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46e congrès its france

La revue africaine de La route et des mobiLités N°05 - Janvier 2019 - www.acturoutes.info

Adapter et exploiter les réseaux The review

les transports intelligents en afrique

L’état des lieux

Eric PErArd

Président de SETEC - CÔTE D’IVOIRE

Le Maroc a ‘‘le premier TGV d’Afrique’’

‘‘des challenges exceptionnels à relever... des solutions originales à inventer’’

Zimbabwe hosted the PIDA review


L’éditoroute - Le Sommaire

2 ACTUROUTES - The Review

Nous dédions ce numéro à M. KOUAME Konan N’sikan, Président-Fondateur de la compagnie UTB (Côte d’Ivoire), décédé le 10 janvier 2019.

La conceptualisation et l’organisation, c’est ce qui manque

Par Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

I

l y a deux ans, le directeur général de l’administration d’entretien routier d’un pays d’Afrique m’a demandé si les Systèmes de transports intelligents (ITS) étaient déjà présents en Afrique. Je lui ai répondu sans hésiter : «oui». En 2019, la question est toujours d’actualité, quand on fait l’état des lieux. Et on peut toujours répondre que les systèmes de transports intelligents, c’est tout simplement la combinaison des transports et des technologies. Comment l’Afrique peut-elle être en marge des ITS alors que la révolution numérique, c’est en Afrique ? Rien qu’avec les indicateurs de la téléphonie mobile qui enregistre le plus fort taux de pénétration du monde en Afrique, on peut dire que le continent vit pleinement la technologie. Déjà, fin 2016, l’Afrique enregistrait au moins 420 millions d’abonnés uniques. Soit un taux de pénétration du mobile de 43%. D’ici à 2020, on estime que ce sont plus d’un demimilliard de personnes qui seront abonnées au téléphone mobile en Afrique. Et le transport ? Là aussi, l’Afrique n’est pas en reste. Des sociétés nationales aux entreprises privées, l’Afrique foisonne d’initiatives, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. En Afrique, le transport est souvent l’objet de la toute première entreprise. Quand quelqu’un cherche son premier boulot et qu’il n’en trouve pas, son réflexe, c’est d’avoir un permis de conduire et de rouler un taxi ou un moto-taxi. Quand quelqu’un a perdu son boulot, il cherche à transformer son véhicule personnel en taxi. Quand un travailleur veut arrondir ses fins de mois, il investit dans un taxi... A l’ère des réseaux de téléphonie mobile, les transporteurs, formalisés ou dans l’informel, ont trouvé le moyen de mieux gérer leurs flottes, leurs trajets, leurs personnels…et au

The Review l’editoroute 2 - La conceptualisation et l’organisation, c’est ce qui manque Déblayage 3 - Rencontre avec... Eric Perard la Jonction 4 - Zimbabwe : PIDA actors pledge to "build smart in-

frastructure for Africa's integration" - Africa investment forum

Brèves 5- Burkina Faso: Le plus grand échangeur construit à

Ouagadougou - Bénin: 163 millions d’euros de la BAD pour la «route du coton» - Zambie : Un gigantesque chantier de relooking des aéroports - Maroc: Le ‘‘premier TGV africain’’ sur les rails Des délégations africaines étaient présentes au 25è congrès mondial des ITS à Copenhague (Danemark).

finish leur argent. La combinaison transports et technologies existe en Afrique. On peut donc parler de transports intelligents en Afrique. Rien qu’avec ces activités susmentionnées.

les acteurs face au concept des its Mais, est-ce que les acteurs parlent eux-mêmes d’ITS ? Ont-ils vraiment à l’esprit que ce qu’ils pratiquent tous les jours pour l’amélioration de leur travail ou de leurs prestations vis-àvis de leurs clients est une filière à part entière ? Pas si sûr ! Les transports intelligents, bien que déjà présents en Afrique sont encore loin d’être conceptualisés dans une politique dédiée. On les pratique, la plupart du temps dans une politique globale, sans visibilité pour le concept et surtout avec, comme on peut s’y attendre, des résultats forcément en deçà des attentes. C’est peut-être aussi le fait que les transports intelligents manquent d’organisation en Afrique. Pas plus de quatre

associations ITS pour les 54 pays que compte le continent. De rares associations qui n’ont pas d’activités régulières dans les pays où elles sont implantées, encore moins au niveau continental, comme en Europe ou en Asie. Les ITS peuvent transformer les transports et les mobilités en Afrique. La vision des dirigeants devra être de les intégrer comme une politique à part entière, et non pas comme de petits instruments pour réaliser des politiques. Le faire ainsi, permettra d’améliorer tous les réseaux, ceux des transports, bien sûr, mes aussi tous les autres réseaux : énergies, eau, données, santé, produits vivriers, sécurité…emplois. Les acteurs des ITS en Afrique ont intérêt à s’organiser pour conceptualiser les ITS en Afrique. Pour inciter les gouvernants et les encourager à créer les réseaux nécessaires au développement des ITS en Afrique. Une vraie filière doit naitre sur tout le continent et dans chaque pays. Ce serait une façon de capitaliser la révolution numérique déjà présente. Pour créer de nouveaux emplois et de la richesse pour tous.

La Grande Avenue 6- Les transports intelligents en Afrique: L’état des lieux 7 - Cameroun : 17,96 millions d'euros de la BAD pour

un périphérique de 365 km - South Africa: $ 1.85 million to fund transport data collection One Way – Tribunes & Opinions 8 - Des transports climato-intelligents, un défi majeur

pour le développement durable La Station 9 - Congrès mondial d’IRU: L’innovation face aux nouveaux défis de la mobilité urbaine - Maroc : Le climat au menu du Forum Africités 8 - BOAD : Les 45 bougies éclairent … le solaire Place Entreprises 10 - 46e Congrès ITS France : Adapter et exploiter les réseaux - Salon des infrastructures d’abidjan : A l’heure d’une urbanisation «intelligente» Prochain arrêt 11 - The Africa Road Builders-Trophée Babacar NDIAYE – Malabo 2019 Africa Rail 2019 - ITS European Congress 2019 …En Continu 12 - Tanzanie : Quand des drones transportent des médicaments

- Mozambique: Opening of African’s longest suspension bridge

Acturoutes-The Review LA rEVUE AFricAiNE dE LA rOUTE ET dES MOBiLiTES est éditée par REELCOM. Administration-Rédaction –Service commercial : Abidjan-Cocody (Côte d’Ivoire) 01 BP 3378 Abidjan 01 Tel : +225 22502115 / +225 07982457

site web : www.acturoutes.info e-mail : info@acturoutes.info Directeur général Barthélémy KOUAME barthelek@acturoutes.info Directeur des rédactions Célestin KOUADIO c.kouadio@acturoutes.info rédacteur en chef KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info Les acteurs africains vont de plus en plus au contact des experts occidentaux du domaine.

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Déblayage 3

ACTUROUTES - The Review RENCONTRE AvEC... eric Pérard

«des challenges exceptionnels à relever… des solutions originales à inventer» Eric Pérard est directeur général de SETEC ITS, une soQue retenez-vous du 25e congrès mondial des ITS à Copenhague ? Pour être engagé dans le domaine depuis plus de 25 ans, je peux témoigner de la montée en puissance spectaculaire des ITS dans l’écosystème des transports et l’ampleur de ce congrès en était tout à fait à l’image. Les convergences sont à l’œuvre : l’information voyageurs et la billettique dans des systèmes de type Mobility as a Service (MaaS), les transports publics et l’automobile individuelle dans les services à usages partagés et la voiture connectée, … Je retiens aussi de ce congrès la bonne présence francophone et l’émergence de l’initiative « Systèmes de Transport Intelligents francophones ». Il s’agit de faciliter les échanges et initiatives croisées dans le domaine des ITS et de la mobilité sur des thématiques d’intérêt exprimées dans l’un ou l’autre des pays. Les acteurs ivoiriens, canadiens et français sont précurseurs de ce mouvement qui a pour vocation à inclure le maximum de participants et une démarche d’appel à intérêt est en cours. Rendez-vous au prochain congrès ATEC ITS à Paris les 23 et 24 janvier 2019 pour les prochains développements de cette initiative. D’un congrès à un autre, avez-vous le sentiment que les investissements dans les ITS augmentent dans le monde en général ? Je ne saurais le quantifier mais c’est certain. Là où il y a quelques années les infrastructures de transport étaient l’alpha et l’oméga de toute question de déplacement, et les systèmes et services in-

ciété d’ingénierie de renommée mondiale, et président de

telligents de mobilité avaient pour objectif d’optimiser le fonctionnement de ces infrastructures, les ITS sont désormais des solutions à part entière sans pour autant minimiser l’importance de la réalité des aspects infrastructures bien sûr. La terminologie est d’ailleurs révélatrice: on parlait de «déplacements» (comprendre pour dimensionner des flux et des vecteurs pour les satisfaire), et c’est désormais le terme «mobilité» qui est employé et qui place l’usager et ses besoins au centre de la question. La mobilité n’est plus uniquement une affaire de mode de transport (route, transport en commun) mais reflète un changement de comportement des usagers par l’utilisation de nouveaux usages (autopartage, covoiturage…) et de nouveaux services (auto en libre-service, vélo en libre-service…). Rien d’étonnant dans un monde où l’urbanisation croissante de la population et où les contraintes environnementales rendent les problèmes de transport toujours plus complexes, alors même que les ITS apportent des solutions orientées voyageur/client et souvent peu couteuses si on les compare au coût des infrastructures. C’est d’un très bon retour sur investissement. Qu’en est-il de l’Afrique où vos équipes sont présentes ? Y a-t-il des projets majeurs de transports intelligents à l’heure actuelle ? Il y en a ! Setec est par exemple intervenu auprès de l’Ageroute pour définir les besoins relatifs à la rénovation des carrefours à feux et à la mise en œuvre d’un système central de régulation de trafic

