Montagne Leaders : Michel Drapier † Studio graphique : groupe Compra
Imprimerie : Rotimpres, Espagne
ISSN : 1774 - 4547
Dépôt légal : à parution
Toutes photos non créditées : Compra.
Photo de couverture :
Lionel Royet –OT L’Alpe d’Huez
La reproduction, même partielle, de tous les articles parus dans le magazine
Montagne Leaders est interdite, sauf accord écrit de la rédaction.
Sans le ski...
Quelques heures avant de boucler ce numéro, Alexis Pinturault troquait son costume d’outsider pour celui de héros, en décrochant l’or mondial en combiné, à domicile qui plus est ! Il devenait alors le sauveur de l’équipe de France, qui débarquait à Courchevel et Méribel sur la pointe des pieds, mais aussi le sauveur médiatique de nos Championnats du monde qui, jusqu’alors, ne trouvaient écho sur les réseaux sociaux qu’au travers de selfies de VIP ou de sponsors, tout heureux sur la neige et sous le soleil de Tarentaise… C’est bien à la force de ses skis que Pintu’ a pleinement lancé ces Mondiaux tricolores ! N’en déplaise à ses détracteurs, le ski génère encore beaucoup d’émotions : « Je ne veux pas spoiler, mais le ski sans ski, c’est chiant. Une station de ski sans ski, c’est juste un village isolé avec une épicerie très très chère. Ça ne sert à rien. » C’est en ces termes que le chroniqueur Philippe Caverivière dépeignait, le 27 janvier
dernier, la montagne, au moment d’évoquer les préavis de grève du secteur des remontées mécaniques. Non dénué de préjugés, ce mot d’humour reste avant tout, bien sûr, une caricature.
L’action en justice, au nom de la protection de l’environnement, qui a scellé le sort de la microcentrale hydroélectrique de Sallanches en est peut-être une aussi… mais bien plus amère. Car c’est justement l’année des profits records des groupes pétroliers – Chevron (35,5 milliards de dollars), ExxonMobil (55,7 milliards de dollars), et plus récemment TotalÉnergies (19 milliards d’euros) –que la commune haut-savoyarde pourrait être condamnée au démantèlement de son installation hydroélectrique neuve, au motif que « le projet modifie substantiellement l’hydrologie du cours d’eau ». ▲
VINCENT WAUTERS, PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL DU GROUPE ROSSIGNOL
«
Une marque d’héritage, innovante et progressiste »
08 GRAND ANGLE
Mondiaux – À la fin, c’est la montagne qui gagne
10 INDICATEURS
12 EN CHIFFRES
Le financement des parcs nationaux
16 LA CHRONIQUE JURIDIQUE
Qu’est-ce que l’intérêt public majeur de nature économique ?
18 SAISON
Slalom très spécial
22 LEADERS
22 LAURENT DELÉGLISE
Directeur de la SOREMET
24 JULIEN GAUTHIER
Co-président de la commission montagne de l’Union Sport& Cycle
26 CÉLINE BRUNEL
Directrice du cluster
Outoor Sports Valley
28 CARNET
39
ENTREPRISES
39 TECHNOALPIN
Une production de neige maîtrisée
40 DCSA
L’invention d’un métier
42 IDM
Premiers résultats pour Ecovertis
44 ACOEM
Maintenance préventive sur les domaines skiables
46 GCK
L’avancée de l’hydrogène
60
DOSSIER ACCIDENTOLOGIE
Détendez-vous, ça va bien se passer
70
DOSSIER
INVESTISSEMENTS 2022
380 M€, empreints de confiance
107
INITIATIVES
107 BOBSLEIGH
La reine de La Plagne
109 CLUSTER MONTAGNE
En piste pour 2023 !
110 TOURISME
AirBnb rejoint le fonds Essentiem
111 CARBURANT
L’HVO : une solution transitoire
50 STATIOSCOPIE : LES CONTAMINES-MONTJOIE
113
AVIS D’EXPERTS
113 LABORATOIRE EDYTEM
S’installer et vivre dans les hautes vallées alpines
117 UNIVERSITÉ
GRENOBLE ALPES
Impacts des poussières minérales et du carbone suie sur l’évolution et la stabilité du manteau neigeux
120
ÉQUIPEMENT
122 LIVRES
Chamonix : un accès modernisé au domaine skiable de Balme
La Compagnie du Mont Blanc a une nouvelle fois accordé sa confiance à Doppelmayr France pour la construction de sa nouvelle télécabine d e Charamillon qui assure l'accès principal au domaine de Balme depuis le village du Tour.
Avec des cabines spacieuses et panoramiques pouvant accueillir 10 personnes, l'Omega V s'intégre dans le paysage et améliore fortement l'accès aux personnes à mobilités réduites, avec un confort optimal et un espace parfaitement exploité.
doppelmay r.com
MONTAGNE
Mondiaux À la fin, c’est la montagne qui gagne
TEXTE : BARBARA SATRE PHOTO : AGENCE ZOOM/COURCHEVEL MÉRIBEL 2023.
Après un début de saison difficile, peu l’attendaient à l’arrivée, mais Alexis Pinturault a créé la surprise en raflant le bronze en super-G et l’or en combiné. Ce sacre, sur ses terres qui plus est, est son troisième titre de champion du monde.
Ses descentes maîtrisées de l’Éclipse ne viennent pas seulement valider une carrière de grand champion, elles font d’ores et déjà basculer les Mondiaux de Courchevel-Méribel du côté des évènements sportifs marquants, de ceux qui jalonnent l’histoire du ski en France, et dont on se souviendra avec délice. À l’heure où nous bouclons ce magazine, il reste encore des épreuves à disputer, mais quoi qu’il arrive, la montagne a déjà gagné. ▲
INDICATEURS
L’AVIS DE…
Vincent Maël
Collectif santé saison 74
Pourquoi faire de la prévention auprès des saisonniers ?
Notre collectif existe depuis plus de 15 ans en HauteSavoie, dans le but d’amener du soin dans les zones où il est difficile d’accès. Les saisonniers sont une population vulnérable, considérée comme à risque, car elle est souvent jeune, travaille beaucoup et n’a pas le temps de se soigner. De plus, leur milieu professionnel est éloigné des centres de soins. Dans ce milieu très festif, ils peuvent tendre vers des comportements à risques, telle que la poly consommation d’alcool et de drogues. Nous organisons deux journées de prévention dans chacun des quatre massifs de la HauteSavoie : Mont Blanc, Aravis, Chablais et Grand Massif. Nous proposons des dépistages des IST, des mises à jour de vaccination, des consultations et de l’information sur la contraception, de la gynécologie de prévention, et de la prévention des risques. Nous prévoyons de rencontrer plus de 100 saisonniers cette saison.
EN CHIFFRES
TENDANCES
BUS PAR JOUR
Dans le cadre du plan de mobilité de Courchevel Méribel 2023, 80 bus par jour sont déployés pour acheminer jusqu’à 4 000 spectateurs depuis les vallées : des navettes au départ des grandes villes régionales, des parkings relais et des villes de la Tarentaise. En moyenne, 20 000 spectateurs par jour se rendent sur l’évènement, soit environ 150 000 sur les 12 jours. Derrière le petit écran, ils sont 500 millions à suivre la compétition en direct dans le monde.
Sources : Courchevel Méribel 2023, Sporsora
L’IMMOBILIER AU SOMMET
Le marché de l’immobilier en Savoie et Haute-Savoie enregistre une année record en 2022 : « l’achat à la montagne reste un achat plaisir, une valeur sûre. Le marché est différent dans chaque station, mais la tendance est aux volumes plus généreux, et aux biens plus récents, neufs, mieux isolés », indique FNAIM Savoie Mont Blanc.
21,3 %
CA de la Compagnie des Alpes. Le chiffres d’affaires consolidé de la Compagnie des Alpes pour le 1er trimestre de son exercice 20222023 s’élève à 202,30 M€, en progression de 21,3 % à périmètre réel par rapport au 1er trimestre de l’exercice précédent et de 15,3 % à périmètre comparable, c’est-àdire retraité de l’acquisition de MMV.
+5,5 °C
Selon les relevés de Météo France, Noël 2022 se positionne comme le second le plus doux, après celui de 1997. L’indicateur thermique était de 11,3 °C à l’échelle nationale, soit 5,5 °C supérieur à la normale. Des températures qui se situent aux antipodes de 2020, le plus froid depuis dix ans, qui n’avait toutefois pas atteint les températures de Noël 2010.
43 700
C’est le nombre de curistes ayant suivi une cure thermale médicalisée en 2022, en nette augmentation par rapport aux deux années précédentes, marquées par les fermetures administratives et les contraintes sanitaires de la pandémie. La fréquentation est cependant encore inférieure de près de 25 % par rapport au niveau d’avant crise.
-5,6 % Réduction de la durée de l’enneigement par décennie. Au cours des 50 dernières années, la durée d’enneigement dans les Alpes a décliné de 5,6 % par décennie, selon une étude parue fin 2022 dans la revue scientifique Nature. À partir des cernes de troncs d’arbres, les chercheurs ont déterminé que le nombre de jours d’enneigement a baissé de 36 jours par rapport à la moyenne des 600 dernières années.
Banquier des professionnels des territoires de montagne
Les 50 experts de la Communauté Montagne Caisse d’Epargne Rhône Alpes disposent d’une parfaite connaissance de l’écosystème spécifique de la montagne. De part leur expertise, ils accompagnent en proximité les professionnels des territoires de montagne dans l’accomplissement de leurs projets : création, développement, transition…
Imaginer ensemble la montagne de demain.
INDICATEURS
Financement des parcs nationaux. Depuis le décret du 24 janvier 2017, les parcs nationaux sont rattachés à l’Office français de la biodiversité (OFB). À ce titre, l’organisme leur verse, depuis le 1er janvier 2018, une contribution annuelle. L’arrêté organisant les modalités de cette contribution aux parcs nationaux pour l’année 2023 a été publié en ce début d’année.
Les parcs nationaux sont principalement financés par des fonds publics. L’OFB en e st la principale source de financement. En 2018, environ 80 % de ce financement provenait de l’agence, 9 % de l ’ État, 5 % étaient issus des recettes propres aux parcs, 3 % venaient de l’Union européenne, 1 % des collectivités locales et un dernier autre pourcent, des
établissements publics nationaux. Les parcs nationaux ont pour missions la conservation de ces patrimoines naturels et la sensibilisation du public à leurs enjeux. Ils contribuent à valoriser leur territoire et constituent aussi un laboratoire à ciel ouvert pour la recherche scientifique. Le principal poste de dépenses des parcs nationaux est la rémunération des
agents. Leurs missions nécessitent en effet une présence sur le terrain : ils assurent des actions de surveillance et de règlementation (police de l’environnement), de recherche, de connaissance, de gestion et de restauration des milieux et de sensibilisation et de soutien aux territoires.
Sources : Légifrance, ministère de la Transition écologique.
DE LA DOTATION DE L’OFB AUX PARCS NATIONAUX EN ZONE MONTAGNE (en M€)
LA LOI DU 8 AOÛT 2016
De son nom complet, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, votée sous la présidence de François Hollande, a inscrit l’objectif de réduire à zéro la perte nette de biodiversité. Elle succède à la loi sur la protection de la nature de 1976.
11 PARCS NATIONAUX
Huit sont en métropole, dont quatre en zone montagne, et trois se trouvent en outre-mer. Ils couvrent 8 % du territoire national, terrestre ou maritime, soit 52 598 km2. 68 % des 517 communes incluses dans les parcs sont situées en zone de montagne.
Parc des ÉcrinsParc du MercantourParc des PyrénéesParc de la Vanoise
PATRIMOINE
72 % de leur surface métropolitaine est couverte par des zones Natura 2 000 et 47 % par des zones d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). En 2019, 50 % des espèces recensées et 39 % des espèces endémiques françaises y étaient présentes.
DOUBLE ANNIVERSAIRE Cette année, deux parcs nationaux fêtent leur anniversaire : le parc national de la Vanoise, créé le 6 juillet 1963, célébrera ses 60 ans. Le parc national des Écrins, créé 10 ans plus tard soufflera ses 50 bougies. Des appels à projets ont été lancés.
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Une montagne durable est une montagne ouverte à tous
Interview de Laurent WAUQUIEZ, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Les Mondiaux de 2023 sont une opportunité pour notre territoire.
Comment se matérialise le soutien de la Région ? Il se matérialise à deux niveaux. Tout d’abord, la Région apporte un soutien direct à l’organisation de la compétition, auquel il faut ajouter une aide spécifique pour la mise en place de navettes durant les championnats. Le deuxième axe concerne le financement d’infrastructures, qu’il s’agisse de la mise en accessibilité de la gare de Moûtiers, de l’enneigement des pistes, de la modernisation de la télécabine de l’Olympe ou encore du projet d’ascenseur valléen Bozel-Courchevel. Notre objectif est précisément que ces championnats soient une opportunité pour notre territoire, non seulement le temps de la compétition avec les retombées économiques pour nos professionnels engendrées par un tel évènement, mais aussi à long terme au travers des investissements structurants sur nos massifs alpins.
Accompagner les grandes compétitions est-ce important pour la Région ? C’est pour moi essentiel. Nous sommes la grande région de la montagne et des sports d’hiver avec le premier domaine skiable du monde. C’est un atout considérable dont il faut être fier et que nous devons préserver. Rien n’est plus pernicieux dans mon esprit que les discours nous expliquant que nous devrions bannir les grandes compétitions. Le ski est un puissant vecteur d’attractivité pour nos massifs et les évènements tels que les championnats du monde de ski alpin, la coupe du monde de biathlon ou encore le critérium de Val d’Isère sont de formidables vitrines pour nos territoires. À travers le sport et nos athlètes, c’est l’image de notre région et de notre pays qui rayonne dans le monde entier. Nous devons les défendre et les soutenir, tout en travaillant à la
mise en œuvre d’un développement plus durable de notre montagne, comme nous l’avons fait pour ces championnats du monde avec les infrastructures que j’évoquais précédemment.
Comment s’écrit aujourd’hui le projet « Auvergne-RhôneAlpes première montagne durable d’Europe » ?
Une montagne durable, c’est tout d’abord une offre touristique diversifiée qui ne repose pas uniquement sur le ski. La sécurisation de l’enneigement reste une priorité mais nos stations vont inévitablement devoir tendre vers une diversification des activités proposées pour rester attractives en été comme en hiver. Cela passe notamment
par le soutien à des équipements ludiques, sportifs et culturels utilisables lors des deux saisons. Une montagne durable, ce sont ensuite des massifs à l’environnement préservé. C’est le sens des projets d’ascenseurs valléens que nous portons afin de réduire les émissions de CO2 causées par la circulation automobile mais aussi de notre soutien au Lyon-Turin qui relève pour moi de l’évidence si l’on veut sérieusement lutter contre la pollution de l’air dans nos territoires alpins. Enfin, une montagne durable, c’est une montagne ouverte à tous. C’est l’un des éléments fondateurs de l’identité de notre région, et il est pour moi indispensable que tous nos enfants aient la chance de la découvrir
et de se l’approprier. C’est pour cela que dans le cadre du Plan Montagne, nous favorisons le départ des élèves d’Auvergne-Rhône-Alpes en classes de neige en prenant en charge 100 % des frais de transport. Depuis 2016, ce sont plus de 50 000 enfants qui en ont bénéficié dont plus de 30 000 depuis 2020. À terme, nous avons à cœur de développer une clientèle locale, de proximité, issue de nos territoires. C’est comme cela que je conçois la montagne de demain.
› ACCOMPAGNER LES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
› DIVERSIFIER L’OFFRE TOURISTIQUE ÉTÉ COMME HIVER
› PÉRENNISER LA SAISON HIVERNALE EN SÉCURISANT L’ENNEIGEMENT
› FACILITER L’APPRENTISSAGE DU SKI ET LA DÉCOUVERTE DE LA MONTAGNE POUR TOUS LES ÉLÈVES D’AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
Plus d’informations sur auvergnerhonealpes.fr
LA CHRONIQUE JURIDIQUE
RÉMI
LEDOUX
CHARGÉ DE MISSION JURIDIQUE DE L’ANMSM
Qu’est-ce que l’intérêt public majeur de nature économique ?
LE CODE DE L’ENVIRONNEMENT CONTIENT UNE SECTION RÉSERVÉE À LA CONSERVATION DES SITES GÉOLOGIQUES ET DES HABITATS NATURELS DES ESPÈCES ANIMALES ET VÉGÉTALES PRÉSENTANT UN INTÉRÊT SPÉCIFIQUE PARTICULIER. L’ARTICLE L.411-1 DU MÊME CODE LISTE PLUSIEURS COMPORTEMENTS INTERDITS VIS-À-VIS DE CES ÉCOSYSTÈMES, COMME LA DESTRUCTION DES SITES GÉOLOGIQUES PRÉSENTANT LEDIT INTÉRÊT SCIENTIFIQUE. CES DISPOSITIONS DÉFINISSENT LA RELATION ENTRE AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT.
Pourtant, l’article L.411-2 du même code permet de déroger à cette interdiction sous plusieurs motifs. L’un de ces motifs n’est autre que « l’intérêt de la santé et de la
sécurité publique ou pour d’autres raisons impératives d’intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique ». La question se pose donc quant à l’intérêt public majeur de nature économique.
La définition de l’intérêt public majeur
L’article L.411-2 du Code de l’environnement, transposant l’article 16 de la directive du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages, précise le contexte de la dérogation : il ne doit pas exister d’autre solution satisfaisante, et cette dérogation ne doit pas nuire au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle. Par un arrêt en date du 24 juillet 2019, le Conseil d’État reprend ces critères de dérogation au principe de la protection des espèces protégées et de leurs habitats. Ainsi, l’autorité administrative établit que le projet d’aménagement ou de construction doit justifier d’une raison impérative d’intérêt public majeur. Si un intérêt public majeur est démontré et tout en tenant compte des mesures de réduction et de compensations prévues, il ne doit pas exister d’autres solutions satisfaisantes. Enfin, ce projet d’aménagement ou de construction ne doit pas nuire au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle. La notion d’intérêt public majeur est essentielle pour permettre de déroger au principe
de la protection des espèces protégées et de leur habitat. Seule la jurisprudence établit une définition de cette notion d’intérêt public majeur. Ainsi, dans un arrêt du Conseil d’État du 9 octobre 2013, SEM Nièvre Aménagement, l’intérêt public majeur se définit comme un projet présentant « un intérêt public incontestable » et présentant « un cas exceptionnel dont la réalisation se révèlerait indispensable ».
Le cadre européen de la notion La définition de l’intérêt public majeur en droit français est essentiellement jurisprudentielle. À l’inverse, le droit européen offre des éléments clairs de définition de cet intérêt public majeur. Ainsi, dans la directive Habitats (art. 6§4), est prévu qu’un plan ou un projet peut être réalisé pour des « raisons impératives d’intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique ». De plus, « lorsque le site concerné est un site abr itant un type d’habitat naturel et/ou une espèce prioritaire, seules peuvent être évoquées des considérations liées à la santé de l’homme et à la sécurité publique ou à des conséquences bénéfiques primordiales pour l’environnement, ou à d’autres raisons impératives d’intérêt public majeur » Cette directive fixe donc les caractéristiques d’un tel intérêt. L’intérêt public doit être à la fois majeur et à long terme. L’intérêt public doit être incontestable, et porter sur un cas exceptionnel dont la réalisation est incontestable. D’après les directives européennes donc, l’intérêt public majeur peut être économique. Le droit français a repris cette possibilité dans son
article L.411-2 du Code de l’environnement, sans pour autant donner d’autres critères de définition. Il faut donc se pencher plus spécifiquement sur les cas précis où la jurisprudence française a accepté la notion d’intérêt public majeur d’ordre économique pour déroger au principe de protection des espèces protégées et de leur habitat.
L’intérêt public majeur reconnu dans la jurisprudence française Les décisions administratives sont nombreuses en France pour déterminer si tel projet d’aménagement constitue ou non un intérêt public majeur. Pourtant, l’absence de définition objective de la raison impérative d’intérêt public majeur entraîne de la part du juge une analyse concrète des faits et des motifs invoqués par les pétitionnaires. L’analyse du caractère d’intérêt public majeur d’un projet est liée à son contexte. Dans un arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes du 5 m ar s 2019, SAS Les moulins du Lohan, en matière d’énergie, le juge administratif a reconnu l’intérêt public majeur de l’implantation d’un champ d’éoliennes, en Bretagne. Pour cela, il a reconnu la situation fragile d’approvisionnement électrique en Bretagne, et a relevé que ce projet s’inscrivait dans l’objectif
ACTUALITÉ JURISPRUDENTIELLE
Dans une ordonnance du 25 octobre 2022, le tribunal administratif de Grenoble s’est prononcé sur la suspension de l’arrêté du 20 septembre 2022 du préfet de la Haute-Savoie. Cet arrêté portait autorisation environnementale pour l’aménagement d’une retenue collinaire. Dans ce cas d’espèce, le juge administratif retient un usage essentiellement destiné à la neige de culture, « insuffisant pour remettre en cause l’urgence qui tient à la préservation du milieu naturel ». L’autorité administrative ne retient pas la notion d’intérêt public majeur pour ce projet.
d’accroissement de la production d’énergies renouvelables soutenu par l’État. Dans un arrêt de la cour administrative d’appel de Douai du 15 octobre 2015, ministre de l’Écologie contre Écologie pour le Havre, sur l’aménagement urbain, la réhabilitation de friches industrielles peut être qualifiée d’intérêt public majeur, dès lors qu’elle intervient dans le cadre d’un programme national de mobilisation des terrains publics pour des opérations d’aménagement durable. Le juge retient l’extension de l’activité économique et la création d’emplois. Toujours sur le domaine de l’emploi, dans un arrêt du Conseil d’État du 3 juin 2020, Société La Provençale, l’exploitation d’une carrière de marbre blanc a été reconnue d’intérêt public majeur du fait de la création de 80 emplois
dans un département où le taux de chômage dépasse de près de 50% la moyenne nationale. Pourtant, il ne suffit pas que le projet crée des emplois pour reconnaître la qualification d’intérêt public majeur. Cette création doit être particulièrement nécessaire au niveau du bassin de population considéré. Ainsi, dans un arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux, du 13 juillet 2017, SNC Foncières Toulouse Ouest, le secteur de l’emploi n’étant pas en difficulté, la création d’emplois du projet n’a pas suffi à ce qu’il soit qualifié d’intérêt public majeur. Cette décision a été confirmée par le Conseil d’État le 24 juillet 2019, Société PCE. En l’absence de toute définition formelle, l’intérêt public majeur économique s’apprécie concrètement par le juge administratif. ▲
DÉCRYPTAGE
Saison
Slalom très spécial
ÉCONOMIE D’ÉNERGIE, INFLATION, MÉTÉO PRINTANIÈRE ET MANQUE DE NEIGE : POUR CE DÉBUT DE SAISON
TRÈS SPÉCIAL, LES STATIONS ONT SU SLALOMER ENTRE LES EMBÛCHES ET GAGNER DES POINTS… EN ATTENDANT LA DEUXIÈME MANCHE DE FÉVRIER.
À chaque jour suffit sa peine pourrait-on dire à propos de ce début de saison tant les anicroches se sont succédé. Aux menaces de coupures énergétiques, assorties des injonctions à réduire la consommation d’électricité, se sont ajoutés un manque de neige latent et une inflation toujours vive. Sur ces terrains glissants, qu’ont tôt fait d’occuper les médias, les stations ont pourtant su tirer leur épingle du jeu, à commencer par celui de la sobriété énergétique.
« Le plan d’économie s’est déroulé comme prévu », affirme Laurent Reynaud. « La menace du délestage s’éloigne, les objectifs de sobriété énergétique ayant déjà été atteints au plan national. Le gouvernement a renoncé à imposer des protocoles type Covid et c’est heureux », poursuit le délégué général de Domaines skiables de
France. Car, souvenez-vous, l’été dernier, l’Exécutif, anticipant des déficits de production d’électricité, avait demandé à toutes les filières électros-intensives de se serrer la ceinture énergétique, agitant le sceptre de la coupure électrique. DSF avait alors dégainé un plan de 10 % d’économie d’énergie de 10% sur les deux prochains hivers, validé le 6 octobre par le gouvernement.
