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VESTIAIRES by

ÉDITION 2018

Le FCG relève le défi du Top14

Projet club : pérenniser le FCG en Top14 Dossier : retour sur une saison extraordinaire Partenariat : Work 2000 nouveau Premier Partenaire du FCG Interview : Antonin Berruyer et Killian Géraci, paroles de Champions du Monde Rencontre : Fabien Alexandre, le combattant grenoblois


I

ls l'ont fait ! Après une saison à batailler sur les terrains rugueux de la ProD2, les joueurs du FC Grenoble Rugby ont accompli l’impensable exploit de battre l'équipe d'Oyonnax lors du premier access match de l'histoire du Top14. Un final en apothéose et une véritable communion populaire qui marque la fin d'une épopée incroyable en phases finales. Les Rouge & Bleu ont acquis sur le terrain le droit de défier les ogres du Top14, un championnat chaque année plus redoutable où les grosses cylindrées sont toutes plus solides les unes que les autres. Castres, Clermont, Toulon, Toulouse, le Racing… seront les affiches des matchs qui opposeront les Grenoblois au Stade des Alpes. Mais cette remontée dans l’élite du rugby français n'est qu'une étape, un point de passage dans la construction d'un club qui, plus que jamais se veut être le club de tous les Rugbys et une institution locale. Misant sur sa formation depuis des années, le FCG récolte aujourd’hui les premiers fruits de ce travail. Les Amazones, la Réserve Féminine à 7 et les Crabos ont tous les 3 soulevé le bouclier de leur Championnat de France cette saison alors que Killian Géraci et Antonin Berruyer, deux jeunes formés au club, sont devenus Champion du Monde des moins de 20 ans au printemps. Un vrai positionnement stratégique du Club qui aujourd’hui se projette vers le futur et construit les bases de son projet de club qui doit lui permettre de pérenniser sa place en Top14. Un projet qui s’appuie sur des valeurs humaines fortes, la volonté de grandir tous ensemble, l'unité, et l'ambition d’être le club de tous les Grenoblois.

Sommaire

ÉDITION 2018

Une saison historique : le FCG retrouve le Top14

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Portfolio : les phases finales en images

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Partenariat : Work 2000 nouveau Premier Partenaire du FCG

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Projet club : pérenniser le FCG en Top14

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Fonds de Dotation : retour sur la première soirée de Gala au Summum

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Portrait : Fabien Alexandre, un ancien toujours combattant 

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Amazones : Championnes de France Armelle Auclair

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Crabos : l'histoire d'un titre de Champions de France 

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Interview : Antonin Berruyer et Killian Géraci, des Grenoblois au sommet 48 Shopping : les bons plans du FCG 

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Crédits Photos : Jacques Robert, Karine Laime-Valentin, Laurent Met, Thomas Bianchin

by Beaux Quartiers. Automne 2018

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Une saison historique

Le FC Grenoble Rugby vient d'écrire l'une des plus belles pages de son histoire en retrouvant le Top14 un an après l'avoir quitté. Nous vous proposons de revivre les 12 derniers mois de cette aventure épique qui a fait resurgir l'âme de résistance des Grenoblois.

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by Beaux Quartiers. Automne 2018

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DOSSIER

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 mai 2018, le rideau tombe. Le FCG dit au revoir au TOP 14 au terme d'une saison apocalyptique. Le FCG repart alors d'une feuille blanche. Paradoxalement, alors que les chantiers en cours s'annoncent pharaoniques, Michel Martinez, Président Délégué du FCG affiche le sourire. « Honnêtement on était très heureux de sortir de cette saison maudite. Le traumatisme avait été si fort que notre première ambition n'allait pas plus loin que juste reprendre du plaisir. On était heureux de démarrer sur de nouvelles bases. Notre premier chantier était primordial, constituer un staff pour démarrer la saison. ». Michel Martinez, Éric Pilaud, Franck Corrihons (fraîchement promu Directeur du Développement Rugby) et Andrew Farley passent en mode commando et s'activent pour combler les nombreuses cases vides de l'organigramme et former au plus vite un staff qui correspondrait au projet du club. Ensemble ils décident de ne pas recruter d'entraîneur principal. Le groupe veut absolument éviter de donner les clefs du sportif à une seule personne. Autre axe de travail, la volonté d'avoir des hommes qui connaissent déjà la maison FCG et puissent incarner les valeurs du club. Un double recrutement se met en place, mélange d'arrivées externes et de promotion interne. Rapidement le coach des avants est désigné. Il s’agit de Dewald Senekal alors entraîneur à Bayonne « Je ne voulais plus travailler à Bayonne. Ici il y avait un énorme challenge, mais c'était un beau challenge. J'avais une vraie possibilité d'être acteur. La seule question en suspend était de savoir avec qui j'allais travailler car le choix de Stef n'était pas encore fait. ». Stéphane Glas, Isérois pure souche, complète le binôme. Cyril Villain, jusqu'alors analyste vidéo sera l'entraîneur de la défense.

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Le groupe Capgemini fête les 50 ans de la création de l'entreprise lors de la rencontre Grenoble Biarritz dont il est le premier sponsor pour les deux équipes.

Cyril Villain nouvel entraîneur de la défense lors de la reprise de la préparation physique.


Toute l'équipe du FCG en stage de présaison, mais surtout de cohésion à Tignes.

« C’était un challenge très motivant d’autant plus que cela faisait quelques saisons que notre défense souffrait. Tout de suite ça a très bien accroché avec les nouveaux coachs. Je connaissais déjà bien la maison puisque j'ai joué ici en équipe de jeune et que cela fait presque 10 ans que j'y entraîne. ». Jérôme Vernay, directeur sportif du centre de formation, prendra lui en charge les skills. Le nouveau staff découvrait un effectif incomplet mélange de joueurs ayant accepté le challenge de la Prod2 et d'un recrutement initié par Bernard Jackman. Dewald Senekal ne se pose pas de question « Honnêtement je ne me suis pas posé de question et j'y suis allé. Certes je n'avais pas fait le recrutement mais nous avions des bons joueurs et pour moi notre défi était ailleurs. Notre plus grande bataille était de changer la culture et arriver à assainir les choses pour que tout le monde travaille pour le bien-être de l'équipe et pas son ego. Il fallait recréer une équipe ».

pionnat, vieux briscards, coachs et présidents sont loin d'être confiants. Comme en témoigne Michel Martinez « À Dax, la veille du match à l'hôtel il suffisait de se regarder pour sentir la peur. J'avoue que je cherchais un peu de réconfort, mais même les joueurs les plus expérimentés comme Arnaud Héguy ou Fabien Alexandre avaient la boule au ventre. On était l'équipe de Top14, l'équipe à battre, on avait tous peur de passer pour des guignols. » Mais c'est aussi le révélateur d'un groupe pour Dewald Senekal « La présaison c'est un peu une lune de miel. Il fait beau, tout le monde est motivé, on s'adore tous, mais c'est seulement quand les matchs commencent que l'on peut juger d'un groupe. » Le FCG ne manque toutefois pas son entame championnat. Il gagne à Dax et enchaîne. Il s'impose à Bayonne et assure à domicile. Neuf victoires en 10 matchs. Le FCG est leader du championnat au début du mois de novembre.

Une plongée dans l’inconnu Dès la reprise de la préparation estivale l'atmosphère semble plus légère, les sourires remplacent les regards inquiets. Les nouvelles recrues, principalement issues de ProD2, découvrent Grenoble et le FCG, alors que les anciens semblent faire office de nounous au milieu des nombreuses nouvelles têtes blondes issues du centre de formation. Arnaud Héguy, Fabien Alexandre, Lucas Dupont, David Mélé pour les Français, Steven Setephano, Nigel Hunt, Dayna Edwards, Sona Taulmalolo pour les îliens deviennent les papas de l'équipe. Ils encadrent les plus jeunes, accueillent les nouveaux et tentent, en quelques semaines, d'agréger un groupe aux contours disparates. À la veille du premier match de cham-

Winter is coming Si l’objectif de début de saison était « juste » de se qualifier pour les phases finales. Les supporters du FCG mettent rapidement la barre plus haut. C'est la montée qui est déjà dans toutes les têtes. Mais certaines victoires cachent le réel niveau des « Rouge & Bleu ». Des signes de fatigue commencent à se faire sentir chez les jeunes qui ont démarré dans le monde professionnel pied au plancher et des blessures s'accumulent dans le pack de devant. L'hiver pointe et l'on sent le FCG fébrile. Décembre et janvier plombent la comptabilité du club. Si les Grenoblois continuent d'êtres invaincus à domicile, ils ne parviennent plus à marquer de point à l'extérieur by Beaux Quartiers. Automne 2018

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DOSSIER

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quand Perpignan et Montauban engrangent les bonus à la pelle. Les deux rivaux semblent inaltérables. Si le FCG inquiète, en interne on ne s'enflamme pas. Des tempêtes on en a connu et l'on sait que le plus important est de tenir le cap au cœur des bourrasques comme le confirme Michel Martinez « On savait qu'un moment plus difficile arriverait, on ne savait juste pas quand. C'est arrivé au cœur de l'hiver, mais j'étais confiant car même si les matchs n'étaient pas aboutis on gagnait à domicile et je voyais aux entraînements que le groupe bossait et que l'ambiance était saine. ». Un sentiment partagé par Cyril Villain « On ne s'est jamais enflammé quand tout allait bien car le contenu était loin d'être satisfaisant. On a gardé la tête froide. L'hiver a été plus compliqué que prévu, avec des blessures et on a manqué de moelle au sein de notre effectif pour aller ferrailler sur les terrains boueux. ». Les gros sont mis sur la sellette, les blessures de Michaël Capelli et Arnaud Héguy se font sentir. Mais le FCG assume, notamment l'entraîneur des avants Dewald Senekal. « J'assume l'entière responsabilité des résultats décevants de notre équipe. En hiver ce sont plus que jamais les avants qui gagnent les matchs et je suis l'entraîneur des avants. Je savais que l'origine de nos problèmes venait à la fois d'un critère technique qui était la mêlée mais aussi du fait que l'on manquait de caractère. Ce n’était pas facile car je prenais vraiment ça pour moi. Je me suis aussi vite rendu compte que pour faire travailler tous ces jeunes joueurs en mêlée il fallait un spécialiste… En tant qu'entraîneur c'est dur de l'admettre, mais il faut savoir dire, je ne suis pas assez bon pour faire le boulot, il me faut quelqu'un. Cela n'a pas été possible durant la saison, mais c'est devenu une des priorités avec l'arrivée de Jean Noël Perrin cette année. » Le FCG se cherche, fait beaucoup tourner ce qui s'avérera déterminant pour la fin de saison. Mais comme toujours il arrive un moment où ce sont les joueurs qui décident de ce qu'ils veulent vraiment et cet instant ou tout bascule il est arrivé à Vannes, le 2 février 2018. 80e minute, Loïc Godener s'écroule dans l'embut, marque l'essai de la victoire et lance le printemps du FCG. En route vers les étoiles Ce match en terre bretonne marque le renouveau du FCG. Une série de 13 matchs jusqu'au Top14 durant laquelle il ne subira que 2 défaites. Comme le confirme son Président « Pour moi les phases finales ont débutées très tôt, à Vannes. À partir de ce match chaque rencontre avait un enjeu décisif. Mais je me souviens particulièrement du match contre Mont-de-Marsan. J'étais en déplacement professionnelle au Panama. Je fais 13 000 km en 24 heures pour être présent avec l’équipe à Mont-de-Marsan. J'avais vraiment peur d'en prendre 40… mais il y a eu des faits de match, Mont-de-Marsan ne prend pas tous les points au pied, le sauvetage de Daniel Kilioni dans notre embut. On avait fait la même erreur à Nevers et on avait perdu. J’étais convaincu que la roue venait de tourner à notre avantage. ». Les joueurs changent d'attitude. La compagnie îlienne du FCG dont 2 joueurs cadres, Nigel Hunt et Sona Taumalolo ont appris qu'ils ne seraient pas conservés prend les clefs du camion. Ils soudent autour d'eux le vestiaire. Ces hommes de combats ne veulent pas s'arrêter là et le reste de l'effectif veut leur offrir le départ qu'ils méritent. Un état d'esprit qui ne surprend pas Stéphane Glas « C'est souvent comme ça dans les grandes équipes. On ne peut pas demander à des mecs d'être

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Gervais Cordin réalise un début de saison tonitruant. À tout juste 19 ans, il symbolise la folie de la nouvelle génération grenobloise.