à Abidjan, l’objectif étant de fluidifier le trafic et de diminuer les accidents. Dans ce contexte, il s’agit d’utiliser les ITS pour optimiser l’usage des infrastructures existantes afin d’améliorer les conditions de déplacement en fluidifiant les principaux axes (Boulevard VGE, Boulevard Mitterrand, zone du plateau…). Cette optimisation passe par une reprise de la géométrie de certains carrefours (diminution des zones de conflit, orthogonalisation des branches, prise en compte des flux piétons… ) et une connaissance en temps réel des conditions de circulation (débit, vitesse, taux d’occupation) par l’utilisation de capteurs (boucles électromagnétiques, magnétomètres, capteur vidéo, détecteur Bluetooth…). Ces informations sont utilisées pour mettre en œuvre en temps réel la meilleure stratégie de régulation du trafic afin de diminuer la congestion, de réduire la pollution atmosphérique et d’améliorer le confort des usagers. Cependant, les besoins en infrastructure de transport resteront nécessaires dans les années à venir car les offres de services

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SETEC Côte d’Ivoire. Dans cet entretien exclusif, il com-

strictement ITS ne peuvent pas en aucun cas répondre aux besoins fondamentaux de déplacements massifs qui sont requis sur les segments structurants des agglomérations multimillionnaires. C’est pour cela que nous assistons l’Etat ivoirien pour le projet de ligne 1 du métro d’Abidjan, et que nous assurons l’ingénierie du TER de Dakar aussi. Cela dit, au bout du compte, c’est bien un système ITS, le système de conduite automatisée, qui optimisera la capacité de la ligne 1 du métro d’Abidjan et une

mente notamment l’utilisation des ITS en Afrique.

approche de services intelligents qui permettra à chacun d’accéder à cette offre de mobilité. En tant que bureau d’études, que proposez-vous à l’Afrique pour améliorer la mobilité dans les grandes capitales ? L’Afrique voit ses métropoles croitre à un rythme inégalé dans l’histoire mondiale, et ce sont autant de challenges exceptionnels à relever. Tout comme dans d’autres domaines, des solutions originales sont à inventer en matière de mobilité intelli-

gente du fait d’histoires et d’héritages différents. Par exemple, on peut envisager que les méthodes de paiement pour les péages, les parkings, le stationnement, les transports en commun,… n’auront pas à supporter les investissements plus lourds en équipements faits en Europe au fil du temps et pourront passer directement aux dispositifs s’appuyant sur les technologies les plus récentes (péage free-flow, ticket de stationnement dématérialisé, billettique mobile…). Il faut aussi souligner que le sujet des mobilités en dehors des métropoles doit aussi être considéré car c’est une des conditions à terme à la limitation de l’hyper concentration urbaine. Les ingénieurs français et ivoiriens de Setec travaillent en équipes mixtes à faire émerger toutes ces solutions, au sein du groupe Setec, en collaboration avec les autorités publiques locales et dans le cadre de leur participation aux associations nationales telles que AITI ITS Côte d’Ivoire et ATEC ITS France. Entretien réalisé par Barthélemy KOUAME barthélek@acturoutes.info

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La Jonction

4 ACTUROUTES - The Review ZIMBABwE

PIDA actors pledge to "build smart infrastructure for Africa's integration" The fourth week of the Program for Infrastructure Development in Africa (PIDA) 2018 took place in Victoria Falls, Zimbabwe, from 26 to 29 November 2018, under the theme: "Implementation of PIDA through the good governance - building a smart infrastructure for Africa's integration ". Participants at the meeting urged African leaders to involve all stakeholders, particularly the communities impacted by the projects to make them inclusive and enable them to become real engines of development. They also stressed the need to increase the number of projects under construction by 32% to enable Africa to respond to people's development aspirations. The Director of Infrastructure of the African Union, Sheik Bedda, for his part, reiterated the importance of "pro-

L

La semaine du PIDA 2018 a réuni experts et institutions africaines.

moting good governance" in infrastructure development to "promote a positive impact of PIDA projects on African economies". The continent will have to create a favorable environment enabling the private sector to invest in the main priority projects of the conti-

nent, underlines in this sense the final statement announcing that a "consensus has emerged on bankable and intelligent infrastructure projects crossborder and promoting socioeconomic growth ". "Solutions to address infrastructure gaps need to be

taken seriously if Africa is to realize the aspirations of its people as they are embedded in the continent's development agenda 2063) and the Global Agenda for Sustainable Development", the statement said again. Ministers and other officials from the African continent

and technical and financial partners participated in this fourth edition of the PIDA Week organized by the African Union Commission (AUC), the NEPAD Planning and Coordinating Agency (NPCA) , the African Development Bank (AfDB) and the United Nations Economic Commission for Africa (UNECA), in collaboration with the Government of Zimbabwe under the auspices of the Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA). Around the table and under the moderation of AfDB Director of Integration Moono Mupotola, representatives from NEPAD, GIZ and the Zambezi Basin Authority shared their experiences and visions. It appears from the exchanges that in Africa more than elsewhere, infrastructure projects are job providers. Inge Baumgarten, Director

of GIZ at the African Union, says Africa's untapped potential can be harnessed through massive infrastructure development. "If the Asian tigers succeed, the African Lions can also take a giant step and achieve it as well. It's not impossible ", says Baumgarten, adding that the partnership between GIZ, the African Union and its partners on the continent, has made tremendous progress in infrastructure development. Today, PIDA has a significant impact as it has provided 16,066 km of road construction across the continent and provided 4,077 km of railway construction. In the ICT sector, a total of 17 countries are connected with regional optical fiber cables, and directly generated 112,900 jobs. Koné Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

AFRICA INvESTMENT FORUM 18 000 milliards Fcfa pour de nouveaux investissements en Afrique

a première édition du forum sur l’investissement en Afrique (Africa Investment Forum) qui s'est tenue du 7 au 9 novembre 2018, à Johannesburg en Afrique du Sud, s’est soldée par un retentissant succès. Ouvert en grande pompe le 7 novembre au Sandton Convention Centre de Johannesburg, ce forum organisé par La Banque africaine de développement (BAD), a enregistré plus de 18.000 milliards Fcfa de promesses d’investissement, principalement dans les secteurs de l'énergie, de l'agriculture, des transports et des infrastructures. Les organisateurs sont satisfaits de cette plateforme de mobilisation des investissements privés pour accélérer le développement du continent. En clôture de l'Africa Investment Forum dont l’enjeu est notamment de résorber le déficit d’infrastructures de l’Afrique, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, s’est notamment réjoui de la conclusion de 45 contrats, représentant plus de 32 milliards de dollars. «Une grande réussite. Cette première édition a dépassé toutes les attentes », s'est-il félicité. Parmi les signatures phares de cette rencontre, un contrat de 2,6 milliards de dollars pour construire un métro aérien à Accra. Ce projet sera porté par un consortium sud-africain dénommé Africa Investment SkyTrain Consortium, qui s’est engagé à « démontrer la faisabilité du pro-

Pari réussi pour le président de la BAD, Akinwumi Adesina.

jet » dans les neuf mois, les travaux devant quant à eux commencer « d’ici janvier 2020», a précisé Joe Ghartey, le ministre ghanéen des Chemins de fer et du Développement, qui a paraphé l’accord. Autre dossier, dont le chantier est beaucoup plus avancé, celui de l’Innovation City de Kigali, d’un montant global de 2 milliards de dollars pour lequel le gouvernement du Rwanda et Africa50 ont conclu un accord de coopération de 400 millions de dollars pour la création d’une « Cité de l’innovation digitale », où devraient à terme travailler 50 000 personnes et où le secteur des nouvelles technologies doit générer à lui seul 150 millions de dollars

