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L’éditoroute - Le Sommaire

2 ACTUROUTES - The Review

Dis-moi combien de temps tu mets pour aller d’un pays à un autre…

K

inshasa et Brazzaville sont les deux capitales les plus proches au monde. Séparées à peine par le fleuve Congo. On peut voir Kinshasa à partir de Brazzaville et vice-versa. 4 petits kilomètres les séparent. Mais, interroger Google Map, il vous dira qu’il faut 1h26 minutes pour aller d’une rive à une autre. La réalité, c’est que le trajet se fait sur des embarcations qui «fonctionnent encore par miracle». J’ai emprunté cette expression de quelqu’un. Enfin ! Comme pour dire que le niveau du règne de l’informel et du précaire dans les échanges commerciaux, dans les déplacements des personnes et des biens entre les deux capitales, est très élevé. C’est une situation qui dure depuis que ces deux pays existent. Une situation que l’avènement d’Internet (censé révéler les paradoxes), au milieu des années 1990, n’a pas changée. Alors vint l’année 2004, avec l’avènement du Népad (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique). Cette année-là est aussi marquée par l’adoption par les dirigeants des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) du Plan directeur consensuel des transports dans la sous-région. Ainsi, vu les «moyens de transport rudimentaires» entre les deux capitales et les coûts élevés, devant «l’absence de structure digne de ce nom» entre elles ; face à la «perte de temps considérable» et à «l’insécurité permanente», l’idée de bâtir un pont est née. Nous sommes en 2004. S’il est réalisé, ce pont pourra finalement permettre d’assurer la

continuité du système de transport le long du corridor Tripoli-Windhoek, qui traverse le Tchad, le Cameroun, les deux Congo et l’Angola. Soit toute l’Afrique du Nord au Sud. Mais le rêve s’arrêtera là. Plus rien par la suite. Sinon, rien de communicable, encore moins pour améliorer concrètement la situation. Jusqu’à novembre 2018. Il y a seulement 7 mois, l’idée a resurgi. Cette fois, on parle de signature entre des responsables des deux pays. Ceux-ci ont profité du premier forum des investissements en Afrique, organisé par la Banque Africaine de Développement (BAD), pour parapher l’accord. Dans un communiqué, les deux Congo ont indiqué que le projet coûtera environ 315 milliards de francs cfa (550 millions de dollars). L’ouvrage devra mesurer près de 1 575 mètres et sera un pont à péage constitué d’une voie ferrée, d’une route dotée d’un trottoir.

Voir au-delà du pont… Construire de vrais transports Lors de sa visite officielle à Brazzaville, début mai, le président de la BAD a confirmé que le financement est acquis. L’institution panafricaine va s’en charger. De toutes les façons, on sent de plus en plus les pays engagés à se doter d’infrastructures dignes. L’Afrique consacre aujourd’hui près des deux tiers des budgets d’investissements aux routes. Les Congo peuvent donc trouver le financement nécessaire. Comme, par exemple, la

Avec le Président Babacar Ndiaye, en mai 2017

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Gambie et le Sénégal ont pu en trouver pour le pont Sénégambie sur le fleuve Gambie. Un pont du reste plus long que celui qui doit relier les deux Congo. La préoccupation, ça sera, avec quels moyens de transport on va y circuler. En effet, s’il est admis que les pays africains ont fait des efforts ces dernières années pour construire de nouvelles routes transfrontalières et entretenir l’existant, les choses n’ont pas vraiment évolué au niveau du transport des personnes et des marchandises. A part quelque éclaircis en l’Afrique australe et en Afrique de l’Est, avec des trains figurant dans le Top 10 du continent, le tableau demeure gris. Des autocars bondés entre le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, aux taxis-brousse qui laissent les passager à mi-chemin entre la Mauritanie et le Mali, en passant par les minibus qui ne partent de Lomé au Togo pour Ouagadougou au Burkina Faso, que lorsque toutes les places sont prises, l’Afrique manque de vraies compagnies de transports terrestres sures, avec lesquels on peut programmer des voyages en temps et en heure. Le transport inter-pays par le rail est quasi-inexistant pour

les personnes. Rien qu’à voir les gares routières, on réalise qu’il est loin le jour où on pourra aller travailler à Douala et revenir dormir à Ndjamena, ou le jour où on pourra aller assister à un match de football à Juba et revenir à la maison à Bangui. Des trajets qu’on aurait bien voulu faire par la route ou par les rails pour profiter du paysage et de la nature. Mais aussi, pour se sentir suffisamment intégrer d’un pays à un autre. Autant on améliore les infrastructures, avec la construction de routes, ponts et rails, autant il faut améliorer l’exploitation de ces infrastructures. L’Afrique qui aspire au développement économique par l’intégration régionale doit pouvoir se doter de moyens de transports modernes qui permettent à ses habitants et aux visiteurs de circuler d’un pays à un autre, avec sécurité, confort et précision. Ce n’est pas un luxe hors de portée pour les pays africains. C’est juste une question de volonté. Une volonté courageuse de bâtir des réseaux de transports à la hauteur de la grandeur de ces peuples qui aspirent à vivre le développement chez eux. Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

Tell me how long you have to go from one country to another ...

