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Fullmetal alchemist

japanink

nouveau animation manga culture collection

Dossier Fullmetal alchemist : avant la saison 2 le retour des cités d’or • Avant-première animation : Saint Seiya Lost Canvas Zoom sur : D.Gray Man & Evangelion 1.0 • Gros plan sur : les figma & revoltech

Evangelion 1.0

© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

Figma

Revoltech

D.Gray Man

Saint Seiya Lost Canvas

les mystérieuses cités d’or

+ en cadeau 4 posters > Gurren Lagann / les Cités d’or / Nabari no ô / Trinity Blood

Numéro 2 – Mars / avril 2009

N°2

M 04999 - 2 - F: 5,95 E - RD


ANIMÉ JAPON 4 Actu 8 Saint Seyia

ANIMÉ FRANCE

À compter de ce numéro, JAPANEKO devient JAPANINK Votre tout jeune magazine opte pour la zen attitude… Une mise en demeure, des menaces de poursuites… Voilà l’accueil reçu par notre titre à sa naissance ! Aussi, pour le laisser s’épanouir et grandir pour votre plus grand plaisir, nous avons décidé de ne pas prêter le flan à la critique et d’évoluer. Le chat a neuf vies, nous entamons la seconde… Ce numéro 2 sort le 14 février, jour de la Saint-Valentin. L’occasion de vous dire, amis lecteurs : merci infiniment pour l’accueil que vous avez réservé au premier numéro ! Que de courriers, que de compliments. Et que de critiques constructives. Merci de vous impliquer à ce point dans ce projet… Cet édito est aussi l’occasion pour nous de vous raconter comment nous avons dû lutter contre notre neko-chat de mascotte (le vivant, pas celui de Pandart !). Il aura réussi à nous faire comprendre que nous n’étions que des humains, pardon des esclaves, à son service en venant étaler régulièrement sa grosse paresse beige sur le clavier de l’ordinateur. Histoire de lui payer sa pâtée et d’acheter son silence sous peine de lui imposer une cohabitation avec un caniche et une buse vampire à trois têtes, nous avons misé sur une présentation très étoffée du phénomène Fullmetal Alchemist. Ainsi qu’un coup d’œil chez D Gray-Man. Les vieux qui ont connu le XXe siècle et son tube cathodique seront aux anges avec les articles consacrés au retour des Mystérieuses Cités d’Or et de Saint Seiya Lost Canvas. Après avoir plané à la lecture des bonnes nouvelles, deux articles consacrés à la démographie japonaise et à Enfant-Soldat d’Akira Fukaya vous rappelleront que la vie n’est pas que luxe, calme et volupté et que le manga sait aussi traiter de sujets douloureux et instructifs. Grâce à Naoko Takeuchi, maman de Sailor Moon qui succède à Go Nagai dans la partie portrait, nous respectons la parité robot-jupette essentielle. Et si vous avez une petite faim après la lecture de tout ceci, il ne vous restera plus qu’à aller au bar à sushis le plus proche de chez vous, avec votre magazine sous le bras et en laissant votre saumon nager tranquillement dans l’aquarium de votre chambre.

La rédaction



10 Actu 14 D.Gray Man 18 Evangelion 1.0 : you are (not) alone 22 Gundam 00 23 Eyeshield 21 24 Les Mystérieuses Cités d’Or

MANGA JAPON 30 Actu

MANGA FRANCE 32 Actu 35 Sawako 36 Enfant Soldat 40 Nabari No Ô 42 Blue Dragon Ral Ω Grad 4 4 Ikigami

DOSSIER FULLMETAL ALCHEMIST 46 Intro 4 8 L’historique 50 Le manga 52 Le mangaka 54 L’animé 56 Le film 57 La saison 2 58 L’analyse 60 La collection

CULTURE 64 Actu Cinéma-Séries 66 Film : Sakuran 68 Actu J-Music 70 Musique : Ego-Wrappin’ 72 Musique : Virgin Princesse 74 Actu Salons 75 Actu Jeux Vidéo 76 Reportage : l’art du sushi 78 Société : hauts et bas démographiques

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80 Previews 82 Actu Japon 8 5 Actu France 88 Play Arts – Part. 1 : Final Fantasy VII 90 Genre : les Figma 92 Gamme : Revoltech

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En cadeau 4 posters

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YOSHIDA

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94 Portrait Mangaka : Naoko Takeuchi 95 Courrier des lecteurs 97 Créations des lecteurs 98 Glossaire

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Trinity blood Les cités d’or Gurren Lagann Nabari no ô

Pour vous abonner, rendez-vous pages 39 & 65. 02/02/09

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Illustration : Frédéric Roth (www.le-pandart.com/dotclear)

Japanink N°3 : sortie le 18 avril 2009

N°2 – Mars / avril 2009 • Édité par Neko Editions, 112 avenue de Paris, 94300 Vincennes E-mail : info@japanink.fr – Web : www.japanink.fr Association loi 1901 déclarée au Journal Officiel de Paris Directeur de la publication : Franck Besnier • Rédacteur en chef : Romain Huck • Ont collaboré a ce numéro : Dimitri Desmé, Cécile Dunouhaud, Cécile Gaffory, Clément Lagrange, Rui Pascoal • Rédacteur graphiste : Adrien Bonnet (www.adrienbonnet.eu) • Illustrations : Frédéric Roth (www.le-pandart.com/dotclear) • Communication, partenariat, publicité : Olivier Chalumeau (pub@japanink.fr) • Imprimé par : I.G.C. (France) • Distribution : NMPP • Crédit couverture : © HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004. • Remerciements : Marie Fabbri (Kana), Jérôme Chélim (Asuka), Camille Galenne , Adeline Delaforge, O Utsumiya (Abysse Corp.), Aurélie Lebrun, Laurent Peroy (Kaze),Sébastien Agogué (Tonkam), Adrien Lorenzo (Beez), Johan Camus (Dybex), Arnaud Plumeri (Doki-Doki),Anne Caisson (Bamboo), Claire et Laetitia (Ace France), Maud Beaumont (Delcourt),Caroline Longuet (Drugstore), Sophie Caïola(Glénat), Ludovic Gottigny (Black Bones), Erwan Corre (Déclic Images), Ahmed Agne et Cécile Pournin (Ki-oon), Laure Peduzzi (Pika), Maître Xavier, Julien Bruneau • ISSN : en cours – Commission paritaire : en cours – Dépôt légal : février 2009 © 2009 Neko Editions/Tous droits réservés. La rédaction n’est pas responsable des textes et photos publiés qui engagent la seule responsabilité des auteurs. Toute reproduction de textes, logos, photos ou dessins publiés dans ce magazine est rigoureusement interdite sans accord écrit de l’éditeur.


Animé Japon

Actu Japon

Bill encore tué

Les aficionados de Tarantino et autres cinéphiles se souviennent probablement de la séquence animée du premier volet de Kill Bill. Appelée Chapitre III : Les Origines de O-Ren, ce flashback présentait dans un style manga l’enfance de l’impitoyable tueuse aux origines asiatiques. De l’aveu de Quentin Tarantino lui-même, une réédition du film va voir le jour avec une nouvelle séquence de sept minutes produite par le studio japonais I.G qui s’intègrera à celle que l’on connaît. Nous ignorons si cette nouvelle sortie se fera en DVD, Blu-Ray ou d’une autre manière. Quid de la franchise Kill Bill en animé  ? Ce projet, évoqué en premier lieu par le réalisateur en 2006 lors du Comic‑Con International, devait selon lui reprendre la partie autour de Bill et de l’Escadron des Vipères assassines, ainsi qu’un préquel autour de la mariée. Plus de précisions sont données en avril 2008 lorsque Uma Thurman déclare au Movie Blog de MTV que Tarantino a déjà écrit une séquence qui servira de lien entre les deux moitiés du film dans leur réédition, précisant que celles-ci n’ont rien à voir avec elle ou son rôle de mariée.

Code Geass : acte 3 ?

Alors que les amateurs de la série la pensaient terminée avec le dernier épisode de Code Geass R2, les producteurs de Sunrise laissent entrevoir une suite. Le magazine japonais Animedia est à l’origine de ce bruit persistant en rendant publiques certaines déclarations du staff : « Comme nous l’avons déjà dit, Code Geass ne peut pas mourir. La série s’est juste terminée, mais nous pensons qu’il pourrait être intéressant de faire quelque chose de plus. Dans tous les cas, si nous pouvons annoncer quoi que ce soit dans un futur pas si éloigné…» La déclaration des studios reste peu claire : envisagent-ils de lancer une nouvelle suite à un animé dont le final est une réussite certaine ? Peu de solutions se présentent : on imagine en effet mal un spin-off, étant donné la fin choisie. Réponse dans les prochains mois.

Pas de téléchargement légal en Europe Depuis le 15 janvier dernier, Viz Media, détenteur des droits de l’animé Naruto pour le Royaume-Uni et les Etats-Unis, a lancé un nouveau système de téléchargement légal. Celui-ci donne aux internautes de ces pays la possibilié de télécharger légalement un épisode de la série en version originale soustitrée quelques heures après sa diffusion japonaise. Ce nouveau modèle de diffusion aux accents révolutionnaires est avant toute chose un moyen de lutter contre un téléchargement illégal de plus en plus ravageur. Le bilan de cette manœuvre s’avère pour l’instant plutôt positif et suivi, plusieurs gros sites de fansubbing américains ayant retiré les épisodes de Naruto de leur catalogue. Malheureusement, les internautes français ne pourront même pas profiter de ces épisodes sous-titrés en anglais dont l’accès streaming est limité à la zone géographique du pays. Dans cette même optique, la société Wakanim devrait prochainement proposer le visionnage de quelques séries récentes en streaming durant une période de deux mois, avant de les proposer en VOD en service payant. Reste à savoir à présent si ce nouveau vecteur de diffusion sera accessible à notre pays.

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porte bien son nom

gal, l’éditeur léchargement illé sion et de lutte contre le té ffu de di ue de tiq e op e Dans la mêm nouveau systèm un e ce dans os lan op se pr e sit kawa titulé KadoTV, le japonais Kado in t ep nc ores et d’ co le ion. Avec e en contient vente d’animat ne. Le catalogu ls que lig te en és s im éo an vid d’ s de isodes complet la distribution ép s glais, ue an elq en qu s x, dont s. Sous-titré déjà soixante-di tres sur ta et bien d’autre -ti -U us hi so us s M , de e c ! ni êm Full Metal Pa d’ajouter soi-m TV devrait rester ment la liber té rsion test, Kado ve ils laissent égale de e rm fo us t vidéo. So chaque élémen février. la fin du mois de à u’ sq ju ne lig en .do iew opV v/t awa.sagool.t KadoTV : http://kadok


Animé Japon

Actu

Le projet de film d’animation autour d’Astro a fait des petits. C’est à présent au tour de Tetsujin 28 de se voir adapté en film d’images de synthèse. Ce manga de Mitsuteru Yokoyama sorti en 1956 compte parmi les ancêtres du genre mecha, précurseur entre autres de Goldorak et Mazinger Z. Il raconte l’histoire du T28, robot indestructible au poing de fer considéré comme l’arme ultime. De ce fait, il se voit dissimulé après la guerre jusqu’à ce qu’il soit découvert par Shotaro, le fils de son inventeur, le professeur Kaneda. De là naît une relation d’amitié entre l’homme et la machine qui vont lutter pour préserver la paix face à des forces malfaisantes. Cette série connaît déjà un nombre d’adaptations des plus impressionnants, notamment du fait de son ancienneté. La première adaptation animée date de 1963 avec quatre-vingt-trois épisodes, suivi en 1980 d’une nouvelle série de cinquante-et-un épisodes colorisés et d’une séquelle de quarante-trois épisodes appelée Tetsujin 28 FX en 1992. Le dernier dessin animé de la franchise naît en 2004. Il est totalement réécrit par Yasuhiro Imagawa. Un film en prises de vue réelles voit également le jour en 2005. Après Gatchaman et Astro Boy, les studios hongkongais d’Imagi se penchent à présent sur cet autre monument du manga. A l’aide d’un teaser disponible sur leur site, Tetsujin 28 se dévoile en images de synthèse, dans un style très similaire à celui du film d’Astro Boy. Cependant, ce teaser n’annonce pas le film mais sert avant tout de test pour voir si le public est réceptif à ce nouveau projet.

Ristorante Paradisio

Gurenn Lagann : second film

rrête pas au nn Lagann ne s’a , le studio La vague Gure film ier ccès du prem Japon. Face au su opose un phénomène et pr le r su rfe su x Gaina ique de s ph ra og at e cin ém l’image no uveau pass ag A . ril av mon pour le 25 make re aventures de Si n d’u ut to t an il s’agit av rrigé co du premier film, et i rc ou é, revu, racc du dessin anim nc Simon, do a er uv tro re . L’on pour l’occasion harnée contre dans leur lutte ac Kamina et Yoko est limité d’un ême si l’intérêt les Ganmen. M age et le style l’im de qualité certain côté, la up sûr attirer rie sauront à co inhérent à la sé scures. ob s lle sa les dans fans et novices A la fois classique et décalé, ce manga de Natsume Ono pose son décor dans la ville de Rome. L’on y retrouve Nicoletta, une jeune fille dont l’enfance fût marquée par l’abandon de sa mère. Cette dernière, concentrée sur l’envie de trouver un nouveau mari, choisit de partir en laissant son enfant à ses grands parents lorsqu’elle trouve enfin un époux. C’est donc plusieurs années après cet évènement que l’on suit Nicoletta qui désormais adulte choisit de faire la rencontre de son beau père, Lorenzo, en s’intégrant dans le restaurant qu’il tient, la Casetta Dell’Orso. Elle travaille alors pour cet homme qui ignore jusqu’à son existence. S’en suivent des aventures mêlant tout en finesse sentiments et humour avec une galerie de portraits des plus intéressantes. L’adaptation animée de cette histoire est assurée par un tout jeune studio, David Production, sous la houlette de Mitsuko Kase. Les mêmes sont à l’origine de l’adaptation de DogsBullets & Carnage. Cette nouvelle série passera sur Fuji TV courant 2009.

Un cross game animé Le design de cette série ne paraîtra pas inconnu aux enfants des années quatre-vingts, et pour cause, il est le fruit de Mitsuru Adachi, l’auteur de Touch (Théo ou la batte de la victoire) ou encore Hiatari Ryoko (Une vie nouvelle). Dans un style qui ne s’eloigne pas d’un pouce de ses anciennes productions, Adachi opère depuis 2005 sur le manga Cross Gam dans le magazine Shônen Sunday. L’histoire donne une légère impression de déjà-vu : elle suit le jeune Koh Kitamura, un collégien passionné de base ball tout en aidant ses parents dans leur magasin spécialisé dans le sport, le reste du temps étant occupé par les quatre filles de la famille Tsukishima qui gère son centre d’entrainement. Un drame vient bouleverser toutes ces vies, particulièrement celle de Koh qui refuse à présent de jouer un match de base-ball. C’est donc son cheminement partagé entre sa passion et ce traumatisme que l’on suit au fil du manga. Prévu en animé pour le printemps alors que la version papier connaît un break, Cross Game devrait réveiller la flamme des nostalgiques de Théo.

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Animé Japon

Actu

CatMan, les aventures d’un Japan Neko Nombre d’entre vous n’ont jamais croisé la route de Catman. Cette série de vidéos en flash créées par Ryosuke Aoike, assez peu connue par chez nous, a fait son petit bout de chemin au Japon d’une manière assez originale. Diffusées d’abord sur la toile, les aventures de l’homme chat dans la ville de Cattown séduisent par la suite Fuji TV qui les édite en DVD courant 2003. Avec une imagerie rétro et un scénario de polar à la fois sombre et bien musclé, Catman prend peu à peu le format d’une série, avec vingt-six épisodes de vingt-six minutes toujours créés par Aoike, cette fois-ci en collaboration avec le studio d’animation français IP4U.

Shangri-la un roman s’anime

A l’origine, Shangri-la est un roman s’inscrivant dans la droite lignée des œuvres d’anticipation japonaises. L’action, située dans un Tokyo du milieu du XXIe siècle, présente une capitale au climat tropical du fait de dérèglements climatiques violents. Les tokyoïtes rêvent alors de s’exiler dans les cieux au sein de la cité d’Atlas, lieu idyllique réservé à une poignée de privilégiés. Pendant ce temps, les autorités essaient de sauver la ville en faisant naître une forêt en son sein. L’action s’avère difficile, certains habitants tenus à l’écart d’Atlas décidant de déclarer la guerre et renverser ainsi le projet du gouvernement. Cette œuvre, issue de l’imaginaire du romancier Eiichi Ikegami, fût récompensée du prix de Nihon Fantaji Noberu Taishô. L’adaptation animée, attendue pour le mois d’avril, est réalisée par Makoto Bessho et produite par le studio Gonzo. Le chara design des personnages, assuré par Range Murata, montre des personnages au trait légèrement naïf, mais finement dessinés.

Du Basquash en avril Basquash se présente comme la nouvelle production originale des studios Satelight. Ce mécha sportif se passe sur la planète Earth Dash où le BFB (Big Foot Basket-ball) est le sport le plus apprécié. Celui-ci se pratique sur des machines du nom de Big Foot. Dan J.D, un fan de ce sport, se décide un beau jour à la pratiquer avec le but d’exceller en ce domaine. A l’origine de cette série apparaissent un japonais et un français : Shoji Kawamori, connu pour son travail sur la série Macross, et surtout Thomas Romain, jeune talent ayant fait ses preuves sur Oban Star Racer. Ce dernier est également le mécha designer de cet animé qui se promet surprenant. Cette série sera diffusée sur MBS dès le mois d’avril. A surveiller.

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en salles obscures

Avec Eurêka 7, les studios Bones s’étaient assurés un des grands succès de l’année 2005. C’est donc en toute logique qu’un film d’animation basé autour de cet animé fût préparé. C’est plongé en l’an 2057 que l’on retrouve Renton Thurston, un très jeune membre de l’équipage du Gekko-go mené par Holland Novak. Dans ce monde imaginaire, les humains sont en guerre depuis un demi-siècle contre les Image, une forme de vie inconnue. Cependant, le but de Renton est tout autre : il veut retrouver Eurêka, son amie d’enfance kidnappée dans leur village natal. Dans un univers différent de celui de l’animé, ce long-métrage de cent quinze minutes reprend malgré tout près de la moitié de sa substance dans les épisodes originaux. Comme Gurenn Lagann, il sortira dans les salles japonaises le 25 avril, à l’occasion de la Golden Week (semaine marquée par plusieurs jours fériés consécutifs au Japon).


Animé Japon

Actu

Canaan de la Wii à la TV

Petite amie électromagnétique C’est à travers un premier teaser que se dévoile depuis quelques semaines l’adaptation animée d’un roman illustré de Kentaro Katayama. Celui-ci présente l’histoire de Jû Jûzawa, un jeune délinquant entretenant une relation des plus étranges avec Ame Ochibana, une jeune fille un peu perdue qui lui voue sa vie et son temps. Du nom de Denpa Teki Na Kanojo, cette histoire s’inspire du genre littéraire appelé denpa-kei, dans lequel il est régulièrement question de bizarreries comportementales liées aux ondes électro-magnétiques. Sous la forme d’une OAV unique de quarante minutes, Denpa Teki Na Kanojo sortira dans le commerce le 1er mai au Japon.

A l’origine, Canaan est un jeu d’aventures baptisé 428, qui malgré un grand nombre de textes et de plans fixes, a réussi l’exploit de recevoir la note maximale (40/40) du magazine Famitsu. A l’image d’un film interactif, il présente l’histoire d’un groupe de personnages qui, suite à une attaque terroriste, se trouvent enfermés dans le quartier de Shibuya. Ce jeu n’a pas tardé à intéresser le studio Type-Moon, connu pour ses adaptations de Tsukihime et Fate/Stay Night. Masahiro Ando se voit chargé de la réalisation d’une adaptation animée des aventures de ce succès de la Wii. Attendu pour le courant de l’année 2009, Canaan s’est déjà dévoilé à travers quelques très courts trailers qui laissent cependant présager d’une qualité visuelle assez remarquable.

Initiation au M

ahjong avec

Saki

ga de Ritz base un man Saki est à la ion a comnt la publicat Kobayashi do aventures s le it su t 2006. Il mencé débu nom à la n so e (qui donne uffre de d’une jeune fill so ée lyc au e n entré ession série) qui, à so pr la us timidité. So el , sa trop grande se le va ades de clas de ses camar g et cette jon ah m ssayer au passion cependant s’e e un rapidement activité devient ffirmer. s’a à er id l’a e va qui au passag pathique a naïf mais sym Ce concept i avec le udio G onzo qu intéressé le st Manabu, no O , t Dragonau la série, réalisateur de de n une adaptatio ant de se lance dans ur co le ur po Japon attendue au l’année.

se démultiplie Il est impossible d’échapper au phénomène Suzu‑miya, exploité de toutes les manières possibles. Bien décidées à asseoir leur énorme popularité, Haruhi-Chan et ses copines se font encore plus présentes pour l’année 2009. D’abord avec des révélations officielles attendues en février (après notre bouclage), autour de ses nouvelles aventures animées. C’est en effet ce que le magazine japonais Newtype prétend, sans en dire plus, histoire de laisser les lecteurs se jeter sur les informations de leur prochain numéro. Si la série a déjà connu quelques changements surprenants, le pétard mouillé reste à craindre et la grande nouvelle pourrait simplement être la nouvelle coiffure de l’héroïne de la série… D’autres informations, cette fois-ci plus sûres, arrivent quant à de nouvelles adaptations de l’animé. Celles-ci, sous forme de parodie avec les personnages représentés en SD, se feront à partir du 13 février à 22 heures sur Youtube.

Du nom de Suzumiya Haruhi-chan no Yûutsu (La Mélancolie de Suzumiya Haruhi-chan) et Nyorôn Churuya-san, la première reprend de manière officielle les passages comiques de la version manga de Nagaru Tanigawa et Noizi Ito alors que la seconde sort plus largement des sentiers battus, reprenant les aventures de Tsuraya en version SD vues dans le mangazine Monthly Comp Ace en novembre.

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Première

Saint Seiya

Telle l’armure du phénix renaissant de ses cendres, la franchise Saint Seiya revient toujours un peu plus sur le devant de la scène. Après un animé controversé transposant la fin du manga originel, c’est de manière presque inattendue que le manga Saint Seiya : The Lost Canvas se voit à son tour animé. Ces nouvelles aventures de chevaliers du zodiaque annoncent de grands changements dans le monde de Saint Seiya. Reste à savoir si les nostalgiques y survivront… Une guerre mythique

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st-il utile de présenter Saint Seiya et ses chevaliers de bronze combattant guerriers et dieux aux immenses pouvoirs ? Déjà plus nécessaire s’avère celle de Saint Seiya : The Lost Canvas. Réalisée par Shiori Teshirogi depuis août 2006, elle est la deuxième série de mangas dérivant de l’univers créé par Masami Kurumada dans les années quatre-vingts. Et quand la première, Saint Seiya Episode G, vient créer une jeunesse épique aux chevaliers d’or, la seconde s’intéresse à un passage évoqué dans l’œuvre d’origine, à savoir la précédente guerre sainte. Opposant la déesse Athéna au dieu des enfers, l’on plonge ainsi deux cent cinquante ans avant les aventures de Seiya, dans un XVIIIe siècle où rien n’est vraiment très différent. L’on y découvre Tenma, chevalier de bronze de Pégase durant cette ère, et sa relation d’amitié avec le futur réceptacle de l’esprit d’Hadès. Rapidement, l’histoire nous mène dans les rouages de cette légendaire guerre sainte. Partant de l’apparition du dieu des enfers, le scénario nous embarque dans un long combat les opposant aux puissants chevaliers de la réincarnation d’Athéna, ici sous les traits de Sacha, amie d’enfance du héros. Avec cette lutte acharnée, nous retrouvons deux chevaliers d’or bien connus, Sion du Bélier et Dohkô de la Balance, c’est aussi l’occasion d’expliquer certains tenants et aboutissants de passages de Saint Seiya. Le fil rouge de l’histoire se place ailleurs, avec la quête de Tenma pour sortir coûte que coûte son ami d’enfance de l’emprise d’Hadès. Il est ici présenté un cheminement commun au manga de Kurumada, et des valeurs telles que l’amitié et le dépassement de soi qui ne seront

Fiche Technique

Auteur : Shiori Teshirogi Concept original : Masami Kurumada Scénario : Yoshiyuki Suga Réalisateur : Osamu Nabeshima Character designer : Yoko Iwasa Directeur artistique : Yasuhiro Moriki Musique : Kaoru Wada Studio : TMS Entertainment Type : Shônen Format : OAV

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Le vrai-faux retour de Masami Kurumada ? Masami Kurumada aime décidément jouer avec son public. L’auteur de Saint Seiya, responsable des quelques chapitres plus ou moins inspirés autour de son projet Next Dimension, a su brouiller les pistes au travers d’un message accompagné d’une partition accompagnée de ce texte : Chaine de fleurs Souvenirs des jours lointains […] Les rêves que vous dessiniez ensemble, le canevas de vos coeurs Les couleurs n’ont pas encore disparu Dans ma main et dans la tienne nous gardons la chaleur des jours passés […] Le lien éternel de la jeunesse Une chaîne de fleurs Générique ou autre projet ?

un style qui n’est pas sans rappeler ce dernier que le premier visuel communiqué présente Tenma, Yato et Yuzuriha dans leurs armures respectives. Ce visuel se voit vite rejoint d’autres croquis dévoilant le chevalier de la balance, Alone ou encore Sasha. C’est médusé ou enchanté que l’on constate des personnages au trait plus marqué, des formes plus adultes et un habillage moins lisses, à l’image des collants sous les armures devenus ici plus lâches. L’équipe en charge de ce travail va de pair avec cette révolution. On retrouve logiquement à la réalisation Osamu Nabeshima, connu pour cette même fonction sur D.Gray Man et Clamp School. Le scénario est confié à Yoshiyuki Suga, ayant déjà exercé ses talents sur des épisodes de Saint Seiya, alors que le chara design revient à Yuko Iwasa, la directrice de l’animation des exorcistes. La bande-son est assurée par le prestigieux Kaoru Wada, connu pour les thèmes d’Inuyasha autant que pour les arrangements musicaux sur le jeu vidéo Kingdom Hearts II. Cette dixième adaptation de la franchise se voit baptisée Saint Seiya: The Lost Canvas-Mei Shinwa. Sous forme d’OAV, elle est prévue en sortie DVD pour le printemps, uniquement sur le sol japonais. Des voix de stars

pas étrangères aux amateurs. Cet ensemble taillé pour le nostalgique dévoile un dessin qui, bien que radicalement différent, présente des personnages ayant le même physique qu leurs homologues de la guerre suivante. Une nouvelle ère Alors que la série de mangas bat son plein avec onze tomes déjà parus au Japon, la rentrée 2008 laisse entrevoir un nouvel animé pour Saint Seiya. En effet, l’éditeur de Lost Canvas annonce officiellement avoir donné son feu vert pour une adaptation de l’œuvre, ouvrant la porte aux producteurs et laissant quelques impatients dans l’attente. Celle-ci ne sera pas très longue, et les premiers visuels font leur apparition dans les magazines japonais de fin novembre, suivis de près par des informations sur le casting. La surprise est le mot d’ordre de ce retour avec une équipe totalement inédite aux commandes. Exit la Toei Animation et Araki Himeno pour laisser la place aux studios de TMS Entertainment. Responsables de la producion d’Hamtaro ou de Detective Conan, ils se sont dernièrement fait remarquer pour leur travail de qualité autour de D.Gray Man. C’est d’ailleurs dans

Il se dit que la TMS réserverait un casting des plus impressionnants pour le doublage de Lost Canvas. Les premiers noms qui circulent viennent à confirmer l’impression. La tête d’affiche est Tetsuya Kakihara, future voix de Tenma connue notamment comme celle de Simon dans Tengen Toppa Gurenn Lagann. La nouvelle (ou plutôt l’ancienne) Athéna, Sascha, aura l’une des doubleuses les plus connues de sa génération : Aya Hirano, à la fois Misa de Death Note, Haruhi Suzumiya de Melancholy Of Haruhi Suzumiya, ou encore Reira dans Nana. Comme un fait exprès Yuzuriha hérite de l’interprète d’Allen Walker de l’animé D.Gray Man, la seiyuu Sanae Kobayashi. La voix d’Alone revient au Yuugi de Gintama, Hiro Shimono. L’équipe constituant les personnages principaux se voit complétée de manière tout aussi prestigieuse pour les personnages secondaires. C’est ainsi que Sion du Bélier écope du seiyuu de Kisuke Urahara dans Bleach, Shinichiro Miki. C’est avec Kenta Miyake (narrateur des deux premiers Ikki Tousen) et Nana Mizuki (Wrath de Fullmetal Alchemist mais aussi Hinata Hyuuga dans Naruto) que se ferme cette équipe de seiyuu de haut vol. par Romain Huck


ŠMasami Kurumada/ Shiori Teshirogi/Akitashoten Japan-TMS


Animé France

Actu France Licences Les nouveaux slayers de Black Bones Slayers Revolution suit les aventures de la sorcière Lina Inverse et de l’épéiste Gourry Gabrief dans un tour d’un monde où de nombreux dangers côtoient un certain nombre de trésors. Dans ces nouvelles aventures, les deux comparses sont à la recherche d’une arme, après avoir perdu leur épée de lumière. Cette quête les mène au royaume de Luvingard et leur donne l’occasion de rencontrer de nouveaux compagnons, mais aussi de nouveaux ennemis. C’est avec deux nouvelles séries, Slayers Revolution et Slayers Evolution-R, que ces personnages hauts en couleurs reviennent chez Black Bones. Le premier coffret devrait sortir au mois d’avril alors que le deuxième est attendu pour le second trimestre.

attendu chez AB La plupart des amoureux de City Hunter connaissent cette suite manga créée par Tsukasa Hôjô. Se déroulant quelques années après la fin des aventures de la première série, Angel Heart nous fait retrouver Ryô Saeba (Nicky Larson pour les intimes) lors de son mariage avec Kaori (Laura). Cet évènement heureux finit en drame lorsque cette dernière se tue en voulant sauver un enfant. Une action parallèle nous présente une jeune tueuse à gage de quatorze ans, Glass Heart de son nom de code, qui ne supportant plus de semer le malheur autour d’elle décide de mettre fin à ses jours en se jetant d’un building. Sa tentative échoue mais son cœur est transpercé. Elle se voit sauvée par son organisation qui lui greffe un cœur volé à une personne défunte qui s’avère être Kaori. Les chemins de Glass Heart et de Ryô Saeba sont alors appelés à se croiser. Cette œuvre, plus sentimentale mais aussi plus sombre que ne l’était City Hunter a connu voilà déjà quelques années une adaptation animée des studios T.M.S. En France, le groupe AB vient tout juste d’acquérir cette juteuse licence et devrait en principe diffuser les cinquante épisodes de cette série avant une sortie DVD probable pour la fin d’année.

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Les aventures de Nabari chez Kaze Alors que les aventures de Rokujô viennent tout juste de paraître en manga chez Asuka, c’est au tour de Kaze d’annoncer l’arrivée de l’adaptation animée. Produite par JC Staff, cette série de vingt-six épisodes diffusée d’avril à septembre 2008 au Japon devrait connaître sa première parution DVD dans les mois qui viennent. Retrouvez un aperçu de l’histoire dans la rubrique Manga de votre magazine (p.38).

Jours d’école chez We Anim’ School Days est une série télévisée de douze épisodes reprenant un eroge, soit un jeu japonais de simulation de rendez-vous. L’on y suit le quotidien de Makoto Ito, fraîchement entré au lycée Sakakino. Quotidiennement, il croise dans son train une jeune fille très à son goût qu’il finit par prendre en photo pour vérifier une légende urbaine. Celle-ci veut que si l’on prend en photo une personne que l’on aime sans qu’elle ne soit découverte pendant trois semaines, la relation entre les deux sera heureuse. Malheureusement pour Makoto, sa photo sera découverte en moins de vingt-quatre heures par Sekai, une amie bienveillante qui lui organise une rencontre avec sa dulcinée. Cette adaptation dirigée par Keitaro Motonaga devrait voir le jour dans le courant de l’année, éditée par We Anim.


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Actu

DVD Le coffret Ce shôjo comptant actuellement treize volumes sort tout droit de l’imaginaire de Maki Minami. Il raconte l’histoire de la classe Special A, dont les élèves représentent l’élite du lycée Hakusenkan. Malgré ses origines modestes, Hikari Hanazono décide de rejoindre cette classe afin de réaliser son rêve : battre le célèbre Kei Takishima dans toutes les matières. Celui-ci n’ayant pas usurpé son identité de champion de sa classe et plus simplement de son lycée, Hikari va devoir redoubler d’efforts et de subterfuges pour arriver à ses fins. Après la diffusion du manga chez Tonkam, c’est autour de l’adaptation des vingt-quatre épisodes produits par le studio Gonzo et sortis en 2008 de connaître un pressage français chez Black Bones. Un premier coffret, à sortir au mois d’avril, propose en deux DVD les huit premiers épisodes en version originale sous-titrée en français.

Ghost In The Shell x 3 Beez, à présent spécialiste dans la distribution de mécha à succès, propose ici une réédition des trois volets de Ghost In The Shell : Stand Alone Complex. Dans un coffret réunissant pas moins de six DVD, l’on retrouvera Le Rieur, Les Onze Individuels ainsi que Solid State Society, films tirés du manga de Masamune Shirow retraçant les aventures de la section 9 dans le Japon de 2034. Malgré un ensemble fort joliment présenté, aucun bonus particulier n’est annoncé avec cette nouvelle édition.

Coffret Dragon Ball Z : premier visuel ?

Kiba le détail

Avec des infos et des visuels communiqués au comptegouttes, les amateurs de

Dragon Ball Z n’en finissent plus d’attendre. Alors que le coffret se dévoile enfin, l’on apprend la participation de Patrick Borg, le mythique doubleur de Son Goku. Il prête sa voix aux écrans-titres de ces nouveaux épisodes non-censurés. Ce coffret, dont la sortie est à présent arrêtée au 19 mars, contient les cent-dix-sept premiers épisodes de la série pour le prix de cent cinquante euros, ce qui est plus que correct au vu du contenu. Les plus observateurs d’entre vous remarqueront la présence sympathique de la silhouette du Dragon Shenron sur la

Cet animé de cinquante et un épisodes diffusés depuis janvier sur TPS Star suit les aventures de Zedd. Cet adolescent de quinze ans vit paisiblement dans une routine qu’il juge lassante jusqu’au jour où un vent mystérieux l’envoie dans une crevasse de l’espace-temps. Plongé dedans, il cherche un sens à sa venue jusqu’à se retrouver dans un autre monde dans lequel un combat fait rage entre les Shadow Casters et les Shadows. Ils usent à leur fin d’un mystérieux cristak aux pouvoirs magiques. Cette réalisation d’Hiroshi Koujina produite par Madhouse devrait sortir en DVD durant le mois de mars. Le contenu des DVD et les bonus ne sont à ce jour pas encore communiqués.

face avant de ce boîtier au visuel pas tout à fait définitif.

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Kana One Piece Faisant suite à Luffy, Zorro et Nami, Usopp est le personnage mis à l’honneur de ce nouveau coffret. Allant de l’épisode quarante jusqu’à l’épisode cinquantetrois, ce coffret mène lentement mais sûrement vers la fin de la première saison de l’animé. Prévu le 4 mars, il se verra accompagné de l’habituel drapeau : Kuro ou Alvida ? Le coffret suivant contiendra des épisodes jusqu’alors jamais diffusés en France.

Naruto Shippuden Sakura est mise à l’honneur tant dans les épisodes que sur la jaquette de ce nouveau coffret DVD. Tandis que la bataille fait rage contre l’Akatsuki, Kana Home Video rattrape son retard par rapport aux épisodes diffusés au Japon. Annoncé en juin en premier lieu, ce coffret devrait finalement paraître dès le 22 avril prochain.

DVD à sortir chez We Prod : Innocent Venus entre dans la catégorie des récits d’anticipation. C’est en 2010 que nous sommes menés. Les deux tiers de l’humanité viennent de périr suite à un cataclysme ayant ravagé le monde. Le Japon est alors posé comme une zone économique spéciale et se voit placé sous la tutelle des Logos qui creusent les écarts de richesse entre les catégories sociales. De ces écarts naît une catégorie de pauvres appelée les Revenus qui, du fait de leur situation, se sont vus chassés de la zone reconstruite. L’on est

alors projeté quelques années plus tard, en 2035, où le règne hégémonique des Logos se voit peu à peu égratigné par Jin Tsurasawa, un farouche opposant à leur régime. Lorsque celui-ci tente de s’enfuir avec Saya Noto, il est secouru par un pilote de mecha alors même que les Logos allaient le rattraper. Cette série post-apocalyptique dirigée par Jun Kawagoe joue sur une image 3D au rendu cel-shading qui lui confère un aspect dessiné à la main des plus réussis.

School Rumble

Himawari

Le manga humoristique de Jin Kobayashi adapté en deux saisons animées et quelques OAV arrive chez We Prod dès le mois d’avril. Dans un premier coffret réunissant l’intégralité de la première saison, cet animé réalisé par Shinji Takamatsu nous fait suivre les aventures de Tenma Tsukamoto, une jeune élève du lycée Yagami. Amoureuse d’un garçon atypique mais surtout inaccessible répondant au nom de Ôji Karasuma, Tenma cherche à attirer son attention par tous les moyens. De ce fait, elle ne réalise pas que le caïd de l’école, à savoir Kenji Harima, opère des mêmes stratagèmes pour tenter en vain de la séduire. A ces chassés croisés amoureux se greffent quelques histoires parallèles autour de nouveaux personnages qui se dévoilent, tout en humour, au fur et à mesure de ce récit.

We Prod propose un animé de treize petits épisodes diffusés en 2006 au

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Japon. Himawari suit les aventures des kunoichi, femmes ninja de l’académie appelée Shinobi Gakuen. L’histoire commence à l’arrivée d’Hinata Himawari dans cette école bien particulière. Elève peu douée, elle aspire à devenir kunoichi afin de prouver sa fidélité à celui qu’elle considère comme son mentor, Marikouji Hayato. Au gré d’aventures et de tranches de vie traitées avec un certain humour, l’on découvre au fur et à mesure le passé de la jeune fille et les raisons de ses ambitions, ainsi que celles de son attachement à Marikouji. Cet animé réalisé par Shigenori Kageyama pour les studios Gonzo sortira en intégrale DVD dès le 25 mars.


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Télévision Mangas

du neuf avec du vieux Mars est le mois des retours sur la chaîne Mangas. Ainsi, en plus de retrouver le second stage d’ Initial D tous les soirs de semaine à 19h20, certains dinosaures opèrent ici un grand retour. A commencer par Cobra qui pour fêter son anniversaire repasse tous les soirs de semaine à 18h30 à partir du 16 mars. La plus grande nouvelle reste l’arrivée de la version remasterisée et non censurée de Saint Seiya. Inédite en télévision, elle sera diffusée du ndi au vendredi à partir de 20h10 avec la mention « interdit au moins de dix ans » L’occasion pour ceux qui ne possèderaient pas les dernières éditions DVD d’apprécier le travail d’orfèvre fait pour remettre la série à niveau.

Manga Trash : de l’inédit à venir Depuis la rentrée, Virgin 17 propose au travers des soirées Manga Trash de découvrir ou redécouvrir de grands noms de l’animation japonaise. Alors que sont actuellement diffusés les épisodes de Death Note, il est annoncé dans les animés à venir Ayakashi et Bleach. Pour ce dernier, de l’inédit est au programme avec la deuxième saison et ses épisodes inédits par rapport à la version manga. Cette émission est présentée par Noémie Alazard que vous pouvez retrouver avec le groupe Virgin Princesse un peu plus loin dans ce numéro (p.70).

Cinéma c’est pour bientôt Voilà déjà quelques années que Le château ambulant est sorti en salles et que les amateurs d’Hayao Miyazaki attendent avec une impatience certaine sa nouvelle réalisation. Celle-ci se verra comblée avec l’arrivée française de sa dernière œuvre en date, Ponyo Sur la Falaise, le 8 avril prochain. L’occasion d’un retour aux sources pour le réalisateur qui, après avoir exploré des voies plus adultes, revient à une œuvre proche de Mon voisin Totoro. L’occasion de faire la rencontre d’une petite princesse poisson rouge (Ponyo). Son rêve de devenir humaine va la mener à faire la rencontre d’un petit garçon de cinq ans répondant au nom de Sôsuke. Ce sera alors l’occasion d’aventures aussi naïves que poétiques, appuyées par l’utilisation d’aquarelles. Ce concept a déjà été utilisé en 1999 sur Mes voisins les Yamada.

