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Boulogne, port allié

1914-1918

Boulogne, allied port

1914-1918

Catalogue édité à l’occasion de l’exposition Boulogne, port allié 1914-1918 présentée à la gare maritime par les Archives municipales de Boulogne-sur-Mer du 14 septembre au 18 décembre 2014 sous la direction de Karine Berthaud, directrice des Archives municipales. Catalogue edited for Boulogne, Allied port 1914-1918, an exhibition on display at the maritime terminal by the Boulogne-sur-Mer Municipal Archives from 14 September to 18 December 2014 under the direction of Karine Berthaud, Director of the Municipal Archives.


Il y a tout juste 100 ans, alors qu’à Boulogne la saison touristique bat son plein, l’assassinat à Sarajevo de l’héritier du trône d’AutricheHongrie, rompt, tout d’un coup, l’insouciante douceur d’un été promis aux festivités et à l’oisiveté. Le 1er août c’est la mobilisation générale. Le 4 août, l’Angleterre déclare la guerre à l’Allemagne, bouleversant le destin de notre ville qui devient alors l’un des principaux points de passage de l’armée britannique. En effet, Boulogne-sur-Mer est pendant les quatre années de conflit une véritable « ville Kaki », couleur des uniformes des soldats britanniques stationnés dans les camps ou les hôpitaux établis dans la ville et ses alentours. Le por t de Boulogne-sur-Mer devient le témoin du débarquement de ces centaines de milliers d’hommes venus combattre sur un sol qui n’est pas le leur. Anglais, mais aussi Australiens, Canadiens, NéoZélandais, Indiens ou encore Américains, nombreux sont ceux qui fouleront les quais de notre ville avant de se diriger vers les lieux de bataille tristement célèbres : Mons, Ypres, la Marne, la Somme, l’Argonne… Parmi ceux-ci, une majorité d’anonymes, mais aussi des personnalités, des officiers de renom tel le maréchal britannique Douglas Haig ou encore le général Pershing, commandant en chef des armées et tête de pont de l’intervention américaine lors de ce conflit.

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Quel lieu plus emblématique que la gare maritime – même si cette dernière a été reconstruite après les destructions massives de la seconde guerre mondiale - pouvait accueillir une exposition rendant hommage à ces soldats qui ont enduré durant quatre interminables années les affres d’une implacable barbarie. Que cette exposition rappelle - puisque les derniers témoins ont disparu - qu’il n’y a pas, malgré l’enthousiasme perceptible sur cer tains clichés, de « belle » guerre, mais aussi interpelle et invite à une prise de conscience en cette époque où semble poindre un retour aux nationalismes pour tant synonyme, la preuve en est, de désordre et de malheur. Que celles et ceux, notamment le service des Archives municipales, qui ont contribué à ce travail d’explication et de valorisation - un travail de grande qualité puisque labellisé en France et en Grande-Bretagne - soient remerciés.

Frédéric Cuvillier

Régine Splingard

Secrétaire d’Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche et Maire de Boulogne-sur-Mer

Adjointe au Maire chargée du Tourisme et du Patrimoine


Just 100 years ago, with the Boulogne tourist season in full swing,

the assassination in Sarajevo of the heir to the Austro-Hungarian throne suddenly breaks the carefree peace of a summer which should have been dedicated to festivities and idleness. General mobilisation takes place on 1st August. On 4th August, England declares war on Germany, dramatically changing the destiny of our town, which would become one of the main points of passage for the British Army. Indeed, during the four years of conflict, Boulogne-sur-Mer was a real ‘Khaki town’, the colour of the uniforms of the British soldiers stationed in the camps or hospitals set up in and around the town. The Boulogne-sur-Mer port witnessed the landing of these hundreds of thousands of men who came to fight on a soil which was not their own. English, but also Australians, Canadians, New Zealanders, Indians or Americans, so many crowded the quays of our town before turning towards the battlefields which are now so sadly famous : Mons, Ypres, the Marne, the Somme, the Argonne… Among these mostly anonymous soldiers, there were also a few personalities, renowned officers such as the British Marshal Douglas Haig, or even General Pershing, Commander in Chief of the armies at the bridgehead of the American intervention during the conflict.

