Issuu on Google+

A l’

EST

des nouveaux !” Edito

Par Caroline Barjon

AFS Vivre Sans Frontière

SOM MAIRE

1> p. 1/3

Nouvelle année, nouvelle équipe En cette veille de nouvelle année, et alors que le Siège National d’AFS bénéficie d’une organisation toute neuve, orchestrée par son nouveau directeur, Jorge Castro, nous avons le plaisir de vous présenter l’équipe de salariés au grand complet. De haut en bas et de gauche à droite : Eric PENOT, responsable du service administratif et financier, Henry NOUREL, informaticien, Daniel QUINTIN, responsable du service programmes, Vincent MOUSSEAU, assistant administratif et financier, Florence ISSSELIN, assistante service départ, Catherine CHAUMERON, coordinatrice du recrutement départ, Sébastien HAVOUIS, coordinateur du suivi accueil, John SYKES, assistant service accueil, Julien RATRON, assistant service communication et développement organisationnel, Louise MAHAUT, coordinatrice du suivi départ, Jorge CASTRO, directeur, Angélique MADELENAT, coordinatrice du recrutement accueil, Brigitte COUZINET, responsable du développement organisationnel, Caroline BARJON, responsable de la communication Nous vous souhaitons à tous une excellente année 2004 et de très belles découvertes interculturelles !

La Rédaction >

de l’Association “A l’Est, des nouveaux !”

4> p. 4/6

LA VIE

PAROLES

d’AFS’ers Pas de nouvelle, bonne nouvelle ! Lycka till ! A piece of cake

Le 1er mai 2004, huit pays de l’ancien Bloc Soviétique intégreront l’Union Européenne. Parmi eux, 4 font déjà partie du réseau AFS et ont répondu “oui” 7 > PARCOURS avec enthousiasme au référendum sur l’intép. 7 Thomas Körner, gration : la République Tchèque, la Hongrie, bénévole berlinois la Slovaquie et la Lettonie. Quatre pays dans lesquels il est possible d’aller passer une 8 > BREVES année scolaire avec AFS. “Mais pourquoi donc aller dans un petit pays dont la langue ne vous servira pas ?”, nous direz-vous. Voici quelques bonnes raisons suggérées par des AFS’ers qui ont testé pour vous et auprès de qui Contacts Sans Frontière a enquêté. République Tchèque : au milieu de tout ! La République Tchèque (alors Tchécoslovaquie) a participé aux tous premiers échanges d’AFS avant le Coup de Prague, en 1948, à l’issue duquel la Tchécoslovaquie a rejoint le Bloc Soviétique. Il a fallu attendre la Révolution de Velours, initiée en 1989, pour qu’AFS reprenne ses activités dans ce pays. A présent, ce sont environ 45 participants issus de 11 pays différents accueillis chaque année par AFS République Tchèque. Clara Beuzart a eu la chance de passer un trimestre scolaire en République Tchèque, en 2001, grâce au programme ESSSE (European Secondary School Student Exchange), entièrement financé par le Conseil de l’Europe, afin de sensibiliser les jeunes à ces futurs membres de l’Union Européenne. Séduite par ce pays, Clara étudie aujourd’hui dans une section de Sciences Po consacré aux PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale), où elle fait 4 heures et demi de tchèque par semaine et partage un appartement avec une étudiante tchèque. Et, si tout se passe bien, elle devrait étudier à l’Université Saint-Charles de Prague, l’année prochaine ! De son séjour à Pardubice – en plein cœur de la République Tchèque, à environ une heure de Prague en train – elle se souvient avec joie des nombreux châteaux, lacs, forêts, et du plaisir de se trouver “au milieu de tout, pas loin des montagnes, de la Moravie, de la Slovaquie ou de l’Autriche”. Quant à la culture locale et à l’accueil reçu, Clara ne tarit pas d’éloges : "La culture tchèque vaut le détour, il n’y a pas de doutes. Ce qui est génial, là-bas, c’est que la vie n’est pas chère. Je suis allée plusieurs fois au restaurant : pour 5 euros j’avais un repas complet ; le train est vraiment bon marché : pour 3 euros environ je pouvais aller à Prague ! Cela permet de voyager à travers le pays sans problèmes ! Il y a plein de châteaux et de petites villes à découvrir, sans parler de la cuisine et de la bière tchèque, du pain d’épices et des tatrankys, des knedlikys (je vous laisse découvrir ce que c’est…) ! Les gens sont très accueillants ; ils étaient vraiment heureux que je parle un peu leur langue. Mais (car il y a un mais), il faut être motivé pour apprendre la langue, car c’est une erreur de croire que parler anglais (ou allemand) suffit. La plupart du temps, les parents d’accueil ne parlent que tchèque. Je ne cacherais pas que ce n’est pas une langue facile. De loin plus dure que l’allemand !!! Plus dure même que le russe…C’est dire !


