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Le magazine de l’Alliance Française de Bombay

No. 116 Mar/ May 11


SOMMAIRE / CONTENTS Directrice de la publication Anne DUBOURG Rédactrice en chef Clea CHAKRAVERTY Maquette Yogesh Jadhav- Spenta Multimedia Impression Spenta Multimedia Traductions, Neha KUNTE, Sanjeev PRABHUDESAI Illustration et photographie David CORDINA, Nikhil CHOPRA, Victoire GUENA, Alison SALDANHA, Julie VAN RECHEM, ATOUT France, Consulat général de France Mumbai, UNIFRANCE, MAEE, MAC Lyon Ont collaboré à ce numéro David CORDINA, Mangala SHIRDESHPANDE, Carmen FERRAN, Victoire GUENA, Eve-Marie GRAVIER, Gérard HENRY, Ingrid LE GARGASSON, Shariva NAIK, Alison SALDANHA, Julie VAN RECHEM, Campus France Remerciements Déborah BENATTAR, Asha BHOSLE,Matthieu FOSS, Julie VAN RECHEM, Gérald CANDELLE et Gérard HENRY-AF de Hong-Kong, Eve LEMESLE, Ajay MAGO, Alison SALDANHA, Consulat général de France à Mumbai, MAC Lyon, ATOUT France, éditions Dargaud, éditions Gallimard, éditions Flammarion

Tirage 2500 ex

Cover Jitish Kallat, Autosaurus Tripous, 2007 Résine, peinture, acier, laiton 259 x 135 x 168 cm Courtesy de l’artiste © Iris Dreams, Bombay

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EDITORIAL March is the season of spring colors and of Holi and yet, we decided to publish a black cover. We have deliberately chosen this photography of Jitish Kallat’s work -to be exhibited in the MACLyon this spring- as we think that 2011 is going to be a special year for Indian artists. No landscape paintings of rural Indian villages, no masala. Indian contemporary artists, like sociologists

P4 RETOUR SUR.. P6 ON Y ETAIT RENCONTRE AVEC P8- 9 Danyel Waro BOOKS P10 Salons littéraires P11Livres à vivre P12 De vive voix...Tintin P13 Voix d’hier : Pierre Choderlos de Laclos P14 Notes de lecture CINEMA P16 Actualités P17 Focus on: Romain Duris P18 Festival of European cinema P19 World movies at your door

FRANCE EN BREF P24 L’invention de la solitude

Theosophy Hall 40, New Marine Lines, Mumbai 400020 Tel: (91-22) 22 03 59 93 / (91-22) 22 03 61 87 Fax: (91-22) 22 06 61 57

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WATCH OUT P 21 Actualités P22 Francophonie at Alliance Française de Bombay

ALLIANCE FRANCAISE DE BOMBAY http://bombay.afindia.org contact: mag.mumbai@afindia.org

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DISCOVERY P26 Do you do you Saint-Tropez? AF DU MONDE P28 Alliance Française de Hong-Kong

or journalists, are revealing an India which is on the move, always between spaces, a source of contradictions for its people and a real delight for the observer. In March, Alliance Française de Bombay also celebrates the Week of Francophonie: along with arts, cinema, music and writers, this event offers a beautiful promotion of the French language.

COVER STORY P30-52 ART STORY Contemporary Indian art is all over us. In Mumbai cultural festivals, in galleries of course, but also in France, in the UK or the USA. The presence of Anish Kapoor at Monumenta 2011(P32) is not just a coincidence. The art fraternity is very much aware of the new power of young upcoming artists from India who will be under the spotlights in France (P33 and P41) this year. As Indian tribal art is now on the front scene (P35) we also read about the old masters (P38) and discover some tips about buying art and how to understand the art market (P 43). French professionals try their bits in the Indian scene as well (P45) and innovative Indians and French art lovers introduce art to a more democratic space (P47). FRANÇAIS EN MARCHE P54 Actu du FLE P55 Défense du français : les Sigles P56 High-Tech French P57 Campus France REGARDS CROISÉS P 58 FRANCE PRATIQUE P59 Passport to France CALENDAR P60-61 BUZZ P62 Asha Bhosle


Retour Sur..

The Cannes in Mumbai festival was the big cinema event of January: organized by Alliance Française de Bombay with cinema critic Meenakshi Shidde, it was the occasion to meet Vikramaditya Motwane, young director of Udaan, and to discuss the various movies selected for the famous French festival. Among the films screened for Alliance Française, one could also (re)discover classics such as Salaam Bombay. The AIDS-HIV events were the occasion to remind everyone about the disease, prevention but also the therapies that already exist. In the auditorium of Alliance Française de Bombay, in Theosophy Hall, public watched an incredible performance by the Dancing Queens. Hijra activists spoke about their communities, and Humsafar Trust spokerperson gave useful information about the NGO’s work and activities.

In French newly open restaurant Chez-vous, students and book lovers gathered for an informal rendez-vous with books: Chill’n Read. Conducted by Julie Van Rechem, the event was the occasion for all to share their passion with books and to read extracts of particular novels or essays. This event is hold once a month: do not miss the next one!

4 Impressions Mar-May 2011


Retour Sur..

Eric Truaz: a must seen!

Minino Garay band in Blue Frog

Euphorie Project

The Sound System project

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On y était

M. Dara Mehta et Mme Jacqueline Jhavery, membre du comité de l’AFB

MM. François Pujolas et Dara Mehta

M. Dara Mehta a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Mumbai, le 2 janvier 2011.

« En 1979, j’ai voulu emprunter A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust, au Cercle littéraire. Je pensais que mon français, appris à l’école puis à l’université à la fin des années cinquante, serait correct. Mais je n’ai rien compris au livre ! Je me suis alors inscrit à l’Alliance Française de Bombay ». Dara Mehta, avocat de renom et principal associé de la prestigieuse firme Little & Co, a depuis poursuivi une relation passionnelle avec la langue française. Titulaire d’un diplôme supérieur de français et diplôme de français commercial, il devient rapidement conseiller ou représentant légal de nombreuses entreprises françaises en Inde ou travaillant avec l’Inde. Il entretien son amour de la langue grâce à une vaste collection personnelle d’ouvrages de poche ramené de ses voyages en France. Parmi ses favoris, on compte de nombreux classiques : Maupassant, Balzac, Proust ou Camus, ainsi que des ouvrages d’historiens. Dara Mehta a également souhaité entretenir la langue française à Mumbai. Vice-président du comité de l’Alliance Française de Bombay depuis 1980, il est aussi membre du conseil d’administration de la Chambre franco-indienne de commerce et du Cercle littéraire. Et au sein de Little & Co, avec qui il collabore depuis 1953, les passages de stagiaires français et de jeunes avocates indiennes francophones, témoignent de cet engouement pour la culture française.

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Mme Mayumi Pujolas et M. Nadir Godrej

Photo Credit: Counsulate of France in Mumbai / Little & Co.

Depuis de nombreuses années, M. Dara Mehta apporte ponctuellement ses conseils en matière juridique au Consulat de France à Mumbai et a rédigé d’importantes contributions dans les revues juridiques françaises et internationales. Il a également conseillé de nombreuses entreprises françaises implantées en Inde. C’est François Pujolas, Consul général de France à Mumbai, qui lui a remis sa décoration.

L’Ordre National du Mérite

Little & Co, de l’Empire à nos jours Parmi les plus anciennes firmes en Inde, Little & Co fut fondée il y a 155 ans sous le joug britannique. « Les avoués étaient au service de la Reine et de la East India Company. De fait, la firme s’est spécialisée dans le droit des affaires et des institutions d’Etat» explique Ajay.M Kathlawalla, associé et manager de l’entreprise, et avocat pour Little & Co depuis 1978. La firme emploie 50 avocats, dont 10 associés et 110 employés. Aujourd’hui nous continuons de représenter de nombreux organismes d’Etat mais nous nous sommes aussi spécialisés sur le secteur immobilier et financier ».


On y était

Une participation française remarquée au Techfest, par Ingrid Le Gargasson, doctorante, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

Photo Credit: Nicolas Poussièlgue

Cette année encore, le Techfest de l’Indian Institute of Technology de Bombay (IITB), a été un énorme succès. La 14ème édition, du 7 au 9 janvier dernier a proposé des ateliers et compétitions techniques qui ont rassemblé les étudiants de l’IIT mais également des étudiants en ingénierie des quatre coins de l’Inde. Les moments forts du festival ont été les conférences données par des personnalités du monde scientifique telles qu’Harold Kroto, prix Nobel de chimie ou Jaap Haartsen, l’inventeur de Bluetooth. Les Technoholix, spectacles hauts en couleurs qui ont ponctué chaque soirée ont aussi attiré des milliers de spectateurs. Par ailleurs, de nombreux exposants internationaux s’étaient déplacés pour faire part de leurs innovations techniques ou de leurs derniers projets de recherche. Parmi ces invités, la France s’est fait remarquée à travers deux participations originales : celle de Yann Renard et Laurent Bonnet, ingénieurs de l’Institut National de la Recherche en Informatique Appliquée (INRIA) de Rennes et celle des artistes François Wunschel et Fernand Favier du collectif Exyzt qui présentèrent le spectacle Euphorie. Cette performance multimédia en 3D, organisée à l’IIT en collaboration avec l’Alliance Française de Bombay, a débuté la deuxième soirée du Techfest. Le spectacle Euphorie s’avéra une expérience audio-visuelle originale : placés au centre de la scène, entre plusieurs écrans, et jouant avec des tubes de néons devenus momentanément des guitares électriques, les artistes ont réussi à surprendre l’auditoire, au rythme d’une musique électronique. A travers ce show graphique qui combine créativité et maîtrise d’éléments techniques, la vidéo et le son s’influencent mutuellement par le jeu des « acteurs ». Des formes variées, cubes ou serpent dansant, se dessinent ainsi en rythme sous les yeux des spectateurs. Les tableaux préprogrammés sont réactualisés au cours de la performance permettant un petit clin d’œil au public mumbaikar : « Hello Mumbai, Ram Ram Mumbai, Namaste Mumbai » ! Pour leur part, Yann Renard et Laurent Bonnet sont venus tout droit de l’INRIA de Rennes, invités par Nicolas Poussièlgue, attaché scientifique au Consulat général de France à Mumbai,

afin de présenter leur logiciel Open-VIBE pour la première fois en Inde. Ce logiciel traite des interfaces cerveau- ordinateur : « on essaye de commander un ordinateur ou une machine en utilisant uniquement l’activité cérébrale, les pensées » comme le précise Laurent Bonnet. « On utilise tout d’abord un matériel d’acquisition du signal cérébral appelé un électro-encéphalogramme. Ensuite toutes ces données vont dans un ordinateur et notre logiciel OpenVIBE traite ces données et en extrait l’information intéressante. On peut par exemple savoir si une personne est en train de penser à sa main gauche ou penser à sa main droite et on peut, imaginons, diriger un robot par la pensée avec ces commandes ». Ce logiciel permet de nombreuses applications, autant dans la recherche contre les handicaps que dans le domaine des jeux vidéo. Au cours du Techfest, ils ont pu échanger avec plus d’un millier d’étudiants et leurs démonstrations ont conquis non seulement le public mais également les médias qui leur ont consacré de nombreux articles de presse et interviews. Les deux Français ont été séduits en retour par le public étudiant de l’IIT : « Les gens sont curieux et intéressés, ils posent beaucoup de questions, c’est très dynamique ». Et au delà de ces rencontres, ils espèrent bientôt avoir des utilisateurs indiens de leur logiciel et « augmenter ainsi la communauté des utilisateurs de l’Open-VIBE » disponible en téléchargement gratuit sur internet. A suivre donc. Impressions Mar-May 2011 7


Rencontre Avec…

Danyel Waro

In concert at Blue Frog on the 16th of March Banned for a long time, Maloya (the musical style mixing African, Madagascan and Indian origins) was adopted in the 70s by the movements for independence before truly re-emerging in the 80s. Danyel Waro is one of the main protagonists of this renaissance. Through his music, he has awakened an awareness of their cultural heritage’s importance with many of his compatriots from the Reunion Islands (lost in wanderings through jazz, zouk and reggae). For example, the musician René Lacaille willingly explains that it was while attending Danyel Waro’s concert at the French festival “Printemps de Bourges” that he was brutally thrown back in touch with his roots. At over fifty years of age, he has left jazz to take up the music of his childhood once again. And he is not the only person who has retrieved a sense of pride in his origins thanks to Danyel’s music. A man of commitment and integrity, Danyel Waro does not dissolve in warm water. He does not appreciate triteness (“The sega became easy listening music”), preferring an almost rough-edged straight to the point attitude. His rare recordings are only of the music he loves, the rest of the time he spends growing his crops. “I don’t want any promotion”, he explained in an interview in 1992. “Promotion of Maloya, why not ? but not through me. People here don’t understand where I’m coming from, they think I should have lots of money for singing, but I’m not interested in that : my work is making instruments”. He chooses his words with the same attention, the same love of things well-done with which he puts the finishing touches to his kayams, roulérs and pikérs (traditional percussion instruments), while the Creole language flies away on the drums denouncing the new forms of dependency still tying the islands to metropolitan France. Ever the rebel (he spent two years in prison rather than serve the French flag), Danyel Waro is a man who fights against social injustice and defends his culture.

Danyel Waro en bref * C’est son premier voyage en Inde * Danyel connaît certains instruments indiens, car les groupes indiens se produisent souvent à la Réunion * Première rencontre à dix huit ans lors d’un concert de Firmin Viry * L’Inde est très importante pour lui, car les influences « tamoul » sont très présentes à la Réunion aussi bien par les temples que par la musique des cérémonies * Nombreuses influences en particulier rythmiques et pas l’utilisation de certaines instruments comme les tambours malbars et la flûte

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Rencontre Avec… डैनिएल वारो के साथ एक भेट

Photo Credit: Danyel Waro

अफ़्रीकी, भारतीय और मदागास्कर के संगीतों का मेल यही ‘मलोया’ संगीत शैली का वैशिष्ट्य है | इस शैली पर काफी दिनों तक निर्बंध थे, लेकिन १९७० से १९८० के काल में स्वातंत्र्य संग्राम के लिए यह शैली अपनाई गयी, और ८०-९० इस काल में पूरी तरह से लोकप्रिय हुई | डैनिएल वारो इस शैली के प्रमुख पुरस्कर्ताओं में से एक है | अपने संगीत के माध्यम से डैनिएल वारो ने रियूनियन आयलैंड के अपने कई सहचारियों के साथ इसी सांस्कृतिक परंपरा की जागृति की, जो जैझ, ज्हूक और रेग्गे के बीच कहीं तो खो गयी थी | जैसे की गायक René Lacaille बतलातें है, “Printemps de Bourges” इस फ़्रांसिसी संगीत कार्यक्रम में डैनिएल वारो को सुनते हुए ही उन्हें अपनी असली परंपरा का एहसास हुआ | अब, ५० साल के हो जाने के बाद उन्होंने जैझ संगीत पद्धति को छोडकर अपने बचपन की संगीत शैली को अपनाया | डैनिएल को सुनकर अपनी परंपरा की ओर फिरसे आकर्षित होने वाले René अकेलें नहीं हैं | डैनिएल बहुत ही तत्त्वनिष्ठ होने की वजह से नए तौर-तरीकों से बह जाने वालों में से नहीं है | वें संगीत शैलियों में केवल नयी रचनाएँ ही देना पसंद करतें है | इस मामले में वें काफी सख्त हैं | उनकी दुर्मिल रचनाएँ केवल उनकी पसंद के संगीत की ही हैं, और वें अपना बाकी समय अपने खेत की देखभाल करने में बितातें हैं | १९९२ में एक मुलाकात में उन्होनें कहा, “मुझे अपने लिए किसी भी प्रकार का प्रचार नहीं चाहिए | ‘मलोया’ का प्रचार जरूर हो, लेकिन मेरे माध्यम से नहीं | यहाँ के लोग नहीं जानते मै कहाँ से आया हूँ, वें सोचतें हैं की गाने के माध्यम से मैं अमीर बना हूँ, लेकन मुझे उसमें कोई दिलचस्पी नहीं है, मेरा काम तो वाद्य बनाना है|” वें अपने शब्द भी उसी ध्यान से चुनतें है, जिस ध्यान से वें kayams, roulérs और pikérs ये तालवाद्य बनातें है | Creole भाषा का संगीत में उपयोग करके वें आज उन द्वीपों को फ्रांस से अभी तक जोड़ने वाले परवालाम्बित्व का निषेध करते है | डैनिएल वारो हमेशा से ही बंडखोर रहे है- उन्होंने फ़्रांसिसी झंडे की सेवा करने की जगह २ साल का कारावास चुना था – और वें आज भी सामाजिक अन्याय के विरुद्ध आवाज़ उठातें है, और अपनी परंपरा का समर्थन करतें है |

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Books

Salons et cafés littéraires A l’occasion du prochain Salon du Livre à Paris (18-21 mars), Impressions revient sur le concept du salon. Car les salons littéraires continuent de fasciner et d’attirer les foules. Esquisse d’une mode en mutation, certes, mais infatigable.

Scarron, écrivain au style burlesque fameux (dont les œuvres sont encore aujourd’hui admirées en France), connu pour sa laideur légendaire et son mariage avec la très distinguée Françoise d’Aubigné, future Madame de Maintenon, fut parmi les habitués notoires de salons. Madame de Maintenon et son amie très proche Ninon de Lenclos, autre figure du Grand siècle, attirèrent de nombreux beaux esprits et l’élite intellectuelle de leur temps. Une époque qui se lit avec aisance dans les Mémoires de Madame de Maintenon ou dans l’œuvre plus contemporaine de Françoise de Chandernagor, L’ Allée du Roi.

démocratique, celle des salons de livres publics. Entre temps, Bernard Pivot, grand animateur de salons télévisés, redonnait sa place à la lecture dans les foyers via la télévision, un tour de force alors que le petit écran envahissait les vies, avec des émissions telles que Apostrophes (1975-1991) et Bouillon de culture (19912001).

Le Saviez-vous ? t-"MMJBODF'SBOÎBJTFEF#PNCBZQSPQPTFTFTQSPQSFTSFODPOUSFT littéraires avec Chill n’ Read, au sein du restaurant Chez-Vous, une fois par mois. Consultez le programme et venez avec un livre que vous aimez ! - Le Cercle littéraire, à Kala Ghoda, l’unique bibliothèque française privée d’Inde en dehors de celles des AF d’Inde, propose des rencontres et débats avec des auteurs francophones, souvent en partenariat avec l’Alliance Française.

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Au XVIIIe siècle déjà, il était de bon ton d’être invité chez les uns et les autres – comprendre ici, dans la bonne société chez des gens de qualité, les nobles, les anoblis et leur cour- pour discuter arts et lettres sur un ton allant du simple badinage à la plus sérieuse discussion métaphysique. La production littéraire du siècle des Lumières témoigne avec justesse de cet enthousiasme culturel débordant. Les soirées se voulaient mondaines mais suffisamment sophistiquées pour que l’on ait toujours un auteur à la mode parmi soi et dont l’ouvrage avait pu faire scandale. On discutait ainsi de Rousseau, on se rendait chez Madame de Lafayette ou chez Madame de Staël, on admirait Molière dont on lisait des extraits ensemble. Il est à noter que ces « salons » étaient tenus bien souvent par des femmes. Fin XVIIe, l’hôtel de Rambouillet, tenu par Catherine de Rambouillet voyait régulièrement s’arrêter les coches de La Rochefoucauld, Madame de Sévigné, Madame de Lafayette (lire La Princesse de Monpensier, La Princesse de Clèves) ou Corneille. L’un de ces salons, fondé par des hommes, reçu l’égide de Richelieu. L’ Académie française prit forme. Toujours au XVIIe siècle, se tenaient les « samedis de Mlle de Scudéry» (Madeleine de Scudéry, en 1652), sorte de rendez-vous des célébrités de l’époque, qui voyaient ainsi leur moment venu de briller en société. Il va s’en dire que le Tout-Paris en parlait, et que les autres en rêvaient.

Une lecture de Molière

Au XIXe siècle la mode du salon ne fatigue pas mais devient plus masculine : Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Balzac, Sainte-Beuve, Alfred de Vigny, Robert-Fleury, Liszt, Amable Tastu, se retrouvent chez Charles Nodier, à l’Arsenal.

