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Lafleur hors de ses murs amiénois S’il s’était agi d’une conférence pontifiante, elle se serait intitulée : « un siècle de cabotins picards à Abbeville (18561957)  ». Mais Lafleur, le plus populaire des héros picards, invite à l’humilité. Lafleur, li ch’est point un imbléyeux ! Jean-Luc Vigneux aurait donc démuché plusieurs troupes de marionnettes picardes qui furent installées à Abbeville et dans le Vimeu. Connaissez-vous « Bulot dit Tapachoux », ou encore « Théophane Cabus dit Mes ailes » ? Savez-vous que la compagnie de « Chés cabotins d’Abbeville » d’André Huska a créé une bonne douzaine de « farces de Lafleur » ? Vous êtes invités à les rencontrer à travers quelques anecdotes amusantes ou émouvantes, dénichées dans des lectures ou dans un lot d’archives inédites.

Les Compagnons de Lafleur Pierre Louchard

Jeudi

19/05/11

Amiens - 18 h - Bibliothèque Louis Aragon De 1964 à 1985 les compagnons de Lafleur ont repris la tradition amiénoise des marionnettes à fils et à tringle qui connaissait alors un certain sommeil. Grâce à l’aide de la Cité scolaire d’Amiens et de diverses sociétés locales, la troupe composée d’une quinzaine de jeunes lycéens et lycéennes entreprit de construire dans son atelier les divers personnages du folklore picard, fabriqua un théâtre et monta des spectacles qu’elle présenta dans la région. Le groupe ressentit très vite la nécessité d’actualiser la tradition et s’efforça d’épurer les mises en scènes en construisant des personnages plus expressifs. En 20 ans, la troupe créa 9 programmes différents, représenta 700 spectacles, parcourut plus de 100 000 kms, fit 9 tournées en Allemagne et Belgique et 18 tournées d’été en France, et participa à 9 festivals internationaux. C’est cette histoire méconnue de la marionnette picarde que viendra raconter Pierre Louchard, fondateur de la troupe. Pierre Louchard est né à Amiens en 1938 d’une famille picarde originaire d’Abbeville. Baigné dans la langue picarde durant toute son enfance, il fabriqua lui-même son premier théâtre de

marionnettes. Elève de Maurice Crampon, alors instituteur, il côtoie Jacques Villeret et Maurice Domon, marionnettistes amiénois et employés de la SNCF. Devenu surveillant général en lycée, il utilise la marionnette comme moyen d’activités scolaires. C’est dans ce cadre qu’il créait, en 1964, un club qu’il appelle alors « Ch’réveil ed Lafleur » qui devint un peu plus tard la troupe des « Compagnons de Lafleur ». Pierre Louchard fut ensuite proviseur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre, rue Blanche à Paris, où il termina sa carrière.

Quand les marionnettes changent de vie… Françoise Lernout

Amiens - 18 h - Musée de Picardie

Jeudi

23/06/11

Bien souvent les expressions « patrimoine vivant », « valorisation ou défense de la tradition vivante », « création de spectacle vivant » sont employées à l’endroit d’un théâtre de marionnettes en pleine activité, ce qui pourrait laisser penser qu’il existerait un patrimoine mort ? Cette « opposition » nous invite à nous pencher sur ce devenir de «  l’après  » trépidant des spectacles. Que deviennent donc les marionnettes ? Par l’intermédiaire de quelques éléments des collections de marionnettes anciennes conservées dans les musées sorties des réserves pour l’occasion, cette conférence tentera d’évoquer la nouvelle existence de ces objets riches de mémoire. Au travers de la question de leur conservation et de leur transmission, de leur valorisation et de leur diffusion, il s’agira de brosser le portrait de cette vie nouvelle que toute marionnette commence dès son entrée dans les collections d’un musée : de l’étude scientifique, en passant par les moyens développés pour les conserver, jusqu’aux nouvelles technologies qui permettent l’élaboration d’un mode de connaissance de ce « savoir », comme par exemple la création d’un portail national consacré aux Arts de la marionnette, tel sera le propos de cette conférence. Françoise Lernout est Conservateur du patrimoine en charge des collections médiévales et des objets d’art des musées d’Amiens depuis 1986. Née à Pérenchies, près de Lille, elle est diplômée de l’Ecole du Louvre. Bien que non pratiqué dans sa famille, le picard a bercé les lieux de son enfance (école, ducasse...). Responsable de la très belle exposition « Les marionnettes picardes des origines à 1960 : drames et bouffonneries » (1997), pour laquelle elle a conçu une scénographie donnant une vie aux « tiots personnages ed bos », elle a souhaité à travers cet événement répondre à plusieurs questions concernant la présence forte des marionnettes à Amiens et notamment comment l’usage du picard s’est peu à peu imposé.

