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actulabo Le Magazine de la Pharmacie Industrielle

SANOFI ENTAME SA BIO-RÉVOLUTION CHRIS VIEHBACHER DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SANOFI-AVENTIS

N°3 Septembre 2010


Sommaire

SEPTEMBRE 2010

A la Une

Le LFB veut devenir un acteur mondial des produits sanguins

Sanofi entame sa bio-révolution

Le LFB vient de finaliser un investissement qui lui permet de doper les capacités de son site lillois

Genzyme ou pas Genzyme, la big pharma française a pris le virage des biotechnologies. Les rachats et accords récents ont bien pour objet de transformer Sanofi-Aventis sur le modèle de Roche. Le cancer, le diabète, mais aussi les maladies infectieuses et celles de l’œil sont tout particulièrement ciblés par les récentes opérations de croissance externe du groupe piloté par Chris Viehbacher. Mais l’innovation thérapeutique ne signifie pas seulement nouveaux traitements et Sanofi pense désormais aux malades autant qu’aux maladies. Le point sur cette bio-révolution, quasi-copernicienne, au fil des pages de ce numéro.

Focus

Covance a des projets pour Porcheville

L’actualité pharma en bref

Covance pourrait développer la synthèse chimique du site de Porcheville page 26

Les principaux événements du semestre écoulé pages 4 à 10

Biochemics in silico plutôt qu’in vivo Biochemics veut lancer un logiciel de modélisation préclinique page 28

Stratégies Sanofi-Aventis remplit son panier bio

pages 36 à 37

L’enracinement de Merck Serono en France Les usines françaises du groupe allemand profitent de la croissance mondiale pages 38 à 39

Conditionnement Aguettant injecte une dose de sécurité à l’hôpital Le Laboratoire Aguettant veut sécuriser toujours plus l’injection à l’hôpital avec ses seringues préremplies pages 40 à 41

Servier passe au Data Matrix Servier travaille depuis trois ans à la mise en conformité au Data Matrix dans ses quatre usines de production du Loiret pages 42 à 43

Aptar Pharma sur tous les fronts

Rachat de biopharms, coopération avec des laboratoires privés ou académiques, restructuration de ses plates-formes de R&D. La bio-révolution de Sanofi-Aventis est en marche

Aptar Pharma regroupe ses compétences pour se donner plus de visibilité page 44

pages 12 à 13

« L’innovation doit apporter des solutions globales » Jean-Philippe Santoni, vice-président de SanofiAventis, juge inéluctable l’évolution des compétences R&D pages 14 à 15

Laphal, cap sur la croissance Le façonnier marseillais a renoué avec la croissance. Le temps des projets est venu page 16

« Les biotechs françaises arrivent à maturité » André Choulika, président de France Biotech, croit à l’avenir pages 18 à 19

LVMH aux petits soins pour ses produits de beauté Chez LVMH, la R&D est aussi un enjeu pages 20 à 21

Contraçon: qui stoppera l’épidémie?

En direct des usines

Métiers

A Tours, Sanofi-Aventis affirme ses spécialités

Le travail de nuit permet d’optimiser l’utilisation des équipements de production. Mais sa mise en place n’est pas une sinécure

Le site de Tours, spécialisé dans les micro-granules, va accueillir d’importants transferts de charge de Kansas City pages 30 à 31

Le n°1 français n’enterre pas sa chimie En dépit du virage biotechnologique, le pôle chimie de Sanofi-Aventis reste l’un des fers de lance du groupe page 32

Laboratoires Pasquier, acte II

Le travail de nuit réveille-t-il la production ?

pages 48 et 49

Attention, la loi handicap a changé Retour sur les missions de l’association pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées du Leem pages 50 à 51

Pharm’Adis, un sous-traitant adapté Focus sur une entreprise adaptée, agréée laboratoire pharmaceutique pages 51 à 52

La contrefaçon connaît une expansion frénétique. Mais la lutte s’organise pages 22 à 23

Le façonnier avignonnais recherche une acquisition dans les formes sèches page 33

Le LCAC traque le médicament contrefait

A Kalundborg, Novo Nordisk prépare son futur blockbuster

Carnet

A Tours, Sanofi-Aventis s’est érigé en modèle de la détection des fraudes pages 24 à 25

L’usine danoise commence à produire le Victoza, son futur blockbuster pages 34 à 35

Les dernières nominations dans la pharma pages 53 et 54

Ce numéro magazine est un hors série d’Actu Labo, la lettre bimensuelle de la pharmacie industrielle, publiée par les Editions d’Asklépios, SARL au capital de 50 000 € - 450 613 951 RCS Tours. Adresse : 14, boulevard Heurteloup - BP 92031 - 37020 Tours Cedex 1 - 02 47 70 60 00 - contact@actulabo.com. Rédaction : François-Xavier Beuzon (rédacteur en chef) - Jean-Christophe Savattier (rédacteur en chef adjoint) - Aurélie Vouteau (assistante) - Ont participé à ce numéro : Marion Baschet-Vernet, Capucine Becker - Publicité : au journal - Secrétariat de rédaction : Odile Ménard - Maquette : Régis Beaune - Diffusion : Annie Coupet. Crédits photographiques : DR (pages 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 22, 29, 44, 45, 46, 54), FrançoisXavier Beuzon (10, 16, 28, 33), Jean-Christophe Savattier ( 19, 30, 32, 36, 53, 54), Leem (50), LFB (37), Pierre Fabre (53), Sanofi-Aventis (1, 12, 15, 24, 31, 48, 54), Novo-Nordisk (34, 35), Merck Serono (38), LVMH (20, 21), Aguettant (40, 41), Servier (42), Arjowiggins (43), Eveon (46), Pharma’Adis (52), Bayer Schering (53). Impression : Imprimerie Vincent (Tours) - Abonnement annuel (22 numéros et les hors séries) : 450 € - Prix de ce numéro : 5 € - Informations légales : CPPAP : 1210 I 83960 ISSN : 2108-2030 - Dépôt légal : septembre 2010 - Directeur de la publication : François-Xavier Beuzon.


Focus GSK et Fiocruz s’allient contre la dengue GSK Biologicals, la division vaccins de GSK, et l’institut brésilien de recherche et développement Fiocruz vont investir 35 M€ sur les dix prochaines années dans un nouveau centre de R&D dédié à la recherche d’un vaccin contre la dengue, une maladie infectieuse transmise par les moustiques.

CPL ferme un ex-site BMS à Buffalo La CMO américaine Contract Pharmaceuticals Limited (CPL) prévoit pour fin 2011 la fermeture de son unité de Forest Avenue (260 salariés), à Buffalo (Etat de New York). Racheté à Bristol Myers-Squibb en 2005, le site est dédié à la fabrication de liquides, crèmes et pommades pour des laboratoires et des génériqueurs.

Les ambitions de Piramal Le laboratoire indien Piramal Healthcare a des projets de croissance externe. Il a prévu de consacrer plus de 200 M€ dans les mois à venir pour finaliser des acquisitions hors de ses frontières dans les domaines de l’OTC, des médicaments sous brevet ou de la recherche sous contrat.

KV Pharmaceuticals vend Particle Dynamics KV Pharmaceuticals annonce la vente de sa filiale Particle Dynamics, spécialisée dans la fabrication d’ingrédients, au fonds d’investissement Edgewater Capital Partners of Woodmere, installé dans l’Ohio, dans le cadre d’une transaction de 24 M$. Particle Dynamics est installée à St-Louis (Missouri).

AMRI restructure à New York La drug discovery US Albany Molecular Research Inc (AMRI) va supprimer 50 emplois sur son site d’Albany, dans l’Etat de New York et fermer son centre de recherche situé dans le comté de Rensselaer (New York).

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MCNEIL FERME FORT WASHINGTON Panique à bord chez McNeil Consumer Healthcare, la division santé familiale de Johnson & Johnson. De graves problèmes de qualité ont obligé le groupe à fermer, au mois de mai, son unité de Camp Hill Road, à Fort Washington (Pennsylvanie) : une vingtaine d’entorses aux cGMP avaient été relevées par la FDA, ainsi que la présence de résidus métalliques dans des médicaments destinés aux enfants. Deux mois plus tard, McNeil annonçait la suppression de 300 des 400 emplois de cette même usine, mise en sommeil pour une durée indéterminée. Toujours au mois de juillet, des inspecteurs de la FDA adressaient un formulaire d’observation – le « Form 483 » – contenant une douzaine d’entorses aux cGMP au sein de l’usine de Lancaster (Pennsylvanie), co-détenue par J&J et Merck Consumer Pharmaceuticals. Ces derniers mois, McNeil Consumer Healthcare a dû suspendre la distribution aux EtatsUnis d’une quarantaine de produits, dont les sirops antalgiques Tylenol (paracétamol) et Motrin (ibuprofène).

UN PÔLE CANCER POUR SANOFI À BOSTON Sanofi-Aventis a récemment dévoilé un projet d’extension de l’unité qu’il possède à Cambridge (Massachusetts). Le n°1 français compte investir 65 M$ et créer quelque 300 emplois dans l’agglomération de Boston pour y établir un centre de recherche contre le cancer, qui prendra place dans un immeuble de 10 000 m² propriété du célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT). NEXTPHARMA RENFORCE GÖTTINGEN Le façonnier NextPharma vient de déployer une 7e ligne de conditionnement de boîtes de comprimés dans son usine allemande de Göttingen, un site de 300 salariés exclusivement dédié aux formes sèches. Ce projet, qui va augmenter la capacité en valeur d’environ 15 %, représente un investissement de 1,6 M€ et devrait générer la création d’une petite dizaine d’emplois. MERCK & CO. REVIENT EN PENNSYLVANIE L’américain Merck & Co. a repris l’une de ses usines de Pennsylvanie, cédée au sous-traitant

PRWT Services début 2008. Cette unité, située à plus de 100 km de Philadelphie, emploie 450 salariés ; elle est spécialisée dans la fabrication d’API pour l’industrie pharmaceutique. Elle travaille également pour les donneurs d’ordre de l’agrochimie.

BAYER OUVRE UNE UNITÉ R&D À SAN FRANCISCO

BAXTER BIOPHARMA ÉTEND HALLE

Bayer Healthcare va ouvrir prochainement une unité de recherche de 4 600 m² à San Francisco, sur le Mission Bay Campus. Elle sera dédiée à un programme de recherche en hématologie ; les chercheurs, dont le nombre n’a pas encore été précisé, travailleront également dans les domaines de l’oncologie, de la cardiologie et du diagnostic.

Le fabricant à façon de cytotoxiques Baxter BioPharma Solution, une entité du groupe Baxter, devrait prochainement finaliser la troisième extension de son unité de Halle, dans le Land de Westphalie. Le groupe ajoutera aux installations existantes une unité de lyophilisation à grande échelle. Cette implantation devrait être conduite prochainement et prolongée par une nouvelle phase d’extension capacitaire qui sera achevée d’ici à la fin 2012.

GENENTECH OUVRE UNE UNITÉ EN OREGON

La biopharm américaine Genentech, désormais filiale à part entière du groupe suisse Roche, vient d’ouvrir son nouveau centre de production et de conditionnement de Hillsboro, près de Portland (Oregon), une unité


SANOFI-AVENTIS VEUT UN NOUVEAU SIÈGE Le laboratoire Sanofi-Aventis élira-t-il domicile dans la prestigieuse rue de la Boétie, au cœur du 8e arrondissement ? La big pharma aurait mis à l’étude un projet de transfert de son siège social, situé aujourd’hui avenue de France dans le 13e arrondissement parisien. Souhaitant « rompre avec la culture du groupe », les dirigeants envisageraient d’installer leur QG au 54-56 de la rue de la Boétie, dans les locaux abandonnés au printemps dernier par Alcatel-Lucent pour l’avenue de Suffren. Cet ensemble de 23 000 m2, dont le seuil est surmonté d’une élégante marquise (ci-dessus), permettrait de regrouper les 900 salariés de l’avenue de France et ceux de Gentilly (94). Un premier projet de transfert dans des locaux situés au 52 de l’avenue Hoche n’aurait pas abouti en raison d’un loyer trop élevé (750 €/an/m2, selon la CGT). Interrogée sur le sujet, la direction de Sanofi-Aventis a déclaré qu’elle ne souhaitait pas commenter ces « rumeurs ».

d’environ 30 000 m2 qui a représenté un investissement de 400 M$. Le site, qui emploie d’ores et déjà 250 collaborateurs, devrait embaucher 25 salariés de plus d’ici à la fin de l’année et sans doute autant en 2011. TEVA AGRANDIT STOUFFVILLE Le génériqueur israélien Teva s’apprête à investir près de 56 M$ afin d’agrandir son site canadien de Stouffville, au nord de Toronto (Ontario), dédié à la fabrication de comprimés et de capsules. L’Etat accordera une subvention de 6,5 M$ afin de maintenir les 182 emplois du site et d’embaucher une vingtaine de collaborateurs. ROXLOR INVESTIT À LA CIOTAT Le façonnier Roxlor (85 salariés), installé à La Ciotat (13) depuis la reprise en 1997 de la société France Gélules, prévoit d’investir approximativement 20 M€ dans le doublement, « voire dans le

triplement », de l’immobilier et des capacités de l’usine installée sur un terrain de 1,5 ha. Le site produirait aujourd’hui près de 5 milliards de capsules par an.

NOUVELLES CAPACITÉS POUR BIOTEM Implantée aujourd’hui à Rivier d’Apprieu (38), entre Grenoble et Lyon, Biotem va plus que doubler ses capacités de production d’anticorps monoclonaux et polyclonaux. Le laboratoire engage la construction d’une nouvelle plateforme de 2 000 m2 qui devrait être opérationnelle fin 2011. Biotem (17 salariés, 1 M€ de CA en 2009) produit des lots destinés à la R&D et au diagnostic pour des big pharmas, de biopharms et des laboratoires académiques.

EISAI S’IMPLANTE AU CANADA… Le laboratoire japonais Eisai vient d’ouvrir une sous-filiale de sa filiale américaine (Eisai Inc.) à Mississauga, en Ontario (Canada), baptisée Eisai Ltd. Mississauga est un des plus importants clusters biopharmaceutiques nordaméricain. La nouvelle unité sera dédiée à la commercialisation des produits d’Eisai (neurologie, troubles gastro-intestinaux, oncologie) sur le marché canadien, où le laboratoire compte s’agrandir dans les années à venir.

… ET EN CAROLINE DU NORD Le japonais continue sur sa lancée et vient d’annoncer dans la foulée l’ouverture d’une unité de 6 000 m² sur le Research Triangle Park, près de Durham en Caroline du Nord. Le site, qui représente un investissement de 100 M$, sera dédié à la recherche et au développement de traitements - principalement des anticancéreux - sous forme intraveineuse. SALEM CONSTRUIT À SETIF Le génériqueur algérien Salem va prochainement engager la construction d’une nouvelle usine à Sétif (Algérie) où il exploite déjà une première unité. Une plate-forme de production de 12 000 m2 est prévue. Les travaux, d’un montant de 30 M € , devraient débuter d’ici à la fin 2010 pour une entrée en production programmée en 2012.

Calaire Chimie restructure Calais Calaire Chimie, filiale française de Tessenderlo Group, spécialisée dans la fabrication d’API et de produits intermédiaires pour l’industrie pharmaceutique, réorganise ses activités à Calais (62) où elle exploite une usine de 251 salariés. Le projet qui est entré en négociation avec les représentants du personnel prévoit la suppression de 51 postes.

BLU Pharmaceutical renforce Porto-Rico La génériqueur US Blu Pharmaceutical, qui a récemment acquis une unité de production Biovail de 13 500 m² à Porto-Rico, envisage d’augmenter les capacités de celleci d’ici à 2013 en y investissant 60 M$. Le site, qui produira 2 milliards de comprimés de l’antibiotique générique ciprofloxacin (anthrax) d’ici à la fin de l’année, devrait passer à 4 milliards de comprimés en 2013. L’unité de Porto-Rico devrait employer à terme 250 salariés.

Onyx déménage à San Francisco La biopharm US Onyx Pharmaceuticals va déménager en 2011 son siège d’Emeryville, en Californie, pour le sud de San Francisco. Onyx reprend les 11 750 m² de locaux laissés vacants par la drug discovery Exelixis ; le site accueillera les quelque 200 salariés du siège.

Lilly taille dans ses effectifs marketing Lilly va engager la suppression de 200 postes de marketing dans ses unités biomédicales américaines. Un volet du plan mondial annoncé l’an passé : environ 5 500 emplois devraient être supprimés.

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Focus TRANSGENE OUVRE UNE UNITÉ DE PRODUCTION À STRASBOURG

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râce à une levée de fonds de 152 M€, Transgene (245 salariés, environ 13 M € de revenus issus du licensing et de subventions) prévoit de se doter à Strasbourg (67) – où la biotech française est principalement implantée – d’une unité de bioproduction fondée sur la technologie MWA (Modified Vaccinia Ankara). Celle-ci devrait employer à terme près de 70 salariés. La plate-forme assurera la fabrication dédiée à la clinique et la production des lots commerciaux des deux médicaments les plus avancés : le TG4010, un vaccin potentiellement indiqué dans le traitement du cancer du poumon non à petite cellule qui doit entrer en phase II/III d’ici à la fin de l’année – et sur lequel le laboratoire suisse Novartis détient une option –, ainsi que le TG-4001, un vaccin thérapeutique indiqué dans le traitement du papillomavirus humain qui se trouve, quant à lui, aux portes de la phase II/b.

TAKEDA RÉDUIT DE 10 % SON EFFECTIF La big pharma japonaise Takeda va réduire de 10 % son effectif, qui compte aujourd’hui 19 000 salariés. Ce sont les Etats-Unis qui payent le plus lourd tribut à cette cure d’amaigrissement avec la suppression programmée de 1 400 emplois sur 5 000, principalement au siège de Deerfield et à Lake Forest, dans l’Illinois.

BMS CÈDE ÉPERNON À ROUVER INVESTMENT L’usine Bristol-Myers Squibb (BMS) d’Epernon (28) vient d’être reprise par le très discret fonds d’investissement luxembourgeois Rouver Investment. Les propriétaires de ce fonds se sont déjà distingués en développant avec succès des activités de production et de commercialisation de génériques sur des marchés non européens. Ce repreneur providentiel prévoit la création d’une centaine d’emplois d’ici deux à trois ans sur ce site qui comptait 150 salariés avant sa fermeture fin 2009.

MOVIANTO S’IMPLANTE DANS LE LOIRET

GUERBET DOUBLE À AULNAY-SOUS-BOIS

La filiale française de Movianto (groupe Celesio), spécialisée dans l’entreposage et la distribution de produits pharmaceutiques, étoffe ses capacités. La société, qui exploite déjà une importante plate-forme de 22 000 m2 à Gonesse (95), à proximité de l’aéroport de Roissy, s’apprête à exploiter un second site de 20 000 m2 à St-Cyr-en-Val, près d’Orléans (45), pour le compte d’un donneur d’ordres dont l’identité n’a pas été dévoilée. Movianto a pris à bail des bâtiments auparavant exploités sur le parc d’activité d’Orléans-Sologne par le spécialiste britannique de la supply chain Wincanton. Il sera doté d’une capacité de 20 000 palettes. Des installations réfrigérées devraient être aménagées au cours du second semestre pour atteindre une capacité comprise entre 300 et 400 palettes. La plate-forme de Gonesse (170 salariés) dispose pour sa part d’une capacité de 20 000 palettes, dont 650 en stockage réfrigéré.