Makoto Shinkai Fox Pathé Europa vient d’obtenir les droits du long métrage de Makoto Shinkai, Kumo no mukou yakusoku no basho (La tour au-delà des nuages chez nous). Ce film offre un voyage dans le Japon d’après la seconde guerre mondiale. Le pays est alors divisé en deux parties, celle du nord divisée par l’Union et celle du sud sous la tutelle des Etats-Unis. C’est dans ce décor que nous trouvons deux jeunes écoliers, Hiroki Fujisawa et Takuya Shirakawa. Ces deux amis inséparables partagent un rêve : voler afin d’approcher le sommet de la mystérieuse tour d’Hokkaido, de l’autre côté du détroit de Tsugaru. Ils vont alors impliquer un troisième compagnon, la jeune Sayuri, dans la réalisation de l’avion de leurs rêves. Malheureusement, cette dernière se voit contrainte de quitter Tokyo du fait d’une maladie inexplicable qui lui provoque des troubles du sommeil. Cela provoque la séparation du trio qui de ce fait abandonne momentanément le rêve qu’il entretient. Ce n’est que quelques années plus tard qu’ils se réunissent, alors que naît en parallèle la naissance d’un conflit entre L’Union et les Etats-Unis. L’arrivée française de ce film du nouveau génie de l’animation japonaise constitue un évènement à ne surtout pas manquer.

Des Cités orphelines Après le dessinateur japonais des personnages des Mystérieuses Cités d’or, Toshiyasu Okada (Mako, Nils Holgersson…), c’est son ancien confrère, le réalisateur Hisayuki Toriumi qui a rendu l’âme le vendredi 23 janvier dernier à l’âge de soixante-sept ans. Figure incontournable de l’animation japonaise, il avait travaillé sur plusieurs œuvres animées comme Gatchaman (La Bataille des Planètes) et la seconde saison moins connue La Patrouille des Aigles (avec un nouveau doublage de Saban), Dallos (1983), première OAV qui avait été produite et réalisée à l’époque par le talentueux Mamoru OSHII et dont Hisayuki Toriumi deviendra le mentor. Toriumi a longtemps travaillé au sein du studio Tatsunoko (devenu depuis, IG Tatsunuko). Il a été, notamment, directeur technique sur le larmoyant Hutchy, le petit prince orphelin (rebaptisé ensuite Micky l’abeille avec un nouveau doublage) et Judo Boy. Ensuite, il a rejoint Sunrise (qui s’appelait alors Nippon Sunrise) et acheva sa carrière au Studio Pierrot où il réalisa l’adaptation animée de Nils Holgerson et Tobikage (série de SF / robots passée inaperçue dans le Club Dorothée). Mais de toutes les séries TV d’animation auxquelles il a collaboré, la plus populaire en France restera Les Mystérieuses Cités d’Or dont il a réalisé quelques épisodes. Parallèlement, il a aussi créé Sab Rider (une série interactive remaniée aux USA) et écrit une vingtaine de livres depuis les années 80...

A l’heure où le téléchargement illégal fait des ravages dans l’animation nippone, Kaze TV prend le parti de l’innovation. Prenant pour modèle certains de ses confrères japonais, Kaze offre sur le Net une chaîne de télévision fonctionnant sur le principe de la vidéo à la demande. C’est l’occasion rêvée de découvrir le catalogue de l’éditeur Kaze, dont l’objectif est de rendre accessible au plus grand nombre des séries et des films d’animation japonais en proposant des titres que la télévision française ne peut diffuser. Ce service se voit accessible par Numéricable ou encore Alice ADSL, avec une cinquantaine d’heures de programmes contenant un tiers de films et deux tiers de séries. Il est également possible d’y accéder par la plateforme iTunes. En parallèle sont développées des chaînes vidéos gratuites par YouTube et Dailymotion, uniquement accessibles au internautes francophones. Cette nouvelle est une petite révolution dans le^^ système de communication d’animés japonais en France, ceux-ci ne possédant pour la plupart qu’un espace télévisuel restreint pour un contrôle assez prononcé.

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D.Gray Man

Après un manga sorti en 2006 chez Glénat qui a su marquer les esprits grâce à un univers de conte gothique, Allen Walker et le Comte Millénaire connaissent une transposition animée diffusée depuis la rentrée en France. Le pari est de taille : proposer un anime long, tout en préservant la substance qui a fait son succès en manga, à savoir un fond riche en symboles et une forme soignée et singulière. À l’occasion de sa récente sortie en DVD, point de vue sur l’une des séries phares de ce début 2009. Succès d’exorcistes

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Fiche Technique

Auteur : Katsura Hoshino Scénario : Reiko Yoshida Réalisateur : Osamu Nabeshima Character designer et directeur de l’animation : Hideyuki Morioka Directeur artistique : Toru Koga Directeur de la photographie : Eiji Tsuchida Musique : Kaoru Wada Studio : TMS Entertainment Diffuseur : TV Tokyo Editeur France : Kana Home Video Nombre d’épisodes : 103, série terminée Durée : 25 minutes Type : Shônen

© KATSURA HOSHINO/SHUEISHA,TV TOKYO,DENTSU,TMS

est une fois encore dans le magazine Weekly Shônen Jump que l’on découvre les premières planches de ce nouveau manga le 31 mai 2004. Ce shônen, créé par Katsura Hoshino, rencontre très vite un excellent accueil et les volumes reliés connaissent un succès de masse. La légende veut que D.Gray Man soit l’arme de l’éditeur Shueisha pour lutter contre l’ouragan Full Metal Alchemist de Square Enix. Et si la toile de fond, plantant le décor des deux séries à des périodes proches dans un rapport onirique à l’histoire peuvent y faire penser, la comparaison s’arrête là. Car si l’on peut reconnaître une qualité à D.Gray Man, c’est bien celle de proposer un univers et un développement des plus singuliers. Le héros et nombre de ses comparses séduisent par leur originalité et par la personnalité solide que leur insuffle Hoshino. L’action plonge le lecteur dans un XIXe siècle imaginaire voguant entre une modernité anachronique et un classicisme de conte gothique. Ce monde va mal, dévasté par les Akuma (se traduit littéralement par « démon »), monstres créés par le Comte Millénaire à l’aide d’âmes de défunts enfermées dans des marionnettes mécaniques. Pour ce faire, il abuse de personnes fragilisées par la mort d’un être cher en les incitant à rappeler leur âme. Allen Walker, le héros de ce manga, est l’un des rares rescapés de cette manipulation diabolique. Abandonné par ses parents à cause d’un bras monstrueux, il est recueilli par un homme appelé Mana Walker. C’est quand ce dernier vient à mourir qu’Allen croise le

chemin du Comte qui le pousse à ramener à la vie son protecteur. Ce dernier lui reproche son acte avant de l’attaquer, et Allen sauve sa vie grâce à son bras. Celui-ci contient une innocence, une arme divine d’un autre âge repoussant les Akuma. Suite à cette mésaventure, Allen décide de lutter contre ces armes déchues en devenant exorciste, en se formant avec l’imprévisible général Marian Cross, puis en entrant dans l’Ordre Noir, une congrégation d’exorcistes et de scientifiques voués à la lutte contre le Comte Millénaire et ses créatures. C’est sur ce dernier acte que débute l’histoire. Malgré de graves problèmes de santé rencontrés par son auteur, ce qui créa des périodes d’attentes assez longues, notamment entre 2005 et 2006, le public suit et D.Gray Man devient un petit phénomène au Japon. Pour pallier aux attentes et profiter du succès, Shueisha sort deux romans spin-off, l’un en mai 2005 et l’autre en juillet 2006, appelés D.Gray Man : Reverse. Ceux-ci proposent de compléter l’histoire développée en manga à travers des passages inédits. Fait surprenant, D.Gray Man connaît une exploitation merchandising assez faible et tardive. Du côté des jeux vidéos, deux voient le jour : D.Gray-Man: Kami no Shitotachi sur la Nintendo DS en mars 2007 et D.Gray-man: Shikaku Sousha pas sur Playstation 2 en septembre 2008.


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Du manga à l’anime

L’image est au service d’une ambiance générale tendant toujours vers l’onirisme

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C’est le 3 octobre 2006, soit un peu plus de deux ans et demi après le premier volume du manga, que l’animé fait son apparition sur les écrans de la chaîne nippone TV Tokyo. Très attendue, cette adaptation est menée par Osamu Nabeshima (connu avant tout pour son travail sur Hamtaro) et produite par le studio TMS Entertainment. A ce jour, on compte deux saisons, l’une appelée First Stage qui compte cinquante et un épisodes, l’autre appelée Second Stage avec cinquante-deux épisodes (dont la diffusion s’est achevée le 30 septembre 2008). S’il est difficile de gager sur une troisième saison du fait de la mauvaise santé de l’auteure originelle, la majeure partie du manga se voit couverte par cette adaptation. C’est à nouveau un très grand succès, avec des DVD se hissant très haut dans les classements japonais. Et pour cause : en plus d’un pari de retranscription réussi, l’animé va au-delà quitte à parfois dérouter les fans du manga. Et les lecteurs des deux romans sus-cités apprécieront de voir mis en images ces histoires inédites. Du fait de la lenteur de parution du manga, les épisodes hors-série sont légions, de quoi agacer l’amateur de retranscription fidèle. En substance, l’ensemble ne s’éloigne pourtant pas réellement de la version papier, en allant parfois retranscrire au plan près les actions d’origine. Les amateurs du manga tout comme la critique se trouvent divisés face au portage

animé, certains reprochant à l’ensemble d’être trop lisse quand d’autres y voient un blockbuster de très bonne facture. Au niveau visuel, D.Gray Man bénéficie d’une animation de haut niveau toujours régulière, mais vient se démarquer réellement par son identité visuelle, appuyée par sa mise en couleurs. Ainsi, l’univers de conte gothique gagne en profondeur et se mêle à une modernité de l’image accentuant le côté intemporel de l’œuvre. Le travail sur le chara design, assuré par Morioka Ideyuki (Sakura Wars, Neon Genesis Evangelion) donne au héros et à ses compagnons un trait un peu plus adulte et réaliste que dans la version papier qui joue sur un aspect résolument plus naïf. En musique, Aniplex et le compositeur Kaoru Wada proposent un contenu varié dont on retiendra principalement certains Dies Irae d’une classe certaine. Les génériques, comme souvent, jouent sur un style entre pop et metal soft et retiennent avant tout l’attention par leur belle qualité d’image plongeant immédiatement le spectateur dans l’univers singulier de D.Gray Man. Jeu d’anachronismes A l’instar de One Piece, d’un Naruto et de nombre d’animés à succès, les aventures d’Allen Walker bénéficient d’un champ visuel immédiatement


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reconnaissable. En premier lieu à travers sa toile de fond. Celle-ci offre des villes du XIXe siècle revues et corrigées à travers un prisme gothique tout en se permettant un certain nombre de digressions avec des éléments modernes et des héros à l’allure presque futuriste. C’est un Londres parallèle et plus généralement une planète parallèle que nous montrent le manga comme l’animé. Ici, l’image est au service d’une ambiance générale tendant toujours vers l’onirisme. Une nuit omniprésente et une lune énorme surplombant le décor ancien, un dessin jouant sur les courbes et donnant un Comte Millénaire aux formes rondes mais au visage acéré, les épisodes appelés Nuits : nombre d’éléments évoquent le conte cruel. On retrouve malgré tout aussi une ambiance militaire et des Akuma à l’allure de machines mutantes, sans oublier les exorcistes équipés d’une technologie futuriste. Ce mélange des genres qui n’est pas sans rappeler l’héroic fantasy a la volonté profonde d’emmener le spectateur dans une univers irréel et une allégorie visuelle des sentiments humains. L’animé se permet ici un parti pris vers une modernité plus mise en avant que dans le manga, donnant un aspect sophistiqué qui accentue l’intemporalité du monde de D.Gray Man. C’est finalement dans le scénario que l’anachronisme est le plus présent. D’un côté, on trouve le Comte Millénaire venu d’un autre siècle, accompagné de la famille des Noah tout droit sortis et inspirés du passage de la Bible sur le déluge et l’arche de Noé, sans oublier les Akuma inclassables entre technologie et magie ancienne. De l’autre, on voit des exorcistes du XIXe siècle accompagnés de scientifiques au visuel ancré dans notre époque actuelle, dans une base où futurisme, actuel et ancien cohabitent habilement. Les enjeux de l’histoire vont en ce sens et donnent au final une bande d’exorcistes luttant avec un attirail ultra-moderne contre des créatures imaginaires d’un temps très ancien mais disposant aussi d’une technologie impressionnante de futurisme. La magie opère donc dans le traitement de cette base surréaliste et les évocations qu’elles amènent. Ficelles religieuses

CRITIQUE Dans sa catégorie, D.Gray Man se présente comme un anime irréprochable, se permettant de remplir plus que son cahier des charges. Du rythme à l’image, des musiques aux épisodes inédits, rien n’est bâclé, et l’ensemble a une classe presque inhabituelle pour un shônen animé. De plus, les cent-trois épisodes de la série ne comptent que peu de temps morts et un fond fouillé et habile, ce qui est assez rare et notable pour une série longue. Certes, la perfection n’existe pas et l’on pourra ne pas adhérer du tout au concept, ou bien lui trouver des airs de déjà-vu, mais un animé populaire réussissant également à offrir une grande qualité régulière ne peut qu’être salué.

Les religions occidentales semblent séduire fortement les mangakas. Dans D.Gray Man, c’est du côté de la Bible que l’auteure va chercher nombre de ses références pour étoffer le scénario. Jusqu’au fil conducteur de l’histoire, où le Comte Millénaire cherche à commettre une sorte de châtiment divin, à savoir purifier la Terre en annihilant une espèce humaine qu’il juge en souffrance. Et pour ce faire, il est entouré de la lignée ayant survécu au Déluge de quarante jours et quarante nuits que Dieu, dans le Genèse, imposa à la Terre pour la purifier de ses maux. A la différence près que le Comte et ses sbires représentent l’antithèse parfaite de la pureté humaine. Dans le camp adverse, on retrouve de l’exorcisme, soit une pratique d’origine moyenâgeuse voulant que ceux qui la pratiquent chassent, au nom de dieu, le démon à l’intérieur du corps d’être humains possédés. Et dans D.Gray Man, ceux-ci dépendent directement d’un Vatican présenté comme aussi sévère que mystérieux. C’est finalement une guerre au nom d’une religion commune dans laquelle sont menés ces deux camps, les deux désirant sauver l’espèce humaine avec des intentions et des moyens contraires. Un éventail de symboles est déployé. Tout d’abord avec la croix de l’apôtre Saint Jacques présente sur

les costumes des exorcistes et appelant au devoir de détruire au nom de dieu. Dans un autre registre, le pentacle, utilisé ici comme symbole de destruction des hommes par les Akumas, évoque dans les premiers récits chrétiens les cinq plaies du Christ. Outre les références judéo-chrétiennes, on retrouve également les symboles classiques dans ce genre d’œuvre, à savoir des détails en référence au bouddhisme ou encore à la magie. Contes philosophiques… Tout bon manga veut que les symboliques soient au service d’un sens. D.Gray Man, en optant clairement pour le chemin du surréalisme et en s’armant d’une multitude de symboles ne peut évidement pas déroger à cette règle. Au-delà des poncifs habituels exploités, c’est-à-dire les notions d’amitié, de courage, de dépassement de soi, c’est une allégorie de la nature humaine qui est dressée par Katsura Hoshino. Elle nous présente ici une palette de sentiments allant du meilleur au pire à travers le registre du fantastique. L’Homme est ici souvent victime de lui-même, et en paie parfois sévèrement le prix. Et les différents protagonistes majeurs sont fidèles à cette idée, avec des doutes, des blessures, parfois une part de lâcheté mais des personnalités fortes et attachantes. La forme de conte d’action gothique et sophistiqué cache un fond simple mais résolument poétique. …Mâtinés de légèreté Il ne faut cependant pas s’y tromper, l’œuvre n’a pas pour vocation d’être intellectuelle et recèle de grands classiques du shônen. A commencer par l’action très présente et offrant des combats parfois impressionnants. Des exorcistes équipés d’un attirail d’armes qui feraient rougir un héros de Final Fantasy, des Akuma parfois repoussants, parfois juste ridicules et toujours plus redoutables, des Noah et un Comte fort charismatiques offrent de bons moments de combat. Dans cette même veine, on reste dans un schéma connu avec un héros timide et frêle, mais surprenant de force et de courage au combat, et une liste de protagonistes majeurs dont une jolie fille sensible, un guerrier taciturne et un dragueur patenté pour boucler la boucle. Côté humour, D.Gray Man n’est pas non plus en reste et offre des personnages complètement loufoques, des disputes drôles à souhait entre Allen et Kanda, et les épisodes japonais sont ponctués de petites saynète dans lesquelles les personnages sont des caricatures SD bien sympathiques. Autant dire que l’animé tente le tour de force d’être le plus complet possible. En France C’est sur Game One que l’anime est diffusé pour la première fois chez nous, le 1er septembre 2008. Licencié chez Kana, le premier coffret DVD contenant les dix premiers épisodes est sorti fin janvier. Comme souvent, la présentation est élégante, les versions originales et françaises sont présentes avec en bonus un livret collector de trente deux pages. Si la VF ne vaut pas la version originale et que la voix française d’Allen déroute au premier abord, on peut reconnaître à l’ensemble d’être bien interprété et un peu plus inspiré que la moyenne.  par Romain Huck

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Evangelion 1.0 You are (not) alone En dépassant les frontières du mécha classique, Evangelion a obtenu du public un succès sans précédent qui ne s’est jamais démenti avec les années. Un scénario truffé de zones d’ombre, des personnages attachants et un visuel futuriste : cette série aux accents post-apocalyptiques réussit le pari de toujours intriguer. Même s’il est déjà bien connu des fans de manga, le film sort sur les écrans français le 4 mars prochain.

Scénario d’une légende

E

vangelion est à l’origine une série de mangas débutée en février 1995 dans le magazine Shônen Ace. Sortie de l’imaginaire de Yoshiyuki Sadamoto, cette œuvre va très vite s’imposer comme une petite révolution dans l’animation des années quatre-vingt-dix. Le ton est donné rien que dans le titre : quand la version japonaise Shinseiki Evangelion se traduit par L’évangile du nouveau siècle, le titre mondial, Neon Genesis Evangelion, va plus loin et évoque le Nouveau commencement de l’évangile. L’optique de cette série est donc celle d’un nouveau commencement : l’humanité doit ici surmonter un cataclysme. Les premiers pas télévisés de l’adaptation remontent au 4 octobre 1995. L’œuvre se voit alors réalisée par Hideki Anno et produite par le studio Gainax. Avec un générique mémorable et un visuel remarquable, cet animé ne va pas tarder à marquer son époque. La cause de ce succès réside dans un subtil mélange entre la tristesse et la profondeur philosophique de l’histoire avec une forme de douce légèreté pour un ensemble d’une grande densité scénaristique. L’histoire que beaucoup connaissent à présent prend ses bases après une catastrophe de grande ampleur ayant réduit à néant la moitié de la population mondiale. Les survivants, meurtris, reprennent peu à peu ce qui ressemble à une vie quotidienne classique. C’est avec un adolescent de quatorze ans du nom de Shinji Ikari que vient débuter l’histoire. Alors que son père, qu’il n’a pas vu depuis dix ans, le convoque dans sa base de la NERV, la ville se voit attaquée par une créature robotique appelée un Ange. L’organisation secrète dont le but est de lutter contre ces créatures demande, ou plutôt ordonne à Shinji de prendre les commandes d’une arme humanoïde gigantesque du nom de Eva-01. Le jeune homme doit alors faire un choix décisif pour son avenir et celui du monde.

sont propres : des anges, des berserk, un children, un AT-Field comptent parmi les nombreux mots à décoder au fur et à mesure de l’histoire. Différentes religions se voient reprises, corrigées et adaptées pour venir créer une mythologie propre à Evangelion. C’est ainsi que les mythes judéo-chrétiens viennent se mêler au gnosticisme 1 . Des anges maléfiques, un Adam non terrestre, une Lilith et même un arbre de vie tout droit issu de la Kabbale viennent s’imbriquer dans un univers où dieu ne semble pas exister. La volonté exprimée par les créateurs de la série est cependant claire : il ne s’agit pas de véhiculer un message religieux, le but est tout autre. Ils expliquent dans une interview donnée en 2001 que l’objectif réel de la Gainax est d’offrir une saveur particulière et inédite qui différencie la série de ses consœurs du mécha. L’assistant du réalisateur, Kazuya Tsurumaki, confiera d’ailleurs cette volonté de ne pas envoyer de message religieux. Il déclarera en effet que l’équipe n’aurait pas mis l’accent sur la symbolique religieuse s’ils avaient su que la série rencontrerait un tel succès en occident. Car si message il y a dans Evangelion, celui-ci se veut avant tout philosophique. L’on retrouve d’ailleurs dès le troisième épisode l’apologie des hérissons développée par le philosophe allemand Schopenhauer

La mythologie d’Evangelion

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© Khara

Même si elle démarre sur ces bases assez classiques, l’histoire s’approfondit et fait preuve d’une certaine originalité. L’intrigue de base va s’étoffer d’une multitude de récits secondaires jouant sur les secrets et les complots en tous genres. Un monde d’un genre nouveau est développé par le créateur de la série, avec tout un vocable et des éléments qui lui


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dans son ouvrage Parerga & Paralipomena . Ce personnage est connu pour son hostilité envers les dogmes religieux occidentaux.

Une alliance s’opère donc entre la photographie numérique et le processus de montage non linéaire composite. Ce travail a pour but de permettre la confirmation et la vérification en temps réel des effets ajoutés au film, permettant en finalité d’apprécier de subtiles nuances au niveau de l’image.

Le nouveau Eva Douze ans séparent l’animé télévisé de cette nouvelle adaptation sous forme de longs-métrages appelés Rebuild of Evangelion. Cependant, dès l’annonce de cette série de quatre films à sortir au Japon, l’équipe annonce la couleur : il n’est pas question d’un remake mais d’une œuvre nouvelle, résolument tournée vers l’avenir. Et si le premier film suit sensiblement le schéma de la série originelle, il est prévu de développer différemment l’intrigue dès le deuxième film, et d’y inclure des cheminements différents et de nouveaux protagonistes. Les deux derniers morceaux de cette tétralogie, diffusés conjointement, devraient ensuite apporter une conclusion inédite, coupée en deux parties distinctes, à cette nouvelle série. De l’aveu du producteur du film Toshimichi Otsuki, le quatrième film constituera une fin totalement inédite à la saga télévisée, avec la volonté que celle-ci soit définitive et compréhensible 2. Alors que le premier film, sorti au Japon en septembre 2007, arrive à peine chez nous, le deuxième Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance est prévu pour l’été prochain dans les salles nippones.

La controverse

Reconstruction

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De nombreuses récompenses Asiexpo Lyon 2008 • Prix du public du meilleur film d’animation Tokyo Anime Fair 2008 • Film d’animation de l’année • Meilleur réalisateur : Hideaki Anno Agence japonaise des affaires culturelles Médias 2007 • Prix d’excellence/ Catégorie animation Japan Media Arts Best 100 2006 • Meilleure animation 18e Nihon Taisho awards • Auteur japonais de science fiction/Fantasy

Fiche Technique

Réalisateur : Hideaki Anno Directeur de l’animation : Masayuki / Kazuya Tsurumaki Character Designer : Yoshiyuki Sadamoto Mecha Designer : Ikuto Yamashita Effets spéciaux : Shinji Higuchi Musiques : Shiro Sagisu

Notes 1 : Le gnosticisme est un mouvement religieux regroupant des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient, apparues au Ier siècle, qui se caractérisent généralement par la croyance que les hommes sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou imparfait appelé le démiurge. 2 : Article Internet du quotidien

Asahi Shimbun (asashi.com)

© Khara

La naissance de ce projet de longs métrages animés remonte à 2006. Le réalisateur Hideaki Anno souhaite alors donner un tout nouveau souffle à Evangelion et l’explique dans une lettre adressée à son public. Pour ce faire, il s’éloigne des racines de la Gainax et crée un tout nouveau studio d’animation et de production appelé Khara. Les premières annonces de recrutement de studio pour ce projet sont lancées en août 2006. Débute alors ce que le réalisateur décrit comme un travail de « reconstruction ». Cette notion totalement inédite dans le domaine de la production cinématographique d’animés consiste à reprendre l’essence-même de l’œuvre afin d’en recréer une nouvelle, toujours avec la volonté forcenée de ne pas faire du neuf avec du vieux. L’aspect technique du film est l’un des premiers sujets passés à l’étude. Il est décidé d’une technologie dernier cri qui peut répondre aux exigences panoramiques dont sont équipés les cinémas à l’heure actuelle, afin que ceux qui visionnent le film voient une œuvre moderne et non une resucée d’ancien animé. L’équipe opère alors ce qui est décrit comme une déconstruction : l’on isole les différents éléments matériels de l’original et des feuilles d’animation-clé conservées depuis plus de dix ans afin de les retravailler et de les ajuster aux normes de l’animation actuelle. Le profil visuel des différents personnages se voit ainsi refait et complété par différents ajouts, allant de l’ombre au détail vestimentaire. Les Evas ne sont pas en reste et se voient entièrement retravaillées. Leur design est affiné, agrémenté de nouveaux systèmes d’armement pour être finalement recolorés de manière plus moderne. Ce travail d’actualisation doit fatalement prendre en compte un changement important dans le domaine de l’animation du troisième millénaire, à savoir la combinaison des images en 2D à celles en 3D inhérente aux nouvelles productions.

En raison d’un succès hors norme, Evangelion suscite un grand nombre de réactions excessives d’une partie de ses amateurs. Si la série animée se voit en majeure partie louée pour sa complexité et ses qualités visuelles, certains épisodes vont engendrer une certaine polémique. Les 20 et 27 mars 1996, après la diffusion des deux derniers épisodes au Japon, les fans les jugent incompréhensibles, hors sujet ou encore bâclés. Ce final va entrer à sa façon dans la légende d’Evangelion. Il est vrai qu’à travers leurs nombreux plans fixes, les monologues alambiqués et les crayonnés totalement inhabituels dans cette série, ces épisodes de conclusion déroutent et peinent certains spectateurs qui ne trouvent pas la réponse aux nombreux mystères posés par l’histoire. La cause de cette mésaventure semble notamment venir de la grande fatigue des équipes chargées de la production qui, en retard dans leur réalisation ont dû terminer l’ensemble dans la précipitation. A cela est venu s’ajouter un message voulu par le réalisateur pour son public d’otakus et qui ne fût pas nécessairement compris. Il s’agissait en effet d’envoyer une leçon de vie à travers la simplicité de ces épisodes et de la prise de conscience finale de son héros, allant à l’encontre des standards du shônen habituel. Une autre fin était cependant prévue d’avance par la Gainax et elle prend forme en 1997 sous la forme de deux longs métrages sortis à quatre mois d’intervale. Si aucun tollé n’est à relever suite à cette deuxième fin un peu plus claire dans son développement, elle laisse néanmoins une certaine frustration du fait de nombreuses zones d’ombre éludées. Le message envers un certain public d’otakus, et même certaines lettres d’insultes envoyées à l’occasion des derniers épisodes de la série se voient brièvement et finement évoqués par un réalisateur toujours aussi désireux de faire passer son message. Au final, ces films auront eux aussi divisé l’opinion, entre les nouvelles questions soulevées mais qui ne trouveront pas de réponse, et des éléments qui viennent éclaircir des points obscurs de la série. Seule la manière de le faire sera moins virulente. Autant dire que le final de cette tétralogie animée est attendu par un nombre conséquent de fans désireux de tout comprendre d’une série au développement si singulier. Reste à savoir quelle sera la volonté du réalisateur sur ces aspects précis. Cette profonde volonté de changement peut néanmoins laisser croire à un final étonnant. A suivre… par Romain Huck 


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Nouveauté

Gundam 00

Du fait de sa grande longévité, la saga des Gundam n’a plus rien à prouver pour séduire les amateurs de mechas. C’est sans compter sur un Gundam 00 qui a su en peu de temps, et par un succès sans précédent, ouvrir les portes de la saga à un nouveau public. Gros succès japonais en 2007 et en 2008 à travers ses deux saisons, ces aventures robotiques d’une ère nouvelle débarquent à présent en France chez Beez. Un Gundam à grand succès

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obile Suit Gundam 00 est le dernier animé de la franchise Gundam.. Il est dirigé par Seiji Mizushima et écrit par Yosuke Kuroda, et met en scène des personnages au chara design de Yun Koga. La série a d’abord été annoncée officiellement par Sunrise au cours d’une bandeannonce de quinze secondes le 2 Juin 2007. Gundam 00 est la première série Gundam à être animée en haute-définition et à se baser sur notre calendrier. La série prend place sur une planète Terre futuriste dans laquelle la Celestial Being (l’être céleste), une force paramilitaire privée, concentre ses efforts pour débarrasser le monde de la guerre et des conflits avec à son service, les très efficaces robots Gundams. Selon Hiroomi Iketani, l’un des producteurs de Gundam 00, le développement de l’animé a commencé en 2005, sous le nom de projet « Next ». C’est en effet fin 2005 qu’il a d’abord approché le réalisateur Seiji Mizushima qui, en premier lieu, a montré quelques réticences à accepter de collaborer, au prétexte qu’il connaissait mal les séries Gundam. L’équipe créative, composée de plus de trois cents personnes, a passé environ deux années à développer ensuite la série. En comparaison avec d’autres animes, Gundam 00 compte un nombre bien plus élevé de collaborateurs, en raison du soin apporté au design particulièrement étudié des robots. Dès sa diffusion, des voix se sont élevées afin de faire remarquer qu’on pouvait établir des parallèles plus que troublants entre Gundam 00 et une série précédemment diffusée en 1995, Mobile Suit Gundam Wing. A ceci, il fût répondu que les deux séries étaient adaptées d’une même œuvre, datant de 1979, et portant pratiquement le même titre : Mobile Suit Gundam. Un travail d’adaptation a cependant été effectué pour moderniser le propos. Beaucoup considèrent en effet que cette œuvre d’anticipation a nettement été influencée par le 11 septembre et ses conséquences.

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dans la catégorie du meilleur comédien de doublage. Et en avril 2008, le magazine japonais Newstype Magazine propose à ses lecteurs de voter pour les meilleurs animes, et c’est Gundam 00 qui prend la première position, alors que son prédécesseur, Gundam SEED, s’est classé neuvième.  par Patrick Bernard

Fiche Technique

Scénario : Yôsuke Kuroda Réalisateur : Seiji Mizushima Studio : Sunrise Type : Shônen/Mecha

© SOTSU AGENCY • SUNRISE

Bien que saluée par la critique, la première saison de Gundam 00 a enregistré des audiences inférieures à celles de ses prédécesseurs, Mobile Suit Gundam SEED et Mobile Suit Gundam SEED Destiny. Malgré tout, le Seiyu de Setsuna Seiei, Mamoru Miyano, a été primé au Tokyo International Anime Fair en 2008


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Nouveauté

Eyeshield 21

Vous qui rêvez de faire du football américain et d’être le plus célèbre quater-back de tous les temps, mais qui avec votre mètre soixante pour quarante-huit kilos êtes obligé de voir la réalité en face, ne déprimez plus ! Sena est là pour prouver à la face du monde que tout est possible, tant que l’on a un peu de ténacité… Et un bon pas de course ! Historique

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ela fait déjà quelque temps que l’œuvre papier écrite par Riichirô Inagaki et Yûsuke Murata est arrivée sur notre sol par le biais de Glénat, dévoilant ainsi aux lecteurs des équipes mémorables comme la Deimon Devil Bats. Ce manga se présente comme un des gros succès de l’édition japonaise de ces dernières années avec pas moins de seize millions d’exemplaires vendus des vingt-cinq volumes sortis. L’adaptation animée, quant à elle, n’est arrivée qu’au mois de janvier en DVD via l’éditeur Kaze. Programmée sur les télévisions japonaises en avril 2005, elle prend base sur le manga et est réalisée par un petit nouveau en la matière, Masayoshi Nishida. Jusqu’en mars 2008, pas moins de cent-quarante-cinq épisodes sont diffusés sur TV Tokyo, avec en parallèle l’édition de trente-six DVD. Il va y avoir du sport !

© KOME STUDIO • VILLAGE STUDIO/SHUEISHA • TV TOKYO • NAS All Rights Reserved.

En manga, comme en animé, Eyeshield 21 présente au départ l’histoire du jeune Sena Kobayakawa. Ce jeune homme frêle et craintif sert de larbin aux fortes têtes de son école, la Deimon Private Senior High School. Il se fait pourtant remarquer dès son arrivée dans ce lycée par le démoniaque quater-back Yôichi Hiruma qui, en voyant sa vitesse à la course, se met en tête de lui faire rejoindre l’équipe de football américain dont il est leader. Si à la base Sena refuse, se proposant d’en être juste manager, il va cependant devenir très vite l’Eyeshield 21, le running back mystère de son équipe. En jouant la carte de l’anonymat, caché derrière sa visière teintée, Sena va très vite devenir l’arme secrète de son équipe, les Deimon Devil Bats. L’on découvre très vite une équipe assez peu douée qui croit trouver en ce mystérieux nouvel arrivant une arme pour réussir à gagner quelques matchs. Bien qu’à ses débuts, l’histoire semble se concentrer sur le parcours courageux d’un adolescent malingre pour devenir running back, l’on va très vite s’intéresser plus généralement à l’évolution de l’équipe et de son effectif, ainsi qu’au rêve secret d’Hiruma et Kurita, les vétérans du club qui rêvent de participer au Christmas Ball. L’histoire présente alors le parcours d’une équipe de sport partie de rien pour arriver vers de hautes sphères. Un concept n’étant pas sans rappeler

nombre de mangas sportifs des années quatrevingts. Eyeshield 21 joue également la carte d’une certaine fantaisie, que celle-ci soit visuelle ou scénaristique, ce qui la rend identifiable par rapport aux innombrables autres histoires variant sur le même thème. L’animé vient visuellement insister sur cet aspect et joue l’alternance de moments graphiquement classiques et loufoques. par Patrick Bernard 

CRITIQUE L’amateur de football américain, tout comme l’amateur de shônen sportifs, ne pourra qu’être séduit par cet animé haut en couleurs. Les autres pourront néanmoins apprécier la folie se dégageant de chaque épisode. L’on reste néanmoins devant une histoire reprenant tous les classiques du genre sans présenter ni évolution, ni révolution du genre. Mais l’intérêt ne se situe sûrement pas là : Eyeshield 21 brille avant tout parce qu’il se suit facilement et que l’on se prend vite au jeu de les Deimon Devil Bats.

Sena va très vite devenir l’Eyeshield 21, le running back mystère de son équipe

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Les Mystérieuses Cités d’Or

Qui n’a jamais entendu parler de ces trois enfants ayant quitté leur contrée natale, à la poursuite de leurs origines par le biais des Mystérieuses cités d’or ? Entre mythologie et légendes incas, le scénario finement ficelé de cet animé, créé il y a vingt-cinq ans, rassemble petits et grands dans un univers émouvant autant qu’haletant. L’histoire

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Le dessin animé fait la part belle aux références historiques et mythologiques © CLT / NHK

ux XVIe siècle, les Espagnols traversent les océans à la conquête des richesses de l’autre continent. A la mort de son père adoptif, le jeune Esteban, douze ans, décide de suivre l’étrange Mendoza dans un long périple en direction de l’Amérique du Sud afin de retrouver la trace de son père qu’il sait être parti à la recherche de mystérieuses cités tout en or. Dans le bateau le menant sur l’autre continent, il fait la rencontre d’une jeune inca, du même âge que lui, nommée Zia. La fillette a elle-même été enlevée par les conquistadors en raison de sa capacité à lire les quipus, forme d’écriture inca, nécessaire aux Espagnols pour trouver la route de ces légendaires cités dont ils espèrent piller les ressources. Sur leur chemin, ils font la connaissance de Tao, garçon vivant isolé sur une petite île avec un perroquet nommé Pichu, et présenté comme étant le dernier

descendant de l’Empire de Mû, peuple disparu et dont les savoirs semblaient incroyablement étendus. S’aidant des technologies inventées par les aïeux de Tao, Esteban, Mendoza et les autres s’aventurent au cœur de villages incas, de temples mayas et dans l’immense forêt amazonienne. L’intrigue s’intensifie autour des intentions de Mendoza, personnage difficile à cerner. Cet espagnol avide d’or n’a en effet pas choisi de prendre sous son aile Esteban par pure charité. Esteban a la réputation d’être le « fils du soleil » et de faire apparaître ce dernier à volonté. D’autre part, il a en sa possession un étrange médaillon en or présentant l’emblème du soleil, seul héritage que son père lui ait laissé avant de disparaître, à l’époque où Esteban n’était encore qu’un nourrisson. La jeune Zia possède un médaillon semblable, se transmettant dans sa famille de mère en fille. Ces deux médaillons réunis semblent l’une des clés pour pouvoir atteindre les fameuses Cités d’or. Tao, lui aussi, regorge d’atouts très utiles. Les connaissances et les technologies de ses ancêtres


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© CLT / NHK

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aident régulièrement le groupe à résoudre un grand nombre d’énigmes ou à se déplacer rapidement grâce à l’énergie solaire que le peuple de Mû avait appris à concentrer. Le Solaris, immense navire, ainsi que le grand condor, auront un rôle essentiel dans le parcours de nos héros. Mendoza a donc tout intérêt à s’encombrer de trois enfants, quitte à se mettre en danger par moments pour les sauver, car Esteban, Tao et Zia semblent être le moyen le plus évident pour atteindre son but unique : les Cités d’or. Mais au fil des épisodes, on se rend compte qu’on ne peut pas résumer Mendoza si simplement. Lui qui ne paraissait s’intéresser qu’à l’or, saura révéler une autre facette de sa personnalité. Au cours de leur périple, nos protagonistes croiseront un nombre impressionnant de personnes à la recherche des Cités d’or, dont l’unique dessein est la richesse et le pouvoir. Mais, la seule façon d’accéder à ces improbables villes ne serait-elle pas la pureté ? Diffusée pour la première fois en France le 28 septembre 1983 dans l’émission Récré A2, sur Antenne 2, la série connaît rapidement un vif succès. Elle est inspirée du roman de Scott O’Dell The King’s Fifth, avec beaucoup de libertés (seuls les noms de Mendoza, Esteban et Zia sont réellement empruntés au livre original). A l’origine du projet : la NHK (compagnie de diffusion publique japonaise), et l’équipe de Jean Chalopin, déjà à l’origine du dessin animé Ulysse 31 en 1981. Le travail créatif sera partagé entre le Japon (MK Prod et le Studio Pierrot) et la France (DIC – Société de production de Jean Chalopin).

étaient tellement déçus de ne pas les avoir toutes vues sortir dans le commerce qu’un fan (Yannick Rault), avec l’accord de Jean Chalopin, a décidé de toutes les recréer de ses propres mains, et de partager son travail sur un CD . Vingt-cinq ans après sa première diffusion, l’animé n’a pas perdu son public. De multiples éditions DVD sont sorties depuis 2001. La dernière en date, un coffret collector numéroté édité par Kaze, rassemble l’ensemble des épisodes remasterisés, un story-board, le roman original de Scott O’Dell, un livret sur la série et une petite encyclopédie sur les civilisations disparues. De multiples rumeurs de suites ont circulé sur Internet depuis bon nombre d’années. Mais la frilosité des chaînes françaises face à une série dont les épisodes dépendent les uns des autres avait fait avorter les projets. Aujourd’hui, la rumeur n’en est plus une : l’arrivée de trois nouvelles saisons de vingt-six épisodes est en préparation pour TF1. Jean Chalopin lui-même a annoncé les délais nécessaires à la production de cette suite tant attendue. Il faudra donc encore un peu de patience puisque la production devrait débuter à la fin de l’année, et se par Cécile Gaffory terminer courant 2011 !

