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actulabo

LA LETTRE

de la pharmacie industrielle

Mercredi 10 octobre 2012 - n°200

Sanofi tente de boucler son plan social 3

Excellents résultats de Fareva au Brésil et aux USA 5

ALK investit 20 M€ sur son site rémois 13

La préclinique de Céphalon reprise par ses cadres ? 15

USA : les amendes pleuvent sur la pharma 4

Dix ans de mouvements de fond pour la pharma 7-10

Theramex va supprimer 84 postes à Monaco 13

Aguettant prend le contrôle de PX’Therapeutics 15

Dix ans d’information au service de l’industrie du médicament En dix ans, l’industrie pharmaceutique a bien changé. Cette décennie est également celle des premiers pas réussis d’Actu Labo qui publie aujourd’hui son numéro 200. Retour sur une période critique qui a profondément modifié le modèle d’affaires du secteur. Dix ans ! Déjà dix ans… Le numéro 200 de la newsletter Actu Labo que vous tenez en mains achève – très provisoirement – une saga qui a débuté à l’automne 2002 et qui, une fois n’est pas coutume dans la presse professionnelle, a débuté sur le web. La rédaction d’Actu Labo a, en effet, testé le concept éditorial par e-mail pendant un an avant de se tourner vers une édition bimensuelle papier. Puis de compléter le I N D E X

D E S

Abbott 8 Ablynx 4 Advicenne Pharma 15 Agipharm 15 Aguettant 15 Alcimed 8 ALK 13 Atlanbio 9 Banque Européenne d’investissement 5 Bausch + Lomb 13 Baxter 7 Bayer 4 BioAlliance Pharma 9, 16 Biophytis 16 Bristol-Myers Squibb 2, 12 Cabinet Roland Berger 9 Celgene 4 Cellectis 14 Cenexi 9 Cephalon 15 CIToxLAB 14 CM-CIC Capital 12, 16

dispositif en 2008 par le site internet www.actulabo.com et un magazine trimestriel l’année suivante. Nos lecteurs eux-mêmes le disent dans le cahier spécial (à découvrir aux pages 7 à 10) où nous esquissons les tendances majeures du secteur durant ces dix dernières années, notre titre n’a jamais dérogé à ses fondamentaux : la concision, la réactivité et l’indépendance. Faisons preuve, à l’instant où nous sortons de l’enfance, d’un brin d’immodestie : ces principes constituent bien les marqueurs d’Actu Labo. Et nous n’avons aucune intention de nous en éloigner ! La décennie qui s’est écoulée fut justement celle de profonds bouleversements pour la filière pharmaceutique. Epuisement du modèle blockbuster, mise au ré-

S O C I É T É S CNS Therapeutics Corpark Covidien Daiichi Sankyo Delpharm Dendreon EFS Eisai Endress+Hauser Ethicon Evotec Eyebrain Fareva Farmea Genzyme GSK Hoechst IMS Health Iprad Iris Pharma Janssen K&G

C I T É E S

4 3 4 8 9 3 13 14 9 13 4, 16 12 3, 5, 9 9 2, 9 2, 4, 8, 14 2 4, 8 12 16 13 5

gime sec des systèmes d’assurance-maladie, ralentissement de l’innovation, attaques tous azimuts des génériques, incompréhension légitime de l’opinion face à des scandales sanitaires retentissants, les années 2002-2012 ont fermé une séquence historique : celle d’une certaine insouciance partagée par l’ensemble des opérateurs, projetés qu’ils étaient dans une spirale vertueuse. Les caractéristiques de ce paradis perdu sont bien connues. Quelques produits phares à grande diffusion assuraient la croissance. Les profits engrangés par les big pharmas leur permettaient de financer des pipes prometteurs, les actionnaires arboraient des sourires radieux. Le médicament participait dans les pays industrialisés à des avancées thérapeutiques ma-

D A N S

LigoCyte Lonza Mallinckrodt Marion Medicago Medley Merck Serono Merck KGaA Merck & Co. Metabrain Research Neotop Novartis Novasep Novo Nordisk Octalfa Octapharma Pfizer Piramal Healthcare PX’Therapeutics QLT Ranbaxy Rhône-Poulenc

C E

5 13 4 2 14 8 2, 3, 4, 13, 16 2 7 16 13 8 16 3, 4 12 14 2, 8, 9, 12 8 15 5 8 2

N U M É R O

Roche 2 Roussel-Uclaf 2 Sanofi 2, 3, 8, 9, 12, 15 Schering-Plough 2 Scientific Protein Laboratories 7 Servier 7 Seventure Partners 9, 16 SGS 14 Sigma-Aldrich 3 Sudinnova 12 Takeda 5 Teva 13, 15 Theramex 13 Transgene 16 Tridem Pharma 12 UCB 5 Valdepharm 9 Vectalys 15 Vegebom 12 VentiRx 4 Vestiq Pharmaceuticals 16 Wyeth 2

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jeures et à l’accroissement fantastique de la durée de la vie ; les autorités réglementaires ne contrôlaient pas aussi sévèrement la contribution réelle à la santé publique de quelques me-too, les systèmes sociaux dépensaient sans compter : le bonheur ! Le fameux changement de paradigme a d’abord conduit les boards à miser préventivement sur l’effet de taille. Depuis dix ans, quelques méga-fusions ont défrayé la chronique. C’est ainsi en 2004 qu’Aventis, né en 1999 de la fusion d’Hoechst, Marion et Roussel-Uclaf d’une part, et de plusieurs laboratoires autour de Rhône-Poulenc d’autre part, convolait en justes noces avec Sanofi-Synthélabo. Près de huit ans après cet événement majeur, Sanofi a bien évolué. Le virage – difficile – vers les biotechnologies a été amorcé avec l’acquisition de Genzyme. Et le groupe a engagé dans la douleur la refonte de ses activités industrielles et… de recherche. Dans une logique encore plus défensive, le n°1 mondial Pfizer s’est emparé en 2009

pour la bagatelle de 68 Md$ de son compatriote Wyeth. Objectif principal : diversifier un portefeuille produits plombé par une exposition trop forte à la perte des brevets. Quelques mois plus tard, deux autres pharmas américaines, Merck et Schering-Plough, décidaient de s’unir pour donner naissance au n°2 mondial. Certaines, soucieuses de ne pas louper le train des biotechnologies, se sont également dotées à prix d’or de ressources ad hoc, avec des fortunes diverses : c’est ainsi que le suisse Roche a dépensé 43 Md$ en 2009 pour finir d’absorber Genentech et que l’allemand Merck KGaA a avalé Serono. Le premier mariage est souvent cité en exemple, le second laisse pas mal d’observateurs dubitatifs, comme en témoigne l’annonce récente de la fermeture du siège genevois de Serono. D’autres, comme Bristol-Myers Squibb et sa fameuse stratégie de « collier de perles », ont préféré s’en tenir à des rachats plus ciblés et plus modestes de petites biopharms à fort potentiel.