Killian Géraci, deuxième ligne du FCG lui aussi 19 ans, s'envole dans les airs pour capter le ballon contre Perpignan.


Fabien Alexandre un des « anciens » du FCG porte l'équipe contre Biarritz en match de barrage.

au dessus pendant 10 mois. Les grosses équipes marquent des points en février, mars, parce qu'il y a alors l'instinct de survie qui prend le dessus. C'est à ça qu'on reconnaît une équipe de caractère et la nôtre venait de nous prouver qu'elle en avait ». Le FCG fini 3e du championnat et jouera un match de barrage à domicile contre Biarritz. Le frère basque, lui aussi orphelin de Serge Kampf, lui aussi qui devra faire sans Capgemini l'année suivante, mais lui aussi en pleine bourre en cette fin de saison. C'est clairement le pire des adversaires. Le FCG ne sera pas déçu. Les Biarrots livrent un combat de titans aux Grenoblois, leur rendant coup pour coup. Le FCG ne sera jamais à l'abri, mais porté par un public qui renoue pour la première fois avec des phases finales depuis 7 ans, il franchit l'obstacle. Le Club est qualifié pour les demi-finales du championnat qu'il jouera la semaine suivante à Montauban. Michel Martinez est lucide « À Montauban, on est promis à l'enfer de Sapiac. Sur le papier on a presque aucune chance de gagner. Mais en allant là-bas, je sais que les mecs vont faire un grand match. Gagner ce serait présomptueux, mais je sais qu'on sera présent et qu'il faudra que les Montalbanais se dépouillent pour nous battre. ». Le match est âpre, le FCG démarre pied au plancher, score rapidement, étouffe les Montalbanais et fait taire Sapiac. Fabien Alexandre, laisse un bras sur le terrain et ne se relèvera pas du combat. Dans l'ambulance qui l'emmène au bloc opératoire il vit la victoire des rouge et bleu sur son téléphone, Grenoble est en finale. Les deux favoris à l'entame de la saison se retrouvent en finale à Toulouse.

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Un final hollywoodien Finale à Toulouse. Sur le papier c’est du 50/50 entre l'équipe de l'année, Perpignan et la bombe de cette fin de championnat, le FCG. Mais dans les tribunes le match est plus compliqué. Les supporters du FCG se sont démenés toute la semaine, ils sont près de 4 000 pour ce match à avoir fait le déplacement en bus, en voiture, en train. Mais Perpignan joue à domicile, les Catalans sont 12 000 dans le stade et attendent depuis 4 ans de pouvoir remonter en Top14. Le FCG fait plus que rivaliser, il tient le ballon, fait reculer les Perpignanais et mène au score. Mais très vite l'on sent que sur les basiques les Catalans sont au-dessus. Il n'y aura plus de match lors des 20 dernières minutes, les plus forts gagnent et ce ne sont pas nos « rouge et bleu ». Les Grenoblois regardent leurs adversaires soulever le bouclier. La tristesse de la défaite, le rêve qui s'envole, les corps douloureux, tout retombe. Pourtant tout n'est pas fini… Magie du nouveau règlement de la LNR, le perdant de la finale joue un match contre l'avant dernier du Top14 pour une place dans l'Élite. À cet instant ce match ressemble à un calvaire de plus. Comment les joueurs pourraient-ils se relever d'une telle défaite pour jouer quelque jour plus tard un match contre une équipe potentiellement beaucoup plus forte ? L'espoir n'est pas vraiment de rigueur. Pourtant comme le confie Michel Martinez « Paradoxalement l'après match a été un moment d'exception pour moi. On vient de perdre une finale, on est au fond du trou et on se dit : dans une semaine il faut remettre ça, comment on va faire ? Pendant quelques by Beaux Quartiers. Automne 2018

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DOSSIER Ci-contre : Eric Pilaud et Michel Martinez célèbrent la victoire à Vannes avec l'équipe. Ci-dessous : Bastien Guillemin vient de marquer l'essai qui scelle la victoire contre Oyonnax.

Lucas Dupont célèbre la montée en Top14 dans les bras de Stéphane Glas.

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heures on est un peu perdus, mais on décide de faire un repas tous ensemble en invitant les familles et les enfants à l'hôtel où nous dormions. Cette soirée nous a fait beaucoup de bien. J'ai commencé à entendre les joueurs se remobiliser, parler du match contre Oyo, ils voulaient une revanche devant leur public, je sentais qu'il se passait quelque chose. Mais on était dans une semaine avec 2 ponts et on avait que quelques jours pour vendre des places à notre public qui avait déjà fait 2 déplacements en 15 jours à l'autre bout de la France, je n'étais pas serein sur la mobilisation du public ». Ce serait mal connaître l'âme grenobloise. Si le Grenoblois n'a pas la réputation d'être le plus fervent supporter de France, il sait se mobiliser lorsqu'il faut entrer en résistance. Il sait se mobiliser lorsqu'il sent que son équipe ne mérite pas ce qui lui arrive, lorsqu'il s'agit d'écrire l'histoire. Dès que le club ouvre la billetterie, c'est un raz de marée. 18 500 places vendues en 5 jours. La météo s'annonce sublime. Les groupes de supporters des Alpins et des Mammouths sonnent la charge dans une haie d'honneur en forme de communion. Le reste appartient à l'histoire du club. De match, dans les faits il n'y en a pas eu, tellement les Grenoblois avaient décidé que ce 12 mai 2018 était leur moment. Chez eux, au stade des alpes, devant un public bouillant comme jamais il ne l'avait été, devant leurs femmes, leurs enfants, leurs coéquipiers non retenus, les joueurs qui allaient quitter le club à la fin du match, ils ne pouvaient rien leur arriver. Une immense fierté pour Cyril Villain « Les mecs nous ont bluffés. On savait que l'on avait ce potentiel, mais durant la saison nous n'avions jamais

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été capables de le mettre en place. Ce sont des moments forts quand on est entraîneur. Avec du travail et de la confiance on peut accomplir des choses que l'on pensait impossible au départ ». Une impression confirmé par tout le staff « Franchement ce match contre Oyonnax j'ai l'impression de l'avoir attendu toute l'année et là les mecs ils le sortent le jour « J » c'est incroyable. On est tous humains et on a tous besoin d'avoir le soutien des gens autour de nous, d'être aimé. Ce jour la au stade des alpes c'était incroyable. » Comme le confirme Stef « ce match on le doit à notre public, quand on entre sur le terrain de voir ce stade en fusion c’est une pure décharge d'adrénaline. Et elle n'est pas descendue durant 80 minutes. Grenoble est incontestablement une terre de rugby ». L'émotion est forte, des larmes de joies coulent sur les visages, chacun sait exactement d’où il vient. « Le match, je ne l'ai pas très bien vécu. Bien sûr tout était là, le public le soleil, le début de match incroyable, mais je n'arrivais pas à réaliser. Jusqu'à la 70e je me disais qu'il pouvait se passer quelque chose et qu'on pouvait perdre le match. On avait tellement eu de galères pendant 2 ans, je n'arrivais pas à me dire qu'on y arrivait enfin. J'ai dû le revoir 2 ou 3 fois depuis pour apprécier vraiment une des plus belles rencontres de l'histoire de notre club. Avec Éric Pilaud, nous ne sommes pas à la barre du FCG pour un quelconque besoin de reconnaissance personnelle. C'est l'amour de ce sport, de ce club, et des hommes qui le défendent qui nous motivent. Mais c'est vrai que sur le terrain quand on se regarde avec Éric en sachant tout ce que l'on a vécu ensemble, il y a le sentiment du devoir accompli. ». Le FCG était de retour en Top14. w


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PORTFOLIO

Un final stratosphérique Véritable ascenseur émotionnel, les phases finales de ProD2 resteront comme une des plus belles épopées du FC Grenoble Rugby. De Biarritz à Oyonnax, nous vous proposons de revivre en images l'aventure extraordinaire qui ramena les « Rouge et Bleu » en Top14.

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PORTFOLIO

Ci-dessus : Montauban, 1/2 finale de Prod2, Buky guide les siens vers la victoire. Ci-contre : Nigel Hunt, l'ancien, présent depuis 8 saisons réalise des phases finales stratosphériques. Ci-dessous : Visinia Lolagi vient d'inscrire un doublé en access match.

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Ci-dessus : Étienne Fourcade, s'affirme comme le taulier du FCG au talon. Ci-contre : David Mélé un des grands artisans de la montée du FCG en TOP14 harangue les supporters. Ci-dessous : Les joueurs réunis au milieu du terrain avant la finale contre Perpignan.

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PORTFOLIO

Lucas Dupont, l'enfant de Grenoble peut laisser éclater sa joie.

Ci-dessus : Sona Taumalolo le « Papa » de l'équipe entraîne les joueurs dans son sillage. Ci-contre : Sona Taumalolo marque un essai en access match, comme un symbole. Ci-dessous : Le FCG lors de l'hymne national de la finale de ProD2.

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En haut à gauche Mickaël Capelli, 2e ligne du FCG longtemps blessé revient juste à temps pour les phases finales. Ci-contre : tout le Club célèbre la victoire Ci-dessous : Les « Rouge & Bleu » font leur clapping de la victoire devant leurs supporters.

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PARTENAIRE

Work 2000, premier partenaire du FCG 6 avril 2018, le FCG annonce la signature de Work 2000 comme Premier Partenaire du Club pour les trois prochaines saisons. Une annonce qui surprend le monde du sport grenoblois et projette l'entreprise Work 2000 sous les feux des projecteurs. Pourtant l'histoire entre le FCG et la famille Pic, qui dirige la société, semblait écrite depuis toujours.

Buky, la mascotte du FCG, est un peu le fils de Work 2000.

L

e FC Grenoble Rugby savait depuis 10 mois que Sogeti, son historique sponsor créé il y a 50 ans par Serge Kampf, ne prolongerait pas son contrat de Premier Partenaire du Club. De l'extérieur cet arrêt était vu comme une forme de fin du monde, pourtant au sein du Club ce départ était une forme de renouveau. Pour Nicolas Trichet, Directeur Exécutif du FCG : « Il faut avant tout remercier Sogeti pour tout ce qu'il a apporté au FCG. Mais ce départ doit être vu comme le renouvellement de notre projet Club. C'est une opportunité pour nous d'écrire une nouvelle histoire   ». Une opportunité pour une PME locale, familiale, partenaire du FCG depuis plus de 20 ans, Work 2000, de prendre cette place au sein du Club. Une histoire de famille.

Work 2000 c'est avant tout l'histoire d'une famille, celle de la famille Pic. À la fin des années 90 Jean Claude Pic est cadre supérieur dans l'entreprise de chauffe-eau Pacific. Malheureusement la société cesse sa production sur la région et il se retrouve sans

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travail. David Pic, son fils, se souvient : « Il a dû rechercher du travail, mais les postes à responsabilité n'étaient pas nombreux et tous les contrats qu'on lui proposait étaient loin de Grenoble. Notre maman ne voulant pas quitter l'agglomération il tournait un peu en rond. ». Jean Claude, n'est pas du genre à se tourner les pouces en attendant la proposition qui correspondrait à ses attentes. Hyperactif de nature il s'est mis à donner un coup de main à un ami, Bernard Fernandez, qui avait une agence d'intérim. Très vite il propose d'utiliser son réseau et son savoir-faire pour développer une branche de l'activité dédiée à l'industrie. Sans s'en rendre compte, il venait de se lancer. Ensemble ils décident de s'associer et de développer l'agence Work 2000. Ils ouvrent une deuxième agence à Crolles, intègre son fils David dans l'équipe et développe fortement l’activité. À une époque ou l'intérim ne marchait pas vraiment, sans connaître le métier, Jean Claude se lance dans l'aventure sans se poser de question. En 2000 il rachète les parts de son associé et devient le seul patron de l'entreprise tout en s'appuyant sur son fils David : « J'ai commencé comme intérimaire


Jean Claude et David Pic avec Michel Martinez et Nicolas Trichet lors de l'annonce de la signature du partenariat.

Work 2000 fête ses 20 ans à Lesdiguières.