La relève n’était cependant plus au rendez-vous et le salon littéraire prit en France une autre forme, plus populaire et plus 10 Impressions Mar-May 2011

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Le musée de la Vie Romantique ou le musée Carnavalet à Paris présentent d’ailleurs d’admirables œuvres illustrant cette période. Sous la Troisième République, c’est plutôt Marcel Proust, Robert de Montesquiou ou Maupassant que l’on fréquente. Après la Seconde guerre mondiale, les rencontres se font plus privées. Marguerite Duras reçut pendant un certain temps les résistants, le couple Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir institua la mode des cafés philosophiques, Coco Chanel organisa des soirées mondaines pour les artistes de tous les domaines. La librairie anglaise Shakespeare and Co à Paris (VIe ardt) organise de nombreuses rencontres et cafés littéraires


Books

Livres à vivre Andrée Chedid died on the 6th of February 2011 at 90 years old Born in Cairo of Lebanese Christian descent in March 1920, brought up in three languages - Arabic, English and French - she studied at the American University in Cairo, publishing her first works in English before turning to French. She moved to Paris in 1946. Over 50 years, Chedid created a body of work which included novels and drama, winning the 1979 Goncourt prize for literature for Time And The Body. Her son Louis Chedid is a well-known French singer and grandson Matthieu “M” Chedid is a pop star. French President Nicolas Sarkozy said the poet, who died on the 6th of February, had been part of a “generation of cosmopolitan intellectuals who chose France as their adopted land after the war, helping bring about a literary renaissance in our country”. Her last published work of poetry L’ étoffe de l’univers (poems), got released by Flammarion in 2010 as well as her novel, Les quatre morts de Jean de Dieu. At the library of Alliance Française de Bombay, read: L’autre, Ed. Julliard Le survivant, Ed. Roman Flammarion Les marches de sable, Ed. Roman Flammarion

LIVZ est en ligne depuis le 1er décembre 2010. Il s’agit d’un site internet de vente de livres, facilitant l’accès à l’actualité littéraire. Il intègre automatiquement différentes sources d’informations (TV, radio, presse) issues d’Internet grâce à des fonctionnalités techniques innovantes. www.LIVZ.com

Lire différemment De nombreuses initiatives voient actuellement le jour afin de permettre à tous un accès à la lecture. Parmi elles, StoryLab reprend l’idée du feuilleton, et innove en images et en sons. L’idée est simple : reprendre le concept très populaire au siècle dernier des feuilletons dans les journaux (où ont été découverts et dévorés les romans de Victor Hugo, de Dumas..) et les proposer sur Internet, via des applications pour Iphone, Ipad ou logiciels à télécharger. Parmi les auteurs répertoriés, on retrouve Irène Frain, romancière éprise par l’Inde, qui publie pour StoryLab un roman érotique se déroulant dans le nord du pays. http://www.storylab.fr

Andrée Chédid

Une autre façon de voyager, est évidemment, la lecture. La SNCF combine plaisir des livres et du voyage en proposant aux passagers avec l’opération A Vous de Lire, un système de « passe-livres ». L’opération fut inspirée par le Book Crossing (www.bookcrossing.com) autrement appelé BC ou BX,. Ce phénomène mondial permet de faire circuler des livres en les « libérant » dans la nature pour qu’ils puissent être retrouvés et lus par d’autres personnes, qui les relâcheront à leur tour. Bibliothèque Sans Frontières http://www.bibliosansfrontieres.org/ et Oxfam en France procèdent par ailleurs à de vastes opérations de dons de livres. Les Bouquineries d’Oxfam: http://www.oxfamfrance.org DR

Lancement du nouveau site d’actualité littéraire : LIVZ.COM

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Source: BBC news, AFP, Wikipedia

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Books

De vive voix... Tintin, reporter au Petit Vingtième A l’occasion de la publication en hindi des aventures du héros à la houppe le plus célèbre de la planète, Impressions a choisi de publier un entretien exclusif avec Tintin, reporter au Petit Vingtième.

Tintin : Oui, mon créateur, Hergé, de son vrai nom Georges Rémi, était lui-même employé par le Petit Vingtième, journal qui a par la suite disparu pendant la Seconde guerre mondiale. En tant que journaliste-reporter, je suis amené à voyager et je suis aussi observateur de nombreuses expéditions, inventions et découvertes. Et heureusement, moi je ne vieillis pas !

Quels sont les contrées que vous avez visités ? La Russie tout d’abord, lors de mon premier voyage (Tintin au pays des Soviets), les Balkans (la Syldavie et la Moldavie, pays imaginaires dans l’Affaire Tournesol, le Sceptre d’Ottokar), l’Ecosse, les Indes anglaises, la Chine, le Tibet et le Népal (Le Lotus bleu, Les Cigares du pharaon), l’Egypte, le Congo belge, les Etats-Unis, le Pérou, l’Arabie Saoudite, l’Indonésie et la Lune !

Parmi les personnages qui vous entourent, certains ont-ils existé ? Bien sur! Mon créateur lui-même se représente parfois, ainsi que l’un de ses très bons amis, Edgar P. Jacobs, père de Blake et Mortimer ou même d’autres figures connues de la presse ou de l’actualité des années 30. Mais il faut chercher un peu dans mes aventures pour les retrouver. Parmi les personnages, le professeur Tryphon Tournesol a été fortement inspiré par le scientifique de renom Auguste Piccard, explorateur de la haute atmosphère et des grandes profondeurs. Je le rencontre pour la première fois dans Le trésor de Rackham le Rouge. Les policiers sosies Dupond et Dupont (habillés à la mode des policiers belges au début du XXe siècle) sont eux des copies conformes du père d’Hergé et de son frère… jumeau. Mon ami chinois Tchang (Le Lotus Bleu) a réellement existé, il s’agit de Tchang Tchong-Jen, brillant étudiant à l’académie des Beaux-arts de Bruxelles qu’Hergé rencontre en 1934. Tchang m’a convaincu de mieux connaitre la Chine, grâce à lui, je fais aussi sauter les préjugés ridicules de mes contemporains sur l’Asie. Laszlo Carreidas, en revanche, milliardaire avare « qui ne rit jamais » et que je n’aime vraiment pas (Vol 747 pour Sydney) ressemble beaucoup à Marcel Dassault, le célèbre avionneur Français. Comment avez-vous rencontré le capitaine Haddock ? Le capitaine Archibald Haddock est devenu mon meilleur ami depuis notre aventure du Crabe aux pinces d’or (1941) C’est un marin bougon expérimenté mais alcoolique quand je l’ai 12 Impressions Mar-May 2011

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Impressions : Tintin, en 1929 vous êtes reporter au Petit Vingtième et vous vivez au 26, rue du Labrador à Bruxelles. Quel est le contexte de votre carrière ?

rencontré et aux prises avec son lieutenant corrompu, Allan Thomson. Il descend en fait du chevalier François de Hadoque, capitaine de marine sous Louis XIV(Le Secret de La Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge). Mais son château, Moulinsart est belge, bien que très inspiré par celui de Cheverny ! (Source : http://www.free-tintin.net)

Tintin is now in Hindi ! At Alliance Française de Bombay, enjoy discovering or rediscovering the Adventures of Tintin in French. Excerpts of an interview with Ajay Mago, the translator of Tintin in Hindi, now available in India, thanks to Om and Casterman. What is your favorite album and why? Tintin in Tibet is my favorite album. Tintin comes to India en route to Nepal, to Delhi in particular albeit for a very short period of three hours and three pages in this album, but he has already been in India much earlier in the Cigars of the Pharaoh, and for a considerably longer length of time and number of pages. Yes, there are these small factors for personally liking it as Hindi script appears for the only time in the series, marvellous and accurate drawings of the streets of old Delhi and its monuments and Tintin travelling by Air India.

What is your favorite character? My favorite character is Captain Archibald Haddock. To me he symbolizes an average human being who has a lot of weaknesses, he loses control when he drinks too much, smokes and is quick tempered and yet is not found wanting in courage and heroism if inspired.

How would you translate Haddock’s expressions? I have translated Captain Haddock’s expressions as ‘Carodon Carod Kaale Kasmasaate Kachhuwe’ and ‘Tadtadate toofan’. My favorite expression in French is « Mille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest! »


Books

Pierre Choderlos de Laclos

Fils d’un haut fonctionnaire du roi, Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos, né le 8 octobre 1741, est un soldat malheureux : son nom n’est pas assez illustré pour lui permettre d’accéder à un haut rang. Au lieu de participer à des campagnes glorieuses, il mène une triste vie de garnison à Toul, Grenoble ou Valence. Il compose alors ses Liaisons dangereuses, en 1782. Admirateur de Rousseau (il cite à plusieurs reprises La Nouvelle Héloise comme livre de chevet chez ses protagonistes) et très marqué par son siècle, il livre un récit qui fait l’effet d’une bombe dans la société intellectuelle française. Les allusions sexuelles et irréligieuses en font un roman proscrit dès sa publication. Aigri et brouillé avec le commandement militaire, il renonce à toute ambition et demande un congé illimité (1788), peu de temps après son mariage (1786). Réconcilié avec l’armée sous Napoléon, il meurt de dysenterie durant une campagne en Italie, en 1803. Le récit : Valmont, séparé de la marquise de Merteuil, son amie et confidente, socialement prude et bigote, secrètement libertine et manipulatrice, entreprend de séduire une femme aussi belle que dévote, la présidente de Tourvel. La marquise, elle, se sert de Valmont pour se venger d’un homme qui l’a délaissée, en lui demandant de séduire la fiancée de ce dernier, une très jeune fille juste sortie du couvent. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les Liaisons dangeureuses, roman libertin ou moralisateur ? Le doute subsiste encore aujourd’hui sur le but recherché. Contrairement aux romans du marquis de Sade par exemple, délibérément graphiques et blasphématoires, le récit de Laclos n’est ni vraiment scabreux, ni totalement complaisant dans l’obscénité ou la débauche mais scandalise par les propos de ses personnages. Ses protagonistes, véritables maîtres à séduire et à perdre, sont odieux pour la morale mais punis par leur créateur. Le libertinage est plus intellectuel et s’attache ici à mettre en valeur la nature humaine. Le style épistolaire entraîne un suspense inédit et offre au lecteur un récit remarquable. Enfin, on continue de s’interroger quant aux intentions de l’auteur. Au lecteur de cogiter: Valmont a-t-il cherché la rédemption ? Est-ce un ouvrage à portée féministe et anticléricale (compter le nombre d’allusions irréligieuses dont est saupoudré le récit!) ? Est-ce une mise en garde contre la complaisance des mœurs de l’époque ou une moquerie de la pruderie ?

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Pierre Choderlos de Laclos est fascinant car il est l’auteur d’une œuvre rarement égalée dans son genre, jamais démodée. L’illustre collection La Pléiade lui rend hommage en republiant fin février 2011 une édition spéciale des Liaisons Dangereuses. Retour sur un écrivain-soldat hors des temps.

Libertinage (n.m.) : 1. Au XVIIe siècle: attitude de celui qui ne respecte pas les dogmes religieux et la morale qui leur est attachée, et règle sa vie selon la raison et la nature. Au nombre des libertins on compte : Gassendi, Naudé et Cyrano de Bergerac. Au siècle suivant, les philosophes des Lumières reprennent à leur compte l’héritage du libertinage érudit, tandis que se développe parallèlement un libertinage des mœurs. 2. Depuis le XVIIIe siècle: Le mot n’a plus que le sens moral de vie dissolue, guidée par la recherche du plaisir. Les Liaisons dangereuses ont été adaptées au cinéma : ƒ 1959 : Les Liaisons dangereuses 1960, film réalisé par Roger Vadim, avec notamment Jeanne Moreau (Madame de Merteuil), Gérard Philipe (Valmont) et Annette Vadim (Madame de Tourvel) ; ƒ 1988 : Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons), film réalisé par Stephen Frears, avec notamment Glenn Close (Madame de Merteuil), John Malkovich (Valmont) et Michelle Pfeiffer (Madame de Tourvel) ainsi que Uma Thurman (Cécile de Volanges) et Keanu Reeves dans le rôle du Chevalier Danceny ƒ 1989 : Valmont, film réalisé par Milos Forman, avec notamment Colin Firth (Valmont), Annette Bening (Madame de Merteuil) et Meg Tilly (Madame de Tourvel) ; ƒ 1999 : Sexe Intentions (Cruel Intentions), film de Roger Kumble, transposition modernisée à Manhattan, avec Ryan Phillippe (Sebastian Valmont), Sarah Michelle Gellar (Kathryn Merteuil) et Reese Witherspoon (Annette Hargrove); ƒ 2003 : Untold Scandal, film réalisé par E J-yong et transposé dans le contexte historique sud-coréen, avec notamment Bae Yong-jun et Lee Mi-suk ; Source : http://www.alalettre.com, BnF Impressions Mar-May 2011 13


Books

Notes de lecture

niveau de lecture: facile moyen difficile

Alexandra David-Néel, L’Inde où j’ai vécu, ed. Pocket Alexandra David-Néel aime l’Inde et les Indiens. Et son récit bien qu’écrit au début des années 1960 et rapportant des faits ayant eu lieu depuis 1891, est rafraîchissant. Elle sait regarder, elle sait écouter et a une inlassable volonté de comprendre. Dans L’Inde où j’ai vécu, deux récits se superposent. Le plus drôle sans doute, et le plus facile à lire rassemble les anecdotes vécues par cette jeune Française teintée d’anarchisme et de féminisme, moins jeune ensuite, à des moments très divers de l’histoire indienne (sous la colonisation britannique et française, puis après l’Indépendance) et aux lieux les plus variés (Tamil Nadu, Bénarès, Calcutta). Le style est celui d’une scientifique, peu littéraire, et contient parfois trop de questions rhétoriques. Mais ce défaut, mineur dans un ouvrage qui se veut avant tout un récit de voyage mâtiné d’essai, est compensé par le fait que tout est extrêmement juste dans ce livre. L’attitude comme le regard. L’espièglerie qui sauve de l’exaspération. J.V-R

Emile Zola, Le Ventre de Paris, Folio Classique Gallimard L’évidente actualité de Zola, la capacité de ses analyses à traverser le temps pour trouver encore plus de pertinence dans le monde contemporain est étonnante ; l’opulence qui étouffe les faibles, la surconsommation et le gâchis, la nécessité de faire taire les Maigres car s’ils ternissent la fête, leurs plaintes rappellent de plus à quel point les inégalités sont fondées sur des hasards... Et cette acuité du regard zolien se ressent d’autant plus quand on voit chaque jour l’opulence indienne tonitruante qui prend pied sur la misère du plus grand nombre. Il y a vraiment de quoi réécrire les Rougon-Macquart, à Mumbai... Ainsi, en se plongeant dans les Halles naissantes de Paris on redécouvre Crawford Market. Certes, le style de Zola est parfois redondant, alourdi par la volonté de trop préciser, tare du naturalisme. Le vocabulaire est dense, complexe. Mais on le savoure d’autant plus que l’on n’a pas à portée de main des livarots, des pâtés de foie ou des corbeilles de guimauve... J.V-R

Tonino Benacquista, Malavita, Folio Gallimard Malavita est un véritable roman noir, délicieux comme il se doit, écrit avec la finesse que nécessite la plongée dans les méandres de la culpabilité d’un être humain. Fred est à la tête d’une petite famille qui vient de s’installer à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Sous une apparence de vie rangée, leur passé est en réalité bien lourd : Américains, ils fuient les représailles de la mafia trahie par Fred, un ancien de la « famille »… Fred, pour dénouer les fils de son passé et de présent insupportable, décide d’écrire son autobiographie : le lecteur plonge alors dans un univers à la fois violent et burlesque. Les meurtres, la drogue, les passages à tabac, alternent avec les tasses de café, les nuits blanches et les allées et venues de la chienne au nom prémonitoire, Malavita…Découvrez un aller-retour savoureux des bas-fonds américains à la petite ville normande assoupie que la folie guette, car Malavita ne dort jamais que d’un œil… J.V-R BD

Conrad et Wilbur RAJ, Tome 4, Les étrangleurs, 48 pages, Ed. Dargaud. Avec force de précisions sur l’Inde britannique, ce volume conclut le diptyque de Bénarès et plonge le lecteur au cœur d’une intrigue mêlant la secte redoutable et désormais disparue des Thugs, une histoire d’amour et l’Inde captivante du XIXe siècle.

14 Impressions Mar-May 2011


Cinema

Actualités Le Rendez-vous du cinéma français en Inde - 2010 s’est tenu du 4 au 7 décembre à Mumbai. Le multiplexe Fun Cinema Andheri qui avait déjà accueilli les deux premières éditions, et cette année la mythique salle Metro reconvertie en multiplexe par la chaîne Big Cinemas ont accueilli la manifestation. La sélection composée de Carlos, le film, L’Arnacœur, Crime d’amour, Potiche, Elle s’appelait Sarah, Des hommes et des dieux et Océans a été unanimement saluée par la presse, les professionnels et le public indien. Malgré des problèmes de logistiques les spectateurs ont manifesté une grande curiosité et un grand enthousiasme pour les films présentés. Les artistes présents – Kristin Scott Thomas, François Ozon, Olivier Assayas, Julie Ferrier et Jacques Cluzaud - ont rencontré le public à l’occasion des séances de questions et réponses après les films, et ont réalisé de nombreux entretiens avec la presse écrite et la télévision. La presse indienne s’est d’ailleurs fait largement l’écho du Rendez-Vous avant et pendant la manifestation. La chaîne de cinéma UTV World Movies est cette année partenaire du RendezVous et plusieurs entretiens réalisés avec les talents français y seront diffusés. Olivier Assayas a donné une master class devant les étudiants en réalisation de l’école de cinéma Whistling Woods de Mumbai, session de 2h30 au cours de laquelle les étudiants, qui avaient pu visionner quelques uns de ses films, l’ont assailli de questions. La délégation professionnelle, composée de deux exportateurs, trois producteurs, un distributeur, un journaliste et une représentante du CNC, a pu rencontrer un large panel de professionnels indiens (distributeurs, exploitants, chaînes de télévision satellite) ce qui a permis de brosser un portrait du marché indien du cinéma aujourd’hui. Celui-ci reste très fermé aux films non-indiens mais est amené à s’ouvrir progressivement à ce que les Indiens appellent le “World Cinema”.

Our DVDS selection, by Alison Saldanha La Cité des enfants perdus, de Jean-Pierre Jeunet, Marc Caro, 1995 This daringly offbeat film does require a certain level of comprehension that may well demand more than a single screening to fully appreciate its artistic quality. In a bizarre fantastical style that is reminiscent of the directors Jean- Pierre Jeunet and Marc Caro’s previous film Delicatessen, the dystopian, surreal world of La Cité des enfants perdus draws you in gradually as the movie progresses. In fact, the premise of the story itself may help you persevere through its slow beginnings.

Pendant ce temps, les gouvernements français et indiens profitaient de la visite en Inde du Président de la République Nicolas Sarkozy pour signer un nouvel accord de coproduction qui devrait permettre un renforcement des liens entre nos cinématographies.

On a mist-shrouded rig in the sea, the mad scientist, Krank (Daniel Emilfork) must thwart his premature ageing by kidnapping children and living off their dreams. Among them is the little brother of the Carnival act, One (Ron Perlman), the strong gentle giant who thus sets out on a rescue mission with the help of the precocious 9- year old Miette (Judith Vittet). A little Dickensian flavour blended with fantastical characters like Cyclops, clones, Siamese twins, etc fill you with childlike wonder. The relationship that develops between One and Miette is engaging and Krank’s fiendish antics as the villain ensure that the movie despite its confounding moments grips you till the end!

My French Film Festival

Monsieur Batignole, de Gérard Jugnot, 2001

Depuis le 14 janvier, le festival a été lancé sur la plateforme, avec l’accès aux films sous-titrés en 10 langues et le vote des internautes du monde entier. Rappelons que 10 longs métrages et 10 courts métrages sont en compétition pour le prix des internautes, le prix de presse international et le prix des blogueurs étrangers. À cette occasion, retrouvez les cinq affiches finalistes du concours lancé auprès des étudiants et jeunes créatifs pour le visuel du festival. http://www.myfrenchfilmfestival.com/

Set in 1942 during the German occupation of Paris, comes a heart wrenching story of the apolitical grocer Edmund Batignole who struggles to make ends meet. When he discovers his store has been looted, he accuses his Jewish neighbour who is arrested along with his family by the Nazis. Rewarded for his service, Batignole moves into the Jewish apartment only to be soon visited by the Jewish little boy. In hopes of moral redemption, Batignole must grant him refuge and hide from his own wife and the ambitious unsuccessful writer who wishes to marry his daughter.

16 Impressions Mar-May 2011


Cinema

Focus on… Romain Duris, the heartbreaker Photo Credit: Uni France

Romain Duris is one of the most successful, prolific French actors of his generation. He has made 33 feature films in 15 years. Part of a family of artists and with no formal drama training, he was spotted on the street by a casting director. Romain Duris’s first film role was in Good Old Daze (Le Péril Jeune). Although there have been many films set in the occupation era, Gérard Jugnot’s take on the period is special. The line between the good and the bad blurs and one has an insight into the very basic human need to survive which often left many Parisians at the time to partake in conscience- pricking acts. With a great plot, attention to detail and brilliant acting Jugnot’s Monsieur Batignole impresses and shows his fine mettle as not only an actor but also a director.

