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COMMUNAUTÉ NATHALIE AROYO Présidente du Conseil de Gestion du Lycée Français International Georges Pompidou 26 Septembre 2011 | www.lemagdugolfe.com


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Une nouvelle école française à Dubai Il ne s’agit malheureusement pas d’une découverte pour beaucoup des parents de jeunes élèves résidant à Dubai… L’école d’Oud Metha arrive à saturation. Les chiffres sont éloquents: 540 élèves, 200 dossiers refusés en 2009 et 2010 et plus de 300 dossiers en attente pour 2011. La configuration des lieux ne permet pas, par ailleurs, d’agrandir le site et il n’existe pas de terrain disponible à proximité immédiate de l’école. La solution s’impose d’elle-même : la création d’un nouvel établissement. Ouverture prévue en septembre 2013.

PAR LAURENT DEGEORGES

Le Mag du Golfe : Comment et pourquoi le Conseil de Gestion a-t-il fait le choix de construire une nouvelle école à Ruwayyah ? Nathalie Aroyo : Avant de prendre la décision de bâtir une nouvelle école primaire à Ruwayyah, nous avons exploré toutes les autres solutions possibles. Cela nous a permis d’arriver à la conclusion que nous n’avions pas d’autre option, à la fois pour des raisons de coûts et de faisabilité. Disposant déjà du terrain et toujours en cherchant à optimiser nos dépenses, nous avons donc choisi de construire une nouvelle école à Academic City et, de conserver l’école de Oud Metha qui sera alors entièrement dédiée aux classes de maternelle.

LMG: Combien d’élèves pourront être scolarisés dans le nouvel établissement? N. Aroyo : Le projet prévoit 600 places supplémentaires, soit 200 places de plus en école maternelle à Oud Metha et 400 de plus en école élémentaire à Ruwayyah. Au total et à l’ouverture du nouvel établissement à la rentrée 2013, le L.F.I. Georges Pompidou aura la capacité de scolariser 2 500 élèves. Nous aurons ainsi atteint ce que nous considérons être notre « taille critique ». LMG: Combien coûte la construction de cette nouvelle école et comment allez-vous la financer ? N. Aroyo: Le montant prévisionnel de la construction est de 30 millions de dirhams. Pour financer le projet, nous

aurons recours à un emprunt bancaire de 13 millions, à notre trésorerie pour 5 millions, à un appel de fonds de 2 millions auprès de l’AEFE (Etat français). Le financement complémentaire, c’est à dire 10 millions de dirhams, proviendra d’un « partenariat entreprises », c’est-àdire de financements privés. LMG: Ce recours à un « partenariat entreprises» est une solution relativement nouvelle et originale… N. Aroyo: Ce type de partenariat n’est pas complètement nouveau au sein de l’AEFE, nous nous sommes inspirés du lycée de Singapour qui recourt déjà à ce mode de financement. Dans son cas d’ailleurs, les fonds privés assurent l’ensemble de leurs extensions de sites. Ils ont développé un « pool de

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COMMUNAUTÉ partenaires », d’entreprises qui sont également associées à la gestion de l’établissement dans le cadre du Conseil d’Administration. LMG: Et dans le cas du L.F.I Georges Pompidou, pourquoi avezvous choisi de recourir, en partie, à un financement privé ? N. Aroyo: D’abord parce que ces fonds sont indispensables pour boucler le financement du projet. Ensuite, il nous paraît judicieux, alors que nous constatons un désengagement progressif de l’État, d’associer dès maintenant des partenaires privés pour assurer le futur de notre établissement. Nous avons donc élaboré notre proposition en ayant pour objectif de concilier nos contraintes et les impératifs des entreprises. LMG : Quels sont-ils ? N. Aroyo:Le premier et le plus important est d’avoir accès à une école française qui soit à la fois de qualité et pérenne. C’est souvent un facteur déterminant dans une décision d’expatriation. Le site primaire d’Oud Metha est saturé depuis plusieurs années et le nouveau site, nous le savons, le sera aussi rapidement. Participer à ce partenariat permettra aux entreprises de rendre accessible, à coup sûr, cette école aux enfants de leurs salariés.

