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u t r l es u c Jardin biologique hors sol Terrasse végéTalisée exposiTion

mai à ocTobre 2010 biblioThèque cenTre ville

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C’est le tissu vivant de la planète , soit l'ensemble des formes de vie sur Terre, les relations qui existent entre elles et avec leurs milieux depuis l'origine commune de la vie. la biodiversité est le résultat de centaines de millions d’années d’évolution, c’est l’héritage qui résulte de l’histoire de notre planète. elle maintient les écosystèmes qui nous rendent la vie possible (fertilité des sols, purification de l’eau, régulation du climat…). elle fournit à l’espèce humaine son alimentation, une grande partie de ses vêtements, de ses habitations, de nombreux médicaments et la beauté de paysages inoubliables. elle possède en elle une multitude de potentialités non exploitées, soit parce qu'elles sont inconnues soit parce qu'elles ne correspondent pas à un besoin d’aujourd’hui.

La loi de l’évolution veut que toutes les espèces soient amenées à disparaître un jour. la durée de vie moyenne d’une espèce varie de quelques centaines de milliers d’années à plusieurs millions d’années. on peut ainsi estimer que 99 % des espèces qui ont vécu sur terre depuis l’origine de la vie sont éteintes. les processus d’évolution vers de nouvelles espèces ont toujours contrebalancé les processus d’extinction. la biodiversité a régulièrement augmenté au cours des temps géologiques.

or, depuis quelques millénaires et surtout depuis quelques dizaines d’années, nous assistons à la disparition des espèces à une vitesse sans précédent. selon les estimations, celle-ci serait de 100 à 1000 fois supérieure au taux d’extinction observé en période calme au cours des temps géologiques. l’apparition d’espèces nouvelles adaptées aux changements environnementaux qu’impose l’homme ne pourra être que très lointaine. on estime qu’il faudrait attendre dix millions d’années pour voir la biodiversité retrouver sa valeur initiale…

Biodiversité Un mot construit à partir des mots biologie et diversité

Une richesse menacée

60 000 espèces végétales sur 350 000 connues sont menacées d’extinction

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• 1,75 million d’espèces (entre 1,4 et 1,9 selon les auteurs) ont été décrites sur un total estimé entre 5 et 30 millions.

En 2008, 12 % des espèces d’oiseaux, 23 % des mammifères, 32 % des amphibiens, 42 % des tortues sont menacés d'extinction. • 15 589 espèces sont répertoriées comme menacées d’extinction (de « vulnérable » à « en danger critique d’extinction ») dans la liste rouge publiée par l’union internationale de conservation de la nature. • sur les 129 extinctions d’espèces d’oiseaux répertoriées depuis l’époque moderne, 103 se sont produites depuis 1800. • 60 000 espèces végétales sur 350 000 connues sont menacées d’extinction.

• au cours des 500 dernières années, les activités humaines ont conduit 844 espèces répertoriées à s’éteindre, par exemple le dodo, le zèbre quagga, le pingouin impérial, la poule de bruyère, le pigeon migrateur américain, le grizzly mexicain... • la co-extinction définit la disparition d’espèces entraînée par l’extinction d’autres espèces auxquelles elles sont associées par diverses relations (le parasitisme, la prédation, la relation exclusive entre des herbivores et leur plante-hôte ou encore entre des plantes et leurs insectes pollinisateurs.) les co-extinctions soulignent l’importance des interrelations au sein des écosystèmes et nous mettent en garde contre le risque d’extinctions en cascades. Sources. UICN, www.redlist.org / Lian Pin Koh et al., « Species Coextinctions and the Biodiversity Crisis », SCIENCE, Vol 305, 10 septembre 2004.


Dans la forêt… les forêts tropicales à elles seules abritent quelque 50 % de tous les vertébrés connus, 60 % des essences végétales et peut-être 90 % des espèces totales de la planète. entre 1850 et 1980, 15 % des forêts du monde (tropicales ou non) ont été défrichées. le taux de destruction de forêts naturelles est de l’ordre de 14 millions d’hectares par an sur un total de 4 milliards d’hectares. or, les conséquences de la déforestation ne concernent pas seulement l’impact sur le climat. la conséquence principale est la disparition des habitats pour une multitude d’espèces. Sources : FAO, IFEN