« Work 2000 n'est plus une entreprise familiale, mais une entreprise gérée par une famille. » pendant les vacances scolaires, rapidement je suis devenu commercial pendant 4 ans, puis chef de l'agence à Crolles. J'ai ensuite rejoint le siège en tant que responsable de la qualité. Et enfin je suis passé directeur générale de la société tout en gardant le côté commercial. Mon père n'a jamais vraiment été commercial, même si le contact humain est primordial pour lui. Il préfère l'analyse, les chiffres, la stratégie et les finances, moi c'est le contraire, j'ai cette fibre commerciale en moi, nous nous complétions à merveille. ». Après David c'est Christophe et Élodie qui rejoignent l'entreprise. Elle se souvient « Pour moi aussi à mes débuts c'était juste un petit job d'été. On ouvrait une agence à Pont-de-Claix, je faisais du secrétariat pour dépanner. Je n'avais aucune envie de travailler avec mon père, mais en fait j'ai tout de suite accroché à cet univers. Au départ je voulais être assistante sociale, ce qui m'a servi au quotidien dans l'entreprise. Le relationnel avec les intérimaires, comme les clients j'adorais. L'intérim c'est un ménage à trois ou chacun doit sortir gagnant ». La croissance est continue, les ouvertures d'agences s'enchaînent, comme les créations de nouvelles structures, Forma Contacts, PIC Maintenance et SNRG cette dernière étant dirigée par Christophe Pic le troisième enfant de JeanClaude. Le secret de ce succès ? la proximité, la volonté de traiter de la même manière la petite PME et les grands groupes. Le postulat dès le départ de ne pas avoir de clients, mais des partenaires. En presque 30 ans l'entreprise est passée de 2 personnes à 140 collaborateurs à temps plein, 40 agences en France pour 4 000 intérimaires jours et un chiffre d’affaires qui s'approche des 100 millions d'euros. Depuis toujours implanté dans le sport.

En Prod2 la société s'affiche déjà au Stade Lesdiguières.

Jean Claude Pic a toujours été un passionné de sport, boxeur dans ses jeunes années, les enfants Pic n'échappent pas à cette passion et foulent les terrains dès leur plus jeune âge. Pour David ce sera le Foot au FC JOJO. Pour Élodie le basket, qu'elle pratique à haut niveau pendant de nombreuses années au BCTM. Jean Claude ne by Beaux Quartiers. Automne 2018

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PARTENAIRE

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Work 2000 lors de la victoire contre La Rochelle en 2012 qui officialise la montée du FCG en Top14.

En haut : Work 2000 sur le dos du maillot du FCG.

peut s'empêcher de s'investir dans les activités de ses enfants. Il devient directeur technique des jeunes au FC jojo. Il va jusqu'à trouver des financements pour envoyer tous les jeunes pendant quinze jours à Dallas aux États-Unis. Il devient également le président du BCTM, activité qu'il exerce toujours. « Notre père à une vraie passion pour le sport et le social, principalement les sports d'équipe. C’est un manager, sa priorité n'a jamais été la victoire, les titres, mais tirer le meilleur des hommes et femmes et faire en sorte qu'ensemble on aille plus loin, plus haut. Il a ce côté paternaliste au bon sens du terme. Quand il gère le club de basket pour lui les joueuses sont « ses filles », il a le sentiment d'aider à faire grandir des jeunes filles qui deviendront des femmes. C'est un compétiteur dans le monde professionnel comme dans la vie et le sport. Nous avons toujours eu une forme de double éducation, l'école et le sport qui est un peu notre école de la vie. Cela s'est naturellement prolongé dans l'entreprise. C'est la raison pour laquelle Work 2000 s'implique dans différentes associations et événements sportifs tel que la boxe, le volley, les courses pédestres, le basket avec le BCTM bien sûr, et le Rugby avec le FCG. ».

et attrapent le virus. L'évolution de leur partenariat est constante, progressive, au rythme de la croissance de l'entreprise. L'implication totale. « Le rugby devient notre ADN, on vit FCG. On a fait des rencontres humaines extraordinaires au Club. On a tissé des liens très forts avec les équipes commerciales. Nous apprécions la façon dont le club est dirigé et cela a d'ailleurs été une de nos conditions pour que l'on devienne Premier Partenaire du club », précise David Pic. L'annonce du mois d'avril surprend, mais pour Élodie Pic ce n'est qu'une continuité. « On ne s'attendait vraiment pas à un tel retour. Les médias, les partenaires, dès fois on a eu l'impression que c'était la première fois que les gens se rendaient compte que nous étions partenaires. Mais cela fait 30 ans que l'on suit le Club. On a fêté les 20 ans de notre société à Lesdiguières, on est partenaire de la mascotte Buky depuis sa création et cela fait plusieurs saisons que nous étions déjà présents sur le dos du maillot. Work 2000 est né à Grenoble et le FCG est l'emblème sportif de notre région. Pour nous c'est une marque d'appartenance, une belle visibilité et une marque de crédibilité pour toutes nos agences, qu'elles soient à Toulouse, Bordeaux, Rennes ou Paris. Mais au-delà de ça c'est aussi un enjeu commercial. Être présent au FCG nous a aussi permis d'accroître notre réseau, de rencontrer de nouveaux clients et donc aussi de faire croître notre chiffre d'affaires. Ce n'est pas uniquement de la passion, c'est aussi une stratégique de marque de notre part. » Work 2000 sera le premier partenaire du FCG pour les trois prochaines saisons. w

Work 2000 et le FCG

Le rugby entre sur le tard dans la famille pic, au début des années 90. Au départ ce sont juste quelques abonnements pour suivre les « Rouge et Bleu » à Lesdiguières et passer du bon temps entre amis. Progressivement ils invitent leurs clients, prennent une loge

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En bas : Les débuts du partenariat avec le FCG.


PROJET CLUB PROJET CLUB

Pérenniser le club en Top14

Le FC Grenoble Rugby a réussi l'exploit de remonter directement en Top14 seulement un an après être descendu. Si ce succès est un véritable coup d’accélérateur pour le Club, il n'en reste pas moins qu'une étape qui doit permettre au FCG de se construire pour rester à long terme dans l'élite du rugby français. Un projet ambitieux dont les contours se dessinent un peu plus tous les jours. 22 | VESTIAIRES | by Beaux Quartiers. Automne 2018


Tout le club réuni pour la présentation des joueurs à la Belle Électrique

Le Club de tous les rugbys La remontée en Top14 du FC Grenoble Rugby valide les bases de son projet. Mais loin d'être une fin en soi, elle n'est qu'une étape dans une vision du FCG à plus long terme. Pour Michel Martinez, Président Délégué du FCG « Cette remontée en Top14 est un accélérateur, mais en aucun cas un objectif atteint. Notre objectif est de pérenniser le Club en Top14 d'ici 3 ans, nous savons très bien que pour l'instant nous n'avons pas encore les bases suffisantes pour prétendre être un pensionnaire indiscutable de cette division. Pour y parvenir nous avons établi un projet jusqu'en 2021 qui doit être le socle de cette pérennité ». Ce projet, écrit il y a plus d'un an par Éric Pilaud, Michel Martinez et les dirigeants du club, s'appuie sur une philosophie profondément ancrée au sein du FCG : « Le FCG se veut un club de haut niveau, reconnu pour son excellence dans toutes les formes de rugby, XV, VII, masculin et féminin, quad rugby, baby rugby se donnant les moyens d'être au plus haut niveau. C'est une institution locale, une seule structure unique, un club ouvert sur sa ville sa région et ses publics. » Loin d'être un simple postulat, c'est l'ADN même du club. Être le club de tous les rugbys. Un seul Club. Plus qu'un Club diraient certains. Si cela paraît évident, c'est rarement le cas dans les clubs professionnels où la section amateur est souvent une simple entité lointaine, sans échange avec les Pros. Au FCG les deux structures partagent la même unité de lieu. Toute la journée les salariés de SASP, comme on dit, échangent avec ceux de l'ASSO. Le service commercial est mutualisé, proposant aux mêmes partenaires des produits allant des stages aux loges du stade des Alpes. Idem pour le service communication qui doit se renforcer dans les semaines à venir pour mieux couvrir Amazones, Espoirs, Quad ou encore l'École de Rugby. Une volonté qui s'est matérialisée avec la signature d'une nouvelle convention pour les 10 prochaines saisons entre la structure pro et la structure formation. Plus que jamais le rugby se doit d'être un vecteur social et sociétal. le FCG l'a bien compris et joue pleinement son rôle grâce à son fonds de dotation et son programme « FCG dans ma ville ». Il se veut aussi le club de tous les Grenoblois. Une volonté qui se matérialise tous les jours avec l'ouverture de tous les entraînements au public et à la presse. Un cas unique en France. Une volonté globale qui est résumée dans la charte que le club s'est fixé « Le FCG est une opportunité de grandir et de s'enrichir humainement pour les personnes qui le côtoient ou y travaillent. Par les émotions que l'aventure procure, la richesse des rencontres et des rapports humains, les valeurs véhiculées, les opportunités de développement personnel que le club peut apporter à tous. »

Au milieu : Nicolas Trichet, Directeur Exécutif, prend la parole devant les partenaires du réseau FCG Infinite Club.

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PROJET CLUB

Les Amazones Championnes de France de deuxième division.

premier centre de formation du France. Et les résultats s'enchaînent (le club a été 6 fois champion de France sur les 10 dernières années : 2 titres Reichel, 1 titre Espoirs, 1 titre Crabos, Amazones et réserve féminine à 7). La nouvelle vague du FCG qui s’est révélé l'année dernière (Geraci, Berruyer, Guillemin, Cordin, Baradel, Valencot, Jacquot, Oz) est là pour l’attester, le FCG sera sexy demain ! Pourtant il serait illusoire d'imaginer que seule la formation permettra au club d'alimenter son équipe première. La composition chimique idéale serait donc un mélange de jeunes issus de la formation grenobloise, de joueurs à fort potentiel venu de l'extérieur qui se révéleront au club et de joueurs de très haut niveau qui tireront le groupe vers le haut. Pour cela une véritable cellule de recrutement, qui s'occupe également du plan de succession, a été mise en place par Franck Corrihons. Si elle s'occupe principalement de la partie professionnelle du club, elle travaille aussi de manière transverse avec David Dussert, le directeur sportif de l'école de rugby pour mettre en place une vision du jeu à la Grenobloise et le renouvellement de nos équipes de jeunes. Initiation au rugby avec le lancement du Baby rugby

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Un projet qui repose sur trois piliers En pleine mutation économique avec le départ de Sogeti, le projet du club s'enracine aujourd'hui autour de trois piliers qui supportent ses ambitions. Un pilier sportif, un pilier infrastructure et un pilier économique. Le pilier sportif ne se limite pas au cercle professionnel. Il touche toute la filière : école de rugby, préformation, formation et professionnelle. L’objectif est d’être performant dans toutes ces strates pour alimenter un modèle économique fortement basé sur la formation. Depuis toujours la formation est l'âme du Club. C'est ici, à Grenoble, qu’est née en 1940 la première école de rugby de France ainsi que le premier centre de formation en 1988. Une formation qui alimente régulièrement l’équipe professionnelle, puisque plus de 25 joueurs grenoblois évoluent avec les pros depuis 3 saisons. Le FCG est aussi le club le plus représenté dans les sélections nationales jeunes ces deux dernières années. Une formation qui récolte les fruits de son travail puisque l'année dernière le centre de formation du FCG a été élu

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Investir dans les infrastructures Le Club joue depuis plusieurs saisons ses matchs au Stade des Alpes. Si, dans un monde idéal, le GF38 et le FCG rêveraient d'avoir chacun leur outil de travail il n'en reste pas moins un formidable écrin pour accueillir le public. Depuis quelques mois les deux clubs travaillent main dans la main pour mutualiser tout ce qui peut l'être au stade (signalétique, systèmes d'accès, branding…) et dans l'avenir les projets devraient se multiplier pour perfectionner la fonctionnalité du stade et donc l'expérience des spectateurs. Parallèlement le club travaille sur l'amélioration des conditions d'entraînement de ses équipes. Comme en témoigne Michel Martinez : « nous avons notre stade de compétition qui est magnifique, mais nous avons pris du retard sur nos infrastructures d'entraînement. C'est une vraie course entre les clubs pour rester compétitif et attractif sur ce domaine et on se doit de se remettre au plus haut niveau. Nous avançons bien sur ce dossier et nous aurons très vite des modifications de nos structures d'entraînement. Nous travaillons aussi sur un projet à moyen terme qui vise à proposer des infrastructures sportives d'entraînement de haut niveau pour l’ensemble de la filière qui proposera aussi des activités commerciales destinées au grand public autour des secteurs des loisirs et de la santé. Un lieu de vie conçu à la fois comme un centre de performance sportif, une source de recettes pour le Club et


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PROJET CLUB

Les partenaires du FCG, un socle économique solide sur lequel s'appuie le Club depuis plus de 10 ans.

