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LE MAGAZ NE

Association Gendarmes & Citoyens ASSOCIATION PROFESSIONNELLE NATIONALE MILITAIRE

L’EDITO DU VICE-PRESIDENT

Reconnaissance du brevet de MIP

Mensuel en ligne et gratuit - N° 87 JANVIER 2017 - AG&C®

www.AssoGendarmesetCitoyens.com


Le sommaire

Association Gendarmes et Citoyens Quartier BETEILLE Bâtiment 01 App. 05 33270 BOULIAC Directeur de publication Jérémy Langlade admin@assogendarmesetcitoyens.fr

06 11 47 18 85 Comité de rédaction Le conseil d’administration Des membres volontaires Corrections Capitaine ER Jean-François Charrat

3 – L’édito du vice-président 4 – « La moitié des policiers et militaires prêts à voter Marine Le Pen » 5 – Vocation certes, mais rêves déçus ? 6 – Brève du SIRPA 8 – De la reconnaissance du brevet de moniteur d'intervention professionnelle. 10 – Adhésion 2017 12 – Questions aux candidats à l’élection présidentielle 13 – Un nouveau partenaire « Euralpha » 14 – Hommage à nos morts 16 – MARRE DES CONDOLÉANCES ? RASSUREZ-VOUS, NOUS AUSSI ... ! 20 – Tribune libre 27– Ecusson AG&C 28 – L’actu en bleu 34 – Nos partenaires

Conception graphique Maquette - Jérémy Langlade Photos - Médiathèque AG&C, Images et photos internet Couverture - Montage AG&C Dépôt légal - Reproduction autorisée dès parution Contact@assogendarmesetcitoyens.fr Magazine sponsorisé par

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L’édito La Directeur Général réfléchirait à la création de BT spécialisées dans l'ultra ruralité : contact, proximité et plus de Judiciaire... Comment vous dire que ce genre de promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ? Après tout, à partir de quel niveau de « gravité » ces unités seront-elles autorisées à « shooter » les plaintes les plus délirantes quand on sait qu'ailleurs, il faut « tout prendre » sur instruction du parquet, qui, bien que débordé, ne voit pas l'intérêt de lui éviter de lire des plaintes parfois... surréalistes où aucune infraction ne peut être retenue… Les gendarmes de brigades apprécieront à l'usage, comme ils apprécient déjà les atermoiements du ministère de la justice concernant la charge des transfèrements des détenus… Il ne faudrait pas, qu'à force d'annonces de décharges à droite et à gauche (je vous entends me parler des procurations en cette année d’élection ), il ne faudrait pas donc, que l'on commence à reprocher à tous ces brigadiers de ne plus rien faire ! Cependant, il ne s'agit pas de commencer l'année de façon pessimiste, voilà enfin que le travail de ces unités de terrain vient d'être récompensé par une prime spécifique, message à tous les grognons non impactés, il est encore temps de faire une demande de mutation pour retourner à la « base », à la brigade ! Chez AG&C, le début d'année est tourné vers un espoir simple, atteindre une taille suffisamment respectable pour que tous ces dossiers, et les autres, fassent l'objet d'une demande d'avis de notre part. Nous ne doutons pas qu'une fois que notre association aura atteint les 5000 membres militaires de la Gendarmerie, plus aucun de ces projets impactant la vie du gendarme, ne sera envisagé sans passer par la case discussion avec nous. Tout le monde fait des vœux pour 2017, et bien nous faisons celui-là. Bonne année à tous David SOYER, vice président d'AG&C, gendarme de brigade (sera-t-elle rurale ? ).

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« La moitié des policiers et militaires prêts à voter Marine Le Pen » proches de la gauche, de nombreux citoyens sont blessés (auteurs, victimes, forces de l’ordre), des biens publics sont détruits, des gens sont poursuivis par les tribunaux pour violences... Mais lors des mouvements policiers récents, policiers qui sont prêts à voter pour Marine Le Pen à hauteur de 47 %, je vous le rappelle, le bilan des dégradations et des violences se résume à zéro ! Il est étonnant qu’une « vaste étude » ne se soit pas enSi l’adjectif « vaste » ne laisse, en principe, aucune place à core essayée à l’interprétation de ces données fiables et l’interprétation selon le Larousse Illustré : «qui a une sans équivoque. grande étendue...», il semblerait que pour CEVIPOF, interroger seulement 25 000 Français sur un total de 66 La vrai question finalement, car nous savons tous que les millions soit à la hauteur de l’enjeu et permette de ga- partis de droite séduisent plus que les partis de gauche rantir la véracité de leur étude. Chacun jugera si l’avis de au sein des forces de l’ordre, n’est-elle pas de savoir 0,038 % des Français peut donner un résultat objectif. Si pourquoi ? Les Policiers, les Gendarmes et Militaires la majorité des Français peut légitimement émettre des dans leur ensemble sont les acteurs quotidiens de la midoutes sur les instituts de sondages, -l'actualité récente sère dans toutes les couches de la population. Ils sont le est là pour en apporter la preuve- on pourrait au moins baromètre des réalités de la souffrance des gens. Il paraît attendre un peu plus de sérieux et de professionnalisme logique que ces derniers se sentent plus concernés par de la part d’un centre de recherches et d’une étude dont des discours se rapprochant de celles-ci. l’auteur est Directeur de recherche au CNRS (Centre Chez les membres de l’Association Gendarmes & Cinational de la recherche scientifique). toyens le seul aspect politique qui prime est personnel et La cerise sur ce gâteau périmé, que l’on nous représente se décide dans l’intimité d’un isoloir. Point d’étude, point à chaque nouvelle élection, reste la proportion de de débat ou de commentaire. Nous sommes des Gen«policiers et militaires prêts à voter Marine Le Pen». darmes et nous servons nos concitoyens quels que L’étude avance le chiffre de 47 % ! Encore une fois et à soient leur statut social et leurs engagements politiques. l’image de l’ensemble des valeurs qui entourent cette « Nos préférences électorales, nos appartenances relivaste étude » on peut lire dans le rapport chiffré que gieuses restent au domicile avant de partir en service. «ces dernière données sont néanmoins à prendre avec Un Gendarme ne vote pas Marine Le Pen ou François précaution car elles portent sur des effectifs réduits à Fillon ou quelqu'un d'autre, un Gendarme est apolitique ! une centaine d’enquêtés à chaque fois.». Nous pouvons donc conclure qu’environ 1600 policiers et militaires ont été interrogés sur l’ensemble des études (à condition qu’ils aient été différents à chaque fois car une centaine reste une centaine même si on l'interroge 16 fois). Les journalistes reprennent donc une étude du CEVIPOF pour affirmer des faits engageant le choix des votes de plus de 365 000 militaires, 100 000 gendarmes et 145 000 policiers sur la base de 1600 interrogés. Nos médias affirment que nous votons pour Marine Le Pen à hauteur de 47 % sur la base d’un échantillon de 0,262 % personnels de nos institutions. Vaste interprétation pour une « vaste étude »... C’est par cette affirmation catégorique que le NouvelObs titre son article faisant référence à une « vaste étude » du CEVIPOF (centre de recherches politiques de Science Po). Ce dernier interroge 25 000 Français, 1000 jeunes de 16 à 18 ans et 2500 autres non-inscrits sur les listes électorales 16 fois durant vingt mois. Il est en partenariat avec IPSOS et Le Monde.

En se fondant sur une étude représentant un échantillon proche du néant, nos journalistes nous étiquettent comme des bovins et nous assistons alors à la foultitude de commentaires habituels à notre égard ! Nous sommes des fachos, des nazis, la violence policière est notre credo et nous sommes partiaux et engagés à en découdre lors des missions de maintien de l’ordre en fonction des accointances politiques des mouvements sociaux. Sur ce dernier point, pour faire un peu d’ironie, on notera que lors des «mouvements populaires»


Vocation certes, mais rêves déçus ? Il fût un temps, pas si lointain, je regardais les patrouilles de gendarmerie qui passaient devant chez moi. De mes yeux d'enfant et de mon imagination débordante, des certitudes sont nées à chacun de leur passage. Je savais que ces hommes étaient des super-héros auxquels il valait mieux ne pas avoir affaire !

séances de tirs rarissimes en quantité et en qualité ( les cartouches coûtent un certain prix ! ), les cours de technique d'intervention et de maîtrise sans armes des adversaires devenus trop sporadiques pour qu'ils restent des automatismes dans certaines unités, faute de formateurs ou faute de temps, sont autant de conséquences de l'absence de volonté devant le budget.

Je les imaginais si forts et entraînés que je les pensais capables de maîtriser à leurs seules force et technique n'im- Cette super-justice, dont j'osais croire suivre les preuves porte quelle personne violente. Qu'ils pouvaient, même d'enquêtes des gendarmes et appliquer le code pénal sévèrement, s'avère minimiser les faits et souvent les seuls, terrasser tous leurs adversaires. peines. Les causes me dépassent forcément, mais de mon Je croyais que, quoi que l'on puisse faire comme bêtise, ils niveau, j 'entends bien trop souvent que c'est en raison le sauraient forcément un jour grâce à leurs super- du peu de places de prison, de l'individualisation des équipements à la pointe de la technologie, et qu'ils trou- peines, etc... veraient n'importe quels coupables. Je pensais que leur parole était la même que celle de la justice, que si un gen- Mais que peut volonté sans budget ? darme prouvait que quelqu'un était hors la loi, il irait for- Cette chose que je pensais inimaginable à l'époque, agrescément en prison après avoir été jugé. ser des gendarmes, sous peine de risquer une punition J'avais la certitude que répondre à un de ces super-héros judiciaire est malheureusement devenue monnaie couou faire preuve d'irrespect, voire pire, de violences, con- rante fréquent et pas ou peu réprimée. On peut aujourduiraient sûrement à l'enfermement et que personne d'hui, par exemple brûler vifs des policiers dans leur véhin'était assez fou pour prendre un tel risque. Que ceux cules de patrouille sans éprouver la moindre crainte qui s'y hasarderaient, seraient traqués sans relâche. d'une chasse à l'homme et rentrer chez soi, tranquilleEt que ces gendarmes, de par leurs techniques et leur ment. formation, combinées à leurs super-équipements et à une Je pourrais énumérer encore nombre d'améliorations sésuper-justice, enverraient l'auteur de ces méfaits directe- curitaires dont devraient bénéficier nos forces de l'ordre ment en prison pour de longues périodes. avec le budget à hauteur de la volonté. Aujourd'hui, je suis celui qui passe en patrouille devant la maison de mon enfance. Moi qui pensais faire partie de cette famille de super-héros, ma vocation reste intacte, mais de mes rêves il ne subsiste pas grand chose, tant le gouffre est immense.