Les dessins animés d’origine japonaise étant à l’époque qualifiés de « japoniaiseries », il était difficile de s’imposer. Jean Chalopin et son acolyte Bernard Deryès ont donc décidé de concevoir une série ayant une trame de fond culturelle. Sur ce point, on pourra en effet remarquer l’importance de références historiques et mythologiques distillées au cours du dessin animé. Les noms des personnages secondaires sont même régulièrement empruntés aux divinités incas. Viracocha, par exemple, est le nom du dieu créateur des tribus Andines, du soleil, de la lune et des étoiles ; ce nom fut aussi repris par le huitième empereur inca. Pacha Mama (Terre Mère des Hommes, des bêtes et des plantes) était une divinité très importante dans le monde inca. Au-delà de la mythologie, des personnages historiques réels sont repris, tels que Pizzaro, célèbre conquistador. On notera aussi, au niveau de l’image, le travail de rendu des paysages et des ruines, très fidèles aux couleurs et à l’ensoleillement que l’on peut voir en pampa péruvienne. L’équipe française ne s’arrête pas là, et ajoute à la fin de chacun des trente-neuf épisodes que compte la série un de ces célèbres petits reportages éducatifs, commentés par Jean Topart. Pour couronner le tout, les fans de la série seront tous unanimes sur la bande son du dessin animé. Les compositeurs Haïm Saban et Shuki Levy ont créé pas moins de soixante-dix-neuf thèmes, qui jouent un rôle énorme dans l’ambiance du dessin animé. Pour l’anecdote, les amateurs de ces musiques

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Jean Chalopin

“À propos de la suite des Cités d’Or…” On n’y croyait plus… Mais ça y est !!! Jean Chalopin, le producteur et initiateur des Mystérieuses Cités d’or parvient enfin à donner forme  à son projet de suite à cette série culte à l’aura intemporelle. En attestent les multiples éditions DVD et les rediffusions à succès à la télévision où les aventures du trio Esteban, Tao et Zia explosent l’audience…

Une histoire d’amitié… Ce qui est intéressant à savoir c’est que Les Mystérieuses cités d’or, c’est avant tout une histoire d’amitié. Tout d’abord entre Jean Chalopin et Mitsuru Kaneko (fondateur de MK Productions), qui est à l’origine de cette œuvre et qui reste pour Jean un grand ami et quelqu’un avec qui le créateur français adore travailler. De la même façon, Jean a gardé cette amitié, cette complicité et cette collaboration depuis toujour avec le réalisateur Bernard Deyriès. « Nous nous sommes également entourés d’une nouvelle équipe de jeunes écrivains 1 (comme Hadrien Soulez Larivière, NDLR), dessinateurs et réalisateurs français. Ce sont des personnes qui étant enfants ont grandi avec les Cités d’or et qui aujourd’hui par certains aspects connaissent la série souvent mieux que Mitsuru (Kaneko) et moi-même », précise Jean. Tous ensemble, ils ont pris le parti de prolonger cette fabuleuse aventure. Et Jean ravi d’ajouter : « J’espère que vous aurez

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plaisir à voir ce sur quoi nous travaillons et que nous vous donnerons ce même rêve que vous avez pu connaître étant plus jeunes grâce aux Cités d’or. Nous n’avons pas encore décidé où se fera toute l’animation, mais ce que nous savons déjà c’est que pour beaucoup de raisons nous privilégions la France où nous travaillerons en coproduction avec Blue Spirit Animation 2 ». Un film des Cités d’or ? Malgré le temps et la distance, le rusé producteur a gardé de bons contacts avec tous ceux qui ont travaillé sur les Cités d’or (Mitsuro Kanéko, Haim Saban, Shuki Lévy, Noam Kaniel…). Et le nouveau projet des Mystérieuses Cités d’or devrait les rapprocher plus encore. Jean nous révèle : « Noam Kaniel est d’ores et déjà pressenti comme le musicien de nos nouvelles saisons  ». Quant au film d’animation longtemps évoqué, certains d’entre vous ont peut être déjà aperçu les premiers dessins préparatoires que Jean et son équipe ont développé avec une qualité d’image exceptionnelle. Jean Chalopin qui nous montre alors la plaquette promotionnelle réalisée à cette occasion conclut à ce sujet : « Nous n’avons pas abordé ce projet car il est ambitieux et très compliqué à monter. Qui dit ambitieux dit cher ! Et nous n’avons pas trouvé le financement suffisant pour l’instant ». Mais grâce la trilogie en préparation, nous avons espoir de bientôt pouvoir découvrir le fameux film des Cités d’or dans les années à venir, en animation ou en prise de vue réelle.  par Rui Pascoal remerciements à Véronique Luzy (Movie Plus) et à Gilles Broche (Les enfants du Soleil) Notes

1 : Par le passé, il a eu l’occasion de travailler sur des scripts pour des séries de fiction et d’animation (TV et films) comme L’apprenti du Père-Noël, Ratz, Boule et Bill (série de 2004) ou La Reine Soleil de Philippe Leclerc. 2 : Implanté à Paris, c’est un jeune studio de production de séries et de films d’animation (2D, 3D). On lui doit notamment Grabillon, Petites Poules, Le tableau, Ovni, Pahé, Arty…

Les enfants du soleil Les Enfants du Soleil, association loi 1901 à but non lucratif, est le fanclub du dessin animé Les Mystérieuses Cités d’Or. Depuis 2001, elle a pour vocation de promouvoir ce dessin animé mythique en rassemblant les fans au cours de voyages et activités diverses. Le vecteur d’information est un magazine qui explore les sources d’inspiration, les secrets de la production et tout ce qui se rapporte à l’univers des Cités d’Or. Huit numéros sont déjà parus, le neuvième est en préparation. Dans le dernier opus, un gros dossier est consacré à la véritable histoire des Cités d’or, l’expédition malheureuse du conquistador Francisco Vasquez de Coronado. On y trouve également une biographie et une bibliographie très complètes de Scott O’Dell, l’auteur du roman qui a inspiré le dessin animé, malheureusement assez peu connu chez nous. Dans un autre genre, Pichu nous invite à rencontrer tous ses amis les comics reliefs, l’occasion d’en savoir un peu plus sur les petites bestioles qui ravissent les jeunes téléspectateurs dans les séries et films à succès. On nous explique également comment les titres des épisodes ont mystérieusement disparu de la circulation : une étonnante illustration du manque de contrôle de l’information dans notre société actuelle. Plein de bonnes choses complètent ce magazine toujours bien documenté et agréablement mis en page. Indispensable pour les fans de cette série indémodable.

E-mail : contact@enfants-du-soleil.org Site : www.enfants-du-soleil.org

©MK. Recherches graphiques pour le film

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l aura fallu treize ans d’efforts à Jean Chalopin pour rassembler les droits qui étaient éparpillés, et ainsi permettre de poursuivre le rêve de cette suite tant attendue des Mystérieuses Cités d’or. C’est chose faite ! Jean Chalopin et son équipe de Movie Plus (sa société basée en Chine, où il réside depuis cinq ans) ont en effet signé avec TF1 un accord de développement et de production qui nous permettra de voir la naissance de trois saisons de vingt-six épisodes chacune au cours des six années à venir. D’ailleurs, Jean Chalopin souligne à propos de son œuvre animée franco-japonaise : « Vous vous souvenez certainement qu’il existe en tout sept cités d’or dans la première série. Cette première cité d’or avait été détruite à la fin du trente-neuvième épisode. Nous allons enfin pouvoir découvrir les six autres. Esteban, Zia et Tao sont enfin de retour avec nous et dans à peu près deux ans, vous devriez les revoir sur vos écrans ».


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Jacques Cardona

Jacques Cardona nous a quittés le 1er décembre 2008, à l’âge de 62 ans. Auteur, compositeur, producteur, interprète et co-fondateur du fameux studio Condorcet, cet artiste de l’ombre a signé des tubes de variété française mais aussi interprété des génériques TV cultes qui ont bercé toute une génération biberonnée par Dorothée, tels que Inspecteur Gadget, Ulysse 31 et Les Mystérieuses Cités d’or. Capitaine abandonné

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oulousain d’origine, Jacques Cardona a travaillé des 1971 avec des artistes comme Shuky et Aviva, Noam qui avait alors huit ans (bien avant qu’il connaisse le succès avec le disque Goldorak) et le regretté Mike Brant, un ami de Jacques, pour qui il composa la musique de Donne un peu de toi avec côtés de Roger Loubet, Alain Krief et Andrew Dimitroff (d’autres musiciens effacés de l’écurie Saban) dans son propre studio d’enregistrement, le fameux studio Condorcet. En avril 1983, Jacques a rejoint le tandem Haïm Saban (producteur qui a fait fortune avec Power Rangers) et Shuki Levy (le compositeur attitré de Saban Records). Ils sont partis tous les trois à Los Angeles où Jacques se lance tardivement (il a trente-cinq ans) dans une carrière d’interprête des génériques TV pour le marché mondial tels que Ulysse revient (second générique de début d’Ulysse 31), Inspecteur Gadget (avec une voix trafiquée), Bang Bang Lucky Luke (la deuxième série produite par IDDH), Frank chasseur de fauves (une série TV australienne), Le secret des Sélénites (version anglaise) et, surtout, le somptueux générique des Mystérieuses Cités d’or aux côtés de Noam (choriste) et de chœurs d’enfants chiliens, dans lequel il excella et qui marquera définitivement la mémoire collective. Et Jacques de rajouter à propos de ses génériques TV : « Comme en France, on a toujours tendance à vous coller des étiquettes indélébiles sur le front, je n’ai pas voulu prendre le risque et j’ai préféré enregistrer avec un faux nom. Haim l’a bien compris. C’est lui qui a trouvé le nom du Groupe Apollo. Il est évident que si c’était à refaire, je signerais, sous mon propre nom, ne serait-ce que par respect du public. Nous avons enregistré quinze jours et quinze nuits, moi en studio, casque sur l’oreille, lui dans son bureau, en train de terminer les textes et les chansons ! A la fin nous étions lessivés. Un vrai marathon ». Ville de lumière D’ailleurs, le chanteur avait eu l’occasion de réinterpréter en live les génériques de Ulysse Revient et des Cités d’or (pas celui de Inspecteur Gadget, le master de la bande play-back ayant été perdu !) à la Japan Expo 2003 et à la GloubiBoulga Night de Toulouse, il en avait gardé un souvenir énorme : « Sept mille personnes en délire au Zénith de Toulouse en train de chanter avec moi, à tel point que je ne

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m’entendais plus du tout ! J’étais excessivement ému, et heureux de vivre ce moment d’exception ! Car je ne suis pas un homme public, et bien qu’adorant chanter, je ne me produis sur scène qu’à l’occasion d’évènements uniques tels que celui-ci. C’étaient les vingt ans des Cités d’or fêtés dans ma ville natale. Je ne pouvais pas refuser et je ne le regrette pas ». Hormis le générique américain de Noam, il existe aussi un générique breton des Cités d’or. Nous avions demandé à Jacques s’il en connaissait l’existence : « Pas du tout, et je trouve l’idée plutôt sympa. Mais ça ne m’étonne pas, la Bretagne est chargée d’histoire et de légendes celtiques. Les Cités d’or pourraient parfaitement se trouver au cœur de la Forêt de Brocéliande » nous précisait-t-il. Quand on a demandé à Jacques ce qu’il pensait du succès encore actuel des Cités d’or, vingt-cinq ans plus tard, il nous avait répondu : « J’en suis ravi ! Cela prouve que les grandes œuvres de l’esprit ne meurent jamais et se transmettent de génération en génération, pour le plus grand bonheur de tous. Comment ne pas s’enthousiasmer pour cette quête du Graal oùl’amitié se mêle à l’aventure et au mystère ? Tout était réuni pour faire de cette série un formidable succès, vingt ans avant Harry Potter ». Au sujet de la production de la suite des

Cités d’or que son créateur Jean Chalopin est en train de développer avec TF1, nous avions également demandé à Jacques s’il serait prêt à rechanter ce générique : « Tout de suite. Mais alors tout-de-suite ! Lorsque j’ai eu vent du projet, je me suis précipité dans mon home studio et j’ai fait des essais de voix sur la bande play-back. Elle n’a pas varié d’un pouce ! » nous avait-il confié… Laissez-nous chanter Mais Jacques Cardona reste avant tout le talentueux artiste de l’ombre qui a composé pour différents chanteurs dont Francis Cabrel, Kazero, le groupe Sweepers, Marie Myriam, Rose Laurens et principalement le groupe Gold dont il était le manager. De 1985 à 1988, il signe aussi les paroles de leurs plus grands succès (Plus près des étoiles, Capitaine abandonné, Laissez-nous chanter…) si bien que Gold obtient Victoire de la Musique de la Révélation Variétés en 1986. Jacques soulignait : « Ils étaient très connus à Toulouse et je m’étais lié d’amitié avec Emile, le chanteur. Alors ils sont venus enregistrer au studio leur premier disque régional. Un jour ils ont décidé de faire un disque plus professionnel destiné au national et tout


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est parti de là. Leur réussite a été pour moi une fierté extraordinaire ». Fort de ce succès, RTL avait contacté Jacques pour l’Eurovision. Il signa la musique de Croire sur le texte d’Alain Garcia, parolier de Saban (et compagnon de Jacqueline Tordjman, alors présidente de Saban France) pour la jeune Lara Fabian (dix-sept ans à l’époque) qui représentait le Luxembourg et avait finit troisième au concours. Jacques insistait à ce sujet : « Elle avait déjà une superbe voix et me connaissait à travers les chansons de Gold. Nous nous sommes très bien entendus et, avec Croire, Lara a été coiffée au poteau par la gagnante de l’époque… Céline Dion ! C’est drôle ! Ensuite, elle est partie faire carrière au Canada, et pendant dix ans je ne l’ai plus vue. Quand j’ai su qu’elle revenait en France avec le succès qu’on lui connait, je suis allé la voir sur scène et nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre ; Lara je la considère comme ma petite sœur ». Jacques oeuvra ensuite avec Michel Sardou pour qui il avait signé les musiques de Tous les bateaux s’envolent avec Jacques Revaux et Un jour, la liberté, chanson finale du premier concert à Bercy de Michel Sardou en 1989. Après, Jacques co-réalisa avec Georges Augier de Moussac, l’album Cadillac pour Johnny Hallyday.

Les grandes œuvres ne meurent jamais et se transmettent de génération en génération

Plus près des étoiles Passionné de cinéma, il avait également réalisé début 1990, les commentaires et les musiques de films institutionnels (Airbus Industrie, Alcatel, Matra Espace…). Jacques Cardona avait conçu un album européen de musique classique. Il venait également de réaliser Zik Zag, l’album d’un jeune chanteur prometteur d’origine marocaine, Mo Gzanay. Mêlant des sons soul, funky et des accents orientaux avec élégance et virtuosité sous le label V Music de Yvan Vanouche, Jacques avait avec lui un projet d’Olympia, fin mars 2009, en première partie d’Emile et Images. Avec son ami Gérard Solivères, il avait même écrit un roman Le testament de l’Omeyyade. A ce propos, Jacques nous disait à propos de son livre : « Mon ami Gérard est venu me trouver un jour avec un projet qui lui trottait dans la tête depuis longtemps. De mon côté, j’avais envie d’écrire depuis toujours, mais je n’avais pas LE sujet qui fait tilt, Gérard me l’a offert sur un plateau. Nous avons mis un an et demi pour terminer l’écriture du roman, merveilleusement préfacé par Eliette Abécassis, et qui raconte la fabuleuse épopée d’Al Andalus ou les Omeyyades, hommes de génie, amoureux de grands espaces, assoiffés d’aventures et de tolérance, s’éblouirent d’amour, de connaissance et de beauté . Ils firent de l’Andalousie un des phares du monde et furent les précurseurs de la Renaissance. Ils connurent leur apogée dans la seconde moitié du Xe siècle de notre ère, sous le règne du calife Abderrahman III qui fit ériger la plus belle ville jamais construite depuis la création du monde. Au milieu des bassins, des fontaines et des jardins luxuriants, le grand salon de réception était d’une richesse inouie. Ses murs, sculptés en filigrane, étaient incrustés de milliers de pierres précieuses. Madinat al Zahar n’était pas une cité d’or, mais une cité de diamants ! On peut aujourd’hui en visiter les fouilles à une dizaine de kilomètres de Cordoue ». Artiste surdoué, Jacques Cardona a marqué de sa voix dorée toute une génération.  par Rui Pascoal

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Actu Japon Le nouveau Gatô Asô Le character designer de Seirei No Moribito revient en tant que mangaka avec une œuvre fantastique. L’on retrouvera prochainement Gatô Asô dans les pages du magazine Young Gangan avec Tokyo Bardo . L’action se situe donc dans la ville de Tokyo dont les sous-sols sont protégés des attaques de créatures maléfiques par une barrière magique. Celle-ci est défendue depuis des millénaires par la famille Hirasaka. Seulement, la sécurité de cette barrière se voit de plus en plus menacée ces dernières années, principalement à cause d’un groupuscule bien décidé à mettre en péril la ville de Tokyo par simple esprit de vengeance. Gatô Asô entame ainsi l’écriture de son deuxième manga, après l’adaptation papier de la série Seirei No Moribito dans le magazine Young Gangan.

kers c a b t e les G ons et loyauxs r u o p f ir s de b u x p o u vo Du neu uit an a nt

ie sh rs o av a r a te u , a p rè 2007 s ré cu p é in ji A m a n au sein n e t C’es s , q u e le i d o et G tbackers sans e e it M s e r vic u re ls B a n tures de G mp. C’éta e, l e s u n t J in e a n v n m sur urs a kly Shône a n d i Aya année iné le term azine Wee Ao ki et R cent cette i l’on n a .S ag du m r su r Yu y rie qui se la aventures cette e é t s e s e p d c o m de cette tour de c contenu a u rs lle ser le a u r t ’e e u o u t s h q u s s r . a t il e e n a c n t e n o é no em un ed dans pas plus d s et déjà an l prochain rs en u ia e it c r ne sa n peut d’o azine Spe à lui toujo a . Le g o ik nt suite, dans le Ma er est qua c e c h ez P sor tir e k n e é c a li pub ga Getba i o n e n Fr ’ailleurs d oins m t d an Le m e p u b li c a me vient ompte pas d o c t n s e r ’e cou nièm l’œuvre n l, e et u trent us. Au tota o n z e ch uf. nte ne de tre

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Un Ultimo Americano-Japonais Du fait de ses auteurs, Karakuridôji Ultimo présente une double nationalité assez rare dans le monde du manga pour être relevée. Cette œuvre est en effet créée par l’américain Stan Lee (dont les travaux sur Spiderman et X-Men sont connus partout dans le monde), en collaboration avec l’auteur de Shaman King, Hiroyuki Takei. L’histoire se déroule dans le ciel de Farmless City où deux ennemis jurés à la puissance incommensurable s’affrontent perpétuellement. Après un épisode 0 proposé aux japonais dans le magazine Jump SQ II et aux américains dans la version américaine du Shônen Jump, ces aventures devraient débuter leur série dès mars dans les pages du magazine de prépublication Jump Square.

Basquash ! Le manga Afin d’accompagner la sortie de l’animé sur les contrées nippones, le mécha francojaponais Basquash vient se décliner également en manga. Cette adaptation sera menée par Tetsuya Hayashi pour une prépublication dans les pages du magazine Shônen Ace. Il s’agirait ici de suivre de très près l’animé qui sera diffusé peu avant, et d’offrir sur papier les aventures de Dan JD dans le milieu du Bigfoot.

Le retour de Lovely Complex Les retours de succès sont légion en ce début d’année 2009. C’est au tour de Lovely Complex de renaître de ses cendres dans le magazine Deluxe Margaret à travers un spin-off baptisé Lovely Complex Deluxe, déjà raccourci en Love*Com D. Là où la première série se centrait sur la grande Risa Koizumi et le très petit Atsuchi Ohtani dans toutes leurs mésaventures d’adolescents à problèmes, ce spin-off devrait se pencher sur d’autres personnages tout en annonçant que « La famille Lovely Complex est de retour ». Ces nouvelles aventures devraient connaître leur première prépublication dès le mois de mai. En France, onze des dix-sept tomes de la série originelle sont déjà parus aux éditions Delcourt.

Retour au Peach Pit Le duo de mangakas Banri Sendô et Shibuko Ebara à l’origine de Shugo Chara, Rozen Maiden et Zombie Loan, annoncent leur grand retour après quelques mois d’absence du fait de problèmes de santé. A cette occasion, les deux auteures connues sous le pseudonyme de Peach Pit ont tenu à remercier les fans pour leur soutien et leur fidélité, promettant au passage de se remettre à la tâche dans les prochaines semaines. Les trois mangas cités plus haut devraient alors reprendre leur rythme respectif de sortie dans leurs revues habituelles. En France, cette absence ne devrait pas perturber outre mesure le rythme de parution de ces œuvres.


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Actu

Nodame Cantabile en pause forcée Une malédiction semble frapper les auteurs japonais. Après Katsura Hoshino et Peach-Pit, c’est au tour de Tomoko Nimoiya de se voir contrainte et de susprendre la parution de Nodame Cantabile. L’auteure souffre visiblement du syndrome du canal carpien, une maladie qui provoque des douleurs et engourdissements dans la main. Absente pour une durée indéterminée, elle laisse en stand-by son grand succès Nodame Cantabile habituellement pré-publié dans le magazine Kiss des éditions Kodansha. Vingt et un volumes de cette œuvre sont d’ores et déjà parus au Japon alors que le premier tome vient tout juste de paraître en France, chez Pika Editions.

Nouveau spin-off pour Ken Alors que La légende de Raoh fait son petit bout de chemin en France, un nouveau spin-off autour de l’univers de Ken s’apprête à paraître au Japon. Fait par Shin-Ichi Hiromoto, connu entre autres pour Hell’s Angels, ce nouveau manga viendra cette fois s’intéresser à l’odieux Jogi. Cet autre grand frère de Ken s’avère le plus faible d’entre les quatre héritiers du Hokuto Shinken. Pour y pallier, il se sert d’armes à feu et de ruses diverses lors de ses combats. Sanguinaire et sans scrupule, il voue une haine obsessionnelle à Kenshirô, car il n’admet pas que ce dernier puisse avoir été désigné héritier du Hokuto Shinken. Lors d’un combat, il sera défiguré par Kenshirô et portera par la suite un masque pour cacher son visage. Il se vengera en persuadant Shin que Kenshirô est trop faible pour mériter l’amour de Yuria, et l’incitera ainsi à s’emparer d’elle. Plus tard, Jagi s’inflige lui-même sept cicatrices sur la poitrine pour se faire passer pour Kenshirô et salir son nom. Jagi Gaiden: Gokuaku no Hana devrait ainsi se voir publié de le Weekly Comic Bunch et présenter encore une nouvelle facette de l’univers si particulier de Tetsuo Hara et Buronson. Pour le moment, aucune date précise de parution n’est annoncée.

54e Prix Shogakukan

Dogs Bullets & Carnage : le collector

Shogakukan, la célèbre maison d’édition à l’origine de nombreux magazines tels que Shônen Sunday a annoncé les résultats de leur 54e Annual Manga Awards à la fin du mois de janvier. Les lauréats de cette année sont pour la plupart inconnus du grand public international, alors que les précédentes sessions ont vu gagner de grands noms du manga populaire tels que Bleach, Fullmetal Alchemist, Inu-Yasha et Detective Conan. Les prix sont donnés dans quatre catégories : enfants, shônen, shôjo et général.

A l’occasion de l’arrivée d’un quatrième tome attendu, les éditeurs de Dogs/ Bullets & Carnage mettent les petits plats dans les grands : en plus de proposer une édition standard au prix de 630 yens (5,50 euros), une édition collector contenant le DVD du premier OAV de la série, Dogs Stray Dogs Howling In The Dark, est proposée pour 3680 yens (32 euros). L’occasion de découvrir la suite des aventures manga de Haine, Naoto, Badô et Mihai, les chiens de la ville bien décidés à affronter les démons d’un passé violent. La sortie de ce nouveau tome est prévue le 19 mai prochain

Voici les lauréats de cette année : Catégorie enfants Naisho No Tsubomi (A Secret’s Bud) Auteur : Yu-uchi Yabu Sérialisée dans le Shougaku Go-Nensei Catégorie Shônen Kurosugemu (Cross Game) Auteur : Mitsuru Adachi Sérialisée dans le Weekly Shônen Sunday Catégorie Shôjo BLACK BIRD Auteur : Kanoko Sakurakoji Sérialisée chez Betsucomi Catégorie générale Gaku ~ Minna no Yama (Peak ~ Tout le monde en Montagne) Auteur: Shin-ichi Ishizuka Sérialisée chez Big Comic Original

Natsuki Takaya affiche Alors que le succès du manga Twinkle Star semble ne pas se démentir au Japon, son auteure profite de l’occasion pour faire parler d’elle. Natsuki Takaya vient en effet de faire ressortir en format bunko le premier tome de sa première série, à savoir Démons et Chimères. Pour l’occasion, l’auteure propose une illustration récente et inédite laissant admirer au mieux possible l’évolution de son trait. Ce manga, dont les cinq tomes sont parus chez Delcourt, suit les aventures de Tamaki, ultime descendant des Otoya, une grande famille d’exorcistes. Du fait de ce statut, ce jeune homme doit faire face à bon nombre de péripéties tout en apprenant à se perfectionner dans la guérison des possédés. Pour ce faire, il est épaulé par sa mère et sa petite amie.

L’absence de Karuo Shiina Alors que le manga Sawako vient tout juste de paraître chez Kana, la mangaka Karuo Shiina rejoint la liste déjà longue des auteurs en congés forcés. Cependant, la raison de son absence n’est pas une maladie mais l’attente d’un heureux évènement. Et si ses vacances ne joueront en rien sur les sorties françaises de Sawako, elles laissent en stand-by Kimi Ni Tokode, son shôjo actuellement en pré-publication dans le magazine japonais Bessatsu Margaret édité par Shueisha.

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Actu France Licences Après Otomen, Akusaga ou l’empreinte du mal Avec Otomen, vous aviez découvert la mangaka Aya Kanno dans un univers de shôjo sucré. C’est pourtant dans un registre bien plus sombre que celle-ci a fait ses débuts. Preuve en est avec Akusaga, une série courte aux accents fantastiques renommée L’empire du mal dans son édition française. Projetés dans un futur indéfinissable, nous suivons les aventures du tueur à gages nommé Zen dans la république militaire de Galley, qui à travers son hégémonie et ses lois liberticides n’a de république que le nom. Zen est l’archétype du héros taciturne peu indulgent envers le genre humain. Certains éléments de son passé l’amèneront-ils à remettre ses visions en question ? Cette histoire mêlant le fantastique à de nombreux questionnements sur l’homme devrait sortir dès juillet chez Delcourt.

chez Pika Un nouveau shônen devrait rejoindre prochainement les éditions Pika. Du nom de Ga Rei, cette histoire de Sewaka Hajime est toujours en cours après huit volumes parus au Japon chez Kadokawa. L’on y suit Nimura Kensuke, un jeune étudiant qui depuis son plus jeune âge a le pouvoir de voir les fantômes. Bien que cette particularité lui cause un certain nombre d’ennuis, elle lui permet de croiser un beau jour la route de Nimura, qu’il découvre alors qu’elle est pourchassée par des esprits malins. Cette fille, qui appartient à une agence gouvernementale de lutte contre les menaces surnaturelles, possède elle-même un pouvoir bien étrange, celui de faire appel à l’énergie de Byakuei, un esprit Dragon plus connu sous le nom de Ga-Rei. Très vite, Nimura va se joindre à elle dans une quête commune de chasse contre les mauvais esprits.

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Heartbreak Chocolatier chez Asuka Setona Mizushiro semble définitivement compter parmi les auteurs fétiches de chez Asuka. Un coffret Deluxe de X-Day en février, le premier tome de Black Rose Alice en juin, avec cette fois-ci un scénario jouant sur le monde des vampires. Ça continue encore à la rentrée avec le premier tome Heartbreak

Chocolatier qui, comme son nom l’indique, aura l’univers des chocolatiers en toile de fond. Il est à noter que ce dernier est également une nouveauté au Japon, sortie il y a quelques semaines.

… mais aussi

High School Of The Dead

Pika ne s’arrête pas en si bon chemin et propose un manga assez sombre : High School Of The Dead. Toujours en cours de parution au Japon, cette œuvre, scénarisée par Daisuke Sato et dessinée par Shouji Sato, propose une vue du monde des plus apocalyptiques. La planète est contaminée par une maladie mortelle qui transforme les personnes touchées en zombies. Les rescapés doivent faire face, tout en fuyant. Takashi Komuro, l’un des rares survivants du lycée Fumiji, tente de mettre en place un plan de réaction avec l’infirmière scolaire et d’autres rescapés. La tâche ne sera pas sans embûches. à découvrir très bientôt…


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Actu

Avril

Mars

Février

Nouveautés ga 11/02 Ram page • Soleil Man n, ce manga datant de 2004 doit Toujours en cours de parution au Japo Yunosuke Yoshinaga choisit de ons. Editi l Solei à e Franc en ée son arriv L’on assiste dès les premières nne. ancie Chine la de e atiqu traiter la thém de période d’instabilité naît gran Une n. Goka stie dyna pages à la fin de la ce du Kôkkino Ran. C’est mena la par e ntué acce dans cette zone et se voit la légende en luttant dans nom leur r pose alors que trois héros vont trio est composé de Ce paix. la lir rétab pour repousser les menaces et es nommée Ryûbi armé des chef e l’effronté soldat Chôhi, de la très chell . Kan’u miné déter et du

Glénat 25/02 Aqua Kn ig ht • n assez malheureux : commencé Aqua Knight est un manga au parcours nippoauteur, Yukito Kishiro. C’est donc son par en 1998, il est interrompu fin 2000 aise que nous découvrons le monde près de onze ans après sa parution japon ues îles recouvrent la surface s quelq aquatique de Marmundo, dont seule Aqua Knight, groupe chargé de faire bleutée. Rujila appartient à l’ordre des e d’une tempête et échoue au victim jour beau un est Elle e. régner la justic ent alors la sauver : un jeune vienn nnes perso Deux nu. pied d’un phare incon il. En remerciement, elle Arrab et a Ashik ment ctive garçon et son père, respe u Aqua Knight. Puis tout prom sera qu’il n garço promet sans réfléchir au jeune impossible de trouver ion miss la a Ashik à va s’enchaîner : après avoir donné res qui obligeront ventu mésa ues un œuf de dragon, celui-ci connaît quelq l’âme humaine de façon un peu nte prése récit ce Si er. sauv le aller à Rujila antiérieues à Gunm Last Order. de replonger dans les œuvres de Kishiro trop manichéenne, il est le moyen idéal

Blan co • Sakka 11/03 au style assez particulier. Blanco, Sakka propose ici une nouvelle œuvre singulier et un point de vue très in dess un ède poss de Jirô Taniguchi, autour d’une légende inuit qui résolument adulte. L’histoire tourne s abattues par un chasseur se proie les s toute veut que les esprits de un chien blanc féroce pour se en ans sept réunissent une fois tous les de deux chasseurs par cette que l’atta venger des hommes. C’est après a, pendant l’hiver 1989. Dès Alask en ce surfa t refai de légen la que bête est mise en œuvre pour attraper ando comm tion opéra ble vérita une lors, t. l’animal et chercher également son secre

• Soleil Manga 11/03 My Fi rst Love laisse deviner un nouveau shôjo le nom My First Love est comme son douze tomes au Japon, raconte duré a créé par Kotomi Aoki. La série, qui e la majeure partie de son temps à pass qui Mayu jeune la de idien quot le visite au petit Takuma qui souffre de l’hôpital tenu par son père. Elle y rend un beau jour que les médecins, nd appre Elle s. aque cardi èmes graves probl une espérance de vie n’allant pas peu optimistes à son propos, lui donnent décide à tout faire pour veiller se le qu’el alors C’est au-delà de vingt ans. de ses vingt ans. Mais lorsque sur lui, promettant de l’épouser le jour dernière année de lycée, il se en e entré Takuma apprend son état à son ne l’aime pas. détourne de Mayu et lui annonce qu’il

12/03 m es 1 & 2 • Kurokawa Soul Eate r to dues de atten plus les ces est de loin l’une des licen En manga comme en animé, Soul Eater réalisée par Atsuchi Ohkubo, tout est original, e, œuvr cette sen l’année 2009 en France. Dans design des personnages. L’institut Shibu du décor à l’histoire en passant par le seurs d’âmes. chas nir deve pour ation form en s s abrite un nombre de jeunes élève nt pour être des Death Scythe, des arme L’on trouve d’un côté ceux qui s’entraîne nt à devenir les meilleurs manieurs de tende démoniaques. De l’autre, les Meisters effet ion n’est pas facile : les armes doivent en Death Scythe. Mais pour ce faire, la miss accéder au rang suprême. Le pour ère sorci de âme une et ées damn ir ingérer cent âmes et son arme qui après avoir réussi à obten premier tome nous fait découvrir Maka ère. sorci d’une l’âme hent cherc les cent âmes damnées

honia • Ki-Oon 12/03 Tales Of Symp parmi les RPG les plus célèbres. te En jeu vidéo, Tales Of Symphonia comp t. Cette adaptation d’Hitoshi emen évèn un donc est a mang ge Le porta Japon, possède les ingrédients Ichimura, terminée au tome six au succès du jeu. Nous retrouvons le fait ont qui iques arist visuels et scén de veut que l’Elu fasse renaître légen la où rant Sylva ainsi le monde de envoyée à la recherche de la alors est te Colet la terre entière. La jeune re mille ans. C’est donc quat voilà e mond le fameuse déesse qui sauva e destination finale le comm avec es dans un parcours semé d’embûch Saura-t’elle ramener e. mené est lieu où celle-ci repose que la jeune fille initiatique ? urs parco ce de ne indem r sorti et se la dées

Five • Kana 20/03 ur : de grands rebelles attendent La couverture de Five annonce la coule tion de Shiori Furukawa nous créa e Cett s. page le lecteur au fil des s une enfance et un début aprè qui, Hina amène dans la vie de la jeune déménagements, croit reux nomb très d’adolescence marqués par de t définitivement dans ilisan stab se trouver enfin une vie ordinaire en pas qu’en plus d’atterrir dans une e dout se ne elle , ment Seule . lycée un t de garçons, elle va également classe de surdoués composée uniquemen e le plus intelligent mais aussi group le Five, des gée proté e devenir la petit survivre dans ce milieu très viril, le plus indiscipliné de sa classe. Pour volonté. de et tère carac de Hina va devoir redoubler

Astroboy 20/03 Anth ology • Kana des plus grands monuments l’un de e s’arm Kana La collection Sensei de une édition enfin digne de dans uver retro ra historiques du manga. On pour te le parcours d’un petit racon Boy Astro ce nom l’œuvre d’Osamu Tezuka. r Tenma qui attendait de récréer son robot créé puis rejeté par le professeu illi par le professeur Ochanozimu, il fils au travers de Tobio. Une fois recue lui fait vivre une enfance tout à r sseu profe le si e Mêm . Astro tisé est rebap îné à devenir un super héros au fait classique et heureuse, Astro est entra entre robots. Au total, cette te enten e bonn la de et ce service de la justi histoires d’Astro en cinq volumes. anthologie découpera l’intégralité des

• Pika 08/04 Sh ugo Char a au Japon s’est écoulé à plus de 1,2 ion parut de Ce manga toujours en cours compte déjà deux saisons. Nous ée anim n milion d’exemplaires et l’adaptatio ère une apparence de jeune fille derri suivons le parcours de Amu Hinamori : qui rêve d’avoir une autre image. A son vé réser de u’un quelq cache se ée affirm ceux que l’on appelle les Gardiens. école, Amu est pressentie pour rejoindre rades. La jeune fille est demandée cama ses de ction prote la e Ce groupe assur œufs à l’allure particulière. Ils trois de aille  trouv nge à ce rôle suite l’étra matérialisent que devant les se ne et , cœur du représentent en fait l’œuf nt un Shugo Chara, une libère ils ent, éclos u’ils yeux des Gardiens. Lorsq de changer réalisable. envie cette rend qui personnalité rêvée en miniature

ourt 15/04 Switch Gi rl • Delc qui imaginent un shôjo gentillet. ceux tous r Voici un manga qui induira en erreu que s’inscrit Switch Girl. Il ent insol C’est dans un registre beaucoup plus ant le mythe de l’héroïne cass ïne est ici question de Niki Tamiya, une héro mangas. Cette adolescente de de e genr ce à re prop se ereu douc naïve et le, jolie, populaire et bien arrangée. dix-sept ans est à l’origine une élève modè gement de tableau est total : chan le elle, chez e rentr -ci Mais dès que celle allure négligée, la belle se transforme grosses lunettes, cheveux décoiffés et secret sera découvert par un nouvel garde le en bête. Ce changement qu’el es lunettes du nom d’Arata Miyama. gross à élève, plus exactement un intello

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Actu

15/04 s Yamada • Delcourt M es vo is in s le ios Ghibli. Cette œuvre, stud les par n connu pour son adaptatio Ce manga datant de 1991 est avant tout chez nous aprè s une très longue attente. Découpé en une ile sort lle des plus singulière s. souvent drôle et parfois assez subt les Yamada nous plonge dans une fami ille alors que Takashi, ns voisi Mes , omas yonk de itude pare mult sans sse pare d’une est , mère la Matsuko, évènements. Leur fils Noboru le père, est toujours dépassé par les petite sœur Nonoke est un sa que alors vidéo est drogué aux jeux lle se voit menée à la baguette peu trop espiègle. Cette petite fami ent : conflit de génération, pass y s sujet par Shigë, l’aïeule. Tous les Les amateurs de traits d’esprit politique, éducation, peur de l’avenir… humoristique s apprécieront.

Delcourt 15/04 3D Mate rial • elle est particulière dans son tant er class à ile diffic ire Voici une histo , ne répond pas réellement shôjo un ant qu’ét bien , rial registre. 3D Mate de jeunes adultes de façon traite shot one Ce . aux standards de ce style ait des plus réalistes de la portr un e dress et très adulte, peu édulcorée présente deux femmes en e Fujisu ra Saku condition féminine. La mangaka disparaissent au profit tions tradi quête d’identité dans un monde où les ile à définir dans son ensemble, Diffic . isme umér cons du idée ine certa d’une résolument tournée vers l’espoir. cette histoire bien que complexe est

• Asuka 04 Tr ill On Ed en . Sa rencontre avec Eiri, un génie mais euse Ritsu est une jeune élève malchanc arranger ce postulat. Asuka nous pas va surtout un garçon à problèmes, ne à sa collection déjà très complète en ant ajout , shôjo eau nouv un ici ose prop dessin qui n’est pas sans rappeler la matière, la mangaka Fujita Maki et son mi. Cona o celui de Shok

22/04 Spec ial A • Tonkam a chez Tonkam. Ecrit et dessiné mang le voici s, Après l’animé chez Black Bone t servi de base à l’animé à ayan ents par Minami Maki, il regroupe les élém et l’affrontement entre Hikari et là paraître. Tous les ingrédients sont donc n, l’œuvre distribuée depuis 2003 Kei d’autant plus mis en avant. Au Japo e premiers volumes déjà parus. quinz les avec ès succ in certa un rencontre

ref Autres volumes : en b e 12 DN . An ge l to m de DN Angel qui se sera décidément tome avec ce douzième Le mangaka Yuriku Sugisaki revient enfin le lorsque les amateurs durent se résoudre à attendre comb fait attendre. La frustration fût à son précédent. Dès lors, ils furent rassurés de voir le douzième du tome sur ce shôjo à succès. longuement après la fin mystérieuse ur ait déclarer se concentrer à nouveau tome arriver au Japon après que l’aute

Kana 06/03 Yu Gi Oh R T.5 • sont sur le point de rejoindre Yakô, le qu’ils et ses amis : alors La route est longue et difficile pour Yûgi nt plus de temps à perdre en besogne, Yûgi laisse Jôno-Uchi . N’aya nt déploie tous ses atouts bandit Kierce vient leur barrer la route . Alors que le bandit furieux de cet affro s’occuper de Kierce et continue sa route chent et partent encore plus motivés à cet ultime combat. dépê se pour vaincre, le héros et ses amis

-bobo • T.11 Sakka 11/03 Bo bo bo -bo Bo hors du commun des de ses aventures. Face aux techniques d’autant moins Bo-bobo revient avec le onzième tome nner, essio impr pas agnons ne se laissent chevaliers de Giga, le héros et ses comp jointe à eux, surtout à Gelaton pour lequel elle ferait depuis que la puissante Torpille Girl s’est vigilance face à Giga et sa technique de transformation de n’importe quoi. Ils vont devoir redoubler t de rejoindre son horrible collection. Quel tour farfelu e avan victim fût r Pete dont tte, onne mari er leur peau ? en vont-ils devoir développer afin de sauv Bo-bobo, Don Patchi et Dengakuman

• T.14 Tonkam 8/04 Dr agon Qu est s, la vérité éclate : r chez Tonkam. En plein tournoi de Romo Au tour du quatorzième tome de sorti fils de Zaboera et n’a que pour but de réunir tous les a, le l’évènement a été organisé par Zamz de les exterminer. Zamza va alors se transformer en afin ennemis potentiels de l’armée du mal ier a du pain sur la planche : son ennemi, en plus d’avoir dern créature maléfique et affronter Daï. Ce oirs magiques hors-norme. En sortira-t-il indemne ? la force des monstres, possède des pouv

Saint Se iya as T.5 • Kurokawa 9/04 Th e Lost Canv au d’être c’est au tour du chevalier d’or du taure e, vierg la de et Après les chevaliers d’or des poissons Aldébaran de la précédente guerre sainte affronte ici Kagaho . Le mis à l’honneur dans ce cinquième tome L’occasion de retrouver des clins d’œil aux plus mémorables té. du Benou de l’étoile céleste de la cruau dans un affrontement qui s’annonce des plus musclés. techniques de combat du chevalier d’or

Kurokawa 9/04 ch em ist T.20 • Fu ll M etal Al ions parallèles. d’act coup is, ce qui donne lieu à beau Le groupe est plus disséminé que jama re sur le destin funeste de l’armée de Drachma. Au s’ouv mist Le vingtième tome de Fullmetal Alche cet évènement, l’on assiste comblé devant un tel carnage. Outre milieu des morts se tient un Kimbley opposant Envy à Marcoh, Scar et les chimères. Du côté de e avec Hoheneim. en plein Ishbal à un combat stratégiqu croiser Rose avant de tomber nez à nez Lior, Alphonse et ses comparses vont

Mais aussi… Le chanel Asuka Vous en rêviez ? Asuka le fait ! A l’image de Dybex, l’éditeur français se met à l’heure d’Internet et crée sa propre chaîne Youtube. Une occasion efficace de proposer des pubs, des trailers et des bandes-annonces de leurs mangas tout en offrant une intéressante possibilité d’interaction avec les visiteurs.