Spécialisé dans l’imagerie médicale et les produits de contraste, le groupe français Guerbet (335 M€ de CA, environ 1 300 collaborateurs) va construire un bâtiment de 3 000 m2 sur son site d’Aulnaysous-Bois (93) où le groupe emploie déjà 380 salariés. Cet investissement de 48 M€ lui permettra d’accueillir des activités de remplissage de produits de contraste. Cette plate-forme permettra au site de passer sa capacité de 8 à 20 millions d’unités.

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SYNERLAB S’ÉTOFFE DANS LES FORMES STÉRILES

L

e groupe de sous-traitance Synerlab (environ 85 M € de CA) étoffe ses capacités. Contrôlée à plus de 90 % par Axa Private Equity, la société vient de racheter l’alsacien Pharmaster, un façonnier (100 salariés, 15 M€ de CA) installé à Erstein (67) et spécialisé dans les liquides stériles non injectables et en particulier dans la fabrication de collyres, de gouttes auriculaires et de sprays nasaux. Synerlab exploite deux autres unités industrielles : BBT (230 collaborateurs, 26 M€ de CA), également implantée à Erstein, est spécialisée dans la fabrication de formes sèches (comprimés, gélules et antibiotiques, notamment des bêtalactamines) ; la seconde, Sophartex (320 salariés, 42 M€ de CA), est installée à Vernouillet, près de Dreux (28). Cette dernière est spécialisée dans les comprimés, les gélules et les sachets. A l’occasion de cette opération, Nicole Martin-Spittler (ci-dessus), la fondatrice de Pharmaster, est entrée au capital de Synerlab.

COSBIONAT S’AGRANDIT À VENDÔME A Vendôme (41), le laboratoire Cosbionat (7,6 M€, 46 salariés), spécialisé dans la fabrication et la commercialisation de produits de phytothérapie du Dr. Valnet, va s’agrandir. Implanté aujourd’hui sur 1 600 m2, le laboratoire vient d’acquérir en toute proximité un terrain d’environ 1 ha sur lequel il envisage de construire entre 4 000 et 5 000 m2 de locaux de production et de stockage. Cette extension va s’accompagner d’une demande de classement du site dans la catégorie des établissements pharmaceutiques. Les travaux devraient démarrer au plus tard au printemps 2011. Les produits des laboratoires Cosbionat sont commercialisés en officine et par les magasins diététiques.

MERCK SE RENFORCE À DUBLIN L’américain Merck & Co. vient d’annoncer l’ouverture prochaine d’une unité de services supports à Dublin, en Irlande, qui emploiera près de 150 salariés. Le site sera dédié au support financier et à la comptabilité de toutes les opérations engagées par Merck en Europe, en Afrique et au MoyenOrient. Rappelons que Merck & Co. emploie près de 2 300 salariés en Irlande à Cork, Carlow, Dublin, Tipperary et Wicklow et y a déjà investi près de 2,2 Md$.

TRIDEM PHARMA GRANDIT À TOULOUSE Le toulousain Tridem Pharma (37 M€ de CA en 2009, une trentaine de salariés), spécialisé dans la mise à disposition de visiteurs médicaux, les activités de grossiste à l’export de médicaments et l’exploitation d’AMM pour le compte de tiers sur les marchés de l’Afrique francophone, accroît ses capacités. Tridem va engager environ 3,5 M€ dans une extension de 3 200 m2 (dont 2 800 m2 de locaux d’entreposage sous atmosphère contrôlée) qui vont venir s’ajouter aux surfaces actuellement exploitées (3 600 m2).

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Focus GENZYME SE REPLIE À FRAMINGHAM, PRÈS DE BOSTON

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a biopharm américaine Genzyme compte doubler dans les dix ans à venir la surface de son site de Framingham, situé à quelque 40 kilomètres à l’ouest de Boston (Massachusetts). Elle projette de construire environ 90 000 m2 de bureaux, de laboratoires de recherche et d’installations de production, soit autant que la surface actuelle. La biopharm de Cambridge a été contrainte de se replier sur ce site et d’y produire ses traitements Cerezyme (maladie de Gaucher) et Fabrazyme (maladie de Fabry) après la fermeture durant plusieurs semaines, en 2009 et début 2010, de son unité d’Allston (ci-dessus), autre commune de l’agglomération de Boston. Au printemps 2009, plusieurs cuves de bioréacteurs avaient été contaminées par un virus, Vesivirus 2117. Quelques mois plus tard, des fragments de corps étrangers (acier, caoutchouc) avaient été identifiés dans des lots de produits fabriqués à Allston. Genzyme a dû régler une amende de 175 M$ à la FDA qui l’a enjoint de cesser certaines productions sur le site.

RANBAXY ET DAIICHI UNISSENT LEUR R&D Le japonais Daiichi Sankyo et sa filiale indienne Ranbaxy Laboratories viennent de constituer une nouvelle entité baptisée Daiichi Sankyo Life Science Research Center, issue de la fusion de leurs départements R&D. Basé à Gurgaon, près de New Delhi en Inde, le centre sera dédié au développement de nouveaux traitements, notamment contre les maladies infectieuses et inflammatoires. Il s’occupera des programmes de recherche contre la dengue et la tuberculose menés jusqu’alors par Ranbaxy en partenariat avec le gouvernement indien.

RECIPHARM FERME UN SITE EN SUISSE Recipharm réduit la voilure. Le façonnier suédois ( e n v i ro n 130 M€ de CA) qui exploite deux unités en France, à Monts (37) et à Fontaine-lès-Dijon (21), va prochainement fermer son usine de Bâle, en Suisse, entraînant la suppression de 22 postes. Ce site, spécialisé dans la lyophilisation et le remplissage aseptique, avait été racheté en 2008 à Inotech Labor AG, alors en pleine déconfiture. Il produisait des lots cliniques et des lots commerciaux (notamment des médicaments orphelins) pour l’hôpital.

BAUSCH & LOMB RESTRUCTURE À MONTPELLIER

GENÉVRIER SE DOTE D’UNE UNITÉ À NICE

Le spécialiste mondial des produits d’ophtalmologie Bausch & Lomb (ex-laboratoire Chauvin) a annoncé le volet français de son plan de restructuration européen. Sur son site de Montpellier (34), qui emploie 372 salariés, le groupe américain prévoit la suppression de 36 postes et la création en parallèle de 16 autres. Plusieurs services seront impactés : la R&D sera regroupée sur le site de Berlin, les services clients étant réorganisés pour que Montpellier devienne centre d’excellence pour l’Europe du Sud. Selon les représentants du personnel, les sites Bausch & Lomb d’Aubenas (07) et de Toulouse (31), qui emploient respectivement 120 et 100 salariés, ne seraient pas concernés par cette restructuration.

Le laboratoire niçois de spécialités Genévrier (380 salariés, environ 120 M€ de CA 2009), spécialisé en rhumatologie, gynécologie et dermatologie, vient de se doter à Sophia Antipolis (06) d’une unité de bioproduction. Cette plate-forme a fait l’objet d’un investissement d’environ 3,5 M€. La direction du laboratoire prévoit de surcroît d’engager environ 10 M € sur le site dans une extension des capacités immobilières.

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ETHYPHARM TRANSFÈRE DU CANADA VERS LA FRANCE

GENZYME LYON OPÉRATIONNEL EN 2011

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es usines d’Ethypharm installées à Châteauneuf-en-Thymerais (28) et au Grand-Quevilly (76) sortent gagnantes d’un mouvement de réorganisation. La direction de ce laboratoire pharmaceutique (environ 800 salariés dans le monde, CA d’environ 150 M€ ), spécialisé dans les formes pharmaceutiques à libération prolongée, va transférer des activités de recherche canadiennes vers ces deux sites. Ethypharm a en effet décidé de fermer une plate-forme de R&D (31 salariés ) installée à Laval, près de Montréal, spécialisée dans le développement de formes à libération modifiée par voie orale. La direction n’aurait pas encore arrêté le périmètre de ces transferts affecté à chacun des deux sites français. Par ailleurs, Ethypharm a annoncé la cession d’une de ses filiales, la société NP Pharm implantée à Bazainville (78) et spécialisée dans la fabrication d’excipients microgranulés (20 salariés, 5 M€ de CA). Cette dernière est cédée au groupe Colorcon, le leader mondial du marché des excipients.

SERVIER S’ÉTEND À CROISSY-SUR-SEINE Le n°2 français Servier (3,6 Md€ de CA en 2009) a annoncé récemment qu’il allait investir 50 M€ sur cinq ans dans le développement d’un Institut d’Innovation Biotechnologique au sein de son centre de recherche de Croissy-sur-Seine (78) : ce projet vise à accroître le potentiel de Servier dans ses domaines d’excellence : les maladies cardio-vasculaires et métaboliques, les maladies psychiatriques et neurodégénératives, l’oncologie et la rhumatologie. Ce nouveau centre, d’une surface de 7 500 m², comprendra notamment une plate-forme de pharmacologie moléculaire et cellulaire et de biologie structurale, une plate-forme de pathologie moléculaire et de biologie systémique ainsi qu’un département de modélisation et de chimie de diversité.

La nouvelle usine de Genzyme à Lyon (69), située au cœur du quartier Gerland (environ 22 000 m2, 105 M€ d’investissements), débutera ses activités de production commerciale à la fin 2011. L’unité sera dédiée à la fabrication de la Thymoglobuline, un anticorps polyclonal indiqué dans la prévention des rejets dans la greffe d’organes et de moelle osseuse. Le site accueillera les activités de l’usine Genzyme implantée à Marcyl’Etoile (69) qui sera abandonnée à l’issue du transfert. A terme, l’usine de Gerland sera dotée d’une capacité de 3 millions de flacons injectables, soit le double de la capacité actuelle. Le nouveau site emploiera environ 270 salariés.

ACCORD SERVIER GALAPAGOS Le laboratoire français Servier vient de signer un accord avec la biotech belge Galapagos pour le développement de traitements potentiels contre l’ostéoporose. Le deal pourrait rapporter à la biotech jusqu’à 290 M€ en cas de succès. Selon les termes de l’accord, Servier a une option de licence sur chaque candidat potentiel. Actulabo - Septembre 2010 9


Focus NATEVA AURA SON USINE FIN 2010

A

u cœur de la Drôme, Thierry Bizouard produit depuis 2005 des extraits de plantes aromatiques et médicinales pour ses clients pharmaciens et fabricants de compléments alimentaires. Sa société Nateva, créée avec un partenaire qui est aussi un client, s’appuie sur un réseau de 150 cueilleurs et producteurs qui lui livrent directement les plantes. Dans ses ateliers actuels du Moulinage, en plein massif du Vercors, Nateva valorise les plantes sous toutes formes (fraîches, sèches, huiles essentielles et hydrolats, extraits secs et liquides) et conditionne à façon des compléments alimentaires liquides. Mais la PME provençale (22 salariés aujourd’hui, près de 3 M€ de CA attendus en 2010) ne compte pas en rester là. « Nous voulons aller vers l’aval de la production », lâche Thierry Bizouard qui souhaiterait aussi pouvoir stocker dans des conditions optimales. Pour assouvir ses ambitions, il a lancé la construction d’une véritable unité industrielle à Die, à cinq kilomètres du Moulinage. Ce bâtiment neuf de 2 500 m2, sous grande hauteur, sera achevé en fin d’année.

BIOPHÉLIA DEVIENT NOVEAL PHARMA Suite à un redressement judiciaire, le façonnier tourangeau Biophélia a été repris récemment par l’angevin Noveal (70 collaborateurs, 7,5 M€ de CA), un sous-traitant spécialisé dans les compléments alimentaires installé à Valanjou, entre Angers et Cholet. Christophe Lachaux, le pdg de Noveal, reprend 36 des 48 salariés du laboratoire installé à Monts (37). Par ailleurs, entre 350 000 € et 400 000 € devraient être investis chaque année dans l’outil de production et ce, sur les trois prochaines années. « Nous étions à la recherche d’une unité de production classée établissement pharmaceutique », poursuit Christophe Lachaux qui se félicite de cette opportunité placée sous le signe de « la complémentarité entre les deux unités de production ». Biophélia sera rebaptisé Noveal Pharma. 10 Actulabo - Septembre 2010

NOUVELLE UNITÉ POUR DELPHI GENETICS La biotech belge Delphi Genetics, spécialisée en génie génétique, vient d’annoncer son intention d’ouvrir une nouvelle unité de bioproduction à Charleroi. Le belge s’apprête donc à investir 3,5 M€ pour la construction d’un bâtiment de 1 500 m² sur le Biopark de l’Université libre de Bruxelles, qui accueillera des activités de R&D et de fabrication des produits de la biotech. Actuellement installée sur 450 m², Delphi Genetics devrait inaugurer la nouvelle unité en 2012, qui pourra accueillir jusqu’à 45 salariés.

VIVALIS ÉTEND SES CAPACITÉS DE R&D La biopharm nantaise Vivalis, un fournisseur de solutions cellulaires pour la production de vaccins et de protéines, étoffe ses capacités de R&D. La filiale du groupe Grimaud vient, en effet, de transférer ses équipes de recherche dans un nouveau bâtiment de 3 300 m2 situé à SaintHerblain (44). Il regroupe la R&D et les fonctions support sur un même site tout en complétant des équipements de bio-production (environ 1 500 m2) construits en 2005. L’ensemble de l’im- mobilier et des installations représentent un investissement de 6,5 M€. Le projet a été financé par les collectivités à hauteur de 2,4 M€. Vivalis se déploie désormais sur deux sites pour une surface totale de 4 800 m2, la seconde unité nantaise étant dédiée à la bioproduction.

BORREGAARD FERME UNE UNITÉ ITALIENNE Le norvégien Borregaard, spécialisé dans la fabrication de composants et de bio-ingrédients utilisés par l’industrie pharmaceutique et la cosmétique, vient d’annoncer qu’il allait fermer une usine d’une quarantaine de personnes à Ravenne, en Italie.


Stratégies

Sanofi-Aventis remplit son G Entre autres chantiers, Chris Viehbacher s’est employé depuis deux ans à faire entrer Sanofi-Aventis dans l’ère des biotechnologies, accès aux molécules à très haute valeur ajoutée. Rachat de biopharms, coopération avec laboratoires privés ou instituts de recherche publics, restructuration des plates-formes de R&D : le nouveau patron du n°1 français a conduit cette révolution culturelle à marche forcée.

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enzyme sera-t-elle le l’hormone de croissance Nutropin, Genentech de Sanofi- plusieurs antiviraux... En 2008, l’anAventis ? En étudiant le née qui a précédé le rachat par dossier d’acquisition de la bio- Roche des 44,2 % résiduels de pharm de Cambridge (Massachu- Genentech, les produits de cette dernière contrisetts) – l’intention a Sans Genentech, buaient à hauteur de été confirmée le 29 Roche ne serait 30 % à celui de août –, le n°1 franpas le n°1 mondial Roche. « Sans Geçais donne l’impresen oncologie nentech, Roche ne sion de vouloir s’inspirer du modèle que Roche a dé- serait pas le n°1 mondial en oncologie », commentait lucidement, à velloppé avec Genentech. Rachetée par la big pharma bâloise l’époque, le quotidien genevois Le en deux étapes, dont la seconde a Temps. été bouclée l’an passé, la biopharm Certes, l’opération s’est faite à prix de San Francisco aura déposé dans d’or. En déboursant près de le portefeuille de Roche quelques- 47 Md$ – plus que son CA annuel uns des blockbusters les plus – pour racheter les actions manfameux de ces dernières années : quantes, Roche a valorisé l’invenles anticancéreux Avastin, teur de l’Avastin à plus de 11 fois sa Herceptin, Rituxan ou Tarceva, facturation de l’année 2008

(9,5 Md$). Genzyme (4,5 Md$ de CA en 2009) ne vaut pas autant. Les problèmes de contamination des bioréacteurs de l’usine de Boston ont fait chuter les ventes, entraînant une pénurie de Cerezyme et de Fabrazyme, ses deux traitements de maladies rares. Le prix devrait plutôt se situer entre 18 et 22 Md$, selon le consensus de plusieurs analystes financiers cités par Reuters et le Wall Street Journal. Quelle que soit l’issue de ce dossier, Sanofi-Aventis s’est installé dans une position d’acquéreur de biotechs et de produits de niche. Depuis l’arrivée aux manettes de Chris Viehbacher, à l’automne 2008, le montant global des emplettes aurait atteint 17 Md$, toujours selon le Wall Street Journal. Si la big pharma nationale a lancé son filet dans plusieurs directions, sa stratégie est assez lisible. D’un côté, elle a ciblé les marchés de volume, en renforçant sa position chez les génériqueurs des pays émergents (rachats de Zentiva et Nepentes en Europe centrale, de Medley et Kendrick en Amérique latine, de Minsheng en Chine), et en s’offrant aussi des blue ships de produits sans ordonnance dans les pays à fort pouvoir d’achat (Oenobiol en France, Chattem aux USA, Symbion en Australie). De l’autre, elle a cherché à se


constituer un portefeuille de molécules à très haute valeur ajoutée. Et son tableau de chasse est impressionnant. En moins de deux ans, Sanofi-Aventis a multiplié les acquisitions de biotechs, comme les californiennes BiPar Sciences (500 M$) et TargeGen (560 M$) ou la spécialiste française de l’ophtalmologie Fovea (480 M$), mais aussi les deals susceptibles de lui donner une position forte dans deux domaines thérapeutiques clés : l’oncologie, où elle a passé des accords avec les américaines Exelixis, Merrimack, Micromet et Ascenta Therapeutics, et le diabète, signant avec Wellstat Therapeutics, Metabolex, Cure DM et AgaMatrix. L’infectiologie a aussi été ciblée et des collaborations initiées, notamment avec le spécialiste danois des enzymes Novozymes pour le développement d’un nouvel antibiotique, mais aussi avec les biotechs US Alopexx, Syntiron et KaloBios Pharma. En 2008, la filiale Sanofi Pasteur s’est offert le britannique Acambis, puis en 2009 l’indien Shantha Biotechnics – cédé par Mérieux Alliance – avant de contracter, très récemment, avec la prometteuse société nantaise Vivalis et sa lignée d’anticorps monoclonaux. Pour ne rien oublier, citons aussi les partenariats noués avec Regeneron (nouveaux anticorps thérapeutiques),

Aeterna Zentaris (urologie), Kyowa clinique. Parmi eux, quatre candiHakko Kiron (gastro-entérologie) dats en phase III, dont l’antiet Regulus Therapeutics (utilisa- dépresseur saredutant et un vaccin tion des micro-ARN). contre le cancer du rein dont les Last but not least, Sanofi a engagé droits ont été transférés à Oxford une politique de coopération iné- Biomedica. A la fin de la même dite avec quelquesannée, c’était au La mise en réseau uns des plus prestour du somnifère et l’ouverture tigieux instituts de éplivansérine et de vers l’extérieur recherche monl’antithrombotique pour renforcer diaux : le MIT de idrabiotaparinux la créativité Boston, l’Université d’être mis au plaet l’innovation Rockfeller de Newcard. York, l’école de médecine de Dans un souci d’efficacité, les cenl’université John Hopkins de Balti- tres de recherche maison ont été more, le Salk Institute, la Juvenile regroupés. C’est ainsi que ChillyDiabetes Research Foundation, le Mazarin va concentrer l’essentiel centre de recherches médicales de de la recherche amont. L’oncologie la marine américaine, l’Institut des reposera sur deux plates-formes, Sciences Biologiques de Shanghaï la première à Toulouse, la seconde (SIBS), ou l’Université de la à Boston-Cambridge. A l’inverse, Charité de Berlin… la recherche préclinique sera très L’ambition affichée par Chris majoritairement sous-traitée : Viehbacher dès sa prise de fonc- Covance va reprendre les sites de tions, où il déclarait vouloir privilé- Porcheville et d’Alnwick et des gier « la mise en réseau et solutions devraient être trouvées l’ouverture vers l’extérieur pour pour les unités de toxicologie amérenforcer la créativité et l’inno- ricaine et japonaise. vation », ne pouvait que s’accom- Rien n’indique que ce gigantesque pagner d’un profond nettoyage du chantier, conduit à la vitesse de pipeline. l’éclair par ce patron pressé, est Succédant à l’arrêt, au mois de terminé. « Il faut réinventer la novembre 2008, des derniers R&D », expliquait en juin 2009 le essais cliniques du rimonabant, Dr. Marc Cluzel, vice-président et « la » molécule de Gérard Le Fur, patron de la recherche de Sanofi. Sanofi annonçait dès le printemps Cela pourrait demander encore un suivant l’abandon ou la vente de peu de temps. près du quart de ses soixanteFrançois-Xavier Beuzon cinq programmes de recherche

EN BREF

panier bio

Les chiffres clés de Sanofi-Aventis • 105 000 salariés répartis dans 110 pays. • CA de 29,3 Md€ en 2009, dont 25,8 Md€ pour l’activité pharmaceutique. • 33 acquisitions et partenariats signés en 2009.

