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Intempéries, Inondations, glissements de terrain, LE CALME APRÈS LA TEMPÊTE [ p.6 ] Education, répondre aux besoins La brigade du littoral

Nouvelle édition

N° 1

Magazine de la ville du François - janvier/février 2005 -

Gratuit


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© M. Kromwell

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 Education : répondre aux besoins de chacun  Ecole Chopotte-Bonny rénovée  Rénovation de l'école de Manzo  Signature du Contrat Enfance CAF Intempéries au François  Agir éfficacement  Un plan de lutte contre les innondations  Interview du Maire  La Brigade du littoral protège l'environnement  La pointe Courchet se met au vert

Vous avez en main la nouvelle édition de votre magazine « Le François Aujourd’hui ». Ce journal, qui s'inspire de l'authenticité et de la modernité de notre commune, est destiné à vous apporter, tous les deux mois, une vue complète de l’actualité municipale. Il vous informera de l’ensemble des sujets d’information qui nourrissent la vie de notre ville tout en laissant une large place aux actions et manifestations auxquelles vous avez participé. Cette nouvelle version au graphisme dynamique, privilégie une présentation moderne des informations tout en prenant soin de veiller au respect de l’identité de notre commune grâce au contenu de ses articles et au choix des photos. Les rubriques du journal, qui peuvent changer d’un numéro à l’autre, couvriront l’ensemble des domaines de compétence de notre collectivité (Social, Finance, Education, Projets de Ville, Culture, Sport…) tout en plaçant notre population au cœur de l’actualité. Un Dossier présenté en pages centrales vous permettra de bénéficier de tous les éclairages nécessaires sur un thème qui nous apparaît essentiel.

Le « François Aujourd’hui » sera le trait d’union entre les franciscains et l’équipe municipale que j’ai la charge et l’honneur de conduire.Vous pourrez ainsi suivre, avec plus de pertinence et en toute transparence, les nombreux projets que nous mettons en place et bénéficier ainsi d’une place privilégiée pour une vue imprenable sur l’évolution de notre cité. Vous pourrez d'ailleurs retrouver, sur le site Internet de la Mairie, une version allégée de ce magazine. Ce premier numéro est consacré en grande partie à notre actualité brûlante ; la question des intempéries et de ses conséquences dans nos quartiers. C’est à travers le Dossier du journal que nous retraçons le fil des évènements. Il présente également l’action municipale qui a permis de parer, au mieux, à ce qui restera désormais dans les annales des difficultés de notre ville. Aujourd’hui, notre travail continue, sans relâche, et je m’attache à répondre à vos attentes en activant l’ensemble des services municipaux mais aussi en faisant jouer les leviers institutionnels et juridiques qui sont à ma disposition. En mesurant le chemin parcouru je sais qu’il nous reste encore beaucoup à faire, mais notre objectif ne sera atteint qu’à la seule condition de ne laisser aucun citoyen du François sur le bord du chemin. Il y va de l’équilibre de notre ville et de ses quartiers, de l’image de nous-même et de l’Avenir de notre cité.

 A la rencontre d'Haïti  Haute Taille : la passion d'une ville  Téléthon : opération réussie

Bonne lecture ! Maurice ANTISTE Maire et Conseiller Général du François

 Le marché couvert du François, un lieu de vie et de développement  L'église Saint-Michel, le challenge à relever

Directeur de la publication Maurice ANTISTE

Rédacteur en chef Charles-Edouard LUPON

Conception No ISSN en cours Tirage : 10000 ex. Site Internet : www.ville-francois.fr

PPA.COM

Rédaction-Mise en page PPA.COM / Service communication Ville du François

Crédit photo Service communication Ville du François

Impression Quadra

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Ecoles, des actions

pour répondre aux besoins de chacun Au service des Affaires scolaires, on affiche la sérénité. La plupart des objectifs sont atteints et les chefs d’établissements expriment leur satisfaction. Beaucoup reste cependant à faire. C’est bien connu, au plan national, les directeurs d’écoles ont du mal à faire face à leurs charges administratives. Une situation qu’ils déplorent en brandissant la menace de la grève qu’il leur arrive de mettre à exécution.

nelle dispose d’un ATSEM (agent territorial spécialisé dans les écoles maternelles) qui aide l’enseignant. Nos treize écoles ont un service de garderie opérationnel avant et après les cours. Et certaines d’entre elles proposent un accompagnement scolaire, c’est le cas d’Emmanuel Bruno depuis six ans, de Chopotte et plus récemment, de Dumaine. »

De nombreuses activités périscolaires permettent aux enfants de s’épanouir.

La Ville du François a voulu répondre à cette difficulté, en plaçant aux côtés de chaque directeur, une secrétaire. Celle-ci lui apporte une aide substantielle sur le plan administratif et sa polyvalence lui permet d'intervenir dans plusieurs autres domaines. Comme on pouvait s’y attendre, cette initiative a reçu un accueil chaleureux. Des lettres de remerciement ont été adressées à la municipalité qui entend renouveler les contrats d’insertion par l’activité (CIA) de ces secrétaires qui sont en exercice depuis deux ans.

Des activités artistiques et culturelles sont pratiquées en interclasse. Selon le service des affaires scolaires, toutes les écoles de la commune sont aujourd’hui informatisées avec une moyenne de 5 à 15 postes par établissement. La lutte contre l’illettrisme constitue aussi une priorité : la municipalité verse, chaque année, une dotation supplémentaire de 1,52 € par élève, pour l’achat de livres destinés à la BCD (bibliothèque centre documentaire).

Des prestations gratuites Avec beaucoup de fierté, Josette Nicole poursuit : « Nous tenons à ce que chaque élève du François laisse l’école primaire en sachant nager. Nous avons recruté six maîtres nageurs chargés d'enseigner la natation aux enfants en étroite collaboration avec les enseignants. Les cours seront gratuits. Dès que les tra-

vaux de la piscine municipale seront achevés, nous irons encore plus loin en permettant aux élèves les plus doués de préparer un module de sauvetage. » Les sorties pédagogiques effectuées à l’intérieur de la commune sont entièrement prises en charge par la municipalité. Lorsque ces déplacements se déroulent hors du François, la participation de la Ville s’élève à 50 %. Les transports sont gratuits pour tous les élèves qui participent aux manifestations de l’USEP (Union sportive de l’enseignement du premier degré). Il faut noter, que des aides sont allouées tout au long de l'année aux écoles à l'occasion de classes de découverte et des fêtes (Noël, carnaval, fin d'année...). Les apports sont multiples et concernent souvent la logistique (sonorisation, estrade, chapiteau etc). Pour poursuivre l'informatisation des écoles, la CAES (Communauté d'Agglomération de l'Espace Sud) procédera à l'augmentation du nombre d'ordinateur par établissement. Chaque salle comptera dix appareils. Enfin, des équipements ludiques feront leur apparition dans les cours de récréation. Le projet est étudié actuellement par un cabinet spécialisé. 

