Le Mutualiste 139 - uMEn

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DE LA PRESSE, DU SPECTACLE ET DE LA COMMUNICATION - N° 139 • JUILLET 2021 • 1,88 € • TRIMESTRIEL

SOCIÉTÉ

La culture nous a manqué

ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE

La Mutuelle des artistes et des professionnels du spectacle pendant la Commune

UME

Toutes les solutions pour bien vieillir à la maison


Le mot du président

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Une vraie mutuelle

C’est le thème de la troisième campagne de communication lancée par la FNMF en 2018. Comme l’explique Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, et récemment élu à la présidence du Cese (Conseil économique social et environnemental), « l’enjeu de cette campagne est de conforter la popularité de la Mutualité française et les spécificités mutualistes tout en donnant davantage de sens au mot mutuelle, qui est devenu un nom commun pour désigner une complémentaire santé ». Pourtant, il existe bien des différences entre une compagnie d’assurances ou une institution de prévoyance, qui sont, avec les mutuelles, les vraies, les autres acteurs de la complémentaire santé. Une mutuelle :  ne sélectionne pas ses adhérents, il n’y a pas de questionnaire de santé ;  ne fait pas varier sa tarification des garanties santé en fonction du risque individuel de l’adhérent ;  met ses frais de gestion au service de la protection sociale des adhérents : dispense d’avance de frais, conventions avec les professionnels de santé, prévention, développement des services… Une mutuelle prend soin de vous comme des autres, elle développe des actions de solidarité entre les différentes

Sommaire 3-5 // ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE 6-7 // SANTÉ • Peur des aiguilles : comment vaincre la bélonéphobie ? • Comment atténuer les douleurs de la mâchoire ? 8-9 // PRÉVENTION • « Zoom fatigue » : comment la combattre ? • Gare à la foudre !

catégories de générations couvertes par un contrat mutualiste. Une mutuelle agit en faveur de l’accès aux soins. Société de personnes fonctionnant sur le principe d’une démocratie directe, une mutuelle permet aux adhérents de prendre part aux décisions. Comme d’autres, notre mutuelle s’efforce de contenir les cotisations, alors que les dépenses de santé croissent chaque année de plus de 2 % et que la part mise à la charge des complémentaires – donc des adhérents – ne cesse d’augmenter. À titre d’exemple, les dépenses de santé devraient atteindre 235 milliards d’euros en fin d’année, dont 10 liés à la Covid, contre 219,5 milliards l’an dernier et 200,6 milliards en 2019. Dans ce contexte, notre mutuelle dénonce ceux qui encouragent les pratiques de dumping tarifaire. À terme elles conduisent à l’appauvrissement du collectif, détruisent les moyens nécessaires aux actions de solidarité. Nous ne sommes malheureusement pas égaux face à la maladie. La santé ne peut laisser place à l’individualisme. La campagne « Une vraie mutuelle » doit être à la fois une piqûre de rappel et l’occasion de débats autour du rôle du courant mutualiste : mouvement militant, engagé, porteur de valeurs de solidarité et de démocratie. Dans cette période post-pandémique, nous nous devons, pour influer sur les enjeux sociétaux, de tout faire pour conserver et renforcer cette capacité à nous mobiliser. Laurent Joseph, Président d’uMEn

10-12 // SOCIÉTÉ • La culture nous a manqué

18 // SPORT Équilibre et souplesse avec le tai-chi

• Notre santé psychologique à l'épreuve du confinement

19 // WEB Tralalere : le numérique au cœur de l'éducation

13 // INNOVATION Quand les exosquelettes facilitent le travail 14-17 // DOSSIER Toutes les solutions pour bien vieillir à la maison

20-21 // LOISIRS/CULTURE Allons boire à La Fontaine ! 22 // INSTANT POÉTIQUE Jean Baptiste Clément 23 // VIE PRATIQUE Dons familiaux : quelles exonérations ?

Le Mutualiste n° 139, juillet 2021. Trimestriel d’uMEn, mutuelle des professionnels de la presse, du spectacle et de la communication. Direction, rédaction, administration et publicité : 29, rue de Turbigo, 75081 Paris cedex 02. Site internet : http://lemutualiste.org. Directeur de la publication : Laurent Joseph • Responsable de la rédaction : Alain Poulet • Comité de rédaction: Pierrette Chenot, Michel Dursen, Jean-Jacques Hocquard, Julie Kapour, Chantal Lebec, Yves Louchez, Bernard Montini, Jean-Pierre Moreux, Marc Norguez, Dominique Patte, Jean-Claude Tiphangne, Serge Vittoriano • Collaborateurs permanents: Denise Cabelli, Françoise Janin, Alain Noël • Conception graphique, réalisation et fabrication: Ciem, 12, rue de l’Église, 75015 Paris. Tél. : 01 44 49 61 00 • Commission paritaire : 0919 M. 06967 • ISSN : 2292-2772 • Prix du numéro : 1,88 € • Abonnement annuel : 7,50 € (4 numéros par an) Ce numéro a été tiré à 28 846 exemplaires • Couverture ©Shutterstock. Origine du papier : Leipzig (Allemagne) • Taux de fibres recyclées : 100 %. Ce magazine est imprimé avec des encres blanches sur un papier porteur de l’écolabel européen et de l’écolabel allemand Ange bleu (der Blaue Engel). « Eutrophisation » ou « Impact de l’eau » : PTot 0,002 kg/tonne de papier.

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LE MUTUALISTE 139


ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE

Rejoignez une vraie mutuelle Campagne de communication 2021 de la Fédération nationale de la Mutualité française

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n 2018 et 2019, uMEn, votre mutuelle, s’est engagée et a fait siennes les campagnes menées par la Mutualité française pour promouvoir les mutuelles, les vraies. Cette année, la campagne porte sur l’engagement : celui des mutualistes, pour célébrer et nourrir celui des militants mutualistes, qu’ils soient salariés, à la recherche d’un emploi ou retraités. Elle appelle à rejoindre et soutenir le mouvement, et à influencer les leaders

d’opinion pour leur rappeler l’action forte des vraies mutuelles en matière de solidarité et d’entraide. uMEn communique – sur son site internet, sa page LinkedIn à destination des professionnels, ses écrans, dans les espaces adhérents – sur son appartenance au mouvement mutualiste. Oui, uMEn est « une vraie mutuelle » pour plus d’entraide et d’échanges. Oui, uMEn est « une vraie mutuelle » pour combattre l’exclusion de la couverture santé et de l’accès aux soins.

Oui, uMEn est « une vraie mutuelle » pour un système vraiment solidaire. Lors de la tenue de notre assemblée générale, ces thèmes feront partie des échanges avec les délégués. uMEn Solidarités, créée en 2019, renforce l’action solidaire de votre mutuelle et s’inscrit pleinement dans cette campagne. N’hésitez pas à rappeler à vos proches combien le fait d’adhérer à « une vraie mutuelle » est important ! Et que vous en connaissez une…

Hommage à Georges Saadi Ancien administrateur aux conseils d’administration de la MNPLC et de la Mayotte

Extraits de l’intervention de Jean-Michel Floret aux obsèques, le 28 mai 2021 Georges Saadi a commencé sa carrière dans le monde de la presse et de l’édition dans la région lyonnaise, notamment au magazine La Vie des Métiers. Rapidement, il monte à Paris, ses compétences et connaissances techniques lui permettent d’accéder au poste de directeur technique du journal Le Monde. Georges était légitimement fier de faire partie de cette aventure qu’est la sortie quotidienne d’un journal de cette importance. À l’époque, l’ensemble du journal était installé à Paris, boulevard des Italiens. Tous, tendus sur un seul objectif : assurer la bonne sortie dans les temps du journal. Cela passait par un engagement et une écoute continue des différentes catégories d’ouvriers concourant à la fabrication. Faire travailler tous ces intervenants relevait de la haute

diplomatie. Mais il existait dans le milieu de la presse une confraternité, une camaraderie, une solidarité que Georges aimait rappeler en évoquant fréquemment ses souvenirs, d’abord les hommes et leurs qualités humaines. Le Syndicat de la presse parisienne le désigna pour le représenter au conseil d’administration de la Mutuelle de la Presse. Il y retrouvera nombre de ses interlocuteurs habituels pour gérer, ensemble, la Mutuelle, le centre de santé René-Laborie et la Mayotte. Georges s’engagea totalement dans ces mandats, participant assidûment à l’ensemble des activités, notamment le comité de rédaction du Mutualiste de la Presse et du Livre. Dans ces responsabilités, il montra ses qualités humanistes et altruistes. Il prêta une attention toute particulière à la Mutuelle la Mayotte. Seule l’impossibilité de se déplacer l’a contraint de renoncer, à contrecœur, à cette responsabilité. Nous sommes heureux et fiers d’avoir connu et participé avec Georges à des institutions qui cimentent la société humaine sur des idéaux de solidarité. À sa famille, à ses amis, nous voulons dire combien nous partageons leur peine. Nous les assurons de notre amical soutien.

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Nouveau au centre de santé René-Laborie « Devenez acteur de votre santé » Animations prévention et dépistage : bénéficiez d’un entretien avec une diététicienne, d’un test d’audition et visuel lors des rencontres « Devenez acteur de votre santé ». ■ Jeudi 23 septembre - Le cœur : aimer son cœur et en prendre soin. ■ Jeudi 21 octobre - Végétariens, végétaliens : évitons les carences nutritionnelles, et mise en garde sur le risque de carences alimentaires causées par un régime improvisé.

