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devil’s dance the Chronicle

l’Art et le test de Rorschach


A l o r s q u e l e d é b a t e n t r e p a r t i s a n t s e t o p p o s a n t s à l a p u b l i c a t i o n d e s p l a n c h e s d u R o r s c h a c h a f a i t r a g e s u r w i k i p e d i a ( c f . c o n t r o v e r s e a u t o u r d u t e s t d u R o r s c h a c h ) , j ’ a i v o u l u o u v r i r u n e f e n ê t r e s u r c e q u e l ’ a r t a v a i t p u f a i r e d e c e t e s t . I l m e s e m b l e e n e f f e t q u e l a s p é c i f i c i t é d e c e t e s t e s t d e n e p a s p r o p o s e r u n e s é r i e d e b o n n e s r é p o n s e s q u ’ i l s ’ a g i r a i t d e t r o u v e r ( d ’ o ù l e c a r a c t è r e o i s e u x d u d é b a t a u t o u r d e s “ s o l u t i o n s ” o u d e s “ b o n n e s r é p o n s e s ” q u i p o u r r a i e n t ê t r e d o n n é e s i c i o u l à s u r l a t o i l e ) . E n c e l a , i l s e d i s t i n g u e d e s t e s t s d e Q I ( l e W i s c e t l a W a i s ) d a n s l e s q u e l s i l s ’ a g i t d e c o m p t a b i l i s e r l e s b o n n e s e t l e s m a u v a i s e s r é p o n s e s e n s ’ i n t e r r o g e a n t s u r l e s c a u s e s d e s e r r e u r s .


Les taches de

Rorschach psychodiagnostic, est un des tests les plus utilisés par les psychologues qui font preuve d’une incroyable perspicacité. Mais les stupéfiantes performances de ces génies du test de Rorschach ne sont-elles pas tout simplement qu’une variante de celles des astrologues, voyants ou diseuses de bonnes aventures qui lisent les lignes de la main ?

Introduit en 1921 par le psychiatre suisse Hermann Rorschach, le test ressemble plus à un jeu qu’à autre chose. On montre à une personne 10 taches d’encre et on lui demande de dire à quoi chacune d’elle ressemble. Tout comme les images tournoyantes de la boule de cristal, les taches ambiguës racontent à chaque fois une histoire différente à chaque personne se concentrant dessus. Il y a des papillons et des chauve-souris, des robes diaphanes et des noeuds papillon, des singes, des monstres et des ours faisant de l’alpinisme... Lorsqu’elles sont collectées et interprétées par un expert, les réponses de chacun aux descriptions des taches sont sensées fournir un portrait complet, pointu et fiable de sa personnalité.

Les preuves scientifiques de la fiabilité du test de Rorschach ont toujours été plutôt faiblardes. En 1965, des psychologues chercheurs ont même conclut à l’inutilité du test pour la plupart des buts pour lesquels on l’utilisait. La version moderne la plus connue du test, développée par le psychologue John Exner, a été promue comme supérieure scientifiquement aux versions antérieures. En 1997, une association de psychologues américains, the Board of Professional Affairs of the American Psychological Association récompensa Exner pour ses «contributions scientifiques» et approuva sa version du test de Rorschach comme «peut-être l’instrument de psychométrie le plus puissant jamais connu.»