« Nous étions prêts »
« Ce plan est un guide, qui montre que la sobriété est accessible, mais laisse à chaque station la latitude d’y parvenir par ses propres moyens. » Réduction de la vitesse des téléportés, production de neige au plus juste des besoins, fermetures des remontées en doublon en période de faible affluence, formation à l’écoconduite des engins de damage… Les préconisations
du syndicat s’appuyaient sur les éco-engagements adoptés par la branche deux ans plus tôt, mais d’autres leviers ont été activés par les stations pour gagner encore quelques kilowatts. « Certaines ont progressé sur l’isolation des cabanes, l’éco-conduite, le remplacement d’enneigeurs par des appareils plus performants, ou ont renoncé au ski de nuit, quand il n’était pas le cœur de leur modèle économique… Nous travaillons ces sujets depuis plusieurs années : nous étions prêts », rassure le délégué général. Toujours est-il que ces gains énergétiques ne suffiront pas à effacer l’ardoise que laissera la brutale augmentation du prix de l’énergie. « La facture peut être multipliée par quatre. Ce poste de charge, qui comptait pour 3 à 5 % du chiffre d’affaires des stations, va soudain atteindre 10 à 20 %. » Mais toutes ne vivent pas la même chose au même moment : la moitié d’entre elles n’aurait pas encore actualisé leur contrat. Pour l’autre moitié, qui a passé le cap, les prix ne sont effectifs que depuis le 1er janvier. « Il y a une distorsion entre
les stations qui doivent reporter ce surcoût, tout ou partie, sur leur tarif, et les autres, qui n’ont pas encore besoin de le faire. »
Dans ce contexte, il est tentant de présenter les fermetures de remontées causées par l’enneigement précaire de ce début de saison comme l’opportunité d’épargner du courant. « Être fermé entre Noël et le jour de l’An n’est jamais une économie, tranche Laurent Reynaud, La rentabilité d’un domaine skiable repose sur quelques semaines de la saison, et celles de fin d’année pèsent pour environ 15 % dans cet équilibre ».
Fonte des CA ?
Si, avec 50 % des pistes fermées en moyenne sur le s domaines skiables à la sortie des vacances de Noël, selon DSF, le produit ski n’a pu se vendre de façon optimale dans tous les massifs, la fréquentation en station, elle, s’est révélée plutôt satisfaisante. « Les réservations étaient prononcées et nous avons constaté une bonne fréquentation, même dans les zones où la neige manquait. Dans l’ensemble, les touristes ont honoré leur réservation », observe Jean-Luc Boch. Le président de l’Association nationale des maires
de stations de montagne s’appuie sur les prévisions de décembre. Toutes rapportaient un taux de réservation plus élevé à date que celui de la saison dernière, qui par son niveau record, fait depuis figure de référence : « Plus de 70 % entre Noël et le jour de l’an, ce qui confirme l’engouement pour la montagne et le ski. Les stations se sont adaptées : quand la matière première fait défaut, elles proposent des activités complémentaires. » Coup de pouce de la période aussi, qui a d’autres symboliques que le ski. « Les vacances de Noël sont particulières, car les touristes viennent en montagne aussi pour l’ambiance et le moment festif. Sur les autres périodes, il est plus difficile de faire venir des vacanciers quand la neige manque », rappelle Laurent Reynaud. La baisse de la fréquentation a surtout affecté les stations de moyenne montagne, plus touchées par l‘insuffisance de neige. « Cumulée à la hausse du coût de l’énergie, la situation peut générer un effet ciseau », pointe le délégué général. Avec les chutes de neige et la période de froid de ce début d’année, l’horizon s’est cependant éclairci pour les stations, et les taux de réservation sont au au beau fixe. ▲ BARBARA SATRE
RÉACTION
François Gaillard Directeur de France
Montagnes
Quelles sont les prévisions ?
Les taux d’occupation pour les vacances d’hiver se situent autour de 72 %. Ces volumes prévisionnels sont identiques à la saison dernière, qui était déjà exceptionnelle. Nous sommes d’autant plus optimistes que les deux dernières semaines affichent une progression de 7 % par rapport à l’année dernière.
Comment l’interprétez-vous ?
L’inflation pourrait également impacter les activités composant les séjours.
La saison 2021-2022 pouvait laisser penser à un effet de rattrapage, après deux saisons impactées par le Covid. Force est de constater que les gens ont envie de montagne. Cette destination correspond exactement à ce qui est recherché, dans ce contexte impacté par les crises sanitaire et sécuritaire. Les populations ont besoin de se retrouver, de s’oxygéner et de se surpasser. En cela, la montagne est clairement un produit d’avenir.
Quelles sont vos actions ?
Nous investissons avec Atout France dans des campagnes conjointes à l’ensemble des massifs. « La montagne, ça vous gagne » est un slogan mythique, mais aussi emblématique : il avait été lancé il y a trente ans avec une volonté d’avancer ensemble suite aux années sans neige de 1990. Reprendre ce slogan après deux années d’incertitude est un symbole fort : nous avançons à nouveau main dans la main pour lancer une campagne d’envergure. Ce slogan crée un désir de montagne et permet de la démystifier. Il est inclusif et indique que, quel que soit le niveau de vie et de pratique, il y a en France une station adaptée au besoin de chacun.
le Syndicat
National des Moniteurs de Ski Français
depuis plus de 40 ans le Syndicat National des Guides de Haute-Montagne
40 AGENCES EN MONTAGNE
1 Pro sur 2 sur l’arc alpin est en relation avec BPAURA
l’Association Française des Entraineurs de Ski Alpin
180
85 clubs de sport et ski clubs 85 écoles de Ski Français
la Ligue de ski AuvergneRhône-Alpes
6 comités de ski
1 pôle « entreprises » montagne basé à Albertville
250 collaborateurs au service de la montagne
Partenaire financier de 90% des sociétés de remontées mécaniques
+ 5 000 JEUNES
SKIEURS
accompagnés au travers des clubs partenaires
11 athlètes de haut niveau soutenus dans la Team BPAURA
LEADERS
P24 JULIEN GAUTHIER
P26 CÉLINE BRUNEL
Laurent Deléglise Directeur de la SOREMET
La nomination de Laurent Deléglise à la direction de l’opérateur du domaine de La Toussuire remonte à 2006. Le périmètre de la SOREMET s’est en revanche agrandi depuis décembre dernier et la reprise des parts de la SATVAC (Le Corbier – SaintJean-d’Arves) et de la SAMSO (Saint-Sorlin-d’Arves), détenues jusqu’alors par Alexandre Maulin et sa mère, Maryse Maulin. Outre la volonté de stabilité et de fidéli-
sation du personnel en place, le nouveau capitaine du navire des Sybelles, quatrième domaine relié en France, nourrit une ambition territoriale : « Avec Les Sybelles, nous disposons d’une marque, qui fêtera ses vingt ans l’an prochain. Mais cet anniversaire concerne tout le territoire, et pas uniquement le domaine skiable. Ce nom doit devenir une référence dans le monde de la montagne et illustrer ce que l’on est capable de réaliser avec
les acteurs locaux. Notre priorité sera évidemment de proposer le meilleur service possible à notre clientèle. Outre nos futurs projets dédiés aux activités hivernales et estivales, nous devons faire évoluer, maîtriser et réhabiliter notre hébergement, pour laisser aux jeunes générations un bon produit, avec des lits chauds. Nous devons sortir de notre cocon pour porter loin, haut et fort le domaine des Sybelles et ses qualités. » ▲ M.F.
LEADERS
Julien Gauthier
2001 DIRECTEUR DU DÉVELOPPEMENT DU GROUPE SKI COMPANY.
2020 VICE-PRÉSIDENT DE L’UNION SPORT ET CYCLES.
2022 PRÉSIDENT DE LA COMMISSION MONTAGNE DE L’USC.
« C’est une nécessité aujourd’hui de conquérir de nouveaux candidats »
À LA TÊTE DE LA COMMISSION MONTAGNE DE L’UNION SPORT & CYCLE DEPUIS OCTOBRE, EN COPRÉSIDENCE AVEC STÉPHANIE BLOCH, JULIEN GAUTHIER POSSÈDE UNE LONGUE EXPÉRIENCE AU SEIN DE CETTE ORGANISATION. IL FAIT LE POINT SUR L’ACTUALITÉ DE L’ÉCONOMIE DE MONTAGNE.
Après les vacances de Noël, quel est le bilan pour la filière ?
J. G. – Le bilan est contrasté en fonction des massifs. L’appétence des clients ne faiblit pas malgré des conditions d’enneigement difficiles. La fréquentation des stations d’altitude est comparable à celle de l’an dernier grâce, notamment, à un retour de la clientèle internationale. Malgré tout, certaines stations ont dû fermer prématurément et nous notons un léger retrait concernant les ventes et les locations en magasins. Ce recul est de 8 % pour les locations, et de 17 % pour les ventes dans les boutiques en station, soit un recul global de 12 %. Un tiers des entreprises membres ont fait une demande d’activité partielle depuis le début de la saison, et aujourd’hui, c’est la guerre avec les pouvoirs publics pour y avoir accès.
Comment la filière appréhende-telle la Responsabilité élargie du producteur (REP) ?
J. G. – Une commission dédiée à la REP a été créée. Elle oriente les magasins de stations sur la façon de la mettre en place. L’obligation de reprendre gratuitement un produit usager pour l’achat d’un produit neuf ne s’impose qu’aux magasins de plus de 200 m2 de surface de vente. Pour les boutiques de plus de 400 m2 il n’y a pas d’obligation d’achat. Il faut savoir qu’en stations, il y a très peu d’établissements de cette taille, donc la démarche est volontaire. De nombreux exploitants sont sensibles à la mise en place de la REP dans la filière. Pour l’instant, nous en sommes encore au stade de l’expérimentation. Les difficultés vont se faire sentir au fur et à mesure, mais nous sommes sereins.
Vous avez créé un groupe de travail « recrutement et formation du personnel », quelle est la situation ?
J. G. – La période Covid a rompu le rythme de la saisonnalité. L’embauche va mieux, mais elle n’est pas revenue à la normale. Des travailleurs réguliers sont partis et ils n’ont pas été remplacés, car en parallèle, la nouvelle génération a d’autres aspirations. C’est une nécessité aujourd’hui de conquérir de nouveaux candidats. Pour cela, il faut s’adapter à cette génération, la comprendre, pour savoir comment l’attirer. Pour cela, nous accompagnons les entreprises dans cette transition. Nous les aidons à améliorer leur communication pour valoriser leurs offres et pour identifier les bonnes pratiques afin de les partager. C’est un chantier global.
LEADERS
Céline Brunel
«
Notre secteur a les moyens d’être précurseur »
2004
LICENCE GESTION ET CRÉATION DES ENTREPRISES.
2006-2018 MISSIONS DANS L’ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES ET DES TERRITOIRES À LA CCI DE LYON.
2018-2022
RESPONSABLE DU PARTENARIAT ET DU START-UP PROGRAM À OUTDOOR SPORTS VALLEY.
SPÉCIALISTE DU DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES, CÉLINE BRUNEL SUCCÈDE À BENJAMIN THALLER À LA DIRECTION D’OUTOOR SPORTS VALLEY. PRÉCÉDEMMENT EN CHARGE DE L’ENTREPREUNARIAT ET DE L’ACCOMPAGNEMENT DES JEUNES POUSSES DU CLUSTER, ELLE ENTEND GUIDER LES ENTREPRISES ADHÉRENTES SUR LA VOIE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET DANS LA DÉMARCHE RSE.
Quel est le rôle d’Outdoor sports valley ?
C. B. - L’association regroupe environ 550 entreprises françaises de l’industrie outdoor, dont 350 marques et détaillants ainsi que des entreprises internationales siégeant en France. Ce réseau permet de créer des synergies, qui profitent au développement de notre business et stimule le développement des structures plus modestes. Nous agissons sur plusieurs segments: la data, en produisant des enquêtes et des études de marché, l’accompagnement, et le réseau. Notre but est de contribuer à la création et au développement des entreprises, mais aussi d’amplifier la dynamique des acteurs pour en faire une filière exemplaire, qui œuvre pour le développement durable du business outdoor.
Quels sont les enjeux de la filière outdoor ?
C. B. - Le Covid est venu bouleverser les comportements des consommateurs et notre secteur d’activité change beaucoup. Il est important de suivre cette évolution, pour que les entreprises puissent se transformer et pérenniser leur activité. L’engagement des entreprises outdoor est particulièrement scruté par nos consommateurs, comme par les salariés du secteur, qui sont souvent des passionnés. La RSE devient ainsi omniprésente. La question est de l’intégrer dans l’activité de ces salariés et d’insuffler des changements au sein des gouvernances, pour transformer cette industrie et répondre aux sujets environnementaux et sociétaux. Nous avons les moyens d’être des précurseurs.
Comment OSV peut-il insuffler ces changements ?
C.B. - Cela se traduit par l’accompagenement des entreprises dans leur stratégie RSE. Il nous faut pour cela des indicateurs. Ainis, nous accompagnons nos adhérents dans la réalisation de bilans carbone, et dans l’élaboration de leur marque employeur. L’idée est de pouvoir tester en interne pour rendre le changement plus accésible : OSV se doit d’être un hub d’experiences ! Nous organisons plusieurs évènements forts dans l’année comprenant des conférences inspirantes et des moments d’échanges. Les temps d’intelligence collective nous permettent de progresser sur nos enjeux. Nos accompagnements vont être plus ciblés sur la RSE, et la stratégie de mutualisation des achats.
Skiez en toute liberté grâce au forfait numérique
Le futur de la billetterie est en marche. La technologie BLE (Bluetooth Low Energy) transforme votre smartphone en forfait de ski grâce à notre application Axess SkiWallet. Après avoir acheté votre forfait en ligne dans l’Axess WEBSHOP, vous pouvez cliquer sur le lien ou scanner le codebarres afin de télécharger le titre sur votre smartphone. Une fois sur les pistes, inutile d’activer ou de présenter votre smartphone, le bluetooth permet au SkiWallet de se connecter à n’importe quel AX500 Smart Gate NG BLE qui autorise aussitôt le passage. Plus d’informations sur notre site teamaxess.com
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DÉCÈS DR
Fondateur des Karellis et de l’association Renouveau, Pierre Lainé avait décliné le concept de « développement harmonisé » pour poser les bases de cette station sociale, créée en 1975 en Maurienne. Il est décédé le 21 décembre dernier, à l’âge de 100 ans.
Nommé par le Conseil des ministres, Boris Ravignon a succédé à Arnaud Leroy au poste de président-directeur général de l’Ademe. Le vice-président de la Région Grand Est, élu depuis 2021, a démissionné de sa fonction pour rejoindre l’Agence de la transition écologique
NOMINATION
LUDOVIC
SCHULTZ
Issu de l’Institut d’études politiques de Paris, le nouveau directeur du parc national des Écrins a commencé sa carrière dans la Marine nationale. Il a ensuite intégré l’administration maritime, puis le ministère de l’Agriculture, où il était en charge des négociations internationales sur la gestion des ressources alluviales. À la Commission européenne , il a œuvré pour la protection des
milieux marins. Il a travaillé sur les politiques de protection de l’environnement au sein du ministère de l’Écologie et intégra les services du Premier ministre, Cependant, « La partie cachée de l’iceberg est ma passion pour la montagne. J’ai un attachement particulier à ce territoire, que j’ai beaucoup parcouru. Après une carrière parisienne, je souhaitais travailler sur des enjeux locaux. »
2011-2015 Commission européenne. 2015-2018 Ministère de l’Écologie. 2018-2023 Cabinet du Premier ministre.
RETRAITE
PHILIPPE MOLLIET
C’est une page qui se tourne pour l’entreprise Joly&Philippe avec le départ de son emblématique directeur général, Philippe Molliet. Issu d’une famille d’agriculteurs, ce Beaufortain a intégré l’entreprise spécialisée en travaux en montagne à 16 ans, comme manœuvre. Il devient monteur puis chef monteur et grimpe progressivement les échelons. En 2006, suite à la restructuration de l’entreprise, il est nommé directeur général délégué, en binôme avec François Dalliet, qui deviendra son bras droit quand Philippe accédera aux fonctions de PDG en 2009. Jérôme Dorly, auparavant chez Ingelo, prend sa relève.
MOUVEMENTS
Aurélien Bône a rejoint le comité exécutif du groupe industriel français MND, au poste de directeur commercial, communication et marketing. Il vient apporter son expérience à la réalisation du plan stratégique « Succeed Together 2024 », lancé en 2020 par le groupe.
Julien Noël, rejoint le groupe MMV, opérateur de vacances à la montagne, en tant que directeur d’exploitation. Il a commencé sa carrière dans l’immobilier pyrénéen, avant de travailler pour plusieurs domaines skiables. En 2017, il se tournait vers l’industrie en intégrant le groupe MND.
Louis Armary a été élu président du parc des Pyrénées. Engagé dans la protection du patrimoine pyrénéen et du pastoralisme, il est conseiller départemental de la vallée des Gaves, et le maire adjoint d’Ouzous. Il succède à Laurent Grandsimon, ancien maire de LuzSaint-Sauveur.
« Une marque d’héritage, innovante et progressiste »
Fermeture des remontées mécaniques, inflation, crise énergétique : le PDG du groupe Rossignol trouve dans ces difficultés des opportunités de changement pour ses marques. Régulièrement sur le terrain, Vincent Wauters prouve que venir du Plat pays n’empêche pas de viser les sommets.
Pouvez-vous revenir sur le contexte de votre prise de fonctions, le 1er février 2021 ?
Cette date coïncide avec l’annonce de la confirmation que les remontées mécaniques ne pourraient pas ouvrir en France, en Italie, en Allemagne, et que leur fonctionnement serait perturbé ailleurs. Quand on est le leader mondial de l’équipement de sports d’hiver, on ne peut pas imaginer pire moment. Pour autant, ce n’était pas réellement une surprise puisque j’avais commencé à travailler sur la transition dès novembre 2020, même si nous
observions chaque mois un report de la date d’ouverture des domaines skiables. Les raisons pour lesquelles j’ai rejoint le groupe sont structurelles : je suis passionné par les marques. Rossignol est une marque d’héritage, avec une histoire olympique, un ADN de performance depuis 116 ans, une diversification quatre saisons déjà bien engagée, et un positionnement sur des macrotrends très importants : le bien-être physique et mental, et l’appel de la montagne. Mes choix étaient donc axés sur cette dimension stratégique. Ceci étant, il fallait assumer le contexte conjoncturel qui n’était pas facile. Mon discours en interne a été clair : il faut faire face à la réalité, tout en se projetant positivement vers l’avenir. Cette période a été un catalyseur du changement. Derrière ces moments difficiles, il y avait l’opportunité de renouveler les énergies pour accompagner ce changement. Nous nous sommes recentrés sur la montagne, en vendant certaines marques (Felt, Time).
Nous avons fait des efforts considérables sur les dépenses tout en conservant 100 % de notre budget R & D. C’était une décision audacieuse qui nous a permis de doubler le nombre de pré-introductions entre février 2021 et janvier 2022. Malgré le Covid, nous avons réussi à réaliser tous les tests et les développements pour un rebond fort pendant la saison 2021-2022.
Comment vos équipes ont-elles vécu cette période particulière ?
La culture des sportifs et des marques de sport est très spécifique. La résilience et la passion animent les équipes de Rossignol. On ne gagne pas toujours lorsqu’on est sportif. En revanche, on donne le meilleur de soi à chaque compétition. Donc, une fois que le cap avait été clair et la communication engagée, la mobilisation a été très forte. Beaucoup de nos techniciens ont fait leur carrière au sein du groupe, les équipes ont un attachement très fort à l’entreprise.
Comment le groupe fait-il face au contexte économique actuel ?
Les deux dernières années ont été tout sauf un long fleuve tranquille. Après la fermeture des remontées mécaniques dans beaucoup de pays sont arrivées la problématique de la vaccination et celle de sa logistique. Puis, nous avons connu une inflation sur les matières premières en même temps que les difficultés liées à la relance d’une supply chain perturbée. Ensuite c’est la guerre en Ukraine qui a considérablement perturbé le commerce et les chaînes d’approvisionnement en Russie et dans l’Europe centrale, et a engendré une inflation des marchés des matières premières et de l’énergie.
Cela a-t-il impacté les ambitions de votre plan « Ascension 2026 » ?
L’année que nous allons clôturer fin mars est la première étape de ce projet. Malgré toutes ces difficultés, le premier exercice de ce plan, 2022-2023, devrait être une année record, en ligne avec les objectifs fixés, largement au-dessus de 2021-2022 (313 M€) et de l’équivalent pré-Covid de 2019-2020 (331 M€), à périmètre constant. Ces performances étant valables pour tous nos équipements, nous devrions annoncer une croissance à deux chiffres.
Quant à l’exercice 2023-2024, il est conditionné aux deux prochains mois. La neige est de retour après un réchauffement intense, mais février et mars sont les mois les plus importants. C’est une période clé pour toute l’industrie du ski, celle de la fréquentation des stations de sports d’hiver dans l’hémisphère nord, qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord, de l’Europe ou de la Scandinavie. Si elle se passe bien, nous serons confiants pour 2024. Mais cela ne change rien à nos attentes pour 2025 et 2026.
Quels sont vos autres marchés de prédilection ?
Derrière les États-Unis (30 %), la France (20 %) et le Canada (10 %), la Scandinavie et l’Europe germanique arrivent à parts égales. Mais, Rossignol connaît également une belle histoire avec le Japon depuis quarante ans. Et la Chine dispose d’un beau potentiel de croissance qui n’a pas pu s’exprimer à cause du Covid, d’abord du fait des lockdowns, et désormais de la propagation du virus. Nous y avons réalisé de gros investissements structurels, et les Jeux olympiques ont apporté une belle visibilité. Hélas, le pays est jusqu’à présent dans l’impossibilité de pratiquer les sports d’hiver. Nous espérons une première saison sans contrainte pour avoir une visibilité sur ce marché.
Le rapatriement d’activités en France est-il un élément de votre stratégie industrielle ? En octobre et novembre, nous avons rapatrié du très haut de gamme technique de l’Espagne vers la France. C’est en ligne avec notre stratégie industrielle qui consiste à fabriquer des volumes importants en Espagne, et à maintenir les petites quantités, techniques, et l’innovation en France, à Sallanches.
2008
2012
2020 PRÉSIDENT DE ROSSIGNOL.
Cette volonté n’est pas récente puisque nous avions effectué d’importants rapatriements depuis Taïwan vers la France et l’Europe dès 2011. L’idée est d’utiliser à plein les expertises spécifiques dont nous disposons en France. Nous avons décidé que nos skis écoconçus (Essentiel pour Rossignol, et Hybrid Core 2.0 annoncé en décembre pour Dynastar) seraient fabriqués à Sallanches. Mais le site ne sera pas seulement le berceau de ces deux modèles de ski. Il sera le siège d’une transformation complète de notre gamme Rossignol, avec une approche écoconçue ayant pour objectif un tiers de notre gamme d’ici 2028.
La première étape consiste à déployer cette stratégie durable à Sallanches. Cela comprend notamment nos travaux sur la fin de vie des produits avec les programmes 2nd choice (réparation et vente de produits présentant de petits défauts esthétiques), et 2nd life (recyclage de produits en fin de vie).
Dans ces conditions, le site de Sallanches est-il voué à s’agrandir ?
Notre premier objectif est la pérennité de l’emploi, qui dépendra du succès commercial des skis écoconçus. Nous avons de
fortes ambitions pour ce site emblématique : c’est la dernière usine de skis en France, au pied du mont Blanc. Nous en faisons la première usine de skis écoconçus au monde. Et nous souhaitons valoriser ce site auprès des consommateurs en organisant sa visite.
Mais notre siège de Saint-Jean-deMoirans est également remarquable. Le positionnement de l’atelier Course, en plein cœur du bâtiment, démontre l’authenticité du groupe. Tout ce que l’on fait est aligné avec la fièvre de la compétition.
Le made in France, ou le made in Europe, est-il aujourd’hui devenu un argument commercial ?
Notre démarche initiale est associée à notre responsabilité environnementale : en tant que leader mondial, nous devons mener le mouvement.