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l'élément central de l'engagement de notre communauté actuelle, mais surtout future. Un nouveau lieu, labellisé FCG, ouvert au public tous les jours qui fusionnerait les dimensions sportives et économiques. On peut imaginer avoir sur ce site un club house, une salle de fitness, un centre de bien être, des salons événementiels, des bureaux, une résidence, une brasserie et un musée. Toujours en restant ouvert sur la ville ». L'économie, le nerf de la guerre Le 3e pilier du projet est la dimension économique et marketing du club. Si historiquement le FCG a toujours fait de son réseau et de ses offres commerciales la locomotive de son activité, il se doit de s'adapter aux modifications du monde économique. Digitalisation des entreprises, concurrence, diversification des offres, segmentarisation des cibles, les modes de consommation changent, le club se doit de s'adapter. Cette année encore, il a remis son ouvrage sur la table en proposant aux entreprises une offre plus globale de la formation aux pros en passant par les équipes féminines. Une proposition diversifiée unique. Pour ses hospitalités, 2 nouvelles cabines sont apparues en bord pelouse. Sa gamme de prestation s'est élargie pour répondre et accueillir toutes les entreprises avec des offres dédiées adaptées (augmentation des prestations ponctuelles, amélioration du service dédié, création de produit d'entrée de gamme, amélioration des prestations au stade). Un programme « Les Ambassadeurs » est également venu compléter l’offre. Il s'adresse principalement aux artisans et commerçants qui veulent soutenir le club. La façon de mettre les entreprises en relation a également été repensée. Fort de son réseau d'affaire et ses 360 sociétés partenaires, le club a revu complètement sa gamme d’événements pour être au plus près des besoins des entreprises. Mais le symbole le plus fort de cette transition est certaine-

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ment le maillot du club. Une fierté pour Michel Martinez « Notre maillot est magnifique avec des entreprises locales, aux ambitions nationales, qui symbolisent la croissance de notre territoire. Le maillot du FCG va défendre les couleurs de Grenoble partout en France. Il défendra aussi les couleurs de l'économie grenobloise ! ». Si les offres pour les entreprises ont toujours été d'une certaine façon la priorité du club, le véritable enjeu de croissance pour le FCG sera dans les années à venir le grand public. Avec un Stade de 20 000 places dans une agglomération de plus de 500 000 habitants, le potentiel est forcément important. Pourtant, énormément de choses restent à faire ; tant sur l’expérience stade, qu'au niveau de la fidélisation et de l'appartenance. Le public grenoblois à la réputation d'être difficile, il dispose d'une offre “loisir” exceptionnelle et le cadre naturel qui entoure la ville est également une vraie concurrence. De plus il est très difficile de fidéliser une agglomération qui renouvelle 20 % de sa population tous les 3 ans. Si le cœur des passionnés du FCG représentent environ 6 000 personnes à tous les matchs 75 % des gens qui viennent voir les « rouge & bleu » au Stade des Alpes ne viennent pas plus de 3 fois dans l'année et près de la moitié une seule. C'est un immense enjeu pour le club. Très présent sur les réseaux sociaux et internet, le FCG est, d’après L'Observatoire Sport & Digital, le 15e club sportif français sur le digital tout sport confondu et le 3e de Top14. Il doit parvenir à prolonger cette communauté tout au long de l'année dans son stade. Cela passera nécessairement par une amélioration de l’expérience stade (cashless, animation, confort, offres spectateurs). Des enjeux importants, mais coûteux et très long à mettre en place. Pourtant c'est une obligation vitale pour le club et aussi un enjeu sportif. Comme le rappelle Michel Martinez « La montée en Top14 nous la devons à nos supporters ! On a senti quelque


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PROJET CLUB

Les Escort Kids organisés par le club de supporters des Mammouths entrent sur le terrain.

Les futurs « Rouge & Bleu » lors du Challenge Alberto organisé par le club chaque année.

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chose d’exceptionnel contre Oyonnax au Stade des Alpes. Quand tout est réuni dans ce stade autour de l'équipe, nos joueurs peuvent déplacer des montagnes. On aura besoin de sentir ce soutien à nouveau en Top14 pour se maintenir cette saison. Un nouvel actionnariat Si le club a toujours été ouvert à tous et si les différentes augmentations de capital de ces 10 dernières années ont toujours été souscrites par de nombreux actionnaires, la majeure partie de l'investissement était à mettre à l'actif de Serge Kampf. Après une saison 2016-2017 très déficitaire il a fallu repenser l'actionnariat du club comme l'explique son président Michel Martinez : « Ces dernières années, le club a consommé beaucoup de fonds propres. Pour les reconstituer il n'y a que deux solutions, faire des résultats positifs, ce que l'on espère faire le plus rapidement possible, ou au travers d'augmentations de capital. Nous avons lancé à l’intersaison une augmentation de capital visant à répondre aux défis qui nous attendent. Cette opération était aussi nécessaire pour impliquer autour d'Éric Pilaud et moi de nouveaux actionnaires. Notre objectif était de créer un pool d'investisseurs capable de pérenniser le club et susceptibles de soutenir les projets que nous souhaitons réaliser

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sur les trois prochaines saisons. Cette augmentation est une véritable réussite. Sept actionnaires nous ont rejoints. Nous nous sommes engagés, tous ensemble, à investir 2,7 millions d'euros sur les 3 prochaines saisons. Je suis particulièrement fier car ce sont des entrepreneurs grenoblois. Ils vont assurer les moyens de notre développement, mais ils apporteront aussi au Club leurs compétences, et leurs réseaux. Ils connaissent tous très bien le club, partagent nos valeurs et sont aujourd’hui les garanties indispensables à la réussite du FCG ». Ils sont donc 9, il s’agit de Nicolas Guynat Président Directeur Général du Groupe Mare Nostrum, Jean-Yves Fabre Gérant de la société Adex, Patrick Goffi Président de la société Grenoble Logistique Distribution, Michel Martinez Directeur Général de la société AED Président Délégué du FC GRENOBLE RUGBY, Laurent Pélissier, Président de la société Ecm Technologies, Éric Pilaud Président du FC Grenoble Rugby, Pierre Streiff Président du Groupe Streiff, Gilles Trignat Président de la société Gilles Trignat Résidences et Silvio Valceschini Président de la société CSEI. Ensemble ils poseront les bases du projet Club à 3 ans qui devra permettre au FCG de s’installer durablement en Top14. n


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FONDS DE DOTATION

Première soirée de gala Le 13 mars dernier, le Fonds de Dotation organisait sa première soirée de gala au Summum de Grenoble. L'occasion pour les 320 personnes présentes de découvrir les missions du Fonds de Dotation du Club et de partager un moment d’exception au cœur même de la famille FCG. Retour sur une première réussie.

Vincent Clerc, reçoit le Prix Rico Rinaldi des mains de Claude Chenevay.

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Daniel Jennepin, Président du Fonds de Dotation avec Romain Magellan

Les missions du Fonds de dotation du FCG

L'un des atouts du Fonds de Dotation est sa fiscalité. Le Fonds étant un organisme à but non lucratif il repose sur la base de dons déductibles de ses impôts que l'on soit un particulier, comme une société (60 % pour les entreprises et 66 % pour les particuliers dans la limite de 20 % du revenu imposable pour un particulier et 0,5 % du CA pour une entreprise).

L

e Club a lancé il y a maintenant 2 ans sont Fonds de Dotation. Ce Fonds de Dotation a pour but de soutenir et d’organiser les actions sociales, sociétales et caritatives menées par le FCG. Une façon pour le Club d'assumer son rôle d'institution locale et de rendre au territoire grenoblois ce qu’il lui a donné. Le FCG peut ainsi soutenir un certain nombre d'actions qui correspondent à ses valeurs avec pour mission sous jacente de « favoriser l’accès au sport pour les populations éloignées de la pratique ». Aujourd’hui 4 axes sont mis en avant : le programme FCG dans ma ville, le soutien et la promotion du rugby féminin, la valorisation du handisport par le Quad Rugby et un certain nombre d'opérations caritatives. Au mois de mars dernier le FCG a organisé un grand Gala afin de promouvoir ce fonds et de lever des fonds pour réaliser de nouveaux projets. L'occasion aussi pour le Club de lancer officiellement et de manière publique son Fonds de Dotations. Ils étaient 320 à avoir répondu à l'appel du Club pour cette soirée qui s'est tenue le 13 mars dernier au Summum de Grenoble. Le FCG, en partenariat avec Alpexpo, s’est approprié ce lieu emblématique de l’agglomération pour lever le voile sur les projets ambitieux qui seront portés par son Fonds de dotation récemment constitué. Une soirée de prestige placée sous le parrainage de la légende du Rugby, Vincent Clerc. Une grande marque de confiance pour l'ailier international, qui a démarré sa carrière professionnelle à Grenoble. « C’était pour moi un immense honneur

Des dons qui permettent de financer les

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missions suivantes Éducation Financement du programme FCG dans ma ville qui favorise l’éducation et l’insertion par le sport des jeunes de zones dites « sensibles » ou « prioritaires ». La pratique du rugby pour tous • Développement du rugby féminin et du Quad rugby du FCG.

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Santé publique • La promotion de la pratique sportive comme enjeu de santé publique.

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Caritatif • Aide, soutien, communication et financement d'un certain nombre d'opérations avec des associations caritatives. (Action contre la Faim, un maillot pour la vie etc.)

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FONDS DE DOTATION

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La journée du rugby scolaire au Stade des Alpes

Daniel Kilioni dirige le Haka.

d’être le parrain de cette première édition de la soirée de Gala du Fonds de dotation du FCG. Je suis très attaché à l’agglomération grenobloise et plus particulièrement au FCG. J’ai grandi et commencé le rugby ici, au Fontanil-Cornillon avant de suivre les traces de mon père en rejoignant à 10 ans le FCG. C’est le club qui m’a formé et permis d’atteindre le haut niveau et mes rêves. Grenoble a toujours mis au cœur de son projet la formation et c’est ici entre Chartreuse, Vercors et Belledonne que la première école de rugby et le premier centre de formation de France ont été créés, ici qu’ont éclos, et écloront encore de nombreux internationaux français. Aujourd’hui plus que jamais nous devons promouvoir au travers du club, de ses éducateurs, coachs et bénévoles ces valeurs qui nous ont été transmises par nos pères. Au-delà de l’aspect sportif, je crois aussi que notre sport a un rôle à jouer au sein de notre société. Je me suis toujours fortement impliqué auprès des jeunes et des associations pour promouvoir ce côté sociétal, un investissement que je veux constant, auprès notamment du rugby handisport et plus largement auprès des enfants handicapés. C’est pourquoi je suis extrêmement fier que mon club formateur lance aujourd’hui ce fonds de dotation, qui sera le moteur de toutes les opérations caritatives et sociétales du club. ». Côté cuisine, c'est le chef Alexandre Zdankevitch, chef et co-gérant du restaurant le Zdank qui était aux fourneaux pour un service en 3 actes préparé et servi par les élèves des écoles hôtelières IMT et Lycée des Portes de Chartreuse. Une façon aussi pour le Club de montrer que la formation est primordiale dans toutes ses initiatives. Daniel Jennepin, Président de l'Association du FCG, lançait la soirée avant que Romain Magellan, monsieur loyal pour l'occasion, animait avec humour et convivialité une soirée qui se voulait sérieuse, mais familiale. Une vente aux enchères permettait aux différents partenaires de l'événement de gentiment se défier et de remettre un chèque primordial pour les futurs investissements du fonds. À peine le temps de déguster le dessert inédit préparé par le chef Thierry Court, que le spectacle du magicien et mentaliste Kevin Micoud clôturait une soirée extraordinaire. Mais le souvenir qui restera dans toutes les mémoires sera incontestablement ce show surprise préparé par les joueurs du pacifique du FCG. Nigel Hunt, Steven Setephano, Dayna Edwards, Eddie

Sawailau et Daniel Kilioni en tête se levaient et haranguaient la foule et leurs coéquipiers à les rejoindre pour une série de Haka qui balayaient en une chorégraphie Nouvelle-Zélande, Tonga, Samoa, et Îles Cook. Un moment fort, non feint, emprunt de puissance et de partage qui symbolise à lui seul ce que peut être le rugby. Une passerelle entre les cultures, les hommes et les femmes, et reprendre parfaitement ce que sera le Fonds de dotation du FC Grenoble Rugby.
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Ils soutiennent le Fonds de Dotation du FCG

ARaymond, Artelia, Fondation Décathlon, Samse, Weepack, SCI Martinez, Telenco.

