualità dei prati da foraggio. Le aziende in pianura che usano insilato di mais e moderate quantità di concentrati sono in media più efficienti. Aziende maggiormente erbaggiere raggiungono parzialmente gli stessi livelli di efficienza, ma molte di loro presentano ancora margini di miglioramento, anche se delle mucche con una produzione individuale di latte media possono raggiungere elevate prestazioni. Pertanto la nostra inchiesta ha mostrato una chiara e positiva relazione tra la produzione di latte per ettaro e la produzione di latte individuale ottenuta da razione di base. In conclusione, a parte i fattori pedoclimatici, la produttività per ettaro sembra fortemente influenzata dalla capacità degli agricoltori di ottimizzare il loro sistema di produzione, indipendentemente dal tipo di sistema.

Bibliographie ▪▪ Delaby L., Faverdin P., Michel G., Disenhaus C. & Peyraud J. L., 2009. Effect of different feeding strategies on lactation performance of Holstein and Normande dairy cows. Animal 3, 891–905. ▪▪ Delagarde R., Delaby L. & Faverdin P., 2006. Le calcul de ration pour vaches laitières au pâturage. Rencontres Recherches Ruminants 13, 89 – 92. ▪▪ Gazzarin C. & Schick M., 2004. Systèmes de production laitière en région de plaine, comparaison de la rentabilité et de la charge de travail. Rapport FAT 608, 1–12. ▪▪ Horan B., Dillon P., Faverdin P., Delaby L., Buckley F. & Rath M., 2005. The interactions of Strain of Holstein-Friesian Cows and Pasture-Based Feed Systems on Milk Yield, Body Weight, and Body Condition Score. Journal of dairy science 88, 1231–1243.

Summary

Riassunto

Efficacité de la surface fourragère en système laitier dans le canton de Fribourg | Production animale

Efficiency of forage surface area in dairy systems in the canton of ­Fribourg, Switzerland Milk output per hectare of forage surface area is a means of measuring the efficiency of dairy production. The aim of this study is to identify which factors are decisive in the variation of surface-area productivity practised in the canton of Fribourg in Switzerland. The analysis is based on a survey of 266 dairy farms which was conducted during the period 2002–2009. Altitude is, as expected, a significant structural factor, constraining milk output per hectare because of lower grassland yield and quality. Lowland farms which use maize silage and moderate amounts of concentrate are, on average, more efficient. Some of the grass-based farms achieve similar levels of efficiency, but many still have room for improvement. Although high efficiency is attainable with individually-medium-yielding cows, a positive correlation was observed between milk output per hectare and cows’ forage-based milk yield. In conclusion, it appears that irrespective of local pedoclimatic factors and type of system, surface-area productivity is highly dependent on farmers’ ability to optimise their own production system. Key words: dairy production, production system, forage, grassland, local ressources, efficiency.

▪▪ Huguenin O., 2003. Production laitière à l’hectare, méthode de calcul et résultats du concours. Journée herbagère ADCF-SRVA 1054, Moudon. ▪▪ Mosimann E., 2005. Caractéristiques des pâturages pour vaches laitières dans l’ouest de la Suisse. Revue suisse d’Agriculture 37 (3), 99 – 106. ▪▪ Thomet P., 2004. Eine sehr hohe Flächenleistung erreicht. Bauernzeitung 28 mai 2004, 19. ▪▪ Thomet P., Hadorn M. & Wyss A., 2008. Flächenleistung Milch von drei Vollweide-Betrieben mit Kurzrasenweide im CH-Mittelland. Journée ADCF 52, Zollikofen, 106–109. ▪▪ Weiss D., Dorfner G., Auerswald K. & Thomet P., 2008. Flächenproduktivität – Milch von 499 bayrischen Betrieben. Journée ADCF 52, Zollikofen, 71 – 74.

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P r o d u c t i o n

v é g é t a l e

Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle Thomas Hebeisen1, Theodor Ballmer1, Roger Wüthrich1 et Brice Dupuis2, 1 Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, 8046 Zurich 2 Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil, 1260 Nyon Renseignements: Thomas Hebeisen, e-mail: thomas.hebeisen@art.admin.ch, tél. +41 44 377 74 50

Aperçu de la parcelle d'essais de pommes de terre à Reckenholz en 2008. (Photo: ART)

Introduction Pour une production optimale de pommes de terre, il est réellement difficile, même pour un professionnel expérimenté, de bien adapter la fumure azotée aux conditions climatiques de l’année, aux propriétés du site de culture ainsi qu’à la variété. Compte tenu des interlignes larges et de son système radiculaire faible et peu développé en profondeur, la pomme de terre prélève tout au plus 60 % de l’azote disponible dans la couche arable (Vos 1997). Jusqu’à une hauteur des pousses de 10 cm, les prélèvements d’azote sont très faibles grâce aux fournitures du tubercule mère. En revanche, ils sont très élevés durant les quatre à cinq semaines qui suivent (Walther et al. 1996). Un manque d’azote affecte fortement la productivité de la pomme de terre. A l’opposé, trop d’azote disponible entraîne un développement excessif du système foliaire; il en résulte un retard dans le développement et la maturation des tubercules. L’azote qui n’est pas prélevé par les plantes peut se volatiliser sous forme d’azote nitreux ou être lessivé sous forme de nitrate; il s’ensuit

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une pollution de l’air ou de l’eau. Tant la directive sur les nitrates promulguée par l’UE (1991) que le suisse-bilanz introduit en Suisse ont pour objectif la maîtrise des quantités d’azote et de phosphore au niveau des exploitations pour satisfaire aux exigences des prestations écologiques requises. La finalité de ces mesures, introduites il y a plusieurs années, est la protection des ressources naturelles. Des améliorations ont été constatées dans de nombreux pays. Les engrais utilisés dans l’agriculture contribuent à la pollution des eaux de surface et se retrouvent dans les nappes phréatiques. Les agriculteurs d’aujourd’hui sont conscients de leurs responsabilités. Ils cherchent à optimiser leur production, tant au niveau des coûts que de la qualité. La nutrition des plantes dépend de plusieurs facteurs dont certains ne peuvent pas être influencés et d’autres partiellement seulement. Les principaux facteurs qui entrent en ligne de compte sont: le climat de l’année, la nature du sol, les éléments nutritifs libérés par la minéralisation de la matière organique, les techniques culturales, l’irrigation ainsi que les besoins en azote spécifiques aux variétés.


De nombreux travaux de recherche et de modélisation ont permis de mieux comprendre la cinétique de l’azote dans les sols, aussi en culture de pommes de terre (Haverkort et MacKerron 2000). Vos et MacKerron (2000) ont montré que le coefficient d’utilisation de l’azote pouvait être amélioré par un fractionnement des apports. Une adaptation de la fumure peut être faite sur la base d’analyses complémentaires du sol (par exemple Nmin) et des plantes. On peut ainsi mieux maîtriser la variabilité des quantités d’azote disponibles dans le sol. L’influence de la fumure azotée sur la qualité des pommes de terre a été mise en évidence par de nombreux essais. Un excès d’azote favorise la formation de tubercules gémellaires, les cœurs creux ainsi que la sensibilité aux chocs comme relevé notamment par Kolbe (2001). Le but des essais des stations de recherche Agroscope est de définir les besoins en azote des nouvelles variétés de pommes de terre, qu’elles soient destinées à la consommation en frais ou à la transformation industrielle. Comme l’a relevé par exemple van Loon (1994), il n’est pas possible de reprendre telles quelles les indications des sélectionneurs ou des instituts de recherche étrangers, les conditions de culture étant différentes en Suisse, notamment en ce qui a trait à la température, aux précipitations, à la nature des sols ainsi qu’aux pratiques culturales. De plus, il y a lieu de tenir compte des conditions cadres particulières à respecter en matière de protection des ressources naturelles.

Matériel et méthodes Les essais destinés à déterminer les besoins en azote des nouvelles variétés de pommes de terre de consommation ont été réalisés sur les domaines de Changins-Nyon, VD (Cgs,) et de Reckenholz, ZH (Re) en 2008 et 2009. La nature du sol des deux sites était semblable. A Changins, la fumure de fond apportée en automne sous forme d’engrais minéraux était composée de 80 – 100 kg P2O5, 300 – 400 kg K2O et 25 – 30 kg Mg, en conformité avec les DBF (Sinaj et al. 2009). A Reckenholz, la fumure de fond consistait en un apport de 25 t/ha de compost en automne. Les sols des deux sites sont considérés comme étant normalement pourvus en P et K et le pH est faiblement alcalin. Au point de vue disponibilité en azote, ils sont qualifiés de «suffisants/normaux» (Sinaj et al. 2009). En 2008, la plantation a eu lieu le 28 avril à Changins et le 5 mai à Reckenholz. En 2009, les plantations ont eu lieu les 6 et 7 avril. Chaque variété a été plantée en parcelles de 50 tubercules à Changins et de 100 tubercules à Reckenholz, dans un dispositif en 4 répétitions. L’espacement sur la ligne était de 33 cm, ce qui correspondait à une densité de plantation de 400 tubercules par are.

Résumé

Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle | Production végétale

En 2008 et 2009, les stations de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW et Agroscope Reckenholz-Tänikon ART ont déterminé les besoins en azote spécifiques aux variétés de pomme de terre Gourmandine, Jelly, Laura ainsi que Lady Jo par des essais au champ installés à Changins-Nyon (VD) et à Zurich-Reckenholz. Lady Jo n'a été testée qu'à Changins. Les procédés de fumure azotée ont été échelonnés de 0 à 200 kg N/ha. Toutes les variétés ont réagi aux doses croissantes d'azote par des augmentations du rendement total et du rendement commercialisable. Cependant, aucune augmentation significative du rendement n'a été observée au-dessus de 120 kg N/ha. La variété Gourmandine a produit un rendement significativement supérieur à celui de Jelly et Laura, tant en récolte totale qu'en récolte commercialisable. Plus la fumure azotée était élevée, plus la teneur en amidon des tubercules était basse. En tendance générale, les pommes de terre de tous les procédés ayant reçu une fumure azotée se sont révélées légèrement plus sensibles aux chocs que celles des témoins sans azote. La teinte des pommes chips issues de tubercules sans fumure azotée était plus claire que celle des pommes de terre ayant reçu de l'azote. C'est avec une fumure moyenne, comprise entre 100 et 120 kg N/ha, que les variétés Gourmandine, Jelly et Laura ont fourni les meilleurs rendements en marchandise commercialisable. Ces essais ont confirmé l'influence importante des conditions climatiques de l'année ainsi que celle des conditions de croissance dans les différents sites sur la productivité de la pomme de terre.

Les procédés de fumure azotée étaient les suivants: N0 = aucune fumure N // N_B80 = 80 kg Biorga Quick (12 % de N organique N) // N80 = 80 kg N, N120 = 120 kg N, N160 = 160 kg; N200 = 200 kg N par ha sous forme de nitrate d’ammoniaque (27,5 % N). Le premier épandage (40 kg N) a eu lieu peu avant ou immédiatement après la plantation, le second lorsque les plantes atteignaient une hauteur de 10 cm, et le troisième juste avant la fermeture des lignes. Conditions climatiques et approvisionnement en eau en 2008 et 2009 En 2008, la plantation a été retardée à cause d’un mois d’avril pluvieux. A Changins, l’essai a été irrigué début juillet avec 30 mm d’eau. A Reckenholz, la répartition des pluies fut plus favorable.

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Production végétale | Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle

600

16

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400 300 200

12 Gourmandine

Jelly

Lady Jo

Laura

N0 N0 N_B80 N_B80 N80 N80 N120 N120 N160 N160 N200 N200

N0 N0 N_B80 N_B80 N80 N80 N120 N120 N160 N160 N200 N200

N0 N0 N_B80 N_B80 N80 N80 N120 N120 N160 N160 N200 N200

0

N0 N0 N_B80 N_B80 N80 N80 N120 N120 N160 N160 N200 N200

100

10 8

Fumure azotée (kg N/ha) < 42,5 mm 42,5 à 70 mm > 70 mm Taux d‘amidon

00 800 800

88

2009

2009

18 18

700 700 600 600

16 16

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12 12 Gourmandine Gourmandine

Jelly

< 42,5 mm

Jelly

Lady Jo

Laura Laura

FumureFumure azotéeazotée (kg N/ha) (kg N/ha) < 42,5 mm 42,5 à 70 mm 42,5 à 70 mm > 70 mm > 70 mm Taux d‘amidon

10 10 88

Taux d‘amidon

Figure 1a | Rendement brut et teneur en amidon des différentes v­ ariétés en fonction de la fumure azotée à Changins en 2008 et 2009.

Figure 1b | Rendement brut et teneur en amidon des différentes v­ ariétés en fonction de la fumure azotée à Reckenholz en 2008 et 2009.

En 2009, les plantations furent très précoces grâce à un mois d’avril plutôt sec. Les températures furent supérieures à la moyenne d’avril à septembre. La répartition des pluies fut très bonne à Reckenholz alors qu’à Changins il fallut procéder à 5 arrosages successifs de 30 mm à partir de fin mai.

­mi-tardives à mi-précoces. La variété Lady Jo, de type miprécoce et convenant à la fabrication de pommes chips, n’a été testée qu’à Changins. En plus des évaluations agronomiques au champ, la teneur en chlorophylle des feuilles a été déterminée à Changins de manière indirecte par la mesure de l’intensité de la couleur verte des feuilles au moyen du N-Tester Hydro (une mesure par période de végétation). Le défanage a été effectué chimiquement au cours de la dernière décade de juillet à Changins et de la première décade d’août à Reckenholz. Le matériel récolté a été calibré en trois classes: marchandise commercialisable (42,5 – 70 mm), petit calibre (< 42,5 mm) et gros calibre (> 70 mm). La teneur en amidon et la sensibilité aux chocs (test par secouage) en fonction des différents niveaux de fumure azotée ont été déterminées sur des échantillons groupés. L’indice de taches plombées se calcule à partir de la fréquence des dommages multipliée par leur intensité notée sur des tubercules pelés (4 × 50 tubercules par procédé de fumure N). Un échantillon moyen pour chacun des procédés a été mis en conservation, avec traitement au Talenton comme antigerminatif, pour une durée de 135 jours. Le résultat du test de conservation a été établi sur la base d’une notation visuelle ainsi que d’une mesure de la perte de poids.

Niveaux Nmin très différents entre les deux sites Les analyses d’avril à Changins révélaient de faibles teneurs en Nmin, soit 20 kg N/ha en 2008 et 35 kg N/ha en 2009 (couche de 0 à 60 cm). A Reckenholz, les teneurs en Nmin mesurées en mai étaient élevées en 2008 avec 88 kg N/ha et très élevées en 2009 avec 169 kg N/ha. Les conditions de minéralisation de l’azote du sol étaient optimales. Grâce aux faibles précipitations durant les mois d’avril et mai, les pertes d’azote par lessivage ont été vraisemblablement faibles. Variétés et paramètres examinés Ce sont les variétés de pommes de terre de consommation Gourmandine, Jelly et Laura qui ont été examinées sur leur comportement en fonction de la fumure azotée. Toutes trois se caractérisent par une très bonne productivité, une bonne qualité culinaire ainsi qu’une bonne aptitude à la conservation. Elles sont qualifiées de

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10 10

100

Taux Tauxd‘amidon d‘amidon(%) (%)

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N0 N_B80 N0 N_B80 N80 N80 N120 N120 N160 N160 N200 N200

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400 Rendement brut (dt/ha) Rendement brut (dt/ha)

Rendement Rendement brut brut (dt/ha) (dt/ha)

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N120 N0 N160 N_B80 N200 N80 N0 N120 N_B80 N160 N80 N200 N120

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Taux Taux d‘amidon d‘amidon (%) (%)