Si ma vocation reste intacte, mes rêves sont écornés...........

J'ose encore croire à un sursaut de volonté face à budget. Il suffirait qu'ils s'entendent enfin pour que la réforme des institutions soit enfin réalisée. Mais ceci est un autre suMalheureusement, j'ai rapidement compris quelle était jet, mon rêve d'adulte ! cette chose qui empêchait mon imagination d'enfant d'être une vraie réalité, et cette chose se nomme le budget. J'ai aussi rapidement trouvé une solution à cette chose, et elle se nomme la volonté. Ces super-équipements que j'imaginais à la pointe de la technologie, se sont avérés être bien trop souvent des équipements obsolètes, plus du tout adaptés à leur époque, mais qui ne sont pas, ou peu, remplacés, la faute au budget qui a décidé, en l'absence de volonté de ceux qui délaissent la sécurité au profit d'autres ministères. Le peu d'équipements de pointe dont nous disposons, adaptés et appréciés sont malheureusement trop souvent en nombre insuffisant. Ces super-formations que j'imaginais, et les superentraînements sont de plus en plus rares, faute de temps pour les gendarmes, mais surtout faute de moyens. Les


Le 19 janvier 2017 Depuis l’ouverture de la 57ème session du CFMG à la DGGN vous êtes très nombreux à solliciter l'association concernant le discours d’ouverture du directeur général, le Général LIZUREY. Il a été adressé une brève du SIRPA, par courriels aux militaires. Le directeur général explique qu’il « est nécessaire de laisser la main localement pour appliquer les directives centrales, voire à la marge, ne pas les appliquer », ce qui demande de l'intelligence de situation et de la "bienveillance" des Chefs. Il a aussi souligné que cette disposition ne rime nullement avec les notions de « cogestion » ou de « démagogie », et qu'il est indispensable pour les Chefs de savoir expliquer les décisions.» AG&C a toujours rappelé dans ses articles l’importance d’appliquer avec intelligence et bienveillance les textes, notamment sur les sanctions (voir notre texte sur les jours d’arrêts). Si elle partage tout à fait l'idée d’un commandement humain et efficient, la position exprimée devant le Conseil de la Fonction Militaire Gendarmerie, laisse planer un doute réel sur l'interprétation par les échelons locaux, d'ordres provenant de l'administration centrale. Le contexte dans lequel la direction affirme que les chefs locaux peuvent finalement faire comme ils le souhaitent, à la marge, sans précision sur le contenu, a provoqué chez tous les membres adhérents et sympathisants une sincère et immense inquiétude. Cette disposition concerne-t-elle l’attribution des temps de récupération physique ? Des quartiers libres ? Des jours de repos ? Des formations ? Des mutations ? La sécurité des personnels ? Où commence et où s’arrête l'inapplication des directives régissant le quotidien professionnel des gendarmes ? Après plusieurs années de travaux pour améliorer les conditions de travail des gendarmes, notamment avec la feuille de route, AG&C ne peut sérieusement envisager que le directeur général ambitionne d'exposer les gendarmes à d'éventuelles dérives locales. C’est la raison pour laquelle, conjointement à la publication de ce communiqué, AG&C adresse une demande de mise au point auprès du secrétaire général du CFMG. En conclusion, AG&C sollicite du Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, de bien vouloir préciser le fond de sa pensée.

Informations : AG&C interviendra de nouveau sur ce sujet dans les semaines à venir PAGE

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De la reconnaissance du brevet de moniteur d'intervention professionnelle. Quel gendarme n'a jamais entendu parler du « MIP » ? Quel gendarme n'a jamais été instruit par un « MIP » ? L'intervention professionnelle est une matière incontournable de la Gendarmerie de terrain. Il en est ainsi puisque cette « science » inclut tous les aspects du travail de gendarme en vu de le rendre efficace, légal et sécurisé au maximum. Chronologiquement, le moniteur effectue un stage à St Astier de 6 semaines. Avant cela, il a été sélectionné par sa région, parfois plusieurs fois. Arrivé au CNEFG, il est de nouveau évalué et renvoyé chez lui s'il ne fait pas la maille. Il doit également réussir le stage puisqu'il est évalué tout du long. A l'issue, il obtient un brevet en bronze numéroté. Le stage est dense. Les journées sont longues et la pression de l'examen (et du CNEFG) est permanente. Le moniteur breveté, de retour dans son unité, se voit confier toutes sortes de responsabilités par ses pairs et ses chefs. Son brevet sera mis à jour à St Astier tous les 8 ans. Un texte définit ses prérogatives : L'instruction n°240400. Selon ce texte, ses fonctions sont limitées. Pourtant la réalité est toute autre. Le gendarme MIP a largement prouvé sa motivation. Son commandement va lui confier toutes sortes de missions puisqu'il a été entrainé à les gérer durant son stage. Il y a une « aura » autour de ce brevet. La plupart des militaires pense que le MIP est un « combattant d'exception », qui fait plus de pompes et de tractions, qui tire comme un sniper, qui court comme un léopard, qui se bat comme un ninja, bref, beaucoup d'esbroufe, largement entretenue par certains. Finalement, il est juste « prof d'IP ».... Au quotidien, le monitorat c'est : - L'organisation et la gestion des séances de tir à toutes les armes. Le directeur de tir est souvent spectateur. C'est le MIP qui gère tout et surtout la sécurité. - L'instruction des militaires de la compagnie ou de l'escadron à l'emploi des armes (technique et légal), à la maitrise d'un malandrin avec les mains et les pieds, aux techniques d'intervention à pieds comme en véhicule, bref, tout le boulot de terrain dès lors qu'on est exposé au danger. - L'évaluation de ses camarades aux CCPS (et CCPG la plupart du temps), avec tout ce que cela engendre. La réussite de ces épreuves conditionnant certaines affectations, mutations ou passage de grade. - La conduite d'opérations d'interpellation (PSIG, PI, PSPG) qui lui sont confiées. Aucun commandant de peloton disposant d'un MIP ne lui ôtera la direction des opérations, sauf s'il est MIP lui-même bien-sûr. Il a un commandement opérationnel concret, même si l'instruction précitée ne le prévoit plus depuis quelques années.... - Le détachement d’une semaine à 3 mois hors de son unité (et de sa famille) pour renforcer les cellules IP des écoles ou des PMG. Sachant que ces détachements n'ont aucun attrait puisque non rémunérés, non gratifiants pour l'avancement, se font par obligation d'une désignation d'office et avec les moyens personnels du MIP !!!!! Donc finalement, dans son domaine, le MIP prouve largement sa motivation, sa capacité à diriger, son engagement et ses capacités physiques et pédagogiques. Il en faut bien moins pour avoir accès à l'avancement avec l'OPJ qui est une qualification judiciaire et non de commandement. Je parle bien ici du grade militaire de mdl/chef, celui qui différencie les « gradés d'encadrement ».


Il ne s'agit pas de dénigrer la qualification d'OPJ, loin de là. Pourtant, le brevet de moniteur d'intervention professionnelle n'ouvre à ce jour aucun droit à une quelconque IJAT, au moindre avancement, à la moindre prime ni aucune qualification supplémentaire. Le MIP est simplement reconnu de ses officiers sur sa notation annuelle. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il donne. Pour quelle raison ce brevet, finalement incontournable, n'ouvre pas systématiquement droit à l'avancement (AVP)? Pour quelle raison ses détachements ne sont-ils pas indemnisés comme les déplacements des gendarmes mobiles (IJAT)? Un MIP depuis 10 ans.

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Adhésion 2017 Bonjour chers adhérents. L'année écoulée en appelle déjà une autre et pour nous, l'exercice se renouvelle toujours au profit de la collectivité. AGC est une association engagée, motivée et armée par des personnels d'active pour faire avancer le dialogue et améliorer la condition du Gendarme. L'année 2016 aura été une année chargée en interventions, en actions également et malheureusement aussi en émotions. Pour continuer, nous devons être représentatifs et à cet effet, nous avons l'honneur de vous solliciter pour renouveler votre adhésion au titre de l'année 2017. Ces 15 € nous permettent une indépendance vis-à-vis des acteurs institutionnels mais aussi de faire tourner l'association qui deviendra à terme incontournable. Merci pour votre adhésion. Merci pour vos engagements, pour vos commentaires et pour votre fidélité à AGC. Le président

C'est au nom de tous les membres du conseil d'administration de AG&C que j'adresse à tous nos adhérents, nos plus sincères remerciements pour le soutien que vous nous témoignez au quotidien. Nous sommes au sein du conseil, seulement une poignée de gendarmes de différents grades, tous de terrain, qui donnons de notre temps personnel pour faire vivre et faire évoluer cette association. Elle construit une nouvelle liberté d'expression sur le quotidien qui est le notre et que tant de nos aînés ont appelé de leurs vœux, parfois durant des carrières entières ! Sans votre soutien nous ne serions pas parvenus à ce qu'elle représente aujourd'hui et sans votre soutien, la pérenniser serait un défi quasi irréalisable. Si de nombreux gendarmes ont eu, ou auront besoin de notre association, il est indéniable que AG&C a aussi besoin de nombreux gendarmes. Nous remercions donc tous ceux qui ont adhéré, ceux qui ont renouvelé sans même attendre un courrier les invitant à le faire et enfin tous ceux qui nous l'espérons viendrons nous rejoindre en 2017, pour permettre à AG&C de continuer d'avancer et à la base de s'exprimer, d'apporter ses idées, ses expériences afin de faire évoluer l'Institution ! « L’Homme ne peut rien faire en bien ou en mal qu'en s'associant. Il n'y a pas d'armure plus solide contre l'oppression ni d'outils plus merveilleux pour les grandes œuvres. » (WALDECKROUSSEAU) Rejoignez nous ! La trésorière

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Cher(e)s ami(e)s, chers camarades,

Aujourd'hui, la nouvelle circulaire sur les associations professionnelles nationales militaires ouvre la voie à une participation directe de la base aux prises de décisions concernant son quotidien. Les gendarmes peuvent enfin donner leur avis, sans filtre, sans distorsion. La force humaine va retrouver ce qui fait sa force : la cohésion, car c'est en se disant les choses clairement que les difficultés s’aplanissent. Soutenez votre APNM G&C, rejoignez-nous. Pour celles et ceux qui le souhaitent, conformément à l'article 6 des statuts de l'association, vous pouvez nous rejoindre anonymement. ( Ne pas apparaître dans l'annuaire de l'association ) Pour cela il vous suffit de cocher la case correspondante sur le formulaire d'adhésion.