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d’exportation chaque année. «Agir ensemble pour l'Afrique», c’est le thème de cette édition dont les réflexions ont porté sur les voies et moyens pour les décideurs de renforcer les partenariats avec et entre les institutions financières pour mobiliser des investissements en Afrique. C'est du reste tout le plaidoyer qu'a développé à la tribune de l'AIF, le président du groupe de la BAD, qui a appelé une fois encore les investisseurs à saisir «l'opportunité qui s'offre à eux pour accélérer le développement du continent». Plusieurs chefs d'Etat du Continent, des responsables d'institutions financières multilatérales, ainsi que plusieurs hommes

d'affaires représentant le secteur privé panafricain ont pris part à ce sommet. Parmi les Chefs d’Etat, les présidents sud-africain Cyril Ramaphosa, MackySall du Sénégal, Alpha Condé de la Guinée, Nana Akuffo Addo du Ghana. Le secteur privé africain était représenté, entre autres, par l'homme d'affaires Aliko Dangote, président de Dangote Group ; Majid Al Ghurair, CEO of the Al Ghurair Group, le banquier et philanthrope nigérian, Tony Elumelu, ainsi que le milliardaire sud-africain Patrice Motsepe. Au cours de ce forum, le rôle crucial des dirigeants africains a été mis en exergue, car ce sont eux qui donnent le ton en termes de politiques, et aussi pour faire émerger un environnement propice aux entreprises pour que celles-ci puissent prospérer. «Nous travaillons pour implémenter les réformes nécessaires afin d'améliorer notre climat des affaires et renforcer notre partenariat avec le secteur privé pour qu'il contribue à la croissance», a déclaré le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo. . «Le rôle des gouvernants est de faciliter les affaires afin d'attirer les investisseurs et soutenir le secteur privé, et c'est ce que nous faisons au Ghana», a déclaré dans la même veine le président Nana AkufoAddo. Koné Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

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ça signale 5

ACTUROUTES - The Review BURKINA FASO

Le plus grand échangeur construit à Ouagadougou

D

epuis le 15 novembre 2018, l’échangeur de Ouagadougou est en service. Cet ouvrage de rac-

passerelles va permettre d’assurer la fluidité de la circulation dans la capitale». Pour le ministre des Infra-

a révélé que le trafic le plus dense de la ville survient au niveau de l’emplacement de l’échangeur. Cet ouvrage est

Le nouvel échangeur apporte une nouvelle touche à l’architecture de Ouaga, en plus d’améliorer la mobilité.

cordements, situé au CentreNord de la capitale, a été officiellement inauguré par le Président Roch Kaboré. C’est le 4e du pays. Il vient en complément à ceux de Ouaga 2000, de l’Est et de l’Ouest de la capitale. Les travaux de réalisation ont mobilisé un investissement de 70 milliards de Fcfa, 1200 ouvriers, 500 engins et ont duré trois ans. En faisant état de son importance, le Président Kaboré a indiqué que ce «bel ouvrage composé de 22 km de voirie, de 14 ponts et 5

structures Eric Bougouma, le nouvel échangeur «ouvre l’accès aux arrondissements 3 et 9, à la commune rurale de Pabré, à la route nationale 2 qui mène vers Ouahigouya». Ce joyau, comprend notamment «un carrefour central à quatre nœuds, un carrefour à l’intersection avec la route nationale No 22 en échangeur de type trompette et deux passages supérieurs sur la voie Béré-OuagaKaya», a conclue le ministre. De son côté, le maire de Ouagadougou Armand Beouinde

le premier projet d’infrastructures exécuté par l’Etat sous forme de partenariat publicprivé. Selon le premier ministre Paul Thiéba, le gouvernement va continuer sur sa lancée afin de doter le pays d’autres infrastructures: «Le Président vous l’a promis, l’œuvre de construction de notre pays va se poursuivre, afin de doter nos villes, d’infrastructures adaptées à la hauteur de nos ambitions». Abdoulaye DIARRA diarra@acturoutes.info

ZAMBIE

Un gigantesque chantier de relooking des aéroports

L

e gouvernement zambien envisage de faire du pays, un pôle d’attraction des touristes et autres visiteurs. Raison pour laquelle il lancé une ambitieuse opération destinée à donner un coup de neuf aux différents aéroports. A cet effet, le Président Edgar Chagwa Lungu a mis en place un groupe de travail interministériel chargé de mener le projet. Si un coup d’accélérateur a été imprimé aux travaux il y a un peu plus de trois mois, certaines installations aéroportuaires ont déjà bénéficié du projet. Il s’agit notamment des aéroports internationaux Harry Mwaanga Nkumbula de Livingstone, Kenneth Kaunda de Lusaka, Simon Mwansa Kapwepwe de Ndola et Mfuwe (province Est). Rien d’étonnant donc si le prix du meilleur aéroport africain 2018 a été décerné à l’aéroport Harry Mwaanga

Nkumbula (situé dans la province du Sud) par le Airports Council international (ACI) Africa. Séduit par les attraits de ladite installation, Zambia Airports Corporation Limited (ZACL) n’avait pas hésité un instant à la choisir, après un processus d’évaluation. A juste raison, les autorités locales, à commencer par la secrétaire permanente de la province du Sud, Chileshe Mulenga, se plaisent à dire que l’aéroport Harry Mwaanga Nkumbula est devenu «une porte d’entrée majeure de l’industrie touristique». S’agissant de l’aéroport Kenneth Kaunda, une grande partie a subi des travaux d’agrandissement. L’achèvement du reste est prévu au plus tard 2019, à en croire le ministre du Développement des infrastructures Ronald Chitotela qui a effectué une visite du chantier. Le coût de modernisation est estimé à

360 millions de dollars. Il s’agit de doter l’aéroport d’une tour de contrôle du trafic aérien, d’un hôtel ultramoderne de 70 places, d’un nouveau terminal de transit de 30 salles, d’un nouveau papillon présidentiel, d’un centre commercial, d’une aérogare passagers, des centres de secours, etc. Le nouvel aéroport de Ndola bénéficie à peu près des mêmes commodités, dans la mesure comprend un hangar à avions, un garage spécial, un poste de police, etc. Les efforts du gouvernement ne se limitent pas aux aéroports internationaux. Les autorités envisagent de développer et moderniser des aéroports existants. Aussi, la gestion de tous les aéroports dans les centres provinciaux a-t-elle été confiée à la ZACL. Abdoulaye Diarra diarra@acturoutes.info

BéNIN

163 millions d’euros de la BAD pour la «route du coton»

L

a Banque africaine de développement (BAD) a annoncé avoir accordé au Bénin «une assistance financière» de 163 millions d’euros (près de 107 milliards de FCFA) pour l’aménagement de la principale route cotonnière. Il s’agit du trajet Djougou-Pehonco-Kérou-Banikoara, long de 210 km. L’institution a fait savoir que ladite voie «constitue l’épine dorsale du réseau des routes cotonnière du Nord-Ouest du Bénin. Mais, effectuer ce trajet exige aujourd’hui pas moins de 10 heures pour un poids lourd». En justifiant son geste, elle a précisé que «la réalisation du projet devrait donc améliorer le service sur le tronçon, favorisant l’accroissement du trafic et des échanges commerciaux dans la région, contribuer à la réduction des coûts de transport et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines de la route». Ce projet «route du coton»

Actuellement, il faut 10 heures pour parcourir les 210 km de cette route.