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Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle | Production végétale

lée sur l’ensemble des variétés a révélé une augmentation du rendement brut de 25 % et du rendement marchand de 28 % par rapport au témoin sans azote pour une fumure de N160 80 kg N/ha seulement. En augmentant la fumure de 80 kg N/ha à 200 kg N/ha, l’accroissement du rendement brut est N120 de 8 % et celui du rendement marchand de 9 %. L’effet N80 décroissant de l’augmentation de la fumure est visible (fig. 1). Les résultats obtenus avec 80 kg/ha de Biorga Quick N_B80 ont été parfaitement identiques à ceux de la quantité correspondante d’azote minéral, tant en rendement brut N0 qu’en rendement marchand. La variété Gourmandine s’est 0 100 200 300 400 500 600 700 révélée significativement plus productive que Jelly et Laura. Verdeur des feuilles (chlorophylle) La moyenne des procédés sans aucune fumure azotée, sur Gourmandine Laura Jelly Lady Jo les des deux années d’essai, révèle un rendement brut sur le site de Reckenholz qui est supérieur de 87 % à celui de Figure 2 | Intensité de la coloration verte des feuilles des difféChangins; cette différence est de 63 % pour le rendement rentes variétés en fonction de la f­ umure azotée à Changins. Valeurs moyennes obtenues par des mesures effectuées une seule fois par commercialisable. Dans le groupe des procédés ayant reçu période de végétation au moyen du N-Tester Hydro. une fumure azotée, les différences entre les deux sites se situaient entre 25 et 40 %. Cet état de faits est probablement à mettre en relation avec les plus grandes disponibiPour les tests d’aptitude à la transformation industrielle, lités en Nmin et à l’approvisionnement en eau plus régulier les tubercules conservés à 8 °C ont été découpés en chips à Reckenholz qu’à Changins. En moyenne des deux années d’essai et des résultats et passés à la friture (3 min. à 170 °C). La coloration des des deux sites, la proportion de tubercules de calibre marchips a été taxée d’après l’échelle de coloration de Wageningen. La note 1 correspond à des chips quasi- chand se situait à 73,6 % du rendement brut en l’absence de fumure azotée et passait à 78 % avec une fumure de 80 ment noires et la note 9 à des chips très claires. kg N/ha. En augmentant encore la fumure azotée, on Mises en valeur statistiques s’attendait à une augmentation de la proportion de Toutes les données ont été l’objet d’une mise en valeur tubercules en sur-calibre comme cela a été le cas dans les statistique globale afin de pouvoir mettre en évidence essais de fumure 2005 – 2007 (Dupuis et al. 2009). Mais ce d’éventuelles interactions intéressantes entre variétés, phénomène n’a été visible qu’à Reckenholz. Sur les deux fumure azotée, lieux d’essai et années. Dans les gra- lieux d’essais, les rendements bruts ont atteint leur maxiphiques, les résultats sont présentés séparément afin de mum à un niveau de fumure N relativement bas. L’azote mettre en évidence les effets de l’année et du site sur les supplémentaire est resté sans effet (fig. 1a et 1b). disponibilités en eau et en azote dans le sol. La distribution normale des données traitées a été vérifiée. Les dif- Feuilles des plantes sans fumure N plus claires férences significatives ont été définies au niveau de pro- Les mesures de teneur en chlorophylle faites au cours des deux années d’essais révélaient une valeur de 502 babilité d’erreur de 5 %. en moyenne des quatre variétés dans le procédé sans Résultats et discussion fumure azotée et de 589 dans les procédés avec fumure azotée. Ces valeurs sont caractéristiques d’une relative Influence des procédés de fumure azotée sur le rende- sous-fertilisation azotée. Cependant, l’intensité de la ment brut et sur le rendement marchand couleur verte des feuilles peut aussi être liée à la variété. En moyenne générale, toutes variétés et procédés de Ainsi, les variétés Lady Jo et Gourmandine ont toujours fumure N confondus, le rendement brut de la récolte 2008 présenté des feuilles plus claires que les autres, indépena été inférieur de 45 % à celui de 2009. Ceci est vraisembla- damment de la fumure azotée (fig. 2). La différence de blement dû aux plantations tardives ainsi qu’aux condi- coloration verte entre les deux années d’essai était tions de sol défavorables tant avant qu’après la plantation. faible (moyenne 2008: 563; moyenne 2009: 559). En ne Le rendement brut moyen des variétés obtenu sur les deux procédant qu’à une seule mesure par période de végéans à Changins a été inférieur de 38 % à celui de Recken- tation, les résultats n’étaient plus différenciables à parholz. La différence était particulièrement marquée en 2008 tir d’une fumure de 120 kg N/ha. Goffart et al. (2008) (fig. 1). La moyenne des procédés de fumure azotée calcu- mentionnent que ce type de mesure ne permet pas de 

Fumure azotée (kg N/ha)

N200

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Production végétale | Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle

différencier les procédés en cas de consommation de luxe de nitrate par les plantes. D’éventuelles différences de niveau d’approvisionnement en N seraient plus facilement identifiables vers la fin de la période de végétation. On sait que différents facteurs comme le sol, le climat et les conditions de culture peuvent influencer le résultat de ces mesures. Les procédés de fumure N ont légèrement influencé la sensibilité des tubercules aux chocs Les tubercules des procédés sans fumure azotée ont présenté le plus faible indice de taches plombées, soit 25. La différence par rapport aux procédés avec fumure azotée était modeste puisque ceux-ci n’ont atteint que 32 en moyenne. Aucune différence n’a été constatée entre variétés parmi les procédés avec fumure azotée. Ces indices se situaient dans la partie inférieure de la catégorie «sensibilité aux chocs moyenne», confirmant ainsi la caractérisation de ces variétés dans la liste officielle (Schwärzel et al. 2011). L’aptitude à la conservation n’a pas été influencée par la fumure azotée En moyenne des quatre variétés, les tubercules provenant des parcelles sans fumure azotée ont obtenu la note de conservation 3,5 et ont subi une perte de poids de 5,9 % après 135 jours de stockage. Les tubercules provenant des parcelles à 200 kg N/ha ont obtenu une note de conservation légèrement meilleure (3,1) et ont subi une perte de poids de 5,8 %. Les différences d'aptitude à la conservation ont été plus liées aux propriétés des variétés et au climat de l'année qu'aux effets d'une fumure azotée excessive. A la fin de la période de stockage, les tubercules de la variété Laura avaient perdu en moyenne 6,8 % de leur poids et ceux de Jelly 6,1 % alors que les tubercules de Lady Jo avaient perdu 5,7 % et ceux de Gourmandine 4,9 %. Pommes chips plus claires sans fumure azotée Pour les deux années d’essai, et en moyenne des variétés testées, les pommes chips produites avec des tubercules provenant des parcelles sans azote ont obtenu la note de coloration 5,4, soit une meilleure aptitude à la transformation que celles des procédés avec fumure azotée. Dans ceux-ci, la note était de 5,3 pour 80 kg N/ha et de 5,0 pour 200 kg N/ha. Cette altération de la coloration des pommes chips était la même pour les tubercules provenant des deux sites d’expérimentation. Ces résultats ne concordent pas avec ceux de Walther et Maag (1990) qui n’ont pas constaté de différences dans la coloration des pommes chips des variétés Bintje et Eba, quels qu’aient été le niveau et la répartition de la fumure azotée.

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Conclusions Dans les DBF 2009, les normes de fumure N sont fonction d’un certain optimum économique. C’est le meilleur compromis possible entre la production de bonnes récoltes de haute qualité et le moindre risque de pertes d’azote. Il en résulte que le rendement à Nopt est toujours inférieur au rendement maximum. Ainsi, une fumure azotée ne dépassant pas Nopt empêche qu’une quantité excessive d’azote résiduel subsiste après la récolte et soit exposée au risque de pertes par lessivage (Richner et al. 2010). Nos essais confirment que la productivité de la pomme de terre est fortement influencée par la quantité d’azote disponible issu de la minéralisation de la matière organique, selon la nature du sol et les conditions climatiques de l’année dans le site considéré. Les variétés de pommes de terre de consommation Gourmandine, Jelly, et Laura ainsi que la variété de transformation Lady Jo valorisent bien la fumure azotée. Elles atteignent déjà de très bons rendements en marchandise commercialisable à un niveau de fumure de 100 à 120 kg N/ha. Pour des raisons écologiques et économiques, la fumure azotée prévue doit être épandue si possible en plusieurs fractions. Ainsi, la quantité d’azote des apports successifs peut être modulée en fonction des conditions de minéralisation de l’année. La fumure azotée des variétés Gourmandine, Jelly, Laura et Lady Jo peut être calculée selon la formule 160 kg moins Nmin à 0–60 cm ou dérivée de la «méthode par estimation» décrite dans les DBF. En général, les terres consacrées actuellement à la culture des pommes de terre possèdent une capacité de fourniture d’azote élevée lorsque la température et l’humidité du sol sont favorables. Des rendements élevés en marchandise commercialisable de bonne qualité, tant pour la consommation que pour la transformation, peuvent être atteints avec une fumure azotée relativement modeste. Toutefois, les années où le lessivage de l’azote a été important au cours de l’hiver et la plantation tardive en terre peu réchauffée, un renforcement de la fumure azotée peut n être justifié.


Risposta delle nuove varietà di patate omologate alle variazioni nell'apporto d’ azoto Nel 2008 e nel 2009, le stazioni di ricerca Agroscope Changins-Wädenswil ACW e Agroscope Reckenholz-Tänikon ART hanno condotto diverse prove in campo presso i siti di Changins-Nyon (VD) e Zurigo-Reckenholz concernenti il fabbisogno di azoto (N) specifico delle varietà Gourmandine, Jelly, Laura e Lady Jo (solo a Changins). Gli apporti di N variavano da 0 a 200 kg N/ha. Per tutte le varietà, un aumento dell'apporto di N era associato a una maggiore resa lorda e commerciabile. Nessun aumento significativo delle rese si osserva con apporti di N superiori a 120 kg/ha. La varietà Gourmandine ha ottenuto una resa lorda e commerciabile significativamente superiore rispetto alle varietà Jelly e Laura. Più alto era l'apporto di N e minori erano i tenori di amido nei tuberi. L’apporto di azoto provoca una sensibilità dei tuberi al danneggiamento tendenzialmente superiore rispetto a quelli senza apporto. Il colore alla frittura delle patatine ottenute da tuberi di piante non concimate risultava leggermente più chiaro di quello dei tuberi di piante concimate. Con un apporto di N compreso tra 100 e 120 kg/ha le varietà Gourmandine, Jelly e Laura raggiungono un’elevata resa commerciabile. Queste prove confermano come il potenziale di resa della patata sia influenzato in modo importante dalle condizioni climatiche annuali e dal sito di produzione.

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Summary

Riassunto

Réaction à la fumure azotée de nouvelles variétés de pommes de terre admises à la liste officielle | Production végétale

Reaction of newly registered potato varieties to different nitrogen supplies In 2008 and 2009, in field trials at the ChanginsNyon (Vaud canton) and Zurich-Reckenholz sites, respectively, the two research stations of Agroscope Changins-Wädenswil ACW and Agroscope Reckenholz-Tänikon ART investigated the varietyspecific nitrogen (N) requirement of the potato varieties Gourmandine, Jelly, Laura and Lady Jo (the latter at Changins only). The N levels varied from 0 to 200 kg N per hectare. All varieties reacted to the increasing N supply with a higher gross- and marketable yield. From an N-application level of 120 kg/ha onwards, however, no significant surplus yields were demonstrated. The Gourmandine variety produced significantly higher gross- and marketable yields than Jelly and Laura. The higher the N supply, the lower the starch content of the tubers. Tubers from plants fertilised with N tended to exhibit a slightly higher brushing susceptibility than those from the non-fertilised treatment. Crisps made from the tubers of non-fertilised plants were slightly lighter in crisp colour than those of the tubers of the fertilised plants. The Gourmandine, Jelly and Laura varieties produce high marketable yields at average N-application levels of 100 to 120 kg N/ha. These trials confirm the significant influence of the weather over the year as well as the site conditions on potato yields. Key words: potato, N fertilisation, field experiments, storability, crisp colour.

▪▪ Van Loon C. D., 1994. N-Düngung von Kartoffeln – Erfahrungen aus den Niederlanden. Kartoffelbau 45 (2), 58–60. ▪▪ Vos J., 1997. The nitrogen response of potato (Solanum tubersosum L .) in the field: nitrogen uptake and yield, harvest index and nitrogen concentration. Potato Research 40, 237–48. ▪▪ Vos J. & MacKerron D.K.L., 2000. Basic concepts of the management of supply of nitrogen and water in potato production. In: Haverkort A. J. and MacKerron (eds). Management of nitrogen and water in potato production. Wageningen, The Netherlands, p 15–33. ▪▪ Walther U., Schubiger F. X. & Jäggli F., 1996. N-Aufnahme durch Kartoffeln und N min -Gehalte des Bodens. Agrarforschung 3 (2), 61–64. ▪▪ Walther U., Maag W., 1990. Ertrag und Qualität von Kartoffeln in Abhängigkeit des N min -Gehaltes des Bodens sowie des Zeitpunktes und der Höhe der Stickstoffdüngung. I. Qualität der Knollen. Landwirtschaft Schweiz 3 (10), 567–575. ▪▪ Walther U., 1990. Ertrag und Qualität von Kartoffeln in Abhängigkeit des N min -Gehaltes des Bodens sowie des Zeitpunktes und der Höhe der Stickstoffdüngung. I. N min -Gehalte des Bodens und Ertrag. Landwirtschaft Schweiz 3 (6), 323–30.

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P r o d u c t i o n

v é g é t a l e

Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne Raphaël Charles, Jean-François Collaud, Lilia Levy Häner et Sokrat Sinaj, Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW, 1260 Nyon Renseignements: Jean-François Collaud, e-mail: jean-francois.collaud@acw.admin.ch, tél. +41 22 363 44 44 Avec la collaboration technique de V. Bovet.

Le fait d’avoir six ou deux rangs de grains sur l’épi modifie les performances de l’orge d’automne, tant au niveau du rendement que de la qualité du grain.

Introduction Une évaluation des principaux facteurs agronomiques et économiques contribuant à l’intérêt des cultures de céréales fourragères avait montré la grande importance du rendement physique de l’orge comparativement aux autres espèces fourragères (Collaud 2000). La nécessité de rendre cette culture plus compétitive par rapport au blé fourrager avait notamment été soulignée. Les contraintes économiques ont conduit les filières de production à attacher une plus grande importance au choix variétal pour assurer un bon niveau et une stabilité des rendements, une qualité élevée de la production, mais également pour pouvoir bénéficier rapidement du progrès génétique. La Liste des variétés recommandées d’orge pour la Suisse distingue trois groupes de variétés: les variétés d’automne à deux rangs de grains sur l’épi, celles à six rangs, dites escourgeon, et les variétés de

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printemps à deux rangs (Levy et al. 2010). Collaud (2000) a montré l’influence du facteur variétal sur le poids à l’hectolitre et du poids de 1000 grains. Ces paramètres peuvent également être influencés par la densité et la date de semis, qui ont un effet sur le tallage. Collaud (1995) a observé qu’une augmentation de densité avançait l’épiaison et influençait négativement le poids de 1000 grains de l’orge de printemps, mais affectait peu le poids à l’hectolitre. Aucune interaction n'était apparue entre la variété et la densité de semis. En revanche, de trop fortes densités favorisaient la verse, et donc le rendement (Collaud 1993). Pour une même quantité d’azote absorbée dans le grain, le statut de l’azote diffère également d’un type à l’autre, avec une teneur plus faible en azote pour les variétés à six rangs (Le Gouis 1992). Pour valoriser pleinement le choix variétal et la conduite des cultures d’orge, l’itinéraire cultural doit être adapté aux objectifs de rendement et de qualité de


la récolte. L’orge étant généralement utilisée pour produire du malt (brasserie), la littérature est pauvre en références sur la production à des fins fourragères. Des essais ont ainsi été mis en place pendant trois ans pour faire le point sur les effets des facteurs variété, densité de semis et fumure azotée sur les deux types de variétés d’orge.

Matériel et méthodes Les essais ont été effectués de 2005 à 2007 sur les sites de Changins (420 m) et de Goumoëns (660 m). Une variété six rangs a été systématiquement comparée à une variété deux rangs. En 2005, les variétés Fridericus (six rangs) et Boréale (deux rangs) ont été utilisées à Changins, les variétés Laverda (six) et Verticale (deux) à Goumoëns. En 2006 et 2007, Franziska (six) et Verticale (deux) ont été choisies pour les deux sites d’essai. Les essais comprenaient trois densités de semis (150, 300 et 450 grains/m²) considérées respectivement comme faible, moyenne et forte. Pour la fumure azotée, quatre variantes ont été comparées: 0N, dose recommandée (Nrec), Nrec-40 kg/ha, Nrec+40 kg/ha. Les parcelles expérimentales unitaires de 15 m² étaient disposées en split-split plot avec trois répétitions, dans l’ordre hiérarchique suivant: variété, densité de semis, fumure azotée. Les caractéristiques des sols (tabl. 1) ont été mesurées selon les méthodes de référence des Stations de recherche Agroscope (FAL et al. 2004). Elles ont été prises en compte pour la fertilisation des éléments de fond P, K et Mg (analyses de sol méthode AA+EDTA) selon les Données de base pour la fumure DBF (Ryser et al. 2001). La fumure azotée recommandée selon les mêmes données de base atteignait 110 kgN/ha, sauf en 2007 à Goumoëns avec 90 kgN/ha. Les semis ont été systématiquement réalisés durant les derniers jours de septembre. Les autres interventions culturales (fumure de fonds, protection des végétaux) ont été effectuées de façon à éviter tout effet limitant. Une forte attaque de jaunisse nanisante a toutefois conduit à l’abandon de l’essai de Changins en 2007. Les conditions météorologiques (tabl. 1) utiles à la compréhension des résultats considèrent la période de croissance générative de l’orge d’automne de mars à juin. Les variables agronomiques suivantes ont été relevées sur chaque parcelle d’essai et échantillon récolté: rendement en grain (15 % humidité), nombre d’épis par unité de surface, poids de 1000 grains et teneur en protéines (FOSS 6500, FOSS NIRSystem, Inc., laboratoire interne). Des variables supplémentaires de qualité ont été analysées chimiquement sur des échantillons moyens issus du mélange des trois répétitions. Les niveaux de fumure intermédiaires Nrec-40 et Nrec+40 n’ont pas été 

Résumé

Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne | Production végétale

Afin de faire le point sur l’itinéraire cultural de l’orge d’automne et plus particulièrement sur les différences entre les orges d’automne à six et à deux rangs, des essais ont été mis en place entre 2005 et 2007 à Changins et à Goumoëns. Les variétés six et deux rangs se sont différenciées au niveau du rendement, de la formation du rendement et de facteurs de qualité. Une densité de semis entre 150 et 300 grains/ m² a généralement suffi. La variété six rangs peut valoriser une densité supérieure dans des conditions favorables de production. Les deux types de variété ont réagi de la même façon à la fumure azotée. Une fumure renforcée a produit de hauts rendements lorsque les conditions de croissance, hydriques en particulier, étaient favorables. Le rendement supérieur de la variété six rangs s’explique par la formation d’un nombre supérieur de grains. Chez la variété deux rangs, un tallage plus élevé et des grains plus lourds n’ont pas suffi pour compenser un nombre inférieur de grains par épi. La variété deux rangs a montré des concentrations supérieures en protéines, en matière grasse et en éléments minéraux. Ces paramètres ont été influencés par la fumure azotée, tandis que la densité de semis n’a exercé aucun effet. Ces données ont été comparées aux valeurs de référence de la Base suisse de données des aliments pour animaux et des Données de base pour la fumure.