En mer…

274 000 espèces marines ont été recensées dans les océans. cela ne représente que 15 % du nombre d'espèces décrites à ce jour pour la terre entière, mais des experts estiment le nombre d'espèces de petits invertébrés vivant dans les grands fonds océaniques à 10 millions. l'océan constitue une réserve de biodiversité équivalente ou supérieure à celle des forêts tropicales. selon l’union internationale de la conservation de la nature, sur un tiers des espèces de poissons cartilagineux suivies (requins, raies…), 18 % sont menacées et 19 % quasimenacées. Depuis, 1996, le nombre d’espèces de tortues marines en danger critique d’extinction est passé de 10 à 25 et le nombre de celles en danger de 28 à 47. si les chiffres ont presque doublé en moins de 10 ans, cela est presque entièrement dû à une surexploitation de ces espèces.

Source : IFREMER et UICN

Où est la biodiversité? La biodiversité est plurielle

La France est l’un des états parmi les plus riches en biodiversité

Dans les cultures… sur 300 000

La France est un des états parmi les

à 500 000 espèces de plantes identifiées, environ 30 000 sont comestibles. au cours de l’histoire, l’humanité en a cultivé ou cueilli 7 000. aujourd’hui, 4 espèces (blé, riz, maïs, pomme de terre) constituent plus de 50 % des calories végétales consommées dans le monde et 17 espèces en fournissent 80 %. en élevage, sur les 50 000 espèces de mammifères et d’oiseaux connues, seules 30 ont été élevées à grande échelle et 15 assurent plus de 90 % de l’élevage dans le monde. en 15 ans, 300 des 6 000 races recensées par la Fao (Food and agriculture organization) ont disparu et 1350 races sont menacées. en europe, la moitié des races a disparu en un siècle.

plus riches en biodiversité : sur les 238 principales éco-régions recensées par le Fonds mondial pour la nature (WWF), 17 sont françaises, dont 14 outre-mer. en métropole sont recensées 135 espèces de mammifères, 357 d’oiseaux, 38 de reptiles et autant d’amphibiens, 34 600 d’insectes et plus de 6 000 plantes vasculaires. si l’on inclut la France d’outre-mer, les chiffres sont démultipliés : il y aurait ainsi 26 fois plus de plantes, 60 fois plus d’oiseaux et jusqu’à 100 fois plus de poissons d’eau douce dans ces zones. en métropole, 19 % des vertébrés ont disparu ou sont gravement menacés (la dernière espèce à s’être officiellement éteinte en 2002 est le bouquetin des pyrénées.) 44 % des espèces de vertébrés et près de 7 % des plantes vasculaires présentes sont protégées par la loi sur la protection de la nature.

Source : FAO, Wilson, 1992.

Source : MEDD, IFEN

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La concentration urbaine s’intensifie depuis la première révolution industrielle. aujourd’hui elle est si importante, à l’image de mumbai en inde avec plus de 29 000 habitants au km², qu'elle a entièrement remplacé les écosystèmes établis à l’emplacement des villes.

L’écosystème de nos villes a ses propres caractéristiques climatologiques : chaleur libérée par les combustibles fossiles, modification de la circulation de la lumière et de la chaleur par la forme, la hauteur et le volume des bâtiments ainsi que les propriétés physiques et chimiques des matériaux. cela conduit à une augmentation de la température de l’air ambiant favorisant les ilots de chaleur. les sols sont masqués par les espaces bâtis. ils sont souvent compactés, parcou-

rus de réseaux et parfois pollués. ainsi, leur capacité à nourrir la vie qui en émerge est limitée et parfois même rend impropre à la consommation des plantes normalement comestibles. le cycle naturel de l’eau est fortement modifié par l'imperméabilisation des surfaces, ce qui peut entraîner, en cas de pluie, la concentration soudaine d'eaux usées et leur déversement dans les rivières. par ailleurs, certains matériaux de construction peuvent polluer les espaces confinés que sont nos logements, en concentrant les benzènes, formaldéhydes, toluènes… qui ne sont pas évacués par l’action des plantes ou par une bonne ventilation. Tous ces éléments, ainsi que le bruit, l'éclairage… perturbent la biodiversité et le rythme biologique de l'homme.

La Nature urbaine La ville, un écosystème souvent déséquilibré

Le cycle naturel de l’eau est fortement modifié par l'imperméabilisation des surfaces

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La ville est un écosystème jeune en comparaison des écosystèmes forestiers ou marins qui ont mis plusieurs millions d’années à s’harmoniser. l’ère du développement durable met en avant une volonté d'équilibre et de meilleur respect de l'environnement. le concept de « ville durable » est aujourd’hui un élément clef de cette stratégie. il intègre la gestion des déchets, des milieux, de la biodiversité, la promotion des transports collectifs, du logement à faible consommation énergétique et met en avant la culture, la solidarité et la participation des citoyens.


