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LA RT 2005 TECHNIQUES ET METHODES

DOSSIER Objectif de la RT 2005 : - 15 % de consommation énergétique. Cette nouvelle étape fait partie de l’arsenal de mesures permettant à la France de diviser par quatre la production des gaz à effet de serre d’ici 2050. Le bâtiment, qui représente 45% de cette consommation et 25 % des rejets de C02, est un secteur clé de cette réussite.

POUR BATIR CITOYEN

L

a règlementation thermique 2005 concerne les bâtiments chauffés à 12°C minimum. Cette nouvelle version renforce les exigences d’isolation du bâti de 10% pour les parois courantes et de 20 % pour les ponts thermiques. Elle renforce également les exigences de performances des équipements (ventilation, système de chauffage…) et pénalise l’emploi de la climatisation pour une majorité des locaux qui ne sont situés ni dans la région de l’arc méditerranéen, ni exposés au bruit.

QUATRE OBLIGATIONS

THIERRY MERCIER

EN COMBLES PERDUS, L'ÉPAISSEUR DE LA LAINE SOUFFLÉE (JUSQU'À 40 CM) S'ADAPTE AISÉMENT À LA RÉSISTANCE THERMIQUE RECHERCHÉE. LE SYSTÈME JETROCK FACILITE LA MISE EN ŒUVRE. (ENTREPRISE OUEST ÉNERGIE).

Pour être conforme à la RT, le bâtiment doit respecter quatre points : • La consommation en énergie primaire (Cep*) doit être inférieure ou égale à la consommation en énergie primaire de référence (Cep ref*) d’un bâtiment fictif (dit de référence) ayant les caractéristiques thermiques référencées. • Dans l’habitat, la Cep ne peut pas dépasser une consommation maximale (Cepmax*) calculée par rapport au Shon (surface hors œuvre nette). • Chaque élément du bâti et les équipements doivent satisfaire à des caractéristiques minimales, les “garde-fous*”. L’objectif est de garder la cohérence du projet en évitant de compenser les déperditions d’un bâtiment mal isolé par des équipements (chauffage, ventilation) extrêmement performants. Cette compensation autorisée est limitée à 20 % de l’Ubat base* en maison individuelle, 25 % en logements collectifs et 50 % en tertiaire. • Pour le confort d’été, la température intérieure de confort d’été (Tic*) doit être inférieure ou égale à la température intérieure de confort de référence (Ticref*) qui varie selon les huit zones climatiques définies par la RT 2005. * Voir lexique p. 41

carnet de chantiers PAGE 33


DOSSIER

COMMENT JONGLER AVEC LES COMPENSATIONS... ER

H NC

A

PL

E

RE

n 2005, la possibilité de compenser les pertes d’énergie avec les équipements (chauffage, ventilation…) est moindre par rapport à la réglementation de 2000. Il est donc raisonnable de se rapprocher le plus possible des valeurs de référence*. Par ailleurs, il est plus facile de dépasser les exigences en isolation de murs qu’en toiture.

ITU TO

R

IE BA

T

2 0 0 5

L’ISOLATION INTÉRIEURE DES MURS Elle peut être réalisée avec des isolants courants. La compatibilité avec les exigences requiert un isolant d’une résistance thermique*d’environ 2,35 W/m2/°K. Ceux qui ont des performances améliorées (laine de verre ou PSE) permettent de réduire les épaisseurs ou de gagner des points pour une éventuelle compensation.