Les nouveautés que nous proposons au Centre Votre Centre de santé complète son offre de soins avec : ■ des injections intra-vitréennes (IVT), technique pour traiter la DMLA ; ■ des consultations de rhumatologie ; de diététique ; ■ un holter tensionnel, qui mesure la pression artérielle durant 24 heures. Prises de rendez-vous pour des consultations : www.cds.renelaborie.fr ou 01 49 27 09 20.

Inscriptions via le site du Centre de santé cds.renelaborie.fr rubrique Prévention/S’inscrire ou par téléphone au 01 40 28 33 12.

VENIR AU CENTRE

27-29, rue Turbigo, Paris 2e.

Du lundi au vendredi, de 8 heures à 20 heures. Le samedi, de 8 h 30 à 13 h 30.

Cet été, le centre ainsi que la pharmacie seront fermés du 31 juillet au 22 août. L’espace optique sera fermé du 8 août au 16 août.

Le centre vous offre désormais une consultation d'infirmière en pratique avancée (IPA) dans le cadre des maladies chroniques. Renseignez-vous !

Le centre a mis en place toutes les mesures sanitaires et les gestes barrières pour assurer la sécurité de tous.

L'espace audition au 5, rue de Palestro. 01 40 28 33 17

La pharmacie mutualiste au 1, rue de Palestro. 01 40 28 33 12

L'espace optique au 27, rue de Turbigo. 01 40 28 33 13

L'espace dentaire au 29, rue de Turbigo. 01 49 27 09 20


À l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris, rappelons l’histoire du fondateur de cette mutuelle, l’un des créateurs de la Fédération artistique en avril 1871 : Jules Pacra.

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é dans une famille modeste le 26 mars 1833 à Paris, Jules Pacra est d’abord courtier au journal Le National. Il passe ses soirées au théâtre, se passionne pour le maquillage et le grimage. Son premier rôle aurait été celui d’un portier de 70 ans (il en avait 17) dans Le Docteur Chiendent, au théâtre Montmartre. Il signe un contrat au café-concert Eldorado en septembre 1867. 18 mars 1871 : la Commune est proclamée par la Garde nationale, la plupart des théâtres sont fermés, tous les concerts annulés. Avec son camarade Jules Perrin, il rejoint Eugène Pottier et Jean Baptiste Clément. Il est l’un des fondateurs de la Fédération artistique, réservée aux auteurs, compositeurs, artistes dramatiques et lyriques. Le 18 avril, lors d'une réunion présidée par Jules Pacra à l’Alcazar qui étudie les statuts, elle adresse à la Commune « une demande pour obtenir des salles de spectacles  non occupées et appartenant à la Ville de Paris pour y  organiser les représentations au bénéfice des veuves, blessés,  orphelins et nécessiteux de la Garde nationale ». En avril, plus de 600 artistes ont adhéré, et la Commune « autorise la Fédération artistique à disposer gratuitement des salles  de théâtre disponibles dans les immeubles lui appartenant ».

Rendre les théâtres aux artistes

Parallèlement, la Fédération nomme une commission d’élaboration du statut des artistes. Il s’agit non seulement d’élaborer un statut social des artistes, mais d’arriver à une collectivisation des théâtres. Jules Pacra joue un rôle actif dans cette dynamique d’ouverture des lieux. Il est l’un

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La Mutuelle des artistes et professionnels du spectacle* pendant la Commune

des organisateurs de la grandiose manifestation du 21 mai, dans les jardins des Tuileries, avec une quarantaine d’orchestres et de fanfares de la Garde nationale. Mais ce que nous devons retenir, nous le trouvons dans le Journal officiel de la Commune du 19 mai, l’avant-veille de l’entrée des Versaillais dans Paris. La Commune a pris le temps de rendre les théâtres aux artistes : les procès-verbaux de ce 19 mai portent trace d’un débat de deux heures sur l’organisation des théâtres parisiens. Édouard Vaillant, délégué à l’Enseignement, voudrait que les théâtres relèvent désormais de sa délégation : « De même que la Révolution  de 89, dit-il, a donné la terre au paysan, notre révolution  du 18 mars doit assurer l’instrument de travail et  de production à l’ouvrier. Les théâtres doivent appartenir  à des fédérations d’artistes. » Au cours des débats, il précise sa pensée : « Nous devons chercher à créer partout  des établissements socialistes. Le caractère particulier  de la révolution du xixe siècle porte que, où le produit existe,  le producteur sera indemnisé totalement. Dans les arts,  l’exploitation est plus terrible peut-être que dans les ateliers,  et tout le personnel de théâtre est exploité depuis le haut  jusqu’en bas. […] Il faut changer le régime propriétaire […] en un système d’association par l’exploitation entière  des artistes. » Le décret, adopté sans amendement, fut publié le surlendemain, alors que les Versaillais entraient dans Paris. Jules Pacra et sa famille quittent Paris cette semaine-là. Il reprendra, d’abord en province puis enfin à Paris, le répertoire qui a fait de lui l’un des chanteurs de café-concert les plus célèbres du xixe siècle. Dix ans plus tard, le 21 mars 1881, s’inspirant d’un projet de Jules Perrin de 1865, sera fondée avec quelques autres chanteurs, dont Aristide Bruant, l’Association de secours mutuel des artistes lyriques, future Mutuelle des artistes et professionnels du spectacle.

Jean-Jacques Hocquart

* Devenue la Mutuelle des professionnels de la presse, du spectacle et de la communication lors de sa fusion en 2011, pour s'appeler désormais uMEn, une mutuelle engagée.

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SANTÉ Quand la peur des aiguilles devient si intense qu’on ne peut pas se raisonner, cette peur devient une phobie. C’est la bélonéphobie. Comment se manifeste‑t‑elle ? Peut‑on la vaincre ?

Peur des aiguilles : comment vaincre la bélonéphobie ? De la peur à la phobie des aiguilles

Si vous avez la phobie des aiguilles, vous n’êtes pas seul : 5 % à 9 % des adultes (et des enfants) sont bélonéphobes, selon plusieurs études américaines1. « La différence entre la peur et la phobie, c’est qu’une peur, on réussit à l’amadouer pour la dépasser, explique Thierry Delcourt, médecin psychiatre et vice-président de l’Association française des psychiatres d’exercice privé (Afpep2). Alors qu’une phobie est perçue, par le corps, comme une menace au sens propre du terme. » La phobie des aiguilles n’est pas anodine. Elle conduit à un évitement des soins, comme les rappels de vaccin ou les prises de sang, pourtant essentielles dans le diagnostic de certaines maladies.

Quand la fréquence cardiaque s’accélère, l’organisme tente de compenser. Ce phénomène est appelé le réflexe vasovagal. Ce dernier peut conduire à une perte de connaissance.

Comprendre la source de son angoisse

Toute phobie ou angoisse est née d’un traumatisme. Si la bélonéphobie était déjà installée dans l’enfance, le psychiatre conseille de chercher du côté « d’un sentiment de culpabilité ». Il peut s’agir du sentiment de ne pas s’être senti à la hauteur lors d’un acte médical, par exemple. « Un enfant observe que ses parents écoutent davantage cette personne à la blouse blanche que ses propres émotions. Cela peut être déstabilisant pour un petit. Et il peut se sentir coupable de croire qu’il déçoit ses parents », analyse le psychiatre.

Comment vaincre la phobie des aiguilles ?

Parlez-en aux soignants sur place avant la prise de sang ou le vaccin. Ils vous aideront à surmonter votre angoisse en déplaçant votre attention sur un autre évènement (grâce à l’hypnose, par exemple). Vous pouvez aussi anticiper la piqûre en demandant à votre médecin traitant une ordonnance pour un patch Emla (anesthésiant de surface). Si vous souhaitez en finir avec cette phobie, contactez un psychiatre ou un psychologue formé aux thérapies comportementales cognitives et émotionnelles, très efficaces. Si la personne phobique est un enfant, le psychiatre conseille aux parents « de dédramatiser la piqûre en amont en l’incluant à l’histoire du soir. Le jour de la piqûre, apportez un jouet qui va le distraire afin qu’il ne se focalise pas sur l’aiguille ». Vanessa Pageot

Comment cette phobie se manifeste-t-elle ?

Apercevoir une aiguille, ou ne serait-ce que l’imaginer, déclenche une anxiété immédiate. « Comme dans toutes les phobies, les manifestations sont à la fois psychiques et physiques, explique le Dr Delcourt. Physiquement et à divers degrés, la personne a des sueurs, le ventre noué, des palpitations cardiaques ou des vertiges. »

Craske, Antony & Barlow, 1997 ; Kleinknecht, 1987 ; Mark, 1988.

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En savoir plus sur l’Association française des psychiatres d’exercice privé sur Afpep-snpp.org.

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Comment atténuer les douleurs de la mâchoire ? Avec près de 10 000 mouvements par jour, la mâchoire est une partie du corps particulièrement sollicitée. Et quand la douleur s’en mêle, l’alimentation ou la parole peuvent devenir difficiles. Heureusement, les troubles de cette articulation ne sont pas une fatalité.

synchronisée. Elle assure ainsi deux fonctions essentielles : le mouvement de la bouche pour permettre la parole, et la mastication, nécessaire à notre alimentation.