Contrairement à ces prétentions survoltées, une enquête plus approfondie montre que l’approche d’Exner est obsédée par les mêmes travers qui ont toujours entaché (c’est le mot) le test. Le test de Rorschach (comprenant la version d’Exner) a une forte tendance à toujours vouloir étiqueter à tort les gens normaux comme «malades». En plus, le test est incapable de détecter la plupart des désordres psychologiques (à l’exception de la schizophrénie et ses conditions connues associées de désordres lors de la réflexion), ni de réaliser un travail adéquat de détection de la plupart des traits de personnalité (Lilienfeld 1999, Lilienfeld, Wood et Garb 2000). En dépit de ces imperfections, le test Rorschach est toujours en vigueur et utilisé dans les cliniques, les tribunaux et les écoles. Les psychologues utilisent parfois ce test pour aider un tribunal à déterminer lequel des deux parents devra assurer la garde d’un enfant. Il est utilisé dans les écoles pour identifier les problèmes émotionnels d’un enfant, et dans les prisons pour évaluer si un prisonnier peut être libéré sur parole. Les victimes suspectées d’abus sexuels, les pilotes de ligne suspendus pour alcoolisme, tous peuvent être confrontés un jour ou l’autre au test Rorschach, auquel un psychologue peut recourir pour établir une critique ou donner un avis décisif pour leur vie. Dans les années 1940 et 1950, le test était considéré comme le «rayon-X de la psychologie» qui pouvait pénétrer les secrets les plus intimes de la psyché. Bien qu’il ait échoué dans de telles promesses, il possède toujours une mystique puissante. Les analyses en aveugle et la mystique du Rorschach Pourquoi une technique si douteuse scientifiquement est-elle autant vénérée par les psychologues ? La popularité durable du test de Rorschach n’a pourtant rien à voir avec sa validité empirique. Un des secrets du succès du Rorschach est certainement cette tendance qu’ont les cliniciens de faire tout reposer sur des anecdotes frappantes à propos de ses pouvoirs extraordinaires, plutôt que sur des études scientifiques rigoureuses pour en évaluer la valeur. Les psychologues qui tiennent ce test en estime auront toujours toute une

collection d’histoires pittoresques à raconter à propos de comment le test est parvenu, miraculeusement, à révéler des faits cachés sur un patient, là où d’autres tests avaient échoué. En effet, la popularité du test est principalement due aux performances pseudo magiques - connues sous le nom d’»analyses en aveugles» - que les experts du Rorschach exhibaient à leurs collègues abasourdis dans les années 1940 et 1950. Dans une analyse en aveugle, l’expert Rorschach était au courant de l’âge et du sexe du patient et on lui donnait les réponses du patient aux taches présentées. A partir de ce modeste échantillon d’informations, l’expert était en mesure d’établir une étonnante description en profondeur de la personnalité du patient. Pendant les années 50, la capacité de faire de tels stupéfiants «diagnostics en aveugle» était la marque, pour les psychologues, du véritable génie du test de Rorschach. Les performances étonnantes du «matériau» Rorschach convertit nombre de psychologues et en fit de vrais croyants. Par exemple, un psychologue respecté rapportait comment, alors qu’il était encore étudiant, il participait à des conférences où la célèbre Marguerite Hertz interprétait le test. Les intelligentes observations de Hertz, basées sur le test, étaient «si détaillées et si exactes» qu’il les considérait avec grand scepticisme. Cependant, les doutes du jeune homme s’évanouirent le jour où lui et un ami présentèrent à leur tour les résultats au test d’un patient qu’ils connaissaient bien tous les deux : «Nous espérions bien voir Hertz commettre des erreurs dans son interprétation. Nous étions disposés à les faire ressortir devant tout le groupe. Nous fûmes cependant choqués lorsqu’elle fut en mesure de décrire son patient après avoir seulement lu les quatre ou cinq premières réponses. En 25 minutes, Hertz non seulement nous dit ce que savions déjà mais commença aussi à nous dire ce qui nous avait échappé mais qui était manifestement vrai une fois qu’elle l’avait fait remarquer.» (Kaplan & Saccuzzo 1982, 379).


De telles performances, si étonnantes, eurent un sérieux effet sur beaucoup de psychologues en herbe. Comme un chercheur clinique l’observa : «L’analyse en aveugle est un des aspects spectaculaires de la technique Rorschach et a probablement été le facteur le plus important dans son acceptation auprès des professionnels.» (Zubin 1954, 305).

