Page 2

p.2

LibyaBlog, la parole aux jeunes EU Neighbourhood Info Centre – Reportage no. 95

n

Site web du LibyaBlog http://libyablog.org/

tion ou la capacité à discerner ce qui constitue une diffamation, une atteinte à la vie privée ou une incitation à la violence. Afin que les blogueurs libyens prennent mieux conscience de l'impact que leurs déclarations peuvent produire sur leur lectorat, l'UE a décidé de leur offrir des activités de formation et de soutenir la création d'une blogosphère libyenne jeune, responsable et active qui leur permet de s'exprimer et de nouer des liens avec d'autres blogueurs à l'étranger. Le projet LibyaBlog soutenu par l'UE entend offrir aux jeunes blogueurs libyens un espace virtuel libre où ils peuvent s'exprimer via les médias électroniques. Pour ce projet, l'Union européenne a choisi France 24, Radio France Internationale et Radio Monte Carlo comme principaux partenaires. Ces organisations travaillent ensemble afin de créer un nouveau site web proposant des articles d'actualité et publiant des éditoriaux. De jeunes blogueurs libyens ont été sélectionnés pour bénéficier d'une formation en rédaction éditoriale, publication de textes, images et vidéos, aspects techniques et éditoriaux de la publication sur l'internet et autres sujets apparentés. À ce jour, 40 blogueurs des quatre coins du pays, de Benghazi à Tripoli en passant par Misrata, Sabha, Alqtroon, Brega et Mizdah, ont été recrutés et formés. De même, plus de 300 articles ont déjà été publiés sur le site web.

« Maintenant j'ai appris à travailler dans une équipe, je sais comment rédiger un article, comment l'éditer, comment prendre une bonne photo ou enregistrer une vidéo. Plus important encore, je sais ce qui doit être fait pour m'assurer que mes articles soient précis et crédibles. ».

La responsable du projet, Hadia Laghsini, est journaliste à Radio France International. « En Libye, les blogueurs sont confrontés à de nombreux défis, à commencer par des menaces à l’encontre de leur sécurité personnelle. Les blessures de la guerre ne se sont pas encore refermées, le pays recèle d'énormes quantités d'armes, le niveau de violence reste élevé et les institutions de l'État ne fonctionnent pas encore de façon adéquate. Dans ce contexte, les blogueurs vont eux-mêmes sur le terrain pour couvrir les événements et courent donc des risques », explique Mme Laghsini. « Mais je suis contente de ce que nous accomplissons. En soi, l'existence du LibyaBlog est déjà une réussite. » Selon Mme Laghsini, qui est administratrice du blog ainsi que de ses pages Facebook et Twitter, « aucune exigence n'est posée pour publier un article, poster des photos ou des vidéos sur le site, il n'y a pas de nombre minimal ou maximal de mots et l'accès au blog est libre ». L'équipe de formateurs compte notamment Ségolène Malterre, une journaliste à la radio, la télévision et sur l'internet qui travaille pour l'émission « Les Observateurs » de France 24. L'une de ses tâches consiste à apprendre aux blogueurs à s'assurer que les informations, photos et vidéos publiées sur le site soient correctes et précises. « Nous avons recruté des personnes de profils variés. Certaines sont des journalistes qui travaillent pour les médias de masses et d'autres sont des activistes ou des journalistes amateurs, des gens qui ne sont pas des professionnels mais ont une passion pour les nouveaux médias sociaux. »

« Le LibyaBlog est un lieu où les écrivains libyens libres se réunissent pour faire entendre la voix du peuple libyen partout dans le monde. Même si un nouveau dictateur devait prendre le pouvoir, le LibyaBlog restera la voix du peuple libyen. »

Pas de discours haineux, de discrimination ni d'incitation à la violence Mme Malterre tient à expliquer que le LibyaBlog n'admet pas de discours haineux, de discrimination ni d'incitation à la violence, attitudes fréquentes dans les médias sociaux libyens. Elle veille à ce que les formateurs n'imposent pas de priorité dans leur sélection de sujets et à ce que les blogueurs décident eux-mêmes du type d'article qu'ils veulent rédiger. « Nous leur apprenons l'importance des nouvelles, leur valeur et les différents éléments qui les composent, mais nous ne leur dictons pas ce qui doit être écrit. France 24 a déjà utilisé un article rédigé par un blogueur du site web, un signe qui montre que ce site est bien suivi, même par des médias professionnels, pour accéder à l'information », conclut-elle. Wisam Hasan, un jeune homme de 19 ans de la ville de Benghazi, est un rédacteur amateur qui a commencé à écrire dans un blog en 2009. À la fin de l'année dernière, après avoir entendu parler du projet, il a envoyé une demande pour y entrer et a été sélectionné. « Le fait d'avoir été sélectionné m'a motivé pour améliorer mon talent de rédacteur ; j'avais l'impression d'avoir des devoirs à faire », explique Wisam. « Maintenant j'ai appris à travailler dans une équipe, je sais comment rédiger un article, comment l'éditer, comment prendre une bonne photo ou enregistrer une vidéo. Plus important encore, je sais ce qui doit être fait pour m'assurer que mes articles soient précis et crédibles. J'ai appris à vérifier mes sources d'information avant de publier quelque chose. »

n

La journaliste Ségolène Malterre (à gauche) et Hadia Laghisini parlent à des journalistes et blogueurs libyens au cours d'un atelier de blogging et de construction de site web.

Libya blog feature fr  

Feature story on a community of bloggers in Libya

Advertisement