Rénover les établissements L’avenir des établissements est bien sûr au cœur des préoccupations de la commission des affaires scolaires. En fonction des urgences exprimées par les écoles elles-mêmes, chaque année, deux d’entre elles font l’objet d’importants chantiers de réhabilitation pendant les grandes vacances. En 2004, les heureuses élues étaient la Manzo et ChopotteBonny. La première a été rénovée par les agents des services techniques tandis que la seconde qui a nécessité l’intervention de sept entreprises, a été livrée il y a quelques semaines (cf. page 4). Prochain établissement à faire peau neuve : Emmanuel Bruno. Le nom de l’autre école n’a pas encore été communiqué, des discussions sont en cours.

Les chiffres de l'Education Anné scolaire 2004/2005

Rénover les écoles toute l'année Autre raison de se réjouir, la rentrée 2004 s’est déroulée dans de bonnes conditions. Les commandes de matériel scolaire ont été réalisées très tôt et les établissements approvisionnés dans les temps. De plus, le dispositif d’entretien des écoles a bien fonctionné. Tout au long de l’année, trois ouvriers polyvalents ont accompli certaines tâches telle la réparation des mobiliers. Pendant les grandes vacances, leurs travaux se sont intensifiés : leurs efforts et la qualité de leurs interventions ont été soulignés par plusieurs directeurs d’écoles. « Notre politique consiste à offrir aux écoles le plus de moyens possibles dans l’optique d’un plein épanouissement des jeunes Franciscains », rappelle Josette Nicole, adjointe au maire, chargée des affaires scolaires. « Nous avons doté chacun de nos établissements de deux agents de sécurité qui sont présents en permanence. Chaque classe de mater-

*Ecole mixte composée d'élèves de maternelle et du primaire Source : Service municipal des Affaires scolaires  3/74 : Répartition nombre de classes / effectifs

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Réouverture de l'école de Chopotte-Bonny

La sécurité d'abord

Après plusieurs mois de travaux, la communauté scolaire de Chopotte-Bonny a pris possession de son établissement rénové. Chronique d'une rénovation attendue. Grâce au professionnalisme des intervenants, la charpente métallique qui avait été au cœur des difficultés a pu être achevée. Tous les « gros œuvres » ont été exécutés. L’installation électrique qui ne répondait plus aux normes de sécurité a été transformée.

Une meilleure desserte grâce au parking et aux nouvelles voies d’accès.

Outre les soixante ouvriers des entreprises privées, dix agents des services techniques municipaux onttravaillé sur le chantier. Pendant deux semaines, ces hommes ont réparé les sanitaires de l’école, restauré le carrelage et réhabilité plusieurs routes situées aux abords de l’établissement.

Satisfaction des participants « Nos enfants doivent avoir de bonnes conditions de travail », affirmait Maurice Antiste, le maire du François, lors de ses visites de chantier.Tout en se disant préoccupé par la lenteur des travaux, il en souligne l’intérêt : « le plus important, c’est qu’on nous livre des locaux qui répondent aux normes de sécurité ». C'est aujourd'hui chose faite.

Aujourd’hui, les 170 élèves et les huit enseignants ont rejoint le nouvel établissement aux allures modernes. Une douzaine de salles de classes rénovées, une salle d’art plastique, une salle informatique, une salle de repos et une bibliothèque permettent aux enfants de suivre leurs cours dans de bonnes con-

Des solutions Les réparations de cette école construite en 1983, devaient durer six mois. La plupart des sept entreprises recrutées ont honoré leur convention à l’exception de celle chargée de la couverture de l’établissement, tombée sous le coup d’une liquidation judiciaire. Bien entendu, la commune a pris le dossier à bras le corps et des solutions ont été trouvées. Après3) appel d’offre, une nouvelle entreprise a été retenue, et a pu rattraper le retard. Il faut préciser que le montant des travaux est estimé à 1,5 millions d'euros.

En février, la rentrée des 170 élèves s’est effectuée dans de bonnes conditions.

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Représentants de la Municipalité, parents d’élèves et enseignants en discussion avant l'ouverture de l'école.

ditions. Le maire de la commune, Maurice Antiste, était présent à l’ouverture, accompagné de membres du conseil municipal. Ils ont pu échanger avec les parents venus accompagner leurs enfants, ainsi qu’avec le personnel enseignant. La satisfaction se lisait sur les visages des participants qui ont découvert les nouvelles couleurs bleu et jaune poussin de l’établissement. Pour Francine Lemyre, présidente de la Fédération des parents d’élèves de Chopotte, « Nous sommes heureux de retrouver cette école, les salles sont propres, la circulation intérieure a été améliorée, la toiture et les coursives permettent de mieux abriter les enfants. Ils entreront par le parking et non par la grande rue, c’est bien pour leur sécurité ». Enfin, selon l’inspectrice de circonscription, Monique Boulois, des projets pédagogiques devraient être mis en place pour l’aménagement paysager et artistique des lieux. 

L'école de Manzo rénovée Des salles de classes spacieuses et aérées.

« Parents, enseignants et élèves, tous étaient surpris, explique avec émotion Iréné Nulla, le responsable de la régie communale. Ils ne s’attendaient pas à une telle rénovation ». « Selon eux, renchérit Jean-Louis Pancarte, conducteur d’opération aux services techniques, l’école a été complètement transformée ». Début juillet 2004, 15 agents municipaux s’activent pour réhabiliter l’établissement. « Le plus dur était de tenir les délais, affirme Iréné Nulla, il y avait beaucoup à faire et les pluies nous ralentissaient ». Mais c’est bien connu, c’est dans l’adversité qu’on découvre la valeur des hommes. Les ouvriers réparent la toiture, lui rendent son étanchéité et restaurent les faux plafonds. Ils vérifient l’état de la plomberie puis réinstallent certains sanitaires. Ils rénovent les réseaux d’évacuation des eaux pluviales avant de procéder au réaménagement d’une partie de la cour de récréation.

Des sourires pour dire merci Comme chaque année, l’installation électrique, les extincteurs et les systèmes d’alarme sont contrôlés. Puis, les agents prennent soin de refaire tout le carrelage et de repeindre entièrement l’établissement en optant pour des couleurs qui rappelleront leurs jouets aux enfants. Des couleurs qui avaient été préalablement choisies avec la collaboration de la communauté Les agents de la mairie. scolaire. A la rentrée, l’école est livrée flambant neuve. Seuls quelques petits travaux restent en suspens. Ils seront achevés moins de deux semaines plus tard. Les visages affichent un large sourire : élèves, parents et enseignants semblent comblés. « Nos efforts n’ont pas été vains », déclare le responsable de régie. La rénovation de l’école de Manzo a coûté 32 000 euros à la Ville.  Les couleurs de l’école rappellent aux enfants leurs jouets quotidiens.


tiative

Signature du Contrat Enfance CAF Un accueil adapté pour les tout petits Les représentants de la CAF, aux côtés du Maire, ont reconnu les efforts de la collectivité.