émane de quatre pays : le Bénin, le Burkina, le Mali et le Tchad. Le but est de renforcer les capacités des acteurs du secteur. Au dire de l’ambassadeur du Bénin en Suisse (membre du cadre ayant préparé le projet), Eloi Laourou, c’est un programme de développement du secteur cotonnier dans les pays de l’Ouest et du Centre qui «vise à promouvoir l’amélioration de la compétitivité coton-textile». Pour le représentant du Mali à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Ge-

nève, Aya Thiam Diallo, cette «nouvelle initiative se veut un programme novateur et intégrateur qui va considérer la filière dabs son ensemble et au travers de la production (…) ». La réalisation du projet contribuera à réduire la durée de la traversée de la route Djougou-PehoncoKérou-Banikoara. Selon la BAD, la filière coton fournit 13% du PIB et procure 80% des recettes d’exportation du Bénin. Abdoulaye DIARRA diarra@acturoutes.info

MAROC

Le ‘‘premier TGV africain’’ sur les rails

L

a 1ère ligne de Train à grande vitesse (TGV) d'Afrique, entre Tanger et Casablanca sur 350km a été inaugurée mi-novembre le Président français et le roi du Maroc Mohammed VI, après 7 ans de travaux pour un investissement de plus de 2 milliards d'euros. Le projet financé à 51% par la France à travers différents prêts, comprend les nouvelles gares TGV de Tanger-ville, de Rabat-Agdal ainsi qu'une ligne à grande vitesse (LGV) Tanger-Kénitra. L'un des acquis de ce nouveau moyen de transport est le gain de temps. Ce sera désormais 2h10mn pour rallier Tanger (Nord) à Casablanca (Ouest) contre anciennement 4h45mn. Un gain de temps et bien d'autres avantages qui permettent à l'Office national des chemins de fer marocains (ONCF) d'annoncer 6 mil-

Le Roi du Maroc et le Président français lors de l’inauguration du TGV. La france est partenaire du projet.

lions de passagers sur 3 ans. Il a fallu au cours des travaux réaliser notamment, 169 ponts-routes, 12 viaducs et poser 7400 poteaux caténaires, 700 mille traverses. Le Royaume chérifien est considéré par la partie française du TGV marocain comme la porte d'entrée sur le continent africain pour des projets similaires. Raison pour laquelle aux côtés d'ingénieurs et acteurs

marocains, de grands groupes industriels venus de l'hexagone ont été présents pendant la durée des travaux: le consortium Colas rail-Egis rail (voies et caténaires), Alstom (fournitures des rames), Ansaldo-Ineo (signalisation et télécoms), Egelec (sous-sections électriques), etc. MATHIAS KOUAME m.kouame@acturoutes.info

une sélection de célestin Kouadio c.kouadio@acturoutes.info

L a r e v u e a f r i c a i n e d e L a ro u t e e t d e s m o b i Lt é s

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6 ACTUROUTES - The Review

La Grande Avenue

Les transports intelligents en Afrique: L’état des lieux Les Systèmes de Transports Intelligents (ITS) en Afrique? Pas sûr que l’expression parle à beaucoup ! En Afrique, on parle d’introduire les technologies dans le

milieu des transports. On parle de digitalisation des Transports. Eh oui ! C’est déjà cela les ITS. Digitaliser, numériser, les transports en Afrique, c’est s’approprier

E

n Afrique, les transports, c’est d’abord le transport routier. Avec une part d’au moins 90%. L’Afrique compte un peu plus de 2 millions de routes et moins de 30% de ces routes sont bitumées. Ce qui place plus de la moitié du milliard d’habitants à plus de 2 km d’une route praticable en Afrique. La transformation digitale est donc un double défi à relever. Introduire le digital dans le secteur routier alors que le confort de base n’est pas achevée. Et utiliser le digital pour combler le déficit apparu du fait qu’il manque des infrastructures routières. Dans le premier cas, l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus visible exige l’accroissement du niveau de service, là où les conditions le permettent. L’urbanisation galopante des zones africaines nécessite l’utilisation du numérique pour mieux gérer la mobilité et la sécurité sur les routes. De plus, le numérique a fait naître de nouveaux services, nées de la conceptualisation de nouveaux habitudes. En Afrique, aujourd’hui, on s’informe sur le trafic routier, par son téléphone ou via les réseaux sociaux. Autre cas pratique, la création de services de commande de taxi. Véritable réalité aujourd’hui en Afrique. Chacun y va de son expérience. Les uns ont sorti de nouveaux types de taxi, généralement climatisés qui ne reçoivent des commandes que par le numérique. Les autres, ils se sont appropriés le numérique pour améliorer les prises de commande. Désormais, ils conduisent des clients aussi bien embarqués aux abords d’une rue que des gens qui les contactent via le téléphone mobile. La pratique du numérique bouleverse en tout cas les théories préétablies et il va falloir en tenir compte. Il faut une prise en compte dès la base, estime le président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Akinwumi Adesina. Il part du constat que seulement « 2 à 3% des étudiants qui sortent des universités ont fait les sciences informatiques. Alors que l’avenir, c’est l’économie digitale». Promettant que «la BAD va investir beaucoup dans les infrastructures digitales», il affirme qu’« Il faut que les institutions de formation changent leur approche pour donner des compétences aux jeunes, pas pour des emplois du passé mais pour des emplois d’avenir».

Un robot régulateur de trafic en République Démocratique du Congo.

la réalité par zone, par pays La vision de la digitalisation des transports est donc portée sur tout le continent. Mais chaque sous-région, chaque pays, a sa réalité propre de la situation. L’Afrique du nord et l’Afrique du Sud sont connu comme des zones en avance, par rapport au reste du continent. Au Maroc, par exemple, il y a plusieurs années voire des décennies qu’on y trouve des panneaux à messages variable, des feux intelligents, des systèmes de péage intelligents, des tramways… L’introduction d’Uber et tout ce qui lui ressemble en Afrique a commencé par ces zones. L’Afrique Sub-saharienne a dû réinventer ses propres services de VTC (véhicules de tourismes avec chauffeurs), avec des acteurs entièrement locaux. Avant que des groupes internationaux ne s’intéressent au marché. Qu’à cela ne tienne ! Chaque pays africain suit sa propre logique, dans le mouvement de la digitalisation. Au Rwanda, pays considéré comme exemplaire en matière d’usage du numérique, des lignes de bus ont été équipées de terminaux de paiement utilisant le mobile money, pour les titres de transports. Pourtant, jusqu’à fin 2017, le secteur des taxis restait très peu développé à Kigali. Certainement étouffé par les moto-taxis qui se garent à tous les coins. Mais le Rwanda peut se vanter d’avoir été le premier pays africain à lancer un service de transport de médicaments et de poches de sang par drone. Un projet similaire avait été lancé au 22e congrès mondial des ITS à Bordeaux et alors que le Rwanda n’y était pas visible, le pays s’est révélé comme le seul qui a construit

un aéroport pour drones, pour un transport au service de la santé. Contournant ainsi le déficit des routes. Au Mali, un usager des autobus de transports peut réserver son ticket à l’avance. C’est l’œuvre de la start-up Billet Express Mali qui affirme avoir «également pour but d'informatiser le service du transport routier au Mali et en Afrique de l'Ouest, en offrant aux compagnies de transports des outils numériques et intelligents de gestion de trafic et de clientèle». En Zambie, les habitants de la capitale, notamment les femmes, peuvent terminer leurs activités en ville en toute sérénité, sans trop se soucier de l’heure. La société Dial-A-Cab Lusaka « propose des taxis fiables équipés de compteurs disponibles 24h/24 avec la possibilité de fournir un reçu imprimé dans chaque voiture indiquant la date, l'heure de début, l'heure de fin, la distance, le tarif et le nom du conducteur». Ceux qui ne souhaitent pas louer les services d’une société de ce type «dealent» directement avec un chauffeur de taxi dont ils auront préalablement pris le numéro.

dans le transport par le biais de solutions numériques», explique la Banque Mondiale, le bailleur de fonds. Le projet est commandé par l’Agence d'exécution et de Financement de projets d’investissement (du ministère des finances) et confié à Kenya ICT Authority (agence des technologies de l’information et de la communication), pour être exploité par l’Autorité nationale de la Sécurité des transports, sous la tutelle du ministère des infrastructures de transport, du Logement et du développement urbain. En République Démocratique du Congo, l’ingénieure Thérèse Izay Kirongozi a conçu et mis en service depuis 2013 des robots qui régulent le trafic routier en plein carrefour. Ces appareils de 2,50m aident Kinshasa à faire face aux embouteillages et aux accidents. Déjà primée aux Etats Unis pour son invention, la technicienne ambitionne d’exporter son innovation en Angola et au Nigeria où les bouchons sont parfois infernaux. «Pourquoi pas aussi en Asie, en Europe ou aux Etats