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Production végétale | Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne

Tableau 1 | Caractéristiques principales climatiques et physico-chimiques des sols des sites expérimentaux Climat

Année

Site

2005

Goumoëns Changins

14,1

2006

2007

Sol

T moy.

Préc.

Argile

pH

M.O.

P

K

Mg

°C

mm

%

13,0

189

%

mg/kg

mg/kg

mg/kg

28,8

7,0

5,6

88

124

169

247

51,0

7,4

4,1

57

220

284

Goumoëns

13,1

338

24,3

6,8

3,0

38

137

113

Changins

14,3

330

22,5

7,8

1,8

104

147

155

Goumoëns

13,6

227

22,5

5,7

2,6

39

154

85

pris en compte. Les teneurs en éléments nutritifs N, P, K et Mg sur grain et sur paille ont été mesurées selon les méthodes de référence des Stations de recherche Agroscope (FAL et al. 2004). La matière grasse (méthode Berntrop), les acides gras poly- et mono-insaturés, les cendres, la cellulose brute et la matière azotée (facteur 6,25 x N) ont été analysés sur les deux essais de 2006 par le laboratoire ALP (Station de recherche ALP 2011). Pour les paramètres agronomiques, des analyses de variance en split-split plot (Gomez et Gomez 1984) ont été réalisées séparément pour chaque essai et sur l’ensemble des dispositifs. Les résultats présentés ici se concentrent principalement sur les moyennes des essais et sur leur interprétation statistique. Pour les paramètres de qualité, les trois niveaux factoriels et la prise en compte des essais comme facteur de répétition ont permis de compenser partiellement les échantillonnages moyens.

Résultats et discussion Conditions pédoclimatiques En 2005, le sol était de type lourd à Changins, et moyen argileux avec une teneur élevée en matière organique à Goumoëns (tabl. 1). Des sols moyens silteux caractérisent les autres essais. Les niveaux de fertilité en éléments fertilisants étaient suffisants voire riches, sauf pour le phosphore et le magnésium avec un niveau médiocre en 2006 et 2007 à Goumoëns. Les conditions météorologiques (tabl. 1) ont surtout montré de fortes disparités de la pluviométrie en particulier en 2006. Les conditions hydriques étaient favorables à la croissance en 2005, le mois de juin était sec en 2006 faisant suite à trois mois particulièrement pluvieux, le mois d’avril était sec en 2007. Les températures n’ont pas montré de conditions particulièrement limitantes, ni durant la période considérée, ni pendant l’hiver.

100

Rendement (q/ha)

80 60 150 40

300 450

20 0

0N

Nrec-40

Nrec

Nrec+40

six rangs

0N

Nrec-40

Nrec

Nrrec+40

deux rangs

Figure 1 | Rendement en fonction des facteurs variété, densité de semis, fumure azotée. Moyenne des essais 2005 – 2007 de Changins et Goumoëns. Interprétation statistique selon tabl. 1.

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Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne | Production végétale

Tableau 2 | Rendement et composantes du rendement en fonction des facteurs variété, densité de semis, fumure azotée. Moyenne des ­e ssais 2005 – 2007 de Changins et Goumoëns. Niveau de significativité et ppds correspondante Rendement q/ha

Epis nb épis/m²

Grains nb grains/épi

Grains nb 1000 grains / m²

Poids 1000 grains g

PHL kg/100l

Protéines % MS

6 rangs

74,9

502,3

31,4

1,58

47,1

65,4

10,5

2 rangs

67,0

637,7

20,4

1,25

53,2

66,8

11,3

** 7,3; * 5,1

** 82,5; * 56,7

** 2,4; * 1,6

** 0,14; * 0,1

** 0,6; * 0,4

** 0,9; * 0,6

** 0,4; * 0,3

Variété - V

Densité – D 150

65,8

499,2

25,8

1,29

51,0

66,0

10,9

300

71,5

576,3

26,1

1,43

49,9

66,1

10,9

450

75,5

634,7

25,7

1,53

49,7

66,2

10,9

** 6,5; * 4,9

** 75,6; * 56,3

p=0,83

** 0,12; * 0,09

** 0,7; * 0,5

p=0,38

p=0,61

60,2

526,6

24,7

1,20

50,2

65,8

10,1

613,5

27,0

Fumure N – F 0 Nrec -40 N

69,6

Nrec

74,8

Nrec +40 N

79,1 ** 5,7; * 4,3

** 59,2; * 44,3

** 3,1; * 2,4

1,40

49,9

66,0

10,6

1,49

50,4

66,2

11,2

1,58

50,2

66,5

11,8

** 0,11; * 0,08

* 0,6

** 0,6; * 0,4

** 0,4; * 0,3

Interactions VxD

p=0,07

p=0,30

p=0,38

*

p=0,54

p=0,15

**

VxF

p=0,16

p=0,44

p=0,30

**

*

p=0,47

*

DxF

*

p=0,13

**

*

**

**

*

VxDxF ExVxDxF

p=0,58

p=0,28

*

p=0,44

**

p=0,87

p=0,22

*

p=0,94

p=0,50

**

**

p=0,89

p=0,11

*Significatif (p < 0,05). ** Hautement significatif (p < 0,01).

Rendement La variété six rangs a fourni un rendement supérieur de 8 q/ha à la variété deux rangs (tabl. 1; fig. 1), ce qui correspond aux résultats des tests de variétés (Levy et al. 2010). Comparée à une densité de semis de 450 grains / m², la densité de 150 grains/m² a conduit à un rendement significativement plus faible. Dans trois des cinq essais, une faible densité de semis était suffisante. Une densité renforcée a permis d’obtenir un niveau de rendement élevé en 2005 à Changins, tandis qu’une densité moyenne était optimale en 2006 à Goumoëns. Sur ces deux essais, ainsi qu’à Goumoëns en 2007, la variété et la densité de semis ont interagi significativement (P = 0,07 en moyenne des essais). Seule la variété six rangs a valorisé la haute densité de semis en produisant un rendement significativement supérieur. Un effet significatif de la fumure azotée a été observé dans chaque essai. Le rendement significativement le plus élevé a été obtenu une fois par une fumure réduite (Goumoëns 2005, Nrec-40, 62 q/ha). Ceci peut

s’expliquer par une texture optimale, un pH neutre, une valeur élevée en matière organique et des conditions climatiques propices à une minéralisation importante. Trois essais ont montré que la fumure optimale pouvait être renforcée (Nrec+40) permettant d’atteindre des rendements élevés de 66 q/ha (Changins 2005), 109 q/ha (Goumoëns 2006) et 93 q/ha (Changins 2006). Les conditions climatiques printanières humides en 2006 ont été particulièrement favorables. L’intérêt de corriger la fumure azotée lorsque le rendement visé peut atteindre un niveau supérieur au rendement de référence (60 q/ ha) est donc démontré ici (Sinaj et al. 2009, Richner et al. 2010). Les deux variétés ont réagi à la variation de la fumure azotée de façon similaire au niveau du rendement. Une interaction significative a par contre été observée entre la fumure et la densité de semis. L’effet de l’azote était plus marqué pour une faible densité de semis, avec un rendement particulièrement pénalisé en absence de fumure azotée. A l’inverse, l’effet de l’azote sur le ren- 

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Production végétale | Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne

Tableau 3 | Composition chimique élémentaire en fonction des facteurs variété, densité de semis et fumure azotée. Moyenne des essais 2006 de Changins et Goumoëns. Niveau de significativité et ppds correspondante. Valeurs de références tirées de la Base de données pour les aliments pour animaux (Agroscope ALP 2011) Matière azotée g/kg MS

Matière grasse g/kg MS

MUFA g/kg MS

PUFA g/kg MS

Cendres g/kg MS

Cellulose brute g/kg MS

6 rangs

101,3

18,1

2,4

10,5

24,1

44,8

2 rangs

112,5

19,2

2,9

12,4

27,7

40,8

p=0,10

* 0,53

p=0,08

p=0,06

* 0,85

* 3,39

150

105,6

18,0

2,6

11,3

26,3

43,5

300

107,0

17,8

2,7

11,5

25,9

43,8

450

108,2

20,1

2,6

11,5

25,7

41,1

p=0,58

p=0,60

p=0,77

p=0,60

p=0,65

p=0,24

100,9

18,9

2,7

11,6

26,5

44,2

113,0

18,4

2,6

11,3

25,4

41,4

** 3,07 ; * 2,02

p=0,69

* 0,04

* 0,2

* 0,77

* 1,76

3,7

15,9

26,0

48,4

Variété

Densité

Fumure N 0 Nrec -40 N Nrec Nrec +40 N

Base de données pour les aliments pour animaux 116,3

26,0

*Significatif (p < 0,05). **Hautement significatif (p < 0,01). MUFA = acides gras mono-insaturés. PUFA = acides gras polyinsaturés.

dement était réduit pour une densité de semis élevée. Cette interaction a pu être observée sur plusieurs essais de façon significative ou tendancielle. Elle démontre l’effet compensatoire que peuvent avoir la densité de semis et la fumure azotée l’une par rapport à l’autre, en termes de valorisation des ressources du sol notamment. Formation du rendement Les deux variétés ont réagi à la variation de la densité de semis de façon similaire sur la formation des épis pour l’ensemble des essais (tabl. 2). Le peuplement était significativement plus dense pour la variété à deux rangs avec 26  % d’épis supplémentaires. La capacité de tallage généralement supérieure des variétés à deux rangs (Le Gouis 1992) est donc confirmée. La fumure azotée a favorisé la formation d’épis (tabl. 2). Cet effet était plus marqué pour la variété six rangs dans certains essais (interactions variété x fumure hautement significatives en 2005). La fumure a parfois interagi avec la densité de semis, l’azote étant plus efficace sur la formation d’épis pour les plus hautes densités de semis (interactions densité × fumure hautement significatives en 2005, et significatives en 2006 à Goumoëns; p = 0,13 en moyenne des essais). Baethgen et al. (1995) confirment que la fumure

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Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 88–95, 2012

azotée favorise la formation d’épis tout en précisant qu’un apport très précoce n’a d’effet que sur le tallage. La variété six rangs a produit un nombre de grains significativement plus élevé (tabl. 2). L’augmentation de la densité de semis a favorisé la formation de grains par unité de surface, le nombre de grains par épi restant stable. L’azote a favorisé la formation de grains supplémentaires par épi et par unité de surface. La variété six rangs a eu tendance à montrer davantage de variabilité au niveau du nombre de grains en fonction de la densité de semis (interaction significative variété x densité) ou de la fumure azotée (interaction analogue). En situation de faible densité de semis, l’augmentation de la fumure azotée a permis d’accroître le nombre de grains par épi pour la variété six rangs. Le nombre de grains dépend toutefois de facteurs de compensation en fonction du nombre d’épis par unité de surface et du nombre de grains par épi (Beathgen et al. 1995). Le poids de 1000 grains était significativement supérieur pour la variété deux rangs (tabl. 2). L’augmentation de la densité de semis a allégé le poids des grains. L’effet de la fumure a varié en fonction de multiples interactions. Grasshoff et D’Antuono (1997) ont montré que le poids des grains était négativement corrélé avec le


Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne | Production végétale

Tableau 4 | Teneurs en éléments minéraux en fonction des facteurs variété, densité de semis et fumure azotée. Moyenne des essais 2005 – 2007 de Changins et Goumoëns. Niveau de significativité et ppds correspondante. Valeurs de références tirées des Données de base pour la fumure (Sinaj et al . 2010) Teneurs dans le grain (% MS)

Teneurs dans la paille (% MS)

N

P

K

Mg

N

P

K

Mg

6 rangs

1,61

0,365

0,463

0,118

0,46

0,095

1,499

0,057

2 rangs

1,82

0,391

0,488

0,121

0,53

0,088

1,173

0,056

p=0,07

* 0,002

p=0,09

p=0,46

p=0,12

p=0,81

0,118

0,50

0,089

1,329

0,053

Variété

** 0,08 ; * 0,05 ** 0,014 ; * 0,008 Densité 150

1,73

0,377

0,478

300

1,73

0,378

0,477

0,120

0,50

0,089

1,307

0,058

450

1,70

0,379

0,470

0,122

0,50

0,096

1,370

0,059

p=0,46

p=0,96

p=0,28

p=0,20

p=0,94

p=0,67

p=0,56

p=0,28

0

1,58

0,379

0,482

0,121

0,45

0,099

1,285

0,061

Nrec -40 N

1,67

0,084

1,387

0,052

p=0,13

** 0,005; * 0,004

0,024

Fumure N

Nrec

1,77

Nrec +40 N

1,84 ** 0,06; * 0,04

0,48 0,377

0,469

0,119

0,52 0,54

p=0,54

** 0,012; * 0,009

p=0,09

** 0,04; * 0,03 ** 0,012; * 0,009

0,41

0,39

0,094

0,35

0,05

1,18

Données de base pour la fumure min.

1,53

max.

2,00

0,52

0,78

0,141

0,71

0,15

2,34

0,071

référence

1,74

0,44

0,53

0,129

0,51

0,12

1,56

0,071

*Significatif (p < 0,05). **Hautement significatif (p < 0,01).

nombre de grains formés, ce dernier paramètre étant favorisé par la fumure azotée. Ce travail a aussi montré l’importance du nombre de grains formés pour obtenir de hauts rendements. Baethgen et al. (1995) indiquent que le nombre de grains par épi et le nombre de grains par unité de surface étaient les seules composantes pouvant être clairement associées au niveau de rendement. Paramètres qualitatifs Le poids à l’hectolitre était significativement plus élevé pour la variété deux rangs (tabl. 2). Dans la plupart des essais, l’effet de la fumure azotée s’est révélé positif, surtout si la densité était élevée (interaction densité × fumure hautement significative). La teneur en protéines était significativement plus élevée pour la variété deux rangs (tabl. 2). La fumure azotée a renforcé systématiquement la teneur en protéines, en particulier pour la variété deux rangs (interaction variété x fumure). Réalisées sur un échantillonnage réduit, les analyses chimiques de la matière azotée (tabl. 3) et de l’azote du grain (tabl. 4) ont montré des résultats concordant avec la teneur en protéines mesu-

rée par NIRS (tabl. 2). La teneur en matière grasse était significativement plus élevée pour la variété deux rangs (tabl. 3). Ce résultat était également observé au niveau des teneurs en acides gras poly- (PUFA) et mono-­ insaturés (MUFA). La fumure azotée a contribué à réduire ces teneurs. La teneur en cendres était plus élevée pour la variété deux rangs (tabl. 3). Ce résultat peut être mis en relation avec les teneurs en minéraux généralement plus élevées de ce type de variété (tabl. 4). La variété six rangs, qui a de plus petits grains, a montré une teneur en cellulose plus élevée. La fumure azotée a réduit la teneur en cendres et en cellulose. La densité de semis n’a eu aucun effet sur ces variables de qualité dont les teneurs ont été influencées uniquement par la variété et la fumure azotée. Seules les valeurs obtenues en situation de nutrition azotée suffisante (Nrec), peuvent être directement comparées à la Base suisse de données des aliments pour animaux (Station de recherche Agroscope ALP 2011). Les teneurs en matière azotée et en cendres étaient similaires, tandis les teneurs en matière grasse, et en parti­ culier en acides gras poly-insaturés, étaient plutôt infé- 

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 88–95, 2012

93


Production végétale | Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne

rieures. Ces basses teneurs peuvent être expliquées par les rendements élevés obtenus en 2006, bien que restant fortement variables en fonction des conditions pédoclimatiques. Ces comparaisons illustrent les écarts entre des situations singulières et les valeurs moyennes de référence pour la Suisse. En dépit de ces différences, les effets des facteurs étudiés restent valables. Eléments minéraux Les teneurs en éléments N, P, K, Mg ont beaucoup varié selon les essais, avec quelques effets significatifs des facteurs (tabl. 4). La variété deux rangs a généralement présenté des teneurs plus élevées en minéraux. Toutefois, les quantités prélevées par le grain (rendement × teneur) n’indiquaient aucune différence significative entre variétés. La densité de semis n’a pas eu d’effet significatif sur la teneur en éléments minéraux. La fumure azotée a entraîné des teneurs en azote plus élevées dans la paille et dans le grain. Les autres éléments minéraux ont subi une légère dilution, parfois significative, à mettre en relation avec l’effet de la fumure azotée sur le niveau de rendement. Aucune interaction entre facteurs n’a été observée. Par rapport aux données de base pour la fumure les plus récentes (Sinaj et al. 2009), les valeurs moyennes observées se situaient généralement entre les valeurs minimales et maximales. Si les résultats pour l’azote étaient proches de la valeur de référence, les teneurs en autres éléments atteignaient des valeurs plutôt proches des valeurs minimales, tant pour la paille que pour le grain. Elles étaient même inférieures à cette limite pour le phosphore dans le grain. Ni la variation des teneurs entre sites, ni leurs valeurs absolues n’ont pu être expliquées par les analyses de sols. Les teneurs en phosphore dans le grain étaient toutes comparables, mis à part à Changins en 2005 où elles étaient un peu supérieures (sol lourd, niveau de fertilité jugé satisfaisant).