Les génies du Rorschach : une énigme qui a besoin d’explication

Les performances des as du Rorschach donnèrent naissance à quelque chose de plus qu’une vague ressemblance avec la lecture des lignes de la main ou dans une boule de cristal, quoique quelques psychologues n’étaient pas loin de reconnaître un certaine ressemblance. Au début des années 60, cependant, les succès étonnants commencèrent à demander explication. La recherche révéla que les virtuoses du Rorschach ne possédaient pas de pouvoirs surnaturels. Au contraire, lors de plusieurs études célèbres, les experts Rorschach échouèrent misérablement lorsqu’ils tentèrent de faire des prédictions à propos de leurs patients (par exemple : Little & Shneidman 1959; voir le débat par Dawes 1994). De telles découvertes étaient paradoxales. Si les meilleurs trébuchaient autant et si simplement dans des études contrôlées rigoureusement, comment pouvaient-ils produire de telles performances étonnantes dans des analyses en aveugle ? La réponse à cette question était tout à fait compréhensible pour quiconque est familier des ruses et astuces de ceux qui lisent dans la main. Quelques trucs fort simples Deux judicieux commentateurs de la fin des années 40 avaient déjà deviné que certains génies du Rorschach réussiraient en ayant recours à des trucs. Dans un article intelligent et parfois humoristique, J.R. Wittenborn et Seymour Sarason de Yale, identifièrent trois stratagèmes simples des interprètes du Rorschach tentant de créer une fausse impression d’infaillibilité (Wittenborn & Sarason 1949). Le premier stratagème est aussi vieux que l’Oracle de Delphes de la Grèce Ancienne, dont les prophéties, notoirement ambiguës, étaient

construites dans le but d’être toujours correctes, quelque soit le sens dans lequel on les prenait. L’Oracle dit un jour à un roi que s’il allait à la guerre il détruirait une grande nation. Encouragé, il lança une attaque et fut vaincu de façon désastreuse. La prophétie cependant n’était pas fausse. Après tout, l’Oracle n’avait pas spécifié quelle nation le roi allait détruire. Wittenborn et Sarason notèrent que les interprètes du Rorschach recouraient à une tactique similaire, accouchant de «phrases ambiguës ou de clichés ésotériques qui pouvaient donner lieu à pratiquement toute interprétation qu’un développement postérieur nécessiterait «. Ensuite, ils observèrent que les adeptes du Rorschach s’assurent parfois leur succès en incluant quelques déclarations inconsistantes voire même contradictoires dans une même interprétation : «l’une ou l’autre de ces affirmations pourra ensuite être utilisée selon les circonstances. De telles ressources venant de l’examinateur sont souvent attribuées au test lui-même». Enfin Wittenborn et Sarason remarquèrent que les experts Rorschach tentaient de gonfler leur réputation en donnant des interprétations impressionnantes après avoir été mis au courant des faits : «Certains psychologues cliniques, lorsqu’ils sont mis au courant de caractéristiques cliniques importantes au sujet d’un patient disent ‘Ah oui, nous avons vu des indications de ceci là, et ici, et là aussi’.» En dépit des trucs décrits par Wittenborn et Sarason il est difficile de croire que tous les as du Rorschach des années 1940 et 1950 n’étaient que des truqueurs conscients. L’explication est certainement plus compliquée que cela. Mais avant de poursuivre plus en avant, arrêtons-nous un instant pour parler de la psychologie de l’astrologie, de la voyance ou des «lecteurs» des lignes de la main.