MEMBRE Sont membres les militaires en activité, GAV, CSTAGN, Réservistes, Gendarmes en retraite depuis moins de 5 ans

SYMPATHISANT Sont sympathisants les militaires en retraite depuis plus de 5 ans, les conjoint(e)s, l'ensemble des soutiens de la société civile PAGE

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Questions aux candidats à l’élection présidentielle Lors de son Assemblée Générale, le 10 septembre 2016, AG&C décidait de poser « 5 questions aux candidats ». Ces questions, élaborées avec le concours de gendarmes de tout horizons, seront posées aux candidats confirmés. Nous publierons les réponses dans nos prochains magazines, tout au long de la campagne présidentielle. 1.

Les gendarmes aspirent à une juste reconnaissance de leur travail et de leurs efforts. Les décisions de justice ne sont pas à la hauteur des fautes commises à l'encontre des personnes et des biens. La Justice manque de moyens pour faire appliquer les sanctions prévues par les lois de la République. Le sentiment d'impunité chez les mis en cause est prégnant. Ils n'hésitent plus à s'en prendre physiquement à tous les symboles de l’État et à ceux qui sont chargés d'assurer la sécurité et la tranquillité de la République. Si vous êtes élu, vous engagez-vous à cesser de sacrifier le budget des ministères régaliens, à poursuivre un recrutement de qualité et l'attribution de moyens adaptés ?

2.

Nombre d'hommes ou de femmes politiques estiment que les militaires - dont les gendarmes partagent le statut - ne peuvent avoir qu'une liberté d'expression restreinte. Êtes-vous favorable à donner la parole aux gendarmes ? Ferez-vous en sorte qu'ils soient autorisés à commenter l'actualité, au même titre que les policiers ?

3.

Les associations professionnelles nationales de militaires sont une réalité officielle. Leur existence a fondamentalement changé l'esprit de certains grands chefs. Quelle place réserverez-vous à ces nouvelles entités ? Serez-vous prêt à leur ménager la même écoute qu'aux syndicats de la police nationale ?

4.

Quand vous serez président, vous serez le chef des armées. A ce titre, vous engagez-vous à redorer l'image, rendre la dignité et le respect qui leur sont dus, aux militaires qui servent la France en augmentant significativement leur protection contre toutes les atteintes physiques ou verbales, leurs moyens d'exercer les missions et leurs conditions de vie ? De quelle manière ? Si vous êtes élu, Monsieur ou Madame X, comment comptez-vous imposer enfin le transfert des translations judiciaires à l'administration pénitentiaire qui ne joue pas le jeu malgré les moyens alloués (Emplois Temps Pleins, véhicules, formation). La mesure était censée recentrer les gendarmes sur leurs "cœur de métier" et on constate que les missions restent à leurs charges alors que, parallèlement, des effectifs importants et des moyens conséquents leurs ont été supprimés. Comment comptez-vous régulariser cet échec de l'exécutif en place ? PAGE

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AG&C est heureuse de vous annoncer un nouveau partenariat avec les Assurances EURALPHA

PRESENTATION 1) Qui sommes nous ? Société de courtage en assurances créée en 1989, Euralpha est spécialisée dans l’assurance des militaires de la Gendarmerie nationale, et depuis janvier 2010 des fonctionnaires de la Police. Grâce à ses contrats parfaitement adaptés aux besoins de ses clients, à ses tarifs particulièrement compétitifs, ainsi qu’au professionnalisme de ses équipes, Euralpha compte à ce jour environ 20 000 clients répartis sur l’ensemble du territoire national, Corse et DOM compris. Euralpha a pour ambition de faire bénéficier l’ensemble des Gendarmes et Policiers de son expertise en matière d’assurance en proposant des contrats d’assurance de biens (auto, moto, habitation,...) mais également de personnes (santé, prévoyance...) conçus pour répondre à vos besoins spécifiques. Pionnière dans les méthodes de gestion utilisées, tant au niveau de son service commercial que de son service sinistre, Euralpha est ainsi en recherche permanente d’innovations avec pour seul objectif la maximisation de la satisfaction de ses clients.

2) Notre vision du courtage en assurances ? Par définition, le courtier ne se contente pas de commercialiser des contrats d'assurance. Il est le mandataire du client et n’est pas lié à une compagnie d’assurances en particulier. Aussi, le courtier va rechercher pour vous le meilleur contrat d’assurance, le mieux adapté à vos besoins, et va négocier pour vous le meilleur prix. Euralpha va jusqu’à concevoir directement ses produits d'assurance dédiés aux Gendarmes et Policiers et va ensuite les placer auprès d’assureurs porteurs de risques soigneusement choisis, lesquels lui délèguent la commercialisation et la gestion administrative de ces contrats. Cette approche permet à Euralpha de proposer à ses clients des offres «sur‐mesure », modulables et plus compétitives que celles des assureurs traditionnels. C’est également dans le but de conserver un tarif compétitif que vous ne nous verrez pas à la télévision ou n’entendrez pas parler de nous à la radio : nous préférons que votre prime soit utilisée pour vous assurer un service de qualité. En veille permanente, Euralpha, en tant que courtier, adapte régulièrement ses produits aux besoins de ses clients tout en maintenant des tarifs avantageux. PAGE

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2016 Hommage à nos morts Le 19 janvier, décès du Lieutenant-Colonel Michel RAOULT à Rennes (35). Le 16 février, décès du Gendarme Michel BEUCHET affecté à la brigade de proximité de LAPLEAU (19) Le 4 avril, décès du Gendarme Adjoint Volontaire Edwing ADIGERY, affecté au PSIG GTA de Marseille (13). Le 17 mai, décès de Jean Christophe ROYER dans les Pyrénées. pilote d’hélicoptère. Le 17 mai, décès de Dominique JAMET, mécanicien à bord de l’hélicoptère. Le 17 mai 2016 décès de Lionel LOUSSALEZ à bord de l’hélicoptère. Le 17 mai, décès de Christophe CAVAILLES à bord de l’hélicoptère. Le 21 mai, décès de l’Adjudant Alain NICOLAS à Orange. Le 3 juin, décès du Gendarme BIDAULT Damien de la BTA CREMIEU (38). Le 3 juin, décès de l’Adjudant-Chef FLEURIER Stéphane de l'Escadron 47/3 Le 29 juin, décès du Gendarme Stéphane TURPIN Le 30 juin, décès de Bastien DECOMPTE affecté à l’Escadron de Gendarmerie Mobile 22/5 Le 3 juillet, décès du Gendarme Mathieu DUBOIS était affecté à l’Escadron 45/3 Le 7 juillet, décès du Gendarme Jean-Christophe BOCHET de la brigade motorisée de MODANE Le 13 septembre, décès de l’Adjudant Bertrand FERRARD, de l'Escadron de Gendarmerie Mobile 25/7 Le 13 septembre, décès de l’Adjudant Laurent ALLAIN Le 19 septembre, décès du Garde Républicain Jordan BEY Le 11 octobre, décès de l’élève gendarme Clément CHILOUP Le 13 octobre, décès de l’Adjudant IGLESIAS Jérémy Le 1er novembre, décès de l’adjudant Thibault VALERA Le 7 novembre, décès du Gendarme Alexandre JEULIN, de l'Escadron 43/7 PAGE

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Le 17 novembre, décès du Major Christian RUSIG Le 30 novembre, décès du gendarme Claude COTREBIL de l'escadron de gendarmerie mobile d'Orange (84) Le 5 décembre, décès du Gendarme Eric HANSLER, de la Brigade de Proximité de PRECY-SOUS-THIL (21) Le 5 décembre, décès du Gendarme Patrice BENCIVENGO Le 7 décembre, décès de Benjamin MONNIN, Gendarme Adjoint Volontaire affecté au PSIG de LOUHANS (71). Le 8 décembre, décès du Gendarme Wilfrid BRICOUT, de la Brigade de Proximité de LA TRINITE Le 18 décembre, décès du Gendarme Julien GAUDEIX, 30 ans, de la COB de PONT DE VAUX Le 23 décembre, décès du Gendarme Florian GUSTAVE Le 23 décembre, décès du Gendarme Adjoint Volontaire Théo DELPIERRE Le 23 décembre, décès du Gendarme Adjoint Volontaire Yassaad BOUMSSIMRAT Le 23 décembre, décès du Gendarme Régis KESSLER Le 24 décembre, décès de l’Adjudant Philippe PEGOT Le 31 décembre, décès de Jérémy ROOSE âgé de 21 ans gendarme adjoint affecté au PSIG de Saint-Nazaire