He is multiple award winner French director’s Cedric Klapisch’s favourite actor, and has so far been in six of his films. He was nominated for three Cesar Awards, for Gadjo Dilo (1999), Maybe (2000) and The Beat That My Heart Skipped (2006), and has worked with a number of prestigious actors including Isabelle Adjani, Juliette Binoche, Jean-Paul Belmondo and Fabrice Luchini. In 2008 he starred in his first English film, Afterwards, alongside John Malkovich. For the first time in his career, he takes to the stage in 2010. More information on: http://www.romainduris.net/ And on www.imdb.com

Films with Romain Duris that you can borrow from Alliance Française de Bombay Le Péril Jeune, by Cédric Klapish Les Kidnappeurs by Graham Guit Gadjo Dilo, by Tony Gatlif L’Auberge Espagnole by Cédric Klapish Les Poupées Russes by Cédric Klapish Paris by Cédric Klapish

Photo Credit: Uni France

Le Péril Jeune, (Good Old Daze) by Cédric Klapish, 1994, was the first movie of Romain Duris and a great success by Klapish. Ten years after their Upper Sixth, Bruno, Momo, Leon and Alain meet together in the waiting room of a maternity hospital. The father of the awaited baby is Tomasi, their best friend at that time, who died one month before due to an overdose and who was already pretty wild back in the days. They remember their teenage, their laughs, their dreams, their stupid pranks... Through the pasts of the five main characters, a description of the French youth in the middle of the seventies. Sources: IMDB, Wikipedia Impressions Mar-May 2011 17


Cinema Cine Concert Do you know what is a Cine-Concert ? The concept was born with the non-speaking cinema at the beginning of the 20th century. It was thought that the audience would get bored before the movie would start, and hence, live orchestra and musicians (from 4 to 12 in 1910) were hired to entertain the public. The film was often accompanied by the orchestra too, to give more rhyme to the actions. The theatres were much bigger then and could provide space for a whole orchestra who was usually faithful to the place. The audience could then choose their films along with their favorite musicians. When the speaking movies started, the musicians would re-covert in studio musicians or would try to get hired by the movie studios. If the tradition disappeared little by little, some fans of old style movies rehabilitated it, as cine-concert mushroomed again in France during the 80’s till today, although they are seen nowadays as an eccentricity. Alliance Française de Bombay introduced its first cine-concert in February 2008 during the Kala Ghoda festival, thanks to the pianists-performers and cinema lovers Serge Bromberg and Ranjit Barot. This year, enjoy it once more in May with Alliance Française de Bombay.

Do not miss the 16th EU Film Festival in March in Mumbai! Along with screenings in April in Delhi, Chandigarh, Hyderabad, Kolkata and Chennai, the EU Film Festival in India is a regular initiative that in the past editions has successfully presented a selection of modern European cinema to the India public in major cities. The EU Film Festival is made of a bouquet of films that give vivid reflections of the cultural streams of Europe and stories that describe the European life in certain socio-economic and cultural environments, representing an important facet of the growing cultural relations between the EU and India. Furthermore, it is also an occasion when all the different diplomatic missions of the EU in India come together to present a common European event. This year’s EU Film Festival showcases a package of 19 films, each one from a different Member State. The inauguration of the EU Film Festival in Mumbai will take place at the Tata Theatre, National Centre for the Performing Arts on March 7, 2011. The rest of the screenings will take place at Alliance Francaise, Mumbai between March 8 – 18, 2011. Focus on the French movie presented during the festival: Copacabana, by Marc Fitoussi, 2008, with Isabelle Huppert. Babou seems to be able to shrug off anything. Real jobs, husbands, responsibilities, who needs them? But when she finds out that her own daughter is too ashamed of her to invite her to her wedding, she decides to make some changes. She takes a job selling time-shares at the Belgian seaside during the off-season, and even to her own surprise, becomes the model employee. Eventually Babou once again gets in the way of her success, and she must find a way to get a wedding gift worthy of her daughter yet true to her one-of-a-kind self. Photo Credit: Uni France

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More on : http://www.cineconcert.fr/ http://quatuorprimavista.online.fr

Festival of European Cinema in Mumbai

Buster-Keaton famous for his silent movies and live orchestra

18 Impressions Mar-May 2011

Copacabana


Cinema

The Alliance Française de Bombay and Alliance Media, a young media company, are proud to announce their partnership in promoting world cinema. Alliance Media has tied up with various famous production houses all over to world to bring the best of world movies to your homes through the release of various DVDs via the Sony distribution network.

Photo Credit: Uni France

French and world cinema at your door!

The DVDs, 8 titles as of right now, will be launch during spring and be available in all prominent retail outlets such as Planet M, Crosswords, Landmark…all over Indian metros. Azur and Asmar is the first French title to be released. Free screenings will be arranged with in our auditorium and members of Alliance Française de Bombay will benefit discounts on all the titles. All the DVDs have English subtitles.

Do not miss the first 8 titles, among them the French animation AZUR & ASMAR: Blonde, blue-eyed Azur and dark-eyed Asmar, grow up together in France. After a brutal separation and many years, the two boys meet again in Asmar`s country. But Azur is rejected by everyone he meets on account of his “unlucky” blue eyes. Dark-eyed Asmar has grown into a dashing horseman, he too rejects his poor foster brother. As their rivalry grow, fiercer than ever, Azur and Asmar set off in search of the Fairy of the Djinns... Michel Ocelot was born in 1943, on the Côte d’Azur, the French Riviera. After studying art, he has dedicated his whole career to animated films and personal creation. He first reached a wider audience in 1998 with his first feature-length film, Kirikou et la Sorcière (Kirikou and the Sorceress), a magical African tale. Michel Ocelot has won 18 awards and has been nominated for 5 others.

Photo Credit: Uni France

From Studio Ghibli: My Neighbor Totoro, Nausicaa Of The Valley Of The Wind, Laputa Castle In The Sky, Kiki’s Delivery Service, Porco Rosso, Pom Poko, Whisper Of The Heart

Meet Sunil Doshi, partner of Alliance Media and founder of Lumières Movies, and one of the creative minds behind this new venture. Sunil Doshi, why did you get into this particular venture after already having Lumières? I always wanted to bring the best of the international cinema to my country, and straight to the people’ living rooms! We don’t have enough exposure and since I had the chance of going to many festivals abroad I wanted to bring back something, make these movies accessible to all because I believe cinema should be for everybody, not only those who are privileged. This will also be different from Lumières, who has other plans for the future. How did you choose the first titles, especially Azur and Asmar? I have seen a lot of movies in festivals and I also understand what Indian audiences like. I totally fell for Azur and Asmar, I was very impressed by the technics, the colors and the story telling, I just love Ocelot’s work! It is a beautiful animated movie and it seemed to me a good alternative to others like Miyasaki films. How did your connection with France started? Since my school days I have been involved with cinema and film clubs. I happened to go to the Marrakech film festival where I met Anne, who is French and who became my wife five years ago. I fell in love with her as well as with the French cinema and I decided that I wanted to bring it back to my country.

Impressions Mar-May 2011 19


Watch (Out) Photo Credit: Wax Tailor

ACTUALITES CulturesFrance devient Institut Français En 2011 CulturesFrance devient INSTITUT FRANCAIS, une nouvelle enseigne pour l’action culturelle extérieure de la France, une agence au service des échanges culturels internationaux, de la création contemporaine, de la promotion de la langue française, des idées, des savoirs et de la coopération avec les pays du sud. C’est le 1er janvier 2011 que cet établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) chargé de diffuser la culture française à l’étranger a vu le jour, désormais piloté par l’ancien ministre du Travail, Xavier Darcos. « Nos partenaires étrangers ont besoin d’avoir, à l’instar du British Council ou du Goethe Institut, un seul et unique interlocuteur, qui doit s’inscrire dans une stratégie de diplomatie d’influence » explique Xavier Darcos à l’hebdomadaire L’Express (23 décembre 2010). L’Institut Français sera uniquement sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes. D’après L’Express, l’accent sera mis sur le secteur du livre et sur les débats d’idées ainsi que sur plusieurs pays pilotes, dont l’Inde fait partie. www.institutfrançais.com Focus on… Xavier Darcos, new president of the Institut Français Xavier Darcos was born on 14 July 1947 in Limoges. After getting a PhD in Latin studies from the University of Bordeaux and becoming a professor emeritus in letters and social sciences, he started teaching in 1968, first in Périgueux, then in a Bordeaux khâgne from 1982 to 1987, and finally at the lycée Louis-le-Grand, Paris from 1987 to 1992. Since 18 May 2007, he has been the Minister of National Education in François Fillon’s government, his last position being minister of Labor, Social Affairs, Family, and Solidarity.

Do not miss our March concerts !

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On the 3rd of March, come and rock with Fortune and Wax Tailor, in Blue Frog for one very groovy evening! Fortune is a French Indie, power pop band fed with classic rock influences but also rock bands from the 60’s such as the Zombies, Love, or even Michael Jackson. Based in Paris, they sing in English and just released their first album, Staring at the ice melt. And according to the French press, it could be already a hit. In the other hand, the trip-hop/hip-hop artist and producer Wax Tailor already released his third album, “In the Mood for Life”, written in both Paris and New York City, an organic landscape with orchestral accents. Taking its cues from Soul, Funk, Hip-Hop or 60’s Pop Music, this is one eagerly awaited 52 minute journey. His first album Tales of the Forgotten Melodies drew comparisons to the likes of RJD2, Portishead and DJ Shadow, while his second “Hope & Sorrow” (80 000 sold worldwide) landed him a nomination at the prestigious Victoires de la Musique, as well as the US Indie Awards. Wax Tailor is coming off a year which saw him tour relentlessly (over 200 concerts) and score the title track for the movie Paris by Cedric Klapisch as well as a few remixes (Nina Simone, ASA). Impressions Mar-May 2011 21


Watch (Out)

Francophonie Afin de célébrer le mois de la Francophonie, l’Alliance Française de Bombay, comme chaque année, propose une série de manifestations autour de la langue française et la francophonie. Invitée d’honneur en 2011 dans les Alliances françaises d’Inde, l’écrivaine Ananda Devi participera à deux conférences organisées par l’Alliance Française de Bombay en collaboration avec l’Université de Mumbai, le groupe de recherche de l’Université sur la diaspora indienne et le Cercle littéraire. Le 14 mars, Ananda Devi interviendra en français sur la littérature et la francophonie auprès des étudiants de l’Université et le 16 mars, une rencontre ouverte à tous les membres de l’Alliance Française aura lieu au Cercle littéraire.

Le saviez-vous ? Onésime Reclus est l’inventeur du mot “francophonie” Frère d’Elisée Reclus, lui aussi géographe, Onésime Reclus (1837-1916) est né à Orthez, dans une famille protestante du Béarn, d’un père pasteur. C’est sous sa plume qu’apparaît le mot “francophonie” vers 1880, dans le cadre de sa réflexion sur le destin colonial français. Ce dernier lui paraît être la meilleure réponse de la France au jeu des forces à l’œuvre dans le monde en cette fin du XIXe siècle et dans lequel le facteur linguistique est pour lui essentiel. Décrivant admirativement les caractéristiques géographiques de son pays, “le plus beau royaume sous le ciel”, l’œuvre d’Onésime Reclus est également politique. En effet, s’il analyse la géographie de la France, il se fait aussi l’ardent promoteur de l’aventure coloniale française, notamment en Afrique. Source : Les Dossiers de la Documentation française

Myriam Awadi : artiste-brodeuse Myriam Awadi (galerie Béatrice Binoche) a été invitée à Mumbai pour une résidence dans les ateliers de Space 118, en collaboration avec la compagnie d’art management What about art?. Ce projet s’inscrit dans la continuité des événements de l’année de la France en Inde et plus particulièrement l’exposition itinérante, la Réunion Terre Offshore, montée par la commissaire d’exposition Francine Méoule et présentant plusieurs artistes de la galerie Béatrice Binoche. Il s’agit du premier voyage de Myriam en Inde. Son travail s’appuie sur plusieurs médiums, l’écriture, le dessin, la porcelaine et la vidéo.

Quels sont les projets que vous avez développés ici ? Dans le contexte de la résidence, cela s’articulait autour de la pratique de la broderie. J’aime ce type de pratique artisanale qui renvoie au textile, à l’habillement. Ce qui m’intéresse le plus finalement dans ces pratiques, c’est le sens, les métaphores qu’elle 22 Impressions Mar-May 2011

portent en elles: la construction du langage, d’une narration, l’idée d’un espace fictionnel qui prend forme avec l’aiguille et le fil (d’Ariane). Cela était déjà présent dans mon travail et plus particulièrement dans mes dessins.

Quels sont les liens entre artistes de la Réunion, culture francophone et culture indienne? Outre le lien historique (après l’abolition de l’esclavage ce sont des Indiens qui ont remplacé les esclaves, “les engagés”) le lien culturel demeure. Nous avons sur notre île des temples hindous, certaines cérémonies (dipavali (diwali), la marche sur le feu...)qui, avec les milliers de kilomètres de distance se sont quelques peu transformées. Il y a également cette même capacité à intégrer diverses cultures. L’ église de Mount Mary à Bandra est un superbe exemple, le Christ aux colliers de fleurs, les ex voto en cire à l’effigie des rickshaws, et la pancarte invitant les personnes à entrer dans l’église avec leurs chaussures. Nous avons également ce genre de syncrétisme à la Réunion, mélangeant les rituels chrétiens, hindous et vaudous. Pour ce qui est des artistes, je ne saurais pas dire s’il y a un lien, particulièrement parce que je ne suis pas sure que l’art soit identitaire. Une journaliste à Mumbai m’a dit qu’elle trouvait mon travail très “français”. Je ne sais pas ce que cela veut dire, d’autant plus que je suis franco-comorienne et que je vis depuis des années à la Réunion. Mais j’aime le concept développé par un artiste réunionnais, Thierry Fontaine, qui a dit que chaque homme est une île. Aujourd’hui, comme l’annonçait Edouard Glissant, notre monde se “créolise”.

Reviendriez-vous en Inde et où? Oui mais je souhaiterais y séjourner plus longtemps, dans des lieux que je n’ai pas eu l’occasion de découvrir. Je pense au Kutch pour le travail de broderie, Madras pour le textile également, Calcutta car on m’a dit que c’était une ville très culturelle... et Mumbai : j’aime cette ville, j’aime son énergie. Jeune, débordante, fourmillante, bruyante, chaotique. Je ne peux plus m’en séparer!


Photo Credit: Helie / Gallimard

Watch (Out)

Ananda Devi, par Mangala Shirdeshpande, Professeur adjointe, Département du Français, Université de Mumbai. Auteure indo-mauricienne, Ananda Devi est aujourd’hui l’une des romancières d’expression française les plus importantes. Son œuvre traversée par une réflexion profonde sur la condition féminine plonge ses racines dans la culture indienne et dans l’âme de Maurice pour mieux tendre vers l’universel. Ananda Devi est une des romancières les plus en vue de l’océan Indien. Née en 1957 à l’île Maurice dans une famille d’origine indienne, elle a commencé à écrire dès l’adolescence. Son œuvre littéraire internationalement reconnue compte dix romans, un recueil de poèmes et plusieurs nouvelles est profondément ancrée dans le milieu culturel mauricien, un milieu composite et pluriel. La femme est au centre de son univers romanesque. Toutes ses héroïnes courageuses et torturées vivent leur destin de femme avec une intensité douloureuse. D’un roman à l’autre Ananda Devi dénonce inlassablement toutes les stratégies de domination masculine dans une société patriarcale faite par les hommes pour les hommes. Son éloquente revendication des droits de la femme ne s’inscrit pas seulement dans la société indo-mauricienne mais dans le monde entier. Dans les romans comme Rue la Poudrière, Pagli, Moi l’Interdite, Le sari vert -pour ne citer que quelques titres -elle décrit la souffrance infligée à la femme.

Chez Ananda Devi, l’élan de l’écriture se confond avec l’admiration exaltée qu’elle ressent pour la nature. L’île Maurice est donc le centre de son inspiration mais, à partir d’un lieu véritable, elle tente toujours de toucher à des préoccupations universelles. On pense en la lisant à cette belle phrase d’Alejo Carpentier : « Atteindre l’universel dans les entrailles du local ». Ananda Devi est très attachée à l’Inde. La culture indienne vit intensément en elle et sous-tend tous ses écrits. C’est dans la “ grande tradition” sanskrite, dans le Ramayana et le Mahabharata qui sont à ses yeux des textes fondateurs de la civilisation humaine tout comme L’Odyssée et de la Divine Comédie qu’elle trouve une source inépuisable d’inspiration. Cet intertexte passionnant fait sentir au lecteur indien l’écho des épopées ainsi que des éléments empruntés aux mythes et aux légendes de l’Inde. Ananda Devi a choisi d’écrire en français mais ses romans et ses nouvelles intègrent avec un rare bonheur le créole et le hindi. Son style lyrique et pénétrant offre à la langue française de nouvelles dimensions culturelles et linguistiques. Elle a réinventé le français en l’enrichissant. (Texte publié pour la première fois dans Impressions N 112) Impressions Mar-May 2011 23


France en Bref

L’invention de la solitude par Julie Van Rechem DR

Chaque année en France est décrétée une grande cause nationale visant à mettre sur le devant de la scène un enjeu prétendu « de société ». L’occasion de mettre un coup de projecteur sur des faits de violence sociale, réelle ou symbolique : et 2011 sera consacrée à la solitude. Concrètement, l’Etat, les collectivités, les associations voire les entreprises font alors un état des lieux de la situation et des solutions mises en place par la société civile et l’Etat, qui débloque parfois des fonds. Mais il ne faut pas se leurrer : c’est également une très bonne stratégie politique pour se montrer « plus proche » d’un peuple quand le déficit de dialogue démocratique s’accroît… Difficile de prendre son parti donc, tant les initiatives individuelles et associatives sont pleines de bonne foi, utiles, tant les médias et le gouvernement multiplient les mises en scène larmoyantes. Les grandes causes en France, c’est naviguer entre les bons sentiments et la manipulation. Et la solitude, grande cause nationale française en 2011, n’y a pas échappé… Le rapport de la Fondation de France sur le sujet tombe dans le panneau dès la première ligne : « nous avions tiré une leçon de la canicule de 2003: les personnes âgées n’étaient pas mortes de chaud mais d’isolement ». S’il avait fait seulement 20°, elles seraient donc mortes tout de même ? Bien sûr que non. La cause, même bonne, est manipulée. Heureusement, le reste de l’étude est intéressant pour le tableau qu’il dresse de la société française actuelle : 9% des Français sont isolés, 11% se sentent isolés et 23% sont dans une situation de risque d’exclusion. Les causes ? Non pas l’âge, mais les ruptures familiales et professionnelles, et la dépendance envers un seul réseau de socialisation. Et le véritable facteur, aggravant ceux déjà présents, la pauvreté : plus on est pauvre, plus on est isolé, plus on risque de l’être et de le rester. Pour être riche de ses amis, il faut donc en France avoir les moyens d’aller leur rendre visite, d’avoir des loisirs, de payer ses communications. Vu de l’étranger, vu de surcroît d’un pays tel que l’Inde où les réseaux semblent omniprésents jusqu’à en être étouffants, la question de la solitude prend un autre aspect. En Inde, être seul est quelque chose d’impossible. La foule qui se masse partout, et l’emprise de la famille, des clubs et associations, du travail, des domestiques font qu’il est rare d’avoir une minute de réelle solitude. Dire qu’elle manque est une litote : on la 24 Impressions Mar-May 2011

Serusier / Solitude

cherche désespérément même ! Quand on voyage, quand on est une femme encore plus, c’est sans doute là que l’on atteint la distinction principale entre la conception de la solitude en France et celle en Inde : si, aux questions nombreuses et pressantes de vos covoyageurs, vous répondez que vous n’êtes pas mariée et que vous ne vivez pas chez vos parents, c’est l’incompréhension. Et si vous dites voyager seule parce que vous aimez être seule, vous attirez des regards éberlués, et vos voisins n’auront de cesse alors de vous tenir compagnie pendant le voyage, vous parlant au milieu de votre lecture, vous proposant nourriture et musique, ne vous laissant pas une minute… seule. Il faut combler le vide et le silence, car les seules personnes réellement isolées en Inde sont les ermites, les mystiques… et les fous. La solitude en France, telle qu’elle est abordée dans cette campagne, n’est pas concrète : l’étude montre bien qu’il s’agit d’une solitude humaine, de ces gens en couple qui ne se parlent plus, de ces gens qui travaillent sans que personne de leur équipe


France en Bref ne s’intéresse à eux, de ces gens qui ne parviennent plus à se sentir utiles et intéressants tout en étant parfois entourés.