Des améliorations possibles par la végétalisation au sol et hors sol

La notion de végétalisation et d’espaces verts évolue, elle expérimente de nouveaux outils afin d’intégrer la fonctionnalité à sa dimension esthétique.

Les enjeux des espaces végétalisés en ville • contribuer au bien être social en améliorant la qualité de l’espace public et du cadre de vie. • limiter les ilots de chaleur urbains. • mieux gérer les eaux de pluies. • permettre la circulation des espèces vivantes dans les corridors biologiques et préserver les espèces qui s’y trouvent déjà.

Les contraintes • conserver la fonctionnalité des espaces urbains malgré la faiblesse des surfaces disponibles. • entretenir correctement et à coût maintenu les espaces, en fonction des usages. • concevoir des espaces verts modulables en limitant leur emprise sur le foncier et développer la végétalisation des espaces bâtis. • informer et sensibiliser les citoyens pour limiter les incompréhensions et les incivilités.

La Nature urbaine L’emploi des végétaux pour notre bien-être Les espaces végétalisés de la Ville de Grenoble grenoble compte 252 ha d'espaces verts publics et 36 842 arbres. plusieurs démarches ont conduit à une amélioration du respect de l'environnement dans ces espaces depuis une dizaine d'années.

Développement de la protection biologique et intégrée. elle remplace les produits chimiques par des auxiliaires biologiques. résultats : absence de traitements chimiques dans les serres botaniques depuis 2002 et dans les dernières productions de plantes fleuries ; en extérieur, la consommation d'insecticides a chuté de 100 % en 6 ans.

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Utilisation de techniques d'entretien durables. les herbicides chimiques ont été remplacés à 95 % par du travail manuel ou mécanique. les engrais chimiques ont été remplacés par des produits organiques et biologiques. les déchets de taille et d'élagage sont réutilisés comme paillis afin d'améliorer la vie du sol.

Mise en place de la gestion différenciée. elle décline les modes d'entretien selon les usages, en allant du plus horticole au plus naturel. cela permet le développement de nouvelles strates de végétation, en particulier prairies et arbustes en port libre, améliorant les potentiels de biodiversité végétale et animale.

par ailleurs, en dehors des espaces publics, le plan local d’urbanisme (plu) de la ville de grenoble impose à toute nouvelle construction d’intégrer une surface végétale, éventuellement sous forme de toiture végétalisée. Depuis l’application de ce règlement, près de 80 % des permis de construire acceptés ont adopté une toiture « verte ».


l'aquaponie est la culture de végétaux en « symbiose » avec les poissons. ce sont les déjections des poissons qui servent d'engrais au végétal cultivé. le réservoir de solution nutritive que l’on utilise en hydroponie est tout simplement remplacé par un aquarium de volume équivalent. le mot aquaponie, traduction de l’anglais aquaponics, est la contraction des mots aquaculture (élevage de poissons ou autres organismes aquatiques) et hydroponique. cette technique d'avenir est utilisée à travers le monde (surtout aux etats-unis et en australie) dans de petites exploitations commerciales ou par des particuliers pour l'autoproduction alimentaire.

il s’agit d’un écosystème dans lequel interviennent trois types d’organismes vivants dans un cycle écologique :

Les poissons dont les déjections, riches en azote (ammonium et urée), en phosphore et en potassium, sont la source de nutriments pour les plantes. l'aliment apporté aux poissons permet d'enrichir le milieu sous forme d'engrais.

Des bactéries aérobies qui transforment l’ammoniaque/ammonium et l'urée issues de l'urine et des fèces des poissons en nitrites (bactéries nitrosomonas) puis en nitrates (bactéries nitrobacter), ces derniers étant assimilables par les plantes sous forme minérale (c'est le processus de nitrification ou cycle de l'azote). elles dégradent les excrétions des poissons qui sont toxiques pour ces derniers à des concentrations trop élevées.

Les plantes cultivées épurent l’eau de l’aquarium en l’assimilant par leurs racines. elles se servent des nutriments sous forme minérale pour croître.