What more emblematic place than the maritime terminal – even though it was rebuilt after being largely destroyed during the Second World War – could hold an exhibition paying homage to these soldiers who, for four interminable years, endured the agonies of relentless barbarity. This exhibition reminds us, since the last witnesses have now disappeared, that despite the enthusiasm of some clichés, there is no such thing as a ‘beautiful war’. It also invites us to question and seek to understand, during an era where nationalism is returning, though evidence points to it being synonymous with disorder and misfortune. Special thanks to all those who have who have contributed to providing explanations and raising the profile of the WW1 experience in Boulogne, especially the town hall Archives Department. Its high quality work has succeeded in being awarded labels from both the UK and France.

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D’un fait divers - l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse, la duchesse de Hohenberg, le 28 juin 1914 à Sarajevo -, l’Europe va, par le jeu incroyable des alliances militaires, s’enliser dans une guerre d’une violence encore jamais vue. Les chiffres sont éloquents : la première guerre mondiale implique 72 belligérants – les principales puissances entraînant dès 1914 dans le conflit leurs colonies et dominions -, et cause près de 20 millions de morts civils et militaires, plus de 20 millions de soldats blessés, des régions totalement dévastées. Si les stigmates et les conséquences de la seconde guerre mondiale sont très vifs et très présents dans la mémoire des Boulonnais, ceux du premier conflit ne peuvent être négligés. En effet, si Boulogne-sur-Mer, distante d’une centaine de kilomètres du front, n’a pas souffert comme ont pu souffrir certaines régions où se sont concentrés les combats, si elle n’a pas connu l’occupation ennemie, son implication est majeure. Au-delà des 1 700 Boulonnais tombés au combat, des civils tués sous les bombardements d’une aviation allemande de plus en plus performante et précise, Boulogne-sur-Mer est surtout pendant le conflit l’une des principales têtes de pont pour l’armée britannique, d’autant plus importante qu’elle est la plus proche du front. En effet, le 4 août, la Grande-Bretagne,

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garante de la neutralité belge depuis le traité de Londres de 1839, déclare immédiatement la guerre à l’Allemagne après que celle-ci eut pénétré sur le territoire belge. C’est par milliers que débarquent sur les quais de Boulogne les soldats britanniques, pour ensuite se diriger vers le front distant d’une centaine de kilomètres. Jouant un rôle essentiel lors du conflit, ces troupes combattront dans la Somme, en Belgique... Leurs pertes humaines s’élèveront à près de 900 000 morts. De leur débarquement triomphal d’août 1914 à leur départ définitif fin 1919, les troupes alliées cohabitent quotidiennement avec la population boulonnaise. Si certains soldats ne font que passer, d’autres séjournent plus longuement dans les camps ou hôpitaux établis dans la ville et la transforment en une immense garnison où se côtoie, même si les Britanniques sont majoritaires, une multitude de nationalités. En effet, Anglais, Américains, Portugais, Canadiens mais aussi Indiens, Chinois, Égyptiens… font de la ville et du port une véritable Babel, symbole de la multiethnicité et de la diversité des forces alliées.

n o i t c u d intro


From one simple piece of news - the assassination of Archduke Franz-Ferdinand, heir to the throne of Austro-Hungary, and his wife, the Duchess of Hohenberg, on 28 June 1914 in Sarajevo – Europe will, by the incredible interplay of military alliances, sink into a war of violence such that the world has never seen. The figures speak eloquently : the First World War involved 72 warring nations – the principle powers dragging their colonies and dominions into the conflict from 1914, – around 20 million civilian and military casualties, more than 20 million injured soldiers, completely devastated regions. If the scars and consequences of the Second World War are very alive and present in the memory of the people of Boulogne, those of the first conflict cannot be forgotten. Indeed, although Boulogne-sur-Mer, at around 100 km from the front, did not suffer as certain regions at the heart of the conflict suffered, although she was not occupied by the enemy, she played a major part. As well as the 1,700 Boulonnais who fell in combat, the civilians killed by the German air bombings which became more and more efficient and precise, Boulogne-surMer was above all one of the main bridgeheads for the British Army during the conflict. Indeed, on 4 August, Great Britain,

