AGEC_MAGAZINE_AOUT_2011

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SIEGE SOCIAL Plantades 63690—AVEZE Président Christian CONTINI 7 chemin des vignes 41100 COULOMMIERS LA TOUR contini.c.g@gmail.com Secrétaire Marc VAYSSIE Plantades 63690 AVEZE marcvayssie@aol.com Trésorier Christian BRANA Route de Simorre 32450 SARAMON christian.brana@orange.fr Le MAGAZINE A.G.&C. est disponible en téléchargement sur l'espace web de l'association Gendarmes et Citoyens : http://sites.google.com/site/assogendarmesetcitoyens

Nous remercions toutes les personnes qui ont contribué à la création, l'édition, la mise en page du bulletin d'information et celles qui ont proposé des articles, Malgré le soin apporté à sa rédaction, des erreurs typographiques ont pu nous échapper; nous vous prions de nous en excuser. Directeur de publication : Christian CONTINI Comité de rédaction : Relecture : Marc VAYSSIE, l’ANDALOUSE Maquette : ACDC Articles : Christian CONTINI - RABOLIOT - Christian BRANA - Rémy FLEUROT - J.L. PROVOT—Jacques BESSY Conception graphique – Photomontages – Mise en page : ACDC Photos : Médiathèque de l'AG&C - Images libres de droits – Collection Christian CONTINI - -J.L. PROVOT-ACDC-Yvelines Archives Couverture : Photo ACDC® Dépôt légal : dès parution La reproduction des articles est autorisée à la seule condition de nous en aviser. Contact : Gendarmes.citoyens@gmail.com

Numéro 22 - Août 2011 La Machine à Café, page 4 Défense de se mouiller, par GENDSTAS, page 9 Les Actives parlent aux Actives : Ils sont revenus…, page 10 La Cour des Comptes éreinte le Ministère de l’Intérieur, page 14 Nos publications, page 16 Le Dossier du Mois : Prime « au Mérite », page 17 Plumes Acérées : La confiance perdue, par R. FLEUROT, page 26 Libres Propos : Bilans, Chiffres, Stats, par C. BRANA, page 28 Clin d’Œil : Tour de France 2001, par J.L. PROVOT, page 30 Communiqué : PoliceVictimes, une jeune association, page 33 Le Gendarme Padchance, page 35 La page de Tartarin, page 36 Les Risques du Métier, page 37 Bulletin d’adhésion, page 38 Pourquoi nous rejoindre ? page 39


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a période estivale, les vacances , mais…

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u moment de se lancer dans la préparation de ce magazine, le Conseil d’Administration de l’Association et le comité de rédaction se sont posé la question de savoir s’il ne valait pas mieux monter une seule parution pour les mois de juillet et août. L’expérience de 2010 s’est rappelée à nous, car elle nous avait permis de constater que les évènements dans l’actualité n’allaient pas en diminuant pendant la période estivale. ien au contraire, c’est souvent l’occasion d’essayer de faire passer des Lois ou des règlements pendant que les français sont en congés et qu’ils n’ont pas l’esprit « frondeur ». Nous avons pu le constater cette année encore avec, entre auPar Christian tres, le bilan de la Loi sur la gendarmerie qui doit être rendu pour CONTINI Président de fin juillet. L’Afghanistan nous démontre aussi qu’il n’y a pas de l’A.G.&C. trêve chez les talibans. En définitive nous vous proposons un magazine très varié et très fourni. ’agissant de la période estivale, il nous faut également penser à tous nos camarades en activité. Pour eux, les vacances d’été vont de mi–juin à mi-septembre pour que chacun puisse prendre des congés au soleil (ou presque). Pendant qu’un tiers de l’effectif profite de vacances bien méritées, ceux qui restent sur le terrain doivent mettre les bouchées doubles pour assurer les missions. Ceci est particulièrement plus difficile dans les régions qui attirent les vacanciers, sur le littoral, à la montagne et dans les régions touristiques où l’activité des gendarmes est décuplée. enant compte des réductions d’effectifs dues à la RGPP, le vivier des renforts s’est réduit, qu’il s’agisse des escadrons, des sorties d’écoles, des réservistes ou des brigades, il est de plus en plus difficile d’avoir suffisamment de personnel. Les journées réservistes supplémentaires ou le rachat pour 80 euros des week-ends de repos aux actives (généreusement proposés par le ministère de l’Intérieur) ne seront pas de nature à combler les manques dans les brigades qui travaillent à flux tendu. Les sortants d’écoles, envoyés en renfort dans les secteurs touristiques avant de rejoindre leur affectation définitive, manquent aussi dans les unités où ils sont attendus car leur place reste vacante durant cette période. Nous souhaitons sincèrement que ces « trous » dans les effectifs ne provoquent pas de drames durant l’été. e leur côté les membres de l’Association poursuivent leur travail. Actuellement nous élargissons la diffusion de notre magazine vers les maires des communes françaises. Ils sont particulièrement concernés par la sécurité qui est, en partie, de leur responsabilité. Nous aurons l’occasion de revenir sur le sujet.

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ous comptons sur vous pour diffuser encore et toujours notre magazine. Bonnes vacances à tous.


16 juin, le ministre de l’Intérieur, en visite à Nice, annonce la généralisation des patrouilleurs. Après seulement 7 semaines d’expérimentation, la méthode a amené des résultats spectaculaires avec une diminution de 20% des vols à la tire ou par effraction et une augmentation de 20 à 30 % du nombre de policiers sur la voie publique. On a le droit d’y croire, on se doutait qu’il n’allait pas critiquer la méthode GUEANT. Espérons que l’avenir ne le contredira pas et que ses patrouilleurs ne tomberont pas dans des embuscades dont les voyous ont le secret. 18 juin, on connaissait la Fédération des Motards en Colère mais ce samedi ils ont réussi à fédérer la grogne de nombreux usagers de la route à travers toute la France. En plus des motocyclistes nous avons pu voir des manifestations comprenant des automobilistes, des routiers avec leurs véhicules ou à pied. Le motif de cette colère : Un certain ras-le-bol devant une règlementation de plus en plus draconienne pour augmenter la répression destinée à alimenter la tirelire fiscale. De là à considérer les forces de l’ordre complices, juste un pas que certains ont déjà franchi allègrement.

Nous sommes remplis de compassion pour sa famille, ses amis et frères d’arme. Une question se pose : Alors qu’on parle de retrait progressif, les Talibans montrent un retour en force avec une agressivité redoublée. 7 militaires français sont tombés sur le sol Afghan depuis le mois d’avril alors que 62 ont perdu la vie en un peu plus de 9 années, il ne faut pas être un as en mathématiques pour se rendre compte qu’en deux mois le chiffre de nos morts correspond aux pertes que nous avons subies (en moyenne) chaque année. Le 19 juin, au journal télévisé de 13 heures sur TF1, pour la première fois depuis longtemps, la mort d'un militaire en Afghanistan a fait l'objet du premier titre évoqué. Le 22 juin, le président américain annonce le retrait d’une partie importante de ses troupes engagées en Afghanistan. Quelques heures plus tard l’Elysée communique que la France monte sur le porte-bagage du grand frère américain et que nos troupes seront retirées progressivement « et proportionnellement » des théâtres d’opérations Afghans. L’Association Gendarmes et Citoyens estime que rien ne permet d’affirmer que la situation s’est normalisée et que les actions menées jusqu’ici vont permettre de laisser un pays en paix à l’abri des fanatiques Talibans. On peut le souhaiter mais il est légitime de craindre que ces fous sanguinaires ne reprennent le pouvoir dans ce pays. Dans ce cas il serait dramatique de penser que des dizaines de français sont morts pour rien et qu’un grand nombre de blessés garderont à jamais les traces de cette guerre qui n’aura peut être rien apporté d'autre que du sang et des larmes.

19 juin 62ème tué. Il avait 20 ans et c’est le 62ème soldat tué en Afghanistan. Le 1ère classe Florian MORILLON du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes de Pamiers a été mortellement blessé dans un échange de tirs avec les Le 23 juin, le Ministre de la défense Gérard insurgés dans la vallée de Tagab. LONGUET a déclaré :

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« L’armée est la grande muette dans notre société. Ce n’est pas simplement une tradition ; c’est un devoir, un devoir républicain. L’armée est là pour exécuter la politique que veut la nation.» Encore faudrait-il que les citoyens soient consultés sur les grandes décisions comme, par exemple : l’emploi de nos troupes à l’étranger. L’Association Gendarmes et Citoyens qui milite pour un droit d’expression des militaires (dont les gendarmes) estime que si l’armée est une « grande muette » son ministre actuel (comme le précédent) est « totalement sourd » aux idées qui ne sont pas les siennes. Cette surdité est doublée de cécité, ce qui est plus grave, lorsqu’on refuse de voir, d’entendre et d’admettre le malaise qui existe dans les rangs des militaires de tous grades. 25 juin 63ème tué en Afghanistan. Le 22 juin, La présidence de la République Française, suivant la décision des Etats Unis, annonce le retrait progressif de ses troupes d’Afghanistan. Trois jours plus tard Cyrille HUGODOT, 24 ans, marié et père d'un enfant perd la vie au combat. Quelques jours plus tôt c’était un de ses camarades parachutistes de Pamiers, comme lui, qui était tué. Il semblerait que l’annonce d’un retrait des troupes ne soit pas de nature à calmer l’envie d’en découdre des talibans. On peut craindre, au contraire, qu’ils souhaitent montrer leur force pour se pré positionner dans une future lutte pour reconquérir le pouvoir en Afghanistan. Sincères condoléances à cette nouvelle famille endeuillée, sans oublier les proches et les camarades de ce jeune soldat.

vement en haut lieu. Il est fait référence à l’article (N° 433) dénonçant le peu de représentation des autorités civiles et militaires à l’hommage rendu aux invalides à la mémoire des gendarmes morts en service (réflexion que nous avons largement soutenue). Si l’on en croit l’article, grâce à cette intervention, le Président de la République en personne, accompagné de très nombreuses autorités civiles et militaires (dont le directeur de la Gendarmerie), a déposé une gerbe au monument aux morts de la police nationale à Neuilly sur Seine. Nous ne voudrions pas décevoir le rédacteur de ce billet mais Nicolas Sarkozy se déplace tous les ans au monument de Neuilly et ce depuis de nombreuses années. L’Association Gendarmes et Citoyens avait d’ailleurs dénoncé cette différence de traitement à plusieurs reprises. Elle avait aussi lancé l’idée d’un monument unique destiné à toutes les forces de sécurité puisque le monument National de la Gendarmerie de Versailles est délaissé. Nous espérons sincèrement que l’article de l’Essor dénonçant ce « deux poids – deux mesures » ait été lu en haut lieu mais nous ne le saurons que le 16 février 2012 à la prochaine cérémonie en hommage aux morts de la Gendarmerie.