De multiples causes

C’est quand cette fine mécanique est grippée que la douleur peut survenir, laquelle est souvent multifactorielle. Elle peut être causée par un traumatisme (lié à un accident ou à un coup reçu à la mâchoire ou au visage), le serrement ou le grincement des dents – appelé bruxisme –, une tension des muscles trop importante, des problèmes dentaires ou encore une malocclusion (un défaut d’alignement ou d’emboîtement des dents). D’autres facteurs peuvent intervenir, comme le stress, qui peut provoquer une crispation ou des tensions dans l’articulation. Enfin, il semble que les femmes âgées de 20 à 50 ans soient plus fréquemment sujettes à ces troubles.

Ne pas hésiter à consulter

Face à la gêne ou à la douleur, il est important de prendre rendez-vous avec son médecin traitant ou son dentiste pour obtenir un diagnostic précis. Ils pourront demander des examens complémentaires, comme une radiographie, un scanner ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) et éventuellement orienter le patient vers un spécialiste (neurologue, stomatologue, oto-rhino-laryngologiste…). Dans les cas les plus bénins, les troubles de la mâchoire se résorbent grâce à un peu de repos, à l’application de compresses chaudes ou froides en fonction de la situation du patient, et à la prise de médicaments anti‑inflammatoires, notamment.

Préserver son articulation

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a mâchoire qui craque, des douleurs à l’ouverture ou à la fermeture de la bouche, une sensibilité musculaire, une sensation de raideur voire des maux de tête : tous ces symptômes peuvent être liés à des désordres de l’articulation temporo‑mandibulaire (ATM). Cette dernière unit la mâchoire inférieure – la mandibule – à l’os du crâne de chaque côté de la tête, au niveau des oreilles. Son mouvement est particulièrement complexe, car elle s’ouvre, se ferme, glisse d’avant en arrière et sur les côtés, le tout de manière

Prendre quelques mesures de prévention au quotidien permet également de limiter la survenue des douleurs. Les spécialistes conseillent ainsi d’éviter les aliments durs ou collants, qui nécessitent des efforts à la mastication. Dans cet esprit, il est recommandé aux personnes sensibles de ne pas mâcher de chewing‑gums. Mieux vaut aussi être attentif lors des bâillements, en limitant l’ouverture de la bouche afin d’empêcher tout traumatisme. Il faut également surveiller sa posture. En dehors des moments où l’on mange et où l’on parle, la mâchoire doit être détendue : les dents supérieures et inférieures ne sont pas en contact, les lèvres sont fermées mais décontractées et la langue touche le palais. En complément, la pratique d’exercices de respiration et de relaxation peut être bénéfique, tout comme le massage des muscles de la mâchoire et celui des tempes, à réaliser bien sûr en douceur. Benoît Saint-Sever

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PRÉVENTION « Zoom fatigue » : comment la combattre ? Quand les visioconférences s’enchaînent, il est fréquent de ressentir une grande fatigue à la fin de la journée. Pourquoi ces réunions à distance sont-elles si éprouvantes et comment y remédier ? Des experts se sont penchés sur la question afin d’expliquer cette « Zoom fatigue » et de trouver des solutions.

du langage du corps, que le cerveau interprète sans même que l’on s’en rende compte. Cela demande, d’une part, d’être plus attentif aux discours pour ne rater aucune information et, d’autre part, d’appuyer soi-même ses propos pour être bien compris. Enfin, il faut constamment veiller à ne pas se couper la parole et à intervenir au bon moment en tenant compte du léger décalage de son. Aussi, pour soulager son cerveau, il est conseillé, de temps en temps, de quitter le mode plein écran pendant quelques minutes, par exemple lorsque l’on n’a pas à intervenir. Réduire la fenêtre – ce qui minimise la taille des visages – permet ainsi de prendre un peu de recul.

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vec la généralisation du télétravail et la multiplication des appels vidéo, un nouveau syndrome est apparu : la « Zoom fatigue », en référence à la fameuse application permettant d’organiser des réunions à distance. Le phénomène n’est certes pas nouveau, mais il a pris une ampleur inédite au cours de tous ces mois de déplacements restreints et de relations sociales empêchées. Si les heures passées derrière son écran à échanger avec un ou plusieurs interlocuteurs nous laissent « lessivés » quand vient le soir, c’est tout d’abord parce que la situation n’est pas naturelle et qu’elle contraint notre cerveau à faire des efforts auxquels il n’est pas habitué.

Acquérir de nouveaux réflexes

Lors d’une visioconférence, tout le monde s’observe en permanence. Le regard est sans cesse sollicité. Mais pour espérer rencontrer celui de son interlocuteur, il faut fixer l’œil de la caméra, ce qui n’est pas naturel. De plus, quand les participants à la réunion sont nombreux à l’écran, la taille de leur visage est réduite à un timbre-poste. Il devient alors presque impossible de déceler les expressions des visages et d’engager un contact visuel avec chacun d’eux. Qui plus est, se voir soi-même à l’écran tout au long de la discussion peut également être perturbant et empêche de rester naturel.

Un travail mental de tous les instants

Mais ce qui est certainement le plus épuisant dans ce mode de communication virtuel, c’est qu’il ne s’appuie que sur la parole. Il nous prive de la dimension non verbale, c’est-à-dire

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Souffler un peu

Afin de pouvoir relâcher de temps en temps la pression, il est aussi recommandé de couper le retour vidéo, pour que son image n’apparaisse plus lorsque l’on n’a pas besoin de s’exprimer. Et pourquoi ne pas en profiter pour bouger un peu (pensez aussi à éteindre ponctuellement votre micro) ? Au téléphone, il est facile de se déplacer, ce qui n’est pas le cas lors des appels en visioconférence. C’est la raison pour laquelle il faut essayer d’élargir le champ visuel de la webcam. Vous pouvez ainsi utiliser un clavier externe ou des écouteurs Bluetooth, qui vous permettront de vous éloigner de l’écran et de changer plus facilement de position. Pour finir, évitez d’enchaîner plusieurs visioconférences dans la journée et optez pour une conversation téléphonique quand c’est possible. Faites également en sorte de limiter la durée des réunions. La « Zoom fatigue » n’est pas qu’un problème individuel. Les employeurs devront sans doute de plus en plus en tenir compte et encadrer davantage les réunions à distance, afin de maintenir l’efficacité des séances de travail en équipe et, surtout, de préserver la santé de leurs salariés. Isabelle Coston

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Gare à la foudre ! C’est pendant la saison d’été que la France connaît un pic du nombre d’orages. Même si le risque d’être foudroyé reste faible, mieux vaut connaître les bonnes attitudes à adopter pour se protéger.

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e ciel s’assombrit, le tonnerre gronde, les éclairs illuminent les nuages, puis la foudre s’abat. Dans le pays, quelques dizaines de personnes sont atteintes par la foudre chaque année. Le choc électrique peut provoquer des brûlures, un arrêt cardiaque (fulguration), voire le décès (foudroiement), en fonction de l’intensité du courant et du parcours qu’il a suivi dans le corps. Mais heureusement, suivre quelques conseils avisés permet de limiter les risques.

S’accroupir quand on est à l’extérieur

« Quand on a prévu une activité à l’extérieur, le premier réflexe à avoir est de vérifier la météo, considère Michel Koutmatzoff, président de l’Association protection foudre (APF). S’il y a un risque d’orage, il est préférable d’éviter de sortir. » Et si on se trouve déjà dehors quand un orage éclate, que faire ? « Il vaut mieux aller s’abriter dans un bâtiment, expliquet-il. On peut aussi se réfugier dans sa voiture si sa carrosserie est métallique. Celle-ci agit comme une cage de Faraday qui va recevoir l’énergie électrique et la conduire vers le sol tout en protégeant les personnes à l’intérieur. En revanche, si l’on se trouve dans un lieu isolé, la position la plus sûre consiste à s’accroupir sur ses

talons, les pieds joints. » Comme la foudre tombe plus facilement sur les points hauts, cette position de sécurité est très efficace. Dans le même esprit, il est conseillé de ne pas se mettre sous un arbre, qui constitue une cible privilégiée, ou encore de ne pas tenir un objet métallique, comme un parapluie, au-dessus de soi. « Quand on est en groupe, il est recommandé de s’écarter les uns des autres d’au moins trois mètres, ajoute Michel Koutmatzoff. Si l’on est touché, un arc électrique peut en effet se former vers une personne qui est proche. Il est aussi préconisé de ne pas courir ou marcher à grandes enjambées, car si la foudre tombe au sol à proximité, la différence de potentiel entre les deux jambes fait que l’on peut être électrisé. »

Prémunir sa maison des surtensions

À la maison aussi, il faut rester vigilant et penser à fermer les portes et les fenêtres pour empêcher les courants d’air. « Il ne faut pas prendre de douche ou de bain pendant un orage, car les canalisations d’eau sont conductrices, indique le président de l’APF. Nous conseillons également de ne pas utiliser de téléphone à fil, relié à une prise, puisque le câble peut propager le courant de foudre jusqu’à la personne. À l’inverse, le téléphone mobile ne présente pas de risque. » En tombant, la foudre peut par ailleurs engendrer une surtension qui va endommager l’électroménager ou le matériel informatique. « Il est recommandé de faire poser un parafoudre, insiste Michel Koutmatzoff. Ce petit appareil s’installe dans le tableau électrique et protège les équipements de la maison. » Léa Vandeputte

Savoir réagir face à une victime Si vous être témoin d’un foudroiement, la première chose à faire est de vérifier l’état de la victime. Vous pouvez toucher la personne sans risque, car le courant électrique n’a fait que la traverser. Si elle respire, mettez-la en position latérale de sécurité (PLS), si

ce n’est pas le cas, pratiquez la respiration artificielle et le massage cardiaque ou utilisez un défibrillateur si vous en avez un à proximité. Enfin, il faut bien sûr appeler les secours (le 18 ou le 112) ou demander à un autre témoin de s’en charger.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur Apfoudre.fr.

