SCÈNES DE MER

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Scènes de mer Scènes de quais Scènes d’ateliers

Archives municipales de Boulogne-sur-Mer


Scènes de Mer Catalogue édité à l’occasion de l’exposition Scènes de mer, présentée aux Archives municipales du 18 octobre au 18 décembre 2020, ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------sous la direction de Karine Berthaud, directrice des Archives municipales de Boulogne-sur-Mer.


Frédéric Cuvillier Ancien ministre, Maire de Boulogne-sur-Mer, Président de la Communauté d’agglomération du Boulonnais.

Evelyne Jordens Ajointe aux patrimoines et à la mémoire de la ville.

Edito

C’est notre riche patrimoine maritime que les Archives municipales ont souhaité mettre en valeur au travers de leur nouvelle exposition photographique, dont ce très beau catalogue rend compte. Scènes de mer exhume en effet la riche, et encore peu connue, collection photographique de la Chambre de commerce et d’industrie, aujourd’hui conservée dans leurs fonds. 50 magnifiques clichés datant des années 60 nous entraînent en pleine mer du Nord à bord d’un chalutier boulonnais, en compagnie des marins et au plus près de l’exercice de leur pratique. Un témoignage historique de ce métier exigeant, qui montre au premier chef le courage et la bravoure des pêcheurs. Bravo aux équipes des Archives municipales de transmettre ce témoignage essentiel pour notre ville, 1er port de pêche de France, et de rendre un bel hommage aux gens de mer. Car Scènes de mer est aussi le premier volet d’une exposition en triptyque qui prochainement, de Scènes de quais à Scènes d’ateliers, conduira les visiteurs des quais jusqu’au cœur des magasins de marée. Ce travail constituera ainsi une indispensable somme qui aura toute sa place dans la bibliothèque des Boulonnais.

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Introduction

Fin de la Seconde Guerre mondiale, la marine boulonnaise est exsangue ; une partie – environ la moitié - de sa flotte a disparu lors du conflit. Le Notre-Dame de Lorette, le Saint-Joachim ont coulé en juin 1940 lors de l’opération Dynamo à Dunkerque, d’autres lors de leur évacuation vers les ports bretons, d’autres encore après avoir été réquisitionnés par les autorités allemandes, tels le Vivagel ou l’Antoinette. La guerre finie, le premier chalutier à rentrer au port, le 7 juillet 1945, est le vieux vapeur Rosetta. En décembre, ce sont 16 chalutiers qui accostent sur les quais encore en travaux du port de Boulogne. Des 96 grands et moyens chalutiers à vapeur armés à Boulogne avant la guerre, 46 reviendront au cours des trois années suivant le conflit. Boulogne reçoit aussi 10 grands bateaux allemands au titre des dommages de guerre. Mais le renouvellement de la flottille boulonnaise, majoritairement par des vapeurs, est anachronique et suscite chez les armateurs un sentiment de régression, la propulsion à la vapeur étant techniquement dépassée et onéreuse. Il l’est d’autant plus que, avant le conflit, 13 chalutiers à moteur étaient déjà armés à Boulogne s/Mer. Si un projet de modernisation avait point sous l’occupation, il faut attendre la création du Comptoir de reconstruction de la flotte de pêche en acier, par la loi d’avril 1946, pour qu’une réelle volonté de transformer et rajeunir une flotte vieillissante voit le jour. Ces nouveaux navires, appelés chalutiers Corporation, sont construits dans différents chantiers, en France et à l’étranger, et viennent rapidement étoffer la flotte boulonnaise. Le premier à être baptisé à Boulogne est le B2348 – Notre-Dame d’Artois – pour l’armement Jean-Baptiste Delpierre. Beaucoup d’autres suivront : de 1946 à 1950, les armements boulonnais reçoivent une quarantaine de nouveaux chalutiers à moteur. Après 1950, les armateurs en rachètent à Fécamp ou La Rochelle. Du fait de ces investissements, en 1949, 90 000 tonnes


