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Magazine / Exclusif FRANCE/ MARS 2008

FIGHT-CLUBS UN CHAMPIONNAT PARALLELE DONT PERSONNE NE PARLE.

C’est un phénomène mondial. Quelques heures avant que les tribunes des stades de foot ne résonnent du chant des ultras du ballon, les indépendants sillonnent déjà la ville, regroupés en « firmes » pour en découdre avec l’adversaire au premier sang. Lors de rencontres de quelques minutes à peine, des troupes de 30 à 200 chargent l’une vers l’autre dans un déchaînement de violence urbaine à ciel ouvert. Les indépendants sont des ultra-fanatiques du football, fiers de leur équipe, de leur ville, dont l’emblème leur sert d’étendard, d’identité de substitution. Les rares articles de presse qui leur sont consacrés réduisent le phénomène à des faits de violences perpétrés par des supporters dégénérés, ivres d’alcools et de drogues. Pourtant une plongée dans ce monde du « real football » esquisse une variété de profils bien plus subversifs : des jeunes, des vieux, des « working poor » et classes moyennes, extrémistes de droite, de gauche, quelques filles et même des pères de familles payant leurs impôts. Irrésistiblement attirés par cette tension des rendez-vous du samedi où tout peut arriver, même le pire, et ils en redemandent.

PHOTOS: ©FRANCIS DEMANGE / GAMMA / EYEDEA TEXTE: © SEBASTIEN DI SILVESTRO/GAMMA/EYEDEA 13 rue d’Enghien – 75010 Paris France – Tel : 01 44 79 36 00 / Fax 01 44 79 36 77 SA au capital de 3 716 412 € - RCS Paris B 379 412 000. NAF 924Z


201.4135 / 2 A l’origine les indépendants sont issus des mouvements de supporters ultras, mais ceux-ci ont troqués leur statut de fans officiels, leurs écharpes et casquettes aux couleurs des clubs pour les vêtements sombres et anonymes à la mode C.A.H : Casual And Hooligan. Les règles non écrites de ces fights-clubs sont au nombre de 5 : personne n’en parle hors des firmes, pas d’arme, pas de lynchage, pas dépôt de plainte, « et si vous venez, c’est pour vous battre ». Plus un club de foot est réputé, plus les indépendants et ultras violents sont nombreux à graviter autour en satellites plus ou moins structurés. Le hit parade des « fighters » est indexé sur le classement des clubs, aussi se retrouvent en têtes d’affiches le PSG et l’Olympique Lyonnais mais également Saint-Etienne, Nice, Lille où les surprises de la Coupe de la Ligue telles que Nancy dont les indépendants doivent « assurer » au prorata de l’ascension de leur équipe. Défendre leur nouvelle réputation à coups de poings. Marseille fait figure d’exception en suivant le « modèle » des tifosi italiens où le nombre de fighters est inquantifiable parce que populaire, une majorité de supporters étant capable à l’occasion de servir « une bonne salade de phalanges ». Mais généralement, les indépendants sont regroupés en « firmes » attachées à une ville, à un club, à quelques bars faisant office de quartier général. Via des sites internet sécurisés, avec code d’accès réservés aux leaders des firmes ou à leurs membres éminents, « des mecs de D1 », ils échangent des informations sur les scènes internationales et nationales, s’insultent suffisamment pour maintenir la motivation de leurs rivalités, se postent des images, des vidéos sur fond de musiques musclées montrant leurs dernières rencontres : deux groupes fonçant l’un sur l’autre pour un impact fracassant sous le regard médusé des passants. Ils prennent rendez-vous, conviennent des stratégies pour éviter de se faire repérer par la police. C’est un jeu à trois qui débute par une filature des bus de supporters ultras dans lesquels les forces de l’ordre tentent d’identifier les groupes à problèmes. Ces derniers se divisent pour être moins visibles et pouvoir faire jonction au point de rendez-vous, guidés par GPS ou SMS, avec parfois même un plan « Mappy » et une heure. Certains se postent aux coins des rues et communiquent la position des forces de police aux autres par téléphone portable. Très souvent, les groupes les moins structurés se font appréhender avant l’heure du rendez-vous. Dans une ville inconnue, à l’extérieur, les indépendants évitent de se retrouver en trop grande infériorité numérique. Cependant des groupes de 20 habillés en couleurs sombres, chauffés à la bière et désensibilisés à la drogue pour moitié, tandis que l’autre est composée de sportifs sains s’adonnant à tous les sports de combats, se repère très vite. Ceux qui se font prendre seront escortés sous bonne garde jusqu’à l’entrée du stade. Mais les vieux de la vieille ne se font que rarement appréhender. Les forces de police arrivent en général opportunément pour sonner le gong de fin de rencontre, en arbitres involontaires. Dans les années 90 certains ex-indépendants se seraient reconvertis dans la polices et même quelques uns dans les renseignements généraux. Alors les firmes pouvaient compter sur des infos de première main.