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SOCIÉTÉ

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La culture nous a manqué

Au moins autant que les commerces considérés comme « non essentiels » – et à ce titre fermés –, l’interdiction d’accès aux lieux de culture a été vécue par beaucoup de nos concitoyens de façon très négative. Oui, la culture nous a manqué. Et même si la réouverture s’amorce, il en restera quelque chose. Peut-être une autre façon de considérer ce pan de notre vie.

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Commençons par une citation du peintre et sculpteur Jean Dubuffet : « Sans pain, l’homme meurt de faim. Mais sans art, il meurt d’ennui. » L’ennui est donc ce qui nous a menacés le plus, durant les récentes périodes de confinement, qui s’accompagnaient de la fermeture – il y a déjà plus d’une année – des lieux de culture, cinémas, musées, théâtres, salles de concert. Certes, les entrepreneurs de ce secteur ont cherché à réagir, à montrer que le spectacle pouvait continuer malgré tous les obstacles qui se dressaient sur sa route – nous donnant du même coup l’occasion de découvrir une façon différente d’aborder leurs collections (positivons !). Certains musées, tels le Louvre, le Musée d’Orsay, mais aussi hors de nos frontières le Guggenheim à New York, le musée Van Gogh à Amsterdam, la galerie des Offices à Florence (où se trouvent les plus beaux tableaux de Botticelli), la National Gallery of Art à Washington (avec deux expositions), ont mis en ligne des visites virtuelles. Ainsi ont également fait le musée de Pergame à Berlin, le MASP à São Paulo, premier musée d’art moderne du Brésil, ou encore le Musée national d’anthropologie à Mexico et sa collection archéologique de l’héritage préhispanique.

Concerts en ligne

Et pour la musique, essentielle elle aussi, comme en ont témoigné par l’absurde les rassemblements « sauvages » ici ou là, pendant le confinement plusieurs artistes ont joué gratuitement pour des représentations à voir et écouter sur internet. Ce fut le cas de Bob Sinclar, Jean-Louis Aubert ou encore Christine and the Queens, qui se sont produits dans ces conditions, par solidarité. Un mouvement novateur qui pourrait se poursuivre, mais cette fois de manière payante – pour que les artistes vivent. Le principe est d’acheter une place, laquelle permet ensuite de profiter de la prestation de l’artiste depuis chez soi. Le musicien Jean-Michel Jarre est enthousiasmé par cette nouvelle forme de spectacle, qui pourrait même permettre de créer des effets impossibles à reproduire sur scène. Côté spectacles, des compagnies et des théâtres ont mis en ligne des captations de certaines de leurs représentations et des lectures de textes littéraires. Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France, rappelle « le rôle social et culturel des théâtres et des lieux de culture, notamment auprès des jeunes » dans la période de crise sanitaire que nous connaissons et refuse de se résigner à « l’immense gâchis à l’égard de la jeunesse » qu’est pour lui la suspension de la vie culturelle. Il indique que les Tréteaux ont continué à travailler sur des dispositifs de représentation en plein air sur les îles de loisirs d’Île-de-France pour cet été.

L’IMPACT DE L'ÉPIDÉMIE DE COVID-19 SUR LA CULTURE EN CHIFFRES

Selon le ministère de la Culture, en 2020, la baisse d’activité consécutive aux confinements est estimée à près de 25 % du chiffre d’affaires pour l’ensemble des secteurs culturels, soit une perte d’activité de 22,3 milliards d’euros par rapport à 2019. L’impact attendu en 2020 par rapport à 2019 pour chaque secteur est de : -72 % pour le spectacle vivant ; -36 % pour le patrimoine ; -31 % pour le livre ; -28 % pour les arts visuels ; -26 % pour l’architecture ; -23 % pour l’audiovisuel/ cinéma ; -20 % pour la presse ; -16 % pour les agences de publicité ; -12 % pour la musique enregistrée ; -11 % pour l’enseignement culturel ; +15 % pour les jeux vidéo. Il apparaît que quatre secteurs contribuent à hauteur de 70 % à la perte d’activité en 2020 en termes de chiffre d’affaires par rapport à 2019 : audiovisuel et cinéma, spectacle vivant, agences de publicité et arts visuels. La période de confinement représente 36 % de la perte totale de chiffre d’affaires attendue pour l’ensemble des secteurs culturels en 2020 par rapport à 2019. Le spectacle vivant, les musées, les sites touristiques et historiques, les cinémas, les galeries d’art et la création artistique relevant des arts plastiques sont les secteurs les plus touchés en 2020. Dans le même rapport, sont rappelées les principales caractéristiques des secteurs de la culture et les chiffres clés de l’économie de la culture :  nombre d’entreprises marchandes : 79 800 ;  emplois occupés à titre principal : 635 700 ;  chiffre d’affaires : 92 917 M€ HT ;  valeur ajoutée : 47 500 M€ HT ;  taux de marge : 27 % ;  part de chiffre d’affaires à l’export : 12 %. Source : DEPS Ministère de la Culture - « Le poids économique direct de la culture - Évaluation 2 019 ».

La Comédie française, quant à elle, a lancé « La Comédie continue ! », une chaîne en ligne qui permet au public de profiter de captations d’œuvres classiques et de lectures de comédiens. Une programmation adaptée aux scolaires est également prévue, avec des spectacles pour enfants. Selon les annonces faites par le président de la République, les lieux culturels peuvent reprendre leurs activités… à moins que (comme l’a souligné Emmanuel Macron à la fin de son message aux Français) les conditions sanitaires ne le permettent pas. Sans qu’on puisse annoncer une ruée de nos compatriotes vers la culture, on peut espérer que la récente période de privation nous incitera à la consommer avec un plaisir renouvelé.

Alain Noël

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SOCIÉTÉ

Notre santé psychologique à l’épreuve du confinement La Covid-19 et le confinement ont affecté notre santé mentale. Un constat qui a conduit à la mise en place de consultations de soutien par les mutuelles, notamment uMEn.

LES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ MENTALE Médecin, le psychiatre a un regard médical sur la problématique psychique. Il est en partie remboursé par la Sécurité sociale. Il est habilité à prescrire des médicaments et à décider de l’hospitalisation d’un patient. Le psychologue : titulaire d’un diplôme universitaire, il est capable de poser un diagnostic sur un trouble mental, mais traitera la maladie via le dialogue (il ne prescrit pas de médicaments). Il est pris en charge par certaines mutuelles. Le psychothérapeute n’a pas forcément eu un parcours universitaire, mais il doit avoir été formé dans une école privée reconnue par l’État.

S

elon une étude Ipsos pour la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) de mars 2021, 75 % des 18-25 ans se sont  sentis fragilisés par le confinement. De son  côté, Santé publique France relève le rôle  de « catalyseur des problèmes de santé mentale » de l'épidémie de Covid-19 et des confinements. L’infection et les  mesures restrictives au plan social ont suscité l’inquiétude. D’autant  que l’isolement, la baisse d’activité physique, l’accroissement du stress,  l’ennui, l’organisation du travail à domicile couplée à la gestion  de la vie familiale… peuvent aussi influer sur la santé mentale. On a constaté une augmentation des troubles du sommeil,  des troubles anxieux et des syndromes dépressifs. Ces phénomènes  ont été observés surtout chez les jeunes et dans les populations dont  le statut socio-économique est modeste. On a, dans le même temps,  noté qu’ils étaient plus fréquents chez les personnes habituées  à « consommer » des médias faisant la part belle aux informations  relatives à l’épidémie ! 34 % des personnes interrogées au cours de la vague 21 (15 au  17 février 2 021) de l’enquête CoviPrev présentaient un état anxieux  ou dépressif. Santé publique France et le ministère des Solidarités  et de la Santé ont lancé début avril une campagne digitale  de sensibilisation à destination du grand public, et en particulier  des 18-24 ans. Le but : encourager la parole auprès de l’entourage  ou d’un professionnel de santé et le recours aux dispositifs  d’information et d’écoute existants. Pour sa part, uMEn met à disposition, pour 2021, de tous les  bénéficiaires de garanties santé uMEn, sans distinction, la prise en  charge de consultations de psychologue : sans prescription médicale  ni limitation dans le choix du praticien, quatre consultations par an  et par bénéficiaire, dès le premier euro, 60 euros par séance maximum. Dans le même esprit, les pouvoirs publics ont lancé Santé Psy  Étudiant, un site pour un suivi psychologique gratuit des étudiants.  Durant la crise sanitaire, ceux-ci peuvent bénéficier, gratuitement  et sans avoir à avancer de frais, de trois séances de 45 minutes avec  un psychologue. Alain Noël

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INNOVATION Quand les exosquelettes facilitent le travail Les exosquelettes sont conçus pour apporter une assistance physique aux salariés qui les portent. S’ils participent à la réduction des troubles musculosquelettiques (TMS), leur utilisation doit toutefois être intégrée dans une démarche plus globale de prévention des risques professionnels.