Bien sûr, ces fusions, relevant parfois du principe schumpeterien de la « destruction créatrice », ont entraîné des coupes sombres dans les effectifs des laboratoires. Les visiteurs médicaux ne seront bientôt qu’un souvenir. Et beaucoup de sites industriels en surcapacité ont été fermés ou cédés à des façonniers au cours de la décennie qui vient de s’écouler. Pour autant, cette convulsion violente recèle de multiples opportunités : les biomédicaments, les nouveaux vaccins, la médecine personnalisée, l’offre de services permettant d’améliorer la compliance dans les pathologies chroniques constituent de formidables relais de croissance. De même, la progression de l’accès aux soins dans les pays émergents apporte de nouvelles perspectives aux big pharmas et à leurs partenaires… tout en suscitant l’arrivée de nouveaux compétiteurs. C’est cette nouvelle étape passionnante qui s’ouvre, dont Actu Labo se propose d’assurer la chronique. Merci de votre fiJean-Christophe Savattier délité.

... et dix prochaines années où l’industrie française risque d’essuyer la tempête Le 4 octobre, le Leem a voulu faire prendre conscience aux pouvoirs publics des menaces qui pèsent sur l’outil de production français. Mais le message a été brouillé par le bruit de fond de l’affaire Sanofi. Presque un dialogue de sourd. Catherine Lemorton, députée PS de Haute-Garonne et nouvelle présidente de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, a un peu expédié le Leem dans les cordes – avec juste ce qu’il faut de mauvaise foi et de provocation – lors du colloque coorganisé par le Leem et l’hebdomadaire L’Usine Nouvelle, le 4 octobre dernier à Paris. Si le thème choisi «Médicament : la France veut-elle rester une terre de production industrielle ? » appelait une réponse précise, la parlementaire socialiste s’est contentée de renvoyer chacun à ses responsabilités : les élus ont en charge l’opinion, les industriels leurs usines. « Comment voulez-vous

expliquer à des citoyens, qui ne sont pas tous prix Nobel d’économie, qu’un groupe qui affiche plus de 5 milliards de bénéfices supprime 1 500 emplois ? », a-t-elle asséné à l’assistance, médusée par l’aplomb de la pharmacienne toulousaine qui se range, comme les industriels qui lui faisaient face, parmi « les salariés de la Sécurité sociale ». Seules avancées concédées, le crédit impôt recherche ne sera pas remis en cause et le CSIS probablement organisé une fois par an, « plutôt au printemps », pour que les points de vue de chacun, gouvernement et industriels, soient confrontés suffisamment en amont du débat sur le PLFSS, chaque automne. A sa décharge, Catherine Lemorton, arrivée alors que le colloque était déjà bien entamé, n’aura pas assisté à la présentation de l’étude Arthur D. Little-BPI et à l’avertissement lancé par le consultant Frédéric Thomas sur les risques de perte de compétitivité de l’appareil de production pharmaceutique français. La pression sur les prix,

le renforcement de la sécurité sanitaire, l’implantation accrue dans les pays émergents vont faire chuter les effectifs de production, qui comptaient 40 800 salariés à fin 2010. A l’horizon 2015, la baisse pourrait se situer entre 2 800 et 5 500 salariés. Et entre 5 000 à... 11 000 salariés d’ici à 2020. Sébastien Aguettant, président de la commission des affaires industrielles du Leem, a beau réclamer que les avancées sociétales et environnementales des industriels français soient reconnues et se traduisent en terme de prix, il n’est pas sûr qu’il soit suivi, même dans son propre camp. Jean-Paul Reynaud, senior vice president de GSK, rejette toutes formes de protectionnisme et voit l’avenir dans l’innovation. Sentiment partagé par Catherine Lemorton. Encore faudra-t-il pouvoir financer les médicaments innovants... et les produire sur place. Le président Lajoux a rappelé que sur 47 molécules approuvées l’an passé par l’EMA, aucune n’est fabriquée en France... Il est François-Xavier Beuzon temps de réagir. actulabo n° 200 - Mercredi 10 octobre 2012 - 2


Stratégies

Sanofi tente de boucler son plan social dans la douleur La direction de Sanofi est empêtrée dans le programme de restructuration de ses activités de recherche contesté par les salariés… et par le gouvernement qui s’est emparé de l’affaire et en fait un exemple de sa politique industrielle. Le comité de groupe, qui réunissait mardi 2 octobre syndicats et dirigeants, n’aura duré qu’une dizaine de minutes. « Nous avons demandé à la direction de retirer son plan, elle a refusé, nous avons quitté la salle », résume sobrement l’un des participants et membre de l’intersyndicale. La direction a juste eu le temps de remettre un document qui précise les modalités de la restructuration dans la perspective d’une réunion du CCE qui se tiendra demain 11 octobre. « Nous devons étudier en détail ce document mais il apparaît, comme nous le redoutions, que l’impact du plan ira bien au-delà des 900 suppressions de postes annoncées, un chiffre qui a été vendu au gouvernement. Les mobilités

Dendreon réduit la voilure La biopharm US Dendreon licencie 145 salariés de son site du Russel Investment Center, à Seattle, dans le cadre de son plan de restructuration qui prévoit l’élimination de 600 postes. Près de 150 M$ par an seraient ainsi économisés.

mises en jeu vont affecter plusieurs milliers de personnes », nous indique un représentant du personnel. Selon d’autres sources syndicales, la direction aurait également dévoilé une partie de ses intentions au sujet de la plate-forme toulousaine de R&D dont elle a annoncé la cession. Certaines de ses activités, notamment celles relatives aux anti-infectieux, pourraient être regroupées dans la région lyonnaise, sauf les activités de chimie promises à rejoindre l’unité de Vitry-Alfortville (94). L’ensemble représenterait une centaine de postes. « On est, de toute façon, loin du compte puisque le centre de Toulouse compte 640 salariés, dont 420 chercheurs », nous indiquent les syndicats.

Sigma-Aldrich renforce son site écossais Le fabricant de réactifs pour laboratoire américain SigmaAldrich ouvre une nouvelle ligne de production pour les poudres sur son site d’Irvine, en Ecosse, permettant de créer 24 emplois.

Les Français inégaux face au générique

Corpark rachète une activité de Merck Corpak MedSystems va acquérir les activités de distribution des produits gastroentérologiques de Merck Serono au Royaume-Uni et en Irlande.

Les personnes de plus de 65 ans seraient celles qui acceptent le plus facilement les médicaments génériques proposés par leur pharmacien (63 %), contre 54 % pour les moins de 35 ans. Le sondage Ifop pour le quotidien gratuit Metro, réalisé les 19 et 20 septembre derniers, montre que si 55 % des

Focus Novo Nordisk embauche 1 000 salariés dans les pays émergents La branche internationale du laboratoire danois Novo Nordisk vient d’annoncer son intention d’embaucher près de 1 000 salariés dans les pays émergents (Colombie, Egypte, Ukraine, Malaisie, Indonésie et Vietnam) d’ici à deux ans. Cette division de Novo Nordisk emploie actuellement 3 400 salariés, soit 10 % de l’effectif mondial du laboratoire. Novo Nordisk, qui produit

déjà de l’insuline dans certains pays émergents, compte répondre à la demande croissante dans des régions où 200 millions de personnes souffrent de diabète. Chez Fareva, le Nouveau Monde sauve l’ancien Chez le façonnier Fareva, les résultats des usines brésiliennes et américaines du groupe (lire pages 5 et 12) corrigent, bien heureusement, la performance très moyenne enregistrée par les

sites pharmaceutiques et cosmétiques européens, et notamment par les unités de production françaises. Pour Bernard Fraisse, « le marché français de la sous-traitance souffre d’importantes surcapacités et pâtit de pratiques de dumping destructrices ». Fareva table sur une « stabilisation » du CA en 2013. Sanofi acquiert le n°1 colombien du générique Le français Sanofi va prendre le contrôle du colombien Genfar, leader en volume et

deuxième en vente du marché local du générique. Ce dernier, dont le siège se trouve à Bogota, a réalisé en 2011 un CA de 133 M$, dont 30 % ont été générés hors de Colombie, essentiellement sur les marchés voisins, Genfar exploitant des filiales au Pérou, au Venezuela et en Equateur. Les modalités financières de ce deal, qui devrait être bouclé dans le cours du premier trimestre 2013, n’ont pas été révélées par les deux parties.