La Ville du François a signé le renouvellement de son « contrat enfance ». Elle s’engage ainsi, avec le soutient de la CAF, à maintenir les structures existantes d’accueil des enfants de moins de 6 ans et à créer des places supplémentaires. En effet, le Maire et Conseiller Général du François, Maurice ANTISTE, aux côtés de Mme Paulette EDMOND, Présidente administrative de la CAF, a signé, mardi 28 décembre, un accord favorisant le bien-être des familles Franciscaines. Les représentants de la Caisse d’allocation familiale emmenés par leur directeur Frantz LEOCADIE, les représentants du CCAS de la ville et Mme Christiane BAURAS, Conseillère Municipal et Conseillère Général du François ont assisté à l’événement tenant ainsi à souligner l’importance d’un tel engagement. Ce contrat précise qu’au cours des 3 prochaines années la municipalité du François portera au nombre de 1885, le nombre de places offertes par ses équipements d’accueil réguliers ou ponctuels soit une augmentation de 18%. Les projets suivants permettront d’atteindre cet objectif : création de 10 places supplémentaires en crèche, création d’un village de la petite enfance, mise en place une halte garderie associative et de 100 places supplémentaires au CLSH. Selon Christiane BAURAS, « la protection de la famille est un combat que je mène auprès du Conseil Général. La situation financière des crèches privés, associatives ou non est actuellement alarmante ». En effet, dans le domaine social, la protection maternelle et infantile, les agréments et autres autorisations en la matière relèvent des compétences de la collectivité départementale.

C’est pourquoi il est important de soutenir les initiatives communales comme le « Contrat Enfance » signé entre la ville du François et la CAF de la Martinique. Une volonté impulsée par le maire, Maurice ANTISTE, qui rappelle, « je tiens à offrir à la population du François un environnement favorable pour la garde de ses enfants ». Car il s’agit de donner les meilleures conditions d’épanouissement à la relève de demain. L’une des missions de la CAF Martinique est l’accompagnement des familles et la prise en charge des enfants dans les structures d’accueil, dans le but de laisser au parents le choix de leur carrière professionnelle ou simplement de leur laisser du temps libre.

Aujourd’hui 85% des communes de la Martinique ont signé des accords permettant une meilleure gestion de leurs crèches, garderies ou autres structures. La Caisse d’Allocation Familiale financera les structures d’accueil des enfants de moins de 6 ans déjà existantes à hauteur de 30% et 50% pour toutes nouvelles places créées. 

Les Centres de Loisirs Sans Hébergement (CLSH) offrent de nombreuses activités tout au long de l’année.

La capacité d'accueil dans les équipements municipaux augmentera au cours des 3 prochaines années. 100 places supplémentaires sont prévues pour le CLSH.

Schéma de développement de l’accueil des enfants au François Structure d’accueil

Places prévisionnelles Chiffres cumulés des 2 contrats

Crèche Municipale

43 (+10)

Halte Garderie

75 (+75)

CLSH Mercredi

163 (+100)

Places associatives

210 (+160)

13 assistantes maternelles

39

CLSH petites vacances

50

CLSH Grandes Vacances

42

CLSH périscolaire

459

Interclasse

804

Taux d’activité féminine du François : 54,3% (INSEE 1999) 345 places supplémentaires seront proposées aux parents du François grâce au nouveau contrat.

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Intempéries au François Agir efficacement La municipalité et les habitants du François ont été particulièrement éprouvés au mois de novembre. Après les inondations, des mouvements de sol ont endommagé plusieurs maisons provoquant le désarroi des familles. La Ville a très vite réagi pour venir en aide aux sinistrés. Rétrospective. Vendredi 12 novembre 2004, un axe dépressionnaire reste bloqué sur la Martinique. Des pluies diluviennes s’abattent sur tout le pays alors que les sols sont déjà saturés. En quelques heures, 200 mm d’eau (cf. tableau ci-contre) s’affaissent sur les hauteurs du François dévalant les pentes et envahissant les rivières. La crue intervient en pleine marée haute, l’inondation de la zone basse du bourg est inévitable. Les quartiers La Martienne, Eucalyptus, Bas du bourg et La Jetée sont submergés.

La montée des eaux a touché une bonne partie de la Cité Eucalyptus.

Mobilisation A 15h00, un PC de crise est installé à l’hôtel de ville. Le maire, Maurice Antiste, qui avait ordonné l’évacuation des établissements scolaires, se prépare à une première visite de terrain. Au bourg, c’est le désastre, l’eau est montée, par endroits, jusqu’à 1 m 50. Le bilan est lourd : 150 maisons inondées, 600 personnes sinistrées. Sous la pression des eaux, plusieurs véhicules ont été emportés. La municipalité met immédiatement en place une cellule d’urgence et ouvre trois centres d’hébergement. Christiane Bauras, Conseillère Municipale, administrateur du Centre communal d’Actions Sociales (CCAS), supervise les opérations. Le souspréfet du Marin, Alain Gérard, et le commandant de la gendarmerie en Martinique, le colonel Aldo Rutani, arrivent rapidement sur les lieux et ordonMagazine Le FRANÇOIS aujourd’hui - Numéro 1

nent à l’armée d’équiper les centres municipaux d’hébergement en lits de camps. Les personnels communaux sont mobilisés, en particulier, ceux des services techniques. Tous travaillent avec acharnement. La police municipale poursuit son dispositif de sécurité tandis que les sapeurs-pompiers portent secours aux sinistrés. En fin de soirée, l’accalmie s’amorce. Après douze heures d’activation, le poste de commandement (PC) est levé, il est 2h30 du matin.

Désolation et solidarité

Les autorités et les experts constatent le glissement de terrain sur la route de Presqu’île.

pronostics de la Direction des Services Techniques du Conseil Général ne sont guère plus rassurants, ils annoncent des crues pour les prochaines heures. Le premier magistrat de la ville lance la procédure adéquate : activation du PC de crise, alerte de la population et évacuation des établissements scolaires. Les élèves rentrent chez eux et les habitants des zones inondables se mettent à l’abri. Dans l’après-midi, les rivières sortent de leurs lits mais la situation est moins grave que prévu, à 17h00, le PC est levé.