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MARRE DES CONDOLÉANCES ? RASSUREZ-VOUS, NOUS AUSSI ... ! Les membres du conseil d'administration et ceux du comité de rédaction de l' A.G&C, vous prient très humblement de croire que c'est profondément et sincèrement ''contrits'', pour ne pas dire ''anéantis'', que nous nous permettons de revenir sans cesse par devers vous en ces douloureuses et funestes circonstances. Par contrecoup, celles-ci engendrent immanquablement un accroissement de la peine à laquelle nous voulons pourtant non moins sincèrement nous associer, vis à vis de toutes celles et ceux de la communauté que représente ''les forces de l'ordre''. Ces dramatiques situations frappent et font souffrir de plus en plus d'entre nous aujourd'hui, la conjoncture actuelle les rendant presque ''communes'', pour ne pas dire ''banales'' de par leur récurrence. Sachez que nous regrettons profondément et au plus haut point, les toujours possibles maladresses pouvant se glisser dans nos communiqués, relatant les causes déchirantes de disparitions pratiquement ''journalières'' enregistrées au sein de notre Institution, conjointement à des drames douloureux n'ayant pourtant dans les faits pas les mêmes origines, comme la maladie, les accidents liés directement ou indirectement au ''service''. L'affolante prolifération de toutes ces mauvaises nouvelles en est l'humaine cause. Pour seule excuse, sans pourtant en l'espèce nous en accorder nous-mêmes aucune, le rythme incroyablement ''démesuré'' des actes d'autolyses enregistrés au sein des personnels de l'ensemble des forces de l'ordre depuis des années, nous mobilise outrageusement. Il semble malheureusement qu'aucune récession ne daigne s'amorcer au vu du bilan de ces derniers mois. Nous continuons donc à ressasser sans relâche nos messages de condoléances, et ce dans des proportions qui vont bien au delà de la considération inadmissiblement et ostensiblement ''absente'', de la plus-part de tous ceux dont c'est pourtant le devoir de par leurs charges et leurs fonctions, d'avoir tout comme nous ''chevillée au cœur'' la réelle volonté d'en combattre les origines. D'aucuns nous taxeront inlassablement d'user de sensiblerie malsaine, d'ajouter ainsi à la douleur et d'accabler ''à dessein'' la gravité de celle qui frappe les familles et les proches de nos pairs tragiquement disparus et durement éprouvés par la perte d'un des leurs.

nelles et compatissantes, au travers de ce triste, funeste et macabre décompte... Que vous dire, si ce n'est que depuis maintenant près de neuf ans qu' A.G&C existe, elle se bat ouvertement sur tous les fronts, notamment celui visant à défendre la condition de tous les personnels de l'Arme ? Elle a malheureusement et en raison de la triste et quasi-quotidienne actualité, rédigé ''plusieurs centaines'' de communiqués ''condoléants'', pour combattre la ''banalisation'' que la fréquence des actes de suicides au sein des forces de l'ordre finit par engendrer dans l'esprit de l'opinion publique ! C'est pourtant toujours avec une grande et non feinte douleur, que nous annonçons à chaque fois la perte de l’un des nôtres sur nos espaces numériques. Les réactions que nous recevons des familles concernées qui en retour recueillent des centaines de témoignages de sympathie, attestent l'aide morale que cela leur apporte pour sortir de l'isolement dans lequel notre système ''anachronique'' les cantonne inexorablement. C'est le seul ''moteur'' qui nous motive et nous encourage à poursuivre dans cette voie afin de toujours lutter contre la ''normalisation'' qui aurait tendance à s'instaurer, face à tous ces drames tristement devenus habituels... Nous avons pleinement conscience de la possible douleur ajoutée que nous vous infligeons irrémédiablement, à vous commandants d'unités, personnels d'encadrement, à vos hommes, aux familles et à tous les proches des gendarmes ainsi disparus, conséquences diamétralement inverses et opposées aux intentions qui nous animent pourtant profondément depuis toujours. Mais veuillez cependant réellement croire au fait que nous ne pêchons en l'espèce, que par le souci de concentrer la considération de tous ceux qui nous lisent, à l'égard de vous tous ''qui restez'', qui continuez tout simplement à vivre malgré la douleur du départ d'un des vôtres. Sachez que nous nous associons réellement et viscéralement aux drames qui vous affectent.

Nous vous prions enfin et pour conclure, de croire sincèrement au travers de toutes nos publications, que vous êtes réellement et définitivement assurés toutes et tous, quelle que soit votre situation géographique, votre subdivision catégorielle ou votre activité, de notre entière, inD'autres diront encore pour nous noircir davantage, que défectible, totale et éternelle considération. nous ne cherchons par ce biais que le grossissement du chiffre statistique en matière de lectures compassionArnaud Chadelat, pour le conseil d’administration PAGE

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L'année 2017 vient de pointer le bout de son nez et forcément, on a une petite tendance à regarder en arrière, à faire un bilan de 2016. Cette année écoulée m'aura marqué car j'ai eu à écrire sur les supports d'AG&C, suite à la perte d'un camarade de promo, Alain Nicolas. Chez AG&C on a la triste habitude de rédiger des messages de condoléances. On y passe tous, que ce soit les membres du conseil d'administration ou du comité de rédaction, afin d'éviter d'être redondant dans les mots employés mais c'est inévitable d'utiliser des termes identiques, car adaptés à ces situations douloureuses. On a eu une année particulièrement lourde avec des pertes nombreuses dans nos troupes. Que ce soit en opération, en service, suite à une longue maladie, à un accident ou la conséquence d'un acte auto-agressif, nous avons compté des dizaines de morts dans nos rangs et le silence parfois assourdissant de notre hiérarchie, face à cette dernière catégorie, me met de plus en plus mal à l'aise. Le Général Favier avait un discours très juste sur les suicides et nous adhérions complètement à son point de vue. Les enquêtes de causalité mises en place sous son impulsion, étaient un dispositif novateur mais force est de constater que les motifs de ces passages à l'acte, liés ou non à l'Institution, ne sont pas connus de la population "gendarmique" et plus particulièrement des acteurs de la concertation, associations comprises. Chez AG&C nous avons su écouter et évoluer dans nos messages de condoléances sur conseils de psychologues DGGN, notamment sur le moyen du passage à l'acte qui est bien souvent l'arme de service, personne n'est dupe. Je déplore le manque de communication sur ce sujet. Nous aimerions une année 2017 moins meurtrière et une chose est sûre, rien n'est dû à la fatalité, il faut juste utiliser les acteurs volontaires dans notre Institution pour enrayer cette mauvaise dynamique. On m'a dit un jour à la Direction qu'on ne pourrait pas éviter les morts... je ne veux pas, je ne peux pas entendre ce discours. On peut faire bouger les lignes, encore faut-il y mettre les moyens. Je pense à nos morts (nous avons mal commencé 2017), je pense à tous nos morts car chez AG&C nous ne faisons pas de distinction entre un camarade décédé en service ou d'un acte d'autolyse. La peine est identique… Posons nous les bonnes questions, c'est l'affaire de tous. Il ne faut jamais hésiter à faire remonter quelque chose quand on constate qu'un militaire ou une unité est en souffrance. Parfois vous aurez des réponses déconcertantes, comme un mail reçu de Stop-Discri chargé de dédain dernièrement à mon endroit, chose incompréhensible de cette structure dédiée à la souffrance au travail qui a rattrapé le coup ensuite. Le mal est néanmoins fait, la confiance est écornée et il ne faudra pas s'étonner sur le fait que de plus en plus de militaires se tournent vers AG&C, seule structure indépendante et autonome qui écoute sans jugement, et surtout sans pouvoir de nuisance, les militaires en souffrance. Lionel Delille, Vice-président AG&C Dans notre uniforme on travail, on déconne avec ses potes, on réfléchit, on court, on conduit, on transpire, on grelote, on l'enlève mais il est toujours là, on boit l'apéro, on prévoit sa perm, on se met au garde à vous, on salue, on ronchonne, on stress, on s'engueule, on encaisse la misère, nous côtoyons l'horrible, on voit toutes les morts, on s'énerve, on dort aussi, on discute, on va au tribunal, en prison, à l'hôpital, à la Mairie, on laisse échapper une larme, on impose la loi, on fait la morale, on est fiers, on embrasse ses enfants, on sert. Dans leur uniforme, ils sont tous morts. Un Gendarme en PSIG En 2016, AG&C a communiqué à chaque fois qu'elle avait connaissance d'un décès dans les rangs de la Gendarmerie. J'ai coutume de demander au GAV qui arrive dans ma BT, "comment meurt un gendarme ?" Il n'y a pas, malheureusement, de bonnes réponses. Le but de ma question est avant tout de faire réfléchir l'arrivant à sa propre sécurité, le plus souvent au bord de la route... Mais les interventions d'AG&C en 2016, si elles concernaient parfois des accidents de la route, ont permis de prendre conscience que plus largement, les vies de nos camarades, de nos voisins, de la BT d'à côté des gars "là-bas en OM" sont fragiles. Le fil est ténu entre l'accident évité de justesse et le drame qui détruit des vies. Le fil est ténu entre le mot de trop ou le mot de pas assez qui pourrait sauver. AG&C se refuse de choisir entre la mort en service ou la mort hors service. Quand un gendarme tombe, c'est un frère que nous perdons. Chaque fois qu'un drame s'annonce, cette phrase terrible entre nous "a-t-on des infos sur..?" C'est la certitude de passer une sale soirée, entre colère et interrogation, l'insupportable "comment éviter ça ?" Là non plus il n'y a pas de bonne réponse, c'est arrivé, il n'y avait donc pas moyen de l'éviter. Alors, ensemble, essayons de prévenir le prochain ; le bon geste, la bonne parole pour éviter ne serait-ce qu'une ligne dans le triste bilan de l'année prochaine. David Soyer, Vice-président AG&C