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Stratégies

GRAND TÉMOIN

JEAN-PHILIPPE SANTONI, SENIOR VICE-PRÉSIDENT DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL

« L’innovation doit apporter Pour Jean-Philippe Santoni, responsable des politiques d’innovation de Sanofi-Aventis, la R&D est entrée dans une ère marquée par la montée en puissance des problématiques d’observance. Sans remettre en cause la créativité de la recherche pharmaceutique, Jean-Philippe Santoni juge inéluctable l’évolution des compétences des équipes de développement. Les chimistes et les spécialistes de la galénique vont désormais cohabiter avec des ingénieurs et des électroniciens.

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Actu Labo : Les stratégies d’innovation doiventelle s’inscrire dans un nouveau paradigme ? Jean-Philippe Santoni : Il est évident que les politiques d’innovation sont confrontées au déclin du modèle du blockbuster qui a longtemps constitué la règle dans notre industrie. Par ailleurs, de façon générale, les autorités de régulation sanitaire sont partout dans le monde, beaucoup plus vigilantes sur la partie risque de l’analyse bénéfice-risque d’un nouveau médicament. Enfin, nous observons – et ceci constitue partiellement une conséquence du point précédent – une baisse de la productivité de la R&D : le ratio molécules enregistrées sur molécules découvertes accuse une baisse sensible. Ceci ne signifie pas que la créativité de la recherche est en panne, loin s’en faut, mais que le chemin qui mène à la mise sur le marché de nouveaux produits est de plus en plus escarpé ! L’innovation pharmaceutique doit aussi prendre en compte une demande nouvelle : les systèmes de soins et les patients ne sont plus dans l’attente d’une réponse ponctuelle à une pathologie ; ils exigent désormais des solutions globales intégrant les problématiques de prise en charge, d’observance, et pas seulement pour les maladies chroniques ! C’est un changement dont on n’a pas fini de mesurer tous les effets… Actu Labo : Quels sont les grands axes privilégiés par Sanofi-Aventis en matière d’innovation ? J.-Ph. S. : Tout d’abord, l’innovation se positionne en soutien des plates-formes de croissance du groupe : il s’agit des marchés émergents, de la santé grand public, des vaccins, des nouveaux produits et du diabète. Ainsi, nous souhaitons développer des solu-

tions thérapeutiques nouvelles dans des aires comme le diabète, l’oncologie, l’ophtalmologie, les maladies du SNC, le vieillissement et les maladies inflammatoires et auto-immunes. Dans tous ces domaines, il s’agit d’apporter des solutions globales qui augmentent le service médical rendu. Ainsi, dans le diabète, nous travaillons à la mise au point de dispositifs qui permettent d’améliorer significativement l’observance ; par exemple, nous sommes associés à la société AgaMatrix dans le développement de logiciels qui permettront de surveiller à distance le taux de glycémie des patients et d’optimiser ainsi l’administration de l’insuline. Cette optimisation passera aussi par le développement de patchs ; ceux-ci pourront analyser et administrer l’insuline en continu. Nous travaillons également à la mise au point de polymédicaments par voie orale et notamment de comprimés associant plusieurs principes actifs. Ils requièrent des savoir-faire spécifiques notamment en matière de réduction de la taille du comprimé et d’amélioration de la stabilité des principes actifs. Actu Labo : L’innovation n’a-t-elle plus pour vocation d’amener à des découvertes radicales ? J.-Ph. S. : Les politiques d’innovation n’ont pas renoncé à cet objectif premier, mais des améliorations majeures peuvent être associées à des projets qui apparaissent, à tort, comme secondaires au premier examen. Dans le domaine du conditionnement, Sanofi-Aventis étudie, par exemple, la mise au point d’un emballage de comprimés capable de résister à une quinzaine de jours… dans un sac à main. Nous développons aussi des programmes de personnalisation des conditionnements à nos marchés et aux


ET INNOVATION DE SANOFI-AVENTIS

des solutions globales » différents types de patients. Il s’agit notamment d’adapter les présentations aux personnes âgées afin d’éviter les erreurs d’administration. Autre exemple, celui des génériques : il peut être intéressant de mettre au point des niveaux de stabilité plus durables afin de permettre à ces produits d’être transportés dans des conditions extrêmes (température) ou d’en améliorer la qualité pharmaceutique. Dans le domaine des vaccins, la prise en compte des attentes des patients va se traduire par une évolution des formes disponibles vers le patch ou le spray. En ophtalmologie – l’un des nouveaux axes de croissance du groupe –, le développement de micro-implants qui, posés dans l’œil du patient en une seule fois, permettent d’administrer des traitements dans de très bonnes conditions, est à l’étude. Actu Labo : Quel va être l’impact de ces évolutions sur les ressources et les capacités du groupe dans le domaine de la R&D ? Doit-on s’attendre à un big bang ? J.-Ph. S. : Non, je ne crois pas à des mutations brutales mettant en péril nos périmètres. En revanche, nous devons préparer une évolution qualitative des compétences et des métiers afin de soutenir l’innovation pharmaceutique. Aujourd’hui, nous employons beaucoup de chimistes, de spécialistes de la galénique. Demain, nous aurons sans doute davantage besoin de spécialistes de biotechnologies, d’ingénieurs, d’électroniciens, voire d’informaticiens. C’est une conséquence du développement des problématiques d’observance, de transmission des données et plus généralement de l’importance prise par le dispositif médical au sens général dans le domaine de l’innovation. Par ail-

leurs, la tendance à l’ouverture de nos approches de R&D à des partenariats extérieurs, la recherche incessante de compétences clés dans et au-delà de l’entreprise constituent également des éléments durables et majeurs de nos futures politiques d’innovation. Propos recueillis par Jean-Christophe Savattier

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Stratégies

Laphal, cap sur la croissance

EN BREF

Après deux années difficiles, le façonnier marseillais Laphal Industries a renoué avec la croissance et les résultats en 2009. Et a mis en chantier la construction d’un nouvel entrepôt pour son activité de distribution, tout en guettant une acquisition.

Les chiffres clés de Laphal Industries • 140 salariés dans les Bouches-du-Rhône, à Allauch (100) et Rousset (40). • CA 2009 : 28 M€

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A

vingt minutes du Vieux Port, de l’ordre du million d’euros. Et le façonnier marseillais si une cible correspondant à ses Laphal Industries a élu domicile ambitions se présentait, la famille au pied du village provençal Note serait tout disposée à s’agrand’Allauch et de son curieux clo- dir. A Allauch, le laboratoire assure cher aux tuiles vernissées. Le labo- le remplissage de 10 millions de ratoire créé au début des années flacons, principalement du sirop 70 par Druon Note, rejoint il y a contre la toux Biocalyptol, et de une dizaine d’an25 millions d’amnées par son fils Nous ciblons des poules deux pointes. Laurent, a installé petits laboratoires Il y fabrique égaledans ce site magni- qui sont intéressés ment des supposifique son siège par notre prestation toires ovules : « Un social et sa princi- full service, jusqu’à marché de niche où l’officine pale unité de pronous produisons 3 duction, dédiée à la millions de boîtes fabrication en sous-traitance de par an », précise Laurent Note. La formes liquides et pâteuses. Il y zone des suppositoires va d’ailemploie une centaine de per- leurs être prochainement « revamsonnes, réparties entre la produc- pée », une troisième ligne devant tion, les fonctions support, s’ajouter aux deux premières. l’administratif et la logistique. Au A Rousset, des travaux importants début des années 90, Laphal a ont été consentis pour doter ajouté une usine de formes sèches l’unité de moyens de production à Rousset, près d’Aix-en-Provence ; adéquats. Elle possède trois comelle compte une quarantaine de primeuses Fette, une turbine à drasalariés. géifier Pellegrini, une autre Pur façonnier depuis 2002, date de la vente de ses AMM à l’italien Zambon, qui assure toujours le quart de son CA (28 M€ en 2009, à 80 % en fabrication sous contrat, le reste en distribution et en prestation de services), Laphal Industries cherche désormais à se développer. Après des années 2007 et 2008 agitées, la croissance est revenue et l’exercice 2009 a été excellent, assorti d’un résultat net

Dumoulin, une géluleuse Bosch et cinq lignes de conditionnement, dont quatre blistéreuses. Pour croître, Laphal compte aussi sur une activité de logistique en croissance régulière depuis plusieurs années, 5 % en moyenne : l’an passé, elle a représenté une facturation de 5,5 M€. Destinée initialement à la distribution sur le territoire français des AMM des Laboratoires Laphal, puis du milanais Zambon, elle a agrégé progressivement d’autres clients. « Nous ciblons des petits laboratoires qui sont intéressés par notre prestation full service, jusqu’à l’officine », explique Laurent Note. La plate-forme s’étend sur 7 000 m 2 et peut abriter entre 7 000 et 8 000 palettes. Il est désormais temps de la renforcer. Le nouvel entrepôt sera bâti soit à Rousset, où l’usine dispose d’une réserve foncière, soit dans les environs d’Allauch. François-Xavier Beuzon

Laurent Note


Stratégies

GRAND TÉMOIN

ANDRÉ CHOULIKA, PRÉSIDENT DE FRANCE BIOTECH

« Les biotechs françaises ar Le président de la biotech Cellectis, qui préside France Biotech, sait les difficultés qui pèsent sur le financement du développement des jeunes pousses innovantes. Dans l’interview qu’il nous a accordée, ce jeune entrepreneur appelle à une réforme du soutien public à un secteur qui reste encore dans la course engagée à l’échelle mondiale.

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Actu Labo : Comment caractérisez-vous aujourd’hui la situation des biotechs françaises ? André Choulika : Le secteur, qui avait pris historiquement pas mal de retard dans notre pays, arrive à une forme de maturité. Les projets sont souvent d’une très grande qualité et reconnus par la profession sur le plan international. Ceci n’empêche pas beaucoup de biotechs françaises d’être aujourd’hui en quête de nouveaux concours financiers. Elles ont démontré de belles capacités de résistance à la crise mais ne peuvent s’affranchir d’une tendance lourde : globalement, le niveau d’investissement en capital a baissé ces deux dernières années. Ainsi, en 2009, les capitaux levés ont représenté un montant de 65 M€, en baisse de 57 % par rapport à 2008, année qui avait elle-même accusé une forte baisse par rapport à l’excellent exercice 2007. Cet assèchement des disponibilités n’est pas consécutif à un moindre dynamisme. En 2009, le nombre d’opérations (33) a ainsi progressé par rapport à 2008 (30). Ce qui change, c’est le ticket moyen des sommes investies par opération qui s’est littéralement effondré. Il est ainsi passé de 4 M€ à 1,1 M€ pour les opérations primaires et de 17,5 M € à 2,7 M€ pour les rares opérations secondaires. C’est un fait notable, les biotechs n’ont pas cessé d’investir sur la période en dépit de la baisse de leur chiffre d’affaires (- 12 %). Leurs dirigeants sont restés optimistes. Mais aujourd’hui, beaucoup d’entre elles doivent trouver de nouvelles ressources financières tant en seed-money que dans le cadre de second ou de troisième rounds. Autant vous dire qu’ils espèrent beaucoup que la Bourse va retrouver des couleurs…

Actu Labo : Doit-on en conclure à une remise en cause du modèle d’affaires des biotechs ? André Choulika : Je ne le pense pas. Mais il faut constater que certains investisseurs, comme les private equities, ont pris pas mal de recul vis-à-vis des biotechs. Ils s’estiment enlisés depuis trop d’années dans des projets qui n’offrent pas suffisamment de visibilité sur leur rentabilité. Les dirigeants de ces sociétés d’investissement sont plutôt dubitatifs sur l’intérêt d’intervenir en phase d’amorçage, voire dans les phases plus avancées. Du coup, on a pu récemment assister à des prises de participation de big pharmas au capital de biotechs ou de biopharms. On peut, par exemple, citer dans l’ophtalmologie le cas de Fovea repris par Sanofi-Aventis ou de Novexell, un spécialiste des anti-infectieux racheté par AstraZeneca pour 350 M$. Un tel modèle d’intégration peut présenter un grand intérêt pour les actionnaires des biotechs mais peut s’avérer également totalement contre-productif en terme d’innovation, notamment s’il se résume à un rachat du portefeuille de produits et provoque un assèchement des capacités de R&D. Actu Labo : Les biotechs françaises sont-elles condamnées au déclin ? André Choulika : Je reste pour ma part très optimiste. Il ne faut pas se cantonner à regarder par le petit bout de la lorgnette mais s’inscrire dans la durée. Ce secteur, où l’on s’appuie sur la recherche fondamentale de très haut niveau, me fait penser à ce que devait être l’aéronautique avant-guerre. Cette dernière a mis du temps à devenir une véritable filière industrielle pourvoyeuse d’emplois. La course dans les biotechs avec les autres grands pays n’est


rivent à maturité »

pas perdue… mais elle va se jouer dans les prochaines années. On le sait : à terme, près de 70 % des médicaments qui seront mis sur le marché au cours des prochaines années proviendront des biotechs. Une formidable opportunité se présente à notre pays et nous serions collectivement coupables de ne pas la saisir. Actu Labo : Comment jugez-vous les mesures de soutien prises par les pouvoirs publics en faveur de l’innovation ? André Choulika : La mise en œuvre du crédit d’impôt-recherche (CIR) a constitué une initiative tout à fait intéressante et elle est d’ailleurs – une fois n’est pas coutume – copiée à l’étranger. Actuellement se négocient ainsi aux Etats-Unis, la création et la mise en œuvre d’une Research Tax Credit. Toutefois, la réforme du 2007 – et France Biotech avait à l’époque averti les pouvoirs publics – a conduit à tripler, voire à quadrupler les engagements publics tout en favorisant les PMI et les groupes innovants les plus matures… au détriment des jeunes pousses. Le système qui rembourse 30 % des dépenses en R&D jusqu’à 100 M€ de dépenses et 5 % au-delà, n’est pas suffisamment assis sur le pourcentage d’accrois-

sement des dépenses de R&D d’une année sur l’autre. Cette réforme a déplacé le bénéfice du CIR vers les grandes entreprises et a supprimé la prime aux jeunes entreprises vertueuses qui accroissaient leurs investissements dans la recherche. Par exemple, le fait de retrancher les prêts remboursables d’Oseo de l’assiette du calcul du CIR a constitué une erreur qu’il faut réformer. Par ailleurs, si on peut se féliciter de la mise en place récente des fonds d’aide publique – du type FSI (50 M€ sont à priori réservés aux biotechs) ou d’InoBio (près de 150 M€) – qui offrent la possibilité de tickets compris entre 5 et 10 M€, on ne peut que regretter la lenteur de l’exécution dans un domaine où la réduction des délais est une donnée critique. Enfin, et c’est un travers bien français, on répugne toujours à renouveler un soutien à une entreprise qui a déjà bénéficié d’une aide publique. La tentation du saupoudrage l’emporte toujours sur l’engagement résolu au profit d’un projet stratégique. C’est sans doute l’une des raisons qui expliquent notre incapacité à faire émerger un champion national d’envergure mondiale. Propos recueillis par Jean-Christophe Savattier

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Stratégies

LVMH aux petits soins pour Par la complexité de ses process et ses exigences accrues, l’industrie cosmétique est de plus en plus proche de sa cousine pharmaceutique. La R&D est ainsi devenue la pierre angulaire de la croissance. Illustration de cette préoccupation avec le nouveau centre de recherche du leader mondial LVMH, blotti au cœur de la forêt d’Orléans.

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P

consacrer à son cheval de ba- forme vient ainsi de prolonger le taille : la recherche, des phases projet de R&D intitulé « Tout amont jusqu’à la pré-industriali- Nature » qui vise à identifier des sation. Les promoteurs de ce pro- substances antimicrobiennes jet n’ont pas lésiné sur le gabarit végétales capables de se substide l’immobilier. Il est vrai que le tuer aux conservateurs chimiGIE emploie déjà 260 collabora- ques employés par les industriels de la cosmétique. teurs et pourrait LVMH Recherche Doté de 4,4 M€ sur encore s’agrandir. est engagé dans La société améquatre ans – dont une quinzaine ricaine de cosméune enveloppe de de programmes tiques Benefit serait 1,1 M€ engagée par de recherche amenée à rejoindre LVMH Recherche –, collaboratifs les Parfums Chrisce projet de R&D, tian Dior, Guerlain et Givenchy, auquel se sont joints le chartrain déjà membres et « clients » exclu- Adonis (groupe Alban Muller, un sifs de LVMH Recherche. Par ail- spécialiste des API d’origine végéleurs, Hélios pourrait héberger tale), les start-up orléanaises des plates-formes technologiques Greenpharma et Glycodiag et labellisées par le pôle de compé- l’Institut de Chimie organique et titivité Cosmetic Valley. analytique (ICOA) de l’université L’outil va permet- d’Orléans, « nous a permis tre à LVMH Re- d’identifier des molécules très cherche de mettre intéressantes. Mais celles-ci les bouchées dou- posent des problèmes sur le plan bles sur ces thé- de la toxicité, ce qui nous a conmatiques fétiches duits à prolonger ce programme de recherche. initié en 2007 ». D’ores et déjà, Autre projet impliquant des parteLVMH Recherche naires locaux, le programme est engagé dans Cosmerev (4,7 M€, dont 1,9 M€ une quinzaine de pour LVMH), également labellisé programmes de par Cosmetic Valley, a pour ambirecherche colla- tion de mettre au point des comboratifs impli- posants capables de retarder le quant aussi bien vieillissement de la peau. La platedes partenaires forme orléanaise – qui est notamlocaux qu’interna- ment réputée pour avoir déveEric Perrier tionaux. La plate- loppé les premiers liposomes

our l’industrie cosmétique, la R&D constitue naturellement un enjeu considérable, « sans doute quasiment aussi critique que pour l’industrie pharmaceutique », explique Eric Perrier, le directeur du GIE LVMH Recherche. Cette plate-forme, installée à côté d’Orléans sur le site de l’imposante usine de production Christian Dior (1 500 salariés), va connaître un développement très important. « Nous relançons en effet le programme Hélios de construction d’un nouveau bâtiment HQE de 13 000 m2 qui sera doté des matériaux les plus innovants », confirme Eric Perrier. Probablement opérationnelle à la mi-2012, la plate-forme pourra se


ses produits de beauté utilisés en cosmétique ainsi qu’un produit Dior révolutionnaire utilisant des cellules-souches, conçu en partenariat avec l’université de Stanford –, est aussi impliquée dans un programme de recherche avec la Cristallerie de St-Paul, de Condat-sur-Vienne (87), spécialisée dans la fabrication d’émaux. « Nous travaillons dans ce cadre au développement de pigments colorés en exploitant les techniques de fabrication de l’émail », souligne Eric Perrier. « La peau est notre principale source d’inspiration, reprend le

directeur de LVMH Recherche. Pour mieux la comprendre, nous nous sommes dotés d’un ensemble complet d’outils d’investigation avancés : immuno-histochimie, cultures cellulaires, reconstructions cutanées, puces à ADN, protéomique, imagerie de pointe. » Des compétences qui s’ajoutent aux ressources constituées par un réseau d’ethnobotanique qui « nous permet d’identifier des cibles biologiques et de nouvelles molécules actives ». Jean-Christophe Savattier

La pesée dans l’atelier Dior.

