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Kenya / Région du Marsabit du Nord

Améliorer de manière durable l’accès à l’eau, les conditions sanitaires et les pratiques d’hygiène

SOMMAIRE 1. Contexte du projet

Nombre de bénéficiaires pour le programme: 44.000 personnes au sein de 11 communautés, dont environ 26 000 enfants Partenaire local : PISP

2. Notre expertise 3. Descriptif des objectifs et des activités

Montant des activités dans les écoles pour 2012: 67 500 Euros Partenaire financier principal : Union européenne (Europaid) avec cofinancement obligatoire


Contexte de notre intervention Le Kenya, un pays pauvre de la Corne de l’Afrique…. le Kenya est aujourd’hui classé par les Nations Unies au 141ème rang sur 172 en termes d’Indice de Développement Humain, le Kenya fait partie des pays les plus pauvres du monde. L’ensemble des indicateurs témoigne de la difficulté de vivre au Kenya aujourd’hui, comme par exemple ce taux de mortalité infantile extrêmement élevé de 56 %. Avec une superficie de près de 600 000 km2 pour un peu moins de 40 millions d’habitants le pays possède de multiples visages des bidonvilles de Nairobi aux zones désertiques du Nord.

Victime des impacts du changement climatique Situé dans la Corne de l ‘Afrique, le Kenya subit de plein fouet les effets négatifs du changement climatique. Conséquence du réchauffement climatique et du phénomène La Nina, les épisodes de sécheresse qui touchent la corne de l’Afrique sont de plus en plus récurrents et de plus en plus intenses. « En seulement deux ans, la région a connu deux grandes sécheresses, explique Philippe Carrette, coordinateur de nos programmes au Kenya. La dernière est même la plus sévère de ces 60 dernières années, touchant près de 10 millions de personnes (source : ONU). » Les épisodes de sécheresse, récurrents ces dernières années, ont mené à l’amenuisement des ressources hydriques et fourragères, indispensables à la survie de communautés essentiellement pastorales nomades et de leur bétail. La raréfaction des ressources a entrainé l’augmentation des violences entre communautés pastorales pour compenser les pertes de bétail et prendre le contrôle de pâtures et/ou de points d’eau. Ainsi, les catastrophes climatiques et les tensions ont affecté les modes de vie traditionnels et le tissu économique et social de ces communautés. Aujourd’hui, les «zones arides et semi-arides » restent marginalisées – les populations ayant des moyens de subsistance précaires – sous-représentées politiquement et l’accès aux différents services publics et privés, y est difficile. Ces facteurs sont des barrières structurelles au progrès et contribuent à aggraver la vulnérabilité des populations face aux chocs, notamment climatiques. Moins de 15% de la population de ces régions a accès à une source d’eau potable permanente. Cette situation a de graves conséquences sur la santé humaine, avec notamment le développement de maladies d’origine hydrique comme le choléra, qui fait régulièrement éruption dans la région, ou la diarrhée. La forte prévalence de maladies hydriques ainsi que la pauvreté affectant ces populations pastorales entraîne des taux de malnutrition sévère proches de 26% (selon Arid Land Ressource Project Management II – March 2010 Marsabit Bulletin). La raréfaction des ressources en eau a également un impact sévère sur le bétail, principale source de revenu et de subsistance des populations pastorales. Dans la région Nord du Kenya, le bétail a connu une réduction de 90% au sein de certaines communautés, d’autres populations animales plus résistantes, comme les chèvres ou les chameaux, ont été réduites de 50 à 60%. Face à l’ensemble de ces vulnérabilités, la région cible du présent projet est régulièrement classée comme une zone en situation de « crise alimentaire sévère » ou d’« urgence humanitaire ».


Notre expertise Notre connaissance du pays et de la région SOLIDARITES INTERNATIONAL est présent au Kenya depuis 2006. La région Nord est l’une des régions les plus pauvres du pays, avec plus de 90% de la population vivant sous le seuil de pauvreté absolue et donc dans l’incapacité de subvenir à ses besoins vitaux. Cette région reculée a été longtemps négligée en termes de développement des infrastructures et des services publics par le Gouvernement Kenyan ainsi que par les organisations et agences internationales. Compte tenu de l’évolution climatique de la région, nous avions prévu dans nos programmes à la fois des actions d’urgence à mettre en œuvre le moment venu (water trucking, distribution de fourrage d’urgence) et des actions de plus long terme dont l’objectif était de limiter la vulnérabilité des familles à la sécheresse (distribution de semences résistantes à la sécheresse, vaccination des animaux et soins vétérinaires, réhabilitation de réservoirs d’eau et de routes à travers des activités de Food for Work), soutenus pour cela par nos bailleurs « traditionnels » dans la zone. Les équipes techniques de SOLIDARITES INTERNATIONAL sur place comptent actuellement 5 expatriés et 71 employés kenyans, intervenant dans 4 provinces du pays et menant 3 programmes de sécurité alimentaire, d’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement auprès d’environ 57 600 kenyans.

