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Productivité du travail en baisse : une menace pour l’emploi local

JUILLET 2013 : N°10 ÉCONOMIE

CHIFFRES-CLÉS

15

Effectif moyen des entreprises déclarant leur bilan en 2010 dans MPM comme dans le Pays d’Aix (7 dans l’Agglopôle Provence)

31 %

Poids de la sous-traitance dans les dépenses liées au travail dans les entreprises du Pays d’Aix en 2008-2010

1,8

Écart de productivité moyenne du travail entre les entreprises d’Ouest Provence et celles de MPM, reflétant surtout des différences sectorielles

+0,71 %

Le seul rythme annuel de la productivité du travail en hausse entre 2002-2004 et 2008-2010 dans le territoire métropolitain (observé dans le territoire d’Ouest Provence)

Dans cette première note sur la situation des entreprises du bassin métropolitain des Bouches-du-Rhône, on s’intéressera notamment aux différentes modalités d’utilisation des ressources humaines, pour estimer ensuite la productivité du travail et appréhender son évolution pendant la première phase de la crise ouverte en 2008. L’analyse s’appuiera notamment sur la base de données financières Risk de la société Altares. Même s’il est difficile d’isoler le facteur travail de son organisation et de la manière dont il est associé aux machines, sa contribution constitue une composante essentielle de la compétitivité des firmes. La productivité du travail notamment reste élevée en France, mais elle pourrait progresser sensiblement grâce à la robotique ou à l’innovation dans l’organisation par exemple. Elle pourrait également se nourrir d’une innovation-produit plus intense, porteuse de débouchés plus importants. Ceci pour alléger en termes relatifs et au nom de la compétitivité, des coûts de production qui ne se résument pas aux seules dépenses de salaires. Faute de données disponibles, la seconde phase de la crise (depuis le second semestre 2011 et marquée par la crise de la dette publique) ne peut être prise en compte. Nul doute que les statistiques sur les évolutions actuelles seront intéressantes à cerner, alors que les entreprises avaient eu tendance à faire preuve de retenue dans l’ajustement de leurs ressources humaines dans la première phase de la crise (2007-2010). Pensant à un recul d’activité conséquent mais limité dans le temps, les entreprises locales (comme nationales) ont en moyenne préféré subir un recul de leur productivité (et de leur rentabilité), estimant pouvoir rapidement l’effacer dans une reprise d’activité… qui n’est toujours pas au rendez-vous.


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

2

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Composantes du travail : une sous-traitance conséquente mais un repli sur les effectifs salariés dans la crise

de grandeur de chacune de ces composantes restent cependant significatifs, leurs évolutions également. Nous nous appuierons sur un échantillon d’entreprises (cf. encadré méthodologique p.6) pour appréhender les différentes modalités d’utilisation des ressources humaines

Les entreprises ont recours, au titre des ressources

dans les différentes firmes du territoire métropolitain

humaines, à des actifs qu’ils salarient (engendrant une

avant et dans la crise.

masse salariale dans les comptes des entreprises) ou à des intérimaires via des sociétés de travail temporaire. Ces deux catégories de personnel concourent à l’activité

Les parts relatives des différentes formes du travail (approche monétaire)

sous le mode d’organisation interne propre à l’entreprise. Mais les firmes peuvent également avoir recours,

Dans les entreprises de l'espace métropolitain, l’intérim

pour une partie des actes productifs, à des entreprises

constitue une ressource humaine secondaire dont le

sous-traitantes qui s’organisent selon un mode de pro-

poids relatif est quasiment identique (autour de 4 %),

duction spécifique. Ainsi, les composantes du travail

d'un EPCI (Établissement public de coopération inter-

mobilisées dans la totalité des actes productifs d’une

communale) à l'autre. Font toutefois exception, les en-

entreprise sont les suivantes :

treprises d’Ouest Provence dont le recours à l’intérim

travail des actifs salariés (tous statuts) ;

est plus fréquent et plutôt croissant dans le temps. Ceci

activités des effectifs intérimaires ;

renvoie à la spécialisation sectorielle d’un territoire mar-

travail des entreprises sous-traitantes.