Parallèlement, il existe une prise de conscience des consommateurs. À performances identiques, et pour des prix alignés sur les tarifs actuels, je pense qu’ils favoriseront des produits plus propres. Cela se conjugue aussi avec le désir d’acheter local, auprès de circuits plus courts. Ceci étant, mon engagement auprès des équipes et de nos consommateurs est inchangé : on ne lâchera rien sur la performance ! Les premiers tests sur les skis écoconçus le confirment.
Rossignol a 116 ans cette année. Une marque centenaire est-elle rassurante pour les consommateurs ?
Je pense que c’est très inspirant pour la clientèle. Il existe un respect pour les marques qui ont été résilientes, et qui ont été iconiques pour plusieurs générations. Cela vaut pour la France mais aussi ailleurs, aux États-Unis depuis 51 ans, ou au Japon depuis 40 ans. Rossignol fait partie du patrimoine de tous les passionnés de la montagne.
Cette image historique est-elle compatible avec le besoin d’innovations ?
La performance et l’innovation font partie de l’ADN du groupe, et de la marque Rossignol en particulier. Cette continuité d’innovations nous a permis d’accompagner plus de cent champions olympiques ! Nous sommes toujours sur le podium, et toujours en concurrence avec deux autres marques. Nous ne gagnons
« ASCENSION 2026 » : LES MOYENS DE SES AMBITIONS
En lançant son plan stratégique en novembre 2022, le groupe annonçait également l’enveloppe d’investissements destinés à atteindre les objectifs économiques et environnementaux affichés. « Nous avons identifié une enveloppe de 50 M€ pour couvrir ce programme de quatre années.
Un premier volet de 23 M€ concerne la R&D et le développement de nouveaux produits : skis, chaussures alpines, mais aussi textile et chaussures pour l’outdoor et la pratique d’activités quatre saisons. Il permettra également des investissements au plan commercial. C’est notamment le cas avec la création d’une nouvelle plateforme de e-commerce que nous dévoilerons au printemps 2023.
Les autres 27 M€ concernent le volet industriel, d’abord avec 12 M€ dédiés à la modernisation de notre outil (remplacement d’outillages), mais aussi avec 15 M€
pas toujours, c’est le propre de la compétition. Mais il existe une vraie fièvre de la performance pour aller gagner ces fractions de seconde qui font la différence. Tant qu’il y a cette fièvre, on ne vieillit pas, on est dans l’action et l’innovation. Par ailleurs, nous sommes peut-être la plus vieille marque de ski au monde, mais aujourd’hui nous sommes en tête de file de l’engagement écologique. Nous travaillons sur tous les curseurs (matière, usine, fin de vie, recyclabilité) et nous partageons cela. Tout cela fait de Rossignol une marque d’héritage, innovante et progressiste.
Vous n’êtes pas issu d’un pays de montagne, quelle est votre relation personnelle à cet environnement ?
C’est un univers fascinant. La montagne est un lieu de ressourcement physique, mental et spirituel. Pour moi c’est un aimant, à tous moments de la journée. Ma préférence de pratique va au ski alpin. Je m’y suis mis tardivement, donc le plaisir n’est pas nécessairement lié à la performance.
C’est un moment heureux, de partage, de respiration, et littéralement de déconnexion : je déconseille de consulter son téléphone portable en skiant, ou même sur les remontées mécaniques. (rires) J’ai également découvert le plaisir du vélo à assistance électrique, qui permet d’atteindre des endroits inaccessibles et de découvrir la montagne en toute saison.
▲ PROPOS RECUEILLIS PAR MICKAEL FROTTIER
associés à notre engagement écologique autour de trois typologies d’investissement : – un tiers dédié au remplacement complet de nos toitures d’usines, à Artes, en Espagne et à Sallanches Une première opération est liée au désamiantage (9 500 m2,en Espagne et 8 500 m2 en France). Notre site d’Artes sera également équipé de panneaux photovoltaïques (18 500 m2) ; – un tiers pour optimiser nos outils, par le remplacement de condensateurs par exemple, afin d’abaisser notre consommation énergétique durant nos processus de production ; – et un tiers pour réduire nos déchets durant la production. Nous avons ainsi investi dans de nouveaux outils pour réaliser des découpes “à sec”, car la découpe de la fibre de verre enduite de résine époxy engendrait des déchets difficilement recyclables. »
SOLUTIONS
Solution pour les secours techniques comprenant un casque STRATO VENT HI-VIZ, une lampe DUO RL, un harnais FALCON MOUNTAIN, une poulie-bloqueur MINI TRAXION, une poulie SPIN L1 et une protection de corde ROLLER COASTER. www.petzl.com
Parce que chaque seconde compte dans ces situations extrêmes, les opérations de secours techniques nécessitent les meilleurs moyens humains et matériels. Pour cela, les secouristes doivent régulièrement effectuer des entraînement, comme ici en exercice de via ferrata en Suisse. Ils savent qu’ils peuvent compter sur Petzl pour disposer des outils les plus performants.
PETZL LIGHTING SOLUTIONS
ARIA 2R
Lampe frontale compacte rechargeable, robuste et étanche, adaptée à la vision de proximité et aux déplacements. 600 lumens. www.petzl.com
Disposer d’une solution d’éclairage performante, fiable et robuste, est une nécessité pour la plupart des artisans évoluant dans des environnements à faible luminosité. C’est, par exemple, le cas de cet opérateur lors d’opérations de maintenance industrielle dans un centre de traitement des déchets. Grâce à sa lampe frontale Petzl, il peut travailler comme en plein jour !
Sunkid : Un Moving carpet vers le Metro Alpin
Depuis novembre 2021, les skieurs de Saas-Fee bénéficient d’un confort accru pour rejoindre le sommet du domaine, grâce à l’installation d’un nouveau Moving Carpet de la société Borer Lift AG.
Filiale de Sunkid, Borer Lift AG a procédé durant l’automne à la mise en place d’une bande transporteuse dans un environnement inédit. Cette nouvelle installation a en effet pris place au sein de la galerie de liaison de Felskinn, à 3 000 m d’altitude. Cet endroit établit la connexion entre deux installations, la télécabine Alpin Express II et le téléphérique Felskinn, et le funiculaire souterrain Metro-Alpin qui emmène vers Mittelallalin (3 500 m).
Ce chemin de transfert vers l’entrée du Metro-Alpin, relativement plat, peut désormais être emprunté au moyen d’une bande transporteuse de 72 m de long.
Outre son implantation souterraine, ce Moving carpet se
distingue par son système de surveillance indirect. La bande transporteuse est en effet observée depuis la station aval du funiculaire. Quatre caméras offrent aux employés du funiculaire une surveillance intégrale de l’itinéraire.
En été et en automne, de nombreuses équipes de ski alpin viennent du monde entier s’entraîner sur le glacier au-dessus de Saas-Fee.
Dans cette configuration, la bande transporteuse est utilisée en direction du funiculaire le matin ; elle est ensuite empruntée dans la direction opposée au retour des sportifs pour rejoindre facilement les installations en direction de la vallée. Une puissance de 11 kW suffit pour assurer le fonctionnement de cette bande convoyeuse de 75 cm de large.
Fiche technique
• Application : navette
• Longueur : 72 m
• Largeur de bande : 750 mm
• Surface : Rufftop
• Entraînement : 11 kW
• Vitesse max. : 0,7 m/s
LE GRAND-BORNAND Coups de cœur
19 JAN 2023
Télécabine de la Joyère
Piscine
11:40
Stade de biathlon
Chaîne des Aravis
Le rendez-vous des fournisseurs de l’aménagement de la montagne, des exploitants de domaines skiables, des maires de stations et des professionnels du marketing touristique
Crédits
ENTREPRISES
TechnoAlpin
Une production de neige maîtrisée
L’INCERTITUDE MÉTÉOROLOGIQUE COMBINÉE À LA VOLONTÉ DE MAÎTRISE DES COÛTS ÉNERGÉTIQUES POUSSENT LES OPÉRATEURS À DIGITALISER LEUR PROCESS POUR OPTIMISER LEUR PRODUCTION. C’EST L’AMBITION DE L’APPLICATION SNOWMASTER.
Les conditions météorologiques fluctuantes, particulièrement en début de saison, ainsi que le besoin accru de maîtrise de la consommation énergétique, donnent tout leur sens aux outils d’aide à la décision pour les exploitants de domaines skiables dans le cadre de leur production de neige. L’application Snowmaster, développée par TechnoAlpin, répond à ces préoccupations en améliorant la performance des installations et en réduisant l’empreinte carbone de la production de neige. Connectée au logiciel de contrôle de l’installation d’enneigement, Snowmaster propose un outil de visualisation simple et clair de ses principaux paramètres
de fonctionnement. L’application permet de suivre les objectifs de production, tout en se projetant dans les prochaines phases de la campagne d’enneigement. L’opérateur du domaine skiable peut ainsi décider comment optimiser les ressources disponibles, compte tenu des prévisions météorologiques à court terme et de ses objectifs. Cet outil donne la possibilité à l’exploitant de piloter sa stratégie de production au plus juste, toujours en coordination avec ses nivoculteurs.
Accessible sur tout terminal C’est d’ailleurs l’un des avantages majeurs pour les exploitants, comme le confirme Mark Winkler,
directeur de la station « 3 Zinnen » dans les Dolomites : « Snowmaster fluidifie la communication entre l’équipe de direction et les nivoculteurs. Grâce à cet outil, chaque utilisateur dispose, en temps réel, du même niveau d’information, ce qui nous permet de travailler plus efficacement. » La version 2022-2023 de Snowmaster est accessible depuis n’importe quel terminal – smartphone, tablette, PC ou ordinateur portable – grâce à son interface web. Une simple connexion au réseau suffit pour bénéficier de l’ensemble des informations de l’application et pour prendre les décisions les plus pertinentes pour la production de neige. ▲ M.F.
L’application Snowmaster apporte le même niveau d’informations à l’ensemble des collaborateurs.
TechnoAlpin
Projet d’insertion de la gare aval de l’ascenseur valléen de l’Eau d’Olle Express, qui relie Allemond à la station d’Oz, en Isère. Le téléporté a été réalisé en 2020.
DCSA
L’invention d’un métier
PIERRE ANGULAIRE DE LA CONCEPTION DES REMONTÉES
MÉCANIQUES, DCSA A ÉTÉ PRÉCURSEUR DE CETTE ACTIVITÉ
D’INGÉNIERIE CONSEIL. AFIN D’EN RESTER À LA POINTE, L’ENTREPRISE FAIT ENCORE AVANCER CE MÉTIER.
De l’ambitieuse rénovation de l’Aiguille du midi à l’invention du double monocâble (DMC), en passant par l’improbable téléscaphe de Marseille, DCSA a mené bon nombre de projets mémorables. Derrière cette signature, il faut lire les initiales de son fondateur, Denis Creissels, un ingénieur créatif qui a bousculé le milieu des remontées mécaniques à la fin du siècle dernier « Avant d’inventer des choses, il a d’abord inventé un métier », aiguille Christophe Bottollier, directeur associé de l’entreprise, aux côtés de Christophe Tambourin. La maîtrise d’œuvre, puisque c’est de cela dont il s’agit, naît ainsi à Chamonix, à l’orée des années 1960. Les trente glorieuses battent leur plein, le plan neige
va démarrer et, déjà, le rythme des constructions des remontées mécaniques s’accélère.
Architecte de remontées mécaniques
Denis Creissels est alors un jeune polytechnicien, tout juste sorti de l’école. Pour sa première mission, il travaille au côté d’un autre mordu du câble, l’ingénieur italien Dino Lora Totino, sur la réalisation de la télécabine Panoramic Mont-Blanc. « Denis Creissels avait déjà une vision globale de l’aménagement qui est celle d’un ingénieur conseil. Les bases qu’il imagine à l’époque sont les mêmes aujourd’hui », poursuit Christophe Tambourin. Dans la foulée, il monte son cabinet, Denis Creissels Ingénierie Conseil,
et institutionnalise l’activité de maîtrise d’œuvre privée en remontées mécaniques, qui fait le lien avec les missions de contrôle des autorités publiques, les besoins du maître d’ouvrage et les contraintes du constructeur. « Avant cela, les projets étaient contrôlés par la DDE, mais sans conseil, ni accompagnement. Lui amène un savoir-faire et une compétence, et répond, comme le fait un architecte aux besoins d’accompagnement des maîtres d’ouvrages ». Les projets se succèdent comme les dépôts de brevets : le DMC Rocharbois de Megève en va-et-vient amorce la technologie du Funitel, installée pour la première fois à Val Thorens la même année, en 1985.
Les années sans neige de 1990 mettent un coup de frein à l’investissement et touchent durement l’entreprise, devenue DCSA : « Nos effectifs dégringolent de 30 à 12 collaborateurs. » Denis Creis-
EN CHIFFRES
50 %
La part de marché estimée de DCSA en France. L’entreprise traite une centaine d’affaires par an, sur le territoire comme à l’étranger.
1971
Denis Creissels
Ingénierie Conseil
devient Denis Creissels
Société anonyme (DCSA) et déménage à Grenoble. Le bureau de Chamonix est conservé.
L’entreprise compte à ce jour
27 collaborateurs, répartis sur les bureaux de Meylan (20) et Chamonix (7).
3 à 3,5 millions
Le chiffre d’affaires de l’entreprise, en stabilité depuis 2015.
10
Le nombre de nouvelles remontées de type téléporté conçues par an en moyenne, mais l’entreprise travaille sur une trentaine de remontées par an en moyenne (projets et rénovations).
Denis Creissels, le fondateur de DCSA, et l’ingénieur Noël Blandon, qui, suite au legs de l’entreprise à ses cadres, lui a succédé à la tête de DCSA en 1995.
sels passe la main à ces anciens salariés, et un ingénieur de son équipe, Noël Blandon, restructure l’entreprise. « Il a rationalisé l’activité, misant sur la qualité des projets et le professionalisme » Peu à peu, avec la reprise du marché, DCSA remonte la pente.
« Un costume cousu main » Avec une dizaine de téléportés neufs sur un total d’une centaine d’affaires par an, DCSA est le premier bureau de maîtrise d’œuvre sur le marché français. « Nous ne voyons pas notre travail comme une obligation légale pour les maîtres d’ouvrage de faire appel à un cabinet. Nous le percevons plutôt comme un service complet autour duquel nous apportons nos compétences en aménagement et en technique de remontée mécanique, notre savoir-faire et notre expérience sur de nombreux projets touristiques, urbains et internationaux », précise Christophe Tambourin. « Cela nous permet même d’enrichir les propositions des constructeurs. Nous sommes régulièrement consultés dans le
cadre d’évolutions réglementaires. C’est important de garder une compétence indépendante. » Dans cet élan, l’entreprise finance d’ailleurs une thèse sur la dynamique des câbles. « Nous nous devons d’être toujours pionniers, c’est dans notre ADN, il y a une vraie émulation au sein des équipes. » Dernièrement, l’entreprise a travaillé sur la conception des premiers monocâbles exploités à la vitesse de 7 m/s, à Orelle, Samoëns et aux Menuires. « L’objectif est avant tout de comprendre le besoin de chaque station, pour pouvoir leur proposer un costume cousu main », résume Christophe Bottollier. Cette adaptabilité semble être un levier d’avenir pour DCSA. « L’urbain se développe, mais la montagne restera un marché important pendant des années. Cependant, les besoins changent. L’évolution climatique nous oblige à être au plus haut niveau pour construire des projets pérennes, qui permettent à la population vivant en montagne d’y vivre encore dans 50 ans. C’est finalement aussi une part de notre responsabilité. » ▲ BARBARA
SATRE
À L’ÉTRANGER
Le cadre réglementaire français, qui impose qu’un maître d’œuvre atteste de la conformité du projet, de la conception à la réception de l’appareil, est unique dans le monde. Cette compétence made in France est recherchée par les stations étrangères, qui souhaitent une approche complémentaire et indépendante de celle du constructeur, ou des conseils en aménagement. « Nous avons travaillé au Venezuela, en Argentine, sur un projet de station au Kazakhstan. En ce moment, nous suivons des affaires en Sierra Nevada, à Bogotá et à Dubaï. » La part des affaires à l’export se situe entre 5 et 20 %. Ce marché se développe depuis les années 2010. « De par cette spécialisation, notre cabinet compte à l’international. »
CHRISTOPHE BOTTOLLIER ET CHRISTOPHE TAMBOURIN
Directeurs associés En 1995, Denis Creissels lègue DCSA à ses cadres. Aujourd’hui, six actionnaires, tous salariés de l’entreprise pilotent la société : « Il n’y a pas d’actionnaire dormant ou extérieur, afin de garder notre indépendance et notre liberté de choix sur le développement de l’entreprise. »
LANCÉ DÉBUT 2022, CE PROGRAMME DE RECYCLAGE EN ÉCONOMIE CIRCULAIRE SOUFFLE SA PREMIÈRE BOUGIE. À L’ISSUE DE CE CYCLE INITIAL, CE DISPOSITIF AFFICHE UN BILAN
ENCOURAGEANT POUR LE RECYCLAGE DU CAOUTCHOUC EN CIRCUIT COURT.
Après un test grandeur nature de ses premières dalles antidérapantes à La Plagne depuis janvier 2022, IDM a enclenché un premier cycle du programme Écovertis en organisant une collecte au printemps dernier. L’entreprise a investi dans des caisses de collecte d’un mètre cube environ pour organiser le ramassage des pièces d’usure de caoutchouc : bandages de galet, profils de poulie de remontées mécaniques, et sols caoutchouc antidérapant (en pose libre). L’entreprise a mis à disposition puis ramassé ces bennes en station, en France et dans les régions limitrophes de la Suisse et de l’Italie. Et la collecte 2022 s’est avérée fructueuse, avec 100 tonnes de caoutchouc récoltées auprès de 80 exploitants de remontées mécaniques et entreprises de montage. Au lieu de terminer sa vie dans les bennes DIB (déchets industriels banals), le caoutchouc de ces caisses a pris la direction de l’entreprise Plymouth française à Feyzins
(Rhône). C’est dans les ateliers de ce spécialiste du traitement, recyclage et façonnage qu’a été installée une ligne de production brevetée. Cet investissement (un million d’euros financé par IDM et Plymouth, avec l’aide de la Région Auvergne-Rhône-Alpes) permet de donner une seconde vie au caoutchouc, sous forme de dalles intégrant 75 % de matière recyclée, et recyclables à 100 %. Caractère antidérapant, résistance à l’abrasion et aux écarts de températures, conformité à la norme NF EN 13501-1 (comportement au feu des matériaux) : ce nouveau caoutchouc Écovertis affiche les mêmes caractéristiques qu’un produit issu de la filière traditionnelle.
La preuve par les chiffres…
Cette chaîne de production a permis la fabrication et l’installation en station de 8 000 nouvelles dalles pleines, soit une économie de 141 teq CO2. En plus du recyclage, le label Écovertis met en avant une chaîne
logistique maîtrisée, grâce à des circuits courts (collecte, distribution), et une transformation « Made in A uv er gne-Rhone-Alpes ». L’ensemble de cette dimension environnementale est d’ailleurs valorisé puisque IDM délivre aux utilisateurs de ces produits recyclés un certificat CO2 pouvant être intégré dans leur bilan carbone. (Un certificat CO2 est également fourni aux acteurs de la phase de collecte.)
Le programme Écovertis devrait prendre de l’ampleur dans les mois et années à venir. IDM a l’ambition d’associer tous les produits de la gamme à ce label. Et des caillebotis devraient prochainement étoffer la gamme des revêtements de sols. Par ailleurs, l’entreprise travaille à une diversification de la collecte pour aller au-delà du seul traitement du caoutchouc. Enfin, initiée grâce au secteur des remontées mécaniques, la démarche pourrait également s’adresser à d’autres domaines d’activité. ▲ M.F.
En station, ces collecteurs sont une alternative aux bennes DIB .
Les 100 tonnes collectées au printemps 2022 ont permis l’économie de 728 teq CO2
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Acoem Maintenance préventive sur les domaines skiables
SPÉCIALISTE DU MONITORING INDUSTRIEL MAIS AUSSI ENVIRONNEMENTAL, ACOEM DISPOSE DE SOLUTIONS DE DIAGNOSTIC ET DE SURVEILLANCE AU BÉNÉFICE DE LA TECHNOLOGIE ET DES FINANCES.
5 à 10
La correction d’un défaut d’alignement permet de réduire, en moyenne, la consommation énergétique de 5 à 10 %.
Présente dans plusieurs secteurs (énergie, chimie, automobile, défense), Acoem décline également ses savoir-faire associés à la fiabilité industrielle au secteur des remontées mécaniques. Par le passé, sa filiale française, basée dans la région lyonnaise, avait déjà apporté ses conseils de diagnosticien et d’aide à la décision dans le cadre d’opérations menées par des groupes opérant des domaines skiables (Compagnie des Alpes, Labellemontagne).
Les solutions proposées par Acoem visent à identifier par anticipation les problématiques d’usure afin de mettre en place une maintenance préventive des éléments rotatifs, dont les systèmes motorisés.
Cet objectif concerne les acteurs de la montagne tout autant que ceux d’autres industries, en particulier dans le contexte actuel de difficultés financières associées à la crise énergétique. Ces dispositifs sont variés. Ils vont de la fourniture de matériel portable pour vérification avant et après démontage (analyse vibratoire,
alignement des éléments) au système connecté pour le diagnostic de téléportés.
Parallèlement à cette offre de service, Acoem est intervenu aux Arcs durant l’été dernier pour le lignage laser d’un appareil de remontée mécanique. Outre le fait d’éviter une usure précoce des éléments, et donc une réduction de la durée de vie de la motorisation, cette opération d’alignement des cardans permet aussi une économie substantielle sur la facture annuelle d’électricité.
Un
œil
sur la neige de culture
Le secteur de la neige de culture fait aussi partie des objectifs d’Acoem qui développe un capteur connecté sans fil sur la base du traitement du signal vibratoire. L’objectif est de pouvoir équiper les pompes d’approvisionnement de lac et de production de neige afin d’alerter l’opérateur d’une panne pour basculer sur le système redondant le temps de réaliser la maintenance nécessaire. Au stade de proof of concept, ce capteur est à l’essai depuis cet hiver. ▲ M.F.
IESA SE LANCE DANS LA FORMATION
L’entreprise iséroise, spécialisée dans les installations électriques et les automatismes, a développé un outil de formation pour les conducteurs de remontées mécaniques. Basé sur la modélisation en 3D d’un environnement de station, il projette l’opérateur en formation, muni d’un casque de réalité virtuelle, dans des situations professionnelles propres aux remontées. Adapté aux besoins de Valloire, première station à l’utiliser, il propose cinq thématiques professionnelles (début de journée, surveillance d’exploitation, relation clientèle…), qui se déclinent en scénario (chutes, embarquement d’un enfant non accompagné…). Un écran montrant la situation que vit l’opérateur permet aux autres personnes de suivre son action.
Arcs.
LE CHALLENGE PISTENBULLY FAIT SON RETOUR
Après deux années d’interruption liée à la pandémie, le championnat de France des conducteurs d’engins de damage fait son retour les 22 et 23 mars, à Pal Arinsal (Andorre). Une centaine de pilotes représenteront près de soixante stations lors de joutes professionnelles arbitrées par un jury bénévole et indépendant, composé de professionnels des pistes : exercices techniques, tests de conduite et épreuves de ski sont au programme. Cet évènement comptera toujours sur la contribution de son parrain historique, Luc Alphand.
Lignage laser sur une remontée mécanique des
interalpin.eu
DE 1974 À AUJOURD’HUI – LE PLUS GRAND SALON SUR LES TECHNOLOGIES ALPINES
INTERALPIN ’23
du 19 au 21 avril 2023
Parc d’Exposition Innsbruck
NEUF: INTERALPIN INSPIRATION DAYS
avec les thèmes innovation, marketing et digitalisation, du 20 au 21 avril 2023
Rétrospective INTERALPIN 2019
plus de 29.000 visiteurs de 117 pays
40.000 mètres carrés de surface d’exposition
650 exposants de 50 pays
L’avancée de l’hydrogène
DEPUIS L’ANNONCE, DÉBUT 2022, DE SON PARTENARIAT AVEC SATA GROUP POUR LE DÉVELOPPEMENT DE VÉHICULES FONCTIONNANT À L’HYDROGÈNE, LE BUREAU D’ÉTUDES DE GCK EST À PIED D’ŒUVRE AVEC L’OBJECTIF DE RÉTROFITER DES ENGINS DE DAMAGE.