A 6h00, quelques élus et cadres administratifs, partent dans les quartiers, en 4X4, pour évaluer Cependant, au cours de la nuit, de fortes précipiles dégâts. Trois heures plus tard, Roger Lagier, 1er tations se déversent de nouveau sur le François. adjoint au maire, Joseph Loza adjoint à la sécurité, Au petit jour, plusieurs routes sont coupées et de le sous-préfet et le commandant de la Gendarmerie en Relevés de précipitations 2004 en (mm d’eau/m2)* Martinique, effectuent, à leur Moyenne dernier Communes Stations Oct. Nov. Déc. Total tour, deux rotatrim. 2000-2003 tions en hélicopChopotte 466 605 129 François 2425 696 tère. Le spectaMorne Pitault 387 704 134 cle est désolant. Vauclin Château Paille 305 420 60.8 725 236 De nombreux Robert Villarson 606 917 136 1659 534 éboulements se sont produits En novembre 2004, le niveau des pluies au François est largement supérieur à celui des communes voisines. notamment au Fin 2004, il est tombé 3,5 fois plus d’eau au François qu’entre 2000 et 2003. Morne-Pitault et NB : une partie des eaux de Villarson se déversent sur le François et de Morne Pitault sur le Lamentin. à Thalémon, ils * Sources : Météo France - Services Techniques Ville du François. ont endommagé nombreux secteurs envahis par les eaux. Le maire plusieurs maisons. Le réseau routier a relance le PC et annonce, par voie de presse, la ferbeaucoup souffert à tel point que cer- meture de toutes les écoles. Une réunion de crise taines routes sont impraticables. Des (prévue bien avant ces nouvelles inondations) est crevasses ont vu le jour à Perriolat, un programmée pour 17h00, à l’hôtel de ville. pont s’est effondré à Bellevue. Plusieurs habitations sont enclavées, des arbres Alors qu’elle prépare la rencontre, la municipalité sont tombés un peu partout comme exprime aux autorités supérieures ses craintes au au Morne Courbaril où un mur s’est sujet de fissures constatées, quelques jours plus écroulé. Et pour assombrir encore un tôt, sur des maisons, au lotissement Soleil Levant. peu plus le tableau, de vastes étendues d’eau ont La sous-préfecture souscrit à une évaluation de la remplacé les champs des agriculteurs. situation, l’après-midi, en présence d’un technicien Les autorités décident d’engager une procédure de déclaration de catastrophe naturelle (cf. page 9). Cette visite a renforcé la volonté municipale de rétablir rapidement la situation. Depuis la veille, tout le monde est à pied d’œuvre. Les services techniques déblaient les voies, le CCAS accueille les familles, enregistre leurs déclarations de sinistre et leur offre des repas chauds. Un formidable esprit de solidarité s’empare de la ville, élus, personnel administratif et bénévoles s’unissent dans l’action. Mais tous ignorent, à ce moment-là, que la commune n’est pas au bout de ses peines.

Le choc La journée du mercredi s’ouvre sous la pluie. La météo prévoit une aggravation du temps et les

du BRGM, le Bureau de recherches géologiques et minières. Sur place, c’est la stupeur. En moins d’une semaine, les fissures sont devenues des failles ! Plusieurs habitants doivent quitter impérativement leurs domiciles très gravement endommagés. Au cours de la réunion de crise, les autorités évoquent le principe de précaution et demandent l’évacuation immédiate de toutes les habitations concernées. De plus, la circulation est interdite sur la voie principale du quartier, également abîmée.

Loi des séries Le même jour, un éboulement se produit près de l’ancienne école de Bonny-Chopotte normalement occupée par les élèves en raison de la rénovation de leur nouvel établissement. Fort heureusement,


sier ils sont absents du fait de la fermeture de toutes les classes du François pour cause d’intempérie. Le glissement de terrain affecte seulement l’un des bâtiments de l’école. Deux jours plus tard, le dimanche après-midi, des fissures sont signalées sur des maisons de Capulo,

d’habitants. Le mercredi 24 novembre, ce quartier est coupé du François en raison d’un éboulement émanant du lotissement Soleil Levant. Les Services Techniques du Conseil Général interviennent pendant près de deux heures pour désenclaver Presqu’île. Dans le même temps, les pompiers installent, par voie maritime, un dispositif de secours d’urgence. La situation s’aggrave, chaque jour, à Soleil Levant au point que des maisons fissurées menacent de s’effondrer sur d’autres, restées intactes et donc occupées, mettant ainsi en danger la vie des habitants. Face à la menace, la commune prend un arrêté de péril imminent suivi d’une douloureuse décision, celle de démolir les quatre résidences incriminées. Quelques semaines après, la procédure sera exécutée, et plusieurs autres maisons subiront le même sort.

La route du stade, en travaux, a été inondée par deux fois.

au quartier Morne-Pitault. Elles semblent moins importantes que celles de Soleil Levant mais génèrent autant d’inquiétude. A la demande de la Ville et sur ordre de la sous-préfecture, un expert de la DIREN (Direction régionale de l’environnement) vient analyser cet étrange phénomène. Selon son rapport, il s’agit d’un « mouvement de terrain en profondeur provoqué par des infiltrations d’eau ». Il précise que « ces désordres sont antérieurs aux récentes inondations ».

Des jours pénibles De passage en Martinique, un géophysicien de la DIREN de Marseille, M. Maton, spécialiste des mouvements de sol, confirme le diagnostic des experts martiniquais. Le phénomène, particulièrement puissant, se poursuivra. A Soleil Levant, un tiers du lotissement est concerné, ce qui représente une vingtaine de résidences. En fait, c’est tout un pan du quartier qui s’en va vers la mer, située en contrebas. Par ailleurs, certaines de ces habitations surplombent la route départementale (CD29), l’unique voie d’accès menant à Presqu’île, un quartier d’un millier

Au total, les services techniques municipaux dénombrent près d’une cinquantaine de maisons

Les habitants ont subi de nombreux dégâts.

La Martinique entière est sensible aux difficultés du François. Tour à tour, les plus hautes autorités viennent constater les dégâts, expriment leur émotion et s’engagent à aider les sinistrés. Le préfet de Région, Yves Dassonville, assure du soutien de l’Etat. Claude Lise et Alfred Marie-Jeanne, les présidents du Département et de la Région affirment leur volonté d’agir et de collaborer avec la commune. Le maire, Maurice Antiste, en permanence sur le terrain et aux côtés de la population depuis le début de la catastrophe précise que « la Ville ne laissera personne dans le dénuement. ».