qué par l’importance des activités industrielles et de

La base de données financières d’Altares nous permet

logistique.

d’approcher l’importance relative de ces trois compo-

“ 

Le recours à une population salariée demeure nettement le premier mode d’utilisation des ressources humaines pour l’activité.

santes, même si nous n’ignorons pas, notamment pour la dernière, que son coût dépasse strictement les seules charges et traitements des salariés mobilisés. Les ordres

 ”

90% 80%

78%*

76%

73%

74%

72%

70%

68%

65%

70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%

19%

19%

5%

4% PAE

CAPM

Masse salariale 2003

21%

23

%

5%

4%

Métropole

PACA

Sous-traitance 2007

2009

2003

25%

22

8%

3% MPM

29%

%

Ouest Provence

Intérim 2007

2009

2003

2007

2009

31%

4%

3% Agglopole

CPA

* tous les pourcentages sont des données de 2009. A noter que ces trois années sont à considérer comme des données moyennes pour 2002-2004, 2006-2008 et 2008-2010 respectivement.

N   COMPOSANTES DU TRAVAIL (MASSE SALARIALE, RECOURS À L'INTÉRIM ET SOUS-TRAITANCE) DANS LES ENTREPRISES DES EPCI DE L'ESPACE MÉTROPOLITAIN (APPROCHE MONÉTAIRE).


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

3

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Concentration de l’intérim et de la soustraitance dans certains secteurs d’activités

souvent recours à la sous-traitance que la moyenne régionale, on observe par ordre décroissant les entreprises de CPA, celles de l’Agglopole Provence et de MPM. Le tableau suivant nous montre une typologie des territoires de l’espace métropolitain quant à l’utilisation des ressources humaines (par rapport aux moyennes régionale ou métropolitaine).

On note des concentrations élevées de l’intérim et de la sous-traitance dans certains secteurs d’activités.

RECOURS PLUS IMPORTANT À DES SALARIÉS

Le transport et l’entreposage concentrent 46 % de l’intérim total en Ouest Provence et 38 % à CAPM (pour 12 % en PACA). Dans le territoire de PAE, c’est le commerce qui concentre le plus d’intérimaires avec 58 %, alors que l’intérim dans la région n’est présent dans le commerce qu’à hauteur de 11 %.

PAE CAPM

Dans le territoire de l’Agglopole Provence, la sous-traitance est surtout concentrée dans l’industrie manufacturière (56 %) tandis qu’elle n’est présente qu’à hauteur de 23 % dans l’industrie régionale. Concernant aussi bien l’intérim que la sous-traitance, peu de concentrations de cette nature dans les tissus économiques de MPM et de CPA.

RECOURS PLUS IMPORTANT RECOURS PLUS IMPORTANT À DE L’INTÉRIM À LA SOUS-TRAITANCE

Ouest Provence

Agglopole Provence CPA MPM

Les évolutions relatives des trois composantes du travail Dans les années 2000, le recours à la sous-traitance de la production, croissant jusqu’à la crise, s’est généralement

8 7

Cependant, le recours à une population salariée de-

réduit avec elle. Depuis fin 2007, nous observons un

meure nettement le premier mode d’utilisation des res-

recul des tâches confiées aux sous-traitants et une plus

sources humaines pour l’activité.

grande proportion des tâches réalisées en interne par

Ce constat vaut quels que soient les territoires de notre

les effectifs salariés. Ce constat est toutefois à relativiser

aire métropolitaine (cf carte p.6). Ce recours à la popula-

pour la CPA, car si le recours croissant à la sous-traitance

tion salariée représente, à la fin des années 2000, entre

s’est bien interrompu, il est resté stable à la fin de l’acte 1

les 2/3 (Pays d’Aix) et près de 80 % (Pays d’Aubagne et de

de la crise actuelle.

l’Étoile) des trois composantes des ressources humaines

Le moindre appel fait à la sous-traitance a souvent eu

mobilisables (cf graphique p.2).

pour objet de maintenir un plan de charge conséquent

Enfin, l’utilisation de la sous-traitance constitue la se-

pour les effectifs salariés des entreprises qui prati-

conde modalité la plus utilisée pour produire : l’impor-

quaient l’externalisation et ainsi de limiter, voire d’éviter

tance varie de 19 % à 31 % environ du total. À avoir plus

des compressions d’effectifs.