L’on peut d’ores et déjà retrouver Nabari, Hokuto No Ken, La légende de Raoh, Walkin’Butterfly et bien d’autres. A ne pas manquer.

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www.youtube.com/user/asukamangas


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Nouveauté

Sawako

Si le shônen manga possède dans ses grands classiques un héros courageux et une lutte effrénée contre des méchants très forts pour réaliser un rêve, le shôjo aime présenter une jeune fille rejetée parce que différente les autres, aidée par un gentil garçon beau et populaire. A en lire les pitchs, Sawako semble alors proposer un peu tout ça. Une question se pose alos : qu’est-ce qui rend ce manga si séduisant ? Un nouveau Karuo Shiina

N

C’est en 2006 qu’apparaissent pour la première fois les planches de Kimi Ni Tokode dans les pages du magazine Bessatsu Margaret. Dans un dessin assez propre au genre shôjo, ce nouveau manga de Karuo Shiina se présente comme un récit de romances assez classique. L’on y découvre l’histoire de la jeune Sawako Kuronuma qui, du haut de ses quinze ans, souffre du rejet de ses camarades. Avec sa peau très claire et ses longs cheveux noirs, Sawako hérite du surnom de Sadako en hommage au film The Ring et l’on prétend qu’elle peut lancer des mauvais sorts ou encore voir des fantômes. A tel point que la jeune fille n’a plus aucun ami et tente de se rendre utile comme elle peut. Sa rencontre avec un garçon populaire nommé Kazehaya va cependant tout changer dans sa vie. Ce scénario commun aux entournures, mais plutôt touchant, séduit tant les lecteurs que la critique ; il décroche ainsi le prix du meilleur shôjo aux Kodansha Manga Awards 2008. La mangaka Karuo Shiina, jusqu’alors inconnue du grand public, se révèle avec cette œuvre qui, en peu de temps, à su trouver un public fidèle. Alors que six volumes sont déjà parus au Japon par le biais de Shueisha, Kimi Ni Tokode arrive en France sous le simple nom de Sawako ; deux volumes sont déjà parus chez l’éditeur Kana. Des difficultés d’adolescente Karuo Shiina se démarque des autres shôjos, tant à travers son traitement des personnages que dans celui des rapports aux autres. Tout n’est ici qu’équilibre. Les rapports entre l’héroïne et les autres élèves sont traités de manière assez subtile

pour éviter de tomber dans un registre larmoyant ou gentiment niais. Sawako est elle-même un personnage très étudié qui, bien que profondément humaine et pleine de bonnes intentions, ne tombe pas dans une insupportable candeur propre à ce genre. Son rapport d’amour-admiration pour le personnage de Kazehaya se voit également développé avec autant de simplicité que d’intelligence. Ce dernier, correspondant à première vue aux poncifs du gentil garçon populaire, s’avère être finalement bien plus complexe au fil de la lecture. Sur une base autour des difficultés d’intégration d’une adolescente, la mangaka arrive à donner un ensemble positif et optimiste, sans que les ficelles ne soient vraiment grossières. Côté dessin, la relative simplicité du trait est au service de personnages expressifs et un aspect général accrocheur. Scénaristiquement, l’on peut remarquer dès la fin du premier tome une évolution des personnages sans que celle-ci ne soit violente. L’auteure invite à regarder grandir les adolescents qu’elle développe, avec les bonheurs et malheurs propres à cette période de la vie.

Fiche Technique

Auteur : Karuo Shiina Editeur : Kana Titre original : Kimi ni Todoke Nombre de volumes sortis au Japon : 8 Nombre de volumes sortis en France : 1 Prix moyen du volume : 6.25 € Genre : Shôjo

Critique L’un des messages véhiculés par cette histoire est de ne pas se fier aux apparences. Ce constat peur aussi se faire sur le manga en lui-même : difficile à présenter comme une œuvre originale, il ne se savoure qu’à la lecture. Il laisse une impression d’authenticité et montre à qui veut le voir que la simplicité n’est pas forcément un terme péjoratif. Il en résulte notamment une galerie de portraits assez attachante dans un scénario sans fioriture ni grosses ficelles. Le deuxième volume tend à confirmer cette bonne impression et livre aux lecteurs une évolution des personnages assez habile.  par Romain Huck

L’un des messages véhiculés par cette histoire est de ne pas se fier aux apparences

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Enfant soldat

Les Editions Delcourt proposent un manga poignant : l’histoire vraie d’Aki Ra dont les parents ont été tués par les Khmers Rouges, et qui doit prendre les armes, à dix ans, pour survivre aux massacres. Il vit alors dans l’inconscience totale de ses actes, ignorant qu’il existe d’autres modes de vie que celui des soldats. Akira Fukaya nous livre par ce manga le témoignage d’un drame que l’humanité ne doit pas oublier. Akira Fukaya, un auteur humaniste

A

kira Fukaya est né le 12 août 1967. Sa première carrière l’oriente dans les milieux du cinéma où il travaille d’abord comme décorateur et maquilleur. Il collabore notamment à Tetsuo et à Tokyo Fist de Shin’ya Tsukamoto. En 1994, il change de genre et débute une carrière de mangaka. Véritablement passionné par son continent, il voyage beaucoup en Asie et en rapporte une inspiration centrale pour ses histoires publiées chez Shûeisha et Kôdansha, les deux éditeurs les plus importants du Japon. Ses réalisations proposent une œuvre personnelle et originale, tant scénaristiquement que graphiquement. Il s’éloigne ainsi du style classique des mangas. Akira Fukaya donne d’ailleurs, depuis peu, des cours de création de manga dans une école d’arts graphiques de Tokyo. Il publie une première histoire, Ken le transporteur, qui narre les tribulations d’un aventurier japonais, à travers l’Asie. Sa devise : « Je transporte tout, excepté les armes et la drogue ». Une histoire qui mélange action, romance et voyages, le tout sur fond de destinations exotiques (Vietnam, Thaïlande, Chine, Bali …). Cette première histoire est suivie d’une seconde, plus grave sur le ton et les enjeux. Lors d’un voyage au Cambodge, Akira Fukaya se rend dans la région d’Angkor et découvre le musée de la mine d’Aki-Ra. Intrigué de voir un nom cambodgien ressemblant au sien, il se renseigne à son retour au Japon et découvre un livre qui parle de la vie d’Aki Ra, un enfant cambodgien autrefois soldat, qui a pour projet de déminer son pays. Akira Fukaya décide d’en faire une histoire et propose un récit bouleversant prépublié au départ dans Business Jump sous le titre Mitsurin Shônen (Jungle Boy). Au final, deux tomes sortent dans le commerce. Les Editions Delcourt ont eu la bonne idée de proposer au public français cette histoire dont le premier tome est paru en novembre 2008. La version française d’Enfant Soldat a bénéficié d’un traitement tout particulier : Akira Fukaya a tenu à rajouter des pages inédites, quatre pages exclusives qui viennent enrichir et compléter le premier tome. Si certaines critiques ont souligné le caractère parfois plat de quelques scènes du manga, il faut aussi rappeler la difficulté majeure que cet exercice comporte : Akira Fukaya se trouve dans la même position que tout auteur non acteur des faits rapportés : saisir et retranscrire l’horreur de l’Histoire au plus près.

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Quand la fiction est la réalité

Enfant soldat s’inscrit dans une histoire peu connue dans ses détails en Occident : celles des Khmers Rouges. Une page d’Histoire sombre et sanglante, illustrant la folie humaine, qui se déroule dans le Cambodge des années 70. Pays d’Asie du Sud-Est coincé entre le Laos, le Viet-Nam et la Thaïlande, le Cambodge fut au départ placé sous protectorat français. En 1955, il quitte l’Union Française et devient un royaume indépendant dirigé par le roi Norodom Sihanouk. Mais celui-ci est chassé par un coup d’Etat en mars 1970, organisé en sous-main par les Etats-Unis qui reprochent au Roi d’aider le Viet-Nam communiste. Une République est proclamée en octobre et, pendant ce temps, Norodom Sihanouk se réfugie à Pékin. Sur place, il forme une alliance avec les membres du Parti Communiste du Kampuchea qu’il rebaptise très vite « Khmers Rouges ». Créé en 1951 mais rentré en clandestinité à partir de 1962, le parti est dirigé à partir de 1963 par Pol Pot, dit « Frère numéro 1 ». Face à cette extension de la guerre du Viet Nam sur leur territoire, les Khmers Rouges gagnent en popularité et se lancent dans la lutte armée contre les Etats-Unis et contre le nouveau gouvernement mis en place, avec le soutien total de la Chine communiste. En avril 1975, Les Khmers Rouges gagnent la guerre civile après cinq ans de luttes. Du jour au lendemain, au nom du Parti Communiste du Kampuchea et de son programme de révolution marxiste léniniste, le pays est mis en coupe réglée : les villes sont évacuées, les populations envoyées à la campagne pour cultiver la terre, tandis que la propriété privée, l’école et l’argent sont abolis sans la moindre explication. Les récalcitrants sont exécutés sur place. Le pays devient un environnement scellé 1 se livrant à un autogénocide, administré par une poignée d’hommes et de femmes. Leur projet politique se résume à trois axes complémentaires : surveiller, punir et transformer le peuple. L’idéologie développée par Pol Pot (qui finit par écarter Norodom Sianouk du pouvoir) est un mélange de paranoïa, d’orgueil et de violences, puisant à diverses sources essentiellement maoïstes et staliniennes. L’un des axes principaux reste cependant la volonté d’éliminer les ennemis de l’intérieur, qu’ils soient potentiels ou réels, considérant qu’ « il vaut mieux arrêter dix personnes par erreur que de laisser libre un coupable ». Dès lors, tout devient prétexte à définir un ennemi de la Nation, y compris celui qui vole une banane sur un arbre, simplement pour se nourrir. Un régime totalitaire se met en place dont

C’est l’histoire d’un enfant cambodgien, autrefois soldat, bien décidé à déminer son pays.


JUNGLE BOY © 2006 by Akira Fukaya / SHUEISHA Inc.


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JUNGLE BOY © 2006 by Akira Fukaya / SHUEISHA Inc.

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l’une des plus sinistres expressions est S-21, unité secrète de répression de torture et d’élimination des présumés ennemis du régime. Au total, le nombre de victimes du régime khmer atteindra les deux millions de morts, soit presque un habitant sur cinq. Aki-Ra : un enfant pris dans les tourments de l’Histoire C’est dans ce contexte de terreur qu’Aki-Ra a grandi. Il a environ cinq ans lorsque ses parents sont assassinés par les Khmers Rouges. Ces derniers l’enrôlent dans leur armée et se chargent de son éducation, forcément militaire. Il apprend le maniement des armes (il reçoit son premier fusil à l’âge de dix ans, un AK-47) et surtout à cacher des mines, activité pour laquelle il se révèle vite doué. Il vit ainsi durant plusieurs années, sans connaître autre chose que la jungle, la guerre et son cortège de violences. Le premier tome du manga d’Akira Fukaya présente ses premières années de vie tandis que le second débute à la fin des années 70. En 1979, les Vietnamiens envahissent le pays et installent un régime politique favorable à leurs intérêts. Les Khmers sont renversés, mais ne renoncent pas et la guerre se poursuit au Cambodge. Aki-Ra est fait prisonnier à l’âge de treize ans par l’armée vietnamienne qui ne lui laisse pas d’autre possibilité que celle de les rejoindre. Dès lors, il met son savoir à leur service et les Khmers deviennent ses nouveaux ennemis. Au retrait des troupes vietnamiennes, à partir de 1988, il a environ dix-sept ans et rejoint l’armée régulière du Cambodge qui lutte encore contre les derniers soldats Khmers Rouges retranchés dans la région de Siem Reap où les combats se poursuivent jusqu’en 1993. A cette date, les Nations Unies envoient dans la région une force de paix. La vie d’Aki Ra bascule. Il découvre alors le monde et son autre réalité humaine, opposée à tout ce qu’il a connu : l’électricité, l’hygiène, la ville, le cinéma et les voitures civiles le fascinent. Il propose ses services à l’ONU qui repère son talent, le forme et le charge d’une mission humanitaire pour laquelle il va se passionner : déminer. Le problème est immense : on estime que six millions de mines sont enfouies pour dix millions d’habitants. Et les accidents sont fréquents. A partir de 1996, Aki-Ra décide de travailler pour son compte et de construire sa nouvelle vie : il se marie et n’hésite pas à adopter des enfants mutilés par des mines antipersonnelles. Afin d’attirer l’attention sur ce problème, Aki-Ra créé en 1999 le Land Mine Museum, un musée sur les mines, à Siem Reap, situé à quelques kilomètres seulement d’Angkor Wat. Le musée, qui propose au visiteur des documents et une exposition sur le génocide, se veut pédagogique envers les visiteurs. Aki-Ra est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du déminage. Mais son parcours reste avant tout un témoignage sur la nature humaine, sa folie et les espoirs possibles. A ce titre, l’œuvre d’Akira Fukaya mérite une place de choix dans une bibliothèque, près de Maus d’Art Spiegelman…  par Cécile Dunouhaud Notes

1 : L’ expression « environnement scellé » est d’Irving Louis Horowitz, sociologue et politologue.

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Qui était Pol Pot ? Son ombre plane au-dessus de l’histoire d’Aki-Ra. De son vrai nom Saloth Sar, il est né en mai 1925 (ou 1928 selon les versions) au Cambodge alors placé sous protectorat français. Après avoir obtenu une bourse, il part à Paris suivre des études à l’Ecole Française de radioélectricité de 1949 à 1953. Puis, sans diplôme, il rentre au pays et devient professeur de français. En 1954, il s’oppose à la restauration monarchique et rejoint le Parti Communiste Khmer dont il devient le secrétaire général en 1962. La

Chine Communiste, qui voit en lui un moyen de répandre l’idéologie communiste dans le sud-est asiatique, commence à s’intéresser à lui et lui donne le surnom de Political Potential, soit en abrégé Pol Pot, nom qu’il adopte officiellement en 1975 après la victoire des Khmers Rouges. Son projet politique est alors de restaurer la grandeur historique de la race khmère. Il se traduit par une destruction du pays, le massacre de son peuple et des purges sanglantes au sein de son propre parti politique. Discret voire paranoïaque, il fuit volontiers les caméras et les interviews et se méfie de tout. Il meurt officiellement, dans des conditions peu claires, le 15 avril 1998.


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Nabari No Ô

La lecture d’une accroche de Nabari No Ô peut laisser une forte impression de déjà‑vu. Avec l’aventure humaine d’un jeune adolescent dans un monde de ninjas aux prises à un affrontement capital, l’originalité ne semble pas de mise. Usée jusqu’à la corde par Naruto et bien d’autres sous différentes approches, la thématique ninja est depuis quelque temps surexploitée. Comment surprendre ? Un scénario classique

N

Double jeu Le manga, dont l’action se situe à notre époque, prend le parti de nous mêler entre le réalisme du village de Banten et l’intemporel avec les villages cachés, et plus généralement Nabari, un monde secret propre au ninjas. Ces derniers mènent d’ailleurs une double vie entre ces sphères, cachant à travers des professions classiques leurs activités secrètes. C’est ici que se situe l’arme première de

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« NABARI NO OU » BY YUHKI KAMATANI © 2004 YUHKI KAMATANI/ SQUARE ENIX/ ALL RIGHTS RESERVED

abari No Ô, qui peut se traduire littéralement par Le roi de Nabari, est une série de la jeune mangaka Yuhki Kamatani. Prépublié au Japon dans le mensuel G Fantasy, ce manga est édité par Square Enix qui, avec cette histoire, s’offre le shônen de ninjas qui manquait à sa collection. Décliné depuis le printemps 2008 en un dessin animé de vingt-six épisodes, ce manga nous présente le jeune Rokujo Miharu, un adolescent de quatorze ans quelque peu apathique, dont le seul souci semble être de conserver sa tranquilité. Malheureusement pour lui, il devient très rapidement l’enjeu d’une lutte entre les ninjas. Rokujô détient en lui le Shinrabanshô, un hijutsu 1 contenant toutes les connaissances de l’humanité et possédant une puissance dévastatrice. Il se trouve de ce fait plongé dans le monde secret de Nabari. Bon gré mal gré, il entre au cœur de l’aventure, épaulé par son professeur Thobari Kumohira et un camarade de classe, Kouichi Aizawa. Au fil des pages et des tomes, nombre de nouveaux protagonistes entrent en scène, chacun cachant une histoire et un but secret. Ce faisant, les clans et les alliances se font et se défont, les personnalités se dévoilent et les retournements de situation sont légion dans un schéma propre à quantité de shônen. Dans cette optique, on retrouve une certaine dose de fantastique, avec les sempiternels héros ou ennemis aux pouvoirs surhumains, des entités surnaturelles et autres créatures.


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« NABARI NO OU » BY YUHKI KAMATANI © 2004 YUHKI KAMATANI/ SQUARE ENIX/ ALL RIGHTS RESERVED

Nouveauté

Nabari No Ô : le mystère. Posé dès le départ avec un univers cloisonné que seuls les combattants connaissent, il se voit intensifié au fil des pages. Et derrière l’intrigue principale se dissimulent une multitude d’enjeux, souvent liés aux cheminements personnels de chaque personnage bien décidé à ne pas trop s’épancher sur son passé. En résulte une galerie de portraits tout en nuance, où ceux que l’on pensait mauvais se présentent parfois sous un jour très humain et où des personnages inspirant une certaine sagesse se révélent plus manipulateurs qu’ils n’y paraissent. La mangaka Yuhki Kamatani crée ici des personnages à la psychologie étudiée au détail près, et de ce fait muscle un scénario à la base plus que classique. Shônen à tendance shôjo ? C’est dans l’image que Nabari No Ô se démarque réellement. En effet, dès la première couverture, le manga offre l’image d’un héros chétif avec un design inhabituellement raffiné pour un shônen. Les premières planches confirment cette impression, optant pour un style rappelant furieusement le shôjo avec nombre d’hommes extrêmement fins et parfois très androgynes. Cette tendance se trouve encore plus appuyée lorsqu’on regarde le profil de Rokujo Miharu. A mille lieues des jeunes guerriers fonceurs ou taciturnes ayant fait les beaux jours des mangas à ninjas, ce personnage central possède une personnalité tout sauf agressive. Peu porté sur l’action et piètre combattant, il use de son côté mignon (ou kawai) pour arriver à ses fins ou se sortir de certaines situations. Dans la même veine,

son rapport à d’autres protagonistes n’est pas sans évoquer les ambiguïtés masculines que l’on trouve dans certains shôjos, sans pour autant aller flirter avec un registre yaoï. Cependant, les combats et l’orientation vers l’action pure ramènent rapidement en terre connue. Et rien n’est oublié : duels sanglants entre personnages redoutables, des idéaux à atteindre quel qu’en soit le prix à payer, notions d’amitié et de courage omniprésente font que l’amateur de shônen peut trouver ce qu’il attend. Si les jolies filles sont bien sûr présentes, on ne pourra reprocher à la série d’user à outrance de fan service, probablement du fait que l’histoire est le fruit d’un imaginaire féminin. Cependant, la mangaka n’hésite pas à offrir des passages durs ou emprunts d’une violence aussi bien visuelle que psychologique avec un réalisme et une imagerie choc, le tout sans jamais tomber dans le gratuit. C’est ici que se trouve la facette la plus intéressante de la série : un jeu d’équilibre entre les genres. Que ce soit entre le shônen et le shôjo, la psychologie et l’action, la douceur et la violence, Yuhki Kamatani se permet de grands écarts et réussit pourtant le pari de ne jamais s’égarer réellement dans cet exercice de style pourtant risqué. Défaut de cette qualité : l’ensemble manque parfois d’une prise à parti artistique personnelle et peut paraître lisse en premier lieu.  par Romain Huck Notes

1 : Dans le vocable ninja, les Hijutsu sont des techniques héréditaires transmises de génération en génération par le sang, appartenant en principe à une lignée familiale ou un clan.

Fiche Technique

Auteur : Yuhki Kamatani Parution Japon : 2004-En cours Nombre de tomes Japon : 10 Nombre de tomes France : 2 Editeur japonais : Square Enix Editeur français : Asuka Genre : Shônen

CRITIQUE Nabari No Ô n’est pas le manga qui révolutionnera le style shônen ni les aventures de ninjas. Mais force est de constater une réelle habileté scénaristique qui offre au lecteur une aventure à la fois riche et rythmée. Yuhki Kamatani donne ici une série aussi musclée que savamment dosée avec nombre de personnages attachants dans différents registres. Le dessin d’une grande finesse est une belle valeur ajoutée et apporte de son côté une touche féminine assez rare et cette fois-ci plutôt originale dans un univers habituellement brut. Un manga qui saura satisfaire les filles comme les garçons.

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Blue Dragon Ral Ω Grad

Blue Dragon est un nom déjà connu des joueurs sur XBOX 360, comme des férus d’animation. L’heroic fantasy connaît ici sa troisième adaptation en format papier, sous la houlette de Tsuneo Takano et Takeshi Obata.. Ni tout à fait la même ni tout à fait différente, elle invite, comme son nom l’indique, à découvrir les aventures du jeune Ral dans un monde imaginaire. Au programme : de l’action, du rire, du fan service, de beaux dessins : tout pour satisfaire l’amateur d’aventures. Les origines

F

Fiche Technique

Auteur : Tsuneo Takano Illustrateur : Takeshi Obata Parution Japon : 12/06-07/07 Nombre de tomes au Japon : 4 Nombre de tomes en France : 1 Editeur japonais : Jump Comics Editeur français : Kana Genre : Shônen Prix : 6,25 €

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BLUE DRAGON RAL Ω GRAD © 2006 by Tsuneo Takano,Takeshi Obata/SHUEISHA Inc. Based on the Xbox 360 game “BLUE DRAGON” published by Microsoft.

ait de plus en plus courant dans le monde du manga, Blue Dragon a pour base un jeu vidéo. Plus exactement un jeu de rôle sorti en décembre 2006 au Japon et créé par un des célèbres producteurs des Final Fantasy et dessiné par le mythique père de Songoku, Akira Toriyama. Rapidement adapté en anime en avril 2007 par le Studio Pierrot (connu entre autres pour son travail sur Naruto et Bleach), l’aventure invite dans les deux formats sus-cités à suivre Shu et son ombre, le puissant Blue Dragon, dans un univers visuel et un cheminement qui ne sont pas sans rappeler Dragon Ball. De son côté, le manga connaît sa première prépublication en décembre 2006, parallèlement au jeu vidéo, dans l’inénarrable Weekly Shônen Jump. Et contrairement à l’animé, cette version papier, du nom de Blue Dragon Ral Ω Grad, s’éloigne totalement du jeu vidéo. Aux commandes, nous retrouvons Tsuneo Takano pour le scénario et Takeshi Obata pour l’illustration. Au total, ce sont vingt vingt-neuf chapitres appelés contes, reliés en quatre tomes qui sortent au Japon. Cette fois-ci, nous suivons l’histoire de Ral, un adolescent de quinze ans emprisonné dans l’obscurité depuis son plus jeune âge car il contient dans son ombre une entité redoutable: le Blue Dragon nommé Grad. Il ne découvre la lumière et le monde extérieur qu’une fois son pays menacé, appelé par les membres de son village pour les sauver de la reine Bira et de son armée de l’ombre. Il se trouve motivé à aider les siens grâce à son enseignante, la généreuse Mio et plus généralement par une volonté de découvrir les poitrines féminines du monde entier. S’en suit une aventure fantastique dans un décor plus


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BLUE DRAGON RAL Ω GRAD © 2006 by Tsuneo Takano,Takeshi Obata/SHUEISHA Inc. Based on the Xbox 360 game “BLUE DRAGON” published by Microsoft.

Nouveauté

Le héros est très porté sur les corps féminins, mais avec une innocence enfantine ou moins intemporel où Ral affronte des ennemis aux pouvoirs incommensurables et des créatures dignes de tout bon héroic fantasy, dans un scénario usant de tous les ressorts du genre. Le retour d’Obata C’est en premier lieu par la présence du dessinateur de Death Note que Blue Dragon Ral Ω Grad fait parler de lui. Après avoir mis en image les Shinigami dans un univers réaliste, Takeshi Obata entre dans un registre radicalement différent avec cette aventure. Tout en gardant une patte des plus reconnaissables, on peut constater en premier lieu des personnages et créatures aux traits moins réalistes dans un décor plus fantaisiste que d’habitude. Elle l’est plus encore lorsque le dessinateur s’oriente vers le fan service, notamment avec le personnage de Mio, l’enseignante de Ral qui se laisse toucher la poitrine pour lui donner du courage ou le motiver à agir. Obata donne à cet avatar de Blue Dragon une certaine fraîcheur à travers sa plume et une identité qui lui est propre au regard de l’animé et du jeu vidéo. Si ça ne restera probablement pas son œuvre majeure, le voir dans cet exercice a de quoi intéresser ses inconditionnels. Expression libre Sans pour autant offrir une énorme originalité, le scénario propose un visage différent aux aventures de Blue Dragon. Là où ce dernier use de bases plutôt

convenues et un contenu un peu enfantin, Ral Ω Grad vient chercher un public plus adulte tout en restant dans une certaine simplicité. Tsuneo Takano crée ici un héros assez particulier, très porté sur le corps féminin mais avec une innocence enfantine, appuyé par son rapport avec son enseignante avec qui il entretient un rapport naïvement pervers, terrain idéal pour de beaux moments de fan service. Dans la même veine, l’humour se veut plus adulte, moins conventionnel et le cheminement un peu moins linéaire que celui de ses deux cousins. Côté action, l’ensemble est résolument musclé, même si certains passages auraient mérité de s’étaler plus pour offrir plus d’épaisseur. On peut penser que la cohérence et le relief du scénario ne sont pas les atouts sur lesquels les auteurs semblent miser en priorité. Ceux-ci semblent avant tout s’être fait plaisir et ils le communiquent assez bien avec une liberté de ton qui manque parfois à certains mangas. par Romain Huck

CRITIQUE Le postulat de base de l’histoire, c’est-à-dire l’affrontement du monde de la lumière et de celui des ténèbres, peut prêter à sourire tant il parait convenu. Mais après quelques premiers chapitres inégaux et parfois trop penchés sur le fan service, Blue Dragon Ral Ω Grad connaît une marge de progression positive et l’on se prend très facilement aux aventures de Ral dans ce monde très connoté fantasy. L’ensemble brille avant tout à travers à travers la plume d’Obata qui offre une imagerie somptueuse dans un registre assez différent de ses autres œuvres. Cette autre approche de la saga Blue Dragon tire profit de ses différences, principalement celle de donner une lecture un peu plus adulte et excentrique de ces aventures.

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Ikigami

L’ikigami : le préavis de décès. Une capsule mortelle inoculée à un enfant parmi mille autres, à la seule faveur du hasard. Elle est programmée pour le foudroyer quinze années plus tard, à une date et une heure données, au nom de la prospérité nationale. Alors que cette étrange série arrive chez nous, faisons un topo sur petit un manga policier qui a tout d’un grand. Scénario

L

e point de départ de ce seinen est aussi efficace qu’il est effrayant. Construit comme une série, il nous propose de suivre Fujimoto, employé d’un gouvernement imaginaire, mais tellement réaliste. Il est le dernier maillon de cette chaîne de mort. Alors que chaque année, dans les écoles, on vaccine les enfants avec des seringues, une sur mille a été contaminée pour programmer une mort certaine. Le rôle de Fujimoto est de remettre arbitrairement au malheureux condamné, à son insu, son préavis de décès, vingt-quatre heures avant que celui-ci n’intervienne. Une façon pour le moins originale de décliner le thème universel : « Et s’il ne vous restait qu’un jour à vivre, qu’en feriez-vous ? ». Car c’est bien là le sujet traité par ce manga. Parcours De l’aveu de l’auteur Motoro Mase, c’est en se remémorant de l’ordre d’incorporation utilisé pendant la guerre sous le nom d’Akagami (avis rouge) qu’il s’est demandé comment réagiraient les jeunes d’aujourd’hui si on leur annonçait leur mort alors qu’il sont dans la fleur de l’âge. En sortant ce manga au Japon, il a suscité de nombreuses réactions de la part des lecteurs et son éditeur Shogakukan s’est vu bombardé de courriers de personnes touchées par les personnages de la série.

couvert d’agir pour le bien de la nation. Des années après l’injection à l’école, le lien est établi entre la dose mortelle et sa cible, et c’est à Fujimoto que revient la lourde tâche d’annoncer leur décès imminent aux personnes concernées. Il est le seul élément du système à montrer une faille, en l’occurrence une faiblesse bien humaine : ce travail fait naître en lui des scrupules. Mais, aussi légitimes soient-ils, ils sont freinés par sa loyauté à la nation, et surtout par le fait que quiconque s’opposerait ouvertement au système se verrait injecter sur le champ la capsule funeste. La problématique mise en scène par Ikigami est universelle et trouve un écho chez chaque lecteur : la révolte, saine ou haineuse, née de l’annonce de leur mort imminente, fait accomplir aux victimes des choses qu’ils n’auraient sans doute jamais faites sans cette échéance. Leur vie prend alors une toute autre tournure dans leurs dernières heures : réparer le passé, pardonner, se racheter, ou au contraire jouer le tout pour le tout sous prétexte qu’il n’y a plus rien à perdre, faire justice soi-même… Autant de cas de figures possibles qui font que, inévitablement, on se surprend alors qu’on tourne les pages, à se demander : si Fujimoto se présentait à ma porte pour me remettre l’Ikigami, que ferais-je de mes dernières heures ? Et vous ?... par Clément Lagrange et Romain Huck

CRITIQUE Installé dans la droite lignée d’œuvres telles que Monster, Ikigami est un manga ayant pour vocation de faire réfléchir le lecteur. La valeur de la vie, l’attitude à adopter en sachant que le temps est compté sont autant de pistes ouvertes de réflexions proposées avec finesse par l’auteur Motoro Mase. Avec un dessin réaliste et une galerie de portraits aussi complexe qu’attachante, Ikigami constitue un électrochoc dans un genre policier pourtant déjà vu.

Fiche Technique

Auteur : Motoro Mase Parution Japon : 2005 – En cours Nombre de tomes Japon : 5 Nombre de tomes France : 1 Editeur japonais : Shogakukan Editeur français : Asuka Genre : Seinen

La mécanique infernale

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IKIGAMI © MOTORO MASE / SHOGAKUKAN.INC

Le premier volume, paru fin janvier chez Asuka, est constitué de deux épisodes. Deux jeunes condamnés, deux manières d’appréhender le destin – ou plutôt ce qu’il en reste. Le premier met à profit ses dernières heures pour se venger de ceux qui lui ont fait subir violences et humiliations quelques années auparavant en laissant éclater sa haine. Le deuxième, jeune musicien en plein succès, profite de cette échéance pour faire la paix avec lui-même, en se jouant des contraintes imposées par son agent et en renouant symboliquement avec l’ami qu’il avait trahi pour accéder à la gloire. La mécanique de cette mort annoncée est glaciale : les équipes scientifiques qui préparent les seringues ignorent à qui elles sont destinées, et ceux qui les distribuent ignorent lesquelles sont porteuses de mort. Un cheminement qui vise ainsi à dédouaner chaque maillon de la machinerie infernale, sous


On ne peut rien obtenir sans faire de sacrifice. On doit offrir un objet d’une valeur équivalente pour obtenir ce que l’on veut. C’est le principe d’équivalence en alchimie… Voilà donc le fil conducteur, dans lequel la série trouve sa source. Les spectateurs de l’animé auront tout loisir de l’apprendre par cœur. Quel serait le prix à payer pour faire vivre votre vœu le plus cher ? Pour réaliser le leur, Edward et Alphonse Elric auront sacrifié beaucoup, mais que vont-ils y gagner ? Toujours en cours de parution, Fullmetal Alchemist est au manga ce qu’ Harry Potter est au livre : un succès inattendu qui, derrière une apparence simple, cache un univers multi référencé d’une densité surprenante, ainsi qu’une pierre philosophale. Des premiers chapitres du manga en janvier 2001 à la deuxième saison de l’animé des studios Bones à venir au Japon, cette série connaît un engouement qui n’a jamais faibli. Pour satisfaire votre curiosité, Japanink vous offre un voyage tout en équivalences dans les profondeurs du monde de l’alchimie. par Romain Huck

© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

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Fullmetal Alchemist

L’historique

A l’image de son histoire, le chemin parcouru par Fullmetal Alchemist a quelque chose d’irréel. Classée très rapidement parmi les séries cultes, l’œuvre d’Hiromu Arakawa se hisse vers les sommets dans tous ses formats exploités. Malgré des orientations artistiques osées, parfois peu évidentes, l’on tient ici une licence qui, en huit années d’existence, n’a jamais connu d’essoufflement, et rassemble une fanbase des plus importantes. Le tank de Square Enix

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© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004 48

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Trois chemins C’est en février 2003, peu après la parution japonaise du tome 4 que la première déclinaison de Fullmetal Alchemist voit le jour. Fait original, il ne s’agit ni d’un dessin animé, ni d’un film mais d’un roman écrit par Makoto Inoue. Appelé Fullmetal Alchemist : The Land of Sand, il se présente comme un spin-off du

© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

Les vingt premiers tomes se sont écoulés à plus de 32 millions d’exemplaires dans le monde

agane no renkin jutsushi FullMetal Alchemist , soit L’Alchimiste d’acier, voit sa première apparition en janvier 2001 dans les pages du magazine japonais Shônen Gangan. Les lecteurs y découvrent un jeune garçon plus âgé qu’il n’y parait accompagné d’une armure non moins trompeuse dans un monde du nom n’ayant de prime abord rien en commun avec le nôtre. C’est dans la ville de Lior, située à l’est d’un pays appelé Amestris, que ces héros atypiques entrent en scène, à la recherche de la pierre philosophale. La critique réserve aux premiers chapitres un accueil en demi-teinte : un style laissant un goût de déjà vu et un scénario trop formel lui sont reprochés. Cependant, il ne faudra que peu de temps à la mangaka Hiromu Arakawa pour prouver le contraire et rencontrer un succès solide dès la publication de son premier tome relié chez l’éditeur Square Enix en janvier 2002. Ce dernier, connu avant tout pour ses jeux d’heroic fantasy à succès, vient trouver ici un moyen de se faire une place de choix dans le milieu très cloisonné du manga. Au fil des tomes, le succès ascendant de Fullmetal Alchemist en vient même à perturber certains géants de l’édition tels que Shûeisha qui se voit perdre une partie de son colossal lectorat. Plus de trente-deux millions d’exemplaires s’écoulent, du premier volume jusqu’au vingtième, sorti en 2008. Un succès sans perte de vitesse au regard des classements annuels des ventes de manga, dans lesquel les deux derniers tomes se hissent respectivement dixième et onzième, à hauteur de plus d’un million de livres vendus. Une reconnaissance publique à laquelle s’ajoute bientôt celle du métier, qui au fil des parutions loue la complexité gagnée par le scénario et la patte visuelle d’Arakawa. En guise d’apothéose, le manga emporte ex-aequo avec Yakitate Japan, le prix du shônen aux quarante-neuvièmes Shogakukan Manga Awards courant 2004, l’une des récompenses majeures au Japon dans ce domaine.


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manga puisqu’il retrace un passage inédit où deux adolescents se font passer pour les frères Elric dans la cité minière de Xenotime. Si Hiromu Arakawa ne participe pas au livre, elle en fournit cependant les illustrations. Suite à de bonnes ventes, cinq autres volumes voient le jour, narrant chacun un passage ou une histoire inédite liée à l’œuvre originelle. Square Enix se fait au passage coutumier de ce concept, l’appliquant également autour du jeu Final Fantasy XI. Ce n’est que quelques mois après cette mise en appétit que le portage le plus attendu arrive. La version animée est présentée le 4 octobre 2003, produite par les studios Bones, peu avant la sortie du tome 6. Diffusée sur Mainichi Broadcasting System, le SCT et Animax, la série rencontre dans ce format une consécration publique. Bien que s’éloignant du manga à mi-parcours, cette autre vision du scénario d’Arakawa séduit un grand public habituellement peu friand de ces prises de liberté. Sur la chaîne nippone TV Asashi, l’animé fait un démarrage remarquable avec 6,8 % de part de marché là où une bon score est situé à 5 %. Mieux : la série remporte en 2005 et 2006 la première place du Top 100 TV Asashi Anime, sondage réalisé par la chaîne sur internet. Le vingt-sixième Anime Grand Prix organisé par le magazine Animage enfonce le clou puisque Fullmetal Alchemist y rafle tout : le meilleur animé, l’épisode

pour le numéro 7, le personnage féminin avec la militaire Riza Hawkeye, le personnage masculin avec Edward Elric et la meilleure chanson pour le titre Melissa. Après la diffusion du cinquante et unième et dernier épisode, l’équipe de Bones ne perd pas de temps et se lance dans la création d’un long métrage animé faisant office de suite à cette série. Baptisée Fullmetal Alchemist the Movie : Conqueror Of Shamballa, cette nouvelle fin inédite sort dans les salles japonaises le 23 juillet 2005. Le public nippon est une fois de plus au rendez-vous et le film entre directement à la troisième place du box-office à sa sortie, suivi d’une floppée de récompenses dans les mois qui suivent. En parallèle à cette sortie, pas moins de cinq OAV voient le jour et dressent des histoires parallèles mettant en scène les personnages phares de la série. Après une période de deux ans où seul le manga possède encore une actualité, 2009 constitue le grand retour de l’animé sur le territoire japonais. En avant-goût, Bones a sorti en janvier un DVD Box Archives réunissant dans un coffret les cinquante et un épisodes, le film, les bandes-son et les guides de la série. Mais le plus attendu par les amateurs de Fullmetal Alchemist reste la nouvelle série à venir en télévision nippone au mois d’avril.

Une alchimie particulière C’est avec le dessin animé que la série se fait connaître hors Asie. Par le biais d’une traduction anglaise assurée par Funimation, les aventures d’Edward et Alphonse font leur apparition sur les petits écrans des Etats-Unis sur le bloc Adult Swim de la chaîne Cartoon Networks le 6 novembre 2004. C’est le début d’une grande histoire d’amour entre Fullmetal Alchemist et son public anglo-saxon. Si bien que la version papier éditée par Viz Media pour l’Amérique du Nord en mai 2005 rencontre un succès colossal, se fait un place de choix dans des classements prestigieux comme le Bookscan’s Top 20 Graphic Novels ou le USA Today Booklist, pour terminer la même année meilleure vente de roman illustré avec la version anglaise du premier tome. L’animé connaît une belle reconnaissance publique un peu plus tard, en 2007, avec la première cérémonie des American Anime Awards durant laquelle il réalise une véritable razzia : meilleure série longue, meilleur casting, meilleur packaging DVD et meilleur générique. En dehors des pays anglophones, Fullmetal Alchemist ne se voit distribué et adapté que dans quelques contrées. Seules la France, Singapour et la Pologne voient naître une adaptation de la série dans leur langue.