Début décembre, les premières aides exceptionnelles sont versées aux victimes des inondations. 82 277 euros sont alloués aux familles qui avaient fait diligence et s’étaient rapprochées, très tôt, du CCAS. Les dossiers des retardataires ont été traités, d’autres prestations devront donc suivre. Bien que plus complexes, les mesures d’aide aux sinistrés des mouvements de sol sont accélérées. La municipalité encadre les familles et poursuit ses Une des failles témoignant l’ampleur du phénomène. actions. Depuis, de nombreuses actions de soliendommagées par les mouvements de terrain. darité ont permis de récolter des fonds. (suite au Outre celles de Soleil Levant, 30 sont répertoriées prochain numéro).  au Morne-Pitault, sur une étendue de 7 hectares. Dans cette région, quoique plus lent, Plusieurs maisons du lotissement Soleil Levant le phénomène connaît une plus forte ont du être détruites. intensité notamment à Capulo.

Soutenir les familles

Mme Christiane Bauras a animé la cellule de crise au C.C.A.S.

La municipalité constitue rapidement une cellule psychologique pour aider les victimes à passer ce cap difficile. Elle lance un appel auprès des bailleurs sociaux et des propriétaires privés pour trouver des solutions de relogement. Le Centre Communal d’Actions Sociales prend en main la situation des sinistrés, les accompagne, note leurs pertes et étudie leurs dossiers, au cas par cas. La Ville organise des réunions au cours desquelles elle informe les familles des mesures d’urgence qu’elle met en œuvre. Magazine Le FRANÇOIS aujourd’hui - Numéro 1


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Un plan de lutte contre les inondations Le caractère récurrent des inondations au François est un motif d’interrogation. Pour bien comprendre ce phénomène, il faut avoir à l’esprit un certain nombre de données qui sont à la base des mesures envisagées. Première précision, le centre-bourg de la commune, légèrement surélevé, est bordée d’une mangrove. Pendant longtemps, cette zone lacustre est respectée et ne connaît aucune urbanisation jusqu’à l’exode rural des années 60. Plusieurs habitants des campagnes viennent alors s’y installer. Mais, à peine achevées, les maisons sont littéralement balayées par les crues provoquées, en 1963, par le cyclone Edith. Il faut rapidement reloger les sinistrés et répondre à la pression démographique qui se fait de plus en plus forte. On construit une cité nouvelle, Eucalyptus. Paradoxalement, elle est placée dans le même secteur inondable.

vaste étude visant à protéger le bourg de ces incessants débordements. Après appel d’offre, la société d’ingénierie BCEOM est retenue. Elle mène ses investigations avec la collaboration de la DDE, la Direction départementale de l’équipement. Elle soumet ensuite plusieurs projets à l’approbation de la Ville. Le plan adopté porte sur trois points et, en premier lieu, sur le recalibrage des cours d’eau.

Elargir les rivières et endiguer le bourg Selon les experts, il faut augmenter la profondeur des principaux cours d’eau de la commune et les élargir. Ainsi, la largeur du canal du François passera

Les études de sols permettront de mieux prendre les décisions.

Le code de l’environnement exige une autorisation préfectorale pour tout aménagement de rivières. Après de longues démarches administratives impliquant une enquête publique, la municipalité obtient, en novembre 2004, l’accord du préfet de Région (arrêté préfectoral du 19 novembre 2004).

Lancement des travaux Sogreah/Guez Caraïbes est le maître d’œuvre de la Ville pour l’ensemble des travaux. Ce groupement, qui a été choisi après appel d’offre, procède actuellement à une étude géotechnique. Ses conclusions permettront de connaître la nature des sols à exploiter.

Avec le temps, l’urbanisation de la zone lacustre s’intensifie ! La mangrove est remblayée, puis, on voit apparaître d’autres quartiers, La Jetée, La Martienne... Le 7 décembre 1976, d’importantes averses font un rappel à l’ordre, toute la partie basse du bourg est inondée.

Une étude approfondie Vingt ans plus tard, en 1995, la tempête Iris frappe la Martinique et spécifiquement le François. Le même scénario se reproduit, les zones basses du bourg sont envahies par les eaux, trois cents personnes sont sinistrées. Ces inondations interviennent deux mois après la prise de fonction du nouveau maire, Maurice Antiste : c’est son baptême du feu. Les dégâts sont considérables tant sur le plan social, économique qu’écologique. La nouvelle équipe municipale s’organise pour aider la population et remettre les infrastructures en marche. Face à la crise, elle initie, quelques semaines plus tard, une

L’entretien des rivières a permis d’éviter le pire.

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L’aménagement des zones inondables limitera la montée des eaux.

de 27 à 40 m, celle de la rivière des Roses sera de 30 m et la rivière des Deux courants, de 20 m. Il faut noter que certaines actions urgentes ont été opérées. C’est ainsi que le Conseil Général par sa Direction des services techniques a accru le gabarit des ponts La Martienne et La Jetée. Des travaux similaires seront effectués prochainement sur le pont Séraphin par le Conseil Régional. Seconde phase du plan de protection, la réalisation d’une digue tout autour du bourg pour l’isoler des inondations. Longue de 2 km 500, elle sera en béton et en terre (en fonction des lieux concernés) et fera l’objet d’un aménagement paysager. Enfin, l’assainissement pluvial constitue la dernière étape du projet. Il s’agira de recueillir les eaux des crues dans un bassin pour les rejeter à la mer par l’intermédiaire d’une station de pompage.

Le chantier devrait débuter au cours du second semestre 2005 par le recalibrage des rivières, la construction des digues en terre et l’arasement de l’ancienne décharge du bourg. Les derniers travaux interviendront, un an plus tard, avec l’érection des murs en béton, la construction du bassin pluvial et l’installation de la station de pompage. La municipalité du François a déjà programmé ce vaste chantier estimé à 8 millions d'euros. En plus de la participation de la Ville, les partenaires financiers seront sollicités (Europe, Etat, Collectivités...) pour mener à bien cette opération de sécurisation et de mise hors d'eau du François. 


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" Le François est un cas d'école pour la Martinique " Lors des intempéries, Maurice Antiste, le Maire du François s’est voulu proche de sa population. Une forte présence aux côtés des sinistrés et aussi des autorités auprès desquelles il a effectué d’importantes démarches visant à accélérer les dossiers d’indemnisation. Interview. Le François Aujourd’hui : Comment avez-vous vécu L.F.A. : Vous avez pu obtenir l’aide de certains ministres pour accélérer vos dossiers : comment avez-vous ces événements ? Maurice Antiste : J’ai vécu ces intempéries de manière extrê- fait ? mement douloureuse tout en faisant preuve de stoïcisme. Car je con- M. A. : J’ai appris, fin décembre, que le Ministre de l’Intérieur, Domininais bien le problème des inondations de notre commune. J’ai habité à proximité de la zone basse du bourg et toute mon enfance est imprégnée de mangrove, d’eaux stagnantes et de crues. Grâce aux travaux mis en œuvre pendant notre mandature, la ville avait oublié qu’elle pouvait être victime de nouvelles inondations. Les dernières datent de 1995. J’avais averti la population en lui expliquant que nous n’étions qu’à la 1ère phase du plan de lutte contre les intempéries. Cependant, voir des gens qu’on connaît bien dans 1 m 20 d’eau, cela fait mal au coeur. Quant aux maisons détériorées par les glissements de terrain, c’est un véritable drame. Certaines habitations constituaient un réel danger pour la population. Nous avons dû les détruire. Démolir huit maisons, c’est terrible ! Nous avons pris cette décision la mort dans l’âme.