27 juin 2011 - Le ministre de l'Intérieur, Claude GUEANT (bis), a demandé aux nouveaux officiers de police et de gendarmerie de veiller au « lien de confiance » entre leurs deux institutions et la population, en procédant au baptême de leurs promotions, à Cannes-Ecluse et à Melun (Seine-et-Marne). « Sens du devoir, volonté de protéger les instituDans un billet récent de l’ESSOR l'auteur se rétions de la République, jouit que cette publication soit lue très attentidevoir d’assurer la

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tranquillité de nos concitoyens », et les « qualités de volonté et de courage » sont les qualités demandées par le ministre. Devoir, devoir, devoir…..et le droit de se taire pour les gendarmes. Il aurait pu demander à ces cadres de catégories B++ de montrer plus de respect et de considération à l’égard de leurs personnels, ce qui n’est pas toujours le cas. Quant au lien de confiance entre la police, la gendarmerie et la population il a un travail énorme à réaliser pour le renouer après le matraquage incessant que subit le français moyen sur la route. Un reportage télévisé montrant des gendarmes venant discuter avec les habitants n’est qu’un « montage » destiné à redorer un blason de plus en plus terne. 27 juin, Jean-Pierre PERNAUT, journaliste de TF1 a du s’excuser à la suite d’un reportage du 23 juin où une mère de famille exprimait sa détresse face à l'absentéisme de son enfant et son soulagement de voir arriver le dispositif chargé de lutter contre ce fléau. Cette mère éplorée, faux témoin, était en réalité une attachée de presse du président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric CIOTTI, le monsieur sécurité de l’UMP. Inutile de s’étendre sur le sujet sans risquer de devoir faire face aux foudres des uns et des autres qui sont tous blancs comme neige. Quelques fusibles à faire sauter et tout rentre dans l’ordre, mais quand même… 27 juin vaste opération de police à Sevran (Seine-Saint-Denis), des armes, de la drogue et de l'argent saisis à cette occasion. Le ministre de l'Intér i e u r Claude GUEANT (ter) a indiqué que ''treize personnes ont été

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interpellées au total'' par la police, qui a également saisi ''plusieurs types de drogues'', de l'argent liquide et des armes, dont ''des armes de guerre et des pistolets automatiques''. Il n'a pas fourni plus de précisions sur les quantités saisies. ''Nous allons mener la guerre aux trafiquants'', a martelé M. GUEANT. Nous voilà de nouveau en état de guerre dans le neuf-trois. Ont été engagés : 150 personnes, deux sections de CRS, police judiciaire, renseignements (s’agissant de Sevran on attendait l’aviation et la marine mais elle était occupée en Lybie). On aurait aimé savoir combien des 13 interpellés ont été déférés à la justice ou remis en liberté mais nous avons raté l’information. Honneurs rendus au parachutiste de première classe Cyrille HUGODOT, du premier régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers. Le 29 juin, le corps de notre dernier héros tué en Afghanistan a quitté Roissy à 16 heures 45. Le convoi funéraire escorté par une garde d’honneur composée de motocyclistes de la garde républicaine a emprunté l’autoroute A 1, le périphérique extérieur avant de remonter l’avenue de la grande armée. Il a ensuite descendu les Champs Elysées pour rejoindre l’hôtel des Invalides où attendaient la famille, les frères d’arme et les officiels. Un escadron de Gendarmerie positionné au niveau du rond point des champs Elysées a pris l’initiative de rendre les honneurs au passage du convoi. Des Sapeurs-pompiers présents aux abords des Invalides ont allumé les gyrophares de leurs véhicules en signe de respect. Des anonymes étaient venus rendre un dernier hommage à Cyrille le long des champs Elysées. On ne peut que regretter que cet hommage n’ait pas reçu la légitime diffusion médiatique qui aurait permis à beaucoup de citoyens de venir honorer la dépouille du soldat Cyrille HUGODOT.


5 juillet. - Plainte contre « X » déposée auprès du procureur au « tribunal aux armées de Paris ».Les faits : Le 22 novembre 2008 , Afghanistan, un militaire est tué par une mine, un autre est très gravement blessé. Une enquête de l’association de défense des droits des militaires (Adefdromil) fait état de graves négligences et imprudences, susceptibles d’engager la responsabilité pénale d’officiers supérieurs. Affaire à suivre. Un article est inséré dans le présent magazine. Dans un rapport publié le 7 juillet, la gestion des forces de sécurité est critiquée par la Cour des Comptes qui met en doute la baisse de la délinquance depuis 2002. Ce faisant elle entraîne la colère du locataire de la place Beauvau. Ces doutes remettent également en cause la politique du chiffre et les conditions de leur recueil. l’Association Gendarmes et Citoyens, sans entrer dans le détail ni s’engager dans la guerre des communiqués politiques des divers partis, constate que ce rapport dénonce des faits qu’elle a mis en avant depuis fort longtemps. La gestion de la sécurité, avec la RGPP, la casse des effectifs, les coupes dans les budgets sans oublier la réforme judiciaire provoquent une montée de l’insécurité inévitable. Il est nécessaire d’évoquer également les conditions de travail déplorables que rencontrent les gendarmes. Malheureusement, tenant compte de l’entêtement affiché de nos gouvernants, il est à craindre que cette situation n’aille en s’aggravant. Les citoyens sont sensibles aux économies sur leurs impôts mais ne

sont pas favorables à ce que celles-ci leur coûtent leur sécurité.

7 juillet, après l’usage des armes de guerre à Grenoble et Sevran c’est Marseille qui revient en première page de l’actualité. On se souvient de deux règlements de comptes, fin 2010 et il y a quelques mois qui avaient fait deux morts dans cette ville. Cette fois c’est une embuscade en règle tendue à un train de marchandises pour piller son chargement en faisant prendre de gros risques aux voyageurs d’un convoi qui précédait et qui a été bloqué par des obstacles jetés sur les voies. Le butin n’est pas du niveau de celui de l’attaque du train Glasgow – Londres mais on peut se demander à quand des braquages de banques par des bandes armées. Afghanistan, la guerre s’emballe. En quelques jours le nombre de nos morts passe de 63 à 70. Le 11 juillet, le brigadier Clément KOVAC, 22 ans est tué accidentellement. Le 12 juillet le Président SARKOZY se rend en Afghanistan, il annonce le retrait d’un quart de nos troupes d’ici fin 2012 et déclare « il faut savoir finir une guerre ». Il est vrai que les experts s’accordent à dire qu’il existe une radicalisation de l’insurrection qui s’étend à l’ensemble du pays qualifié de bourbier. Le lendemain 13 juillet cette fin de guerre ne sera pas arrivée assez vite pour CINQ de nos hommes qui perdent la vie dans un attentat suicide. Il s’agit du lieutenant Thomas GAUVIN, 27 ans, de l'adjudant Laurent MARSOL, 35 ans, de l'adjudant Emmanuel TECHER, 39 ans, de l’adjudant Jean-Marc GUENIAT, 37 ans et du caporal-chef Sébastien VERMEIL, 31 ans, du Sirpa terre de Lyon. Quatre de leurs camarades sont grièvement blessés. Alors que nous aurions espéré un

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deuil mieux marqué à l’occasion du défilé du 14 juillet, la parade se termine par l’annonce d’un nouveau tué, un commando marine de 30 ans, Benjamin BOURDET, qui devient la 70ème victime de cette guerre. Nos députés viennent de voter la poursuite des hostilités en Lybie, nous pensons à tous ceux qui ont apporté leur voix à la poursuite de l’engagement français en Afghanistan, certains d’entre eux risquent de se sentir une part de responsabilité dans la mort de nos soldats. Les chiffres sont parlants, 7 morts en 4 jours, 18 depuis le début de l’année. De quoi nous faire douter des déclarations du ministre de la Défense, Gérard LONGUET qui, dans sa conférence de presse, essaie de nous faire admettre que si les terroristes sont aussi actifs c’est que notre politique militaire en Afghanistan montre son efficacité. Heureusement ! Qu’en seraitil si ce n’était pas le cas. On peut noter que le Président de la République trouve que les procédures de sécurité sont à revoir dans l’intérêt de nos militaires. Combien de morts auronsnous à déplorer dans les années à venir ? Qu’en est-il de nos gendarmes ? Vont-ils poursuivre la formation de la police Afghane et jusqu’à quand ? Des questions qui se posent mais n’obtiendront certainement pas de réponses dans l’immédiat.

La cérémonie du 19 juillet a été à la hauteur de ce sacrifice consenti, nous avons pu suivre en direct le convoi funèbre et son escorte. Nous avons apprécié, sur l’itinéraire, la présence de citoyens de plus en plus nombreux venus saluer une dernière fois leurs héros, y compris des pompiers qui ont rendu les honneurs pont Alexandre III. Nous saluons la présence de nombreuses autorités accompagnant le Président de la République et les familles à la cérémonie de l’hôtel des invalides. Cet hommage s’est montré particulièrement émouvant et même poignant. Nous regrettons que tous nos soldats morts sur les théâtres d’opérations extérieurs n’aient pas eu droit à un hommage aussi vibrant de la part de la Nation.

Nous savons que nous aurons encore d’autres L'Association Gendarmes & Citoyens a pu ap- morts à déplorer et nous souhaitons qu’à l’aprécier le relais des médias donnant l’impres- venir tous recevront un hommage de cette sion qu’on venait enfin de découvrir que des dimension. Nous ne pouvons que nous incliner devant ces victimes de leur devoir qui meurent en notre nom et assurer leurs familles, leurs proches et leurs camarades de tout notre soutien. Nous souhaitons également un prompt rétablissement à nos blessés. Espérons une fois de plus que toutes ces souffrances ne seront pas vaines et que le peuple Afghan retrouvera la paix au départ des troupes de la coalition.

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jeunes Français allaient jusqu’au sacrifice de leur vie au nom de leur pays.