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Ce même isolement existe bien évidemment en Inde, mais il est ignoré ou passé sous silence. Au pays du milliard d’habitants, la solitude prend une autre valeur : l’isolement, effectif et ressenti, est tout aussi réel en Inde qu’en France. C’est celui de ces milliers et millions de femmes dont le mari a émigré aux Emirats ou au Canada, et qui organisent leur vie d’épouses et de mères sans mari. C’est l’isolement des personnes âgées pauvres, quoiqu’on

en dise il n’y a pas que les Occidentaux qui « abandonnent » leurs « vieux », dans les hospices ou dans les rues. La solitude traverse la littérature indienne et le cinéma. L ’incompris ou le déraciné y sont aussi présents que dans la culture occidentale. Presque tous les personnages des romans de Rohinton Mistry, sont seuls, quoique entourés, tout comme le personnage de Chand, juste mariée, dans le film Videsh de Deepa Mehta. Une grande cause donc, qui a des résonances en France comme en Inde, et qui mériterait sans doute qu’on s’y attelle réellement, bien plus longtemps qu’une année…

भारत व फ्रान्स मधील ‘एकटेपणा’ची समस्या - Julie Van Rechem

फ्रान्स मध्ये दर वर्षी एखाद्या गंभीर सामाजिक विषयावर विचार केला जातो व त्याच्या निर्मुलनासाठी प्रयत्न केले जातात. सरकार, विविध संस्था, उद्योगसमूह इत्यादी ती समस्या दूर करण्याकरिता आर्थिक व अन्य मदतीची पावले उचलतात. २०११ साल चा विषय आहे ‘एकटेपणा’. एकांत ही आज खरोखरच एक गंभीर समस्या झाली आहे - फ्रान्स फाउंडेशनच्या एका रीपोर्ट प्रमाणे २००३ मधील उष्णतेच्या लाटेमुळे अनेक वृद्ध निधन पावले. याचे मुख्य कारण उष्णते बरोबरच एकटेपणा ही होते. आज फ्रान्स मधील एकटेपणाच्या कारणांमध्ये फक्त वयच नव्हे तर विभक्त कुटुंब पद्धती, नोकरीमुळे विखुरले गेलेले आयुष्य, व एकाच ठराविक सामाजिक पद्धतीवर अवलम्बत्व ही देखील आहेत. पण दारिद्र्य हे मात्र सर्वात प्रमुख कारण आहे आणि एकटेपणा ही समस्या तीव्र करण्यात दारिद्र्याचा मोठा वाटा आहे. भारतासारख्या गजबजलेल्या देशात जरी एकांत अशक्य वाटत असला तरीही एकटेपणा मात्र अनेकांच्या वाट्यास येतोच. भारतीय सामाजिक व्यवस्थे मध्ये फक्त साधू-संत किंवा मानसिक रुग्णांनाच खरा एकांतवास लाभू शकतो. असे असूनही अनेक जण एकटेपणाचे शिकार आहेत. या संशोधनात अभ्यासला गेलेला एकटेपणा फ्रान्स मध्ये अनेक रूपात दिसून येतो; जसे अनेक जोडपी ज्यांच्यात काहीच सुसंवाद होत नाही, कामाच्या ठिकाणी दुर्लक्षीत झालेले लोक, तसेच लोकांबरोबर राहून सुद्धा स्वतः बद्दल कमीपणाची भावना जोपासणारे लोक. याच एकटेपणाची रूपे भारतातही दिसतात, पण त्याची दखल क्वचितच घेतली जाते, व कोणी त्याबद्दल बोलतही नाही. अनेक महिला, ज्यांचे पती कामानिमित्त परदेशात राहतात, त्या कौटुंबिक जबाबदाऱ्या अशाच प्रकारच्या एकटेपणाला तोंड देत पार पाडत आहेत. भारतातील वृद्ध कुटुंबात राहून सुद्धा एकटेपणा सोसत आहेत. आणि म्हणूनच भारतीय साहित्यिक सुद्धा आता त्यांच्या लिखाणातून याच एकटेपणाचे दर्शन घडवू लागले आहेत. ही समस्या दोन्ही देशांमध्ये तितकीच गंभीर आहे, आणि या समस्येचे निर्मुलन करण्यासाठी फक्त एक वर्ष अपुरे आहे.

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Discovery

Do you do you Saint-Tropez? To those familiar with old French comedies such as Le Gendarme de Saint-Tropez, the punchy “Do you do you Saint-Tropez” will remind you of the scenic views of Saint-Tropez coasts and beaches, the picturesque village of 5600 inhabitants, the gendarmerie and of course, the funny Louis de Funès. Today, Saint-Tropez is host to 5 million tourists every summer and remains the place to be seen for the rich and powerful. Easily reachable from the Nice airport (frequent flights from India through Dubai or London), Saint-Tropez is a dream village : busy and happening with many parties and fancy events through the summer, quieter and relaxing during spring and autumn. Saint-Tropez is a myth everyone dreams about. The village remains the unavoidable destination for famous people, lovers of the sea, history, art and heritage enthusiasts. A quality-filled calender with word famous events running all year round, contribute to building the town’s legend. Follow the colourful alleys, the Provençal market where you will find all the local products which have made the reputation of the village, the XVIth Century Citadel and the famous Annonciade Museum. The coastal path, visiting the wine domains of the peninsula and the hill-top villages of Ramatuelle and Gassin are also original ideas for trips.

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Saint-Tropez’ delicacies: Nougat from Sénéquier This delicious confectionery made with honey and pistachio nuts, has asserted the reputation of the Sénéquier name.

The “Tropezian tart” “Often copied but never quite the same” was Alfred Micka’s motto, referring to the pastry he created and which true recipe still remains secret. It is made of a thick layer of feather light cream wedged between 2 orange blossom flavoured layers of sponge cake covered with sugar grains.

The “Câlin” of Saint-Tropez This is the latest sweet treat, cooked in the true Provençal tradition by an old Tropezian family, the Zerbone’s; now handmade by Henri Roubaud a famous confectioner. Together they have blended almond paste and honey with a touch of mint.

Tropezian sandals For 80 years now, the Rondini firm, has sold its wares in SaintTropez. These leather strapped sandal’s suppleness and resistance, their sober design and the constant professional care


Discovery given to the production explain why the Rondini family has been and remains “the” sandal makers, drawing customers from all over the world. Sandals are still hand made, one by one in the small workshop behind the boutique.

Famous French artists in Saint-Tropez “If things I love were for sale, I’d have been bankrupt long ago… For I love water, the sun and love” Pablo Picasso (1881-1973)

Allard’s descendant, Henri Prévost-Allard, deputy mayor of SaintTropez is very close to India and still today contributes to revive the links between the past and present. His family is in SaintTropez and he often visits the grave of Pan Dei. Currently the French gentleman, who sports a moustache like his ancestor, is writing the script for an upcoming film on his ancestor.

BB for Brigitte Bardot It is at the end of the XIXth century that, following the steps of painter Paul Signac, today’s famous painters such as Francis Picabia, Charles Camoin, Maximilien Luce, or Henri Matisse arrived in Saint-Tropez. Little by little, other artists and intellectuals discovered the village with them. Thanks to its unique light, Saint-Tropez became the birthplace of pictorial avant-garde: pointillists, Nabis and Fauvists. Picasso was an important visitor of the village. In 1951, Picasso and his companion at the time, Geneviève Laporte, visited their poet friend Paul Eluard (1895-1952) who had a flat on the old harbour. Picasso had been friends with him since a long time. Picasso rented a house in la Rue des Bouchoniers that became his studio. There he drew the famous Odalisque. This nude representing Geneviève Laporte is different from his other sketches. It resembles no other portrait painted by the Master, no torn or distorted face, Geneviève’s face appears serene and balanced. The features underline a sensuous, shy and pure rhythm. With his Odalisque Picasso signed his love affair with Geneviève Laporte. The drawing is exhibited at the Picasso Museum in Paris.

A love story between a French general and an Indian princess India and Saint-Tropez share also some history. The famous General Allard of Saint-Tropez born March 9th, 1785 was a Napoleon officer. After the Waterloo Battle, he visited Persia and then India where he served under the Maharajah Sikh Randjit Singh, sovereign of the Lahore empire (then Punjab and today Pakistan), in order to modernize his army following Napoleon’s example. He married the radjah of Chamba’s daughter, Bannu Pan Deï. He brought his family back to Saint-Tropez and returned to Punjab after being named Legate of France under his Majesty Randjit Singh by King Louis Philippe. He died beneath the walls of Peshawar on 21st January 1789. He was buried in the gardens of his palace in Lahore, in the tomb he had constructed for two of his children who had died prematurely. Upon his death Pan Deï, who was a Hindu, converted to Catholicism in order to join him in the other life, reaffirming the deep love they had for each other.

Brigitte Bardot also known as B.B was a model and actress and a legendary French beauty who was born in Paris in 1934. She lives in Saint-Tropez, in a villa that was once famous for paparazzi and crazy parties. She started her acting career in 1952 and, after appearing in 16 films, became world-famous due to her role in her then-husband Roger Vadim’s controversial film And God Created Woman. She later starred in Jean-Luc Godard’s 1963 cult film, Contempt. Brigitte’s explosive sexuality took the US by storm, and the effect she had on millions of American men. She caught the attention of French intellectuals. She was the subject of Simone de Beauvoir’s 1959 essay, The Lolita Syndrome, which described Bardot as a “locomotive of women’s history” and built upon existentialist themes to declare her the first and most liberated woman of post-war France. Just before she turned 40, Brigitte retired from (1973). Bardot has been known for her tantrums as well as her generosity. After her career in films, she became a staunch spokesperson for animal rights and started the “Foundation Brigitte Bardot” dedicated solely to that cause. She decided to stop her appearances in public and medias after the release of her book, who brought on her a lot of criticism related to some of its content judged as racist and homophobic. However, till date, she remains the iconic blonde beauty as well as the ideal sensual French girl in many men’ fantasies.

India year in Saint-Tropez in 2012 The city of Saint-Tropez is looking to host its first Indian festival in 2012. Mr. Henri Prévost-Allard, deputy mayor, Saint Tropez and Mr. Claude Manigliasco, director, Saint-Tropez Tourisme, were in India the week of 22nd - 29th November 2010 to introduce 2012, The year of India at Saint-Tropez and propose to local partners to collaborate on the project. Saint-Tropez will honor India with a number of sports and cultural events - Polo competitions between France and India, golf tournaments, exhibitions of Indian artists, concerts, dance shows, film projections, gastronomic events, fashion shows to name a few. The town council is also working on creating an Annual Indian Film Festival in Saint-Tropez just before the Cannes Film festival which will be professional with also projections for the public.

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Photo Credit: AF Hongkong

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L’Alliance Française de Hong Kong par Gérard Henry, rédacteur en chef de Paroles, magazine de l’Alliance Française de Hong-Kong L’Alliance Française de Hong Kong a, depuis sa naissance en 1953, toujours été au centre de la vie culturelle hongkongaise. A sa création très modeste, mais plantée dans le terrain fertile du Hong Kong de l’après-guerre, elle s’est développée au rythme de la cité, en épousant les périodes prospères aussi bien que les plus difficiles, connaissant tour à tour des phases de développement et de récession, extrêmement sensible à la situation politique ou économique de Hong Kong, situé à la porte de la Chine continentale mais jouant d’une totale liberté d’expression. Installée sur deux sites, l’île de Hong Kong et la péninsule de Kowloon, l’Alliance Française accueille aujourd’hui plus de 6000 étudiants. Mais à côté de cette activité primordiale d’enseignement du français, elle est aussi depuis ses débuts un centre d’échanges culturels entre les diverses communautés, travaillant avec de nombreuses institutions locales. Elle organise à Hong Kong, des événements culturels dans tous les domaines de l’art : danse, cinéma, vidéo, arts visuels, littérature et poésie. C’est cependant en cinéma que son activité a eu le plus d’influence : dès 1953 elle créa le premier festival de films étrangers à Hong Kong avec notamment en ouverture Les vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati. Attirant les jeunes critiques de cinéma et 28 Impressions Mar-May 2011

réalisateurs hongkongais, elle introduisit par la suite au public hongkongais toute la Nouvelle Vague du cinéma français. Son festival de cinéma français ininterrompu depuis le début des années 1970, le French Cinepanorama, fêtera à l’automne 2011 son quarantième anniversaire. L’édition 2010 (26 novembre au 12 décembre) a été particulièrement remarquée. Avec une sélection de 42 longs métrages inédits à Hong Kong, 30 sortis en France au cours de l’année 2010 dont 15 programmés au festival de Cannes, l’intégrale de l’œuvre cinématographique de Pierre Etaix et une rétrospective de Olivier Assayas, le festival a enregistré cette année une augmentation de sa fréquentation atteignant 11 000 spectateurs. Il a accueilli Ludivine Seigner, Olivier Assayas et deux des actrices-artistes de scène de Tournée de Matthieu Almaric. Travaillant avec les partenaires locaux, Il est devenu au fil des ans un véritable outil promotionnel tant pour les professionnels du secteur que les distributeurs hongkongais. Le cinéma n’est toute fois pas son seul domaine d’intervention, en 1993, l’Alliance française a mis en place en Association avec le Consulat général de France un grand Festival Multi Arts, Le French May, qui est devenu l’un des plus importants festivals de Hong Kong. Il couvre la musique, les arts visuels et les arts de la scène (danse, musique, nouveau cirque) et présente chaque année en mai une trentaine de programmes différents. L’Alliance


Photo Credit: AF Hongkong

Af du monde

reste partenaire dans cette programmation et met l’accent de préférence sur l’art contemporain, les musiques actuelles, les arts de la scène tels que la danse contemporaine, le nouveau cirque ou le Hip Hop. Autre domaine, celui de la littérature, romanciers, poètes, auteurs de BD, qui sont accueillis dans la Médiathèque installée dans le centre de Kowloon. Elle a reçu l’année dernière Camille Laurens, Marie Laberge, Marc Delhouze, Michel Houellebecq…Elle coorganise également la Fête de la Francophonie et la Fête de la Musique, rendez-vous réguliers de l’année culturelle.

Photo Credit: AF Hongkong

Photo Credit: AF Hongkong

Ces activités culturelles sont aussi soutenues par un magazine culturel bilingue français-chinois, créé en 1972 sous le nom de Journal de Hong Kong et rebaptisé Paroles en 1981. Il joue depuis 39 ans un rôle de plate-forme d’échanges entre les deux communautés française et chinoise. Tiré sur papier à 5000 exemplaires, il est également en ligne sur le site de l’Alliance Française. Pour l’année en cours, l’Alliance Française de Hong Kong prévoit une grande exposition en art contemporain avec l’artiste français Philippe Ramette en mai et compte faire du quarantième anniversaire du French Cinepanorama, en fin de cette année un événement exceptionnel à Hong Kong.

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Unbelievable The Art Story

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The Art Story

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Contemporary Indian art is all over us. In Mumbai cultural festivals, in galleries of course, but also in France, in the UK or the USA. The presence of Anish Kapoor at Monumenta 2011(P32) is not just a coincidence. The art fraternity is very much aware of the new power of young upcoming artists from India who will be under the spotlights in France (P33 and P41) this year. As Indian tribal art is now on the front scene (P35) we also read about the old masters (P38) and discover some tips about buying art and how to understand the art market (P 43). French professionals try their bits in the Indian scene as well (P45) and innovative Indians and French art lovers introduce art to a more democratic space (P47).

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The Art Story

Le phénomène Anish Kapoor Après Londres, New-Delhi et Mumbai, Anish Kapoor sera désormais à Paris, exposé au Grand-Palais, en tant qu’artiste phare de Monumenta, du 11 mai au 23 juin 2011. A Mumbai, c’est dans les célèbres Mehboob Studios à Bandra qu’Anish Kapoor a fait sensation. Pour une fois, ce n’est pas une star du grand écran qui a envahi l’énorme hangar en béton à l’entrée des studios mais une vedette des arts plastiques, bouleversant perceptions visuelles et auditives. Anish Kapoor aime perturber les sens. Des miroirs concaves, convexes, en forme de L ou de S ont accueilli le visiteur, déformé, étiré, retourné, dans un parcours bref et interrogateur.

concrete or fatty wax, are moulded by the artist to create the celebrated works we know so well today. Following his homecoming to India, Paris will be seeing Kapoor’s return after 30 long years. A.S See also : http://www.monumenta.com/

Né à Bombay en 1954, Anish Kapoor arrive en Angleterre en 1972. Ses premières œuvres étaient recouvertes, en totalité et sur le sol environnant, de poudres de pigments divers, pratique inspirée des épices colorées sur les marchés et les temples en Inde. Depuis la fin des années 1990, Kapoor a produit un grand nombre d’œuvres gigantesques comme Taratantara (1999), et Marsyas (2002) une œuvre d’acier et de PVC installée dans la salle des turbines de la Tate Modern. Une arche de pierre de Kapoor est en résidence permanente sur les rives du lac de Lodingen dans le nord de la Norvège. En 2004, Cloud Gate, une sculpture d’acier inoxydable d’environ 100 tonnes a été inaugurée au Millennium Park de Chicago. Kapoor collabore également avec des artistes du spectacle vivant, tels que le danseur contemporain Akram Khan pour lequel il a réalisé les décors de quelques chorégraphies. Les travaux d’Anish Kapoor sont désormais de plus en plus à la frontière entre l’art et l’architecture comme le montre son investissement dans l’élaboration du design d’une station du métro de Naples en Italie. C.C Voir aussi www.anishkapoor.com

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Dans un coin trône une chaise électrique couverte de cire rouge (ou est-ce une guillotine ?) et à l’opposé, un canon tire avec fracas à intervalles réguliers, des blocs de cire rouge sang contre le mur, où dégouline la matière.

Svayambh, 2007

Do not miss Monumenta 2011

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Every year a leading international contemporary artist is invited by the French Ministry of Culture and Communication to create an entirely new work that defies the 13,500 m² Nave of the Grand Palais in the heart of Paris. After housing the works of Anselm Kiefer, Richard Serra and Christian Boltanski, in its fourth edition this 2011, Monumenta challenges Anish Kapoor to a show of skills. Over the past three decades, Anish Kapoor has been producing oeuvres worthy of contemplation time and again. Using the lessis- more principle, his installation- sculptures evoke a response from the viewer- be it fascination or repulsion, there is an undeniable element of magnetism. The gamut of materials used which include polished mirrors, powdered pigments, unsurfaced Orifices

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L’art contemporain aux couleurs indiennes Une fois de plus, Beaubourg prend le chemin de l’Inde. Après le festival de cinéma « Vous avez dit Bollywood ? » (2004) le Centre Georges Pompidou affiche « Paris, Delhi, Bombay… » du 25 mai au 19 septembre. Paris, Delhi, Bombay... est une exposition qui fait dialoguer art et société, qui met en résonance, les visions du monde de deux pays – l’Inde et la France – à travers le prisme de l’art contemporain. Comment l’Inde est-elle perçue par les artistes indiens et, parallèlement, par les artistes français? Qu’est-ce que le bonheur, à l’heure du calcul de «l’indice de bonheur global» du prix Nobel d’économie Amartya Sen? Qu’estce que le travail, à l’heure de la mondialisation et de l’essor des nouvelles puissances économiques? Que devient le rapport à la religion, tandis que montent les intégrismes ? Comment appréhender les enjeux de la croissance urbaine? La violence? L’amour? La place des femmes ? À ces questions, l’exposition tente d’apporter des réponses selon un double regard, indien et français, en soulignant à la fois leurs oppositions et leurs convergences.

Courtesy de l’artiste © Iris Dreams, Bombay

Des historiens de l’art, des commissaires indiens de renom ainsi que des sociologues, des politologues, des philosophes, des anthropologues des deux pays ont été consultés et ont travaillé

ensemble pour participer à l’élaboration de cette exposition en nourrissant le travail et la réflexion des artistes. Un important travail résultant de plusieurs années de recherches et d’échanges d’idées a ainsi été mené lors de rencontres organisées en Inde et en France afin de fournir des repères et des clefs aux visiteurs sous la forme de documents écrits, sonores et audiovisuels. En parallèle de l’exposition, une importante programmation de conférences, spectacles et projections audiovisuelles permet d’approfondir les différents thèmes de l’exposition. Un catalogue de 384 pages est publié aux Éditions du Centre Pompidou sous la direction de Sophie Duplaix et Fabrice Bousteau, commissaires de l’exposition. Voir également : http://www.centrepompidou.fr . Lire aussi les portraits d’artistes P39. Source : Beaux-Arts Magazine, Centre Pompidou

Indian Highway, MAC Lyon Après Londres (Serpentine Gallery) Oslo (Astrup Fearnley Museet) et Herning (Museum of contemporary art), Indian Highway s’installe 5 mois et demi à Lyon. L’exposition Indian Highway IV s’étend sur 2 étages de 1 000 m2 chacun et présente les œuvres de 31 artistes. Les étapes suivantes conduiront Indian Highway à Rome, puis à Moscou, Singapour, Hong Kong, São Paulo et Delhi. À l’origine conçue par Julia Peyton-Jones, Hans-Ulrich Obrist et Gunnar B. Kvaran pour la Serpentine Gallery (Londres) et Astrup (Oslo), l’exposition, répondant à une nouvelle économie artistique mondiale, sera finalement réinterprétée dans sa diversité par plus de 10 commissaires successifs à partir du projet initial. « Work in Progress » permanent dont chacune des incarnations locales aura été différente, Indian Highway n’offrira une image complète qu’à l’issue de la totalité de son itinéraire et de ses multiples interprétations. Pour Indian Highway IV, l’étape lyonnaise, Thierry Raspail propose à Studio Mumbai de réaliser une exposition dans l’exposition. L’architecte Bijoy Jain de Studio Mumbai s’associe à l’artiste Michael Anastassiades pour une installation inédite.