Le 7 novembre dernier, GCK annonçait le lancement de la société Flex’Hy, dédiée à la distribution d’hydrogène, pour amorcer l’écosystème recourant à cette solution énergétique via des stations ou solutions mobiles. Le même jour, GCK inaugurait son site industriel de Lempdes (Puy-de-Dôme), 2500 m2 consacrés à la production et à la R&D. Ce bâtiment accueille notamment le développement de prototypes pour l’activité de rétrofit de véhicules lourds, dont font partie les engins de damage. L’objectif serait d’engager un rétrofit au bout de cinq ans (environ 5 000 heures). Le changement d’énergie viendrait remplacer la remise à neuf des composants de la motorisation thermique. Frédéric Ruat est à la tête du bureau d’études en charge de ces missions, et ses équipes ne manquent pas d’inventivité pour relever le défi d’intégrer un groupe moteur hydrogène au sein d’une dameuse déséquipée de ses organes liés à une motorisation
thermique : « L’un des objectifs est de ne pas dépasser le poids originel de la machine, notamment pour conserver ses capacités ascensionnelles. Nous travaillons en effet sur des machines sans treuil, car nous avons besoin de la place sur la sellette pour installer les réservoirs d’hydrogène. Cet impératif est associé à la position du centre de gravité : après avoir pesé tous les éléments constitutifs de la dameuse, nous avons travaillé sur plusieurs simulations pour optimiser la position des composants du groupe motopropulseur. Le centrage des masses est primordial »
Tout sauf un démonstrateur
Cela a logiquement abouti à placer les batteries – les éléments les plus denses – au point le plus bas : à l’emplacement du moteur thermique. Vient ensuite le moteur électrique, en prise avec les trois pompes hydrauliques (traction, fraise et accessoires). La fuel cell (pile à combustible) est installée
à l’arrière de la cabine (à l’emplacement de l’échappement).
Les trois bonbonnes d’hydrogène forment une pyramide à l’arrière, pour contribuer à l’optimisation de la hauteur du centre de gravité.
« Le trav ail du bureau d’études n’est pas de réaliser un démonstrateur. Notre priorité est de faire une machine quasiment équivalente au modèle d’origine en termes d’équilibre », insiste Frédéric Ruat. À la faveur d’un partenariat avec Kässbohrer, GCK travaille actuellement sur le PistenBully 600 Select, un modèle rétrofité. S’il n’a pas encore été envisagé, l’équipement des machines d’autres constructeurs pourrait entrer dans le scope de l’entreprise au regard de la similarité des composants et de la structure des engins de damage. Quelque peu perturbée par l’approvisionnement en composants, la feuille de route prévoit toujours les premières démonstrations pour cet hiver, avec des premiers modèles pour la saison suivante. ▲ M.F.
Le rétrofit des machines pourrait être engagé au bout de cinq ans (environ 5 000 heures).
Jacquard Électromécanique : L’immense rénovation de la télécabine du Crêt de la Brive
L’entreprise Jacquard Électromécanique solde cet hiver l’un des plus importants chantiers de son histoire avec la réfection de la télécabine du Crêt de la Brive, à Valloire.
Construit en 1999, ce téléporté constitue la colonne vertébrale du domaine skiable de la station mauriennaise. Sa rénovation était devenue essentielle pour assurer sa longévité et écrire de nouvelles décennies de fonctionnement. Retenue pour accompagner la SEM Valloire dans l’apport de technologies et de solutions nouvelles, Jacquard Électromécanique (JEM) s’est investie dans l’étude, le diagnostic, la conception des moyens de modernisation jusqu’à leur mise en œuvre et leur suivi dans le temps. Conclu en juin 2021, le marché a mobilisé les techniciens de la société haut-savoyarde durant deux années. Dès l’automne 2021 les liaisons gare-gare ont été rénovées et modifiées avec le remplacement de la fibre optique et des liaisons cuivre afin de fiabiliser et sécuriser le dialogue inter-gares, ainsi que la mise en place d’un groupe de sécurité de type 1 groupe / pylône sur l’architecture électrique d’origine pour faciliter les opérations de dépannage en ligne. Durant l’hiver, l’opération menée sous la maîtrise d’œuvre du cabinet DCSA s’est poursuivie en atelier, avec la fabrication dès le mois de février 2022 des armoires contrôle-commande-puissance destinées au remplacement de l’architecture électrique. Réceptionnées par l’exploitant dans les locaux de Jacquard Électromécanique lors de la mise en plateforme en juin, ces nouvelles unités de pilotage ont été implantées sur site dès septembre dernier.
Des automates de dernière génération
Rapide, la télécabine du Crêt de la Brive a conservé sa motorisation à courant continu, laquelle est désormais enrichie d’un imposant variateur ABB de la gamme DCS880, d’une capacité de 2 000 ampères. L’installation bénéficie de six nouvelles armoires électriques (contrôles commande motrice et retour, puissance treuil, puissance auxiliaire motrice et retour, contrôle commande-puissance pour le garage à cabines) et l’architecture électrique intègre des automates de sécurité Pilz dernière génération de la gamme PSS4000 évolution PLC2.
Un dispositif de vidéosurveillance équipé de quatre caméras HD a également été installé pour permettre de surveiller les quais d’embarquement/débarquement ainsi que le garage à cabine pendant les séquences de cyclage et décyclage des véhicules.
« C’est une démarche sécuritaire pour le conducteur situé en motrice (G2) qui, ainsi, peut initier des cyclages / décyclages de l’appareil en s’assurant que personne n’est à proximité des
véhicules, mais aussi et surtout en lui permettant d’éviter de s’y rendre en surveillance lorsqu’une opération de cyclage et/ ou décyclage est en cours, ce qui permet de sécuriser grandement le poste de travail », souligne Thierry Jacquard.
Sécurité et fiabilité accrue JEM a fiabilisé et sécurisé les contours de la machine en recréant des zones de surveillance anti-collision, absentes à l’origine, par la mise en place de détecteurs de cheminements. La prise d’informations vitesse ressort
Gare motrice TCD du Crêt de la Brive
Vue partielle armoire de commande motrice
pareillement renforcée : « Nous avons supprimé les dynamos tachymétriques entraînées par accouplements type poulie-courroie par des roulements instrumentés en prise directe sur les galets de gare. Une comparaison permanente des informations vitesses entrée/sortie dans chaque gare permet une permutation automatique de l’une sur l’autre en cas de défaillance sans provoquer d’arrêt de l’appareil. Des alarmes spécifiques permettent à l’équipe de maintenance de planifier ses
TÉMOIGNAGES
Vue de l’entraînement sur superviseur Visiorem
interventions » précise Yannick Fivel, responsable technique JEM. Optimisant la fiabilité et la sécurisation de la remontée mécanique, cette intervention perfectionne l’accès à une information essentielle qu’est la vitesse.
Dans les deux cas (zones de cheminement contour et prises d’informations vitesse), JEM a assuré également l’ensemble des études et la fabrication concernant les adaptations mécaniques de ces dispositifs sur l’existant
Thierry Jacquard, fondateur et dirigeant de Jacquard Électromécanique
Ce fut une intervention particulièrement complexe. La machine est pointue. Elle compte un nombre important de véhicules et fonctionne au maximum de ses capacités. Nous n’avions pas le droit à l’erreur. Fort heureusement, la SEM Valloire avait efficacement anticipé cette grosse opération en privilégiant des interventions au terme de la saison d’été afin d’éviter d’intervenir en avril par des accès enneigés compliqués.
Cette planification nous a permis de livrer dans les temps. Je tiens à souligner et remercier ici l’ensemble des équipes Jacquard Électromécanique pour leur professionnalisme afin de mener à bien cette opération conséquente, et la SEM Valloire pour sa confiance sur cette opération, ainsi que la maîtrise d’œuvre DCSA.
L’ensemble de ces informations est aujourd’hui interprété par le superviseur Visiorem mis au point par Jacquard Électromécanique, apportant le confort de deux écrans de surveillance et une prise en main à distance. Avec Visiorem, outre la possibilité d’une prise en main à distance pour consultation ou assistance technique, l’exploitant bénéficiera donc d’un suivi précis du fonctionnement, d’un archivage des données et d’un accès aisé à l’ensemble des notices techniques.
Christophe Dupraz, responsable d’exploitation de la SEM Valloire L’offre formulée par l’entreprise Jacquard Électromécanique nous a séduits, tant sur sa partie technique que par la qualité des relations nouées avec cette entreprise familiale qui a su mettre en œuvre des solutions innovantes. Nous avons travaillé avec un interlocuteur à l’écoute, réactif et motivé. Du coup, l’opération s’est déroulée efficacement entre nos techniciens, qui étaient force de proposition, et Jacquard Électromécanique qui savait réagir. Nous avons obtenu une réponse sur-mesure grâce à une maîtrise assumée. Notre produit a été amélioré et les relations humaines tissées à cette occasion ont généré une réelle confiance entre nos deux entreprises. Nous affrontons ensemble les éventuels couacs, incontournables à un pareil chantier, mais les solutions apportées restent clairement fiables. L’interface est ludique. La livraison fut en temps et heure, et le suivi témoigne d’une réelle envie de progression permanente.
162 rue de l’industrie
Sallaz
Rue du Rhône 5
STATIOSCOPIE
P52 EN CHIFFRES / P55 OFFICE DE TOURISME DES CONTAMINES-MONTJOIE / P57 LA SECMH
ANNECY
ANNECY SAVOIE
Les ContaminesMontjoie Destination de montagnards
BLOTTIE CONTRE LE MONT BLANC, DANS UN FOND DE VALLÉE FROID, LES CONTAMINES ONT SU GARDER LEUR ÂME VILLAGEOISE. POURTANT, CETTE STATION DE MOYENNE ALTITUDE, QUI PROFITE D’UN CADRE ET D’UN ENVIRONNEMENT PRIVILÉGIÉS, A TOUT D’UNE GRANDE DESTINATION, À COMMENCER PAR SA NOTORIÉTÉ.
Qu’elle évoque la magie du Mont Blanc, les grandes heures du ski français, un haut lieu de l’alpinisme ou la sueur des ultratrailers, peu de personnes ignorent la station des Contamines. Mais comment ce petit village haut-savoyard a-t-il réussi ce tour de force ?
Grâce à la solidarité de ses habitants, peut-être. La création de la station, au milieu des années 1940, est l’œuvre d’un groupe de Contaminards, tous moniteurs de ski. Placide Mollard, qui n’est autre que le grand-père de Didier, l’actuel directeur du domaine skiable, et trois de ses amis voient Megève et Saint-Gervais structurer leur offre de ski. Les quatre moniteurs se disent alors que leur village a toute sa place dans cette course au tourisme d’hiver. Ils vont chercher des investisseurs, dont beaucoup d’habitants de la vallée, et, en 1946, la Société d’équipement touristique et sportif de la station des Contamines-Montjoie (SECM) est créée. Pour le premier téléski, Placide Mollard, alors devenu président de la société, choisit les pentes bien pourvues en neige du Mont Joly. Le rythme des aménagements s’accélère dans les années 1950. Pour chaque nouvelle remontée, Placide Mollard étudie scrupuleusement, à l’aide de photos, de cartes et de son expérience du terrain son emplacement et le tracé des pistes, afin de choisir la meilleure orientation pour l’enneigement. « Ils étaient d’abord des passionnés, qui avaient une lo-
gique de développement de la station mais aussi de leur village », rapporte le maire actuel, François Barbier, revenu sur ses terres d’origine pour sa retraite. En 1965, la télécabine du Signal ouvre la voie vers de nouveaux secteurs et en 1974, la liaison avec le domaine de Hauteluce parachève le domaine. En plus d’élargir l’offre de ski, cette liaison permet de désenclaver la station, en s’ouvrant sur la Savoie.
Pourtant, « Les Conta », comme elles se nomment familièrement, ont gardé leur forte identité montagnarde : « On vit sur douze mois ici. Le développement touristique a permis aux enfants et petits-enfants de rester au pays. Le village a ainsi conservé ses commerces, l’artisanat. Le pastoralisme repart, les jeunes reprennent des affaires. » Par les pratiques de ses habitants, ses atouts touristiques, et sa situation, à proximité de sommets emblématiques, le village s’est construit une image très sportive. « C’est une terre d’alpinisme et de randonnée, confirme le maire, nous avons joué cette carte nature, très montagnarde, hiver comme été ». Pour donner « plus d’options » aux familles, une base de loisirs est créée dans les années 1980. « Ce choix a été intéressant pour éviter d’être trop élitiste », commente François Barbier, qui a d’autres projets pour sa commune : « Si j’avais une baguette magique, pour améliorer notre potentiel été et hiver, je l’utiliserai pour augmenter notre offre de lits chauds ». Et devenir une étape à part entière du tour du mont Blanc. ▲ BARBARA SATRE
25
Les kilomètres de pistes du domaine de ski nordique. Une boucle permet aux fondeurs d’aller découvrir à ski l’église baroque de Notre Dame de la Gorge.
LA COMMUNE
1946
Date de création de la station. Le fils du boulanger local, Placide Mollard, guide de haute montagne et moniteur de ski issu de la première promotion en 1938, réunit d’autres Contaminards, Max Comors, Daniel Dupuy-Nicoud et Jean Ronchail, pour créer une station de sports d’hiver sur sa commune.
1 200 habitants
François Barbier a été élu maire des Contamines en 2020.
43 550 hectares
La commune haut-savoyarde s’étend sur deux versants, du Mont Joly (2 532 m) à l’Aiguille de Croche (2 487 m) à l’ouest, et de l’Aiguille des Glaciers (3 816 m) au Mont Tondu (3 196 m) à l’est. Elle démarre au hameau des Hoches au nord, jusqu’au col de la Croix du Bonhomme au sud, limitrophe avec la Savoie.
1 164 m
Altitude de la station
1 110 m - 3 892 m
Plus bas et plus haut de la station
Le point le plus bas se situe au niveau des hameaux des Hoches et de Tresse. Le point culminant est la majestueuse Aiguille de Trè la Tête. La commune compte de nombreux sommets, dont les fameux Dômes de Miage (3 666 m), ce qui en fait aussi un haut lieu de l’alpinisme. Une dizaine de refuges, de moyenne et haute altitude, maillent le territoire (Les Conscrits, Balme...).
2029 Échéance de la DSP 150 emplois à la SECMH.
L’HÉBERGEMENT
14 000
lits touristiques
37 restaurants et restaurants d’altitude
50 commerces
Activités hors ski : une patinoire plein air (hiver), un parc de loisirs, un domaine nordique 4 saisons (avec stade de biathlon homologué, piste de ski à roulettes et domaine de fond), pumptrack, cascade de glace, médiathèque…
61 % et 39 %
Part hiver/été des nuitées touristiques (2022)
La destination a totalisé 346 000 nuitées sur la saison dernière.
LE DOMAINE SKIABLE
431 000
journées-skieurs en 2021-2022
La station a quasiment retrouvé sa fréquentation d’avant crise sanitaire, qui s’élevait à 434 321 journées -skieurs en 2018-2019.
12,70 M€
Le chiffre d’affaires des remontées mécaniques
(Source : Montagne Leaders / TOP 100)
48 pistes
Dont 8 vertes, 12 bleus, 19 rouges, 9 noires. Le domaine propose aussi un ludo-park, une aire de jeux et un stade de slalom. Deux zones débutants sont placées au centre du village pour permettre un apprentissage du ski : la piste des Loyers et la piste historique du Nivorin, desservies chacune par un téléski.
120 km de domaine skiable
Le domaine est relié à celui de Hauteluce (Savoie).
25
remontées mécaniques
4 télécabines, 1 télécorde, 8 télésièges, dont 6 débrayables, et 12 téléskis. Une liaison avec le domaine des Saisies est prévue pour bientôt. Une liaison avec Megève est en cours de réflexion.
224 enneigeurs
Ils viennent sécuriser le retour station et complètent l’enneigement naturel.
30 %
Le taux de couverture en neige de culture.
ACCÈS & SITUATION
PAR LA ROUTE
À 20 minutes de l’autoroute A40, sortie 21 Le Fayet.
PAR LE RAIL
À 20 minutes de la gare TGV Saint-Gervais-Les-Bains / Le Fayet, puis liaison en bus avec la SAT ou en taxi.
PAR AVION
À une heure de l’aéroport de Genève. À 2 h 30 de l’aéroport de Lyon.
+ ET - DE LA STATION
+ Authenticité. Le village est resté dans son écrin. Les bâtis type chalet sont harmonieux, dans un environnement de haute montagne préservé.
+ Une vie à l’année. Le territoire dispose de nombreux équipements (biathlon, parc de loisirs, patinoire…) et propose de nombreuses activités : randonnées, VTT, alpinisme…
- L’offre d’hébergement. Beaucoup de lits froids, un programme immobilier va voir le jour et amener 1 000 lits chauds supplémentaires.
- Pas de front de neige au pied de la station. L’arrivée de la télécabine du Signal fait office de lieu de rencontre.
Nos experts travaillent sur des technologies tournées vers l’avenir pour trouver les meilleures solutions pour vous. Enneigeurs, ressources en eau ou pilotage des installations d’enneigement –Choisissez le future aujourd’hui pour bénéficier de l’avance technologique de demain.
GUY MAGAND DIRECTEUR DE L’OFFICE DE TOURISME DES CONTAMINES-MONTJOIE
« La fréquentation des randonneurs est colossale »
Pourriez-vous nous décrire votre station ?
C’est d’abord un village, avec une vie de village, indépendamment de l’activité touristique. Les loisirs annexes au ski étaient déjà implantés, du fait de cette vie locale, ce qui nous a permis, pendant la crise Covid, d’avoir des activités à proposer aux vacanciers. Les balades en traîneau à cheval, les activités chien de traîneau, ski de rando, ski de fond ont été pris d’assaut… La patinoire, en particulier, a fait un carton. Les remontées mécaniques nous ont donné un coup de main pour organiser des animations en damant de s espaces. Ainsi, nos clients se sont réinventés un rythme de vacances et ont profité de cette ambiance village. La plupart des clients interrogés en fin de séjour nous ont dit avoir apprécié d’être moins captifs d’un rythme.
Quels sont vos autres atouts touristiques?
Une large partie de la commune, est occupée par la réserve ASTERS (Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie). Nous avons donc
une fibre environnementale développée. Nous travaillons pour préserver ce capital nature. Le cadre unique, caractérisé par le massif du Mont Blanc, l’est une des raisons essentielles pour lesquelles les clients viennent. Cette réserve propose aussi ses animations d’observation de la faune, de compréhension de l’environnement. Notre désavantage est notre faible capacité d’hébergement. Un programme immobilier va cependant voir le jour prochainement et nous souhaitons dynamiser l’offre locative des résidences secondaires.
Et l’été ?
La fréquentation des randonneurs est colossale. Le villages est situé sur le tour du mont Blanc et sur le parcours de l’Ultra trail du mont Blanc. C’est une clientèle qui arrive dès la fonte des neiges en altitude et qui est présente jusqu’à début octobre. Nous avons ainsi toute une économie basée sur le trail et la randonnée.
En plus de la randonnée, nous avons un parc de loisirs avec un lac de baignade et des activités ludiques très familliales. ▲
UN NOM SAMIVEL
Les Contamines se situent sur le tour du mont Blanc et le tracé de l’UTMB. L’OT estime à 70 000 le nombre de passages au col du Bonhomme, qui est sur le tour du mont Blanc.
Paul Gayet-Tancrède, de son nom de naissance, a tissé des liens forts avec le village des Contamines. Enfant, il venait passer ses vacances dans la maison familiale. Amoureux des montagnes, l’écrivain et dessinateur, célèbre pour ses aquarelles vaporeuses représentant des sommets, les a même habitées pendant longtemps. Un jardin public des Contamines, où sont exposées sous verre quelques-unes de ses affiches, porte son nom.
UNE DATE 1979
La réserve naturelle nationale des ContaminesMontjoie a été créée en 1979. D’une étendue de 55 km2, elle s’échelonne entre 1 100 (les abords du village) et 3 892 mètres d’altitude (l’Aiguille nord de Tré la Tête) ce qui en fait la plus haute réserve naturelle de France. C’est aussi le seul espace protégé du massif du Mont Blanc.
DIDIER MOLLARD, DIRECTEUR DE LA SOCIÉTÉ D’ÉQUIPEMENT DES CONTAMINES MONTJOIE HAUTELUCE
«
Les paysages ont construit notre renommée »
Pouvez-vous décrire votre domaine skiable ?
C’est un domaine d’alpage, très enneigé, avec des versants très bien exposés qui conservent la neige, si bien que nous pouvons ouvrir tôt et fermer tard. Notre domaine n’est pas très grand, mais il y en a pour tous les goûts : des pistes faciles, larges et sécurisantes aux champs de poudreuse, garantis sans cailloux, facilement accessibles. L’autre atout est son panorama à 360 degrés sur la chaîne du Mont blanc et la vallée du Beaufortain. Quand le temps est dégagé, on peut même voir jusqu’à Genève. Les paysages, ont construit notre renommée. Notre spécificité est aussi d’être à cheval sur deux départements, la Savoie et la Haute-Savoie, depuis que le domaine a été relié à Hauteluce en 1974.
Qu’est ce qui inspire votre clientèle ?
Par définition, c’est un domaine familial, et même parfait pour les débutants. Quasiment tout le
domaine est accessible par des circuits de pistes bleues ou vertes, ce qui permet à tous les skieurs de profiter des points de vue. Cependant, notre clientèle est plutôt sportive et nature. Nous avons beaucoup de skieurs confirmés, qui viennent chercher une neige de qualité, et apprécient le peu de files d’attente aux remontées. À part la télécabine acheminant les skieurs au domaine, qui pioche un peu, il y a rarement plus de cinq minutes de queue. Nos équipements ont été régulièrement renouvelés et les remontées ont été, dès le départ, bien positionnées. Les guides, moniteurs et habitants des Contamines, qui ont travaillé à la construction du domaine, ne s’y sont pas trompés !
« Nos clients viennent ici pour le cadre et la qualité de la neige. »
Quelle est votre clientèle ?
En séjour, notre clientèle est à 80 % parisienne et un peu lyonnaise. Nous avons quelques Anglais et Belges, mais ils sont minoritaires. Environ 2 % de clientèle est étrangère. Nos clients sont surtout des locaux, de la vallée de l’Arve, d’Albertville ou du bassin genevois. Les Suisses représentent d’ailleurs entre 5 et 8 % des clients. 50 % de notre chiffre d’affaires est constitué de la vente de forfaits journées, ce qui nous rend tributaires de la météo.
Et quel est votre point fort ?
Nous sommes très réputés pour notre damage, qui sort régulièrement en tête dans les benchmarks de stations. Nos dameurs sont des passionnés, nous avons très peu de turnover. Notre autre point fort est notre accueil chaleureux et sincère. C’est tout naturel pour nos équipes et c’est l’avantage de travailler avec du personnel local. Ce qui nous lie, c’est le ski. Nous sommes la troisième génération de locaux à travailler ici. Enfin, notre club de ski est très actif et propose presque toutes les activités de sports d’hiver. Plusieurs grands champions viennent des Contamines. Cela marque les esprits ! Nous accueillons régulièrement des compétitions. Début février, nous avons organisé la Coupe du monde FIS de télémark.
Où en sont les projets de liaison avec les stations voisines, que sont Saint-Gervais, Megève ou Les Saisies ?
« CE QUI NOUS LIE, C’EST LE SKI. NOUS SOMMES LA TROISIÈME GÉNÉRATION DE LOCAUX À TRAVAILLER ICI . »
La liaison avec Saint-Gervais a été abandonnée, celle avec Megève est en discussion. La plus probable dans les prochaines années est la liaison avec Les Saisies. Un téléporté relierait Hauteluce au télésiège de Bellasta.