Notre approche partenariale de l’action humanitaire Pour ce projet dans le Nord du Kenya, nous avons favorisé une approche multi-acteurs pour renforcer la durabilité et l’appropriation collective des infrastructures et des pratiques. Cohérence avec les politiques nationales et coordination avec les acteurs pertinents Notre projet s’inscrit dans les orientations stratégiques du Gouvernement Kenyan pour les zones arides et semiarides. Notre équipe se coordonne avec tous les acteurs de la zone au travers des District Steering Groups et au niveau national au sein du cluster WESCOORD et des réunions d’OCHA. Mise en œuvre avec des partenaires à l’expertise reconnue Notre projet a été élaboré et est mis en œuvre en partenariat avec une association locale (PSIP) et une autre ONG internationale Vétérinaires Sans Frontière-section allemande (VSF-G). Ce partenariat vise à mutualiser les compétences et l’expérience de chaque structure. Ainsi, PISP a une longue expérience de coopération avec les agences gouvernementales. VSF-G apporte sa connaissance des déplacements pastoraux et des projets d’approvisionnement en eau à petite échelle. Enfin, Solidarités met à profit son expérience sur les réseaux de distribution d’eau et sur la mise en place d’activités en assainissement et promotion de l’hygiène. Ainsi, PISP bénéficiera de formations sur les différentes techniques de promotion de l’assainissement et de l’hygiène organisées par Solidarités International. Tandis que PISP assurera le lien avec les acteurs locaux. Travail de renforcement des capacités des acteurs locaux Dans le cadre de ce projet, les ministères de la Santé Publique et de l’Eau sont les partenaires clés. Des personnes seront identifiées au sein de ces ministères pour bénéficier des formations en promotion de l’hygiène organisées par PISP et Solidarités International. Il est prévu que PISP forme les comités de gestion de l’eau et les sensibilise aux pratiques d’hygiène. Pour assurer la pérennité des infrastructures, PISP formera des mécaniciens parmi la communauté pour la maintenance des pompes. Les services de ces mécaniciens seront rémunérés par les comités de gestion de l’eau.


Descriptif du programme Le programme que nous vous proposons de soutenir consiste à améliorer de manière durable l’accès à l’eau et à de bonnes conditions sanitaires pour 11 communautés extrêmement fragiles du Nord du Kenya.

Ce programme de 3 ans permet de venir en aide à 44 000 kenyans, soit environ 26 000 enfants et 18 000 hommes et femmes, vulnérables au manque d’eau et aux maladies liées à l’eau insalubre. Dans la région du Nord Marsabit, notre programme permet d’agir à trois niveaux de manière complémentaire, à la fois sur l’amélioration de l’accès à une eau potable de qualité, sur le développement des infrastructures d’assainissement et enfin sur l’amélioration des pratiques d’hygiène. Pour cela, nous mettons en œuvre avec nos partenaires les activités suivantes:

Pour améliorer l’accès à une eau de qualité pour les populations, tout en protégeant la ressource en eau · Réhabilitation et construction de 33 points d’eau et de leurs système de distribution · Construction d’une digue de rétention d’eau. Dans le village d’Illeret, la seule source d’eau est la « lagaa », une rivière sablonneuse et saisonnière. La construction d’une digue de rétention d’eau dans la rivière permettra de créer un réservoir d’eau et augmenter la quantité d’eau disponible dans les environs. · Construction de systèmes de récupération des eaux de pluie. Deux écoles de Kargi vont bénéficier de l’installation d’un système de récupération des eaux de pluie à partir du toit. L’eau récoltée sera ensuite stockée dans des réservoirs de 70m3. · Formation de comités de gestion de l’eau. La formation de techniciens et de comités de gestion de l’eau pour chacun des points d’eau permettra l’entretien régulier de ces nouvelles installations. En transférant la gestion des ressources locales en eau aux populations locales, le projet assurera ainsi la pérennité de l’accès à l’eau dans les zones d’intervention. Pour renforcer les infrastructures sanitaires de base · Construction de latrines avec des points d’eau pour se laver les mains. La quasi-totalité des foyers des 11 communautés vont bénéficier de l’installation de nouvelles latrines individuelles, alors que des blocs de latrines seront construits dans les villages environnants et dans les écoles. · Formation de comités pour l’entretien des latrines sur le même modèle que les comités de gestion de l’eau

Pour améliorer les pratiques d’hygiène Des discussions auront lieu avec les communautés sur l’impact des médiocres conditions d’hygiène dans lesquels ils vivent. L’approche vise à faire changer par eux-mêmes leurs pratiques d’hygiène. Des campagnes de promotion de l’hygiène seront également lancées sur des thèmes spécifiques.