trois explications Après ce détour au royaume de l’astrologie, de la voyance ou de la lecture des lignes de la main, nous sommes prêts pour retourner dans le monde des rois du Rorschach. Commençons par considérer trois explications possibles pour les spectaculaires performances des virtuoses du Rorschach des années 1950. Premièrement, il est possible que ces utilisateurs du Rorschach possèdent une perspicacité clinique spéciale, une «intuition», leur permettant de surpasser les limites ordinaires de l’être humain. Se servant de leurs talents cliniques uniques et de leur expérience avec des milliers de patients, ils développent une habileté spéciale qui leur permet de tirer des aperçus inattendus des taches. Bien entendu, ceci est l’avis que les dévots du Rorschach préfèrent en général. Même de nos jours, beaucoup de psychologues montrent une foi extraordinaire dans les pouvoirs de l’intuition médicale. Cependant, la croyance dans les pouvoirs de l’intuition des utilisateurs du test de Rorschach est difficile à concilier avec les révélations de la recherche. Comme mentionné plus haut, lorsque les prétendus experts du Rorschach ont été testés dans des conditions rigoureuses d’expériences, les résultats ont été catastrophiques. Après ça, il est improbable que les adeptes du Rorschach des années 1950 possédaient quelque extraordinaire perspicacité médicale qui soit. Ainsi, il faut considérer une seconde explication pour leur performances : peut-être fraudaient-ils ? G r â c e a u s u b t i l a r t i c l e d e J . R . W i t t e n b o r n e t S e y m o u r S a r a s o n d e Ya l e d i s c u t é p l u s h a u t , i l e x i s t e un petit doute sur les trucs et astuces qu’utilisaient les «Rorschacheurs» des années 1940 et 1950 ajoutant au test une fausse impression d’infaillibilité. Cependant, il est peu probable que tous les adeptes du Rorschach de l’époque aient été des fraudeurs conscients. Plusieurs éminents experts, comme Marguerite Hertz (voir ci-dessus), étaient connus de tout le monde pour leur intégrité. Ainsi, une troisième explication s’offre à nous : les mystérieux génies du Rorschach des années 1950 étaient probablement des cold reader qui s’ignoraient, tout comme Ray Hyman, et furent abusés par leurs propres performances.


«lecteurs Si les diagnostics avec le Rorschach n’étaient que du cold reading, comment cela pouvait-il marcher ? Un utilisateur du Rorschach lors d’une analyse en aveugle a accès à beaucoup plus d’informations qu’une simple diseuse de bonne aventure. Premièrement, les réponses au Rorschach contiennent habituellement de précieuses clés concernant la capacité intellectuelle du client et son niveau d’éducation. En outre, plusieurs réponses comprennent des allusions à propos des intérêts du client ou de ses occupations. Un exemple intéressant est l’analyse Rorschach du Prix Nobel Linus Pauling, chimiste, et qui a été publiée (Gacono et al. 1997). Voici quelquesunes des ses réponses aux taches : «les deux petites bosses centrales au sommet suggèrent une courbe de sinus...», « Cela me rappelle du sang et le noir de l’encre, du carbone et la structure du graphite...», « Cela me fait penser aux montres de Dali...».

Dans la première partie de l’exécution du diagnostic, cette information peut être alimentée et donnée à l’auditeur dans un «style classique de lecture à froid». Dans le cas de Linus Pauling, la lecture pourrait commencer par : « Hmmm. C’est évidemment un individu brillant. Avec une bonne instruction, du type plutôt ‘cérébral’. Axé sur la réflexion, probablement tout en évitant de réagir aux évènements d’une manière purement émotionnelle. J’ai l’impression qu’il s’agit plus d’un scientifique que d’un homme d’affaires ou d’un artiste, quoique que je voie quelques dispositions artistiques.»

Même les non-spécialistes peuvent deviner que la personne qui a donné ces réponses s’y connaît en mathématiques («courbe de sinus») et en chimie («la structure du graphite»), et a probablement d’autres intérêts culturels ou est amateur d’art (la référence à Salvador Dali). A côté de ces clés contenues dans les réponses au Rorschach, d’autres sources d’information sont souvent disponibles pour le spécialiste. Le fait que les résultats du test viennent d’une clinique particulière ou d’un hôpital peut être source de renseignements. Par exemple, si le test provient d’une personne hospitalisée en unité psychiatrique, les chances que le patient soit suicidaire ou coupé de la réalité sont grandes.