Jitish Kallat, Autosaurus Tripous, 2007 Résine, peinture, acier, laiton 259 x 135 x 168 cm

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credits: musée du Quai Branly

The Art Story Le titre Indian Highway reflète l’importance que revêtent aujourd’hui les flux migratoires, l’impact des mouvements de pensée et l’importance des liens entre communautés rurales et urbaines. Certaines œuvres font référence aux « autoroutes de l’information », d’autres expriment l’engagement actuel et les prises de position souvent politiques à l’égard de la société indienne moderne et en pleine mutation, au sein desquelles émergent le genre, le subalterne, le sectarisme religieux, le clanisme et bien sûr la mondialisation. Claire Chevrier, photographies | Images indiennes

Du 11 décembre 2010 au 1er mai 2011 Premier épisode d’un nouveau cycle d’expositions, Connivence 1 présente, sous un titre commun, deux expositions distinctes. Les photographies de Claire Chevrier invitent à regarder Rome et les espaces de représentation, les lieux où la Ville se met en scène... En vis-à-vis, sont exposées les images populaires indiennes collectionnées depuis 2003. Mais, le musée propose, entre elles ou au sein de chacune, des moments de connivence… La connivence se place sur un territoire en Inde. Grâce au regard de l’artiste, elle s’établit d’abord entre les photographies de Claire Chevrier à Mumbai et les images stéréotypées que propagent les feuilles scolaires pour enfants sages… Mais elle s’établit aussi entre les images indiennes des années 1950 et les images populaires européennes de la fin du 19ème siècle, dont les thèmes sont souvent semblables. Une exposition proposée par le Musée de l’Image, la Ville d’Épinal en collaboration avec le festival Namaste France, Paris.

Tribal Art is Back As the Contemporary Indian Art sphere makes room for tribal artists, we are urged to shun the label that defines their identity and accept them as artists in their own right. The advent of the British in India saw the disruption of a livelihood for many tribal artists. In the 1960s the government of India did direct some effort towards resuscitating the lost vibrancy; however productions for the most part fell under the large umbrella of handicraft emporiums thus shadowing the brilliance of real artists. Today though, there is a marked interest that has been blossoming gradually and art galleries like Gallery Chemould, Pundole Art Gallery, Saakshi Gallery, Chatterjee and Lal, ICIA and Devi Art Foundation among others are communicating with some talented tribal artists. Yet, the curators strongly believe that by classifying their art as tribal art, the ability for the artist to develop his own identity is thwarted and he is recognized not by his art but by his community. Hence the term “non-metropolitan” or “vernacular” 34 Impressions Mar-May 2011

Autres maîtres de l’Inde, musée du Quai Branly

art seems more appealing as Annapurna Garimella (curator of the Vernacular in the Contemporary Art exhibit at the Devi Art Foundation) explains that these terms speak of their Indianness yet implies modernity sans globalization thus retaining their soul. Mortimer Chatterjee (of Chatterjee and Lal) adds that the terms acknowledge their allusions to traditional iconography and preserve their connection to the contemporary art sphere. Commenting on the possibility of a certain lost authenticity when a tribal artist makes the transition from traditional to contemporary, Garimella defends them staunchly believing that they as artists are comfortable in their own identity and Chatterjee elaborates that the significance of the iconography changes naturally with the changing times and changing contextual circumstances. Driving home the point was Dadiba Pundole’s exhibition Now that the trees have spoken that featured four Gond artists from Madhya Pradesh (among which was the celebrated Ram Singh Urveti), whose art spoke of the various issues related to the 21st Century. From ecological to political issues- indeed today, the tribes of India are influenced by more than just spirituality, weather gods and magic. But with emporiums sprouting mass produced striking pieces of craft, is it truly possible for the market to be receptive of this growing interest? While Garimella hopes the emerging trend is not a mere fad, Chatterjee believes that their competitive pricing gives them an edge in the market. However, Garimella has faith that the genuine art collectors will always be receptive of these new developments and sees considerable scope for it. Dadiba Pundole assures that one can differentiate a tribal artist from the artisan simply based on the approach and the final product, emphasizing that it is important to present their art in a manner that is not repetitive so that the interest is retained. Unanimously the sentiment echoes- from the evolution of the artists’ identity to the growth of their market, nomenclature just won’t do. Alison Saldanha


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Autres Maîtres de l’Inde Du sacré à l’utile, du beau au fonctionnel, l’exposition du Quai Branly tenue durant l’été 2010 était revenue sur la multiplicité de la création adivasi, et expliquait comment l’artisanat est aussi art contemporain. Reportage à Paris. credits: musée du Quai Branly

tout regardé ce qui s’est développé, qui exprime une transformation, notre postulat étant : comment passer de la tradition à l’art ? » explique M.Mohen. Comme une toile de papier mise dans un cadre est un tableau, un rouleau devient une fresque. Le sens de la visite permet de comprendre cette transition entre la partie plus traditionnelle de l’art adivasi et celle plus contemporaine.

C’est à partir de la méconnaissance et de la sous représentation de la culture aborigène indienne que s’est formé Autres maîtres de l’Inde. « Le monde véhiculé autour d’un objet n’est pas seulement une question de forme ou d’utilité. Il faut avoir cependant quelques clefs pour comprendre la valeur symbolique de l’objet ». Jean-Pierre Mohen, évoque un « coup de foudre » avec la culture adivasi. Celle-ci se meut avec le monde et le temps : Autres maitres de l’Inde présente donc des créations empruntes de traditions et en même temps, tendant vers l’art contemporain. « La tradition n’est pas un produit culturel stable qui serait resté figé dans un contexte historique quelque part dans le monde » soulignait M. Jain à Beaux-Arts magazine. Le manque de connaissance scientifique, d’intérêt ou de moyens, pour les cultures adivasi ont rendu la tâche difficile pour le musée, qui a dû rassembler presque au compte-goutte les pièces de cette exposition grâce à des dons quelques rares institutions (musée Barbier-Mueller, collection Poddar, collection privée Sabatier..). Ainsi, du nord-est indien, où les tribus sont pourtant nombreuses et variées, seuls d’infimes exemples de l’art naga sont présentés. L’art figuratif est aussi celui qui a été privilégié. « Nous avons avant

Dans cette dernière, certaines œuvres ont été créées par des artistes tribaux indiens, parfois pour le besoin de l’exposition. Si l’axe est la création contemporaine, la fabrication demeure dans le village et les techniques souvent ancestrales, parfois légèrement modifiées. Des artistes comme Jangarh Singh Shyam, d’origine Gond, Jivya Soma Mashe (Warli au Maharashtra) sont ainsi mis en valeur. Ce dernier utilise par exemple de la peinture blanche au lieu de la farine de riz traditionnelle pour ses créations. Un autre représente la vie quotidienne du XXIe siècle et ses instruments (portables, télévision, aéroplane) dans une scène villageoise d’aspect traditionnel. Dans d’autres cas, l’exposition se veut protectrice d’un savoir-faire en disparition, comme c’est le cas avec l’art en provenance de l’archipel de Nicobar. « L’acculturation semble aujourd’hui inévitable en Inde pour nombre de ces populations et je pense que le gouvernement indien n’y est pas insensible. On aimerait cependant voir plus d’intérêt, d’attention du public sur ce sujet » déclare Jean-Pierre Mohen. Selon lui, la continuité se traduit avant tout par un mélange de « biologique et de symbole. Comment s’introduit la Beauté dans nos sociétés ? Il existe une dimension sociologique à la beauté, l’artisanat, en parallèle de l’art. Nous avons besoin de ces deux dimensions, et j’espère que cette exposition permet de mieux le comprendre ». Article publié dans son intégralité dans Impressions N 114

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The Art Story

M.F. Hussain

Akbar Padamsee

L’Inde moderne Retour dans le temps : de l’empire britannique à l’Indépendance, l’art indien en mutation. Jusqu’à la seconde moitié du XIXème siècle la technique de la peinture à l’huile sur toile n’était pas connue des artistes indiens. Raja Ravi Varma (1848-1906) a été le premier artiste indien à l’avoir utilisée. Bien que sous l’ère coloniale, les influences occidentales aient commencé à avoir un impact sur l’art indien, les intellectuels et artistes rejetaient des techniques culturellement liées au colon. Au moment de l’Indépendance en 1947, plusieurs écoles d’art indiennes ont fourni un accès aux techniques et idées modernes. Des galeries ont été créées afin de présenter ces artistes.

France (sa femme, Janine Mongillat était une artiste française), où il a choisi de s’installer et où il vit toujours, à Paris. Octogénaire, ses œuvres sont également parmi les plus cotées sur le marché, ainsi sa toile, Rajasthan (1984) fut vendue environ 500 000 euros en 2007. Enfin, V.Viswanadhan, vit lui aussi à Paris depuis 1968. Artiste et cinéaste il est né au Kerala en 1940. Il est l’un des membres-fondateurs du Cholamandal Artists’ Village de Madras et expose dans le monde entier. Source : http://new-design-times.net, Wikipedia, Art Curial C.C

Parmi eux, certains ont développé un style influencé par l’Ooccident au niveau de la composition, de la perspective et du réalisme. D’autres, comme Jamini Roy, se sont consciemment inspirés de l’art populaire.

Parmi ces artistes modernes, beaucoup ont eu (et ont toujours) de tendres relations avec la France. Né en 1928 à Mumbai, Padamsee visita Paris dans les années 50 où il admira les œuvres de Georges Rouault, Henri Matisse et Pablo Picasso. Ces rencontres furent pour lui une révélation et un tournant dans sa vie d’artiste. De même, Sayed Haider Raza a une relation passionnelle avec la 36 Impressions Mar-May 2011

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Le Groupe Progressif d’Artistes (Progressive Artists’ Group), créé peu après l’Indépendance visait à établir une nouvelle façon d’exprimer l’Inde à l’ère postcoloniale. Les fondateurs sont six éminents artistes : K. H. Ara, S. K. Bakre, H. A. Gade, Maqbool Fida Husain, Sayed Haider Raza et Francis Newton Souza. Bien que le groupe ait été dissout en 1956, il a profondément influencé l’évolution de l’art indien. Presque tous les grands artistes d’Inde des années 1950 ont été associés à ce groupe, parmi lesquels Bal Chabda, Vasudeo S. Gaitonde, Krishen Khanna, Ram Kumar, Tyeb Mehta (dont l’une des œuvres s‘est vendue pour 2 millions de dollars) et Akbar Padamsee.

S.H. Raza


The Art Story

They captured Mumbai Mumbai has been a special topic for many contemporary artists in various fields. Sudhir Patwardhan and Mario Miranda might be amongst the most iconic of them. Among the many Contemporary Indian artists, the cartoonist Mario Miranda (some of whose art graces the walls of the iconic Café Mondegar) and Sudhir Patwardhan (with his famous portrayal of the industrial class living on the fringes of society) are the names that hold resonance in capturing the soul of the city. And while a setting sun after three decades can hardly be envisioned on their near horizonthe heat, one can admit, may now be a mellower hue. Padma Bhushan awarded Mario Miranda tends to caricature everything he comes across from the politician to the priest. For the self- taught Goan artist, whose journey began as a child scribbling on walls, Miranda has come a long way. His work has been featured around the world in various exhibitions and he has also rubbed shoulders with the renowned Charles Schultz (creator of Peanuts). Despite his dislike for politics, commenting on it was his “occupational hazard” and thus today, we have characters like Ms. Fonseca permanently etched in the city’s memory. Miranda’s art has even graced the covers of books by the celebrated Dom Moraes, Khushwant Singh, Ruskin Bond etc. and he continues to feature his work in the Economic Times (incidentally the same publication that rejected him at the start of his career) and has recently released a book titled Mario Da Miranda. In 1986, Sudhir Patwardhan’s works were displayed as part of a group exhibition at the Centre Georges Pompidou in Paris and exhibitions of his work continue to captivate around the world. For decades, the self-taught practicing radiologist has been known for his figurative depiction of the city in all its glory including the margins that are often ignored or forgotten. Thus the Thane- based artist’s work remains grounded in a reality that can perhaps only be identified as truth. Now retired from his day job and after years of seeing the Mumbai through a different (and maybe wider) lens, Patwardhan in his recent exhibition Family Fiction at Saakshi Gallery (which will be held from the 5th to the 11th of March in New Delhi) has stepped into the familiar pitch of family ties where he delves deep into the nuances of life at home against the backdrop of the city outside. Here too, he naturally brings in his extraordinary lens… A.S

www.contemporaryindianart.com/sudhir_patwardhan.htm www.sudhirpatwardhan.com Timeout, Jan 7- 20, 2011, vol 7, Issue 10 The Hindu, Monday, Mar 01, 2004 Impressions Mar-May 2011 37


The Art Story

Travellers in India European artists have had a peculiar fascination for India and Orient. Read about some of them who particularly loved and portrayed the country and its people. Marc Riboud, né en 1923 Ce photographe est connu pour son travail sur l’Asie. De 1955 à 1957, il voyagea en Inde puis, en 1957, il fut l’un des premiers Européens à aller en Chine. Il devint le vice-président de Magnum pour l’Europe en 1959. Homme engagé, il témoigna des atrocités de la guerre et du déclin des cultures sous la répression. En 2011, la Maison Européenne de la photographie à Paris (MEP) présente son exposition I comme Image avec notamment de nombreux clichés sur l’Inde. (Source: MEP)

They came and went in the 21st century…

Pierre Sonnerat (1748-1814) Pierre Sonnerat was a French naturalist and explorer who made several voyages to southeast Asia between 1769 and 1781. He published this two-volume account of his voyage of 1774-81 in 1782. Volume 1 deals exclusively with India, whose culture Sonnerat very much admired, and is especially noteworthy for its extended discussion of religion in India, Hinduism in particular. Its title is Voyage aux Indes Orientales et à la Chine, fait par ordre du roi, depuis 1774 jusqu’en 1781. Dans lequel on traite des mœurs de la religion, des sciences & des arts des Indiens, des Chinois, des Pégouins & des Madégasses.

Henri-Cartier Bresson, 1908-2004 Henri Cartier-Bresson’s record of his fascination with India over half a lifetime contains the very best of his photographs of that country. Beginning in 1947 at the time of Independence and produced during six extended visits over a twenty-year period, these beautiful, dramatic images are shaped by an eye and a mind legendary for their intelligent empathy and for going to the heart of the matter. Source: Henri Cartier-Bresson in India, Yves Véquaud

Jean-Baptiste Faivre (1951-1984) Jean-Baptiste Faivre, lui-même artiste, s’est passionné pour l’art des Patuas. On lui doit de nombreuses études sur l’art de ces peintres, conteurs et magiciens du Bengale. Nombres des rouleaux peints provenant de la collection du Musée de l’Homme (aujourd’hui présentés par le Musée du Quai Branly) ont été acquis par Jean-Baptiste Faivre. Une exposition et un catalogue intitulés « Aspects de l’art populaire indien, Jean-Baptiste Faivre et les peintres Santals » (Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie, 1997) retracent son parcours et présente une partie de cette collection.

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Among the many artists who visited Mumbai, some Frenchies decided to stay for a few days to sometimes a couple of months in residencies, workshops or single projects. Julien Malland aka Seth This photo was part of the My Mohalla (My Neighbourhood) project by a children’s media company called Jalebi Ink based in Mumbai. Julien was born in 1972. He holds a diploma from


The Art Story the Ecole national des arts décoratifs and hails from Paris. He has also spent a month in India and particularly in Mumbai to work on the street art practices for a Canal + program called The New Explorers. (http://www.globepainter.com, www.jalebiink.com)

Wolinski The famous French cartoonist had spent a whole week studying Mumbai and its inner world. Associated with famous Paris-Match weekly, Charlie-Hebdo and other well known French magazines, Georges Wolinski, a guest of AFB, had drawn a full account of his journey in Mumbai in Charlie Hebdo in 2008, parts of it were published in Impressions (N105).

Beatrice 2 Fays A guest of Alliance Française de Bombay during the French Touch festival (read Impressions N104), she had proposed an installation where sound and images meet on an interactive screen through which people could touch each other’s at 9000 kms of distance! Through a complicated web process, camera and microphones, one could have the sensation of feeling objects and pointing at the other person’s figure without actually really touching it, but that would be enough to change the visuals on screen. The whole process was part of French Touch and was presented at the Nehru center. Beatrice 2 Fays is today working on another visual installations and plans to come back soon to India.

European publications like Wall Street Journal, Elle, Vogue…. His recent exhibition in Matthieu Foss Gallery draw a lot of attention on his style and choices: portraying the common men, the masses, invariably individualizing them in his own artistic expression of men and their bodies. www.fabienc.com

Julien Mulot Theatre actor and writer Julien Mulot is a known figure of Alliance Française de Bombay where he had presented Stars on earth, in French, English and Hindi, Fabien Charuau a drama-monologue written and staged by him and by director Fanny Gloux.

Leila Tayebaly Leila Tayebaly is a French artist and therapist with Indian origins. Born in NY USA, raised in the Indian Ocean, Paris, London, Beijing and Mumbai, she has travelled around the world to understand the human nature in its global form. Colours attracted her since the age of 3, when she started her first art class. They are now her universal means of communication, a planetary language. She is the founder of the Art Loft (read P45).

Fabien Charuau

Photo Credit: Iza Viola

For the last twelve years Fabien Charuau (born in 1974) has been based in India, working on photo documentaries, photo journalism and portraits. His work has been seen in Indian and

Did you know? The Fondation Louis Vuitton pour les Arts has a special relationship with India. In 2010, during the Bonjour India Festival, the organization had sponsored the Albert Kahn exhibition of autochromes in the Mumbai NGMA. It also displayed very old bags and trunks collected from the Raj time by Indian princes and travelers.

Fabien Charuau

Impressions Mar-May 2011 39


The Art Story

Artistes en vadrouille Parmi les nombreux artistes contemporains indiens désormais plébiscités sur la scène internationale, certains vont être représentés en France lors de deux grandes expositions événements en 2011 à ne pas rater, Indian Highway à Lyon et Paris, Delhi, Bombay…à Beaubourg. Retour sur quelques noms à retenir, dont certains sont déjà familiers à l’Alliance Française de Bombay.

Production Site: Artist’s Studio Inside-Out, Museum of Contemporary Art, Chicago February 2010, Duration 16 hours Curator: Dominic Molon, Costumes: Loise Braganza Photography: Nathan Keay, Museum of Contemporary Art, Chicago

NIKHIL CHOPRA Né en 1974 à Calcutta, Nikhil Chopra est diplômé des beaux-arts de Baroda et du Maryland Institute College of Art de Baltimore. Il vit et travaille à Mumbai. Nikhil Chopra travaille aux frontières du théâtre, de la performance, de la peinture, de la photographie et de la sculpture. Il conçoit des personnages fictifs qui s’appuient sur l’histoire de l’Inde coloniale, mais aussi sur son histoire personnelle. Il incarne ses personnages, en grande partie improvisés, dans des performances qui peuvent durer plusieurs jours. L’artiste leur donne vie grâce à des costumes élaborés, qu’il interchange tout au long pour indiquer la permutation de ses personnages.

RAQS MEDIA COLLECTIVE

Subodh Gupta, Date by Date, 2008 Installation multisupports Dimensions variables Courtesy de l’artiste et Hauser & Wirth Zürich London

SUBODH GUPTA Né en 1964 à Khagaul, Subodh Gupta a étudié au College of Art de Patna. Il vit et travaille à New Delhi. On le surnomme souvent le Damien Hirst de l’Inde. Subodh Gupta utilise des objets emblématiques du quotidien en Inde – ustensiles de cuisine en inox, bicyclettes, scooters, taxis…détournés de leur fonction et de leur statut d’objets communs. Pour Subodh Gupta, ces objets représentent le symbole de l’ascension des classes moyennes et de l’homogénéisation des modes de vie de son pays. Il tente de comprendre comment ces éléments d’une culture construisent à la fois les identités individuelles ou collectives et le corps politique de la nation elle-même. Dans le cadre de l’année de la France en Russie, il a participé à la création du ballet Preljocaj “Suivront mille ans de calme”, qui devrait être présentée à Mumbai à la fin de l’année. 40 Impressions Mar-May 2011

Le collectif Raqs Media est formé en 1992 par Jeebesh Bagchi (né en 1965), Monica Narula (née en 1969) et Shuddhabrata Sengupt (né en 1968) ; tous trois diplômés en Art et Communication de la Jamia Millia Islamia University de New Delhi. Ils vivent et travaillent à Delhi. Raqs Media est un collectif dont on pourrait décrire les membres tour à tour en tant qu’artistes, commissaires (ils étaient co-curateurs de la biennale Manifesta 7 en 2008), chercheurs, rédacteurs. Leur travail les place aux intersections de l’art contemporain, de l’enquête historique, de questionnements philosophiques, de recherches et de théories prenant souvent la forme d’installation, de performances et de rencontres. Ils ont fondé le Sarai Programme (www.sarai.net) au Centre d’étude du développement des sociétés (CSDS) à Delhi. Il est conçu comme un espace de liberté pour développer des contextes transdisciplinaires et collectifs favorisant la créativité.