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2016, l'hécatombe... Si l'année 2016 a été catastrophique en terme de pertes humaines dans nos rangs, il est primordial d'en reparler pour ne jamais oublier. 18 personnes décédées en service, 17 autres qui ont mis fin à leurs jours. Ce chiffre, dramatique, je l'ai eu devant moi très longtemps avant de pouvoir poser des mots. S'il est difficile de revenir sur les camarades perdus « en service », il n'en est pas de même pour les autres. De multiples questions se posent. De multiples interrogations restent encore sans réponse. Je ne peux décemment pas me résigner à rester les bras croisés sans me dire que nous devons, nous pouvons faire quelque chose. Cet acte ultime, sans retour possible, n'est pas une fatalité. Certains diront qu'il s'agit là d'un geste désespéré, dû à une situation déterminée. D'autres diront que c'est un geste « lâche »... d'autres, enfin, parleront d'un « courage » sans mot. Je ne me permettrais jamais de débattre sur un tel sujet : je n'en ai ni les moyens, ni les capacités. Je suis comme les autres, je suis choqué et je cherche à comprendre pourquoi mes camarades, certains si jeunes, ont décidé de partir de cette façon. Outre notre Institution, blessée devant de tels drames, je pense aux familles de ceux qui nous ont quittés. Je voudrais les assurer, et les rassurer, de notre soutien entier et total. Moi aussi je suis las de devoir rédiger des messages de condoléances.... je le fais parce que c'est un devoir. Je le fais parce que c'est un des miens qui est parti. Quelles que soient les circonstances, je n'ai pas à juger, je voudrais juste comprendre.... Il n'est pas toujours aisé d'aider son prochain, il est facile de l'écouter cependant.... Benoit Robineau, secrétaire AG&C

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Plusieurs affirmations du nouveau DGGN devant la commission des finances ont attiré mon attention. J'oublie volontairement le ton diplomatique et suranné de circonstance, qui transpire du compte rendu pour ne m'attacher qu'à la substance du propos. J'ai relevé les points suivants: Les brigades territoriales ont été étoffées de 583 personnels (on ne nous dit pas si ce sont des GAV ou des S/OFF). A raison de 3100 unités territoriales (COB et BTA) on peut penser sans trop se tromper qu'un peu moins d'un personnel a été affecté pour 5 brigades. Quand on sait que les commandants de compagnie pompent allègrement chez les brigadiers des renforts pour leurs groupes de travail ou cellules d'enquêtes qui durent plusieurs mois, sincèrement je ne vois pas le renforcement de ces unités. Le DGGN ajoute que cet effort a permis de contenir le flux de populations sur nos frontières, sans donner de chiffre. Mais si je suis son raisonnement, ce ne sont que les brigades territoriales situées aux abords de nos frontières qui ont bénéficié de ces nouvelles affectations ? Il ne le dit pas. S'agissant du renseignement, il indique que 25 antennes de recherches du renseignement ont été créées. Composées de deux gendarmes, elles siègent au sein d'une brigade de gendarmerie. D'autres vont être créées en 2017. Ce sont donc 50 gendarmes qui se destinent à recueillir et à transmettre du renseignement de premier niveau. Il n'explique pas le dispositif mis en place. Est-ce des gendarmes de la brigade qui sont affectés uniquement à cette tâche. Proviennent-ils des 583 postes supplémentaires ? Font-ils autre chose que du recueil et de la transmission ? Aucun des députés présents ne lui pose la question. Le DGGN vise trois objectifs. « Premièrement, poursuivre l’adaptation de la gendarmerie aux évolutions de la menace » ; on doit imaginer qu'il veut parler de la menace terroriste ? Et de quelles manières atteint-on cet objectif ? «deuxièmement, remettre l’accent sur les brigades territoriales, chevilles ouvrières de la maison gendarmerie, pour qu’elles puissent aller davantage à la rencontre de la population grâce à une proximité rénovée » l'arlésienne est de retour. Dire que sans la brigade il n'y a pas de gendarmerie, c'est bien, faire en sorte que ceux qui y travaillent ressentent de la reconnaissance, c'est mieux. Et dans les faits, ce n'est pas vrai. Les personnels des brigades sont pressés comme des citrons. Dès qu'un élu ou un pseudo chef de service d'une administration quelconque s'enrhume c'est sur le petit besogneux que retombe le service imposé que l'on cherche à justifier. Combien de fois ai-je entendu : « après tout, ils sont payés pour obéir » ou « réfléchir c'est commencer à désobéir ». Ces jours de grande solitude où le personnel de brigade ne comprend pas à quoi rime la mission que l'on vient de lui assigner, sont autant de blessures à son intelligence. Comprenez qu'il finisse par ne plus avoir confiance en la hiérarchie quand elle affirme que la brigade est le socle de l'Institution. Et comment demander, en plus de toutes les contraintes qu'une hiérarchie avide de résultats lui impose, de renouer les contacts avec une population méfiante en raison de dizaines d'années de répression, juste pour la culture du chiffre et pour faire briller quelques-uns auprès des gouvernants. Troisièmement, prolonger la modernisation de la gendarmerie dans le cadre ministériel, notamment à travers la feuille de route. C'est un programme honorable mais complètement utopiste quand on a eu l'occasion de travailler sur les matériels informatiques mis à la disposition des brigades. Des ordinateurs qui vieillissent et dépassent souvent l'espérance de vie prescrit par le constructeur, quand ce ne sont pas des appareils, souvent récupérés gratuitement auprès de commerces ou d'administrations locales attendris et indulgents. Et que dire de cette fameuse feuille de route avec des mesures claires, précises et perspicaces qui mettent plusieurs mois à arriver jusqu'à l'unité élémentaire, avec au passage des modifications substantielles appliquées par chaque échelon hiérarchique. Quand on parle de modernité dans la gendarmerie, c'est toujours au détriment de celui qui va en faire rapidement les frais au quotidien. Comme l'autoformation, on met un tutoriel à la disposition de chaque militaire avec un matériel dépassé ou une application bourrée de bugs informatiques. Seules les unités « vitrines » bénéficient d'une réelle modernité immédiate, les brigades recueillent les miettes. Doit-on encore espérer que les résolutions du DGGN soient vraiment suivies d'effets ? L'explication sur la réserve opérationnelle (que va remplacer la garde nationale ?) est particulièrement étayée. Le directeur indique à la représentation nationale que l'année 2017 verra la montée en puissance de celle-ci. Les chiffres détaillés sont éloquents. Il s'agit d'une priorité. Le budget serait revu en conséquence. On évoque ainsi une « empreinte au sol » de 4000 réservistes par jours. Je ne ferai pas l'affront de vous noyer sous des calculs assommants. Toutefois, la règle en matière d'emploi des réservistes est fixée à 60 jours par années. Il faudrait donc, pour arriver à mobiliser les fameux 4000 réservistes par jour, 24000 volontaires. Le chiffre avancé paraît effectivement réaliste, sauf que le budget n'est pas calibré pour avaler une telle augmentation de journées d'emploi. La suite laisse dubitatif le lecteur, puisqu'il s'agit de créer un commandement de la réserve opérationnelle. Aujourd'hui, elle est gérée par les groupements de GD ou de GM. Qu'arrivera-t-il quand un commandement centralisera ces renforts ? PAGE

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On ne nous le dit pas. Il est quand même étrange qu'à l'heure où les effectifs de gendarmes d'active (comme pour les policiers) sont au cœur d'une grogne sans précédent, la seule solution visible soit le recours à la « montée en puissance de la réserve opérationnelle ». Est-ce un aveu d'échec ? Doit-on lire entre les lignes et comprendre qu'il n'y aura pas, parallèlement, d'augmentation significative de personnels d'active ? Cela aussi, on ne l'explique pas. Les mesures catégorielles qui sont ensuite exposées aux parlementaires ne sont pas développées. Elles auraient été validées par le gouvernement, sans autre précision. Cette affirmation nous semble pour le moins ….brumeuse. Quelle part représenteront ces mesures dans le budget ? L'analyse qui est faite du dialogue social est particulièrement vague pour qu'aucun des parlementaires présents ne pose de question s'y rapportant. Les avis défavorables (notamment sur le repos physiologique) des structures de participation sont balayées d'un revers de main. Il se félicite que les représentants de catégorie « soient animés d'un esprit très constructifs et apportent une contribution positive à l'évolution de la maison » (sic). Que doit-on comprendre ? Quelles que soient les postures du CFMG, la DGGN décide, appliquant la fameuse litanie « pas de cogestion ». Il n'en demeure pas moins que ce volet de concertation cristallise de plus en plus souvent les critiques envers les instances de participation. Il faudrait d'ailleurs les nommer instances d'approbation, tant il ne sort pratiquement rien de cette pseudo participation. Rien d'anormal qu'aujourd'hui les membres de ces structures s'appellent euxmêmes des concertants. Et les députés avalent sans broncher ces poncifs. Le budget de fonctionnement n'apporte que peu d'indications fiables. On verra en 2017 pour que tous les militaires employés sur le terrain soient équipés, pour le minimum, d'un gilet pare-balles individuel. Gageons que les PSIG SABRE et les antennes GIGN (anciennement PI2G) seront équipés en priorité. Le vaste chantier du plan d'urgence des logements est ensuite abordé. 4000 logements devraient être refaits. Quand on sait que c'est un véritable casse-tête financier pour tous les responsables des services des affaires immobilières, on imagine qu'il faudrait un budget colossal pour tenir ces engagements. Nous ignorons combien de logements insalubres sont actuellement occupés par des familles, mais d'après les remontées que nous avons, ils sont bien plus nombreux que 4000. Il faut savoir que le parc immobilier de la gendarmerie, si je me fie aux effectifs actuels, c'est plus de 80.000 logements, auxquels il faut ajouter les centres d'instruction ou de formation. Ce n'est pas un plan d'urgence qu'il faut déployer, mais un véritable « plan Marshall » et enfin réhabiliter, reconstruire ou simplement abandonner des logements qui sont indignes. 3000 véhicules sont en commande. Il faut reconnaître que grâce à l'action de son prédécesseur, le parc automobile neuf de la gendarmerie a fait un bond depuis 2014. Il faut s'en féliciter tout en gardant à l'esprit que le retard était tel que malheureusement, peu d'unités s'en sont vraiment rendues compte. Là aussi, il faut inverser les priorités. Pourquoi changer des véhicules de commandement (compagnies, groupements ou régions) pour le seul motif qu'ils ont plus de 5 ou 6 ans ? Leur potentiel kilométrique est rarement atteint. Le financement de telles aberrations pourrait être redéployé sur les véhicules de brigades. Sachant qu'un véhicule de brigades parcourt environ 30000 km par an, certains ont plus de 10 ans quand ils sont enfin réformés. Je vous laisse le soin de faire le calcul. L'outremer est abordé, plutôt survolé devrais-je écrire. Pourtant ces territoires sont le chantre de tous les excès depuis des dizaines d'années. On a abandonné toutes règles élémentaires de sécurité pour favoriser l'aspect social. Des quartiers entiers sont aux mains d'une mafia locale qui ne craint pas d'affronter les forces de l'ordre. Les médias métropolitains ne s'y intéressent pas ce qui rend encore plus difficile leurs actions pour faire respecter les lois de la république. Ces territoires concentrent toutes les misères et pour Mayotte et la Guyane, une immigration clandestine absolument insupportable. Le droit du sol voit ici ses limites puisque les femmes viennent accoucher dans les hôpitaux français, ce qui rend, de facto, impossible leur reconduite à la frontière. On estime qu’il y a 200.000 habitants à Mayotte auxquels il faut ajouter au moins 100.000 clandestins. Cette situation a été dénoncée au lendemain du référendum sur l'indépendance de l'archipel des Comores en 1975. Elle s'est dégradée au point que de véritables milices s'organisent pour chasser les comoriens en situation irrégulière. Les représentants de l'État sur place ne savent plus quoi faire pour endiguer le phénomène (ont-ils jamais su quoi faire, d'ailleurs). Ils prennent des décisions qui ne satisfont personne. Ce sont gendarmes et policiers qui sont ensuite chargés de maintenir un ordre précaire entre des mahorais excédés de cette surpopulation et des comoriens, affamés, qui fuient la misère économique de leur pays. La seule solution trouvée a été d'ériger en département une collectivité territoriale exsangue. La Guyane rencontre les mêmes événements en frontière avec le Surinam. Les moyens annoncés ne feront que colmater les brèches si une réelle politique de reconduite à la frontière n'est pas instaurée. On en arrive, enfin à la place de la brigade territoriale dans le dispositif de sécurité. Le même cliché est utilisé par le directeur général : « …...est la brique de base » encensant les brigadiers qui « sont ceux qui interviennent au plus près de la population » (sic). Que dire ? Comme si cette espèce de fausse flatterie pouvait encore atteindre les brigadiers totalisant un peu d'ancienneté de service.