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Français déclarent privilégier le générique au princeps, les différences sont importantes suivant l’âge, le revenu, le lieu d’habitation et même… les opinions politiques des sondés. Ainsi, les catégories socioprofessionnelles supérieures (61 %) acceptent plus volontiers les génériques que les catégories populaires (51 %), les habitants de la région parisienne (60 %) que ceux des communes rurales (52 %) et les personnes votant à gauche (67 %) que celles votant à droite (47 %). Rappelons la spectaculaire remontée du taux de substitution depuis que la Cnam n’accorde plus le bénéfice du tiers payant aux patients refusant un générique (arrêté du 4 mai 2012). Il atteindrait aujourd’hui près de 80 %, avec un objectif possible à 85 % en fin d’année, alors qu’il était progressivement tombé de 79 % fin 2010 à 71,4 % au mois de mai dernier.

Les indicateurs du marché français se dégradent Selon une étude réalisée par IMS Intelligence pour le compte de l’AMIPS (Association des médecins des industries de produits de santé), les indicateurs des performances économiques du marché français du médicament ne sont pas bien orientés. Ainsi, les produits de ville ont régulièrement stagné depuis quatre ans : l’année 2012 devrait accentuer cette régression en affichant un recul en valeur d’au moins 2 %. Par ailleurs, les prix et la consommation affichent un « repli historique » : si la tendance se confirme, l’indice global des prix devrait se situer au-dessous de 80 en 2015 pour une base 100 en 2005. A l’hôpital, le marché – de l’ordre de 6 Md€ à prix réels – reste dynamique avec une croissance de 3 %... qui accuse toutefois un fort ralentissement puisqu’elle se situait à plus de 10 % en 2008. Rappelons que le gouvernement vient d’acter au titre du PLFSS 2013 un plan d’économie de 2,7 Md$, dont près de la

moitié sera supporté par l’industrie du médicament.

Les USA font pleuvoir les amendes sur la pharma Un rapport du lobby de défense des citoyens américains Public Citizen relève que les fabricants de médicaments ont payé 6,6 Md$ d’amendes en 2012 pour régler des contentieux avec les programmes de santé américains : ce montant est déjà en hausse de 2,5 Md$ par rapport à 2011. Toujours selon Public Citizen, le gouvernement fédéral a conclu 49 accords pour un total de 14,5 Md$ depuis le début de l’année 2009 et les différents Etats ont, de leur côté, signé 94 accords pour 3,7 Md$ sur la même période. Le record absolu est détenu par le britannique GSK, qui a été condamné à une amende de 3 Md$ pour avoir fait la promotion de ses traitements Paxil et Wellbutrin dans des indications non-approuvées, et qui avait omis de déclarer certaines données cliniques sur Avandia. Cet accord à l’amiable est le résultat de négociations qui ont abouti en novembre 2011.

Novo Nordisk investit dans la R&D en Chine L’attractivité des pays émergents ne se cantonne pas au strict volet industriel, la R&D est également aimantée par les promesses des pays et des marchés à forte croissance. Dernier témoignage en date, le danois Novo Nordisk, qui a été l’un des premiers groupes internationaux à ouvrir une plate-forme de recherche en Chine – c'était en 1997 –, vient d’investir la bagatelle de 100 M€ afin d’accroître les capacités de son unité de R&D de Pékin. Les nouveaux locaux, d’environ 12 000 m², permettront au spécialiste des traitements du diabète d’augmenter ses effectifs qui vont passer de 130 à 220 salariés. « L’objectif est d’accroître notre force de frappe, tant dans le do-

Mallinckrodt acquiert CNS Therapeutics Mallinckrodt, la branche pharmacie de Covidien, acquiert pour 100 M$ la biopharm américaine CNS Therapeutics, spécialisée dans les traitements injectables des maladies du système nerveux central et les douleurs chroniques réfractaires. Deal entre Bayer et Evotec L’allemand Bayer et sa compatriote Evotec viennent de passer un contrat de recherche d’une durée de cinq ans, d’une valeur potentielle totale de 592 M€, afin de développer trois candidats médicaments pour le traitement de l’endométriose. Ablynx collabore avec Merck Serono Le belge Ablynx a signé un accord de collaboration de 448 M€ avec Merck Serono pour le développement de nanobodies thérapeutiques destinés à réparer les canaux ioniques dont le dysfonctionnement peut entraîner divers troubles. Celgene passe un deal avec VentiRx La biopharm américaine Celgene a signé un accord avec sa consœur VentiRx concernant le développement du VTX-2337, un traitement potentiel des maladies inflammatoires et respiratoires. VentiRx recevra près de 35 M$ de la part de Celgene.

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maine du diabète que dans la recherche de protéines thérapeutiques potentiellement indiquées dans le traitement d’autres maladies chroniques », a indiqué un porte-parole de Novo Nordisk.

L’Europe apporte 250 M€ à la R&D d’UCB L’importance du soutien à la recherche dans le domaine du médicament n’a pas échappé aux dirigeants européens. La Banque européenne d’investissement (BEI) vient d’accorder au belge UCB un prêt d’un montant maximum de 250 M€ : un premier contrat de 150 M€ a été signé, le solde devrait être mis à disposition en 2013. Ces concours vont financer plusieurs programmes de R&D engagés par le laboratoire belge dans les troubles sévères du SNC et notamment dans l’épilepsie, la maladie de Parkinson, la sclérose multiple, la fibromyalgie, le syn-

drome des jambes sans repos et la neuropathie diabétique. Rappelons qu’afin de soutenir l’objectif de l’Union européenne de se doter d’une économie fondée sur la connaissance, la BEI a prêté sur les cinq dernières années 65 Md€, dont 35 Md€ pour des programmes de recherchedéveloppement et d’innovation (RDI).

Excellents résultats pour Fareva au Brésil et aux USA Selon Bernard Fraisse, le pdg du soustraitant pharma et cosmétiques Fareva (environ 7 500 salariés), le CA 2012 qui s’élèvera à environ 1,07 Md€, en conformité avec les prévisions, sera atteint grâce aux performances enregistrées par le groupe au Brésil et aux EtatsUnis. Rappelons que Fareva a acquis l’été

Takeda rachète LigoCyte Le japonais Takeda vient de débourser 60 M$ afin d’acquérir la biopharm américaine LigoCyte Pharmaceuticals. Celle-ci développe un candidat traitement contre la gastroentérite, actuellement en phase I/II. Valeant rachète les droits du Visudyne La canadien Valeant vient d’acquérir pour un total de 112,5 M$ les droits mondiaux du Visudyne du laboratoire QLT, un traitement des effects secondaires de la dégénérescence maculaire. Le Visudyne génère environ 35 M$ de recettes au niveau mondial en 2011.