6,916

5,828

6

4,288

5

4,244

4,004

4

3,775 2,739

3 2 1 0

Ouest Provence 2003

2007

Agglopole 2009

PAE

PACA

CPA

MPM

CAPM

Exemple de lecture : en Paca, 1€ dépensé en masse salariale et en intérim donne 4,24€ de production en valeur.

N   PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL SELON LES EPCI DE L'ESPACE MÉTROPOLITAIN.


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

4

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

“ 

La crise de 2008 a créé un recentrage de la production des entreprises sur leurs propres effectifs.

Dans la région métropolitaine, la productivité de travail varie fortement. L’écart va du simple au double entre la situation des entreprises de la communauté d’agglomération de Mar-

La crise est également la cause d’un léger recul de l’uti-

tigues – CAPM – et celle constatée dans les entreprises

lisation des effectifs intérimaires. Leur part relative dans

de l’Agglopole Provence, voire à plus du double (Ouest

les ressources humaines diminue, notamment dans les

Provence). Ce sont pourtant des territoires marqués par

entreprises de CPA et MPM, tout comme à l’échelle ré-

l’importance des activités industrielles et de logistique.

gionale. Mais ceci est moins vrai pour les entreprises lo-

“ 

La productivité est un indicateur essentiel, car elle interpelle l'efficacité de son organisation et l’attractivité de ses produits sur le marché.

calisées autour de l’Étang de Berre où le recul concerne surtout le recours à la sous-traitance en moyenne. La crise de 2008 a donc créé un recentrage de la produc-

 ”

tion des entreprises sur leurs propres effectifs. En conséquence, la part relative de la masse salariale dans

Pour autant, les tissus économiques très productifs

les dépenses liées aux ressources humaines augmente à

de ces deux derniers EPCI connaissent des évolutions

peu près partout (cf graphique p.2). Fait exception, le Pays

contrastées dans les années 2000, quand les entreprises

d’Aubagne et de l’Étoile où la croissance de l’intérim est

des autres territoires observaient en moyenne de plus

liée à la résistance de l’important secteur du commerce,

faibles variations de productivités. Avant d’aborder plus

observée en 2007-2009 dans une conjoncture incertaine.

précisément cette divergence d’évolution, examinons les rythmes de productivité du travail dans les deux

Des productivités du travail, inégales d’une EPCI à l’autre et malmenées dans la crise

périodes de la dernière décennie.

Recul de la productivité Dans la première phase de crise (2007-2009), la pro-

On peut tenter d’approcher la productivité (apparente)

ductivité est en baisse partout, à l’exception d’Ouest

du travail des entreprises locales au moyen du ratio :

Provence (+ 0,71 % en rythme annuel).

production en valeur / (masse salariale + prestations de

Par rapport à la période 2003-2007 (cf tableau ci-dessous),

travail temporaire) .

on observe sans grande surprise que l’évolution de la

Rappelons qu’elle est un indicateur essentiel de la santé

productivité est fortement affectée par la crise dans

économique des entreprises, car elle interpelle l'effica-

pratiquement tous les territoires : le recul du rythme

cité de son organisation et l’attractivité de ses produits

annuel est de l’ordre de 3 à 4 points pour les entreprises

sur le marché.