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’été sera chaud pour les gendarmes mais aussi pour leurs familles. Sans commentaire ni concertation, une circulaire du 4 février 2011 modifiant certaines dispositions du service intérieur, interdit l'installation de piscines hors sol sur les dépendances des logements concédés par nécessité absolue de service aux militaires de la gendarmerie nationale. http://w ww. bo c.s ga. defens e. go uv.fr / pdf/2011/2011_011_p_defg1150302c_5706 4.pdf

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ésormais les « sous-occupants » des logements de fonction ne pourront que patauger dans 40 cm d’eau, sous réserve d’y être autorisés, d’avoir un compteur d’eau individuel et d’être assujettis à une redevance d’assainissement. Lors des périodes chaudes, les gendarmes dont les logements sont rarement isolés correctement, la climatisation un vague rêve, apprécieront cette nouvelle restriction leur interdisant d’accéder à un élément de confort, bien banal pour beaucoup de nos concitoyens.

sans droits quant aux normes de confort et parfois même sanitaires. Cette décision est d’autant plus inique que l’occupation du logement de fonction est une obligation et que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

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l existe certains privilèges permettant à quelques uns de bénéficier d’un logement de fonction avec une vraie piscine, sans obligation de compteur individuel. N’y voyez aucun mal si ceux-ci sont, ou seront, ceux qui édictent les normes restrictives pour les autres.

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l est aussi « amusant » de constater que le général signataire de cette circulaire (au nom du ministre), faisait visiter, il y a peu, le futur casernement de la direction de la gendarmerie nationale. Les malheureux qui occuperont les lieux devront vivre de manière spartiate, sans aucun avantage pour leurs familles, juste une piscine de 25 mètres, un petit bassin, un sauna et un hammam et le reste est à l’avenant. http://fortdissy.info/la-fete-des-voisins-dufort-27-mai-2011

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lors rassurons les militaires de la gendarmerie, l’effort qu’ils vont consentir en renonçant à quelques centimètres d’eau et un peu de fraîcheur, permettra d’adoucir le quotidien de leurs grands chefs. Leur bien être ne pourra qu’être bénéfique à la sérénité de leurs prochaines décisions. L’interdicue l’on ne nous parle pas d’économies tion de chauffer les logements de fonction ou de gaspillage, personne ne trouverait l’hiver prochain pour économiser le pétrole, à redire que les propriétaires de piscines hors par exemple ? sol aient l’obligation de s’acquitter d’un surcoût sur leur consommation d’eau. Non, il est GENDSTAS plus simple d’interdire et de rappeler ainsi aux militaires de la gendarmerie qu’ils n’ont qu’un statut « d’occupant », et qu’ils sont

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omme j'essaye de le faire chaque année, probablement comme la plupart de mes camarades actifs, je profite de mes permissions estivales pour retourner au berceau de ma jeunesse et passer un moment parmi celles et ceux avec qui j'ai grandi. Là, je retrouve alors ceux qui sont restés vivre ''au Pays'', ayant fait leur trou en s’insérant définitivement dans le paysage que ma mémoire se plaît à garder précieusement durant tout le temps que je passe loin d'eux.

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a branche maternelle de ma famille est installée depuis maintenant près de quatre générations à l’Île de Ré. J'y ai vécu de ce fait, et quand les pérégrinations q u e v o u s impose la vie m ' e n o n t é l o i gné, j'y ai néanmoins toujours passé la plus grande partie de mes vacances et permissions. Je ne vous cacherai pas que l’Île de Ré n'a plus du tout la même physionomie que lorsque j'étais gamin (voici une cinquantaine d'années maintenant...), et que la vie n'y a plus rien de comparable... Même si elle enregistrait une augmentation sensible de sa population en période estivale, les principales activités économiques rétaises, avant que dans les années 70 le tourisme ne devienne la première, étaient l'ostréiculture, la pêche et l'agriculture. La mise en service du pont inau-

guré en mai 1988, a définitivement et radicalement changé le mode de vie des insulaires et vu exploser la fréquentation touristique, non seulement l'été, mais également tout au long de l'année. vous retracerai pas une énième J efoisnel'historique de cette île dont je garde le souvenir du côté sauvage autrefois, aujourd'hui malheureusement remplacé par le ''bling bling'' faussement discret de ses augustes visiteurs, qui en ont fait un haut lieu ''V.I.P'' avec un tarif et le coût de la vie qui vont avec. Je vais plutôt vous traduire une part de la nostalgie que ressentent ceux dont je suis, qui ont vu le patrimoine immobilier de cette île grimper démesurément à l'ARGUS des particuliers, au point d'enrichir certains au détriment des valeurs d'antan, ne serait-ce qu'au travers de l'évolution qu'a subi la brigade de Gendarmerie, comme ses consœurs nationales, à l'image de tout le reste d'ailleurs et pas seulement rhétais… Quand j'étais môme donc, les seuls gendarmes que nous croisions toute l'année sur l’île étaient ceux de SAINT MARTIN DE RÉ, lesquels bien qu'une petite dizaine à l'époque, étaient connus de toutes et tous. Tout le monde connaissait leur RENAULT juva 4, puis leur 403 et 404 break et enfin leur estafette et leurs 4 L, et jamais ils ne commençaient la visite d'une commune, (dix au total) sans faire escale dans l'un des estaminets locaux


pour prendre le café avec les ''autochtones'' et discuter des derniers ragots. Il n'y avait alors qu'un garde champêtre dans chaque village et il était leur interlocuteur privilégié. Les gendarmes officiaient en tous domaines, notamment au niveau de la pêche en contrôlant ''la maille'' des filets, au niveau des ostréiculteurs par rapport aux vols qui se perpétraient à l'approche des fêtes de fin d'année, et pour recueillir les petites plaintes de tout ordre, de la part de la population insulaire le reste de leur temps.

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ien sûr, depuis de nombreuses années en période estivale, même avant l'ouverture du pont, la brigade voyait ses effectifs renforcés par des militaires détachés des compagnies limitrophes à celle de LA ROCHELLE, ainsi que par quelques gendarmes mobiles, lesquels venaient tenir pendant près de trois mois des postes temporaires implantés dans chaque commune de l’île. Ils étaient la plupart du temps logés chez l'habitant, ce qui ne manquait pas de créer des liens étroits entre ces derniers et la Maréchaussée, d'autant plus que c'était souvent les mêmes qui revenaient d'une année sur l'autre... Même les effectifs cantonnés dans d'anciennes colonies de vacances ou dans des locaux communaux, avaient d'étroits contacts avec la population, laquelle venait souvent à leur secours pour laver et repasser le linge des célibataires, ou pour louer une de leurs chambres à l'épouse et aux enfants d'un gendarme mobile logé pour sa part en local collectif ses nuits d'astreinte... En règle générale, les gendarmes départementaux géra ient plus pa rt iculièrement les ''brigades temporaires'' et les diverses plaintes touchant au cadre judiciaire,

leurs camarades mobiles étant plus particulièrement chargés des missions directement liées à la recrudescence des touristes, lesquels après avoir parfois patienté huit heures pour prendre le bac et traverser les 4 kilomètres qui séparent l’île du continent, allaient ensuite s'entasser dans les campings en submergeant le pittoresque réseau routier de l'époque, avant d'aller engorger ensuite les parkings qui bordaient alors encore rarement les plages…

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es derniers venaient également avec leur lot de petits et gros délinquants ''continentaux'', qui diffusaient drogues et trafics en tout genre... Mais le comportement de tous ces gendarmes saisonniers restait traditionnellement courtois, ces pandores de passage reprenant à leur compte les bonnes relations entretenues le reste de l'année par leur camarades insulaires, allant même jusqu'à renforcer et prolonger ces liens. Je me souviens des quelques jours avant leur arrivée, où chacun se demandait si leur Adjudant ''Marcel'' ou leur Chef ''Raymond'' de l'année dernière, allait revenir tenir le poste de la commune et s'ils seraient encore hébergés à la pension de famille du coin... ? Ou encore, s'il fallait vraiment acheter ce ''disque de stationnement'' pour la toute nouvelle zone bleue instaurée aux abords de la mairie, ou si comme l'année d'avant ils se montreraient ''cléments et magnanimes'' vis à vis des immatriculations locales... ?

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t quand ils étaient enfin arrivés, entendre les commentaires sur le nouvel Adjudant de SURGERES (17), lequel avait l'air sympa mais ''qu'il faudrait le voir à l'usage'', ou sur l'allure débonnaire de quelques mobiles logés dans le secteur... Puis finalement, ''le bleu Gendarmerie'' s'installait dans le paysage local et la saison avançant créait de nouveau liens et connaissances. Oh certes, ils ne chômaient pas ces gendarmes, entre

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les stationneme nts et ca mpings ''sauvages'', les vols de vélos, les vols à la tire dans les véhicules, les sorties de discothèques bien arrosées, la conduite et le co mpo rt eme nt légère me nt ''débridés'' de ces jeunes estivants, que les insulaires se plaisent toujours à appeler aujourd'hui ''les doryphores''… qu'il en soit, mes camarades Q uoi gendarmes d'alors étaient très appréciés et respectés à hauteur de leur tâche saisonnière, et c'est avec une certaine mélancolie que les îliens les regardaient s'en aller fin septembre, réalisant qu'une année touristique de plus venait de s'écouler.

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ombreux d'ailleurs parmi ceux que je viens d'évoquer sans les nommer, ont depuis acheté sur l'île et y coulent maintenant une retraite méritée…

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ujourd'hui, les choses ont malheureusement évolué comme partout, et du bilan que l'on peut en dresser ''pas forcément en bien''... La fréquentation ayant été multipliée par cinq dans la période que je viens de vous décrire, et par trois le restant de l'année selon le coefficient des marées ou le jeu des weekends à rallonge, si les effectifs permanents de la Gendarmerie locale ont quelque peu grossi, les insulaires (les rétais de souche étant de moins en moins nombreux...) ont par contre vu les effectifs des polices municipales augmenter de façon significative, ces nouveaux A.S.V.P étant loin d'avoir les mêmes sollicitudes à leur égard, que leurs aînés gardes champêtres... Quand aux gendarmes de SAINT MARTIN, comme sur le continent, plus personne ne les connaît car trop occupés qu'ils sont à gérer l’événement, ils n'ont plus le temps de prendre un café le matin au bar du coin ni de discuter avec l'ostréiculteur, qu'il faudrait pour cela aller trouver au milieu de ses parcs implantés bien trop loin du parking, où il faudrait alors laisser sans surveillance le véhicule de dotation…

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locaux communaux bien en retrait des résidences principales et secondaires (un poste temporaire seulement à LA COUARDE et à ARS EN RÉ), bien à l'abri du contact avec les insulaires grâce à l'autonomie que leur confère leur nouvelle logistique, laquelle s'est étonnamment et considé-rament développée suite à l'installation ''à demeure'' de certaines personnalités sur notre île aujourd'hui hautement ''Ré– putée''…