Renseignements

Agence pour le Picard 45 rue Pointin – 80000 AMIENS – Tél. 03 22 71 17 00 contact@languepicarde.fr – www.languepicarde.fr

Lieux Bibliothèque Louis Aragon Auditorium Charles Pinsard 50 rue de la République – Amiens – Tél. 03 22 97 10 00

Musée de Picardie 48 rue de la République - Amiens - Tél. 03 22 97 14 00

ENTRéE LIBRE ET GRATUITE

Illustration : Fraco – Conception graphique : william sandras 06 88 96 76 23

Cette conférence sera suivie d’une intervention de Jean-Luc Vigneux, secrétaire de Ch’Lanchron, sur :

Nous remercions particulièrement les bibliothèques d’Amiens métropole, et en particulier Séverine MONTIGNY, d’accueillir ce cycle de conférences dans ses locaux. Tous nos remerciements également à Françoise LERNOUT et au Musée de Picardie, ainsi qu’à Sylvie BAILLON et Chés Panses Vertes, d’avoir bien voulu participer à ce cycle sur la marionnette picarde. Merci également pour leur collaboration dans la préparation de ce cycle à Jean-Luc VIGNEUX, Laurent DEVÎME, Françoise ROSE-AUVET, Jean-Bernard DUPONT, Pierre LOUCHARD, Frédéric HEDUIN et Alain GUILLEMIN.

La marionnette picarde


La marionnette picarde au 19ème et début du 20ème siècle Jeudi Frédéric Héduin

La

Amiens - 18 h - Bibliothèque Louis Aragon

marionnette

picarde

Un regard nouveau sur l’histoire du théâtre et de la marionnette Jeudi Alain GUILLEMIN

Amiens - 18 h - Bibliothèque Louis Aragon

20/01/11

Immobile, morte, la marionnette renaît lorsque le comédien-marionnettiste, tel un shaman, lui apporte la vie, la parole en mouvement. En Chine, les « kuilei  » (les gardiens de tombes), les marionnettes, assument l’héritage du culte des anciens. Avec elles, le marionnettiste «  joue les dieux » dans une cérémonie d’exorcisme. Bien avant « marionnette », « marmouset » a pris, en France, de nombreux sens  : sculpture grotesque, fantôme, épouvantail, mannequin-marotte de charivari, idole, marionnette… Cultes de fécondité et de fertilité, gerbes de blé assemblées en formes humaines nommées « cabotans »… Alain Guillemin, comédien-marionnettiste, auteur, a redonné vie, avec Florien Richard et Andrée Leroux, au Théâtre Louis Richard, fondé en 1884 à Roubaix. Chercheur, il prépare une thèse sur la culture shamanique et les origines du théâtre de marionnettes.

10/02/11

La tradition des théâtres de marionnettes amiénois est à la fois héritière des théâtres de marionnettes qui sillonnaient la France au 17ème siècle et de la Commedia dell’arte pour le système de convention théâtrale qu’elle emprunte. Les archives municipales font état d’une demande de réouverture d’un théâtre de cabotins en 1810, théâtre exploité depuis 1798. Le 19ème siècle connaîtra un développement inattendu des théâtres de cabotins au sein desquels le picard y trouvera progressivement sa place et où des personnages populaires locaux vont progressivement prendre la place des rôles classiques, donnant naissance à une véritable tradition les «cabotans» d’Amiens et de sa région. Médecin du travail et de santé publique à l’université de Picardie, âgé de 48 ans, Frédéric Héduin est passionné par les théâtres marionnettes depuis l’âge de treize ans. Membre de l’Union Internationale de la Marionnette à l’âge 14 ans, représentant la France pour UNIAMA, en 1982 à Moscou et à Saint Pétersbourg, en 1984, au Festival de Banska Bistrica (Slovaquie) il a été marionnettiste à la même époque dans un théâtre du quartier Sainte-Anne (Amiens), ensuite collectionneur, rédacteur d’articles et commissaire d’exposition. Il est enfin l’auteur d’une thèse en 1996 sur les marionnettes : « Origines et usages thérapeutiques ».