(suite page 12)

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Une décennie de mouvements de fond pour l’industrie pharmaceutique Il y a des années qui comptent double ou triple, des décennies aussi. Parmi les mouvements de fonds qui ont secoué, parfois chahuté, les industries de la santé ces dix dernières années plus que dans le siècle qui les a précédées, nous en avons sélectionné trois : l’irruption de crises sanitaires liées au médicament, la formidable ascension des pays émergents et le nouveau modèle de production fondé sur la sous-traitance pharmaceutique. Nous aurions pu tout aussi bien parler de la progression des thérapies issues du vivant, de l’assèchement des ressources des assurances maladies ou de l’avènement du patient-consommateur, mais nous nous en som-

mes tenus à trois grandes thèmes, représentatifs des préoccupations du monde moderne : l’opinion, le marché, la production. Dans ces domaines, le changement ce n’est pas seulement maintenant, c’était aussi hier et ça sera encore demain. Dans une interview exclusive, le Professeur Claude Le Pen nous livre son sentiment sur les évolutions prochaines de l’industrie du médicament en France. Un débat et des faits qui alimenteront encore de nombreuses années les pages imprimées ou numériques d’Actu Labo.

Des crises sanitaires qui ont changé le regard sur l’industrie Plusieurs scandales sanitaires de grande ampleur ont ébranlé ces dernières années la confiance de l’opinion à l’égard de l’industrie du médicament. En France, ces crises ont conduit à une remise en question de la pharmacovigilance et des conditions d’évaluation des produits. La décennie qui vient de s’écouler a été celle de l’irruption de crises sanitaires mettant en cause l’industrie du médicament. Et, corrélativement, de la mise en évidence des stratégies d’influence déployées par celle-ci pour atténuer, voire nier, ses responsabilités dans des sinistres de grande ampleur. Le coup d’envoi de cette terrible séquence a été donné par le Vioxx de l’américain Merck : l’anti-inflammatoire indiqué dans le traitement de l’arthrose aurait provoqué entre 1999 et 2004, selon la FDA, près de 28 000 décès de patients (50 000 selon les estimations les plus pessimistes) suite à des complications cardio-vasculaires. La firme, pourtant alertée dès 2001 par de nombreux signaux de la dangerosité de la molécule (rofécoxib), n’a décidé de retirer le produit du marché que…

trois années plus tard. Après de multiples rebondissements judiciaires, l’affaire du Vioxx s’est soldée par le versement négocié d’une amende de 950 M$ et de près de 5 Md$ de dédommagements aux victimes. Un deal qui a permis d’effacer plus de 20 000 plaintes qui s’étaient accumulées. Dans un registre très différent, le scandale de l’héparine dite « frelatée » commercialisée par Baxter, mais produite par un sous-traitant chinois (Scientific Protein Laboratories), a semé le doute sur la qualité des contrôles effectués par les donneurs d’ordre et les agences sanitaires auprès d’industriels issus de pays low cost. Entre 2007 et 2008, plus de 80 décès par réaction allergique ont été imputés à ce produit utilisé pour contenir les épisodes hémorragiques lors d’interventions chirurgicales. L’en-

François-Xavier Beuzon

quête a démontré que le sous-traitant chinois avait – probablement sciemment – introduit dans les lots, normalement produits à partir d’intestins de porc, du sulfate de chondroïtine sursulfaté, une substance hautement allergène. La contamination avait conduit Baxter à retirer en février 2008 l’ensemble des lots d’héparine commercialisés sur le marché américain. Des retraits ciblés ont également été menés en Allemagne et en France par d’autres laboratoires, également détenteurs d’AMM d’héparine. En France, le Mediator (benfluorex) des laboratoires Servier, un antidiabétique – également prescrit hors du champ défini par l’AMM en tant qu’anorexigène… – est suspecté d’avoir provoqué le décès en France de 500 à 2 000 patients de valvulopathies cardiaques. Le retrait tardif du produit, en dépit d’alertes répétées du réseau de pharmacovigilance, a provoqué une véritable crise de confiance à l’égard de l’ensemble de la filière pharma et des experts en charge de l’évaluation des produits de santé. La communication insuffisamment maîtrisée du deuxième laboratoire français a contribué à appesantir le climat. Récemment, la question prioritaire de actulabo n° 200 - Mercredi 10 octobre 2012 - 7


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constitutionnalité demandée par les avocats de Servier a été rejetée, ouvrant la voie à un procès qui devrait se tenir à la fin de l’année. Dernier rebondisse-

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ment : le rejet de 86 % des 831 dossiers d’indemnisation déposés auprès de l’Oniam. L’affaire « hors normes » du Mediator aura d’ores et déjà conduit à

Les pays émergents, nouvel eldorado de l’industrie pharma Bridée par les mesures de régulation des prix, l’impact de la crise sur le financement des régimes d’assurance-maladie et les pertes de brevets, l’industrie pharma se tourne vers les pays émergents, au potentiel très attractif. Véritables champions de la croissance, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), auxquels on ajoute parfois un « S » pour South Africa (Afrique du Sud), comme les TMC (Turquie, Mexique, Corée du Sud), affichent une belle santé. Et le marché du médicament de ces nations émergentes est au diapason ! Déjà en 2007, celui-ci avait affiché une hausse de 15 % dans un marché mondial en progression de 6,4 %. Et la tendance se confirme : « La croissance est aujourd’hui estimée en Chine à 20 %, alors que le marché européen enregistre seulement 2 à 3 % par an et les EtatsUnis environ 4 % », confirme Xavier Lemoine, project manager chez Roland Berger. Rien d’étonnant à ce que l’ensemble des big pharmas privilégient les pays émergents, à l’instar d’Abbott et Sanofi qui souhaitent y doubler leurs ventes d’ici à 2013, Lilly d’ici à 2015. Economie florissante, évolution démographique forte, extension des couvertures maladie gouvernementales et privées, augmentation du pouvoir d’achat des classes moyennes : au premier rang des émergents, la Chine et le Brésil, « avec des tendances à l’accroissement de la part des revenus accordés à la santé et l’amélioration globale de l’accès aux soins », souligne Xavier Lemoine. La Chine est appelée, selon le consensus des analystes, à devenir le 2e marché mondial du médicament en 2015. En moins de cinq ans, l’Empire du Milieu s’est ainsi hissé du 8e au 5e rang. En

2011, selon IMS Health, la progression du marché de la santé a dépassé 25 %. Cette chevauchée fantastique profite d’abord aux génériques fabriqués par des entreprises locales, mais aussi aux big pharmas qui, à l’instar de Sanofi ou de GSK, misent sur la Chine et sa nouvelle classe moyenne… et le Brésil n’est pas en reste (lire ci-dessous) ! « Ces nouveaux marchés permettent aux majors de relancer des produits qui arrivent à maturité ou des génériques », analyse Xavier Lemoine. Sanofi a ainsi relancé les ventes de son générique du Plavix depuis son lancement en Chine. Autre attrait non négligeable de certains émergents, la protection de

un renforcement – encore confus et inachevé – des règles régissant la pharmacovigilance et les conflits d’intérêt. Jean-Christophe Savattier

la propriété intellectuelle, notamment au Brésil. Moins scrupuleuse sur la question des brevets, l’Inde affiche aussi un fort taux de croissance (8 %). Le sous-continent est aussi une plateforme essentielle pour la production : Daiichi Sankyo, en rachetant le n°1 indien Ranbaxy en 2008 ou Abbott en s’emparant pour 3,72 Md$ de Piramal Healthcare, deux ans plus tard, ne s’y sont pas trompés. Acquisitions et créations se succèdent dans l’ensemble des pays émergents, y compris dans ceux du deuxième cercle, comme la Turquie ou les Pays d’Europe centrale. En Russie, le marché reste dynamique malgré un système social inefficace et l’absence de régulation. Le dernier plan de santé gouvernemental devrait cependant faire évoluer un contexte peu porteur lié à une dépense de santé par habitant encore trop faible (3 % du revenu moyen). Les Français y croient : Ipsen, depuis 1993 en Russie, enregistre des résultats en forte croissance. Elise Pierre