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out ce que les anciens relèvent et constatent aujourd'hui, c'est que leurs gendarmes verbalisent tout ce qui bouge, ou plutôt ne bouge pas car ''stationné'' en dehors des lieux prévus, qu'il s'agisse de professionnels locaux qui tentent de travailler comme ils peuvent au milieu de cet essaim d'estivants, ou qu'il s'agisse de ces d e r niers, dont la plupart semble inc lure naturellement le coût des P.V au stationnement, à celui de leur séjour rétais, mais ils ont eux visiblement d'autres revenus que les estivants d'il y a trente ou quarante ans... Les gendarmes contrôlent également sans vergogne tout ce qui circule, surtout sans retirer leurs belles lunettes de soleil ''hyper-foncées'', et en s'adressant à l'usager d'une façon ''condescendante'' empreinte de juste assez de politesse pour ne pas se le voir reprocher, même si le nombre de ''proutprout ma chère'' qu'ils contrôlent les excuse un peu… ne peux que constater que depuis J eplusieurs années, aucun de mes amis

d'enfance et encore moins leurs parents, uant aux renforts saisonniers, ils ne s'impatientent de voir à quoi ressemsont maintenant cantonnés dans des blent ceux qui arrivent en renfort au dé-


-but de l'été, et qu'ils n'éprouvent plus aucun pincement au cœur en les voyant repartir en septembre, mais bien plutôt un soulagement à peine déguisé, car pour couronner le tout, ils supportent le fait que ces militaires sont très efficacement secondés par des A.S.V.P ''saisonniers'' également, dont la formation laisse sérieusement à désirer, ce qui augmente considérablement ce sentiment de ''racket fiscal indirect'' ressenti par eux et par le visiteur temporaire lambda que je suis comme d'autres devenu… L'été à l’Île de Ré, c'est un peu trop devenu pour tous ces porteurs d'uniforme ''chasse ouverte tout gibier'' ! ! !

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our exemple, je me suis fait verbaliser le 11 juillet dernier par l'un de ces ''municipaux'' pour : « Stationnement gênant sur voie matérialisée par Arrêté Municipal... » (Je ne me justifierai même pas, je vous colle la photo et vous jugerez par vous-même...). Hormis le fait que je ne connaissais pas ce ''libellé'', mon verbalisateur m'a fait la grâce de dater son T.A au ''11 septembre 2011'' (funeste souvenir qui l'a probablement ému au plus haut point, faisant un rapport inconscient avec mon véhicule MERCEDES ''BEN(Z) LADEN''...)... de classer ce stationnement ''gênant'' en 1ère classe ( d e m o n temps c 'ét a it u n e s e conde classe)... de se tromper dans les articles qui prévoient et répriment cette ''toute nouvelle infraction'', probablement troublé qu'il a été par l'absence de référence de cet Arrêté Municipal ''fantôme''... Inutile de vous dire que la responsable de la ''troupe des cowboys municipaux'' de SAINT CLÉMENT DES BALEINES, n'a pas été trop réticente à reprendre cette belle contravention…

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lors si ces quelques lignes pouvaient être lues par ceux de mes camarades qui officient actuellement en renfort sur celle que j'appelle encore ''mon île'' pour y avoir toujours de profondes attaches, je leur demande d'essayer d'être plus ''abordables'' vis à vis de ceux qu'ils croisent, contrôlent ou verbalisent. Qu'ils pensent à retirer leur lunettes de soleil pour s'adresser à eux, car si leur allure athlétique, moderne et ''fashion'' n'a certes rien à envier à l'allure ''décontractée'' et bien moins rigide et protocolaire de nos anciens, elle les coupe par contre aujourd'hui totalement du contact avec les personnes qu'ils rencontrent, lesquelles sont impressionnées par cet espèce de harcèlement visuel, si elles n'ont pas déjà eu l'occasion de le subir pécuniairement... Ce côté plus ''humain et abordable '' affiché par nos anciens à l'époque les affranchissait au moins eux, vis à vis des contrevenants, de la relation faite par beaucoup aujourd'hui qui associent maintenant les Gendarmes à des percepteurs déguisés à la solde d'un gouvernement dont les finances sont exsangues…

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lors même si ceux qui séjournent de nos jours à l’île de Ré sont majoritairement des ''nantis'' qui peuvent s'acquitter sans gros problèmes des PV qu'on leur dresse, surtout s'ils sont justifiés, je vous demande également de penser à ceux qui s'accrochent désespérément à ce caillou parce qu'ils y sont nés, ou qu'ils y ont encore leurs parents, et qui eux n'ont pas forcément les revenus ni le standing que dénonce pourtant la maison familiale qu'ils habitent encore, pour avoir refusé de vendre à prix d'or leurs parcelles agricoles qu'ils s'entêtent encore à vouloir cultiver pour avoir le simple droit d'être encore ''Rétais'' de souche ! D'avance, merci pour eux et notre image !

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ans un rapport publié le 7 juillet, la cour des comptes remet en cause la gestion des forces de sécurité et met en doute la baisse de la délinquance depuis 2002, date de l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur. Ce faisant elle entraîne la colère du locataire de la place Beauvau. Ces doutes remettent également en cause la politique du chiffre et les conditions de leur recueil.

rations. Les sages éreintent l'organisation et la gestion des effectifs de SP qui ''se fait par objectifs en fonction des statistiques''. e rapport fustige l'état statistique des deux forces, notant au passage qu'en 2009 la reprise à la hausse de la délinquance a été évitée en grande partie par le refus d'enregistrer des plaintes pour escroquerie. La baisse a résulté, selon les sages, du fort recul des vols d'autos et de dégradations de ans ce rapport de 250 pages, les sages biens privés. indiquent avoir mené leur enquête dans une cinquanôté chiffres, la Cour des Comptes relève taine de villes d'Ile une hausse des effectifs sur 2002-2010 -de-France, Rhône suivie d'une diminution égale. Au final, la -Alpes ou PACA. Cour comptabilise une baisse de 5,3% deIls passent au cri- puis le 1er janvier 2003 du nombre de polible les forces de ciers et 25% de leurs budgets de fonctionnesécurité publique (SP) qui agissent dans la ment (hors rémunérations) en 2010. rue, en particulier police et gendarmerie Le rapport stigmatise le ''rôle grandissant (80.000 fonctionnaires chacune). Nous som- des polices municipales'' (+35% sur la périomes loin de 105000 gendarmes évoqués il y de analysée, beaucoup plus que les forces a quelques années. de l'Etat). ur la période 2002-2010, écrivent les rapporteurs, l'Etat ''a consacré à la sécue rité des moyens croissants budgétaires, ''développement technologiques et humains''. Mais les résulrapide mais coûteux'' tats sont ''contrastés'', si l’on constate un de la vidéoprotection ''recul des atteintes aux biens'' on déplore est mis en cause. La une ''hausse'' des violences aux personnes. Cour a des doutes sur les chiffres de celui-ci. ’exigence d'une plus grande efficacité de (20.000 caméras annoncées en 2008 alors la lutte contre la délinquance, (en réfé- qu’elles n'étaient que de 10.000 pour la rence à la politique sécuritaire de Nicolas Cour). Les sages plaident pour une réforme Sarkozy dès 2002) doit être satisfaite de l'organisation des forces ''en profondeur'' ''depuis 2009'' avec des moyens en diminu- et un ''nouveau partage territorial''. tion et une hausse des dépenses de rémuné14

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ans sa réponse, le ministère de l'Intérieur est particulièrement sévère, fustigeant des ''inexactitudes, erreurs d'analyse, oublis, manques d'objectivité'' et ''sousentendus contestables''. Les auteurs sont taxés d’une appréciation sur ''une période limitée'', niant les accusations et mettant en avant l''effort de mobilisation'' de ses troupes ''recentrées sur leur cœur de métier''.

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e 7 juillet, sur RMC-BFM TV, face à JeanJacques Bourdin, le ministre de l’Intérieur a confirmé sa colère en termes peu élogieux à l’égard des sages de la Cour des Comptes. Il annonce plus de policiers et gendarmes mais annonce qu’il n’y aura aucun moratoire sur la RGPP et qu’un fonctionnaire, sur deux partants à la retraite, ne sera pas remplacé. La seule explication qui vaille est que ces augmentations d’effectifs se feront à partir des auxiliaires (anciens emplois jeunes remis au goût du jour). Il affirme toujours pouvoir compenser avec une meilleure gestion et une meilleure répartition des tâches. Prenons acte de ce qu’il renonce à dissoudre de nouveaux escadrons de gendarmerie mobile devenus inutiles (pour l’instant) selon lui car il n’y a plus de troubles sociaux. Le réveil risque d’être rude d’autant plus que les mouvements sociaux dans les banlieues sont toujours à la limite de l’explosion.

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e ministre compare les résultats de 2001 à ceux de 2011 et s’en satisfait. Cette méthode, parfaitement rôdée, qui consiste à comparer ces deux années de référence serait moins attrayante

pour lui si l’on établissait un graphique année par année avec les chiffres de la délinquance et ceux des effectifs. On pourrait se rendre compte que depuis quelques temps, avec la casse du service public de sécurité, les statistiques (même à partir de chiffres arrangés) ne seraient pas très avantageuses pour le pouvoir en place et on pourrait comparer l’efficacité en matière de sécurité du ministre Sarkozy par rapport au Président du même nom. Lorsque l’on compare 2010 à 2011, cette tendance se confirme, moins 26,3 % de garde à vue, moins 9 % de faits élucidés et moins 11% de personnes mises en cause.

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oyons sûr que le ministre de l’Intérieur fonde beaucoup d’espoir dans le rapport que doit rendre le Sénat sur les conséquences de la RGPP. Si, après les sages de la Cour des Comptes, les caciques du Sénat critiquent également les résultats de la politique de sécurité, ce serait deux revers cinglants. Il faut se rappeler qu’à l’occasion de leurs auditions, ni le directeur de la police, ni celui de la gendarmerie n’étaient réellement enthousiastes.

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n conclusion l’Association Gendarmes & Citoyens constate, comme d’autres, que la RGPP et la réforme judiciaire amènent des résultats particulièrement dévastateurs pour la sécurité des Français, ce qu’elle avait dénoncé depuis longtemps. Malheureusement, vu les intentions de poursuivre les réductions d’effectifs et les coupes sombres dans les budgets, il est évident que cette dégradation va se poursuivre rapidement.

Christian CONTINI

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PUBLICATIONS

JUILLET 2011

JUIN 2011

MAI 2011

En outre, depuis Octobre 2009, l’Association Gendarmes & Citoyens publie son bulletin mensuel. Vous pouvez consulter librement l’ensemble des éditions en cliquant sur le lien ci-dessous.