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DOSSIER
P62 CHIFFRES : DEUX REGARDS, UNE MÊME VISION / P65 CLAUDE JAY : « LES SANCTIONS NE FONT PAS BAISSER L’ACCIDENTOLOGIE » / P66 DES CHAUSSURES EN CUIR À LA GÉNÉRALISATION DU CASQUE / P67 QUAND L’ACCIDENTOLOGIE RENCONTRE LA DATA /L’INSÉCURITÉ PERÇUE
Accidentologie Détendez-vous, ça va bien se passer
Sujet prisé des médias sous adrénaline, l’accidentologie des domaines skiables fait racler quelques gorges dans le milieu de la montagne. Aussi douloureuse soit-elle, la thématique mérite cependant d’être examinée, tant ses enjeux peuvent impacter l’activité des stations.
Comme la santé, l’accidentologie des domaines sk i ables, quand elle est bonne, n’est pas un sujet. C’est lorsqu’elle picote qu’elle ébranle son milieu. Si bien que les 120 000 à 140 000 blessés par saison estimés par l’association Médecins de montagne (MDEM) ont longtemps essaimé sans faire de bruit.
Jusqu’à ce mois de décembre 2020 où, devenue le fer de lance du gouvernement pour justifier une fermeture des remontées mécaniques, elle jaillit dans le débat public : l’épidémiologie générée par les activités de glisse en station devait être enrayée, afin de soulager un hôpital affaibli, devant absorber une nouvelle vague cov idique.
140 000 e mplois en suspens, un secteur exsangue, la claque est économique, mais l’enjeu de santé publique. « L’accidentologie existe, nous ne pouvons pas la nier car elle
demande une organisation très spécifique l’hiver, avec tout un maillage ent re les systèmes de secours sur les pistes, les cabinets de médecins de montagne et les hôpitaux en vallée », rappelle Suzanne Mirtain, présidente de la MDEM.
En comparaison avec d’autres activités sportives, les sports de montagne sont à l’origine de 37 % des décès traumatiques en pratique sportive, selon un rapport de Santé publique France, paru en 2020. Ils trustent la première place, devant les sports aquatiques (23 %). 20 % de ces décès sont imputables aux activités de glisse en station. « L’accidentologie est en effet plus lourde que dans d’autres activités, mais elle est liée aux caractéristiques de ce sport dit d’évolution libre, où le pratiquant décide de sa vitesse et de sa trajectoire », décrit Laurent Reynaud, délégué général de Domaines skiables de France. À mettre aussi en rapport avec le
volume de pratique : 53,9 millions de journées-skieurs la saison dernière.
Faits d’hiver
Bénins ou fatals, les accidents de glisse préoccupent au-delà des salles d’urgences, notamment, pour les plus graves, lorsqu’ils propulsent la montagne sur la scène médiatique : « Les drames qui touchent des familles, et des enfants en particulier, sont évidemment inacceptables. Ils sont emblématiques et souvent très médiatisés, alors que, globalement, l’accidentologie est stable », constate Ludovic Richard, responsable du Système national d’observation de la sécurité en montagne (SNOSM). Dans les mairies des stations, le risque est juridique : « Les maires délèguent cette responsabilité au directeur des pistes, mais la responsabilité finale reste dans leurs mains, d’où l’impératif d’organiser, de sécuriser et d’encadrer les pratiques par des arrêtés », informe Claude Jay, président de la Fédération nationale de la sécurité et des secours sur domaines skiables (FNSSDS). Même légère, l’accidentologie a toujours ses effets indésirables : « Un client qui se blesse, c’est un client qui interrompt au moins temporairement son activité, voir de façon définitive », pointe Laurent Reynaud.
Cet enjeu commercial a été modélisé par Benjamin Blanc : « 80 % des plus de 35 ans qui se blessent au ski ne reviennent pas à l’activité. Parmi ces blessés, 60 % sont des femmes, or ce sont souvent elles qui organisent les vacances : potentiellement nous perdons beaucoup de monde ». Le directeur des pistes de Val Thorens - Les Menuires a même fait parler son CRM : « Nous évaluons à 5 000 le nombre de clients perdus chaque année à cause d’un accident. Quand on sait qu’aller chercher un nouveau client coûte sept fois plus cher que d’en garder un, on réalise l’importance de la question. »
Sémiologie de l’accidentologie
La prévention occupera donc une large place dans ce dossier, à travers le point de vue d’un service des pistes, de la FNSSDS et des fabricants, dont le matériel peut, à présent, faire partie de la solution. Ce traitement ne saurait pourtant suffire, si le sentiment d’insécurité était écarté. Cette crainte des accidents, qui ne dépend pas de leur gravité ni de leur volume réel, est en effet la face cachée de l’accidentologie. Mais pour étudier ce phénomène, observons-en d’abord les symptômes, à travers les chiffres publiés par les deux organismes d’études accidentologiques, le SNOSM et la MDEM.
▲ BARBARA SATRE
CHIFFRES : MDEM VERSUS SNOSM
Née en 1953, l’association Médecins de montagne rassemble plus de 300 médecins généralistes installés en station. Son réseau d’épidémiologie, créé en 1992, recueille les données de 13 stations, ce qui représente 20 000 cas traumatiques par saison environ. Ces données sont extrapolées afin de dresser une cartographie de l’accidentologie sur les domaines skiables.
Le Système national d’observation de la sécurité en montagne a été créé en 1997 par le ministère de l’Intérieur et le ministère chargé des Sports, afin d’évaluer et de suivre l’accidentologie de montagne. Affilié à l’École nationale de ski et alpinisme, il traite les données d’un panel de 52 stations de façon automatisée, via les secours répertoriés par les services des pistes, auxquels s’ajoutent les données transmises par 70 stations et les fiches accidents transmises par les préfectures.
Les deux organismes dressent une évaluation de l’accidentologie afin d’ouvrir des axes de prévention. Le schéma ci-dessous montre la complémentarité de leurs chiffres et leurs limites.
MDEM
Estimation des blessés amenés par les services des pistes où se rendant au cabinet médical de la station par leurs propres moyens.
Échappent au recueil les blessés se rendant d’euxmêmes aux urgences ou chez un médecin « de ville ».
Le nombre d’interventions des services des pistes a bondi de 13 % l’année dernière, selon l’enquête du SNOSM, portant ce chiffre à 49 622.
SNOSM Blessés secourus par les services des pistes ou transférés directement à l’hôpital.
Échappent au recueil les blessés se rendant par leurs propres moyens dans un centre de soins.
Remarque : pour mesurer le poids de l’accidentologie, les deux organismes utilisent les mêmes éléments, mais inversent le rapport : le SNOSM compare le nombre de journées-skieurs pour un blessé (graphe 1), tandis que la MDEM mesure le nombre de blessés pour 1 000 journées-skieurs (graphe 7).
Source SNOSM. À noter que les saisons impactées par la crise sanitaire ne sont pas prises en compte dans les données ci-dessous.
Chiffres : deux regards,
SNOSM
L’ÉTABLISSEMENT PUBLIC CALCULE, EN VOLUME ET PROPORTION DE JOURNÉESSKIEURS LE NOMBRE DE BLESSÉS. IL APPORTE EN PARTICULIER DES INFORMATIONS PRÉCISES SUR LES CIRCONSTANCES DES ACCIDENTS.
Nombre de blessés et évolution
Selon les données du Système national d’observation de la sécurité en montagne (SNOSM), le nombre de blessés s’élevait à 45 984, pour 49 622 interventions répertoriées la saison dernière.
« En volume, les chiffres sont en augmentation : 8 % par rapport à la moyenne des cinq années avant Covid, car il y a eu une hausse de la fréquentation sur les dernières années », explique Ludovic Richard. Le nombre de journées-skieurs pour un blessé a néanmoins tendance à baisser les dernières saisons, traduisant une incidence plus élevée des accidents sur domaines skiables (graphe 1).
« En effet, après une période d’amélioration, notamment grâce
aux aménagements mis en place par les stations, et en particulier sur les zones accidentogènes, les derniers hivers ont été marqués par une dégradation de l’accidentologie », nuance le responsable du SNOSM. « Mais cela est dû à l’affluence et au manque d’enneigement. La neige dure engendre de la vitesse et favorise les accidents. L’accidentologie des domaines skiables est fortement liée aux conditions de ski, ce qui explique les variations observées d’une saison à l’autre ». Le nombre de décédés (hors avalanche) en hausse la saison dernière (38 sur le graphe 3) est amplifié par les nombreux décès non traumatiques (malaises cardiaques).
Circonstances des accidents
Les accidents en hors-piste tendent à fléchir depuis le milieu des années 2010 (graphe 2). « Les équipements de protection qui se sont répandus et les PIDA ont sans doute eu un impact. Cependant, la pratique du hors-piste dépend beaucoup des conditions de neige. Quand elles ne sont pas bonnes, la pratique recule et il y a mécaniquement
moins d’accidents » Sur les pistes, 95 % des accidents surviennent lors de chutes solitaires causées par « une perte de contrôle de la vitesse et de la trajectoire ». Les collisions, « contrairement à ce que l’on pense », sont en légère baisse, comparativement à la moyenne des cinq années avant Covid. Néanmoins, leur gravité tend à augmenter : « Le nombre de collisions ayant nécessité un hélicoptère médicalisé a sensiblement augmenté ». La majorité des accidents se produisent sur les pistes bleues : « Elles sont souvent les plus fréquentées et rassemblent des skieurs de niveaux variés. Mais, aujourd’hui, la problématique de l’accidentologie porte sur les comportements des skieurs : avec des hivers moins enneigés et de la neige plus compacte, les vitesses augmentent ». Un autre phénomène à surveiller est celui de la randonnée à ski sur les domaines skiables : « Pratiquée en bord de piste ou en dehors des heures d’ouverture des remontées, la randonnée à ski peut être source d’accidents. » ▲ B. S.
une même vision
MDEM LE RÉSEAU ÉPIDÉMIOLOGIQUE DES MÉDECINS DE MONTAGNE ÉVALUE LE NOMBRE DE BLESSÉS EN VOLUME ET EN PROPORTION, ET DRESSE UNE CARTE DÉTAILLÉE DES DIAGNOSTICS.
Nombre de blessés et évolution
Le nombre de blessés pour 1 000 journées-skieurs s’élevait à 2,3 la saison dernière, selon les estimations de la MDEM, (graphe 7). « L’indice de risque oscille entre 2 et 3, et cela malgré les évolutions des pratiques », note Suzanne Mirtain, présidente de l’association. « Il est stable. Même quand les snowblades se sont popularisés : l’activité nous semblait pathogène, pourtant nous n’avons pas remarqué de pics de blessés : les chiffres tendent à se lisser », ajoute la médecin généraliste de Val Cenis. Le nombre de blessés, calculé à partir de l’indice de risque, s’élève à 122 231, en baisse par rapport aux précédentes années. « Ce chiffre dépend de la fréquentation des domaines skiables, mais il se situera toujours entre 120 000 et
140 000 chaque année. » La part des patients traumatiques transférés à l’hôpital ou en clinique après la prise en charge au cabinet médical descend à 4,4 % : « Le taux d’hospitalisation moyen est de 5 %. Cela montre que 95 % de la traumatologie est gérée sur place. » Un tiers des blessés recensés par les cabinets sont acheminés par les secours, les deux tiers viennent par leurs propres moyens : « L’accueil sans rendez-vous des médecins de montagne facilite le passage des blessés dans leur cabinet, et nous permet d’avoir des données fiables ».
Le diagnostic En ski, les lésions se concentrent sur les membres inférieurs, « avec une grosse majorité d’entorses et de rupture du ligament croisé ». Les blessures de l’épaule prennent la deuxième place : « C’est souvent un point de contact lors des chutes importantes, notamment avec de la vitesse ». À l’inverse, le haut du corps est plus touché en snowboard et au premier chef les poignets : « Les réceptions se font beaucoup sur cette partie du corps. Nous observons en
particulier une forte proportion de fractures chez les jeunes qui débutent, à cause des chutes en avant rép étées ». Pour les deux activités, les blessures du tronc atteignent 10 %, et celles de la tête 3 %. « Ces lésions sont souvent liées à la vitesse, qui tend à augmenter avec la plus grande accessibilité du matériel. Cela engendre des traumatismes crâniens, du rachis ou du thorax, notamment lors de collision. » Les variations observées en général restent saisonnières : « Elles dépendent de la fréquentation et de la qualité de la neige, qui peuvent faire bouger un taux d’hospitalisation ou un indice d’une année sur l’autre ». « Finalement, les chiffres sont assez stables depuis quinze ans, ce qui est rassurant : cela veut dire que l’accidentologie est prévisible et que nous pouvons anticiper la situation. » La médecin insiste sur le port du casque, qui permet « de réduire la gravité des traumatismes crâniens » et des protections de poignet pour les débutants. « Il faut rappeler aux usagers les règles et la maîtrise de sa vitesse, et pour cela ne pas hésiter à prendre des cours : le ski ça s’apprend ! ». ▲ B. S.
Remarque : Les chiffres concernant les types des lésions mesurés sur les graphes 5 et 6 peuvent prendre en compte jusqu’à trois lésions par blessé, ce qui explique que les totaux soient supérieurs à 100 %.
Source MDEM. À noter que la saison blanche 2020-21 n’est pas comptabilisée dans les données ci-dessous.
(nombre d’accidents pour 1 000 journées skieurs, réalisé sur la saison)
8
RÉPARTITION DES LÉSIONS EN SKI & SNOWBOARD (en proportion)
Plaies Luxations Muscles/tendons Fractures Entorses Contusions dont Fractures du poignet Ligaments croisés antérieurs
Le déclenchement durable
Claude Jay, président de la Fédération nationale de la sécurité et des secours sur les domaines skiables.
L’organisme a entamé une réflexion, avec les acteurs de la montagne, afin d’améliorer la sécurité des domaines skiables.
«
Les sanctions ne font pas baisser l’accidentologie »
INTERVIEW
LE MAIRE DES BELLEVILLE, CLAUDE JAY, EST AUSSI LE PRÉSIDENT DE LA FNSSDS. CETTE FÉDÉRATION, QUI RASSEMBLE LES PRINCIPALES PARTIES PRENANTES DANS LA SÉCURISATION DES DOMAINES SKIABLES, AVANCE SUR LE TERRAIN DE LA PRÉVENTION AVEC DE NOUVELLES PISTES.
Que constatez-vous en termes d’accidentologie ?
En général, l’accidentologie évolue assez peu proportionnellement à la fréquentation, mais on observe des variations saisonnières. La saison dernière, il y a eu une légère croissance des chiffres, qu’il faut comparer à l’augmentation du nombre de skieurs et bien mettre en relation avec les conditions météorologiques : du très beau temps, qui a encouragé la fréquentation, mais peu de chutes de neige, ce qui tend à durcir le manteau neigeux et à augmenter la vitesse des skieurs. C’était une saison de reprise, avec sans doute, beaucoup d’envie, ce qui a pu se traduire par des comportements plus dynamiques sur les pistes. Nous verrons si cela se confirme cet hiver.
La prévention a largement évolué les dernières années. Quels en sont les axes prioritaires, aujourd’hui ?
Nous avons noté que les supports visuels, placés sur les plans des pistes ou les pylônes, pour sensibiliser les skieurs aux règles de c o n duite sur les pistes (cf. les 10 commandements du skieur)
se révélaient assez efficaces. Nous y revenons cette année, en nous concentrant sur quatre règles, remises au goût du jour. Nous savons aussi que la présence d’un pisteur influe sur le comportement des skieurs et procure plus de sécurité. La connaissance fine de l’accidentologie qui permet d’évaluer les lieux et les périodes particulièrement accidentogènes permet de déterminer où et quand les poster. Par ailleurs, nous réfléchissons à une tenue de pisteur identique au niveau national, qui le rendrait plus identifiable. Le pisteur secouriste doit prendre toute sa place.
Faut-il sanctionner les comportements à risques ?
C’est un long débat ! Les États-Unis ont fait le choix de sanctionner, mais ce n’est pas dans la culture française. Nous avons mené une réflexion, et il semblerait que la pénalisation ne fasse pas baisser l’accidentologie, d’autant plus que la majorité des skieurs se blessent en chutant seul, contrairement à ce que l’on peut penser. L’année dernière, quelques collisions spectaculaires ont faussé la perception de s choses. De plus, il faudrait
des personnes habilitées à juger d’un comportement dangereux. Pour les pisteurs, ce n’est pas leur métier, et les gendarmes n’ont pas le temps pour cela. Enfin, les domaines skiables vendent un titre de transport, pas un titre de descente. Comment peut-on retirer ce titre, pour une faute commise à la descente ? La pénalisation est une solution en réaction, elle n’est pas durable.
Le casque doit-il être obligatoire ?
Le port du casque a énormément progressé mais ce n’est pas complètement acquis pour les adultes. Paradoxalement, ce sont les professionnels qui n’ont pas encore pris cette habitude. Or, ils sont des référents sur les pistes pour les skieurs. Nous incitons fortement à ce qu’ils soient exemplaires et portent cet équipement de sécurité. Quant à le rendre obligatoire, par exemple, jusqu’à l’âge adulte, nous avons abandonné cette idée. D’abord, la bataille est presque gagnée. Ensuite, comme pour les commandements du skieur, qui va le faire respecter ?
Les domaines skiables doivent aussi s’adapter à de nouvelles pratiques…
De plus en plus de monde, en particulier en ski de randonnée, fréquente les domaines skiables en dehors des heures d’ouverture. En parallèle, beaucoup de personnes y travaillent avec des machines, des outils… Cette fréquentation engendre un risque d’accident non négligeable. Les treuils, peu visibles, peuvent être très dangereux. Pour éviter des drames, nous avons pris un arrêté interdisant l’accès au domaine en dehors des heures d’ouverture. Mais il ne suffit pas d’écrire des arrêtés, encore faut-il qu’ils soient suffisamment précis, portés à la connaissance du public et relayés. Il n’y a pas de solution isolée. Institution, pisteurs secouristes, skieurs, chacun a son rôle à jouer dans la sécurité. C’est ainsi qu’on arrivera à faire baisser l’accidentologie. ▲ B.S.
Des chaussures en cuir à la généralisation du casque
Isoski existe toujours aujourd’hui sous la forme d’une application.
ÉQUIPEMENT
SOURCE DE BLESSURES
AU DÉBUT DU SKI, LE MATÉRIEL A ÉVOLUÉ POUR
DEVENIR UN FACTEUR DE LA SÉCURITÉ DU PRATIQUANT, MAIS SON ACCESSIBILITÉ
PEUT À PRÉSENT AVOIR DES EFFETS RETORS.
Le matériel de ski, aussi sophistiqué soit-il, n’empêchera pas une chute, mais peut dorénavant en limiter les conséquences traumatiques ; et cela n’a pas toujours été le c as. Les récits épiques de nos parents, découvrant les « plaisirs » de la glisse, les pieds saucissonnés dans des chaussures semi-rigides fixées aléatoirement sur des skis droits de 2,20 m, en restent d’étonnants témoignages. « Chaque fabricant avait ses propres règles, et il y avait beaucoup d’accidents graves causés par le matériel », décrit Brice Blancard. « Le travail de normalisation internationale entamé dans les années 1970 a contribué à contenir l’accidentolo-
gie », assure le responsable de la commision montagne de l’Union Sport & Cycle, qui regroupe les équipementiers du secteur des loisirs sportifs. La norme ISO 11 088, dont la première version est parue en 1993, spécifie en effet « les modes opératoires de montage, de réglage et de contrôle des mécanismes de fixation des skis », peut-on lire sur le site dédié. « Les marques travaillent sur ce sujet toute l’année, ajoute Brice Blancard, Elles discutent de l’évolution de la normalisation des produits dans le cadre de la commission AFNOR, qui est rattachée à l’ISO. »
Fixette sur la fixation
Si la modernisation du matériel, en particulier la plus grande rigidité des chaussures et la solidité des fixations, a permis de ré duire l’accidentologie, il en a aussi modifié la typologie. Dans ses études sur l’évolution de la traumatologie du ski alpin entre les années 1970 et les années 1990, le Professeur Dominique Saragaglia note une multiplication par plus de deux des lésions du genou, avec « une hausse des ruptures du ligament croisé antérieur », comparativement à une « diminution des fractures de la jambe et des lésions du cou-de-pied ». « Ce phénomène peut être attribué à la modernisation du matériel, qui protège efficacement des fractures, notamment de la jambe, mais qui a probablement contribué à l’augmentation des entorses, notamment du genou », écrit le chirurgien, qualifiant ce phénomène de « véritable épidémie ». Les sp hères publiques s’en saisissent à la fin des années 1990. « Nous avons mené des campagnes, supportées par le ministère de la Jeunesse et des Sports, à la fois en direction des consommateurs, pour les sensibiliser au réglage de leurs fixations, et des loueurs, qui sont les premiers à équiper les skieurs en montagne », rappelle Brice Blancard. Sa fédération a mis au point l ’ I soski, un outil permettant de
déterminer le niveau de réglage de la fixation selon plusieurs critères : « Il dépend notamment du niveau de ski, de l’âge ou du poids, ce qui évolue chaque année ! Cela restera un sujet de prévention. »
La vitesse pour tous
En 2000, Dominique Saragalia relevait déjà un « glissement des lésions vers le haut du corps », dû à « l’accroissement du nombre de skieurs évoluant toujours plus vite, sur des pistes toujours mieux préparées ». Avec des skis devenus plus accessibles et maniables, la vitesse n’est plus réservée aux skieurs aguerris, confirment les chefs de pistes interrogés, ce qui leur donne l’impression d’une augmentation des collisions et d’une gravité accentuée des chutes solitaires, ou qui les rend, en tout cas, plus spectaculaires. « La vitesse pose la question de sa maîtrise, mais aussi celle de protéger le pratiquant, via son équipement, le premier étant le casque ». Caillou dans la chaussure : les pratiquants n’ont pas la tête à le mettre.
La campagne nationale, « mettez un casque à vos enfants », parrainée par le champion olympique Jean-Luc Cretier en 2000, et dont l’USC était partenaire, a fait bouger les lignes. « Pour les enfants cela a paru évident , mais pour les adultes, la campagne n’a pas bien fonctionné. » Un cap semble cependant avoir été franchi : en 2019 selon la MDEM, 96 % des enfants et 70 % des adultes skiaient casqués. « Les marques ont compris qu’au-delà d’un enjeu sécuritaire il y avait un enjeu esthétique, et on a constaté un phénomène de mode autour de cet accessoire. » Aujourd’hui, d’autres équipements de protection fleurissent dans les rayonnages des magasins. « Les marques travaillent sur des protections type gilet de sécurité. Ces équipements vont peu à peu s’imposer auprès des pratiquants », pré dit Brice Blancard, pour qui l’enjeu restera « d’éviter la chute ou la collision. » ▲ B.S.
Cartographie de l’accidentologie du domaine skiable de Val Thorens: les points indiquent les accidents enregistrés depuis le début de la saison.
Quand l’accidentologie rencontre la data
EXPÉRIENCE
AFIN DE COMPRENDRE LE PHÉNOMÈNE
ACCIDENTOLOGIQUE, LE SERVICE DES PISTES DE VAL THORENS - LES MENUIRES A MIS EN PLACE UN OUTIL DE SUIVI D’UNE PRÉCISION CHIRURGICALE.
Lorsque le cabinet médical des Menuires ouvre en 2017, Benjamin Blanc, responsable des pistes de Val Thorens-Les Menuires, est surpris par sa fréquentation : « Le nombre de blessés recensés par les médecins était quatre fois plus important que ceux amenés par les secours Je voulais comprendre ce qui se passait, et pour cela avoir des données empiriques. »
Le service des pistes configure alors, avec son prestataire informatique, un logiciel connecté au système de gestion des cabinets des deux stations, qui permet de disséquer l’accidentologie du domaine skiable. Quand un accident survient, la régulatrice des secours remplit une fiche informatique à partir des informations transmises par le pisteur envoyé sur les lieux. Profil du blessé, activité pratiquée, heure de la journée, circonstances de l’accident, port du casque, blessure, état de la neige, fréquentation de la piste… Une mine d’informations que le logiciel rassemble dans une banque de données pour dresser une carte de l’accidentologie du domaine
« au mètre près ». « Cette data nous permet de dresser des statistiques précises et de croiser les données : nous savons en direct quand, comment, où, et quel profil se blesse sur notre domaine. » Le service des pistes peut ainsi cibler des actions préventives : « Chaque semaine, j’expose les résultats de leur zone à mes chefs de secteur et nous réfléchissons à des actions : renforcer la signalétique, corriger un petit dévers à la dameuse, placer un pisteur aux heures et endroits les plus impactés… l’idée est d’être proactif » L’outil leur permet aussi de mener des enquêtes sur une situation particulière, telle que celle observée en 2017 dans le snowpark : « Nous comptabilisions un grand nombre de blessures dues, selon les relevés, à une insuffisance de niveau. En interrogeant les profils accidentés, nous avons compris que la signalétique utilisée pour classer le niveau de difficulté des lignes de bosses prêtait à confusion. En la corrigeant, le nombre d’accidents a baissé de 30 % sur le secteur. » Il a aussi pu déterminer que l’accidentologie d’une zone augmente quand sa fréquentation dépasse les 26 skieurs par hectare : « Quand les compteurs sur les pistes dépassent 20 skieurs, nous envoyons des pisteurs : leur présence influe sur la vitesse. » Et contribue aussi à combattre les craintes des clients : le fameux sentiment d’insécurité. ▲ B.S.