LA VIE DE L’ASSOCIATION l’écho des RÉGIONS

AFS dans le MONDE

AFS FRANCE

A l’EST des nouveaux ” (suite)

Clara Beuzart

Mais il ne faut pas se laisser arrêter par cela, car comme je l’ai dit, les Tchèques sont tellement heureux qu’un étranger s’intéresse à leur pays et apprenne leur langue qu’ils vont chercher à faire connaissance, poser plein de questions, vous inviter, etc. Sans faire attention aux fautes !"

Clara, au milieu de sa famille tchèque.

2

Bien que AFS n’existe en Hongrie que depuis 1989, ce pays accueille pas moins de 70 AFS’ers de 25 pays différents, chaque année. L’apprentissage de la langue vous demandera un petit effort. Mais, comme le dit Luca – jeune Hongroise accueillie en France cette année – la grammaire n’est pas très difficile : il n’y a que trois temps (passé, présent, futur). C’est plutôt la prononciation qui présente des difficultés ; d’ailleurs, son prénom ne se prononce pas “Luca”, mais “Loutsa”…! Une connaissance de l’allemand pourra faciliter la chose, car les deux langues présentent quelques similarités de prononciation. Mieux vaut donc s’y mettre avant le départ, même si AFS Hongrie propose des cours de hongrois pendant les 3 premiers mois. Vos efforts seront récompensés par une très bonne cuisine – la 3ème meilleure du monde, derrière la française et la chinoise, paraît-il – et par une ambiance scolaire plutôt sympa. D’après Luca, l’école constitue une très bonne “communauté” d’accueil pour un AFS’er car les élèves d’une même classe passent 4 à 6 ans ensemble et sont donc très soudés. Les cours ne durent que 45 minutes chacun et l’on peut choisir un certain nombre de matières. Après les cours, vers 14h-15h, les élèves aiment se retrouver à la cafétéria puis pratiquer diverses activités, sportives ou artistiques, dans le cadre du lycée, ou à l’extérieur. Luca est une euro-enthousiaste et est très sensibilisée à l’entrée de son pays dans l’Union Européenne, car le sujet a fait l’objet de nombreuses discussions en cours. Mais, d’après elle, les Hongrois attendent beaucoup de l’intégration dans l’U.E., peut-être un peu trop. “Ils pensent qu’ils vont être riches…”. Quant à elle, elle a choisi la France car elle voulait partir dans un pays dont elle ne connaissait pas la langue (elle a appris l’anglais et l’allemand) ; les récits et les photos de son père, qui parle français, l’ont convaincue que la France était la bonne destination pour elle…

Luca Simon

Si la langue n’est pas des plus faciles à apprendre, d’après Clara le jeu en vaut la chandelle si l’on considère l’entrée prochaine de la République Tchèque dans l’U.E : "Cela ne fait aucun doute que de plus en plus d’entreprises françaises se délocaliseront là-bas ou tisseront des relations avec ces pays. Parler tchèque, qui est une langue rare et difficile, est nécessairement un atout. Sans oublier que le tchèque ressemble énormément au slovaque, au polonais, au croate, au russe… Bref, toutes les langues slaves. Et puis, de nos jours, où une année à l’étranger devient une norme, choisir une destination hors du commun est un plus non négligeable ! On a bien le temps (et l’occasion) de perfectionner son anglais par la suite. De plus, maintenant que la République Tchèque va entrer dans l’Union Européenne, beaucoup de formalités vont être simplifiées : il n’y aura plus besoin de visas, les frais médicaux seront couverts, des équivalences seront possibles scolairement (j’ai moi-même fait valider mon trimestre d’études !). Contact Clara : c.est-bizarre@wanadoo.fr

Hongrie : par ici la bonne cuisine !