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a prime au mérite collective ou (pose de carrelage, papiers peints, récomment ne pas en être bénéficiai- fection plafonds, création de mobiliers re : dans le secrétariat, réfection des couloirs, de la salle d'instruction et d'une orsqu'une prime au mérite est déli- salle de repos, le tout pendant leurs revrée de façon collective, c'est nor- pos et les WE d'astreinte. malement l'ensemble des personnels de l'unité qui en est destinataire. En u résultat, seul le gradé a obtenu la sont exclus ceux qui ont été mutés au prime au mérite, le gendarme qui sein de l'unité l'année de l'attribution, l'a aidé dans la réalisation des travaux car la prime récompense le mérite de et celui qui a assuré la permanence sel'année précédente. crétariat pendant les travaux ont été oubliés. n gradé, adjoint dans une unité Le gradé a investi sa prime dans l'achat ainsi récompensée s'est vu exclu d'un lecteur de DVD, d'une cafetière et de cette attribu- d'un téléviseur pour que tout le secrétion, car muté pour tariat en profite. convenance personnelle l'année de -o-o-o-o-ol'attribution. Le prétexte invoqué, ne pas avoir établi un a prime au mérite attribuée à un dossier contentieux avec demande de tiers car le destinataire a déposé sa punitions à l'encontre de subalternes demande de mise à la retraite : lors d'une opération de police judiciaire, qui avait amené des félicitations..... rrivé depuis 1 an dans une unité Le montant ainsi économisé a certainequi était totalement désorganisée, ment été reversé à quelqu'un de plus le gradé qui a remis la méritant ????? machine sur les rails, sans excès d'autorité, a -o-o-o-o-oété placé sur la liste des personnels de la a prime au mérite individuelle at- compagnie devant être tribuée pour une action collective: récompensés. Malheureusement pour lui, il a fait une ans un secrétademande de mise à la retraite de ce fait riat, un gradé et la prime a été donnée à son adjoint. un gendarme, ont Ce dernier (et c'est tout à son honneur) rénové 3 bureaux a décidé de la reverser au commandant

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de brigade.

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e voulant d'une prime qui ne lui a p a s été attribuée par la hiérarchie, ce CB l'a partagée entre les gendarmes adjoints volontaires de l'unité qui avaient participé au service d'ordre lors du G20 à STRASBOURG. Il faut préciser qu'à l'occasion de cette mission, l'ensemble des personnels d'actives (même ceux qui étaient venus sur site que quelques heures, ainsi que leurs chauffeurs) avaient été récompensés pécuniairement sauf les GAV.

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e message explicatif du CB donateur, transmis aux autres unités de la compagnie pour expliquer sa vision des choses, n'a pas été apprécié par le commandant de compagnie. Pourquoi ? Parce que certaines unités, suite au message, ont partagé leurs primes avec les GAV. La retraite arrivant ça en est resté là pour notre CB.

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oilà trois exemples qui démontrent combien cette prime peut avoir des effets pervers et qu'il faut du bon sens pour éviter qu'elle ne soit à l'origine de discordes au sein des unités.

*ZIZANIE

féminin (Vieilli) (Rare) Ivraie, mauvaise graine qui vient parmi le bon grain. (Figuré) Désunion, mésintelligence. Il s’en irait semer la discorde et la zizanie ailleurs, où il voudrait, pourvu que le pays fût débarrassé de sa personne. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921) Un vieux révolutionnaire géorgien qui le connut à cette époque me disait: « C'était un petit gars débrouillard. Capable. Mais bougrement sournois, sachant bien semer la zizanie […] » — (Victor Serge, Portrait de Staline -1940) Source : wiktionary

Jean-Luc PROVOT 19


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a y est, elle est de nouveau revenue h, cette fameuse prime au méricette période où toutes et tous se te... lancent des regards en coin lourds de l est à croire que beaucoup ne vivent sous-entendus, selon qu'ils sont ou non et ne remplissent leurs missions quoinscrits sur cette foutue liste annuelle, tidiennes que dans l'attente qu'elle leur et surtout selon la somme en dessous soit attribuée, ce qui afficherait à leur de laquelle apparaît leur nom... yeux qu'on a enfin reconnu leur lle est revenue cette période où ''mérite''. Et final'on entend immanquablement cerlement, une fois tains faire des réflexions, sur le collègue la rancœur de qui est récompensé alors qu'il n'a pas n'avoir pas été reforcément brillé durant l'année écou- tenus ravalée, ils passent à autre chose lée, alors qu'eux, ils ont résolu l'affaire et repartent pour une année de plus. En du siècle, ou encore se sont montrés clair, tous les ans à la même époque on bien plus disponibles et professionnels entend la complainte des oubliés, des que ces ronds de cuir d'états majors, frustrés ou des aigris, alors qu’étonqui quittent les bureaux dès 18 heures namment, ceux qui claironnent le et bé néfici ent eu x , qu as i - moins sont ceux qui l'ont perçue… systématiquement, en plus de cet opt finalement, dans quel but a-t-elle portun pécule, de tous leurs weekété créée cette super prime ? Pour ends... motiver davantage les troupes ? pour h oui, tous les ans depuis qu'elle enfin donner de l'élan à existe, tout le monde se met à dres- ceux qui semblent n'en ser des bilans et à porter des jugements avoir jamais eu ? ou pour sur l'activité réelle ou supposée des bé- dynamiser encore un peu néficiaires de cette fameuse ''prime au plus les échelons de commérite'', et mêmes entre eux, ces heu- mandement, afin qu'ils reux ''nominés'' se regardent encore en obtiennent de leurs subalchiens de faïence ternes encore et toujours plus avec tousous prétexte jours et encore moins ? qu'un tel ou un tel n fait, je crois qu'elle a été officiela touché la plus lement instituée, pour récompengrosse, alors qu'il ser ceux qui ont atteint les objectifs qui se contente la plu- leur étaient fixés, ceux qui se sont partipart du temps de ne faire que le mini- culièrement distingués dans leurs foncmum syndical pour éviter les remarques tions, ou encore ceux qui, par leur acde ses chefs… tion, ont fait honneur à l'Institution au

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sein de laquelle ils exercent. Or, qui juge réellement de ces critères, si ce n'est justement ceux qui fixent les objectifs, ceux qui notent leur subalternes sur la manière qu'ils ont de remplir leurs fonctions, ou ceux qui représentent auprès des plus hautes instances de l’État, l'Institution dont ils sont à la tête ? n se posant ces questions et en y répondant, on comprend mieux la répartition jugée comme ''pipée''ou 'tronquée'' par les plus bas échelons, car comme dit le dicton, « On est jamais si bien servi que par soi-même ! » J'avoue ne pas très bien percevoir le réel retour d'investissement de cette mesure, car depuis qu'elle existe, je n'ai personnellement pas trouvé qu'elle ait fait travailler davantage les fainéants, ni fait mieux travailler les plus consciencieux. i je considère la prime au mérite comme ''mère de discordes'', par contre en guise de mérite, le seul que je lui reconnaisse vraiment, est le fait qu'elle me conforte chaque année un peu plus dans mes principes et mes convictions, lesquels m'ont toujours fait dire qu'« en Gendarmerie, si l'on devait travailler pour n'être payé qu'au ''pour boire'', il y a longtemps que je ne ferais plus rien ! »

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our moi comme pour d'autres, fort heureusement, le mérite c'est par la reconnaissance des victimes et dans le regard qu'elles me portent que je vais le chercher, et je peux vous dire que ce ''mérite là'' vaut largement à mes yeux, toutes ces lettres de félicitations que j'estimais mériter, ou tous ces ''artifices pécuniaires'' pompeusement appelés ''au mérite'', finalement tout juste bons à satisfaire ceux qui n'ont que ça pour se persuader qu'ils sont réellement utiles, car ceux-là, il y a souvent bien longtemps qu'ils n'en ont pas croisé des victimes, à supposer même qu'ils en aient réellement croisées un jour... ais la nature humaine est ainsi faite, que chacun ne parvient bien souvent à s'estimer soi-même, qu'en fonction de l'estime qu'il porte lui -même aux autres... et par les temps qui courent, force est de constater que l'estime et le respect des autres sont des valeurs en voie de disparition. lors pour pouvoir se satisfaire et satisfaire les autres, ceux qui ont le pouvoir et nous dirigent, créent de l'estime et du mérite ''artificiels'' par le biais de ces ''avantages polémiques'', juste histoire de maintenir un semblant d'échelle sociale ou hiérarchique basée sur la reconnaissance du plus grand nombre... inalement le mérite, ça devrait être comme le respect, ça devrait se mériter !

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in juin les listes des bénéficiaires des primes au mérite est tombée dans les unités. Comme chaque année cette mesure entraîne des réactions en majorité négatives. Elle fait l’objet d’un sujet sur le forum Gendarmes et Citoyens qui a amené plus de 9000 connexions : http://gendarmes-encolere.forum2discussion.net/t23713 -prime-au-merite es nombreux messages déposés laissent apparaître des

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avis divers sur cette prime avec une majorité de personnes qui y sont opposés. On remarque également que le ton monte assez rapidement sur le sujet ce qui va dans le sens d’une critique qui revient régulièrement : « Cette prime est de nature à dégrader l’ambiance dans les unités ».

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ans ajouter de commentaires supplémentaires, il semblait intéressant de rapporter ici quelques messages significatifs.