Q

uand on pense aux exosquelettes, on imagine souvent une armure robotisée qui permet de décupler les capacités physiques d’une personne. Mais aujourd’hui, « nous sommes encore loin du super-héros Iron Man », constate Laurent Kerangueven, ergonome et expert d’assistance conseil à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). « La plupart des exosquelettes présents dans les entreprises ne sont pas robotisés, explique-t-il. Les plus couramment utilisés sont constitués d’une armature rigide ou textile qui assiste les mouvements des opérateurs. Ils restituent l’énergie mécanique emmagasinée dans des systèmes élastiques ou à ressorts. Les modèles robotisés, encore peu fréquents, sont quant à eux constitués d’une armature mécanique et fonctionnent avec des actionneurs motorisés. »

Un outil pour lutter contre les TMS

Ces dispositifs peuvent couvrir le corps entier ou se concentrer sur une zone donnée : l’épaule, le dos, le bras… « Ils sont alors utiles pour soulager le redressement du dos lors d’une tâche de manutention manuelle ou pour assister l’opérateur dans le maintien d’une posture contraignante, comme l’élévation prolongée des bras pour peindre ou poncer un plafond », illustre Laurent Kerangueven. En limitant les efforts excessifs et en accompagnant la réalisation de certains gestes, les exosquelettes participent à la réduction des troubles musculosquelettiques (TMS). Ces affections, qui touchent les structures autour

des articulations, sont les maladies professionnelles les plus fréquentes. Elles touchent le plus souvent le bas du dos, le cou, le poignet, l’épaule et le coude. Mais ces bénéfices ne doivent tout de même pas faire oublier certaines limites. « Ces systèmes peuvent aussi entraîner de nouvelles contraintes qu’il est nécessaire d’évaluer. Ils peuvent par exemple affecter la coordination motrice ou encore avoir un impact sur d’autres groupes musculaires », indique l’ergonome. Les exosquelettes ne constituent donc pas une solution miracle mais peuvent être des outils efficaces et complémentaires aux actions de prévention menées en entreprise. « Avant d’en faire l’acquisition, il est important d’analyser finement l’activité des opérateurs, puis de vérifier s’il est possible de réduire les contraintes à la source (réaménagement du poste de travail, modification de l’organisation…), précise Laurent Kerangueven. Si cette solution semble pouvoir convenir, nous invitons l’entreprise à élaborer un cahier des charges qui définit le besoin d’assistance physique spécifique et les usages attendus. »

Des évolutions à venir

Pour l’heure, les exosquelettes sont principalement utilisés dans l’industrie, la logistique, les bâtiments et travaux publics (BTP) et dans l’agroalimentaire, mais d’autres domaines d’activité s’y intéressent. « La demande est de plus en plus forte dans le secteur sanitaire et social, notamment pour aider les salariés qui doivent mobiliser des personnes, observe l’ergonome. Mais les modèles disponibles actuellement sur le marché n’ont pas été conçus pour cet usage, alors les constructeurs travaillent sur ces questions émergentes. » Depuis leurs débuts en 2014-2015, les dispositifs ont beaucoup changé, l’assistance physique est notamment plus efficace. « L’encombrement et le poids ont aussi été réduits, ce qui limite une partie des contraintes pour les opérateurs, ajoute Laurent Kerangueven. De nouveaux modèles sortent régulièrement : certains permettent d’accompagner les extensions de la nuque, d’autres visent à amplifier la force de préhension de la main. Le marché des exosquelettes est en constante évolution. » Léa Vandeputte

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DOSSIER

Toutes les solutions pour bien vieillir à la maison

Près de neuf personnes sur dix souhaitent vieillir chez elles le plus longtemps possible. Le maintien à domicile, encouragé par les pouvoirs publics, permet le plus souvent de conserver l’autonomie et de retarder la dépendance. Il est aujourd’hui possible par la mise en place de plusieurs aides, à la fois matérielles et humaines. Mais, même s’ils ont le mérite d’exister, ces dispositifs manquent de lisibilité. On fait le point pour vous.

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intégrés à la société : bénévolat, universités du troisième âge, associations sportives et culturelles… « Toute cette dimension sociale participe clairement au maintien de l’autonomie, ajoute le professeur. Cela permet en particulier de prévenir le déclin du fonctionnement cognitif, qui est la première cause de dépendance chez la population âgée. » Le maintien à domicile n’est bien sûr possible que si la personne n’est pas isolée et que son état de santé le permet.

Bien dans son corps,

Une chose est sûre : Louise, 82 ans, ne changera bien dans sa tête pas d’avis. Comme 85 % des Français, cette Pour vieillir dans les meilleures conditions possible, ancienne institutrice prévoit de vieillir chez elle. les seniors doivent régulièrement effectuer les bilans « J’ai tous mes repères dans mon appartement, explique de santé recommandés : contrôle de l’état dentaire, la vieille dame. C’est là que j’ai élevé mes enfants et que du taux de cholestérol, de la vue, dépistage de maladies se trouvent tous mes souvenirs ». cardiovasculaires, des cancers du sein ou La maison de retraite, Louise ne veut du côlon… Si vous êtes concerné, n’oubliez pas ∏ même pas en entendre parler. « Ici, de vous faire vacciner chaque année contre je fais ce que je veux quand je veux, la grippe saisonnière et contre le Covid-19. À PARTIR DE personne n’organise mes journées à ma Le maintien d’une activité physique est en outre place. Je n’abandonnerais ma liberté fondamental : le sport apporte plus de tonus pour rien au monde ! », clame-t-elle. musculaire, une meilleure mobilité articulaire, Comme le souligne le rapport Libault entretient le moral et prévient, lui aussi, remis en mars 2019 au ministère le déclin cognitif. Bien évidemment, l’activité LES CHUTES de la Santé, cette volonté farouche doit être adaptée aux possibilités de chacun, CONCERNENT de passer ses vieux jours chez soi choisie avec le médecin traitant et doit CHAQUE ANNÉE montre à quel point le modèle s’accompagner d’une alimentation équilibrée. UNE PERSONNE du placement en institution paraît Enfin, sachez que pour rester alerte, votre ÂGÉE SUR DEUX. aujourd’hui à bout de souffle. cerveau doit être stimulé par des exercices D’autant qu’à elles seules, les structures comme la lecture, les mots croisés, les jeux ∏ d’accueil telles que les maisons de société et de l’esprit. Pensez aussi à la EN 2040, de retraite ou les Ehpad ne suffiront méditation : plusieurs études ont montré que 14,6 % DES pas à répondre à l’enjeu sa pratique régulière permettait de retarder FRANÇAIS démographique. le vieillissement cérébral. AURONT

80 ANS,

Maintien du lien social

75 ANS OU PLUS, SOIT UNE HAUSSE DE 5,5 POINTS EN 25 ANS.

Pour faire face à ce phénomène, les pouvoirs publics privilégient désormais le maintien à domicile le plus longtemps possible. Vieillir chez soi dans de bonnes conditions « favorise la réponse aux besoins fondamentaux » des personnes âgées, expliquait, dès 2015, l’Institut Montaigne dans un rapport sur la question. En demeurant dans un environnement familier, les seniors « restent à proximité de leur tissu social habituel, souvent entretenu depuis de longues années : les amis, les voisins, les commerçants et parfois la famille », explique le professeur Marc Verny, neurologue, responsable du centre de gériatrie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Lorsque les mesures sanitaires anti-Covid s’allègent, ils peuvent aussi poursuivre les activités qui leur permettent de rester

Gare aux chutes

Face à la perte d’autonomie, le maintien à domicile doit souvent s’accompagner de plusieurs aménagements destinés à améliorer la sécurité des seniors. Premier objectif : éviter la chute. « Elle fait courir un risque majeur de perte d’autonomie et de désinsertion sociale, avec pour conséquence éventuelle l’institutionnalisation », note la Haute Autorité de santé (HAS). Pour éviter cela, l’adaptation du lieu de vie est indispensable. Il faudra ainsi veiller à ôter les objets ou les meubles gênants des espaces de circulation, et à fixer câbles et fils électriques. Attention également aux sols glissants, aux descentes de lit, aux tapis à bords relevés ou de bain. La mise en place de rampes et de barres d’appui (dans la baignoire ou dans les toilettes) peut s’avérer utile. « Pour les personnes qui ont des difficultés plus marquées, il y a tous les systèmes de téléalarme, précise le professeur Verny.