Le marché brésilien : 18 % de croissance annuelle Le Brésil est l’une des nations émergentes les plus prometteuses. Selon Alcimed, le marché du médicament (15 Md€ en 2011) connaît un taux de croissance annuel d’environ 18 %, « soit près… de 18 fois le marché français », ajoute Vincent Genet, directeur de la division santé du cabinet. En 2007, les dépenses de santé représentaient ainsi 8,4 % du PIB brésilien, contre 12 % en moyenne dans les pays industrialisés. «Il y a donc encore de la marge », poursuit Vincent Genet. L’élévation du niveau de vie, la mise en place en 1990 d’un système d’assurancemaladie (SUS) privilégiant les génériques puis, plus récemment, l’universalité de l’accès aux soins, sont des facteurs clés de ce décollage. « Les progrès

ont été favorisés par un ensemble de mesures prises pendant le mandat du président Lula, explique un des observateurs du marché, mesures que ses successeurs n’ont pas reniées ». Mais pour Vincent Genet, l’accès au marché brésilien reste soumis à de très fortes contraintes : « La mise en place d’une simple filiale commerciale n’est pas conseillée, compte tenu de l’environnement fiscal. Il est préférable de créer des capacités industrielles locales, une politique encouragée par les pouvoirs publics ». Aujourd’hui, Sanofi – depuis le rachat de Medley –, Novartis et Pfizer sont les acteurs majeurs du marché, devant des opérateurs locaux plus modestes.

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Les façonniers : des supplétifs devenus des partenaires Au cours de la décennie qui vient de s’écouler, les façonniers pharmaceutiques sont devenus des partenaires de premier plan des big pharmas. Et ils ont concouru à l’élaboration d’un nouveau modèle de manufacturing. « Nous avons créé un nouveau métier », a coutume de dire Sébastien Aguettant, le président du façonnier pharmaceutique Delpharm qui préside aussi aux destinées du Spis (Syndicat professionnel des industriels sous-traitants de la santé). Il est vrai qu’en une dizaine d’années, ces entreprises soustraitantes ont vu leur statut passer de simples supplétifs à celui de partenaires. Les big pharmas ont engagé un mouvement massif d’externalisation de leurs capacités de production. Résultat: près de 25 % des volumes sont désormais pris en charge par les CMO (contract manufacturing organization) ; ce grand virage vers l’outsourcing s’est notamment traduit, en France, par la

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cession d’une quinzaine de sites industriels depuis le début du millénaire. Parmi les donneurs d’ordre les plus actifs figurent incontestablement Sanofi avec cinq usines cédées – L’Aigle (61) et St-Genis-Laval (69) à Famar, Coutances (50) et Colomiers (31) à Unither, une partie du site de Romainville (93) à Fareva – ainsi que Pfizer, qui s’est séparé sur la période de trois usines : Valde-Reuil (27) et Angers (49) vendus à Fareva et devenus respectivement Valdepharm et Farmea, ainsi que le site d’Evreux (27), cédé à Delpharm. La montée en puissance de l’activité de sous-traitance – qui a connu une croissance moyenne comprise entre 8 et 10 % – a été particulièrement pronon-

cée en Allemagne et en France, ces deux pays représentant désormais, selon le cabinet Roland Berger, respectivement 34 et 10 % d’un marché mondial du façonnage estimé à 9,3 Md€. Comme le souligne ce consultant très au fait du secteur, « l’une des tendances principales de ce marché est l’extension de la chaîne de valeur en amont vers les services de développement clinique ». Plusieurs acteurs se sont également tournés vers la logistique et le conditionnement. Car c’est un fait : les CMO n’ont pas d’autre choix que d’étoffer leur palette de services. Le spectre des surcapacités rode sur les marchés du façonnage. Les produits matures, certaines formes galéniques – notamment les comprimés ou les liquides –, qui ont fait le miel des façonniers, connaissent une inexorable érosion. L’avenir du secteur, qui devait continuer à croître de 8 à 10 % l’an, est désormais à rechercher du côté de la prise en charge complète de projets de manufacturing. Jean-Christophe Savattier

Nos lecteurs parlent d’actulabo...

“ La lettre actulabo est un véritable outil de business development. Elle nous permet d’accéder à des informations précieuses sur nos clients et sur nos prospects, et parfois de recouper des données importantes. J’aime aussi beaucoup l’article de Une qui met l’accent sur une tendance toujours intéressante ” Philippe Couerbe, président, CRO Atlanbio

“ L’actualité est bien plus synthétique que dans les autres revues professionnelles et elle couvre un spectre “ Actulabo m’aide à effectuer une d’activités large. C’est donc un veille précise et documentée sur le secteur de excellent outil pour moi, en tant que l’industrie pharma. En tant que chef de marché, directrice générale d’un fonds cette newsletter est un outil précieux qui m’accomd’investissement, pour garder pagne au quotidien ” un œil sur l’actualité et les Benoît Blachez, tendances à 360° ” Industry Manager, Endress+Hauser

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“ Il me paraît essentiel de maintenir un haut niveau de qualité de l’information en dépit du contexte de crise que connaît la presse écrite et j’y suis très sensible. C’est à ce prix que la presse professionnelle peut continuer à retenir son lectorat. Le travail que mène actulabo est essentiel, son équipe rédactionnelle l’a compris dès le premier numéro ”

“ Actulabo est une publication de référence, un véritable marqueur des tendances de l’industrie. Je suis très sensible à la qualité de l’accès aux informations. Peu de publications offrent à leurs lecteurs un regard aussi fin et exhaustif sur un secteur caractérisé par un morcellement des acteurs ” Jean Louis Labernadière, responsable de laboratoire, BioAlliance Pharma

“ Grâce à actulabo, nous sommes informés de la santé et des perspectives Nathalie Ducoudret, d’évolution de nos clients. directrice de la communication, Cette publication est réellement Genzyme France un outil de développement commercial très apprécié par mes équipes. C’est une publication idéale pour connaître… et se faire connaître ” Eric Charrier, président, Batimpro

Isabelle de Cremoux, directrice générale, Seventure Partners

“ Cette publication a fréquemment une longueur d’avance sur la concurrence. Elle permet de faciliter le travail de veille sur l’ensemble du secteur tant au niveau national qu’international ” Philippe Mougin, président, Cenexi


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Claude Le Pen, professeur en économie de la santé, Université Paris-Dauphine.