les ITS en Afrique. Et cette vision-là, celle de la « transformation digitale » du milieu des transports, beaucoup de pays africains l’ont. Unis», ajoute-t-elle. Les robots de Kinshasa régulent le trafic routier, détectent quand un piéton cherche à traverser la route et devraient, à terme, pouvoir verbaliser les automobilistes en excès de vitesse grâce aux caméras intégrées. L’Ethiopie, avec son tramway mis en service en 2015 est entrée en plein dans les transports intelligent sans l’affirmer comme tel. Des rames modernes communiquent automatiquement les arrêts aux usagers quand ils sont à bord. Dehors, les abris sont modernes, les itinéraires sont clairement indiqués, ainsi que les temps d’attente et les horaires de service. On n’oublie pas la numérisation des titres de voyage. Même si certains dénoncent des retards et les surcharges, dus certainement à la grande attente vis-à-vis de ce projet, le tramway d’Addis Abeba a transformé le visage de la capitale éthiopienne, en tentant de transformer les souffrances en confort dans une ville très peuplée. Le projet aura coûté pas moins de 475 millions de dollars, financé à 85% par la Chine. Une barrière qui se lève quand vous remettez un billet de 1 000 Fcfa, et qui redescend derrière vous, dès que vous êtes passés. Nous sommes sur l’autoroute à péage Dakar – Diamniadio–Aéroport Blaise Diagne, au Sénégal. Trois postes de péage existent, à des tarifs parfois différents, mais avec la même technologie, opérée par le Français Eiffage. On est loin de l’ancien temps, malheureusement encore présent ailleurs sur le continent, où le péage routier est représenté par deux barriques reliés par un tronc d’arbre coupée de la forêt d’à côté. Un tronc qu’on sou-

lève manuellement pour le reposer manuellement. Le péage moderne et digitalisé, la Côte d’Ivoire en fait aussi l’expérience depuis décembre 2014, date de l’inauguration du pont Henri Konan Bédié, le 3e pont d’Abidjan. La société SOCOPRIM dispose en plus de moyens technologiques les plus évolués pour gérer un peu plus de 6 km d’autoroute, dont 1,5km pour le pont. Les pannes et accidents de véhicules sont détectés à la seconde près et leur traitement par des services dédiés suit automatiquement. La technologie mise en place permet par ailleurs de faire les nettoyages réguliers et de procéder aux réparations nécessaires. Les usagers du pont HKB ont droit à des cartes d’abonnement dont le rechargement peut se faire à distance, par mobile money. Un système qui permet à l’automobiliste de gagner du temps au péage, sans avoir à sortir des espèces. Ce système tend d’ailleurs à se propager en terre ivoirienne, notamment avec la Société des transports d’Abidjan (SOTRA) qui a mis en service courant 2018 des cartes de bus digitalisées et prépayées, comme il en existe dans les capitales européennes. Abidjan, vitrine d’un pays qui ambitionne d’être émergent à partir de l’année prochaine peut être aussi fier de ses tout nouveaux panneaux à messages variables. Ses PMV ont transformé littéralement l’allure des routes de la capitale économique ivoirienne et ont déjà le mérite de plonger aussi bien le visiteur que l’habitant dans les grandes métropoles de l’Occident ou de l’Asie. Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

Kenya, RD Congo, Ethiopie…Côte d’Ivoire digitalisés Au Kenya voisin, le projet «Digital Transport Solutions Project» est une référence majeure. Lancé en septembre 2018, il devrait se mettre en place sur au moins un an, jusqu’à fin octobre 2019, avec une évaluation prévue le 15 juillet 2019. Financé à hauteur de 200 millions de dollars (plus de 115 milliards de francs CFA), ce projet vise à « améliorer la fourniture de services et d’informations disponibles aux Kenyans

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Un drone livreur de médicaments en Tanzanie.

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La Grande Avenue 7

ACTUROUTES - The Review CAMEROUN

17,96 millions d'euros de la BAD pour un périphérique de 365 km La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 17,96 millions d'euros pour

financer la construction de la route « Ring Road», appelée à relier les régions du nord-ouest

L

e projet de périphérique, qui entre dans la troisième phase du programme d’appui au secteur des transports du pays, vise à améliorer la circulation des marchandises et des personnes, précise la BAD, ajoutant que ce financement permettra de valoriser le potentiel économique de ces régions, dans le domaine notamment de l’agriculture, de l’élevage, du tourisme et du commerce. Le prêt pour ce périphérique de 365 km est la troisième intervention de la Banque dans la mise en œuvre de cet important projet de réhabilitation et de modernisation

Outre la BAD, plusieurs autres partenaiers ont apporté leur soutien au projet.

du réseau routier, note la BAD, précisant que la route en boucle traversera cinq

des sept divisions du Cameroun situées dans la région du Nord-Ouest et compren-

dra plusieurs liaisons avec la frontière nigériane. «Le projet inclura aussi le

du Cameroun et du sud-ouest au Nigeria, a annoncé la Banque dans un communiqué. support institutionnel pour le secteur des transports et les activités connexes comme le développement de routes rurales, la réadaptation d’infrastructures socio-économiques pour améliorer les conditions de vie des jeunes et des femmes», a précisé la BAD. Le coût total de la première phase du programme d’appui au secteur des transports est estimé à 255 millions d’euros (167,270 milliards de FCFA). Il sera mis en œuvre de décembre 2018 à juin 2024, avec le prêt de cofinancement de la Banque d’un montant de 179,60 millions d’euros, un prêt du

Fonds pour l’agriculture en Afrique de 42 millions d’euros et un financement du Gouvernement camerounais à hauteur de 32,84 millions d’euros. Plusieurs partenaires appuient le Cameroun dans la réalisation de cette infrastructure, à savoir l’Agence française de développement (AFD), la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), la Banque mondiale (BM) et l’Union européenne (UE). Koné Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

South Africa: $ 1.85 million to fund transport data collection

W

hereIsMyTransport, a company that collects data related to the public transport sector in African cities, benefited from a $ 1.85 million investment in a funding cycle by Liil Ventures, focused on in the financing of start-up companies, operating in the smart cities and sustainable mobility sector. A Dutch-based investor, Goodwell Investments,

also participated in this operation. "We are delighted to welcome Liil Ventures and Goodwell Investments to our team. These companies will help us to have significant value in the Latin American market", said Devin de Vries, cofounder and CEO of the start-up, founded in 2008 and headquartered in South Africa, with offices in London. The funds raised will be

used to collect transport data in cities in emerging countries, particularly in India or in South American countries. WhereIsMyTransport will complete its database already provided with information collected in thirty cities in emerging countries. Source: Ecofin Agency

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Knowing the data is important for transport development.

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8 ACTUROUTES - The Review

One Way – Tribunes & Opinions

Des transports climato-intelligents, un défi majeur pour le développement durable

Le secteur du transport est à la fois victime et responsable du changement climatique. Son infrastructure est particulièrement vulnérable aux effets de l’évolution du cli-

A

vant la COP21, le secteur du transport était pourtant l’un des grands absents des négociations sur le climat. Depuis, la forte participation à la Conférence de Paris, en 2015, et à la Conférence de Marrakech, en 2016, indique que la communauté internationale a pris conscience de l’urgence d’inclure le transport dans l’agenda climatique. À l’échelle mondiale, cette attention accrue portée au secteur du transport s’est traduite par des engagements phares, tels que les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Accord de Paris. Ainsi, plus de 70 % des contributions déterminées au niveau national (CDN) que les pays ont présentées pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris énoncent des engagements relatifs au transport. Il s’agit entre autres de développer les transports publics urbains, et de privilégier le transport ferroviaire et fluvial plutôt que le transport routier. À l’échelle nationale, un nombre croissant de pays fait le pari d’une mobilité plus écologique et plus intelligente. Le Maroc, qui a accueilli la COP22 en 2016, fait figure d’exemple avec des initiatives comme la création de l’Association africaine pour un transport routier durable, ainsi que plusieurs projets de construc-

T

tion de réseaux de transport public sans impact délétère sur le climat. Plus au sud, le Mozambique examine actuellement différents scénarios en vue d’améliorer l’efficacité du transport de personnes et de marchandises sans faire augmenter les émissions de ce secteur. En Inde, le transport jouera lui aussi un rôle essentiel dans le découplage entre la croissance économique et les émissions de carbone, mais également dans la mise en œuvre de la CDN. L’Inde entend en effet promouvoir le transport climato-intelligent en opérant trois grandes transitions majeures : du transport privé au transport public dans les villes, du fret routier au fret ferroviaire et fluvial, et des combustibles fossiles aux combustibles non fossiles. La Banque mondiale aide ses clients à honorer ces engagements en se concentrant sur trois grands axes : • Des transports climato-résilients. Le changement climatique menace le potentiel de croissance, ainsi que les milliards de dollars d’investissements dans les transports. La résilience, notamment dans le secteur routier, est donc l’une de nos priorités ; tout particulièrement en Afrique subsaharienne, où la valeur des actifs routiers représente plus de 30

mat (hausse des températures, augmentation des précipitations, inondations…). Mais il émet aussi 23 % des gaz à effet de serre (GES), et c’est l’un des secteurs où