Il faut dire que depuis des décennies, la hiérarchie guidée astucieusement par le monde politique affirme, à grands coups de mentons, que la gendarmerie ne serait pas ce qu'elle est sans les brigades. Quelle hypocrisie ! Dois-je donner des exemples ? Ceux qui ont servi en brigades savent ce qu'ils doivent encaisser pour faire briller l'un ou l'autre ou plus simplement pour le fameux « au cas où.... ». Évoquer les moyens me semble particulièrement perfide dans la bouche du premier d'entre eux. Comme si un véhicule ou un ordinateur neufs pouvaient donner de la reconnaissance à ceux qui besognent tout en bas. Que valent ces moyens si on persiste à les considérer comme de vulgaires pions sur l'échiquier d'une pseudo paix sociale ? Et que dire de la considération de certains magistrats vis à vis des gendarmes ? Et de certains élus ou ministres ? Le mal est profond et les brigadiers ne sont pas dupes. Ils sont câlinés à proximité d'élections importantes ou de mouvements sociaux désastreux et une fois passés, le naturel reprend le dessus et on leur parle de réduction de budget, de lenteur des législateurs ou d'impossibilités dans un état de droit. Certaines brigades à deux ou trois personnels, malgré les rapports dénonçant les inepties de services ont été maintenues par la volonté de faire plaisir à tel élu ou tel ministre. Le chantier que voudrait engager le nouveau directeur de la gendarmerie est utopique. Comment peuton imaginer qu'une brigade ne s'occupent plus d'écritures diverses quand on sait que la colonne vertébrale de la gendarmerie repose sur l'application stricte de règles administratives. Qui va rédiger tous les écrits en direction des administrations, en interne ou pour les autorités judiciaires ? Il ne le dit pas aux parlementaires. Un soit transmis du parquet constitue le plus souvent une enquête judiciaire. Les brigades devront-elles refuser d'exécuter des investigations ? Elles continueront quand même à réaliser des services de police sur la route, sauf quand il s'agira d'opérations coordonnées. Cela signifie-t-il que les gendarmes commandés pour ce type de service devront fermer les yeux quand ils constateront une infraction routière ? Replacer le contact au cœur du métier de gendarme départemental me paraît un vœu pieu. Il regrette (doux euphémisme) que le contact ait été abandonné au profit d'une certaine rationalisation et il s'interroge sur l'évolution à venir. Quelles sont les pistes de travail pour arriver au résultat escompté ? Une évolution est évoquée à cet instant de son audition : l'application de la directive européenne concernant le temps de repos des militaires. En gendarmerie, cela devient un « repos physiologique journalier » et comme on ne fait jamais dans la simplicité, on parle de repos physiologique compensateur » quand le créneau de 11 heures n'a pu être pris dans une journée de 24 heures. Le directeur de la gendarmerie avoue que la mise en place de cette directive est d'une « difficulté sans nom ». Elle a pourtant été déclinée dans une instruction provisoire très rapidement. Il reconnaît également que la capacité opérationnelle en est sérieusement altérée. Il manquerait 3 à 5000 équivalents emplois temps plein. Prenant l'exemple d'une garde à vue de 96 heures pour illustrer son propos, il indique que les enquêteurs devraient immédiatement bénéficier de 15 jours de repos ensuite. Mais qui a pu lui souffler une incongruité pareille ? Une garde à vue de 96 heures ne signifie pas que les enquêteurs travaillent quatre jours sans dormir ou se reposer. Même si effectivement l'application de cette directive est un véritable casse-tête pour les commandants d'unité, au quotidien ce n'est pas insurmontable. Beaucoup de commandants de brigade jouent le jeu et s'en sont accommodés. L'amplitude horaire reste la même, il faut maintenant que les statistiques oublient quelques temps la sacro-sainte obligation de sortir plus de 8 heures par jour. Puisque cette instruction est provisoire, pour quelles raisons ne pourrait-on pas imaginer couper la journée en deux parties égales et faire travailler les brigadiers, dans l'une ou l'autre. De facto, les repos journaliers seraient respectés et les difficultés liées aux repos compensateurs effacées. D'autant que la circulaire 100.000 est claire à ce sujet. Le commandant de l'unité élémentaire a toutes latitudes pour aménager son service. Mais cela sous-entendrait que toutes les brigades à faible effectif soient fermées et les personnels déployés dans des unités plus importantes. Il y a eu des essais de ce type dans quelques brigades au cours des dernières années. Ils n'ont pas pu être menés à leur terme par la volonté, généralement, des commandants de compagnie qui perdaient la main sur les personnels disponibles. Lorsque la hiérarchie aura enfin approuvé cette réflexion, un grand pas vers la demi-journée de travail sera franchi. La formation des brigadiers me semble être une étape importante au cours d'une carrière. Le DG souhaite créer un centre qui dispenserait une formation régulière et continue des gendarmes de brigades. C'est une excellente idée qui mérite d'être creusée. Il faut en déterminer le rythme ( 5ans me paraît envisageable). Cela reviendrait à renvoyer dans ces établissements environ 10.000 gendarmes chaque année. Je le répète, c'est une bonne idée qui permettra à tout brigadier de recevoir des informations importantes qu'il n'aurait pas encore obtenues dans son unité et évaluer son expérience par rapport aux autres brigadiers. L'idée du tout numérique qu'il expose ensuite me paraît utopique. La pré plainte en ligne n'est pas un franc succès. La victime doit savoir se servir d'internet et doit quand même être vue et entendue par l'enquêteur. Pour l'enquêteur, cela ajoute du travail puisqu'il est obligé d'appeler au téléphone la victime pour convenir d'un rendez-vous ou le contacter par email. Si l'idée de créer une plate-forme d'échanges avec le public est louable, on a matière à s’inquiéter quand on connaît le rythme de renouvellement du parc informatique. Le dispositif NEOGEND, en expérimentation dans deux départements semble faire des brigadiers heureux.