L’INSÉCURITÉ PERÇUE
C’est le visage en creux de l’accidentologie. Le sentiment d’insécurité traduit la crainte des pratiquants d’avoir un accident. Selon les enquêtes de satisfaction clients, il serait de plus en plus prégnant sur les pistes. Benjamin Blanc à chercher à le comprendre : « Quand on c ompare les courbes du sentiment d’insécurité et celle de l’accidentologie, on note qu’elles sont complètement décorrélées ». Autrement dit, le niveau d’inquiétude ne dépend pas du risque réel d’accident. « Il faut bien comprendre que c’est un ressenti. Il ne se combat pas à coups de chiffres et de datas, comme l’accidentologie, mais avec de l’humain, de la posture, de l’image. » Au contraire, lorsqu’il superpose la courbe du sentiment d’insécurité à celle du bien-être des ménages, il remarque qu’elles sont en phase. « Le climat général de la société se retrouve sur les pistes », en déduit-il. « Il faut donc agir avant le séjour, en mettant les clients en condition de vacances : détendez-vous, ça va bien se p a s ser ! ». Sur les pistes, la présence du personnel apaise les clients : « Le plus rassurant est le moniteur, reconnaissable dans toutes les stations, puis les agents des remontées, et enfin les pisteurs ! Il faut donc que ces derniers incarnent mieux la sécurité, avec le port du casque, et qu’ils soient plus identifiables ». « Nous avons mis en place des ateliers sur la sécurité des pistes, pour la présenter aux familles, avec des traîneaux, des jalons et même un hélicoptère, décrit Claude Jay, président de la FNSSDS, pour qui «l’accidentologie ne doit pas être un tabou ». ▲ B.S.
Motorialab : Des logiciels Web Based et App pour les accidents sur les pistes de ski
Entretien avec Ernesto
Bassetti de Motorialab
Qui est Motorialab ?
Motorialab est une petite industrie innovante basée à Trento en Italie
Elle a été créée en 2015 pour développer un logiciel spécifique (SAFE) qui permet de géolocaliser les accidents de ski, de créer une base de données et surtout, avec l’aide de l’intelligence artificielle et des modèles mathématiques spécifiques, d’analyser ces données et d’élaborer des statistiques afin d’augmenter la performance des services des pistes.
Pouvez-vous nous décrire le fonctionnement de SAFE et ses caractéristiques ?
SAFE est un logiciel Web Based + APP IOS et Androïde pour smart-
phones qui gère en temps réel et en continu les accidents de ski sur le domaine skiable : géolocalisation, temps d’intervention, photos, notes vocales, pistes ouvertes ou fermées, organisation des équipes et plus de 50 champs statistiques facultatifs et/ ou obligatoires, accessibles par des listes déroulantes, permettent de décrire chaque accident d’une façon très analytique et précise.
Comment se concrétise le support de l’intelligence artificielle ?
L’IA et le support que nous avons créé peuvent être d’un grand soutien, je vous donne juste un exemple : SAFE n’est pas une simple base des données comme on en trouve ailleurs, car en back-office, dans notre serveur, toutes les données sont classées et élaborées, pour donner aux opérateurs des résultats pertinents, exploitables facilement et immédiatement. Toutes les pistes sont cartographiées avec WEB GIS (chaque point sur la carte donne les caractéristiques de la piste : largeur, pente , couleur, exposition…) dans SAFE, et divisées en tronçon de 100 mètres. Chaque
tronçon devient ainsi indépendant de la piste à laquelle il appartient. À partir de notre base de données, qui contient à date environ 120 000 cas accidentologiques, que nous analysons, nous pouvons déterminer un indice de risque d’accident sur un tronçon à partir de ses caractéristiques. Cet outil est très apprécié dans les projets d’une nouvelle piste ou dans des modifications des pistes existantes, car il permet
d’évaluer en amont le risque accidentologique d’une piste et éventuellement de la réduire. Qu’est-ce qui différencie SAFE des outils proposés par vos concurrents ? Tout le travail de SAFE se fait dans le cloud et en temps réel. Ainsi, toutes les analyses et les statistiques sont élaborées et mises à disposition des opérateurs immédiatement après chaque accident :
sous forme de camembert, de graphiques, de diagrammes… Plus de 30 modèles statistiques sont utilisables instantanément. De plus, grâce au compte rendu mensuel, il est possible de dresser des comparaisons dans le temps. Un autre service très apprécié est la visualisation des accidents sur le plan des pistes : tous les accidents sont classés avec le code international INDIA et peuvent être visionnés sur la carte, selon leur classification :
l’opérateur peut choisir de voir tous les accidents, seulement les plus graves, uniquement les collisions entre skieurs ou contre un obstacle fixe ou amovible, etc.
Quelles sont les nouveautés de cette année ?
En plus des modules standards, comme le module pour la facturation et l’exportation des données pour l’administration publique, nous avons rajouté le module TAAG pour la digitalisation et la
géolocalisation des équipements de sécurité. Ce module est de plus en plus demandé par les stations. Il suffit de placer sur les équipements choisis un QR code univoque qui permet d’avoir au bureau et sur le terrain une vision très précise de l’état du matériel pendant toute sa durée de vie. L’opérateur peut ainsi connaître la position d’un matelas ou d’un filet A grâce à son QR code, et trouver les informations sur l’équipement : des photos, nom du fabricant, année de fabrication et d’installation, maintenance, etc. Si l’opérateur sur une piste constate qu’un matelas est à réparer, il peut directement l’indiquer à partir de son QR code. Notre outil permet aussi aux opérateurs de visionner d’un seul coup d’œil tout le matériel de sécurité en place sur le domaine skiable, son état, les équipements qui sont à changer ou à réparer.
Quelles sont vos parts de marché ?
80 % des stations italiennes travaillent avec nous, et nous commençons à nous implanter à l’international : Formigal en Espagne et la SLAO en Suède (organisation regroupant les domaines skiables suédois) utilisent SAFE depuis cette saison. Notre outil est aussi disponible en langue française. Avec le soutien de notre distributeur, Appro Mountain, qui sera présent sur le salon AlpiPro, nous comptons travailler bientôt avec des stations françaises.
Cet indicateur se base sur un montant d’investissements HT et un chiffre d’affaires TTC issu du panel des répondants de l’enquête TOP 100 (ML292).
Le chiffre d’affaires doit être divisé par 1,1 pour rétablir le rapport entre ces deux courbes.
ENQUÊTE
P72 ATOUT FRANCE / P74 DSF /P76 TOP 10 / RÉPARTITION PAR MASSIFS/ P78 REMONTÉES MÉCANIQUES NEUVES / P80 REMONTÉES MÉCANIQUES - MODIFICATIONS / P81 REMONTÉES MÉCANIQUES - MAINTENANCE / P88 NEIGE DE CULTURE / P92 DAMAGE / DIVERS / VÉHICULES / MARKETING & NUMÉRIQUE / P94 SÉCURITÉ DES PISTES / P96 SIGNALÉTIQUE / P98 ÉQUIPEMENTS DE LOISIRS / P100 BILLETTERIE / P102 TRAVAUX DE PISTES / P103 MÉTHODOLOGIE
380 M€ empreints de confiance
Après la chute historique de leurs investissements en 2020 (237 M€), directement associée à la crise sanitaire, les domaines skiables français, bien soutenus par les pouvoirs publics, avaient limité le contrecoup économique en 2021 (268 M€). Il fallait déjà y voir une illustration de la confiance des professionnels dans leur filière.
En affichant cette année le deuxième meilleur total d’investissements de la décennie, les opérateurs tricolores confirment leurs certitudes vis-à-vis de la destination montagne. Au-delà du chiffre positif, auquel il convient d’associer l’effet de l’inflation, la ventilation de ces montants sur les différents postes laisse entrevoir des tendances futures.
Les budgets alloués aux remontées mécaniques témoignent encore et toujours du rôle de locomotive économique dévolu aux sports d’hiver, et ce pour encore de belles années. En revanche, les loisirs hors ski, et la tant recommandée diversification, bénéficient cette année d’investissements significatifs (portés notamment par deux nouvelles luges), tout comme le marketing. À l’inverse certains postes affichent un tassement des montants consacrés, qui laissent à penser que l’essentiel a été réalisé en la matière. Le moyen ou long terme confirmera, ou non, ces évolutions.
Bilan des investissements 2022 : une reprise confirmée
par Atout France
Des efforts d’investissement confirmés
En 2022, 380 M€ ont été investis sur les domaines skiables français. En hausse de 41,8 % par rapport à la saison précédente et supérieur de 17,1% à la moyenne décennale, ce montant s’affiche comme le deuxième plus haut de la décennie. En France, les exploitants ont ainsi réinvesti cette année 26,1 % de leur chiffre d’affaires hors taxes. Ces bons indicateurs confirment la reprise contrastée depuis la fin des contraintes sanitaires.
Remontées mécaniques neuves : la part consacrée au parc existant progresse
Avec 161 M€ investis en faveur des remontées mécaniques neuves, ce poste constitue, comme souvent, le premier levier de dépenses, représentant 42,4 % des investissements globaux. Ce secteur est
par ailleurs en progression de près de 16 % par rapport à la moyenne décennale.
Notons également la confirmation d’une tendance observée depuis plusieurs années : si les appareils neufs constituent encore le premier poste de dépenses, les domaines skiables orientent aujourd’hui proportionnellement davantage leurs efforts sur l’entretien et l’amélioration de remontées mécaniques existantes. Le poids des investissements destinés à l’entretien des remontées mécaniques installées est ainsi passé de 10 % à 15 % du total, alors que celui consacré aux remontées mécaniques neuves a, lui, progressivement baissé, passant de 47 % à 43 %. Les domaines skiables largement modernisés depuis vingt ans passent peu à peu d’une stratégie de développement à une stratégie de consolidation et d’amélioration qualitative en limitant ainsi leur empreinte physique sur les territoires.
2022, une année record pour les équipements de loisirs S’il y a bien un axe de développement qui fédère tous les massifs français, c’est celui des équipements de loisirs en diversification. Cette année, ce sont ainsi près de 16 M€ qui ont été investis. Malgré le faible poids financier que représente toujours ce poste (4,2 % des investissements, pour des équipements moins coûteux que les remontées mécaniques), il constitue celui qui enregistre la plus forte progression sur la décennie passée. En 2022, les domaines skiables ont ainsi davantage investi dans les équipements de diversi-
fication que dans les travaux de pistes (11,4 M€), densifiant ainsi l’offre d’activités au profit d’une activité hivernale et estivale. On recense cette année 82 réalisations différentes, avec quelques projets significatifs par massif, témoins à la fois de la prise en compte des adaptations nécessaires aux évolutions sociétales – changements importants de comportements des clients dans leur consommation de vacances en termes d’activités, de moments de contemplation et de partage, de besoin de services, etc. – et également signes d’un besoin d’agilité dans les choix d’investissements des exploitants face au changement climatique et au bouleversement sanitaire. Dans le Jura, la « Luge des Cimes » a été inaugurée à Métabief, et concentre d’ailleurs la majeure partie des investissements du massif. En Isère, c’est l’aménagement de la Croix de Chamrousse avec une tyrolienne et une passerelle himalayenne très aérienne qui sont cette année à l’honneur. De nombreux équipements ont pris place à Saint-Jean-d’Aulps, en Haute-Savoie, comme les engins de glisse et divers équipements ludiques. En Savoie, la station des Saisies vient d’ouvrir les portes du Parc aventure des Elfes, et a scénarisé sa luge 4 saisons, tandis que La Norma s’est également équipée d’une toute nouvelle luge sur rail. Dans les Alpes du Sud, les clients de Réallon profiteront d’un nouveau sentier ludique équipé de son belvédère panoramique. Le massif pyrénéen n’est pas en reste avec la tyrolienne sur la station de Peyragudes, directement implantée à l’arrivée du Skyvall. ▲
L’investissement des domaines skiables se modifie en profondeur
ALEXANDRE MAULIN
Président de Domaines skiables de France.
Si la saison 2021-2022 a été une saison de renaissance pour nos territoires et entreprises, avec un fort engouement pour le ski, la séquence d’investissement qui s’en est suivie témoigne elle aussi de cette dynamique et de la confiance retrouvée après le traumatisme de la fermeture Covid.
Les 380 M€ HT réinvestis en 2022 représentent un quart du chiffre d’affaires des domaines skiables de l’hiver 2021-2022. C’est un niveau élevé, conforme aux années d’avant-Covid.
Est-ce à dire que les domaines skiables n’ont pas changé leur manière d’investir après la crise ?
Si les chiffres indiquent un retour à la normale, plusieurs tendances de modification durable des stratégies d’investissement sont à l’œuvre. Le choix des équipements à renouveler tout d’abord et, plus encore, le choix des équipements par lesquels les remplacer, est plus qu’hier dicté par des considérations d’économie et d’environnement, notamment sur les critères de la performance énergétique et de la polyvalence hivernale et estivale. Les décisions d’aménagement prennent également en compte les effets du changement climatique, tels que les scénarios du GIEC permettent de les modéliser à plus ou moins long terme.
Le plus gros poste d’investissement, les remontées mécaniques, rejoint les niveaux élevés des année s 2014, 2018 et 2019, mais avec un nombre bien moins élevé d’appareils (14 téléportés cette année au lieu de 20 en 2019, 26 en 2018 et 21 en 2014).
Dans les faits, l’indicateur des prix remontées mécaniques neuves que nous suivons chaque année a augmenté de 36 % entre avant et après la crise Covid. Moins d’appareils se sont donc réalisés pour un montant identique.
De tels indicateurs ne sont pas disponibles pour les autres types d’équipements, mais globalement ce sont tous les équipements industriels qui ont subi une très forte hausse des prix.
Par ailleurs, les engins de loisir font une poussée très marquée, dont il faudra observer si elle se confirme dans le temps.
Il faudra surtout voir si les prix extraordinairement élevés de l’électricité, conjugués à la flambée des prix des nouveaux équipements, ne viennent pas amputer la capacité des opérateurs et des collectivités à continuer d’adapter leurs infrastructures aux be soins de modernisation et aux attentes de la clientèle. ▲
Ce total renvoie à de belles années en matière d’appareils neufs. 2014, 2018 et 2019 présentaient en effet des montants similaires. En 2022, ce poste enregistre des progressions équivalentes par rapport aux trois éléments de comparaison antérieurs (N-1, moyenne quinquennale, et décennale), soit environ +17%. Les seize téléportés déclarés – dont six télécabines (72,4 M€) et deux appareils mixtes (21 M€) – pèsent pour près de 95% du montant total.
L’effet de l’inflation sur les prix des appareils neufs contribue à expliquer ce bon total. (Avec 20 téléportés, l’exercice 2019 totalisait 166 M€.)
À noter : la Haute-Savoie et Isère-Drôme ont cette année relégué la Savoie au troisième rang des massifs en la matière. Le très bel exercice pyrénéen est également à souligner. ▲
STATION MAÎTRE D’OUVRAGE
ALPE D'HUEZ (L')AURIS - VILLARD-R.
AL PE D’HUEZ (L’)AURIS - VILLARD-R.
AL PE D’HUEZ (L’)AURIS - VILLARD-R.
MAÎTRE D’ŒUVRE TYPE ET NOM DE L’APPAREIL CONSTRUCTEURENTREPRISES INTERVENANTES
SATA GROUP CNA TC10 HUEZ EXPRESS POMA
SATA GROUP ERIC TSCD SURES POMA
SATA GROUP ERIC TAPIS COUVERT RIF NEL1 AXET/IDM
AL PE D'HUEZ (L')AURIS - VILLARD-R. SATA GROUP ERIC TAPIS COUVERT RIF NEL 2 AXET/IDM
DEUX-ALPES (LES) SATA GROUP ERIC TAPIS COUVERT BOSQUETS AXET/IDM
Directeur général de SATA Group, opérateur des domaines de l’Alpe d’Huez (33, 20 M€) et des Deux Alpes (29,05 M€).
« Nous sommes toujours en lien avec nos partenaires financiers, qui nous suivent à fond sur le développement. Nous avons un vrai plan stratégique dont tout le monde a bien saisi les trois notions. La fluidité réside dans notre capacité à extraire en pied de station l’ensemble de nos clients.
La distribution des flux est notre aptitude à les répartir sur le domaine. Et ce ne sont pas seulement les indications qui y contribuent : ce sont les remontées mécaniques qui permettent de structurer cette répartition.
Enfin, la modernisation permet d’optimiser le domaine, en démontant un maximum
d’appareils pour les remplacer par un minimum de remontées mécaniques, tout en améliorant le rendement et en rendant des espaces à la nature. À l’Alpe d’Huez, il est aujourd’hui possible de faire à ski en quatre heures ce qui aurait pris huit heures il y a quinze ans. Ce qui explique la fréquentation de l’après-ski.
Par ailleurs, notre stratégie des télémix permet de donner accès à la montagne au plus grand nombre (skieurs, familles, piétons, randonneurs, vététistes). (...) En 2023, les investissements du groupe devraient dépasser les 100 M€, avec, notamment, le lancement des travaux du 3S Jandri, qui s’étaleront sur deux ans. »
Pour la première année, ce poste est présenté en deux tableaux distincts : les modifications d’appareils, suivies des opérations qui relèvent de leur maintenance et de leur entretien. Au sein du premier, quatre opérations dépassent le million d’euros et représentent 78% du montant de ces modifications. Dans le second tableau, plusieurs anciens ouvrages ou appareils nécessitent des sommes d’entretien elles aussi à sept chiffres. C’est le cas de la télécabine de Bochard, du funiculaire des Arcs, du DMC des Grandes Rousses, du 3S Olympique ou encore du téléphérique des Ruillans. En additionnant ces montants, pour raisonner à périmètre équivalent, le poste affiche une croissance : 8% par rapport aux cinq années précédentes, et même 18 % en remontant à dix ans. ▲
SA INT-JEAN-D'AULPS TSF4 TÊTE - TSF4 TORCHON COPPEL MAINTENANCE
SA MBUY (LA)
TSF4 DE LA SAMBUYJOLY&PHILIPPE - ALTI CONTRÔLES TRIENNALE PINCES - CONTRÔLE MAGNÉTIQUE
SEMNOZ (LE) TSF4 PANORAMIQUE
« La primeur de l’investissement en faveur de la télécabine Mélezet et du centre technique revient au syndicat mixte Thabor Vanoise. Si le suivi de chantier s’est fait en collaboration active avec les équipes de la SOGENOR, c’est bien le syndicat mixte qui en était l’autorité organisatrice et le maître d’ouvrage. L’ancienne télécabine datait de 1972, de la création de la station. C’est l’axe central de départ du domaine skiable, une belle installation qui emmène nos clients de 1350 m à 2000 m d’altitude. Elle propose un débit doublé par rapport à l’ancienne, et améliore l’attractivité puisque l’embarquement se fait de plain-pied, et de fait plus rapidement. La précédente installation regroupait aussi tous les services techniques et exploitations (garage à dameuses, atelier, vestiaires…),
dont la plupart ont été transférés dans le nouveau centre technique, désormais dissocié de la télécabine. Cette réorganisation a permis de libérer le front de neige pour nos clients et d’améliorer les conditions d’accueil et de travail de nos collaborateurs.
En ce début de saison, les premiers retours sont extrêmement positifs. Compte tenu des conditions d’enneigement initiales, nous avons pu proposer une offre plutôt qualitative sur la station de la Norma, mais aussi sur Valfréjus grâce à un excellent travail des équipes de la SOGENOR. Nous avons donc connu de bonnes vacances de fin d’année. Les vacances de février – la première semaine mise à part – s’annoncent plutôt positives, ainsi que les deux semaines qui suivront. »
ALEXANDRE GOYET
Directeur de la SOGENOR, opérateur de La Norma (17,77 M€). DR
PDG de la CMB, opérateur de ChamonixLes Houches (32,81 M€).
« Au sein du périmètre Compagnie du Mont-Blanc stricto sensu (hors Megève), la télécabine de Charamillon est bien évidemment l’opération la plus importante. C’est l’accomplissement d’un projet entamé en 2014, qui a nécessité de nombreuses réunions de négociation pour traiter les enjeux environnementaux et locaux. Prévu dans le site classé du Mont Blanc, c’est un projet qui est passé en commission supérieure des sites classés, où il a été voté à l’unanimité. Ce qui signifie que les services de l’État, les élus, France Nature Environnement et Mountain Wilderness ont tous rendu un avis favorable.
Parallèlement, la télécabine de Bochard a été rénovée en 2022, avec le remplacement de ses bennes.
Nous entamerons cette année les travaux du Centre d’interprétation des glaciers et du climat, avec une échéance en décembre 2024.
Ce total ne comprend pas la rénovation de la télécabine de la Mer de Glace, qui devrait se terminer en décembre 2023. C’est dans le cadre de ces opérations que deux salariés de MBTM sont décédés cet été, un drame qui a affecté toute la montagne et qui a illustré la solidarité de notre milieu, l’une des forces de la profession. »
NEIGE DE CULTURE : 40 522 533 €
Au-dessus des 36 M€ de 2021 (et du même montant en 2020), la neige de culture rentre malgré tout dans le rang cette année, en enregistrant un recul de 23 % par rapport à la période 2017-2021, et de plus de 13 % par rapport aux dix années précédentes. Les rares opérations d’envergure associées aux retenues collinaires peuvent expliquer pour partie ce montant en 2022.
L’addition des dix plus grosses opérations de ce secteur dépassent les 20 M€, ce qui représente plus de 50 % du total de ce poste d’investissements (dont plus de 17 % pour la seule destination haut-savoyarde de Bellevaux-Hirmentaz).