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DOSSIER En cas de chute avec une impossibilité de se relever, ils permettent de prévenir les proches ou un central dédié. »

L’accompagnement à domicile

Les services d’aide à domicile proposent un accompagnement adapté à chaque personne âgée en fonction de ses besoins. Ils regroupent différents soutiens : l’aide à la personne (pour se lever, se laver, s’habiller, se coucher), l’aide aux tâches de la vie quotidienne (installation de la téléassistance, travaux ménagers, courses, préparation des repas) et l’aide aux activités sociales (démarches administratives, visites chez le médecin, accompagnement pour les loisirs). Pour les obtenir, vous pouvez recourir à l’emploi direct (vous employez vous-même la personne de votre choix), faire appel à un organisme mandataire (vous restez l’employeur de l’aide à domicile mais le mandataire gère l’ensemble des démarches administratives) ou recourir à un prestataire (ici, l’organisme, habilité par le conseil

départemental, a le statut de service médico-social et salarie l’intervenant). Pour y voir plus clair, vous pouvez vous adresser au centre local d’information et de coordination gérontologique (Clic) de votre département ou à votre centre communal d’action sociale (CCAS). Ces services vous aideront à trouver l’aide la mieux adaptée.

L’Apa, une aide pour bien vieillir chez soi

Quelle que soit la formule retenue, les seniors peuvent bénéficier de différentes aides pour financer le recours à une aide à domicile ou l’aménagement de leur habitat, telle l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa), financée par les départements et réservée aux personnes âgées de plus de 60 ans en perte d’autonomie. Pour bénéficier de cette aide, vous pouvez retirer un dossier auprès du conseil départemental, du CCAS, du Clic, des services d’aide à domicile, des organismes de sécurité sociale ou des mutuelles. Une équipe médico-sociale

TROIS QUESTIONS

À MARIE DE HENNEZEL, PSYCHOLOGUE CLINICIENNE

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Bien vieillir, qu’est-ce que ça veut dire ?

❯ Bien vieillir, c’est d’abord accepter de vieillir. Cela veut dire accepter les changements physiques qui sont inéluctables, accepter de ne plus pouvoir faire les choses que l’on faisait quand on était jeune. C’est surtout une question d’état d’esprit. Et en même temps, c’est aussi comprendre le paradoxe du vieillissement. Le corps vieillit, certes, mais la pensée peut rester jeune. On le voit très bien chez certaines personnes très âgées, radieuses, qui véhiculent cette image idéale du vieillissement : l’ouverture d’esprit, la bienveillance, l’énergie, l’humour. On retrouve cela dans leur regard et leur sourire. C’est bien la jeunesse du cœur qui reste, le goût de vivre, la beauté intérieure.

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Comment faire pour rester jeune dans son cœur ?

❯ Je pense qu’il faut tout d’abord cultiver sa curiosité. Les personnes âgées épanouies sont curieuses de tout, elles continuent à apprendre de nouvelles choses, font ce qu’elles n’ont pas pu faire avant faute de temps. J’aime beaucoup ces mots de Victor Hugo : « Mon corps décline, ma pensée croît. Dans ma vieillesse, il y a une éclosion ! » L’éclosion, c’est s’ouvrir au nouveau, à de nouvelles activités, à de nouvelles émotions. Lorsque l’on vieillit, on est davantage dans l’instant présent et on remarque des choses que l’on ne voyait pas avant. On peut alors s’émerveiller de tout et éprouver une quantité de petits plaisirs qui font que, finalement, la vieillesse est un temps dans lequel on peut être tout à fait heureux.

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Quels conseils peut-on donner aux seniors qui ont été affectés par la crise sanitaire ? ❯ La période que l’on traverse ne favorise pas le lien social, qui est pourtant essentiel, et les personnes âgées en souffrent beaucoup. Il faut utiliser tous les moyens possibles pour maintenir ce contact. On peut s’écrire, se téléphoner. On constate d’ailleurs que les conversations téléphoniques des personnes âgées avec leurs enfants sont plus longues et approfondies. Surtout avec les petits-enfants, d’ailleurs. Ils ont peur pour leurs grands-parents et ont envie de mieux les connaître. Finalement, d’une certaine manière, les liens se sont resserrés. C’est un effet positif de cette crise, si j’ose dire.


La Mutualité française

expérimente un dispositif de soutien renforcé à domicile En septembre 2020, la Mutualité française, la Croix-Rouge et l’Hospitalité Saint-Thomas de Villeneuve ont lancé une expérimentation nationale destinée à soutenir le maintien à domicile des seniors. « L’objectif est de simplifier l’accès à un dispositif

coordonné et centré autour de la personne âgée », précise la Mutualité française. Chacune des actions menées est pilotée par un porteur de projet (services de soins infirmiers à domicile, Ehpad, services de soins d’accompagnement à domicile) et la personne suivie bénéficie d’un interlocuteur unique. L’accompagnement repose

se rendra ensuite chez vous pour évaluer vos besoins, puis établir un plan d’accompagnement personnalisé. Pensez aussi aux caisses de retraite. Elles versent l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) destinée aux retraités ayant de faibles revenus et peuvent participer au financement d’aides techniques. Comme certaines mutuelles, elles proposent aussi du conseil personnalisé pour bien vivre sa retraite. De même, le département peut, sous condition de ressources, financer une partie de l’aide à domicile.

Le rôle fondamental des aidants

Même si le reste à charge est moins élevé qu’en établissement (1 850 euros par mois en moyenne, d’après le rapport Libault), celui des personnes âgées maintenues à domicile est encore trop important pour de nombreuses familles (de 584 à 1 836 euros mensuels, selon le baromètre Retraite.com-Silver Alliance de décembre 2020). Les aidants prennent alors toute leur importance. Par nécessité ou par choix, 11 millions de personnes en France viennent en aide à un proche handicapé, malade ou âgé. C’est la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement qui donne, pour la première fois en 2015, un statut officiel à ces soutiens indispensables. Après des années de mobilisation des associations, cette même loi accorde aux aidants un droit au répit pour leur permettre de se reposer. Ils peuvent désormais accéder à des aides qui participent au financement de l’accueil de la personne aidée dans une structure de jour ou de nuit, un hébergement temporaire en établissement ou un relais à domicile, le temps de récupérer.

Manque de lisibilité

On le voit, même s’ils ont le mérite d’exister, ces dispositifs d’accompagnement manquent clairement de lisibilité. « Les lieux qui permettent d’accéder à une information fiable et de bénéficier d’un accompagnement efficace dans les démarches, comme les maisons des aidants ou les

sur une évaluation de la situation de la personne et de ses aidants. Les actions prennent ensuite plusieurs formes : aide à la vie quotidienne, nursing, accès à des activités collectives d’animation et de prévention… Menée sur trois ans, cette expérimentation devrait concerner 580 personnes âgées au total.

maisons des aînés, sont encore insuffisants et relativement méconnus », constate le professeur Verny. Pour le rapport Libault, « l’offre de prises en charge doit être réorganisée, les prestations rendues plus lisibles, et les réponses apportées moins cloisonnées, en prenant mieux en compte les besoins des personnes ». Malheureusement, la loi Grand âge et autonomie qui devait s’inspirer de ce rapport tarde à voir le jour. Sa rédaction serait toutefois en cours. Mais, Covid oblige, aucun calendrier n’est encore fixé. Pourtant, les attentes sont grandes : de la part des personnes âgées, de leurs familles, mais aussi des professionnels, qui réclament depuis des années une revalorisation de leurs métiers. « C’est désormais d’une décision politique que nous avons besoin », ont prévenu, le 18 janvier, quatre fédérations associatives (ADRM, Adédom, FNAAFP/ CSF et UNA). « Comment imaginer que l’on puisse attendre que la crise sanitaire soit réglée pour s’attaquer au défi du grand âge ? Déjà aujourd’hui, faute de personnel et de moyens financiers, il est impossible d’honorer toutes les demandes d’accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap », déplorent-elles. À côté de l’urgence sanitaire, celle de la réforme ne peut décidément plus être négligée. Delphine Delarue

La chaleur du cœur empêche nos corps de rouiller, Marie de Hennezel, Éd. Pocket (224 p., 6,95 €).

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SPORT La grue blanche déploie  ses ailes

Équilibre et souplesse avec le tai‑chi Vous avez peut-être déjà croisé un groupe de personnes pratiquer le tai-chi dans un parc. Elles enchaînent avec souplesse des mouvements circulaires. C’est le tai-chi, dit aussi tai-chi-chuan, art martial chinois vieux de 5 000 ans. Il est inscrit depuis décembre 2020 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.

Le tai-chi est un art martial interne, en opposition aux arts martiaux externes, comme le kung-fu. Car cette discipline privilégie la souplesse à la force, la lenteur à la rapidité. « Composé de mouvements circulaires, spiralés et fluides, il harmonise et développe la circulation de notre Énergie Vitale (Qi) », souligne la Fédération des arts énergétiques et martiaux chinois (Faemc). Cette fédération regroupe tous les clubs de tai-chi affiliés en France. Les mouvements portent des noms symboliques : le « serpent rampe », la « grue blanche déploie ses ailes », le « pic perce les oreilles ». Chaque mouvement s’enchaîne avec le suivant de manière harmonieuse, accompagné d’une respiration profonde et maîtrisée. Il existe différents styles de tai-chi. Le Yang est le plus pratiqué en Occident. Il comporte une forme longue, de 85 pas (postures et mouvements), et une forme courte, de 37 pas. Le style Chen est aussi très populaire par ses postures plus basses (flexion des genoux) et ses techniques de défense traditionnelle. Le tai-chi se pratique seul ou à plusieurs, à mains nues ou avec des armes factices.