TEJAL SHAH Tejal Shah est née à Bhilai en 1979, elle est diplômée de l’Art Institut de Chicago et du Bard College de New York. Elle vit et travaille à Mumbai. Tejal Shah utilise la vidéo, la photographie et l’installation. Son œuvre est principalement centrée sur les questions de genre et de sexualité. Ainsi dans la vidéo I Love My


The Art Story India (2003), elle met l’accent sur l’ignorance et le manque de compréhension des crimes perpétrés contre les musulmans au Gujarat en 2002. En 2003, elle co-fonde et organise en Inde « Larzish » le 1er Festival International de Film de la sexualité et de la pluralité des genres.

Ses vidéos interactives, sites Internet, installations, photographies et performances explorent notamment le thème de la terreur - qu’elle soit liée au racisme ou aux intégrismes religieux - de l’obsession sécuritaire, des frontières aliénantes ou des zones de frictions plus ou moins imaginaires entre les individus.

THUKRAL & TAGRA

SARNATH BANERJEE

Jiten Thukral, né à Jalandhar en 1976, est diplômé des beaux-arts du Chandigarh Art College et du New Delhi College of Art. Sumir Tagra, né à New Delhi en 1979, est diplômé des beaux-arts du New Delhi College of Art et de l’Institut National du Design de Ahmedabad. Ils vivent et travaillent à New Delhi. Thukral & Tagra évoluent avec une légèreté ludique entre peinture, vidéo, design graphique, mode et installations complexes, entre apparent dilettantisme et critique forcenée. Grâce à la fondation qu’ils ont créée, et qu’ils considèrent comme partie intégrante de leur activité artistique, ils se préoccupent également de leur responsabilité sociale. Quel que soit le sujet qu’ils traitent (modes actuels de consommation, éducation sur le SIDA, besoins humains primaires…) ils l’intègrent dans un monde de rêve aux couleurs vives ; un monde caractérisé par une alliance rare de haute culture et d’ironie kitsch.

À l’origine biochimiste, Sarnath Banerjee, né en 1972 à Calcutta, rejoint le domaine cinématographique, puis étudie l’art et la communication au Goldsmith College de Londres. Il vit et travaille à Delhi. En 2004, il publie Corridor (édité en France par Vertige graphic), considéré comme le premier graphicnovel indien. L’étonnante maîtrise de ce voyage au cœur d’une Inde moderne a assuré au livre un retentissement mondial. Banerjee écrit en anglais, dans un registre semi-autobiographique. Sa manière graphique s’inspire de la BD européenne, des comics US et des mangas, tout en gardant une identité très personnelle, fortement indienne. En 2006, il est invité au Festival d’Angoulême et en 2007 au Salon du livre de Paris. Artiste complet, Sarnath Banerjee pratique aussi l’installation et le film d’animation.

ASHOK SUKUMARAN & SHAINA ANAND Ashok Sukumaran (né en 1974 au Japon) et Shaina Anand (née en 1975 à Mumbai) ont fondé à Mumbai le collectif CAMP, acronyme changeant constamment de sens. Ils vivent et travaillent à Mumbai. Ashok Sukumaran est architecte et artiste, diplômé de l’école d’Art et d’Architecture de New Delhi et de l’Université Art Media et Design de Los Angeles. L’œuvre d’Ashok Sukumaran explore les liens entre espaces physiques, perception humaine, nouveaux médias et architecture. En 2005, il remporte le premier prix UNESCO des arts numériques consacré au thème « La ville et les médias créatifs »pour son projet Switch, mêlant poésie et pragmatisme. Shaina Anand, la réalisatrice, a créé un projet alternatif nommé Tellavision Project, exposé sur le site web www.chitrakarkhana.net et qui a pour but de documenter des mouvements sociaux et politiques à Mumbai après le 11 septembre.

SHILPA GUPTA Née en 1976 à Mumbai, Shilpa Gupta a étudié la sculpture à la Sir J.J. School of Art de Mumbai. Elle vit et travaille à Mumbai. Shilpa Gupta pose un regard troublant sur la globalisation et ses avancées technologiques dans des installations interactives ou performances publiques qui donnent à l’artiste l’occasion de sonder la religion, l’imaginaire ou la subversion du désir humain.

BHARTI KHER Née en 1969 à Londres, Bharti Kher a étudié à la Middlesex Polytechnic, Cat Hill à Londres et à la Newcastle Polytechnic Art and Design au Royaume-Uni. Elle vit et travaille depuis les années 90 à New Delhi. Bharti Kher puise dans la double identité qui est la sienne, indienne et britannique. Elle place son œuvre au cœur des interstices d’une société organisée en division de classes, de castes et de genres, et qui aspire — sans jamais y parvenir — à une « réelle modernité ». Bharti Kher utilise dans son œuvre le « bindi » comme un motif central qui lui permet d’associer des idées très éloignées, divergentes, un dispositif symbolique possédant une force stylistique, créant ainsi une variété visuelle et autorisant une multiplicité de significations.

BOSE KRISHNAMACHARI Né au Kerala en 1963, Bose Krishnamachari a étudié à la Sir J.J. School of Art de Mumbai. Il vit et travaille (il est aussi commissaire d’exposition et galeriste) à Mumbai où il dirige la galerie BMB. Sa pratique artistique inclut peintures abstraites, dessins, sculptures, photographies et installations multimédia. Impressions Mar-May 2011 41


The Art Story Ces différents modes d’expression convergent tous vers la critique des structures de pouvoir au sein du monde de l’art et plus largement de la société contemporaine indienne. Bose Krishnamachari s’intéresse aussi aux artistes émergents et il est notamment le commissaire général de la première Biennale du Kerala qui doit ouvrir à Kochi (Kochi-Muziris) en janvier 2012.

technologie et culture dans des œuvres et performances qui intègrent souvent des fragments de textes empruntés aux médias, à la publicité, aux films… Il décrit sa pratique par le terme de « fable visuelle ». Il interroge également notre rapport au discours scientifique. Source : MAC Lyon

Many French artists will be showing their work in Beaubourg. Among them, some are internationally acclaimed, some have also worked in India. Let’s have a closer look. KADER ATTIA

JITISH KALLAT

Born 1970 in Dugny (Seine Saint-Denis), Kader Attia grew up in a Paris suburb where the graves of the French royal dynasties are to be found also in an area that saw intercultural conflicts. This has had a decisive impact on his work. Using his own identity which has been defined by several cultures as the starting point, he tackles the increasingly difficult relationship between Europe and immigrants, particularly those of Islamic faith. His photographic work and films portray the smouldering conflicts arising from a history of French colonialism and are characterized by an exceptional attention to detail. Kader Attia was nominated for the Marcel Duchamp Prize in 2005.

Photo Credit: Gilles Barbier

Jitish Kallat est né à Mumbai en 1974, il a étudié la peinture à la Sir J.J. School of Art de Mumbai, où il vit et travaille. Il met en scène des archétypes traditionnels de la culture indienne (éléphants, architectures de temples...), en abordant des problématiques sociales et politiques contemporaines: violence, terrorisme, Sida... Ses titres, écrits comme des textes, confèrent un sens humoristique à ses « objets » et peintures.

GILLES BARBIER Born in 1965 in Vanuatu (South Pacific). Lives and works in Marseilles. Since the early 1990s, Gilles Barbier has shrewdly cast himself as the enfant terrible of France’s contemporary art scene. Mixing mordant humor with provocation, he constructs elaborate fictions of the modern world that expose the many fallacies underlying scientific and philosophical thought.

Abhishek Hazra, Laughing in a Sine Curve, 2008 Vidéo, 4 min 54 Courtesy GALLERYSKE, Bangalore

ABHISHEK HAZRA Né en 1977 à Kolkata, Abhishek Hazra est diplômé de la Srishti School of Art, Design and Technology. Il vit et travaille à Bangalore. Artiste et designer, Abhishek Hazra explore les relations entre 42 Impressions Mar-May 2011

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SOPHIE CALLE Sophie Calle (born 1953) is a French writer, photographer, installation artist, and conceptual artist. Calle’s work is distinguished by its use of arbitrary sets of constraints, and evokes the French literary movement of the 1960s known as Oulipo. Her work frequently depicts human vulnerability, and examines identity and


The Art Story intimacy. She is recognized for her detective-like ability to follow strangers and investigate their private lives. Her photographic work often includes panels of text of her own writing.

sexuality, beauty and many other aspects of the Self. In 2010, ORLAN was made Chevalier de l’Ordre du Mérite by Frederic Mitterrand, French Minister of Culture.

CYPRIEN GAILLARD

GYAN PANCHAL

Photo Credit: Jean-Michel Othoniel

Born in 1964 in St Etienne, he lives in Paris. This artist has a passion for all sorts of metamorphoses, sublimations and transmutations, and materials with reversible properties. In 2000, Othoniel transformed the Palais Royal-Musée du Louvre into the Kiosque des Noctambules: two crowns made of glass and aluminum conceal a bench designed for chance encounters in the sleepy city. His work takes on a variety of forms: drawings, sculptures, photographs, narratives, choreography and video. His streamlined works are steeped in poetry and eroticism. In 2010 Othoniel had made a glass installation, The Precious Stonewall is, during an event organized by the French Embassy, In NewDelhi.

ORLAN

PIERRE ET GILLES Pierre et Gilles, Pierre Commoy and Gilles Blanchard, born in 1949 and 1953, are French artists and romantic partners. They produce highly stylized photographs, building their own sets and costumes as well as retouching the photographs. Their work often features images from popular culture, gay culture including porn (especially James Bidgood), and religion.

SOUNDWALK

Photo Credit: ORLAN

ORLAN was born in 1947 in Saint-Etienne, France. She lives and works between Paris, Los Angeles and New York. ORLAN has been famous since the 70s for her shocking explorations on the body, on the image and the representation of the self. She uses different techniques such as photography, video, sculpture (in resin, marble and inflatable), drawing, installation, performance, biotechnology.... She was the first artist to use surgery as an artistic medium. She questions identity, gender,

Photo Credit: Gyan Panchal

JEANMICHEL OTHONIEL

Born in 1973 in Dinan, he lives in Paris. In residency with the support of Alliance Française de Bombay and the French embassy in India, he worked on textile and recycling issues in Mumbai. One of his work was presented at Project 88 gallery.

Photo Credit: Pierre et Gilles

Between iconoclasm and minimal aesthetics, romanticism and Land Art, the work of Cyprien Gaillard (born in 1980 in Paris, lives and works in Berlin) questions man’s traces in nature. Through sculpture, painting, etching, photography, video, performance and large scale interventions in public space, Gaillard has established himself as a major emerging artist on the international art scene.

Founded in 2000 in New-York, Soundwalk is a collective of artists (founding members are Stephan Crasneanscki, France, Dug Winningham, USA, Simone Merli, Italy, Kamran Sadeghi, Iran) capturing sound. From the deserts of Oman to the open sea of the Mediterranean or the back streets of New-York, they intercept communication, distant songs and the obscure. Soundwalk creates what can be described as audible journeys that retrace our natural, urban and social landscapes. Soundwalk has created work for multi-format releases, live performances and installations. Sources: Artinfo.com, Artinamerica.com, artists galleries, MAC Lyon, Centre Pompidou

Impressions Mar-May 2011 43


The Art Story

Thukral & Tagra, Put it on, 2007 Sous-vêtement Courtesy Thukral & Tagra Studio, New Delhi © David Flores

The art of buying… art Today the Indian art market constitutes less than 1% of the world art market. However, word on the block is- we’re only getting started and there’s a lot to look out for!

you invest in a piece of Art and sell it in the next months, where is the chance for it to mean something and gain significance?” questions curator Annapurna Garimella who believes recession or not, the collectors will always be around the block everreceptive of new trends.

2010 saw the market shaking off the effects of the beating the world wide recession had on Art in India with a renewed vigour. Record breaking sales for the works of S.H. Raza, Bharti Kher, Rabindranath Tagore and Arpita Singh were the starry moments that egged the fiscal art world on. However let’s not forget, in a world market where a large percent is dominated by the West (60%) and a sizable portion by China (13%), India has yet a long way to go.

The last couple of years also witnessed a series of meetings between the Lalit Kala Academy, the ministry of culture and representatives of the industry to initiate projects and cultivate the infrastructure for art in India. The Contemporary Art Exhibition held during the Commonwealth Games at the LKA was a result of this endeavour and optimistically there are many more initiatives in the pipeline.

There seems to be an upsurge of encouragement for the arts as can be seen by the increasing number of private non-profit institutions that provide new opportunities for artists by way of funding, and exposure. These also serve the general public with programmes facilitating education and communication between the arts and themselves. Responsively, this helped foster the healthy growing count of collectors as opposed to investors. “If

The recently emerging establishment of the “New Media” has seen numerous Indian artists enthusiastically take to the medium that involves new technologies like digital art, computer graphics, animation, virtual art, interactive technologies, robotics etc that even focus on socio-cultural events. The new trend has had a favourable reception in the market with sales amounting to Rs. 5 cr. at the recent Indian Art Summit in January. The summit

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The Art Story

What art, and for whom? First Generation Moderns – RRRS This is the least risky segment of the market, though their prices match their lowered risk as in the long run your investment will serve you well as their production is limited. The group consists of artists such as F.N. Souza, Ramkumar, Jagdish Swaminathan, K.G. Subramanyam and Chittaprosad. Even the artists of the 19th and early 20th Centuries, like Sailoz Mookherjea, A.R. Chughtai, Kshitindranath Mazumdar, Raja Ravi Varma, Jamini Roy, Gaganendranath and Tagore belong to this category. Their prices are lower despite being older so it would be wise to invest in a well-kept piece to reap the benefits in the future.

Second Generation Moderns – RRR

Dayanita Singh, Dream Villa 11, 2007- 2008 Papier peint Courtesy de l’artiste et Frith Street Gallery, Londres

also supplemented the new but slow boost in sales for foreign art as collectors now seem to show a favourable interest for art stemming from different cultural backgrounds. However, curators like Mortimer Chatterjee and Matthieu Foss believe there is still room for improvement. Speaking of which, the Art Summit has considerably grown since its inception 3 years ago and this year boasted of the participation of a total of 84 galleries that included 34 foreign galleries from 20 countries. The summit saw 80% of the galleries sell works valued between a few lakhs to crores and about 10% were sold out by the end of the three day gala. Further acknowledgment of the wonderful expansion of the Art market will be seen in the month of May with the largest Contemporary Indian Art exhibition in Europe held at the Centre Pompidou, Paris. These exhibitions and many more at institutions and galleries across the world and country are sure to make 2011 an exciting year for Indian Art. Yet, one cannot ignore the somewhat elitist nature of the market’s budding aplomb as it continues to stay out of the reach of the lower economic strata with no attempts to involve them while ironically, they continue to be the muse and recurring theme for many artists and numerous artworks, in fact Mahatma Gandhi’s austerity was a running theme through the Art Summit for foreign as well as Indian artists as a means of social commentary. Sadly, even his artistic presence has not been too successful in democratizing the art sphere.

They include Manjit Bawa, Laxma Goud, Ganesh Pyne, Prabhakar Barwe, Avinash Chandra, Gulamohammad Sheikh and Nalini Malani. These are good investment because they are established and have not yet reached skyrocketing prices however this is bound to happen sooner than later as they hold great importance in the art market and history.

Established Contemporaries – RRRR With this group that includes Rashid Rana, Jayashree Chakravarthy, Paresh Maity, Arpana Caur, Jayashree Burman and Jagannath Panda among others, we get braver. They have built their reputations and are supported by renowned local and international galleries. However their career graph must display a sustained healthy growth for your investment to turn to gold.

Young Contemporaries – from RRonwards In this category the risk is high as artists could have a lapse in creativity at any point. But the investment is lower, so if you choose well, your returns could be quite high. It is imperative to buy from reputed galleries as they promote and nurture an artist’s career. Explore the artist’s international presence because it represents the future promise. To help with your research before buying a piece of art, you can log onto www.theartstrust.com which is a great portal of data collection for the works of 250 artists. From the website you can gain a better idea of the average price of a particular artwork in a particular medium at a particular time essentially based on various public auctions. A.S

Alison Saldanha Impressions Mar-May 2011 45


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Frenchies in art town Matthieu Foss in setting up Mumbai’s first private gallery dedicated to Photography, may very well be the first in India to boldly go where no Indian (forget Frenchman!) has ever gone before! A year has passed since the launch of Matthieu Foss Gallery and exhibitions by a range of artists be it the famous Marcus Leatherdale, Fabien Charau, Gauri Gill or writer- turnedphotographer Siddharth Dhanvant Sanghvi, prove that MFG has had an eventful calendar indeed. While the unassuming French curator openly admits there are challenges in opening a gallery dedicated solely to Photography, he believes there is an improvement today in peoples’ reception to the art although he does confess that this may be so amongst the younger generations as compared to the older. Even as India moves past the gripping worldwide recession that left the art market bruised and battered, Foss believes the market has yet to open up to foreign artists. “Indians tend to buy art by Indians and it’s wonderful that they support their own but they should open up to artists from around the world as well”. He elucidates further by pointing out that in France, the art could be Japanese, German or Indian, the collector focuses on the art alone and not the artist. Then again, even the established French art scene can learn from India when it comes to being enterprising. “In France, people expect the government to take care of everything and because they are so well taken care of, basic initiative is lacking. Whereas in India, if you are passionate about something you just go aheadwith or without government support! ” Speaking of young photographers fresh out of school, Foss seems impressed by what some of them have to offer and encourages them to not just take a beautiful picture but to speak through their pictures. “It’s a message you want to convey, a way that you are looking at the world that you want to capture with your photographs.” A.S

The gallery will host a solo exhibition of photographer Alain Paiement (Quebec, CA), with the support of the Ministry of International Relation of Quebec (MRI) from the 2nd of March to the 2nd April 201. Joni, 1996 (43x59 cm)

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The Art Story

What About Art? Eve Lemesle likes to think out of the box. The head and founder of the art management agency What About Art?, challenges herself on edgy projects and explore pioneering fields while surfing the Indian contemporary art scene. Indeed, from the 21st to the 31st of March she is curating a multi-medium art festival in Sikkim, under a Sikkim government initiative. “I like the idea of various public meeting each other in the same space. In Sikkim there will be people coming to watch music bands playing while others would be more interested to go for the plastic art exhibitions. Both audiences are bound to check out what the festival has to offer and to cross their experiences” she explains. Eve developed a passion for the Indian art scene in 2004. But she likes to go beyond what people generally refer as art. “I think architecture has also a lot to bring, as well as new medias and technology. In India, lot of artists would be interested to developed crossmedia projects or very techno-savvy installations. Unfortunately they can’t always afford that kind of budget, while in many places in the West, the governments help the artists with funds. So as an art manager, I try to do my bit to help” she states. “I would like art to be out of the galleries too and to be more accessible to general audiences. Hence I am always scouting for private spaces to be made public, for instance in Mumbai, I approach builders, to use their sites before a renovation or a construction, that we could use as an art platform. Eve has been also working on artists workshops with schools (Sristi in Bangalore) and residencies for foreign and Indian artists (also read P21). In September, as the second phase of a Quebequian exhibition at the Foss gallery, the Indian artists Shilpa Gupta will have an installation in Montreal. Another segment of her work is to help artists developing ambitious projects. Nikhil Chopra had indeed required Eve’s help with his film project, funded by the Hermès Foundation. “I assist totally the artist for these projects so they only have to focus on their art” says Eve. And to ease even more their work, she has started a branding strategy with companies who want to patronize emerging artists and new artistic initiatives. C.C

In Gangtok (Sikkim),Blooming Sikkim is a public art festival starting 21st March till 31st, foreign and indian artists will participate, with a lot of mix media projects. In Montreal (Canada), in September 2011, The Darling Foundry will play host for artist Shilpa Gupta, curated by Renée Baert. Photo Detail from Myriam Awadi Residency 12 -2-2011

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The Art Story Passé et présent au Dr Bhau Daji Lad Museum, par Julie Van Rechem Depuis une dizaine d’années, les grands musées, notamment français, se consacrent à la tâche nouvelle, en plus de conserver et présenter au public les œuvres du passé, de faire dialoguer passé et présent à travers des juxtapositions inédites. Car, quand bien même les esprits chagrins ont dénigré la présence des œuvres de Takashi Murakami dans les salles et jardins de Versailles, il reste que ce dialogue a été hautement bénéfique, à Murakami, à Versailles et à la réflexion esthétique proposée au public.