LMG: En quoi consiste ce «partenariat entreprise » ? N. Aroyo: D’abord, nous avons décidé de garder une offre « dons » (1) et ensuite, ce qui est nouveau, nous avons créé une offre «options de fondateur», structurée et contractualisée. Cette dernière se divise en deux volets : «l’option unitaire» et « l’option forfaitaire». LMG :Comment se caractérisent ces deux offres différentes ? N. Aroyo: Le premier cas, celui de « l’option unitaire », concerne les entreprises qui ont un faible turn-over de leur personnel à Dubai et qui veulent être sûres, dans les années à venir, de pouvoir scolariser les enfants d’un petit nombre de collaborateurs. Par le biais de chaque option « unitaire », coûtant 175 000 dirhams chacune, l’entreprise paye, aujourd’hui, la scolarité d’un enfant pour cinq ans. Cette option est assortie d’un droit de priorité à l’inscription pour un enfant (2). L’avantage pour l’entreprise est de pouvoir affirmer, avec certitude, à ses expatriés que leurs enfants pourront suivre leur scolarité au sein du LFI Georges Pompidou, seul établissement conventionné des Emirats. (voir plus bas). La deuxième proposition est une «option forfaitaire ». D’une valeur de 1

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Les plans de l’école L’architecte sélectionné par le Conseil de Gestion après un appel d’offres a préparé les plans détaillés de la nouvelle école. Il a tenu compte tant des besoins pédagogiques définis par la direction et les enseignants, que des contraintes réglementaires (locales et françaises), ou de sécurité et de coûts. Un appel d’offres pour sélectionner le constructeur sera organisé dès cet été et la construction devrait démarrer en automne 2011 pour une rentrée prévue en 2013. million de dirhams pour cinq « options de fondateur», elle est destinée aux entreprises qui connaissent soit un turn-over relativement dense, soit qui envisagent de développer leur implantation aux Émirats. Plus onéreuse que l’achat de cinq « options unitaires», elle offre, en contrepartie, un droit de


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priorité à l’inscription (2) pour tous les enfants des collaborateurs de la société souscriptrice. Dans le cadre de cette même « option forfaitaire », les frais de scolarité de cinq enfants pour cinq ans sont compris. Au delà de l’intérêt lié au droit de priorité, ces formules permettent à ces entreprises de valoriser leur image au travers de leur action « citoyenne ». LMG: Si l’on comprend bien les raisons qui vous ont conduit à avoir recours à ce « partenariat entreprises », une question se pose cependant quant à la future « sélection » des élèves. En accordant un droit de priorité à l’inscription aux enfants des «entreprises partenaires», le L.F.I. Georges Pompidou ne court-il pas le risque de leur devenir entièrement dévolu ? N. Aroyo: Absolument pas ! En limitant l’encours du « partenariat entreprises» à 10 millions de dirhams, nous avons volontairement limité le nombre de ces droits de priorité à l’inscription. Nous voulons absolument préserver la mixité de la provenance des enfants et que les inscriptions individuelles demeurent largement possibles. En nous référant aux statistiques des dernières années, nous savons que le nombre d’enfants dont les parents sont employés par une

même société est relativement limité et « dilué ». En effet, Dubai est pour les entreprises françaises, une « plateforme de gestion » avec des effectifs d’expatriés français ou francophones relativement faibles. En revanche, il demeure difficile d’estimer le pourcentage exact d’élèves qui intègreront l’établissement par ce biais parce que, par définition, nous ne pouvons pas connaître les projets de ces entreprises ! LMG: Le vote favorable à 85 % en Assemblée Générale Extraordinaire est intervenu très récemment en juin dernier. Où en êtes-vous aujourd’hui de vos démarches ? N. Aroyo: Nous avons obtenu un quasi accord concernant le prêt bancaire à des conditions compatibles avec notre plan de financement. Nous pensons d’ailleurs les faire évoluer en notre faveur avec l’obtention de la garantie de l’État. En ce qui concerne, les « partenariats entreprises », nous sommes en bonne voie puisque nous avons déjà atteint, un mois après le lancement des démarches, la moitié de notre objectif (3). LMG: Enfin, avez-vous prévu une augmentation des frais de scolarité liée à la construction de cette nouvelle école ? N. Aroyo: Il ne faut pas se méprendre: les augmentations des frais de scolarité

– et nous les avons chiffrées précisément et communiquées lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire de juin – contribueront pour partie à ce projet mais doivent essentiellement permettre d’assurer le budget de fonctionnement du LFIGP. Nous avons réalisé une simulation qui montre clairement que, sans cette construction, dans le contexte réglementaire restrictif que nous imposent les autorités de Dubaï, l’établissement perdrait de l’argent dès 2014. L’augmentation nécessaire au redressement serait alors équivalente à celle que nous envisageons aujourd’hui pour le projet. Ce projet, va donc bien au delà de la simple réponse à la demande de scolarisation mais permettra également d’assurer la pérennité financière de l’établissement.

(1) Il s’agit soit d’un don à discrétion, soit d’un don d’un montant minimum de 75 000 dirhams qui finance tout ou partie par part, de certains équipements du nouvel établissement: salle informatique, salle de musique, salle multimédia, gymnase, auditorium et restaurant scolaire. (2) applicable dans le cadre des critères de sélection de l’établissement (3) NDLR : Entretien réalisé à la fin du mois de juin

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