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Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 88–95, 2012

Pour un niveau de rendement similaire, les deux essais de 2005 n’ont pas montré de différence au niveau de la teneur en phosphore du grain, malgré une fertilité du sol considérée comme riche à Goumoëns. En 2006, les teneurs dans le grain étaient identiques, alors que le sol de Goumoëns était évalué comme médiocre et celui de Changins comme riche. La difficulté de relier la teneur en phosphore du sol extrait selon AA+EDTA et la teneur en phosphore des plantes indique que cet extractant n’est pas suffisant pour piloter l’état nutritionnel des plantes. Ces résultats mettent aussi en évidence l’étroitesse de la marge entre les valeurs minimales et maximales du phosphore dans les données de référence.

Conclusions ••Les variétés six et deux rangs se sont différenciées au niveau du rendement, de la formation du rendement et de facteurs de qualité. ••Le rendement supérieur de la variété six rangs a été expliqué par un nombre supérieur de grains. ••Le tallage supérieur de la variété deux rangs et des grains plus lourds n’étaient pas suffisants pour compenser le nombre inférieur de grains. ••Le comportement plus variable de la variété six rangs et sa réaction favorable à une densité de semis élevée peut être valorisée lorsque les conditions de croissance sont particulièrement favorables. ••Le fractionnement des apports d’azote en fonction des variétés et des conditions pédoclimatiques pourrait valoriser la capacité supérieure de tallage et les grains plus lourds des variétés deux rangs, ainsi que le nombre supérieur de grains formés par les variétés six rangs. n


Varietà, densità della semina e concimazione azotata su orzo autunnale Per fare il punto sull’itinerario colturale dell’orzo autunnale e, in particolare sulle differenze tra orzo autunnale a sei e a due file, tra il 2005 ed il 2007 sono state condotte delle prove a Changins e a Goumoëns. Le varietà a sei e a due file si sono differenziate in termini di resa, della formazione di essa e fattori di qualità. Una densità di semina tra 150 e 300 semi / m² è generalmente sufficiente. La varietà a sei file, in condizioni di produzione favorevoli, è in grado di valorizzare una maggiore densità. Ambedue i tipi di varietà hanno reagito allo stesso modo alla concimazione azotata. Una concimazione rafforzata riusciva a produrre un’elevata resa, se le condizioni di crescita, idriche in particolare, risultavano favorevoli. La resa superiore della varietà a sei file si spiega attraverso la formazione di un numero superiore di semi. Nella la varietà a due file un accestimento maggiore e dei semi più pesanti non sono stati sufficienti per compensare un minor numero di semi per spiga. La varietà a due file ha mostrato delle concentrazioni superiori in proteine, in materia grassa e in elementi minerali. Questi parametri sono stati influenzati dalla concimazione azotata, mentre la densità della semina non ha esercitato alcun effetto. Questi dati sono stati confrontati con i valori di riferimento della Banca dati svizzera degli alimenti per animali e le linee direttive per la concimazione.

Bibliographie ▪▪ Baethgen W. E., Christianson C. B. & Lamothe A. G., 1995. Nitrogen fertiliser effects on growth, grain yield, and yield components of malting barley. Field Crop Research 43, 87–99. ▪▪ Collaud J.-F., 1993. Influence de la densité de semis sur l’orge d’automne. Revue suisse d’Agriculture 25, 201–204. ▪▪ Collaud J.-F., 1995. Influence de la densité de semis sur l’orge de printemps. Revue suisse d’Agriculture 27, 113–115. ▪▪ Collaud J.-F., 2000. Comparaison blé-orge-triticale: agronomie et économie. Revue suisse d’Agriculture 32, 211–216. ▪▪ FAL, RAC et FAW, eds., 2004. Méthodes de référence des stations fédérales de recherche agronomiques. Herausgegeben von Agroscope ed. Auflage Band 2 FAL, Zurich-Reckenholz. ▪▪ Gomez K. A. & Gomez A. A, 1984. Statistical Procedures for Agricultural Research. Wiley-Interscience, 2e édition. 680 p. ▪▪ Grasshoff C., D’Antuono L. F., 1997. Effect of shading and nitrogen application on yield, grain size distribution and concentrations of nitrogen and water soluble carbohydrates in malting spring barley ( Hordeum vulgare L .,). European Journal of Agronomy 6, 275–293.

Summary

Riassunto

Variétés, densité de semis et fumure azotée sur orge d'automne | Production végétale

Varieties, seeding rate and nitrogen fertilization on winter barley In order to take stock of winter barley cultivation and especially the differences between six and two-row genotypes, field trials were implemented between 2005 and 2007 at the locations Changins and Goumoëns. Six and two-row varieties differed in yield level, yield formation and quality factors. Seeding rates between 150 and 300 seeds / m² were generally sufficient. Six-row variety can benefit from a higher density under favorable growing conditions. Both variety types reacted similarly to nitrogen fertilization. An increased fertilization produced higher yields when growing conditions were favorable, especially water availability. The superior yield of the six-row variety was explained by a higher number of grains produced. Higher tillering and heavier grains by the two-row variety were not sufficient to compensate for a lower number of grains per spike. The two-row variety showed higher protein fat and minerals contents. These parameters were influenced by nitrogen fertilization, while plant density had no effect. These data were compared with reference values of the Swiss Feed Database and of the Guidelines for Fertilization Practices. Key words: winter barley, seeding rate, nitrogen fertilization, two-row variety, six-row variety.

▪▪ Le Gouis J., 1992. A comparison between two- and six-row winter barley genotypes for above-ground dry matter production and distribution. ­A gronomie 12, 163–171. ▪▪ Levy Häner L., Collaud J., Schwaerzel R., Bertossa M., Hiltbrunner J., Anders M., Stoll P. & Peter D., 2010. Liste recommandée des variétés de ­c éréales pour la récolte 2011. Recherche Agronomique Suisse 1 (7–8). ▪▪ Richner W., Flisch R., Sinaj S. & Charles R., 2010. Détermination des normes de fumure azotée pour les grandes cultures. Recherche Agronomique Suisse 1 (11–12), 410–415. ▪▪ Ryser J., Walther U. & Flisch R., 2001. Données de base pour la fumure des grandes cultures et des herbages - DBF 2001. Revue suisse d'Agriculture 33, 1–80. ▪▪ Sinaj S., Richner W., Flisch R. & Charles R., 2009. Données de base pour la fumure des grandes cultures et des herbages (DBF-GCH). Revue suisse d'Agriculture 41, 1–98. ▪▪ Station de recherche Agroscope ALP, 2011. Base suisse de données des aliments pour animaux. Accès : http://www.agroscope.admin.ch/­ futtermitteldatenbank

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E n v i r o n n e m e n t

Attractivité des prairies extensives pour les ­prédateurs des pucerons Lisa Eggenschwiler1, Maya Senn1, Adele Ferrari1, Andreas Egli1, 2 et Katja Jacot1 1 Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, 8046 Zurich 2 Haute école zurichoise de sciences appliquées (Zürcher Hochschule für angewandte Wissenschaften, zhaw), 8820 Wädenswil Renseignements: Lisa Eggenschwiler, e-mail: lisa.eggenschwiler@art.admin.ch, tél. +41 44 377 74 13

Figure 1 | La majorité des espèces de coccinelles d’Europe centrale se nourrit de pucerons. (Photo: ART)

Introduction Les pucerons peuvent causer de lourds dommages à de nombreuses cultures agricoles en aspirant le suc des plantes ou en leur transmettant des maladies. La régulation des pucerons à l’aide de leurs prédateurs naturels est une méthode de lutte respectueuse de l’environne-

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Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 96–103, 2012

ment. Idéalement, elle permet de réduire les pertes de récolte et d’éviter d’avoir recours aux pesticides (Östman et al. 2003). Lorsque plusieurs prédateurs des pucerons sont en présence, seules les larves mangent les pucerons, les animaux adultes eux se nourrissent de pollen et de nectar. C’est pourquoi on essaye dans différents pays de stimuler les prédateurs des pucerons de manière ciblée en développant les espaces vitaux fleuris afin d’améliorer la lutte contre les ravageurs (p. ex. Lövei et al. 1992; Wyss 1995). En Suisse, les espaces vitaux floraux sont très répandus dans le cadre de la compensation écologique, les prairies extensives représentant largement la majeure partie de la surface concernée (OFAG 2010). Cette étude avait pour objectif d’étudier quel attrait les prairies extensives exerçaient sur les prédateurs des pucerons des céréales et ce, à proximité immédiate des plantes de céréales. Deux types de prairies extensives ont été considérés dans l’étude. Le premier est celui des prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage. Cette plante remplit quelques conditions importantes pour pouvoir être considérée comme attrayante par les prédateurs des pucerons et notamment par les syrphes. Ainsi, ses fleurs comme toutes les fleurs à ombrelles possèdent une courte couronne, ce qui facilite l’accès au pollen et au nectar (Gilbert 1981). De plus, elles fleurissent dès avril, ce qui favorise le développement précoce de la population des prédateurs de pucerons. Le deuxième type de prairies extensives est un type dans lequel le cerfeuil sauvage apparaît tout au plus de manière sporadique. Enfin, des parcelles de blé ont également été étudiées à titre de comparaison avec les prairies. Les pucerons ont divers prédateurs: outre les insectes, on peut citer les araignées et les champignons. Cette étude s’est concentrée sur les syrphes, les coccinelles (fig. 1) et sur les chrysopes, parce que ces organismes, au stade adulte, se nourrissent exclusivement ou tout au moins occasionnellement de pollen et de nectar. De plus, les insectes volants, prédateurs des pucerons, jouent souvent un rôle significatif dans la régulation (Schmidt et al. 2003).


On s’attendait à ce que les résultats de l’étude montrent que les prédateurs des pucerons aux stades où ils se nourrissent de pollen et de nectar sont plus fréquents dans les prairies dominées par le cerfeuil sauvage, et que les stades de prédateurs se nourrissant de pucerons sont plus nombreux sur les plants de céréales situés à proximité immédiate.

Matériel et méthodes Organisation de l’expérience Trois types de parcelles ont été sélectionnés sur les quatre sites de Lenggenwil (SG), Niederhelfenschwil (SG), Wildensbuch (ZH) et Zollikofen (BE): une prairie extensive dominée par le cerfeuil sauvage (fig. 2), une prairie extensive où le cerfeuil sauvage apparaissait tout au plus de manière sporadique et une parcelle de blé. Dans chacun de ces espaces vitaux, trois surfaces de 1 m² ont été mises en place en ligne droite à 20 m de distance les unes des autres. Une surface d’essai a été pourvue de neuf pots de blé d’automne, une autre de neuf pots de blé d’automne infestés par les puce- 

Résumé

Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons | Environnement

Les prairies extensives représentent la majeure partie des surfaces de compensation écologique en Suisse. La présente étude avait pour objectif d’analyser l’attractivité des prairies extensives pour les insectes volants, prédateurs des pucerons des céréales, et ce à proximité directe des plantes de céréales. Du blé en pots a été placé sur quatre sites différents du Plateau suisse au printemps 2010, dans une prairie extensive dominée par le cerfeuil sauvage, dans une prairie extensive caractérisée par une présence tout au plus clairsemée de cerfeuil sauvage et enfin, dans une parcelle de blé. Les syrphes adultes étaient les plus fréquents dans les prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, tandis que le nombre de coccinelles adultes ainsi que le nombre d’œufs de syrphes et de coccinelles dépendaient uniquement de la présence des pucerons. Les chrysopes, autres prédateurs des pucerons, n’ont été identifiés qu’en petit nombre. Selon cette étude, les prairies extensives en soi n’attirent pas une quantité particulièrement grande de prédateurs des pucerons. Les prairies de plantes fleuries attrayantes peuvent toutefois stimuler considérablement les prédateurs des pucerons.

Figure 2 | Surface d’essai avec pots de blé dans une prairie dominée par le cerfeuil sauvage à Niederhelfenschwil. (Photo: ART)

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Environnement | Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons

Tableau 1 | Somme des syrphes, coccinelles, chrysopes et pucerons observés et comptés dans toutes les surfaces d’essai, cumulée pour les six dates de relevés par espace vital

Syrphes

Coccinelles

Chrysopes

Prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage

Prairies extensives

Champs de blé

Œufs

17

9

18

Larves

37

41

38

Cocons

2

4

5

Adultes

92

38

45

Œufs

164

84

87

Larves

4

0

0

Cocons

0

0

0

Adultes

58

32

64

Œufs

0

3

3

Larves

0

0

0

Cocons

0

0

0

Adultes Pucerons

5

4

0

11 181

11 363

10 044

Tableau 2 | Influence de l’espace vital (prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, prairies extensives sans dominance du ­c erfeuil sauvage et champs de blé) et de la surface d’essai (pots de blé avec et sans pucerons, végétation en place à titre de témoin) et ­i nteraction sur le nombre de syrphes et de coccinelles adultes. DL = nombre de degré de liberté, LR = Likelihood ratio, n = 4

Variable

Syrphes

Coccinelles

DL

LR

Valeur P

LR

Valeur P

Espace vital

2

5,36

0,068

2,51

0,285

Surface d’essai

2

9,98

0,007

256,90

< 0,001

Espace vital × surface d’essai

4

24,26

< 0,001

1,57

0,815

Tableau 3 | Différences du nombre de syrphes et de coccinelles adultes entre les espaces vitaux (prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, prairies extensives sans dominance du cerfeuil sauvage et champs de blé) au sein des différentes surfaces d’essai (pots de blé avec et sans pucerons, végétation en place à titre de témoin), n = 4

Surface d’essai

Témoin

Blé sans pucerons

Blé avec pucerons

98

Syrphes

Coccinelles

Espace vital

Valeur P

Valeur P

Cerfeuil sauvage-Champ de blé

< 0,001

0,973

Cerfeuil sauvage-Extensif

0,011

0,996

Champ de blé-Extensif

0,029

0,996

Cerfeuil sauvage-Champ de blé

0,332

0,481

Cerfeuil sauvage-Extensif

0,133

0,738

Champ de blé-Extensif

0,570

0,701

Cerfeuil sauvage-Champ de blé

0,831

0,583

Cerfeuil sauvage-Extensif

0,151

0,112

Champ de blé-Extensif

0,219

0,034

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Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons | Environnement

16

Nombre de syrphes (1 m-² × 60 min.)

14 12 10 8 6 4 Cerfeuil sauvage

2

Extensif Champ de blé

0 Témoin

Blé sans pucerons

Blé avec pucerons

Surface d'essai

Figure 3 | Nombre de syrphes adultes (moyennes et écarts-types, n = 4), observés dans trois espaces ­v itaux différents (prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, prairies extensives sans dominance du cerfeuil sauvage et champs de blé) et dans des surfaces d’essai (pots de blé avec et sans pucerons, végétation en place à titre de témoin), 10 min. par observation et par surface d’essai, additionné pour six dates de relevés.

rons, et enfin dans la troisième surface d’essai, la végétation a été laissée telle quelle à titre de témoin. L’ordonnance des trois surfaces d’essai était à chaque fois l’effet du hasard. Relevés d’insectes Les relevés ont débuté le 27 avril 2010 (jour 0) et se sont poursuivis les jours 14, 21, 26, 28 et 38 par beau temps. Le relevé d’une surface d’essais consistait à observer l’espace vital pendant dix minutes au-dessus des pots jusqu’à hauteur des yeux, puis à compter les insectes dans les pots et la végétation pendant quatre minutes (ou huit minutes dans le cas des surfaces de blé attaquées par les pucerons). Lors des observations, les coccinelles, les syrphes et les chrysopes ont été répartis en différentes catégories: «Traversée de l’espace vital», «Vol plané» (uniquement pour les syrphes), «Atterrissage» (atterrissage ou décollage à l’intérieur de la surface d’essai) et «Prise de nourriture» (aspirer du nectar, se nourrir de pollen). Les individus des différents groupes (coccinelles, syrphes et chrysopes) ont été comptés séparément en fonction de leur stade de développement (œufs, larves, cocons et adultes immobiles). Les pucerons ont eux aussi été comptés. Lorsqu’il n’était pas possible de compter tous les pucerons pendant le temps imparti, leur nombre était estimé.