« Personnellement je l'ai eue trois fois à titre individuel : l'année de l'OPJ, l'année où j'ai eu 4 certificats de langue et l'année où j'ai cumulé plusieurs lettres de féloches. Et pourtant, je ne suis ni un lèche-cul, ni un profiteur, ni un foudre de guerre au travail. »

« Si vous estimez que c'est une aberration, c'est de la faute de ceux qui la donnent, pas de ceux qui l'ont eue. Mais je persiste quand même à dire que cet argent pourrait être utilisé pour autre chose. J'avais proposé une année que cet argent serve à acheter une sorte de "véhicule de ravitaillement" utile quand les gendarmes sont de nombreuses heures sur le terrain (recherche de personnes, grosses manifestations, etc....), on m'a envoyé ch…. »

« Et c'est reparti , comme tous les ans.. Diviser pour régner , rien de nouveau des contents et des mécontents , rien de nouveau des aberrations ( probablement ) rien de nouveau du copinage ou du léchage de bottes (sûrement ) rien de nouveau. Mais comme dit plus haut , il ne faut pas en vouloir à ceux qui la reçoivent , mais plutôt à ceux qui ont mis en place cette prime de rendement au mérite , et à ceux qui l'attribuent parfois sur des critères assez flous... »


« Rien ne sert de regarder dans la gamelle du voisin, moi cette année j'ai eu 500 €, je n'ai rien demandé à personne et je ne passe pas mon temps dans le bureau du CB dans le but de l'obtenir. Je fais mon boulot et rien de plus. Ce sont nos chefs qui décident et ça ne sert à rien de s'en prendre à ses collègues. »

« Et après la prime au mérite (de toute façon, c'est souvent, très souvent les mêmes, avec en prime nos chers officiers dans les compagnies et groupements qui l'ont quasi tous )... il y aura l'avancement. Entre prime et avancement, les fins d'années sont souvent houleuses ... c'est là aussi qu’on voit les vrais visages des personnes avec qui nous travaillons et ce n’est pas toujours très joli. Après, concernant cette prime, ceux qui clament haut et fort qu'ils n'en veulent pas (hé oui, j'en connais), je réponds seulement que si on leur met un billet de 200 euros sous le nez, ils feront comme tout le monde, ils le prendront.... »

« Personnellement, je ne m'attendais pas à l'avoir. L'ayant eu l'année dernière et étant donné que le patron nous avait indiqué que pour que le maximum de personnels en bénéficie ce serait au minimum avec un écart de 2 ans, c'était accepté… Cependant, dans la liste, je vois des noms qui y étaient l'année dernière et surtout, je ne vois pas des gens qui étaient tout aussi méritants que ceux qui ont doublé. C'est pour les absents que je suis amer et que je vis cela comme une trahison de la parole de mon chef....»

« eh oui cette fameuse prime de me..e est tombée dans le 35 - et comme tous les ans, ce sont les mêmes noms qui ressortent!!! à croire qu'il n'y a qu'eux qui travaillent surtout sur certaines compagnies que je ne citerai pas!!! Le GC touche tous les ans!! où est leur mérite par rapport aux personnels de terrain???? Pour le peu qui la touchent des personnels de terrain, tous les ans ce sont les mêmes noms qui reviennent - Plus t'es en retard dans tes procédures ou plus tu t'enfuis à la vue d'une procédure et plus tu as de prime. Il y a un gendarme de notre brigade qui la touche depuis 4 ans d'affilé!!!! Pour l'année qui arrive, j'ai pris de bonnes résolutions!!! J’ai décidé de ne plus rien faire pour avoir la prime en 2012!!! »


« Je l’ai eu une seule fois pour l' instant. C'est vrai que j’avais sorti plusieurs affaires sympas. la somme de 300 euros, je l’ai versé à un organisme qui aide les anciens le la légion à PUYLOUBIER (beaucoup de blessés au combat) J' ai pu déduire la somme de mes impôts. Franchement, faut abroger cette prime, parce que pour un grand nombre de cas, c'est distribué à la gueule du client. Que la somme totale soit utilisée pour du matos, de la réfection d' appartement,.. Et pour féliciter les bons enquêteurs : lettres de féloches, citations, ... il y a le choix parmi les hochets de la république. »

« Cette prime est mal attribuée c'est tout ! si elle est supprimée, l'argent ne sera pas réaffecté ailleurs pour les bonnes causes notamment, cet argent sera perdu. Chez nous il y a des rotations, tout le monde la touche sauf les boulets. Moralité : faut prendre tout ce qu'on nous donne, ce n’est pas volé ! »

« Moi, je trouve que cette prime est sympa...faible cependant.... A ceux qui disent de la supprimer, je réponds que le blé économisé ne nous reviendra pas en matériels ou autres!!!!! Depuis qu'elle existe, si je me souviens en 2004 ou 2005, je l ai perçue 4 fois dont deux collectives....Je ne pense pas avoir mangé dans l’assiette du copain et je confirme bien être en unité territoriale... »

« Ne pas confondre prime et déprime ou des primes. Dans ces cas là, il y a les contents et les mécontents et ces derniers peuvent avoir une déprime car ils n'ont pas touché des primes que certains peuvent avoir en prime de leur travail assidu. Compter des chaussettes, comme le cas soulevé peut être usant, surtout si elles avaient été portées. C'est une sorte de prime de risque....d'étouffement. »

« Concernant la prime individuelle, il est sûr que certains ne la méritent certainement pas, mais que voulez vous, c'est un art d'embobiner la hiérarchie qui malheureusement se laisse souvent aveugler par un bon brassage d'air hebdomadaire ou mensuel. »


« Je veux bien admettre que cette prime n'a pas que des bons cotés, vu qu'effectivement, nous faisons un travail d'équipe, mais qui n'a pas dans son unité un personnel qui s'économise réellement et n'hésite pas à laisser sa part de travail aux autres. Il est quand même normal qu'a salaire et fonction égal, celui qui est très motivé et obtient de bons résultats, voit ses efforts récompensés par rapport à celui qui en fait nettement moins. »

« C 'est tombé dans ma région également. Je ne fais pas partie de la liste des heureux élus, qui pour certains la touchent deux fois (500 et 400). Comme dit précédemment il y a plusieurs Gendarmeries, donc je me contenterai de dire que chez moi c'est comme dans la plupart des cas… Avec le fric qui est dépensé chaque année dans une région pour cette prime, on pourrait en recruter du brigadier, et pas qu'un peu. Vivement qu'elle disparaisse!!! Même si je l'ai déjà eu une fois en 2007. »

« En ce qui me concerne, j'ai été proposé par mon CB cette année, je ne sais pas si je suis retenu ... je n'ai pas la prétention de dire que je le mérite plus que certains, mais pas moins que d'autres, ça c'est sur ... si je la touche, et ben on se fera un bon barbec pour mon nouveau galon !!!!! Sinon, ce sera juste l'apéro !!!! »

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evant la recrudescence inquiétante des cambriolages, perpétrés au cours de ces derniers mois, à des dates de plus en plus rapprochées, au voisinage immédiat des installations de la Gendarmerie de Château-Landon et dans un nombre croissant de hameaux proches, il apparait urgent que les pouvoirs publics se prennent par la main pour enrayer ce phénomène et apportent, par des résultats tangibles, la preuve de leurs capacités.

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i la fatalité, ni les transformations éclairs de la société, ne sauraient expliquer, et encore moins excuser, un tel développement de l'insécurité dans

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our commencer, et en même temps revenir aux fondamentaux du métier de Policier (au sens large du terme), si l'on reprenait le temps d'aller au contact des habitants, en descendant des véhicules, dans d'autres circonstances que les contrôles routiers et en visant d'autres objectifs que la course aux numéros, si l'on condescendait à écouter les personnes (au lieu de se contenter de les entendre), en d'autres termes si l'on faisait passer la prévention avant la répression, si l'on voulait bien témoigner à ceux que l'on est chargé de protéger, le minimum d'attention, d'intérêt et de considération, auquel ils aspirent et auquel ils ont droit, alors, peut-être parviendraiton à réduire la fracture ouverte actuelle et à retrouver le chemin de la confiance perdue ?

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e pourrait -on, par exemple, rechercher à la source, autrement que par voie de convocation, ©Photo : Yvelines-Archives les précieux les petites localités, jusqu'au fin fond renseignements, potentiellement détede nos campagnes, autrefois relative- nus par divers voisins ou témoins occament épargnées. sionnels ?


prendra-t-on enfin conscience Q uand que ce n'est pas à eux de prendre

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l est évident que le rapprochement (en attendant le fusionnement ?), aux congé de leur travail pour aller au de- allures d'amalgame, entre la Police et la vant des enquêteurs, et de supporter les frais de transport ? At-on réellement pris l'exacte mesure des Gendarmerie, voulu et décidé -à la husc o n s é q u e n - sarde- au plus haut niveau de l'Etat, ces désas- n'est certainement pas de nature à pertreuses de la mettre de résoudre cette nouvelle quaverbalisation drature du cercle. En effet, il en va de aveugle, qui ce mariage contre nature, de cette é p a r g n e union forcée entre des militaires curieusement certaines couches de la "muselés par leur statut" et des foncsociété ? Le "bon sens paysan", encore tionnaires "libres de parole", sous couexistant dans le Gâtinais, ne saurait vert d'un activisme syndical bien rôdé s'accommoder de la partialité et de l'in- et rompu à toutes les formes de reventransigeance manifestées à la moindre dications, comme d'un marché de dubroutille, de surcroît envers les plus pes, d'un écran de fumée à usage élecpetits. Il appartient donc désormais toral, qui laissent la majorité des plaiaux autorités de faire les premiers gnants et des victimes sur leur faim et, pas ! à dire vrai, sur le bord du chemin.

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t voilà comment la confiance perdue s'est peu à peu transformée en méfiance, laquelle est en voie de se transformer en défiance, qui, à court ou à moyen terme, mènera inévitablement à l'autodéfense? Par ailleurs, ne conviendrait-il pas de veiller à ce que la communication entre les hommes (que ce soit au sein des unités et des services ou entre les divers services) soit immédiate, complète et permanente, et non tributaire des horaires ou de la disponibilité des fonctionnaires ?

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'en déplaise aux statisticiens, les seuls qui y trouvent leur compte, ce sont les hauts fonctionnaires et les hauts gradés qui, tout en s'éloignant inconsciemment et de plus en plus des réalités du terrain, récoltent au passage sans sourciller la majeure partie des fruits du labeur des exécutants de la base.

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t voilà comment l'on est insidieusement passé de la confiance perdue (en externe) à la confiance trahie (en interne).

ependant, les effectifs et les moyens matériels ne sont pas llez donc savoir à qui, aujourd'hui seuls à incriminer, car la doctrine d'emet plus encore demain, accorder sa ploi, les directives et les modes d'ac- confiance ? tions, conçus aux plus hauts niveaux de la politique et des institutions, porLieutenant-Colonel (ER) tent quant à eux une grande part de Rémy FLEUROT responsabilité.

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près les nombreuses années vécues en Gendarmerie, s’il est une chose que je ne regrette pas, c’est bien les compte-rendus destinés à alimenter les statistiques. Pourtant, à ce que j’entends, cette corvée atteint aujourd’hui des sommets.

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omme tous les gendarmes de ma génération, j’ai connu les simples messages qui comportaient des rubriques qu’il suffisait simplement de renseigner. Tout ça partait par la radio. Le problème résidait dans le fait qu’il aurait fallu que le message soit arrivé à l’échelon supérieur avant que le gendarme n’ait regagné sa brigade, il semblerait que cette exigence soit restée d’actualité.