Partenaires de la soirée de Gala

AlpesAudio, Loca Reception, Alpexpo, le Zdank, Thierry Court, Kevin Micoud, Café Chri's, Carré Fleurs, IMT Grenoble, Les portes de Chartreuse, Aer'ness Event, Boulangerie Pani, Wines Marc, Effervescence


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PORTRAIT

Fabien Alexandre, un ancien toujours combattant

Sa chevelure flotte depuis près de 15 ans sur tous les terrains de ProD2 et Top14. Fabien Alexandre, « Fabio » pour tout le monde, est de la race des « pénibles » sur un terrain. De ces râleurs permanents, soldat de tous les combats, qui ne relâche jamais sa proie tant que le match n'est pas fini. Un joueur « à l'ancienne » comme on aime à l'appeler qui, par son dévouement et son sens du sacrifice, est aussi le chouchou de tout un stade.

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Fabien Alexandre s'affirme comme le capitaine de combat de l'équipe.

Pouvez-vous nous retracer les grandes étapes de votre carrière ? Je suis né dans une famille de rugbyman. Mon père a bien sûr joué au FCG pendant 14 ans, mais il avait commencé dans le club emblématique de Domène. Pourtant, le rugby n'a pas été pour moi une évidence. Ma mère voulait que je touche à tout. Mais quand on grandit dans une famille où le ballon ovale tient une place importante, on plonge forcément à un moment dedans. J'y suis venu à 11 ans en intégrant le GUC à Saint Martin d'Hères. J'ai ensuite joué pendant 3 ans à Villard-Bonnot et j'ai rejoint le FCG à l'âge de 15 ans. J'ai fait toutes mes classes ici et intégré le centre de formation jusqu'en 2004. Malheureusement, cette année-là le FCG descend en ProD2 et est rétrogradé administrativement en Fédérale 1. Je quitte alors le Club pour Dax où je joue deux ans. Je rejoins ensuite Clermont aussi pour deux ans et Biarritz avant de revenir à Grenoble à la mi-saison 2010/2011.
 Vous jouez en Reichel quand Grenoble descend en Fédérale, pourquoi ne pas rester au Club ? À l’époque j'avais décidé de refuser la proposition de contrat que j'avais de Dax pour rester à Grenoble en Prod2. Mais j'ai su qu'il y avait de graves problèmes financiers en interne. Les choses traînaient… Je doute alors du projet et je rappelle Dax. J'apprends 15 jours plus tard que le club est rétrogradé. C'est sûr que c'est difficile. C'était un choix compliqué. J'ai été beaucoup critiqué par rapport à ça, mais je ne le regrette pas. Je pense que si j'étais resté à Grenoble je ne serais peut-être jamais parti. Les différents clubs dans lesquels je suis passé m'ont tous enrichi humainement et

sportivement. C'est aussi important de connaître autre chose que son cocon, d'avoir d'autres expériences. Cela m'a permis de revenir plus fort. Vous avez joué au plus haut niveau à Clermont et Biarritz. Que gardez-vous de ces expériences ? J'ai pu côtoyer le très haut niveau dans ces deux clubs, avec deux finales de championnat de France avec Clermont. Même si je n'ai pas joué ces finales, on les vit pleinement. À Biarritz j'ai aussi fait une finale de Coupe d'Europe. Je jouais avec des internationaux que je voyais avant à la télé. C'était un sentiment incroyable, même si ces périodes ont été très noires pour moi car j'ai pratiquement été blessé en continu et je n'ai pas joué autant que j'aurais voulu.

 Qu'est ce qui fait que vous revenez à Grenoble en 2011 ? Je ne sais pas si c'est complètement vrai, mais j'ai presque envie de dire, le hasard. Grenoble était venu jouer un match contre Dax et je croise à Biarritz tout le staff en balade. On discute un moment, de tout et de rien, de la vie, de moi et ça s'arrête là. Mais, deux semaines plus tard, Jonathan Best se fait un genou et Franck Maréchal l'épaule. Grenoble cherchait un joker et ils ont pensé à moi qui ne jouais pas beaucoup avec Biarritz. Ça s'est fait en 2 jours. Avec ma femme on a vite pris la décision de revenir ici. Votre statut change, vous êtes alors une icône de l'équipe qui doit tirer les autres vers le haut. Cela ne devait pas être simple ? Sincèrement je ne l'ai pas vécu comme ça. Pour moi je repartais à

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PORTRAIT

Ci-dessus : Fabien avec sa fille lors de la victoire contre Biarritz. À droite en haut : Fabien est blessé pour l'access match contre Oyonnax. À droite en bas : Fabien Alexandre quelques instants avant de gravement se blesser contre Montauban.

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zéro. Je n'avais pas joué depuis 1 an. J'avais tout à prouver et surtout je n'avais que 5 mois de contrat, donc il fallait que je me bouge pour faire mes preuves et montrer à tout le monde que j’étais encore un rugbyman.

En 2012 vous vivez une année exceptionnelle avec le titre et la montée en Top14. Que vous reste-t-il de cette période ? Des souvenirs merveilleux. Les copains, un groupe incroyable. Le staff avait vraiment réussi à construire un super groupe. On venait de rater la montée la saison précédente et entre nous on savait que l'on ne voulait plus vivre ça et soulever un bouclier. Pour moi c'est vraiment le titre d'une bande de potes. Vous avez connu toutes les premières du FCG ces dernières années, la montée, les matchs au Stade des Alpes, arrivezvous à vous dire que vous avez eu une carrière exceptionnelle ? C'est difficile de prendre du recul parce que je m'entraîne encore tous les jours. Que j'ai des objectifs et des challenges à relever au quotidien. Mais je vois bien que tous mes copains de l’époque ont arrêté le rugby. Ma vraie satisfaction c'est que j'ai toujours voulu jouer au Club, que je n’avais pas pu le faire à 20 ans et qu'en revenant j'ai pu vivre toute cette aventure et cette construction du FCG. Le titre de champion, les maintiens en Top14, l'aventure européenne, des victoires à Paris, au Racing, ce sont de vrais beaux moments. Bien sûr, il y a eu aussi des moments difficiles comme notre descente il y a deux saisons. Je suis un joueur à l'ancienne qui joue pour être avec ses potes. Je me souviens des matchs, mais les souvenirs qui me viennent en premier ce sont tous ces moments vécus ensemble en dehors du terrain. En 2012 lorsque l'on remonte en Top14 le FCG fait une

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saison incroyable, en étant maintenu très tôt en étant très dominateur en mêlée, alors que sur le papier l'équipe n'est pas forcément la plus forte. C'est sûr que lorsque l'on monte peu de joueurs avaient connu le Top14. Les gars que l'on affrontait le week-end on ne les voyait qu'à la télé. On n’avait pas envie de passer pour des truffes. Le FCG passe ensuite 4 saisons en Top14 qui se ressemblent avec des débuts prometteurs, mais des printemps difficiles, comment l'expliquer ? On se préparait pour être au top dès le début du championnat et essayer de sécuriser notre place en Top14 le plus rapidement possible. Mais physiquement et mentalement on laissait énormément de jus. Les gens nous en demandaient beaucoup, ils ne comprenaient pas pourquoi d'un coup on ne gagnait plus un match
 Il y a malheureusement cette descente il y a deux ans avec une saison terrible, comment avez-vous vécu ces moments terribles ? Une carrière de sportif n'est jamais simple. Cette saison a été cauchemardesque. Mais je n'ai jamais été en colère envers le Club. Je crois que l'on s'était vu peut-être trop beau. Que l'on pensait que


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l'on allait continuer à grandir d'année en année, mais nous n'avions pas forcément des fondations assez solides. Certains clubs ont des mécènes pour combler les trous. Nous, nous n'en avions plus et nous étions en difficulté. Je crois que cette année-là nous avions paradoxalement la meilleure équipe sur le terrain. Je pense que nous pouvions finir dans les 8 premiers. Mais nous avons échoué dans la manière de jouer collectivement. Nous passions d'un esprit très collectif à un management sur la performance individuelle. Ce n'était plus le FCG.

Mais vous vous blessez en début de seconde mi-temps… Je sais tout de suite que la blessure est grave. Je reste un petit 1/4 d'heure au vestiaire. J'ai les premiers soins, mais je pars très vite à l’hôpital. Je suis les 20 dernières minutes du match dans l'ambulance. Le stress, la frustration, la douleur, c'était spécial. J'avais le sentiment d’être maudit. J’avais déjà raté la fin de saison en 2012… mais avec la victoire qui était là, tous les copains qui sont passés juste après le match à l’hôpital me témoigner leur solidarité, c'était quand même un moment de joie.

Pourtant vous resignez très vite pour 3 saisons ? Je savais en signant que nous jouerions probablement en ProD2. Mais j'étais déjà parti une fois du Club, je ne me voyais pas le lâcher à nouveau alors qu'il était en difficulté. Le Club me proposait un bon contrat, j'ai voulu lui rendre la confiance qu'il avait placée en moi. Je ne l'ai jamais regretté. Même si c'est de la Prod2, passer d'une saison où l'on ne gagne pas 10 matchs à une saison ou au contraire on gagne plus de 20 matchs. C'est un plaisir fabuleux.

Vous restez toutefois proche du groupe pour la finale et l'access match. Oui, j'avais demandé à faire partie du groupe, même blessé. Arnaud Heguy nous aidait depuis plusieurs semaines à la mêlée, le groupe était très jeune, c’était de mon devoir d’essayer d'apporter ce que je pouvais, même si c'était juste une présence. Sur la finale, Perpignan était tout simplement plus fort que nous. Je me souviens de m’être dit à la 50e que l'on n’y arriverait pas. Après le match les mecs sont abattus, j'essaie de les réconforter, d'essayer de dire à tous qu'il faut garder la tête haute. Mais à ce moment c'est dur.


Pour autant la saison n'a pas été simple ? Ah non ça c'est sûr. Je me souviens du premier match contre Dax avec la boule au ventre, la peur de l'inconnu, de passer à côté du match. Toute la saison on était la bête à abattre. Tous les clubs venaient au Stade des Alpes avec l'envie de faire un coup. À chaque match on a été attaqué, ils voulaient se mesurer à nous. Mais malgré des matchs moins aboutis on a quand même réussi tant bien que mal à tenir notre rang. Et viennent les phases finales. Le match qui me faisait le plus peur c'était ce 1/4 de finale contre Biarritz. Ils étaient en forme et avaient de très grosses individualités. Mais on gagne, grâce à notre public. On s'est vraiment dépouillé sur ce match. À Montauban, on part dans la position de l'outsider. Sur le papier on ne gagne jamais une demie à l’extérieur. Mais j'ai senti qu'il y avait quelque chose à faire. Les journalistes et l'entourage de Montauban parlaient déjà de finale, ça nous a motivés. On a pris le match par le bon bout et on passe devant très vite. Le match était vraiment abouti. Toutes les rancœurs que l'on peut avoir pendant une saison, les frustrations de ne pas être au niveau où on devrait être s’étaient envolées. Je sentais les mecs forts à côté de moi, puissants. On était une vraie équipe, des frères. Je savais qu'on était enfin capables de tout. Toute l'équipe championnat de France de ProD2 en 2012 place du tribunal à Grenoble.