En France, le médical continuera à primer sur le médico-économique S’il pense que le durcissement de l’évaluation du médicament, tendance apparue il y a une dizaine d’années, va se poursuivre, Claude Le Pen estime qu’en France, le médico-économique ne prendra pas le pas sur le médical. Actulabo : La fixation des prix du médi- princeps ayant tendance à ajuster leurs cament a-t-elle beaucoup évolué au prix en les rapprochant des génériqueurs. cours de cette dernière décennie ? Claude Le Pen : Les choses ont beaucoup Actulabo : Ces tendances sont-elles égachangé ! Jusqu’au début des années lement observables sur les marchés hos2000, le prix des médicaments était fixé pitaliers ? quasiment ad vitam aeternam. Depuis Claude Le Pen : L’évolution la plus nocette date, le Comité Economique des table sur les marchés hospitaliers est le Produits de Santé (CEPS) s’est engagé passage de prix négociés de gré à gré à dans une politique de des prix régulés par le révision régulière des CEPS qui a naturelleOn se dirige vers prix au regard de ment suscité une plus une évaluation l’ASMR. Ceci a conduit grande homogénéisascientifique à des campagnes de dition. En contrepartie, beaucoup plus « hard » minution forte des prix les établissements et les de certaines classes théindustriels ont obtenu rapeutiques à gros volumes, tels que les un domaine réservé et spécifique dont statines ou les antihypertenseurs. La se- le financement est garanti. A l’hôpital, conde grande (r)évolution est la création les prix sont contraints mais les comd’un prix européen garanti accordé aux mandes sont sécurisées. produits de santé éligibles à un ASMR 3 qui a permis de réduire le commerce Actulabo : Le durcissement de la réguparallèle intra-européen. lation a-t-elle impacté le prix des médicaments innovants ? Actulabo : La montée en puissance du Claude Le Pen : C’est une évidence, générique a également eu un impact pour les traitements coûteux destinés à sur la politique tarifaire ? des marchés de niche – c’est-à-dire Claude Le Pen : Oui naturellement, ce entraînant une dépense de plus que l’on a constaté depuis dix ou quinze de 50000 € par patient –, les ans, c’est l’accentuation très nette de conditions d’évaluation se l’écart moyen de prix entre le produit sont beaucoup durcies. Ces princeps et son générique. Il était d’en- produits ne peuvent plus reviron 30 % au début de la période, il est vendiquer une forme aujourd’hui plus proche des 50, voire de sanctuarisades 60%. Ceci s’explique évidemment tion. On reste par les effets de substitution qui ont pe- dans la tradisé sur les volumes au bénéfice des gé- tion française nériques et au détriment des princeps. qui se refuse Il n’en est pas de même sur le segment à conditionembryonnaire des biosimilaires où l’écart ner l’accès de prix entre le princeps et les génériques au produit reste encore très faible, les fabricants de à son coût

pour la collectivité. Mais dans le même temps, on s’interroge de plus en plus sur son efficacité réelle et on n’hésite pas à contester le prix demandé par le laboratoire. Les autorités exigent de l’industriel qu’il apporte des preuves pré et postAMM. On est entré dans une phase d’évaluation scientifique et médicale « hard». Actulabo : Le système français peut-il évoluer vers un dispositif similaire au NICE britannique ? Claude Le Pen : Franchement, je ne crois pas ! Le scénario probable n’est pas celui de l’évolution vers un système de régulation où l’on évaluera le coût de la vie humaine comme c’est le cas dans le NICE britannique. Le médico-économique ne va pas prendre le pas sur le médical. En revanche, il faut s’attendre à un durcissement de l’évaluation médicale et scientifique et des critères d’attribution des ASMR. On ne dira pas que ce traitement est trop cher et qu’il ne doit pas être remboursé parce que le coût supporté par la collectivité pour sauver une vie ou retarder un décès est hors de portée des ressources de la collectivité ; on pourra dire que l’évaluation de l’efficacité médicale de ce traitement ne fait pas l’unanimité, que son caractère innovant n’est pas suffisamment démontré et que nous n’autorisons pas son remboursement. Propos recueillis par JCS


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dernier K&G au Brésil, une usine de conditionnement de produits cosmétiques, située à Louveira, non loin de Sao Paulo. Cette usine de 900 salariés plutôt spécialisée dans les moyennes séries haut-de-gamme (crèmes en pots et tubes, roll-on, sticks) est dotée d’une capacité de 100 millions d’unités. Elle vient compléter des capacités brésiliennes constituées, jusqu’à présent, de l’usine d’Itupeva, dédiée aux formes cosmétiques conventionnelles et aux aérosols. « Cette dernière, qui emploie déjà 350 salariés, produira près de 150 millions d’unités en 2013 et pourrait assez rapidement employer plus de 600 salariés », note Bernard Fraisse qui ajoute que le CA enregistré par son groupe au Brésil sera compris en 2013 entre 120 et 130 M€. Aux Etats-Unis, où Fareva exploite une ex-usine OTC Pfizer de 600 salariés à Richmond (Virginie), le groupe devrait réaliser un exercice très satisfaisant avec un CA de l’ordre de 180 M$.

Plavix et Avapro : Sanofi et BMS dénoncent le deal initial Suite à la tombée dans le domaine public de l’antithrombotique Plavix et de l’anti-hypertenseur Avapro, Sanofi, qui avait co-développé ces deux produits avec Bristol-Myers Squibb, reprend la main. Au 1er janvier 2013, BMS rétrocèdera ses droits mondiaux sur les deux médicaments à Sanofi, à l’exception des Etats-Unis et de Porto Rico pour le Plavix. En échange, BMS percevra des redevances sur les ventes mondiales du Plavix et de l’Avapro auxquelles s’ajoutera un versement one shot de 200 M$ en 2018. Moyennant un solde de tout compte de 80 M$, cet accord met également un terme aux différends entre Sanofi et son partenaire à la suite de la rupture d’approvisionnement du Plavix sur le marché américain en 2011.

EyeBrain lève 3 M€ A Ivry-sur-Seine (94), le laboratoire Eyebrain, qui développe des marqueurs du fonctionnement cérébral pour les maladies neurologiques et psychiatriques, vient d’annoncer une levée de fonds de 3 M€ auprès d’Octalfa, Sudinnova et CMCIC Capital Innovation, trois nouveaux entrants. Tridem Pharma rachète Végébom à Iprad Le distributeur toulousain de médicaments Tridem Pharma (environ 70 M€ de CA attendus en 2012) vient de racheter la gamme de produits dermo-cosmétiques à base d’huiles essentielles et de plantes Végébom (1,8 M€ de CA) au laboratoire Iprad.

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En direct des usines

ALK investit 20 M€ sur son site rémois Le leader du marché des produits de désensibilisation des allergies respiratoires par immunothérapie, le danois ALK (environ 320 M€ de CA dont 90 % réalisé en Europe), va consacrer près de 20 M€ d’ici à fin 2013 au doublement de la surface de son site de Vandeuil, près de Reims (51), qui sera portée à plus de 8 000 m². L’unité, qui emploie une centaine de collaborateurs, est dédiée à la fabrication des APSI (allergènes fabriqués spécialement pour un seul individu), ainsi qu’à des produits de diagnostic (allergies respiratoires et alimentaires). Le programme vise à accroître les capacités de l’usine rémoise dédiée aux formes injectables et sublinguales afin qu’elle produise pour toute l’Europe. L’usine de Vandeuil va également accueillir des fabrications auparavant assurées à Madrid (Espagne) sur un site qui doit fermer ses portes. « Nous allons notamment prendre en charge des conditionnements unidoses sécables plastiques spécifiquement dédiés

aux autres marchés européens, les conditionnements en verre étant encore réservés au marché français », nous indique Denis Delval, le directeur général d’ALK France. La filiale française, seconde en Europe derrière l’Allemagne, emploie 270 salariés pour un CA d’environ 60 M€. L’investissement va susciter la création d’une trentaine d’emplois qui seront répartis à parité entre le site de production rémois et une unité de support/logistique/pôle de saisie des prescriptions médicales implantée à Varennes-en-Argonne (55).