Les monomurs, terre cuite ou béton cellulaire, d’une résistance thermique de 2,35 W/m2/°K sont également conformes. EN PLANCHER SUR VIDE SANITAIRE Les ponts thermiques doivent aussi baisser de 20 %. Les entrevous PSE Th ou les hourdis béton avec chape isolante (en PSE Th 35 ou PSE UltraTH) permettent d’atteindre les exigences. Les solutions mixtes avec entrevous PSE et chape sur isolant offrent d’excellents résultats permettant d’obtenir les labels de performances énergétiques. EN PLANCHER SUR TERRE-PLEIN Le garde-fou* impose une isolation périphérique par un iso-

* Voir lexique p. 41

BAIES 17 % DE SURFACE VITRÉE, CONTRE 25 % EN 2000 RT 2000 25 %

a

Compensation des 2 pignons (a + b + c)

b c

de surface vitrée

a

c b 100 %

25 %

RT 2005 17 %

a

Compensation des 2 pignons (a + b + c)

b c

de surface vitrée

a

c b

17 %

PAGE 34

carnet de chantiers

100 %

La surface vitrée de référence est limitée à 17 % (1/6 de la surface habitable contre 1/4 en 2000). L’orientation doit être répartie ainsi : 20% pour chacune des 3 orientations ouest, est et nord et 40% pour le sud. Pour le calcul de la consommation en énergie primaire (Cep)*, les surfaces vitrées dépassant les 17% doivent avoir les mêmes caractéristiques d’isolation que des parois opaques.

La fenêtre doit avoir une bonne isolation thermique, et aussi favoriser les apports solaires, mesurés par le facteur solaire* (0 % pour une paroi opaque à 100 % pour une transparence totale). La valeur de référence est 40 % . Les protections extérieures (volets, persiennes…) assurent le confort d’été sans climatiser.

1

EXEMPLE

lant de résistance thermique supérieure ou égale à 1,7 W/m2/°K. L’isolation peut être horizontale ou verticale avec une largeur ou une hauteur minimale de 1,20 m. La solution verticale permet de traiter le pont thermique en about de dalle. La combinaison d’une isolation horizontale et verticale augmente les performances d’isolation. Elle reste toutefois nettement moins performante que l’isolation sous chape flottante, indispensable si l’on envisage un chauffage par le sol.

Maison de 100 m , en rez-de-chaussée sur terre-plein, en zone H1a**

Bon rapport qualité/prix

2

Cep = -- 2,1 % de Cep ref en électrique Cep = -- 8,2 % de Cep ref en gaz Laine soufflée R = 5 25 mm U = 0,20 Parpaing de 20 cm + doublage (10 + 100 mm) R = 2,65 U = 0,33 PSE Th 38

Ventilation hygroréglable B SOLUTION PRÉCONISÉE PAR LES BET. GAIN DE POINTS FACILE

Baies 4/16/4 air Ujn = 1,6 Isolant sur dallage, sous R = 2,6 chape U = 0,33

OPTIMISATION PLANCHER

Plancher isolant sur dallage, sous chape R = 1,7

OPTION MONOMUR OPTION BRIQUES Brique de 20 cm + doublage (10 + 100 mm) R = 2,65 U = 0,30 PSE Th 38

PLANCHER fage par le sol. Attention, avec un chauffage l’isolant placé électrique. Les bureaux sous la dalle, On gagne alors d’études cette solution est en performance techniques conforme avec 7 points avec conseillent un chauffage au un chauffage d’améliorer la performance gaz uniquement. électrique et En revanche, 15 points avec du plancher avec un isolant R=2,6 avec le même un chauffage isolant placé au gaz. Mais laissant ainsi sous chape flotle surcoût est une marge pour tante (soit dalle important. C’est réduire par exemple les + isolant + chape néanmoins la seule solution, performances flottante), il est des baies. possible d’installer pour le chauf-

R = 2,5 U = 0,37

POUR UNE ÉPAISSEUR DE MUR IDENTIQUE ( 30 CM), LE MONOMUR A UNE PERFORMANCE MOINDRE QUE LA MAÇONNERIE COURANTE + 10 CM D’ISOLANT.

LA BRIQUE AMÉLIORE LA PERFORMANCE PAR RAPPORT AU PARPAING

En électrique Cep = -- 7 % de Cep ref En gaz Cep = -- 12 % de Cep ref

LA CONFIGURATION CENTRALE REPRÉSENTE L’UN DES MEILLEURS RAPPORTS TECHNICO-ÉCONOMIQUES.