Immédiatement après la fin de l’essai, une heure a été consacrée à attraper les syrphes à l’aide d’un filet dans chaque espace vital. Ils ont ensuite été déterminés pour avoir une vue d’ensemble des espèces représentées et de leur fréquence approximative. Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide du programme R 2.11.1. Pour les analyses, on a employé le generalized mixed effect model (GLMM) avec la fonction Poisson-Link. Pour les données qui n’étaient pas réparties normalement, on a utilisé le test Friedman.

Résultats et discussion Pendant les six relevés, un total de 346 syrphes, 493 coccinelles et 15 chrysopes ont été comptés (tabl. 1). Etant donné leur petit nombre, les chrysopes n’ont pas fait l’objet d’une évaluation statistique. Pour les syrphes, on a compté principalement des larves et des animaux adultes, tandis que pour les coccinelles, outre les animaux adultes, le nombre des œufs était particulièrement important. Le nombre le plus élevé d’individus dénombrés dans les trois groupes étudiés était de 379 et a été relevé dans les prairies dominées par le cerfeuil sauvage, suivies par les champs de blé (260 individus) et enfin les prairies extensives avec présence sporadique de cerfeuil sauvage avec 215 individus (tabl. 1). Le nombre total de 

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99


Environnement | Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons

Tableau 4 | Nombre de syrphes et de coccinelles adultes enregistrés lors des observations dans toutes les surfaces d’essai dans les trois ­e spaces vitaux (prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, prairies extensives sans dominance du cerfeuil sauvage et champs de blé) réparti par activité, 10 min. par observation et par surface d’essai, cumulé pour six dates de relevés Syrphes

Coccinelles

Prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage

Prairies ­extensives

Champs de blé

Total

Prairies extensives ­dominées par le cerfeuil sauvage

Prairies ­extensives

Champs de blé

Total

Traversée

37

11

5

53

0

0

0

0

Vol plané

14

7

4

25

-

-

-

-

Atterrissage

25

17

32

74

2

0

4

6

Prise de nourriture

11

3

0

14

0

0

0

0

pucerons comptés était de 32 588, sachant qu’il n’y avait pratiquement aucune différence entre les trois types d’espaces vitaux étudiés. Influence du type d’espace vital sur les syrphes Le type de surface étudiée avait une influence significative sur le nombre de syrphes adultes (tabl. 2). Les surfaces de blé attaquées par les pucerons étaient par exemple les plus visitées (fig. 3). De plus, on a constaté une interaction significative entre l’espace vital et le

type de surfaces étudiées (tabl. 2): dans les relevés sur les prairies dominées par le cerfeuil sauvage, le nombre de syrphes était très élevé (fig. 3; tabl. 3). Les syrphes adultes étaient deux fois plus fréquents dans les prairies dominées par le cerfeuil sauvage que dans les deux autres types d’espaces vitaux étudiés (tabl. 1). Dans les observations de l’espace aérien, seul le comportement «Prise de nourriture» était significativement influencé par l’espace vital (p = 0,035) et par la surface d’essai (p = 0,006): la majeure partie des individus a été observée dans les

20

Nombre de coccinelles (1 m-² × 60 min.)

18 16 14 12 10 8 6 4

Cerfeuil sauvage

2

Extensif Champ de blé

0 Témoin

Blé sans pucerons

Blé avec pucerons

Surface d'essai Figure 4 | Nombre de coccinelles adultes (moyennes et écarts-types, n = 4), observées dans trois ­e spaces vitaux ­d ifférents (prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, prairies extensives sans dominance du cerfeuil ­s auvage et champs de blé) et dans des surfaces d’essai (pots de blé avec et sans pucerons, végétation en place à titre de témoin), 10 min. par observation et par surface d’essai, additionné pour six dates de relevés.

100

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 96–103, 2012


Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons | Environnement

Tableau 5 | Syrphes capturés au filet dans les trois espaces vitaux (CS = prairies extensives dominées par le cerfeuil sauvage, EX = prairies extensives sans dominance du cerfeuil sauvage et CB= champs de blé) sur les quatre sites. La capture au filet a duré une heure par site. Les espèces dont les larves se nourrissent de pucerons sont marquées d’une étoile Lenggenwil

Niederhelfenschwil

Wildensbuch

Zollikofen

Espèces de syrphes

CS

EX

CB

CS

EX

CB

CS

EX

CB

CS

EX

CB

Cheilosia sp.

2

0

0

15

1

1

1

2

0

0

1

0

Chrysotoxum intermedium

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0

Episyrphus balteatus*

2

0

0

0

0

0

0

0

3

0

2

0

Eristalis tenax

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

1

0

Melanostoma scalare*

1

1

4

0

0

5

1

0

0

0

0

0

Myathropha florae

0

3

0

0

0

0

0

0

0

1

0

0

Sphaerophoria scripta*

1

0

0

0

1

0

0

1

2

0

1

0

Syrphus ribesii*

1

0

1

0

0

2

0

0

0

1

2

1

Xanthogramma pedissequum*

0

0

0

0

0

0

2

0

1

0

0

0

Nombre d’espèces

5

2

2

1

2

3

3

2

3

3

6

1

Nombre d'individus

7

4

5

15

2

8

4

3

6

3

8

1

Nombre d’individus se nourrissant de pucerons

5

1

5

0

1

7

3

1

6

1

5

1

prairies dominées par le cerfeuil sauvage (tabl. 4). Cela montre que la fréquence locale des syrphes peut augmenter en fonction de la présence de plantes fleuries appropriées (Wyss 1995). De même, Gilbert (1981) a constaté une préférence des syrphes pour les plantes à inflorescence en ombrelle. Les fleurs à inflorescence en capitule constituent une autre famille de plantes dont certaines espèces peuvent attirer les syrphes comme la centaurée jacée, le bleuet ou l’achillée, qui, outre leurs fleurs qui attirent les adultes, sont également colonisées par les pucerons qui offrent de la nourriture aux larves (Boller et al. 2004; Suter et Keller 1990). Le nombre plus faible de syrphes dans les prairies extensives étudiées avec une présence tout au plus sporadique de cerfeuil sauvage peut s’expliquer par le fait que les espèces de plantes sont moins attrayantes, par l’offre moindre en fleurs, ou par l’effet de dilution dû à la présence de pucerons sur des plantes situées en dehors des surfaces d’essai. Dans les champs de blé, les syrphes adultes ne trouvaient pratiquement pas de nourriture, c’est pourquoi leur nombre était nettement inférieur sur ces surfaces

(fig. 3). Les résultats des relevés avec le filet confirment ce point: seule une partie des syrphes capturés dans les prairies dominées par le cerfeuil sauvage a des larves qui se nourrissent de pucerons, alors que c’était le cas de presque tous les syrphes dans les champs de blé (tabl. 5). Comme les parcelles de blé n’offrent pratiquement aucune nourriture pour les syrphes adultes, les individus capturés sur ce type de surfaces étaient probablement à la recherche d’un endroit où pondre leurs œufs. Les syrphes capturés dans les prairies dominées par le cerfeuil sauvage en revanche étaient semble-t-il attirés essentiellement par les fleurs. Comme on pouvait s’y attendre, les œufs et les larves de syrphes ont été observés presque exclusivement dans les surfaces qui abritaient des pucerons. Ce point est également attesté par la littérature (p. ex. Ambrosino et al. 2007). Le nombre d’œufs, de larves et de cocons de syrphes n’était par contre pas plus élevé dans les prairies dominées par le cerfeuil sauvage que dans les deux autres espaces vitaux (tabl. 1). Hickman et Wratten (1996) sont arrivés à un autre résultat. Ils ont en effet constaté une ponte plus importante des syrphes en pré- 

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 96–103, 2012

101


Environnement | Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons

sence de tanaisie et de phacelie. Cela pourrait venir de la part plus importante de protéines contenue dans le pollen de tanaisie et de phacélie. Influence du type d’espace vital sur les coccinelles Indépendamment de l’environnement immédiat, les coccinelles ont été trouvées presque exclusivement dans les surfaces d’essai qui comportaient des pucerons (tabl. 2; fig. 4). Parmi les parcelles de blé, le type de surface «blé avec pucerons», comportait plus d’individus que les prairies extensives avec une présence tout au plus sporadique de cerfeuil sauvage (tabl. 3). Il se peut que dans ces prairies, l’offre de pucerons ait été si élevée sur différentes espèces de plantes que les coccinelles ne sont pas concentrées sur les surfaces d’essai avec pucerons. Le nombre de coccinelles trouvées n’a pas été influencé par la dominance du cerfeuil sauvage (tabl. 2; tabl. 3). Ces résultats se recoupent avec ceux de Majerus et Kearns (1989), qui déclarent que les coccinelles se trouvent dans tous les espaces vitaux terrestres tant qu’elles y trouvent une nourriture appropriée. Les plantes qui sont infestées tôt par des pucerons non problématiques peuvent ainsi devenir une source de proies importante pour les coccinelles. De tels types de plantes se trouvent dans les espaces vitaux comme les prairies, les haies, les ourlets et les jachères. Contrairement aux prédateurs volants des pucerons, les prédateurs vivant au sol comme les carabes ont un rayon d’action souvent plus réduit et leur influence dans la culture située à proximité des bandes de repli est plus importante (Collins et al. 2002).

102

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 96–103, 2012

Conclusions ••Le cerfeuil sauvage ne possède pas une valeur fourragère élevée, mais représente une réserve de fleurs qui convient à de nombreuses espèces de syrphes. ••Les prairies extensives ne contribuent pas en soi à promouvoir les prédateurs des pucerons considérés dans l’étude. Lorsqu’elles sont de bonne qualité, elles sont toutefois de grande valeur pour la diversité des espèces en général. ••La ponte des syrphes et des coccinelles était influencée positivement par la présence de pucerons, mais pas par l’espace vital environnant. ••Les mélanges de semences pour les bandes d’auxiliaires devraient contenir de préférence des espèces végétales dont la floraison est appropriée et qui sont infestées tôt dans l’année par des pucerons non problématiques. n


Attrattività dei prati estensivi nei confronti degli antagonisti degli afidi Di tutte le superfici di compensazione ecologica presenti in Svizzera, i prati estensivi sono le più estese. L'obiettivo del presente studio era analizzare l’attrattività dei prati estensivi per gli insetti alati antagonisti degli afidi, in particolare nelle immediate vicinanze delle piante di cereali. In quattro siti dell'Altopiano svizzero, nel corso della primavera del 2010, sono state collocate piante di frumento in vaso in un prato estensivo sia con elevata presenza, sia in uno estensivo con scarsa presenza di cerfoglio selvatico, come anche in un campo di frumento. Nei prati a elevata popolazione di cerfoglio selvatico era maggiormente riscontrabile la presenza di esemplari adulti di sirfidi, mentre il numero di coccinelle adulte e di uova di sirfidi e coccinelle dipendeva unicamente dalla presenza di afidi. Il numero di crisope, quali ulteriori antagonisti degli afidi era limitato. In base a questo studio i prati estensivi non sembrano attrarre di per sé un numero particolarmente alto di antagonisti degli afidi. Tuttavia, in quelli dove sono presenti piante fiorite attrattive gli antagonisti possono essere sostenuti in maniera determinante.

Bibliographie ▪▪ Ambrosino M. D., Jepson P. C. & Luna J. M., 2007. Hoverfly oviposition response to aphids in broccoli fields. Entomologia Experimentalis et ­A pplicata 122, 99–107. ▪▪ Boller E. F., Häni F. & Poehling H.-M., 2004. Ökologische Infrastrukturen – Ideenbuch zur funktionalen Biodiversität auf Betriebsebene. IOBCwprs. 211 p. ▪▪ Collins K. L., Boatman N. D., Wilcox A., Holland J. M. & Chaney K., 2002. Influence of beetle banks on cereal aphid predation in winter wheat. ­A griculture Ecosystems and Environment 93, 337–350. ▪▪ Gilbert F. S., 1981. Foraging ecology of hoverflies – morphology of the mouthparts in relation to feeding on nectar and pollen in some common urban species. Ecological Entomology 6, 245–262. ▪▪ Hickman J. M. & Wratten S. D., 1996. Use of Phacelia tanacetifolia strips to enhance biological control of aphids by hoverfly larvae in cereal fields. Journal of Economic Entomology 89, 832–840. ▪▪ Lövei G. L., McDougall D., Bramley G., Hodgson D. J. & Wratten S. D., 1992. Floral resources for natural enemies – the effect of Phacelia tanacetifolia ( Hydrophyllaceae) on within-field distribution of hoverflies ( Dip-

Summary

Riassunto

Attractivité des prairies extensives pour les ­p rédateurs des pucerons | Environnement

Attractiveness of extensive meadows for aphid predators Of all ecological compensation areas in Switzerland, extensive meadows occupy the largest surface area. The aim of this study was to investigate the attractiveness of extensive meadows for flying cereal-aphid predators, specifically in the immediate vicinity of cereal plants. On four sites in the Swiss Midlands in spring 2010, wheat in pots was in each case placed in a cow-parsley-dominated extensive meadow, an extensive meadow with an at-most-sparse presence of cow parsley, and a wheat field. The adult hoverflies were most numerous in the cow-parsley-dominated meadows, whilst the number of adult ladybirds as well as the number of hoverfly and ladybird eggs were dependent solely on the presence of aphids. As further aphid predators, only a few lacewings were counted. According to the findings of this study, extensive meadows per se do not attract an especially high number of aphid predators. Meadows with attractive flowering plants can significantly support aphid predators, however. Key words: Anthriscus sylvestris, Syrphidae, Coccinellidae, Aphididae, cereal fields.

tera, Syrphidae). In: Proceedings of the 45th New Zealand Plant Protection Conference. New Zealand Plant Protection Society, Rotorua, 60–61. ▪▪ Majerus M. & Kearns P., 1989. Ladybirds. Naturalists' Handbooks. 103 p. ▪▪ OFAG, 2010. Rapport agricole 2010. Office fédéral de l’agriculture, OFAG, Berne. 268 p. ▪▪ Östman O., Ekbom B. & Bengtsson J., 2003. Yield increase attributable to aphid predation by ground-living polyphagous natural enemies in spring barley in Sweden. Ecological Economics 45, 149–158. ▪▪ Schmidt M. H., Lauer A., Purtauf T., Thies C., Schaefer M. & Tscharntke T., 2003. Relative importance of predators and parasitoids for cereal aphid control. Proceedings of the Royal Society of London Series B – Biological Sciences 270, 1905–1909. ▪▪ Suter H. & Keller S., 1990. Blattläuse und Blattlausfeinde. Bubenberg, Berne. 64 p. ▪▪ Wyss E., 1995. The effects of weed strips on aphids and aphidophagous predators in an apple orchard. Entomologia Experimentalis et Applicata 75, 43 – 49.

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 96–103, 2012

103


E n v i r o n n e m e n t

Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil Véronique Chevillat1, Oliver Balmer1, Simon Birrer2, Verena Doppler3, Roman Graf2, Markus Jenny2, ­ Lukas Pfiffner1, Christine Rudmann1 et Judith Zellweger-Fischer2 1 Institut de Recherche de l’Agriculture Biologique, 5070 Frick 2 Station Ornithologique Suisse, 6204 Sempach 3 Agrofutura, 5070 Frick Renseignements: Véronique Chevillat, e-mail: veronique.chevillat@fibl.org, tél. +41 62 865 04 12.