La manipulation de la marionnette picarde Laurent Devîme intervention de

Jeudi

suivi d’une

Sylvie BAILLON

17/03/11

Amiens - 18 h - Bibliothèque Louis Aragon Sur le plan technique, la marionnette picarde est un fantoche à tringle et à fils. Cette technique est présente, avec des variantes, dans le nord de la France, en Belgique, dans l’ancienne Tchécoslovaquie, en Italie, etc… On peut dire que globalement le cabotin/cabotan (la marionnette à tringle et à fils de Picardie) se situe entre la marionnette belge (Bruxelles, Liège), relativement simple pour la manipulation, et la marionnette tchèque plus sophistiquée. Pour le répertoire, le personnage de Lafleur s’est

imposé en Picardie avec des « boufondries ». Néanmoins les grands drames historiques ne sont pas absents du répertoire traditionnel ainsi que les contes classiques. Et c’est sans oublier l’inspiration religieuse avec, entre autres, « la Tentation de Saint Antoine » ou les nativités. Si l’on se réfère au passé de la marionnette amiénoise, on retrouve également des marionnettes de dextérité (avec de nombreux fils), des « points de vue » (des scènes et paysages) et surtout les fameuses « bêtes à morphoses »/métamorphoses (des marionnettes en carton ou en bois qui se transforment). Laurent Devime est conteur, montreur d’images, marionnettiste et ancien «  compagnon de Lafleur  ». Cette troupe innovante, dirigée par Pierre Louchard, était dans la lignée des «  Amis de Lafleur  » qui, eux même, s’attachaient à une expression « renouvelée » de la marionnette picarde.

nent de la ville d’Amiens ». En 1969, Maurice Domon transmit le flambeau à Françoise Rose-Auvet qu’il avait choisie, en 1966, pour interpréter le rôle de Sandrine. Depuis 1997, un théâtre spécifique à « Chés Cabotans d’Amiens » s’est ouvert au 31 de la rue Edouard David, en plein coeur du quartier Saint-Leu, le vieux quartier populaire d’Amiens dont Lafleur est le héros. Ce théâtre est particulièrement très fréquenté par les scolaires – de la maternelle au secondaire – et les touristes. C’est toute l’histoire, la grande comme la petite, de ce théâtre de marionnettes que nous racontera Françoise Rose-Auvet qui en est l’âme et la mémoire depuis maintenant un peu plus de 40 ans, secondée par son compagnon, Jacques Auvet , comédien-marionnettiste et scénographe, malheureusement disparu en mars 2009, et par son frère Guislain Rose, interprète du rôle de Lafleur.

Cette conférence sera suivie d’une intervention de Sylvie Baillon, metteure en scène, directrice de la compagnie Ches Panses Vertes depuis 1986, puis du Tas de Sable – Ches Panses Vertes, sur :

La marionnette aujourd’hui en Picardie

Présentation du Tas de Sable – Ches Panses Vertes Pôle des Arts de la marionnette en région Picardie, Lieu compagnonnage marionnette Sylvie Baillon évoquera la permanence de l’écriture marionnettique sur la scène artistique contemporaine et notamment l’expérience de la compagnie Ches Panses Vertes qu’elle dirige ou d’autres compagnies amiénoises qui travaillent cet art : le Théâtre Inutile, la Chrysalide… et qui représentent bien cet art aujourd’hui : d’une recherche à un art populaire. Parallèlement, elle s’attachera à présenter son lieu-compagnie, espace de création, de recherches artistiques et culturelles autour des Arts de la marionnette qui développe des projets autour de quatre grands axes : production, compagnonnage, transmission et programmation, dans un souci d’une meilleure structuration du secteur, d’une part, et d’une meilleure sensibilisation du public aux Arts de la marionnette d’autre part.

L’épopée de Chés Cabotans d’Amiens

Jeudi

Françoise ROSE-AUVET suivi d’une intervention de Jean-Luc VIGNEUX

14/04/11

Amiens - 18 h - Bibliothèque Louis Aragon

Héritier des quelques quatre-vingts théâtres de cabotans qui firent d’Amiens au XIXème siècle la capitale de la marionnette à tringle et à fils, le théâtre de « Chés Cabotans d¹Amiens », fondé en 1933 par Maurice Domon, fut municipalisé, sur avis du Ministre de la Culture en 1965 et consacré le 5 février 1967 « Théâtre officiel du Musée d’Art Local et d’Histoire Régionale, Théâtre de Marionnettes Perma-

La 1ère équipe du Théâtre de Chés Cabotans en 1967 en compagnie de Suzanne DOMON (à l’extrême gauche) et de Maurice DOMON. De gauche à droite : Françoise ROSE, Jean-Louis LIGET, Jean-Bernard DUPONT, Jean-Pierre PETIT, Gérard FONTIER, Jean-Pierre DUBURQ.

1er Prix de Comédie classique et de Comédie moderne du Conservatoire National de Région, Françoise RoseAuvet entreprit simultanément une carrière d’enseignante et d’artiste professionnelle : comédienne, marionnettiste, metteure en scène et auteure picardisante. Depuis 1983 elle se consacre exclusivement au Théâtre de «  Chés Cabotans d’Amiens  » et à la langue picarde après avoir travaillé pendant 17 ans comme comédienne dans la troupe du Carquois d’Amiens. Elle est, avec sa troupe, une des principales ambassadrices de la Culture Picarde en France comme à l’étranger.

Cycle de conférences 2011  

La marionnette picarde

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