Monomur de 30 cm

[

L’ISOLATION S EN PLANCHER BA EST CAPITALE MUR

]

Entrevous en matériaux composites, RECTOR

En maison individuelle, les exigences d’isolation sont renforcées et la possibilité de compensation avec les équipements est réduite à 20 % (contre 30 % dans la RT 2000).

R MU

l’isolation des L’usage autres éléments: d’un isolant plus performant 30 cm de laine soufflée en mur n’est en toiture pas rentable. Remplacer et un isolant le parpaing sous chape R=2 par une brique en plancher bas. de 20cm fait On peut aussi gagner 1 point. améliorer la performance Si l’on passe des baies. en monomur terre cuite de 37,5 cm, il faut renforcer

pour plancher intermédiaire.

EN PLANCHERS INTERMÉDIAIRES

CET EXEMPLE A ÉTÉ DÉVELOPPÉ POUR UNE MAISON TYPE ET N’EST PAS SYSTÉMATIQUEMENT REPRODUCTIBLE. LES PARAMÈTRES VARIENT SELON LA CONFIGURATION ET L’ORIENTATION DE LA MAISON, LA ZONE CLIMATIQUE, LE SYSTÈME DE CHAUFFAGE… * VOIR LEXIQUE PAGE 41 ** VOIR LA CARTE P. 39

L’utilisation d’entrevous en matériaux composites avec rupteurs de ponts thermiques réduit considérablement les pertes de chaleur sans modifier les habitudes du maçon. Autre solution, le plancher bois, ne provoque que de minimes ponts thermiques de 0,15W/m/°K environ, le bois étant bon isolant. À l’horizon 2010, la nouvelle réduction des ponts thermiques, déjà prévisible, devrait favoriser l’isolation par l’extérieur. SUITE PAGE 36

carnet de chantiers PAGE 35


DOSSIER

...ET EQUILIBRER COÛT ET CONSOMMATION EN TOITURE En combles perdus, la laine soufflée reste la plus efficace pour les endroits difficiles d’accès. En combles aménagés, l’isolation par l’extérieur, sans interruption au niveau des pannes et des chevrons, est plus efficace et facile à mettre en œuvre, qu’elle soit réalisée en panneaux de toiture (sandwich ou caisson chevronné) ou en laine minérale (système sarking).

EXEMPLE

2

Maison 100 m2, plain-pied sur vide sanitaire en zone H1a, ventilation hygroréglable B** Cep = Cep ref en électrique Cep = -- 6 % de Cep ref en gaz Laine soufflée R = 5 25 mm U = 0,20

DANS LA CONFIGURATION CENTRALE,

ROCKWOOL

en laine minérale pour isolation de toiture.

CEP* ≤ 2,4 % DE CEP REF*

La jonction entre les murs et la toiture est à l’origine d’infiltration d’air puisque la toiture est ventilée. L’étanchéité doit alors être assurée par les éléments du second œuvre. La jonction entre la plaque de plâtre du plafond et le mur du comble est calfeutrée par une bande autocollante mise en place avant le doublage du rampant. EN TOITURETERRASSE La référence Up* s’atteint avec des isolants classiques dont l’épaisseur est choisie en fonction de la résistance thermique. PAGE 36

carnet de chantiers

EN CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE, LA CEP EST JUSTE À LA LIMITE DE LA CONFORMITÉ.