L'aquaponie Une association vertueuse plante / poisson

Le Tilapia, poisson roi de l’aquaponie

Les déjections des poissons servent d'engrais au végétal

Vigoureux et résistant aux maladies, le Tilapia est un poisson très intéressant pour ce type d'élevage : tolérant aux variations physico-chimiques de l’eau, il supporte la promiscuité. il s'accommode d'une température de 22 ou 23°c qui convient aux racines des plantes cultivées en aquaponie. il est maigre et très riche en protéines, sa chair est ferme et goûteuse. il a un ratio de transformation alimentaire de 1,6 : il faut donc 1,6 kg de nourriture pour obtenir 1 kg de poisson. en comparaison, le bœuf a un ratio de 7 à 8, beaucoup moins intéressant. Utilisé avec succès depuis 25 ans dans une ferme expérimentale de l’université des iles vierges aux étatsunis, cette expérience offre aux aquaponistes du monde entier une base solide d’informations et de données sur cette association vertueuse plantes / tilapias. c’est aussi le poisson idéal pour une petite unité de production maison, pour les passionnés qui désirent, dans un même système, élever des poissons comestibles et des plantes alimentaires. on peut, avec une cuve d’élevage de 500 l, produire

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en moyenne 1 kg de tilapia par semaine (50 Kg à l’année) et coupler cet élevage à un système hydroponique de 2 m² pour récolter, tout au long de l’année, force plantes aromatiques et quelques tomates.

Une très bonne alternative à la pêche. cette production est économe en eau et en nourriture. De plus, une alimentation exclusivement végétale lui convient, à la différence de beaucoup d’autres poissons qui nécessitent d’être nourris avec des protéines animales, le plus souvent issues de la pêche en mer. enfin, il n’y a pas d’effluents liquides déversés dans l’environnement, seulement des boues solides qui sont utilisables en culture en pleine terre ou compostées.

pour toute information technique complémentaire et application chez vous, rendezvous sur le site de l'association française de culture hors-sol : www.paysagiste-urbain.com


Le terme hydroponique provient du latin « hydro » (eau) et « ponos » (travail), autrement dit « le travail par l'eau ». il a été inventé aux états-unis au début des années 1930 pour décrire le processus de culture des plantes dont les racines sont suspendues dans de l'eau contenant des éléments nutritifs. le peuple « uros » qui vivait au bord du lac Titicaca au pérou, cultivait déjà ses potagers à la surface de l’eau. les aztèques, quant à eux, ont développé un système de culture sur des lacs peu profonds, proches de la future ville de mexico. les racines des plantes plongeaient dans l’eau des lacs : sans le savoir, ils développaient une aquaculture primitive. ainsi, au fil des années, les « jardins flottants de xochimilco » se sont étendus et la culture sur cette terre devint très prolifique. un grand nombre de légumes comme la tomate, le concombre, la courgette, la laitue, le poivron, les piments, les épinards, les haricots, ainsi que des plantes aromatiques et plantes médicinales, sont issues

de la culture hydroponique sous serre. c’est également le cas de la majorité des fleurs coupées que l’on trouve chez les fleuristes. les balbutiements de l'hydroponie en Europe remontent à 1699. le professeur John Woodward réussit alors à faire pousser des plantes dans une solution d'eau et de terre. il pense que c'est la terre, et non l'eau, qui fait germer les graines, d'où l'emploi des deux en mélange. ensuite, en 1758, Duhamel de monceau (physicien, botaniste français) fit germer des graines dans des éponges, pour plonger ensuite les racines dans une solution d’engrais. la culture hors-sol que l’on connaît est née au xix e siècle en allemagne. elle fut découverte par Julus von sachs et Johann Knop, dans le cadre de recherches sur la nutrition des plantes. en 1925, des applications concrètes de l'hydroponie commencèrent à être utilisées en culture sous serre. le développement de l'hydroponie s'accéléra durant les décennies suivantes, lorsque les chercheurs commencèrent à prendre conscience de son potentiel de production.

Culture hors-sol et hydroponie Un mode de culture millénaire redécouvert aux travers de nouvelles technologies Un principe simple

Pour se nourrir, une plante a besoin de lumière, d’oxygène, d'eau, de sels minéraux et de C02

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l’hydroponie agit essentiellement sur l’apport des éléments nutritifs indispensables à la croissance de la plante : - les macronutriments (azote, potassium, magnésium, phosphore, calcium et soufre). - les micronutriments (fer, cuivre, molybdène, cobalt, manganèse, nickel, zinc, bore). en hydroponie, il s’agit de fournir aux racines les mêmes aliments qu’en terre mais déjà décomposés afin que les racines puissent directement s’alimenter. aujourd'hui, la culture hydroponique dispose de deux sortes d’engrais pour fournir à la plante son alimentation. - les engrais dit minéraux issus de gisement d’exploitation et de l’industrie chimique.