guarantor for Belgium’s neutrality since the Treaty of London in 1839, immediately declared war on Germany after it had invaded Belgian territory. It was in their thousands that the British soldiers landed at the Boulogne quays, to then turn towards the front a hundred kilometres away. Playing an essential role in the conflict, these troops would fight at the Somme, in Belgium… Their human loss went up to almost 900,000 deaths. From their triumphant landing of August 1914 to their final departure at the end of 1919, coexistence with the allied troops became part of the everyday for the Boulonnais. Although some soldiers were just passing through, others stayed for longer in the camps or hospitals set up in the town, turning it into an immense garrison where, although most were British, they rubbed shoulders with a multitude of nationalities. English, Americans, Portuguese, Canadians but also Indians, Chinese, Egyptians… the town and the port became a real Babel, a symbol of the multi-ethnicity and diversity of the allied forces.

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s e é i l l a s e p u o r r t e s M e d r u e s é v i e n g o l L’arr u o B à A of The port

or the f y r t n nt of e i o p , r e sur-M e n g o l u

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C’est dès le 3 août, date de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, que Boulogne-sur-Mer se prépare à l’arrivée des troupes d’outre-Manche. Dans son témoignage – Dans un port du détroit -, Georges Docquois rapporte que le 8 août, les récoltes situées autour du collège incendié des Jésuites ont été coupées afin d’y laisser place à un camp où logeront 25 000 soldats anglais attendus, précise-t-il, depuis déjà deux ou trois jours. En effet, la veille sont entrés au port trois premiers navires chargés d’approvisionnement pour l’armée britannique : l’Eborall, l’Achille-Adam et le Brighton. Un premier contingent de soldats débarque le 10 août à bord du cargo Anglo-canadian. Le lendemain, les Boulonnais sont nombreux à saluer le régiment Argyll and Sutherland Highlanders, qui, à peine descendu du navire les amenant sur notre sol, défile dans la ville aux sons de la cornemuse. Le kilt et les chants de ces soldats les rendent rapidement populaires auprès des Boulonnais qui se pressent autour des anciennes casernes, situées derrière la poste, où ils sont logés. En ces premiers jours de guerre, les façades de la ville se pavoisent de drapeaux britanniques ; l’Union Jack flotte même sur le beffroi. Ce drapeau sera d’ailleurs remis aux autorités britanniques le 5 juillet 1917 et déposé à Londres au musée de l’armée ; en échange, la ville reçoit le 12 août un drapeau ayant flotté sur les champs de bataille de l’Artois. L’administration municipale le présentera, salle Eurvin à l’hôtel de ville, au milieu du faisceau de drapeaux historiques.

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Le 13 août 1914, le régiment irlandais des Connaught Rangers, avec à leur tête le capitaine Dryden, débarque à Boulogne et traverse la ville entonnant diverses chansons telles Soldiers of the Queen, Dolly Grey. Un air différent se fait toutefois entendre au grand étonnement des Boulonnais présents le long du cortège. Un journaliste du Daily Mail, George Curnock, présent à Boulogne reconnaît le refrain d’It’s a long way to Tipperary, chanson écrite en 1912 par Harry Williams et Jack Judge. Il transmet aussitôt à son journal l’anecdote qui est publiée le 18 août. Ce récit se propage rapidement au sein des régiments britanniques et les Connaught Rangers sont surpris d’entendre sur le front chanté par d’autres troupes It’s a long way to Tipperary qui devient l’un des hymnes de l’armée britannique et son refrain un air mondialement connu. Le capitaine Dryden expliquera après le conflit que « l’air était des plus populaires parmi les hommes lorsque nous arrivâmes en France ; il était donc normal de le chanter à notre arrivée et sur le chemin du camp. »