L.F.A. : Comment les sinistrés ont-ils réagi ? M. A. : J’ai ressenti chez eux une amertume contenue qui s’est très vite transformée en dignité plus qu’en révolte stérile car ils n’ont pas eu le temps d’être seuls. Mes collaborateurs ont fait ce qu’il fallait en réagissant très vite notamment en les accompagnant. Nous avons organisé des dispositifs d’aide et créé immédiatement une cellule de soutien psychologique. J’ai moi-même compris que cette situation devait être gérée quotidiennement et surtout dans une certaine transparence par le biais d’une communication permanente. Il s’agissait de sauver des vies, de protéger des biens et de réinstaller les gens dans un minimum de confort. Nous nous devions d’être efficaces. Il fallait maîtriser la situation.

L.F.A. : Où en est le plan de lutte contre les inondations ? M. A. : Les premiers travaux d’élargissement des ponts ont été lancés et se poursuivent. Un grand chantier de recalibrage des rivières est programmé pour les prochains mois, très probablement pour le second semestre 2005. A terme, des digues de protection vont ceinturer l’agglomération et une station de pompage rejettera les eaux pluviales à la mer. Toutefois, au delà de ce plan, nous pensons au relogement de certains habitants dans des lieux plus sûrs. Le service municipal de l’urbanisme est chargé de ce dossier.

L.F.A. : Quelles sont les conclusions du BRGM concernant les mouvements de sol ? M.A. : Les conclusions définitives du Bureau de recherches géologiques et minières ne sont pas encore disponibles. Néanmoins, les spécialistes s’accordent sur un point : les glissements de terrain du François sont les plus importants qui se soient jamais produits en zones urbanisées en Martinique. Des investigations sont en cours pour tenter de connaître l’origine de ces mouvements de sol. Quoi qu’il en soit, compte tenu de la gravité de la situation à Soleil Levant, d’autres maisons devront être détruites. Ces villas surplombent la RD6, l’unique voie d’accès au quartier Presquîle. Pour des raisons de sécurité, nous avons été contraints de fermer la route à la circulation. Avec l’aide du Conseil général, nous préparons sa réouverture dans les plus brefs délais afin de soulager les habitants, surtout les commerçants de la zone.

que de Villepin, était en visite privée dans un grand hôtel du François. Je l’ai informé de notre situation et il m’a mis en relation avec son directeur de cabinet que j’ai rencontré quelques jours plus tard, Place Beauvau, à Paris. Ensuite, j’ai été introduit auprès du chef de cabinet du Ministre de l’Ecologie et du développement durable. Enfin, j’ai été reçu tout naturellement par Mme Brigitte Girardin, la Ministre de l’Outre-mer. Je dois avouer que j’ai été frappé par la grande simplicité et l’écoute de mes interlocuteurs.

L.F.A. : Qu’avez-vous obtenu à Paris ? M. A. : Je suis parti de Paris avec la conviction que la déclaration de catastrophe naturelle, disposition indispensable à l’indemnisation des sinistrés, serait très vite prononcée. Par ailleurs, la loi Barnier du 2 février 1995 répond au problème posé à Soleil Levant par les mouvements de sol. Ce texte prévoit l’expropriation des maisons endommagées par des glissements de terrain « menaçant gravement des vies humaines ». Par conséquent, leurs propriétaires pourront être indemnisés. Les décrets sont en passe d’être édictés. Le François sera probablement la première ville de France à bénéficier de cette disposition nouvelle. Il faut souligner que la commune a fait un effort financier considérable pour répondre dans l’urgence aux besoins des sinistrés par l’achat de nourriture, de matelas et autres produits utiles. Nous avons sollicité le ministère de l’outre-mer afin d’obtenir une aide, nous attendons sa réponse.

L.F.A. : Quelles solutions préconisez-vous pour l'avenir ? M. A. : Tout d’abord la prévention. Nous l’avons déjà entamée sur notre territoire, entre autres, par l’organisation d’un village sur la sécurité et la sensibilisation des différents risques auxquels nous sommes exposés. Nous avons demandé également une révision du PPR (Plan de Prévention des Risques) afin de déterminer de façon plus précise les zones dangereuses et mieux maîtriser l’urbanisation. Toutefois, en dehors de tous ces efforts, chacun doit être conscient de la nécessité d’évacuer dans un avenir plus ou moins proche les maisons mal conçues qui mettent en péril des vies humaines. Le François est un cas d’école pour la population martiniquaise et pour tous les spécialistes de la construction. DERNIERE MINUTE : LE FRANCOIS DECROCHE L’ARRETE DE CATASTROPHE NATURELLE Suite à la demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle formulée par le maire Maurice ANTISTE, la commission interministérielle chargée d’étudier la demande a donné un avis favorable. L’arrêté du 4 février 2005 paru au Journal Officiel n° 43 du 20 févier 2005, confirme l’avis de la commission interministérielle en déclarant la ville du François en état de catastrophe naturelle pour les inondations et coulées de boue des 12 et 17 novembre 2004 et pour le mouvement de terrain du 17 novembre 2004. « C’est avec beaucoup de satisfaction que j’ai reçu cet arrêté tant attendu. La procédure est allée beaucoup plus vite que d’habitude… C’est grâce à la forte mobilisation de l’équipe municipale et aux services de l’Etat à la Martinique. A ce titre, j’ai eu raison de partir défendre nos dossiers directement auprès des ministères à Paris… Une première étape est donc franchie mais le combat continue… » a déclaré le maire. Magazine Le FRANÇOIS aujourd’hui - Numéro 1


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La Brigade du littoral

Une nouvelle équipe pour protéger l'environnement Engagée dans une politique de développement durable sur l’ensemble de son territoire, la Ville du François, à travers l’élaboration de son plan local d’urbanisme (PLU) a décidé de mettre l’accent sur la protection de l’environnement.Un défi que la municipalité entend relever en mettant sur pied la brigade du littoral. Cette nouvelle cellule, rattachée à la Direction de l'urbanisme, sera chargée, entre autre, de veiller sur nos sites sensibles. activité, les agents sont également amenés à travailler les week-end et jours fériés.

Des moyens à la hauteur de ses missions

Enlèvement d’une carcasse d’avion dans la mangrove.