Largement décriée et médiatisée ces derniers temps, la neige de culture représente cette année moins de 11% du total des investissements recensés. ▲
Après l’absence de saison hivernale en 2021, cet item affiche sans surprise une croissance démesurée par rapport à N-1 (+107%). C’est à la lumière de la moyenne quinquennale qu’il est possible d’observer la stabilité de ce poste (+3%). Les créations ou refontes de sites web, d’applis, ou de solutions de vente en ligne monopolisent toujours une grande part de ces montants dédiés à la visibilité et à la relation avec la clientèle, avant et pendant le séjour. ▲
DIVERS : 23 346 124 €
3,5 M€ pour le bâtiment d’Arc 1800, 4 M€ pour le centre technique de La Norma, 1,1 M€ pour la rénovation du bâtiment administratif de Méribel ou encore 3,2 M€ pour la création du restaurant d’altitude à La Rosière : la Savoie a connu une année exceptionnelle en la matière. Elle entraîne dans son sillage le poste « Divers » vers les sommets. Avec plus de 23 M€ dédiés, 2022 s’approche du record en la matière, sans toutefois le dépasser (plus de 27 M€ en 2012). Les comparaisons avec les indicateurs antérieurs affichent toutes une croissance supérieure à 30 %. ▲
VÉHICULES : 4 749 613 €
Après une période de stabilité entre 2014 et 2019 (3,4 M€ de moyenne), le poste consacré aux véhicules hors damage emprunte les montagnes russes. Ce fut d’abord 5,7 M€ en 2020, avant un retour à la réalité post-Covid en 2021 (1,3 M€). Le secteur retrouve de belles couleurs cette année. ▲
Les répondants les ont mentionnés : AEBI, AILLOUD-PERRAUD, ARTIC CAT, BALLEYDIER, BOBCAT, BOMBARDIER, BRP, BUSATO, CHOSSADE, CITROËN, DACIA, FORD, GATOR, JEAN LAIN, LIEBHERR, MERLO, MITSUBISHI, MOTOR 73, OISANS 4X4, PAYANT, POLARIS, RENAULT, TOYOTA, TRAXTER, YAMAHA
DAMAGE : 50 041 814 €
Avec 136 machines au compteur, 2022 est quasi-historique pour le damage. Au-delà du nombre d’engins, le montant associé bat des records. Si le secteur peut se réjouir de ces 50 M€, il convient de rappeler qu’il avait enregistré un recul de 75% en 2021 (8,2 M€), qui succédait déjà à une année 2020 mitigée (29,6 M€).Au rayon des accessoires, les systèmes de gestion de la hauteur de neige ont toujours les faveurs des domaines skiables, d’abord pour optimiser les énergies nécessaires à la production de neige et au travail des pistes, mais aussi car l’un des éco-engagements de DSF incite à préférer ces équipements. En attendant le développement de nouvelles motorisations, le marché français enregistre cette année sa première machine électrique (Val Cenis). ▲
MASSIF NOMBRE DE MACHINES NEUVES OU RECONDITIONNÉES
Vente
spécialiste
Réparations
Location Pièces
HORAIRES
SÉCURITÉ DES PISTES : 5 635 537 €
Comme à l’accoutumée, ce poste d’investissements est porté par les installations de déclenchement préventif d’avalanches que sont les catex et gazex. Après la petite année 2021 (3,6 M€), le secteur de la sécurité se maintient : +14% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, +11,5% en remontant à dix ans. Comme chaque année, les investissements en la matière restent dictés par la sécurisation de l’ouverture des domaines skiables en temps et en heure, et par la sécurité de l’ensemble de leurs usagers. ▲
(LA)
SIGNALÉTIQUE : 3 048 943 €
Après le coup d’arrêt de 2021, le plus faible total de la décennie, la signalétique a retrouvé un bon niveau d’investissements. Et peut-être même mieux : +39 % par rapport à 2017-2021, et +23 % si l’on remonte à 2012. Si les écrans panoramiques concentrent les montants les plus conséquents en la matière, la signalétique prend des formes variées pour des usages qui le sont tout autant. Aux côtés des traditionnels investissements d’orientation pour les usagers sur les domaines skiables, ce poste rassemble également les éléments destinés à la sécurité (information sur le risque avalancheux), ceux liés à la prévention et au comportement sur les pistes (information sur les pylônes), ou encore des informations destinées à d’autres pratiques que le ski (randonnée). ▲
-
ÉQUIPEMENTS DE LOISIRS : 16 051 991 €
Record battu ! Les précédentes marques remontaient aux 13 M€ de 2019, et aux 11 M€ de 2013. Avec ce total, 2022 affiche pas moins de 100 % de progression par rapport à la moyenne décennale.
Le poste est porté cette année par de belles infrastructures : les luges de La Norma et de Métabief (7,7 M€ à elles deux), ainsi que des aménagements conséquents aux Saisies (Parc des Elfes) et à Chamrousse (dont une tyrolienne). Suivent des opérations de sonorisation, des zones de chill, l’acquisition d’engins de descente de toutes sortes, ou encore la mise en place d’équipements dédiés à la pratique du deux-roues.
Après des décennies à évoquer la diversification, serait-ce les débuts de sa concrétisation, accélérée par le traumatisme de la saison 2020-2021 sans remontées mécaniques ? ▲
AL PE D'HUEZ (L') - AURIS - VILLARD-R. SCÉNARISATION (PIC BLANC ET TUNNEL)
CROIX DE CHAMROUSSE (PASSERELLES, BELVÉDÈRES…)
(LES)
GAME - RÉASSORT TROTTINETTES - PORTE-VÉLO TSTROTTINETTES
INVESTISSEMENTS 2022
BILLETTERIE
: 8 275 944 €
Le record de 2015 (10,4 M€) n’était pas si éloigné ! Après un hiver 2020-2021 quasi-inexistant (1,1 M€) causé par la fermeture administrative des remontées mécaniques, le secteur fait un retour en fanfare grâce à une année pleine. Cela faisait quinze ans que la billetterie n’avait pas connu pareil total. Outre le plein de supports forfaits dans la perspective d’une année prometteuse, les domaines skiables équipent leurs nouvelles remontées mécaniques et optent pour des solutions digitales de commerce et de distribution de leurs titres de transport : les bornes de vente ou de retrait de forfaits se multiplient dans les espaces d’accueil ou sur les fronts de neige. ▲
JURA : 288 933 €
TRAVAUX DE PISTES : 11 426 966 €
Même s’il est en progrès (+20 % par rapport à 2021, et +10 % par rapport à la moyenne quinquennale), ce poste semble se tasser avec le temps. Le total 2022 est en recul de 9% par rapport à 2012-2021. En remontant plus loin dans le temps, certains exercices affichaient même double : la moyenne 2005-2009 s’établissait à 22,7 M€. Les domaines touchent-ils du doigt la perfection de leur tracé ?
Les travaux de piste bénéficient pourtant encore cette année d’opérations d’envergure. Parmi les réalisations importantes : la rénovation du front de neige de La Mongie, la finalisation des tracés pour les Championnats du monde de ski à Méribel, la retenue collinaire du Val d’Arly ou encore la piste Vallée blanche à l’Alpe d’Huez. ▲
HAUTE-SAVOIE : 697 930 €
(L') -
MÉTHODOLOGIE
Devenue au fil des éditions un document attendu par les acteurs de l’économie touristique en montagne, cette « Enquête Investissements » a pour objectif de compiler et de présenter les divers investissements réalisés par les opérateurs des domaines skiables français ainsi que par les collectivités supports de ces domaines.
Panel
Pour cette édition, nous avons adressé, en partenariat avec Atout France et Domaines skiables de France, un questionnaire à l’attention des opérateurs d’un ou plusieurs domaines skiables, mais aussi des constructeurs, fournisseurs et bureaux d’études.
Collaborations
Nous remercions ici la collaboration des différents services des opérateurs de domaines skiables, des constructeurs, des fournisseurs et bureaux d’études, ainsi que celles et ceux qui ont contribué de près ou de loin à la collecte de ces données. Ce bilan d’investissements a pu être réalisé en croisant l’ensemble de leurs déclarations,
après plusieurs relances par mail et par téléphone. Pour certains postes, un travail d’harmonisation a été mené entre opérateurs et fournisseurs afin de présenter des chiffres cohérents. Merci également à Atout France et Domaines skiables de France pour leur concours à la réalisation de cette enquête.
Saisie
Ce travail de compilation des données et de montants issus de différentes sources est conséquent. Il est possible que malgré plusieurs vérifications, certaines erreurs subsistent, ce dont nous nous excusons par avance.
Afin d’éviter toute confusion ou interprétation, nous n’avons fait apparaître le maître d’ouvrage que lorsqu’il était précisément mentionné pour une opération donnée.
Mode de calcul
Nous travaillons toujours en euros courants et ne répercutons ni les augmentations de prix, ni l’inflation.
Informations
Pour le poste relatif aux nouvelles installations de remontées mécaniques, il est possible que les montants de notre enquête diffèrent de ceux du Service technique
des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG) : le STRMTG ne comptabilise que la stricte partie Remontée mécanique d’une affaire, quand Montagne Leaders tient compte de l’ensemble des travaux généraux afférents à l’installation d’un nouvel appareil de remontée mécanique. (Certains travaux de génie civil et/ou de montage, les travaux électriques, les bâtiments, les installations d’accès et d’autres opérations complémentaires à une remontée mécanique relèvent pour l’exploitant ou la collectivité de son budget Investissements.)
Nous sommes conscients que certains chiffres ne sont pas forcément l’exact reflet de la réalité ; pour autant ils correspondent aux montants qui nous ont été déclarés. Cette enquête a pour objectif de permettre la comparaison des différents postes, la part d’investissements de chaque domaine skiable et de chaque massif, ainsi que leur évolution dans le temps. Depuis cette année, les sites gérés par l’EPIC des stations de la Drôme apparaissent groupés. L’entité « Stations de la Drôme » comprend donc les destinations de : Col de Rousset, Font d’Urle, Herbouilly, Lus-la-Jarjatte, Le Grand Échaillon, Valdrôme et le stade de biathlon Raphaël Poirée.
d’Activités Alpespace
Les Planards ou le petit Schladming
Voilà déjà deux ans que les Planards, s’affirment parmi les petits domaines skiables aux grandes ambitions. Avec une DSP récemment signée pour 25 ans sous l’angle du sport et de la modernisation, cette station en plein cœur de Chamonix rêve déjà d’un slalom à la Shladming.
Le début d’hiver 2022-2023 a porté un coup dur à tout l’écosystème du ski. Pluies intenses, chaleurs excessives et absence de regel ont été au programme de ce mois de décembre. Mais le domaine des Planards, culminant à 1 200 m d’altitude, bénéficie d’une situation géographique qui laisse de beaux espoirs pour les années futures.
Inversions de températures et exposition nord-ouest assurent une conservation optimale du
manteau neigeux. C’est pourquoi les Planards ont fait face aux éléments en ce début d’hiver pour garantir une ouverture de son domaine et plus de 100 heures d’entraînements sur son stade. Se sont succédé les clubs de la vallée de Chamonix, Saint-Gervais, Combloux, Megève, les Carroz, etc. Mais également un planning riche en courses avec deux jours de FIS Dames, un Kandahar Junior et d’autres compétitions locales.
Enfin, au retour d’un épisode neigeux et d’un froid glacial, le pari d’accueillir le Kandahar aux Houches se concrétise. Une chance pour les Planards de montrer à nouveau sa capacité d’accueil à tout niveau. Les quelques jours qui ont précédé la Coupe du Monde, les équipes suédoise, grecque, belge, américaine et française ont pu s’entraîner sur un slalom injecté, laissant derrière eux quelques jeunes compétiteurs désireux de suivre leurs traces.
C'est en francs le coût de la piste pour les JO de 1992. En 20 08, six M€ ont été réinjectés pour couvrir la piste et changer le système de refroidissement. L’ammoniaque, utilisée pour refroidir l’eau mais devenue trop complexe à homologuer, a été remplacée par de l’eau glycolée, plus facile d'utilisation.
La piste de boblseigh, sous sa couverture posée en 2008.
Comm e chaque hiver depuis 1992, la piste de bobsleigh de La Plagne a été mise en glace en début de saison. L’équipement, unique en France, fait partie des infrastructures encore en fonctionnement héritées des JO d’Albertville : « Dès sa mise en route, le comité d’organisation a alerté les élus et la direction sur l’avenir de la piste », raconte Bruno Thomas, le directeur de l’équipement. « Ce s derniers ont manifesté la volonté de pérenniser l’aménagement, en mettant en place un modèle économique reposant sur des fonds privés », poursuit l’ancien champion de bobsleigh. La direction planche alors, avec les entreprises locales, sur l’élaboration de véhicules accessibles au grand public, afin de commercialiser l’expérience de la descente en bobsleigh. « Le B ob Raft, une
luge autoguidée et autofreinée, a ainsi été inventé par et pour La Plagne ! » L’offre est complétée l’année suivante par une luge individuelle adaptée au public, la descente en bob piloté par un professionnel restant l’expérience la plus similaire à la compétition.
L’expérience du grand frisson « Nos trois produits, qui vont de 80 km/h à 120 km/h et 3G d’accélération, nous permettent de proposer un éventail de sensations, adaptées aux envies de chacun. »La clientèle, plutôt « familiale », vient principalement de la station. « 3,5 millions de vacanciers viennent chaque hiver à La Plagne, et voient la piste de la route, ce qui représente un potentiel de clients conséquent ». L a saison dernière, 13 20 0 personnes ont ainsi testé le grand frisson, une
XXe
La tradition macotaise du bobsleigh date du début du siècle dernier. Les mineurs de la Roche, village situé dans un secteur glacial de La Plagne, arrosaient les routes non déneigées pour y glisser en traîneaux.
ENTRE
1 ET 1,2 MILLION
C'est en euros le budget de fonctionnement de la structure à l’année, financé à 80 % par la commercialisation des descentes et 20 % par les subventions. L’année dernière, l ’activité a généré un CA de 84 000 €.
fréquentation en légère augmentation depuis deux saisons. La piste olympique reste néanmoins un équipement sportif accueillant des épreuves internationales et les entraînements d’une dizaine d’équipes : « La compétition fait partie de l’ADN de la piste. Cet aspect contribue à son rayonnement et attire le public, ce qui as sure notre financement. L’un nourrit l’autre ». La direction souhaite cependant élargir la base de sa clientèle en développant une offre tournée vers les entreprises : « Le départ de la piste de luge hommes a été scénarisé et son vestiaire entièrement rénové pour accueillir des évènements professionnels, tels que des séminaires ou des stages de cohésion ». Un nouveau virage pour l’équipement olympique, qui vient de fêter ses 30 ans. ▲ B.S.
DES ÉCONOMIES D'ÉNERGIE IMMÉDIATES SUR LES REMONTÉES MÉCANIQUES
Temps d'attente maîtrisé et confort en ligne des passagers
Suivi des consommations et des économies d'énergie
Jusqu'à 20 % de gains d'énergie et 12 tonnes de CO2 évitées par an
Remplissage des véhicules optimisé
Adaptation automatique de la vitesse de chaque téléporté ECODRIVE :
NOUVEAU : 2 MODES DISPONIBLES
Meilleure disponibilité des opérateurs Paramétrable au juste besoin de chaque exploitant
Compatible sur toutes les installations
Solution éprouvée depuis 2018
Cluster Montagne En piste pour 2023 !
Jeudi 8 décembre, le C luster
Montagne organisait son Clus ter Montagne day, à la ferme de Bressieu près de Chambéry. L’évènement, qui permettait aussi aux membres de se retrouver et d’échanger autour d’un déjeuner, avait pour but de présenter le ca lendrier 2023.
Parmi le s temps forts, les ren dez-vous internationaux bien sûr : l’association accueille les déci deurs américains du 13 au 18 fé vrier. Des séminaires interculturels sur la Norvège, les pays germano phones ou l’Europe de l’Est sont organisés tout au long de cette année, ainsi que des missions benchmark.
Le Cluster est aussi présent sur les championnats du monde de ski de Courchevel Méribel mi-février, pour un autre temps de rencontre entre entreprises.
pour 2023.
Le printemps étant particulièrement riche en salons cette année, l’association sera sur le salon Interalpin, à Innsbruck en Autriche du 19 au 2 1 avril, et à Alpipro Digital Montagne, à Chambéry, du 26 au 27 avril. Son assemblée générale fin juin et le congrès de Domaines skiables de France, à l'automne, constitueront deux autres opportunités de rencontres inter-entreprises.
Être acteur du réseau
Patrick Grand’Eury, le président de l’association, a profité de ce briefing de saison pour mobiliser ses membres : « Aujourd’hui, nous nous adaptons à notre environnement, et celui-ci ne nous fait pa s de cadeau. Mais une crise présente aussi des opportunités. Pour cela, il faut réfléchir et travailler, et c’est tout l’intérêt d’être ensemble. Ainsi, il est essentiel de pouvoir s’impliquer dans les projets, rejoindre les groupes de travail, afin de co-construire notre avenir. »
Les outils, existants et nouveaux, mis à la disposition des membres afin qu’ils tirent au mieux profit du réseau, ont ainsi été détaillés lors de la présentation. Le centre
boratif alimenté par les membres, permettant d’effectuer de la veille et de suivre l’actualité de la filière. Du côté de la transition écologique, le module développement durable, ajouté sur le site web, guide les entreprises-membres sur le chemin du développement durable, en les éclairant sur les démarches à poursuivre, et en les aidant à mesurer leur empreinte carbone. Un besoin d’accompagnement révélé dans l’enquête que le cluster a menée auprè s de ses membres en fin d’année dernière. Si les enjeux en termes de développement durable paraissent « bien identifiés », l’état d’avancement est « variable », selon les analyses du cluster. Sur la cinquantaine d’entreprises ayant répondu au questionnaire, 79 % fixent comme priorité l’analyse et la réduction de l’impact carbone.
Une filière dans l’expectative
Le cluster a également pris le pouls de la filière en sondant ses membres sur les perspectives économiques et leur sentiment sur 202 2. Sur la cinquantaine d’entreprises répondantes, 7 sur 10 in diquent avoir augmenté leur chiffre d’affaires, et ce malgré un indice de confiance sur le marché
élevé pour les membres ayant répondu. En revanche, ils ressentent une baisse des perspectives sur les marchés étrangers, analyse le cluster. Sur le volet de l’emploi, le recrutement est, sans surprise, l'un des principaux enjeux avec la fidélisation des collaborateurs et leur montée en compétences. 65 % des entreprises ayant répondu ont recruté l’année dernière, et 78 % prévoient de le faire cette année. ▲ BARBARA SATRE
LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS DU CLUSTER
23 février : rencontre chez Skitec
23 mars : salon des maires et des collectivités locales de Savoie
du 27 au 31 mars : Alpes Tourisme Lab
15 avril : lancement du Plan d’actions
transition
Du 24 au 28 avril : Alpes Tourisme Lab
Du 8 au 11 mai : convention nationale
National ski area association
Du 5 au 9 juin : éductour international
30 juin : lancement de l’appel à projets
cluster Montagne Labs
20 juillet : Summer party
Tourisme AirBnb rejoint le fonds Essentiem
Réunis au Club Med de l’Alpe d’Huez le mardi 16 janvier, le acteurs d’Essentiem ont annoncé l’intégration d’AirBnb à leur fonds de dotation. Créé en 2020 par AuRA Tourisme, Domaines skiables de France, Club Med, Easyvoyage, Vacancéole et VVF, ce fond a pour vocation à soutenir des projets « d’i ntérêt général » en faveur d’une activité touristique « en gagée » : « Nous souhaitons pro mouvoir un tourisme bienveillant qui agit en pleine conscience par rapport à ses responsabilités en vironnementales économiques et sociales », détaille Lionel Flasseur, le président du fonds de dotation. « Ess entiem est le véhicule qui permet, grâce au mécénat et aux dotations, de recevoir des dons d’entreprises ou de particuliers pour soutenir des projets et permet à la filière de développer sa marque employeur. »
La montagne dans le Top 10 En rejoignant les trois mécènes déjà engagés auprès d’Essentiem (Transdev, G2A et Région Occitanie), la plateforme de location de m e ublés touristiques vise à « accompagner la transition écolog ique et l’hébergement touristique de montagne ». « Nous avons remarqué qu'elle est devenue une destination prisée, en par ticulier depuis la crise sanitaire », témoigne Bertrand Burdet , directeur adjoint d’AirBnb France. « Pré- Covid, notre top 10 annuel des destinations estivales ne comportait aucune station de montagne, seulement du littoral et de la campagne. Désormais des destinations de montagne de différents massifs apparaissent dans les classements d'Airbnb, indépendamment de l'enneigement : le tourisme de montagne concerne presque les quatre saisons ». Ce constat a amené la plateforme à se pencher sur les problématiques du secteur – « Que sera la montagne de demain ; quelles seront les activités proposées ? On sait aussi que le parc immobilier comprend un certain nombre de
de dotation.
Booster les rénovations énergétiques
Le fonds Montagnes durables, que le nouveau mécène souhaite développer dans le cadre d’Essentiem répond aux enjeux relevés par l’entreprise : « Le premier est celui de la rénovation énergétique. Nous constatons que les jeunes populations sont très sensibles à l’environnement. Au-delà de la responsabilité sociétale de la démarche, la performance énergétique des logements à la montagne peut permettre d’attirer les nouvelles générations. Or, nous constatons un premier blocage : souvent, les hébergeurs ne savent pas par où commencer pour rénover leur logement. »
Montagnes durables propose ainsi d’accompagner les propriétaires et opérateurs dans la rénovation de leur bien : « L’idée est de dédier des équipes d’experts qui viendront sur site pour former et accompagner les opérateurs du tourisme de montagne à la rénovation énergétique ». AirBnb ambitionne de former 1 000 hébergeurs à travers ce programme.
Le second volet de Montagnes durables est tourné vers le « développement des territoires touristiques à court et moyen termes ».
projets de « tourisme durable » :
« Un environnement remarquable, un édifice, tout lieu qui mériterait d’être valorisé et contribuerait à la transition touristique d’un territoire », précise Lionel Flasseur. Quatre à huit projets pourraient être financés à hauteur de 25 000 euros. « Cela va dans le sens du tourisme de demain, qui devra impérativement être durable, pour continuer à séduire les vacanciers », complète Bertrand Burdet. ▲ BARBARA SATRE
LES DÉTAILS DU PROGRAMME
d'Essentiem, et Bertrand Burdet, directeur adjoint d'Airbnb France.
Pour pouvoir prétendre au financement de rénovation ou de leur formation, les hébergeurs doivent être situés dans les massifs montagneux français : Alpes, Pyrénées, Vosges, Jura, Massif central et Corse. Les hébergements concernés doivent être d’intérêt général et situés en territoires de montagne ou être éventuellement des villes d’accès à ces territoires. Le comité de sélection se réunit tous les deux mois pour déterminer un projet lauréat. Le premier projet soutenu devrait être annoncé le 1er avril prochain. Les travaux devraient commencer avant la fin de cette année pour les premiers projets sélectionnés. En juin et en fin d’année, deux à quatre nouveaux projets seront retenus.
Carburant L’HVO : une solution transitoire
On s’attendait à de l’hydrogène, mais l’HVO est apparu. Pour cette saison d’hiver, la Compagnie des Alpes (CDA) a décidé d’alimenter ses dameuses à partir d’un carburant peu connu du grand public : l’hydrotreated vegetable oil. Un combustible compatible avec les moteurs diesel traditionnels et à faible émissions carbone. Normalisé sur le marché depuis près de cinq ans, l’HVO est un carburant de synthèse, à la différence près qu’il n’est pas directement produit à partir de gaz, une énergie fossile, mais à partir d’huile de friture de seconde vie. Cette huile est utilisée dans le milieu de l’agroalimentaire notamment, avant d’être collectée dans des centres de traitement. « Elle peut ensuite reprendre vie grâce à un procédé d’hydrogénation et de Fischer-Tropsch qui la transforme en un gaz dont la chaîne moléculaire va être fractionnée pour produire différentes matières, comme du carburant », détaille Hervé Noly, responsable régional de l’entreprise de distribution Vallier Énergies.
Un cercle vertueux
À la différence des biocarburants, tel que le bioéthanol, qui nécessitent un moteur spécifique ou l’installation d’un boîtier, l’HVO est compatible avec les moteurs diesel et il est miscible avec les produits pétroliers. Pour autant, son utilisation permet de réduire ses émissions de CO2 de 89 % à 92 %. « Bien que les émissions soient similaires à celles générées par des carburants traditionnels, la biomasse (céréales) permettant de produire l’huile capture autant de CO2 que le carburant brûlé n’en recrache. Cela forme un cercle vertueux. D’autant qu’avant d’être transformé en carburant, l’huile a déjà eu une première vie », se réjouit le responsable. Du côté des émissions polluantes aussi, le bilan est positif puisque pour les engins, l’utilisation de l’HVO permet de réduire les émissions de particules polluantes de 18 % à 33 %, les oxydes d’azote
de 16 % à 37 % et les hydrocarbures imbrûlés de 9 % à 23 %. « Pour les dameuses, ce chiffre varie en fonction de la taille et de la vétusté du moteur. Plus il est ancien, plus les gains vont être importants ,car il n’aura pas subi de traitement post-combustion. » En plus des avantages environnementaux, l’HVO permet de limiter l’encrassement du moteur, qui dure ainsi plus longtemps. Il assure également plus d’indépendance et une meilleure traçabilité, puisque tout est produit en Europe. « L’approvisionnement s’effectue par train entre Rotterdam et Lyon. Nos camions se chargent ensuite d’acheminer le carburant jusqu’à nos dépôts d’Annecy, Marignier et Chignin en Savoie et en Haute-Savoie. »
Un surcoût non négligeable Au vu des bénéfices, il est difficile d’imaginer que l’HVO ne représente que 10 % des ventes de Vallier Énergie entre juillet 2021 et juillet 202 2, soit cinq millions de litres. Pourquoi le carburant peinet-il à se démocratiser ? L’une des explications tient aux surcoûts. Aujourd’hui, il faut compter environ 20 centimes de plus par litre. « Le coût de production est conséquent car il n’y a pas d’économie d’échelle contrairement au pétrole. Sans oublier les frais de transformation de la matière usa-
gée. Tout le monde n’est pas prêt à payer ce prix », regrette Hervé Noly. Aujourd’hui, les stations de la CDA ont passé le cap, ainsi que La Clusaz et Les Carroz-d’Araches. À l’heure de l’électrique et de l’hydrogène, l’HVO apparaît pourtant comme une solution alternative de transition pertinente. « Avant que les moteurs thermiques ne soient remplacés par des batteries et que l’ensemble du parc ne soit renouvelé, il se passera sans doute une vingtaine d'années. Pendant ce temps, les moteurs diesel vont continuer de tourner. Les énergies de synthèse offrent un carburant moins polluant à court terme. » ▲ OCÉANE JACQUES
La Compagnie des Alpes a choisi le carburant HVO pour alimenter ses dameuses tout comme les exploitants des stations de La Clusaz et des Carroz-d’Araches.