Contact Luca : mandula33@freemail.hu

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004


LA VIE DE L’ASSOCIATION l’écho des RÉGIONS

AFS dans le MONDE

AFS FRANCE

Lettonie : une destination, deux langues Amoureux de nature sauvage, de hockey sur glace, de chants et de danses, la Lettonie vous tend les bras ! De son appartenance à l’Union Soviétique, la Lettonie a conservé la pratique du russe, parlé par une communauté russe très nombreuse (environ 30% de la population). De fait, il existe en Lettonie des écoles où l’on parle letton et des écoles ou l’on parle russe. Ce qui signifie que c’est l’un des rares pays où vous aurez une chance d’apprendre 2 langues en même temps : le letton et le russe ! Ceci d’autant plus que les participants AFS peuvent être placés dans une famille russe ou dans une famille lettone. Par ailleurs, il arrive qu’AFS Lettonie organise un voyage en Russie pour ses participants. Du fait de sa population aux origines diverses (Lettons, Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Polonais, Lituaniens, Juifs, etc.), la Lettonie offre plusieurs visages et autant de traditions que l’on retrouve notamment dans le type de nourriture servie. Quant au système scolaire, il ressemble au système français, avec des matières obligatoires (langue et littérature lettones, russe, histoire de la Lettonie et actualité, maths, une langue étrangère, sport) et des matières optionnelles (deuxième langue étrangère, géographie, informatique, physique, chimie, biologie, musique, économie). Les élèves ont la possibilité de se spécialiser dans une dominante. Les cours sont moins longs et les journées scolaires plus courtes qu’en France. Un des grands attraits du système scolaire letton réside dans la place réservée aux activités extra-scolaires (natation, danse, arts martiaux, musique, théâtre, etc.), dont certaines sont enseignées à un niveau professionnel. L’hiver les adolescents lettons ont l’habitude de skier, pratiquer le snowboarding, le pâtin à glace et le hockey sur glace.

Maija Voina, directrice de AFS Lettonie

Slovaquie : “Crois-tu en Dieu ?” Prenez votre respiration avant de prononcer le nom de sa région d’accueil : Claire Mornard passe actuellement une année à Luenek, dans le " Banskobystrick- Kraj " (une indication de prononciation : le “r” est roulé…), en Slovaquie. Le choix de la destination s’est fait assez naturellement, après un premier séjour AFS de 3 mois en Autriche et de nombreuses rencontres avec de jeunes Tchèques, Croates, Slovaques, Hongrois, Polonais. “J’ai tout de suite aimé leur manière d’être (…) ; je trouve dommage que ce soit toujours eux qui fassent la démarche de nous connaître et non le contraire”. Sur place, Claire ne semble pas déçue : sa ville d’accueil est située dans une très belle vallée, proche de la frontière hongroise et regorgeant de parcs naturels. Certes la langue est difficile à apprendre (une prononciation corsée par des “tche”, des “che”, des “tieu”, des “nieu”, et des déclinaisons sur 6 cas : nominatif, génitif, datif, accusatif, locatif, instrumental !) mais le jeu en vaut la chandelle. Ses compagnons de lycée se révèlent en effet très accueillants, et posent de nombreuses questions, parmi lesquelles celles qui reviennent le plus souvent sont : “Pourquoi as-tu choisi de venir dans un pays aussi petit que la Slovaquie et dont la langue ne te servira pas ?” et “Crois-tu en Dieu ?”. Le système scolaire, quant à lui, a l’avantage de permettre de s’adonner à un tas d’activités après 14h et le désavantage d’envoyer systématiquement en début de cours un élève au tableau pour réciter la leçon précédente. Les notes, comme en Allemagne, vont de 1 à 5 : leçon bien récitée = 1, leçon oubliée = 5 ! Quant au niveau des élèves, il est globalement celui d’une terminale scientifique en France, d’après Claire. Par ailleurs une coutume scolaire très sympathique veut que chaque année, avant stuskova (la fête de fin d’études secondaires), les élèves préparent des “oznamka” et les distribuent à leurs amis pour annoncer cette fête. Il s’agit de petits cartons personnalisés, sur lesquels on note des sortes de proverbes, le nom de son lycée, sa classe, la liste des élèves, etc. (voir ci-contre l’oznamka de Claire). Une autre coutume a plu à Claire : celle qui consiste à apporter une bougie au cimetière pour la Toussaint : ” le cimetière la nuit est tout illuminé, L’ "oznamka" de Claire c’est magnifique”. Claire est également très convaincue par la nourriture, à base de choux, de pommes de terre et de haricots rouges. Elle l’est moins par cette habitude de propreté exacerbée : on circule en chaussons dans la classe et le samedi à la maison est jour de ménage intégral ! Pour ce qui est de la perspective d’entrée dans l’U.E, un rapide sondage auprès de quelques lycéens indique une certaine indifférence de la part des jeunes. Quant aux adultes, ils sont globalement contents mais ont peur de voir les prix augmenter alors que leur niveau de rémunération restera le même. Ils redoutent aussi que l’ouverture des frontières entraîne une fuite des jeunes vers les pays d’Europe occidentale pour étudier et travailler. D’ailleurs, d’après Claire, de nombreux lycéens autour d’elle souhaitent partir étudier en Autriche, Allemagne, France ou Royaume-Uni. “Les Slovaques sont donc contents dans l’ensemble mais ce qui leur fait peur, c’est la différence qu’ont entraînée 44 années de communisme. Certaines personnes pensent encore que le communisme était une bonne idée, mais mal interprétée”. Et s’il fallait conclure sur l’intérêt d’une année en Slovaquie, ou même dans un autre pays d’Europe Centrale et Orientale, Claire le résume très bien ainsi : “Il est sûr qu’une expérience d’un an en Europe de l’Est ne peut qu’aider à se rendre compte des problèmes économiques qu’ont entraînés 40 ans de communisme”.