Parpaing de 20 cm + doublage (10 + 80 mm) R = 3,45 PSE ultra Th U = 0,26

Entrevous PSE R = 3,70 sans rupteur U = 0,27 = 0,30

En électrique Cep = -- 4 % de Cep ref En gaz Cep = -- 10 % de Cep ref

Entrevous PSE R = 3,70 + rupteur U = 0,27 = 0,20

En électrique Cep = -- 5 % de Cep ref En gaz Cep = -- 10 % de Cep ref

Entrevous PSE Ri = 2,25 + isolant U = 0,29 sous chape = 0,07

En électrique Cep = -- 6 % de Cep ref En gaz Cep = -- 11 % de Cep ref

CETTE SOLUTION S’IMPOSE EN CHAUFFAGE PAR LE SOL

OPTIMISATION PLANCHER

[

UN ISOLANT PERFORMANT EILNLÉ MUR EST CONSE

de 3 points mais augmente le coût de la mise en œuvre. L’ajout d’une isolation sous chape flottante

d’une résistance thermique de R= 1,7 est une bonne solution avec un plancher chauffant.

]

MUR L’emploi d’un isolant plus performant en mur, type ultra Th, permet de gagner 4 points. Les complexes de doublage collés ont un avantage car aucune fixation ne traverse l’isolant formant un pont thermique intégré.

CET EXEMPLE A ÉTÉ DÉVELOPPÉ POUR UNE MAISON TYPE ET N’EST PAS SYSTÉMATIQUEMENT REPRODUCTIBLE. LES PARAMÈTRES VARIENT SELON LA CONFIGURATION ET L’ORIENTATION DE LA MAISON, LA ZONE CLIMATIQUE, LE SYSTÈME DE CHAUFFAGE… * VOIR LEXIQUE PAGE 41 ** VOIR LA CARTE P. 39

R = 5,26 U = 0,19

Parpaing + doublage (13 + 80 mm) R = 2,55 U = 0,34 PSE Th 32

Ventilation hygroréglable B

ATTENTION EN PLANCHER BAS SUR VS, IL FAUT TENIR COMPTE DE LA DÉPERDITION SURFACIQUE ET DE LA DÉPERDITION DU PONT THERMIQUE

Panneau de toiture

OPTIMISATION MUR

Parpaing de 20 cm + doublage (13 + 80 mm) R = 2,55 U = 0,34 PSE Th 32

PLANCHER En plancher bas, l’ajout de rupteurs de ponts thermiques améliore la consommation

3

Cep = Cep ref en électrique Cep = -- 6 % de Cep ref en gaz

Baies 4/16/4 air Ujn = 1,6

Ventilation hygroréglable B

Système sarking,

EXEMPLE

[

LES RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES INDISPENSABLES

LES MAISONS À OSSATURE

Maison de 115 m2, R+1, vide sanitaire, mur en parpaings, en zone H1a**

Entrevous béton + isolant R = 2,6 sous chape U = 0,34 flottante = 0,07

Baies 4/16/4 air Ujn = 1,6

]

PLANCHER

Entrevous légers + rupteur = 0,23

Entrevous béton + planelle en about de dalle = 0,74

En électrique Cep = -- 9 % de Cep ref En gaz Cep = -- 14 % de Cep ref

Une solution technique spécifique pour les maisons ossature bois est en cours d’élaboration et devrait être publiée en 2007. Le respect de cette solution permettra d’être conforme à la RT 2005. Les maisons ossature bois ont le vent en poupe pour leurs performances thermiques mais peuvent être détériorées par des infiltrations d’air parasite entre les éléments. La mise en œuvre d’un pare-vapeur indépendant de l’isolant assure la continuité. Le pare-vapeur Vario d’Isover, hygrorégulant module sa structure en fonction des conditions climatiques. On évite ainsi les déperditions thermiques dues à une trop grande perméabilité. Les joints entre lés et tous les percements calfeutrés par des bandes adhésives ou des œillets assurent l’étanchéité.

