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AVRIL - MAI 2016

N°24

LONDRES

DU NOUVEAU À L’EST ! ENTRETIEN

BUSINESS

TRANSPORT

Michel Dieleman, président de l’AFTM

Le train roule pour les voyageurs pros

Le retour des compagnies aériennes américaines


S:180 mm

S:250 mm


Édito

©DR

VOYAGE AU BOUT DE L’AFFAIRE

Sommaire ENTRETIEN Michel Dieleman, président de l’Association Française des Travel Managers (AFTM)

P. 4

NEWS Transports, agences, services

P. 6

TRANSPORTS Le grand retour des compagnies américaines P.13

HÉBERGEMENT Résidences de tourisme Une valeur sûre dans un contexte instable

P.19

BUSINESS Le train roule pour les voyageurs pros

P.26

DESTINATION Londres, du nouveau à l’est !

P.32

EN DIRECT DE Dubaï, nouvel empire du milieu

P.38

« La fin du voyage d’affaires ? » : c’est le titre que l’on pouvait lire il y a dix ans en ouverture d’un article consacré à l’essor de la visioconférence. Le point d’interrogation final laissait certes la porte ouverte à la discussion mais le titre de l’article – tout comme son contenu d’ailleurs – plaidait plutôt pour ce qui apparaissait alors comme une fatalité : le grand remplacement de la rencontre réelle par la rencontre virtuelle. Alors : mort, le voyage d’affaires ? Dix ans plus tard, tous les baromètres sont formels : on attendra un peu pour l’envoi des faire-part de décès… À l’évidence, le grand remplacement annoncé n’a pas eu lieu et on peut d’ores et déjà annoncer qu’il n’aura pas lieu. Malgré le développement délirant des moyens de communication, il reste une limite au virtuel et la vraie vie des affaires demeure irréductible au pixel. Car on ne répare pas une plate-forme pétrolière par Skype, pas plus qu’on ne prospecte un réseau de distribution via FaceTime… Le déplacement professionnel reste une nécessité vitale pour les entreprises. Mieux, même : c’est un investissement rentable pour peu qu’il soit bien géré et que l’on se tienne au courant des dernières évolutions en cours. Nouveaux acteurs, nouvelles offres, nouveaux services : vous les retrouverez tous dans ce numéro. Mais si la mobilité continue d’occuper une place centrale dans la vie des entreprises, on ne saurait contourner cette autre évidence : le voyage d’affaires a un peu perdu de son attrait par les temps qui courent. Sortir de chez soi, prendre un transport en commun parmi l’incertaine multitude, attendre au milieu des colis suspects devant des comptoirs d’aéroport ou dans des halls de gare surchargés : tous les « même pas peur » n’y feront rien, désormais vos voyageurs partent au front avec une petite boule au ventre. Saurez-vous les rassurer ? Julien Hirsinger Rédacteur en chef

Supplément de Voyages & Stratégie numéro 188 Avril / Mai, diffusé sur l’ensemble des abonnés. Réalisé par VOYAGES & STRATÉGIE : 136, rue Perronet - 92200 Neuilly-sur-Seine. Directeur de la publication : Hervé Josserand. Éditeur : Hervé Josserand. Rédacteur en chef : Julien Hirsinger - julien@hirsinger.net Rédactrice-Graphiste : Jennyfer Buzenac Coordination maquette et texte : Arnaud Cabanne - arnaud.cabanne@acta-media.com +33 (0)1 49 64 47 21 Rédaction : Jean-Baptiste Héguy, Viktoria Varecza, Christophe Chalon, Thierry Beaurepère, Adèle Dunois Couverture : ©Fotolia/Davis Marketing & partenariats : Laurence Piquemal Kühn - laurence.piquemalkuhn@acta-media.com Publicité - Eric Montaufray, directeur publicité France - eric.montaufray@acta-media.com Tél. : +33 (0)1 49 64 47 49 Commission paritaire : 0611K698 - ISSN 2119-0615