Le parcours français Hors du Japon et des pays anglophones, la France compte parmi rares pays à bénéficier d’une adaptation de la série dans tous ses formats. C’est à Dybex que l’on doit la première apparition de Fullmetal Alchemist, qui se voit ainsi diffusée en animé dans l’émission La Kaz sur Canal + dès le 10 février 2005. Bénéficiant d’une diffusion en clair sur la chaîne hertzienne et d’un doublage honorable, l’alchimiste d’acier bénéficie d’une excellente visibilité et d’une côte d’amour certaine des amateurs français de shônen. Par le biais de Kurokawa, le manga parait le 9 septembre de la même année et devient l’une des licences phares de la maison d’édition qui sortira cette année le vingtième tome du manga. Toujours chez le même éditeur paraissent les six romans et les artbooks sortis au Japon. Côté animation, si Dybex a offert aux fans un joli coffret pour The conqueror of Shamballa, les cinquante et un épisodes de la série n’auront eu qu’une édition assez basique et divisée en un trop grand nombre de coffrets pour être réellement engageante. Le tir se voit corrigé en ce début d’année, et l’éditeur présente un premier coffret collector d’une grande classe, contenant une première partie de série, en version originale et française, en six DVD insérés dans deux Digipak. En prime, les bonus sont d’un réel intérêt, avec le CD de la bande originale, quatre livrets, un DVD contenant storyboards et autres sympathiques cadeaux, le tout avec une figurine d’Edward Elric sortie de la collection des Play Arts éditée par Square Enix en 2005. Un must !

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Fullmetal Alchemist

Le manga

La version papier de Fullmetal Alchemist représente à la fois la base et l’œuvre la plus complète des multiples séries qui en découlent. Son imagerie et son accroche de base aux accents adolescents ont de quoi induire en erreur sur cette histoire pourtant aussi riche que cohérente dans son développement. Si bien que le manga offre de nombreux chemins de lecture pour un public aux attentes diverses et variées. Piqûre de rappel

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es plus futés d’entre vous l’auront deviné : Fullmetal Alchemist est centré sur le monde de l’alchimie. Transposé dans le pays fictif d’Amestris en 1914, l’alchimie est ici présentée comme la science ultime et ceux qui la pratiquent sont très prisés du pouvoir militaire en place. Pivot central de l’histoire, elle sert également de fil rouge philosophique à travers le principe d’équivalence qui lui est lié, voulant que chaque chose créée sur cette base demande une contrepartie. C’est dans une ville de l’est de cet état, Lior, que nous découvrons pour la première fois le duo étrange formé par Edward et Alphonse Elric. Le premier est un adolescent de quinze ans complexé par sa petite taille alors que le deuxième, son petit frère de quatorze ans, se présente sous la forme d’une imposante armure. A la solde de l’état pour qui ils effectuent diverses missions, tous deux pratiquent l’alchimie. Edward possède même le prestigieux titre de plus jeune alchimiste d’état, un haut rang militaire. Si, officiellement, les deux héros semblent aider au maintien de l’ordre et de la sécurité, leur vrai but est de mettre la main sur la légendaire pierre philosophale. A travers celle-ci, les deux adolescents souhaitent réparer de graves erreurs commises dans le passé et que le lecteur découvrira bien vite. Avec cet enjeu s’ensuit une quête forcenée dans laquelle les héros apprendront à grandir en découvrant la nature humaine sous ses meilleurs comme ses pires aspects dans un univers faussement surréaliste. Les origines D’après la mangaka Hiromu Arakawa, c’est après avoir lu des livres en rapport avec la pierre philosophale que lui vient l’idée de traiter de l’alchimie dans un manga. Passionnée par le sujet, elle aurait lu quantité de livres relatifs au sujet pour en tirer de précieux enseignements avant de découvrir avec désarroi les différents traitements et contradictions entre les ouvrages. Dès lors, l’auteure choisit de se concentrer sur l’aspect philosophique de cette pratique en insufflant la seule donne commune à toutes ses lectures : le principe d’équivalence. Pour ce dernier, c’est directement de sa famille qu’elle va s’inspirer. « Mes parents travaillent dans une laiterie à Hokkaidô. La vie d’une famille fermière est non seulement monotone et éternelle, mais

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elle est aussi difficile. Celui qui est paresseux ne récoltera, au final, que des ennuis. Nos ancêtres sont des pionniers qui sont arrivés à Hokkaidô : leur histoire n’a été transmise que verbalement, mais on sait qu’ils vivaient en parfaite harmonie avec le principe d’échange équivalent» 1. Prévu initialement comme un one shot, Fullmetal Alchemist se voit sérialisée à la demande de l’éditeur Square-Enix et à la surprise de l’auteure. « Je me suis vraiment demandée comment j’allais faire, car la série, au départ, ne devait faire qu’un chapitre. Je me suis alors retournée le cerveau pour trouver des idées afin de faire de ce oneshot une vraie série » 2. Surprise par le succès qui en découle, la mangaka qui avait prévu à l’avance la fin de son récit se voit obligée de modifier les scènes et éléments de l’histoire d’une autre manière, quitte à sacrifier des personnages plus tôt que prévu et d’en improviser de nouveaux. Scénario à tiroirs C’est avec ce mélange d’actes réfléchis et d’improvisation qu’Hiromu Arakawa développe son histoire en mêlant différents chemins de lecture. Le premier est incontestablement celui du shônen d’action et tout est fait pour y accompagner le lecteur avec des personnages aux pouvoirs puissants et des ennemis aussi redoutables qu’impalpables. L’alchimie s’inscrit parfaitement dans ce genre de manga : au-delà de sa présentation scientifique et du précepte fil rouge, elle est un pouvoir magique se manifestant sous diverses formes élémentaires et garantit des scènes d’action à grand spectacle. Dans la même veine, la technologie, même si en arrière plan face à l’alchimie, est ici au service du combat, avec en premier plan l’automail, parties de corps mécaniques que l’on retrouve en guise de bras droit et de jambe gauche d’Edward Elric. Au travers de cette forme se situe une toile de fond en clair-obscur. Arakawa use d’humour avec délectation, même avec des personnages à l’allure sérieuse comme le général Roy Mustang, en donnant ainsi une fraîcheur utile à un manga parfois dur. Car derrière l’allure adolescente que peut dégager ce manga se cache une grande part de noirceur. Très rapidement, la lecture de Fullmetal Alchemist se fait plus sérieuse à travers les principes de l’alchimie et de l’échange équivalent. Les excès de cette science, sa mauvaise utilisation et les malheurs en découlant présentent le concept dans ses aperçus les plus sombres, voire une vision des plus noires de l’homme. Un état militaire omnipotent, une

guerre n’ayant pas de sens réel et entretenue au bénéfice de certaines personnes malintentionnées mettent les héros face à l’injustice d’une société où l’on manipule pour ne pas être manipulé. Le fantastique vient aussi s’ancrer dans la noirceur à travers la représentation des homonculus, dont chacun tire son nom d’un péché capital. Au milieu de ce décor parfois fataliste où il est régulièrement question de mort, Edward et Alphonse affichent une volonté forcenée de vivre à travers une quête tenant presque de l’utopie. Un style simplement efficace Nul doute n’est possible : nous sommes dans un shônen et l’imagerie exploitée en est la preuve concrète. Grâce à l’intemporalité des différents décors et des looks mêlangeant l’ancien, le religieux et la modernité, Fullmetal Alchemist possède visuellement un style évoquant l’héroic fantasy. Avec un trait fluide, le dessin se veut simple et dans la plus stricte tradition du manga et ne joue pas dans la cour du réalisme, avec dans certaines cases un décor à peine développé, voire vide. Pour pallier ce que certains pourraient prendre pour de la paresse, Hiromu Arakawa joue sur les expressions de ses personnages et leur apporte une patte visuelle bien reconnaissable, qui participe de l’aspect attachant, voire du succès de certains protagonistes phares. Un autre point fort se situe dans les jeux d’angles de dessins, des cases se présentant comme des : prises de vue en contre-plongée ou des plans dignes du cinéma d’action. Dans l’ensemble, l’œuvre ne recèle pas vraiment de violence visuelle, bien qu’elle joue par moments sur des ambiances sombres. S’inscrivant dans un registre visible de tous, Fullmetal Alchemist rencontrera quand même une fois les joies de la censure, aux Etats-Unis. Comme souvent, la raison est aussi absurde que significative : pour ne pas froisser un certain public, quelques visuels

Fiche Technique

Auteur : Hiromu Arakawa Parution Japon : 2001-En cours Nombre de tomes Japon : 21 Nombre de tomes France : 19 Editeur japonais : Square Enix Editeur français : Kurokawa Genre : Shônen


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© Hiromu Arakawa / SQUARE ENIX Co. Ltd.

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Les nouvelles Entre le manga et l’animé, Fullmetal Alchemist parait en février 2003 sous forme de nouvelle. Adaptation d’un genre encore peu courant dans le monde du manga, elle présente ici des aventures inédites écrites par Makoto Inoue. Hiromu Arakawa n’intervenant que pour les illustrations, elle a donc toute latitude pour ces histoires, qu’elle développe ici sous forme de spin-off. Bien que n’ajoutant rien à l’intrigue conductrice, ces six recueils d’histoires courtes viennent enrichir de manière cohérente l’univers de l’alchimiste d’acier. Si bien que l’animé qui suit vient rapidement piocher dans nombre d’entre elles, faisant de ces petites œuvres un pont intéressant entre un manga et un animé bien différents. En France, Fleuve Noir, la branche livres d’où vient Kurokawa, a eu la judicieuse idée d’adapter ces six volumes indispensables pour posséder toutes les visions de la série.

représentant un homonculus en position de christ sur une croix en pierre sont modifiés par l’éditeur, la croix devenant un bloc. Peu prolixe (ou peu interrogée ?) sur son dessin, tout juste apprenons-nous de l’auteure qu’elle situe son visuel dans un mélange entre celui de Suihô Tagawa (un des pionniers du shônen, auteur de Private Second Class Norakuro en 1931) et de Hiroyuki Eto (Gadget) 3. De l’actualité à l’histoire La principale particularité de Fullmetal Alchemist reste le rapport à une réalité passée ou présente à travers le prisme d’un monde imaginaire. Volonté assumée par Hiromu Arakawa qui se montre alertée par certaines actualités, notamment au sujet des réfugiés et orphelins victimes de la guerre. Aussi de par ses expériences personnelles et de ses rencontres qu’elle vient enrichir son œuvre : « La majeure partie de ces situations vient de discussions que j’ai eu la chance d’avoir avec des gens rencontrées au cours de ma vie : des personnes handicapées ayant perdu une jambe ou un bras, des réfugiés, des émigrés involontaires, des personnes ayant souffert de la guerre, d’ancien yakuzas, du personnel hospitalier, des pompiers, etc. Les thèmes qui apparaissent dans Fullmetal Alchimist sont tirés de faits qui arrivent tous les jours » 4. Passé cet aspect actuel, la mangaka vient puiser dans certaines parties de l’Histoire bien précises, et vient créer sa toile de fond imaginaire à partir de l’Europe au cours de la révolution industrielle, période qui a suscité son intérêt tant par l’architecture, par le vêtement, que par la culture de grand nombre de pays. Bien que beaucoup de lecteurs aient pensé à l’Allemagne, et ce à juste titre, l’auteure déclare s’être particulièrement intéressée à l’Angleterre à cette époque tout en y ajoutant sa saveur personnelle pour créer un univers n’ayant plus rapport au réel 5. Notes

1 : Hiromu Arakawa, interview pour Yahoo.co.jp 22/10/2004. 2  : Fullmetal Alchemist profils. Viz Media. Viz Media. pp. 100-105. pp. 100-105/ 2006. 3 : Hiromu Arakawa, Interview pour Yahoo.co.jp 22/10/2004. 4 : Séries d’illustrations humoristiques en quatre cases. 5 : Interview Hiromu Arakawa, Full Metal Alchemist Tome 6.

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Hiromu Arakawa

A la sortie de Fullmetal Alchemist en 2001, Hiromu Arakawa s’est présentée comme l’une des rares femmes auteures de shônen. Ce prestigieux statut n’est pour autant pas son seul atout. Discrète et empreinte d’humilité, la mangaka se montre au travers de rares interviews ou autres messages aux lecteurs, comme quelqu’un d’aussi sympathique que cultivé. Gros plan sur une personnalité hors du commun dans le monde du manga. L’amie des vaches

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iromi Arakawa, qui transformera plus tard son prénom en Hiromu, voit le jour le 8 mai 1973 à Hokkaido, une ville rurale au nord du Japon. Elevée avec ses cinq soeurs par des parents travaillant dans une laiterie, Arakawa se voit profondément marquée par cette enfance à la fois dure, mais tournée vers la famille et vers l’humanisme. Elle se servira par la suite, dans son œuvre, des préceptes qu’elle en a gardés, notamment pour approfondir la théorie de l’échange équivalent. C’est à l’école qu’elle se découvre une passion pour la lecture et plus particulièrement le manga qui la pousse rapidement à vouloir faire carrière dans ce domaine. « Depuis toute petite, je pensais que faire de mangaka son métier de tous les jours serait génial. Je me suis essayée à la peinture à l’huile, tout en aidant ma famille au travail de la ferme. J’ai aussi dessiné des «Yonkoma manga», publiés dans un magazine sur les courses de chevaux.» Lorsqu’elle quitte le foyer familial pour réaliser son rêve, Arakawa déclare ne pas vouloir revenir avant de vivre de ce métier. Arrivée à Tokyo, elle devient d’abord assistante sur le manga Mahôjin Guru Guru de Eto Hiroyuki ou encore pour Yashichiro Takahashi, auteur de Shakugan no Shana. Mais pour gagner sa vie, la future mangaka travaille dans une entreprise de sécurité. Après avoir réalisé des Yonkoma pour le magazine Gamest , Arakawa finit par créer sa première histoire, Stray Dog. Le manuscrit est envoyé à l’éditeur Square Enix qui, devant la qualité exceptionnelle de ce travail le publie régulièrement dans le magazine Shônen Gagan. Mais le grand succès ne vient que deux ans plus tard avec Full Metal Alchemist. A l’occasion de son premier tome, Hiromu Arakawa choisit de se présenter aux lecteurs à travers un dessin loufoque : une vache à lunettes au slip rouge

porte bonheur. Plus subtile qu’elle n’y parait, cette illustration est un hommage à son passé de fille de laitiers ayant eu un animé fétiche dont l’héroïne était une vache du nom de Juhan. Ne montrant aucune photo d’elle, nombre de magazines finissent par utiliser son dessin pour accompagner des articles la concernant jusqu’à lui provoquer un léger agacement. femme dans un monde d’hommes Dans un secteur du manga où les femmes sont souvent cloisonnées à la réalisation de shôjo ou de yaoi, Hiromu Arakawa fait du domaine très masculin qu’est le shônen sa spécialité. Là où beaucoup se plairaient à penser qu’une touche féminine rendrait le genre plus sensible, l’auteure, qui déclare en interview avoir adoré lire Shônen Jump enfant, trompe en grande partie le préjugé. Ses œuvres présentent des héros n’ayant rien de bishônen et jouent la carte de l’action sans aucune sensiblerie. Sans doute du fait d’une personnalité entière, un brin garçon manqué. Hiromu Arakawa est aussi quelqu’un de très au fait de l’actualité comme de l’histoire, capable d’apporter des réponses précises et argumentées sur ces sujets sur lesquels elle semble posséder un point de vue des plus construits. Inclassable, cette mangaka pleine d’esprit apporte une véritable fraîcheur dans cet univers parfois trop sérieux.

Productions Stray Dog (1999) Totsugeki Tonari no Enikkusu (2000) Shanghai Yomakikai (2000) Fullmetal Alchemist (2001) – En cours Raiden-18 (2005) Soutem no Koumori (2006) Juushin Enbu (2006) – En cours


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Fullmetal Alchemist

L’animé

On ne compte plus les adaptations libres de manga tournant au drame animé. Dans ce registre, Fullmetal Alchemist est l’exception qui confirme la règle. LA première saison, dont le scénario vient à s’éloigner totalement de sa base, offre un point de vue aussi bien inédit que cohérent à l’univers créé par l’auteure originelle. Grand succès à l’échelle mondiale, l’animé aura également permis à beaucoup de découvrir l’œuvre. Enjeux et volontés

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rrivé le 4 octobre 2003 sur le Tokyo Broadcasting System, la version animée de Fullmetal Alchemist est le fruit des prestigieux studios Bones, déjà connus à l’époque pour RahXephon et Wolf’s Rain. Avec cette adaptation, le réalisateur Seiji Mizushima, révélé plus tôt par Shaman King, hérite d’une tâche courante mais particulièrement difficile : adapter un manga à peine débuté. Il est en effet contacté au cours de l’année 2002 ; et lorsque la production commence, seuls trois tomes sont sortis en librairie. S’ajoute à cela la volonté de la mangaka Hiromu Arakawa : « Dès qu’il a été prévu d’adapter FullMetalAlchimist en dessin animé, j’ai insisté auprès du réalisateur pour qu’il crée sa propre histoire à partir de mon manga. «Deux goûts pour le prix d’un», c’est l’avantage d’avoir accès à plusieurs médias pour adapter une même idée. » 1 Pour guider Mizushima dans cette aventure périlleuse, l’auteure de l’œuvre originelle s’implique et donne un aperçu de son univers et quelques clés durant les réunions de personnel 2. Mais elle ne prend pas part l’écriture du scénario. L’animé prend donc un chemin différent tout en gardant les thèmes chers à Fullmetal Alchemist. Le jeu des cinq erreurs

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A la suite des cinquante et un épisodes diffusés, quelques transcriptions animées plus ou moins mineures voient le jour au Japon. La première, Fullmetal Alchemist Reflections Special retrace, en cinquante six minutes l’intégralité de la série à l’aube de la sortie du long-métrage Fullmetal Alchemist : Conqueror Of Shamballa. Courant mars 2006 sort la Premium Collection, un DVD comprenant quatre courts métrages animés, en plus du long épisode résumé suscité. Loin de la série, ils se développent sous formes de concepts. L’on retrouve Edward, Al et ses amis dans diverses situations : fausses coulisses de l’animé, mondes parallèles, mise en situation des personnages animés dans le réel ou interaction avec le spectateur sont au programme. Bien que non-liés à l’histoire originale, ils tirent partie d’une très grande originalité, tant scénaristique que visuelle. est modifié et agrémenté d’un caducée, éloignant ici toute ressemblance visuelle. Le changement ne se limitant pas à l’image, les Homonculus voient aussi leur comportement traité de façon différente voire diamétralement opposée. Il en va de même pour leur identité, leur rôle et leur destin. La raison est simple : les créatures restant en grande partie

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Alors que les occidentaux ont majoritairement découvert la série à travers cet animé, les téléspectateurs nippons se trouvent face à une adaptation des plus étonnantes. Outre les aspects inédits exploités par le cheminement, le réalisateur vient ici donner une vision différente du fond, avec pour résultat une version venant parfois bouleverser jusqu’à certaines aspects de la personnalité des héros. Jouant sur des premiers épisodes dans la ligne directe du manga, Mizushima se permet assez rapidement de prendre certaines libertés, comme celle d’offrir un traitement inédit de la formation d’alchimiste d’Edward, de modifier le déroulement de certaines scènes ou encore d’apporter des passages inédits (notamment des mises en image des nouvelles sorties quelques mois auparavant). Le traitement des Homonculus, créatures inhumaines à la recherche de la pierre philosophale, reste le plus notable. D’abord dans le détail avec le tatouage d’ouroboros de ces créatures : là où le manga le représente tel un dragon enroulé sur l’étoile de David 3, l’animé revoit le design de ce symbole. Il

Autres transcriptions


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Fullmetal Alchemist

Là où le manga joue sur une certaine cruauté, l’animé opte pour un parti-pris plus poignant et sentimentaliste

mystérieuses lors des parutions manga parallèles aux diffusions, le réalisateur a carte blanche pour en créer de supplémentaires et gérer leur participation à sa sauce. Le résultat aura pour effet de surprendre, voire d’amuser la créatrice de l’œuvre qui ne s’attendait pas à ce que ses monstres suscitent un tel raisonnement, tant autour de leur passé que dans leur comportement 4. Sur la totalité de l’adaptation, le cheminement de l’histoire, tout comme la personnalité de certains protagonistes sont revues, tant sur le fond que sur la forme. Là où la mangaka vient jouer sur une certaine cruauté, le réalisateur opte pour un parti pris plus poignant et sentimentalisé, à l’image de la scène finale autour de la chimère parlante et de Shou Tucker. Le reste de la série animée continue sur cette même voie, offrant un jeu relationnel élaboré entre les protagonistes, qu’ils soient parmi les héros ou les méchants. Le final va en ce sens, quitte à bouleverser certaines lignes directrices de l’auteure. Le pari est donc rempli : la version animée vit indépendamment à la série d’origine, en offrant deux œuvres dissociables et complémentaires à la fois. Animation moderne Pour réaliser cette production, Seiji Mizushima est épaulé par deux grands noms de l’univers de l’animation. Tout d’abord le scénariste Sho Aikawa, connu pour son travail autour de Dai Guard et sur RahXephon , œuvre en commun avec le chara designer Yoshiyuki Ito, responsable également de Getter Robo: Armaggedon, Ghost in the Shell. Cette équipe livre un rendu d’une cohérence étonnante. Plus particulièrement par le visuel qui vient marquer au fer rouge l’animation du début des années 2000. Avec pour enjeu de mettre en valeur les personnages emblématiques d’Arakawa tout en conservant l’âme visuelle de Fullmetal Alchemist. Dépassant le cadre visuel forcément limité du manga, l’animé offre des personnages à l’allure marquante et plus encore, un univers visuel immédiatement identifiable. C’est à Shinji Aramaki, le dessinateur de décor, que l’on doit une imagerie évoquant à la fois la beauté très verdoyante d’un Miyazaki combinée à une intemporalité qui n’est pas sans évoquer l’heroic fantasy. Outre des jeux de tons et d’ambiance, un véritable voyage visuel est proposé, de décors de villes militaires européennes du début de XXe siècle à des refuges de nomades en plein désert, en passant par des villages évoquant tant la culture orientale qu’occidentale. Rien n’est cependant fait pour être réaliste ; tout est dans le registre du rappel.

Fiche Technique

Auteur : Hiromu Arakawa Réalisation : Seiji Mizushima Producteur : Bones Scénario : Sho Aikawa Character design : Yoshiyuki Ito Décors : Shinji Aramaki Musique : Michiru Oshima Editeur : Dybex Nombre d’épisodes : 51, série terminée

L’animation, dirigée par Koji Sugiura offre de grands moments dans différents registres. Travelling dans le désert pour servir un moment comique, plans rapprochés appuyant les moments graves, tout est étudié pour être efficace. La palme revient plus particulièrement aux génériques. Malgré un essai de 3D un peu malheureux sur le premier, une majorité d’entre eux donne une claque visuelle tant l’expressivité des personnage et le relief des visuels sont finement travaillés. En musique Pour la bande-son de l’animé, Fullmetal Alchemist bénéficie, par le biais d’Aniplex, du soutien du label Sony Entertainment Japan. Cette collaboration donne lieu au choix d’une compositrice de renom : Michiru Oshima. Cette artiste, connue tant pour ses musiques de films (trilogie japonaise des Godzilla 2000/2003), de jeux vidéo (Ico), de séries live (Sailor Moon) que de dessins animés, montre avec les thèmes de la série l’étendue de son talent. Peu nombreux, les différents habillages musicaux sont à la fois variés et efficaces, jonglant entre musique tribale, synthétique et surtout symphonique, dans un registre qui n’est pas sans rappeler l’heroic fantasy. Les génériques viennent trancher totalement avec cette ambiance sonore : des opening punchy et assez rock croisent des ending lents, parfois sirupeux. Porn Graffiti , groupe à succès des années 2000, assure l’énergique Melissa . Toujours avec la même volonté d’efficacité, la deuxième ouverture, Ready Steady Go, est assurée par L’Arc-en-ciel, groupe de la scène rock japonaise fort de treize millions de disques vendus en dix-sept ans de carrière. Undo de Cool Joke et Rewrite du célèbre groupe indépendant Asian Kung Fu Generation constituent les deux derniers opening. La très jeune gothic lolita Nana Kitade se révèle au public avec Kesenai Tsumi, premier ending de la série. Il est suivi de Tobira No Muko de Yellow Generation, puis Tobira No Mukou de Crystal Kay .I Will, dernière fermeture d’épisode de la chanteuse Sowelu rencontre un petit succès aux Etats-Unis. Un casting étudié Sans surprise, les voix des différents personnages de Fullmetal Alchemist cachent nombre de grands noms du doublage. Derrière Edward Elric se cache la multifacette Romi Paku, connue comme interprète de Toushiro Hitsugaya de Bleach, Nana Osaki de Nana ou encore Temari de Naruto. Rie Kugimiya, connue comme Kagura de Gintama ou encore Karin Kurosaki de Bleach, incarne le jeune Alphonse Elric. On retrouve également Toru Ohkawa, Gadeth dansEscaflowne, comme doubleur de Roy Mustang. Megumi Toyoguchi, voix de Sophia dans Claymore, donne sa touche énergique à Winry Rockbell. A l’inverse de beaucoup de confrères animés, Fullmetal Alchemist possède une version française d’une certaine qualité. Malgré des dialogues édulcorés, voire un peu déformés, l’interprétation est crédible, restituant même à certains moments l’intensité d’une version originale. Notes 1 : Interview de Hiromu Arakawa dans le tome 6 2 : Interview de Hiromu Arakawa sur Yahoo.co.jp 3 : Symbole propre à la religion juive, représentant une étoile à six branches 4 : Newtype USA (AD Vision), janvier 2006.

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Dossier

Fullmetal Alchemist

Le film

Le réalisateur de l’animé Fullmetal Alchemist ne fait rien comme tout le monde : non content de réécrire la série à sa manière, c’est par un long métrage animé qu’il lui donne sa fin. Dernière pierre à cet édifice de l’animation, Conqueror Of Shamballa persiste et signe dans la vision de l’alchimie développée durant les cinquante et un épisodes. En résulte un film d’animation singulier par bien des points. se voit ici encore plus appuyée que dans l’animé. Un nouveau sans-faute

Quand la réalité rejoint la fiction

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Musiques de Shamballa Dans la suite logique de l’animé, la musique est encore une fois assurée par Michiro Oshima qui offre ici un habillage sonore similaire à celui de la série, bien qu’un peu plus sobre. C’est également l’occasion de retrouver le groupe L’Arc-en-ciel qui signe l’ouverture et la clôture du film, respectivement avec Link et Lost Heaven. Quelques surprises sont cependant au rendez-vous. La première vient de la présence étonnante mais très agréable de L’Orchestre de Moscou venant apporter un style atypique à cette bande-son. Dans la même optique, l’on retrouve Tayo Awosusi accompagnée de Ferenc Snétberger dans un morceau gipsy que les femmes roms interprètent durant l’attelage du cheval d’Ed et Alphonse Heidrich. La thématique du voyage

Notes

1 : Seiji Mizushima, The Making of Fullmetal Alchemist: The Movie (2006).

Les prix 2005 Tokyo Anime Fair (Japon) • Animation de l’année • Meilleure histoire originale • Meilleure musique Mainichi Film Awards (Japon) • Grand Prix de l’animation 2006 Fantasia International Film Festival (Canada) • Meilleur film d’animation

Fiche Technique

Auteur : Hiromu Arakawa Réalisation : Seiji Mizushima Producteur : Bones Scénario : Sho Aikawa Character design : Yoshiyuki Ito Décors : Shinji Aramaki Musique : Michiru Oshima Editeur : Dybex Durée : 105 minutes

© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

eu après la diffusion de la série télévisée, les studios Bones et le réalisateur Seiji Mizushima rempilent pour un nouveau projet. Celui-ci, toujours autour de Fullmetal Alchemist, se dévoile sous la forme d’un long métrage. L’objectif est d’apporter une suite et une fin définitive à un dessin animé laissant quelques ouvertures scénaristiques. L’équipe commence la pré-production de ce projet dès mars 2004. Avec initialement un scénario d’une centaine de pages, le film est appelé à faire plus de trois heures. Afin de lui donner un meilleur rythme et le rendre accessible à tous les publics, l’équipe de production se charge alors de le réduire d’un tiers. Les éléments laissés de côté concernent à la fois le développement de certains nouveaux protagonistes et des moments attendus par les amateurs, comme par exemple une scène où Roy Mustang et Winry Rockbell se retrouvent face à Maes Hugues 1. C’est le 23 juillet 2005, après un long processus de création et un un travail minutieux, notamment autour des story-boards, que ce film sort sur les grands écrans japonais. Fullmetal Alchemist : Conqueror Of Shamballa s’inscrit dans la ligne directe du dessin animé, avec une équipe à l’identique. L’action, qui se situe deux ans après le dernier épisode de la série, nous propose dès le début de découvrir la vie d’Edward Elric dans le monde réel, plus précisément la ville de Munich en 1923. N’étant plus dans le pays parallèle qu’est Amestris, le héros ne peut plus user d’Alchimie mais uniquement de la science. C’est ainsi qu’il aide sans grande motivation son nouveau compagnon de route à chercher des fusées. Ce dernier s’appelle

Alphonse Heidrich et ressemble fort à son petit frère (ils ont d’ailleurs le même prénom). L’intrigue prend son essence sur les évènements historiques de l’époque, notamment la montée en puissance d’Hitler qui vient porter appui à l’intrigue. C’est lorsque Edward Elric sauve une jeune gitane des mains de l’armée allemande que les ennuis reprennent pour lui. Celle-ci se voit convoitée par l’armée pour ses pouvoirs de clairvoyance qui les aiderait à passer un certain portail (que les spectateurs de l’animé connaîtront) pour rejoindre un monde soi-disant idéal du nom de Shamballa. En parallèle, le jeune Alphonse Elric, redevenu humain, mène une vie d’alchimiste dans un monde d’Amestris revenu à une relative tranquilité. Mais très vite, les choses vont se corser à cause du retour du fameux portail. L’occasion de quelques retrouvailles, et de quelques adieux, avant de découvrir la fin définitive de cette interprétation plus ou moins libre de l’œuvre d’Arakawa.

A sa sortie au Japon, le film rencontre un bon accueil, tant des critiques que du public. Il reçoit d’ailleurs un nombre conséquent de récompenses en 2005 avec le grand prix de l’animation aux Mainichi Film Awards en plus de cinq prix au Tokyo Anime Fair. Il faut attendre un an pour voir le film s’exporter, en premier lieu en tant que première du Festival Fantasia de Montréal le 22 juillet 2006. C’est toujours par le biais de Funimation que le film connaît le 25 août une sortie dans un petit nombre de salles en Amérique du Nord, fait assez rare pour l’animation japonaise qui connaît le plus souvent une sortie directe en DVD. En France, le film sort directement en DVD le 17 septembre 2007.


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Fullmetal Alchemist

La saison 2

Plus ou moins attendue par bon nombre d’amateurs, la suite des aventures animées d’Edward et Alphonse est annoncée par Hiromu Arakawa elle-même dans le vingtième tome sorti fin août 2008 au Japon. Dès lors, nombre de questions se posent. Nouveau titre ? Nouvelle histoire ? Nouveau staff ? Une chose reste sûre : ce Fullmetal Alchemist sera l’un des évènements japonais du printemps. Quid de la saison 2 ?

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oilà déjà cinq ans que le dernier épisode de la mouture animée de Fullmetal Alchemist a été diffusé sur les télévisions japonaises. Dès lors, les interrogations sur une éventuelle suite se sont régulièrement posées, et même le long métrage censé conclure la série n’a pu stopper les rumeurs. Il faut dire que le manga n’a de son côté jamais cessé de paraître, et s’oriente dans un scénario bien différent de ce que la série animée avait pu dévoiler. L’officialisation d’une suite l’année passée n’a donc représenté qu’une vague surprise. Avec l’automne arrivent les fuites et annonces officielles. Le site 2chan, par l’intermédiaire d’un indic visiblement bien renseigné, annonce courant novembre quelques informations capitales provenant de documents confidentiels des studios Bones. On y trouve entre autres le nom du réalisateur prenant le relais à un Seiji Mizushima (bien occupé à son nouveau succès Gundam 00) : Yasuhiro Irie est connu pour avoir réalisé Kurau : phantom Memory, pour ses travaux sur certains épisodes de Soul Eater, RahXephon et de la première saison de Fullmetal Alchemist. Très rapidement, les studios officialisent la date de diffusion de l’animé pour avril 2009. Un premier trailer circule sur le Net courant novembre à la suite du quatorzième épisode de Gundam 00 sur la chaîne MBS. C’est sur cette même chaîne et à la place de cette série (le dimanche soir) que sera programmée cette suite.

ainsi confié à Hiroshi Ohnogi, déjà vu à ce poste sur Kekkaishi et Mobile Suit Gundam Suit tandis que le chara design est assuré par Hiroki Kanno, connu principalement comme directeur de l’animation de Wolf’s Rain. Les musiques sont composées par Akira Senju, à l’origine de celles de B’tX, Mobile Suit Victory Gundam ou encore Red Garden. Takeshi Sato(Gundam 00) est en charge de la direction artistique. Confirmations et doutes Yasuhiro Irie apporte la suite des informations dans de récentes interviews. La première info est que la nouvelle saison de Fullmetal Alchemist garde exactement le même nom. Sa forme n’est pas celle d’une suite mais bien d’une série inédite suivant de près le manga d’Hiromu Arakawa. Cependant, rien ne filtre sur le point de commencement de la série, à savoir si elle reprendra tout dès le début ou à partir d’un point précis. Tout juste fait-il comprendre qu’au

vu des cinquante épisodes que comptera cette partie, il sera impossible de retranscrire les cent chapitres que compte l’histoire. La dernière interrogation porte sur le casting des seiyu que le réalisateur déclare en cours, sans préciser s’il s’agit de celui de nouveaux ou d’anciens personnages. Le mystère reste donc en partie de mise sur cet animé, même s’il y a fort à parier que nombre d’informations tomberont sur la toile d’ici avril. Pour faire patienter les fans japonais, un site officiel resté bien vide est en ligne depuis le mois de décembre 1. La seule surprise au programme est la première image officielle du nouvel animé. Les seules autres images proviennent du numéro de janvier du magazine Shônen Gangan. Elles présentent en avant-première les planches design d’Edward et Alphonse Elric, qui à deux trois détails près, n’ont pas réellement changé. Notes

1 : www.sonymusic.co.jp/Animation/hagaren/

Les équipes

© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

La deuxième saison voit un staff totalement neuf. Sous la direction de Yasuhiro Irie, la nouvelle équipe en charge des aventures des alchimistes vient de différents horizons de l’animation. Le scénario est

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Auteur : Hiromu Arakawa Réalisation : Yasuhiro Irie Producteur : Bones Scénario : Hiroshi Ohnogi Character design : Hiroki Kanno Direction Artistique : Takeshi Sato Musique : Akira Senju Nombre d’épisodes annoncés : 50

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Fullmetal Alchemist

Analyse De l’alchimie à la chimie

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ant en manga qu’en animé, l’alchimie, et sa philosophie liée au principe d’équivalence, constitue le cœur de Fullmetal Alchemist. A l’image de l’astrologie ou de la magie, l’alchimie se range dans la catégorie des sciences traditionnelles, plus définie par les structures et valeurs d’une civilisation ancienne que par une logique actuelle. Si bien que plusieurs familles de cette même catégorie ont co-existé dans le monde sans pour autant se croiser. On trouve ainsi une alchimie chinoise, indienne, alexandrine, arabe et aussi occidentale. L’image la plus connue de cette étude vient des principes de décomposition de la matière, entre autres pour transformer le mercure en or. Souvent liés aux atomes et à la métallurgie, les principes et développements divergent en fonction du pays où elle a existé. Toutes ont cependant un point commun : elles ne peuvent être comprises de manière chimique, si bien qu’elles n’ont de sens réel ou de portée ailleurs que dans l’univers fermé des alchimistes. Lenglet-Dufresnoy, l’un des premiers historiens s’étant penché sur le sujet, a qualifié les alchimistes comme « les plus illustres rêveurs dont l’humanité a connaissance 1 ». L’alchimie est difficile à définir : en se donnant un monde simultanément réel et imaginaire, subjectif et objectif, matériel et spirituel, les études liées à ses principes constituent à la fois une discipline historique et philosophique pour ceux qui l’étudient. D’ailleurs, quelle est la part de réalité entre la philosophie de l’équivalence de Fullmetal Alchemist et celle de l’alchimie historique ? Là où l’on retrouve une recherche mystique de l’immortalité ou de la jeunesse éternelle chez les chinois, le principe d’équivalence se voit plus ou moins inexact, notamment chez les taoïstes : « Si le fourneau alchimique est l’héritier de la forge magique, l’immortalité […] est acquise à celui qui sait produire le “divin cinabre”. […] Il suffisait d’absorber l’or potable ou le divin cinabre pour devenir semblable aux dieux. »

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© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

Il en est de même pour l’alchimie occidentale, dont les pratiquants soulèvent des problèmes d’analyse historique insolubles. Bien que l’existence d’alchimistes célèbres, tels que Nicolas Flamel, a pu être prouvée, rien ne peut réellement les lier aux traités qu’on leur attribue. Ces traités ont principalement une valeur mythique et symbolique qui réside avant tout dans une recherche du dépassement du temps et de l’évolution pour une quête de l’absolu. Dès lors, où pourrait se trouver le principe d’équivalence tel que Hiromu Arakawa le présente? La réponse peut se trouver en retirant simplement la première syllabe du mot alchimie. « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme» : cette déclaration de Lavoisier en 1789 reprend pour la science une pensée du philosophe antique Anaxagore de Clazomènes. De Simon Stevin en 1586 à Eöt Wash en 1987, en passant


© HIROMU ARAKAWA / SQUARE ENIX, MBS, ANX, BONES, Dentsu 2004

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par Galilée, Newton et même Einstein avec la théorie de la relativité, tous se penchent sur des notions de simultanéité. Dans une réaction chimique, aucun atome n’est créé de nulle part, et aucun ne disparaît à proprement parler. Tout n’est que réorganisation. C’est d’ailleurs dans le domaine de la chimie qu’est évoqué mot pour mot ce fameux concept. Julius Robert Von Mayer, médecin allemand de la marine (1814-1878) et auteur d’expériences quantitatives sur le métabolisme humain est celui à qui l’on doit Le Principe d’équivalence en 1842 2. Il consiste en une transformation d’énergie lumineuse en énergie chimique par l’assimilation chlorophyllienne. Derrière Fullmetal Alchemist se trouve une étude bien moins rébarbative (c’est heureux !) de ces concepts, mélangés avec une certaine philosophie de dépassement que les alchimistes n’auraient pas renié. Un savant mélange ? De l’ouroboros à Shamballa : Imaginaire et réalités historiques

Fullmetal Alchemist déploie, dans toutes ses versions, un éventail symbolique assez solide, offrant nombre de pistes de lecture. Il s’avère donc assez difficile de trouver la bonne ou d’émettre une affirmation. Tout juste peut-on supposer ou encore s’amuser à croiser les références symboliques. L’une des plus riches se voit directement liée à l’époque où se situe l’œuvre, soit la révolution industrielle allant du XIXe à la première partie du XXe siècle. En situant le point de départ sur le mystérieux ouroboros des homonculus, l’on obtient un cheminement croisant divers détails de l’histoire animée mais aussi quelques détails du manga. La créature aux nombreuses interprétations mythologiques représentant un serpent se mordant la queue se voit dans l’œuvre affublée d’une étoile de David. Ce symbole n’offre alors plus que trois chemins de lecture dont l’un se situe directement dans la zone historique de l’histoire. La société théosophique a comme emblème un ouroboros dont la tête et la queue se joignent sur la svastika 3, mais surtout l’étoile de David et l’Ankh en son centre, avec une allure visuelle assez proche du symbole des homonculus. Si la théosophie vient tout droit des pensées de philosophes antiques d’Alexandrie, la société théosophique s’éloigne de ce concept d’origine, allant même jusqu’à posséder un nom divergeant dans nombre de pays. Elle se voit fondée à New York en 1875 par le colonel Henry Steel Olcott et par la russe Helena Petrovna Blavatsky. Cette dernière, après de nombreux voyages en Asie, a créé les doctrines de cette société à partir d’interprétations de divers courants religieux provenant entre autres d’Inde et du Tibet. Prétendant avoir des contacts télépathiques avec des moines tibétains, elle est notamment à l’origine de l’importation occidentale du mythe de Shambhala, ville légendaire d’origine bouddhique que l’on retrouve dans le film Full Metal Alchemist : Conqueror Of Shamballa. Elle présente ce lieu comme le village où apparaît le futur messie du nom de Kalki Avatar. «Vishnu, le Messie de la White Horse des brahmanes, le Bouddha Maitreya des bouddhistes, Sosiosh des Parsis, et Jésus des chrétiens ». Celle que l’on appelle plus couramment Madame Blavatsky ou HPB se fera principalement connaître par un livre appelé La Doctrine Secrète. Cet ouvrage datant de 1888 compile derrière le terme de théosophie une idée occidentalisée du bouddhisme mélangée

de façon curieuse avec l’hindouisme. S’il y a un aspect fantaisiste au livre, son développement en Allemagne au début du XXe siècle et les idées de différenciations de races qui y sont évoquées, telles que la supériorité de la race aryenne, auront vite fait d’être réinterprétées, quelque peu déformées et utilisées dans le mysticisme nazi, notamment dans les notions d’aryanisme et dans certains fondements de l’Ordre de Thulé, une des inspirations identifiables du national-socialisme. Celui-ci se voit d’ailleurs dirigé par Karl Haushofer que l’on aperçoit avec Hoheneim dans Fullmetal ALchemist : Conqueror Of Shamballa. Le lieu mythique qu’est l’île de Thulé est alors évoqué : ce lieu trouvé par un navigateur grec en 330 avant Jésus-Christ entre également parmi les légendes appropriées par les nazis. Doit-on cependant voir dans Fullmetal Alchemist et ses films de véritables parallèles au nazisme ? En se référant aux dates et aux évènements, on sent principalement un intérêt développé pour la militarisation et la crise allemande de 1915 ayant débouché sur le nazisme plus que sur le nazisme en lui-même. Les grandeurs et décadences d’une Allemagne en énorme expansion trouvent dans l’œuvre d’Arakawa comme dans le dessin animé certains parallèles intéressants, à l’image des villes militaires ultra-industrialisées formant un contraste évident avec des campagnes désertes et des villages isolés. Le peuple d’Ishbal amène à plusieurs résonances en rapport avec cette même époque. Rappelant d’un certain côté les gens du voyage violemment rejetés par les pays riches occidentaux au début de ce siècle, ils peuvent aussi évoquer certaines

populations orientales rejetées ou classées par les occidentaux comme races inférieures en fin de XIXe et début de XXe siècle. Si les nazis mettront en action l’idée d’élimination de race inférieure, les théories et pensées philosophiques développées notamment contre les Juifs, les Tziganes ou les Africains sont tristement nombreuses pendant le demi-siècle précédent la seconde guerre mondiale. L’on pensera entre autres au génocide arménien dont le parallèle fait penser à l’histoire des Ishbals : les arméniens, en voulant s’émanciper et obtenir une indépendance dans l’empire Ottoman, se voient déjà victimes d’actes criminels dans ce que l’on connaît sous le nom des massacres hamidiens, ordonnés par le sultan de l’époque et qui coûtera la vie à environ deux-cent mille d’entre eux. Le fait le plus connu arrive pendant la grande guerre, en 1915, où ces derniers sont cette fois ci déportés et massacrés par les soldats ottomans. Si différents parallèles sont possibles, il reste néanmoins très difficile d’affirmer concrètement une volonté quelconque de l’auteur d’évoquer ces faits précis, même si celle-ci s’est quelquefois déclarée alertée par la vue de nombreux réfugiés en regardant la télévision. Notes 1 : Encyclopedia Universalis 2 : Exposé historique de l’élaboration du concept d’énergie. Première partie du dossier Les multiples visages de

l’énergie, proposé par Roger Balian 3 : Ce symbole est notamment utilisé en Orient dans la symbolique jaïne, hindoue et bouddhique, en Chine pour symboliser l’éternité. En Occident, il a été repris par les nazis (croix gammée)

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Fullmetal Alchemist

La collection

Une chose est sûre : le merchandising et plus encore les figurines issues de Fullmetal Alchemist ne font pas très souvent honneur à la série. Avec un résultat assez inégal, les plus belles réussites sont souvent parmi les éditions les plus rares et les plus chères. Il faudra donc un porte monnaie bien armé et une certaine patience pour acquérir une collection de qualité. MEDICOM toys

Une fois encore, les concepteurs de Medicom assurent un travail de grande qualité. Ils nous offrent ici une série de quatre personnages contenant nombre d’accessoires et de possibilités d’exposition. Malheureusement, la majorité d’entre elles sont très difficiles à trouver.