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201.4135 / 3 « POUR SE SENTIR VIVANT » « Je commence à prendre du recule avec le milieu, aujourd’hui j’ai atteint la trentaine. Je n’ai pas que le foot dans ma vie. Mais pendant 10 ans il n’y avait que ça. Forcément il ne faut pas être tout à fait bien dans sa tête, mais pour moi, aucune femme ne m’a jamais donné les sensations d’un but », explique Jack d’une voix posée et réfléchie, cherchant lui-même à comprendre pourquoi il a passé tant d’années avec pour obsession de mettre ou de prendre une bonne raclée. « La première fois que je suis entré dans un stade, ce n’est pas le match qui m’a fasciné, mais les mouvements de la foule, j’étais hypnotisé », confie Jack, un des anciens leaders d’une firme de l’Est de la France qui commence doucement à se retirer. « Pourquoi ? Parce que pendant une fight on se vivant, tout peut arriver, alors les sens sont en alerte. Avant une rencontre j’ai la boule au ventre et des fois une semaine après, j’en suis encore à la purée et au jambon, les seuls aliments que je peux mâcher », raconte-t-il pour la première fois. Pour comprendre qui sont les indépendants, il donne un rendez-vous à une quinzaine de « collègues » une veille de match sur un parking vide derrière le stade. Ils arrivent en retard, parce que les voitures de la BAC longent déjà les artères alentours. Ils sont là, issus de trois firmes de l’Est, les Thugs, les Brizacks, la NCF. Une ambiance potache couvée par leur mascotte féminine de 26 ans qui a intégré le mouvement depuis10 ans. Le jour, elle travaille dans le marketing, à 80% du SMIC, tandis que les soirs de matchs, elle filme en tremblant pour ses potes, ces scènes de guérilla urbaine. Pas vraiment de sales gueules. Plutôt des petits durs à cuir. Chacun a intégré une firme pour une raison différente. Tous pourraient raconter à l’origine de leur histoire, un évènement fondateur ou répété, quelque chose qui a mal tourné. On les imagine sans peine trimer sans reconnaissance, avec des parcours scolaires difficiles, ou effectuant des jobs sous pression de la loi des petits chefs. « C’est nous les méchants », lance l’un d’eux sur le ton de la bravade. Puis ils essayent de convaincre, d’expliquer qu’ils s’inscrivent dans la tradition des bastons des bals populaires, que le besoin de violence, d’un étendard à défendre plutôt que soi-même a toujours existé. Le discours est construit de bric et de broc, mais dans l’ensemble, terriblement cohérent. Ce qu’ils racontent, c’est l’histoire d’un manque. Pour eux, la société moderne a définitivement bouclé la boucle de la violence qui constitue un strict monopole d’Etat. Les confrontations humaines, « mano a mano », sont prohibées de loin en loin. A un différent qui pouvait autrefois se terminer par une bagarre, se substitue aujourd’hui la judiciarisation du système. Le procédurier, justement protégé par la loi, l’emporte sur la loi sauvage du plus fort. En visant efficacement à la sécurité, paradoxalement, la Justice dépouille ces individus se sentant vivre sous le joug de la mécanique du système d’un vestige identitaire : la possibilité de s’imposer, de gagner, d’apposer une marque par force en dehors du monde du travail perçu comme un jeu pipé et par extension toute forme de victoire s’inscrivant dans un cadre social tolérable. Si les combats sur les rings et les remises de