Theramex va supprimer 84 postes à Monaco Racheté par Teva à Merck Serono pour 265 M€ il y a deux ans, le laboratoire de spécialités monégasque Théramex va supprimer 84 postes au siège de l’entreprise. Ces emplois concernent essentiellement les secteurs administratifs et commerciaux. Une douzaine de reclassements auraient déjà été proposés aux salariés concernés dès l’annonce de la décision, le 18 septembre der-

EFS signe un contrat avec Allenex L’Etablissement français du sang a choisi les solutions de typage HLA du suédois Allenex pour ses 17 laboratoires de transplantation. Allenex travaille en partenariat avec le français BioNoBis. Lonza fabriquera des APIs à Visp Le laboratoire Lonza va produire de nouveaux APIs sur son site de Visp, en Suisse. Lonza fournira un des composés d’un anticorps conjugué développé par Intellect Neurosciences. Bausch + Lomb s’associe à l’université de Miami Le spécialiste américain de l’ophtalmologie Bausch + Lomb lance un partenariat de recherche avec un incubateur de l’université de Miami, situé sur le Life Science & Technology Park.

Focus Janssen ouvre un centre de distribution en Belgique Le belge Janssen Pharmaceutica, filiale du groupe américain J&J, vient d’ouvrir un nouveau centre de distribution de 21 500 m² à La Louvière, en Belgique, qui emploiera 115 salariés. Le laboratoire possède déjà deux sites semblables dans le pays, à Beerse et à Courcelles, ce dernier étant dédié aux produits chirurgicaux. Celui de La Louvière est spécialisé dans la distribution

de médicaments pour les patients atteints de maladies virales. Ce centre verra transiter pas moins de 160 millions de boîtes de médicaments par an. Janssen possède par ailleurs quatre sites de production en Belgique (Beerse I et II, Geel et Olen) qui emploient au total 4 000 collaborateurs. J&J agrandit ses usines de Porto Rico Johnson & Johnson vient d’annoncer l’extension de quatre usines existantes à

Porto Rico : deux à Gurabo et l’une à San Lorenzo, au sud de San Juan, la capitale de l’île, la dernière à Manati, sur la côte Nord. À Gurabo, l’unité Janssen Ortho LLC devrait récupérer la production d’une partie du traitement contre la polyarthrite et la maladie de Crohn Remicade (infliximab). A San Lorenzo, Ethicon augmentera sa production de sutures chirurgicales. Ces programmes, d’un montant de 225 M$, vont susciter la création de 308 emplois.

Elan ferme son site de San Francisco L’irlandais Elan ferme son site de drug discovery de San Francisco (400 salariés) et transfère cette activité à sa filiale Neotop qui prend place dans les locaux californiens jusque-là occupés par Elan. Neotop sera désormais en charge de la R&D d’Elan. L’irlandais a subi l’échec de son traitement contre la maladie d’Alzheimer qui était en fin d’essais cliniques et sur lequel il fondait beaucoup d’espoirs.

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nier. Au moment de la cession à Teva, Théramex affichait un CA de 100 M€ : le laboratoire est spécialisé dans la santé de la femme et plus spécialement la gynécologie (périménopause et ménopause, ostéoporose, contraception).

avec notamment l’achat de deux lignes supplémentaires de packaging d’ici à la fin de l’année.

Eisai investit sur son site britannique

Le suisse Octapharma ouvre une unité de recherche à Heidelberg, en Allemagne, pour sa filiale Octapharma Biopharmaceuticals GmbH (46 salariés) dédiée aux protéines recombinantes. Le laboratoire a investi 25 M€ dans cette usine de 10 000 m² située sur le Heidelberg Technology Park, qui pourra accueillir jusqu’à 120 collaborateurs ; le bâtiment hébergera un centre de recherche novateur, mais aussi la production de lots cliniques. Cette unité se trouvera entourée de nombreux établissements médicaux et cliniques, dont le centre allemand de recherche contre le cancer (DKFZ) et l’hôpital universitaire d’Heidelberg, l’un des principaux centres médicaux européens.

Le laboratoire japonais Eisai vient d’ouvrir une nouvelle ligne de production dédiée à l’antiépileptique Fycompa (perampanel), sur son site de Hatfield au Royaume-Uni, pour lequel il a récemment reçu le feu vert des autorités européennes. L’unité anglaise est spécialisée dans la recherche sur l’épilepsie et la démence et elle emploie environ 200 collaborateurs. Fycompa devrait générer 500 M$ de recettes d’ici à 2015, un montant qui pourrait atteindre 1 Md$ les années suivantes. Eisai, qui commercialise quatre antiépileptiques en Europe et espère être le leader de ce marché d’ici à 2015, continue d’investir dans l’unité d’Hatfield

Octapharma ouvre une unité à Heidelberg

CRO

CIToxLAB en forte croissance Née il y a un an de la fusion du français CIT et du canadien LAB-Research inc., CIToxLAB (850 salariés) réussit sur le premier semestre 2012 une performance économique remarquable avec une hausse du CA, à périmètre comparable, de 34 % à 37,2 M€. Ainsi, CIToxLAB-North America, dont le siège est à Montréal, affiche un CA de 13,6 M€, soit le meilleur chiffre depuis la création de LAB-Research qui a embauché une centaine de collaborateurs sur les 14 derniers mois. En Europe, le CA global s’élève à 23,5 M€. En dépit d’un contexte économique morose, la CRO bénéficie « de la généralisation de l’appel à la sous-traitance dans l’industrie pharmaceutique, notamment dans la

recherche non clinique et sur les segments de la toxicologie translationnelle et prédictive ».

SGS double ses capacités dans le New Jersey La CRO américaine SGS, spécialisée dans les solutions analytiques dédiées à la pharmacologie clinique, vient de doubler ses capacités dans le New Jersey avec une extension de 1 400 m². Celle-ci comprend notamment une partie dédiée aux audits de ses clients. Cet investissement correspond aux ambitions de SGS de devenir le leader de son secteur d’ici à 2014. La CRO a ainsi développé depuis 2010 son site de Poitiers (86) en France, ouvert un second site en Inde et un service de formulation dans son usine de l’Illinois.

Cellectis publié dans le Journal of Biological Chemistry Le spécialiste français de l’ingénierie des génomes vient de publier un article dans le Journal of Biological Chemistry sur sa nouvelle approche de modification ciblée de l’ADN (via des ciseaux moléculaires TALENs), applicable à des thérapies contre des maladies génétiques ou le cancer. Succès pour Cellectis et Medicago La français Cellectis et le canadien Medicago ont présenté des résultats très satisfaisants de leur collaboration de recherche portant sur l’amélioration des protéines thérapeutiques biosimilaires produites à partir de plants de tabac. Ouverture de Biopractis à Nantes Inauguré le 24 septembre, le centre Biopractis propose à Nantes des sessions de formation aux techniques de production de médicaments issus des biotechnologies dans des conditions identiques à celles de l’industrie. Patrick Desbiens président de GSK France Patrick Desbiens devient président de GSK France. Il succède à Hervé Gisserot qui devient senior vice-président de la zone européenne. Patrick Desbiens est entré chez GSK en 1996 et y a occupé différents postes à responsabilités.