Contact Claire : clairemornard@yahoo.com

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004

3


PAROLES D’AFS’ERS

Pas de nouvelle, BONNE Nouvelle”

Restez fidèles ! un jour ils vous feront signe …

Beaucoup de familles d’accueil se plaignent de ne plus avoir de nouvelles de leur accueilli(e) une fois celui (celle)-ci rentré(e) chez lui (elle). Quelques lettres ou cartes, le temps passe et puis, plus rien. Finalement le contact est rompu. Pour peu que d’un côté ou de l’autre on ait changé d’adresse, on se perd de vue et on se contente d’évoquer le passé avec nostalgie en se demandant ce qu’il ou elle a bien pu devenir.

Je voudrais aujourd’hui me permettre de donner un petit conseil très simple aux familles : continuez d’écrire, d’envoyer au moins une fois par an de vos nouvelles, une photo, une adresse. Si vous pensez que votre jeune accueilli(e) a changé d’adresse et c’est souvent le cas, écrivez-lui à l’adresse de ses parents en demandant de transmettre. Mettez votre adresse au dos de l’enveloppe et tant qu’elle ne vous revient pas, c’est qu’elle a été reçue ! J’en veux pour preuve ce qui vient de nous arriver : Eva, notre Eva qui m’appelle, comme ça, comme si c’était tout naturel, de son bureau de Milan, alors que nous n’avions plus de nouvelles depuis plusieurs années. Nous l’avions accueillie pour les 2 mois d’hiver, il y a tout juste 10 ans. Eva, une jeune Slovaque de 18 ans, était alors une “petite chose” toute timide qui redoutait de prendre seule le tramway à Nantes (où nous habitions à ce moment) de peur de se perdre en ville. Il faut dire que son pays sortait de l’enfermement, qu’elle n’avait jamais voyagé et que la proclamation de la République slovaque était toute récente. Nous avons déjà vraiment eu le sentiment à ce moment qu’elle s’ouvrait au monde et que nous avons servi de tremplin ou tout au moins d’appui (car elle était déjà très cultivée et parlait, outre sa langue maternelle, le russe, l’anglais et assez bien le français). Et là, au téléphone elle me raconte en 5 minutes, presque dix ans de sa vie, ses études, son orientation, sa réussite, son amoureux, sa famille et j’entends sa voix, son français parfait avec juste une petite pointe d’accent (elle me dit qu’elle ne l’utilise jamais, j’ai du mal à la croire). Depuis elle a ajouté l’espagnol et l’italien à son répertoire … Et comprend l’allemand. Elle a travaillé à Bratislava, à Vienne, étudié en Italie. Si ce n’est pas ça aussi l’Europe ! Après les années de vie difficile, elle a su saisir sa chance, construire sa vie d’adulte, sans complexes au sujet des frontières, en allant de l’avant, en se disant que c’est possible. Et du coup, je me rappelle ce qu’elle nous avait dit, un soir, en rentrant justement d’une traversée de Nantes en tramway (je lui avais expliqué qu’avec sa carte, elle pouvait utiliser toutes les lignes jusqu’au bout et elle a fini par explorer effectivement tout le réseau nantais) : “maintenant, je pense que je peux aller partout dans le monde” ! Sur le coup, ça nous avait paru un peu exagéré, comme les déclarations d’un jeune plein d’enthousiasme, nous ne mesurions pas, évidemment, toute la portée de cet acte et de cette déclaration. 4

Françoise et Eva, le soir de Noël

Comme pour tous les jeunes qui sont passés un jour dans notre maison, (on me connaît bien à la poste …) je lui ai écrit régulièrement, à Noël et une ou deux autres fois dans l’année, pour son anniversaire. J’envoie le courrier à l’adresse de leurs parents, qui même s’ils ne parlent pas français, comprennent bien que la lettre vient de France, identifient l’expéditeur et font suivre. Et j’attends … Sans impatience, avec ténacité, en me disant que sûrement, un jour ils feront signe et …Ca arrive. Et tant pis si les réponses sont moins nombreuses que les envois. Même Alejandro, avec qui il faut “ruser” pour avoir des nouvelles (j’en parlerai peut-être une autre fois) nous a envoyé sa photo, sans commentaire il est vrai mais comme un clin d’œil pour nous dire “regardez qui je suis devenu”. Bien sûr, avec d’autres, les contacts sont plus réguliers, mais nous considérons avant tout qu’ils sont tous nos enfants, qu’ils réagissent avec leur sensibilité propre et selon ce qu’ils ont vécu chez nous. Je voudrais dire aux familles que si elles ont eu des contacts authentiques, des échanges vrais avec leurs accueillis, même si l’expérience n’a pas toujours été positive dans le quotidien, les jeunes ne sont pas ingrats ou seulement “intéressés”. J’ai la preuve qu’ils se souviennent de nous, qu’ils parlent de nous en évoquant cette période si sensible de leur vie, essentielle dans la construction de leur personnalité d’adultes. Françoise Furic ancienne administratrice, bénévole et famille AFS

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004


PAROLES D’AFS’ERS

Lycka till !