La curiosité de la collection Du fait de son succès aux Etats-Unis, notamment grâce à Cartoon Network, la série s’est vue transposée en figurine par le biais de l’éditeur Southern Island. Ainsi, comme la photo vous le montre, Edward, Al, Lust et Glutonny se voient transposés dans un style très cartoonisant et si le résultat étonne et choque au premier abord, l’on ne peut que s’incliner devant l’originalité et la réalisation impeccable.

RAH 220 >

Edward Elric

Sorti en : novembre 2006 (Japon) RAH220 n°46 Prix moyen : 130 € Taille : 22 cm Tout, la figurine proposant une multitude de choix de tenues et de poses en allant jusqu’à soigner les parties en métal sous les vêtements

Vinyl Collectible Dolls >

Alphone Elric adolescent Sorti en : décembre 2007 (Japon) RAH220 n°50 Prix moyen : 110 € Taille : 22 cm Faire Alphonse Elric en version humaine est une idée judicieuse. La plus pauvre en bonus.

Real Action Heroes >

Alphonse Elric

Sorti en : novembre 2006 (Japon) / Vinyl Collectible Doll n°80 Prix moyen : 150 € Taille : 30 cm Un rendu impressionnant au niveau des matières, une figurine de Medicom très originale. Rare et chère.

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Roy Mustang

Sorti en : décembre 2007 (Japon) R.A.H n°350 Prix moyen : 140 € Une réalisation extrêmement fine, une belle expression et la présence de nombre d’accessoires. Outre le prix, rien de notable


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Fullmetal Alchemist

SQUARE ENIX Il est plus habituel de voir des Play Arts issus de jeux d’héroic fantasy, et l’idée de retranscrire les personnages en ce format est intéressante, mais pas toujours bien exploitée. Le résultat est mitigé : deux grandes réussites et une déception sont au programme. Cependant, la gamme est sûrement la meilleure au niveau du rapport qualité-prix.

Play Arts >

Edward Elric

Sorti en : décembre 2004 (Japon) FMA n°1 Prix moyen : 20 € Taille : 13 cm Beaucoup de bonus sympathiques. Un visage inexpressif et des finitions moyennes en font la plus décevante des trois.

Alphonse Elric

Sorti en : décembre 2004 (Japon) FMA n°2 Prix moyen : 20 € Taille : 17 cm Très belle et finement réalisée, la figurine contient des bonus originaux, dont le chat qu’il cache dans son armure durant un épisode.

Trading Arts >

Volume 1

 JAPON  Edward Elric, Alphonse Elric,

Winry Rockbell, Roy Mustang, Riza Hawkeye, Alex Louis Armstrong Sorti en : février 2004 (Japon)  International  Edward Elric, Alphonse Elric, Winry Rockbell, Roy Mustang Sorti en : février 2008 (Japon) / Mars 2008 (Europe) Prix moyen : 14 € l’unité Taille : entre 10 et 15 centimètres Des personnages jamais exploités en figurines font leur apparition. Parfois un manque de soin dans les finitions.

Winry Rockbell

Sorti en : décembre 2004 (Japon) FMA n°3 Prix moyen : 20 € Taille : 15 cm Un choix original et bienvenu, et là encore une multitude de bonus bien pensés. Le visage manque un peu de finesse.

Sculpture Arts Statue > C’est l’une des gammes les plus intéressantes et luxueuses des figurines Square Enix. Avec des dioramas reprenant des scènes cultes d’animés et surtout de jeux vidéo célèbres. Ici, c’est une scène culte du manga qui est reprise, où Edward et Alphonse mettent toutes leurs forces pour obtenir la pierre philosophale.

Volume 2

 Japon  Edward Elric, Envy, Lust, King

Bradley, Maes Hugues, Izumi Curtis Sorti en : octobre 2004 (Japon)  International  Edward Elric, Alphonse Elric, Winry Rockbell, Roy Mustang Sorti en : février 2008 (Japon) / Mars 2008 (Europe) Prix moyen : 14 € l’unité Taille : entre 10 et 15 cm Un très bon choix de personnages, la majorité d’entre eux étant peu exploités en figurines. Une qualité remarquable au vu du format.

Diorama Edward & Alphonse Elric

Sorti en : décembre 2008 (Japon) / janvier 2009 (Europe) Prix moyen : 210 € Taille : 29 cm Une finesse assez exceptionnelle. Un prix qui l’est tout autant.

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Dossier

Fullmetal Alchemist

BANDAI Voice I-Doll > Les Voice I-Doll sont des figurines en PVC montées sur un socle sonore reprenant des répliques cultes du personnage.

BANPRESTO La succursale de Bandai n’a pas non plus oublié de surfer sur le phénomène avec deux collections de PVC. D’une qualité correcte et d’un prix abordable, elles se sont pour la plupart beaucoup raréfiées depuis leur sortie.

Real Figure Deluxe part.1 >

Edward Elric

Sorti en : août 2005 (Japon) Prix moyen : 25 € Taille : 11 cm Une idée surprenante et une figurine bien réalisée. Un choix de matière ne mettant pas forcément la figurine en valeur.

Alphonse Elric

Sorti en : août 2005 (Japon) Prix moyen : 25 € Taille : 15 cm Une jolie réalisation.

Capsule Toy Les Capsule Toys sont probablement la plus grande institution du Gashapon. Edités par Bandai, ceux de Fullmetal Alchemist mettent en scène personnages centraux et secondaires sur un socle décor. Petites et pas chères, elles pâtissent comme souvent de finitions un peu grossières.

Edward Elric

Sorti en : 2004 Prix moyen : 20 € Un choix de pose intéressant, rappelant certains artworks. Un visage plus ou moins bien fini.

Set 1

Edward Elric x2, Alphonse Elric, Roy Mustang, Riza Hawkeye, Winry Rockbell Sorti en : août 2004 (Japon) Prix moyen : 39 € le lot/ 7 € l’unité Taille : 7,5 cm Les personnages mis en situation. Des finitions de qualité moyenne.

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Set 2

Edward Elric, Envy, Winry Rockbell, King Bradley, Maes Hugues, Scar Sorti en : novembre 2004 (Japon) Prix moyen : 39 € le lot /7 € l’unité Taille : 7,5 cm Les mises en situation sont ici très originales. La réalisation d’Edward Elric est médiocre.

Alphonse Elric Sorti en : 2004 Prix moyen : 20 € Bien réalisée… Mais nullement originale.


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Fullmetal Alchemist

Real Figure Deluxe part.2 >

Edward Elric

Sorti en : avril 2006 (Japon) Prix moyen : 20 € Complète la collection Moins originale et moins réussie que celle de la série précédente, ne présente que peu d’intérêt.

Roy Mustang

Sorti en : avril 2006 (Japon) Prix moyen : 20 € Une bonne réalisation générale Manque aussi un peu d’originalité.

Risa Hawkeye

Sorti en : avril 2006 (Japon) Prix moyen : 20 € Un choix original, une bonne réalisation et un accessoire « canin » bien sympathique. Rien de notable.

AMADA PRINTING Toujours des gashapons avec cette collection appelée trading figures qui présente ici une masse importante de personnages dans un tout petit format de moins de dix centimètres. Reste une des collections les plus accessibles actuellement sur le marché.

ORGANIC Characters DX >

Edward Elric, Alphonse Elric, Riza Hawakeye, Roy Mustang, Maes Hugues, Winry Rockbell

1 – Série de 6 bustes

Sorti en : 2006 • Prix moyen : 39 € l’ensemble/ 7 € l’unité • Taille : 9 cm Des poses sympathiques et dynamiques Une réalisation générale plutôt médiocre.

Sorti en : août 2005 (Japon) Prix moyen : 10 € Une vraie originalité Des finitions grossières.

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Culture

Actu

Cinéma / séries Cinéma Street Fighter le film La combattante mythique des Street Fighter a su garder son pouvoir de séduction malgré les années et malgré les nouveaux personnages féminins introduits dans la saga. Le scénario de Street Fighter The Legend Of Chun-Li est d’un grand classicisme : Chun-Li a perdu ses parents très jeune, notamment à cause de Bison. Bien décidée à devenir forte, elle apprend, à l’aide d’un vieux maître spirituel, à maîtriser son énergie et ses émotions. Elle devra rapidement faire face aux combattants qui ont tant gâché sa vie. Prévue le 28 février au Japon, cette nouvelle adaptation part avec la lourde tâche de convaincre un public resté en majorité déçu du film sans queue ni tête mené par Jean-Claude Vandamme et Kylie Minogue. Les premières images ne tendent pas à rassurer, donnant une douloureuse impression de déjà-vu dans le monde filmé des combattants de rue. On retrouve Andrzej Bartkowiack à la réalisation, tandis que le casting dévoile Kristin Kreuk incarnant une Chun-Li méconnaissable. Que dire de Neal McDonough, nouveau venu de la cinquième saison des Desperate Housewives qui campe ici un Bison trop blond pour être vrai ?

Goemon

En 2004, Casshern n’avait pas laissé indifférent : fort d’une imagerie à inspiration manga et d’une esthétique de haut niveau, ce film de Kazuaki Kiriya fût autant adulé que décrié. Le réalisateur revient dans les salles japonaises avec Goemon. En dehors d’une bande annonce, peu d’éléments ont circulé quant au contenu du film. Tout juste peut-on constater une imagerie familière à l’univers de Kiriya malgré le décor planté dans un contexte historique. Sa sortie au Japon est annoncée pour le 1er mai.

Séries

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Cowboy Bebop

Attendue avec crainte ou avec impatience, l’adaptation cinéma de Cowboy Bebop a été annoncée officiellement par la Sunrise courant janvier. Produite par la Twentieth Century Fox et Three Arts Entertainment, cette version américanisée du chef d’œuvre de Shinichiro Watanabe devrait connaître un suivi proche de l’animé d’origine. Pour assurer ce passage, le président de la Sunrise ainsi que le réalisateur de la série sont inclus dans l’équipe. Pour incarner l’emblématique Spike, le nom de Keanu Reeves longtemps évoqué semble se confirmer. Reste maintenant à attendre une bande-annonce, et surtout à prier pour une version à la fois fidèle et efficace qui ferait oublier le nombre impressionnant d’adaptations ratées.

City Hunter en série City Hunter, l’une des séries manga et animées parmi les plus mythiques, revient sous forme de série live. C’est grâce aux médias de la Corée du Sud que cette étonnante nouvelle s’est répandue sur le Net. Et en effet, il semblerait que la Fox Studio Television ait signé un accord de co-production avec le Japon et la Corée pour adapter les aventures du pervers détective Ryô Saeba. Pour incarner ce rôle, le célèbre

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acteur coréen Jung Woo-sung, qui serait un des rares acteurs asiatiques dans un casting de stars d’Hollywood. A la base, l’adaptation live devait se découper en quatre saisons tournées dans quatre pays différents. L’idée a été abandonnée. Au final, la série compterait treize épisodes écrits en anglais, avec comme lieux de tournage Séoul et Tokyo.

Kamui Gaiden

Aucune date de sortie n’a encore filtré pour ce film reprenant La légende de Kamui, seinen manga de Shirato Sanpei édité entre 1964 et 1971. Réalisée par Yoichi Sai, cette adaptation annoncée de longue date a mis un certain temps à se dévoiler. C’est depuis peu chose faite avec le site officiel www.kamuigaiden.jp. Pour l’instant peu rempli, il offre avant tout l’occasion de dévoiler le visage de l’acteur du rôle-titre, Kenichi Matsuyama, connu entre autres pour son interprétation de L dans la trilogie filmée des Death Note.


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Culture

Film

Sakuran

Sorti sur les écrans français le 20 août 2008, le film Sakuran présente de nombreux atouts pour séduire : un sujet épineux, un casting de choix mené par la célèbre Anna Tsuchiya, une imagerie forte et un solide soutien des médias spécialisés. A l’occasion de sa sortie DVD, un tour d’horizon s’impose sur ce film qui joue tant sur l’histoire que sur l’image. Mémoires d’une geisha

À

l’origine, Sakuran se présente comme un seinen manga. Créé par Moyoco Anno en 2001 pour le magazine Soir, ce one shot se penche sur l’univers fermé de la prostitution du temps où Tokyo s’appelait encore Edo. L’on découvre dans ce décor l’histoire de Kiyoha, enfant vendue par ses parents à une maison du quartier Yoshiwara, zone fermée et réservée à la prostitution. D’abord kamuro (femme de chambre de maison close), la jeune fille va suivre le dur apprentissage nécessaire pour être une Oiran, sommet hiérarchique d’une fille de joie. La forte personnalité de Kiyoha la mène à un grand parcours non sans embûches, durant lequel elle doit faire face aux problèmes inhérents à son rang, comme la jalousie de certaines comparses ou encore l’interdiction d’entretenir une relation sentimentale. Etapes de réalisation

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CRITIQUE Voici un film souffrant d’un cruel déséquilibre. Une imagerie somptueuse et extrêmement étudiée est desservie par un scénario manquant parfois d’épaisseur, ce qui est dommageable avec un thème si riche. La mise en avant de l’héroïne star se fait au détriment de l’aspect historique, et donne un résultat manquant parfois d’audace. Cependant, le voyage visuel proposé par la réalisatrice mérite à lui-seul un visionnage du DVD, et l’interprétation du personnage de Kiyoha reste d’une certaine force.

Fiche Technique

D’après le manga original de : Moyoco Anno (Sakuran) Réalisatrice : Mika Ninagawa Interprètes principaux : Anna Tsuchiya, Kippei Shiina, Hiroki Narimiya, Yoshino Kimura, Miho Kanno Scénariste : Yuki Tanada Musique : Ringo Shena Producteur exécutif : Masao Teshima Producteurs : Mitsuru Uda et Yoshinori Fujita Directeur artistique : Namiko Iwaki Edition française : Kaze

© 2007 SAKURAN Film Committee © Moyoco Anno/Kodansha © 2008 KAZE tous droits réservés

Sorti le 24 février 2007 au Japon, ce film transposant l’univers du manga de Moyoco Anno est la première réalisation de Mika Ninagawa, principalement connue pour ses talents de photographe ou de créations publicitaires. L’idée de ce long métrage germe dans l’esprit de Ninagawa, mais il lui faudra plus de deux ans pour que cette adaptation soit autorisée par son auteur. C’est seulement en 2005 que le scénario prend place avec l’aide de Yuki Tanada. Il se rend dans les musées de Tokyo pour tenter de retrouver certains éléments marquants de la vie des femmes du quartier Yoshiwara. Il y trouve notamment un livre, Le célèbre quartier de Yoshiwara vu par les illustrations et les estampes, ce qui lui prermet d’approfondir ses connaissances sur le contexte historique. Quelques mois plus tard s’organise le casting, même si Anna Tsuchiya est déjà l’actrice souhaitée depuis le début par les producteurs du film. Avec l’année 2006 viennent l’organisation et le début du tournage, ponctué entre autres par des problèmes budgétaires obligeant l’équipe, et plus encore le chef décorateur, à réfléchir à des moyens d’adapter les exigeances visuelles de Mika Ninagawa sans effectuer trop de dépenses. C’est finalement le parc à thème d’Edo, situé dans le département d’Ibaraki, qui servira notamment de rue principale du quartier de Yoshiwara. La maison close se voit reconstituée en grandeur nature dans le studio 11 de Nikkatsu, l’une des plus anciennes sociétés de productions de films et téléfilms du pays. D’après


Culture

© 2007 SAKURAN Film Committee © Moyoco Anno/Kodansha © 2008 KAZE tous droits réservés

Film

le producteur Mitsuru Uda, nombre de facteurs rendent le tournage très physique : « Entre les scènes interminables nécessitant des heures de préparation, les corps étouffés dans les costumes et les têtes alourdies par les perruques, tout le monde a dépassé ses limites physiques, mais quoi qu’il en soit, grâce à la vision de la réalisatrice, à l’énergie des comédiens et de l’équipe, les soixante jours de tournage dans la tempête se sont achevés sans incident. » Un travail d’image Avec comme réalisatrice une photographe mondialement connue, le film Sakuran tire ses majeures qualités du visuel proposé. Au-delà du réalisme, tout, du vêtement jusqu’au moindre décor, se veut élégant et recherché. Sur une dominante de tons flamboyants, les décors recèlent de détails flirtant parfois avec l’anachronisme, à l’image de certains dessins ornant les murs. Dans la même veine, les vêtements jouent quelquefois sur des imprimés modernes, avec la volonté de donner une touche légèrement rock à l’héroïne incarnée par Anna Tsuchiya. C’est en finalité un jeu visuel mêlant classicisme et extravagance qui donnent à Sakuran une identité bien particulière. En DVD Comme souvent, Kaze propose deux éditions différentes pour la sortie du film en DVD, simple ou collector. Cette dernière ne manquera pas de bonus, contenant en plus d’un livret de vingt pages autour du film, un making of, des scènes coupées, les coulisses de la promotion, un reportage autour des oirans, une interview de la réalisatrice, ainsi que diverses présentations promotionnelles. Sortie prévue le 25 février.  par Romain Huck

Anna Tsuchiya, l’étoile montante Née à Tokyo en 1984, Anna Tsuchiya bénéficie d’une carrière déjà dense malgré son jeune âge. D’abord mannequin, puis actrice et chanteuse, sa carrière explose en 2006 lorsqu’elle devient la voix chantée de Nana dans le dessin animé du même nom. C’est suite à cette aventure que sort un premier mini-album du nom de Taste My Lips, bientôt suivi d’un premier vrai album, Strip me ?, à l’été 2006. Son talent et sa notoriété lui offrent de belles collaborations, notamment avec Matt Sorum et Duff McKagan des Velvet Revolvers, mais aussi avec Josh Freeze des Nine Inch Nails, tous à ses côtés pour un premier essai prestigieux. Après quelques compilations autour de Nana et de ses propres compositions, un nouvel album appelé Nudy Show est sorti le 29 octobre 2008, avant de paraître chez nous le 25 janvier via Wasabi Records. Une version remixée de celui-ci, avec comme participants annoncés Fantastic Plastic Machine, Studio Apartment, Doping Panda, Lava et les Dex Pistols devrait rejoindre les bacs japonais le 11 mars prochain.

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Culture

J-Music Japon 7 boules de Cristal et Ayumi Hamasaki C’est une actualité pour le moins inattendue : la très célèbre chanteuse de J-Pop Ayumi Hamasaki signe la bande originale du film Dragon Ball : Evolution. L’icône, qui se déclare fan de la série, devrait interpréter un titre du nom Rule. Le but de la démarche ? Se faire connaître plus encore dans le monde à travers ce film dont la sortie est prévue dans pas moins de soixante pays.

Le meilleur de Do as infinity Le groupe Jpop Do As Infinity revient en vidéo. A l’origine composé de la chanteuse Tomiko Van, du guitariste Ryo Owatari et du compositeur Dai Nagao, ceux que l’on appelle communément D.A.I ont décidé de mettre un terme à leur collaboration le 29 septembre 2005. Leurs amateurs auront donc le plaisir d’apprendre la sortie d’un DVD compilant leurs vidéos, sous le nom de Do The Clips, à sortir au japon le 18 février prochain. Pour accompagner cette sortie, le label Avex a offert un joli cadeau aux fans le 28 janvier : l’intégralité de leurs clips sur leur chaîne officielle YouTube. A ne pas manquer.

Des nouvelles d’Olivia

La fin de Ketchup Mania

Connue comme la voix de Reira des Trapnet dans Nana, la chanteuse Olivia connaît une carrière bien plus discrète que sa consoeur des Blast, Anna Tsuchiya. Un soubresaut d’actualité reste néanmoins prévu pour ce printemps. Sailing Free ! , un nouveau titre up-tempo est annoncé pour avril prochain et prévu comme thème du jeu vidéo Sengoku Basara Battle-Heroes. Le compositeur du titre ne serait autre que le jeune chanteur Inoran, ancien membre du groupe Luna Sea.

Un album, un concert et une séparation devraient composer l’actualité du groupe Ketchup Mania entre avril et mai prochain. Monté en 1999, le groupe composé de Dai, Wani, Yosei et Hiro, a attendu 2005 pour trouver un certain succès. Pour marquer la séparation, pas moins de deux best-of sont prévus pour le 8 avril 2008, accompagnés début mai de concerts d’adieu à Tokyo et Nagoya. La suite ? Probablement une carrière solo pour certains membres.

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Culture

Actu

Le retour d’Akiko Shikata

Kokia balance C’est avec deux albums concept que la chanteuse Kokia effectuera son retour japonais le 18 mars prochain. Après The Voice, voici KOKIA ∞ AKIKO ~balance~ et AKIKO ∞ KOKIA ~balance. De bien étranges titres et une explication pour le moins originale : de son vrai nom Akiko, Kokia désire offrir un voyage entre le monde de la femme et le monde de l’artiste à travers ces ensemble marqués par une balance symbolique. Le défi artistique sera t’il à la hauteur de son titre ?

Akiko Shikata est une figure assez originale de la J-Music. Ses chansons mêlant new-wave, electro ou encore musiques à consonance celtique. On lui doit deux albums (Navigatoria et Raka) ainsi que quelques participations à des bandes originales de dessins animés et jeux vidéos. C’est le 18 février qu’elle effectue son grand retour avec l’album Harmonia composé de dix-sept titres autour du concept des éléments naturels. Comme à son habitude, la chanteuse devrait être à la fois l’auteure et la compositrice de ses morceaux. A surveiller.

France Mono on air/Mono on tour

L’album de Kanon Wakeshima en Europe

Le groupe tokyoïte Mono fait partie des incontournables de la scène rock japonaise. Ce quatuor qui fête cette année ses dix ans d’existence propose un univers alternatif unique, aussi bon en live qu’en studio. A l’occasion de cet anniversaire, le groupe revient en force avec un cinquième album studio nommé Hymn To The Immortal Wind, suivi de près d’une tournée européenne comptant plusieurs dates françaises et belges. Ce nouvel album contenant sept chansons seulement est prévu au Japon pour le 4 mars, et pour une sortie internationale le 24 du même mois. Tracklist 1. Ashes In The Snow / 2. Burial At Sea  / 3. Silent Flight, Sleeping Dawn  / 4. Pure As Snow (Trails of the Winter Storm)  / 5. Follow The Map  / 6. The Battle to Heaven  / 7. Everlasting Light Dates françaises et belges 27 mars 2009 – Lille, FR @ TBA  / 12 avril 2009 – Bruxelles, BE @ TBA  / 16 avril 2009 – Montpellier, FR @ TBA  / 19 avril 2009 – Toulouse, FR @ TBA  / 20 avril 2009 – Bordeaux, FR @ TBA  / 21 avril 2009 – Nantes, FR @ TBA  / 22 avril 2009 – Paris, FR @ TBA

Qui est Kanon Wakeshima ? Nouvelle production artistique de Mana, qui compose les musiques. La jeune artiste d’à peine vingt ans, qui se charge des textes, arbore un look singulier, entre princesse et lolita gothique, toujours accompagnée de son violoncelle. Révélée au public japonais à travers Still Doll, l’ending de l’animé Vampire Knight, la chanteuse a vu son premier album Shinshoku Dolce sortir en France par le biais de Wasabi Records. L’occasion de découvrir un univers aussi singulier que son look, à travers une édition simple ou une édition limitée. A cette occasion, la chanteuse a offert à son public français un showcase à la Fnac des Champs-Elysées. Tracklist 1. sweet ticket / 2. Shinku no fatalism / 3. Kagami / 4. still doll (album ver.) / 5. Maboroshi / 6. Annyui kibun! / 7. Suna no oshiro / 8. Monochrome frame / 9. L’espoir ‘Mahou no akaiito’ / 10. Kuroi torikago / 11. skip turn step / 12. Shiroi kokoro / 13. sweet dreams

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Culture

Musique

Ego-Wrappin’

C’est dans le Kansai, et plus précisément à Osaka que le groupe voit le jour en 1996. Ce duo est composé de Masaki Mori (guitariste) et Yoshie Nakano (chanteuse). Ensemble, ils écrivent leurs chansons et choisissent un nom à consonance anglophone, Ego‑Wrappin’. Et pour cause : leurs premières compositions se font exclusivement en anglais.

C’

est dans le Kansai, et plus précisément à Osaka que le groupe voit le jour en 1996. Ce duo est composé de Masaki Mori (guitariste) et Yoshie Nakano (chanteuse). Ensemble, ils écrivent leurs chansons et choisissent un nom à consonance anglophone, Ego-Wrappin’. Et pour cause : leurs premières compositions se font exclusivement en anglais. Ils sortent leur premier album, Blue speaker, en 1998. Le ton est tonné : c’est un joyeux mélange de styles – pop, rock et ska – qui va jusqu’à la musique expérimentale, comme ce morceau à base d’harmonica sur fond de basse-cour. Il fallait oser ! Mais là où certains artistes se contentent de créer de nouveaux sons dans l’unique but de se faire remarquer, les Ego-Wrappin’, eux, y ajoutent de l’âme. A l’heure où le Japon ne vit que pour des idoles de J-pop, le duo dénote avec des références musicales qui peuvent surprendre un jeune public. Comme le dit lui-même Masaki Mori : « C’est très différent de ce que pouvez entendre dans les charts aujourd’hui. Le jeune public peut généralement entendre ce genre de chose uniquement lors des émissions de nouvel an »1. Le groupe n’hésite pas, en effet, à puiser dans les références jazz et populaires de l’avant et après-guerre. Leur succès confirmera que le public peut s’orienter vers ce genre de musique. 2000 est une année charnière pour les deux acolytes. C’est celle de leur premier vrai succès, l’album Shikisai No Blues (blues of colors). Yoshie Nakano en profite pour s’essayer à une aventure solo avec Algolania. Expérience qu’elle renouvèle en 2007 avec la sortie de son premier album, Soleil, qui s’avère plus intimiste que ce qu’elle peut réaliser avec le groupe, même si on y reconnaît quand même la touche Ego-Wrappin’. 2000 est également l’année de leur premier concert à Tokyo. Le duo finit par s’y installer ; il faut dire que c’est là que leur label, Toy’s Factory, est basé. Mais l’esprit du groupe reste ancré à Osaka. Ils l’expliquent par le fait que les artistes de cette région sont plus libres, alors que ceux de la capitale sont beaucoup plus sérieux. Ce qui n’empêche pas les Ego-Wrappin’ d’être besogneux. Mais ils laissent aller leur folie, comme en témoigne leur Go Action en 2008. Un clip mélangeant couleurs et ambiance totalement délurée. Le groupe voit sa notoriété croître et c’est

tout naturellement qu’en 2001 ils signent avec une major qui n’est autre – Universal Music Japan. Néanmoins le groupe conserve son style singulier. Un style qui, même s’il est fortement connoté jazz, à l’instar d’un Riyuchi Sakamato2, vogue vers de multiples horizons musicaux : ska, rock, pop… Cet éclectisme s’articule aussi autour de différentes collaborations, notamment pour le single Beautiful Days en 2001, avec la participation du DJ japonais Fantastic Plastic Machine. Seuls dénominateurs communs à chaque chanson du groupe : la voix sensuelle de Yoshie Nakano et la volonté de véhiculer un message de positivité dont le meilleur ambassadeur reste l’album Merry Merry . Le groupe a su prouver qu’il était aussi une bête de scène. On le retrouve ainsi quasiment à tous les Fuji Rock Festival, fameux festival rock à ne pas manquer au Japon et qui se déroule chaque année, le dernier week-end de juillet. L’album et le DVD Midnight Deja Vu permettent de mieux se rendre compte de la capacité et de la vitalité scéniques du duo. Ego-Wrappin’ est un groupe qui aime partager les émotions par le live et cela se ressent véritablement à l’image, quitte à créer une frustration pour ceux qui, comme nous, ne peuvent pas se rendre à leurs concerts. L’année 2009 confirme l’ouverture du groupe et sa volonté de s’inscrire dans une musique jazz teintée de pop, avec la sortie d’un nouvel album le 18 février au Japon. Ils y collaborent avec The gossip of Jaxx, un quintet de jazz. Les cuivres, le piano, les contrebasses, et bien sûr la divine voix de Yoshie Nakano nous confirment que le groupe reste une valeur sûre. C’est un joyeux mariage enthousiasmant. Seul hic, si l’on peut dire : ce jazz, vers lequel les Ego-Wrappin’ semblent de plus en plus s’orienter, reste pour beaucoup une musique pour initiés. Mais la force de ce groupe réside justement dans sa capacité à nous entraîner dans son univers, sans s’enfermer dans un genre particulier. On ressort de ce voyage musical agréablement surpris. Et on en redemande !  par Dimitri Desmé Notes 1 : Interview du site Metropole Tokyo. 2 : Grand compositeur japonais, véritable touche-à-tout musical qui a notamment fait partie du célèbre groupe

Albums 1998 1999 1999 2000 2001 2001 2002 2004 2006 2008 2009

Blue speaker His choice of shoes is ill Swing for Joy Shikisai no blues Michishio no romance Midnight deja vu Night food Merry Merry On the rocks! Best Wrappin’ 1996-2008 Ego-Wrappin’ and the Gossip of Jaxx

électronique Yellow Magic Orchestra.

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Culture

Musique

Virgin Princesse

Je ne me prends pas pour une magical girl, je suis une magical girl !

Artiste surdouée (animatrice, comédienne, journaliste, peintre…), Noémie la chipie, alias Noémie Alazard, chanteuse-leadeuse de Virgin Princesse, nous révèle en exclusivité tous les petits secrets de son groupe mixte de pop rock alternatif. Imprégnée de l’univers manga, Noémie se dévoile…

Q

uand et comment est né Virgin Princesse ? J’ai suivi une scolarité assez classique jusqu’en troisième puis je me suis dirigée vers des études d’art. Après avoir obtenu mes diplômes, j’ai travaillé en temps que pierceuse dans une boutique dans le sud de la France (Noémie est originaire d’Avignon, NDLR), puis, suite à de nombreuses déceptions, j’ai décidé de partir à la conquête de la capitale. J’ai toujours fait de la musique et j’ai donc commencé à chercher des gens avec qui travailler. J’ai eu un projet nommé Happy House, en hommage à Siouxie and the Banshees, et après avoir tâtonné à droite et à gauche, Virgin Princesse1 est arrivé. Le concept est officiellement né fin 2007 lors du line up (formation de groupe, NDLR) complet, inchangé depuis. A la base, il a été créé avec Sébastien Ragonneau, arrangeur et musicien, puis, nous avons décidé de créer un groupe, car nous pensons que la musique est avant tout un art vivant. Qui a trouvé le nom du groupe ? C’est moi. En fait j’avais pensé à Virgin Princess, à l’anglaise, mais Sébastien m’a proposé Virgin Princesse, soulignant les deux pôles linguistiques du projet. Le groupe était emballé. Nous étions donc une belle bande de « Princesses Virgin » (rires). Comment avez-vous découvert l’animation japonaise et les mangas ? Je fais partie de la génération du Club Dorothée. J’ai donc été bercée par Astro Boy, Saint Seiya ou encore Creamy. J’ai tout de suite adhéré à cet univers pour ne plus jamais en sortir, que ce soit des mangas comme Sailor Moon ou Ranma ½ et Ken le Survivant. J’ai toujours été fascinée par le fait de pouvoir changer d’apparence en un éclair pour revenir à une vie plus tranquille en un tour de main. Lors de vos concerts, vous diffusez le générique japonais de Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki. Et vous utilisez une guitare rose Hello Kitty et la baguette magique de Sailor Moon. Vous prenez-vous pour une magical girl ?

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Non, je ne me prends pas pour une « magical girl », je suis une « magical girl »2 ! J’ai toujours rêvé de pouvoir me transformer en chanteuse et devenir quelqu’un d’admirée. Mais j’étais une enfant très timide. Je composais mes chansons dans ma chambre. Puis j’ai rencontré ma première bande de  potes et fait de la batterie parce que c’était le seul instrument qu’ils ne pratiquaient pas. Petit à petit, je suis passée derrière le micro, mon rêve ! J’ai beaucoup travaillé afin de pouvoir me transformer en cette créature qui est aujourd’hui Virgin Princesse... Y a-t-il une place pour votre groupe de pop rock alternatif sur la scène française ? Je pense que oui. En tous cas, moi j’y crois à fond ! Je pense que le public est réellement demandeur d’offres d’écoute plus variées. C’est vrai aussi qu’avec la démocratisation d’Internet, les auditeurs peuvent facilement trouver des groupes qui les intéressent. Mais l’attente se fait à mon avis au-delà, en l’occurrence sur un plateau live.

Quelles sont vos influences musicales ? Personnellement, j’aime beaucoup The Cure, Nine Inch Nails, Tahiti 80, Garbage… Est-ce que ça influence ma musique ? Je ne sais pas... Je suis plutôt portée par un ensemble d’expériences qui se retranscrivent ensuite avec Virgin Princesse. Quels sont vos morceaux préférés de Virgin Princesse ? Ça dépend des jours. Mais pour faire simple, j’aime Sweet Sugar Shoot, la première chanson à paraître sur le disque, et aussi Anorexie mon amie que certains ont pu découvrir en live, ou encore John Cassavetes. Préfèrez-vous la scène ou l’enregistrement en studio ? Sans aucune hésitation la scène ! C’est vraiment là que je comprends pourquoi je suis en vie. Avoir une interactivité avec les gens, comprendre, improviser, dire des conneries…


Culture

Musique

Pourquoi le rose et le noir sont les couleurs prédominantes de votre groupe ? Parce qu’elles sont à l’image du groupe. Tu as d’un côté ce rose où tout est doux et tendre, avec des rêves de petites filles, des princesses et des pouvoirs magiques. Et de l’autre, le noir où les textes sont un peu grinçants, sombres et assez fatalistes. Ces deux couleurs se mélangent pour donner Virgin Princesse. Quelle est votre cible ? Le plus de personnes possibles ! Plus de gens sont touchés par Virgin Princesse, plus je suis contente ! Nous n’avons pas dans l’idée de faire une musique élitiste et prise de tête, mais plutôt de la pop au sens propre du terme. Donc nous espérons pouvoir toucher tout le monde, de l’ado boutonneux au papy grabataire ! Quelle est la réaction de votre public ? Plutôt positive ! Nous avons fait nos premiers concerts l’an passé, dans des endroits très différents et en partageant la scène avec des groupes très éclectiques. Et nous avons toujours eu d’assez bon retours de nos prestations... Pourvu que ça dure ! As-tu continué à suivre l’évolution de la japanimation jusqu’à présent ? Après avoir vibré devant des séries comme le poétique Galaxy Express 999, Wingman et le fameux livre des rêves, sans oublier les Magical girls et surtout, Sailor Moon, dont je suis une fan absolue (Noémie est le portrait craché de l’étourdie mais sensible et attachante Usagi, NDLR), j’ai évidemment continué à regarder de l’animation japonaise malgré l’arrêt du Club Dorothée (fin août 1997, NDLR). Je me suis attachée à des titres dans la même verve tels que RG Véda, Vidéo Girl Aï, Ah ! My Godess. J’ai également lu des mangas (DNA 2, Paradise Kiss…) et visionner les excellents films de Hayao Miyazaki, comme Le voyage de Chihiro qui m’a emportée. Sinon, ma propre

histoire ressemble un peu à celle de Nana qui met en avant le milieu compliqué de la musique avec une certaine profondeur et un certain réalisme. Naruto c’est sympathique à voir, mais je trouve la série un peu trop longue. Quant à One Piece, ça déchire et les personnages sont fous mais très charismatiques. Je me délecte aussi devant GTO, Bleach, Bobobo-Bo Bo-Bobo et Ayakashi ! L’univers étrange de l’écrivain et scénariste japonais Ryu Murakami me fascine aussi beaucoup. Côté musique, le groupe X-JAPAN m’a plu car il a été révolutionnaire dans son genre. Et je compte bien venir un jour déguisée en cette jolie mais colérique extra-terrestre qu’est Lamu pour le Cosplay de la Japan Expo ! Quels sont tes projets ? Virgin Princesse va aller plus en profondeur dans ses morceaux. Nous allons essayer de conquérir le monde ! Je ne sais pas ce que nous réserve 2009. En ce qui me concerne moi perso, je continue d’animer l’émission Manga Trash 3 sur Virgin 17. J’ai des projets télé qui sont en train de se mettre en place, j’’écris beaucoup, et je vais essayer de moins me prendre la tête !