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Versailles déjà avec Jeff Koons en 2008, Guimet avec les photographies du Pakistanais Rachid Rana, et bien sûr le Louvre, dont la politique depuis 2003 a été d’ouvrir ses portes à la FIAC, la cour Khorsabad à Anish Kapoor ou le Louvre médiéval à l’art contemporain russe. Le débat au fond est celui des Anciens et des Modernes, de ceux qui muséifient et paralysent l’espace muséal en tant que tel, et de ceux qui voient dans ce sanctuaire le lieu même de l’expression artistique en devenir. La réponse n’est pas neuve, Georges Braque avait déjà peint en 1953 ses Oiseaux sur le plafond de la salle Henri II du Louvre… Cette tendance touche également Mumbai, où le Dr Bhau Daji Lad Museum prouve à nouveau qu’il est à la pointe de la muséographie : la vocation de ce lieu, ouvert au public en 1872 (sous le nom alors de V&A Museum), a toujours été de promouvoir la réflexion sur les artisanats locaux et la vie quotidienne en lien avec la JJ School of Arts. En lien donc avec le contemporain… En intégrant aujourd’hui des expositions d’artistes contemporains en son sein même, mêlant les artefacts du passé à la vigueur du présent, le musée retrouve cette vocation première.

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Nikhil Chopra a inauguré le mouvement avec Yog Raj Chitrakar Memory Drawing X, Part 1 en mars 2010, mettant en scène le millefeuille historique qu’est Mumbai, suivi par Sudarshan Shetty dont les œuvres de l’exposition This too shall pass ne conviaient pas à une confrontation mais à un dialogue entre les arts de la tradition et les artistes contemporains et se poursuit avec une exposition en partenariat avec le V&A Museum de Londres, Something that I’ll never really see, Contemporary photography from the V&A. Le but est atteint, interroger l’évolution des pièces muséales qui auraient pu être oubliées en faisant resurgir leur contemporanéité malgré les années passées, et en révélant la substance historique, atavique, des œuvres contemporaines. Nikhil Chopra Performance at Dr. Bhau Daji Lad Museum, March 2010

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The Art Story

Démocratisation de l’art Wall Project Ce projet participatif, lancé début 2007 par la graphiste et artiste cinématographique Dhanya Pilo et ses amis, a commencé dans le vieux quartier portugais Bandra, au hasard des murs de Chapel Road et Bazaar Road. A l’époque, Dhanya décide de repeindre les murs de sa maison, avec l’accord de son propriétaire et de ses voisins. Peu à peu, plusieurs des ses amis, artistes, jeunes du quartier, s’initient à cette forme d’art libre, évolutif et ouvert à tous. Depuis le début du projet plusieurs graffeurs étrangers se sont intéressés au travail du Wall Project. Parmi les Français, on peut également compter les graffeurs Poch et Rock, à l’initiative de collages sous le tunnel de Bandra Reclamation. Lors du French Touch festival organisé en 2008 par l’Alliance Française de Bombay, ce sont les graffeurs du collectif SOAP (lire N104, 105) qui ont rejoint le mouvement. Après avoir enseigné quelques techniques de graff aux autres participants, ils ont modifié le quartier à leur façon. En 2010 c’est le graffeur Seth (Julien Malland de son vrai nom), qui a filmé une séquence de peinture avec l’équipe du Wall Project. Le projet a depuis bien grandi et s’est développé à New Delhi et Bangalore. Un nouveau site est disponible où les participants peuvent également échanger leurs idées et planifier leurs sessions de peinture, toujours respectueuses des habitants et des autorités, car contrairement au graff sauvage qu’on connait en Europe, le Wall Project s’attache avant tout à intégrer les habitants et les riverains au maximum dans le projet. C’est ainsi grâce à ce mouvement que la Tulsi Pipe Road (qui relie Matunga à Dadar) a été considérablement embellie. Le message est clair : si vous aimez votre ville, à vos pinceaux !

The Art Loft From Art Conspiracy to Street Art in Kala Ghoda Festival, the Art Loft welcomes all creative spirits. In 2010 a new art initiative started in Bandra, with a festival mysteriously named The Art Conspiracy. Suddenly some streets, shops and restaurants of Bandra were taken over by a bunch of


The Art Story

The Art Loft started as a statement. “I wanted a space where people can practice leisurely their hobbies or discover new activities.” says Leila. In Mumbai, they realized that such space doesn’t really exist and that art is mainly restricted to an elite, or to the artists themselves. Most people don’t have time to practice painting, pottery, dance or just to learn a new creative activity, as they are busy with their lives. Hence, the Art Loft has started different slots and workshops during w-ends, evenings and day time, to cater to all public. “We didn’t want to provide courses that are very academic. Our teachers are careful and sensitive, and the projects have various approaches, multicultural with teachers from abroad, therapeutic, with some activities like yoga or art therapy” underlines Leila who witnesses a lot of middle to upper-class housewives joining her class, first time painters and also professional artists. During the Kala Ghoda festival, the Art Loft team had selected street artists and made them work on the main road around the theme “One World”, chose by the festival. Subtlety, fine artists and wit are the magic tools of the Art Loft, so keep your ears and eyes open for more to come during 2011. 50 Impressions Mar-May 2011

Try it! Alison Saldanha finds out what is new and vibrant among workshops in the city. Art therapy, a feature that the city has yet to explore, is in great demand and is taught by Leila Taylebaly from the Art Loft who has graduated from a French Art Therapy School, based on the work of Margarethe Hauschka . The Art Loft also has quite a repertoire of activities to speak of. Photography by Divya Gulati, acting classes by teachers including theatre actress Heeba Shah, filmmaking sessions by Jerry Goldberg, color exploration or psycho-genealogy.. . Another space where one can enjoy fun activities is The Pomegranate Workshop (TPW). Started in 2006, it has taken proprietor Priya Srinivasan 5 years to gain a firm footing and today, TPW is a household name when it comes to Art- Application for children and even adults! The TPW works at enriching the learning experience of a child by infusing art. For example: by treating the kids to Tchaikovsky’s Nutcracker Ballet after which they did a reading of the same, TPW not only encouraged reading and ballet but also enlivened the experience to make it an extraordinary memory. With a variety of workshops among which is the popular Art with the Artist wherein the average citizen engages in a learning experience with Dr. Manjiri Thakoor and Art Therapy held by Sonie Thakkar who has a PhD in the same from the J.J. School of Art. Srinivasan stresses that her value-formoney enterprise focuses on one project at a time rather than spreading their attention across various ventures, thus giving each course a very personal touch.

Photo Credit: Rick Hirtle

Photo Credit: Iza Viola

crazy performers, theatre amateurs, painters, dancers and fashion shows. With an impressive grand finale at the Bandra Fort, The Art Conspiracy was a terrific marketing and art festival success. “We received more than 350 art works, and selected 98 for the exhibition and performances” underlines Kevin Tayebaly, cofounder of the Art Loft, with his sister, Leila Tayebaly, also an art therapist. The festival was the occasion to prove that art was not exclusively to be confined to a space like museums or galleries. It was also a way to make people curious about performances or street theater. “In some areas like one particular pub, it took an hour before the patrons realized there was actually a performance being displayed next to them!” recalls Kevin. For the artists it was also a way to gain visibility.

More on: http://www.theartloft.co.in/ www.tpw.in http://www.thewallproject.com/


The Art Story

New spaces OperaBis, a French virtual opera open to all The sky is the limit they say. Well, with Opera Bis, the social online networks proved that there are actually no limits. Combining the efforts of various social Internet activists (Francogrid, Bibliothèque francophone Metavers), scholars and the superb Opera of Rennes, OperaBis is an online project of broadcasting art and music to all. worked on layout and design of the “virtual”opera to make it as similar as possible to the real one. Although, in this one, you could fly to enter, or walk on the roof. “Interestingly , a majority of avatars will respect the social codes existing in their real life, even when they are on a virtual platform. As per the opera, people rever the stage and won’t step on it, which is something we observed also online! Also, we notice that, apart from the beginners, all would cut their microphones so the noises won’t interfere with the live performance” analyses Hugobiwan. Apart from experienced Internet avatars from France, Rennes, Hugobiwan counted 97 people participating, among them francophone Americans and Australians who have been following the project. “The idea is also to cater to a specific public, like the disabled or children who can’t leave the hospital premises. For them, as avatars, no one can guess they are unwell and they can appreciate the event as much as the others”. OperaBis: a new democratic and fair place for all to discover art? Source : operabis.net

Did you know? Soon the Alliance Française de Bombay will have its own AFB-BIS!

Photo Credit: OperaBis

The process is quite simple: one creates a virtual self in a virtual world, SecondLife or Francogrid, the platforms used with this project. Then one connects with the OperaBis platform. OperaBis works on a full season till June : on the 6th of November, the public, In Real Life (IRL) and Internet avatars could see and listen to the same opera play, Rita, by Donizetti, at the same moment. On the 6th of December, Internet avatars would be this time displayed on a screen in the real opera, while, at the same time, the director of the Opera will be welcoming IRL audience to explain them how an opera works, a mike being discreetly attached to him so the Internet audience could also follow. Musicians will be also playing famous opera extracts. “This time we were experimenting a co-presence of both world, the Internet and the local audience” underlines Hugues Aubin. aka Hugobiwan, one of the founder of the project, “the trick is of course the efficiency of the transfer of technology”. The city of Rennes, in Brittany, is at the edge of 3D and its application in real life. The first cultural experiments happened in 2007 with the Transmusicals of Rennes, an annual rock festival. Hugobiwan recalls working on many transmedia projects before this one. In 2010 the small size of the local opera and the dynamism of its team became the perfect combination to experiment more “out of the walls” programs. Web architects

Impressions Feb-April 2011 51


The Art Story Focus on… JR, an unique photographer JR owns the biggest art gallery in the world. He exhibits freely in the streets of the world, catching the attention of people who are not the museum visitors. His work mixes Art and Act, talks about commitment, freedom, identity and limit.

Women from favelas in Brasils, cities in Kenya or slums in India tell their stories and raised their voices and their concerns to JR through this impressive work. C.C

After he found a camera in the Paris subway, he did a tour of European Street Art, tracking the people who communicate messages via the walls. Then, he started to work on the vertical limits, watching the people and the passage of life from the forbidden undergrounds and roofs of the capital. In 2006, he achieved Portrait of a generation, portraits of the suburban “thugs” that he posted, in huge formats, in the bourgeois districts of Paris. This illegal project became “official” when the Paris City Hall wrapped its building with JR’s photos. In 2007, with Marco, he did Face 2 Face, the biggest illegal photo exhibition ever. JR posted huge portraits of Israelis and Palestinians face to face in eight Palestinian and Israeli cities, and on the both sides of the Security fence / Separation wall. In 2008, he embarked for a long international trip for Women, a project in which he underlines the dignity of women who are often the targets of conflicts. As he remains anonymous and doesn’t explain his huge full frame portraits of people making faces, JR leaves the space empty for an encounter between the subject/protagonist and the passerby/interpreter.

Photo Credit: portrait_JR Christopher Shay

Women are Heros, the new film of JR has been released in France on the 12th of January, along with the book by the same title.

52 Impressions Mar-May 2011


BUZZ

The Art Story

Art Walk

At the start of the 2011, 7 artists carried out “artistic interventions” across the city at very different locations. This was ArtO2’s latest project- Fluid City where one saw the different views of these artists take on the contradicting role water plays in the city with the aspect of rapid urbanisation. Be it Pradeep Mishra’s white flags with red motifs at Sewri Fort that sought to highlight the disappearing flora and fauna or Prajakta Potnis’ attempt to retrace Siddeshwar Talao- an old lake fallen to concretization, a number or installations from the 6th to 9th of January gave Mumbai an arty edge with something to think about. Seeking to illuminate the common man on contemporary art practices, ArtO2 bridges the gap between art and the everyday. A.S.

Photo Credit: Pradeep Mishra / The Guild

Le saviez-vous ? Space118 à Mumbai Saloni Doshi fait partie de ces personnes privilégiées qui ont un espace personnel de qualité à Mumbai. Elle a décidé de mettre à disposition Space 118 aux artistes, de passage ou en résidences. L’idée est de partager 4 studios pour aider les artistes à travailler : dans une ville où le manque d’espace est crucial, des plasticiens, peintres ou performeurs retrouvent dans cet ancien bungalow sur la côte est, un lieu calme, non loin de Kala Ghoda ou Colaba. Avis aux amateurs ! http://space118.com .

Photo Credit: Iza Viola

The white cube started out as means to cut off the noise and distraction and deliver all focus on the art it so effortless framed pinned on its walls. While we never did get past this modernist obsession, many in France have and while India may still have a long way to go, it’s clear that the experiment has already begun. A walk down Colaba is a treat with its encompassing history and numerous art galleries. Amidst this, we have Gallery Maskara which was earlier referred to as the Warehouse on 3rd Pasta Lane and initially served as a cotton godown in the pre-independance era. It has now been transformed (retaining its historic character) by the conservation architect Rahul Mehrotra. With a height of 45 ft and a length of more than 100 ft., it thus imposes a shift from the usual and operates as an incredible contemporary art space. Similarly, further down Colaba, you will run into Project 88, the 4000 ft. art space converted from a century-old metal printing press. The Gallery believes it is this very industrial aesthetic that lends itself perfectly to exhibiting contemporary art and is often involved in external exhibitions. Both galleries are dedicated to promoting new cutting edge artists and sometimes even forego monetary apprehensions for the sake of art.

Anish Kapoor in Dharavi On the 29th of January, another major artistic intervention took place in well known Dharavi: an Anish Kapoor look alike exhibition where Dharavi slum kids could participate and innovate in their own space as well as in the “art space”. The project was initiated by two students from the “Artefacting Mumbai” team, and ACORN’s Dharavi project after they realize that some of the material in Kapoor’s exhibition in Mehboob Studio (till January end) was recycled in Dharavi. During a whole Sunday, children recreated Kapoor’s canon piece, as they threw red wax on the walls. Meters of flex that welcomed Mehboob visitors had welcomed viewers again but this time as the canvas to mural sized paintings that gives recognition to this materials disposal in Dharavi. The project was part of the “13th Compound” Art Exhibition and Festival has for one day transformed the streets and industrial spaces of Dharavi into Mumbai’s most innovative art venue. Via video projections, murals, paintings, photographs and sound installations by Artefacting Mumbai’s team, the “13th Compound Exhibition” is an intervention, exchange and celebration at once. Visit http://www.artefacting.com/ for more information

Impressions Mar-May 2011 53


Regards croisés Français en Marche

Actus

Concours de blog 2010-2011 Pour participer (jusqu’au 20 juin 2011), les enseignants des classes participantes doivent ouvrir un blog sur la plateforme du web pédagogique et s’inscrire au concours sur le site www. fipf.org en remplissant un formulaire d’inscription. L’idée est de créer et animer le blog en français, créer et diffuser du contenu multimédia et effectuer des recherches documentaires. Le thème du concours 2010-2011 est “Partage et solidarité” et met à l’honneur les 10 mots de l’opération “Dis-moi dix mots qui nous relient” organisée par la DGLFLF : “accueillant, agapes, avec, chœur, complice, cordée, fil, harmonieusement, main, réseauter”. Les élèves devront publier des articles pouvant contenir du texte (enrichi d’hyperliens au besoin) et des éléments multimédia (photos, vidéos, animations, fichiers sons…) afin d’illustrer les textes. Il est nécessaire d’éviter le plus possible les “copier-coller” de textes publiés sur internet. Pour gagner plus de points, les élèves peuvent participer à la « journée slam » du 19 mars 2011 en publiant une vidéo ou un texte sur le thème du concours et en utilisant un ou plusieurs des dix mots à l’honneur cette année. Voir le site de la FIPF www.fipf.org et http://lewebpedagogique. com/ ainsi que http://www.dismoidixmots.culture.fr/

Les Maisons des savoirs : des espaces numériques ouverts à tous Lancés en 2009 à titre expérimental dans quatre villes d’Afrique, d’Asie et d’Europe orientale, ces grands espaces sont ouverts à la population, en particulier aux jeunes et aux femmes, et permettent un accès facile à des ressources et des activités pédagogiques numériques. Équipés en postes informatiques, matériel vidéo, DVD et livres, ils proposent des activités culturelles et éducatives, notamment à l’intention des enseignants, des écoliers et des étudiants. Des animateurs permanents assurent des initiations aux logiciels libres et au multimédia ainsi qu’à l’usage de logiciels éducatifs en vue de renforcer la pratique en classe des technologies de l’information et de la communication. Ces Maisons des savoirs sont mises en place conjointement par l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Association internationale des maires francophones, en association avec l’Agence universitaire de la Francophonie et TV5, et en collaboration avec les autorités gouvernementales et municipales des villes concernées.

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Panoplie de nos outils numériques, par David Cordina, directeur pédagogique de l’AF Bombay Vous êtes perdus dans la masse d’informations pédagogiques en français ? Ce récapitulatif présente clairement les outils numériques de l’Alliance Française de Bombay développés depuis 2010. Il est consultable en ligne et également en anglais à l’adresse : http://alliancefrancaise.tumblr.com/ . L’Alliance Française est désormais active dans les réseaux sociaux sur Internet (Facebook, Twitter, Ning) mais aussi et toujours à travers les autres formes de communication habituelles : newsletter, flyers, brochure, presse, TV… L’Alliance Française éprouve parfois des difficultés à regrouper sa communauté: outre les salles de cours et lieux culturels habituels (auditorium, médiathèque), elle ne dispose pas de couloirs, de galerie, d’espaces spacieux, de cafétéria ou de panneaux. Les outils numériques permettent en partie de compenser ces manques.

La page Facebook Alliance Française de Bombay La page Facebook créée il y a plus d’un an et demi compte aujourd’hui plus de 1800 fans. Elle change de contenus presque tous les jours et sert également à communiquer avec notre communauté d’étudiants, partenaires et membres.

Le fil d’information Twitter : @afmumbai Twitter est un réseau social de micro-blogging. Pour être simple, il vous permet de rester au courant des toutes dernières nouvelles de l’Alliance Française. Twitter, composé de multiples messages de moins de 140 caractères s’adapte très bien aux téléphones.


Français sésioen rc sMarche drageR

Le réseau Ning : Mumbaikar in French Ce site est un réseau social dédié à l’apprentissage du français et notamment à la pratique de l’écriture. De plus en plus de professeurs viennent proposer leurs activités. Il présente également un portail de ressources pour travailler seul en autonomie la langue française.

Défense du Français : A.C.R.O.N.Y.M.E.S Imaginez la conversation suivante… - « Alors pour venir tu prends le RER C puis le TER de la SNCF. Fais attention, c’est comme la RATP, ils sont souvent en grève ! - T’es en RTT cette semaine ? Moi je dois travailler à la BU avant de passer au CROUS pour actualiser mon dossier CAF pour mes APL. J’ai peut-être trouvé un travail payé au SMIC »

Le site officiel développé par l’entreprise E-Nova est appelé CMS (content management system). L’équipe de l’Alliance Française (responsables culture et cours) fournit le contenu textuel et visuel en fonction de l’actualité de l’établissement.

Les Français sont les spécialistes de l’acronyme. Oui, mais voilà, comment fait-on pour les et se comprendre ? Et d’où viennent les acronymes ? Est-ce possible de les éviter et comment les utiliser à bon escient ? L’acronymie est l’abréviation d’un groupe de mots formée par la ou les premières lettres de ces mots dont le résultat, nommé acronyme, se prononce comme un mot normal — on parle aussi de lexicalisation lorsque l’usage de l’acronyme se généralise au point de ne plus être distingué d’un nom (et ne plus nécessairement être attaché à sa signification initiale). L’acronyme peut également être formé en abrégeant les mots par leur syllabe initiale (par ex. : Benelux). Il est souvent confondu avec le sigle lorsque les lettres ne sont pas épelées (comme « CAF», Caisse d’ allocations familiales ,mais en fait prononcé et le plus souvent écrit alors comme le véritable acronyme « Caf» et non le sigle « CAF ») ; mais il se distingue de l’abréviation, qui est prononcée en long (par exemple « etc. » prononcé comme la locution latine « et cætera » mais presque toujours abrégée à l’écrit). Enfin, si vous avez un doute, un réflexe pratique et multilingue est encore le très bon moteur de recherche Acronyma : http://www.acronyma.com Et pour réussir à se dépêtrer, le site du ministère des Affaires étrangères a mis en ligne un guide des sigles les plus courants !

Le portail Netvibes de l’Alliance Française de Bombay

Le Saviez-vous ? Les retro-acronymes On peut construire des rétro-acronymes pour donner un sens à une expression qui n’en avait pas au départ mais semblait être un acronyme. Par exemple SOS a été choisi comme signal de détresse parce que facilement reconnaissable en code Morse, puis réinterprété en Save Our Souls (« sauvez nos âmes ») ou Save Our Ship (« sauvez notre navire »). Dans toutes les langues d’ailleurs (« Secours Ou Sombrons » en français).

Le site officiel de l’Alliance Française de Bombay

Cette sitographie installée sur l’outil netvibes, est un portail d’activités trouvées sur Internet. Elle est classée selon des aptitudes linguistiques (compréhension orale, compréhension écrite, grammaire…) et besoins.