- les engrais bio-organiques liquides issus de la décomposition naturelle (ex : jus des lombrics, provenant de la décomposition de déchets organiques digérés pas le lombric). les engrais sont mélangés à de l’eau et versés sur les racines. la plante peut ainsi se nourrir et n’a plus besoin de terre, il faut simplement que les racines restent dans l’obscurité.


Une agriculture durable Des modèles de production agricole remis en question L'agriculture intensive a aidé les producteurs français et mondiaux à moderniser leurs techniques afin de produire des quantités d’aliments capables de nourrir la planète. cette agriculture a cependant ses propres travers. • modification du paysage, déforestation. • emploi de pesticides et herbicides chimiques. • pollution des sols par les engrais. • utilisation peu raisonnée des réserves d’eau naturelles pour arroser les champs. l’hydroponie sous serres n’a pas échappé à cette logique avec le même genre de dérives.

Le résultat est aujourd’hui mitigé. D’un côté nous pouvons nous nourrir toute l’année, de l’autre, nous faisons payer à la terre cette surproduction. l’épuisement des sols, la pollution des réserves d’eau lorsqu’elles ne sont pas épuisées, sont aujourd’hui visibles et préoccupants. De nombreux scientifiques s’intéressent aussi à l’impact sur la santé des produits chimiques présents dans nos aliments. les procédés de production que nous avons connus ont atteint leurs limites.

L’hydroponie ne propose pas de se substituer à la terre, mais plus sûrement de la préserver et de cultiver dans les villes ou les régions arides.

Recyclage des solutions nutritives, avec 90 % d’économie d’eau

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L e s s o l u t i o n s d u ra b l e s ex iste nt. l’agriculture raisonnée et l'agriculture biologique apparaissent aujourd’hui comme des alternatives, pour retrouver un certain équilibre avec des techniques qui épuisent moins les sols, utilisent moins d’engrais et irriguent de façon plus raisonnée. les récentes avancées techniques de l’hydroponie permettent d’envisager des procédés de culture eux aussi plus respectueux de l’environnement. • le recyclage des solutions nutritives, avec 90 % d’économie d’eau. • l’utilisation des eaux de pluies. • l’arrêt de rejet d’engrais dans les sols • l’utilisation d’engrais bio. • l’absence de déchets non organiques après une récolte. • l’alimentation des systèmes de culture avec des énergies renouvelables.


Une solution éthique L’hydroponie permet de faire renaître la nature en produisant intelligemment Les problèmes sont présents. sans dicter à chacun ce qu'il doit faire, il faut trouver des solutions, appeler à présent les citadins à agir pour construire ensemble notre avenir. la population augmente constamment et d’ici quelques années, la majorité vivra en ville. cela entraînera non seulement l’accroissement des distances entre les habitats et les centres de production, mais aussi la pénurie de terres agricoles. a force de construire sur les espaces naturels, nous manquerons d'espace pour respirer et cultiver. Actuellement, les terres arables représentent environ 3 % de la surface de la Terre, et la population mondiale est d'environ 6 milliards de personnes, ce qui donne 2 000 m2 (1/5 hectares) de terres arables par habitant. Les scientifiques estiment qu’en 2050, la population de la Terre atteindra 9,2 milliards d’habitants, tandis que les terres disponibles pour les cultures et la production alimentaire vont diminuer. Pour se nourrir, la population croissante pourra remplacer l’agriculture traditionnelle par la culture hydroponique.

8O % des Français habitent en ville, nous devons nous employer à promouvoir des solutions durables pour notre bien-être et pour produire notre alimentation.

[source: Chamberlain, Times, 2008].