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éjà à l’époque, j’avais compris que les statistiques étaient faussées dès le départ. Un accident avec un tué, si l’on mentionnait un conducteur qui n’était pas maître de sa vitesse (la maîtrise du véhicule n’existait pas), qu’il avait une alcoolémie positive et qu’en plus la voiture présentait des pneus lisses, on se retrouvait avec un mort dans la rubrique accident

dû à la vitesse, un tué en raison de l’alcoolémie et un accident mortel provoqué par le mauvais état du véhicule. Il n’y a aucune raison que le système ne s’applique plus aujourd’hui.

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e message s’est ensuite vu adjoindre le BAAC, bulletin d’analyse d’accident de la circulation, rien à voir avec le baccalauréat. Le nombre de rubriques à compléter s’est multiplié, ce document était presque un constat d’accident à lui seul, malheureusement il n’évitait pas la procédure à rédiger. J’allais oublier les bulletins de service et les pages journalières qui permettaient d’entrer en statistiques toute l’activité de la brigade, nombre de PV, type d’infractions, procédures de renseignements judiciaires, administratifs ou militaires. Des commandants de brigades avaient des techniques bien rôdées pour augmenter l’activité de leur unité en « renseignements judiciaires, administratifs ou militaires », il suffisait d’enregistrer comme tels de simple réponses, même négatives, à des courriers.


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fin d’éviter les mauvais résultats en judiciaire, ils transformaient un délit de tentative de vol dans un véhicule en dégra dat ion (simple contravention). Il suffisait de faire en sortes que les « buchettes » entrent dans les cases intéressantes.

qui pourrait être destiné au contact avec la population.

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ous pourrions penser que c’est grâce à ces chiffres que les primes de mérite sont attribuées à ceux qui en bénéficient. Il n’en est rien c’est le commandement qui décide selon ses critères. Moi je n’ai pas connu ce problème car les primes n’existaient pas, par contre, la notation à la tête du our la partie judiciaire, des impri- client, ce qu’on appelait la « note de més ont du être remplis en plus du gueule », a toujours existé. message, modèle 106 qui décrivait le délit dans le détail, mode opératoire, l serait intéressant que ce bel outil lieux, victimes, traces ……en cas qu’est l’informatique soit utilisé pour d‘interpellation il fallait compléter le révéler ce qui est caché : Le temps réel modèle 107 pour chaque personne mi- de travail d’un gendarme de brigade ou se en cause. Un document comprenant d’un gendarme mobile, les vrais chifl’identité, la description, les signes par- fres des effectifs en ticuliers, les photographies, les relevés différenciant, généd’empreintes. Tout ceci était centralisé raux, officiers supéà Rosny sous Bois pour être rentré rieurs et subalternes, dans des fichiers qui étaient utilisés sous officiers, genpour faire des rapprochements entre darmes adjoints vodifférents délits, il est même arrivé que lontaires, membres ça fonctionne. du corps de soutien technique et adminisl’heure de l’ordinateur, cet outil tratif de la Gendarmerie Nationale, ciqui a fait rêver ma génération, tout vils. aurait du être simplifié. Quand j’écoute On risquerait de se rendre compte que mes jeunes camarades je vois qu’il le traitement des gendarmes équivalent n’en est rien, les comptes à rendre à la catégorie B n’en fait pas des cadres sont de plus en plus longs et fasti- mais ne parvient même pas à compendieux, les logiciels de prise en compte ser le temps de travail et d’astreinte changent fréquemdes gens qui œuvrent sur le ment et demandent une remise à terrain. On niveau constante. verrait aussi Avec la politique combien cette du chiffre (pardon profession a du résultat) il faut été touchée que les statisti- par les réductions d’effectifs au cours ques soient ali- des quatre dernières années, certainementées dans les meilleurs délais, ment au delà des chiffres qui étaient comme à l’époque où il aurait fallu que prévus. le message arrive avant que les faits soient commis. Là où le modernisme aurait dû simplifier la tâche il ne fait Christian BRANA que la compliquer et tout le temps passé sur le clavier est autant de temps

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ette année j'ai eu l’opportunité service. En plus de ces services il d'assister aux trois premières faut assurer la sécurité de l'avant étapes du Tour de France. tour. Une bonne semaine avant la date de départ, les diverses composantes de cette lourde machine arrivent sur place. Les habitants de la ville voient leur liberté de mouvement se restreindre au fur et à mesure que la date de départ approche.

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rrivé aux Herbiers en Vendée le vendredi, j'ai pu rencontrer au fil du temps des gendarmes locaux. Pour eux, le Tour de France n'était pas une mince affaire.

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es journées qui précèdent cette date voient également de plus en plus d'équipes qui font de la reconnaissance du final de la première étape: la montée vers le Mont des Alouettes où sera jugée l'arrivée est périlleuse. Pour les gendarmes locaux, il faut assurer la bonne vie entre les locaux, les sportifs et leurs accompagnateurs. Il faut aussi assurer la protection du village du Tour de France, certes le temps où les gendarmes étaient sur et dans le site est révolu, mais les patrouilles autour du site sont toujours d’actualités et la prévention reste le maître mot pour une bonne paix publique.

'abord il leur a fallu prévoir l'organisation des services et la mise en place des personnels le long des trois parcours qui allaient les occuper. Cette affaire est celle des chefs certes, mais quel que soit le grade, toutes et tous sont concernés. Les effectifs nécessaires sont ur la route, lors de l'épreuve elle estimés et sollicités auprès de la hiémême le nombre de gendarme rarchie. Gendarmes départemen- disséminé le long du parcours reste taux, GAV, mobiles et réservistes, toujours aussi impressionnant. De tous sont mis à contribution. plus les motards locaux renforcent le dispositif que met en place de faa particularité du départ de cette çon autonome la garde républicaine. année, est que la même compa- Les forces de l'ordre (gendarmes, gnie se voit attribuer trois jours de policiers municipaux) garantissent

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une bonne part de la viabilité de l'épreuve avec une sécurité maximale. Mais celle-ci demande aussi une vraie attention des spectateurs et des divers sponsors qui gravitent autour de cet événement.

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ors de l'épreuve du contre la montre par équipes aux Essarts, ce sont 4 escadrons (3 pelotons par escadron) et 1 escadron de réserve qui viennent en renfort. Ces 400 personnels environ permettent de soulager la gendarmerie départementale.

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nibles, souriants qui n'hésitaient pas à renseigner, diriger et assister tous ces spectateurs de diverses nationalités. suis ravi de voir que le Tour de JeFrance reste une magnifique vitrine de la France, de ses sites merveilleux et de ses valeurs dont la Gendarmerie et ses gendarmes sont l'une des composantes. Qui pourrait imaginer le Tour de France sans ses motards rompus à la gestion de la sécurité autour de l'événement, ces gendarmes qui sont déployés le long des routes et qui assument

orsque je quitte les lieux vers 18H00, seuls restent nos camarades gendarmes qui attendent qu'on vienne les récupérer. Ces braves personnels sont en place depuis 10H00 le matin. Certes, allez vous me dire, des supporters sont là depuis la veille, mais eux ont leur camping car, ils peuvent se mettre à l'aise ou à l'abri en fonction des conditions climatiques, ce qui n'est pas donné à nos militaires. avec courtoisie et compétence le service d'ordre et ce dans l'esprit de e parle des gendarmes que j'ai pu la mondialisation, à savoir sans barvoir sur le passage de la course, rière de langue ?

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oilà encore une raison de croire que la gendarmerie est nécessaire à la bonne marche de notre Nation et que sa présence dans le monde rural est une nécessité.

Jean-Luc PROVOT mais il ne faut pas oublier ceux qui non content d'être mis à contribution, se trouvent parfois à des centaines de mètres de l'évènement. Malgré toutes ces conditions difficiles, j'ai trouvé des personnels dispo-

Photos : © J.L. PROVOT

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Photos : © J.L. PROVOT—C. CONTINI


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JEUNE ASSOCIATION QUI PREND DE L’AMPLEUR

Policevictimes

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http://www.policevictimes.com

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on président a pris contact avec notre association en vue d’engager un partenariat basé sur un soutien mutuel. ette association « Loi 1901 », indépendante des syndicats, a pour but de défendre les droits et les intérêts des forces de sécurité tout en améliorant les conditions de travail qui correspondent de moins en moins à la réalité du terrain. lle se veut indépendante et apolitique. Le rapprochement dans un même ministère de la Police et de la Gendarmerie Nationales doit permettre, en partageant des idées de base, d’aller vers un avenir plus prometteur en termes d’efficacité, de conditions de travail et de confort de vie.

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VICTIMES DU DEVOIR : LE LIVRE L’auteur, Stéphane Lemercier, capitaine de police, a réalisé depuis de nombreuses années un travail de recensement des policiers français morts en service de 1804 à nos jours. Ce livre de 336 pages comporte aussi une brève histoire de la police, des photos d'époque et quelques graphiques pour illustrer les risques professionnels de ce métier.

LIRE UN EXTRAIT

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Padchance et le Judiciaire (19) adchance est mal à l’aise, certainement comme tous ses collègues qui ont assisté à leur première autopsie. Il s’agit d’une femme âgée retrouvée morte à son domicile. Le médecin légiste dicte ses constatations et commence l’opération par ce qu’il appelle « les crevées ». Il s’agit de longues et profondes entailles sur tout le corps, elles sont destinées à découvrir des hématomes sous-cutanés, impressionnant. e n’est que le début, l’examen médico -légal se poursuit par l’ouverture de l’abdomen et l’examen de son contenu. L’odeur, la vue, les bruits, un ensemble très désagréable à supporter. En bon pédagogue devant un nouvel élève le légiste explique dans le détail le but de ses différents gestes. Au moment où le praticien retire le cuir chevelu pour libérer la boîte crânienne afin de l’ouvrir, Padchance voit le chef qui prend les photos, très pâle, le regard figé sur la tête de la « patiente ». Il comprendra avec les photos et l’explication du gradé: en rabattant le cuir chevelu le légiste a provoqué l’ouverture d’un œil de la pauvre femme ce qui lui donne un air très vivant comme si elle lançait un regard plein de reproches à l’intention du photographe. es enquêtes le confrontent à de multiples situations. Un vol d’objets en jade au château de Rigny Ussé lui permettra de visiter de nombreuses pièces qui ne sont pas ouvertes au public. Le suicide

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par arme à feu d’un jeune homme l’amène à faire la toilette de la victime. Aucun spécialiste n’était disponible et il voulait rendre cet adolescent « présentable » pour soulager un peu la douleur des parents. ne disparition d’une personne suicidaire entraîne des recherches importantes, plongeurs, hélicoptère, chien, nombreux gendarmes et le corps ne sera retrouvé que plusieurs jours après l’alerte, dans le grenier de l’habitation. Une nouvelle expérience : ne jamais faire confiance aux personnes, sous l’effet de l’émotion, qui affirment avoir fouillé une maison. Des meurtres, des suicides par arme à feu, noyades, pendaisons ou empoisonnements, les accidents mortels du travail, les découvertes de cadavres…, un gendarme passionné de judiciaire est confronté à la mort tout au long de sa carrière, il finit par se blinder mais ne reste jamais indifférent.