La mission principale de la Brigade se décline en trois axes : l’entretien du littoral, l’information des usagers et la surveillance des sites. Composée de 7 Agents, elle est chargée de nettoyer les 37 Km de côtes de la commune et les îlets. La brigade devra également informer tous les usagers de ces sites (touristes, propriétaires…) des comportements à adopter. Enfin, elle assurera une surveillance en étroite collaboration avec la Police Municipale et les services de l'Etat (Gendarmerie, Affaires Maritimes...). A noter que le littoral franciscain, très étendu et difficile d’accès par la route, s’étend du Cul-de-sac des Roseaux à la Pointe Cerisier. Par ailleurs, la commune du François compte en tout huit îlets. Compte tenu de l’étendue du littoral, un découpage en 5 secteurs a été fait afin de faciliter la répartition des agents sur le terrain. Deux équipes de trois agents collaborent du lundi au vendredi de 7h à 14h (15h le lundi). Compte tenu de la particularité de cette

La Brigade du Littoral dispose d’un local équipé permettant notamment le stockage du matériel pour la navigation et l’entretien des sites. Elle dispose également d’une yole, d’une capacité de 7 places, entièrement remise à neuf.Vous n’aurez pas de mal à reconnaître ces nouveaux agents grâce à leurs tenues vestimentaires : une tenue pour l’entretien des sites (tee-shirt vert et pantalon) et une autre pour la surveillance et les missions à caractère ponctuel (un short bleu et un polo rouge). Les tenues comporteront le logo communal et au dos l’intitulé « Brigade du Littoral ».

La pointe COURCHET se met au vert

La réhabilitation du site a duré quelques mois.

Le François garant de la protection de l’environnement est le site le plus approprié géographiquement pour l’implantation de la déchetterie qui assurerait également la desserte des communes voisines. La décharge qui se trouvait sur son territoire, à la pointe Courchet a donc été réhabilitée, suite à des travaux qui ont duré vingt semaines. Plusieurs étapes ont été nécessaires pour rendre le site salubre : traitement des ferrailles, déblai, remblai, retroussement et mise en forme des déchets, couverture d’étanchéité, végétalisation et enfin traitement des biogaz. L’Etat a prévu un plan d’élimination des déchets ménagers et assimilés sur l’ensemble du département (décret du 07 mars 1997). Ce plan implique la création d’une unité de compostage de la fraction fermentescible des ordures ménagères, d’une unité d’incinération des ordures ménagère qui se trouve déjà à Fort-de-France, et la construction de sites de transferts et de déchetteries. Les travaux sont aujourd’hui terminés et la décharge de la Pointe Courchet représente une parcelle de 6 hectares assainis. C’est à cet emplacement que la Ville du François érigera, avec la Communauté d’Agglomération du sud, la déchetterie, outils supplémentaire à la mise en place d’une politique de développement durable sur son territoire. 

La Brigade du Littoral dispose d’une yole rénovée.

Enfin, la brigade dispose de moyens de communications et de prises de vue, afin de faciliter le relais d’information quotidien sur le terrain. 

Le site de la Pointe Courchet est désormais assaini.

Protection du littoral

Une priorité de la municipalité

37 kilomètres de littoral et 8 îlets font aujourd’hui la richesse du François. Ces sites sensibles font l’objet d’une attention particulière de la ville du François engagée dans une politique de développement durable sur l’ensemble de son territoire. A travers l’élaboration de son plan local d’urbanisme, la Municipalité du François a décidé de mettre l’accent sur la protection de l’environnement. La côte Franciscaine est très étendue avec parfois la difficulté d’y accéder par la route, la mer restant souvent le seul moyen de s’y rendre. Malheureusement des atteintes à l’environnement sont à déplorer. Le François compte 8 îlets dont 7 classés en espace remarqua-

Magazine Le FRANÇOIS aujourd’hui - Numéro 1

Les îlets du François, un espace fragile à protéger.

ble et un classé en zone urbaine. C’est en rapport avec sa politique concernant le développement durable que le 4 avril 2003, l’Etat et la Ville du François ont signé des arrêtés de protection du biotope afin de préserver ces écosystèmes. Dans le même temps, des conventions de gestion sont signées entre les principaux acteurs (Etat, la ville du François, l’ONF et la DIREN) soulignant leur volonté de respecter et de faire respecter les prescriptions contenues dans les arrêtés de protection du biotope. La brigade du littoral nouvellement créée permettra un meilleur contrôle de notre environnement. 


Haute Taille

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A la rencontre d'Haïti La fête patronale du François s’est inscrite, cette année, au cœur de l’actualité. La célébration du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti a connu un vif succès. Le thème de la fête patronale a été décidé bien avant le18 septembre 2004, date à laquelle l’ouragan Jeanne est venu dévaster le nord d’Haïti. Face Beethova Obas a promis de revenir au François.

tembre, témoigne de l’engouement suscité. Avec la pièce de théâtre « Fort de Joux », un pan illustre de l’histoire haïtienne a trouvé un large écho auprès du public. Les rendez-vous autour de la musique ont toutefois remporté la palme de l’affluence. Echanges mémorables entre « l’enfant du pays et de la commune » Dédé Saint-Prix et les Frères Dodo et Ti Jack d’Haïti. Une confrontation de musiques traditionnelles qui a conquis le cœur des Franciscains. Beethova Obas, le troubadour, a fait salle comble à la salle des fêtes.

Mass Compas : une musique moderne et dynamique.

à la détresse d’un peuple déjà exsangue, les Franciscains ont répondu spontanément à l’appel à la solidarité lancé par la municipalité. Grâce à leur générosité, deux containers de vivres, ustensiles de cuisine, vêtements et autres articles ont été envoyés sur l’île d’Hispaniola en collaboration avec les associations haïtiennes de Martinique.

Richesse culturelle

Téléthon :

Le 1er festival international de Haute Taille du François est encore dans les mémoires. Deux ans après, ses organisateurs savourent toujours leur succès. L’édition 2005 s’annonce tout aussi alléchante.

Des échanges musicaux

Exploit aussi de la formation martiniquaise « Mahogany » et des nombreuses associations du François qui se sont produites tout au long des trois semaines de festivités. Bien entendu, le paroxysme était atteint, avec le concert de clôture de « Mass Compas » d’Haïti qui a rassemblé près de 15 000 personnes sur la place des fêtes.

Cette collecte a probablement relancé l’intérêt du public pour Haïti. Selon les organisateurs, « il fallait permettre aux Franciscains de découvrir ou de redécouvrir l’histoire de ce pays en souffrance, si pauvre économiquement mais si riche culturellement ». Le succès de la « rencontre des idées et des arts », débat placé en ouverture de programme, le 21 sep-

La passion d'une ville

« L’édition 2005 de la fête patronale sera intéressante », assure-t-on dans les coulisses du service de la culture. Mais s’agissant du thème, motus et bouche cousue ! Le secret est jalousement gardé. Alors, attendons encore un peu pour en savoir davantage. 