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Stratégies

Contrefaçon : qui stoppera L La contrefaçon de médicaments, qui représente déjà plus de 10 % du marché mondial des produits de santé, connaît une expansion frénétique qui ne se limite pas, loin de là, aux pays en voie de développement.

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a lutte contre la contrefaçon de médicaments est devenue l’une des préoccupations majeures de l’industrie pharmaceutique. A l’image d’un phénomène en pleine expansion, qui représente d’ores et déjà plus de 10 % du marché mondial des produits de santé – soit environ 45 Md€ –, elle ne se cantonne plus à l’activité de quelques chimistes en chambre ! Les grands réseaux mafieux, qu’ils soient chinois, calabrais ou caucasiens, et les organisations criminelles d’Amérique latine rivalisent d’ingéniosité pour contrefaire à l’échelle industrielle les produits de santé. Sans qu’aucun pays au monde ne puisse se

déclarer indemne d’une telle épi- européens, le marché des faux démie. « Il s’agit d’une offensive médicaments sur le Vieux de grande envergure qui se tra- Continent s’élèverait à près de duit par la montée en puissance 10,5 Md€… dont 1 Md€ pour la d’une véritable économie paral- seule France. Ces estimations lèle », nous indique Nathalie Tallet, inquiétantes ont été publiées quelques semaines la responsable du 60 % des cas après l’annonce, Laboratoire Central de contrefaçon faite par le vice-préAnti-Contrefaçon concernent sident de la Com(LCAC), une plateles pays pauvres mission européenforme ad hoc de et 40 % les pays ne, de la saisie aux Sanofi-Aventis qui industrialisés frontières européentraque sans relâche des produits « qui font peser de nes de plusieurs millions de faux lourdes menaces sur la santé comprimés… en seulement deux mois. publique ». Ainsi, selon l’étude récente D’autres estimations corroborent « Cracking Counterfeit Europe » le sentiment partagé sur le terrain initiée par Pfizer dans 14 pays par les praticiens de la lutte contre


l’épidémie ? cette délinquance réputée fort juteuse pour les organisateurs de ces trafics. Selon l’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle (Unifab), les volumes de médicaments contrefaits saisis par les Douanes « ont plus que doublé en Europe entre 2007 et 2008 pour atteindre près de 9 millions d’articles ». Toujours selon l’Unifab, « désormais 60 % des cas de contrefaçon concernent les pays pauvres et 40 % les pays industrialisés ». Naturellement, cette explosion de

l’offre de médicaments contrefaits s’est particulièrement illustrée sur le web qui constitue l’un des principaux vecteurs de propagation : on estime d’ailleurs qu’entre 50 et 90 % des médicaments achetés sur la toile sont contrefaits. Sévères, les rédacteurs d’un rapport de l’Unifab jugeaient en avril dernier que des systèmes de distribution clandestins « n’avaient pu se développer qu’avec la complaisance, voire le soutien délibéré de web entreprises ». De même, les compagnies de cartes bancaires et les sociétés de trans-

port express traiteraient les transactions et les commandes douteuses « sans trop se poser de questions ». On notera également, comme le repère l’étude de Pfizer, que la propagation des médicaments contrefaits profite aussi de l’étrange aveuglement des patients-consommateurs. En Europe, une personne sur cinq, soit environ 77 millions d’individus, reconnaît « acheter des médicaments délivrés sur ordonnance en dehors des circuits autorisés. » Jean-Christophe Savattier

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Stratégies

Le LCAC traque le médicament Sur le site de l’usine tourangelle de Sanofi-Aventis, le Laboratoire Central Anti-Contrefaçon (LCAC) inauguré en 2008 a déjà réalisé près de 15 000 contrôles de produits suspects.

A

Un technicien du LCAC ausculte l’emballage d’une boîte de médicaments.

plus profond mépris pour la santé et la vie humaine », juge avec sévérité Nathalie Tallet, la directrice du LCAC (Laboratoire Central Anti-Contrefaçon), une plate-forme de Sanofi-Aventis située au cœur de l’usine de production de Tours qui est aujourd’hui devenue un haut-lieu – sans beaucoup d’équivalent en Europe – de la traque

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u commencement, il y a eu le Viagra… C’est le produit indiqué dans le traitement des troubles de l’érection qui, le premier, a focalisé l’attention des contrefacteurs du monde entier. Mais les temps ont changé. « Aujourd’hui, peu de champs thérapeutiques échappent à l’ingéniosité des pharmacodélinquants. Les produits indiqués en cardiologie, en oncologie, dans le traitement du diabète, dans celui des troubles neurologiques, sont allégrement copiés par les contrefacteurs qui manifestent le

des produits contrefaits. Depuis sont les praticiens, voire les sa création, l’unité inaugurée en patients, qui attirent l’attention des 2008 à grands renforts de publi- équipes du LCAC sur tel ou tel procité par Jean-François Dehecq lui- duit. Le travail en réseau est en même a pris son envol. Employant effet « l’une des clefs de l’efficaune bonne dizaine de techniciens, cité de la lutte contre la contrefaçon », poursuit la elle a effectué, au Remonter les filières directrice du laboraprix d’un investisseet accompagner toire tourangeau. ment initial modides actions pénales Mais à ce jour, si l’on que, près de 15 000 de répression et de excepte des initiacontrôles sur des démantèlement tives comme la consproduits suspects – exclusivement des formes sèches titution d’Impact (International commercialisées par Sanofi – que Medical Products Anti-Counterfeilui transmettent régulièrement ses ting Taskforce), un groupe de tradifférents correspondants. « Nous vail de l’OMS, ou du PSI, une organisation basée à Washington qui regroupe 27 membres (dont Sanofi-Aventis), peu de structures opérationnelles mutualisant des moyens et une logistique mondiale ont été mises sur orbite. Dans ce combat contre une délinquance très organisée qui dispose parfois de moyens colossaux, le renseignement et la mise en œuvre de procédures de traçabilité se révèlent pourtant des armes essentielles. Car, comme le signatravaillons avec les différentes lait Jean-François Dehecq lors de unités du groupe installées sur des l’installation du LCAC, il « s’agit marchés sensibles, mais aussi bien, au final, de monter des dosavec les grandes agences publi- siers qui vont permettre de ques nationales et internatio- remonter les filières et d’accomnales, ainsi qu’avec les Douanes pagner des actions pénales de et l’ensemble des forces de répres- répression et de démantèlement ». sion des trafics (Interpol, Organi- A cet égard, le LCAC, ainsi d’ailsation Mondiale des Douanes) », leurs que l’ensemble du départeindique Nathalie Tallet. Parfois, ce ment anti-contrefaçon de la big


pharma française, assure un important travail de renseignement d’une base de données permettant de cartographier la nature et l’origine de produits contrefaits. « Des produits contrefaits qui, pour la grande majorité d’entre eux proviennent d’Asie, et en particulier de Chine », explique Nathalie Tallet, tout en constatant également une importante activité délictueuse en Amérique latine. Les médicaments incriminés peuvent constituer de grossières copies identifiables dès l’examen

du conditionnement. Mais il faut parfois aller au-delà des analyses de routine, voire décomposer sur la paillasse le produit pour mettre en évidence la supercherie. Afin de réaliser ce travail d’investigation dans les meilleures conditions d’efficacité, le LCAC peut être amené à sous-traiter des études spécifiques auprès de laboratoires extérieurs. Dans le meilleur des cas, la formulation est identique ou quasiment identique à celle du produit original. Parfois, les composants sont à effet thérapeutique neutre

– aucun principe actif n’entre dans la composition du médicament contrefait –, ce qui pose évidemment des problèmes d’observance des traitements. Au pire – mais il semble que ce ne soit pas le cas le plus fréquent –, des composants dangereux ou pathogènes sont identifiés. Et le groupe français de rappeler qu’un sirop contre la toux contrefait, contenant de l’antigel, fabriqué en Chine et distribué par une entreprise néerlandaise, a provoqué 89 décès en Haïti en 1995. Jean-Christophe Savattier

EN BREF

contrefait

Les chiffres clés du LCAC • Plus de 15 000 analyses réalisées. • Près de 2 M€ d’investissements. • Une dizaine de techniciens.

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Stratégies

RECHERCHE CLINIQUE

Covance a des projets pour Porcheville Sanofi-Aventis a annoncé le 30 juin la reprise de ses unités de recherche préclinique de Porcheville et d’Alnwick par la CRO américaine Covance. Une information confidentielle dont les lecteurs de notre blog avaient pu prendre connaissance dès le mois de mars.

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N

ous avions lancé le nom déplacés dans le courant du mois de Covance comme de juillet pour rencontrer les salarepreneur possible des riés de Porcheville. Le lendemain, sites de recherche préclinique ils voyaient ceux d’Alnwick. Une Sanofi-Aventis de Porcheville (78) nouvelle réunion avec le personet d’Alnwick (Royaume-Uni) nel est programmée pour septemdès le 23 mars sur notre site bre. Encore discrets, les repréwww.actulabo.com. L’information sentants de la CRO du New-Jersey a été confirmée, le 30 juin – soit ont tenté de rassurer leurs futurs un an, jour pour jour, après l’an- collaborateurs en précisant qu’ils nonce du projet de cession – par conservaient toujours « au moins les syndicats après 90 % des salariés des la réunion du cosociétés reprises ». Covance mité central d’enAutre information : conserve treprise du labole site de Porcheville au moins 90 % ratoire français. La sera détenu par une des salariés CRO américaine filiale du groupe. Il des sociétés reprises Covance, l’un des n’y aura donc pas, à plus importants priori, de mutualisaprestataires mondiaux de services tion avec le siège France de précliniques, cliniques et régle- Covance, qui emploie une cenmentaires pour l’industrie phar- taine de personnes à Rueilmaceutique, est donc entrée en Malmaison (92). négociations exclusives avec De l’avis des salariés, la CRO semSanofi pour la reprise de ses deux ble très intéressée par l’activité de unités de recherche et de l’inté- synthèse chimique du site de gralité de leur personnel, soit 153 Porcheville qui emploie environ personnes dans les Yvelines et à 40 personnes (80 collaborateurs peu près autant dans le nord de sont dédiés aux essais de toxicité l’Angleterre. Le bouclage de l’opé- des médicaments, les quelque 30 ration devrait intervenir avant la autres salariés du site étant affecfin de l’année 2010, certaines tés aux fonctions support). Les sources parlant du 1er octobre ou Américains pourraient développer ce business et proposer à du 1er novembre. Les dirigeants de Covance (2 Md$ leurs clients de fabriquer des lots de CA attendus en 2010) se sont précliniques et cliniques de prin-

cipes actifs, puis de les tester en interne. Une prestation totalement intégrée qui enrichirait encore la palette de l’Américain. Sanofi-Aventis se serait même engagé à acheter des prestations à Covance durant plusieurs années. Ce qui a permis à Jack Caillod, le DRH de la division R&D du laboratoire français, d’assurer aux salariés du site de Porcheville que leur emploi serait « garanti sur cinq ans ». Ces commandes relèveraient plutôt des essais cliniques car, en dépit de la vente de Porcheville et d’Alnwick, Sanofi conserve des surcapacités en préclinique. Et il faut probablement s’attendre à une nouvelle vague de restructuration dans ce domaine. Rien ne devrait toutefois être engagé avant deux à trois ans, le temps nécessaire pour digérer cette première vague. Ce qui fait craindre aux représentants du personnel que le service ad hoc de Montpellier – dont l’unité de recherche en oncologie est transférée à Vitrysur-Seine – et le site d’Alfortville (94), principalement dévolu aux essais toxicologiques, soient l’objet tôt ou tard d’une fermeture ou d’une nouvelle cession à une CRO. François-Xavier Beuzon


Chaque jour,

les coulisses de la pharma en ligne http://www.actulabo.com


Stratégies

RECHERCHE PRÉCLINIQUE

Biochemics

in silico plutôt qu’in vivo Les travaux de deux chercheurs orléanais vont peut-être permettre de réduire l’ampleur des essais de toxicité des médicaments sur les animaux. Leur société, Biochemics, veut lever 2 M€ pour commercialiser à grande échelle un logiciel de modélisation.

Marco Pintore

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L

a petite CRO orléanaise Biochemics, fondée au début de la précédente décennie par deux universitaires, le français Jacques Chrétien et l’italien Marco Pintore, œuvre à l’amont de la recherche préclinique. Elle cible plus particulièrement les phases in silico et in vitro précédant les essais de toxicité des médicaments sur les animaux. Son logiciel de modélisation, dont elle vient d’achever le prototype, est désormais mûr pour une industrialisation. Mais pour cela, il faudra que la petite structure (5 personnes hébergées dans une pépinière d’entreprises au sud

d’Orléans, qui génèrent quelque ciales du logiciel de Biochemics 350 000 € de produits d’exploita- sont alléchantes, surtout rapportion) lève des fonds. Son co-fon- tées à une mise de fonds plutôt dateur Marco Pintore, un bio- anecdotique dans l’univers de la chimiste formé à l’université de recherche pharmaceutique. Vendu à des laboratoires, le Turin qui a choisi de principe de modéfaire son post-doc Nous avons lisation de Biocheau laboratoire de un marché mics permet à chimiométrie et de potentiel ceux-ci de ré-interbioinformatique du de 600 M€ naliser des recherProfesseur Chrétien à conquérir ches et de limiter les à Orléans, estime les besoins « à 850 000 € dans un essais de toxicité sur le vivant. premier temps, nécessaires pour L’industrie cosmétique, contrainte financer l’année de mise au point par la réglementation Reach et et de réglage des versions alpha, d’évidentes préoccupations puis bêta et enfin 1.0 du logiciel, d’image à réduire aussi les tests de avant d’amener ce dernier à la ses nouvelles formulations sur les phase de pré-commercialisation ». animaux, offre des débouchés proPour distribuer le logiciel en metteurs. Biochemics a d’ailleurs Europe et aux Etats-Unis, il faudra commencé à l’approcher en collaajouter un peu plus de 1 M€. En borant au projet de recherche VSS tout, ce sont donc 2 M€ que les (Virtual Skin Sensitivation), labeldeux fondateurs de Biochemics, lisé par le pôle de compétitivité qui se sont développés jusqu’à Cosmetic Valley. présent avec leurs propres moyens « Nous avons un marché potenet les subventions ou prêts partici- tiel de 600 M€ à conquérir, calpatifs de collectivités locales et cule Marco Pintore, qui reconnaît d’organismes publics de finance- toutefois que la recherche d’invesment de l’innovation, souhaitent tisseurs est compliquée par le fait lever, en un ou en deux rounds, que nous nous trouvons à la auprès d’un ou de plusieurs inves- lisière de l’industrie pharmaceutisseurs privés. Une gageure dans tique et de l’informatique. » Un une période où les apporteurs de écueil qui ne devrait toutefois pas capitaux répugnent à prendre des rebuter les capitaux-développeurs risques. de l’après-crise. Pourtant, les perspectives commerFrançois-Xavier Beuzon


production d’injectables par cette opération.

QUINTILES RESTRUCTURE La CRO américaine Quintiles va renforcer ses équipes de marketing aux Etats-Unis grâce à un contrat signé avec le suisse Nycomed. Une partie des effectifs de ce dernier sera transférée au service marketing de Quintiles, mais le personnel concerné continuera à travailler pour le compte de Nycomed. Parallèlement, la CRO prévoit de réduire ses effectifs du Research Triangle Park, en Caroline du Nord : environ 350 des 1 400 salariés du site devrait être touchés. Par ailleurs, Quintiles va créer avec le Centre médical de l’université de Malaisie une unité de recherche clinique. Quintiles possède déjà plusieurs sites de ce type en Angleterre, aux USA et en Afrique du Sud.

GSK CÈDE VÉRONE À APTUIT Le britannique GSK a cédé son centre de recherche de Vérone (Italie) à la CRO américaine Aptuit. Cette unité, dédiée aux neurosciences et au traitement de la douleur, emploie environ 500 personnes. Aptuit travaillera en sous-traitance pour GSK et continuera d’assurer pour le britannique des travaux de R&D ainsi que la production d’API pour son propre compte. Cette acquisition porte à 19 le nombre d’unités que possède Aptuit.

SYNEXUS OUVRE UN SITE EN POLOGNE Le britannique Synexus, dédié au recrutement de patients pour des essais cliniques dans ses propres centres de recherche, va déménager dans de nouveaux locaux en Pologne, où il est présent depuis 2006 à Wroclaw. Le nouveau centre de 300 m² emploiera 4 chercheurs à Gdynia. Synexus a déjà élargi ses opérations en 2009, grâce à l’acquisition de centres de recherche spécialisés à Varsovie, Gdynia et Katowice. NOUVEAU SIÈGE SOCIAL POUR ALMAC La CRO irlandaise Almac, spécialisée dans le développement d’API, la génomique mais aussi le packaging pharma, ouvrira prochainement son siège nordaméricain de 22 300 m² à

Souderton (Pennsylvannie), où elle emploiera 750 salariés. Parallèlement, Almac prévoit de créer 260 postes dans le monde entre ses différents sites.

AMRI ACQUIERT HYALURON La CRO US Albany Molecular Research (AMRI) vient d’acquérir pour 27 M$ la CMO Hyaluron, basée dans le Massachusetts, dont le CA devrait se situer autour de 17 M$ cette année. Hyaluron devient une filiale d’AMRI, qui met la main sur la

NEXGENIX À STRASBOURG La biotech américaine NexGenix Pharmaceuticals vient d’ouvrir un bureau d’études préclinique doté d’un seul salarié au sein de l’Institut de Science et d’Ingénierie supramoléculaires (Isis) de Strasbourg, afin de développer une molécule candidate pouvant lutter contre les tumeurs du cerveau. Celle-ci devrait entrer en phase I d’ici à un an. ICON OUVRE UNE UNITÉ EN CHINE La CRO irlandaise Icon vient d’annoncer l’ouverture d’un laboratoire de 300 m² à Tianjin, en Chine, qui sera dédié aux tests cliniques (hématologie, immunologie, etc.) nécessaires lors des études sur les patients. Icon possède deux autres laboratoires similaires en Inde et à Singapour. CREAPHARM RENOMME SA FILIALE MP5 Spécialisé dans le développement de lots cliniques, Creapharm vient de renommer sa filiale MP5, rachetée en 2006 et dédiée à la fabrication de lots cliniques injectables. Celle-ci, basée à Riom (63), se dénomme désormais Creapharm Parenterals.