Avril / Mai 2016 | N°24 | 3


ENTRETIEN

MICHEL DIELEMAN,

© A.Nestora

PRÉSIDENT DE L’AFTM

« Rationaliser : oui, mais plus à n’importe quel prix ! »

Créée en 2008, l’Association Française des Travel Managers (AFTM) est devenue un lieu d’expertise, un point de rassemblement essentiel pour les professionnels du voyage d’affaires. Flash-back et perspectives avec Michel Dieleman, président de l’association. Propos recueillis par Julien Hirsinger

Comment êtes-vous entré dans le monde du voyage d’affaires ? Au sein du Centre National d’Etudes des Télécommunications – devenu depuis Orange Lab’s –, j’avais en charge un département logistique et administratif dans lequel on retrouvait, entre autres, l’activité travel. Passionné de voyages à titre privé, je me suis saisi du sujet en me disant qu’il y avait beaucoup à améliorer. Cela a nourri ma réflexion, a élargi le spectre de mes compétences et je dois reconnaître que le centre de recherches, fort de ses 3 000 ingénieurs, s’est révélé une bonne école pour convaincre et faire accepter à nos collaborateurs une nouvelle organisation et une gestion plus automatisée des déplacements professionnels. En 2003, Orange décida de rationaliser cette activité au niveau groupe ; la fonction « Group Travel Manager » fut créée et validée par le Comité Exécutif. Et j’ai eu l’honneur d’être désigné. 4 | N°24 | Avril / Mai 2016

Et cinq ans plus tard, vous contribuez à la création de l’AFTM… C’est une idée que nous partagions avec une dizaine d’homologues venus d’autres entreprises. Cela correspondait à une volonté des gens du métier de davantage communiquer et d’échanger entre eux, notamment pour faciliter les benchmarks. Les prestataires de voyages étaient eux aussi intéressés car ils souhaitaient avoir face à eux des gens mieux formés. Nous avons déposé les statuts en mars 2008 et, en octobre, nous avons rassemblé 650 personnes pour notre première soirée, une belle rampe de lancement ! L’AFTM n’a cessé de grandir depuis. En intégrant également des professionnels extérieurs aux grands groupes ? Oui, et c’est une chose à laquelle nous tenions dès le départ : ne surtout pas restreindre l’association aux grands groupes.

Nous comptons, parmi nos membres, de très nombreux représentants d’ETI, de PME, de PMI, ainsi que d’entités du service public. De la même façon, l’AFTM ne s’adresse pas seulement à des travel managers expérimentés mais aussi à des chargés de voyages, à des assistantes qui ont très souvent des responsabilités importantes dans ce domaine. La mission de l’AFTM, c’est de leur apporter plus d’expertise dans le domaine du voyage d’affaires mais aussi une meilleure reconnaissance de leurs métiers au sein des entreprises. Nos formations ont d’ailleurs été reconnues et nous avons pu former des gens d’horizons variés et d’entreprises très différentes, parfois assez inattendues. Un exemple ? Je dois avouer que j’ignorais l’existence de la « Mutuelle des motards » jusqu’à ce que la responsable des voyages vienne suivre une formation chez nous… Pour


ENTRETIEN cette partie de nos adhérents, c’est un pas considérable. Nos formations et tout ce qu’a pu réaliser l’AFTM pour la reconnaissance officielle de leur métier ont permis à nos adhérents de se mettre « dans les bonnes cases » au sein de leurs entreprises. Quelques-uns sont même devenus officiellement « travel managers ». Tout ce travail a dans bien des cas abouti à des créations de postes. J’en veux pour preuve la création récente d’un poste de « Travel Manager » à la Défense Nationale, à l’appui de la fiche métier validée par l’APEC et Pôle Emploi, à l’initiative de l’AFTM. Que répondez-vous à ceux qui pensent que le financement par des « partenaires » peut nuire à l’indépendance de l’association ? Ma réponse est simple : dès la création de l’association, nous avons souhaité la rendre accessible à toute personne assumant des responsabilités dans l’activité déplacements professionnels en entreprise, que ce soit à temps plein ou de façon partielle. Il n’était pas évident pour tout le monde de se voir rembourser sa cotisation annuelle par l’entreprise, ce qui explique que nous avons choisi de la maintenir à un niveau très bas – elle est aujourd’hui de 60 € – afin que personne ne passe à côté de notre association. Il nous fallait donc trouver d’autres sources de financement. Le fait d’avoir des partenaires nous permet d’enrichir nos échanges, nos expertises, nos formations, tout en conservant notre indépendance. Notre modèle peut bien sûr être critiqué mais il se distingue pourtant de celui d’autres associations qui mêlent les fournisseurs et les adhérents, ce qui conduit souvent à un ascendant des fournisseurs. Que cela soit clair : il n’y a aucun fournisseur partenaire au conseil d’administration de l’AFTM. Le but de l’association est de fonctionner en bonne intelligence avec ses partenaires, que l’on retrouve dans beaucoup de nos rencontres – toujours en nombre limité. D’autres événements sont strictement réservés aux adhérents. Cette ligne de partage que j’ose qualifier de « bon sens » est