J’ai été bercée par Astroboy, Saint Seiya et Creamy

Pour finir, quels sont vos loisirs ? Soulever les jupes des filles, manger des bonbons, me faire masser les pieds avec de l’huile de rose, donner de l’amour de l’amour et encore de l’amour !  par Rui Pascoal Notes

1 : Mange pas tes doigts, le mini-album (sept titres) de Virgin Princesse, sort bientôt dans les bacs. La pochette, dessinée par Nicolas Hitori De (Whitch mag de Disney), a des allures de manga kawai. 2 : Petites filles à qui l’on a confié des pouvoirs magiques un temps donné (souvent un an) pour se transformer en femme (chanteuse, mannequin, star…) et apporter du rêve et de l’amour autour d’elles. 3 : Après avoir programmé Hellsing et le sanglant Elfen Lied, Manga Trash, diffusée tous les vendredi soirs en deuxième partie de soirée sur Virgin 17, propose actuellement le sombre Death Note.

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Culture

Actu > Événements Manga City : cinquième tour

Le voyage de la Chibi Japan Expo Cet évènement annoncé voilà déjà quelques mois promet de faire des vagues. A p rè s d e l o n g u e s années de centralisation sur Paris, la Japan Expo, ou plutôt la Chibi Japan Expo, s’exporte dans le sud de la France, en l’occurence à Marseille, du 20 au 22 février. Pour l’occasion, les organisateurs ont fait attention à tout : des partenaires prestigieux, de nombreuses activités, tout est fait pour que ce festival soit une réussite. La liste d’invités se dévoile peu à peu. L’on sait d’ores et déjà que le leader du groupe Acid Flavor, Ryo Fujimura, sera de la fête pour un concert solo sur la scène centrale le samedi 21 février à 14h. L’invité d’honneur manga sera Yuji Shiozaki, connu entre autres pour Ikki Tousen et Battle Club. L’éditeur Kaze proposera de son côté de découvrir en avant-première les deux séries d’Ikki Tousen ainsi que Shining Tears X Wind. Pour plus d’informations : www.chibi-je-sud.com

En quelques années, Manga City est devenu l’un des évènements manga les plus notables de l’ouest de la France. C’est pour la cinquième année consécutive que l’on retrouve ce sympathique festival qui devrait bénéficier cette année d’un espace plus conséquent. Animations en amphithéâtre, cosplay, jeux vidéo, espaces culturels devraient une fois de plus composer ce salon. Cela se passe les 4 et 5 avril à Rennes (Maison du Champ de Mars, 6 rue cours des Alliés).

Mang’Azur se déplace Toulon compte parmi les villes de France qui ont souvent proposé des évènements en rapport à l’univers manga. Si le Cartoonist n’existe plus, le Mang’Azur s’installe pour la quatrième fois à Toulon. Le premier changement cette année concerne le lieu : l’évènement quitte le palais Neptune pour s’installer au Zénith Oméga, avec un espace plus conséquent à la clé. La thématique de l’année est le Japon médiéval (avec des reconstitutions d’Edo). En parallèle, vous trouverez les activités classiques telles que le cosplay, les conférences, les ateliers mais aussi les concerts. La petite nouveauté sera l’ouverture exceptionnelle du salon en nocturne le samedi de 20h30 à 23h pour une soirée cosplay à ne pas manquer. L’Oméga Live est une autre nouveauté notable : dans une salle de concert de 700 places, vous pourrez assister à diverses activités.

Charlotte Rampling, héroïne de manga « Le manga est une réinvention de moi-même ! » C’est sous l’objectif du peintre photographe Jacques Bosser que Charlotte Rampling a accepté de revêtir les habits d’une princesse manga nommée Sakura Viper. L’actrice anglaise nous confie avoir été séduite : « Je pense que les gens se souviennent souvent de l’image arrêtée dans le manga : l’image, la photo et presque la peinture. C’est une façon à moi de voir qui je suis avec une autre façon de m’habiller, de coiffer mes cheveux et de poser pour un photographe. Comme quand je suis comédienne, le manga, c’est une réinvention de moi-même ». En effet, Jacques Bosser a invité la comédiée dans son atelier de Montrouge, pour se travestir et incarner le rôle d’héroïne manga, femme guerrière livrant bataille un peu comme l’ont fait en leur temps, Jeanne d’Arc, Les Walkyries ou Les Amazones qui, à l’image de l’actrice, étaient des femme de poigne. Au sujet des séries japonaises diffusés dans les années 70 / 80 qu’elle suivait avec ses enfants, Charlotte précise : « Il y avait une réflexion sur ce qu’ils étaient, ce qu’ils faisaient, pourquoi ils le faisaient, certes primaire. Et en même temps de façon sous-jacente se dégageait

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un scénario pas toujours évident à comprendre de par ses codes typiquement japonais, mais que moi je comprenais et je me suis attachée à ces histoires-là ». D’ailleurs, le temps ne semble pas avoir d’effet sur elle. C’est peut-être une des raisons qui font que Charlotte Rampling colle finalement parfaitement à cet univers dans lequel les lolitas aux grands yeux brillants sont légion. Elle qui s’est déjà rendue au Japon souligne : « J’ai été impressionnée par la diversité des histoires, des personnages et surtout le volume et l’imaginaire incroyable qui existe dans les mangas. On se déguise, on se tient par la main, on fait du cosplay, du Karaoké, des soirées festives. Le manga, ce n’est pas malsain. Si cela permet à certains jeunes de creuser dans leur for intérieur et d’échapper à la dure réalité de notre quotidien, pourquoi pas ! ». Ainsi, Jacques Bosser détourne l’image des héroïnes ultra sexualisées, grâce à ses photographies composées comme des peintures travaillées (plans et couleurs) et dans lesquelles cette icône sacrée du cinéma mondial est montrée sous un autre jour.

L’exposition photo et peinture a lieu du 23 janvier au 28 février à la Galerie Phal, 26 rue Mazarine, Paris 6e Métro : Odéon ou Sain-Germain-des-Prés Contact : info@galeriephal.com • Tél : 01 43 29 87 35 www.galeriephal.com


Culture

Jeux vidéo

FF XIII : encore du nouveau Final Fantasy XIII Square Enix PS3 / Xbox 360

Une pluie de plus ou moins bonnes nouvelles est tombée autour de Final Fantasy XIII en janvier. Commençons par les mauvaises : outre l’absence annoncée de démo jouable européenne autour du jeu pour les mois qui suivent, le président de Square Enix a laissé entendre que le jeu ne sortirait pas en occident avant avril 2010. Annonce rectifiée quelques jours plus tard par un représentant de la branche européenne de Square Enix au site anglais MCV : «Les dates de sortie de FFXIII n’ont pas encore été arrêtées, elles seront dévoilés en temps voulu». Du côté des nouvelles positives et intéressantes, les magazines japonais ont dévoilé moult détails sur les nouveaux personnages du jeu. Tout d’abord, le prénom de la jeune fille rousse aperçue de longue date sur les bandes-annonces du jeu : Oerba Dia Vanille. Suivi de près par quelques visuels et informations sur un nouveau personnage dont on ne sait pas pour l’instant le degré d’importance dans le scénario et qui s’appelle Sazh Katzroy. Comptant parmi les rares personnages de couleur de la saga, cet homme émotif d’un certain âge ne se sépare pas de son bébé chocobo qui semble avoir pris sa chevelure afro comme nid. Dernière nouvelle et pas des moindres : les sites officiels du jeu viennent d’être lancés. Si l’information est agréable, elle n’en reste pas moins étrange étant donné l’absence d’annonce de lancement du jeu au Japon, toujours non daté. Version européenne : www.finalfantasy13game.com Version américaine : http://na.square-enix.com/ff13

+ de dragon Quest IX

Afro Samurai, le jeu

Le retour de Suidoken

Afro samurai Ubisoft PS3 / Xbox 360 Dragon quest ix Square Enix Nintendo DS

Dragon Quest s’arme d’un nouveau volet dès mars, mais uniquement sur le sol nippon. Longtemps repoussé (la première sortie était annoncée en 2007), ce volet qui se fait attendre, n’a pour l’instant aucune sortie occidentale annoncée. Cet épisode, totalement inédit se dévoile peu à peu en images visibles un peu partout sur la toile. L’occasion d’apprendre entre autres que l’on pourra créer ses héros de toute pièce et opter pour un mode de combat précis : guerrier, combattant, prêtre, mage ou voleur. Autant dire que ce jeu, s’annonce exceptionnellement fonctionnel pour une petite console.

Que les fans du Samurai se réjouissent : l’adaptation de l’univers déjanté d’Afro Samurai débarque en mars à la fois sur PS3 et Xbox360. L’occasion de retrouver en jeu les aventures de ce samurai afro bien décidé à venger la mort de son père par le sabre, dans un univers mélangeant les cultures. Et pour réussir ce pari difficile, Namco Bandai a confié la réalisation du jeu à un studio américain.D’ores et déjà interdit aux moins de dix-huit ans, ce jeu sanguinolent semble pouvoir combler toutes les attentes de l’amateur, avec du combat bien mis en scène, un design des plus novateurs et une bonne quantité d’action. L’on retiendra particulièrement les thèmes musicaux chers à la série, imprégnés de la culture hip-hop américaine.

Suidoken Tierkreis Konami Nintendo DS C’est un retour aux sources attendu qu’effectue ici la série de Konami, avec un jeu de rôles dans la plus pure tradition. Ainsi, les fans de la première heure pourront retrouver un style de combat familier et énergique,moins centré sur la tactique, avec toutes les possibilités communes au genre, comme l’attaque ou la magie. La surprise se situe dans un mode Wi-Fi qui donne l’occasion d’échanger des quêtes secondaires avec d’autres joueurs.

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Culture

Reportage

L’art du sushi

A la mode en France depuis environ six ans, le sushi reste la spécialité culinaire japonaise la plus connue chez nous même si elle est loin d’être la seule. Alors qu’ils étaient avant tout une simple méthode de conservation du poisson, les sushis sont devenus un des mets les plus raffinés, à la base d’une des plus saines alimentations l’une du monde… Itadakimasu (bon appétit)! De la méthode de conservation du riz …

L’

origine du sushi remonte à l’introduction du riz et de sa culture en Asie du Sud-Est au IVe siècle avant Jésus-Christ. A cette époque, en l’absence de moyens réfrigérés, la technique de conservation du poisson est la suivante : les poissons sont nettoyés et étripés puis maintenus en couches dans le riz, en général vinaigré, de sorte que le processus de la fermentation soit arrêté et que le poisson soit conservé. Le tout pouvait fermenter plus d’un an avant sa consommation. Le riz était alors jeté et le poisson consommé. Cette forme première fut nommée nare sushi . Le sushi arrive au Japon à une date incertaine, certainement vers le VIIe siècle, durant la période Heian. La légende veut qu’il ait été introduit par des moines bouddhistes ayant achevé leur enseignement. Dans tous les cas, les idéogrammes chinois servant à désigner les nare sushis sont lisibles dans l’archipel à partir du VIIIe siècle. Pratique, le nare sushi sert notamment aux régions côtières pour payer les impôts sous forme de poissons. Mais le vinaigre de riz est alors peu utilisé : à cette époque on laisse plutôt le riz fermenter et produire l’acide lactique permettant sa conservation, le processus prenant plusieurs jours. Le sushi devient populaire à la fin de la période Muromachi. Au début du XVIIe siècle, le gouvernement déménage et s’installe à Édo (l’actuelle Tokyo). La période est profitable et la culture du riz se développe fortement. Les produits plus élaborés se multiplient et le vinaigre de riz, produit en plus grande quantité, devient le moyen le plus rapide de préparer les sushis. C’est en 1640 que les habitants d’Édo ajoutent du vinaigre de riz pour accélérer le temps de préparation et le faire passer de quelques jours à quelques heures. Mais il est intéressant de noter que le poisson était toujours consommé mariné ou bouilli, mais jamais cru. … au produit star Yohei Hanaya est considéré comme l’inventeur du nigiri sushi (du japonais nigiri = presser). Il a eu l’idée de presser le riz cuit vinaigré en petites formes

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arrondies et de déposer par-dessus des tranches de poisson. Début 1824, il ouvre sa première boutique à sushis tels qu’on les connaît aujourd’hui. La rapidité avec laquelle il fabrique alors ces bouchées lui assure un succès immédiat, d’autant qu’elles se consomment rapidement, sans ustensiles. La Seconde Guerre mondiale accélère leur diffusion dans la société. Le rationnement alimentaire mis en place après la défaite de 1945 précisait qu’un bol de riz pouvait être échangé contre dix nigiri sushi et un sushi en rouleau (ou maki sushi). Dès lors, le sushi se généralise. Plusieurs types de sushis existent : • Le chirashi (du japonais « éparpiller »). La préparation la plus simple. Le poisson (ou la viande, depuis) est posé simplement sur le riz, • L’oshi sushi. Inspiré de la méthode la plus ancienne de préparation. Le riz et les autres ingrédients sont assemblés et pressés ensemble dans un moule en bois pour former un bloc compact, qui est découpé ensuite. Actuellement le plus populaire est préparé avec du maquereau. • L’inari sushi ou sushi farci. Une enveloppe à base de tofu frit ou de feuille de chou contient une farce mélangeant du riz, des herbes… Ce type est souvent préparé à l’occasion de la fête des cerisiers en fleurs, • Le maki sushi. Le riz, le poisson et les autres ingrédients sont roulés dans une feuille de nori (algue), • Le gunkan maki ou sushi en « bateau cuirassé ». Le nori, une feuille d’algue séchée, sert à maintenir


Culture

Reportage

en place la garniture prévue. Une boulette de riz sur laquelle des œufs de poisson sont déposés. En parallèle les chefs japonais installés aux EtatsUnis ont su développer d’autres formes de sushis intégrant des fruits et des légumes et ce, afin de satisfaire la clientèle occidentale. L’urakami ou rouleau californien. Il est inventé au début des années 1970 : le riz est à l’extérieur et assure la rigidité de l’ensemble composé de concombre, d’avocat et de chair de crabe par exemple. Le nigiri sushi. Il reste le plus connu Si sa forme simple est trompeuse, sa préparation demande une véritable dextérité, de la préparation du riz à la découpe du poisson qui doit être sans faute. Il requiert un apprentissage très long (jusqu’à dix ans) réservé aux hommes. Depuis le début des années 2000, les sushis sont devenus des produits stars en Occident et leurs vertus soulignées. Les poissons sont pour la plupart très peu caloriques comme le bar ou la daurade qui se situent souvent sous le seuil des 100 Kcal pour 100 g. Le riz est une céréale complète dont l’apport glucidique est très important. Le gingembre et le vinaigre de riz possèdent des propriétés antiseptiques reconnues, et stimulent l’appétit tout en facilitant la digestion. La sauce soja est riche en protéines et en fer, les feuilles d’algues séchées n’ont rien à leur envier grâce à leur apport en multiples vitamines et en calcium. Enfin le wasabi, en plus d’une teneur élevée en vitamine C, contient également des agents efficaces dans la prévention des caries. Où et comment déguster de vrais sushis ? Comment reconnaître un sushi authentique ? Le riz d’abord est de type japonais, rond, et non basmati. Ensuite le sushi ne se défait pas dans la main mais dans la bouche. Enfin, le poisson doit être d’une incomparable fraîcheur et sans arête. Le saumon du véritable sushi japonais est quasi fondant dans

le palais au moment de la dégustation, tandis qu’un sushi de moindre qualité présentera le plus souvent un poisson nettement plus gras. Déguster de véritables sushis reste néanmoins problématique. Pour les amateurs, l’expérience du bar à sushis est à tenter. Le client, installé le long d’un comptoir réfrigéré, compose à sa convenance son menu en sélectionnant les sushis qui défilent sur un tapis roulant, tandis que le chef, installé au centre, réalise les sushis devant lui. A la fin, il suffit de compter le nombre d’assiettes empilées pour calculer l‘addition. Attention à la gourmandise : cela peut grimper très vite ! L’amateur de base peut sans souci se tourner vers les multiples restaurants qui fleurissent depuis quelques années dans les grandes villes. Mais 90% des restaurants autoproclamés japonais sont en réalité tenus par des chinois qui, ayant senti la mode tourner, ont su en quelques années abandonner le rouleau de printemps pour le sushi. Autant le dire : s’ils ont un aspect pratique et mettent les sushis à la portée des plus modestes, la qualité et le service à la japonaise ne sont pas franchement au rendez-vous. La situation a alerté le gouvernement japonais qui par l’intermédiaire de l’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO), a décidé en 2006 de se lancer dans une vaste campagne d’information destinée à valoriser les établissements tenus par d’authentiques chefs japonais. Enfin, il est bon de signaler pour tous les amateurs de sushis qu’un petit guide rédigé par Patrick Duval est paru aux Editions Thema Press. Il fait le point sur les meilleurs établissements français et européens. Saluons cette initiative qui a, en plus, l’avantage de démontrer que chaque bourse peut y trouver son compte ! par Cécile Dunouhaud  Notes Une adresse testée et approuvée et offrant un excellent rapport qualité prix : Matsuda, 19 rue Saint Roch, 75001 Paris. Pour déguster au bar, face au chef, téléphonez afin d’être sûr qu’il reste de la place. 4 : Interview de Takeshi Obata pour Anime Land n°140

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Culture

Société

Hauts et bas démographiques Outre la crise économique et les problèmes sociaux inhérents à ce nouveau siècle, la démographie japonaise, en baisse constante depuis 2005, inquiète l’état. Car si cette chute est à la fois prévue et propre à nombre de pays industrialisés, sa vitesse s’avère aussi inattendue que vertigineuse. Le rétablissement de cette situation, aussi classique que complexe, compte parmi les grands enjeux du pays pour les années à venir. L’avant-2005

C

ontrairement à ce que nombre d’informations laissent entendre, le Japon n’est pas un pays sur le déclin. Du fait d’une ascension aussi rapide que forte, il rencontre aujourd’hui les contreparties

qui y sont liées. Possédant l’espérance de vie la plus élevée au monde, située à 82,16 ans en 2008, le Japon d’aujourd’hui possède le plus fort taux d’alphabétisation ainsi qu’une société d’une rare uniformité, ne comptant que 1,5% d’immigrés. Historiquement, outre une impressionnante expansion économique, le pays a connu durant le vingtième siècle une croissance démographique parmi les plus importantes. Moins de quarante-cinq millions de personnes peuplaient le pays en 1900. Depuis, hormis pendant la seconde guerre mondiale, le Japon n’a connu qu’une constante augmentation de son nombre d’habitants, dépassant les cent millions durant les années soixante pour approcher les cent trente millions à l’an 2000. Ce pays riche ayant traversé des premières perturbations dans le début des années quatre-vingt-dix, ainsi qu’une économie plus fluctuante, s’est depuis un certain temps préparé à une chute démographique, allant même la fixer à l’année 2005. C’est finalement plus tôt que prévu, en 2003, que cette donne, jusque-là peu surveillée, s’oriente à la baisse. Première cause : le très faible taux de fertilité, dès cette année là, avec 1,29 enfant par foyer. C’est un chiffre extrêmement bas puisque le minimum pour ne pas connaître un déclin de population est fixé à 2,07 enfants par foyer japonais. Depuis 1973, le taux réel est inférieur à ce chiffre-plancher, passant sous 1.5 dès 1990. La chute

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Avec une certaine fatalité, l’année 2005 marque la première baisse significative de population dans le pays. Le taux de mortalité et de suicide est largement supérieur au taux de natalité, à tel point que, cette année-là, on compte trente mille habitants de moins sur l’archipel. Un double record dont le Japon se serait probablement passé : en plus de posséder le taux de natalité le plus faible pour un pays industrialisé, il possède également le déclin de population le plus fort1. Devant cette jonction démographique historique, les statisticiens, comme les déclinistes, viennent apporter quelques

chiffres alarmants supplémentaires. Le pays qui compte actuellement 127 millions d’habitants pourrait, si la tendance se maintient, se retrouver avec environ 100 millions d’habitants dans un peu plus de quarante ans. Si cette donne inquiète les gouvernements japonais successifs, rien ne stoppe la chute qui s’accentue inexorablement. Les derniers chiffres, portant sur l’année 2008, viennent dresser un constat plus grave que prévu. Avec un taux de décès record de 1,14 millions pour seulement 1,09 millions de naissances, le Japon se retrouve avec un déficit de 51.000 personnes, chiffre unique pour un pays industrialisé.2 L’Institut national d’études démographiques poursuit ses sombres prévisions : «  A plus long terme, la population diminuerait de plus de moitié, atteignant moins de 48 millions d’habitants en 2100 ». Le gouvernement a bien tenté


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Société

d’inciter les japonaises à faire plus d’enfants, mais sans guère de succès : le nombre de naissances en 2008 n’a augmenté que de 0,02%. A la décharge des gouvernements, il est à noter que ce problème est d’une extrême complexité et les causes de celui-ci sont nombreuses. Les causes La première raison touche ce qui est pourtant l’un des plus jolis records du Japon : un taux d’espérance de vie de 82,5 ans, le plus élevé au monde. En résulte un vieillissement de la population. Ce phénomène n’est pas sans poser des problèmes aux autorités. En tant que pays (très) riche, faire face aux dépenses pour améliorer le bien-être des plus âgés constitue une dette colossale, parmi les plus importantes au monde. Les dépenses de santé et de services sociaux pour les personnes âgées augmentant plus rapidement que la croissance économique, plus de 25% du budget global du pays sont à présent mis dans ces aides aux personnes de plus de soixante-cinq ans, soit plus d’une personne sur cinq au japon. La corrélation de ce vieillissement avec le taux minuscule de natalité joue amplement dans cette chute démographique. Quels que soient les efforts ou tentatives gouvernementales, le taux de natalité n’augmente que très faiblement. L’une des principales raisons à ce problème vient du choix des japonais. La jeune population prend de plus en plus souvent le parti de vivre seule. Les motifs de ce phénomène sont aussi bien économiques que sociaux. Avec un nombre de femmes en perpétuelle hausse dans un monde du travail pour le moins prenant, faire un enfant s’avère difficile, d’autant plus que la qualité du service à l’enfance est faible. Nombre de travaux contraignent les japonaises au célibat ou à un mariage tardif. D’une manière générale, ces facteurs font que de moins en moins de nippons souhaitent se mettre en ménage. L’urbanisation de la jeunesse japonaise et la désertion des zones rurales n’est pas sans jouer sur ces changements de modes de vie, puisqu’il y a, par essence, plus de difficultés de développement familial en milieu urbain. Une population plus faible n’est cependant pas en tout point désavantageuse, en particulier dans un pays comme le Japon dont la superficie s’avère très limitée du fait d’une importante surface montagneuse. La concentration urbaine devrait se poursuivre, mais faiblir. La superficie des logements et le bien-être devraient s’améliorer, mais la pression sur l’environnement s’accroître encore. L’étalement urbain, appelé à continuer, risque de faire du pays presque entier une immense zone recouverte de villes sans fin, éliminant toute agriculture ou activité environnementale.

industries à accepter plus de travailleurs étrangers va crescendo. Le Conseil de la politique fiscale et économique, dirigé par Junichiro Koizumi, le premier ministre de l’époque, publie un rapport de stratégie globale pour revigorer à la fois l’économie et la population japonaises. Il est alors demandé d’ouvrir de nouveaux secteurs à la main d’œuvre étrangère3. A contrario, et pour rassurer certaines franges de population, les gouvernements suivants vont clairement exclure toute possibilité d’immigration à grande échelle pour résoudre ses problèmes économiques. On fait alors de plus en plus appel aux personnes âgées et aux femmes pour muscler un monde du travail victime de la chute démographique et du vieillissement de la population. En parallèle, le gouvernement tente, par divers moyens et aides accordées aux mères de famille, de faire augmenter le taux de natalité. Il y consacre un budget plus ou moins conséquent. Mais l’objectif est loin d’être atteint. Certes, le taux de natalité augmente, mais cette poussée reste tellement faible que ces opérations gouvernementales restent des échecs. La crise économique et la récession qui en découlent ne devraient pas inverser la tendance sur l’année 2009. par Romain Huck  Notes 1 : Asia Times du 9 mai 2006 2 : Le Nouvel Observateur du 1er janvier 2009 3 : Asia Times du 9 mai 2006

La ruée vers Tokyo Si le Japon vit une véritable chute démographique, sa capitale, elle, connaît un gonflement de sa population. La ville la plus grande du monde n’en finit plus de s’agrandir et devrait dès 2009 dépasser la barre des 13 millions d’habitants puisque, au 1er décembre 2008, l’on pouvait décompter pas moins de 12,9 millions de tokyoïtes. Selon les statisticiens, la barre des 13 millions devait être atteinte d’ici cinq ans. « Il se peut que nous ayons sous-estimé le rythme de la croissance de la population », déclare un statisticien de la ville (WiMin, 30 décembre 2008). Tokyo serait la ville la plus peuplée de la planète. D’après un rapport de l’Organisation des Nations Unies, l’aire urbaine entre Tokyo et Yokohama contient 34,3 millions d’habitants sur 7856 kilomètres carrés ! Il faut savoir que la mégalopole accueille 100.000 nouveaux habitants chaque année depuis 2000 ! Pourquoi tout ce monde à Tokyo ? Tout simplement parce que la ville reste la zone la plus attractive pour trouver un emploi dans le pays, avec un marché du travail extrêmement dense. Mais cette évolution de la capitale se fait au détriment des villes de petites tailles dont le dynamisme économique et culturel en pâtit fortement.

Une immigration recherchée ? A problèmes exceptionnels, solutions exceptionnelles. L’immigration, jusque-là très limitée et contrôlée sur le territoire, est désormais envisagée comme une solution pour endiguer la chute démographique. Le pays compte seulement deux millions d’étrangers, soit environ 1.5% de la population, ce qui est très faible pour un pays riche. Le Japon pourrait faire évoluer sa politique et s’ouvrir un peu plus. Dès avril 2006, le gouvernement de l’époque, alarmé par la situation, commence à envisager cette solution, d’autant que la pression de diverses

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Collection

À venir

Previews

Medicom Dragon Ball

Son Goku Vinyl Collectible Doll n°132 Prévue en juillet 2009 Prix annoncé : 6825 yens (57 euros) Après la version adulte et la version super guerrier, découvrez Son Goku en enfant avec son bâton et son nuage magique. Les nostalgiques de la première saga auront ici l’occasion de trouver l’emblématique personnage dans ce qui pourrait bien être sa plus belle représentation. Du fait de sa petite taille (14 cm) et des articulations adaptées qui en découlent, il figure, comme Sangohan, dans la collection des Vinyl Collectible Doll. Il vous faudra encore patienter jusqu’à juillet pour espérer la posséder.

Medicom Cobra

Golden Darkness R.A.H n°445 Prévue en juillet 2009 Prix annoncé : 18 690 yens (157 euros) Medicom a choisi de ne pas laisser passer l’évènement que représentent les trente ans de Cobra. Et pour fêter ça dignement, la firme nous propose une figurine luxueuse et chère de son héros du même nom, haute de 30 cm, le cigare bien accroché et pourvue de son légendaire bras détachable. Les premiers visuels montrent une figurine aux finitions exceptionnelles et aux matières intelligemment choisies.

Good Smile Company Vocaloid

Hakune Miku Prévue en mai 2009 Prix annoncé : 3334 yens (28 euros)

Dans la gamme déjà bien remplie des Nendoroids, les mascottes du logiciel Vocaloid font une entrée remarquée avec la très populaire Hakune Miku. L’adaptation de ce personnage est peu étonnante : elle est celle par qui le phénomène autour de Vocaloid et ses mascottes a pu commencer. La petite chanteuse aux cheveux bleus devrait être suivie des jumeaux Kagamine et Rin, stars du logiciel Vocaloid 2.

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Megahouse One Piece

Ao Kiji & Mihawk Portraits Of Pirates Prévus en mai 2009 Prix annoncé : 7600 yens la pièce (62 euros) C’est à l’occasion du Jump Festa 2009 que les deux Shichibukais ont fait leur première apparition. Secondaires mais populaires auprès des lecteurs japonais, ces deux guerriers aux armes impressionnantes viennent rejoindre en mai prochain la déjà bien grande famille des Portraits Of Pirates. Et au vu de ces images, la réalisation des PVC de la collection semble aller vers encore plus de finesse. A ne pas manquer.

Good Smile Company Melancholy of Haruhi Suzumiya

Mikuru Asashina Prévue en mai 2009 Prix annoncé : 6800 yens (59 euros)

A nouvelle saison, nouvelles statues. C’est dans une version plus adulte qu’apparaît ici Mikuru Asashina, avec un petit chemisier et une jupe tout en sobriété. Quelques petits accessoires sympathiques sont au rendez-vous, avec trois visages et un bras droit supplémentaire, histoire de varier les poses et les expressions.


Collection

À venir

UNE VAGUE DE MAGICAL GIRLS Volks Magical Girl Lyrical Nanoha Strikers

La nouvelle saison de Magical Girl Lyrical Nanoha met en scène ses héroïnes vieillies d’une dizaine d’années. C’est ainsi qu’on les retrouve dans cette nouvelle collection de PVC au format 1/7e. Soignées dans le détail, ces statues fournissent différents

Nanoha Prévue en mai 2009 Prix annoncé : 8400 yens (70 euros)

Fate Prévue en juin 2009 Prix annoncé : 8400 yens (70 euros)

choix de poses et quelques accessoires à l’image d’armes et de bracelets. A sortir mensuellement entre mai et juillet, elles seront en principe limitées au marché japonais, contraignant à l’import les collectionneurs les plus motivés. Leur rendu impeccable et leur originalité pourra plus facilement encourager à passer outre ce problème. A noter : Vivio vient compléter la bande en guise de collector réservé à ceux qui auront acheté les trois modèles proposés.

Hayate Prévue en juillet 2009 Prix annoncé : 8400 yens (70 euros)

Kotobukiya Evangelion

Ayanami Rei Prévue en mai 2009 Prix annoncé : 6800 yens (59 euros)

Rei Ayanami n’en finit plus d’être représentée. Ici, c’est par la prestigieuse firme Kotobukiya qui l’édite dans une version maid au format 1/7e, soit approximativement 20 cm. Bénéficiant d’excellentes finitions, elle présente une pose originale, avec une chaise et une tasse finement sculptées. En parallèle, une version limitée uniquement disponible par la boutique en ligne de la firme sera également envente, au prix de 7140 yens. (soit 62 euros)

Alter Magical Girl Lyrical Nanoha Strikers Subaru Nakajima Prévue en juin 2009 Prix annoncé : 8190 yens (70 euros)

Good Smile CompanY Vocaloid 2

Prévue en mai 2009 Prix annoncé : 5800 yens (48 euros) Les jumeaux de Vocaloid 2 viennent rejoindre Miku pour former un trio musical de choc. Au format 1/8e, ces statuettes en PVC et ABS sont issues d’une série ayant eu un grand succès en 2008, et dont le merchandising est dans l’ensemble très prisé des collectionneurs.

Encore une Magical Girl, cette fois-ci éditée par Alter. Sculptée par Mumei, cette Subaru en pleine action devrait mesurer autour de 22 cm, est une fois de plus à l’échelle 1/7e. En PVC et ABS, elle brille par une bonne réalisation mais manque d’originalité ou de fonctionnalités contrairement aux autres figurines de la série.

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Collection

Actu Japon Camus du Verseau Version Surplis

Saint Cloth Myth Prévue en février 2009 Prix annoncé : 5000 yens (41 euros)

Voilà près de cinq ans que la première version de Camus est sortie. Second chevalier d’or de la gamme à voir le jour, il compte parmi les Myth Cloth ayant le plus mal vieilli, à tout niveau. De ce fait, la version surplis est d’autant plus guettée des amateurs. Au vu des premières images, elle semble remplir toutes les promesses non tenues par l’ancienne version : une armure fine, un visage à l’expression sévère et une chevelure joliment sculptée.

Bandai Saint Seiya

Megahouse Monster Hunter

Camus du Verseau Saint Cloth Myth Appendix Prévue en février 2009 Prix annoncé : 2200 yens (18 euros)

Otomo Airou: Airou & Merarou Prévue en février 2009 Prix annoncé : 4000 yens la pièce (33 euros)

Voici le buste de Camus, pour entre autres améliorer la myth cloth du verseau sortie en 2004. Autant dire que cet appendix compte parmi les plus attendus, et que les amateurs du chevalier français espèrent beaucoup d’améliorations. Bandai n’a pas loupé le coche : en plus de proposer une véritable refonte de la partie haute de l’armure, elle propose deux visages des plus expressifs et une chevelure à la sculpture impeccable. L’Aurora Execution, son attaque mythique sera-t-elle cette fois-ci réalisable ? Réponse dans quelques semaines. A noter : la sortie en format Premium de Saori Kido ce même mois. Déjà évoquée dans le numéro précédent, la princesse aura mis près d’un an à sortir après sa première annonce.

Ces statues de félins au style très fantasy viennent tout droit de la version portable du jeu Monster Hunter. Entièrement en PVC, ces deux aides au combat, respectivement nommées Airou et Merarou, mesurent une quinzaine de centimètres.

Les Queen’s Blade envahissent le Japon Légères et dévêtues, les Queen’s Blade prennent une place importante dans les plannings de différents éditeurs. Plus encore dans celui des Excellent Models qui verront trois nouvelles guerrières rejoindre la collection déjà bien entamée en 2008. Dans un esprit qui n’est pas sans rappeler Ikki Tousen, ces représentations montrent des filles dans des costumes de combat ne cachant que très peu leur anatomie. Au fil des sorties, les diverses filles constituant la série connaissent des représentations de moins en moins décentes, et à ne pas mettre entre toutes les mains. Sur ce point, une mention spéciale peut être attribuée à Aludra et son cache-sexe des plus tendancieux. Megahouse Queen’s Blade

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Revolt Annelotte Excellent Model Prévue en février 2009 Prix annoncé : 6000 yens la pièce (48 euros)

Core P-9 Menace Excellent Model Prévue en février 2009 Prix annoncé : 6000 yens la pièce (48 euros)

Spirit Queen Aludra Excellent Model Prévue en février 2009 Prix annoncé : 6000 yens la pièce (48 euros)


Collection

Actu Japon

Bandai Saint Seiya

Saga des Gémeaux Version Surplis Saint Cloth Myth Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 5500 yens (46 euros) Le premier trimestre 2009 est sans conteste celui des renégats et Saga vient rejoindre Camus et Shura dans une collection restée longtemps assez vide. Avant-dernier né de la gamme des chevaliers d’or en Myth Cloth, le chevalier bipolaire voit son visage et son armure affinée avec un certain succès. Seule ombre au tableau : les deux visages fournis ressemblent à s’y méprendre à ceux de la version Appendix. Du recyclage en vue ?

Bandai Saint Seiya

Seiya de Pégase Manga Version Saint Cloth Myth Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 7500 yens (63 euros)

Déjà annoncée et présentée dans le précédent numéro, cette nouvelle édition de Seiya a vu son design évoluer, avec un visage au plus près de la version manga. Pourvue du sabre d’Hadès et d’une pièce de poitrine spécialement réaliser pour lui planter dans le cœur, cet énième Seiya, dont le prix d’annonce est déjà élevé, risque de voir son tarif exploser à l’import du fait d’une quantité extrêmement limitée.

Kaiyodo The Melancholy of Haruhi Suzumiya

Nagato Yuki Witch Version Revoltech Fraülein n°002 Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 2800 yens (23 euros) Après la célèbre Harui Suzumiya, Yuki Nagato est la deuxième venue de la nouvelle collection féminine de Revoltech. C’est comme souvent en tenue d’écolière que cette dernière est ici présentée, également customisable en sorcière à l’aide d’une cape, d’une baguette magique et d’un chapeau. Se joignent à cet ensemble d’autres accessoires comme une guitare, un panneau pour manifester et un chat. De quoi combiner mille et une présentations. En avril, Mikuru Asahina en tenue de barmaid rejoindra la bande de filles.

Nouvelle gamme de Megahouse Megahouse Code Geass R2

Lelouch Lamperouge G.E.M Series Prévue en avril 2009 Prix annoncé : 7980 yens la pièce (66 euros) La firme Megahouse joint une nouvelle gamme à son catalogue pour le mois d’avril. Appelée G.E.M, cette ligne présente à nouveau des figurines PVC à l’échelle 1/8e mais cette fois-ci dans le but de conquérir un nouveau public féminin. Pour ce faire, c’est avec le raffiné héros de Code Geass Lelouch Lamperouge, qui voit ici sa première adaptation en statue PVC, que Megahouse ouvre le bal. Haut de 24,5 cm, il nous est ici présenté avec son costume de zéro, avec cape et masque en accessoires, offrant deux choix de poses dynamiques différents. Extrêmement fine, elle saura séduire tout amateur du blockbuster Code Geass.

Megahouse Blassreiter

Hermann Blassreiter Action Works BR-05 Prévue en avril 2009 Prix annoncé : 3790 yens (31 euros) Avec Hermann, voici déjà cinq robots issus de la série Blassreiter dans cette jeune collection mecha de Megahouse. Haute de 14 cm, la figurine bénéficie à l’instar de ses consoeurs d’une sculpture détaillée et irréprochable, compensant le léger manque d’articulation des créations de la gamme. En plus de la présence attendue de son arme, le rendu général semble des plus convaincants.

Orchid Seed Mabinogi

Nao adventure version Prévue en avril 2009 Prix annoncé : 7048 yens la pièce (57 euros)

Les filles de RPG font recette en figurine, et Nao ne devrait pas déroger à cette règle. Issue du jeu d’inspiration médiévale du nom de Mabinogi, Nao connaît ici sa deuxième version PVC en format 1/7e sur le même modèle que sa version en tenue classique, sortie un an auparavant. Haute de 21 cm, elle est une fois de plus réalisée par Ribun et se présente ici en tenue d’aventurière.

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Collection

Actu Japon

Griffon Queen’s Blade

Resinya To Heart 2Another Days

Aucun doute, personne ne risquera de passer à côté des Queen’s Blade tant les représentations se multiplient, le tout avec plus ou moins de réussite. Accompagnant la sortie d’un guidebook et d’un Treasure Book, cette PVC de 17 cm joue la carte de la précision.

C’est une demoiselle chat toujours aussi tendancieuse qui rejoint les collections de la firme Resinya. Tirée de la lucrative licence des To Heart, elle se présente dans un petit maillor de bain une pièce très scolaire, comme son titre l’indique. Les plus curieux, souhaitant en tout innocence découvrir la figurine plus en détail pourrait retirer ce maillot et admirer en détail cette figurine à l’échelle 1/6 e.

Reina Treasure Festa Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 5500 yens (47 euros)

Nekomimi School Swinsuit Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 8900 yens (57 euros)

Max Factory Suzumiya Harui no Yuutsu

Harui Suzumiya &Mikuru Pom-Pom Girls Figma Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 2500 yens (20 euros)

Entre les figmas et Haruhi, c’est une histoire d’amour qui ne s’arrête jamais. Cette fois-ci, ce sont des versions pom-pom girls que la gamme nous offre. Comme souvent, il y a moyen de faire évoluer le style à travers une somme d’accessoires et ici, c’est en joueuses de base-ball que les filles évoluent à l’aide de la batte, du gant, de la balle et surtout de la casquette. Bien que l’overdose de Suzumiya ne soit pas loin d’arriver, la qualité est plus que jamais au rendez-vous

Les Macross de Mars Réalisés à l’échelle 1/60e, ces robots issus de l’univers décidément riche de Macross accrochent l’œil à la première vue. Outre de belles couleurs et des finitions léchées, ces figurines offrent, comme d’habitude, la possibilité de les transformer en vaisseau, de les armer ou bien de les laisser en version intermédiaire. Bandai Macross

VF-25G Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 6800 yens (57 euros)

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RVF 25 Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 7850 yens (57 euros)


Collection

Actu France Good Smile Company Vocaloid

Kaito Nendoroid Prévue le 9 février 2009 Prix annoncé : 29,95 € Jusque ici, les Nendoroids mettaient en avant une majorité de personnages féminins. Mais peu à peu, la balance s’équilibre. En voici la preuve avec Kaito, l’une des mascottes du logiciel de musique à succès Vocaloid. Vous pourrez le mettre en scène en train de chanter ou bien lui faire manger une glace à l’eau. Les Nendoroids ont décidément la belle vie !