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En direct des usines

A Tours, Sanofi-Aventis ses spécialités L’usine tourangelle de Sanofi-Aventis s’est spécialisée dans la fabrication de micro-granules conditionnées en gélules ainsi que dans la fabrication de comprimés, du mono au tri-couche. Le site agréé par la FDA va bientôt recevoir d’importants transferts de charge en provenance d’une usine du Kansas qui doit fermer ses portes.

Pascal Bourin

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A

Tours (37), l’usine Sanofi-Aventis réussit à tirer son épingle du jeu en affirmant deux grandes spécialités : la fabrication de micro-granules à libération contrôlée conditionnées en gélules – c’est, par exemple, la forme galénique du Tildiem indiquée dans l’angine de poitrine – et la fabrication de comprimés mono-couche, bicouche et tri-couche. « Ces deux activités constituent vraiment le cœur de notre savoirfaire industriel », explique Pascal Bourin, le nouveau directeur d’un établissement qui emploie 408 salariés,

dont 335 en production qui sont nules en comprimés après avoir répartis en deux équipes tournant subi une pression de 300 kg entre en 2x8. Chaque année, l’usine pro- deux pièces métalliques, appelées duit environ 2 milliards de com- poinçons. primés et près de 500 millions de Selon qu’il s’agisse de comprimés gélules, soit plus de 65 millions de mono-couche ou tri-couche, le process permet de fabriquer entre boîtes. Tournée vers l’extérieur et agréée 80 000 et 300 000 unités par heure. par la FDA – l’homologation a d’ail- « Trois produits vedettes, le Xatral leurs été renouvelée au printemps (pathologie des troubles de la –, l’unité tourangelle, qui traite une prostate), le Tildiem (ditiazem) et le Stilnox (traitetaille très variable de Ces deux activités ment de l’insomnie) lots (de 120 à 625 constituent se partagent 80 % de kg), exporte environ vraiment le cœur la valeur ajoutée du 70 % de sa fabricade notre site », explique Pascal tion, dont 8 % vers savoir-faire Bourin. Qui produit les Etats-Unis. L’aindustriel également l’Aprovel telier micro-grains, l’une des fiertés des dirigeants, (hypertension), le Telfast (antihisfédère les différentes étapes d’un taminique) et l’Amaryl, un hypoprocessus complexe qui va du glycémiant. tamisage à la mise en gélules, en L’usine de Tours accueille égalepassant par le mélange-granula- ment une unité de développement tion, l’extrusion, la sphéronisation, industriel – une sorte de minile séchage en lit d’air fluidisé et le usine (environ 750 m2) – qui gère calibrage. chaque année une dizaine de proLa fabrication de comprimés est jets, ainsi que le Laboratoire assurée par l’exploitation Central Anti-Contrefaçon (LCAC). de 12 presses à com- Ce dernier (voir notre dossier primer et de 12 contrefaçon) a aussi permis à géluleuses qui l’usine tourangelle de gagner en permettent de notoriété. transformer Le savoir-faire du site tourangeau a les gra- d’ailleurs été tout récemment


affirme Datamatrix et le déploiement de nouvelles machines de pelliculage. Ce programme est engagé après que la direction a investi en 2009 plus de 5 M€ dans un nouveau bâtiment d’accueil, la rénovation d’un bâtiment logistique ainsi que le déploiement de divers équipements industriels (un nouveau mélangeur, une machine de tri automatique de comprimés et une nouvelle géluleuse au département du développement industriel). Les responsables de l’usine tourangelle évitent cependant de

pavoiser. Certes l’établissement devrait aussi récupérer en back-up une partie du conditionnement de la Depakine (antiépileptique) produit à Ambarès, près de Bordeaux (33). Mais tous ces apports de charge « vont juste permettre au site de Tours de pallier des baisses de volume liées à la tombée dans le domaine de certains de nos produits phares », estime prudemment Pascal Bourin ; ce dernier prévoit ainsi une stabilisation des effectifs à l’étiage actuel sur les quatre prochaines années. Jean-Christophe Savattier

SANOFI RENFORCE SISTERON Le groupe français devrait investir en 2010 près de 20 M€ à Sisteron (04), une unité de chimie fine qui emploie environ 650 salariés – auxquels s’ajoutent environ 150 personnes employées par des entreprises sous-traitantes –, ce qui est en phase avec le montant annuel des investissements consentis par Sanofi-Aventis. Ce dernier « a, en effet, engagé à Sisteron près de 300 M€ au cours de ces dix dernières années », nous indique un porteparole de l’usine. Le groupe va notamment consacrer plus de 2 M€ à la construction de nouveaux bassins de rétention et à la réfection du système d’eaux pluviales. « Il est également prévu de revoir l’implantation de certains bâtiments de production et de construire un nouvel itinéraire routier de contournement du site », poursuit ce porte-parole qui ajoute « qu’aucun investissement capacitaire n’est prévu sur l’exercice ». Parmi les principaux investissements récents figurent notamment la construction d’un incinérateur de COV et de solvants usés (5,4 M€) ainsi que celle d’un magasin de stockage de produits liquides (8 M€).

EN BREF

reconnu par la direction de la big pharma française qui gère – à l’instar de l’ensemble de l’industrie pharmaceutique – un rééquilibrage délicat de ses activités de fabrication en faveur des biotechnologies. L’usine va ainsi prochainement bénéficier d’un transfert de charge d’une usine américaine (370 salariés) du groupe, installée à Kansas City, qui doit progressivement cesser toute activité d’ici à la fin 2011 ou au début 2012. Au menu de cet important programme de transfert figure ainsi l’accueil des volumes supplémentaires de fabrication de l’anti-histaminique Allegra, de l’Amaryl indiqué dans le traitement du diabète de type 2 et surtout du Cardizem, la version américaine de l’anti-hypertenseur Tildiem. L’opération, qui sera totalement achevée à l’horizon 2013, va requérir dès cette année un investissement spécifique sur le site tourangeau d’environ 5,5 M€. Au total, et compte tenu des investissements récurrents programmés, près de 10 M € seront engagés cette année en Touraine dans la création d’un nouvel atelier de fabrication de micro-granules, la mise en place du standard

Les chiffres clés de Sanofi-Aventis Tours • 408 salariés. • 65 millions de boîtes par an. • 550 tonnes de matières premières. • 2,5 ha de surface bâtie. • Création du Laboratoire Central Anti-Contrefaçon en 2008.

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En direct des usines

Le n°1 français n’enterre pas sa chimie La big pharma a annoncé la perte d’un bon millier d’emplois dans la chimie sans pour autant sonner le glas d’une activité qui reste l’un des fers de lance du groupe français. Jusqu’à quand ?

F

rancis Carré, le directeur industriel « chimie et biotechnologies » de SanofiAventis, le martèle avec force : « Les dernières mesures industrielles annoncées par le groupe vont se traduire par un rééquilibrage de nos capacités en faveur de la bioproduction. Mais il ne s’agit pas du tout de la fin de la chimie chez Sanofi-Aventis ! ». Pour autant, l’annonce en mars dernier de la fermeture de l’usine de Romainville (93) et l’arrêt de l’activité du module chimie de Neuville-sur-Saône (69) – deux unités qui comptaient respectivement 220 et 800 salariés à cette époque – vont se traduire par la suppression, à terme, d’un bon millier d’emplois dans les activités de chimie de synthèse. Et cette annonce a naturellement semé le trouble et provoqué un vif émoi syndical. Les représentants du personnel se montrent d’ailleurs plus que dubitatifs sur l’ambition affiFrancis Carré

32 Actulabo - Septembre 2010

chée par la direction du groupe, dés de purification, soient en capaà savoir le maintien des effectifs cité d’accueillir le nouveau proindustriels à leur niveau actuel sur cess de biosynthèse. « Dans le les quatre prochaines années. Ce même temps, nous engageons qui constitue, en effet, « un enga- près de 350 M€ à Neuville-surgement ferme du groupe », Saône jusqu’en 2013-2014 pour comme le rappelle Francis Carré. faire de cette usine un site vaccin Le pari est de taille : Sanofi-Aventis à part entière », reprend Francis Carré. L’unité sera entend piloter un Le maintien initialement profilée vaste programme des effectifs pour débuter la fade formation de 800 industriels est un brication d’un vaccin à 900 salariés des engagement ferme contre la dengue « et unités de chimie du groupe elle devrait progrespharmaceutique pour mieux les reclasser vers les sivement prendre en charge d’aubiotechnologies. L’enjeu est sim- tres projets à fort potentiel », ajouple : les deux sites chimiques de te le patron de la production chiRomainville produisent des prin- mique de la firme. cipes actifs – notamment celui du Pour autant, quelques unités chiKetek – dont les volumes accusent miques françaises, « en dépit de la une baisse sensible. « Ces usines baisse de volume de certains de produisent aussi des corticoïdes nos produits déjà génériqués ou par voie de synthèse chimique, dont la tombée dans le domaine rappelle Francis Carré. Et un nou- public est imminente », vont aussi veau bioprocédé, moins cher, doit bénéficier d’investissements. se substituer à cette technologie En 2010, la big pharma française aura investi 20 M€ à Sisteron, une traditionnelle. » Le n°1 français de l’industrie phar- unité de chimie fine qui produit maceutique a choisi d’exploiter notamment le clopidogrel et la lui-même ce nouveau procédé. dronédarone, les principes actifs Près de 90 M € vont ainsi être respectifs du Plavix et du Multaq, investis au profit des usines de St- deux des médicaments les plus en Aubin-lès-Elbeuf (27) et de vue du laboratoire. Vertolaye (63) afin que ces sites, plutôt spécialisés dans les procéJean-Christophe Savattier


Laboratoires Pasquier, acte II

EN BREF

Pour atteindre une taille suffisante, le façonnier de formes liquides avignonnais recherche une acquisition dans les formes sèches. Ce sera l’une des tâches de la nouvelle équipe dirigeante qui succède au président fondateur Jean-France Baeskens.

Les chiffres clés de Pasquier • 60 salariés. • CA de 9,7 M€ en 2009. • Site de production à Domazan, près d’Avignon. • Façonnier de formes liquides.

L

e 28 mai dernier, Jean-France Baeskens, co-fondateur de Laboratoires Pasquier, à Domazan (30), a officiellement transmis le flambeau de l’entreprise à Nathalie Pasquier, son associée de départ, et à son fils Stéphane. Ce dernier les a rejoints il y a trois ans pour prendre la direction commerciale du façonnier de la banlieue avignonnaise, incontestable n°1 français de la fabrication sous contrat de compléments alimentaires liquides. Deux jours après son 64e anniversaire, Jean-France Baeskens a donc fait ses adieux à une industrie du médicament qu’il a intégrée il y a une quarantaine d’années, jeune ingénieur frais émoulu de l’école des mines de Douai. Entamée dans le Nord à l’Institut Pasteur, sa carrière l’aura ensuite conduit à Tours, chez Delmas Perfusion – à l’origine du façonnier Delpharm –, avant qu’il ne se lance dans l’aventure entrepreneuriale en créant deux sous-traitants, Biophélia en 1986 puis Pasquier en 1998. Ce chasseur émérite aura désormais tout loisir d’employer une retraite qu’il n’envisage qu’active à cibler une acquisition pour Pasquier, dans l’idéal un façonnier de formes sèches. Il prendra également en fin d’année la présidence du conseil de surveillance de l’entreprise co-dirigée – et bientôt codétenue – par sa filleule Nathalie,

qui exerce également les fonctions de pharmacien responsable du laboratoire, et son fils Stéphane, le directoire étant complété par le directeur industriel Frédéric Roméo. Avec 120 millions d’unités (sirops, ampoules deux pointes et flackpulls) fabriquées chaque année par

aujourd’hui que moins de 10 % de la production, ne remplisse enfin les espoirs placés en lui. Le développement semble achevé et le gigantesque marché américain, où les ampoules deux pointes sont interdites, est prêt à s’ouvrir à lui. L’export, qui pèse près d’un tiers de la facturation de Pasquier

Stéphane Baeskens et son père Jean-France entourent Nathalie Pasquier.

la soixantaine de salariés – dont en moyenne une dizaine d’intérimaires – pour l’industrie des compléments alimentaires (70 % du volume d’activité) et pharmaceutique (les 30 % restants), les nouveaux dirigeants de Laboratoires Pasquier sont conscients que leurs possibilités de croissance sont limitées et qu’il faudra aller chercher du chiffre d’affaires et des marges ailleurs que sur ce marché mature. A moins que l’astucieux flackpull – une ampoule de verre bouchée par un opercule d’aluminium collé, système breveté par Pasquier et le verrier Sotapharm –, qui ne représente

(9,7 M€ en 2009 et une progression attendue de 15 % en 2010), offre encore des possibilités que Stéphane Baeskens compte bien exploiter. Mais l’avenir passe surtout par une opération de croissance externe, d’autant que les capacités d’extension de l’unité de Domazan, après la construction du nouveau magasin de stockage climatisé, sont réduites. Laboratoires Pasquier est donc, comme son confrère et voisin marseillais Laphal Industries, à la recherche d’une cible. « Ce serait bien que ce soit dans les environs », soulignent, en chœur, les dirigeants. FXB Actulabo - Septembre 2010 33


En direct des usines

A Kalundborg, Novo Nordisk L’usine Novo Nordisk de Kalundborg, au Danemark, force le respect. Ce site de 2 600 salariés produit à lui seul la moitié de l’insuline consommée dans le monde. Il a commencé à produire le Victoza, un analogue du GLP-1 humain appelé à devenir un blockbuster.

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de biotechnologies tous ligués vers la création d’un millier d’emplois et un seul but : la lutte contre le dia- a donné une dimension mondiale bète de type 1 et 2 qui connaît – à Kalundborg. pour le second – une croissance Mais le gigantisme du site n’a pas épidémique. Le site, véritable pou- fait oublier à ses concepteurs qu’il mon industriel local, produit via le fallait préserver la nature, prégnante même procédé le glucagon, un trai- dans ce bout de terre flottant sur la tement administré aux diabétiques Baltique. L’usine de Kalundborg a engagé depuis 2006, en cas de coma La formulation et à l’instar des autres hypoglycémique. Il la purification sont usines du groupe, fabrique aussi le prinprincipalement une intense politique cipe actif du assurées par l’unité de réduction de son NovoSeven, un méde Kalundborg empreinte carbone. dicament dérivé du plasma (facteur VII) indiqué dans Dans le cadre d’un accord « Sauveur du Climat » signé avec WWF, le traitement de l’hémophilie. C’est en 2003 que l’usine, exem- Novo Nordisk s’est engagé à réduire plaire sur le plan environnemental, ses émissions de 10 % d’ici à 2014. a pris un essor spectaculaire. A cette Selon ses dirigeants, « l’objectif sera date, en effet, a été ouvert un quasiment atteint à l’horizon module de production de 32 000 m2 2011 ». Les actions correctives se (près de 400 M€ d’investissement) sont concrétisées par plus de 200 qui a intégré toutes les étapes du projets d’économie d’énergie et process de fermentation et de puri- ont permis d’épargner près de fication d’insuline en un seul 28 000 tonnes de CO2, assure-t-on module. A lui chez Novo Nordisk. La moitié des seul, l’investisse- projets – qui pour les deux tiers ment a s’inscrivent dans un programme de généré réorganisation industrielle de type LEAN – ont dégagé un retour d’investissement positif en moins d’un an (1,9 an en moyenne). Le pragmatisme est le même sur le plan industriel : « Notre schéma industriel est simple : la formulation et la purification sont principalement assurées par l’unité de KalundMads Krogsgaard Thomsen borg. Le remplissage et le condi(Novo Nordisk) tionnement sont pris en charge par

mpressionnante ! L’usine Novo Nordisk de Kalundborg (environ 2 600 salariés), la plus importante unité de production d’insuline au monde – avec près de la moitié de l’insuline consommée sur la planète –, est bien le porte-avion industriel du groupe. Déployé sur une emprise de 135 ha dans l’île danoise de Seeland, à quelque 120 km de Copenhague, ce site a bénéficié de 1 Md€ d’investissement depuis 1999. Il affiche une double vocation : d’une part, la fabrication de cristaux d’insuline « en bulk » à partir de la fermentation et la purification de levure génétiquement modifiée, d’autre part la production et le conditionnement de produits à base d’insuline ou de produits


prépare son futur blockbuster concurrents de Novo Nordisk (Lilly, Sanofi-Aventis) à l’issue d’une vaste étude clinique (LEAD) qui a mobilisé 4 500 patients. Autorisé en France depuis avril dernier, il devait être commercialisé en juin aux Etats-Unis. « Il vient utilement compléter notre portfolio », juge Mads Krogsgaard

qui ne devraient toutefois pas arriver sur le marché avant 2015 ou 2016. Conformément aux préceptes industriels déjà mentionnés, le remplissage et le conditionnement du Victoza seront assurés prochainement par l’usine chartraine et par celle de Clayton aux Etats-Unis. Le

PLUS DE 400 MILLIONS DE DIABÉTIQUES EN 2025 L’épidémie de diabète ne faiblit pas ! Plus de 300 millions de patients souffrent de diabète dans le monde et cette maladie, pour son type 2, connaît une expansion épidémique. Les mauvaises habitudes alimentaires et l’obésité induite par ces comportements expliquent cette sinistre progression. L’OMS estime que le nombre de diabétiques dans le monde pourrait passer à 418 millions d’ici à 2025, soit une augmentation de 36 %. La France n’est pas à l’écart du phénomène. Avec près de 2,6 millions de patients traités, le taux de prévalence s’élève déjà à 4 % de la population. « C’est une maladie insidieuse qui ne fait pas souffrir dans ses débuts. On peut estimer qu’un diabétique sur cinq est méconnu ou oublié », indique le Pr. Bernard Bauduceau, le responsable du service d’endocrinologie de l’Hôpital d’Instruction des Armées Bégin qui souligne « qu’elle est la première cause de cécité et que ses complications provoquent chaque année en France plus de 8 000 amputations ».

Thomsen, un portfolio « qui est aujourd’hui le plus complet du marché et permet la mise en œuvre de stratégies thérapeutiques adaptées à tout type de patient ». De surcroît, les équipes de R&D et cliniques du laboratoire danois travaillent à d’importantes extensions d’indications du Victoza dans le traitement de maladies cardio-vasculaires ou de l’obésité, des indications

site chinois de Tianjin pourrait également prendre en charge cette activité de finalisation pour le marché asiatique. A Chartres, on se prépare à ce transfert de premier plan puisque, dès 2011, une nouvelle ligne de remplissage à très grande vitesse devrait accroître les capacités de l’usine de 25 %. Jean-Christophe Savattier

EN BREF

des unités secondaires implantées au Danemark et par nos usines installées à Chartres, près de Paris, à Clayton, en Caroline du Nord, ou à Montes Claros au Brésil », nous indique Henri Wulff, senior vice-président du laboratoire danois. Bientôt, une usine chinoise installée à Tianjiin, construite à partir d’une unité qui se limite aujourd’hui à des activités de packaging, prendra en charge le remplissage des stylos injectables et leur conditionnement ; cette nouvelle activité démarrera aussitôt l’achèvement d’une importante opération d’agrandissement du site. Le projet industriel, qui mobilise aujourd’hui d’importantes ressources, est lié au lancement du Victoza, un analogue du GLP-1 humain. Ce nouveau produit – qui n’est pas une insuline… – est indiqué dans le traitement du diabète de type 2 et il vient tout juste d’être lancé par la pharma danoise. Le leader mondial des traitements du diabète tient sans doute là un futur blockbuster : « Le Victoza devrait générer, d’ici à cinq ans, un CA supérieur à 1 Md$ », confirme le Pr. Mads Krogsgaard Thomsen, directeur scientifique du groupe. Le produit administrable en une prise quotidienne a démontré d’importants bénéfices thérapeutiques, comparé aux molécules (glimépiride, rosiglitazone, exénatide) déjà commercialisées par les grands

Les chiffres clés de Novo-Nordisk • Près de 30 000 salariés dans le monde. • CA de 6,86 Md€ en 2008. • Le laboratoire consacre près de 16 % de son CA à la R&D (4 600 chercheurs).