% du PIB régional. Il ressort d’un rapport que nous avons présenté lors de la COP22 que la résilience dans ce secteur passe par un meilleur entretien des infrastructures. C’est pourquoi les nouvelles stratégies cherchent à consolider les segments les plus vulnérables, à accroître la résilience globale grâce à la redondance systémique et à améliorer les normes, les méthodes et les matériaux, ainsi que l’efficacité de la préparation aux événements climatiques extrêmes et des plans d’intervention. La Banque mondiale travaille actuellement avec ses partenaires pour renforcer la résilience des systèmes de transport, dans plus de 40 pays, en recourant à ces stratégies. • Des transports collectifs écologiques, fiables et efficients. Investir dans des systèmes de transport public permet de réduire l’empreinte carbone du secteur, mais aussi de désengorger le trafic, d’améliorer la sécurité routière et de faciliter l’accès aux emplois et aux infrastructures de services. Il s’agit d’une problématique cruciale pour l’Afrique, dont le taux d’urbanisation est l’un des plus élevés au monde. Sur ce continent, le Maroc fait partie des pays qui investissent le plus dans les

les émissions s’accroissent le plus vite. À l’évidence, l’action climatique ne pourra donc pas progresser sans une mobilité plus durable et plus écologique.

transports en commun. Plusieurs lignes de tramway sont terminées ou en cours de construction. Et dans toute la région, d’autres projets de transport écologique, à l’instar du nouveau système de transport rapide par bus dont s’est dotée la ville de Dar es Salam, en Tanzanie, transforment les modes de déplacement dans l’espace périurbain. • Des systèmes de transport efficients et multimodaux. Il est possible de réduire à la fois les coûts et l’empreinte carbone grâce à des systèmes de fret efficients, qui se caractérisent en particulier par des camions plus remplis et plus performants. Par ailleurs, il faut veiller à ce que les différents modes de transport se complètent afin de maximiser l’impact des investissements dans les transports et de faciliter le passage d’un moyen de transport à un autre, pour les personnes comme pour les marchandises. À cette fin, nous aidons les pouvoirs publics à intégrer l’infrastructure routière, ferroviaire et fluviale dans des systèmes de transport globaux et multimodaux. C’est notamment le cas dans la région du lac Victoria en Afrique, où sont actuellement construits des terminaux portuaires intégrés dans des ré-

seaux routiers et ferroviaires. Pour préserver cette dynamique, il faut définir une vision claire et cohérente de la mobilité durable et l’accompagner d’un financement adapté de la lutte contre le changement climatique. C’est dans cette optique que la Banque mondiale soutient l’initiative Sustainable Mobility for All (SM4A, une mobilité durable pour tous), dont l’objectif est de coordonner, par le biais d’une plateforme commune, l’action d’acteurs privés et d’organismes publics du secteur des transports. Toutes ces parties prenantes pourront ainsi s’exprimer d’une seule voix, afin d’aider les pouvoirs publics à inclure les questions climatiques dans leurs plans relatifs au transport.

Quel est le moteur de toutes ces initiatives ? Il ne s’agit pas uniquement de réduire l’empreinte carbone du transport ou de protéger ce secteur contre les effets du changement climatique. Investir dans le transport climato-intelligent peut favoriser la croissance économique et faciliter l’accès aux emplois et aux services ; cela aura des retombées positives sur les trois dimensions du développement durable, à savoir l’environnement, la société et l’économie. C’est très exactement ce type de bénéfices conjoints que nous devons viser si nous voulons construire un avenir plus vert, inclusif et prospère. Jose Luis Irigoyen Directeur principal, pratique mondiale des transports et des TIC / Banque Mondial

ZAMBIA US$ 389 million project to decongest Lusaka

HE US$389 million project to decongest Lusaka through the expansion of selected roads has started. A check at sites on Mosi-O-Tunya, Chindo and Bishops roads found workers busy clearing and grubbing the areas in readiness for the road expansions. Lusaka City public relations manager George Sichimba said in an interview that the works which started last month are progressing well. “The contractor AFCONS Limited in on site and has started working on various roads among them Railway Road in Kamwala, Mosi-OTunya road in Woodlands,

Makeni junction and Bishops Road,” he said. Mr Sichimba said the threeyear project which is being funded by EXIM Bank of India will include expansion of existing roads, raising some roads as well as construction of fly-over bridges to reduce congestion which takes up a lot of time for motorists. “People are spending a lot of time driving to their work and business places than doing the actual work due to traffic widening the roads will help smooth the traffic. congestion,” he said. sion of the Lusaka roads will of about 15 kilometres due And Joseph Kapembwa, a reduce his travel time from to heavy congestion thereby motorist who resides in Cha- home to town and other getting late to meet his busilala, a residential area in the areas. Mr Kapembwa said ness associates. outskirts of the central busi- he spends about one hour to “Am a business person and ness district said the expan- get to town centre a distance time is money, but the

L a r e v u e a f r i c a i n e d e L a ro u t e e t d e s m o b i Lt é s

congestion from Chalala to town is unbearable especially during month ends when people are paid,” he said. In April, Zambia’s President Edgar Lungu and his

Indian counterpart, Shri Ram Nath Kovind, jointly launched the US$389 million Lusaka decongestion Project in the capital. The mega project is aimed at decongesting the city by building and expanding roads, fly-over bridges and overpasses, to be done in three years by AFCONS International, an Indian construction company. The project, which will cover 120 kilometres of roads in the city, is timely because traffic congestion has been slowing down the country’s economic development. Nancy Sitenta-Siame in Zambia

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ACTUROUTES - The Review

La Station 9 CONgRèS MONDIAl D’IRU

L’innovation face aux nouveaux défis de la mobilité urbaine

Innover en trouvant des solutions alternatives aux énergies tradition-

L'

Association mondiale de l'industrie du transport routier (IRU) a offert du 7 au 8 novembre 2018, une tribune permettant aux décideurs mondiaux d'échanger leurs idées, de débattre des solutions et de définir l'avenir de l'industrie du transport. Trouver rapidement une alternative au diesel c’est l’une des recommandations majeures d’une des conférences de cet événement mondial du transport routier, de la mobilité et de leurs aspects logistiques portant sur "Le transport routier, la mobilité et le commerce au XXIème siècle", et animée par M Pierre Lahutte, Président de la société IVECO Le patron d’IVECO a présenté le point de vue de la marque sur l'avenir du transport routier, en pleine révolution, et le rôle clé des motorisations alternatives pour relever ces défis. Il a en effet souligné la nécessité de trouver une alternative

nelles et en répondant aux nouveaux défis de la mobilité urbaine.

au diesel, dans la mesure où la pression sur ce combustible archaïque ne cesse d’augmenter et des proscriptions ont été introduites dans un nombre croissant de villes. Le gaz naturel offre l'avantage supplémentaire d'une transition sans heurt vers le biométhane, une source d'énergie renouvelable capable de ne produire aucune émission toxique ou, dans une approche d'économie circulaire, d’optimiser une empreinte carbone plus faible ou négative grâce au stockage du carbone. Les institutions et les gouvernements de l'UE partagent le point de vue selon lequel le gaz naturel est la solution la plus durable pour un transport satisfaisant, et soutiennent son développement par une série d'actions. Il s'agit notamment d’incitations fiscales de l'exonération des péages autoroutiers pour les véhicules fonctionnant au GNL (gaz naturel liquéfié) et des arrêtés publiés en France et en Italie

C’est l’une des préoccupations majeures du dernier congrès de l’IRU

qui s’est tenu en novembre 2018 à Oman.

projet de ligne ferroviaire, la « voie de la paix régionale », reliant, à travers son pays, la Méditerranée aux pays du Golfe, nouvelle illustration de l’offensive de charme israélienne en direction des pays arabes. La ligne ferroviaire partirait de

Haïfa, le plus important port israélien, passerait par la Jordanie, puis emprunterait des lignes existantes vers le Golfe. Koné Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

BOAD

Les 45 bougies éclairent … le solaire

pour promouvoir l'utilisation du biométhane produit par les effluents des bovins et les déchets agricoles comme carburant des véhicules de transport. «Quelles sont les solutions mondiales requises pour s’attaquer aux défis régionaux ? Comment les entreprises de transport peuvent-elles aider les organismes de réglementation à réagir plus rapidement à l’évolution des structures du marché ? Comment les régions et les pays

peuvent-ils mieux collaborer ensemble ? Quel est l’avenir de notre profession ?», ce sont là autant d’interrogations qui ont meublé ces rencontres auxquelles ont pris part des chefs d'entreprise, des représentants de gouvernements et des leaders d'opinion pour débattre des grands défis et opportunités de l'industrie du transport Le ministre israélien des Transports Yisraël Katz a pour sa part profité de cette tribune pour présenterà Mascate un

L

e 45e anniversaire de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a été célébré cette année avec comme activité majeure un Forum de haut niveau autour du thème: «l’énergie solaire dans l’éco-