Opération réussie

Au François, sportivité et générosité marqueront l’édition 2004 du Téléthon ! Le défi ? Réaliser 10h00 de marche et faire des dons en faveur des malades atteints de myopathies. L’association ISF (Initiative Sportive Franciscaine) mène l’opération en collaboration avec la Ville qui lui fournit logistique et aide financière.

Durant les vacances, des stagiaires venus de toute la Martinique ont suivi des cours de Haute Taille.

Avec un plaisir non dissimulé, Marie-Frantz Tinot, déléguée à la culture, évoque la naissance du festival : « Nous voulions créer quelque chose d’inédit, nous souhaitions que l’événement ait l’empreinte même de notre ville ». Avec la Haute Taille, danse particulièrement prisée au François, le pari était presque gagné. Restait à concocter un programme de qualité qui rassemblerait le plus grand nombre de protagonistes. « Ce festival international est notre fierté, poursuit l’adjointe au maire, il a créé une réelle émulation ». Les Martiniquais sont venus, en effet, des quatre coins de l’île pour y assister. Quant aux invités, ils avaient fait une telle promotion dans leurs pays respectifs que chaque groupe de danseurs est venu, accompagné de nombreux visiteurs avides d’art et de découverte. Les hôtels de la ville n’ont pu contenir tout le monde, plusieurs touristes ont dû être logés dans les communes voisines.

Honneur au commandeur On le crie haut et fort, il n’est pas question de s’arrêter en si bon chemin. Le festival de juin 2005 se prépare activement. Plusieurs pays sont d’ores et déjà attendus : la Guadeloupe, bien sûr, mais aussi la Guyane, les Seychelles, Cuba, l'Irlande, la Haute Bretagne ou encore la Pologne. Cette nouvelle édition verra la mise en valeur des « commandeurs », ces chanteurs qui mènent la cadence et donnent le rythme de la Haute Taille (suite au prochain numéro).  Au tambourin, le commandeur donne le tempo.

Ce samedi 04 décembre, les premiers sportifs arrivent très tôt devant l’hôtel de ville, point de départ du circuit. Il fait 3 kilomètres et ne présente aucune difficulté particulière. C’est un circuit fermé : le marcheur effectue un véritable parcours de santé avant de revenir en mairie.

Des nombreux jeunes ont participé à cette opération.

Toutes les catégories d’âges sont représentées. On est en famille, entre amis ou entre collègues. L’essentiel, c’est de participer et surtout de faire honneur au François ! Ainsi, sourire aux lèvres, les adeptes des foulées tranquilles se relaient pendant toute une journée.

A 18H00, mission accomplie, les Franciscains ont relevé le défi ! Outre la marche, ils ont réuni la coquette somme de 1 600 euros ! Bel exemple de solidarité ! L’ISF et la Ville se félicitent de l’opération. Vive le Téléthon… 2005 !  Magazine Le FRANÇOIS aujourd’hui - Numéro 1


de ville

Le marché couvert Un lieu de vie et de développement

L'église St-Michel

Le challenge à relever La première église du François fut construite en paille, en terre et en roseau et n’a pas résisté aux intempéries. L’église Saint-Michel qui fut malheureusement anéantie en 1973 par un incendie faisait la fierté des franciscains. Elle a été remplacée par un bâtiment aux allures futuristes qui est vite devenue vétuste. Aujourd’hui, la ville du François lance un projet de construction d’une nouvelle église qui allie passé et future, tradition et modernité. Le passé pour les matériaux utilisés, la pierre, la terre cuite, le bois, mais aussi parce que le nouvel édifice reprend les références architecturales de l’église Saint-Michel avec une façade en pierre et un clocher imbriqué au centre du parvis.

Sur la façade principale, la flèche inclinée symbolise la balance des marchandes.

Dans le cadre de sa politique de revitalisation du centre ville et de reconquête de son espace urbain, la Municipalité du François a mis en service en janvier 2004, son nouveau marché couvert. L’inauguration a eu lieu au mois de Juillet dernier en présence de nombreuses personnalités. A cette occasion, le Maire du François a souligné que « ce nouvel outil mis à la disposition des Franciscains et réalisé en concertation avec les utilisateurs redonne un sens à l’aménagement du centre ville et participe le vie économique du François ». Répondant à toutes les exigences sanitaires européennes, le marché couvert, conçu par l'architecte Fabien BURNER, offre aux Franciscains un vrai lieu d’échange. Sur une surface de 500 m2, il peut accueillir plus de 50 professionnels, 33 tables destinées à la vente et 3 locaux de boucherie triperie. De bonnes conditions de travail pour les marchandes proposant des produits frais aux clients.

Consciente des Vue de la façade extérieure. risques naturels sur son territoire, la ville du François a tenu à faire de cette nouvelle église un lieu sûr, car elle répond aux normes parasismiques les plus strictes. La proximité du centre de secours fera de ce lieu de culte un refuge pour la population en cas de sinistre. L’enveloppe financière affectée à la réalisation des travaux s’élève à près de 3 500 000 € HT dont 10% sont alloués à la mise aux normes parasismiques. Un large escalier facilite l’accès par l’arrière du marché.

Le concept architectural repose sur la balance des marchands de fruits et légumes symbolisée sur la façade principale. Une aiguille inclinée en acier est posée sur une poutre métallique rappelant le bras de la balance en équilibre. La réalisation de l’ouvrage aura coûté près de 700 000 €, financée à 52% par la municipalité du François aux côtés de l'Etat, la Région et le Conseil Général. Erigé presque au même emplacement que l’ancien marché construit au début du siècle, le nouvel édifice fait la fierté de tous les Franciscains et des nombreux visiteurs.

Magazine Le FRANÇOIS aujourd’hui - Numéro 1

Le futur et la modernité parce que l’acier, le cuivre seront également utilisés en combinaison avec les autres matériaux. Une demi coupole viendra couvrir l’espace liturgique telle une voile gonflée par l’alizé, référence à la renommée de la ville dans le domaine du sport nautique.

La nouvelle église du François sera implantée au cœur de la ville et rentre dans la politique de redynamisation du centre bourg mise en place par la Municipalité. La pose de la nouvelle pierre de la nouvelle église est prévue pour cette année (suite au prochain numéro...).

L’aménagement intérieur a été pensé selon les critères les plus récents de l’église.

LFA-No01  

N° 1 Magazine de la ville du François - janvier/février 2005 - Gratuit Education, répondre aux besoins [p.3] Intempéries, Inondations, gliss...

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