Sentiez-vous les joueurs capables de faire un tel match contre Oyonnax ? Si je suis sincère, vu la fin de saison que faisait Oyo., non. Même après ce début incroyable je me disais, on ne va pas tenir. C'est difficile de regarder ce genre de match depuis les tribunes car on ne ressent pas forcément la confiance que les mecs ont eue quand on est sur le terrain. Je crois qu'Oyonnax nous avait un peu pris de haut. Il nous refuse le water break avant le match, en une seconde on a compris où on allait et ça nous a donné une motivation supplémentaire. On était acculé, dos au mur dans nos retranchements, ça nous a donné une âme exceptionnelle. Ce jour-là on était intouchable. Le public dingue. Je pense que ça restera comme l'un des plus beaux matchs de ces 7 dernières années. Comment voyez-vous cette saison et la suite de votre carrière ? Sur le papier je pense que l'on a un bon groupe. On sera un petit poucet de ce championnat et je crois que c'est ce qui nous va le mieux. Il faudra que l'on joue crânement notre chance, que l'on soit acteur de notre destin, mais j'ai confiance. Pour la suite, j'ai encore 1 an de contrat, après il sera sûrement temps de raccrocher les crampons. Mais je me sens encore très bien, même si les jeunes poussent. Il va falloir qu'ils viennent me chercher, le vieux est toujours là ! n

Fabien Alexandre Né le : 15 mai 1985 116 matchs de Top14 105 matchs de ProD2 24 matchs de Challenge Cup 5 matchs de Heineken Cup 170 matchs avec le FCG

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AMAZONES

Un titre au mental Les Amazones du FCG ont remporté cette année le Championnat Armelle Auclair. Championnes de France, elles accèdent à la première division féminine, le Top16 Élite. Un aboutissement pour un collectif qui était passé à côté du titre un an plus tôt, mais une étape pour un club qui veut continuer à grandir.

Les Amazones s’apprêtent à défier le Stade Français.

V

oilà maintenant 3 ans que les Amazones ont intégré le FC Grenoble Rugby. Un rattachement au Club qui avait pour but de permettre à l'équipe de se structurer et de grandir dans l'optique de s’installer durablement dans l'élite du rugby féminin français. Elles évoluent dans le championnat Armelle Auclair (deuxième division) qui est divisé en deux poules de 8 équipes. Lors de la saison 2016-2017, après des phases de poules quasi parfaites (13 victoires, 1 nul, 11 bonus offensifs et 0 défaite), les Amazones disputent la finale du championnat Armelle Auclair face à Bayonne. Les « Rouge et Bleu » passent complètement à côté de l'événement et s'inclinent 34 à 10… Un coup de massue, et un véritable revers pour une équipe qui visait l'élite. Mais en coulisse l'échec s'explique. Pour Emmanuel Pellorce, entraîneur des Amazones, le constat est sans appel « Je me sens responsable de ce qui s'est passé sur cette finale dans la mesure où je me suis rendu compte avec le recul que l'on n’avait pas mis toutes les cartes de notre côté. Je crois que je me suis fait personnellement polluer par pas mal de choses et cette pression a rejailli sur tout le groupe. Mentalement les filles n'étaient pas prêtes. L'événement, le stade, tout était trop grand pour nous ce jour-là ». Une pression néfaste et un sentiment partagé par Émeline Gros, 3e ligne aux Amazones « c'était un vrai coup dur, mais il faut prendre du recul, on avait un groupe qui était très jeune, pour la plupart des filles c'était leur première finale. Je pense que l'on n’a pas su gérer la pression. On n’a pas su faire une bonne entame de match. On est mené 28 à 0 à la mi-temps. On est bien revenu en seconde mi-temps, mais c'était trop tard. Peutêtre trop d’émotion, on n'a pas été actrices de notre match… ». Une aventure et une désillusion qui n'est pas sans rappeler le parcours des Crabos la même année qui eux aussi sortaient invaincus de la phase régulière et étaient passés à la trappe quelques semaines plus tard. Le Club doit revoir sa copie. Sans tout remettre en cause,

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les Amazones se remettent au travail. Le staff sportif composé d'Emmanuel Pellorce, Cristian Spachuk et Hugo Feasson planche dès le début de saison sur le programme qui doit amener les filles au titre. Si les Amazones restent amatrices elles n'en ont pas moins un planning d'entraînement qui ressemble à des professionnelles comme en témoigne Emmanuel « Cela fait 3 ans que je suis là, chaque année on a des moyens supplémentaires qui sont mis à notre disposition, des moyens humains, structurels. On utilise la halle des pros, on s'entraîne sur l'annexe, ce sont des conditions exceptionnelles


Les Amazones sont championnes de France au terme d'une saison durant laquelle elles resteront invaincues.

pour une équipe féminine. » Un sentiment que partage Camille Monnet, 3e ligne aux Amazones « Avant c'était compliqué de passer l'hiver car on s'entraînait sur des terrains gelés, sans lumière, on avait toujours des difficultés à cette période. Depuis que l'on est au FCG nous profitons des infrastructures du club, notamment de la halle d'entraînement couverte, c'est vraiment plus confortable. Mais c'est souvent une période de trêve ou on est très fatiguées, on fait beaucoup de physique, c'est très compliqué ». Les filles font le dos rond, encaissent les séances qui doivent les rendre plus fortes au printemps. Comme

la saison précédente, elles sortent invaincues de leur poule et abordent les phases finales avec un goût de revanche. Pour Émeline Gros « toutes les filles étaient dans le même état d'esprit ce n'était pas les phases finales que nous visions, c'était gagner une finale et monter. Peu importent nos adversaires, cette année le bouclier était pour nous. ». Ces phases finales, si chères au rugby français. Ce parfum qui revient chaque année avec sa pression, ses peines, mais aussi ses joies incommensurables. Pour Camille Monnet « Tout est différent quand il y a une élimination au bout. Les équipes donnent tout ce qu'elles ont et la moindre hésitation, la moindre erreur, se paie cash. Nous n'avions pas de repère sur le niveau de l'autre poule et c'est passé de justesse contre Tarbes, Caen. Nous n'arrivions pas à mettre notre jeu en place. Mais même quand ça ne fonctionnait pas, sans que l'on ait besoin de se parler on est restées toutes soudées avec un seul objectif gagner ensemble. C'était hors de question de perdre, la finale de l'année dernière était dans un coin de notre tête ». Les Amazones étaient à nouveau en finale contre Lons. Emmanuelle Pellorce met tout en place pour que les joueuses n'aient qu'une seule chose à faire, se concentrer sur leur match. « On avait cette fois l'expérience d'une finale. Toutes les planètes étaient alignées, nous étions très sereins parce qu'on savait que les filles étaient prêtes. Tout le monde avait fait son job, Cristian Spachuk avait fait un travail extraordinaire. On était prêt physiquement, tactiquement, stratégiquement mais surtout mentalement. C'était ce qui nous avait manqué un an plus tôt. Le mental est primordial. On n’a pas besoin de dire aux filles qu'il faut qu'elles soient prêtes pour cet événement, elles le savent et elles ont tout fait, toute l'année pour être là, mais il faut arriver à rentrer dans sa bulle se décontracter quand il faut. Hugo Feasson a pris cette notion en charge chez nous et a fait un travail incroyable. Le matin de la finale on a fait une heure de sophrologie à l'hôtel. j'avais des doutes sur le fait que toutes les filles adhèrent, mais elles ont toutes accroché et sont sorties détendues, seby Beaux-Quartiers. Automne 2018

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AMAZONES

Le public grenoblois a fait le déplacement à Pézenas pour soutenir les Amazones en finale contre Lons Béarn Pyrénées.

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reines. Tout le monde était à sa place et il n'y avait pas de parasite alors que l'on sait que sur une finale le moindre grain de sable peut vous faire prendre et c'est ce qui est arrivé à Lons qui rate 14 points au pied alors que nous, on ne rate rien. » Un sentiment confirmé par les joueuses : « nous avons eu une approche mentale avec de la relaxation, c'était top. Cela nous a permis d’être plus sereines d'avoir moins de pression. On a aussi senti nos coachs moins stressés ». Dans un match sans grandes envolées, les Amazones s'imposent 6 à 5 et soulèvent le bouclier. Une émotion immense pour les filles « c'est quand même un aboutissement dans la vie d'une sportive, là on touche au but. On concrétise tous nos efforts, et puis collectivement c'est un truc de dingue. Quand tu regardes les filles autour de toi, il y a tellement d’émotion que l'on n’a rien à se dire juste profiter ». Au-delà du titre, les Amazones accèdent au Top16. Si l'objectif est atteint, ce n'est pas une finalité mais une étape dans la construction du Club comme son Président JeanJacques Vartanian tient à le préciser. « La saison écoulée est magnifique avec 2 boucliers avec celui de la réserve à 7, mais cela ne représente qu'une partie du chemin que l'on a à parcourir. Il existe un vrai engouement autour du rugby féminin, l'année dernière nous étions une centaine et cette année nous serons autour à 145 licenciés avec l'encadrement. Mais nous ne sommes qu'à une étape de notre développement. Il nous manque encore beaucoup de choses pour aller plus haut, notamment au niveau de l'encadrement. D’ailleurs je lance un appel, si des bénévoles veulent s'investir avec les Amazones, on a besoin de monde donc n’hésitez pas à nous appeler. Nous allons évoluer dans une division très relevée, affronter ce qui se fait de mieux en France. Le chantier est énorme et nous l'abordons avec beaucoup d'humilité. Nous continuerons de construire ce club autour d'un même projet, être le club de tous

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les rugbys. Autour de nos valeurs collectives et avec à la base de tout, notre formation. ». Même son de cloche chez Emmanuel : « Les filles ont beaucoup fêté le titre, et c'est très bien. Mais moi, trois jours après j'étais passé à autre chose. Je ne veux pas dire que ce n’était pas important, soulever ce bouclier c'était énorme, mais très vite je me suis projeté sur la suite, comment on allait faire cette année pour rivaliser avec les grosses écuries du Top16. Maintenant la saison a redémarré, on doit se mettre en phase par rapport aux défis qui nous attendent. On saute un peu dans l'inconnu. Notre objectif c'est de s’installer durablement au plus haut niveau. Mais on a perdu 5 filles cadres de l'équipe. On a un projet qui mise sur la formation avec un effectif très jeune, c'est L’ADN de notre club. Il va falloir que l'on grandisse tous ensemble. Mais il faut aller doucement, on ne va rattraper Toulouse ou Montpellier en 6 mois. Il va nous falloir du temps, être patients et faire confiance à ces jeunes qui sont pleines de talent. ». L’objectif sera clair, le maintien avant tout et si possible accrocher le milieu de tableau. Pour Émeline Gros « On reste très lucide sur notre niveau. Il y aura des matchs que l'on pourra accrocher, mais on va affronter des équipes très fortes, avec des joueuses qui sont professionnelles. On continue de grandir, d'apprendre, on aura pour objectif de ne pas être ridicule de s'accrocher, de ne pas tricher sur le terrain et de faire honneur à notre maillot. On veut être là, présentes. Mais surtout on veut faire perdurer les valeurs des Amazones, un état d'esprit. ». Un objectif confirmé par Camille Monnet « Ce club a une âme. Il y a toujours des anciennes qui assurent une vraie transmission de nos valeurs aux plus jeunes. Le flambeau se transmet de génération en génération. Être une Amazone c'est être une guerrière, aimer la compétition, vouloir se faire mal et se dépasser. Mais c'est aussi avoir le sens de la famille, car on est une famille ». n


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PARTENAIRE DU FCG


FORMATION

Une histoire d'hommes Les Crabos du Fcg ont gagné au printemps le titre de champion de France, au Stade de France, en levé de rideau de la finale du Top14. Un instant inoubliable qui marque l’avènement d'une génération qui n'a pas eu un parcours facile. Retour sur ce succès qui au-delà de la victoire symbolise une aventure humaine extraordinaire.