«Nous vous assurons que nous allons prendre toutes les mesures pour aller dans cette direction parce que la question de l’électrification dans notre zone est une préoccupation pour tout le monde», a affirmé le prési-

nomie des pays de l’UEMOA: état des lieux, enjeux et politiques. Le rendez-vous s’est tenu les 14 et 15 novembre 2018 à Lomé (Togo). Les Etats de la sous région ouest africaine sont encore à la traine dans l’exploitation des énergies renouvelables, comparativement à leurs paires de l’Afrique du Nord. L’énergie solaire reste disponible et représente une alternative pour les Etats africains de se libérer de la dépendance vis-à-vis des puissances pétrolières. Mais l’accès à cette source d’énergie est encore difficile d’accès en raison de la faible compétence technique des Africains en la matière. Aujourd’hui, plus de 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Ce fossé doit être comblé par le secteur privé et les partenaires techniques au développement à qui le premier ministre du Togo, Dr Komi Klassou, a lancé un appel pour qu’ils conçoivent un modèle de financement viable.

dent de la Banque, Christian Adovelande. La célébration de l’anniversaire a servi de plateau pour évoquer le bilan de la BOAD. Depuis sa création, la Banque a investi plus de 5200 milliards de FCFA dans l’Union pour 1138 projets. Cette année, l’institution sous-régionale a approuvé au profit des secteurs public et privé des pays de l’UEMOA, 39 opérations de financement pour un montant global de 414,51 milliards de FCFA. «C’est en particulier grâce à la BOAD que nous avons pu boucler le financement du Pont Henri Konan Bédié, le 3e Pont d’Abidjan et de l’Echangeur (de Marcory), deux ouvrages qui font la fierté des Ivoiriens», a insisté le Président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, par ailleurs président en exercice de l’UEMOA.

MAROC

Le climat au menu du Forum Africités 8

P

rès de 3 mille maires et représentants de collectivités locales et plus de 8 mille participants venant d’environ 80 pays dont une cinquantaine d’Afrique ont pris part à la 8e éditions du Sommet de l’Africités. La rencontre pour la promotion des collectivités locales s’est déroulée du 20 au 24 novembre à Marrakech (Maroc) autour du thème, «la transition vers des villes et des territoires durables: quel rôle pour les collectivités territoriales d’Afrique ?». Par rapport à ce thème principal, des recommandations et propositions ont été soumises aux participants (ministres, maires, leaders des collectivités territoriales et aux partenaires au développement) pour avis et adoption en marge de l’Assemblée de Cités et Gouvernement locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique). Outre les contraintes en lien essentiellement avec les changements climatiques, d’autres obstacles au déve-

loppement des villes africaines tel le chômage y ont été évoqués. Un Forum des jeunes, CreativeLab, a été initiée à cet effet par l’organisation CGLU Afrique en collaboration avec le Réseau international et solidaire de compétences au service de la création d’emplois et du développement de l’esprit d’entreprise en Afrique (BEES 55). Ainsi que des journées spéciales dédiées notamment à la migration et à la planification urbaine. Dans la même dynamique, il convient de noter la rencontre entre les maires, leaders de gouvernements locaux et

régionaux et leurs homologues d’Asie-Pacifique d’une part ; d’autre part, les échanges avec leurs homologues noirs-américains. Selon les organisateurs d’Africités 2018 les participants ont pris part à près de 150 sessions et plus d’une vingtaine d’ateliers. S’agissant du thème principal, des recommandations et propositions ont été soumises aux participants (ministres, maires, leaders des collectivités territoriales et aux partenaires au développement) pour avis et adoption en marge de l’Assemblée de CGLU Afrique. Parallèlement au Forum, il a

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été célébré les 20 ans d’organisation des sommets Africités. Des festivités ponctuées par la présentation de l’hymne de CGLU Afrique, œuvre de son viceprésident, le Seychellois David André, maire de la ville de Victoria. A la cérémonie de clôture, la princesse Lala Meryem a dans son message procédé au lancement officiel de la campagne panafricaine « des villes africaines sans enfant en situations de rue ». Une initiative du Réseau des femmes élues d’Afrique (REFELA), la Commission de l’égalité des genres de CGLU Afrique et soutenue par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) du Maroc. Déjà, une vingtaine de villes ont souscrit à la campagne avec Rabat comme ville-pilote. Le sommet Afriicités se tient tous les 3 ans dans une région choisie sur le continent. Kisumu (Kenya) abritera la 9e édition en 2021. Mathias KOUAME m.kouame@acturoutes.info

Célestin KOUADIO c.kouadio@acturoutes.info

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Place Entreprises

10 ACTUROUTES - The Review

SAlON DES INFRASTRUCTURES D’ABIDjAN

46E CONgRèS ITS FRANCE

Adapter et exploiter les réseaux A l’heure d’une urbanisation «intelligente»

Pour la 46e fois, les acteurs des transports intelligents en France se donnent rendez-vous pour le grand débriefing national. Point des actions et des avancées mais également perspectives d’évolution du secteur. A travers la traditionnelle exposition et des débats, sur deux journées, au Beffroi de Montrouge à Paris. Les 23 et 24 janvier 2019.

P

our ATEC ITS France, l’association qui fédère

et interurbains, mais aussi des réseaux de télécommunication, des

juridiques et économiques. Aussi, 4 grands sous-thèmes ont-ils été

Les acteurs se retrouvent après le congrès mondial des ITS à Copenhague (Danemark).

tous les acteurs, l'édition 2019 de ce qu’elle appelle aussi « Les Rencontres de la Mobilité Intelligente » est placée « sous le signe de l'adaptation et de l'exploitation des réseaux ». « Tous les partenaires impliqués, gèrent ou utilisent certains de ces réseaux, physiques ou immatériels », explique-t-elle. «Il s'agit bien entendu des réseaux de transports, routiers et ferrés, individuels et collectifs, urbains

réseaux de traitement, d'exploitation et de diffusion de données, des réseaux d'énergie, des réseaux d'entreprises, des réseaux de chercheurs, des réseaux sociaux qui se développent au sein des communautés d'usagers ». Les organisateurs ont d’or et déjà conclu que la conception et le fonctionnement de ces réseaux impliquent le développement de technologies et l'évolution de leurs bases

inscrits à l’ordre du jour des communications. La société numérique: comment modifie -t- elle les pratiques de mobilité ?; Les nouvelles politiques : quelles sont les priorités et les moyens engagés ?; Les infrastructures et leur exploitation : vers de nouvelles solutions ; Regards sur le monde : valoriser et s'instruire des expériences. Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

L a r e v u e a f r i c a i n e d e L a ro u t e e t d e s m o b i Lt é s

L

a 3e édition du Salon des infrastructures d’Abidjan (SIA 2018) s’est tenue du 8 au 10 novembre dans la capitale économique ivoirienne, en ouvrant une lucarne sur l’apport des nouvelles technologies à ’aménagement du territoire: «Penser l’aménagement du territoire en intégrant les réseaux intelligents». En d’autres termes, le rendezvous devait poser «les bases d’une urbanisation efficace parce que reposant sur des systèmes intelligents», comme l’a précisé le président du groupement interprofessionnel des BTP (GIBTP), Philipe Eponon. La pertinence du thème a été expliquée dans une conférence inaugurale par le conseiller auprès du premier ministre chargé des infrastructures, Siele Silué. Selon lui, l’utilisation des systèmes d’automatisation «permet à l’usager de mieux maîtriser les dépenses et au fournisseur d’optimiser la production en fonction de la demande». Dans le cas spécifique de l’aménagement du territoire, l’implication des réseaux intelligents aide l’Etat à «réduire le déséquilibre entre les régions et de mieux redistribuer les fruits de la croissance». Trois principaux acteurs interviennent pour un aménagement réussi: l’homme politique (maire, président

de région) qui planifie l’occupation de l’espace, l’économiste qui évalue le coût, et l’ingénieur qui met techniquement en route le projet conçu. Le processus doit cependant répondre à quatre exigences: l’exigence des consommateurs, celle des nouvelles technologies, celle des réseaux et de l’espace, et enfin celle du réchauffement climatique. La Côte a dans le domaine de l’aménagement des espaces une expérience peu reluisante que le ministre de la construction et de l’urbanisme, Bruno Koné, a rappelée. Agressions faites sur le réseau routier en vue du développement des réseaux électriques et d’eau potable, retard de projets et même blocage de chantiers à cause de câbles souterrains… Le projet du train urbain ou métro d’Abidjan, la construction de la gare routière internationale et

l’échangeur de l’amitié sur le boulevard Giscard d’Estaing, sont entre autres des chantiers qui ont butté sur des conduits enfouis dans le sol. «C’est avec un déchirement au cœur que nous avons dû casser des voies des voies pour faire passer des câbles. Cela ne se serait pas produit s’il était prévu des fourneaux ou des gaines le long des voies», a remarqué Bruno Koné qui a assuré cependant que ces «erreurs» font désormais partie du passé. La perspective qui s’offre aux professionnels du BTP pour éviter les déconvenues du même genre repose dans la mise en place le long des voies de gaines réservées aux réseaux d’électricité et d’eau courante. Célestin KOUADIO c.kouadio@acturoutes.info