Bonjour, Mon nom est Chamil, j’ai 17 ans et j’étais assis à votre place l’année dernière, espérant obtenir une bourse pour réaliser ce rêve qu’est celui de vivre une aventure à l’étranger pendant un an. . "Une aventure", oui, est le terme que je choisis pour qualifier l’expérience AFS, une découverte constante et des surprises quotidiennes dans un pays que l’on ne connaît pas, entouré de personnes totalement étrangères, pensant différemment et de surcroît dans une autre langue. Evidemment, cela n’est pas facile tous les jours, AFS ne nous perche pas sur un nuage pour nous faire vivre au paradis pendant un an, bien au contraire, les déceptions et les chocs sont de la partie, mais je pense qu il ne faut pas s’y arrêter, le jeu en valant la chandelle. Je ne suis parti que depuis un mois, mais déjà, je ressens un grand enrichissement. En quelques semaines seulement, notre perception se modifie, notre façon de penser se modère, et l’on s’ouvre au peuple qui nous accueille, on comprend des choses que jamais on n’aurait comprises en restant dans son cocon, à regarder les pays étrangers à la télévision ou dans le journal. Notre point de vue en est changé à vie et on acquiert beaucoup de maturité, tout à coup, on se rend compte que notre pays n’est pas le centre du monde et que notre culture est bien loin d’être mondialement unifiée comme certains le prétendent, car la culture, ce n est pas uniquement ce que l’on mange, ou ce que l’on va voir au cinéma, c’est en fait et surtout tout ce qui ne se voit pas avec les yeux. Et pour certains d’entre nous, l’enrichissement est double si l’on apprend une langue que l’on ne connaissait pas auparavant, comme c’est mon cas aujourd’hui. Au-delà de tous ces points très théoriques à première vue, AFS c’est aussi beaucoup de joie, de rires et d’amitiés nouvelles avec des jeunes du monde entier. Beaucoup de jeux, de moments inoubliables et d’histoires à raconter, et de trésors à découvrir. Sans compter, dans notre cas, Françaises, Français (cocorico) que nous avons la cote partout et que notre réputation de meilleurs amants du monde nous précède où que l’on aille. AFS, c’est l’éclate !

Je vous souhaite a tous bonne chance ou, comme on dit dans mon pays d’accueil, la Suède, "lycka till"(luyika till). Chamil Mahieddin, Son Excellence, Ambassadeur du Lycée Montgrand, Marseille, et de la République Française

Chamil, à droite, avec un ami AFS

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004

5


PAROLES D’AFS’ERS

A piece of cake” Par Anne Charpillat

J'espère que vous allez très bien depuis l'autre bout du monde. Pour moi, ici à Madera (California), c'est tout simplement magnifique ! Ma vie est extra, difficile d'imaginer plus heureuse ... J'ai le sentiment d'avoir été conduite dans la meilleure famille du monde, et la meilleure école du monde !!!