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201.4135 / 4 médailles sont des formes de violences admises auxquelles de nombreux fighters s’adonnent régulièrement, elles ne suffisent pas à remplir leur soif de confrontation. Le combat de rue constitue pour eux une alternative, justement parce qu’il est socialement inacceptable. Parce que chaque fight est un déchaînement de violence, une fissure à ciel ouvert dans le système, procurant l’adrénaline d’un vécu tangible, uniquement déterminé par la volonté de se battre. A la fin d’une fight, celui qui a tenu bon en première ligne est un homme D1, respecté par tous, celui qui est resté en arrière est « un vendeur de gaufres ou de pop’corn ». S’ils s’inspirent dans la forme du mouvement hooligan, ils se limitent à des bagarres entre adultes consentants. Même si les dérapages sont nombreux, surtout dans le sud où les armes ne sont pas rares. En 2007, alors que deux matchs devaient avoir lieu en parallèle, Metz-Lyon d’un côté, et Auxerre-Nice de l’autre, les bus se croisent sur une aire d’autoroute. Parmi les pires affronts que puissent se faire entre eux les ultras, se trouve la capture de la bâche, symbole de l’équipe. Les lyonnais s’emparent alors de la bâche niçoise et lancent un feu de Bengale dans le bus…Le soir même, les niçois se sont renseignés et pistent le retour de déplacement des lyonnais avec un groupe de 80 personnes armées prêtes à en découdre jusqu’au bout. Par chance, les lyonnais ont eu vent du traquenard qu’ils ont évité. Depuis les niçois ne bâchent plus au stade, ils arborent une grande banderole titrant « 15 septembre », le jour où la bâche leur a été volée. Cette fois, le pire a été évité, mais chaque rencontre risque l’accident, l’étincelle qui pourrait mettre le feu aux poudres et radicaliser cette spirale de la violence.

LE MONDE FOOT DE LA REAL FOOTBALL FACTORY Car la France est encore un enfant sage comparée aux hordes sauvages de la scène internationale : hooligans, tifosi, ultras nationalistes des pays de l’Est, Bravas argentins... Une seule règle. Oubliez les toutes. Dans les pays de l’est, la police ne se déplace pas pour contrer ces bandes utilisant des armes à feu sans aucune limite. Chacun de ces pays est capable de mobiliser des firmes 10 fois plus nombreuses que celle du PSG. Certains néo-nazis ultras du football peuvent même parfois vivre ensemble dans des appartements-squatts, faisant du hooliganisme un mode de vie en immersion complète, avec organisation paramilitaire sur fond d’abus et de faits de violences de tous ordres. Des reportages professionnels circulant sur internet présentent sous un jour plus que favorables cette internationale de l’ultra violence : The Real Football Factory. Devant la caméra, un dandy dans la mouvance « trainspotting », se filme à la façon des documentaires de la chaîne Voyages devant les grands monuments des pays du foot sur fond de musique classique, rock ou techno, alternant au montage des scènes d’ultra-violence tournées dans le pays. A Rome, le présentateur se plante devant le Colisée avant de présenter aux spectateurs ces « nouveaux gladiateurs ». Des tifosi surchauffés

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201.4135 / 5 détruisant tout sur leur passage… Au-delà de la forme tonitruante et ciné génique de la représentation de cette violence, ces reportages proposent un postulat intéressant en s’attachant à l’histoire du football dans chaque pays en parallèle à une rapide fresque sociale : l’une devenant la conséquence de l’autre. Le danger de ce genre de reportage réside évidemment dans l’esthétisation de cette violence qui la rend consommable, communicative, distrayante. Mais pour l’heure, et en dépit des dérapages de grandes ampleurs, fortement inscrits dans les mémoires, le monde des indépendants français reste encore à la marge de cet océan déchaîné. Pour combien de temps ? Le 30 novembre 2006, en pleine Coupe de l’UEFA, Nancy rencontre Feyenoord qui traîne dans son sillage plus de 600 hooligans interdits de stade. Les hooligans gigantesques débusquent alors les indépendants nancéiens dans leur bar et demandent combien d’hommes ils peuvent mobiliser. Devant une réponse insuffisante en nombre, leur leader répondra avec un sourire: « Alors nous jouer avec police ». La suite des évènements restera gravée comme un jour noir de la cité. Et tandis que les indépendants nancéiens rongeaient leur frein, et que les forces de l’ordre débordées faisaient de leur mieux pour contenir ce chaos furieux, ils assistaient aux échauffourées aux quatre coins de la ville, envieux de la puissance de frappe des hooligans hollandais, de par leurs violences fascinées…

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FIGHT-CLUBS A PARALLEL CHAMPIONSHIP WHICH NOBODY SPEAKS ABOUT.

It is a worldwide phenomenon. A few hours before the football stadiums ring out with the songs of the football Ultras, the Independents are already roaming the streets of the town spoiling for a fight. During encounters lasting only a few minutes, groups of between 30 and 200 people charge each other in an eruption of open-air urban warfare. The Independents are extreme football fans, proud of their team and their town, the emblem of which they carry as a banner, a replacement identity. The rare newspaper articles devoted to them reduce the phenomenon to acts of violence by degenerate supporters, high on alcohol and drugs. Yet, an in-depth look at this world of “real football” reveals a mosaic of much more subversive profiles: young people, old people, working-class poor, middle classes, right-wing and left-wing extremists, some girls and even a few tax-paying fathers. They are all irresistibly drawn by the tension of the Saturday encounters where anything can happen, even the worst, and they all continue to ask for more.