Si le test vient d’une source particulière - par exemple, un thérapeute qui travaille avec des clients modérément dérangés - l’utilisateur peut avoir recours à des affirmations Barnum adéquates. Par exemple, en voici une qui convient à pratiquement tous les clients d’une manière ou d’une autre : «Les émotions du patient ont tendances à être incompatibles en ce qui concerne leur impact sur la pensée, la résolution des problèmes et les comportements de prise de décision. Dans un cas, la réflexion pourra être fortement influencée par les sentiments. Dans un autre cas, même identique au premier, les émotions pourront être mises de côté et ne jouer qu’un rôle marginal...» Cette formulation, tirée d’un texte Rorschach (Exner 2000, 87), pourrait tout aussi bien avoir été tirée du fameux livre d’astrologie de Bertram Forer. A noter que les affirmations ne font que dire que les pensées du patient parfois dirigent ses sentiments mais que ses sentiments parfois contrôlent ses pensées. Bien que les déclarations semblent dire quelque chose d’important ou de spécifique, elles peuvent s’appliquer en fait à tous les clients (et probablement à tous ceux qui sont en train de lire cet article !).

Ainsi, les utilisateurs du Rorschach qui entreprennent un «diagnostic en aveugle» sont souvent déjà en possession d’une abondance d’informations qui ferait se pâmer d’envie tout astrologue ou voyant.

De telles affirmations Barnum sont, semble-t-il, toujours prises au sérieux par un grand nombre de psychologues de nos jours, à en juger par l’impressionnante quantité de livres consacrés au Rorschach qui se vendent chaque année. Et on peut être sûr que quand les spécialistes du


s à froid» Rorschach des années 1950 sortaient de telles phrases pendant leurs analyses en aveugle, leurs collègues pensaient que quelque chose de vachement important avait été dit.

Une fois l’auditoire «chauffé» par des révélations si «profondes», le travail des génies du Rorschach devenait plus facile. Laissant de côté leur scepticisme initial, les clients commençaient à donner de l’information subtile ou moins subtile, pour nourrir la suite du «spécialiste», avec leurs gestes et mimiques. Celui-ci pouvait puiser dedans et s’en servir comme d’un guide pour ensuite faire des révélations de plus en plus précises. En toute vraisemblance, ils avaient aussi recours à la «poussée», décrite plus tôt. Voici un exemple hypothétique de ce que la «poussée» pourrait donner dans le style Rorschach : Le spécialiste : - Il y a des signes d’un traumatisme très sévère, il peut être récent. Peutêtre un viol ? Ou une agression violente ? Le client : - Non. Elle .. Le spécialiste : - Ce traumatisme peut avoir eu lieu pendant ses années d’adolescence voire même avant. Elle peut même le refouler tellement qu’elle ne s’en souvient pas. Le client : - Elle a eu un accident de voiture sérieux alors qu’elle n’avait que 8 ans. Le spécialiste : - Je pense qu’il peut s’agir de cela. Elle et les personnes qu’elle aimait ont été sévèrement blessées ?

Le client : - Oui. Comme cet exemple le montre, la poussée peut mettre l’utilisateur du Rorschach dans une situation de gagnant-gagnant. Si la longue devinette à tâtons se révèle correcte par exemple, la patiente a bien été violée ou agressée - alors la prédiction du spécialiste est tombée juste, il peut ensuite la réinterpréter pour qu’elle paraisse plus «proche» - ou déclarer que le traumatisme a bien eu lieu mais que la patiente refoule cette expérience !