Les retours du terrain que nous en avons contredisent partiellement cet engouement. De nombreux bugs sont à déplorer et le matériel est fragile. Il faudra attendre la fin du cycle d'expérimentation pour connaître réellement la plus-value d'un tel équipement. Le DG déroule ensuite son explication sur la modernisation de la gendarmerie au travers de la feuille de route élaborée par son prédécesseur. 3900 mesures ont été proposées par les personnels de la gendarmerie. Seules 360 ont été sélectionnées. Moins de 10% de ces propositions ont été retenues. Pourtant, de l'aveu même du général, les mesures présentées étaient « simples, concrètes, quotidiennes » (sic). On ne nous dit pas, non plus, quelles mesures, pourtant entérinées par l'ancien directeur général, ne sont toujours pas appliquées par certains échelons (tableaux divers, détachements, etc.) Je serais tenté de sourire en découvrant, à ce moment de son explication, qu'il martèle que la feuille de route a permis de supprimer 70% d'états néants et que le brigadier est celui qui est le plus à même de formuler des propositions pour alléger la machine. Moins de 10% de mesures sont sélectionnées. Doiton imaginer que plus de 90 % sont absurdes ? Quelle belle langue de bois ! Tout le monde connaît le fonctionnement de la vieille dame. Ceux qui savent ne sont pas ceux qui besognent en bas de l'échelle, ce sont ceux dont on ne voit que la signature en bas d'une circulaire, note ou mail laconiques. Aucun détracteur ne peut lui opposer que les mesures de la feuille de route pour soulager les brigadiers, ne sont pas appliquées dans certains groupements, compagnies ou escadrons, voire brigades ? Que font les services chargés de contrôler l'application de ces mesures, pourtant décidées à l'échelon central ? C'est chassé d'un revers de manche et aucun député ne s'en émeut. Le partage des marchés et des moyens fait l'objet d'une explication succincte et rapide. Le DGGN passe vite à un sujet absolument indispensable, l'acquisition de drones pour assurer des missions particulières. Les députés semblent satisfaits de cette annonce. Il ne dit pas si cela va aider les gendarmes de brigades à boucler leurs enquêtes, parce qu'il sait que vu le nombre de demandes, supplications devrais-je dire, ces engins ne serviront qu'à faire de la vitrine publicitaire. Je ne pourrais pas dire en quoi consiste « la dimension prédictive en matière de délinquance, …...le big data », les commandants de brigades ne connaissent pas leur circonscription, c'est bien connu. Demandez à ceux qui sont confrontés au quotidien à la délinquance de proximité s'ils ont besoin de big-data pour savoir quand les cambriolages ou les dégradations vont exploser. C'est tous les jours, alors leur apprendre qu'ils vont être aidés par de l'informatique, pour orienter leurs services, va les faire doucement sourire pour les uns, grincer des dents pour les autres. Et puis ce n'est pas le rôle de certaines unités de collationner et de rapprocher les phénomènes délictuels, les BDRIJ ? Souhaitons que cette modernité sera effectivement un franc succès et que les commandants de brigade ne seront pas obligés d'en faire plus pour l'alimenter. Le CFMG est ensuite encensé avec une énergie non feinte. La qualité de la réflexion de ses membres est soulignée, il les a rencontrés et leur soumission transpire de l'appréciation qu'il a des associations professionnelles nationales de militaires, les qualifiant de rebelles « prétendant » représenter les gendarmes. La suite de son propos à ce sujet est pour le moins insultant. Son prédécesseur avait montré sa volonté de les associer au dialogue interne. Il a reçu les présidents, a rédigé une charte de bonnes pratiques, a dialogué en direct avec elles et les a invitées à l'occasion du cocktail organisé pour son départ de la direction. Et son successeur, dans une posture martiale et autoritaire décrète qu'elles n'aspirent qu'à capter des adhérents et à exister. On cerne, au travers de ces affirmations offensantes, la posture du nouveau directeur de la gendarmerie. Il n'apprécie guère les APNM et en limite la force d'action au profit des personnels de l'Institution. C'est d'autant plus pathétique qu'il n'a pas hésité, par écrit, à s'adresser directement au président d'AG&C pour dénoncer une publication au sujet des affaires immobilières. Le paradoxe ! D'un côté, il tente de persuader des parlementaires que ces pseudos associations ne représentent pas grand-chose, et de l'autre il se fend d'un courrier officiel pour dire : « je ne suis pas content ». Le fait-on trembler ? Lui a-t-on caché que des membres d'associations siègent au conseil ? S'agit-il d'une provocation à l'égard des personnels adhérents à ces APNM ? Aucune de ces questions ne trouvera de réponse dans la suite de son audition devant la commission de défense. La parole est prise par le président de la commission qui le félicite pour la présentation complète de son propos. Suivent quelques questions techniques sur le dégel de crédits placés en réserve en 2016, de la montée en puissance des PSIG, des antennes du GIGN, les IJAT, etc... finissant dans un sourire, par lui demander quelles sont ses rapports avec la justice. Le DG indique qu'il souhaite que le ministre de l'intérieur lève le gel de 112 millions en autorisations d'engagement et 99 millions en crédits de paiement, pour que les loyers du mois de novembre soient réglés. Il a bon espoir. Le dégel en 2015 a permis de livrer des matériels qui arrivent …......dès à présent. L'urgence c'est un an pour la DGGN ! La patrouille de brigade aimerait avoir autant de temps pour se transporter sur des violences familiales ou un cambriolage en cours. Concernant l'IJAT, un texte proposant sa défiscalisation est à l'étude. Formons le vœu que cela soit décidé avant l'alternance. PAGE

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L'explication qui est donnée à propos des antennes du GIGN et des pelotons de protection (SABRE et nucléaire) est technique, mais elle n'a qu'une portée générale. La seule solution trouvée pour lutter contre les agressions de membres de force de l'ordre c'est de leur affecter des véhicules blindés. La langue de bois utilisée pour répondre à la dernière question laisse sans voix : « Quant à nos rapports avec la justice, ils sont excellents, et méritent bien entendu d’être encore améliorés. (Sourires.) » (sic) Bon c'est vrai, ce n'est que la commission de défense et on parle de budget essentiellement. Et ce n'est pas l'une des membres de cette commission qui va s'en offusquer, puisqu'elle siège dans cette structure munie d'un bracelet électronique. Le directeur général de la gendarmerie interrogé par une reprise de justice détenue (le bracelet électronique est une alternative à la détention, mais le justiciable possède ce statut) ......à suivre Capitaine ER Jean-François CHARRAT Ancien commandant de la communauté de brigades de PIERREFEU-DU-VAR Membre du conseil d’administration AG&C

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Montrez votre soutien aux forces de l’ordre Blue lives matter "La vie des bleus compte"

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"Blue lives matter", "La vie des bleus compte" est une tendance venue des états unis en réponse à “Back live matters”.

Dans ces temps de grande changements il est plus important que jamais de montrez notre soutien Forces de l'ordre, car sans eux c'est toute notre civilisation qui est en péril. Nous nous devons de leurs montrer que nous les soutenons, que la majeure partie de la population est derrière eux, et que leurs actions et dévouement sont appréciés.

Pour nous différencier de la vermine qui corrompt notre société.

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Transfert des détenus : autopsie d’une réforme mal menée Le ministère de la justice n’a plus droit à l’erreur en matière d’escorte de détenus. Il faut dire qu’il porte une responsabilité directe dans le grand bazar des extractions judiciaires qui a atteint un paroxysme en 2016 avec la libération de plusieurs personnes en détention provisoire… car personne n’était disponible pour les emmener au tribunal. En 2016, la presse régionale a chroniqué ces bourdes kafkaïennes jusqu’en décembre, où Le Parisien évoque un chauffard multirécidiviste libéré de la maison d’arrêt de Beauvais (Oise). La Nouvelle République a également rapporté que 87 % des demandes d’extractions de détenus faites en novembre par le parquet de Châteauroux (Indre) se sont vues opposer une « impossibilité de faire ». On savait que la réforme destinée à confier à l’administration pénitentiaire l’escorte des détenus auparavant assurée par la gendarmerie et la police avait été mal calibrée. Quand, en 2010, Michèle Alliot-Marie, au ministère de la justice, et Brice Hortefeux, à l’intérieur, s’accordent sur ce transfert de missions, ils tablent sur un besoin d’effectif de 800 équivalents temps plein (ETP). Le nombre de surveillants affectés à ces missions, revu à la hausse en 2013 (1 200 ETP), est finalement doublé (1 650 ETP en 2017), mais le service apparaît totalement désorganisé ! Contrairement aux prévisions, le nombre d’extractions judiciaires augmente chaque année, et le recours à la visioconférence censée permettre d’honorer certains rendez-vous de procédure sans sortir le détenu de prison reste marginal. PROCÈS AJOURNÉS Les problèmes viennent surtout d’un « défaut d’anticipation et de pilotage » au niveau du ministère de la justice et de « la faible prise en compte par l’administration pénitentiaire du caractère stratégique et inéluctable de la réforme ». Ces conclusions accablantes sont celles d’une mission d’inspection interministérielle demandée en mai par Jean-Jacques Urvoas, garde des sceaux, et Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur. Ce rapport, auquel Le Monde a eu accès, préconise, vu « l’urgence de la situation », une série de mesures drastiques dès le 1er janvier 2017. Le ministère de la justice, qui souhaitait conserver la confidentialité de ce rapport bouclé en octobre, temporise. Il n’a pas souhaité répondre à nos questions, mais travaille à des décisions qu’il pourrait annoncer avant le printemps. S’il reprend les recommandations formulées par l’inspection générale de l’administration et l’inspection des services judiciaires, M. Urvoas devrait annoncer la suspension provisoire du transfert des missions. Au vu de la pagaille décrite dans le rapport, on en oublierait presque qu’un tiers seulement des extractions judiciaires au niveau national a basculé dans le nouveau dispositif. La reprise des missions d’escorte à la gendarmerie et à la police s’étale jusqu’en 2019 par zones géographiques. En 2017, l’administration pénitentiaire est censée prendre en charge les secteurs des anciennes régions administratives Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon en mai, puis SeineSaint-Denis et Seine-et-Marne en novembre avec des prisons aussi importantes que Lyon-Corbas, Béziers, Villepinte… FACTEUR D’AGGRAVATION DE LA SURPOPULATION CARCÉRALE Dans les dernières régions à avoir basculé, comme la Bretagne, la pénitentiaire n’a été en mesure d’assurer qu’une extraction sur deux pendant les premiers mois. Au total, un quart des mouvements de détenus dans l’ensemble des régions concernées ont été affectés au premier semestre 2016. Ce qui, dans le meilleur des cas, allonge les procédures avec des juges d’instruction contraints de reporter des auditions ou des confrontations et provoque l’ajournement de procès faute de prévenus dans le box des accusés. C’est aussi un facteur d’aggravation de la surpopulation carcérale avec des durées de détention provisoire qui s’allongent. Or les gendarmes appelés à la rescousse pour suppléer à « l’impossibilité de faire » de la pénitentiaire rechignent de plus en plus à désorganiser leurs propres missions pour des escortes qu’ils sont censés ne plus assurer.