Une technique écologique visant au respect de l'Homme et de la nature

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La terre est épuisée à force d'être sans cesse travaillée. concevez qu'avec l'hydroponie, vous éliminez le contact avec la terre, et la laissez ainsi tranquille ! l'idée est de recréer une biodiversité dans la ville, de faire renaître la nature là où elle a été écrasée, tout en produisant intelligemment. en effet, si les cultures hydroponiques viennent à se développer, la ville pourrait s'auto-alimenter et les habitants pourraient manger des produits locaux. plus besoin de faire venir la marchandise avec des transports polluants ! par ailleurs, l'eau des pluies pourrait être stockée puis réutilisée grâce au système hydroponique, et donc économisée. De plus, avec cette technique, des matériaux recyclés peuvent être utilisés. les systèmes hydroponiques sont facilement aménageables, alors pourquoi ne pas en mettre sur les toits plats des villes, à l'image des panneaux solaires, afin d'utiliser l'espace de façon pertinente ?

l'hydroponie représente une solution éthique pour demain qui répond à la fois à des besoins individuels et collectifs. au cœur de la ville, grâce à cette technique ingénieuse, la nature pourrait rejaillir quelque peu, et les citadins agir de manière responsable et astucieuse. Yohan Bonnet, Thomas Didier, Laure Jambeau, élèves 1er S, Lycée Jean Prévost de Villard de Lans


Atelier d’expérimentations durables au lycée des métiers du bâtiment Roger Deschaux Le lycée est perçu comme une "micro société" où le comportement de chaque individu modifie son environnement immédiat. le but de cet atelier expérimental, situé au cœur de l’internat, est de mettre en œuvre des actions tournées vers le respect des personnes en abordant une réflexion sur l’écocitoyenneté. Toutes les initiatives sont réalisées au cours de l'année scolaire, permettant ainsi à chacun d’avoir une vision globale du travail entrepris.

Des lycéens s’impliquent dans un projet éco-responsable en utilisant leurs compétences

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Un réseau s’organise avec un animateur qui crée le lien entre les élèves et leurs partenaires. ensuite, le projet peut prendre forme grâce au soutien et à l'intervention des personnels administratif et technique du lycée qui, avec certains professeurs, génèrent un tout cohérent dans lequel les lycéens ont la liberté d'entreprendre. le projet permet d'allier la théorie à la pratique en mobilisant des individus qui forment ainsi un groupe solidaire. les compétences de l'élève, quel que soit son cursus scolaire, sont mises en avant, lui donnant ainsi la possibilité d'être acteur à part entière d'un projet durable. les élèves évoluent dans un espace d'actions où leur implication les conduit à des gestes responsables.

Les enjeux • expérimentations techniques à partir d'une problématique liée à l'habitat durable. • sensibilisation à la gestion écologique de l'environnement urbain. • apprentissage de l'éco-citoyenneté.

• création d'un fond de documentation sur les matériaux de construction écologique et les solutions de gestion durable de l'habitat. • végétalisation potagère de la bibliothèque centre ville.

Les actions 2008-2010

Les objectifs pédagogiques

• gestion d'un potager collectif d'intérieur. • installation d’un rucher sur le toit du lycée. • réalisation d'un mur végétal en intérieur avec une sélection de plantes dépolluantes. • Tri des déchets organiques du restaurant scolaire, pour les composter dans le but d'alimenter le potager hors-sol.

• apprendre à travailler en équipe. • réutiliser des acquis scolaires. • gérer un projet et le mener à son terme. • Faciliter l'échange de connaissances. • influer sur son environnement en ajustant son comportement.


Végétalisation potagère de la bibliothèque La nature urbaine des végétaux imaginer qu’il est possible de produire de manière autonome des fruits et des légumes en ville à partir de graines bio et d’engrais biologiques, sans avoir recours à des pesticides et des herbicides, en apportant une solution esthétique à la gestion climatique d’un bâtiment, voila un scénario qui ne relève plus de la science-fiction ! la végétalisation potagère de la bibliothèque centre ville ne saurait s’arrêter aux limites d’une représentation d’un art écologique. elle se veut un pont entre le développement durable, l’écocitoyenneté, la recherche et le développement de technologies profondément éthiques où chaque outil a été pensé dans sa dimension technique à des fins écologiques.

Fa i r e g e r m e r l a g r a i n e une telle démarche demande d’être particulièrement exigeant dans toutes les étapes de la réalisation : les graines du potager sont certifiées bio. le choix des matériaux tient compte des ressources mises en œuvre pour leur production, leur durabilité, leur capacité à être recyclés. les fournisseurs sont locaux et les partenaires sur le territoire français. le système d’irrigation entièrement conçu en 12 volt, peu énergivore, fonctionne avec des panneaux photovoltaïques. les engrais solubles sont biologiques et produits dans le gers. pas de produits chimiques : les plantes sont protégées des agressions par l’apport de petits insectes venant équilibrer les populations de ravageurs à la manière d’un écosystème, favorisant ainsi la biodiversité.