de CAPM, d’Ouest Provence, de l’Agglopole Provence ou

1

EPCI

2003-2007

2007-2009

VARIATION (EN POINTS) ENTRE 2003-2007 ET 2007-2009

2003-2009

OUEST PROVENCE MPM PAE CAPM PACA CPA AGGLOPOLE PROVENCE

+ 4,98 % + 1,01 % - 0,60 % + 1,08 % - 0,30 % - 0,69 %

+ 0,71 % - 2,38 % - 0,05 % - 3,36 % - 2,02 % - 1,65 %

- 4,27 - 3,39 + 0,55 - 4,44 - 1,72 - 0,96

+ 3,54 % - 0,13 % - 0,42 % - 0,42 % - 0,87 % - 1,01 %

- 0,82 %

- 4,72 %

- 3,90

- 2,14 %

N VARIATION DE LA PRODUCTIVITÉ ANNUELLE SELON L'EPCI. 1. Ce ratio demeure toutefois approximatif, car la productivité du travail est aussi en partie tributaire de l’activité réalisée en sous-traitance. Une mesure de la productivité du travail incluant la sous-traitance a été tentée. Si elle modifie légèrement le niveau de la productivité du travail, elle ne change en rien les écarts entre EPCI, ni leur rang, ni les évolutions constatées. Seules les places de MPM et CPA sont échangées, mais les productivités de ces EPCI restent très proches.


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

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de la communauté urbaine de Marseille (MPM), de 1 à 2 points pour les tissus économiques de la communauté du Pays d’Aix-en-Provence (CPA) et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Seule la communauté du Pays

“ 

L'écart de productivité du travail entre les deux EPCI est surtout lié à un différentiel de croissance de leur production.

d’Aubagne et de l’Étoile (PAE) améliore légèrement une

 ”

situation défavorable avant même le début de la crise,

voisine l’évolution de la productivité de ces deux EPCI.

sans pour autant aboutir à une productivité croissante

La différence de trajectoires, favorable pour Ouest Pro-

(- 0,05 % entre 2007 et 2009 en variation annuelle).

vence, décroissante pour l’Agglopole Provence, préexis-

Dans le territoire métropolitain, l’industrie, les trans-

tait donc avant la crise.

ports - entreposage ainsi que l’immobilier étaient des

Cet écart d’évolution de la productivité de ces deux EPCI

secteurs qui avaient porté, avant la crise, la hausse de

est lié à :

la productivité. Dans la phase 1 de la crise, plus aucun

- d’une part, une plus forte augmentation de la produc-

secteur ne connait de progression de la productivité du

tion dans le territoire d’Ouest Provence (+ 69 % entre

travail.

2003 et 2009 contre 22 % de hausse pour les entre-

Son recul dans la crise découle d’un décalage entre la

prises de l‘Agglopole Provence en moyenne) ;

variation de la production et celle de l’utilisation des

- une plus faible progression des effectifs dans les entre-

ressources humaines.

prises d'Ouest Provence (cf tableau p.7). On pourrait

L’ampleur de la baisse de la production a fait reculer la

chercher les raisons d’un tel écart dans la différence de

productivité, ceci malgré un ajustement significatif de

structure économique des deux territoires. Mais l’ana-

l’emploi et une recrudescence du chômage. On observe

lyse montre qu’il n’en est rien, la différence de structure

ainsi une corrélation croissante entre les évolutions de

économique reste un facteur secondaire, voire margi-

la production et de la productivité durant la phase 1 de

nal, d’explication des écarts de productivité entre les

la crise – 2007-2009 – par rapport à l’avant crise – 2003-

deux EPCI ; elle est même plutôt un atout pour Agglo-

2007 – (R² = 0,91 contre 0,59).

pole entre 2007 et 2009. La différence de productivité entre les deux EPCI est donc

Ouest Provence et Agglopole Provence : deux EPCI atypiques

surtout due à un écart des progressions de la production et ensuite à un moindre recours au facteur travail.

Sur l’ensemble de la période 2003-2009, seul Ouest Provence connait une progression de sa productivité du travail (+ 3,54 % en rythme annuel), lui conférant à cette échelle de temps une singularité au sein de l’ensemble des six EPCI (avec près de 24 % de hausse en six ans quand, partout ailleurs, un recul s’observe). À l’opposé d’Ouest Provence, le tissu économique de l’Agglopole Provence subissait dans le même laps de temps une érosion significative de sa productivité du travail, de l’ordre de 12 % en six ans. À noter que cet important écart de trajectoire concerne les tissus d’entreprises des deux EPCI ayant les niveaux de productivité les plus élevés et à forte spécialisation industrielle et logistique. La crise n’est guère responsable de cet écart puisqu’elle affecte avec une intensité

N FOS-SUR-MER : POUMON ÉCONOMIQUE D'OUEST PROVENCE ET DE L'ESPACE MÉTROPOLITAIN.