Comme Ray Hyman le fit remarquer, un lecteur à froid (cold reader) peut tout à fait être honnête et sincère. Les professionnels du cold reading ont un terme, «assoupissement», pour décrire les individus qui s’engagent dans des lectures à froid psychiques alors qu’ils croient sincèrement en leur pouvoirs paranormaux. Pareillement, la plupart des utilisateurs du Rorschach des années 1950 qui usaient des techniques du cold reading croyaient probablement véritablement au test. Lorsque les usagers faisaient des déclarations au sujet de patients (comme par exemple des affirmations Barnum), ils faisaient l’unanimité et étonnaient même leur auditoire. Lorsqu’ils faisaient certaines conjectures hautement intuitives à propos de patients, ils voyaient qu’ils étaient souvent «proches» de la vérité, et que leur auditoire était très impressionné. Renforcé par le feedback de leurs collègues,

ces spécialistes devenaient graduellement d’habiles cold readers, croyant que leur remarquable perspicacité était due au test de Rorschach. L’ère des as du Rorschach appartient pour l’essentiel au passé. Bien que d’habiles cliniciens continuent de temps en temps à éblouir leurs étudiants avec leur étonnantes performances Rorschach, seuls quelques psychologues de nos jours se lancent dans des diagnostics publics en aveugle. Mais l’héritage des «grands» survit. L’aura magique créée dans les années 1940 et 1950 persiste comme une mystique, le respect presque religieux que vouent encore quelques cliniciens au test malgré son statut scientifique réduit en lambeaux. Le plus important peut-être : les utilisateurs du Rorschach contribuèrent à la croyance - toujours forte chez certains psy - selon laquelle les intuitions et l’expérience clinique apportent plus d’intelligence et de perspicacité que seule une connaissance scientifique peut le faire. Ce sont ces cliniciens qui ont toujours recours au test de Rorschach dans des buts pour lesquels il n’a pas réussi à démontrer son utilité, commettant l’erreur de croire que leur supposée perspicacité leur vient des extraordinaires pouvoirs du test, au lieu de leurs propres préconceptions et opinions.


Le langage «Rorschach» de K r i m A z e d d i n e prennent pour base sa série it k ill’s 2 004-2009 , inspirée du test de psycho- diagnostique d’Hermann Rorschach. L’artiste utilise dans cette série une technique de dripping sur un support préparé et plié de manière symétrique en bandes verticales. Après le dépliage de la toile, on découvre une œuvre à la lecture complexe, composée d’une trame en reliéf monocromatique. Notre regard navigue alors entre les détails parfois anthropomorphes des motifs et les formes totémiques plus abstraites, sur lesquels nous pouvons projeter nos interprétations. Né en 1979, K r i m A z e d d i n e est un artiste pluridisciplinaire fascinant. La subtilité de son travail tient à la tension constante entre la maîtrise des techniques qu’il crée et l’aléatoire. Dans chacune de ses oeuvres, le protocole créatif est précis et organisé; pourtant, la place laissée au hasard est importante et essentielle.


le teste de rorschach est une des expérience les plus troublante a la quel nous puisions être confronté, désarmé et dos au mure on est devant le miroir, l’antichambre de notre cerveau ouvre c porte et liber l’insondable gouffre qui est notre conscience, sans hypnose ou médications que notre moi intérieure s’exprime son ces parole sont des flache des pensés et des sensations qui dérange et terrifie , car on est démuni face cette puissance instinctive et primal qui remonte a l’aube des temps, alors on se raconte de mensonges et on se cache derrière des silences traitre et questions gênantes. Mais si on peux se parler soi-même au sans propre on s’adressera plus humainement a autre hui C’est don que ma suggestion a mon entourage faisons connaissance avec nous même rencontrons nous soignions nos blessures et guérissons de l’avenir n’ayons plus peur sous le ciel.


Le test de Rorschach doit plutôt être vu comme une occasion de retrouver la part de subjectivité que recèle toute perception est de s’interroger sur ce qui en fait la spécificité. C’est en ce sens que le test a pu inspirer et inspire encore les artistes.


Voici donc 10 oeuvres que je laisse à votre interprétation


(Que voyez


z vous ?...)


text/ graphisme /photographie / redaction /publication :

k r i m / a z e d d i n e the devil’s dance the Chronicle/ n°02

art-algeria-krimazeddine_01  

graphique magasine of art in algeria. web edition

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