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Regards croisés Français en Marche

High-Tech French A new textbook in French for Indian students of Science and Engineering The idea of conceiving a French textbook, for Indian students of engineering who have not received any prior training in the French language, is the result of two observations. The first one is that a number of Indian engineering students get interested in learning French shortly before or just after the confirmation of their departure for an internship, a year of study or Ph.D. in France. Therefore, they require crash courses, which help them acquire in a short period of time specific language skills adapted to the context of a French engineering school, university or laboratory, along with a background in general French. The second point is related to the French classes currently offered in several IITs and in some departments of engineering of Indian universities . In these institutions, there is a request from some students to learn a language used in the areas of their interest, that is science and engineering. Besides, there is also a need to create awareness about French scientific culture: France is rarely perceived by Indian students as a nation of scientific and technological excellence offering opportunities at an international level.

What is the framework of the method? The method has a simple framework: it consists of 25 lessons of 4 pages each, divided into 6 thematic units. Each lesson represents approximately 4 hours of teaching and “Test Yourself” exercises and quizzes complete the lessons. The entire structure covers 110 hours of an intensive course that provides access to the A1 Level of the Common European Framework of Reference. The textbook, accompanied by CDs, is meant to be used in a collective class, conducted by a teacher, in the framework of the Communicative Approach to the teaching of foreign languages. The book narrates the story of Kamal, a 21 year old Indian student who has completed a B. Tech in an Indian Institute of Technology and arrives in France to pursue a Masters Degree in “Transportation and Sustainable Development” at the Ecole des Mines de Paris, ParisTech. Upon his arrival in Paris, he meets Neela, an Indian student who is in the second year of the same Master programme, and her French friends. Then, step by step, the readers, along with Kamal, discover French student life and culture.

academic profile and research project (Lesson 16) or to conceive a dissertation plan and to give a talk (Lesson 18), as well as outside the campus (to talk of one’s hobbies, likes and dislikes (lesson 4) or to explain directions (lesson 5)). Several lessons are based on authentic documents provided notably by ParisTech or The National Institute for Research in Computer Science and Control (INRIA). Learning technical oriented French as well as general French allows the beginner to save time and assures him of better adjustment to his new surrounding upon his arrival in France.

An Indo-French collaboration A multidisciplinary team is at the heart of the method. A project manager, Attaché for Cooperation in French Language based in Mumbai and specialist of French on specific purpose, Mrs. Dominique Frin has initiated and supervised the project. Two French teachers have designed the lessons: Ingrid Le Gargasson, tutor at the Indian Institute of Technology Bombay (IIT-B) and pedagogical project coordinator and Claire Chaize, tutor at the University of Goa. An expert in Phonetics, Shariva Naik, presently a teacher-trainer of advanced level French at the Alliance Française de Bombay, has punctuated each lesson with innovative activities and exercises on French Phonetics, adapted to Scientific French Vocabulary and specifically designed to address pronunciation and accent difficulties encountered by Indian students. The team is completed by a very talented artist, Chinmayee Samant, a final year student in Master at the Industrial Design Centre at IIT-B, who has contributed attractive illustrations for the dialogues as well as for the intercultural points. The publisher is Goyal Publishers, an expert in the field of language books, based in Delhi. The method has also several partners including, firstly, the Embassy of France in India, but also Campus-France and the Indian Institute of Technology - Bombay.

What is the content of the book? The textbook has been designed to fulfill the needs of students of engineering specializations and develops targeted abilities through thematic lessons: “Chemistry practical work” (Lesson 13), “Solving a math exercise (Lesson 15), “At the heart of telecommunication: a lesson on ‘fiber optic’” (Lesson 17). The book also promises to develop simple oral and writing skills required in daily situations of communication, encountered by students in France within the university set-up: to present one’s 56 Impressions Mar-May 2011

Chinmayee Samant


Photo Credit: Atout France / Fabian CharaďŹƒ

Français sÊsioen rc sMarche drBUZZ ageR

Art Schools France’s schools of the ďŹ ne arts oer opportunities in many professions—including advertising, graphic design, publishing, video and multimedia design and production, building design and architecture, interior decoration, art restoration, and teaching. For the last two years the French Ministry of Culture and Communication has formed a network of public schools of art. Students can apply through campusart.org which is a single online application portal to several Universities.

ENSBA École Nationale SupÊrieure des Beaux-arts (ENSB-A) is the distinguished National School of Fine Arts in Paris founded in 1648. With a 5 year curriculum that serves to consolidate the foundation of an artist, the school oers a diverse education. The school also houses an institute dedicated to photography (École Nationale SupÊrieure de la Photographie) that is well-equipped with the latest technologies and a library that is a treasure trove of photographic publishing. http://www.ensba.fr/pedagogie/Admission.htm

ESAD ESAD (Reims College of Art & Design) has achieved a name for excellence and is now considered to be one of the best art schools in France today. ESAD’s teachers are established professionals from France and abroad thus oering innovative approaches to teaching. From the third year, training is centered on personal projects and students are encouraged to make their own curriculum from the many disciplines on oer at the college. www.esad-reims.fr

ESADSE- Saint- Etienne The Higher School of Art and Design of Saint-Etienne is an art school certiďŹ ed by the Ministry of Culture and Communication. The school has been able to develop signiďŹ cant partnerships locally and internationally thus contributing to the range of courses on oer and posing rich possibilities of mobility to each student according to their individual projects. With the integration of the school in the City of Design which is at the forefront of innovation in 2009, ESADSE is now en rapport with the major transformation of our times. The standard curriculum, ďŹ ve years in length, includes instruction in academics and technique (morphology, painting, architecture, modeling, plaster and metal casting, sculpture, lithography, silk-screening, fresco painting, engraving, stained glass, photography, digital technologies). www.esadse.fr/ For more details, visit www.campusart.org or else contact the Education Advisor at Mumbai@india-campusfrance.org

And also‌ t²DPMF/BUJPOBMF4VQĂ?SJFVSFEFMB1IPUPHSBQIJFE"SMFT Admission requirements: bac +2, entrance examination. Students who complete the three-year curriculum receive the diploma of the École Nationale SupĂŠrieure de la Photographie (ENSP). http://www.enp-arles.com. t-F'SFTOPZ4UVEJP/BUJPOBMEFT"SUT$POUFNQPSBJOT http://www.le-fresnoy.tm.fr/ A center for training, research, and production in all ďŹ elds involving artistic uses of image and sound, Le Fresnoy enrolls advanced students and young artists in a two-year program in Tourcoing under the direction of visiting artists who are themselves engaged in new projects. Impressions Mar-May 2011 57


Photo Credit: Carmen Ferran

Regards Croisés croisés

Une mexicaine en Inde… par Carmen Ferran Quand Jean-Luc, mon mari, m’a dit que nous allions quitter le Mexique pour l’Inde, ma première réaction a été digne d’une héroïne d’Almodovar car il faut admettre que l’Inde ne figurait pas sur ma liste de choses à faire avant de mourir… Un peu dépassée et ne sachant pas comment me préparer pour cette aventure, je me suis tournée naturellement vers Octavio Paz et son merveilleux livre Lueurs de l’Inde. Cet ouvrage m’a donné envie de connaître ce pays où la réalité elle-même est dépassée, où tout est exagération, où tous nos sens sont bombardés. Depuis trois mois, j’ai quitté l’Inde, où j’aurais vécu presque trois ans. Je n’ai pas encore complètement évalué de quelle manière l’Inde m’a changée, je suis cependant sûre que ce pays a un impact sur toutes les personnes que le visitent et qui se sont ouverts à vivre totalement cette expérience. Pendant le temps que j’ai passé en Inde, j’ai fais des choses que je n’avais jamais même pensé faire, comme un cours de méditation Vipassana ou aller voir un lecteur d’ombre (chhayashastri). J’ai beaucoup aimé la découverte de petits coins perdus dans Mumbai, où l’on trouve des merveilles à la fin de ruelles sales et encombrées, ou sur le toit d’un immeuble délabré. 58 Impressions Mar-May 2011

Il est difficile de marcher dans les rues en Inde mais notre regard se réjouit tellement de voir tant d’arcs-en-ciel ambulants qu’on supporte ; par contre je peux vous assurer que le croassement des corbeaux ne me manque absolument pas. En Inde, j’ai connu mes premières amies jaïn et parsi ; d’ailleurs, avant d’y aller, je ne connaissais presque rien de ces religions. J’ai découvert aussi beaucoup d’auteurs indiens qui m’ont enrichie, j’ai eu le plaisir d’aller au Festival Littéraire de Jaipur, une expérience inoubliable. L’Inde a aussi été pour moi ma participation à Indus à Mumbai avec toutes les amies que j’ai pu y faire, mon apprentissage du Bollywood dancing, mes classes d’aquagym à Breach Candy, mes complices de Mumbai Connexions qui m’ont bien aidé à survivre les premiers mois. Mais c’était aussi la découverte des nouvelles saveurs, de temples incroyables et une soirée inoubliable chez un très bon ami où nous avons vraiment découvert la musique Sufi. L’Inde a été une expérience unique, fatigante et fascinante à la fois. Tous les jours avant de rentrer dans notre appartement, sur notre palier on peut voir notre portrait fait par un artiste de Bollywood. Immédiatement je suis submergée par tous les souvenirs du temps passé là-bas.


France Pratique

Work in France! Since June 2008, France has introduced a new possibility to allow foreigners to come and work in France. The “skills and talentsâ€? resident permit: The “skills and talentsâ€? resident permit is awarded for 3 years to a national eligible to come to France as part of a deďŹ ned project. The person must be a member of a country outside the European Union. It gives its owner the right to work in this project. His family may accompany early and receive a “private and family lifeâ€? residence permit that allows the spouse to work. Eligibility: You can apply if your project falls within the following categories: t*OUFMMFDUVBMDSFBUJPO t)VNBOJUBSJBO t&OUFSUBJONFOU t)JHIMFWFMDPBDIFTBOEBUIMFUFT t"DBEFNJDJBOT TDJFOUJTUT UFBDIFSTBOESFTFBSDIFST t$POUSBDUPST FOHJOFFST FYFDVUJWFT JOEVTUSZ DPNNFSDF TFSWJDFT t*OEFQFOEFOU t.FEJBBOE$PNNVOJDBUJPO

BeneďŹ ciaries The beneďŹ ciaries are those who: t$BOQSFTFOUBQSPKFDUGPSUIJTQVSQPTFBOEFTUBCMJTIUIFJSBCJMJUZ to complete it & t$BOQBSUJDJQBUFTJHOJmDBOUMZBOETVTUBJOBCMZJOUIFFDPOPNJD development and inuence of France and their country of citizenship

Thus you can be either an: t*OEFQFOEFOUQSPGFTTJPOBM t&NQMPZFE t*OWFTUPSBOEPSBCVTJOFTTMFBEFSPGBOZBDUJWJUZ

UPFYQMPSFUIFQPTTJCJMJUJFT6OMFTTZPVIBWFBDPODSFUFPĂľFSPS BTTJHONFOU JO 'SBODF  ZPV XJMM OPU PCUBJO UIF WJTB VOEFS UIJT category. Had you been to France before? *TQFOUUISFFZFBSTJO'SBODFCFGPSF"TBTUVEFOU *EJENZNBTUFST GSPN *4."/4 BU -F .BOT -BUFS * TUBZFE BU EJĂľFSFOU QMBDFT MJLF $BOOFT 1BSJT5PVMPVTFPOEJĂľFSFOUQSPGFTTJPOBMBTTJHONFOUT Is it easy/ diďŹƒcult to apply for this visa? What is the preparation necessary from your side? *UT OPU EJĂśDVMU UP BQQMZ GPS i4LJMMT  UBMFOUw QFSNJU WJTB 5IF websites of the French embassy IUUQBNCBGSBODFJOPSH and the consulate in Bombay IUUQCPNCBZBNCBGSBODFJOPSH

IBWFFYQMBJOFEJUXFMMJOUIFiQSPGFTTJPOBMJNNJHSBUJPOwTFDUJPO I gathered all the documents as mentioned and got them translated in French. Any advice for future applicants? 1MFBTFHFUZPVSQPMJDFDMFBSBODFDFSUJmDBUFGSPNZPVSMPDBMQPMJDF TUBUJPOJOUJNF"MTPTVCNJUUIFBQQMJDBUJPOGPSZPVSGBNJMZBUTBNF time with your application. Take visa interview appointment with 7'4'SBODFJOBEWBODFBDDPSEJOHUPZPVSUSBWFMQMBO0WFSBMM JU should not take more than one month if planned in advance to prepare the documents and get the skills & talent permit visa. Highly qualiďŹ ed professionals or companies can approach the i*OWFTUJO'SBODF"HFODZwCBTFEJOUIF'SFODI&NCBTTZBU%FMIJ to help you with more information.

Summary 5IJTWJTBJT/05UPCFDPNQBSFEXJUIUIF"NFSJDBOHSFFODBSE 1MFBTFNBLFTVSFUIBUZPVIBWFBiEFmOFEQSPKFDUwJOIBOE BKPC PĂľFS BOBTTJHONFOUPSBTQPOTPSJO'SBODF CFGPSFBQQMZJOH For more details please visit: IUUQXXXJNNJHSBUJPOQSPGFTTJPOOFMMFHPVWGSFO

Interview of Mr. Varun Mishra, CADES Digitech, the ďŹ rst recipient of this visa in 2011 from the French Consulate in Bombay: Are you working in a company or independently? * BN XPSLJOH BT #VTJOFTT .BOBHFS  -FHBM 3FQSFTFOUBUJWF GPS $"%&4%JHJUFDI "O"YJT"FSPTQBDF(SPVQ$PNQBOZ BOEOPX CBTFEJO506-064& Can one get the “skills & talentâ€? visa and go hunt for a job in France? /P:PVOFFEUPIBWFBDPOUSBDU BOBTTJHONFOUPSBTQPOTPSJO 'SBODFCFGPSFBQQMZJOHGPSUIJTWJTB'PSFHJGZPVBSFBOBSUJTU  you cannot apply for “skills & talentâ€? visa and then go to France Impressions Mar-May 2011 59


Calendar 3

Concert In partnership with the French Embassy in India, Blue Frog, Air France, Institut Français and Novotel French Music Festival (As part of the Music Freedom Day) 9pm onwards, Blue Frog Fortune 9 pm - 10:30pm Wax Tailor 11pm onwards

7-18 EUFF (European Union Film Festival)

In collaboration with the Embassy of the Republic of Hungary and NCPA

15-29

16 Literature / Conference

Meet Ananda Devi « Sur la trace des femmes, d’un roman à l’autre ». 4:30pm – 6:30pm, Cercle Littéraire, Kala Ghoda

16

Concert In partnership with the Embassy of France in India, Novotel and Blue Frog Danyel Waro 10pm, Blue Frog

16

Cinema In partnership with Prithvi Theater Mon Oncle, by Jacques Tati 7pm, Prithvi House, Juhu

19

Theater “40 minutes pour attendre Godot”, by AFB theater workshop Act 1, Scenes Choisies (chosen scenes) 11am, Alliance Française Auditorium (French)

22

Documentary In partnership with Vikalp Film Archive Inshallah Fottball, by Ashvin Kumar 7pm, Alliance Française Auditorium

28

Literature In partnership with Chez Vous Chill N’ Read Women in literature 5:30pm, Chez Vous, Churchgate

March 2011

14-19 Francophonie Week « l’Ocean Indien »

In partnership with Blue Frog, Novotel and Lycée Hotelier de La Réunion One week to explore all sides of The Indian Ocean. Workshop, Literature, Food Tasting, Exhibition, Concert and Theater!!!

14 Workshop / Cooking Class In partnership with the Novotel and Lycée Hotelier de La Réunion Introduction to the Cuisine of the Islands 11am to 2:30pm, Novotel, Juhu

14

Literature / Conference Meet Ananda Devi 2:30pm - 3:30pm, Department of French, University of Mumbai, Kalina Campus « Following their steps: Women narrators in my novels »

Open to all, the meeting will be held in English.

4:30pm - 5:30pm, GRID, University of Mumbai, Kalina Campus

Exhibition Paintings by Stephan Barniche Opening on the 15th. 8pm owards. Novotel Art Gallery, Juhu

31 Concert

Organized by Blue Frog Les Boukakes 10pm, Blue Frog

15 An Indian Ocean Evening In partnership with Novotel and Lycée Hotelier de la Réunion A typical Reunion Island food tasting 8pm onwards, Indian bar, Novotel, Juhu On registration only

With Best Compliments from

FRANCO- I N D I A N PHARMACEUTICALS PVT. L T D 20, Dr. E. Moses Road, MUMBAI-400011 Tel. 2493 4026 Fax 2495 0557 E.mail: francoip@bom7.vsnl.net.in 60 Impressions Mar-May 2011


Ciné Club Tout est pardonné, by Mia Hansen-Love 6:30pm, Alliance Française Auditorium

8

Concert In partnership with the Bombay School of Music “Classical Bonanza” 6.30pm, Alliance Française Auditorium

12

Ciné Club Welcome, by Philippe Lioret 6.30pm, Alliance Française Auditorium

13

Cinema Alain Resnais’ cycle Hiroshima mon amour, by Alain Resnais 6:30pm, Alliance Française Auditorium

15

Documentary In partnership with Vikalp Film Archive Videokaaran by S.Jagannathan 7pm, Alliance Française Auditorium

19 Cinema The Damned Rain, by Satish Manwar (Marathi with English subtitles) Followed by a discussion with the director 6:30pm, Alliance Française Auditorium

April 2011

5

20

Cinema In partnership with Prithvi Theater Tati is coming to the North! Playtime, by Jacques Tati 7pm, Prithvi house, Juhu

26

Literature In partnership with Chez Vous Chill N’ Read A Journey through literature 5:30pm, Chez Vous, Churchgate

27

Cinema Short films night !! 6:30pm, Alliance Française Auditorium

30

Guided Tour Take a walk around the Masjid quarter. 8:30am, Meeting point to be given after registration. In French

Impressions Mar-May 2011 61


BUZZ

An Evening in Paris with Asha-tai When Asha Bhosle sang for the 1967 Bollywood film An evening in Paris, AF professor Shariva Naik finds that the musical legend’s French connection had only just begun.

Photo Credit: Alison Saldanha

Her biggest link to France is her music for as a playback singer she has sung numerous songs inspired by the French Cabaret. She reminisces, “When I was young I loved occidental films for their music. Even though I couldn’t follow the language I followed the scenes from the acting!” She mentions Gigi as an all time favourite and reveals how Hindi film heroines used to copy French hairstyles, dresses and make-up. “I like watching French fashion shows to know the changing trends. I may wear saris but I admire the well-cut, stylish dresses too and I like French designers but cannot pronounce their names correctly!”

On my first visit to tutor the Bhosle twins, little did I know that their grandmother was none other than THE Asha Bhosle! The unassuming star playfully joined in their ABCs at once putting me at ease and as our meetings progressed, it often ran over many things French! She vividly remembers her visit to France in 2006 when she performed her all-time popular hits to the rhythmic cheer of the crowd at the grand Festival of India in Lille. But it was Paris that stole her heart in 1970. “I remember running toward the Eiffel Tower to sit under the centre! Later we even ate at the restaurant at the top! She feels the French are very amiable, humbly enjoying their wine and cheese and wistfully says, “I would love to sit in a bistro, joining in the revelry! But it’s not my age anymore; now I want to hear my grandchildren speak fluent French in Paris!” Speaking of French art she says, ‘Painting is my passion! I loved La Place du Tertre on Monmartre- a beautiful square with artists painting in the open! I have severe arthritis yet recently, when I went to Paris, I walked all the way to the Louvre to see the Mona Lisa and if I get to visit Paris again at leisure, I will spend all my time in the museums!’ 62 Impressions Mar-May 2011

Being a fantastic cook with her own international chain of restaurants, she recounts her first meal in France, “They were so small! Then I realized it was a 7 course meal and by the end of it I was stuffed!’ She remembers the stylish waiters in the classy French restaurants and enacts how they would elegantly wield the bell-shaped lids to present the dish. She would like to try French chicken and fish preparations and wishes those cookbooks were available in Hindi. “Are there any French restaurants here? Chez Vous? Great, I’ll go tonight!” Learning music eases learning accents and seeing that in the children, what about the songstress herself? Apart from mimicking various Indian languages and accents, she reveals that she has even sung on-stage many foreign songs in their respective countries suddenly breaking into a perfect little rendition of Guantanamera. Finally, with the flourish of an actress she mimics the French and says “Bonjour” par excellence! Merci beaucoup pour tout, Ashatai- your evergreen youthfulness is a true inspiration. “A votre santé!” Report and input by Alison Saldanha, Shariva Naik and Aykut Tugtepe French Favourites Place : Paris, Champs-Elysées Films : Gigi Painters : Monet (Femme au parasol ), Manet (Le Fifre), Degas and Van Gogh Cuisine : cheese, croissants, chicken, fish Brands : Lancôme, L’Occitane


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Impressions Mar/May 2011  

Magazine de l'Alliance Française de Bombay, dossier spécial art contemporain

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