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

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L’Agglopole apparaît donc, du point de vue de l’évolution

Une clé pour comprendre cet écart est sans doute à

de la productivité du travail (par ailleurs élevée en niveau),

rechercher dans la différence de taille moyenne de

dans une situation défavorable qui pourrait conduire les

leurs entreprises. La résistance des entreprises d’Ouest

entreprises à des ajustements d’effectifs. Ceci est d’autant

Provence est à rapprocher de leur taille moyenne éle-

plus vraisemblable que la crise, dans son acte 1 (2007-

vée. En effet, une réduction éventuelle des ressources

2009), a induit une baisse de 17 points de la rentabilité

humaines est plus difficile à concrétiser dans les PME-

des firmes locales quand la rentabilité de celles d’Ouest

TPE, sans perte de compétences essentielles pour des

Provence ne reculait que de 6 points.

entreprises de petite taille. Or, l’Agglopole se caractérise par la faible taille de ses firmes, aussi bien en termes de

La méthodologie

chiffre d’affaires que d’effectifs (cf ci-contre)… Ajoutons

Cette note s’appuie sur un échantillon d’entreprises appartenant à l’aire métropolitaine Marseille-Provence, relevant de six intercommunalités. Composent cet échantillon :

accès plus facile au crédit car, ne l’oublions pas, la pre-

à cela les avantages indirects liés à la taille, comme un

- 5 658 entreprises de Marseille Provence Métropole – MPM (91 876 salariés, une fois déduits les effectifs de la société ONET nettoyage˝ travaillant majoritairement dans d’autres territoires (32 000 salariés). L’effectif retenu correspond à 34 % du total des emplois salariés privés de MPM ;

mière phase de la crise se caractérisait (déjà) par une raréfaction du crédit bancaire, en raison de la fragilisation des banques impliquées dans les achats de produits dérivés˝ incluant des crédits subprime˝ américains.

- 3 068 entreprises du Pays d’Aix – CPA (44 238 salariés, soit 34 % du total des emplois salariés privés) ;

Recul de la productivité limité pour MPM et la CPA

- 893 entreprises de l’Agglopole Provence (6 005 salariés, soit 22 % du total des emplois salariés privés) ;

Si les trajectoires de productivité des entreprises de MPM

- 708 entreprises du Pays d’Aubagne et de l’Étoile – PAE (7 184 salariés, soit 28 % des emplois salariés privés) ;

et de CPA sont relativement différentes dans les deux

- 407 entreprises d’Ouest Provence (3 970 salariés, soit 19 % des emplois salariés privés) ;

la décennie, le recul de leur productivité du travail est resté

- 384 entreprises du Pays de Martigues – CAPM (4 120 salariés, soit 24 % des emplois salariés privés). Les trois années retenues (2003, 2007 et 2009) sont à considérer comme des données moyennes pour 2002-2004, 2006-2008 et 2008-2010 respectivement. Nîmes

St Rémy de Provence

sous-périodes de 2003-07 et 2007-09, globalement, dans limité et assez voisin (cf carte ci-dessous) : les entreprises de MPM étaient en moyenne sur une tendance plus favorable avant fin 2007, mais leur productivité a été plus affectée par la crise, effaçant l’essentiel de leur avantage productif par rapport à celle de la communauté du Pays d’Aix.

Arles Salon-de-Provence

St Martin de Crau

AGGLOPÔLE PROVENCE Miramas

-2,14%

+3,54%

PAYS D’AIX EN PROVENCE

-1,01%

Aix-en-Provence

NOUVELLE OIstres UEST PROVENCE

Berre l’Etang Gardanne

Fos sur Mer Martigues

PAYS D’AUBAGNE AuriolET DE L’ETOILE

-0,42%

PAYS DE MARTIGUES

-0,13

-0,42%

%

Marseille MARSEILLE PROVENCE MÉTROPOLE

Aubagne

Cassis

N VARIATION DE LA PRODUCTIVITÉ (APPARENTE) DU TRAVAIL DANS LES SIX EPCI ENTRE 2002-2003La Ciotat ET 2008-2010.