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201.4135 / 7 Originally, Independents come from the Ultras movement, but they have swapped their official fans’ status and their scarves and caps bearing the clubs’ colours for dark and anonymous C.A.H (Casual And Hooligan) style clothing. There are five unwritten rules for these fight-clubs: nobody talks about them outside the firms, no weapons, no lynching, no complaints lodged, “and if you come, it’s to fight“. The more famous the football club, the more Independents and violent Ultras there are gravitating around it in more or less organised satellite groups. The “fighters” hit parade is indexed according to the clubs’ classification, therefore, the leaders are PSG and Olympique Lyonnais, as well as Saint-Etienne, Nice, Lille, and the surprise success stories of the League Cup such as Nancy, for which the Independents must “keep up” in line with their team’s ascension and defend their new reputation with their fists. Marseilles is an exception to the rule, following the “model” of the Italian tifosi, with it being impossible to quantify the number of fighters because, being of working class origin, a majority of the supporters are capable of serving up a “good knuckle sandwich” when required. However, in general, the Independents are organised in “firms” attached to a town, or a club, with bars serving as their headquarters. Via secure Internet sites, with access codes reserved for the firms’ leaders or their eminent members, the “guys from D1”, they exchange information from the international and national scene, insult each other enough to maintain their rivalry and post pictures and videos accompanied by strong-arm style music which presents their most recent encounters: two groups charging each other with a thundering impact before the dumbfounded eyes of passers-by. They arrange appointments and agree upon strategies in order to avoid being identified by the police. It is a game between three parties starting with the Ultras buses being tailed by the police attempting to identify any groups which may pose a threat. In order to be less visible, these groups divide themselves up into smaller groups and meet up later at a pre-arranged time, guided by GPS or SMS and, sometimes, even a “Mappy” plan. Occasionally, members are posted on street corners and communicate the police’s position to the others by mobile phone. Very often, less well-organised groups are caught before the appointed time. In an unknown town, away from home, the Independents avoid encounters if their numbers are too low. Nevertheless, groups of twenty or so people, dressed in dark colours, half of whom are pumped up with beer and drugs, with the other half formed by sports fans in awe of the world of combat sports, are very quickly identified. Those who are spotted will be escorted to the gates of the stadium, but old-hands very rarely get caught with the police arriving generally just in time to ring the bell for the end of the encounter and to serve as involuntary referees. In the 1990s, some former Independents actually infiltrated the police force and some even joined the General Intelligence services, meaning that the firms were able to count on first-hand information.

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201.4135 / 8 “TO FEEL ALIVE” “I am starting to take a backseat from this world because I’m now thirty and there is not only football in my life. However, for the past ten years there was only that. Of course, it probably means that I’m not quite right in the head, but, no woman has ever provided me with the same sensations as those of a goal”, explains Jack in a calm and reflective voice, trying to understand himself why he has spent so many years obsessed with doling out and receiving a good hiding. “The first time I entered a stadium it wasn’t the match that fascinated me but the movements of the crowd. I was hypnotised”, explains Jack, one of the former leaders of a firm from eastern France, who, gradually, is starting to take a backseat from this activity. “Why? Because during a fight you feel alive, anything can happen and all your senses are on the alert. Before an encounter, I feel a knot in my stomach and, sometimes, even one week later, I’m still eating mashed potatoes and ham, the only solids I am able to chew”. In order to understand who the Independents are, he arranges a meeting with about fifteen “colleagues” the day before a match on an empty car park behind the stadium. They arrive late, because the crime squad’s cars are already occupying the surrounding roads. They come from three eastern-based firms, the Thugs, the Brizacks and the NCF. The atmosphere is that of schoolboys watched over by their 26-year old female mascot who joined the movement ten years ago. During the day, she works in marketing earning 80% of the minimum wage. On match nights, she trembles for her mates as she films scenes of urban warfare. The group members are not so much ugly mugs as hard nuts. Each of them has joined a firm for a different reason. For all of them there has been a founding event, a repeated occurrence or something which has gone wrong which has motivated their participation. It is easy to imagine them slaving away without recognition, with difficult school years behind them, employed in jobs where they are under pressure from their bosses. “We are the evil ones”, declares one of them with bravado. He then tries to convince us that he is part of the long-term fighting tradition at workingclass dances, that the need for violence, for a cause to defend rather than oneself, has always existed. The discourse is haphazard but, generally, extremely coherent. What they recount is the story of something missing. For them, modern society has put an end to violence, now something in which the State has a strict monopoly. Hand-to-hand human confrontation is forbidden. What, in former times, might have ended in a fight, has now been replaced by the judicialisation of the system. Legal experts have claimed a victory over the law of the strongest. Paradoxically, by actually aiming for security, the justice system has dispossessed these individuals, who find themselves living under the yoke of the mechanisms of what remains of an identity system: the opportunity of imposing oneself, of winning, of making one’s mark through brute force outside of the world of work, perceived as being a loaded game, and, by extension, any form of victory which is part of an acceptable social framework. Although ring fighting, rewarded with medals, is an acceptable form of