CERTIFICATS D’ÉCONOMIE D’ÉNERGIE
Pour compenser le surcoût du carburant HVO, une solution existe. Les Certificats d’économie d’énergie (CEE), bien qu’ils fassent polémique, permettent aux entreprises proposant un produit décarboné de revaloriser son coût carbone en vendant des CEE aux gros pollueurs. Les sociétés émettrices évitent ainsi de payer des pénalités. Pour collecter ces fameux tickets verts, les « obligés » peuvent réaliser des opérations d’économies d’énergie, ou contribuer financièrement à des programmes d’accompagnement, ou les racheter auprès d’autres acteurs éligibles.
ANNE BARRIOZ, LABORATOIRE EDYTEM (CNRS)
« Ce qui attire, ce sont les valeurs, la qualité environnementale et l’authenticité »
À l’heure où l’encre noircit cette page, en ce début janvier 2023, il fait 7°C à plus de 1 000 mètres. Il faisait 0°C à 3 400 mètres il y a quelques jours. Les territoires de montagne français et alpins, comme d’autres, sont impactés de plein fouet par les multiples crises qui surviennent depuis quelques années (sanitaire, sociale, géopolitique, économique, énergétique…). Malgré certaines fermetures, l’activité hivernale des stations de ski se poursuit. Entendez-vous au loin le ronronnement d’un télésiège qui part d’un front de neige… sans neige ? Ces propos ne relèvent pas du « ski bashing ». Ils reflètent une part de la réalité. En apparence au moins, la montagne tient et continue d’attirer, des habitants 1 , mais aussi des touristes. Ils répondent présents, et ce n’est pas pour déplaire aux travailleurs des montagnes, dont l’activité est construite dans une dépendance étroite avec le tourisme. Nous ne pouvons nier toutefois que ces vacanciers vont repartir avec une image particulière de nos territoires, que nous contribuons à produire, en maintenant ces a ctivités coûte que coûte, et surtout qu’ils vont sans doute s’en souvenir. Le 30 décembre, un court reportage d’un quotidien suisse le montrait déjà 2. Et si, à défaut de s’adapter, nous arrivions enfin à anticiper ?
Écrit en 2018, un scénario prospectif de mes travaux de recherche doctorale 3 questionnait ces enjeux à l’horizon 2050. L’imaginaire que je projetais dans un temps long semble se faire rattraper par la réalité. Les messages d’alerte, à commencer par ceux de René Dumont en 1974, puis par les nombreux rapports du GIEC, se
sont multipliés depuis plusieurs décennies.
Et les anciens des villages s’y accordent : « ils en veulent toujours plus ! […] Bande d’assommés de pain frais ! » s’exclame Mimi Pauliac à la caméra de Jean-Noël Deparis pour La Place du village 4 Et pourtant, lors de ses vœux présidentiels du 31 décembre 2022, le président Emmanuel Macron nous demandait « qui aurait pu prédire […] la crise climatique ? » 5 . La chercheuse que je suis aimerait voir en ces réflexions et en ces crises, non pas une difficulté et des blocages, mais l’occasion de nous améliorer. Et si nous acceptions que ces crises fassent partie de notre évolution et qu’elles nous donnent l’occasion d’aller plus loin ?
Les montagnes d’aujourd’hui gardent en elles le changement majeur que leur a permis l’arrivée de l’industrie du ski et de l’activité touristique hivernale, permettant de passer d’économies extensives à d’autres plus lucratives. Cependant, la nostalgie et l’appât du gain semblent continuer à régir
nos actes individuels et nos actions collectives. En attendant, les peuples racines alertent l’Occident. Dans son ouvrage , F. Van Ingen 6 reprend leurs interrogations : « Peut-être nous invitent-ils à ne p lus penser nos relations au monde vivant, à la nature, en termes de " bien" et de " mal ", mais plutôt de les revisiter en se posant cette question, vitale : qu’est-ce qui est favorable au renouvellement harmonieux de la vie, et donc des écosystèmes ? ». Malgré nos efforts, nous donnons-nous réellement les moyens et la volonté d ’enrayer la tendance, voire de repenser notre modèle dans une optique de sobriété respectée et assumée ? Des acteurs comme la fondation USMB, par l’intermédiaire de la chaire Tourisme Durable, questionnent ainsi l’impact de grands évènements sportifs dans les territoires. La ferveur et l’humanité retrouvées le temps de courtes journées font oublier les efforts pour la mise en place de ces festivités, mais aussi, et de façon plus incongrue, les conséquences sur notre planète.
Anne Barrioz est chercheuse associée au laboratoire
EDYTEM. Agrégée et docteure en géographie, inspirée par l’ethnologie et la sociologie, elle est l’auteure d’une thèse saluée par le prix d’excellence Coup de cœur de la Fondation Université Mont Blanc et dont les réflexions ont fait l’objet de l’ouvrage "S’installer et vivre dans les hautes vallées alpines", publié en 2022.
La vallée du Briançonnais.
L’AUTEURE
DR
La Dent Parrachée (3 697 m), dominant le village de Lanslevillard, commune de Val Cenis.
Si l’on peut facilement reconnaître que d’autres évènements, à différentes échelles, participent également à cela, la construction d’un avenir souhaitable reste l’affaire de tous, au quotidien et pour les générations futures. « Comment allier pérennité économique et durabilité environnementale ? » re ste donc une question que beaucoup se posent, sans trouver de réponse adéquate ou de m o d èle bien ficelé. Et si, ces événements n’étaient pas simplement un moyen de combler tout simplement l’oubli des relations humaines, notamment de village, noyées dans le flot de l’urbanité ? Et si l’on s’attachait à voir, par exemple dans les fêtes annuelles locales, la simple concrétisation de ce besoin d’humanité ?
Penser à long terme
Pris dans le quotidien de la gestion d’une commune qui s’inscrit dans un système démocratique à bout de souffle 1-7, il est toujours difficile de penser le dynamisme des territoires à long terme. Il faut cependant noter les initiatives de plus en plus de stations à se projeter à l’horizon d’une dizaine d’années, voire plus, dans une optique de transition, à l’instar
du projet Méribel 2038 qui se pense notamment avec et pour les acteurs de la vallée. Trop longtemps oubliés, les habitants des montagnes vécues et pratiquées à l’année commencent doucement à être réintégrés dans les politiques locales, par exemple lors de conseils citoyens, comme celui mis en place dans la 6 e circonscription de Haute-Savoie. Il semble plus que nécessaire de poursuivre ces efforts, l’économie résidentielle constituant une option de diversification, parmi d’autres, de l’économie actuelle 7 . Plus en profondeur, ces questions interrogent donc une notion : celle de la cohérence, qui ré g it chaque individu comme chaque collectif. Si les enjeux liés au climat touchent le quotidien et l’esprit de nombreux Français, il reste difficile à tout un chacun de mettre en actes ses idées. Malgré tout, comme je l’ai montré dans mes travaux (pré-cités), certaines trajectoires d’habitants des hautes vallées alpines françaises montrent avant tout un attrait pour le cadre et la qualité de vie, pour le bon sens que certains territoires ont su garder. C’est précisément ce que de petits territoires de montagne, et
même certaines stations-villages, ont encore comme atout. En effet, ce qui plaît et attire, aujourd’hui et de façon pérenne, ce sont précisément les valeurs et le sens, l ’identité affirmée, l’authenticité humaine et la qualité environnementale des lieux. L’attractivité des territoires de montagne s’inscrit au cœur de ces enjeux, que ce soit pour des usagers ponctuels comme pour la population locale. Se dessinent donc depuis plusieurs décennies, et de façon marquée depuis 2020, des parcours de vie qui s’orientent vers des échanges avec le vivant, au sens large, loin du métavers. Les mouvements de population étudiés dans les hautes vallées alpines françaises témoignent des aspirations actuelles, qui souhaitent ralentir, aller vers davantage de bien-être au quotidien, de connexions avec ce qui anime l’humain au plus profond de lui. Comme le souligne F. Van Ingen 6 , « ret rouvons donc, chacun, la confiance dans ce "pouvoir ", qui est le nôtre, qui est celui de tout être humain. Transmettons-la à nos enfants. Souvenons-nous qu’il contient aussi la conscience de la responsabilité qui va avec. Dans la langue des Kagaba [peuple de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie] , " pouvoir " [veut dire] littéralement : " prendre soin de tout ce qui est vivant " » 6 Alors, osons sortir des sentiers battus et des normes de consommation sur lesquelles se sont basées nos sociétés occidentales. Val o risons notre identité, nos propres atouts et savoir-faire. Laissons la place à la créativité, à l’imagination et à l’intelligence collective, en toute bienveillance. Créons ce qui nous correspond. Soyons leaders de l’optimisme, du pas de côté, de l’original, car il finit toujours par inspirer. ▲
1 Barrioz A. (2019), S’installer et vivre dans les hautes vallées alpines. Des trajectoires de vie entre attractivité et capacité d’adaptation des territoires, thèse de doctorat en géographie, Université Savoie Mont Blanc, 478 p.
2 « Les touristes ne reviendront pas. Où est votre neige ? La pluie, j’en ai chez moi en Australie », 20 minutes, 30 décembre 2022.
3 Barrioz A. (2022), S’installer et vivre dans les hautes vallées alpines. Trajectoires de vie, attractivité, capacité d’adaptation des territoires Presses Universitaires de Grenoble, 262 p.
4 « Le manque de neige vu par Mimi Pauliac », La place du village, 1’40.
5 « Vœux 2023 aux Français », Élysée.
6 Van Ingen F. (2021), Ce que les peuples racines ont à nous dire. De la santé des hommes et de la santé du monde. Éditions LLL Les Liens qui Libèrent, 361 p.
7 Barrioz A., « Réinventer l’attractivité de confins dans les Alpes françaises : le défi de l’accès au logement en contexte touristique », mis en ligne le 27 décembre 2020.
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UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES
Impacts
des
poussières
minérales et du carbone suie sur l’évolution et la stabilité du manteau neigeux
Le carbone suie est une particule liée aux processus de combustion qui peut être d’origine naturelle (feux) ou anthropique (industrie, trafic routier, etc.). Les poussières minérales sont, dans les Alpes et les Pyrénées, essentiellement d’origine naturelle et proviennent majoritairement du Sahara. Ces particules sont très légères et peuvent se retrouver en suspension dans l’atmosphère. Le carbone suie et les poussières minérales, tous deux appelés impuretés, modifient la couleur de la neige lorsqu’elles se déposent en surface. Le carbone suie lui donnera une couleur grisâtre, tandis que les poussières sahariennes couvriront le manteau neigeux d’une couleur orangée donnant l’aspect du sable (photo ci-dessus). En modifiant la couleur de la neige, ces impuretés augmentent la quantité d’énergie solaire absorbée par le manteau neigeux et entraînent ainsi une accélération de la fonte. En effet, plus un objet est clair, plus il réfléchit l’éner-
gie du soleil ; à l’inverse, plus il est sombre, plus il a tendance à absorber cette énergie. Ainsi, si nous nous mettons au soleil, nous aurons plus chaud avec un T-shirt noir qu’avec un T-shirt blanc. Il en est de même pour la surface de la neige, dont l’effet des particules sur la fonte va dépendre de la couleur que prend le manteau neigeux. C’est directement lié au type d’impuretés, mais aussi à la quantité déposée. Pour une quantité de dépôt identique, la couleur sombre, presque noire, du carbone suie aura un effet absorbant plus important que les poussières sahariennes à la couleur plus orangée.
Un impact associé à l’altitude
Quantifier l’impact de ces particules est complexe, car l’impact de l’ensemble des impuretés dans la neige n’est pas la somme des impacts de chacune des impuretés séparées (effet non linéaire). Il est donc important de prendre en compte l’effet combiné de
l’ensemble des impuretés dans la neige pour en connaître les effets sur la fonte de cette dernière. Une étude récente a permis de quantifier l’impact de ces particules sur l’accélération de la fonte du manteau neigeux à l’échelle des Alpes et des Pyrénées, au cours des quarante dernières années. Cette étude montre que l’impact est généralement plus marqué à des altitudes plus élevées. Ceci est lié à une saison de neige plus longue, c’est-à-dire une fonte plus tardive. Plus la date est tardive, plus le soleil est haut dans l’horizon. En conséquence, les impuretés sont exposées à un rayonnement solaire plus fort, augmentant son effet sur l’accélération de la fonte des neiges. Dans les Alpes françaises, c’est l’effet du carbone suie qui présente l’effet le plus marqué sur l ’a ccélération de la fonte de la neige, comparativement à celui des poussières minérales. Ceci est en accord avec, d’une part sa couleur plus sombre
Univ. Grenoble Alpes, Univ. de Toulouse –Météo-France, CNRS, CNRM, Centre d’études de la neige
Pascal HAGENMULLER
Univ. Grenoble Alpes, Univ. de Toulouse –Météo-France, CNRS, CNRM, Centre d’études de la neige
– qui fait de cette particule l’aérosol absorbant le plus efficace dans l’atmosphère – et d’autre part, une concentration de dépôts plus importante que celle des poussières sahariennes. Néanmoins, le phénomène inverse est observé pour certaines régions des Pyrénées, où la concentration des dépôts de poussières minérales est plus marquée que celle du c arbone suie, lié à une plus grande proximité des Pyrénées avec le Sahara, lieu de provenance des poussières. Ainsi l’effet de ces poussières sahariennes prédomine sur celui du black carbon (carbone suie), notamment à haute altitude (au-dessus de 2 100 m).
Un enjeu pour la stabilité du manteau neigeux
L’effet de ces particules ne se limite pas à une accélération de la fonte, mais peut également avoir des conséquences sur la stabilité du manteau neigeux. La présence de particules modifie la température dans le manteau neigeux et donc le métamorphisme de la neige, c’est-à-dire l’évolution de la structure des différentes couches de neige (photo ci-contre). Il est donc légitime de s’interroger sur l’impact des dépôts d’impuretés, en particulier des poussières sahariennes, sur la stabilité mécanique du manteau neigeux. Dans une étude récente, nous avons évalué l’impact potentiel des dépôts de poussières sur les avalanches. Dans la grande majorité des cas, ces dépôts n’ont pas d’impact sur le potentiel déclenchement d’avalanches de plaques.
Stabilisation ou déstabilisation ?
En revanche, ces dépôts avancent la saison des avalanches de neige humide, car le changement de couleur accélère la fonte. Néanmoins, dans des conditions météorologiques et nivologiques particulières, les dépôts de poussières peuvent modifier la stabilité du manteau neigeux et favoriser ou défavoriser la formation d’avalanches de plaques.
Il s’agit du scénario où le dépôt de poussières est suivi par une exposition de la couche ensablée au soleil. Dans ce cas, il peut y avoir humidification de cette couche, qui n’aurait pas eu lieu en l’absence d’impuretés, puis regel et formation d’une croûte de fusion-regel. Une fois cette couche enfouie sous d’autres couches de neige, selon son épaisseur et les propriétés du reste du manteau neigeux, elle peut le déstabiliser en accélérant le développement d’une couche fragile dans son
voisinage. Elle peut également stabiliser le manteau neige par effet de « pont » (bridging effect en anglais), c’est-à-dire que la croûte rigide « protège » la couche fragile située en dessous. Il faut donc garder en tête que le dépôt de poussières sahariennes peut entraîner la modification de la stabilité du manteau neigeux, mais qu’il n’y a pas d’effet systématique, hormis sur les avalanches de neige humide, et que cet effet peut aller dans les deux sens : stabilisation comme déstabilisation. ▲
Références : Dick, O., Viallon-Galinier, L., Tuzet, F., Hagenmuller, P., Fructus, M., Reuter, B., Lafaysse, M., and Dumont, M. : Can Saharan dust deposition impact snowpack stability in the French Alps?, The Cryosphere Discuss
Réveillet, M., Dumont, M., Gascoin, S. et al. Black carbon and dust alter the response of mountain snow cover under climate change Nat Commun 13, 5279 (2022).
Coupe verticale du manteau neigeux après un dépôt majeur de poussières sahariennes en février 2021 (Col du Lautaret, 2 100 m).
Conçu et fabriqué en Italie, ce casque est disponible en deux versions : fibre de carbone ou thermoplastique. Imaginé pour les compétiteurs dans les disciplines de vitesse, il a séduit le jury d’ISPO par sa légèreté, son aérodynamisme et ses caractéristiques de protection, empruntées aux savoir-faire du groupe en matière de casques de sport et de sécurité. Prix conseillé : 499 €.
Nouveaux produits
ROUTEUR ZOLEO
ZOLEO
Récompensé par un ISPO award en novembre dernier, ce routeur se connecte en bluetooth sur smartphone ou tablette (via une application gratuite Android ou Apple). Une fois relié au réseau Iridium (66 satellites circulant en orbite terrestre basse), il offre 200 heures d’autonomie pour communiquer par messagerie quelle que soit la couverture de téléphonie mobile. Il propose également des options de prévisions météo, le partage de localisation GPS et les alertes SOS Global rescue. Prix conseillé : 249 €.
SAC À DOS
POWDERHOUND 12L
CAMELBAK
Primé à l’occasion d’ISPO Munich 2022, ce sac fait partie de la dernière gamme du fabricant américain. Outre sa capacité de 10 l, il est équipé d’une poche à eau Crux de 2 l et d’un harnais Therminator qui protège le tube du réservoir contre le risque de gel. Relativement léger (850 g), il permet d’embarquer une paire de skis en les fixant en diagonale ou en A. Le sac Powderhound est disponible en quatre coloris.
Prix conseillé : 119,99 €.
LAMPE ARIA 2R
PETZL
Avec 600 lumens, la lampe frontale ARIA 2R a été spécialement conçue pour les usages des professionnels de la maintenance et des métiers de l’artisanat. Robuste, elle résiste aux chocs et aux chutes, elle est aussi étanche à l’eau et à la poussière. Un seul bouton permet d’accéder à toutes ses fonctionnalités. Elle permet un faisceau large et homogène pour un éclairage de proximité confortable, ou un faisceau mixte pour se déplacer avec un maximum de sécurité. Légère (95 g), elle peut se porter sur la tête, autour du cou et s’adapter à tout type de casques. Fonctionnant avec la batterie rechargeable Core, ARIA 2R est aussi compatible avec trois piles. Produit certifié CE et UKCA. Prix conseillé : 62,50 €.
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Boule de cristal
ET SI L’AVENIR DES MONTAGNES SE LISAIT DANS LE PAPIER ? C’EST EN TOUT CAS CE QU’INSPIRENT LES OUVRAGES DE CE NUMÉRO, QUI DÉCORTIQUENT L’HISTOIRE DU SKI, DU CYCLISME, DE L’INDUSTRIE OU DES STATIONS DE SKI, POUR MIEUX EN COMPRENDRE LES ENJEUX. UN RETOUR DANS LE FUTUR, EN QUELQUE SORTE.
LES LÉGENDES D’EN HAUT
Chaque année, le résultat de la Grande boucle fait rapidement place au programme de l’édition suivante. Dès l’automne, ASO dévoile le menu concocté pour le peloton. C’est à l’occasion de cette cérémonie que les coureurs prennent connaissance des morceaux de choix que leur a réservés l’organisateur, à commencer par les ascensions à ingurgiter. Après le succès du premier tome, Nicolas Geay, journaliste sportif et passionné de vélo, propose un nouvel échantillon des rendezvous mythiques qui font ou feront le Tour de France. Profil, anecdotes historiques et sportives, interviews de champions : chaque lieu est minutieusement décrit et commenté, sans omettre une illustration de qualité qui ravira les fans et les amateurs.
« Col de Légende II » Nicolas Geay. Éd. Amphora.
UNE MOSAÏQUE HISTORIQUE
L’ouvrage de David Bloch est avant tout remarquable par sa volonté d’exhaustivité, son travail de recherche et d’iconographie.
S’étalant de la Préhistoire au milieu du XXe siècle, la p remière partie révèle les usages du ski, bien avant que l’humanité ne songe à en faire un loisir ; en tant que moyen de transport, il a ainsi su se rendre indispensable à l’exercice de la chasse dans certaines contrées, jouant plus tard un rôle majeur durant les conflits mondiaux.
La seconde partie égraine les années de l’époque moderne, compilant pêle-mêle les anecdotes liées aux entreprises de l’industrie du matériel, à la représentation médiatique du ski ou aux exploits et records des sports d’hiver. Cette bible compte une préface du récent champion du monde Alexis Pinturault. « Le grand livre du ski » David Bloch. Éd. Marabout.
VERS
UN AUTRE FUTUR
À lui seul, le tourisme ne peut résumer, le passé, le présent et le futur des Alpes. C’est le point de départ d’une réflexion qui a conduit les auteurs a rassemblé les collaborations d’architectes, d’urbanistes, de géographes et d’économistes au sein de cet ouvrage. « L’homme doit ainsi apprendre à gérer non pas la montagne, mais l’usage qu’il en fait. » C’est à cette condition qu’il sera possible d’imaginer l’avenir (sans toutefois tirer un trait sur l’héritage des lieux de production existants), et que l’on pourra faire face aux nouveaux enjeux, avec « l’hypothèse de l’émergence d’une réindustrialisation légère capable de porter une nouvelle habitabilité des territoires alpins. »
« Les Alpes productives –Renouveler l’industrie alpine pour repenser le futur du massif » Roberto Sega et Manfred Perlik. Éd. PUG–UGA.
L’ALBUM DE FAMILLE
Dernier opus de la collection « Une histoire de... », cette fresque, aussi bien illustrée que documentée, déroule l’épopée des stations de ski du XXe siècle à nos jours. Pas de récit chronologique lancinant, mais un enchaînement des époques qui se fait par thématiques, si bien que le lecteur peut picorer l’ouvrage, comme il peut le dévorer de la première à la dernière ligne. Les anecdotes et les témoignages, comme les images en noir et blanc et Kodachrome ravivent les souvenirs et apportent un supplément de vie donnant l’impression de feuilleter un album de famille. Mais il ne faut pas se tromper, cette traversée à ski des Trente glorieuses est un tremplin pour questionner l’avenir des stations de ski, ou devraiton dire, de sports d’hiver. « Une histoire des stations de ski » Guillaume Desmurs. Éd. Glénat.
MONITORING D’ÉNERGIE POUR
LES RESSOURCES EN MONTAGNE
OPTIMISATION DES CONSOMMATIONS ET DU PILOTAGE DES INFRASTRUCTURES
/ MONITORING
Collecte des données en temps réel
> Énergie
(postes de consommation et de production: eau, carburants, électricité, neige, solaire, parking, garage, remontées mécaniques….)
> Données process
(intégration données multi-sources : flux client, machine, météo, vidéo ; historique et projection de fonctionnement...)
/ ANALYSE
IA et Machine Learning
> Production
(détection automatique d’anomalies, de niveau de saturation, surveillance par création de seuils d’alarme et gestions d’indicateurs)
> Piloter
(algorithme d’optimisation du pilotage, aide à la décision et à la mise en place des moyens humains et matériel, maintenance prédictive)
- Collecte des données énergie et process en temps réel & optimisation du pilotage par analyse des données et machine learning -