Retour à Grenoble des héros

L Yann Rave, Jean-Noël Perrin, Pierre Moreno et Lionel Ringal, le staff des Crabos

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'histoire de ce titre, c'est l’histoire d'une génération de gamins. L'histoire d'un groupe de copains nés en 2000 et 2001 qui a connu un parcours de galères pour arriver un jour de juin 2018 au Stade de France. L’ossature de ce groupe est déjà au FCG en moins de 15 ans. Pour utiliser un langage commun, c'est une génération qui en a chié. Comme le rappel David Dussert, Directeur de la formation au sein de FCG « Cette génération a vraiment galéré. En moins de 15 ils se qualifient pour les phases finales, mais prennent 50 points en 1/8 contre le Racing, l'année suivante ils tombent à nouveau sur le Racing en 1/4 et on prend 30 points alors que l'on menait 18 à 0 à la mi-temps. L'année dernière pour leur première année en Crabos. Ils sont invaincus pendant toute la phase régulière, ils gagnent en 1/8 contre Aix, mais passent à la trappe contre Colomiers pour leur premier match vraiment difficile de l'année. Au sein du club c'était dur pour eux. Ils étaient un peu les éternels perdants ». Pourtant cette génération était bourrée de talents avec des


Moment d'histoire au Stade de France pour les Crabos du FCG

joueurs comme Killian Géraci, Antonin Berruyer, Dorian Bonnin, ou Gervais Cordin. Des jeunes brillants qui n’avaient pas su trouver les ressources mentales dans les grands rendez-vous. La défaite de la saison dernière, après une saison incroyable et alors que le FCG faisait partie des favoris fait office d’électrochoc. Comme en témoigne David Dussert « On a eu une vraie réunion de débriefing en début de saison avec Frank Corrihons et les coachs. La priorité pour nous reste la formation avec la nécessité de garder certains principes, comme faire jouer tout le monde, ne pas faire de distinction entre les 2 000 et 2 001 et la volonté de proposer un vrai projet de jeu, transverse et non restrictif. On savait que l'on avait fait des erreurs, peut-être surjoué à certains moments, mais les hommes se construisent aussi dans l’adversité et dans une histoire collective. ». Un sentiment partagé par Jean Noël Perrin, entraîneur des Crabos « La défaite contre Colomiers a été fondatrice. Sur cette saison tout était parfait. On était premier national, on gagnait facilement. Cette défaite a été une énorme claque. On ne l'avait pas sentie venir. Mais elle nous a fait grandir en tant qu'entraîneurs. On avait beaucoup axé notre discours sur l'animation, l'initiative, sûrement trop. Alors, sans remettre en cause le projet global, on a rééquilibré notre plan de jeu. On a mis en place des notions de défense plus fortes, plus collectives avec une plus d’alternance et on a vraiment pris en compte la dimension mentale. L'année dernière on avait senti nos joueurs sans ressource contre Colomiers. Cette année on a vu que c'était nos adversaires qui étaient dans cette situation. ». Une vraie remise en question collective, qui puise son esprit dans l'âme même de ce groupe. Un groupe pas comme les autres. Comme en témoigne Lionel Ringeval, entraîneur des Crabos. « Cette équipe est particulière, c'est une vraie bande de pote. Des gamins qui sont tout le temps ensemble, des vrais inconditionnels du FCG qui adorent le rugby et le Club. Ils viennent voir tous les matchs des espoirs ou des pros, ils sont vraiment ”piquousés” FCG. » Jean Noël confirme « Ces gosses sont incroyables. Malgré tout ce qui leur est arrivé, malgré tout ce qu'ils ont pu entendre, qu'ils n’arrivaient jamais à gagner, qu'ils étaient moins brillants que leurs prédécesseurs, ils n'ont jamais rien lâché. Ils ont créé leurs propres rituels, habiller le vestiaire

avec leurs mots, se réunir avant les matchs entre eux pour parler. Ce sont eux qui ont décidé de se faire des maillots spéciaux pour l'échauffement de la finale. Ce titre ils ne le doivent qu'à eux ». Une génération particulière, qui fait également écho avec un staff fusionnel. Yann Rave et Lionel Ringeval entraînent ensemble depuis 6 ans. Ils ont accompagné ces jeunes depuis leur plus jeune âge. À ce binôme c'est rattaché Jean-Noël Perrin il y a deux ans. La cohésion prend tout de suite comme le confirme Lionel « Cela faisait 6 ans que j'entraînais avec Yann mais je connaissais bien Jean Noël, on était ensemble à la FAC et on avait joué au FCG dans les équipes de jeunes. Il y a eu une alchimie qui s'est faite instantanément, c’était plus que des relations de coachs on s'appelait tous les jours, il y avait quelque chose de fort. ». Même écho chez Yann Rave « Notre relation était particulière. On avait chacun en charge une partie du jeu, moi plutôt l'animation offensive, Lionel la touche Jean No la mêlée mais en termes de collectif chacun a pris en charge des aspects de management sans qu'on ait jamais eu besoin d'en parler. C'était vraiment quelque chose de rare ». La saison régulière des Crabos est moins flamboyante que la précédente. Le changement de format du championnat, qui obligeait les équipes supposées plus faibles à se qualifier via des tours préliminaires, avait resserré les niveaux. Les matchs étaient plus âpres, plus disputés. Jamais les Crabos ne survolèrent leurs adversaires. Au final, ce fut un bénéfice pour le groupe qui attaque les phases finales avec un vrai sentiment de revanche. Colomiers se retrouve sur la route de nos « Rouge & Bleu ». Le match est dur, mais ils passent le cut sans encombre. Arrive la 1/2 finale, contre Toulon, double tenant du titre et favori à sa succession. Une montagne pour nos jeunes, mais ce match restera comme un récital. Les coachs se souviennent « Pour nous, ce match c'est l'image qui nous restera de cette saison. Bien sûr, voir les jeunes dans la tribune présidentielle du Stade de France soulevant le bouclier c'est énorme, mais en tant que coach ce qu'ils ont fait sur ce match est exceptionnel. Pendant 80 minutes ils ont étouffé les Toulonnais. Ils ont été impériaux by Beaux Quartiers. Automne 2018

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FORMATION

Plus qu'une équipe ces jeunes sont une vraie bande de potes.

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en défense, ultra-dominateurs en mêlée, morts de faim en défense. On leur marche véritablement dessus, on a le sentiment qu'il ne peut rien nous arriver et on gagne 32 à 0 et on se donne le droit d'aller chercher le titre. ». Le FCG jouera donc sa finale, qui plus est cette année au Stade de France en levé de rideau de la finale du Top14 contre Castres. Ce match aura une saveur particulière, car elle refermera un cycle. Ce sera le dernier match de la génération 2 000 en équipe de jeune et sur le banc ce sera aussi le dernier match du trio d'entraîneurs puisque Jean-Noël sait qu'il intégrera l'équipe professionnelle en tant que responsable de la mêlée l'année suivante et Yann arrêtera pour des raisons personnelles. Lionel se souvient « On a essayé d’évacuer le fait que ce serait notre dernier match ensemble pour la finale. Mais nous avions tissé des liens tellement forts avec les joueurs qu'ils ont bien senti que ce match était particulier. Ils nous ont avoué bien plus tard, que cela avait été aussi une source de motivation pour eux. La veille du match ils se sont réunis comme à leur habitude pour se parler et ils se sont dit qu'ils gagneraient aussi le bouclier pour nous. ». David Dussert se remémore la préparation de cette finale « Le contexte est très particulier. Il fallait vraiment que l'on fasse attention car les coachs étaient amis et c'était leur dernière. Les gamins aussi savaient que tout allait s’arrêter et que c’était la fin de l’histoire quoi qu'il arrive. Et par-dessus ça on apprend que l'on va jouer le match au Stade de France. Je crois que la visite la veille au stade a été primordiale. On en a vraiment profité, on faisait des selfies sur le terrain et le lendemain on basculait dans un match de rugby. On a tout de suite vu des comportements forts chez les joueurs. Ils se sont pris en main. On l'a senti dans les regards dans le vestiaire, ils étaient prêts, sereins,

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dans l'instant présent. » Jean-Noël d'ajouter. « je pense qu'une finale ne se gagne pas au niveau du staff, ce sont vraiment les joueurs qui décident. C'est une forme d'aboutissement. Sur la finale notre rôle s'est borné à ce qu'ils puissent encore avoir cette possibilité de choisir leur destin. Nous avons juste voulu les couper de l'environnement. Nous n'étions là que pour mettre en place les conditions, le match c'est le leur. Notre job était terminé. ». Mais une finale est toujours compliquée. Le FCG a du mal à mettre en place son jeu. Le score est serré et Castres prend même les devants, mais les joueurs ne paniquent pas. Les leaders tiennent le groupe depuis quelques matchs. Contrairement aux saisons précédentes, ils sont montés en puissance avec l'arrivée des matchs couperets et certains jeunes se révèlent. Pour David Dussert la mi-temps marque un tournant de cette finale. « Je me souviens de cette image à la mi-temps ou ça gueule un peu, tout le monde parle, c'est un peu brouillon, et là, tu as Regis Montagne, pas un grand bavard, notre pilier droit qui réuni tous les joueurs et pense à faire une mini-séance de sophrologie en faisant respirer tout le monde avant de rattaquer la 2e mi-temps. C'est une image dingue pour moi, une énorme preuve de maturité. ». Le reste devient l'histoire. L'arbitre qui siffle la fin du match, un banc qui explose, des rires, des larmes, les joueurs qui tombent au sol puis courent vers le virage où leurs familles et amis les attendent. Sur le terrain du Stade de France se croisent Daniel Jennepin le président de l’Association et Michel Martinez le Président de la SASP. Tout le club est réuni autour de ce titre. La montée dans la tribune présidentielle, le bouclier, et une nuit de folie. La génération maudite venait d'écrire l'un des plus belles pages de l'histoire du Club. n


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INTERVIEW

We are the champions, my friends !
 Leurs visages n'ont pas encore perdu tous les traits de l'enfance. Quelques cicatrices, presque gracieuses, rappellent qu'ils sont déjà allés maintes fois au combat. Ils ont l'insouciance de la jeunesse, l'intelligence de têtes bien faites et tout l'avenir devant eux. À même pas 20 ans, ils sont champions du monde. Rencontre avec Killian Géraci et Antonin Berruyer, deux purs produits de la formation grenobloise qui viennent de vivre une saison XXL. Pouvez-vous nous retracer vos premiers pas dans le rugby ? Killian Géraci : j'ai commencé le rugby à 8 ans au club de Seyssins. Mon père (Stéphane Géraci) a joué au FCG de 1985 à 1992, mais ce n'est pas lui qui m'a poussé à faire du rugby. J'ai fait beaucoup de sport très jeune, du foot, de la natation, de la boxe, le rugby est venu vraiment naturellement. J'ai ensuite quitté Seyssins à 12 ans pour rejoindre le FCG. Antonin Berruyer : moi j'ai attaqué le rugby à l'âge de 5 ans à l'US Vinay. Mois aussi ce n'est pas à cause de mon père (son père Patrick a joué comme lui à l'US Vinay et au FCG). La première année je jouais au foot et au rugby et au bout d’un an j'ai basculé et je me suis concentré sur le rugby. Je suis ensuite arrivé au FCG en moins de 15. Comment définiriez-vous le style de jeu de l'autre ? AB : Killian est un joueur complet, très bon dans les airs, très mobile. Il est polyvalent avec une grande palette, aussi bien offensivement que défensivement. Bon, il faut encore qu'il progresse un peu sur les annonces en touche. Dès qu'il sera parfaitement au point pour être un vrai leader de touche il sera indéboulonnable dans n’importe quelle équipe. KG : merci Berru, ça me touche, (rires). Antonin est aussi un joueur très complet, très bon en défense.

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C'est le joueur qui fait le plus de plaquages avec lequel j’ai jamais joué, une vraie machine. Il montre aussi de plus en plus qu'il sait tenir le ballon. C'est son défi cette année, arriver à faire avec les pros ce qu'il a toujours fait avec les équipes de jeunes. On a le sentiment que tout vous a toujours réussi, vous êtes nés avec une bonne étoile ? AB : on a toujours tendance à penser que Killian est programmé depuis toujours pour être un joueur de très haut niveau, mais il ne faut pas croire que tout tombe comme ça. Certes il fait 2 m et ça aide, mais sa technique, son rendement, c'est du boulot, rien que du boulot. On n'y arrive jamais sans ça. Aujourd’hui il travaille à fond pour s’épaissir un peu. En sport jamais rien ne vous tombe tout cuit. KG : Antonin joue à un poste qui est hyper-concurrentiel. Arriver à être titulaire en 3e ligne en Prod2 avec le FCG à son âge, cela montre la motivation du gars. Il n'a jamais rien lâché, même quand il n'a pas été sélectionné dans les équipes de France jeune. Il a un sacré caractère. AB : Il y a dans tous les clubs énormément de concurrence en troisième ligne. Mais pour moi c'est plus une source de motivation. je n'ai jamais été le plus grand des 3es lignes, je ne suis pas le plus costaud, ni le plus rapide. J'essaie de jouer sur d'autres choses. J'essaie d'avoir une certaine forme l'intelligence dans mes déplacements, dans mes décisions.