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En direct des usines

Le LFB veut devenir un Le LFB vient de finaliser un investissement sur son site lillois qui lui permet de doper ses capacités de fabrication d’immunoglobulines. De quoi accroître le leadership du groupe sur le marché français et lui ouvrir les portes de l’exportation.

Christian Bréchon (LFB)

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C’

est probablement l’un des investissements en bioproduction les plus marquants de ces derniers mois. Le LFB, opérateur public spécialisé dans la fabrication de médicaments dérivés du plasma (MDP), est en passe d’achever un programme d’investissement de 60 M € . Le laboratoire (376 M € de CA en 2009, soit une croissance de 7 %, 1 700 salariés au total), a déjà investi 20 M€ dans le doublement des capacités de fractionnement de son site des Ulis (91), spécialisé dans l’amont des MDP, qui passent ainsi de 0,5 à 1,2 million de litres produits. L’usine de la région parisienne a également bénéficié de 17 M € pour

la création d’un nouvel atelier un marché français estimé à 5 affecté aux fractions coagulantes et tonnes en 2009 (en croissance de 8 de 5 M€ dédiés à l’optimisation de à 10 % par an). Ce projet, « majeur la filière de réception du plasma pour l’entreprise », est aussi très (création de surfaces grand froid à important pour les patients qui ont pu être confrontés à des pro– 40°C). Mais c’est à Lille (59), où est implan- blèmes de disponibilité des protée – dans une ancienne filature… duits : « Il me semble toutefois que – sa seconde usine de purification cette époque est derrière nous », et de mise en forme pharmaceu- juge le pdg. Au mois de mai dertique, que le groupe De telles ressources nier, le nouvel atelier LFB lance un investissement majeur. vont nous autoriser lillois, qui accueille à répondre aux 1 000 m2 d’installaObjectif : se doter besoins totaux d’un nouvel atelier tions classées, a du marché français de fabrication d’imcommencé à prodès 2010 munoglobulines, ces duire des lots comproduits indiqués dans le traite- merciaux du Clairyg (Ig polyment des immunodéficiences et valentes), la seconde immunoglode nombreuses maladies auto- buline du groupe qui doit être lanimmunes et rares. Les capacités cée sous peu sur le marché additionnelles (de l’ordre de 5,6 français. tonnes par an) porteront la capa- Les équipements implantés à Lille cité de production d’immunoglo- impressionnent par leur technicité bulines à environ 8 tonnes d’ici à et par les procédures de sécurisala fin 2011-début 2013. tion et de traçabilité déployées à « De telles ressources vont chaque étape de la purification et nous autoriser à répon- de l’extraction des protéines. « L’endre aux besoins to- jeu étant évidemment de suppritaux du marché mer ou d’inactiver tous les agents français dès infectieux sans compromettre l’ef2010», indique ficacité du produit et… notre Christian Bré- compétitivité », indique le Dr. chon, patron du Patrick Bergeat, directeur général LFB. Le labora- des opérations. toire revendique L’une des étapes critiques de la une part de 64 % sur fabrication – élaborée et brevetée


acteur mondial LE LFB VEUT SÉCURISER SA COLLECTE Aujourd’hui essentiellement approvisionné par l’Etablissement Français du Sang(EFS), qui détient le monopole de la collecte de plasma en France, le LFB doit se doter de sources additionnelles pour accompagner son développement international. C’est dans cette logique que la direction a annoncé en juin dernier le rachat d’un groupe autrichien de collecte composé des sociétés Humanplasma, KMS Plasmaservice et SMK Plasmaholding. Créée en 1986, cette entité répondant aux plus hauts standards européens de qualité dans la discipline, compte environ 165 salariés répartis sur 7 centres de collecte en Autriche et en Tchéquie pour un CA de près de 20 M€. Le don de sang étant financièrement compensé en Autriche et en Tchéquie – ce qui est rigoureusement prohibé en France –, le plasma collecté par la cible ne pourra pas entrer dans la composition de médicaments destinés au marché français. Vérité en-deçà des Pyrénées…

450 kg de matière intermédiaire pour obtenir 20 kg de produit final ». Si ces capacités seront utilisées pour couvrir davantage le marché français, elles devraient permettre au LFB de marquer des points à l’international qui constitue encore la part-croupion – à peine 10 % – de la facturation. « Le marché mondial de l’immunoglobuline s’élève à plus de 80 tonnes et connaît une progression soutenue. Il nous faut anticiper ces besoins », précise ainsi Christian Bréchon. Globalement, le marché mondial des protéines plasmatiques (facteurs et immunoglobulines ensemble) s’est ainsi élevé à près de 9,4 Md$ et il est « surtout animé par la croissance des

immunoglobulines aux Etats-Unis et en Europe ». Les pays émergents, notamment les BRIC, soutiennent pour leur part la croissance du marché de produits plus classiques, tels que l’albumine ou les facteurs VIII plasmatiques. Enfin, le pdg du LFB a indiqué en marge de la présentation de ces ambitions industrielles et commerciales que l’ouverture du capital de son laboratoire – et cela en conformité avec l’une des mesures annoncées en octobre dernier à l’issue du Comité Stratégique des Industries de Santé (CSIS) – « ne serait pas réalisée en 2010 en raison de conditions de marché défavorables ». Jean-Christophe Savattier

EN BREF

par les équipes d’ingénierie et de développement industriel du LFB – fait intervenir des processus de nano-filtration et de chromatographie à échange d’ions : ceux-ci permettent de retenir, après le passage et l’ionisation du plasma purifié dans une colonne, les « bonnes protéines » après que les agents microbiens infectieux ont été électriquement chargés. « C’est là où se niche véritablement le cœur de notre savoir-faire qui permet d’assurer une pureté du produit final de 98 %. Cela n’a pas d’équivalent sur le marché », affirme Christian Bréchon. La composition, la texture et l’organisation complexe des nano-filtres est évidemment l’un des secrets les plus jalousement gardés par les équipes du LFB. De même, la nature exacte du gel, qui se situe à la base de la colonne et permet de retenir les protéines, est également l’une des fiertés des équipes du laboratoire. Cette sorte de « soupe » semi-liquide n’est pas à la portée de toutes les bourses. « Nous devons changer régulièrement ce produit qui représente pour deux colonnes une dépense d’environ 450 000 € », indique l’un des responsables industriels, qui souligne que le rendement du process a bien progressé ces dernières années : « Il faut toujours près de

Les chiffres clés du LFB • 5 tonnes d’immunoglobuline ont été prescrites en France en 2009, dont 3,2 produites par le LFB. • Le LFB a investi plus de 160 M€ depuis 2004 et 30 M€ seront engagés d’ici à la fin 2010.

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En direct des usines

L’enracinement de Merck L

Les usines françaises de la pharma germano-suisse, principalement dédiées à la fabrication de la metformine, profitent à plein de la croissance mondiale des marchés du diabète. En 2010, le site orléanais devrait ainsi produire 4,5 milliards de comprimés de Glucophage.

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es usines françaises de Merck Serono n’ont à priori pas de souci à se faire. Les deux sites de production d’API de Meyzieu (69) et de Calais (62), qui emploient respectivement 200 et 60 salariés, sont « devenus les principaux producteurs pour le groupe de la metformine, un antidiabétique de première intention qui connaît une croissance régulière » indique Pierre-Henry Longeray, le président des activités du groupe allemand pour la France. Un pays où Merck Serono est fortement enraciné depuis 1991 et le rachat, complété en 1995, du laboratoire lyonnais Lipha. Les chiffres sont édifiants. En 2009, ces deux usines auront produit à parité près de 5 400 tonnes de ce principe actif, « une volumétrie impressionnante, estime PierreHenry Longeray, sachant que le dosage maximal de cet antidiabétique oral s’élève, pour certaines présentations, à un gramme ». Dans ce contexte, la troisième usine française de médicaments du groupe allemand, implantée à Semoy près d’Orléans (45), tourne aussi à plein régime. En 2010, le site, qui emploie environ 300 collaborateurs, devrait produire près de 4,5 milliards de comprimés de metformine voués à être commercialisés dans le monde entier principalement sous la marque Glucophage. Une belle

remontée après le creux du milieu de la décennie. « Nous produisions 4,3 milliards de comprimés en 1999 et… à peine 2,6 milliards en 2005 », précise le président de Merck Serono pour la France. « La percée du Glucophage sur le marché américain avait accru les volumes mais la concurrence des génériques, effective dès 2001, a fortement fait chuter les ventes », reprend Pierre-Henri Longeray. Ainsi, en 2002, le volume de fabrication de la metformine était tombé à 3 500 tonnes sur les sites calaisien et lyonnais. Mais la courbe s’est une nouvelle fois inversée. « Nous sommes aujourd’hui quasiment revenus à nos volumes de la fin des années 90 », se félicite le dirigeant. La croissance du marché du diabète, en particulier en Asie et en Amérique latine, ainsi que la diversification du portefeuille client des sites – les usines françaises travaillent aussi

pour… quelques génériqueurs – ont permis d’accroître les cadences. Et ce n’est peut-être pas fini ! « Des traitements antidiabétiques oraux de nouvelle génération, actuellement en développement, associeront pour la plupart d’entre eux de la metformine, parfois dans le cadre de formulations deux en un », indique Pierre-Henri Longeray. Si la laboratoire parvenait à signer des accords de co-développement avec des partenaires engagés dans ces projets, « nous devrions sans doute envisager un accroissement de nos capacités qui sont aujourd’hui tout à fait adaptées à l’évolution des nos marchés ». Pas de fausse joie, « rien n’est encore

Pierre-Henri Longeray, président de Merck Serono France.


prévu ». Quant à la quatrième usine française de Merck Serono, implantée à Martillac, près de Bordeaux (33), elle se consacre à la bioproduction de lots précliniques et cliniques. Cette plate-forme d’une soixantaine de salariés – qui a fait l’objet d’un reportage publié dans le second numéro d’Actu Labo – a noué une « relation privilégiée » avec l’usine suisse de Serono implantée à Corsier-surVevey. Cette dernière bénéficie d’un très important programme d’investissement de 300 M€, visant notamment à accompagner la ré-

internalisation sur le site – qui produit déjà un interféron indiqué dans le traitement de la sclérose en plaque – de l’Erbitux. La production de ce traitement du cancer colorectal métastasique est aujourd’hui confiée à la sous-traitance. « Mais il ne faut pas se méprendre sur les grandes orientations industrielles du groupe. Merck Serono, s’il accomplit un très gros effort dans les biotechnologies, n’entend pas se désengager de l’activité chimique traditionnelle qui correspond d’ailleurs à la cul-

ture initiale de Merck KGaA. Le laboratoire gère de très importants capacités à Darmstadt, berceau de l’entreprise, née en… 1668 » poursuit Pierre-Henri Longeray. Pas question de lâcher la proie pour l’ombre. Merck Serono « est à la fois un groupe chimique et une entreprise de bioproduction ». Et c’est bien sur ce modèle mixte que les stratèges de la pharma de Darmstadt entendent fonder la croissance à venir… Jean-Christophe Savattier

EN BREF

Serono en France Les chiffres clés de Merck Serono en France • 1 650 collaborateurs, dont près de 620 en fabrication. • CA de 520 M€. • Première filiale du groupe en Europe. • Deux sites chimiques à Meyzieu (69) et à Calais (62). • Une unité formes sèches à Semoy (45). • Une plate-forme de bioproduction de lots précliniques et cliniques à Martillac (33).

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Conditionnement

Aguettant injecte une do S

La seringue pré-remplie d’Ephédrine en plastique a nécessité cinq années de développement et 5 M€ d’investissements sur le site de Lyon-Gerland, qui prépare déjà un virage européen avec une augmentation rapide de ses cadences.

Seringue pré-remplie d’Ephédrine en plastique.

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écuriser l'injection à l'hôpital est depuis toujours un cheval de bataille pour le Laboratoire Aguettant, basé à LyonGerland, qui fabrique et commercialise près de 350 références de médicaments injectables en France et dans 70 pays à l’étranger. La plupart sont utilisés en urgence au bloc opératoire, notamment en anesthésie et réanimation. En 2006, ils se distinguaient sur le marché avec la première seringue pré-remplie d'Ephédrine en verre, qui a

connu un grand succès dès le départ, malgré son coût. « Il existe aujourd'hui de nombreux fournisseurs de seringues pré-remplissables pour les injectables, en verre et en polymère (COC ou COP), souligne Danielle Labrèche, directeur du Business développement. Mais les fabricants de ces produits s’adressent surtout aux marchés des vaccins et des biotechnologies sur

lesquels la pression des prix est tage d'être plus flexible au niveau moins importante que pour les du design, ce qui nous a permis produits génériques injectables uti- d'intégrer plusieurs critères, qui lisés tous les jours au bloc opéra- n'existent pas dans les produits COC ou en verre existants, comme toire. » Poussant un peu plus en avant ses la butée Backstop et le design du recherches et ses compétences en système d'ouverture », précise matière de plasturgie, le Laboratoire Danielle Labrèche. Aguettant cherche à relever le Parmi ses avantages, la seringue prédéfi du prix. Résultat : il y a remplie est en PP et sans aiguille, tout juste un an, il lance ce qui limite à la fois les risques de la première seringue sté- cassure et d'accidents. Une étiquette rile pré-remplie d'Ephé- couleur et double graduation perdrine en plastique (polypro- met une lecture rapide de la dose, pylène-PP), comme une solution et une autre déchirable est présenpré-diluée avec un piston déjà tée comme un témoin d'inviolamonté et prêt à l’emploi, qui évite bilité. Côté stérilité, qui est la reconstitution Des brevets un des points d'atdans l’urgence à protègent le système tention essentiels l’hôpital. d'ouverture et la dans la conception L'innovation, qui a stérilisation du de la seringue, le nécessité cinq ans joint de piston système d'ouverture de développement, est protégée par deux brevets inter- par ruptible garantit l'intégrité du nationaux pour son système d'ou- produit jusqu'à l'administration. En verture et la stérilisation du joint de outre, le blister individuel reste stépiston. Le produit a été commer- rile, donc il n'y a pas non plus de cialisé sous le nouveau label décontamination préalable nécesAguettant System® qui regroupe saire. « La stérilité est améliorée aujourd’hui sous une même grâce à un système de bouchage marque quatorze brevets du labo- breveté qui réduit le risque de maladies nosocomiales car toute ratoire. Rapidement, les seringues en verre contamination est rendue impossid'Ephédrine ont été remplacées à ble au moment de l’injection, exl'hôpital par cette innovation au de- plique Guillaume Bonnefond, sign plus léger, ergonomique et sur- responsable R&D. De même, notre tout plus sûr à utiliser pour le technologie brevetée permet une personnel médical. « Le PP a l'avan- stérilisation complète du joint de


se de sécurité à l'hôpital piston, avec un cycle de stérilisa- déposé une demande d'AMM en tion optimisé ». Dans un souci Europe il y a un an, notamment au d’économie, la fabrication de la Royaume-Uni et en Belgique. seringue a été intégrée sur le site En parallèle, la même démarche a été réalisée pour trois de Lyon-Gerland. dosages différents Côté composants, le Le système d'Atropine, et celle-ci laboratoire Aguetd'ouverture par devrait aboutir d'ici tant a travaillé avec ruptible garantit fin 2010. « Notre des partenaires franl'intégrité du stratégie de dévelopçais, comme Union produit jusqu'à pement hors France Plastic, Stelmi et l'administration passe par le partenaSüdpack Medica. Ont également participé au projet riat et nous avons investi beaucoup l'américain Oliver Stolas, le français sur cette première étape », reconLorge Imprimeurs (étiquettes) et naît Danielle Labrèche. En parallèle, la recherche de partenaires coml'autrichien Borealis (PP). Le produit vise aujourd'hui le mar- merciaux se concrétise. Un accord ché français, mais Aguettant compte a déjà été signé avec la société très vite s'orienter vers l'Europe. S'il Stragen Pharma, de Genève dispose déjà de l'AMM de l'Ephé- (Suisse), pour la commercialisation drine en France, il a également des seringues Aguettant sous le nom

Danielle Labrèche.

Stragen dans quatre pays en Scandinavie. Le dépôt des dossiers d'AMM est prévu pour l’automne 2010. « Nous avons aussi d'autres prospects au Royaume-Uni, en Australie et au Canada, avec des possibilités de co-développement pour accélérer les lancements », conclut Danielle Labrèche. Marion Baschet-Vernet

Les frais de développement et d'enregistrement réglementaire de la seringue pré-remplie d'Ephédrine en plastique ainsi que la mise en place d'une ligne industrielle dimensionnée aux besoins (deux formats disponibles, 5 ml et 10 ml) représentent un investissement de 5 M€ sur le site de Lyon-Gerland. La particularité du site est de proposer un système en vrac (ou bulk) d'approvisionnement de la ligne, à la différence d’autres fabricants plus centrés sur des systèmes « nest ». « Dans un système dit « nest », on approvisionne la machine avec des composants déjà pré-rangés dans des boîtiers stériles, explique Guillaume Bonnefond. Le remplissage doit se faire sous conditions aseptiques et rend le procédé plus coûteux ». Le système d'approvisionnement de la ligne à Lyon est donc plus linéaire, intégrant une étape de stérilisation terminale à la vapeur. La capacité à terme de la ligne serait de 6,5 millions d'unités par an. « Pour répondre aux demandes en France et en Europe, notre objectif est d'atteindre le million de seringues d'Ephédrine annuel », pointe Guillaume Bonnefond.

EN BREF

UNE CAPACITÉ DE 6,5 MILLIONS DE SERINGUES PRÉ-REMPLIES PAR AN

Les chiffres clés d’Aguettant • 510 salariés. • CA de 82,7 M€ en 2009. • Sites de production à Lyon (69) et à Champagne (07). • Médicaments injectables pour l’hôpital, solutions de rinçage et d’irrigation.

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Conditionnement

Servier passe au Data A Gidy, près d’Orléans, les laboratoires Servier disposent de quatre unités de production de spécialités pharmaceutiques. Une équipe projet travaille depuis trois ans à la mise en conformité au Data Matrix, avec comme partenaire la société Domino, spécialiste du marquage et de la traçabilité. Un projet d'envergure qui concerne les quatre unités de production dans le Loiret.