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lors que Padchance assure la permanence radio un brouhaha l’attire dans le bureau du planton voisin. Une femme est entrée en hurlant qu’elle avait reçu un coup de fusil. Remontant sa jupe elle montre, sur sa cuisse, les deux ronds provoqués par les canons de l’arme, pas de quoi fouetter un chat. Jack, le planton, déclare bien connaître le couple et demande à se faire remplacer par le « radio » qui peut assurer les deux services pendant qu’il va régler l’incident. Quelques minutes plus tard Jack demande de l’aide, le personnage qu’il connaît si bien a tiré, pour de bon, dans sa direction. ette fois Padchance est envoyé sur les lieux, le commandant de brigade

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se charge de remplacer planton et radio.

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ouclage de la maison, palabre et enfin reddition d’un homme lourdement alcoolisé qui n’avait vu que les pieds du gendarme et avait tiré dans l’arbre au dessus de lui. Il avait cru que sa compagne revenait avec du renfort.

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e matin là Padchance voit son commandant de compagnie « remonté à bloc ». La veille à l’issue d’une garde à vue il avait décidé d’abandonner une enquête concernant un détournement de fonds dans une banque. Les soupçons portaient sur une employée mais, faute de preuve matérielle, il s’était résolu à «clôturer le dossier ». Le journal local publie un communiqué du syndicat de l’entreprise dénonçant les méthodes de « tortionnaires » des gendarmes. Plus question d’abandonner et tout sera mis en œuvre pour confondre la coupable. Train de vie, amants, voisinage, tout sera épluché. La fouille des sacs renfermant le contenu des corbeilles à papier stockées au sous-sol de la banque amènera la découverte « d’essais de falsifications » de la main de l’employée indélicate. Elle sera confondue et condamnée. ’il existe des enquêtes lourdes par l’investissement en moyens et en temps, ce sont bien celles qui sont consacrées à la drogue. A la fin des années 70 le phénomène n’est pas encore répandu et pourtant c’est une centaine de jeunes qui sont interpellés pour usage et trafic de cannabis. Des opérations d’envergure se succèdent des gardes à vue se multiplient, même le chef des motocyclistes (la brigade motorisée a été créée) en aura sa part.

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mandant de compagnie de l’époque, qui avait dirigé l’enquête, avait décidé de recenser tous ces jeunes avec des petits coins verts à leurs fiches, couleur de l’herbe car les écologistes n’avaient pas encore pignon sur rue. Ceci avait pour but de maintenir une surveillance constante de ces adeptes de l’euphorie illégale. Cette « tac tic » avait permis d’en retrouver quelques uns qui s’étaient mis au trafic, d’autres qui avaient fait l’escalade et prenaient des drogues dures. Surtout, par une surveillance constante et des contacts fréquents, elle avait permis d’éviter la récidive de beaucoup.

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uelques jeunes en avaient été reconnaissants aux gendarmes à tel point qu’une jeune femme, bien après cette erreur de jeunesse, avait invité le capitaine à son mariage. vec l’extension du phénomène de la drogue, ce fléau qui amène bien d’autres délits comme le vol ou même la prostitution, Padchance aura souvent l’occasion de passer des journées et des nuits à des filatures, des écoutes, des gardes à vue le tenant éveillé plusieurs journées de suite.

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a police judiciaire c’est de l’investissement permanent, un bon enquêteur ne compte pas son temps.

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ujourd’hui vu la généralisation de l’emploi du cannabis, ces gardes à vue de petits fumeurs pour certains n’auraient plus lieu. A l’époque pourtant elles avaient permis d’identifier et localiser quelques équipes qui s’adonnaient à la « fumette ». Le com-

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maintenant il était conveJusqu'à nu que la France n'avait finale-

des Cap-Verdiens pour participer à une soirée africaine dans la cité ment que 20 ans de retard sur les phocéenne ». USA. e me livre juste à une petite réla lumière des derniers flexion qui devrait interpeller les "événements ferroviaires" à pouvoirs publics : jusqu'à mainteMarseille, nous voici transportés nant le jeux consistait à agresser 200 ans en arrière "retour vers le les pompiers sur les lieux d'interfutur XXXX" en farce west. vention, ne voilà t-il pas que désormais on va les cueillir dans endant ce temps le ministre de leurs locaux ? l'intérieur s'extériorise et fustige la Cour des comptes dont le quand l'attaque d'un hôpital, rapport sur la sécurité publique !!! d'une maternité ? J'exagère Dans un récent entretien le minis- n'est-ce pas ? tre des cultes a déclaré renforcer Mais on peut également parler ci et là les effectifs alors que si- d'autres villes, voire villages n'estmultanément il annonçait, qu'à ce pas ? Mais une liste non exl'instar des autres administra- haustive ne contiendrait pas dans tions, un départ sur deux à la re- notre modeste revue ; alors je traite ne sera pas remplacé m'en abstiens! (heureusement que les départs impromptus sont considérés déoyez-vous chers amis lecmissions et non retraites). teurs, comme le dit le ministre de l'intérieur, la cour des e vous retranscris "in extenso" "contes" nous raconte des histoiun article paru dans le quotidien res. "Midi Libre" du 11/07/2011 : ous passons désormais du ci« MARSEILLE : une quinzaine de némo-mètre au cinémamaître. personnes ont fait irruption hier vers 5 heures du matin dans une caserne du bataillon des marinsTARTARIN pompiers. Ils ont échangé des coups avec les militaires, en blessant sept légèrement. Les assaillants, en état d'ébriété, faisaient partie d'un bus niçois affrété par

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26 juin, Aix-en-Provence (13), un policier a été blessé par balle à un bras alors qu'il tentait de déjouer une attaque au casino, déjà braqué en avril, par un commando de 5 hommes reparti avec un butin dont le montant n’est pas précisé. Plusieurs impacts de kalachnikov ont été relevés sur la voiture de police. 1er juillet, à Nouan-le-Fuzelier (41), un gendarme de la brigade de Lamotte-Beuvron a été agressé, lors d'un contrôle d'alcoolémie, par un automobiliste qui a refusé à plusieurs reprises de se plier au dépistage et s'est rebellé. Il a asséné un coup de pied et un coup de tête au gendarme avant de se réfugier à son domicile situé à proximité. Le militaire, qui a eu deux dents brisées et s'est vu prescrire trois jours d'incapacité de travail, devrait porter plainte. 2 juillet vers 22h30, le commissariat de Champigny (93) a été attaqué par une vingtaine de jeunes munis de barres de fer, mortiers et autres projectiles, sans provoquer de blessures ; 9 personnes ont été interpellées. La nuit suivante, vers 1 heure 30, une nouvelle attaque s’est produite. Ce sont des engins incendiaires de petite taille qui ont été utilisés. Ces agressions seraient destinées à protester contre l’implantation d’une unité de police chargée de lutter contre les divers trafics. 2 juillet, vers 3h du matin, la gendarmerie a été alertée pour un tapage nocturne à Ploeren (56). Deux individus, de 21 et 26 ans, fortement alcoolisés, s’en sont pris aux gendarmes. Si l’un d’entre eux s’est contenté d’insultes, le second a frappé deux militaires qui intervenaient (2 et 3 jours d’incapacité de travail). 3 juillet, à Nueil-Les-Aubiers (79), deux gendarmes de la communauté de brigade de Cerizay ont été blessés par un forcené de 36 ans qui créait du désordre dans une soirée privée à laquelle il n’était pas invité. Un gendarme souffre d’une fracture ouverte du nez. 4 juillet, une policière du commissariat de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) a mis fin à ses jours avec son arme de service dans un véhicule de police. Elle était âgée de 39 ans, vivait en couple et n’avait pas d’enfant. Il semblerait que les conditions de travail ne soient pas étrangères à ce geste irrémédiable. L’Association Gendarmes & Citoyens adresse ses condoléances attristées à sa famille, ses proches et ses collègues. Le 6 juillet une autre policière se serait jetée d’un pont à Toulouse. Bien que le suicide ne soit pas formellement établi, cette maman de 35 ans était dépressive suite à des problèmes de garde de ses deux enfants de 3 et 11 ans. Elle avait été violée en 2007 à Bobigny. Si c’est elle qui a choisi de mettre fin à ses jours, on peut se poser la question de savoir si elle a bénéficié du soutien dont elle avait besoin dans son environnement professionnel.

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L’ASSOCIATION GENDARMES ET CITOYENS (LOI 1901), COMPOSÉE DE GENDARMES D’ACTIVE, DE GENDARMES EN RETRAITE ET DE CITOYENS DE TOUS LES HORIZONS, A POUR OBJET DE FAVORISER L’EXPRESSION ET L’INFORMATION DES GENDARMES ET DES CITOYENS SUR LA SITUATION ET LE FONCTIONNEMENT DES FORCES DE SÉCURITÉ. ELLE ENTEND, PAR UNE MEILLEURE CONNAISSANCE, RENFORCER LES LIENS QUI UNISSENT LES CITOYENS ET LES PERSONNES CHARGÉS DE MAINTENIR L’ORDRE PUBLIC POUR L’INTÉRÊT DE TOUS ET CONFORMÉMENT AUX PRINCIPES POSÉS PAR LA DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN.

POURQUOI NOUS REJOINDRE ? Répondez à ces quelques questions : Croyez-vous la fusion Police Gendarmerie possible ? Croyez-vous à la parité telle qu’elle a été affirmée récemment ? Croyez-vous que les syndicats de police soient les seuls à pouvoir parler avec les instances gouvernementales ? Croyez-vous encore que le CFMG soit efficace ? Croyez-vous que les présidents de catégories aient encore les moyens de faire entendre votre voix ? Pensez-vous que la DGGN soit la mieux placée pour parler en votre nom ? Pensez-vous que le commandement soit prêt à vraiment vous écouter ? Et si vous avez de multiples autres questions....nous n’en aurons qu’une seule pour vous :

POURQUOI NE PAS NOUS REJOINDRE ?

Les demandes d'adhésions sont à adresser directement à l'adresse suivante : Secrétariat AG&C Chez M. VAYSSIE, Marc Plantades 63690 AVEZE. mail : marcvayssie@aol.com

Notre site :

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