J ea n-J ac ques BL ACK

Séverine GURLiER

Les plantes sont protégées des agressions par l’apport de petits insectes panneau solaire et distribution électrique

L’association Française de culture hors-sol en collaboration

Les enjeux du potager hors-sol urbain

avec le lycée technique roger Deschaux, s'est proposée de relever ce défi, s’inscrivant dans un processus à la fois pédagogique, artistique et culturel. soutenu par le service espaces verts de la ville de grenoble et le service de la bibliothèque municipale centre-ville, ce projet a pris forme en respectant des contraintes liées au développement des écosystèmes urbains. il tente de répondre à une problématique de la démocratisation du développement durable à travers une conception esthétique stimulant les sens, la sensibilité et l’imaginaire.

• Créer du lien social. • Contribuer à la biodiversité urbaine. • Apporter une solution esthétique. • Participer à la gestion climatique d’un bâtiment. • Proposer une solution d’agriculture urbaine à partir d’engrais biologiques. • Développer un système de culture autonome, utilisant une énergie renouvelable. • Favoriser un choix de partenaires et fournisseurs à l’échelle locale. • Utiliser la protection biologique intégrée pour préserver le jardin des insectes ravageurs.

régulation et distribution de la solution nutritive

bibliothèque fleurs légumes

niveau du sol

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récupération eau de pluie du toit et stockage sous-terrain


Un réseau de partenaires solidaires De l’élaboration à l’installation du potager urbain, de nombreux partenaires se sont mobilisés bien au-delà de leurs obligations dans le but de promouvoir cette initiative, démontrant leur volonté de s’impliquer à leur mesure dans des projets collectifs ayant un impact positif sur l’environnement.

Les concepteurs du projet tiennent à remercier : Les Bibliothèques municipales de Grenoble représentée par les responsables de la bibliothèque centre ville, sylvie charléty et annie brigant, qui ont accompagné la réalisation tout au long de son développement. nadine carli, myriam bottana et cécile bagieu du service action culturelle et communication des bibliothèques pour le travail réalisé sur l’exposition et la communication, avec la participation «photographique» de mariechristine vargoz.

Le service des espaces verts

Le lycée Roger Deschaux pour son ouverture et tout particulièrement monsieur gavet, le proviseur, monsieur matthieu, l’intendant, mesdames chevrier et Drifford, qui ont soutenu l’atelier dans la recherche de projets éducatifs, apportant une expérience innovante et citoyenne unique aux élèves participants.

La maison de retraite Saint-Laurent et ses résidents « jardiniers » qui ont semé les graines du potager.

représenté par Jean-claude rebuffet et David geoffroy sans qui rien n’aurait pu être fait. leur professionnalisme exemplaire et leur engagement s’est ressenti auprès de tous les personnels des espaces verts que nous avons côtoyés, tout particulièrement Jacques gibrat, chantal vincent, claude, christophe et abdelkrim dans les serres.

Un réseau d’entreprises citoyennes

Les ateliers municipaux de l’antenne du secteur 2

HANNA inst

représentés par lionel mongelli, comprenant les enjeux, ont adhéré à l’action en prenant une partie de la réalisation sous leur responsabilité.

Une expérience innovante et citoyenne unique

et solidaires du projet ont fourni du matériel et des conseils techniques indispensables pour l’élaboration et la réalisation du projet :

GHE pour les engrais biologiques et systèmes hydroponiques de pré-culture. pour les instruments de mesures.

BiOBEST pour la lutte biologique intégrée.

EOR pour la recherche et l’installation de la solution photovoltaïque.

Conception du projet Yohan Hubert (consultant hydroponique et président de l'Association française de culture hors-sol) Philémon Decle (spécialiste automatisme et membre de l'association) Simon Morel (consultant hydroponique et membre de l'association)

L’objectif de l’Association française de culture hors-sol est de promouvoir des acteurs responsables, d’apporter à travers des formations la connaissance de ces technologies et de réaliser des projets de végétalisation. Yohan HUBERT, président de l’association

Pour en savoir plus

www.culture-hors-sol.com


Bouillon de Culture 2010  

Présentation de l'exposition Bouillon de Culture durant l'été 2010

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