Le conseil avec approche globale permet d’utiliser à son maximum le potentiel écologique et économique des exploitations agricoles. (Photo: Lukas Pfiffner)

Introduction Le recul marqué de la biodiversité, les multiples atteintes à l’environnement dans les zones cultivées et la surproduction ont conduit la politique agricole suisse à introduire en 1999 les prestations écologiques requises (PER). Celles-ci obligent les agriculteurs, entre autres, à exploiter 7 % de leur surface agricole utile (SAU) comme surfaces de compensation écologique (SCE) pour contribuer

104

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 104–111, 2012

à la préservation de la biodiversité. En 2001, les PER ont été complétées par l’Ordonnance sur la qualité écologique (OQE) visant à améliorer de manière ciblée la qualité et la mise en réseau des SCE. Les instruments agro-politiques actuels n’ont pas suffi à stopper le recul constant de la biodiversité (Lachat et al. 2010). Une offre trop faible en surfaces proches de l’état naturel, surtout en zone de plaine, une qualité botanique et structurelle des SCE insuffisante et le


manque de mise en réseau des biotopes sont autant de déficits et de points à améliorer. Aujourd’hui, seules 25 % des SCE remplissent les critères de qualité selon l’OQE (OFAG 2010). Une des raisons expliquant le manque d’efficacité des mesures agro-politiques en faveur de la biodiversité réside dans les fausses incitations du système de paiements directs actuel. Avec la future politique agricole 2014–17, les prestations pour la promotion de la biodiversité devraient être honorées de façon plus ciblée. Un conseil avec une approche globale, personnalisée et surtout proche de la pratique, incluant les aspects écologiques, économiques et spécifiques de l’exploitation, augmente la disposition de beaucoup d’agriculteurs à s’engager pour la compensation écologique. Dans le cadre du projet «Les paysans marquent des points, la nature gagne en diversité», lancé par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) et la Station ornithologique suisse de Sempach en 2008, nous avons développé une méthode de conseil avec une approche stratégique globale basée sur le modèle argovien (Lüthy et al. 2002). Nous avons analysé comment ce type de conseil agissait sur les compensations écologiques de 24 exploitations mixtes dans la région agricole intensive du plateau suisse et avons testé les hypothèses suivantes: Un conseil incluant une approche stratégique globale est bien accepté par les agriculteurs et contribue à l’augmentation de la quantité et la qualité des mesures de compensation écologique. A moyen terme, le conseil a des conséquences avantageuses sur l’économie d’exploitation.

Résumé

Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil | Environnement

Face au déclin de la biodiversité dans les zones cultivées, les surfaces de compensation écologique (SCE) exigées pour les prestations écologiques requises (PER) se sont avérées peu efficaces. Ces surfaces ne remplissent souvent pas leur rôle en faveur de la biodiversité, en raison de la qualité écologique médiocre et de l’emplacement inadéquat. Les résultats de notre étude montrent qu’un conseil personnalisé pourrait remédier efficacement à ces lacunes, même sur des exploitations agricoles intensives du plateau suisse. Les conseillers ont pu convenir d’un catalogue de mesures avec tous les exploitants participants, augmentant en moyenne les SCE de 8,9 à 13,5 % de leur surface agricole utile (SAU). La qualité des SCE selon l’Ordonnance sur la qualité écologique (OQE) devrait également s’accroître de 3,3 à 8,5 % de la SAU. En outre, il est possible d’atteindre cette amélioration substantielle des prestations écologiques sans créer d’impacts préjudiciables à la production ou à l’économie d’exploitation, en augmentant même les recettes de CHF 3500.– et la marge brute comparable de CHF 3491.– en moyenne par exploitation.

Matériel et méthode Début 2009, 24 exploitations ont été choisies, situées en zone de plaine ou de colline dans les cantons de Berne, Soleure, Lucerne, Schaffhouse et Zurich, avec une surface agricole utile variant de 17,3 à 34 ha (en moyenne 23,5 ha). 11 exploitations produisaient selon les directives de Bio Suisse et 11 selon celles d’IP-Suisse, 2 n’étaient pas labellisées mais remplissaient les PER. La part de terres ouvertes par exploitation variait de 12,9 à 90,8 % et s’élevait en moyenne à 44,2 % (médiane). Pour chaque exploitation, le type de culture et la taille de toutes les parcelles (y compris des SCE annoncées) ont été répertoriés, de même que la qualité et la mise en réseau selon l’OQE. Les éventuelles contributions cantonales ou communales de protection de la nature ont aussi été répertoriées. Les prestations des exploitations pour la biodiversité ont été évaluées grâce à un système de points développé dans le cadre du projet (Jenny et al. 2011). Les effets sur 

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105


Environnement | Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil

Tableau 1 | Surfaces de compensation écologique en are par exploitation (moyenne ± SE). Etat initial = avant le conseil, proposition = proposé par les conseillers, convention = convenu. 1 are par arbre, selon l’Ordonnance sur les paiements directs Types de compensation écologique (abréviation) Jachères florales (JAFLO) Jachères tournantes (JATOU) Ourlets sur terres assolées (OSTA)

Etat initial 4,3

±2,9

18,2

0

±4,9

0

Convention 17,9

±7,8

0

2,4

±1,4

25,1

±4,7

21,0

±5,9

124,1

±12,0

139,9

±13,7

155,2

±10,5

Prairies peu intensives (PRPIN)

7,9

±5,3

3,7

±3,5

0,2

±0,2

Pâturages extensifs (PAEX)

3,8

±3,0

17,9

±7,5

22,3

±10,2

Prairies extensives (PREXT)

Pâturages boisés (PABOI)

0

0

0

Surfaces viticoles avec biodiversité naturelle (VIBN)

0

0

0

Surfaces à litière (SULIT)

1,5

±1,5

1,9

±1,6

1,7

±1,5

Haies, bosquets et berges boisées (avec bande herbeuse) (HABER)

15,6

±4,2

30,9

±6,6

34,7

±7,9

Fossés humides, mares et étangs (FOMET)

0,6

±0,4

0,6

±0,3

0,8

±0,4

0,2

±0,2

0

±3,6

4,0

±2,6

Surfaces rudérales, tas d'épierrage, etc. (SURUD) Murs en pierres sèches (MUPIE)

0 0

0

0

Autres surfaces de compensation écologique (AUSCE)

2,5

±2,5

3,6

Arbres fruitiers à haute-tige (AFHTI)

42,5

±5,5

47,8

±7,2

56,1

±8,4

Arbres indigènes isolés et allées (AINDI)

2,4

±1,1

2,4

±0,9

2,5

±1,1

Bandes culturales extensives (BCE) Total

0 207,5

l’économie d’entreprise, le bilan de fumure et la charge de travail ont été calculés avec le programme BetVor d’Agridea. Le système de points et la visite de l’exploitation ont permis d’évaluer les forces et les faiblesses ainsi que le potentiel de développement pour la biodiversité. Les espèces indicatrices typiques pour chaque exploitation ont été déterminées à l’aide d’un instrument multi-choix (Graf et al. 2010) et ont servi de base pour expliquer à l’exploitant les mesures spécifiques de promotion dans les SCE et dans les cultures. Les objectifs des programmes cantonaux et des projets de réseau OQE ont également été pris en compte. Les propositions de mise en valeur se concentraient en premier lieu sur l’amélioration de la qualité des surfaces SCE existantes et, dans un deuxième temps, sur le déplacement ou la mise en place de nouvelles SCE de haute qualité. Les conseillers ont expliqué en détail les mesures proposées aux chefs d’exploitation. Ils leur ont également exposé les conséquences sur le bilan de fumure, le bilan de fourrage grossier, la charge de travail et la marge brute comparable de l’exploitation. Ils leur ont expliqué la marche à suivre pour inscrire les SCE dans un

106

Proposition

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 104–111, 2012

0 ±13,3

292,2

0 ±22,5

316,5

±28,8

réseau OQE et recommander des mélanges de semences, variétés d’arbres et d’arbustes et les adresses où se les procurer. Ces informations complètes ont permis aux exploitants de décider des mesures à mettre en place et de leur ordre de priorité. Le catalogue de mesures, désigné ci-après comme «convention», a été signé par les deux parties. Le conseil était gratuit et une contribution a été octroyée pour l’achat des semences et du matériel de plantation. Les conseillers accompagneront les exploitants dans la mise en place des mesures avec le soutien professionnel nécessaire jusqu’à la fin du projet (2015).

Résultats Des conventions ont pu être signées avec les 24 exploitations. Avant le conseil (nommé ci-dessous «état initial»), les exploitations avaient en moyenne 207,5 a de SCE, représentant 8,9 % de leur SAU. A l’état initial, les prairies extensives constituaient le type de SCE le plus répandu (60 % des SCE), suivies des arbres fruitiers à haute-tige (20 %) et des haies (8 %). Les conseillers ont proposés en moyenne 41 % de SCE supplémentaires par


Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil | Environnement

16% Etat initial 14%

Convention

% SCE par exploitation

12% 10% 8% 6% 4% 2% 0% Total

Qualité

Mise en réseau*

Sans qualité ni mise en réseau

Figure 1 | Part moyenne (± SE) des surfaces de compensation écologique pour les 24 exploitations à l’état initial et d’après les conventions. Sont représentées les sommes de toutes les SCE, des SCE avec qualité OQE, celles mises en ­r éseau OQE et celles sans qualité ni mise en réseau. 1 are par arbre, selon l’Ordonnance sur les paiements directs. *Pour calculer la part de SCE mises en réseau, seules les 15 exploitations se trouvant dans le périmètre d’un réseau ont été considérées.

rapport à l’état initial. Les conventions comprenaient finalement 52 % de SCE supplémentaire par rapport à l’état initial, soit 11 % de plus que proposé par les conseillers (tabl. 1). Parmi les nouvelles SCE, les conseillers ont proposé principalement des ourlets sur terres assolées, des prairies extensives, des haies avec bandes herbeuses, des pâturages extensifs et des jachères florales. Ils ont aussi particulièrement encouragé le changement d’exploitation des prairies peu intensives en prairies extensives. Les exploitants se sont montrés plutôt sceptiques par rapport aux ourlets fleuris. Sur les 22,7 a proposés par exploitation, seuls 18,6 a ont fait l’objet de convention. Ce fut malgré tout le type de SCE ayant le plus augmenté proportionnellement à l’état initial, parce qu’il était pratiquement inexistant avant le conseil. Par rapport à la proposition, le nombre d’arbres fruitiers à haute-tige a fortement augmenté, de même que la surface de prairies extensives, de pâturages extensifs et de haies avec bandes herbeuses. Comparés à l’état initial, les ourlets sur terres assolées ont le plus augmenté proportionnellement (8,8 fois), suivis des pâturages extensifs (5,9 fois) et des jachères florales (4,2 fois). D’après les conventions, les exploitations atteignent en moyenne 13,5 % (±1,1 % SE) de compensation écologique sur leur SAU.

A l’état initial, 37 % des SCE remplissaient les critères de qualité selon l’OQE et 42 % faisaient partie d’un projet de réseau OQE (fig.1). 44 % des SCE ne remplissaient ni les critères de qualité ni n’étaient inscrites dans un réseau. Selon les conventions, la part de SCE sans qualité ni réseau devrait s’abaisser à 15 %. 63 % des SCE devraient atteindre la qualité et 83 % se trouvant dans le périmètre d’un réseau devraient y être inscrites. La part de la SAU avec qualité OQE augmente de 2,6 fois par rapport à l’état initial et celle inscrite dans un réseau de 3 fois (fig. 1). Selon les conventions, c’est surtout la qualité des prairies extensives, des arbres fruitiers à haute-tige et des haies avec bandes herbeuses qui devrait augmenter (fig. 2). Proportionnellement, cette augmentation est la plus marquée pour les pâturages extensifs (4,7 fois plus), suivie des haies avec bandes herbeuses (3,8 fois), prairies extensives (2,4 fois) et arbres fruitiers à haute-tige (2,1 fois). Les surfaces dans un réseau OQE augmentent en parallèle (fig. 3). Les contributions annuelles pour les compensations écologiques (OPD et qualité OQE incluse, réseau OQE exclu) augmentent en moyenne de CHF 3500.– à CHF 7988.– par exploitation (fig. 4). 15 exploitations ­faisaient partie d’un réseau OQE. Les contributions pour la mise en réseau OQE s’élevaient à CHF 537.– par exploitation avant le conseil et ont pu être augmentées jusqu’à 

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107


Environnement | Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil

140 120

SCE par exploitation (a)

100 80 60 40 20 0 PREXT

PRPIN

PAEX

HABER

Etat initial

AFHTI

Convention

-20

Figure 2 | Types de surfaces de compensation écologique avec qualité OQE à l’état initial et d’après les conventions. Moyenne ± SE des 24 exploitations. 1 are par arbre, selon l’Ordonnance sur les paiements directs. Abréviations: voir tabl. 1.

CHF 2204.– par exploitation grâce au conseil. Sur les 24 exploitations, les mesures convenues devraient générer des contributions supplémentaires à hauteur de CHF 104 600.– (dont env. CHF 20 600.– pour les contributions réseau). Les marges brutes calculées (avec et sans participation à un réseau OQE) augmentent en moyenne de CHF 3491.– par exploitation.

Discussion et conclusions Les agriculteurs sont nettement plus disposés à mettre en place des mesures pour encourager la biodiversité lorsqu’ils reçoivent un conseil avec une approche stratégique globale et personnalisée (fig. 5). Cela démontre aussi que les mesures de promotion sont rentables financièrement.

160 160 140 140

SCE par exploitation (a) SCE par exploitation (a)

120 120 100 100 8080 6060 4040 2020 00

Etatinitial initial Etat Convention Convention JAFLO OSTA OSTA JAFLO

PREXT PRPIN PRPIN PREXT

PAEX PAEX

SULIT SULIT

HABER AUSCE AUSCE HABER

AFHTI AFHTI

AINDI AINDI

Figure 3 | Types de surfaces de compensation écologique dans un réseau OQE à l’état initial et d’après les conventions. Moyenne ± SE des 15 exploitations situées dans le périmètre d’un projet de réseau. 1 are par arbre, selon l’Ordonnance sur les paiements directs. Abréviations: voir tabl. 1.

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Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil | Environnement

10000 10000 9000 9000

Subventions par exploitation (CHF) Subventions par exploitation (CHF)

8000 8000 7000 7000 6000 6000 5000 5000 4000 4000 3000 3000 2000 2000 1000 1000 00

Subventionsécologiques écologiquessans sansmise miseenenréseau réseau Subventions Subventionspour pourmise miseenenréseau réseau Subventions Etatinitial initial Etat

Convention Convention

Figure 4 | Contribution moyenne (±SE) en CHF par année pour la compensation écologique (contributions 2009 selon l’OPD & la qualité OQE) pour les 24 exploitations, respectivement pour 15 exploitations (contributions réseau OQE).

Etonnamment, 16 des 24 exploitations ont souhaité réaliser plus de SCE que ne l’avait proposé le conseiller. La part de SCE des exploitations avant le conseil était inférieure à la moyenne suisse pour la zone de plaine qui s’élève à 10,4 %. Grâce au conseil, la part moyenne des SCE augmente de 8,9 % à 13,5 %. Cette augmentation substantielle a des effets positifs sur l’économie d’ex-

ploitation sans pour autant entraver la gestion et la production. Un conseil avec une approche globale dans le domaine de la protection de la nature permettrait donc d’atteindre les objectifs fixés par l’OFAG, soit 65 000 ha de SCE en zone de plaine. En ce qui concerne les SCE de haute valeur avec qualité OQE, l’amélioration est encore  plus marquée, passant de 3,3 % à 8,5 % de la SAU.

Figure 5 | La transmission des connaissances nécessaires motive les agriculteurs à réaliser nettement plus de mesures de compensation écologique et de meilleure qualité. (Photo: Verena Doppler)

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Environnement | Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil

Figure 6 | Les surfaces de compensation écologique hébergent des espèces indicatrices: le demi-deuil ( Melanargia galathea) – une espèce indicatrice attractive et représentative des prairies extensives fauchées tardivement. (Photo: Lukas Pfiffner)

Les SCE inscrites dans un réseau OQE ont triplé. Motivés par le conseil, quelques exploitants ont même initié un projet de réseau OQE dans leur commune. Les surfaces inscrites dans un réseau et les recettes qui en découlent auraient donc été encore plus conséquentes si toutes les exploitations, et pas seulement 15, avaient eu la possibilité de participer à un tel projet. Une compensation écologique de qualité permet aux agriculteurs d’améliorer leur revenu sans nuire à la production. Cela montre qu’une situation win-win entre production de denrées alimentaire et promotion de la biodiversité (fig. 6) est possible même dans une région intensive comme le Plateau suisse. Un facteur clé essentiel réside dans le conseil et la formation, pour lesquels les cantons sont en première ligne responsables. Actuellement, l’accent est mis essentiellement sur la production agricole. En maints endroits, l’écologie et la biodiversité jouent un rôle marginal dans la formation et ont dernièrement été reléguées, une fois de

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plus, au second plan. Il est vrai qu’il existe des offres de formation facultative, mais celles-ci sont peu utilisées. En fin de compte, une intégration appropriée de la protection de la nature et de l’écologie dans la formation de base et la formation continue, ainsi que dans la vulgarisation agricole, est indispensable pour atteindre les objecn tifs de la biodiversité de la politique agricole suisse.

Remerciements

Nous remercions tous les agriculteurs participant à cette étude, Bio Suisse, IPSuisse et les partenaires cantonaux pour leur collaboration, ainsi que la Fondation MAVA, la Fondation Sophie et Karl Binding, la Fondation AVINA, la Fondation Ernst Göhner, la Fondation Vontobel, la Fondation Dreiklang, l’Office fédéral de l’environnement et l’Office fédéral de l’agriculture pour leur soutien financier.