Focus sur le projet « 2012- Améliorer l’accés à l’eau et à l’assainissement dans les écoles » 1/2 On estime à plus de 884 millions le nombre d’êtres humains privés d’eau potable et à 2,5 milliards le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’assainissement . Cette réalité a des conséquences particulièrement tragiques pour les enfants qui voient leur santé et leur quotidien gravement affectés. Les maladies hydriques hypothèquent leurs chances de réussite en les empêchant de poursuivre une scolarité régulière. Elles sont également un facteur déterminant de malnutrition car elles empêchent l’assimilation des aliments. Enfin, elles provoquent chaque année le décès de près de 2 millions d’enfants de moins de cinq ans. C’est 1 enfant qui meurt toutes les 20 minutes des conséquences de l’eau insalubre. Si toutes les actions de notre projet permettent une amélioration des conditions d’accès à de l’eau potable et à de l’assainissement pour les enfants, ces derniers sont encore plus directement ciblés par les activités dans les écoles.

Construction de systèmes de récupération d’eau de pluie dans les écoles

Dans la localité de Kargis, SOLIDARITES INTERNATIONAL a évalué un sérieux problème d’accès à de l’eau de bonne qualité. En effet, les sources d’eau utilisées par la population et les élèves sont des puits ouverts et des marigots. Les solutions techniques apparaissent limitées, notamment parce que l’eau est salée. Il est donc impossible de construire des forages. Cependant, SOLIDARITES INTERNATIONAL a identifié la possibilité de mettre en place des systèmes de récupération d’eau de pluie avec l’aide de PISP qui dispose d’une solide connaissance dans le domaine. Les toits de l’école seront mobilisés pour collecter l’eau de pluie. L’eau sera ensuite récupérée et stocké dans des réservoirs de 70 m3 chacun. La construction de ces réservoirs sera assurée par des maçons sous la supervision des ingénieurs de VFS-G. Une sensibilisation sera faite auprès de la communauté pour impliquer les membres dans la construction de ces infrastructures et dans la gestion de la distribution de l’eau. L’objectif de ces systèmes de récupération d’eau de pluie est de répondre durablement aux besoins journaliers en eau potable pour au moins 1 000 élèves de ces écoles.

==> En 2012, il est prévu la réalisation et l’appropriation d’un système de récupération des eaux de pluie dans une école de Kargis.

Ci-contre, un exemple de système de récupération des eaux de pluies dans une école du North Horr


Focus sur le projet « 2012- Améliorer l’accés à l’eau et à l’assainissement dans les écoles » 2/2 •

Construction de blocs de latrines avec points d’eau dans les écoles de notre zone d’intervention

Pendant les trois années du programme, il est prévu que SOLIDARITES INTERNATIONAL et VSF-G construisent 40 blocs de latrines de 3 latrines chacun dans les écoles des 3 provinces ciblées par le projet. Les écoles seront sélectionnées selon la couverture des latrines existantes et la motivation et la capacité de la communauté à gérer durablement les structures sanitaires mises en place. Avant que les constructions soient lancées, un comité pour l’entretien des latrines sera créé et rassemblera les élèves et les professeurs. Il sera formé sur l’entretien des latrines dans un souci de pérennisation des structures et de leur appropriation par la communauté. La construction de ces latrines sera effectuée par des maçons. La participation des parents et des professeurs sera aussi demandée, comme pour creuser le trou ou apporter des matériaux locaux. Des points d’eau pour se laver les mains seront construits et des panneaux sur la promotion de l’hygiène seront installés afin de sensibiliser aux bonnes pratiques d’hygiène et à la bonne utilisation des structures. Ces installations seront accompagnées de sessions d’échange et de sensibilisation auprès des élèves et des professeurs.

==> En 2012, il est prévu la réalisation et les mesures d’accompagnement pour 17 blocs de latrine.

Séance de promotion à l’hygiène par les équipes de SOLIDARITES INTERNATIONAL dans une école du North Horr

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