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

7

Prime à la taille Les entreprises étudiées se révèlent être relativement différentes selon les intercommunalités. Outre leur répartition sectorielle qui peut différer d’un EPCI à l’autre, elles se distinguent par leur taille moyenne que l’on peut appréhender par le volume du chiffre d’affaires (ou de production) ou bien encore par les effectifs salariés.

- dans la moyenne régionale, PAE, Agglopole Provence et CAPM (2 millions d’euros de CA en moyenne par entreprise) ; - les entreprises des deux grandes EPCI (CPA et MPM) se situent audessus de la taille moyenne régionale (3,5 millions d’euros de CA en moyenne par entreprise) ;

Effectif

On observe dans la période que les entreprises à CA important connaissent des évolutions de leurs ventes plus soutenues. C’est le cas particulièrement d’Ouest Provence avec une évolution de 68 % entre 2003 et 2009. Les entreprises de MPM et CPA connaissent respectivement une croissance de 34 % et 45 % de leur CA tandis que celles de CAPM, PAE et Agglopôle Provence suivent des évolutions plus modestes de leur CA (40 % pour PAE, 20 % environ pour CAPM et Agglopole Provence).

La taille selon les effectifs Les EPCI peuvent être répartis en quatre groupes selon l’effectif moyen par entreprise. Par ordre décroissant : - MPM et CPA (15 salariés en moyenne) ; - CAPM (11 salariés) ; - Ouest Provence, PAE et PACA (10 salariés) ; - Agglopole Provence (7 salariés).

€€€€€€ €€€€€€€€€ €€€€€€€ €€€€€€ €€€€€ €€€€€€€€€ €€€€€€€ €€€€€€€€€

- les entreprises d’Ouest Provence ayant une taille moyenne quasiment double de celle observée en PACA (4,2 millions d’euros de CA en moyenne par entreprise).

Chiffre d’affaires

Effectif

Chiffre d’affaires €€€€€€ €€€€€€€€€ €€€€€€€ €€€€€ €€€€€€€€€ €€€€€€€€€

Nous pouvons regrouper les six collectivités en troix grands groupes s’agissant du CA moyen des entreprises2 :

En rapprochant les deux paramètres de taille (CA et effectifs), on constate qu’une taille moyenne importante par le CA ne signifie pas pour autant un effectif moyen élevé : Ouest Provence en témoigne. De même, les deux EPCI importants (MPM et CPA) dont la taille des entreprises selon les effectifs est la plus élevée n’abritent pas, en moyenne, les entreprises aux CA les plus élevés. Ceci est imputable au profil sectoriel des tissus économiques des différents territoires.

€€€€€€€€€

La taille selon le chiffre d’affaires (CA)

OUEST-PROVENCE Industrie, logistique

MPM, CPA Activités de service

Des évolutions divergentes Les évolutions, quant à elles, sont très différentes et la crise a fortement réduit la croissance des effectifs des entreprises, quand elle n’a pas détruit des emplois. Ici aussi, trois groupes de territoires peuvent se distinguer dans la période de début de crise (cf tableau ci-dessous) : des entreprises de MPM (aux effectifs quasi constants) à celles de l’Étang de Berre (aux baisses d'effectifs conséquentes) en passant par celles de la CPA et PAE (dans une situation intermédiaire). La crise a donc plus particulièrement touché la partie ouest de l’espace métropolitain. On observe à nouveau à l’occasion de cette crise une caractéristique courante, à savoir la plus grande capacité de résistance, voire de résilience des grandes agglomérations, compte tenu de la diversité et de la densité de leur tissu économique.