Quels sont les bienfaits  du tai‑chi ?

L’Académie de médecine reconnaît depuis 2013 les bienfaits du tai-chi, qui « améliore l’équilibre et réduit significativement le risque de chute chez les personnes âgées ». En effet,

OÙ TROUVER UN BON COURS DE TAI-CHI ? Sur le site de la Fédération des arts   énergétiques et martiaux chinois :  Ou‑pratiquer.faemc.fr. Tous les clubs  de tai‑chi y sont recensés. Toutefois,  les associations locales non affiliées  à la fédération n’y figurent pas.

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une pratique régulière du tai-chi « améliore la perception de son corps, la coordination et la fluidité du mouvement ainsi que la stabilité », note pour sa part la Faemc. Autre avantage : les enchaînements exécutés avec lenteur et précision permettent un bon placement postural ainsi qu’un meilleur repérage dans l’espace. Cet art martial interne favorise aussi un relâchement musculaire et ostéo-articulaire. La pratique est donc conseillée en cas d’ostéoporose ou de douleurs chroniques, par exemple. Enfin, l’apprentissage des mouvements et des enchaînements développe les capacités cognitives : l’attention, la concentration et la mémoire.

Qui peut pratiquer le tai‑chi ?

Cette discipline est dite « à faible impact » : ni saut ni activité cardiovasculaire intense. Elle convient à tous, y compris aux personnes sédentaires depuis longtemps. Le tai-chi est enseigné aux adolescents pour canaliser leur énergie comme aux jeunes adultes ou aux personnes retraitées, même très âgées. Il n’y a pas de limite d’âge. Grâce à une pratique hebdomadaire, chacun progresse à son rythme, sans recherche de performance. En revanche, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, il existe des championnats de France de tai-chi et des compétitions internationales. Vanessa Pageot

Source : Rapport de l’Académie de médecine « Thérapies complémentaires – acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi – leur place parmi les ressources de soins », 2013, disponible sur Academie-medecine.fr.

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WEB

Tralalere :

le numérique au cœur de l’éducation Avec la crise sanitaire et les confinements successifs, le numérique est devenu de plus en plus indispensable dans nos vies : pour communiquer, pour travailler, mais aussi pour étudier. Zoom sur Tralalere, une société spécialisée dans la création de ressources numériques éducatives, mais pas que.

Avec une vingtaine de designers et de concepteurs, elle élabore depuis plus d’une dizaine d’années des outils qui aident les enseignants et éducateurs à transmettre et à animer les cours.

Une pédagogie active et collaborative

En rendant les apprentissages plus ludiques et plus dynamiques, ces ressources éducatives innovantes permettent à l’enseignant d’aller plus loin, et la classe expérimente le plaisir de découvrir ensemble. La plateforme numérique I Love English School, par exemple, aide les enseignants du primaire à faire cours d’anglais. « Quand ma fille était en CM2, son institutrice s’est appuyée sur cette ressource », explique Deborah Elalouf, avant d’ajouter : « Elle n’était pas à l’aise avec cette langue, notamment dans sa prononciation. En proposant des parcours guidés, gradués, des vidéos, des scénarios, une démarche très modulaire, I Love English School a transformé son cours. Cela lui a laissé le temps de se consacrer à la pédagogie. » Tous les types d’enseignements peuvent tirer parti des ressources numériques, à l’instar de Mathia, un assistant vocal qui permet aux maîtres du CP au CE2 de suivre en temps réel les progrès en maths des élèves et d’adapter leur pédagogie en fonction de leur niveau.

Former des internautes éclairés

T

ralalere, le nom sonne comme un pied de nez. Derrière cette entreprise labellisée entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus), il y a bien sûr une équipe spécialisée dans le numérique et passionnée par ces technologies, mais aussi des personnes curieuses, « des agités du numérique, des fureteurs d’idées », comme ils se qualifient eux-mêmes. Toujours à l’affût des nouvelles pratiques, ils sont près du terrain. Créer des ressources numériques éducatives (dessins animés, jeux et serious games, applications…) efficaces, complètes et simples d’utilisation demande en effet de rester à l’écoute des besoins et des usages afin de s’adapter aux différents publics. Le numérique n’est pas miraculeux, mais il peut donner un sérieux coup de pouce dans une démarche pédagogique. Deborah Elalouf, fondatrice et directrice de Tralalere, en est convaincue depuis longtemps.

Si aujourd’hui le numérique ne fait plus peur et a grandement prouvé son utilité, il demande néanmoins à être expliqué et son usage doit être accompagné. « Il est important pour les parents de comprendre ce que les jeunes font sur les réseaux sociaux (Instagram, WhatsApp), souligne Deborah Elalouf. L’appli gratuite FamiNum, notamment, guide l’échange entre les parents et les jeunes. » Développée également par Tralalere, la ressource Vinz et Lou rencontre un grand succès dans les écoles, où elle sert à aborder les gros enjeux de société auprès des 7-12 ans. À travers des thématiques telles que l’environnement, le numérique ou le handicap, elle les invite à débattre et à se questionner. Citons aussi Info Hunter, qui apprend aux jeunes, de la primaire au lycée, à repérer les fake news, ou encore le centre de ressources en ligne Internetsanscrainte.fr, animé par Tralalere. Cyberharcèlement, laïcité, culture numérique, décryptage de l’information, jeux vidéo, parentalité numérique : des centaines de ressources y sont mises à la disposition des éducateurs, des parents, des enfants et des adolescents. Enfin, pour parfaire leur culture du numérique, Code-Decode enseigne aux enfants les bases de la programmation. Toutes ces ressources éducatives participent à en faire des citoyens actifs et des internautes éclairés. Isabelle Coston

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LOISIRS/CULTURE

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Allons boire à La Fontaine !

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Le 400e anniversaire de la naissance de Jean de la Fontaine sera célébré dans 35 départements. Plus de 230 projets labellisés vont se déployer à compter du 8 juillet et se poursuivront tout au long de l’année. Expositions, concerts, animations, spectacles, ateliers… Demandez le programme !

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plafonds afin de favoriser une immersion totale dans les œuvres. Le château de Vaux-le-Vicomte ne sera pas en reste. Rappelons que La Fontaine entretenait des liens privilégiés avec son propriétaire, le surintendant des Finances Nicolas Fouquet, qui l’avait pris sous sa protection, alors au faîte de sa gloire. Se croyant intouchable, celui qui avait pour devise « Quo non ascendam ? » (« Jusqu’où ne monterai-je pas ? ») avait amassé une immense fortune et fait bâtir par Le Vau un somptueux château, décoré par Le Brun et dont les jardins « à la française » avaient été dessinés par Le Nôtre… De quoi faire de l’ombre à Louis XIV, rendu furieux lors d’une fête donnée à Vaux en son honneur, découvrant le niveau de luxe étalé sous ses yeux. Arrêté quelques jours plus tard, Fouquet est emprisonné et La Fontaine perd son mécène. Pour célébrer le poète, le château de Vaux propose une aventure époustouflante dans la rivière souterraine détournée par Le Nôtre lors

©Yann Piriou

Tout commencera dans sa ville natale, Château-Thierry, où il naît le 8 juillet 1621. La ville se refait une beauté pour être à la hauteur de l’événement ! Une œuvre monumentale réalisée par l’artiste Nathalie Talec devrait être dévoilée. Sculpteur, peintre, vidéaste, photographe et musicienne reconnue internationalement, Nathalie Talec entretient le mystère sur cette œuvre intitulée « La grâce plus belle encore que la beauté »… Une rue Jean-de-laFontaine sera inaugurée (il était temps !) et, après la pièce de monnaie créée tout spécialement par la Monnaie de Paris et la rose qui lui sera dédiée par le rosiériste Meilland, les philatélistes découvriront le timbre réalisé en hommage au fabuliste. Pendant trois jours, concerts, spectacles, défilés, feu d’artifice et animations se succéderont. On peut d’ores et déjà visiter une exposition insolite et intergénérationnelle au musée Jean-de-laFontaine : « Les Fables en briques Lego ». Au total, 15 sculptures d’animaux réalisés à taille réelle, ce qui représente pas moins de 110 000 briques ! Du 6 au 11 juillet, visite exceptionnelle du musée qui lui est consacré dans sa maison natale. Exceptionnellement, le musée sera ouvert en nocturne, dans une atmosphère féerique : des centaines de leds plongeront les visiteurs dans une ambiance surnaturelle, appuyée par la diffusion d’une musique d’époque, des images projetées sur les murs et les

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de la création des jardins. Un parcours scénarisé et interactif qui s’appuie sur le texte de La Fontaine Les Amours de Psyché et Cupidon. Les visiteurs petits et grands, équipés de lampes frontales, de cuissardes et guidés par des comédiens professionnels, devront suivre le cours du Styx, la rivière des enfers, et résoudre une série d’épreuves d’agilité et de logique. Si vos pas vous mènent jusqu’au Limousin, dans le parc naturel régional de Millevaches, à Nedde, près du lac de Vassivière, ne manquez pas d’aller visiter la Cité des insectes, consacrée à ces mal-aimés si indispensables