OPTIMISATION MUR Parpaing + doublage (10 + 80 mm) R = 3,45 PSE ultra Th U = 0,26 En électrique Cep = -- 10 % de Cep ref En gaz Cep = -- 14 % de Cep ref Monomur R = 2,9 terre cuite U = 0,33 de 37,5 cm = 0,18 Monomur béton cellulaire de 30 cm

R = 3,18 U = 0,31 = 0,19

CES SYSTÈMES TRAITENT LES PONTS THERMIQUES ET ASSURENT LE CONFORT D’ÉTÉ PAR INERTIE

LE TRAITEMENT DES PONTS THERMIQUES PERMET DE GAGNER DES POINTS ET DE PASSER SANS CHAPE FLOTTANTE EN PLANCHER BAS

OPTION MUR

OPTIMISATION PLANCHER INTERMÉDIAIRE

LE PLANCHER INTERMÉDIAIRE EN BÉTON + PLANELLE NE SERA PLUS CONFORME LE 1ER JANVIER 2008

La solution sans œuvre, en plancher rupteurs de ponts thermiques intermédiaire, d’entrevous en plancher intermédiaire, légers + rupteurs, fait gagner implique de mettre en œuvre immédiatement des isolants 9 points, très performants permettant sur toute des solutions l’enveloppe moins coûteuses pour atteindre pour les autres isolants. le niveau règlementaire. La mise en

MUR

La solution monomur terre cuite en 37,5 cm est intéressante car elle réduit les ponts thermiques grâce aux planelles isolantes en about de dalle avec un cœfficient de transmission linéique de 0,18 W/m/°K. En outre l’inertie de ce mur contribue au confort d’été en lissant les pics de chaleur.

BAIES

Pour les baies vitrées, en chauffage électrique, si U passe de 1,8 W/m2/°K (Uref) à 1,6W/m2/°K, l’économie est de 2 % sur l’énergie globale consommée. En revanche si U augmente

jusqu’à 2,1W/m2/°K, la consommation augmente de 3,5 % par rapport à la référence. On passe donc de - 2 % à + 3,5 % soit un écart de consommation de près de 800 Kwh/an.

BRUNO FERT

SUITE DE LA PAGE 35

L’ossature bois nécessite

la mise en place d’un pare-vapeur hygrorégulant.

CET EXEMPLE A ÉTÉ DÉVELOPPÉ POUR UNE MAISON TYPE ET N’EST PAS SYSTÉMATIQUEMENT REPRODUCTIBLE. LES PARAMÈTRES VARIENT SELON LA CONFIGURATION ET L’ORIENTATION DE LA MAISON, LA ZONE CLIMATIQUE, LE SYSTÈME DE CHAUFFAGE… * VOIR LEXIQUE PAGE 41 ** VOIR LA CARTE P. 39

carnet de chantiers PAGE 37


DOSSIER Zone H1a

Concernant les équipements, la RT 2005 pointe la ventilation et la climatisation, grandes consommatrices d’énergie. IO AT TIL

C

N

omment concilier ventilation et étanchéité ? La ventilation est indispensable pour la protection du bâti et l’hygiène mais elle entraîne des déperditions thermiques. La RT 2005 impose une limitation des déperditions énergétiques de 10 à 25 % selon le mode de chauffage. LA VENTILATION MAÎTRISÉE ET MODULÉE Les systèmes simple flux hygroréglables A ou B (voir schéma ci-

N

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IO AT S I AT LIM

N

C

É ÉIT

R

H NC

T

A ÉT

dessous) deviennent la référence dans les maisons individuelles. Les entrées d’air hygroréglables, placées dans le séjour et les chambres, modulent le débit d’air introduit en fonction du besoin de chacune des pièces. Les bouches d’extraction hygroréglables, dans la cuisine, la salle de bains et les WC, régulent le débit d’extraction en fonction du niveau d’hygrométrie intérieur, ce qui permet de limiter les déperditions. Pour un surcoût négligeable (environ 150 €), la ventilation hygroréglable B permet un gain signifi-

catif de points par rapport à l’hygroréglable A. Le système de ventilation double flux, plus performant encore, récupère les calories de l’air vicié extrait pour réchauffer l’air neuf. À la mise en œuvre, il faut éviter les coudes qui occasionnent des pertes d’énergie. Les réseaux rigides, isolés et étanches à joints améliorent la qualité de l’installation et l’étanchéité à l’air tout en facilitant la mise en œuvre. Mais attention, la consommation énergétique pour le fonctionnement des appareils de ventilation est prise en compte dans la consommation globale d’énergie. Soyez donc vigilant sur le choix des extracteurs.