EPCI

2003-2007

2007-2009

VARIATIONS (EN POINTS) ENTRE LES 2 PÉRIODES

2003-2009

CPA PAE PACA MPM AGGLOPOLE PROVENCE OUEST PROVENCE CAPM

4,71 % 3,23 % 2,81 % 2,30 % 2,87 % 2,17 %

2,70 % 1,76 % 1,03 % 1,88 % -0,31 % -0,37 %

- 2,01 - 1,47 - 1,78 - 0,42 - 3,18 - 2,54

4,04 % 2,74 % 2,21 % 2,16 % 1,80 % 1,32 %

1,76 %

- 2,53 %

- 4,29

0,31 %

N É VOLUTION ANNUELLE DES EFFECTIFS PAR ENTREPRISE. 2. Les différences en termes de production et de chiffre d’affaires sont résiduelles pour toutes les EPCI. À noter toutefois un modeste écart pour les entreprises de MPM entre le CA et la valeur de la production : le plus grand dynamisme de la production et a eu pour effet un certain gonflement des stocks qui devra, à terme, être résorbé.


ÉCONOMIE

Productivité du travail en baisse : une menace pour l'emploi local

8

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Conclusion Comme cela a été observé au niveau national, on

Un ajustement plus sévère par l’emploi devenait alors

constate dans les territoires de l'espace métropolitain

une menace sérieuse. Il est probable qu’avec ce que

des Bouches-du-Rhône, un ajustement modéré de l’em-

nous connaissons aujourd’hui, ce dernier est désormais

ploi et du chômage, dans la première phase de la crise.

à l’œuvre dans cet Acte 2 (marqué par la crise de la dette

Les entreprises croyaient alors en un épisode de crise

publique). Ceci devrait probablement se vérifier dans

violent mais bref. En faisant le choix de conserver la

des territoires où la productivité a le plus reculé sur une

quasi-totalité des compétences (et des salariés), quitte

longue période (Agglopole Provence, voire CPA…) ou

à perdre temporairement en efficacité et en rentabilité,

dans la première phase de la crise (CA du Pays de Mar-

elles pariaient sur une sortie rapide de la crise. Ceci afin

tigues, voire Marseille Provence Métropole...). Début de

de ne pas perdre les compétences nécessaires pour ré-

confirmation : on observe que les plus fortes inflexions

pondre au rebond de la demande. On sait que ce ne fut

négatives de l’emploi salarié privé ont lieu dans la CPA et

pas le cas, même si une partie de l’année 2011 montra

l’Agglopole entre fin 2010 et fin 2011. On sait depuis, que

des signes de regain.

la tendance n'a fait que s'aggraver...

Base de données Risk-Altares La base de données Risk utilisée pour cette note regroupe 1,85 million d’entreprises en France ayant un siège social sur le territoire national, dont 1,3 million avaient déclaré un bilan comptable. À titre d’exemple, pour l’année 2012, on dénombre dans la base d’informations 180 000 entreprises environ dont le siège est en PACA. Dans ce total, 118 200 avaient déclaré leur bilan, soit 65 %.

Attention : en raison de la nature des données, la base de données est relative à des entreprises et non à des établissements. Leurs comptes peuvent en partie relever d’établissements pouvant être t portrai extérieurs à la région métropolitaine. Inversement, des établissements locaux dépendant d’entreprises extérieures à la région ne sont pas pris enporcompte. trait

En savoir plus Études Agam 

Bibliographie

•  L'innovation dans les entreprises : le rôle essentiel des Bouches-du-Rhône en région, mais une situation moyenne à l'échelle nationale, Agam, 2010 •  Les Bouches-du-Rhône, moteur de l'export en PACA, Agam, 2010 •  Pour un choc de compétitivité en France, Note de l'Institut de l'entreprise, janvier 2012 •  Le défi français : une ambition industrielle portée par un État stratège, Rapport d'information N°843, Assemblée Nationale, mars 2013

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Directeur de la publication : Christian Brunner Rédaction : Sébastien Fibla, Patrick Tanguy Conception / réalisation : Pôle graphique Agam Marseille - juillet 2013 Numéro ISSN : 2266-6257

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Regards de l'agam n°10 economie productivite du travail en baisse