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C

équipées aujourd'hui, avant de G200 de Domino est une impridécider de se tourner vers les sys- mante jet d'encre thermique par tèmes à cartouches qui présentent cartouche, utilisée notamment plus d'avantages d'un point de vue pour le marquage en CIP 13 Data financier, d'encombrement et de Matrix des étuis. « Deux lignes sont en production garantie de la qualité du grade. Pour ce faire, une phase de tests avec le marquage Data Matrix de trois mois a été conduite sur le pour l'instant, une ligne pilulier très chargée et une terrain. Elle a conautre qui foncsisté à comparer les Pour l’instant, tionne plus poncdifférents rendus deux lignes techniques et de sont en production tuellement », note marquage de pluavec le marquage Didier Perrucot, chef de projet techsieurs fournisseurs Data Matrix nique du service de cette nouvelle technologie à partir d'une ligne Etude et Réalisation à Gidy. fonctionnant à 300 coups/minute. Progressivement, huit modules de Le choix s'est finalement porté sur marquage intégrant la Série G200 les solutions de marquage à jet de Domino doivent venir compléd'encre thermique de Domino, ter l'ensemble. En pratique, les laboratoires Servier se sont occuspécialiste de l'impression. A Gidy, les laboratoires Servier pos- pés de la gestion de l'intégration sèdent vingt lignes de production du système de marquage, avec le dont une douzaine sont équipées système de convoyage intégrant en Série G200 Domino. La série un système de vision. « Nous avons travaillé en partenariat avec Domino pour garder la maîtrise du marquage, poursuit Didier Perrucot. C'est très important, puisque c'est la qualité du marquage qui nous garantit la qualité du grade. Nous nous devons vis-à-vis de la réglementation de garantir un grade C, qui assure une lisibilité des étuis jusqu'au client final. Nos dates de péremption varient de trois à cinq Marquage au Data Matrix des boîtes de médicaments ans. » Un autre critère de choix et

ela fait déjà trois ans que les laboratoires Servier travaillent à leur mise en conformité du marquage Data Matrix sur leurs quatre unités de production du Loiret, toutes situées dans la périphérie d’Orléans. Elles sont spécialisées dans les formes sèches et liquides. Rappelons que la réglementation française exige l'impression d'un code Data Matrix comportant les informations du CIP 13, du numéro de lot et de la date de péremption sur tous les étuis de médicaments vendus sur le sol français, en ville et à l'hôpital, y compris les Dom-Tom, pour toutes les productions à partir du 1er janvier 2011. Au départ et comme beaucoup de laboratoires, les laboratoires Servier envisageaient la mise en place de système de marquage laser, dont certaines lignes sont


Matrix d'efficacité était d'avoir un taux de défaut grade C maximum de 1 marquage pour 1000 sur les lignes de conditionnement. Dès lors, la mise en production des lignes va se faire de manière progressive, avec une planification des stocks. D'autant que le design de l'ensemble des étuis – soit près de 160 références – doit être revu, le marquage ne pouvant « accrocher » sur des étuis vernis et donc assurer une traçabilité de bout en bout. « Pour mettre en production un système, il faut que les étuis des princeps qui passent sur la ligne soient prévus au marquage, explique Didier Perrucot. Nous avons donc dû ajouter un aplat qui a été dimensionné précisément pour l'ensemble des étuis, et les machines seront réglées en conséquence. » La prochaine étape vise la sérialisation des étuis, et c'est en ce sens que le choix des laboratoires Servier a aussi privilégié les solutions Domino compatibles avec cette exigence supplémentaire. En vue de la sérialisation, le marquage des étuis par jet d'encre thermique s'effectue en fin de ligne « au plus prêt de l’encaissage » pour limiter les rejets et faciliter la remontée d'informations pour la future traçabilité. Aujourd'hui, des pays comme la Turquie, la Belgique, sont déjà passés à cette étape de

ARJOWIGGINS ET DOMINO SÉCURISENT LES MÉDICAMENTS Le métier de base d'Arjowiggins est de protéger des billets de banque et des documents de sécurité. En capitalisant sur ses compétences, la société a étendu ses applications à tous les commerces souffrant de la contrefaçon. Pour ce faire, elle a adapté pour l'industrie SpotTag, une technologie de protection de troisième niveau. Pour l’industrie pharmaceutique, Arjowiggins, avec l'aide de Domino, a mis au point des encres de protection indétectables et reconnues par les seules imprimantes à jet d'encre du constructeur mondial de machines d'impression. « On peut donner des signatures chimiques aux encres, note Herlé Carn, directeur marketing et commercial d’Arjowiggins. Et donc personnaliser une signature pour chaque laboratoire, avec un lecteur dédié associé. Cette exclusivité dans la démarche peut aller jusqu’au design, la couleur de l'encre par exemple. » C'est une recherche de personnalisation qui est aussi visée par certains pays pour sécuriser la distribution des médicaments sur leur territoire. Baptisée Secumatrix, la technologie a été lancée il y a deux ans sur le marché et a déjà fait ses preuves pour tous les supports blisters, tubes, étuis, ampoules en verre. Outre la sécurisation, elle permet la traçabilité des produits marqués, qui sont agrégés dans une base de données. Enfin, en fonction des autres éléments d’authentification visuels retenus par les industriels, il est possible de vérifier sur un site internet l’authenticité des produits puis leur identification unitaire.

traçabilité à l'unité. Des tests sont en cours au niveau de l'EFPIA en Suède pour une possible généralisation en Europe. « Rien n'est défini pour l'instant, mais nous savons qu'il faudra intégrer à terme une sérialisation dans le code Data Matrix de 20 digits pour que chaque boîte soit unique, référencée et que l'on puisse la remonter dans nos systèmes d'information, indique

Didier Perrucot. Mais nous n'avons pas encore travaillé sur ce sujet puisque l'impératif est d'abord de mettre en production tous nos étuis avec un Data Matrix d'ici à la fin de l'année. » Cette exigence de conformité vise également tous les sites des laboratoires Servier à l'international qui travaillent pour le marché français. Marion Baschet-Vernet

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Conditionnement

Aptar Pharma sur tous les fronts Aptar Pharma regroupe dorénavant les compétences de Pfeiffer et de Valois Pharma dans l'administration nasale et pulmonaire. Le changement d'identité vise à donner plus de visibilité à son marché et à poursuivre ses développements notamment dans les domaines de l'asthme, de la rhinite allergique et du traitement de la douleur.

Le site de Vaudreuil vu du ciel.

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Ê

tre plus réactif et spécialiser sa production pour répondre au mieux aux besoins des laboratoires, c'est la stratégie mise en avant par le groupe américain Aptar, spécialisé dans les systèmes de dispensation, qui vient d'adopter une organisation de ses activités de manière verticale, par marchés. Dans cette refonte, Aptar Pharma regroupe les marques Pfeiffer et Valois Pharma, pour la pharmacie, sous deux divisions orientées éthique et OTC. « Nous sommes dans une période dynamique de grands changements, souligne Pierre Carlotti, directeur marketing et de la communication d'Aptar Pharma. Nous avons calé notre organisation sur celle de nos principaux clients laboratoires de prescription, avec une mise en place progressive d'ici au début 2011. » Parmi les clients

d'Aptar Pharma, spécialiste de la voie nasale et pulmonaire, citons AstraZeneca, Cipla, GSK, Merck (ex-Schering Plough), Novartis ou encore Sanofi-Aventis. L’année 2010 sera celle de la transition pour Aptar Pharma division prescription, qui marque aussi des avancées concrètes et ciblées côté innovation. Un constat qui préfigure des transpositions industrielles à venir sur ses sites, notamment celui du Vaudreuil (27) qui fête ses vingt ans cette année. Ce dernier abrite déjà plusieurs lignes Imat (InMould Assembly Technology), technologie propre et brevetée qui consiste à assembler dans le moule. D'ici peu, Aptar Pharma y ajoutera la production du Landmark®, indicateur de doses pour les inhalateurs pressurisés pour l'asthme puis, d'ici à quelques années, celle du Prohaler ®, inhalateur à poudre

sèche, qui est en phase avancée de développement. Autres projets pour la division prescription : la commercialisation de la pompe nasale Equadel® et la concrétisation du succès pour l'actionnement latéral, un domaine porteur dans lequel Aptar Pharma innove pour le confort des patients avec son offre Latitude(TM). Sur le marché de la prescription, reste les « e-devices », dont les applications dans le traitement de la douleur sont aussi encouragées par les autorités de tutelle pour assurer le bon usage dans l'administration de substances contrôlées, comme les morphiniques inscrits au tableau B. Il s'agit de pompes fonctionnant mécaniquement, équipées de poussoir à usage nasal ou sublingual, qui intègrent des fonctionnalités telles qu'un compteur de doses, des systèmes de feedback pour le patient et, dans certains cas, un système de verrouillage pour surveiller le respect de la posologie grâce à des composants électroniques. Aptar Pharma s'est aussi récemment illustré avec l'administration du Fentanyl de Nycomed, pour le traitement des douleurs lourdes associées au cancer, au travers d'une pompe nasale, et d'un médicament dérivé du cannabis (THC et Cannabidiol) au moyen d'une pompe sublinguale développée pour le laboratoire britannique GW Pharmaceuticals. M. B.-V.


LGR EMBALLAGES INVESTIT Basé à Oyonnax (01), le cartonnier français spécialisé dans la pharmacie et parapharmacie vient d'investir dans trois nouvelles presses Speedmaster XL 105 dernière génération du constructeur allemand Heidelberg. La particularité des machines est d'être équipées de Prinect Inpress Control qui permet de contrôler en continu l'encrage et le repérage grâce à un spectromètre. Une Speedmaster XL 105 fonctionne déjà depuis quatre ans sur le site de Montélimar-Le-Teil, en Ardèche. « Nous avons été impressionnés par la rapidité à laquelle nous atteignons la bonne feuille avec Prinect Inpress Control, note Philippe Ratte, membre du comité de direction de LGR en charge de la technologie. Il en résulte des temps de mise en route extrêmement courts, une substantielle réduction de la gâche et un très haut niveau de qualité. Ces équipements hautement industrialisés et productifs sont très importants dans le domaine pharmaceutique où les longueurs de tirage commencent à partir de 2 000 feuilles. » LGR Emballages est le premier imprimeur français pour l'industrie pharma et le troisième en Europe, ainsi que le second fabricant français de boîtes en carton ondulé. Il regroupe 650 personnes sur 9 sites en France, en Espagne et en Belgique. En outre, au sein du groupement PharmaPact, une alliance européenne qui regroupe aussi deux autres cartonniers leaders pour la pharma, que sont Edelmann en Allemagne ainsi que Nampak au Royaume-Uni et en Italie, il propose une structure pan-européenne d'achats pour les étuis carton et les notices des laboratoires, avec l'intérêt d'une gestion de proximité à partir des sites de chacun en Europe.

BD OUVRE UNE USINE EN HONGRIE… Localisé à Tatabanya, le nouveau site européen de l'américain BD (Becton Dickinson) Pharmaceuticals, spécialiste de l'injection, représente un investissement de 100 M€ sur deux années de construction. Il devrait être opérationnel courant 2010 et aider le groupe à répondre à la demande mondiale de seringues pré-remplies Hypak ® . BD prévoit d'embaucher 500 personnes sur place d'ici à 2014 et de produire jusqu’à 500 millions de seringues. Becton Dickinson possède d’autres sites similaires en France, au Pont-de-Claix (38) et en Espagne, à Madrid.

… ET LANCE UNE AIGUILLE ULTRA-FINE C'est la plus petite aiguille pour stylo à injection qui existe – 4 mm de longueur et 32 gauges de calibre – que BD Pharmaceuticals vient de lancer en Europe pour aider les diabétiques à réaliser plus facilement leurs injections régulières d'insuline et surtout sans douleur. Un premier lancement de l’aiguille Ultra-Fine Nano a été effectué aux Etats-Unis, suivis par l'Europe : depuis avril, pour la France, mai pour l'Allemagne et juillet pour le Royaume-Uni. Les essais cliniques effectués sur la nouvelle aiguille démontrent l'efficacité d'une injection sous-cutanée et un meilleur contrôle de la dose.

NAMPAK INVESTIT EN ALLEMAGNE Le spécialiste du packaging Nampak s’apprête à investir 4,5 M€ sur son site de Wolfen, en Allemagne. Nampak construira une nouvelle unité de production à proximité de son site actuel, dont le bail expire dans peu de temps. Celle-ci, qui fabriquera des blisters et des notices pour l’industrie pharmaceutique, devrait ouvrir à l’été 2011. Nampak possède une douzaine d’implantations à travers l’Europe qui ont enregistré environ 215 M€ de CA l’an passé. … ET AUSSI AU ROYAUME-UNI A Bradford (Royaume-Uni), sur son principal site pharma qui regroupe 210 personnes, l'imprimeur britannique d'étuis et notices Nampak a investi 1,2 M€ dans l'achat de machines de contrôle par la vision. Le système Print Quality Assurance Sheetfed (PQAS) du japonais Komori, qui

permet une inspection en temps réel et en ligne de 100 % des produits, a été installé sur la presse Komori Lithrone S40 acquise par Nampak l'année dernière. SCHOTT SE LANCE DANS LES SERINGUES PRÉ-REMPLIES Schott Pharmaceutical Packaging vient de lancer la production de seringues pré-remplies dans son unité nord-américaine, qui a nécessité un investissement de 14 M$ et la création d’une quarantaine d’emplois. Le site devrait produire 270 000 seringues par jour ; Schott Pharmaceutical prévoit d’y investir encore 30 M$ à terme.

LES NANOTECHNOLOGIES AU SERVICE DU PACKAGING Selon une étude américaine, le marché des emballages pharmaceutiques utilisant des nanotechnologies devrait représenter 6 Md€ d’ici à 2014. Ce marché enregistre ces dernières années une hausse de 16,5 % par an. L’Europe et les USA resteront les plus gros consommateurs, suivis par l’Asie et particulièrement l’Inde. COMAR ACQUIERT UNICON La firme US de packaging pharmaceutique Comar (seringues, bouteilles, flacons plastiques) vient d’acquérir son compatriote Unicon (Unviversal Container Corp), spécialisé dans le moulage par injection et extrusion, qui est basé à Porto Rico.

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Conditionnement EISAI ET CREST LANCENT LE PHARMAMAKER L’américain Eisai Machinery (équipements pharmaceutiques) et l’irlandais Crest Solutions (offres de traçabilité pour l’industrie pharma) viennent de lancer un nouveau système de suivi des cartons de médicaments : le PharmaMarker. Cette machine est capable de coder, vérifier et suivre jusqu’à 450 cartons par minute grâce à la vérification d’un code Data Matrix attribué à chaque paquet. Les informations recueillies par le PharmaMarker sont ensuite enregistrées dans le Crest Solutions Protrack, une base de données qui permet d’optimiser la traçabilité des lots pharmaceutiques. Les deux sociétés, actuellement en discussion avec différents partenaires, espèrent déployer ce dispositif au niveau mondial.

EVEON CRÉE LA SERINGUE ÉLECTRONIQUE La société grenobloise Eveon a conçu et développé un dispositif d’injection de médicament miniaturisé et automatique, sans risque pour le patient ni pour le personnel de soin. Dépourvues de piston, ces seringues sont dotées de capteurs de tissus humains à base de microsystèmes. Par sécurité, l’aiguille n’est accessible qu’au moment de l’action. Et le volume injecté est précis au millilitre près, avec un volume mort (celui qui reste dans la tête de seringue) divisé par quatre, permettant d’ajuster la quantité exacte de médicaments onéreux. La production d’une première petite série de dispositifs d’injection devrait être lancée d’ici à la fin 2010.

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KLOCKNER INVESTIT EN THAÏLANDE ET AUX USA Le fabricant allemand de films PVC pour l’industrie pharma Klöckner Pentaplast Group vient d’investir 27 M€ pour l’extension de ses capacités de production en Thaïlande et aux USA, qui devrait générer 64 emplois. Les nouvelles lignes de production (film PVC pour tablettes de comprimés) devraient être opérationnelles en 2011. SCHREINER MEDIPHARM SÉCURISE SES ÉTIQUETTES Pour éviter la réutilisation illégale d'étiquettes de médicaments, le spécialiste allemand des étiquettes techniques pour la pharma, Schreiner MediPharm, basé à Münich, lance des solutions intégrant des messages VOID qui apparaissent en cas de tentative d'arrachage de l'étiquette et demeurent de manière irréversible. L'étiquette ne peut plus jamais être recollée. La solution anti-contrefaçon

permet aussi de garantir l'intégralité des données variables mentionnées sur l'étiquette, comme les dates d'expiration.

… ET CERTIFIE SON SITE AMÉRICAIN DE BLAUVELT Schreiner MediPharm a réussi avec succès trois audits (ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001) portant sur le management de la qualité, de l'environnement ainsi que les standards de sécurité et de santé de son site de Blauvelt, à côté de New-York. Cela lui donne de nouvelles opportunités de back-up pour ses productions dans le monde. KLÖCKNER PENTAPLAST AUGMENTE SES CAPACITÉS Le groupe allemand Klöckner Pentaplast, fabricant de films rigides pour l'industrie pharma, a investi 4,9 M$ dans son site américain de Rural Retreat, en Virginie, pour augmenter ses capacités de production de films polyester haute performance destinés aux étiquettes thermorétractables tout en un, aux dispositifs médicaux et aux emballages plastiques thermoformés. GERRESHEIMER OUVRE UN SITE A MOSCOU

Le groupe allemand Gerresheimer, spécialisé dans la fabrica-

tion d'emballages plastiques à destination de l'industrie pharma, vient d’ouvrir une nouvelle unité à Moscou, en Russie, qui produira notamment des seringues pré-remplies pour Petrovax Pharm. Le marché russe de l’emballage devrait représenter jusqu’à 15 Md$ d’ici aux trois prochaines années. ACCORD EN ESPAGNE POUR CHESAPEAKE La division d'emballage pharmaceutique du groupe américain, spécialisée dans les étuis, les étiquettes et notices, a conclu un accord commercial avec l'espagnol Cartonajew Leca SA, un fournisseur d'emballages pour la pharma et la cosmétique, qui devient son représentant local. Leca, qui fait partie du groupe Lantero, possède trois sites de production en Espagne : deux à Madrid et un à Barcelone. A+SECURE PACKAGING DÉMÉNAGE La société américaine A+Secure Packaging, spécialisée dans les emballages pour l’industrie pharmaceutique, s’apprête à déménager sur un nouveau site de 3 150 m2 qu’elle louera à La Vergne près de Nashville, dans le Tennessee. Le site devrait employer une trentaine de salariés d’ici à la fin de l’année. MERCK & CO. VEND MIAMI Dans le cadre de son plan de réorganisation mondiale, Merck & Co. vient de mettre en vente son unité de production et de packaging de Miami Lakes, en Floride, qu’elle espère céder avant la fin de l’année. Le site de Miama Lakes, d’une superficie de 12 500 m2 sur 2,5 ha, appartenait à Schering-Plough depuis 1989.


Métiers

Le travail de nuit réveille R

Le travail de nuit permet d’optimiser l’utilisation des équipements de production ou de répondre aux variations de la charge. Mais sa mise en place, toujours à caractère « exceptionnel » aux yeux du Code du Travail, n’est pas une sinécure.