Le 14 août, le général French débarque du contre-torpilleur Sentinel à la gare maritime avec son État-major pour prendre la tête de la Force Expéditionnaire Britannique. Dans la ville, c’est un flot incessant de soldats qui arrivent désormais avec leur matériel. Les grues du port fonctionnent à plein régime. Le dimanche 16 août débarquent 2 500 cavaliers. L’accueil réservé est toujours enthousiaste et chaque arrivée est saluée par la population boulonnaise qui fait des haies d’honneur et pousse des cris de sympathie. Pourtant, rapidement, ce débarquement massif de soldats occasionne quelques désagréments. Les autorités locales signalent dès le 15 août que de nombreux commerçants exigent des prix excessifs aux soldats britanniques. Ces dernières doivent également veiller à contenir la présence de nombreuses prostituées « accourues des coins les plus fangeux de nos faubourgs » et attirées par cette concentration massive d’hommes. Les habitants sont aussi surpris et quelquefois fâchés d’entendre des highlanders qui, à 5h du matin, chantent, accompagnés d’un joueur de bag-pipe, pour aller se baigner à la plage. Cependant, globalement, ces premiers jours de cohabitation se déroulent dans une ambiance de fraternité et de sympathie.


Au cours de ce mois d’août 1914, la ville fait face à un flot de réfugiés venant de Belgique et du nord de la France. L’arrivée de ces derniers libère un véritable sentiment de panique. La ville se vide selon Albert Chatelle d’environ 10 000 habitants qui évacuent vers la Normandie ou la Bretagne ; d’autres passent le détroit et rejoignent Folkestone. Cette arrivée massive de réfugiés est annonciatrice d’une situation militaire qui se dégrade. Fin août, le général French annonce que plus de 2 000 tommies sont déjà tombés au champ d’honneur. Malgré les déclarations des autorités locales incriminant les colporteurs de fausses nouvelles et témoignant d’un grand optimisme, le 26 août, devant l’avancée de l’armée allemande, les troupes anglaises quittent Boulogne-sur-Mer et se dirigent vers les ports situés plus au sud. L’enthousiasme des premiers jours disparaît ; Georges Docquois indique dans son témoignage que le 28 août les drapeaux britanniques et français qui enjolivaient les rues ont disparu. Boulogne devient ville ouverte et ne sera pas défendue si les Allemands y pénètrent. Le port se vide ; c’est un défilé continu de bateaux qui passent les jetées pour se diriger vers l’Angleterre ou les ports normands et bretons. À la mi-octobre, le front s’étant stabilisé et la ville semblant à l’abri d’une occupation allemande, les troupes britanniques reviennent à Boulogne et réintègrent leurs camps. Leur retour se fera sans effusion de joie et dans une certaine indifférence de la part des Boulonnais. L’optimisme et l’exaltation des premiers jours ont disparu, la ville s’apprête à vivre avec les troupes alliées qui stationnent dans les nombreux camps et hôpitaux, une longue cohabitation rythmée par les débarquements et embarquements incessants de soldats et matériel. Parmi la multitude des débarquements effectués à la gare maritime durant le conflit, celui du 13 juin 1917 va, par son symbolisme et son importance, marquer les esprits. En effet, ce jour-là, le général Pershing, commandant en chef des armées américaines, débarque à Boulogne-sur-Mer, accompagné d’une centaine d’officiers. Après la déclaration de guerre à l’Allemagne votée par le congrès le 6 avril 1917, ce débarquement est le premier des troupes US sur notre sol ; à la fin du conflit 2 millions de soldats américains auront débarqué en France.

Ce 13 juin, les autorités locales sont débordées et l’événement, malgré l’interdiction des appareils photographiques, est immortalisé par de nombreux journalistes ; un film est même tourné. Après une visite rapide de la ville et une rencontre avec les autorités britanniques au château, le général Pershing se dirige vers la gare centrale et est le soir même à Paris où il est acclamé par la population.