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201.4135 / 9 violence in which many fighters regularly participate, it is not enough to fulfil their hunger for confrontation. For them, street fighting is an alternative precisely because it is socially unacceptable. Each fight is an eruption of violence, a crack in the system which offers the adrenaline of a tangible experience, defined solely by the desire to do battle. At the end of a fight, the one who has remained strong on the front line is a D1 man and is respected by all. The one who has stayed at the back is “a waffle or popcorn seller”. Although, in form, these groups draw their inspiration from the hooligan movement, they do limit themselves to fights between consenting adults. However, there are many close calls, especially in the south where the use of weapons is commonplace. In 2007, despite two matches having been programmed at the same time, with Metz-Lyons on the one side and Auxerre-Nice on the other side, the supporters’ buses ran into each other at a motorway station. One of the worst insults for Ultras is the capture of their banner, the team’s symbol. On this occasion, the Lyons group succeeded in capturing the banner belonging to Nice with some explosive consequences… That same evening, the group from Nice succeeded in obtaining details about the Lyons group’s return trip and followed them with a group of about 80 people armed and ready to fight to the bitter end. Fortunately, the Lyons group got wind of the trap and was able to avoid it. Since then, Nice no longer displays its team’s banner at the stadium, but, instead, displays a large banner bearing the date “15 September”, the day on which their banner was stolen. On that occasion, the worst-case scenario was avoided, but, with every new encounter, there is the risk of a new incident, a spark which may trigger an explosion and radicalise this new spiral of violence.

THE REAL FOOTBALL FACTORY’S WORLD OF FOOTBALL France is still relatively well behaved in comparison to the hordes of savages on the international scene: hooligans, tifosi, Eastern European nationalist Ultras, Argentinian Bravas, etc. There is only one rule. Ignore them all. In Eastern European countries, the police no longer attempt to counter these groups which employ firearms with no limits. Each of these countries is able to mobilise firms ten times larger than PSG’s one. Some neo-nazi football Ultras sometimes even live in squats, turning hooliganism into a way of life in which they are totally immersed, with paramilitary organisation overlying a background of abuse and violence of all types. Some professional reports doing the rounds on the Internet present the international dimension of Ultras violence in a more than favourable light: The Real Football Factory. In front of the camera, a dandy, in the style of the film “Trainspotting”, films himself using a style taken from documentaries on the “Voyages” channel, standing in front of major monuments in football countries with a background of classical, rock or techno music. These images are alternated with Ultras violence scenes filmed in

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201.4135 / 10 the same country. In Rome, the presenter is seen standing in front of the Coliseum before presenting the “new gladiators” to the viewers. The overexcited tifosi destroy everything in their path… Beyond the powerful and “cinegenic” methods used to present this violence, these reports offer an interesting vision, focusing on the history of football in each country in parallel to a rapid insight into the country’s social life: one being the consequence of the other. The danger of this type of reporting resides in the glorification of this violence, making it consumable, communicative and entertaining. But, for the moment, despite some seriously close calls still very present in people’s minds, the world of the French “Independents” is still very much on the outer edges of this raging ocean. But, for how long? On 30 November 2006, during the UEFA Cup, Nancy found itself up against Feyenoord, which carried in its wake more than 600 hooligans forbidden from stadiums. The latter rooted out the Nancy Independents at their bar and asked how many men they were able to mobilise. In view of the insufficient numbers proposed, their leader answered with a smile: “Ok then, we’ll take on the police”. The events which followed will remain engraved on the city’s memory. The Nancy Independents champed at the bit and, while the overwhelmed police force did its best to contain the chaos, they watched the clashes taking place all over town envying the Dutch hooligans’ striking power and fascinated by their violence…

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