Ma maman, Rayna, est fantastique, on est sur la même longueur d'onde et elle est super géniale avec moi ... C'est incroyable, on pense sans arrêt la même chose en même temps, c'est fou !!! Mes 2 petites sœurs (Natalie, 6 ans et Sofia, 5 ans) sont les 2 plus adorables êtres du monde, même si elles se chamaillent des fois, comme toutes les petites sœurs, elles sont très intelligentes et sensibles, elles m'ont vraiment acceptée comme grande sœur, et c'est génial parce que j'avais toujours été le "baby" de la famille !!! Mon école (Madera High School, "the coyotes' country"), alors là, c'est “l'éclate totale” !!! En tant qu'étudiante étrangère, j'ai pu choisir plein de classes sympas, et je me suis pas gênée (après avoir changé 4 fois d'emploi du temps, quand même ... Mais ça valait tellement le coup...) : j'ai un cours de théâtre (avec une prof super géniale) - un cours d'anglais avec des autres "seniors" (de 18 ans comme moi, pas un cours de débutants ...), avec une prof un peu "crazy" mais que j'adore - j'ai aussi deux cours de chorales et un de piano et mon prof de musique est quelqu’un de tellement super : pour moi, c'est la plus belle rencontre que j'aie jamais faite dans toute ma vie ! Et j'ai aussi un cours d'histoire américaine, avec un prof trop top, et c'est vraiment très très intéressant, en particulier pour la façon dont ils travaillent (on fait des posters, et on a des "homework" très originaux, genre écrire un petit livre de 3-4 pages sur la Constitution ou rédiger une page de journal dénonçant les conditions de travail déplorables en 1905 ...). En plus de ne pas être trop difficile, c'est super sympa. Avec mon imagination et ma créativité, j'adore ça ! En anglais, même si on fait des trucs pas simples (on est dans Shakespeare en ce moment), je m'accroche et je suis la première de ma classe (avec 98 pour cent ou un truc comme ça ! Je "déchire" tout !!!). J'adore toutes mes classes et tous mes profs ... C'est un vrai plaisir d'aller à l'école : il y a toujours plein d'activités prévues au lycée, en particulier pour "homecoming", c'était génialissime. Je suis allée voir plusieurs matchs de foot à l'école quand notre équipe jouait à domicile et c'était extra : la fanfare de l'école, les majorettes, les mascottes, les joueurs, les feux d'artifices,... J'adore soutenir mon équipe, porter les couleurs de mon bahut et avoir l'"esprit" de mon lycée, ce qu'on n'a pas du tout en France .... J'adore tout ce que je vis. C'est vraiment dur de trouver des mots assez forts pour exprimer tout le bonheur que je reçois de toutes parts, même dans les choses les plus anodines ! Chaque jour est le plus beau de ma vie !!! Je n’avais jamais pensé que ce serait aussi merveilleux ! Mais alors c'est incroyable, je suis en osmose parfaite avec cette nouvelle vie ; l'adaptation s'est faite sans aucun problème parce que je suis arrivée sans aucune idée préconçue ou préjugé, mais juste avec mon grand sourire et mon grand cœur ... Je ressens cette expérience comme une nouvelle naissance, et le seul point négatif du truc, c'est que j'ai plus trop envie de me replonger dans mon ancienne vie de Francaise : je n’écris vraiment pas à grand monde mais j'ai trouvé tellement de soutien ici, je ne suis même pas "homesick" ... Et pour le

6

moment, j'ai pas vu l'ombre d'une vague de déprime ou tout ça : le moral pointe constamment vers le haut. J'ai l'impression d'être une nouvelle personne et que ma vie commence ici ... Je n'ose pas penser à la fin de l'année quand je devrai quitter tout ça, ma famille, mes amis, mes profs, ... J'ai construit déjà tellement de choses ici ! Par exemple, comme j'ai une mémoire un peu naze et que je voulais surtout pas oublier le nom des gens que je rencontrais, j'ai fait une liste des noms de tous mes copains. Et bien, en 2 mois, j'avais quelque chose comme 120 noms sur ma liste (et j'ai pas triché, je ne compte que les noms des personnes dont je me souviens effectivement) !!! ... Je trouve vraiment les gens extrêmement accueillants, serviables et intéressants !!! Je pense que je tiens bien mon rôle d'ambassadrice de France, et j'ai été soulagée de voir que les gens ne m'appelaient pas juste "French girl", mais vraiment par mon prénom, et ça m'a fait plaisir qu'ils ne voient pas en moi que la France et le fromage, mais surtout ma vraie personnalité et ce qui fait que je suis spéciale en dehors de mon accent !!!

Anne et Rayna, sa mère d’accueil

En ce moment, le "Big Deal" pour moi (= ce qui m'enchante et me booste), c'est ce qu'on fait en chorale ! On a fait plusieurs compétitions de chorales la semaine dernière et c'était vraiment très bien ! On a aussi passé un casting pour être dans les chœurs de DisneyLand et on a été prises !!!!!! Alors c'est l'effervescence… Enfin, vous voyez, tout est vraiment "a piece of cake" pour moi, et pas n'importe quel "cake" : le meilleur qu'on puisse imaginer ...! Et en parlant de cake, Adeline Pirouelle avait raison, la nourriture américaine a fait changer mon poids : je n'arrête pas de mincir !!! J'ai perdu au moins 8 ou 10 kilos et gagné 2-3 tailles de jeans ! Si c'est pas "bo", l'Amérique, quand même !!!! Vive AFS, vive le monde et vive vous !!!