2 0 0 5

PAGE 38

Zone H2b Zone H1c

Zone H2d

Zone H2c Zone H3 Les 8 zones climatiques définies par la RT 2005

L’ÉTANCHÉITÉ À L’AIR de chauffage). La RT 2005 incite à améliorer Des valeurs de réfél’étanchéité de rence de perméabilité l’enveloppe et à l’air sont très des systèmes avantageuses par de ventilation. rapport aux valeurs En effet, une forfaitaires dès lors mauvaise étanchéité que des mesures à l’air dégrade spécifiques auront les performances été prises. Un du bâti (jusqu’à 25 % dossier technique de la consommation doit être présenté Étanchéité

Maison indiv.

Habitat collectif

Autres bâtis

Valeur forfaitaire

1,3

1,7

3

Valeur de référence avec dossier technique

0,8

1,2

2,5

en m3/h/m2

par le maître d’ouvrage à une commission d’experts. Exemples de mesures lors de la mise en œuvre : • calfeutrer les boîtiers électriques et les jonctions des doublages en tête et en pied, • poser une bande résiliente sous les lisses hautes et basses des isolants sur ossature… Autant de détails à ne pas négliger.

LES EQUIPEMENTS SOUS SURVEILLANCE

A, B OU DOUBLE FLUX, LA VENTILATION NE MANQUE PAS D’AIR ! La VMC hygroréglable B (entrées d’air et bouches d’extraction hygroréglables) permet de gagner jusqu’à 1O% de consommation. La VMC double flux qui récupère 90% de la chaleur de l’air expulsé fait économiser jusqu’à 15%.

Zone H1b

Zone H2a

VENTILATIONS SIMPLE FLUX HYGRORÉGLABLES

VENTILATION DOUBLE FLUX

Extracteur d’air

Échangeur de chaleur

4

4 5

Ensemble moto-ventilateurs Grille de prise d’air neuf

5

1

1 1

1

3

C

hambre

A

SYSTÈME Seules les bouches d’extraction sont hygroréglables.

carnet de chantiers

Séjour

3

Salbleains de

2

3

3

Cuisin

WC

B

e

SYSTÈME Les entrées d’air ET les bouches d’extraction sont hygroréglables.

2

Séjour

re Chamb

WC Salbleains de

1 Entrée d’air neuf 2 Bouche d’extraction cuisine 3 Bouches d’extraction sanitaires

4 Sortie toiture 5 Bouches d’insufflation

Cuisin

e

Air neuf Air vicié

LA CLIMATISATION, PÉNALISANTE La climatisation n’est pas interdite mais pénalisante pour une majorité de bâtiments. La France est découpée en huit zones climatiques (voir carte) pour mieux s’adapter aux différences de températures entre le nord et le sud, la plaine et la montagne. Seuls les bâtiments de catégorie C2 situés dans une zone de bruit et dans une zone climatique chaude (H2d et H3), ainsi que les bâtiments de commerce, spectacle, établissements sanitaires et immeubles de grande hauteur ont droit à climatiser. Pour les locaux répertoriés CE1 (la majorité des locaux qui ne sont pas situés sur le pourtour méditerranéen, ni exposés au bruit) la consommation énergétique due au refroidissement n’est pas prise en compte dans

la consommation de référence. En clair, si l’on veut climatiser, il faut faire des économies d’énergie sur les autres postes (chauffage, éclairage, ventilation…). LE RAFRAÎCHISSEMENT ÉCONOMIQUE Les systèmes de rafraîchissement économes en énergie permettent néanmoins d’agir sur : • les systèmes réversibles (Pac air/air ou avec capteurs géothermiques), • le rafraîchissement naturel (puits canadien, ventilation nocturne), • une architecture ayant de bonnes conception et orientation de l’ouvrage. En effet, dans les bâtiments non climatisés, la température intérieure conventionnelle* (Tic) ne doit pas dépasser une limite calculée pour le bâtiment de référence (Tic Ref*).