K

inshasa and Brazzaville are the two closest capitals in the world. Scarcely separated by the Congo River, one can see the other city from one and vice versa. 4 small kilometers separate them. But, ask Google Map, it will tell you that it takes 1h26 minutes to go from one shore to another. The reality is that the trip is on boats that "still work miraculously". I borrowed this expression from someone. Finally ! As if to say that the level of the reign of the informal and the precarious in the commercial exchanges, in the displacements of the people and the goods between the two capitals, is very high. This is a situation that has lasted since these two countries existed. A situation that the advent of the Internet (supposed to reveal the paradoxes), in the mid1990s, has not changed. Then came the 2004, with the advent of Nepad (New Partnership for Africa's Development). That year was also marked by the adoption by the leaders of the member countries of the Economic Community of Central African States (ECCAS) of the Consensus Plan for Transport in the sub-region. Thus, considering the "rudimentary means of transport" between the two capitals and the high costs, before "the lack of structure worthy of the name" between them; faced

with the "considerable loss of time" and "permanent insecurity", the idea of building a bridge was born. We are in 2004. If completed, this bridge will eventually be able to ensure the continuity of the transport system along the Tripoli-Windhoek corridor, which crosses Chad, Cameroon, the two Congo and Angola. Either all of North Africa to the South. But the dream was stoped there. Nothing after that. Otherwise, nothing communicable, to concretely improve the situation. Until November 2018. Only 7 months ago, the idea resurfaced. This time, we are talking about signing between officials from both countries. They took advantage of the first Africa Investment Forum, organized by the African Development Bank (AfDB), to initial the agreement. In a statement, both Congo said the project will cost about 315 billion CFA francs ($ 550 million). The structure will have a length of 1,575 meters and will be a toll bridge consisting of a railway, a road with a sidewalk. Beyond the bridge ... Building real transports During his official visit to Brazzaville, in early May, the President of the AfDB

confirmed that the funding is secured. The pan-African institution will do it. In any case, we are increasingly aware of the countries that are committed to developing decent infrastructures. Africa now spends nearly two-thirds of investment budgets on roads. Congo can therefore find the necessary financing. As, for example, Gambia and Senegal were able to find some for the Senegambia bridge on the Gambia River. A bridge of the rest longer than that which must connect the two Congo. The concern will be, with what means of transport we will circulate. Indeed, while it is recognized that African countries have made efforts in recent years to build new cross-border roads and maintain the existing, things have not really evolved in the transport of people and goods. Apart from some thinning in Southern Africa and East Africa, with trains appearing in the top 10 of the continent, the picture remains gray. Buses packed between Niger, Burkina Faso and Côte d’Ivoire, bush taxis that leave passengers halfway between Mauritania and Mali, via minibuses that leave from Lomé in Togo to Ouagadougou in Burkina Faso, when all the places are taken, Africa lacks real reliable land transport companies, with

l a r e v u e a f r i c a i n e d e l a ro u t e e t d e s m o b i lt é s

which one can schedule trips in time. Inter-country rail transport is almost nonexistent for people. Just to see the bus stations, we realize that it is far the day we can go to work in Douala and come back to sleep in Ndjamena, or the day we can go to watch a football match in Juba and come back to the house in Bangui. Trips that we would have liked to do by road or by rails to enjoy the landscape and nature. But also, to feel sufficiently integrated from one country to another. As much infrastructure is improved, with the construction of roads, bridges and rails, the exploitation of these infrastructures must be improved. Africa, which aspires to economic development through regional integration, must be equipped with modern means of transport that allow its inhabitants and visitors to move from one country to another, with safety, comfort and precision. This is not a luxury out of reach for African countries. It's just a question of will. A courageous desire to build transport networks at the height of the greatness of these people who aspire to live development at home. Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

Jonction 4 -Union Africaine: Entrée en vigueur de la ZLEC, zone de libre-échange -Ethiopie: La Fondation Aliko Dangote lance l’intégration des systèmes de santé en Afrique ça signale 5 - 25 African countries join forces for road safety - Le pont Brazzaville - Kinshasa sera financé par la BAD - Congos Sign Deal to Build $550 Million Bridge Linking Countries

La Grande Avenue 6- Intégration africaine : Ce que valent les offres de

transports inter-Etats en Afrique - Le projet du train Alger-Tunis-Casa relancé 7 - Route, rail, air, mer: la croissance économique africaine va se jouer sur les politiques de transports One Way – Tribunes & Opinions

8 - HE. Adama Barrow, President of the Republic of Gambia «The Senegambia bridge is a major component for development and integration»

La Station 9 - Cameroun – Guinée Équatoriale: Un pont sur le

Ntem pour relier les deux pays - African Ministers Adopt Landmark “Cairo Declaration” on Infrastructure Place Entreprises 10 - Egypte : Le méga-pont construit par l’armée sur le Nil inauguré - Intégration régionale : Afreximbank investira 85 milliards de dollars dans le commerce intra-africain -Kenya : First experts’s meeting on Africa’s Integrated High Speed Railway Network Project Prochain arrêt 11 - Foire commerciale intra-africaine 2020 – Kigali

2020. Du 1er au 7 septembre 2020 à Kigali (Rwanda) …En Continu 12 - Hôtellerie en Afrique : Intégration réussie pour

les grands groupes…Opportunités pour tous

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n°07 - juin 2019

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ACTUROUTES, The Review #7  

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