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004


PARCOURS

Thomas Körner,

Thomas Körner n’est pas parti avec AFS, mais avec…YFU, une organisation similaire à la nôtre. C’était en 1997-98, au Minnesota, Etats-Unis. A son retour, il est spontanément devenu bénévole à Berlin pour le VBA, organisation qui regroupe AFS et YFU pour la préparation des candidats au départ. Actuellement en France pour ses études, il évoque dans cette interview les particularités du bénévolat au sein du VBA.

bénévole berlinois” Propos recueillis par Caroline Barjon

Thomas Körner

Peux-tu nous expliquer exactement ce qu’est le VBA ? Pour la région de Berlin, YFU et AFS sont réunis dans une organisation qui s’appelle VBA (Verein Berliner Austauschschüler : Union berlinoise des étudiants d’échange). C’est le seul endroit au monde où AFS et YFU travaillent ensemble dans une organisation. Nous, bénévoles du VBA, ne faisons pas de différence entre les deux. Nous avons un bureau et un mandat de YFU et AFS pour faire la préparation. Cela fonctionne uniquement avec des bénévoles. Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir bénévole à ton retour des Etats-Unis ? Avant mon départ, j’ai été préparé par le VBA. J’ai eu 2 semaines de préparation, en mars et en mai. C’est grâce à cette préparation que de nouveaux rentrants deviennent bénévoles au VBA, car elle est géniale ! C’est toute une semaine avec 40 candidats et 10 animateurs et cela permet de créer une vraie relation. Au retour on a envie de faire cette préparation en tant qu’animateur. Pour cette raison, à Berlin, nous n’avons pas de mal à trouver des bénévoles pour s’occuper des futurs partants. Quel est le contenu de cette préparation ? Nous définissons au préalable ce que nous voulons faire, pourquoi et comment ; nous discutons beaucoup… ! Pendant la préparation des candidats, nous abordons en général des sujets liés à l’année d’échange : famille, culture, adaptation, autorité, etc. Pas comme un cours mais avec des moyens pédagogiques légers, en faisant participer au maximum les candidats. Par exemple, nous leur demandons ce qu’est une famille, ce que c’était il y a 50 ans ; et ce que c’est aujourd’hui. Nous faisons aussi un module sur l’histoire et notre relation à notre histoire en Allemagne. Dans la société allemande, la Seconde Guerre Mondiale joue vraiment un rôle important dans notre identité, aussi nous en discutons beaucoup lors des préparations. Si l’on regarde les titres du Spiegel sur une année, on va toujours trouver des sujets liés à la guerre, à Hitler, etc. Il n’y a pas de fierté nationale en Allemagne, on ne trouve pas autant de drapeaux qu’en France. Nous travaillons aussi beaucoup sur les stéréotypes de la culture allemande, afin que les candidats, après avoir déclaré ne pas se trouver “très allemands”, soient amenés à revoir leur vision.

Quelles sont tes responsabilités au sein du VBA ? En 2002 j’ai été amené à prendre en charge une préparation avec 45 candidats et 12 animateurs. J’anime aussi des groupes hebdomadaires dans lesquels nous retrouvons les candidats, dans le cadre de la préparation ; j’ai fait des soirées d’information pour les parents des partants, afin qu’ils échangent entre eux. Au VBA, 90 % des bénévoles sont très jeunes ; si l’on a 25 ans, on est déjà un " vieux " ! Le président a 22 ans, moi je suis viceprésident, j’ai également 22 ans et nous sommes parmi les plus vieux. Il y a aussi des bénévoles plus âgés qui nous aident ponctuellement, mais la plupart des bénévoles ont entre 18 et 25 ans. Ce qui est très intéressant, c’est que nous apprenons à parler avec des adultes, c’est très formateur. Moi, j’aime bien le travail avec les parents ; ça permet aussi de comprendre le candidat. Que fais-tu en France en ce moment ? Je fais un échange entre une université berlinoise et une université parisienne. Je vais faire ma licence de droit ici. As-tu des contacts avec des bénévoles d’AFS Ile de France ? J’ai eu très tôt des contacts avec une bénévole d’AFS Ile de France et, depuis, j’ai rencontré d’autres bénévoles, j’ai participé à 2 week-ends : un pour les rentrants, un pour les accueillis. J’essaie de comprendre comment vous travaillez au sein d’AFS France et cela me permet de mieux comprendre les Français. Ici il y a plus de bénévoles âgés et je trouve cela très bien. Cela permet notamment à des familles d’accueil d’avoir des interlocuteurs du même âge. C’est une question de crédibilité. Je trouve aussi qu’il y a plus de bénévoles sur le secteur accueil. Et vous faites les choses d’une manière plus spontanée���.Autrement dit vous ne passez pas trop de temps à préparer. Nous, on a tendance à “couper les cheveux en 4” ! C’est ton premier séjour en France ? Non, je suis déjà venu en 2000 ; j’ai fait mon service civil en France avec le Secours Populaire Français. J’étais “Responsable du secteur alimentaire” (en France, on a toujours des beaux titres !). Je préparais la distribution alimentaire, en contact avec les bénévoles ; je m’occupais des livraisons de nourriture, notamment celles reçues de l’Union Européenne. C’était une bonne expérience, mais c’était dur : le travail lui-même (40h, pas encore 35 !) ; et puis, dans le social, il faut avoir du courage sur une longue durée ; tous les 2 mois, j’avais une petite crise, à me demander si j’étais vraiment utile…