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Prochain Arrêt 11

ACTUROUTES - The Review e– Malabo Y ia D n r a c a b a B e é h p ro d Builders – t

the africa roa

2019

s acteurs de distinctions de de et s on si us disc année, depuis roule chaque international de dé m ru se fo Il . un ue st C’e icaine de DéAfriq la Banque Afr transports en de s s de lle et ue e nn ut A en Guinée la ro ées juin à Malabo, n des Assembl io 12 as le cc ra l’o à au , et la prospé2019 2016 tion régionale AD). L’édition ra (B ég t nt en l’i , em té ili pp velo gurale de cette La mob nférence inau us le thème : co so , la le t, ia an or at av oad Builders ais Equ s. The Africa R de l’Afrique. M ar ue m iq 21 om le , on ya éc rité nage du Presi , au Ken sous le parrai tient à Nairobi ée se ée ac or pl on C t iti es en éd 4è 2019 nnée dernière acar NDIAYE na. Comme l’a si de – Trophée Bab A i um nw D, Dr Aki dent de la BA du Sud.

africa rail 2019

Africa’s longes t running and most successf ters its 22nd ul railways ev successful ye ent now enar . From humbl conference w e beginnings ith a handful of as a small ex hibition stands sive halls at th , it now takes e Sandton Con up 2 masvention Centr has grown to e in Johannes become Africa’ bu s m rg, and ways conferen ost important and best supp ce and exhibi or tio te n. For 2 deca come the un d raildes, Africa R disputed lead ail has beer. It is an un continent’s ra rivalled platfo ilways industry rm for the to come toge and to do busi ther - to learn, ness. Billions to network of initiated, conc dollars of busi luded or influen ness have eith er been ce providers are d at this show . Partners an global leaders d an so d innovators. their once-a-y lution They use Afric ear opportunity a Rail as to meet and do existing custom business with ers. 19 – 20 Ju new and ne 2019 Sandt Johannesburg on Conventio , South Africa. n Centre,

its europea n Congress 2019 The ITS Congr

ess in Europe, the largest ev smart mobility ent entirely de and digitalisat dicated to ion of transpor – ITS Europe. t is organised The ITS Europ by ERTICO ean Congress of ITS Congr is part of a bigg esses. It is or ga er nised in a Eur cluster where there opean city in is no ITS Wor the years ld Congress Congress rota in Europe. The tes between ITS World Europe, the A Americas. For sia Pacific re all European gi on C and the on work closely w ith the Europea gresses, ERTICO and its P artners n Commission liver an outsta and the host nding event bu city to deilt around thre of Eindhoven e pillars. Brain -Helmond, Net port region herlands, from 3-6 June 2019 .

L a r e v u e a f r i c a i n e d e L a ro u t e e t d e s m o b i Lt é s

n°05 - janvier 2019


... En Continu

12 ACTUROUTES - The Review

Tanzanie : Quand les drones transportent des médicaments

E

n Afrique de l'Est, un projet allemand a démontré la pertinence d'un programme de livraison par drone pour des médicaments. Le temps de transport a été considérablement réduit par rapport à un acheminement par bateau ou par route. Les drones apparaissent de plus en plus comme une réponse prometteuse face à la tyrannie de la géographie. Lorsque l’accès aux populations est en effet rendu difficile à cause d’un environnement compliqué, parce que les routes et les voies de chemin de fer sont coupées ou tout simplement inexistantes, les moyens aériens s’imposent souvent comme la seule alternative possible. C’est cette approche qui a été expérimentée en Afrique de l’Est. Dans le cadre d’un programme allemand appelé « Deliver Future », le fabricant de drones Wingcopter, le spécialiste de

la logistique DHL et l’agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ) ont expérimenté pendant six mois l’emploi de drones pour ravitailler les habitants de l’île Oukéréoué, en Tanzanie. L’initiative n’est pas nouvelle : elle a déjà eu lieu, sous diverses formes, en Pologne,

au Rwanda, dans le Massachusetts, en Arizona ou encore en Suisse, à chaque fois pour tester l’acheminement de produits de première nécessité (comme des médicaments, des pilules abortives ou des échantillons sanguins) ou des vivres. Il existe même depuis 2016 des liaisons pour livrer des poches de

sang au Rwanda. Gagner du temps Dans le cas de l’île Oukéréoué, il s’agissait de livrer des médicaments. Selon les trois partenaires du projet, «les quelque 400 000 habitants du district d’Oukéréoué ne bénéficient que d’un

accès extrêmement limité aux soins médicaux. Cette situation s’explique par des infrastructures insuffisantes et l’impraticabilité des terrains ». Et, donc, par l’isolement physique de l’île. Pendant ce semestre de test, le drone autonome a réussi à franchir les 60 km séparant l’île du continent en près de 40 minutes. Pour DHL, GIZ et Wingcopter, ce délai réduit est décisif pour le respect de la chaîne du froid (dans le cas de denrées alimentaires) mais aussi pour des transferts urgents (médicaments, prélèvements sanguins, voire, dans des situations extrêmes, greffons). Cette approche est incomparablement plus rapide que les deux autres alternatives qui étaient envisagées jusqu’à présent : par bateau, il fallait quatre heures de navigation ; par route, il fallait six heures de conduite et parcourir 240 ki-

lomètres, plus franchir un bras de mer. Bien entendu : l’usage d’un drone de livraison ne peut s’envisager que si les hôpitaux, les cliniques ou les pharmacies ne sont pas trop éloignés euxmêmes. Cela étant, l’initiative offre déjà des perspectives d’amélioration par rapport à une situation qui était défavorable, du fait de l’éloignement des populations, de la pauvreté en termes d’infrastructures et d’une géographie difficile. Ce programme pourrait «améliorer la chaîne logistique dans le domaine de la santé publique », estiment les participants au projet Deliver Future. Et cela pourrait s’avérer décisif dans des situations de crise, comme l’épidémie du virus Ebola qui a sévi en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016 et qui est toujours présente en RD Congo. Source : Numerama

Mozambique: Opening of African’s longest suspension bridge

A

bridge connecting Mozambique’s capital, Maputo with another town of Katembe has been inaugurated on No-

vember 10, 2018. A bridge spanning 680 meters and the entire construction, including two small bridges on the north and south sides, is 3 kilometers long. The bridge designed and constructed by the China Road and Bridge Corporation (CRBC) which is one of the biggest China’s state owned copanie 4s, which supervision of the bridge was monitored by German engineering firm Gauff.

The project coast of bridge is about 785 million US Dollars. This megaproject is land mark in the African Road and Bridge Construction Indus-

Boat, whenever they plan to travel to Katembe town to Maputo and vice-versa. Besides, the competition of the construction of the bridge and connecting road network has reduced the travel time from Kwa-Zulu to Mozambique, specifically from Maputo to the South African border near Kosi Bay that has been slashed from six

hours to about 90 minutes. The Three kilometer-long Maputo Katembe Bridge was inaugurated by his Excellency, Mr. Felipe Nyusi, and President of the Republic of Mozambique. The Inauguration Ceremony that took place on Saturday, November 10, 2018 was, attended by the President of African Road Maintenance

Fund’s Association (ARMFA) Mr.Soulymane Traore, of Guinea Road Fund, members of ARMFA Executive Committee, CEO’s of Namibian Road Fund, Zambian National Road Fund Agency, Ethiopian Road Fund Cameroon Road Fund, Central African Road Fund, Kenyan Road Board, Ivory Coast who were in Mozambique for

the 3rd ARMFA Executive Committee meeting held in Mozambique from November 8-10, 2018, Also in attendance, were CEO’S of Lesotho, Madagascar and the host of 3rd ARMFA Executive Committee meeting, Mozambique Road Fund. Source : ARMFA

tries, and it is part of the Trans African Highway. Which is a continental plan to connect African countries from Cairo to Cape Town, and Dakar to Djibouti by Road and Railways, a plan set by African Union to speedup the Economic and Political Integration of Africa. The bridge crosses the Indian Ocean, and before its construction people and Road users used to cross the Indian Ocean by ferry

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ACTUROUTES, La revue #5  

Le journal des grands travaux et de la mobilité

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