Maggiori superfici di compensazione ecologica e di migliore qualità grazie alla consulenza Di fronte al declino della biodiversità nelle zone coltivate, l’imposizione di superfici di compensazione ecologica (SCE), necessarie per accedere ai pagamenti delle prestazioni ecologiche (PER), si sono rivelate poco efficaci. Spesso le superfici di compensazione ecologica (SCE) non adempiono il loro ruolo di salvaguardia della biodiversità a causa della qualità mediocre o dell’inadeguatezza del luogo. I risultati del nostro studio dimostrano che è possibile supplire in modo efficiente a queste mancanze con una consulenza personalizzata – anche nelle aziende agricole dell’Altopiano svizzero gestite in modo intensivo. I consulenti hanno concordato un catalogo di misure con tutti gli agricoltori partecipi, aumentando così in media le SCE dell’ 8,9 %-13,5 % della loro superficie agricola utile (SAU). Anche la qualità delle SCE, secondo l’Ordinanza sulla qualità ecologica (OQE) dovrebbe aumentare del 3,3 – 8,5 % della SAU. E’ inoltre possibile conseguire questo miglioramento sostanziale delle prestazioni ecologiche senza causare impatti pregiudizievoli alla produzione o all’economia aziendale, aumentando pure il fatturato di CHF 3500.– ed il margine lordo mediamente di CHF 3491.– per azienda.

Bibliographie ▪▪ Birrer S., Balmer O., Graf R. & Jenny M., 2009. Biodiversität im Kulturland – vom Nebenprodukt zum Marktvorteil. Mitteilungen aus dem Julius Kühn-Institut 421, 21–29. ▪▪ Burfield I. & von Bommel F., 2004. Birds in Europe: population estimates, trends and conservation status. BirdLife International, Cambridge. 374 p. ▪▪ Graf R., Bolzern-Tönz H. & Pfiffner L., 2010. Leitarten für das Landwirtschaftsgebiet: Erarbeitung von Konzept und Auswahl-Methoden am Beispiel der Schweiz. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (1), 5–12. ▪▪ Graf R., Birrer S. & Pfiffner L., 2009. Leitartenkarten für das Landwirtschaftsgebiet. Schweizerische Vogelwarte, Sempach und Forschungsinstitut für biologischen Landbau FiBL, Frick. ▪▪ Jenny M., Fischer J., Pfiffner L., Birrer S. & Graf R., 2011. Leitfaden für die Anwendung des Punktesystems. Biodiversität auf Landwirtschaftsbetrieben im Projekt «Mit Vielfalt punkten». Schweizerische Vogelwarte, Sempach & Forschungsinstitut für biologischen Landbau, Frick. 22 p.

Summary

Riassunto

Plus de surfaces de compensation écologique et de meilleure qualité grâce au conseil | Environnement

Whole-farm advisory increases quality and quantity of ecological compensation areas The areas of ecological compensation (AEC) required for farms receiving subventions have so far delivered modest results against the loss of biodiversity in cultivated landscape of Switzerland. Insufficient ecological quality and inadequate locations of these areas are to blame. The results of our study show that whole-farm advisory can efficiently improve the situation even on intensive farms of the Swiss plateau. All participating farms were willing to sign contracts that will increase the mean AEC from 8,9 to 13,5 % of their agricultural area in use (AAU). Crucially, the quality of the AEC according to the ordinance on ecological quality increases from 3,3 to 8,5 % of the AAU. This substantial improvement of the ecological performances can be reached without negative impacts on production or farming income. On the contrary, the gains and profit contributions increase by CHF 3500.– and CHF 3491.– per farm, respectively. Key words: agriculture, advisory, biodiversity, ecological compensation areas, green box, cross-compliance.

▪▪ Lachat T., Pauli D., Gonseth Y., Klaus G., Scheidegger C., Vittoz P. & Walter T., 2010. Evolution de la biodiversité en Suisse depuis 1900 - Avonsnous touché le fond? Collection Bristol; Forum Biodiversité Suisse. ­Editions Haupt, Berne. ▪▪ Lüthy M., Egloff T., Hofmann A., Meier C., Schaffner D., Schmid W. & Schmidlin J., 2002. Ökobeiträge und gesamtbetriebliche Bewirtschaftungsverträge. In: Umwelt Aargau , Sondernummer 13, 18–41. ▪▪ Kanton Aargau, Abteilung für Umwelt, Aarau (éd.). ▪▪ OFAG, 2010. Rapport agricole 2010 de l'Office fédéral de l'agriculture. Office fédéral de l'agriculture (OFAG), Berne. ▪▪ Roth T., Amrhein V., Peter B. & Weber D., (2008). A Swiss agri-environment scheme effectively enhances species richness for some taxa over time. Agriculture, Ecosystems & Environment 125, 167–172.

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E c l a i r a g e

La banque de données suisse des ­aliments pour animaux www.feedbase.ch Monika Boltshauser1, Annelies Bracher1, Michael Böhlen2, Francesco Cafagna2 et Andrej Taliun2 Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP-Haras, 1725 Posieux 2 Université de Zurich, Department of Informatics, Database Technology Group, 8050 Zurich Renseignements: Annelies Bracher, e-mail: annelies.bracher@alp.admin.ch, tél. +41 26 407 54 12 1

Afin que les porcs et les autres animaux de rente soient nourris conformément à leurs besoins et de façon écologique et économique, il est indispensable d’avoir des connaissances sur les nutriments et les valeurs nutritives des aliments pour animaux. (Photo: Olivier Bloch)

La banque de données suisse des aliments pour animaux «www.feedbase.ch» de la Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP-Haras, accessible sur Internet depuis 2007, est actuellement en plein remaniement. Au cours des prochaines années, son contenu et sa technologie continueront d’être développés. Objectif: en faire une source d’informations incontournable dans le domaine des nutriments et des valeurs nutritives des aliments pour animaux. Des connaissances approfondies sur les nutriments et les valeurs nutritives des aliments simples et des fourrages grossiers de même que sur les besoins des différentes espèces animales sont indispensables pour nourrir les animaux de rente agricoles conformément à leurs

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besoins et aussi de façon écologique et économique. La banque de données sur les aliments pour animaux contient des informations sur plus de 600 aliments simples et fourrages grossiers commercialisés en Suisse et destinés aux animaux de rente agricoles. Elle est continuellement actualisée et élargie, ce qui en fait un instrument de référence interactif très précieux s’adressant à un large public-cible. La majeure partie des données sont accessibles gratuitement sur Internet. Cependant, des fonctions supplémentaires sont disponibles sur abonnement. Celui-ci propose une fonction permettant de télécharger les données sur les aliments sous la forme de tableaux Excel, un accès à une version en ligne des apports alimentaires recommandés pour les ruminants (Livre vert) et pour les


type d'aliment

La banque de données suisse des ­a liments pour animaux www.feedbase.ch | Eclairage

Nu

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Figure 1 | Structure des données temporelle et multidimensionnelle.

porcs (Livre jaune) de même que des programmes utiles permettant de calculer les valeurs fourragères des aliments simples et des fourrages grossiers, les prix de parité et les teneurs des rations pour porcs. En plus, feedbase.ch est connectée à E-Feed par le biais de la plateforme d’apprentissage Moodle de la Haute école bernoise. E-Feed est un programme d’apprentissage en ligne portant sur les aliments pour ani-

maux (catalogue des aliments pour animaux) et destiné à la formation des ingénieur-e-s agronomes et des vétérinaires. Ainsi, non seulement les étudiant-e-s disposent de valeurs actuelles provenant de feedbase.ch, mais l’ensemble des utilisateurs-trices ont accès par le biais d’E-Feed au catalogue des aliments pour animaux, qui est une mine de renseignements supplémentaires. Développement technique Chargé des aspects et du développement techniques de la banque de données, le groupe Database Technology du département informatique de l’Université de Zurich est un partenaire compétent. Dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans subventionné par le Fond national suisse, des travaux de recherche sont entrepris dans le cadre de thèses, de travaux de Bachelor et de Master sur la technologie des banques de données. L’élargissement à une «Data Warehouse temporelle» doit faire de feedbase.ch une vaste source de données dotée de nombreuses fonctions innovatrices. Pour simplifier, on peut se représenter la structure actuelle des données dans feedbase.ch sous la forme d’un dé avec trois axes principaux, à savoir les nutriments, l’espèce animale et le type de fourrage. Viennent désormais s’y ajouter le temps et le lieu et plusieurs niveaux d’agrégation vers le bas allant jusqu’à l’échantillon (fig. 1), ce qui donne une structure des données temporelle et multidimensionnelle qui permettra une requête et une analyse des infor mations en fonction du temps et du lieu.

Figure 2 | Résultat de la requête avec des données géographiques, temporelles et statistiques sur les fourrages secs, altitude > 1000 m, années de récolte 2005 à 2009.

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Eclairage | La banque de données suisse des ­a liments pour animaux www.feedbase.ch

Temporal Value Distribution 190

RP RMSE Régression selon Kernel

160

m

130

100

70

01 2005

07 2005

01 2006

07 2006

01 2007

t

07 2007

01 2008

07 2008

01 2009

07 2009

Figure 3 | Modélisation des données avec une régression selon Kernel: teneur en matière azotée (RP) dans le fourrage sec, canton de ­F ribourg, altitude 600 – 899 m, années de récolte 2005 à 2009 (Zoppi 2011). RMSE = root mean square error.

Enquête à la carte sur les fourrages secs Les premières applications concrètes ont été élaborées dans le cadre d’un travail de diplôme (Kruse 2011) et d’un travail de Bachelor (Zoppi 2011). L’objectif a consisté à développer une application Web dans laquelle les données géographiques de l’enquête annuelle sur les fourrages secs, effectuées par AGRIDEA (Boessinger 2011), sont évaluées et représentées graphiquement. C’est le numéro postal d’acheminement (NPA) qui est utilisé comme paramètre indicatif. Dans l’application, on peut sélectionner non seulement le type de fourrage, la méthode de conservation, les nutriments, le canton, l’altitude, l’année et la saison de récolte (fig. 2), mais aussi, dans une seconde étape, le type de représentation graphique. Une fois la requête effectuée, le résultat consiste en un tableau présentant différentes valeurs, une carte sur laquelle les sites de provenance des échantillons sont signalés, un graphique indiquant soit la dispersion des valeurs sur l’axe du temps soit une courbe des valeurs médianes de même qu’un tableau de statistique descriptive. Si l’on active une fonction statistique supplémentaire, des valeurs, dont l’écart-type se situe au-dessous ou au-dessus de la valeur moyenne, sont mises en évidence sur la carte par des couleurs. Cette fonction permet une reconnaissance visuelle des profils susceptibles de mettre en lumière d’éventuels effets régionaux sur la qualité des fourrages. Toutefois, les possibilités d’interprétation ne s’arrêtent pas là. Le nouveau modèle de données ouvre de vastes possibilités, par exemple l’ana-

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lyse de tendances régionales qui peuvent servir à la définition de critères de zonage ou au développement de références pour de nouvelles catégories alimentaires (fig. 3). Mais on peut aussi envisager des connections avec des cartes climatiques et d’autres données SIG. Précieuse source d’informations Le développement ultérieur de la banque de données des aliments pour animaux permettra d’améliorer son contenu qui représente une source d’informations précieuses susceptibles de répondre à des questions que peuvent se poser aussi bien les milieux scientifiques que la pratique. D’autres sources de données sont explorées afin d’étayer plus largement encore feedbase.ch, mais cela ne suffit pas à en garantir la qualité, son actualisation notamment est une tâche permanente importante et une présentation conviviale facilitera son utilisation. La mise en service de la première version élargie est prévue pour 2012. Toutefois, toutes les fonctions prévues ne seront pas disponibles dès le lancement de la nouvelle version. Dans le but de répondre le plus largement possible aux désirs et aux besoins des utilisateurs-trices, nous nous réjouissons de recevoir vos suggestions. n Bibliographie ▪▪ Boessinger M., 2011. Zur Verfügung gestellte Einzeldaten zur Dürrfutter­ enquête 2005 – 2010. ▪▪ Kruse K., 2011. Development of a Database System Based on Geographical Information. Facharbeit am Institut für Informatik, Université de Zurich. ▪▪ Zoppi S., 2011. Online Computation of up-to-date Summaries in the Swiss Feed Database. Bachelorarbeit am Institut für Informatik, Université de Zurich.


P o r t r a i t

Brice Dupuis relève le défi de la pomme de terre! Cela ne s’invente pas! C’est en 2008, Année internationale de la pomme de terre, que Brice Dupuis prend ses fonctions de chef du «Projet pomme de terre» à Changins, quittant pour cela sa Belgique natale – où le précieux tubercule jouit du prestige que l’on sait! Depuis son engagement à ACW, il partage son temps entre la recherche proprement dite, les indispensables interactions avec l’interprofession et la gestion de son équipe. Une seule culture, un seul domaine de recherche, mais un engagement diversifié, complexe et rempli de défis, touchant à la fois aux pathologies et aux techniques culturales: «La culture de la pomme de terre est compliquée, c’est déjà un défi en soi», commente Brice Dupuis. «Comme elle se produit par multiplication végétative, cela augmente la pression des maladies et impose de régénérer fréquemment le matériel de base. Et c’est justement la complexité de cette culture en pleine expansion dans le monde qui en fait tout l’attrait». Une activité basée sur les échanges Le Projet pomme de terre comporte trois volets – étude variétale, certification et recherche – qui interagissent les uns avec les autres. Cette relation permanente et ce dynamisme se répercutent à différents échelons: à Changins même, où les échanges sont nombreux, mais aussi au sein d’Agroscope, puisque les essais variétaux et des tests techniques spécifiques (notamment l’aptitude à la friture) sont conduits conjointement avec ART. D’autres échanges encore ont lieu avec l’interprofession (swisspatat et swisssem) et des institutions telles que la HAFL (anc. HESA), qui collabore actuellement à un projet visant à améliorer le contrôle de la bactérie Dickeya. L’un des objectifs de ce projet est l’évaluation de la sensibilité des variétés de pommes de terre à cette bactérie; à terme, l’idée est de proposer un outil d’évaluation pour la sélection variétale. «Pour l’instant, aucune technique n’existe au niveau international pour cette évaluation», remarque Brice Dupuis. En outre, le chef de projet et son équipe participent à la European Association for Potato Research à travers divers groupes de travail thématiques, ce qui leur permet de rester à la pointe de la recherche européenne. Né à Ath, entre Bruxelles et Lille, dans une région productrice de pommes de terre, Brice Dupuis a grandi et fait ses classes à Bruxelles. Jeune citadin, il reste cependant en contact avec la campagne, passant régulièrement ses vacances chez ses grands-parents agricul-

teurs. Après ses études à la Faculté des sciences agronomiques de Gembloux, il décroche un premier emploi d’une année au CIRAD (Centre international de recherche agronomique pour le développement), sur l’Ile de la Réunion, où il doit trouver un moyen de quantifier la bactérie pathogène Ralstonia solanacearum dans le sol. Ensuite, durant 6 ans au Centre wallon de recherches agronomiques, il travaille sur les Dickeya (déjà!) ou encore sur la lutte contre le mildiou en production bio – tout en accomplissant un diplôme en gestion du développement. A l’aise en Suisse, pays multilingue comme la Belgique, Brice Dupuis apprécie tout particulièrement les activités de montagne, été comme hiver. Il rentre régulièrement en Belgique, où il a gardé de nombreuses attaches et supervise la rénovation de sa maison – un autre défi! Sibylle Willi, Recherche Agronomique Suisse, Agroscope ChanginsWädenswil ACW,1260 Nyon

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A c t u a l i t é s

Actualités Fondation de la Société européenne d’agroforesterie La Société européenne d’agroforesterie a été fondée le 16 décembre 2011. La manifestation a eu lieu au Ministère français de l’agriculture en présence de 200 représentantes et représentants venus de douze pays, tandis qu’une centaine de personnes supplémentaires suivaient la réunion en direct sur Internet. L’agroforesterie permet d’augmenter la productivité tout en ménageant les sols, en clôturant le cycle de l’eau, en promouvant la biodiversité et les auxiliaires et en liant le CO2. La société a pour but de mettre en réseau les spécialistes de différents pays européens et de faire en sorte que les conditions-cadres de la politique agricole européenne soient tout au moins conçues de manière à ne pas empêcher la mise en place de parcelles agroforestières. La Suisse est représentée par le groupe d‘intérêts Agroforst, instauré par Mareike Jäger (AGRIDEA) et Felix Herzog (Agroscope ART) (www.agroforst.ch  / www.agroforesterie.ch).