En décidant sans concertation l’organisation de cette nouvelle mission, et notamment la localisation des équipes chargées des escortes, baptisées Pôles de rattachement d’extractions judiciaires (PREJ), l’administration pénitentiaire s’est mis tout le monde à dos. Les magistrats, bien placés pour exprimer les besoins en matière de convocation de détenus dans les tribunaux, et les gendarmes et policiers, dont l’expérience et le maillage territorial pouvaient aider à calibrer le dispositif. Résultat, la mission d’inspection conteste la « pertinence du schéma organisationnel retenu » tant sur le plan « opérationnel » que « managérial » et même « purement gestionnaire ». Elle recommande de redonner aux forces de sécurité intérieure, au moins jusqu’en juillet, les transferts de proximité, quand la maison d’arrêt et le tribunal sont voisins mais que les PREJ censés accompagner le détenu sont à une heure de route. ACCOMPAGNEMENT PAR TROIS VOIRE QUATRE SURVEILLANTS Pour prendre la suite, la pénitentiaire devrait confier ces escortes à des surveillants des établissements concernés mais spécialement formés et armés. Les nouvelles équipes de sécurité pénitentiaire que le garde des sceaux a annoncées en octobre réuniraient ainsi les PREJ et des équipes locales. Une réunion de concertation avec les syndicats est prévue à la chancellerie fin janvier. Ce processus serait mis à profit pour gommer quelques aberrations réglementaires qui permettent par exemple d’avoir une escorte armée pour mener un détenu dangereux au tribunal, mais désarmée s’il s’agit de l’emmener à l’hôpital… Par ailleurs, la chancellerie pourrait décider de recourir aux réservistes de la pénitentiaire pour renforcer ces équipes. Autre explication de la pénurie d’escortes, les surveillants n’hésitent pas à se mettre à trois voire quatre pour accompagner un détenu signalé non dangereux au tribunal, là où les gendarmes ou policiers menaient la mission à deux (dont le chauffeur). En décembre 2015, moins de 1 % des extractions étaient réalisées à deux surveillants malgré la recommandation d’une première mission interministérielle menée en 2012. D’autres recommandations de cette mission n’ont guère été suivies d’effet. Pire, le moratoire de trente mois alors décidé (de janvier 2013 à juillet 2015) « n’a pas été mis à profit pour préparer la reprise des régions suivantes », note le rapport. Une mise en cause de la gestion de ce dossier par Christiane Taubira, alors garde des sceaux.

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M. Le Drian confirme que le Famas équipera la Garde nationale Comme Zone Militaire l’avait signalé en novembre dernier, le Famas [Fusil d'assaut de l'exManufacture d'armes de Saint-Etienne, ndlr] a encore de beaux jours devant lui, même s’il sera remplacé par le fusil d’assaut allemand HK-416 dans le cadre du programme d’arme individuel future (AIF). Lors d’un déplacement à Tulle, où il a visité les locaux de Nexter Mechanics, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a confirmé que le Famas sera l’arme des 84.000 réservistes (à terme) de la Garde nationale, créée en octobre 2016. « J’ai décidé que la Garde nationale, telle que l’a voulue le Président de la République, sera dotée du fusil Famas », a en effet déclaré le ministre. De quoi rassurer les salariés de Nexter Mechanics qui assure l’entretien de cette arme. « Il n’y a pas de raisons pour que cela s’arrête. Le remplacement des 117.000 fusils va s’étaler jusqu’en 2028″ , leur a dit M. Le Drian. Évidemment, plus la livraison des HK-416, qui doit commencer dès cette année sera rapide, plus vite la Garde nationale en sera équipée. D’ailleurs, le Délégué général pour l’armement (DGA), Laurent Collet-Billon, n’avait pas exclu une accélération du programme AIF à cette fin. Reste que l’entretien du Famas coûte cher. Selon les chiffres donnés lors des auditions parlementaires de l’automne dernier par le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le percuteur « représente 380 euros pour 3.000 coups de fusils » et le prix de 6 chargeurs est équivalent à celui d’un HK-416. Cependant, mais cela reste à démontrer [voire les commentaires], l’usage que la Garde nationale fera du Famas sera beaucoup moins intensif que celui des unités opérationnelles de l’armée de Terre, étant donné que ce fusil devrait essentiellement servir à l’instruction et à l’entraînement des réservistes.

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L'action de la justice jugée "peu ou pas satisfaisante"

Les Français sont 64% à estimer que l'action de la justice dans le pays est "peu ou pas satisfaisante". A l'inverse, le travail des policiers et des gendarmes est salué par près de 60% des sondés. Les magistrats alertent le pouvoir depuis plusieurs années. Manque d'effectifs, de matériel... ils n'ont plus les moyens de faire leur travail. Selon une étude, les Français eux-mêmes sont mécontents de cette situation. 64% d'entre eux estiment que l'action de la justice est "peu ou pas satisfaisante", selon une étude officielle publiée mardi. Pour les besoins de cette enquête menée notamment par l'Institut national de la statistique (Insee) et l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (Ondrp), les Français ont été interrogés sur l'action de la justice et des tribunaux dans le traitement de la délinquance. Ils sont seulement 20,7% à se dire "satisfaits ou très satisfaits". Un peu plus de 15% ne se prononcent pas. L'étude, intitulée "Cadre de vie et sécurité", est menée depuis 2013 auprès d'un peu plus de 15.000 personnes de plus de 14 ans. La désaffection des Français pour leur justice n'est pas un phénomène nouveau: en 2013, ils étaient déjà 63,8% à juger son action "peu ou pas satisfaisante". 64,5% en 2014 et 63,3% en 2015. "La négativité des opinions sur la justice pénale mesurée lors d'enquêtes statistiques est un résultat connu depuis plusieurs décennies dans de nombreux pays occidentaux, dont le Canada, la Belgique, l'Australie ou le RoyaumeUni", relativise dans une note d'explication le responsable des statistiques de l'Ondrp. Les forces de l'ordre applaudies En France, pour la première fois depuis son élection, François Hollande a assisté en février dernier à la prestation de serment de la nouvelle promotion de l'Ecole nationale de la magistrature. L'institution se félicitait alors d'accueillir "la plus grosse promotion jamais accueillie depuis la création de l'ENM en 1958. "Un recrutement exceptionnel voulu par le plan gouvernemental de lutte contre le terrorisme et la radicalisation", expliquait un communiqué. Si les Français sont méfiants vis-à-vis de leur justice, ils plébiscitent au contraire les forces de l'ordre. En 2016, ils étaient 59,3% à juger le travail de la police et de la gendarmerie "satisfaisant voire très satisfaisant". Une progression de 10 points par rapport à 2013 et 2014 enregistrée dès 2015. Des résultats qui s'expliquent en partie par le contexte de menace terroriste.

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La gendarmerie des HautesPyrénées rejoint la communauté Facebook [BIENVENUE] Chers internautes, La gendarmerie des Hautes Pyrénées vous souhaite la bienvenue sur sa page Facebook. Par ce réseau social, la gendarmerie des Hautes-Pyrénées souhaite instituer un véritable trait d'union avec la population des Hautes Pyrénées, mais aussi avec tous ceux qui s'intéressent à la sécurité dans ce département. Cette page permettra de délivrer des informations et des conseils utiles dans des domaines très variés : messages ciblés de prévention de la délinquance pour la zone gendarmerie, sensibilisations à la sécurité routière, informations sur l'activité des gendarmes, renseignements sur les métiers et carrières de la gendarmerie, etc. Cette page sera également utilisée dans le cadre d'appels à témoins ou pour alerter la population sur certains phénomènes constatés par nos unités. Ce lieu d'échange ne peut toutefois servir à déposer plainte ou à évoquer des questions personnelles. Pour cela, il vous appartient de contacter votre brigade de gendarmerie. Vous avez en revanche la possibilité de nous faire part de vos remarques et suggestions sur le « mur ». L'interactivité est de mise, la courtoisie des échanges tout autant. En particulier, le contenu de vos commentaires ne doit pas être contraire à l'ordre public et aux bonnes mœurs, et ne pas porter atteinte aux droits des personnes, conformément à la charte de cette page Facebook. Bonne navigation sur la page Facebook de la gendarmerie des Hautes- Pyrénées, que je vous invite à « aimer et partager » dès maintenant pour demeurer toujours au fait des dernières nouvelles et événements à venir. Colonel Thierry ETIENNE Commandant le groupement de gendarmerie départementale des Hautes-Pyrénées Crédit photo :GGD65

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Un ancien gendarme retrouvé mort après une excursion sur le Pic du Midi

L'homme âgé de 53 ans était un montagnard chevronné, retraité du peloton de gendarmerie de haute montagne des Hautes-Pyrénées. Un ancien gendarme de 53 ans, rompu aux activités de haute montagne, a été retrouvé sans vie mercredi sur un flanc du Pic du Midi, a-t-on appris auprès des gendarmes du département. Il a vraisemblablement fait une chute accidentelle "de plusieurs centaines de mètres", selon la même source. Moniteur de ski et de guide de haute montagne Gendarme retraité du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) des Hautes-Pyrénées, le quinquagénaire était parti explorer un versant du Pic du Midi mardi, dans le cadre de ses activités de moniteur de ski et de guide de haute montagne. Ne le voyant pas revenir, ses proches avaient prévenu les secours mardi soir. Ces derniers ont engagé dans la nuit des recherches sur le secteur avec une quinzaine de gendarmes et un hélicoptère jusqu'à environ 1h30 du matin, a-t-on précisé à la gendarmerie. Une enquête sur les circonstances de l'accident Les recherches ont repris mercredi au lever du jour. La victime a été retrouvée en milieu de matinée en bas d'un couloir. Une enquête a été ouverte pour "préciser les circonstances" de cet accident, ont précisé les gendarmes. PAGE

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MAGAZINE AG&C N°87 JANVIER 2017  

Mensuel de l'association professionnelle nationale militaire Gendarmes et Citoyens. Magazine d'information sur la sécurité , les forces de l...

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