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La préclinique de Cephalon reprise par ses cadres ? Rien n’est encore arrêté, mais la plateforme préclinique (CDC) de Cephalon à Maisons-Alfort (94) – entré dans le périmètre de Teva suite au rachat du groupe Cephalon en octobre 2011 – pourrait être reprise par ses cadres dirigeants. Quatre opérateurs ont présenté des projets de reprise mais les conditions requises, notamment l’exigence de la signature d’un deal global et mondial avec Teva, ont dissuadé les dirigeants israéliens qui ont préféré opter pour une solution interne. Pour autant, rien « n’est encore gagné », nous indique une source proche de ce

dossier délicat car les repreneurs, qui se sont associés à quelques investisseurs privés, doivent procéder à une levée de fonds afin de boucler le financement de leur projet. Ils prévoient de repartir avec l’intégralité des effectifs actuels du CDC, soit un peu moins de 80 salariés. Rappelons que Cephalon a annoncé cet été la suppression de 258 postes dans les fonctions support des sièges France et Europe du laboratoire, également implantées à Maisons-Alfort, une information que nous avions annoncée en avant-première le 5 juillet sur notre site internet www.actulabo.com ; cette restructuration inclut la cession de la plate-forme de développement préclinique.

Biopharms

Aguettant prend le contrôle de PX'Therapeutics La mutation du modèle industriel des pharmas vers les biotechnologies n’est pas l’apanage des seules big pharmas. Les laboratoires de taille intermédiaire s’empressent aussi de prendre des positions stratégiques sur ce segment. Ainsi, le laboratoire lyonnais Aguettant (84 M€ de CA, environ 500 salariés) –

qui a annoncé récemment un important investissement sur son site de Lyon-Gerland – vient de prendre une participation majoritaire au capital de la biopharm grenobloise PX’Therapeutics (4 M€ de CA + 4,5 M€ d’autres produits et 50 salariés) spécialisée dans le développement préclinique et clinique de protéines thérapeutiques et d’anticorps monoclonaux. L’opération va permettre à PX’Therapeutics – qui restera managée par l’actuel dirigeant Tristan

Sanofi nomme le Dr Paul Chew CMO Le Dr Paul Chew devient Chief medical officer et senior vice-président des affaires médicales globales de Sanofi en France. Actuellement senior vice-president, Chief science officer et Chief medical officer de Sanofi US, il succèdera à Jean-Pierre Lehner le 1er janvier 2013. Cyril Titeux président d’Agipharm Le président de Janssen France, Cyril Titeux, succède à Emmanuelle Quilès, démissionnaire récente de la présidence de Pfizer France, à la présidence d’Agipharm, l’association des groupes internationaux de la pharmacie de recherche. Michel Joly au Leem Président de Gilead France depuis octobre 2011, Michel Joly vient d’être coopté membre du Leem « dans la famille de pensée des laboratoires américains ».

Focus Advicenne Pharma demande une ATU pour un antiépileptique La biopharm nîmoise Advicenne Pharma, spécialisée dans les médicaments pédiatriques destinés aux traitements de maladies neurologiques et néphrologiques, a déposé une demande d’autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour un traitement contre l’épilepsie

réfractaire. « Nous espérons le lancer sur le marché début 2014 », précise Luc-André Granier, pdg et cofondateur d’Advicenne. La biopharm, qui exploitera ses propres médicaments à partir de 2013, développe d’autres traitements contre l’épilepsie et des maladies rénales rares. Créée en 2007, Advicenne Pharma, qui compte 10 salariés et souhaite doubler son effectif

d’ici à un an, a levé 6,1 M€, temps hébergée dans une pépinière d’entreprises à Ladont 5,1 M€ en 2011. bège : les effectifs devraient passer de 20 à 32 salariés Vectalys monte d’ici à fin 2013. en puissance La biopharm s’apprête égaLa biopharm toulousaine lement à lever 4 M€ auprès Vectalys, spécialisée dans les de ses investisseurs histovecteurs viraux, monte en riques et de business angels puissance. Elle vient de dé- afin de commercialiser ses ménager dans 750 m² de lo- produits à des distributeurs caux sur le parc technolo- spécialisés (12 actuellement gique de Ramonville-St-Agne en portefeuille et une cin(31), après avoir été long- quantaine d’ici à 2015).

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Rousselle – de se doter d’une importante force de frappe industrielle et à Aguettant « d’étoffer son pipe dans les biotechs ». Rappelons que le laboratoire lyonnais, focalisé sur les traitements d’urgence, la nutrition et la neurologie, est l’un des spécialistes français de l’injectable. Ses produits sont essentiellement commercialisés à l’hôpital. Aguettant exploite également une unité industrielle à Champagne (07) et une plate-forme de distribution à St-Fons (69)

laboration avec l’Université Pierre et Marie Curie, l’Inra et Metabrain Research ; le second, Maculia, se déploie sur le front de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) en partenariat avec l’Université Pierre et Marie Curie et Iris Pharma. Ces deux projets, pilotés par Biophytis et labellisés par le pôle de compétitivité Medicen, bénéficient d’un financement complémentaire de 2,3 M€ par les pouvoirs publics, dont 0,8 M€ revient à Biophytis.

Biophytis lève 2 M€ dans un second round

BioAlliance Pharma licencie Oravig à Vestiq

La biopharm parisienne Biophytis, un spécialiste de la recherche nutraceutique dédiée aux maladies métaboliques et du vieillissement, vient de réussir à lever 2 M€ dans le cadre d’un second round. Cette augmentation de capital a été souscrite par Metabrain Research, une spin-off de Merck Serono installée à Chilly-Mazarin, et par les investisseurs historiques de la société, Seventure Partners et CM-CIC Capital Privé. Ce renforcement en fonds propres va permettre à Biophytis de continuer le développement de son portefeuille de candidats médicaments dans le cadre de deux projets collaboratifs : le premier, Sarcob, s’attaque au traitement de l’obésité sarcopénique en col-

Le français BioAlliance Pharma, spécialisé dans le développement de soins de support et de produits orphelins en oncologie, annonce la signature d’un contrat de licence avec Vestiq Pharmaceuticals pour la commercialisation sur le marché US de l’Oravig. Celui-ci est la version américaine du Loramyc, un traitement de la candidose oropharyngée. Le deal prévoit le versement par Vestiq à BioAlliance Pharma de royalties pour un montant total de 44 M$. Un premier versement de 9 M$ sera effectué sur les 24 premiers mois, auquel s’ajouteront des redevances sur les ventes. Vestiq Pharma sera titulaire de l’AMM. Le lancement de l’Oravig est prévu dans les prochains mois.

B U L L E T I N

Changements à la tête de Novasep Roger-Marc Nicoud, fondateur et pdg de Novasep depuis vingt ans, devient président du conseil de surveillance. C’est Patrick Glaser, à la tête de la division Novasep Synthesis depuis mai 2010, qui devient pdg. Nathalie Adda CMO de Transgene Le français Transgene vient de nommer Nathalie Adda comme Chief medical officer (CMO) et membre du comité exécutif. Nathalie Adda a travaillé durant 15 ans aux EtatsUnis, notamment pour les laboratoires Gilead Sciences, Boehringer Ingelheim et Vertex Pharmaceuticals. Le CEO d’Evotec se retire Le CEO de la biopharm allemande Evotech, Werner Lanthaler, se retire temporairement pour raison de santé. Le CSO Cord Dohramnn et la CFO Colin Bond assureront l’intérim.

D ’ A B O N N E M E N T

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