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de poissons sont débarquées par une centaine de chalutiers. En tout juste quatre ans, le port de Boulogne a retrouvé ses capacités et son tonnage d’avant-guerre. Si la pêche dans les années d’après conflit – 1945-1946 – s’est limitée à une zone géographique assez restreinte autour de Boulogne et s’est principalement tournée vers le hareng, à compter de 1947, du fait de la baisse des rendements des fonds les plus proches et grâce à l’arrivée de nouvelles unités, la flotte boulonnaise retourne progressivement vers les lieux de pêche septentrionaux qu’elle fréquentait avant la guerre et diversifie ses prises. L’abondance de la ressource et la forte demande permettent alors à la pêche boulonnaise de connaître plusieurs années de prospérité. Dans les années 50, les armateurs liquident les derniers vapeurs. Le prix du poisson est bas, alors on pêche beaucoup, beaucoup trop de harengs, de maquereaux et de merlans. Rapidement, les chalutiers Corporation, pourtant pas très vieux, se révèlent inadaptés aux nouvelles contraintes d’une pêche – nécessairement plus au Nord – de « gros poissons » tels que le lieu noir, l’églefin, la morue ou la rascasse. À partir de 1953, les armements font construire de nouvelles unités plus puissantes, plus grandes et plus rapides pour pouvoir pêcher dans des zones plus septentrionales. Ces chalutiers appelés classiques car pratiquant encore une remontée de chalut latérale, comme leurs prédécesseurs, vont permettre le développement d’une pêche industrielle à gros tonnage. Ces chalutiers de deuxième génération – mis en service entre 1953 et 1963 – offrent des rendements bien supérieurs à ceux des Corporation. Bien adaptés aux contraintes des « métiers du Nord », plus puissants et plus rapides, ils ne résisteront pourtant pas à l’émergence de nouveaux chalutiers équipés pour remonter le chalut par l’arrière du bateau. Le premier livré à Boulogne, pour l’armement Manesse & Sénéchal, en 1964, est le Petit Moussaillon. Plus performants, ces « pêche arrière » entraînent la disparition des grands classiques. Le dernier à quitter le port est le Courbet B2785 qui est vendu en Allemagne en 1973. À Boulogne, avec la disparition de ces chalutiers dits classiques se tourne une page vieille de 80 années, depuis l’apparition, en 1894, du premier grand chalutier vapeur, le Ville de Boulogne.

Travers au Vent… film de François Miellot pour le compte de la Chambre de commerce et d’industrie de Boulogne-sur-Mer.


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les îles Shetland François Miellot, pour le compte de la Chambre de commerce et d’industrie de Boulogne-sur-Mer.


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VOIX OFF

- Voici les îles Shetland, encore 8 heures de route et on arrive.

Cliché François Miellot, détail. Archives municipales de Boulogne-sur-Mer, fonds Chambre de commerce et d’industrie Boulogne Côte d’Opale, 55Fi124.


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Christian Laurent Capitaine Ref. 778 U8, format 6x6cm

Un matelot, surnommé Le mineur. Cliché François Miellot. AmB, fonds CCIBCO, 55Fi47.

Cliché François Miellot. AmB, fonds CCIBCO, 55Fi37.


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REMERCIEMENTS L’exposition Scènes de mer a été élaborée dans des conditions particulières : l’étrange année 2020 n’a en effet pas permis de mettre en place le projet initialement envisagé, et qui devait traiter de la place de Boulogne-sur-Mer dans le Second Empire et la guerre de 1870. Ce n’est que partie remise. L’équipe des Archives municipales s’est investie afin de préparer en un temps que l’on pourra qualifier de bref une exposition et un ouvrage de même qualité qu’en des temps plus sereins. Et cela n’aurait été personnes : François Michel Lamirand, qui compétences et leurs

possible sans le soutien d’un certain nombre de Guennoc, Jean-Pierre Ramet, Gérard Wattel et chacun à leur façon ont partagé avec nous leurs savoirs en matière de patrimoine maritime.

Merci également aux institutions qui nous ont soutenus : la Direction régionale des affaires culturelles Hauts-de-France, la région Hauts-de-France et le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale. Merci enfin aux indispensables et toujours réactifs services municipaux, et notamment l’École Municipale d’Arts et le service communication.   CRÉDITS Scènes de mer Archives municipales de Boulogne-sur-Mer 18 octobre – 18 décembre 2020 Exposition et publication réalisées avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles Hauts-de-France, la région Hautsde-France et le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale. Direction scientifique : Karine Berthaud Rédaction : Maxime Blamangin, Karine Berthaud et Aurélie Rangognio Mise en page et graphismes : www.daviddelcloque.com, Typographie : letter Gothic std et de Tassiana Nuñez Costa. Numérisation : Maxime Blamangin

Muriel

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Impression Becquart Impressions, Tourcoing. Tous droits de reproduction réservés. Dépôt légal octobre 2020. ISBN 978-2-9557238-4-5