Lieu de débarquement, le port de Boulogne est aussi synonyme pour de nombreux soldats britanniques de retour. En effet, ils sont nombreux sur les quais du port dans l’attente d’un navire qui les ramènera au pays. Certains y retournent pour quelques jours, d’autres définitivement ; certains y retournent en bonne santé, d’autres malades ou blessés. Mais pour tous, rentrer au pays apporte apaisement et réconfort après avoir combattu l’ennemi. Par ailleurs, sont rapatriés les corps de certains soldats décédés. Mais ces derniers sont peu nombreux, les autorités britanniques interdisant aux familles d’ériger des tombes privées et de demander des rapatriements, privilégiant une politique d’inhumation individuelle dans les cimetières créés à proximité des champs de bataille.

« D’abord simple ruisseau au début, il s’accroît peu à peu et dès 1916, à la veille de l’offensive de la Somme, il devient rivière importante ; puis quand la conscription obligatoire fournit à nos alliés de puissant effectifs et quand les Dominions envoient leurs contingents des points les plus lointains du globe, c’est un fleuve d’hommes qui traverse notre ville. » Cette métaphore de Roger Farjon rend compte de ce déferlement d’hommes et de matériel, qui a fait le quotidien de Boulogne durant ces cinq années de guerre. Ce sont en effet plusieurs millions d’hommes qui ont débarqué dans notre port pour se diriger vers le front.

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On 4 August 1914, the day after Germany’s declaration of war on France and Belgium, as guarantor of Belgian neutrality Great Britain in turn committed itself to the conflict. As a consequence, the port of Boulogne-sur-Mer became one of the main points of entry into France for British troops. A first contingent of soldiers arrived on 10 August on board the cargo ship Anglo-Canadian. The next day, the Scottish Argyll and Sutherland Highlanders Regiment was landed and marched through the town to the sound of bagpipes. With their kilts and singing, these soldiers soon became popular among the local population of Boulogne : in that month of August 1914, the facades of the town were draped with British flags and the Union Jack flew from the Belfry. There followed a succession of arrivals: on 13 August it was the turn of the Irish Regiment to disembark at Boulogne, followed the next day by General French to take command of the British Expeditionary Force. The port’s cranes were operating at full capacity and the town saw a constant flow of equipment and soldiers. In spite of some discontent, these first days of cohabitation passed in an atmosphere of fraternity and empathy. On 26 August, in view of the advance of the German army, the English troops left Boulogne-sur-Mer and headed to the ports further south. The enthusiasm of the early days disappeared; Boulogne was declared an open town and would not be defended should the Germans attempt to take it. The British returned to Boulogne in mid-October and a long period of cohabitation ensued, punctuated by constant landings and sailings. This included the arrival on 13 June 1917 of General Pershing, Commander in Chief of the American troops, the beginnings of the entry into the War of the United States.

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Le débarquement des premiers régiments en août 1914 The landing of the first regiments on August 1914

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1. L’arrivée de l’un des premiers contingents des forces britanniques à bord du cargo Anglo-Canadian, le 10 août 1914. Cliché Caron, tirage contemporain. Archives municipales Boulogne-sur-Mer, 25Fi6. The arrival of one of the first contingents of British forces on board the cargo ship Anglo-Canadian on 10 August 1914.

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2. Les hommes du régiment Argyll and Sutherland Highlanders défilent au son des cornemuses, place Frédéric Sauvage. Cliché anonyme, tirage contemporain. AmB, 34Fi356. The men of the Argyll and Sutherland Highlanders Regiment, marching to the sound of bagpipes Place Frédéric Sauvage.

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Le transport logistique des hommes, des bêtes et du matériel The logistical transport of men, animals and material

3. C’est sur des navires bondés que les troupes britanniques arrivent à Boulogne-sur-Mer. Cliché anonyme, tirage contemporain. AmB, 34Fi597. British troops arrive in Boulogne-sur-Mer on crowded ships. 14


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Extrait Port allié 1914-1918  

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