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INTERVIEW

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Le fait de ne pas être très grand me permet aussi de plaquer très bas. Il faut toujours cultiver ses atouts mais aussi faire de sa différence une force. On dit souvent de vous que votre carrière est déjà toute tracée, ce n'est pas vous mettre la pression ? KG : j'ai toujours eu des coachs qui ont su me faire garder les pieds sur terre. Qui ont su me faire progresser, me pousser à me remettre en question. Très sincèrement je n'écoute pas beaucoup ce qui peut se dire sur nous. Je sais où je veux aller et j'ai pleinement conscience de tout le chemin qui reste à parcourir avant de pouvoir dire je suis un joueur de rugby professionnel.
 Killian est ce que l'on peut dire que ta carrière a changé lorsque tu as été pris en photo avec l'équipe de France à Marcoussis ? La légende raconte que suite à cette photo tu as été contacté par tous les clubs de Top14 ? KG : ça, c'est la légende… Cela fait toujours plaisir d’être convié à s'entraîner avec le XV de France et d'avoir un peu de reconnaissance. Ces 3 jours passés avec l'équipe de France étaient vraiment exceptionnels. Vous êtes tous les deux à Grenoble depuis plusieurs saisons, mais le plus souvent vous

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n'étiez pas au club la semaine en étant à Marcoussis ou au Pole Espoir. Comment vit-on cette situation ? KG : c'est vrai que c'est très différent entre être à Marcoussis et être au FCG. Ce n'est pas du tout la même façon de travailler entre un club qui doit tous les week-ends préparer un match avec de l'enjeu et l'équipe de France qui est plus dans une formation sur le long terme. En revanche c'est un gros avantage de connaître les deux car on a le sentiment de prendre le meilleur de tous les coachs que l'on côtoie. AB : c'est très particulier. Quand j'étais au Pole Espoir je ne m'entraînais que le vendredi avec les copains et pourtant je jouais tous les dimanches avec eux, c'était un peu gênant. Mais l'année où j’ai été recalé en équipe de France * j'ai été toute la saison ici à Grenoble et c'est un de mes meilleurs souvenirs. J'étais toute la semaine avec les copains. Les sélections c'est quelque chose de très enrichissant, mais je pense que c'est mieux par petite touche. C'est important de vivre la vie du club. Être ensemble, apprendre à se connaître. Ça crée des liens plus forts qui se ressentent après sur le terrain. Vous saviez tous les deux que vous alliez jouer la Coupe du Monde ? AB : non. Je n'avais pas été pris l'année précédente en équipe de France, j'étais en dehors du parcours classique. En début de saison j'ai eu la chance de


rapidement jouer avec le FCG. Le Coach de l'équipe de France est venu nous voir et il nous a dit qu'il comptait sur nous, mais comme nous avions l'opportunité de jouer en ProD2, il ne ferait pas appel à nous pour tous les matchs du tournoi. KG : je savais que l'on pouvait être dans les plans, mais il fallait être avant tout être bon en club. Les sélections dépendent toujours de ce que tu fais en Club. La Coupe du Monde se jouait en France, c'était une pression ou un avantage ? KG : au final on dira un avantage, puisque l'on a gagné, mais tous les matchs ont vraiment été compliqués. AB : on a eu beaucoup de mal au début. On était un peu pris par l'événement et on manquait de rythme. Il y a eu un vrai déclic contre l'Afrique du Sud. Là, on s'est rendu compte de nos moyens et ça a lancé notre compétition. Tout le monde doit vous poser cette question, mais ça fait quoi de jouer contre les All Blacks ? KG : ah c'est génial ! Enfin surtout parce qu'on gagne. J'avais déjà joué un match contre eux l'année dernière. J'avais donc déjà vécu un haka. On a vraiment abordé ce match différemment, on les a pris comme une simple équipe, on les a moins badés et moins regardés. C'est la seule façon de gagner contre eux. AB : moi c'était ma première fois. Killian m'a beaucoup aidé. Il m'a parlé de ce fameux haka. Il m'avait dit que cela leur avait vraiment pris aux tripes la première fois. Je m'attendais presque à quelque chose de plus impressionnant. Là c'était juste une demi-finale, et on avait une seule chose à faire, tout donner pour gagner. Cela fait pas mal de temps que vous jouez avec les Woki, Coville, Joseph, Bamba est ce que vous arrivez à avoir du recul sur le talent de votre génération ? AB : je crois que c'est un travail amorcé il y a plusieurs années à la fois par la Fédération Française de Rugby, et par les clubs, qui commence à payer. C'est une des premières années où il y a beaucoup de joueurs qui ont déjà une expérience en pro dans leur club. Cela tire forcément le groupe vers le haut. Et puis on se connaît tous depuis très longtemps. Les journalistes parlent beaucoup de certains joueurs, mais notre force est plus collective qu'individuelle.

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INTERVIEW

Est-ce que vous arrivez à vous rendre compte de la saison que vous venez de vivre ? KG : un peu, mais c'est vrai que l'on est très jeune et on a un peu l'impression que gagner des titres c'est quelque chose qui peut nous arriver chaque saison. Mais les anciens et les autres joueurs sont là pour nous rappeler que c'est quelque chose de vraiment exceptionnel et que l'on doit le savourer. AB : je ne dirais pas que c'est déjà loin, parce que c'était il y a seulement deux mois. Mais on a rattaqué la saison, on a un défi gigantesque devant nous avec l'ambition de se maintenir en Top14. Et pour nous l'objectif de jouer en Top14. On n’a pas vraiment le temps de se retourner sur ce que l'on a fait, on regarde devant. Les souvenirs ce sera pour plus tard. Justement comment voyez-vous votre avenir ? AB : clairement va falloir bosser, bosser, bosser… Mon objectif est simple, arriver à gratter du temps de jeu en Top14. Je joue depuis longtemps à Grenoble ça se passe très bien, je suis sous contrat jusqu'en 2020 je n'ai aucune raison d'aller voir ailleurs. KG : pareil qu'Antonin  ! J'entends beaucoup de choses. C'est vrai j'ai eu des sollicitations l'année dernière, mais je ne vois pas l'avenir comme ça. Aujourd'hui le FCG peut m'apporter énormément de choses, j'y suis bien. Honnêtement je n'ai pas un plan de carrière tout fait dans ma tête. Il ne faut pas tirer de plans sur la comète, mais franchir les étapes une par une. Je suis très bien au FCG mon objectif et d'arriver à gagner ma place pour jouer en Top14.
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Antonin Berruyer

Killian Géraci

Né le 8 septembre 1998

Né le 25 mars 1999

1,87 m / 100 kg

1,98 m / 106 kg

18 matchs en ProD2 avec le FCG 1 essai inscrit

18 matchs en ProD2 avec le FCG 3 essais inscrits


RCS 301 464 590 - 2015


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PUBLI-REPORTAGE

Imprimer vos rêves ! l’exigence d’une qualité irréprochable

L

a société Sépia a été créée il y a une quinzaine d'années. Son activité première était la signalisation routière. Très rapidement, en lien avec cette activité, Éric Pessarossi, le dirigeant de Sépia, s'est adapté aux exigences et aux besoins grandissants de ses clients. La société s'est donc mise à fabriquer des panneaux de communication visuelle de plus en plus grand. Maîtrisant la conception et tous les types d'impression, l'offre de Sépia s'est élargie naturellement pour proposer des produits de signalétique en tout genre, des solutions de marketing visuel pour l'événementiel, des enseignes et différents supports destinés à la décoration intérieure. Sépia imprime sous tous types de matériaux, métal, alu, plexi, verre, textile, bois, bâche, de très petit format jusqu'à des dimensions XXL. Depuis 5 ans l'entreprise ne cesse d'investir dans de nouvelles techniques d'impression et principalement sur les très grands formats, comme en témoigne Éric Pessarossi « Nous avons aujourd’hui des machines capables d'impri-

mer jusqu'à 3,5 m de large sur une longueur sans limite. Mais surtout nous investissons sur de nouveaux modes d'impression avec la 2D et la 3D. Nous avons une machine de découpe de polystyrène qui nous permet de faire de très gros lettrages et des objets en 2D et 3D. On s'est rendu compte que nous avions encore quelques contraintes techniques qui nous empêchaient de pouvoir tout faire alors nous avons investi dernièrement dans une imprimante 3D ». Oui, mais pas n’importe quelle machine, tout simplement la plus grande et la plus rapide au monde dans son domaine. Il en existe 70 dans le monde et une des premières en France, à Grenoble, chez Sépia. « Le principe est relativement simple. Il suffit de scanner un objet ou de le modéliser directement sur ordinateur et ensuite de l'imprimer avant d'appliquer un traitement de surface pour la finition. Nous pouvons imprimer jusqu'à 2 m de haut par 1,5 m de large et 1,6 m de profondeur. Tout est possible avec cette machine. Nous pouvons sortir des panneaux en affichage 3D, classiques, des

formes pour faire de la PLV, des objets de street marketing, des bornes a selfie. La seule limite est la créativité. Nous sommes d'ailleurs en train de réaliser un joueur géant pour le FCG qui sera présent au stade. » Avec le FCG la collaboration de ce fournisseur officiel du club ne date pas d'hier. Voilà plus de 10 ans qu'Éric habille les stades, mais surtout tous les salons VIP du Club. Un travail qui mélange habillement design et information sans jamais renier sur la qualité. Rien de plus naturel pour ce basque d'origine que d'être présent au Rugby. « J'ai toujours fait beaucoup de sport, la culture rugby a toujours été en moi. C'était une évidence de travailler avec le FCG. C'est à la fois un club que j'aime, un vrai réseau et l'une des plus belles vitrines qu'une entreprise comme la mienne ne puisse avoir ». •

Sépia Signalétique 8 rue Gaston Monmousseau - 38130 Échirolles www.deko-3d.fr - www.sepiasignaletique.fr

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PUBLI-REPORTAGE

MEMOCLUB, 30 ans de créations Textiles et objets publicitaires

Isabelle et Steve Daniele dans le show-room Mémoclub

La marque Mémoclub apparaît pour la premier fois en 1987. Un an plus tard la société est créée par Steve Daniele. Les débuts sont très durs, un bureau fait de deux tréteaux et un simple bottin des pages jaunes en guise de fichier client. Tout était à construire. L'entreprise ne comptait pas de client et les fournisseurs n'existaient pas de manière formelle, c'est un métier qui était à créer. La vraie identité de Mémoclub, « Mémo » comme tout le monde l'appelle, arrivera en 1995 avec l’intégration de deux gros fournisseurs de l’époque Bic et 3 M. « C’est sûr que maintenant nos concurrents adoptant la technique du copier/coller pour se créer, c’est plus simple pour eux quand tout est structuré. » MémoClub, travaille sur l'ensemble du territoire national, mais de par son ancrage local avec énormément de sociétés Rhônalpine. Elle travaille en direct, mais également par l’intermédiaire d'un réseau de revendeurs. Ce qui a fait la réputation, mais surtout la longévité de l'entreprise qui fête cette

Les catalogues des 30 ans de Mémo

année ses 30 ans, c'est le respect de ses engagements et la loyauté vis-à-vis de ses clients. Avec une politique commerciale qui privilégie la relation sur le long terme plutôt que la rentabilité d'un « one shot ». Après 3 décennies à la barre de « Mémo » Steve est toujours aussi enthousiaste. « Ce métier est magique, tous les jours je découvre de nouvelles choses, de nouveaux produits. C'est un univers en perpétuel mouvement avec notamment l'évolution des nouvelles technologies. Nous avons 2 collections par an, l'objet 1 & 2 et une pour le textile. Cela représente des milliers de références. Nous sommes tantôt des horlogers tantôt des maroquiniers, des créateurs de vêtement, ou des geeks, férus de high-tech. » Mémo et le FCG, c'est une grande histoire d'amour. Une histoire d'homme qui a commencé en même temps. « Nous avons bâtis ensemble le réseau des partenaires du FCG. Des hommes qui, en plus de travailler ensemble, se sont appréciés pour leurs valeurs humaines. On ne peut pas uniquement se

servir d'un tel réseau sans donner en retour, c'est un véritable échange. Depuis toujours nous nous investissons auprès du club tant pour répondre à ses besoins de produits dérivés que pour organiser les événements du club. » rappelle Steve Daniele. L'avenir de Mémoclub pour Steve Daniele, il se résume en une phrase : « Fêter nos 35 ans. Cela voudra dire que l’entreprise a su relever les défis qui se présentent à elle, que nous avons su nous adapter au business de la décennie qui arrive, tout en fidélisant nos équipes. La vie d'une société, c'est comme le FCG, on gagne, on perd, les gens passent, mais l’âme reste. » •

Mémoclub 116 avenue de la République - 38 320 Bresson Tél. : 04 76 33 05 91 www.memoclub.fr - commercial@memoclub.fr

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