L’EAU CHAUDE SOLAIRE ENCOURAGÉE Pour la production d’ECS (eau chaude sanitaire), la RT 2005 pénalise les bâtiments résidentiels ne disposant pas d’équipement solaire. En maison individuelle, la pénalisation est de 20 % sur les consommations de référence à moins d’avoir installé 2 m2 de panneaux solaires. Installer le chauffe-eau électrique dans un local chauffé apporte quelques points supplémentaires. LE CHAUFFAGE PEU MODIFIÉ La référence devient le panneau rayonnant en électrique et la chaudière basse température pour les énergies fossiles. Pour les pompes à chaleur qui entrent également en référence, le coefficient de performance corrigé est de 2,45.

LA CLIMATISATION PROJET CE1 ref

Cep ref

Projet 1

Consommation à compenser Projet 2

Postes de consommation Système de refroidissement Ventilation Eau chaude sanitaire Électricité Enveloppe

Cep en kWh/m2/an

Dans les locaux CE1, qui n’ont pas droit à la climatisation, il faut compenser la consommation du système de refroidissement par des équipements plus performants pour les autres postes.

carnet de chantiers PAGE 39


CONCEVOIR UNE MAISON “RT 2005” TOITURE Ecran sous-toiture Panne courante ISOLANTS Première couche entre chevrons Seconde couche

+ 40oC Double-vitrage 4/12/4

ÉTÉ

+

Extérieur

40oC

Volet PVC Air Lame d’air

Plaques de plâtre

Ame isolante

Panne sablière

Entrevous

Toiture sous comble et rampants Pour le chauffage de l’ECS, la référence prévoit l’installation de 2 m2 de panneaux solaires. L’absence de panneaux solaires doit être compensée par une isolation plus performante.

Toiture terrasse béton

° Une tolérance de

PLANCHER SUR TERRE-PLEIN Isolant :

Mur

°

1,20 m

Plancher sur vide sanitaire

Mur

Poutrelle Plaque de plâtre Laine de verre

L’entrevous léger + rupteurs Grâce aux rupteurs, le pont thermique, de l’ordre de 0,20W/m/°K, est largement conforme à la réglementation. Cette solution change peu les habitudes du maçon, et a un faible surcoût. Elle nécessite une mise en œuvre soignée des rupteurs pour garder son efficacité.

(larg. 50 cm, ép. 10 cm)

Rupteur longitudinal

Parpaings collés à joint mince

Joint mince Enduit extérieur

Enduit Dalle

Dalle

31 c m

PLANCHER SUR VIDE SANITAIRE La solution la plus performante. La chape flottante est obligatoire avec un plancher chauffant.

a b c d

Revêtement Chape flottante + plancher chauffant Isolant Dalle de compression

a

Bande de rive

Revêtement

Bande de rive

b c d Poutrelle Entrevous PSE

Poutrelle Entrevous PSE Dalle de compression

L’entrevous PSE

Doublage PSE TH 38 (10 + 80 ou 10 + 100)

Dalle béton

37,5 cm

Enduit extérieur Monomur

En vide sanitaire, l’entrevous PSE est désormais une solution classique, à un coût compétitif. Les entrevous Up = 0,27W/m2/°K permettent d’atteindre la valeur de référence.

• Parpaings de 20 cm + isolant de 10 cm en PSE Th 38, Up = 0,38.

En monomur

• Terre cuite 37,5 cm, Up = 0,34. • En monomur béton cellulaire Thermopierre 30 cm, Up = 0,31.