«La combinaison des pommiers et des céréales permet d‘obtenir des marges brutes plus élevées» (exemple de la Suisse orientale). (Photo: ART)

Nouvelles publications Capteur de mastication pour vaches laitières Rapport ART 748 Le nouveau capteur de mastication sert à enregistrer l’activité de mastcation et de l’alimentation des ruminants. Cet appareil permet de saisir et d’évaluer les activités de mastication et d’alimentation dans le cadre d’essais scientifiques. Il permet aussi d’étudier ces différentes activités de façon très détaillée chez les vaches dans les conditions pratiques et d’en tirer des conclusions sur les risques potentiels de troubles du métabolisme. La station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART et l’entreprise MSR Electronics GmbH ont développé le capteur de rumination et les logiciels nécessaires à Rapport ART 748

Capteur de mastication pour vaches laitières

Saisie automatique de l’activité de mastication et d’alimentation pour le contrôle sanitaire

Octobre 2011

Auteurs

Franz Nydegger, Markus Keller, ART, Lorenz Gygax, Zentrum für tiergerechte Haltung von Wiederkäuern und Schweinen, ART Wendelin Egli, MSR Electronics GmbH, CH–8444 Henggart franz.nydegger@art.admin.ch Impressum

Edition: Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Tänikon, CH-8356 Ettenhausen, Traduction: ART

Les Rapports ART paraissent environ 20 fois par an. Abonnement annuel: Fr. 60.–. Commandes d‘abonnements et de numéros particuliers: ART, Bibliothèque, 8356 Ettenhausen T +41 (0)52 368 31 31 F +41 (0)52 365 11 90 doku@art.admin.ch Downloads: www.agroscope.ch ISSN 1661-7576

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Le nouveau capteur de mastication sert à enregistrer l’activité de mastication et de l’alimentation des ruminants. Cet appareil permet de saisir et d’évaluer les activités de mastication et d’alimentation dans le cadre d’essais scientifiques. Il permet aussi d’étudier ces différentes activités de façon très détaillée chez les vaches dans les conditions pratiques et d’en tirer des conclusions sur les risques potentiels de troubles du métabolisme. La station de recherche Agroscope Reckenholz- Tänikon ART et l’entreprise MSR Electronics GmbH ont développé le capteur de rumination et les logiciels nécessaires à l’évaluation en collaboration avec la Haute école zurichoise de sciences appliquées (ZHAW) à Winterthour. L’emploi et le test détaillé des appareils ont montré qu’ils

étaient très fiables tant du point de vue de leur fonctionnement que du point de vue des résultats obtenus. Ces derniers permettent de tirer des conclusions quant à l’affourragement et au déficit de la ration en composants structurels. Les conseillers en affouragement et les vétérinaires disposent ainsi d’un nouvel outil leur permettant une identification précoce des troubles du métabolisme. L’utilisation accrue de cette technique permettra d’obtenir des informations actualisées, plus précises sur la question de la ration «respectueuse des besoins des ruminants» et sur les «seuils d’alarme» correspondants. La méthode d’enregistrement s’est avérée solide, fiable et facile à utiliser. Différents travaux d’optimisation sont en cours pour permettre la vulgarisation du produit.

Recherche Agronomique Suisse 3 (2): 116–119, 2012

l’évaluation en collaboration avec la Haute école zurichoise de sciences appliquées (ZHAW) à Winterthour. L’emploi et le test détaillé des appareils ont montré qu’ils étaient très fiables tant du point de vue de leur fonctionnement que du point de vue des résultats obtenus. Ces derniers permettent de tirer des conclusions quant à l’affourragement et au déficit de la ration en composants structurels. Les conseillers en affouragement et les vétérinaires disposent ainsi d’un nouvel outil leur permettant une identification précoce des troubles du métabolisme. L’utilisation accrue de cette technique permettra d’obtenir des informations actualisées, plus précises sur la question de la ration «respectueuse des besoins des ruminants» et sur les «seuils d’alarme» correspondants. La méthode d’enregistrement s’est avérée solide, fiable et facile à utiliser. Différents travaux d’optimisation sont en cours pour permettre la vulgarisation du produit. Franz Nydegger, Markus Keller, ART, Lorenz Gygax, Zentrum für tiergerechte Haltung von Wiederkäuern und Schweinen, ART


A c t u a l i t é s

Un fourrage de ­bonne qualité pour les chevaux

ALP actuel

Un fourrage de bonne qualité pour les chevaux Fiche technique destinée à la pratique

nº 41 | 2011

Auteurs Ueli Wyss Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP Tioleyre 4, Case postale 64 CH-1725 Posieux ueli.wyss@alp.admin.ch

Mise en page: RMG Design, Fribourg Impression: Tanner Druck AG, Langnau im Emmental Copyright: Reproduction autorisée sous condition d’indication de la source et de l’envoi d’une épreuve à l’éditeur.

Pour des raisons nutritionnelles, la ration du cheval doit principalement se composer de fourrage de qualité irréprochable et riche en structure, comme le foin, le haylage (ensilage sec) et la paille. Ceci est valable pour les chevaux de toutes races, du cheval de loisir au cheval de haute performance. Le cheval est particulièrement sensible aux aliments avariés et contaminés. C’est pourquoi la qualité hygiénique compte parmi les critères les plus importants pour les aliments pour chevaux. Une alimentation riche en fourrage et adaptée aux besoins, ainsi qu’une excellente qualité contribuent au maintien de la santé, à l’occupation ainsi qu’au bien-être du cheval.

La présente fiche technique informe sur les points suivants :

• Caractéristiques d’un fourrage de bonne qualité • Critères d’évaluation – Évaluation sensorielle • Valeurs indicatives pour le foin, le haylage et la paille • Entreposage du fourrage • Questions fréquentes

nº 42 | 2011

ALP actuel 42 En sevrant les porcelets à un âge où ils n’ont ingéré que de petites quantités d’aliments solides, on va à l’encontre du principe que chaque changement d’alimentation doit se faire pas à pas pour que l’appareil digestif ait le temps de s’adapter. C’est pourquoi les porcelets sevrés souffrent souvent de maladies digestives. Ils mangent peu pendant les premiers jours et perdent du poids jusqu’à ce qu’ils aient appris à ingérer de l’aliment solide et de l’eau. Après cette période de jeûne, ils ont tendance à compenser leur déficit énergétique en mangeant des quantités élevées de nourriture avant que leur appareil digestif ne soit habitué au changement alimentaire, ce qui peut provoquer des diarrhées. Les mesures suivantes aident à éviter les problèmes liés au sevrage: Andreas Gutzwiller Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP Tioleyre 4, Case postale 64 CH-1725 Posieux andreas.gutzwiller@alp.admin.ch Impressum

Editeur: Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP www.agroscope.ch Rédaction: Gerhard Mangold, ALP Mise en page: RMG Design, Fribourg

Impression: Tanner Druck AG, Langnau im Emmental

Copyright: Reproduction autorisée sous condition d’indication de la source et de l’envoi d’une épreuve à l’éditeur.

En sevrant les porcelets à un âge où ils n’ont ingéré que de petites quantités d’aliments solides, on va à l’encontre du principe que chaque changement d’ali-mentation doit se faire pas à pas pour que l’appareil digestif ait le temps de s’adapter. C’est pourquoi les porcelets sevrés souffrent souvent de maladies digestives. Ils mangent peu pendant les premiers jours et perdent du poids jusqu’à ce qu’ils aient appris à ingérer de l’aliment solide et de l’eau. Après cette période de jeûne, ils ont tendance à compenser leur déficit énergétique en mangeant des quantités élevées de nourriture avant que leur appareil digestif ne soit habitué au changement alimentaire, ce qui peut provoquer des diarrhées. Les mesures suivantes aident à éviter les problèmes liés au sevrage:

• Il faut encourager les porcelets à manger et à boire dès le premier jour du sevrage en continuant à leur offrir l’aliment complémentaire pour porcelets sous mère pendant plusieurs jours et en mettant à disposition suffisamment de places à l’auge. Les porcelets mangent mieux si l’aliment est présenté sous forme liquide. • Si des diarrhées apparaissent fréquemment après le sevrage, le recours à un aliment diététique ayant une teneur réduite en protéines et en minéraux et contenant un acide organique ainsi qu’une teneur élevée en fibres aide à prévenir cette maladie. • Comme les porcelets souffrant du froid sont plus sensibles aux diarrhées, une aire de repos chauffée est importante, surtout lorsqu’ils mangent peu pendant les premiers jours après le sevrage.

ISSN 1660-7589

ISSN 1660-7589

Schweizerische Eidgenossenschaft Confédération suisse Confederazione Svizzera Confederaziun svizra

Schweizerische Eidgenossenschaft Confédération suisse Confederazione Svizzera Confederaziun svizra

Département fédéral de l'économie DFE Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP

Département fédéral de l'économie DFE Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP

ALP fait partie de l'unité ALP-Haras

ALP fait partie de l'unité ALP-Haras

alp actuel 41_fr.indd 1

Fiche technique destinée à la pratique

Olivier Bloch, ALP

Olivier Bloch, ALP

Impressum

Rédaction: Gerhard Mangold, ALP

Alimentation des porcelets fraîchement sevrés

Auteur

Brigitte Strickler Haras national suisse HNS Les Longs-Prés, Case postale 191 1580 Avenches brigitte.strickler@haras.admin.ch

Editeur: Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP www.agroscope.ch

Alimentation des porcelets fraîchement sevrés

ALP actuel

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ALP actuel 41 Pour des raisons nutritionnelles, la ration du cheval doit principalement se composer de fourrage de qualité irréprochable et riche en structure, comme le foin, le haylage (ensilage sec) et la paille. Ceci est valable pour les chevaux de toutes races, du cheval de loisir au cheval de haute performance. Le cheval est particulièrement sensible aux aliments avariés et contaminés. C’est pourquoi la qualité hygiénique compte parmi les critères les plus importants pour les aliments pour chevaux. Une alimentation riche en fourrage et adaptée aux besoins, ainsi qu’une excellente qualité contribuent au maintien de la santé, à l’occupation ainsi qu’au bien-être du cheval. La présente fiche technique informe sur les points suivants: ••Caractéristiques d’un fourrage de bonne qualité ••Critères d’évaluation ••Évaluation sensorielle ••Valeurs indicatives pour le foin, le haylage et la paille ••Entreposage du fourrage ••Questions fréquentes Ueli Wyss, Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP

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•• Il faut encourager les porcelets à manger et à boire dès le premier jour du sevrage en continuant à leur offrir l’aliment complémentaire pour porcelets sous mère pendant plusieurs jours et en mettant à disposition suffisamment de places à l’auge. Les porcelets mangent mieux si l’aliment est présenté sous forme liquide. ••Si des diarrhées apparaissent fréquemment après le sevrage, le recours à un aliment diététique ayant une teneur réduite en protéines et en minéraux et contenant un acide organique ainsi qu’une teneur élevée en fibres aide à prévenir cette maladie. ••Comme les porcelets souffrant du froid sont plus sensibles aux diarrhées, une aire de repos chauffée est importante, surtout lorsqu’ils mangent peu pendant les premiers jours après le sevrage. Andreas Gutzwiller, Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP

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Actualités

M C oem d ime un nmi iqtut e é isl ud ne gperne s s e

www.agroscope.admin.ch/medienmitteilungen www.agroscope.admin.ch/communiques 26.01.2012 Des étables propres pour protéger l’environnement L‘ammoniac dégagé par les activités agricoles pollue l’environnement. Quelles sont les mesures les plus efficaces pour réduire les émissions? Cette question a fait l’objet d‘une conférence organisée par Agroscope et réunissant des représentants de la recherche, des milieux politiques et agricoles, le 26 janvier à Zurich.

transports depuis l’Italie du nord. Une première mesure pour empêcher le développement d’une importante population de cet insecte au Nord des Alpes est d’interdire la culture du maïs deux années de suite sur la même parcelle. Cette mesure a déjà été prise par les cantons du Tessin et d’Uri.

06.02.2012 Ravageur redouté du maïs, Diabrotica réapparaît au nord des Alpes! Diabrotica, la chrysomèle du maïs, ravageur de quarantaine, est réapparue en juillet dernier au Nord des Alpes, dans les cantons d’Uri et de Lucerne, alors qu’aucun insecte n’y avait été capturé depuis une année. Ces insectes ont vraisemblablement été introduits par des

AgRAR foRSchung Schweiz RecheRche AgRonomique SuiSSe

Informations actuelles de la recherche pour le conseil et la pratique: Recherche Agronomique Suisse paraît 10 fois par année et informe sur les avancées en production végétale, production animale, économie agraire, techniques agricoles, denrées alimentaires, environnement et société. Recherche Agronomique Suisse est également disponible on-line sous www.rechercheagronomiquesuisse.ch

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Commandez un numéro gratuit! Nom / Société Recherche Agronomique Suisse/ Agrarforschung Schweiz est une publication des stations de recherche agronomique Agroscope et de leurs partenaires. Les partenaires sont l’office fédéral de l’agriculture ofAg, la haute école suisse d’agronomie de zollikofen heSA, AgRiDeA Lausanne & Lindau et l’ecole polytechnique fédérale de zurich eTh zürich, Department of agricultural and foodscience. Agroscope est l’éditeur. cette publication paraît en allemand et en français. elle s’adresse aux scientifiques, spécialistes de la recherche et de l’industrie, enseignants, organisations de conseil et de vulgarisation, offices cantonaux et fédéraux, praticiens, politiciens et autres personnes intéressées.

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Prénom Rue/N° Code postal / Ville Profession E-Mail Date Signature Talon réponse à envoyer à: Rédaction Recherche Agronomique Suisse, Agroscope Liebefeld-Posieux ALP, Case postale 64, 1725 Posieux, Tél. +41 26 407 72 21, Fax +41 26 407 73 00, e-mail: info@rechercheagronomiquesuisse.ch www.rechercheagronomiquesuisse.ch

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Manifestations

Archive des rapports de test des tracteurs www.traktorentest.ch Les rapports de test des tracteurs édités par la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART livrent des informations intéressantes sur les caractéristiques des anciens tracteurs (performances et consommation). Tous les rapports de test depuis 1971 sont désormais disponibles sur Internet.

Février 2012 23. – 26.02.2012 Agroscope à Tier & Technik 2012 Agroscope ACW, ALP et ART St.-Gall Mars 2012 13. – 14.03.2012 18. Arbeitswissenschaftliches Kolloquium Agroscope Reckenholz-Tänikon ART Tänikon 16.03.2012 20 Jahre Integrierte Produktion im Ackerbau Agroscope Reckenholz-Tänikon ART Reckenholz, Zurich

Dans le prochain numéro Mars 2012 / Numéro 3 La zone d’estivage en Suisse représente un tiers environ de la surface agricole utile. Les produits et services d’alpage constituent une source de revenus pour l’économie alpestre. Des chercheuses du WSL ont mené une enquête sur l’offre des produits et services d’alpage dans six régions de Suisse. (Photo: Gabriela Brändle ART)

••Produits et services d’alpage – offre dans quelques régions ciblées en Suisse, Rosa Böni et Irmi Seidl, WSL ••Structure de population et diversité génétique des races ovines suisses, Alexander Burren et al., HAFL ••Le changement climatique influence le bien-être des vaches laitières, Jürg Fuhrer et Pierluigi Calanca, ART ••Effet à long terme des engrais organiques sur les propriétés du sol, Alexandra Maltas et al., ACW ••Effet à long terme des engrais organiques sur le rendement et la fertilisation azotée des cultures, Alexandra Maltas et al., ACW ••Nouvelle méthode pour déterminer les pertes par brisures, Joachim Sauter et al., ART et Université de Kassel ••Une action commune pour le sol, Bruno Arnold et André Chassot, Agridea

23.03.2012 Jahrestagung der SGPW Schweizerische Gesellschaft für Pflanzenwissenschaften Agroscope Reckenholz-Tänikon ART Reckenholz, Zurich 29.03.2012 AGFF-Generalversammlung/Frühlingstagung Agroscope Reckenholz-Tänikon ART Landwirtschaftliches Zentrum Liebegg, Gränichen Avril 2012 13.04.2012 7. NATUR Kongress 2012 Agroscope Reckenholz-Tänikon ART Congress Center, Bâle 19.04.2012 7e réunion annuelle du Réseau de recherche équine en Suisse Haras national suisse HNS Avenches Mai 2012 09. – 10.05.2012 Landtechnik im Alpenraum Agroscope Reckenholz-Tänikon ART Feldkrich, Autriche

Informationen: Informations: www.agroscope.admin.ch/veranstaltungen www.agroscope.admin.ch/manifestations

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23 - 26 février 2012, Tier & Technik, Saint-Gall

Agroscope – Compétitifs grâce à la recherche

Des spécialistes d’Agroscope présentent des travaux relatifs à

Lieu:

« La qualité et la sécurité du cidre doux » – Nouvelles méthodes pour l’identification de contaminations et l’amélioration de la conservabilité des jus de pommes (dégustation). « Mon toit, source de chaleur » – Séchage économe en énergie du foin avec le rejet thermique issu de l’installation photovoltaïque.

Le stand d’Agroscope se trouve dans la halle 3.1, numéro du stand 3.1.31 www.agroscope.ch

«Des poulains d’avenir» – Calcul du degré de parenté compte tenu des caractéristiques de performance du cheval.

Schweizerische Eidgenossenschaft Confédération suisse Confederazione Svizzera Confederaziun svizra

Département fédéral de l'économie DFE Agroscope

Freitag, 16. März 2012

Fachtagung 20 Jahre Integrierte Produktion

im Ackerbau

Forschungsanstalt Agroscope ART - Reckenholz

Anmeldung und Information

http://www.agroscope.admin.ch/Fachtagung-Ackerbau oder Priska Gassmann Tel: 044 377 7253 priska.gassmann@art.admin.ch

Edition 2 février 2012  

Edition 2 février 2012