Que penses-tu des étudiants français que tu côtoies ? Je trouve les étudiants français “plus jeunes”. Ils commencent directement les études après le BAC. Il y a une ambiance très scolaire à l’Université. Il y a les TD obligatoires et tout le monde doit venir. Mais je ne sais pas si c’est mieux ou pire qu’en Allemagne…

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004

7


BRÈVES

Racontez une histoire vécue franco-allemande Dans le cadre de son 40ème anniversaire, l’OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) organise un concours sur le thème «Racontez-nous votre histoire vécue franco-allemande». Une rencontre francoallemande a marqué votre vie affective, sociale, professionnelle et vous aimez écrire ? Faites-en un récit de 3 pages maximum et envoyez-le à l’OFAJ (avant le 22 janvier 2004), qui sélectionnera les 40 meilleures histoires. Toutes les infos sont dans la rubrique «Actus» du site www.ofaj.org

Le Mexique en textes et en images Marion de Jacquelot a 18 ans et c’est l’une de nos heureuses participantes à un programme d’initiation au développement au Mexique. Elle y effectue un travail d’aide à la «population des rues» et, à ce titre, enseigne dans une école primaire pour des enfants de 9 et 7 ans qui ne peuvent intégrer

8

une classe «normale». Marion a réalisé un excellent site web, véritable journal de bord en textes et en images de son expérience sur place. On y trouve des photos de son travail, de sa famille, des textes sur les fêtes de village, la cuisine mexicaine et même des photos satellites du Mexique. Pour en savoir un peu plus sur cette destination, cliquez sur www.kstudio.net/mexique

Les lauréats du Galatti Awards 2003 Comme chaque année, le siège international de AFS a distingué des bénévoles AFS qui, par leur action, ont su contribuer au développement de leur organisation nationale ou locale. Ce prix se nomme «Galatti Awards» en hommage à Stephen Galatti, l’un des ambulanciers bénévoles fondateur de l’American Field Service. Les lauréats sont au nombre de 3 : Maria Dolores Gonzalez Diaz de Cerio, de Bilbao, Pays Basque, AFS Espagne, Norma Fernandez, de Resistencia, Chaco, AFS

Argentine et Catharine Ann Currin, de Saratoga Springs, New York, AFS Etats-Unis.

Déjeuner des anciens 2003 12h devant le Palais de Tokyo dimanche 7 décembre 2003. Les portes du musée s'ouvrent, la foule s'engouffre et qui voit-on ? 75 bénévoles et AFS’ers des années 49 à 90. Ils se retrouvent, certains après 45 ans, et les langues vont bon train, tout au plaisir de retrouver une tête oubliée, mais finalement reconnue (retardant le déjeuner). L'apéritif arrive peu à peu à faire occuper les tables et les chaises du Tokyo Eat au décor ultra moderne et décalé. Le déjeuner est largement occupé à se raconter, à donner des nouvelles des absents et à évoquer ce que chacun est devenu. Puis des projets se font jour. Quand se retrouve-t-on? Les uns échafaudent des projets de week-ends loin de Paris, les autres cherchent ce que l'on peut faire pour re-créer cette ambiance chaude et fraternelle que nous avons connue à 18 ans. Tous cherchent et souhaitent trouver... En souvenir pour chacun : un St Nicolas en speculoos venant directement de Belgique! Et l'an prochain, le 5 décembre 2004 (inscrivez déjà cette date dans votre agenda), on ne sait pas où aura lieu la St Nicolas mais, c'est sûr, cela sera

encore plus convivial et cette fois les années 70, 80, 90, 2000, les familles d'accueil et les bénévoles seront là aussi ! Un grand merci à Brigitte Couzinet et au bureau AFS VSF pour le soutien logistique, à Jacques Herbinet pour ses recherches téléphoniques et le site www.frog-afs.fr.st/ et à Jean Michel Sicre pour son reportage photos. Meilleurs vœux à tous ! Greta, Geneviève et Michèle

AFS Vivre Sans Frontière Rédaction : Caroline Barjon et Brigitte Couzinet Maquette : Serge Garcia Impression : Imprimerie Compédit Beauregard S.A. 61600 La Ferté-Macé Tél : 02 33 37 08 33 Tirage : 2 500 exemplaires AFS Vivre Sans Frontière 46, rue du Cdt Jean-Duhail 94120 Fontenay-sous-Bois Tél : 01 45 14 03 10 Fax : 01 48 73 38 32 E-mail : info-france@afs.org Site Web : www.afs-fr.org AFS Vivre Sans Frontière est une association de loi 1901, reconnue d’utilité publique.

Trimestriel : Janvier - Février - Mars 2004


Contacts Sans Frontière - 2004 - Janvier-Février-Mars