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épondre ponctuellement à un pic de charge, accroître la flexibilité et la polyvalence des équipements industriels, mieux répondre aux requêtes du service commercial, produire à flux continu : la mise en place d’équipes de nuit permet indéniablement aux responsables de production de relever ces défis et d’optimiser les process placés sous leur responsabilité. Toutefois, la mise en œuvre de ces projets, s’ils mobilisent les réserves de capacité productive tout en concervant des opportunités – plus grande responsabilité et meilleure rémunération – à des salariés impliqués, et notamment aux plus jeunes d’entre eux, n’est pas sans embûches. « Il faut tenir compte que le travail de nuit est plutôt mal perçu

par les médecins du travail qui horaire légèrement différente peut considèrent qu’il est, à priori, être installée mais elle devra faire contre nature », indique ainsi l’objet d’un accord d’entreprise, Nadia Brisson, la responsable des spécifique préalable, soumis à l’auressources humaines du site torisation du médecin du travail Innothéra de Chouzy-sur-Cisse après avis du comité d’entreprise, la mise en œuvre (41), récente animaRécupérer dans du travail de nuit trice d’un atelier de bonnes devant, de toutes consacré à ce sujet, conditions la dette les façons, passer organisé dans le de sommeil acquise, sous les fourches cadre des derniers via l’observation caudines de la Printemps de la de jours de repos signature d’un acProduction Pharcompensateurs cord collectif. maceutique (PPP). Le Code du Travail a d’ailleurs par- « Dans de nombreux cas, le trafaitement intégré cette réproba- vail de nuit, c’est une organisation en indiquant le caractère tion annoncée comme provi« exceptionnel » qui doit être atta- soire… qui va s’installer dans la ché au travail nocturne que la loi durée », ironisait d’ailleurs l’un des définit comme toute tâche accom- participants lors de l’atelier des plie entre 21 h et 6 h du matin à PPP. Avec fréquemment la compliraison d’un minimum de deux fois cité des salariés qui choisissent par semaine. Certes, une tranche délibérément de travailler la nuit


-t-il la production ? « sans parfois mesurer le poids des contraintes physiques et sociales attachées à ce choix de vie », estime Nadia Brisson. Cette dernière recommande ainsi de ne retenir parmi les candidats au travail de nuit que les salariés dont la personnalité et les contraintes familiales sont bien compatibles avec ces horaires atypiques. D’où l’exigence de « bâtir en amont des profils de poste très précis et de pousser assez loin les entretiens préalables », explique ce dirigeant d’une unité de production qui a constitué des équipes de suppléance de nuit. « L’essentiel, c’est de proposer un projet d’organisation du travail au sein duquel le salarié puisse récupérer dans de bonnes conditions la dette de sommeil acquise via l’observation de jours de repos compensateurs », poursuit Nadia Brisson. « Mais il faut aussi prévoir en amont l’éventualité de l’échec de l’adaptation du salarié aux conditions très particulières (isolement physique et social) du travail nocturne », complète ce médecin du travail qui rappelle au passage que la loi exige de l’employeur « de proposer temporairement ou définitivement un poste de jour au salarié dont l’état de santé n’est pas ou plus compatible avec le travail de nuit ou à une salariée qui

déclare une grossesse ». Afin de salariés. « Il faut aussi prendre en bien tenir compte de ces enjeux compte certains coûts cachés liés humains, il semble de bonne poli- à une certaine tendance à la tique d’élaborer ces projets avec diminution de la productivité, un le soutien technique de la méde- absentéisme parfois plus procine du travail et des organisa- noncé, et aussi l’augmentation tions représentadu risque d’accitives de personnel, Les sujets du matin dent du travail, « en insistant sur présenteraient une estimait l’un des l’engagement et la contre-indication participants à l’atemotivation des lier des PPP, qui physiologique salariés qui se pointait également radicale au sont portés volonl’absence de comtravail de nuit taires », note Nadia munication entre Brisson. Surtout, il ne faut pas hési- les équipes de production et les ter à solliciter les ressources de la fonctions support qui peut parchronobiologie, notamment fois peser sur la compétitivité des lorsqu’il est prévu de mettre sur équipes de nuit ». pied des équipes fixes de nuit. Certaines organisations spéciAinsi, les sujets dits du soir – les fiques du travail nocturne (nuits couche-tard ! – semblent plutôt fixes par opposition aux 3x8 à avantagés par le travail de nuit équipes tournantes) ne favorisent parce que leur sommeil diurne est pas l’accompagnement et le manaefficace. Les sujets du matin pré- gement des équipes ; elles peusenteraient, en revanche, une vent provoquer une forme de contre-indication physiologique désocialisation, avoir un impact radicale au travail de nuit. négatif sur la qualité et, in fine, sur Les responsables d’unités de pro- l’implication des salariés noctamduction pharmaceutique désireux bules dans le projet collectif de de tenter l’expérience du travail l’entreprise. de nuit doivent, bien entendu, Projet complexe à multiples modéliser leur plan d’affaires. Car facettes, la mise en place du traun tel passage à l’acte suscite des vail de nuit dans l’industrie pharcoûts supplémentaires générés maceutique est un véritable projet tant par l’effet des repos compen- d’entreprise qui requiert l’engasateurs que par celui de l’augmen- gement de la direction générale. tation de la rémunération (en Sinon, gare aux réveils difficiles… Jean-Christophe Savattier moyenne de l’ordre de 25 %) des

LES CONSEILS DU MÉDECIN DU TRAVAIL • Il ne faut pas généraliser le travail posté qui doit rester une exception. Ne jamais organiser plus de trois nuits d’affilée. Dans ce cas, préférez la succession des postes : matin, après-midi, nuit. • Il est recommandé de respecter au moins deux jours de repos complet après la dernière nuit et au moins 11 h de repos entre deux périodes de travail. • Ne jamais dépasser 8 h d’affilée par poste, en particulier si le travail est pénible.

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Métiers

Attention, la loi handicap C

En amont du renforcement de la loi, en vigueur depuis le 1er juillet, les entreprises du médicament ont créé Handiem, une association pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Retour sur ses missions avec Pascal Le Guyader et Tristan Saladin.

Pascal Le Guyader, directeur des affaires sociales au Leem. 50 Actulabo - Septembre 2010

omment favoriser l’accueil et le maintien des personnes handicapées en milieu ordinaire à l’heure où la loi se durcit pour les entreprises de plus de 20 salariés ? La réponse du Leem tient en quelques lettres : Handiem. Initiée en avril dernier, cette association paritaire a été créée dans le cadre de l’accord de branche du 25 septembre 2008 « en faveur de l’insertion et du maintien dans l’emploi des personnes atteintes d’un handicap », modifié et agréé par le Ministère de l’Economie, de l’industrie et de l’Emploi en novembre 2009. Handiem est aujourd’hui présidée par Tristan Saladin, DRH des laboratoires Chiesi, pour une durée de deux ans. Accompagner et aider les entreprises à devenir « handi-accueil-

lantes », telle est la vocation de taux », souligne Tristan Saladin. Handiem qui fédère un grand A travers de nombreux docunombre de laboratoires pharma- ments, nous expliquons les éléceutiques. Les entreprises concer- ments-clés de l’accord de nées représentent 50 000 salariés branche, les cinq catégories de sur les 108 000 que compte la handicap, les modalités de recrubranche. « Cette association pari- tement et de maintien des pertaire est née d’un constat : l’ho- sonnes handicapées en entreprise. mogénéité des compétences Autrement dit, nous voulons recherchées, le bénéfice d’une apporter une culture générale mutualisation des fonds, le aux entreprises pour favoriser l’handi-accueil renforcement de Donner une mais aussi lutter partenariats avec « culture générale » contre un phénodivers interloaux entreprises mène latent mais cuteurs (Agefiph, pour favoriser grandissant. On se organismes de forl’handi-accueil rend compte que, mation…) nous ont conduits à créer une entité par ignorance ou crainte, nomunique qui a pour but d’aider ses bre de salariés taisent leur évenadhérents à gérer la probléma- tuel handicap. Ils ne sont donc tique des travailleurs handicapés pas reconnus comme tel et, de dans l’entreprise », précise Pascal facto, ne bénéficient ni d’aide ni Le Guyader, directeur des affaires soutien. Lever ce tabou est extrêsociales au Leem. L’employabilité mement difficile mais indispendes personnes handicapées rejoint sable tant pour le salarié (qui en effet le cortège de sujets en risque une aggravation de son vogue actuellement en entreprise : handicap) que pour l’entreprise la pénibilité et la santé au travail, sommée de prendre les décisions l’allongement de la vie profession- idoines. Détecter le handicap et anticiper son évolution fait partie nelle ou les politiques seniors… « En réfléchissant sur la structure des missions de Handiem ». Autres à mettre en place, nous avons chantiers en cours : l’identification réalisé combien les entreprises des métiers à pourvoir au sein des souffraient d’un manque d’infor- laboratoires, l’adaptation des mation sur le handicap. Ce qui postes en fonction des handicaps, nous conduit aujourd’hui à com- un travail de fonds avec les orgamuniquer largement sur ce thème nismes de formation continue ou et à en rappeler les fondamen- initiale, des partenariats renforcés


a changé ! avec le secteur protégé, la création d’un site internet opérationnel cette année. Pour Tristan Saladin, « ce site doit rapidement devenir la plate-forme incontournable de rencontres où coïncideront offres et demandes d’emplois, dépôts de CV, conseils aux entreprises… Il nous faut créer des passerelles entre ces deux mondes peu habitués à se côtoyer. Les entreprises du médicament doivent informer davantage sur leurs besoins, les métiers adaptés, les compétences

recherchées et participer aux forums et salons liés à l’emploi des personnes handicapées. Quant à elles, elles doivent pouvoir accéder facilement à l’information et postuler en toute connaissance. » L’industrie pharmaceutique fait donc preuve à l’égard des handicapés d’une politique volontariste toutefois teintée de prudence. « Il ne s’agit pas de recruter à tout crin pour satisfaire aux obligations légales mais d’embaucher les compétences

dont les entreprises ont besoin. Il faut parvenir à un accord gagnant/gagnant entre l’entreprise et le salarié. D’un côté, apprécier la richesse et l’apport induits par l’accueil d’un travailleur handicapé, de l’autre satisfaire aux exigences de la loi récemment renforcée. C’est toute l’ambition de Handiem que d’aider nos entreprises à emprunter cette voie », conclut Pascal Le Guyader. Capucine Becker

Pharm’Adis,

un sous-traitant adapté

Spécialisé en conditionnement de médicaments, Pharm’Adis emploie près d’une centaine de personnes handicapées. Marc Louis, responsable commercial, fait le point sur cette entreprise adaptée, agréée laboratoire pharmaceutique. Actu Labo : Quelle est la spécificité de Pharm’Adis ? Marc Louis : C’est le seul laboratoire français à disposer du double agrément « d’entreprise adaptée » (anciennement « secteur protégé ») et de laboratoire pharmaceutique. Pharm’Adis est la composante pharmaceutique d’une association loi 1901, l’Adis, qui a pour objectif premier l’emploi des travailleurs

handicapés dans le Puy-deDôme. Nous intervenons, en sous-traitance, sur des opérations difficilement mécanisables réalisées par des handicapés, qui représentent 90 % de notre effectif. Nous accueillons ici tous types de handicaps, moteurs, cérébraux, sourds-muets et 98 % de nos salariés travaillent à temps plein sur des postes adaptés.

Actu Labo : Pour quels types d’opérations fait-on appel à Pharm’Adis ? M. L. : Les laboratoires nous confient le revignettage et le dévignettage de médicaments, du tri, du déblistérage, des opérations de reprise (changement de notice, d’étui, d’étiquette)... Sans oublier le conditionnement et le déconditionnemement de médicaments de

CE QUE DIT LA LOI La loi dit que tout employeur du secteur privé et tout établissement public à caractère industriel et commercial occupant 20 salariés ou plus, doit employer des travailleurs handicapés (TH) dans une proportion de 6 % de son effectif. Depuis le 1er juillet 2010, les entreprises de 20 salariés ou plus qui n'emploient aucune personne handicapée et n'ont engagé aucune action verront leurs sanctions multipliées par trois pour atteindre 13 000 € par personne manquante… soit 1 500 fois le smic horaire ou près de 10 mois de salaire minimum. Au terme de la loi du 11 février 2005, « constitue un handicap, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant. »

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Métiers

grande consommation, de produits en début ou en fin de vie… Tout ceci se fait à la main par notre personnel formé pour ces manipulations. Initiée au départ avec MSD, l’aventure Phar m’Adis se poursuit aujourd’hui pour le compte de

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Novar tis, Galder ma, Bayer, Fournier, Sanofi… Actu Labo : Avec le durcissement de la réglementation depuis le 1er juillet, comment se comportent les industriels pharmaceutiques ? M. L. : Afin de s’exonérer par-

tiellement des obligations légales (emploi de 6 % de travailleurs handicapés en milieu ordinaire) sous peine d’une amende considérablement alourdie, les entreprises ont davantage recours au secteur adapté. Nous sommes donc très sollicités. En revanche, avec la crise, les laboratoires ont connu un ralentissement de leur activité, ce qui se traduit chez nous par une charge de travail constante mais une visibilité moindre sur le carnet de commandes. En 2009, notre CA a atteint 2,2 M€ pour 12 millions d’unités traitées. Propos recueillis par Capucine Becker


Carnet

William Ringo, le senior vice-president worldwide business development, strategy and innovation de Pfizer, a fait valoir ses droits à la retraite à la fin avril. Kristin Peck lui succède.

La biopharm Nycomed vient de nommer Steve Andrzejewski CEO. Il prendra également en charge les opérations marketing et commerciales des filiales Fougera, PharmaDerm et Savage Laboratories. Steve Andrzejewski a travaillé auparavant pour King Pharmaceuticals et Schering-Plough. Martin Mackay, précédemment chef du service R&D PharmaTherapeutics chez Pfizer, vient d’être nommé président de la R&D d’AstraZeneca. Parallèlement, Pfizer vient de nommer Mikael Dlosten président de sa R&D au niveau mondial. Le groupe Pierre Fabre a annoncé le 28 juin que JeanPierre Garnier quitterait ses fonctions le 1 er septembre, tout juste deux ans après sa nomination comme directeur général du groupe. « Je remercie le fondateur visionnaire, monsieur Pierre Fabre, de m’avoir fait confiance » a commenté l’ex-CEO de GSK, qui aura 63 ans au mois d’octobre.

Suite au départ de JeanPierre Garnier de la présidence du groupe Pierre Fabre, Olivier Bohuon est devenu directeur général du groupe et président de Pierre Fabre Médicament. Olivier Bohuon, âgé de 51 ans, était vice-président exécutif d’Abbott et président de sa division pharmaceutique. Il dirigeait l’ensemble de l’activité pharmaceutique (22 Md$ de CA) de ce groupe dont il a également été depuis 2003 président pour l’Europe et par la suite président d’Abbott International. Corinne Danan vient d’être nommée vice-présidente des opérations commerciales d’Ipsen afin de développer la présence du laboratoire à l’international. Corinne Danan était précédemment directrice européenne de Monogram Bio sciences.

Laurent Pitet a été nommé directeur juridique de Bayer HealthCare France ; sa fonction sera étendue aux cinq divisions que compte Bayer HealthCare en France : Bayer Schering Pharma, Diabetes Care, Santé Animale, Santé Familiale et Intendis. Laurent Pitet a été précédemment directeur juridique de Fareva et de GSK France. Markus Baltzer a pris la tête de Bayer Schering Pharma France en tant que « Country Division Head » le 1 er avril 2010. Il est également nommé président de l'entité Bayer Santé et coordinateur des activités du pôle santé du groupe Bayer en France. Il succède à ce poste à Werner De Prins qui rejoint à Berlin le siège monde de Bayer Schering.

Laurent Stoll vient de prendre le poste de directeur de la nouvelle business unit Médecine générale et Santé de la femme chez Bayer HealthCare France. Cette entité compte 350 collaborateurs et représente un CA de 240 M€. Laurent Stroll a intégré Bayer Pharma en 1985 et a créé en 1995 l’unité Produits biologiques et biotechnologies. Uwe Röhrhoff, 48 ans, est le nouveau président exécutif de Gerresheimer, le spécialiste des emballages en verre et en plastique pour la pharmacie et la cosmétique: l’entreprise emploie 9 400 salariés pour un CA d’environ 1 Md€. Uwe Röhrhoff était depuis 2001 responsable de l’activité verre au niveau mondial et président de la filiale américaine Gerresheimer Glass. Depuis 2007, il dirigeait la branche verre moulé et la division recherche en sciences de la vie.

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Carnet

La CRO Cmed nomme James Haughwout au poste de vice-président de la commercialisation et des opérations pour Timaeus, un système de capture de gestion de données électroniques utilisé lors d’essais cliniques.

Hervé Thoraval a été désigné fin mars président d’Alphega Pharmacie France. Il succède à Patrick Brondeau, qui a souhaité se consacrer au développement de son officine. Alphega Pharmacie est le premier réseau de pharmaciens indépendants en Europe : il vient d’annoncer son millième adhérent en France, où le concept a été lancé en 2001. Genzyme a promu David Meeker COO (chief operating officer). Il supervisera toutes les opérations de commercialisation. David Meeker, présent chez Genzyme depuis 1994, a dirigé les activités liées aux maladies génétiques, à la biochirurgie ainsi qu’aux transplantations.

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Pascal Bourin a rejoint le site de Sanofi-Aventis à Tours (37) comme directeur. Il succède à Fabienne Perekrestow-Coly, qui sera amenée à prendre de nouvelles fonctions au sein du groupe. Pascal Bourin a été précédemment directeur du site Sanofi-Aventis de Lisieux puis a pris la direction de la sous-traitance au siège du groupe.

Lamberto Andreotti, précédemment COO en charge du business pharmaceutique global de Brystol-Myers Squibb, a été promu CEO du laboratoire new-yorkais. Il succède à James Cornelius, qui conservera néanmoins le poste de président non exécutif du conseil d'administration.

Sanofi-Aventis vient de nommer Benoît Tiers au poste de Chief Technology Officer (CTO). Il rapportera à Bruno Ménard, vice-président systèmes d’information de Sanofi-Aventis. A 46 ans, Benoît Tiers quitte le poste de DSI du groupe Areva, poste qu’il occupait depuis 2005. Il était auparavant pdg du prestataire de services informatiques Euriware, filiale du groupe Areva.

Robert Bradway vient d’être nommé président et COO de la biotech américaine Amgen. Robert Bradway occupait précédemment le poste de CFO de la société ; il sera remplacé à cette fonction par Michael Kelly, vice-président chargé des finances. Alan Morgan a été porté à la présidence de Clinical Research Services du groupe Icon, fournisseur mondial de services de développement externalisés pour la pharmacie. Il succède à John Hubbard qui quitte Icon. Linda Meyerson a pris le poste de COO.

Raul E. Kohan a été nommé directeur général de la future joint-venture en santé animale de Sanofi-Aventis et Merck, qui sera baptisée Merial-Intervet. Il prendra ses nouvelles fonctions quand l'opération sera finalisée au cours du 1er trimestre 2011. Merial-Intervet deviendra le 1er laboratoire vétérinaire mondial. Raul Kohan est actuellement président d’Intervet-ScheringPlough, la division santé animale de Merck. Charles Bancroft vient d’être nommé CFO de Bristol-Myers Squibb. Il a occupé précédemment différentes fonctions financières au sein du groupe qu’il a intégré en 1984. Il était récemment vice-président Finance du pôle biopharmacie de BMS. Jean-François Boussard vient de prendre la présidence du parc technologique Biocitech, dédié aux sciences de la vie et qui accueille des entreprises de biotechnologie, biopharmacie et chimie fine aux portes de Paris.


Magazine Actu Labo septembre 2010  

Magazine Actu Labo, le mag de la pharmacie industrielle