Max Factory Plawres Sanshiro

Juomaru & Sakurahime JPWA Tag Tournament Version Figma Prévue le 9 février 2009 Prix annoncé : 13,95 € C’est directement au cœur des années 80 que les concepteurs des Figma sont allés cherché cette nouvelle série. Plawres Sanshiro est plus exactement un mecha de 1983 mettant en scène Sanshiro et son robot Juomaru dans des combats contre d’autres robots. Ici, c’est donc la machine du héros et celle de l’amie de Sanshiro qui sont mises en avant. Le résultat est d’une très grande originalité. A ne pas manquer.

Jun Planning Ikki Tousen Great Guardians

Max Factory Suzumiya Harui no Yuutsu

Kanu Juban Prévue le 9 février 2009 Prix annoncé : 29,95 € la pièce Soyez prévenus d’avance : il est impossible de retirer le Juban (souskimono) de Kanu. Après nombre de représentations des plus dénudées, la belle guerrière d’Ikki Tousen retrouve une représentation un brin plus conventionnelle qui laisse encore de quoi regarder. En PVC et ABS, cette PVC est à l’échelle 1/8e et permet de varier la pose en ajustant le socle.

Itsuki Koizumi Seifuku & Yuji Nagato Figma Prévue le 9 février 2009 Prix annoncé : 13,95 € En 2008, le phénomène Suzumiya a eu droit à mille et une figurines, Harui et ses amis reviennent encore plus remontés en 2009. En février, un homme et une femme viennent agrémenter la collection déjà bien entamée des Figma de Suzumiya : Itsuki et Seifuku. Et pour ne pas changer, les finitions sont excellentes et les deux personnages offrent divers choix de mains, d’expressions et d’accessoires.

Square Enix Kingdom Hearts II

Cafereo Hokuto No Ken

Sora Halloween Version, Cloud & Sephiroth Play Arts Prévue le 9 février 2009 Prix annoncé : 12, 45 € Il s’agit ici de la deuxième (et dernière ?) fournée de Play Arts autour du jeu vidéo Kingdom Hearts II. Après Roxas et Axel, c’est au tour du héros Sora d’être à nouveau mis en avant, et ce en costume d’Halloween, accompagné de Cloud et de Sephiroth qui s’offrent ici leur troisième édition en format Play Art. Le résultat est convaincant, mais il eût été plus original d’exploiter Léon (Squall de Final Fantasy VIII) ou d’autres personnages secondaires moins utilisés.

Hollows Hunter Kenshiro & Death Skull Jagi Prévue le 9 mars 2009 L’anniversaire de Ken n’en finit plus de se fêter. Et cette fois-ci, c’est à Soushi Hirose que nous devons cette vue fantômatique de l’œuvre en figurines. Hautes de 25 cm et en PVC, elles présentent Kenshiro et Jagi sous un jour hors du commun.

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Collection

Actu France

Chara Ani Lucky Star

Good Smile Company Sayonara Zetsubo Sensei

Nozomu Itoshiki Nendoroid Prévue le 9 mars 2009 Prix annoncé : 17,95 € Le professeur arrive chez nous en mars. Même en Nendoroid, Nozomu Itoshiki est déprimé, voire au bout du rouleau. C’est un choix original et surprenant de Good Smile Company, et le résultat est des plus réjouissants. Lunettes, cartable et expressions de désespoir sont au programme pour ce nouveau modèle masculin rejoignant la gamme.

Uilgur Prison Chief Revoltech Ken-008 Prévue en mars 2009 Prix annoncé : 20 € Les Revoltech autour de Ken continuent et promettent de porter un maximum de personnages, des plus aux moins connus. Avec Uilgur, on obtient un personnage totalement original avec une expression sauvage et un choix d’armes qui ne laisseront pas insensible l’amateur de la série.

Jun Planning Black Lagoon

Megahouse Ghost In the Shell S.A.C

Enterbrain Melty Blood

Tsukasa Hiiragi & Miyuki Takara Nendoroid Prévue le 9 mars 2009 Prix annoncé : 17,95 € Lucky Star est avec Suzumiya la série la plus exploitée du moment en figurines diverses et variées. Et c’est à nouveau en Nendoroids que l’on retrouve ses personnages, plus précisément Tsukasa et Miyuki, en tenues d’écolières avec leur chaise respective. Si l’une est une bonne élève accessoirisée de son cartable, l’autre préfère emmener son téléphone mobile en classe. Cela reste de très belles pièces dans une collection décidément inépuisable.

Revy Winter Costume Prévue le 9 mars 2009 Prix annoncé : 29,95 € la pièce Jun Planning continue sa gamme de statues en PVC autour de personnages féminins phares de mangas avec l’héroïne du célèbre Black Lagoon. Et après avoir représenté Kanu en Juba, Revy se voit représentée en tenue hivernale, tout en gardant une touche sexy. Sculptée par M.I.C.Corp, elle constitue une autre pièce de choix à cette nouvelle collection.

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Ita-Chikoma Prévue le 9 mars 2009 Prix annoncé : 104,95 € Après avoir exploité les Itasha, voitures aux couleurs manga, Megahouse s’essaie au tuning avec les Tachikoma. Le résultat s’appelle Ita-Chikoma et constitue une pièce de luxe riche en détails et en articulations. Avec les stickers fournis, elle présente l’occasion de personnaliser à loisir sa machine de guerre.

Kaiyodo Hokuto No Ken

Ciel Battle Uniform & Ciel Robe Figma Prévue le 9 février 2009 Avec Ciel, l’héroïne de Melty Blood, Enterbrain présente deux fois le même personnage dans une même gamme. Hautes d’une vingtaine de centimètres et sculptées par French Doll de Cerberus Project, l’une montre Ciel sous un visage de guerrière sexy tandis que l’autre la présente sous un jour beaucoup plus sage.


Collection

Actu France

Good Smile Company Kodomo No Jinkan

Max Factory Suzumiya Harui no Yuutsu

Megahouse Cobra

Rin Kokonoe Nendoroid Prévue le 9 avril 2008 Prix annoncé : 17,95 € En avril, la famille des Nendoroids s’agrandit encore avec Rin de Kodomo No Jinkan et sa chevelure singulière. Après un professeur, c’est à nouveau un personnage en tenue d’écolière qui vient s’ajouter à une série décidément de plus en plus studieuse. Malheureusement, elle peine à se démarquer des autres et manque cruellement de bonus.

Harui & Mikuru Extravaganza Version Prévue le 9 février 2009 Dans le cadre des épisodes autour de l’Extravaganza Live, Max Factory offre une nouvelle collection autour de Suzumiya. C’est dans des représentations connotées J-Pop qu’apparaissent la célèbre Harui et son amie Mikuru, respectivement pourvues d’une guitare et d’une cymbale. Hautes de 21 cm, ces statuettes en PVC sont sculptées par Masanori Kuroda, et seront bientôt rejointes par Yuki et sa guitare.

Cobra & Airbike Hard Emblem Series Prévue le 9 avril 2009 Cobra fête cette année ses trente ans, et les concepteurs de renom n’ont pas manqué de fêter dûment cette série culte. Ici, c’est avec une figurine articulée de 16 cm au design soigneusement étudiée que l’on retrouve le héros sur son célèbre Airbike. Fournie dans une Window box, cette action figure de luxe comprend en plus des éléments sus-cités divers accessoires comme le pistolet, le bras mécanique et la cigarette, le tout accompagné d’une carte postale collector. Un article incontournable pour le fan nostalgique de cette série culte.

Megahouse One Piece

Toynami Bleach

Toynami Naruto

Carew Portraits Of Pirates Prévue en février 2009 Prix annoncé : 20 € Avec ce nouveau personnage, on ne pourra pas reprocher à l’équipe en charge des Portrait Of Pirates de manquer d’imagination. Si l’exploitation de personnages secondaires comme Mister Two a déjà pu surprendre, celle de Carew, l’adorable et courageux colvert de Vivi, en déroutera plus d’un. Cependant, le nombre d’expressions et d’accessoires fournis auront de quoi consoler quelque peu les déçus, en attendant des personnages humains plus marquants.

Urahara & Hitsugaya Action Figure Serie 4 Prévue le 9 avril 2009 Prix annoncé : 8,40 € Si nombre de collectionneurs ont vu dans les Excellent Model la gamme la plus intéressante, les modestes figurines de Toynami auront su tirer leur épingle du jeu. Hautes d’une grosse quinzaine de centimètres, ces action figure présentent avec originalité et nombre d’accessoires les héros de Bleach, le tout avec des finitions irréprochables. Après trois séries présentant les héros incontournables de la série, c’est au tour de deux des personnages secondaires les plus emblématiques d’entrer en scène. Urahara et Hitsugaya ne dérogent pas à la règle et sont élégamment mis en valeur.

Sasuke Ultimate Chidori Resine Limited Edition Prévue le 9 avril 2009 Voici déjà la sixième représentation résine de Sasuke, cette fois-ci transformé et en pleine utilisation du Chidori. Soignée comme rarement, cette pièce risque de se faire très vite rare et prisée des collectionneurs car limitée à seulement deux-mille unités dans le monde. Seuls les plus chanceux et les plus à l’affût pourront posséder ce précieux sésame.

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Collection

Zoom

Final Fantasy VII

Après avoir visité la gamme des Real Action Heroes de Medicom dans le premier numéro, Japanink vous invite à vous plonger dans les Play Arts. En quelques années, ces figurines articulées, et surtout très esthétiques, se sont multipliées, si bien que nous avons choisi de vous en parler sur plusieurs numéros. Pour cette première partie, nous commençons avec la série mythique du RPG : Final Fantasy VII. Séries Final Advent Children

L

es premières figurines autour de Final Fantasy sont celles basées sur le film Advent Children . C’est à la fin de l’été 2005 que le légendaire Sephiroth ouvre le bal, dans une première série où il se voit accompagné de Tifa et Vincent Valentine. L’on apprécie dès ces premiers essais le jeu de matières autour des vêtements des personnages, ainsi que le grand souci du détail. Le héros Cloud et sa célèbre bécane Fenrir n’arrivent qu’au printemps 2006, dans une version collector très vite accompagnée d’une version classique où la moto n’est plus présente. Il faut attendre septembre 2007 pour voir trois ultimes personnages de la série adaptés en figurines. Les heureux élus sont Kadaj, Yuffie et Reno, dans des adaptations encore plus précises que les précédentes. A ce jour, la ligne des Final Fantasy Advent Children est l’une de celles qui comptent le plus de figurines. Séries Final Fantasy VII La ligne classique, qui compte parmi les plus courues des amateurs, n’arrive que tardivement. Il faut

Topo technique Les Play Arts entrent dans la catégorie des Action Figures. A travers un jeu de multiples articulations (mains, bras, jambes ou encore chevilles), ces figurines hautes de dix-huit à vingt-deux centimètres, sont en majorité constituées de PVC. Plusieurs jeux de mains sont livrés avec ces figurines qui, en revanche, ne sont pas toujours fournies en accessoires. Elles brillent en général par la qualité des vêtements et des expressions données aux différents personnages.

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attendre décembre 2007 pour voir la première série arriver, avec trois personnages de choix : Cloud, Tifa et surtout Aerith. Cette dernière connaît ici une première adaptation très réussie, tant au niveau des finitions que des accessoires. Le trio rencontre un tel succès que les stocks sont rapidement épuisés ; l’éditeur se voit obligé de les ressortir quelques mois après. C’est l’occasion de proposer une seconde série de personnages de la mythique saga. La deuxième série, qui arrive au mois de juin 2008, ne compte pas moins de quatre figurines. Si l’on retrouve bien sûr Sephiroth et Vincent Valentine, l’arrivée de Yuffie dans sa première version est une bonne surprise. La palme de l’originalité revient cependant à la sortie en duo des deux personnages animaliers cultes de Final Fantasy VII : Ciath Sith et XIII, dans une adaptation un peu modernisée, parmi les plus originales de la gamme. Séries Crisis Core Il va sans dire que le jeu vidéo de PSP retraçant le passé de Cloud et Aerith n’est pas oublié par Square Enix et Kotobukiya. Dernière sortie en date de Play Arts, cette série autour de Crisis Core vient encore repousser les limites de réalisation de la gamme.

Toujours plus réalistes, Cloud, Aerith et Zack se voient chacun accompagnés d’accessoires. Pour éviter la redondance avec les précédentes versions des deux premières citées, l’on accessoirise Cloud d’un fusil et Aerith de son célèbre panier de fleurs. A ce jour, la série Crisis Core compte les figurines les mieux finies de toute la gamme. Ailleurs Il est de plus en plus courant de voir un ancien personnage de Final Fantasy être exploité dans une autre production de la firme Square Enix. Kingdom Hearts est la machine qui a lancé cette habitude, avec la présence de tout un tas d’anciens personnages arborant un look et des intrigues inédites. Et si la première série de Play Arts siglés de cette série mélangeant Disney et Final Fantasy n’a exploité que des personnages totalement inédits, la deuxième à venir fait du neuf avec du vieux . Cloud et Sephiroth en profitent pour revenir avec des vêtements et des accessoires neufs. Les finitions des cheveux et du visage se voient également retravaillées pour encore plus de précision. Sortie prévue en avril.  par Romain Huck


Actu France


Collection

Les Figma

Voilà quelques mois que l’on ne peut entrer dans un magasin spécialisé sans en croiser. A l’image des Nendoroid, les Figma ont su attirer l’attention et remporter rapidement un vif succès. Avec seulement deux années d’existence et déjà un gros catalogue, ces petites figurines devraient encore faire parler d’elles un petit bout de temps. Quelques détails sur un genre simple mais terriblement efficace. Un cheminement court et chargé

C’

est avec le début de l’année 2008 que le fabricant de figurines Max Factory prend son tournant le plus marquant. Fort d’une alliance avec la firme Good Smile Company, ce grand nom de la PVC se lance dans le créneau de l’action figure. Pour ce faire, il est choisi autour de cette nouvelle gamme un lancement à la fois original et efficace. C’est ainsi que l’on voit apparaître une nouvelle lignée baptisée Figma à travers le lancement du jeu vidéo Suzumiya Haruhi no Tomadoi le, soit le premier jeu autour du phénomène Suzumiya à sortir au Japon sur la Playstation 2. Des coffrets en version limitée contiennent en effet une figurine inédite d’Haruhi Suzumiya. Forte de dix-huit articulations, la figurine haute de 13,5 cm n’est pas sans rappeler une Fraülein de la gamme des Revoltech. Elle se démarque de ses concurentes à travers des finitions presque parfaites et un aspect détaillé relativement exceptionnel pour une figurine de petit format. Le tout est accompagné de bonus bien pensés et d’un socle pourvu d’une branche articulée permettant un dynamisme assez remarquable. Ce premier essai, sorti en janvier 2008 par Max Factory (et dont Banpresto sera exceptionnellement le partenaire), se voit confirmé un mois plus tard avec les sorties de Yuki Nagato (l’une des comparses d’Haruhi Suzumiya) et de Lelouch Lamperouge de la série Code Geass : Lelouch Of Rebellion, qui rencontrent, avec une sortie plus généralisée, un succès certain auprès du public. Si bien qu’en très peu de temps, les Figma deviennent les premiers concurrents des Revoltech de la marque Kaiodo. Seraient-elles alors des copies de ce genre à succès ? Pas réellement, en ce sens que même si les deux genres possèdent des figurines en commun, leur stratégie d’exploitation et le public recherché restent distincts. Là où les Revoltech se démultiplient en plusieurs séries diverses et variées tout en jouant son atout majeur sur des grands noms du mécha, les Figma restent presque entièrement centrées sur une même ligne et développent en grande majorité des personnages féminins de séries aussi populaires que variées. Le but est de séduire filles et garçons, en jouant d’un côté sur la finesse du rendu et de l’autre sur le dynamisme et la possibilité de différentes poses. L’un des principaux atouts de la figma reste son rapport qualité prix : seulement 2500 yens (actuellement 20 euros) pour une figurine d’excellente qualité.

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Série SP Préquelle de la série classique, la série SP n’aura duré qu’un court laps de temps. Lancée avec une Haruhi Suzumiya en version super héroïne (évoquée précédemment), cette ligne marque surtout par les deux suivantes et dernières sorties, développées autour du dessin animé Code Geass : Lelouch Of Rebellion . Ce grand succès peu décliné en action figures voit ici deux de ses personnages majeurs exploités. Le premier à sortir est bien sûr Lelouch Lamperouge. Cette version en costume d’étudiant marque par l’excellence de sa réalisation et le nombre conséquent de bonus offerts, allant jusqu’à fournir le chat Arthur. La plus intéressante et rare reste celle de son meilleur ennemi Kururugi Suzaku, sortie en édition limitée à l’occasion du Wonder Festival 2008. En plus d’offrir un personnage finalement peu mis en avant en figurine, la réalisation de l’ensemble est un sans-faute et les bonus simples mais très originaux. Un autre Arthur est fourni dans la boîte, cette fois-ci prêt à mordre Suzaku. Ces trois figurines, bien que trouvables à des prix corrects restent plus rares que les autres. A l’image des Revoltech, chaque représentation possède son numéro, précédé ici d’un SP. Série classique Après seulement un an d’existence, elle est parmi les lignes les plus rentables sur le marché de la figurine japonaise. Débutant seulement un mois après la collection SP, la série reprend ici à 001 avec le personnage de Yuki Nagato issu de La mélancolie d’Haruhi Suzumiya . Cette série à succès est d’ailleurs la plus représentée en figma : pas moins de neuf figurines sur les trente deux sorties en sont issues. L’on trouve d’ailleurs déjà deux versions différentes d’Haruhi, Mikuru

et Yuki. Derrière ce tank du merchandising se trouvent d’autres belles licences : Lucky Star ou encore Fate/Stay Night ou Magical Girls Lyrical Nanoha Strikers voient plusieurs de leurs personnages exploités. Si les filles sont légion voire largement majoritaires dans cette série, elles se développent dans différents styles. L’on remarque entre autres l’exploitation des héroïnes déshabillées d’Ikkitousen Great Guardians, qui bien que dans des représentations assez sages offrent une touche sexy qui diffère des autres séries développées. Les figmas les plus originales sont sans conteste les mascottes de base-ball avec Doala des Chunichi Dragons et To Lucky des Hanshin Tigers. Cette volonté de diversification et d’originalité se confirme lorsque une série vieille de plus de vingt ans comme Plawres Sanshiro voit ses personnages robotiques représentés, donnant un rendu assez hors du commun mêlant la technique moderne et un design de tenues rappelant les années quatre-vingts. Si bien que l’on se demande comment les concepteurs de Max Factory vont s’y prendre pour surprendre à nouveau dans leurs choix de séries. Série Ex En parallèle aux sorties classiques, apparaissent çà et là des versions collector possédant la dénomination Ex. Petite et assez disparate, elle offre principalement des versions alternatives de personnages sortis en circuit classique par le biais d’éditions limitées fournies avec des magazines ou des volumes de manga. L’on compte ainsi à l’heure actuelle trois figurines, à savoir Izumi Konata de Lucky Star habillée en cosplayeuse, Shana de Shogakukan No Shana dans une représentation d’elle aux cheveux bruns et Reika Gantz de la série Gantz dans une version rare, fournie uniquement avec le vingt-sixième volume du manga japonais.  par Romain Huck

Les figma développent en majorité des personnages féminins de séries populaires


Collection

Genre

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Collection

Revoltech

En jouant sur une ossature commune pour ses figurines, les concepteurs de Kaiodo prennent le pari d’offrir une grande variété de styles avec la série des Revoltech. D’une petite taille et d’un petit prix, ce genre récent de figurines possède déjà un nombre impressionnant de gammes, avec de grands noms de l’animation ou du jeu vidéo parmi elles. Entre le jouet pour enfant et la figurine de collection pour adultes, voici une vue générale de la collection des Revoltech. Historique du Revoltech

C’

est en mai 2006 que la firme Kaiodo offre le premier numéro d’une nouvelle gamme de figurines articulées. Celle-ci représente le Getter 1, un robot de la série New Getter Robot. Haute d’une quinzaine de centimètres, cette action figure se remarque par un nombre élevé d’articulations permettant toute une palette de poses dynamiques. Getter 1 appartient à la première ligne du genre

Revoltech, appelée Yamaguchi Series (en rapport à Katushisa Yamaguchi, sculpteur de la gamme), et connaît une sortie jumelée avec le modèle 002 et 003 présentant respectivement des robots de Fang The Sun Dougram et Devil May Cry 3. C’est ensuite à un rythme effréné que vont s’enchaîner les sorties des créations de Yamaguchi, avec deux nouveautés par mois venant enrichir rapidement le catalogue des Revoltech. Un rythme d’autant plus soutenu quand de nouvelles lignes viennent se greffer à la collection, le tout ponctué par des éditions limitées à foison. Du côté des nouvelles lignes, comme de celle d’origine, on exploite de nouveaux styles tout en gardant une base commune. Après les robots, ce sont aux humains qui sont exploités, puis les animaux ou autres créatures fantaisistes. 2009 se présente comme l’année de la renaissance des Revoltech : après la fin de la lignée des Yamaguchi Series en novembre 2008, sur la figurine 065 représentant Pierre de Doko Demo Issyo, une nouvelle collection devrait voir le jour en mai. Baptisée Revoltech 3.0 REBOOT, cette mystérieuse série pourrait bien se concentrer à nouveau sur les robots. Une chose est sûre : elle sera une fois encore assurée par Yamaguchi et la première parution devrait être codée 066, en suite directe à la gamme originelle. Présentation Technique Le principe des Revoltech est d’offrir toutes les représentations possibles, tout en gardant un tronc commun. Celui-ci tient essentiellement du jeu articulé que chaque figurine propose. Mains, bras, épaules, chevilles, genoux, hanches, tronc et cou possèdent des articulations solides, mais assez souvent bien dissimulées qui permettent d’obtenir un choix maximal dans les poses. Niveau taille, la grande majorité d’entre elles font autour de quinze centimètres. Niveau équipement, la très grande majorité des personnages réalisés sont armés, et lorsqu’ils ne le sont pas, ils se voient accessoirisés d’un objet fantaisiste. Une grande partie des réalisations contient un socle en arc permettant un jeu d’exposition aérien. La réalisation, sans être parfaite, s’est améliorée au fil du temps pour apporter dans le courant de l’année dernière des résultats joliment surprenants. On reste cependant dans l’optique de l’action figure pour garçons privilégiant le nombre d’articulations à

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l’esthétique générale. Des robots et des super robots… Fer de lance des Revoltech, les créations mécaniques constituent la majeure partie de ces figurines, toutes gammes confondues. Elles se démarquent des autres robots exploités sur le marché de la figurine par leur côté dynamique et exploitent un grand nombre de stars du mecha, avec entre autres les Transformers, Patlabor, Evangelion et plus récemment Gurenn Lagann. Des femmes… Initialement destinées à un public résolument masculin, les Revoltech possèdent pourtant une collection entièrement dédiée aux stars féminines de l’animation. Avec cette ligne baptisée Fraülein, elles proposent en premier lieu les mythiques héroïnes de Neon Genesis Evangelion, du Idol Master, du Suzumiya ou encore les filles de Gurenn Lagann. Fines et aux articulations bien cachées, elles offrent à ce genre un visage radicalement différent. Le 1er février a vu naître les Revoltech Fräulein 3.0, nouvelle collection basée sur ce modèle féminin, avec pour ouvrir le bal les héroïnes de La Mélancolie de Haruhi Suzumiya. Dans les autres séries, les filles se font très rares, et seule la collection autour de Street Fighter vient présenter deux personnages féminins. Des hommes… Qui dit machines de guerre dit guerriers, et les Revoltech suivent cette idée avec un joli panel de héros. D’un aspect assez commun à nombre d’autres action figures, les personnages se distinguent surtout par de bonnes finitions. Parmi les séries à héros virils exploités, on compte une ligne entière dédiée à Hokuto No Ken et à Street Fighter. … Et plus encore. L’exploitation la plus fantaisiste se situe dans la gamme principale, avec la série Doko Demo Issyo mettant en scène les animaux au trait SD qui en sont issus. Le résultat est des plus surprenants et offre un rendu diamétralement opposé à ce que Revoltech propose habituellement. Avec en prime un choix d’expressions des plus loufoques.  par Romain Huck


Collection

Gamme

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Portrait

Naoko Takeuchi

Pour la France, Naoko Takeuchi reste avant tout l’auteure de Sailor Moon, la guerrière en costume marin combattant au nom de la Lune. Pourtant, même si la très grande majorité de ses œuvres n’a pas encore été traduite, il est malgré tout intéressant de revenir sur le parcours de cette mangaka qui est celui d’une brillante autodidacte s’inscrivant dans le plus pur style shôjô.

N

a o ko Ta ke u c h i e s t n é e l e 15 mars 1967 à Kôfu, dans la préfecture de Yamanashi, dans une famille plutôt aisée. Elle a un frère cadet prénommé Shingo. Petite, comme tous les jeunes japonais de sa génération elle regarde les séries animées dont Candy-Candy et Devilman. A la sortie du lycée, elle choisit de faire des études scientifiques. Elle en sort diplômée de chimie de l’Université de Kyoritsu, après avoir rédigé un mémoire sur les ultrasons dans l’appareillage médical. Par la suite, elle travaille pendant un an à la pharmacie de l’hôpital universitaire Keio. Sa véritable passion reste le dessin. Parallèlement à ses études, elle se lance dans la rédaction d’histoires. Mais sa démarche est atypique et totalement différente du parcours classique du mangaka. Plutôt que de passer par la case des fanzines (dôjinshi) et des publications amateurs, elle envoie directement ses réalisations aux maisons d’édition. De même, elle ne suit aucun cours de dessin : « C’est en dessinant qu’on apprend à dessiner », explique t-elle quelques années plus tard 1. Ses influences restent cependant classiques : les silhouettes féminines de Leiji Matsumoto, celles de Yoshihiro Togashi et Hijiri Yuki. Son style est trouvé : un trait léger et une façon de faire artisanale 2. Dès le début elle reçoit le soutien de sa famille tandis que la reconnaissance arrive assez vite. En novembre 1985, elle publie une première histoire : Yume ja Nai no ne. L’année suivante, elle passe un cap en obtenant un prix récompensant les jeunes talents : le Kodansha New Manga Artist avec Love Call. Entre 1986 et 1991, elle publie toute une série d’histoires courtes dont Yume Miru Rainy Button, Chocolate Christmas , et Miss Rain qui raconte l’histoire d’ un garçon, Kei, qui rencontre une jeune fille pleurant sous la pluie. A partir de 1990, elle se lance dans une histoire plus longue : The Cherry Project se déroule sur quinze chapitres et narre les aventures romantiques d’Asuka Chieri, une jeune fille qui rêve de patinage artistique. Durant l’été 1991, alors qu’elle a vingt-quatre ans, elle publie une histoire dans la revue Run-Run qui ne devait être qu’une petite histoire sans lendemain : Sailor V. L’histoire séduit cependant son éditeur et très vite le public par son mélange original de magical girl et de sailor fuku (le costume marin des collégiennes japonaises) Ce succès pousse la Toei à la contacter et à lui demander de retravailler le scénario de base. Elle créé ainsi une équipe de cinq jeunes guerrières en costume marin réunie autour

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#2 • mars / avril 2009

1997. Ces années de travail lui laisseront un souvenir mitigé, le rythme étant particulièrement intensif et les relations avec son éditeur s’avérant difficiles. Après ce succès, elle publie de nouvelles histoires dont PQ Angels qui reste inachevée à ce jour. En 1999, Naoko Takeuchi épouse Yoshihiro Togashi, qui est également un mangaka et qui n’est autre que l’auteur de Hunter x Hunter (d’ailleurs, elle l’aida à l’élaboration du premier tome) et de Yû Yû Hakusho. Elle a un fils avec lui qui se prénomme Ôji. Elle est également une amie proche de la mangaka Yû Watase. Depuis, Naoko revient occasionnellement au manga. En septembre 2001, elle publie Toki Meka, puis Love Witch en 2002 qui raconte l’histoire de jumeaux sur fond de sorcellerie : Ai et Yuu. Enfin, elle réalise en collaboration avec son mari Ooboomee to chiiboomee en 2005, un livre pour enfants qui est en fait un cadeau d’anniversaire pour leur fils. par Romain Huck Site internet officiel de Naoko Takeuchi : http://sailormoon.channel.or.jp de l’héroïne principale : Usagi Tsukino. Le premier chapitre de Bishôjo Senshi Sailor Moon (Sailor Moon la jolie guerrière) paraît dans le numéro de Février 1992 de la revue Nakayoshi (Amis intimes dont le lectorat est essentiellement constitué de jeunes filles). Son adaptation animée est décidée quelques semaines plus tard, tandis que le manga obtient en 1993 le prix de son éditeur, Kôdansha, dans la catégorie Shôjo. Dès lors, les aventures de Sailor Moon occupe tout son temps jusqu’en mars

Notes 1 : Animeland n°50 2 : Longtemps, Naoko refuse d’employer autre chose que du papier et des crayons, contrairement à la plupart des auteurs qui se sont informatisés. Elle insère des perles et des objets sur ses créations.


courrier Faites-nous part de votre avis, vos suggestions, vos critiques… Envoyez votre courrier à : Neko Editions (Japanink), 112 avenue de Paris, 94300 Vincennes ou par e-mail à : info@japanink.fr Nous ne manquerons pas de vous répondre dans le prochain numéro !

Bonjour à toute l’équipe, C’est avec grand plaisir que j’ai découvert le premier numéro de votre magazine. Etant une très grande fan de manga, anime et culture japonaise, je me suis laissée tenter par les différents post que j’ai pu lire sur les forums. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu que le premier dossier était consacré à l’un de mangas favoris, Death Note, dont je viens d’acquérir le fameux coffret intégral. Un dossier super complet retraçant l’histoire du manga mais aussi des films et l’heureuse surprise d’apprendre la sortir d’un nouveau film au mois de février au pays du soleil levant. J’ai vraiment beaucoup aimé tous les autres articles et rubriques dont l’article très complet consacré a Hokuto No Ken, les interviews… Enfin voila, pour moi un magazine très complet, vraiment génial, que l’on dévore et que l’on prend plaisir a relire plusieurs fois sans se lasser. Et en plus quatre posters par numéro...

mon visage a changé de couleur en vingt secondes lorsque j’ai découvert votre magazine !

Que demande le peuple ;-) Toutes mes amitiés à l’équipe ! Hikuko Hikuko, Pour être honnête avec vous, nous avons été très agréablement surpris par l’accueil réservé à notre premier numéro, alors si grâce à des post sur le Net, vous vous êtes décidée à vous intéresser à notre travail, nous ne pouvons que vous remercier pour votre confiance. Un conseil, ne le dévorez pas trop non plus, car le papier reste un aliment assez difficile à digérer ;-)

Bonjour, Mercredi, j’ai découvert votre magazine en kiosque et, attiré par la belle allure de la maquette, je l’ai acheté. Et je ne le regrette pas. En tant qu’amateur de BD et d’animation depuis plusieurs années, j’ai eu l’occasion de lire un certain nombre de magazines autour de ces sujets. Et cela fait bien longtemps qu’un numéro 1 ne m’avait pas autant convaincu que le votre. C’est très prometteur !  J’ai beaucoup apprécié le sérieux qui se dégage de ce premier numéro (certes, il reste quelques coquilles, mais cela est bien mineur). Les textes sont agréables à lire, informatifs, sans pour autant trop en dire ; quant aux images illustrant les articles, elles sont particulièrement bien choisies.  Les news sont chaudes (ce qui est toujours difficile avec un magazine papier, en cette époque d’Internet et de circulation immédiate de l’information). La décomposition en plusieurs rubriques permet de facilement s’y retrouver. Et j’ai bien aimé lire des papiers sur des sujets originaux tels que « La jeunesse en crise » et les collections de figurines. Voilà qui apporte un vent de fraîcheur dans le monde assez formaté des magazines BD et ce, pour un prix tout à fait raisonnable.

Seule remarque/suggestion : on ne voit pas qui est l’auteur des différents articles, ce qui est toujours un peu dommage quand on compte suivre un magazine au fil des numéros. Bref, félicitations à toute votre équipe ! Je ne vais pas manquer de m’abonner afin de soutenir votre projet ! J’espère que l’accueil du public sera bon !  Bien cordialement,  Morgan Morgan, Milles excuses pour les coquilles. Il est vrai qu’il en a quelques unes mais l’erreur est humaine parait-il ^-^. Quoiqu’il en soit, nous sommes très heureux que notre mag vous apporte autant de bonheur à sa lecture, d’autant qu’il est difficile d’offrir des news fraiches à l’heure d’Internet. Concernant les différents auteurs, comme vous pourrez le constater dans ce numéro, ils sont dorénavant indiqués pour chaque article. Merci infiniment pour votre soutien et nous espérons également que l’accueil du premier numéro aura été à la hauteur de nos espérances.

Bonjour à tous, Je tiens à vous dire que mon visage a changé de couleur en vingt secondes chrono lorsque j’ai découvert votre magazine ! Au premier abord, je me suis dit « encore un ? », et à peine pris entre les mains, quelques pages seulement feuilletées et j’ai couru à la caisse. Mon libraire de quartier n’a d’ailleurs pas encore compris pourquoi j’avais l’air si impatient :-) Bref, à peine arrivé chez moi, je me suis affalé sur mon canapé et je l’ai dévoré ! Non seulement les sujets sont d’actualité, mais en plus ils sont percutants, donnent une foule de détails… le tout maquetté sombrement. J’espère très sincèrement que ce magazine pourra vivre aussi longtemps qu’il le pourra car il le mérite !


Courrier Bonne continuation à toute l’équipe. Sébastien Sébastien, Nous n’étions pas là lors de l’achat de votre magazine mais c’est tout comme ! Vous nous transmettez votre enthousiasme débordant, et rien que pour ça : merci ! Nous sommes très touchés. Cela met la pression mais nous espérons être à la hauteur pour les prochains numéros ;-).

Salut à tous, Je tenais à saluer votre initiative de sortir un nouveau magazine sur les manga. Pour une somme tout à fait raisonnable (même si j’aurais préféré 5 €), on a le fameux « tout en un » :-). J’avoue que féru de J-Music, j’ai été un peu déçu qu’il y en ait si peu. J’espère que vous me ferez ce plaisir dans un prochain numéro. Au plaisir de vous lire, Camille

Camille, Nous sommes très heureux de vous offrir le « tout en un ». Et promis, si un jour le magazine a la possibilité d’être vendu 5 €, vous serez le premier averti ;-) Pour ce qui est de la J-Music, comme vous pourrez le constater, nous en avons ajouté un zeste de plus dans ce numéro. Nous avons reçu d’autres suggestions comme la vôtre et nous avons bien l’intention de les prendre en compte.

Bonjour, Je tenais à vous dire que vous êtes le premier magazine depuis longtemps qui donne assez de plaisir, de joie et de fierté à son obtention. Etant moi-même un fan ‘extrémiste’ de Death Note, vous avez su titiller l’œil et diversifier au mieux les articles (ceci n’est que mon point de vue). Je voudrais savoir si les cadeaux offerts avec l’abonnement seront toujours disponibles plus tard ? Le seul bémol que je vous donne – et Dieu sait à quel point j’ai pu relire et

Vous avez raté le numéro 1 ?

Séance de rattrapage…

Pour commander notre n°1, indiquez sur papier libre vos nom, prénom et adresse complète, votre e-mail* et le nombre d’exemplaires souhaités. Envoyez votre commande, accompagnée de votre règlement (à l’ordre de NEKO EDITIONS) à : Neko Editions (JAPANINK), 112 Avenue de Paris, 94300 Vincennes, France. Prix pour la France métropolitaine : 6,95€ par numéro Prix pour les DOM-TOM et tout autres pays : 8,95€ par numéro Les frais de port et d’emballage sont inclus. Délai : une semaine environ. Mode de paiement : France & DOM-TOM : chèque ou mandat-cash Autres pays : mandat international) Vous pouvez également commander sur www.japanink.fr (paiement sécurisé via PayPal)

réfléchir sur ce magazine – c’est le fait que les offres d’abonnements et autres coupons soient imprimés au dos des articles. J’espère que vous me considérerez comme un lecteur assidu même si je ne suis pas abonné ! Je vous adore et vous soutiens ! K4 K4, Si nous avons su titiller vos yeux, alors nous en sommes ravis. Concernant l’abonnement, les offres avec les cadeaux Death Note sont maintenues pour le moment, mais nous ne pouvons pas vous dire jusqu’à quand exactement. Pour ce qui est des coupons, nous avons la solution imparable pour ne pas gâcher votre magazine : faites tout simplement une photocopie ou bien recopiez le bon sur papier libre ! Enfin, sachez que nous considérons tous nos lecteurs comme tels. Nous ne faisons pas de différence entre un abonné et un non abonné pour répondre aux courriers que nous recevons. Merci pour votre soutien :-)


créations

Création de Kawai-Suki, lectrice de Japanink

Publiez votre Yonkoma

Qu'est-ce qu'un yonkoma ? Il s’agit d’un manga en quatre cases superposées. Souvent utilisés pour des passages humoristiques, ils racontent une histoire courte et sont souvent utilisés par les mangakas pour combler des pages. Les concours de yonkoma sont très en vogue au Japon, et même en France où quelques-uns ont déjà été organisés, notamment à la Japan Expo. Vous voulez voir votre yonkoma dans JAPANINK ? Rien de plus simple. Envoyez votre création par courrier à : Neko Editions (JAPANINK), 112 avenue de Paris, 94300 Vincennes ou par email : monyonkoma@japanink.fr Conditions techniques requises : Votre yonkoma doit être présenté uniquement sur une pleine page au format 18,5 x 28 cm. Il peut être en couleurs ou en noir & blanc.


Glossaire Termes pour l’animation Anime : terme définissant un dessin animé chez les Japonais. Anime comics : se dit d’un roman-photo reprenant un dessin animé. BGM (background music) : se dit d’une musique de fond pour un anime, qu’il soit un film ou une série. Chara design : définit la conception graphique de personnages pour un dessin animé. Character designer : personne pratiquant le chara design. Cellulo : se dit d’une feuille transparente utilisée pour la fabrication traditionnelle d’un dessin animé. OAV / OVA (original animation video) : se dit d’un anime fait pour une exploitation en circuit vidéo ou DVD. OAD : définit généralement un animé vendu avec un manga en tant que bonus. OST (original soundtrack) : désigne la bande originale d’un dessin animé. Seiyu : doubleur ou doubleuse dans l’animation. Shita : définit une feuille plastifiée rigide utilisant une illustration d’anime.

Termes pour le manga Doshinji : définit un manga amateur, qu’il soit original ou parodique. Manga : s’emploie pour définir la bande dessinée japonaise. Mangaka : auteur de bande dessinée. Yonkoma : manga en quatre cases superposées. Souvent humoristiques, ils racontent une histoire courte et sont souvent utilisés pour combler des pages. Les concours de yonkoma sont très en vogue au Japon, et même en France où quelques-uns ont déjà été organisés, notamment à la Japan Expo.

Classification manga / animation Ecchi : œuvre de genre érotique. Hentaï : se traduit par « pervers ». Définit un genre à tendance pornographique. Josei : se dit d’une création destinée aux femmes. Mecha / meka : sous-catégorie définissant un manga ou un anime à machines robotiques évoluées. Mecha designer : désigne un dessinateur de robots. Nekketsu : se traduit « sang brûlant ». Désigne un shônen d’action. Pantsu : sous-genre du shônen. Définit une oeuvre jouant sur l’aspect sexy. Seinen : se dit d’une oeuvre destinée à un public adulte. Shôjo : se traduit par « jeune fille ». Définit une œuvre destinée à un jeune public féminin. Shônen : se traduit par « jeune garçon ».Définit une œuvre destinée à un jeune public masculin. Yaoi : se dit des mangas présentant des relations homosexuelles entre hommes, le plus souvent écrites par des femmes. Yuri : se dit des mangas présentant des relations homosexuelles entre femmes, destinées à un public féminin.

Qualificatifs Bishônen : désigne un personnage masculin au style androgyne. Fan service : définit les scènes de manga ou d’anime racoleuses utilisant sexe ou robots. Kawaii : se traduit par mignon. Otaku : personne repliée sur elle-même, qui vit une passion exclusive : poupées, culte d’une star, manga, jeux vidéo… Ses goûts sont en général portés sur tout ce qui touche le monde du Japon. SD (super deformed) : désigne un personnage au visage disproportionné par rapport au reste du corps.Utilisé pour la caricature.

Autres Art book : se dit d’un beau livre présentant des images et documents officiels. Cosplay : désigne une personne déguisée en personnage de manga ou d’anime.


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Japanink n°2  

Anime, culture, manga, jeux vidéo, collection

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