à la biodiversité. Vous aurez la surprise de pouvoir assister à des conférencesateliers insolites, des regards croisés entre culture et réalités scientifiques sur le thème des insectes dans les Fables. « La cigale et la fourmi », mais pas que ! « Le lion et le moucheron », « La goutte et l’araignée », « Le coche et la mouche », « L’araignée et l’hirondelle »… En Vendée, au parc du Puy du Fou, un spectacle interactif invite les enfants à vivre une expérience au sein du « Monde imaginaire », jardin luxuriant plein de surprises et de poésie. Entre les plantes sauvages et les fleurs élégantes, les ruisseaux et les arbres tortueux, plus de 40 animaux se retrouvent pour donner vie à une douzaine de fables servies par les effets spéciaux spectaculaires. Entouré de son bestiaire, Jean de La Fontaine vous accueille et vous conte l’histoire de ce monde qu’il a lui-même imaginé. Entre réalité et fantastique, la balade est une succession d’aventures qui mettra tous vos sens en éveil. La nature prendra vie, les statues s’éveilleront, les racines se métamorphoseront et les animaux vous feront revivre les célèbres fables. Entre deux saynètes, de mystérieux brouillards apparaîtront de manière inattendue, puis vous serez transporté vers un nouvel univers à chaque pas. Il se servait des animaux pour instruire les hommes… Ses 240 fables pleines de verve et d’ironie méritent plus que jamais d’être mises en lumière ! Denise Cabelli et Françoise Janin

En savoir plus : Museejeandelafontaine.fr

1 - La statue de La Fontaine vous accueille dans sa maison natale de Château-Thierry. 2 - À Vaux-le-Vicomte, la rivière souterraine vous plonge dans une aventure époustouflante.

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INSTANT POÉTIQUE Fils d’un meunier aisé de Montfermeil, il entre à 17 ans en apprentissage chez un architecte. Après avoir exercé divers petits métiers et vécu dans une sévère précarité, il fait à Paris la connaissance de journalistes écrivant notamment dans des journaux socialistes, tels que Le Cri du peuple de Jules Vallès. Il commence alors une carrière d’auteur et de chansonnier. En 1866, il écrit Le Temps des cerises, qui deviendra quelques années plus tard la chanson culte célébrant l’espoir de l’insurrection de la Commune. En 1871, il devient membre du conseil de la Commune de Montmartre. En quelques semaines, le conseil parisien prendra des mesures, révolutionnaires pour l’époque, qui seront le terreau d’une nouvelle humanité, annonçant des transformations futures radicales pour les temps à venir :  égalité salariale entre hommes et femmes ;  citoyenneté accordée aux étrangers ;  droit de vote pour les femmes ;  séparation de l’Église et de l’État ;  instruction laïque, gratuite et obligatoire pour tous ;  réquisition des logements libres ;  liberté de la presse ;  abrogation du travail des enfants ;  journée de travail de 10 heures.

(1837-1903)

JEAN BAPTISTE CLÉMENT

©DR

« J’aimerai toujours le temps des cerises C’est de ce temps-là que je garde au cœur Une plaie ouverte »

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À la suite de nombreuses disparités sociales et des projets politiques difficilement compatibles entre radicaux, révolutionnaires et indépendants, les idéaux de la Commune vont bientôt se voir réduits à l’état de chimères. Thiers et son gouvernement, réfugiés à Versailles, vont profiter de ces contradictions pour bombarder la capitale et reprendre un avantage décisif pour la reconquête de Paris. Jean Baptiste Clément participera jusqu’au bout à la défense d’une des dernières barricades de la rue de Belleville. Suivra alors la terrible Semaine sanglante, du 21 au 28 mai 1871, durant laquelle plus de 20 000 communards trouveront la mort, fusillés ou massacrés par les Versaillais. 38 000 Parisiens sont arrêtés. Des condamnations à mort sont prononcées. De nombreux combattants sont envoyés en exil. C’est le cas de Louise Michel, surnommée la « Vierge rouge ». En 1874, Jean Baptiste Clément est condamné à mort par contumace. Il est obligé de s’exiler. Amnistié en 1879, il rentre à Paris en 1 880. En 1885, il fonde le Cercle d’étude socialiste et la Fédération socialiste des Ardennes, qui participe en 1890 à la création du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Il sut porter au plus haut point l’exigence d’une autre société, plus juste, plus humaine, plus fraternelle.

Bernard Montini

La Semaine sanglante

Chanson révolutionnaire de Jean Baptiste Clément, 1871 (extraits) Sauf des mouchards et des gendarmes, Ces mauvais jours-là finiront. Et gare à la revanche On ne voit plus par les chemins Quand tous les pauvres s’y mettront ! Que des vieillards tristes en larmes, Des veuves et des orphelins. On traque, on enchaîne, on fusille Paris suinte la misère, Tous ceux qu’on ramasse au hasard : Les heureux mêmes sont tremblants, La mère à côté de sa fille, La mode est aux conseils de guerre L’enfant dans les bras du vieillard. Et les pavés sont tout sanglants. Les châtiments du drapeau rouge Refrain : Sont remplacés par la terreur Oui mais… De tous les chenapans de bouge, ça branle dans le manche,

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Valets de rois et d’empereur. Refrain Demain les gens de la police Refleuriront sur le trottoir, Fiers de leurs états de service Et le pistolet en sautoir. Sans pain, sans travail et sans armes, Nous allons être gouvernés Par des mouchards et des gendarmes, Des sabre-peuple et des curés.


VIE PRATIQUE

Dons familiaux : quelles exonérations ? Afin de transmettre de son vivant une partie de son patrimoine à ses héritiers pour qu’ils puissent en profiter quand ils sont encore jeunes, l’État autorise des dons exonérés d’impôts.

L

es héritages arrivent souvent tard. En France, l’âge moyen des héritiers est aujourd’hui de 50 ans et, selon les projections, il devrait atteindre 58 ans en 2050. Or c’est surtout quand on est jeune que l’on a besoin d’un coup de pouce pour se lancer dans la vie. Aussi, pour favoriser la consommation au détriment de l’épargne, l’État encourage les donations. Ces transmissions de patrimoine anticipées, qui bénéficient de conditions fiscales très avantageuses, doivent bien entendu répondre à certaines règles.

À qui peut-on donner ?

La donation est réservée aux membres de la famille : enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, frères ou sœurs, à condition qu’ils soient majeurs (ou qu’ils aient fait l’objet d’une mesure d’émancipation). En l’absence de descendance, les neveux et nièces (majeurs également) peuvent recevoir des dons. Si aucune limitation d’âge n’est fixée pour le donataire (le bénéficiaire du don), le donateur (celui qui donne) doit en revanche avoir moins de 80 ans pour que le donataire bénéficie de l’exonération.

Que peut-on donner ?

Vous pouvez donner de l’argent, mais également des biens meubles (voiture,

bijoux…), immeubles (maison, terrain…) et des valeurs mobilières (actions, parts sociales…). Lorsqu’elle porte sur un bien immobilier, la donation doit obligatoirement être établie par acte notarié.

Quelle fiscalité pour les dons familiaux d’argent ?

Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros par enfant sans droits de donation à payer. Un couple peut donc transmettre à chacun de ses enfants 200 000 euros, totalement exonérés d’impôts. Cet abattement de 100 000 euros peut s’appliquer en une seule ou en plusieurs fois tous les 15 ans. Sous les mêmes conditions, la franchise d’impôt pour une donation consentie aux petits-enfants s’élève à 31 865 euros,

à 5 310 euros pour les arrièrepetits-enfants, à 15 932 euros pour les frères et sœurs, à 7 967 euros pour les neveux et nièces, à 80 724 euros pour le conjoint ou le partenaire de pacs, et à 159 325 euros pour toute personne handicapée. Celle accordée à un donataire handicapé s’ajoute, le cas échéant, à celle dont il peut bénéficier du fait de ses liens avec le donateur. Les autres donataires (concubin, cousins, amis…) n’ont droit à aucun abattement ; ils sont imposables au premier euro. Ces abattements peuvent se cumuler entre eux : un enfant peut recevoir 200 000 euros (100 000 x 2) de ses parents et 127 460 euros (31 865 x 4) de ses quatre grands-parents tous les 15 ans sans droits de donation à régler. Quand la somme reçue dépasse les montants exonérés, l’excédent est imposé selon le barème progressif prévu pour les donations en ligne directe. Dans tous les cas, le don doit être déclaré au fisc dans un délai d’un mois, au moyen du formulaire n° 2735 rempli en deux exemplaires. Isabelle Coston

LE DON MANUEL Il est également possible de donner de l’argent, des meubles, des œuvres d’art, des bijoux, un véhicule ou des valeurs mobilières en effectuant ce que l’on appelle un don manuel. Dans ce cas de figure, les conditions sont plus souples. Le donateur peut en effet avoir plus de 80 ans et le donataire peut très bien être mineur. Ce type de don n’est pas imposé jusqu’à 31 865 euros et il est cumulable avec une donation. Ainsi, chaque parent peut transmettre, sans impôts, jusqu’à 131 865 euros à chacun de ses enfants tous les 15 ans, en cumulant une donation classique et un don manuel. Et chaque grand-parent peut transmettre, sans impôts, jusqu’à 63 730 euros à chacun de ses petitsenfants âgés de plus de 18 ans (restriction d’âge pour la donation familiale).

@Shutterstock

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Depuis qu’elle a remarqué qu’elle avait des problèmes d’audition, Hélène a des capacités en moins plus.

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