Béton cellulaire

cm 30

Dalle coulée

Drainage Lit de sable

carnet de chantiers

Isolation polystyrène ou laine minérale Bande d’étanchéité

Planelle isolée

L’entrevous + chape flottante Isolant

Poutrelle en I

Avec la solution courante :

L’isolation sur dallage

PAGE 42

= 0,75 W/m/°k est accordée pour les maisons individuelles jusqu’au 1er janvier 2008.

Plancher sur terre-plein

Isolant

Drainage Lit de sable

La réalisation d’une chape flottante avec intégration de l’isolation entre le dallage et la chape est à privilégier. Elle réduit le pont thermique, assure un meilleur confort et s’impose d’ailleurs avec un émetteur de chauffage intégré.

Plaque de plâtre

MURS Mur

Isolant

Le plancher bois Très mauvais conducteur, le bois utilisé en plancher intermédiaire, n’occasionne un pont thermique que de 0,16W/m/°K, alors que la référence se situe à 0,65 W/m/°K, sans traitement spécifique. Ce système constructif convient aux maisons maçonnées traditionnelles.

Cornière Bande de joint fixée au mur

Pont thermique

Dalle coulée sur isolant

Dalle

Capteur solaire

transmise en moins

L’isolation sous dallage

Ossature métallique

Mur

SANS VOLET

La pose de l’isolant sous dallage est difficilement conforme aux exigences et implique de fortes compensations sur les autres éléments. On peut associer à l’isolation horizontale une isolation verticale extérieure afin de limiter le pont thermique au niveau de la jonction mur/plancher.

Isolant

• laine soufflée en 25 cm, Up = 0,20.

Panne courante

Fenêtre, porte-fenêtre

La fenêtre doit à la fois éviter les déperditions 79 % de chaleur thermiques et favoriser les apports solaires transmise en hiver. Pour assurer le confort d’été et la température Intérieur intérieure de référence (Tic), AVEC VOLET une protection extérieure 10 % de chaleur s’impose. transmise En résidentiel, la valeur de référence est calculée avec Près de 70 % de chaleur une protection mobile.

Panneau de particules bois

En combles perdus,

Pare-vapeur Mastic

FENÊTRE, PORTE-FENÊTRE

Poutre muralière

• laine de verre (isoconfort 32) en deux couches entre et sous chevrons (80+120), Up = 0,18. • caisson chevronné en PSE TH 32 en 180 mm, Up = 0,21.

Chevron

La valeur de référence, exprimée en W/m2/°K, est le niveau de performances à viser pour avoir une cohérence entre le bâti et les équipements. Ces performances peuvent s’équilibrer entre elles si un élément est moins performant. Elles dépendent des zones climatiques.

PLANCHER INTERMÉDIAIRE

En combles aménagés :

Chevron Laine soufflée Solive plancher

Caisson chevronné Panne faîtière

Le garde-fou exprimé en W/m2/°K, est la performance minimale à atteindre pour que le produit soit autorisé. Les produits présentant des performances inférieures au garde-fou ne sont plus acceptés.

Joint mince

Février 2007 numéro 38

Les solutions monomur limitent les ponts thermiques ( = 0,19)

carnet de chantiers carnet de chantiers PAGE 43

TOUTES LES SITUATIONS NE PEUVENT ÊTRE REPRÉSENTÉES ICI. LES COÛTS SONT “APPROXIMATIFS” ET DONNÉS À TITRE D’EXEMPLE. INFOGRAPHIE MICHEL BERGET/CARNET DE CHANTIERS/TOUS DROITS RÉSERVÉS

Le but de la RT 2005 est d’utiliser un minimum d’énergie pour le confort des logements. Lors de la construction, de nombreuses mesures doivent être prises pour que le bâtiment réponde aux exigences de protection de l’environnement et soit en règle avec la loi.

DÉPERDITION THERMIQUE


rt2005_Pointp