L’AFTM EN CINQ CHIFFRES

• 350 membres • 80 partenaires (compagnies aériennes, chaînes hôtelières, TMC, location de voitures, éditeurs de solutions techno…) • 50 événements organisés par an • 7 livres blancs déjà publiés • 2 délégations régionales (PACA et Nord-Pas de Calais-Picardie) et une représentation en Suisse (STM) matérialisée dans notre site web par une partie privative où seuls nos adhérents peuvent retrouver comptes rendus, fiches techniques et de nombreuses autres informations…

« l’AFTM ne s’adresse pas seulement à des travel managers expérimentés mais aussi à des chargés de voyages ou des assistantes qui ont des responsabilités dans ce domaine » Certains partenaires ont-ils été tentés de franchir cette ligne de partage ? Bien sûr, mais ils ont rapidement compris que cela était fortement contre-productif ! Lorsque nous organisons les rencontres, nous demandons toujours à nos partenaires de parler « métier » et de ne pas s’inscrire dans une démarche commerciale. Il y a quelques années l’un d’entre eux a organisé une rencontre formatée en « mode pub ». Cela fut sanctionné par une très mauvaise note dans les fiches d’évaluation qui suivent traditionnellement chacune de nos rencontres. Plus tard, un entretien avec ce partenaire a permis de remettre les choses au clair

et d’organiser un autre événement ; à ce jour, c’est un de ceux qui ont obtenu l’une des meilleures appréciations ! Revenons au travel management : est-on en train de sortir de l’obsession de la réduction des coûts ? C’est manifeste : les dix dernières années ont été marquées pour les entreprises par cette obsession des coûts. Mais je sens depuis environ deux ans une évolution qui redonne toute sa place à l’écoute du voyageur et au fait que l’entreprise considère plus le voyage d’affaires comme un investissement. Rationaliser, économiser : cela reste un objectif mais plus à n’importe quel prix. Le voyageur, socialement, est beaucoup mieux pris en compte qu’il ne l’était auparavant. Dernière question : un bon travel manager doit-il savoir voyager ? Pas forcément mais il est évident que mes voyages privés m’ont vraiment aidé à mieux appréhender les problématiques d’un voyageur d’affaires. J’ai beaucoup voyagé, je connais presque tous les pays d’Asie du sud-est, le souscontinent indien, pas mal de pays africains, les Amériques du Nord et Centrale et je suis en train de parfaire ma connaissance de l’Amérique du Sud. En tant que président de l’association sportive d’Orange, j’ai également organisé des déplacements de groupes dans pas mal de pays : Grèce, Maroc, Kenya, Mexique, Indonésie, Thaïlande… Ce sont des « expériences terrain » qui m’ont été extrêmement précieuses pour mieux comprendre les voyageurs, pour mieux adapter certaines règles de politique voyages et les faire accepter. n Avril / Mai 2016 | N°24 | 5


©N.Morris /British Airways

NEWS

QUESTIONS À… Patrick Malval, directeur général d’OpenSkies « NOUS AMÉLIORONS NOTRE OFFRE EN PERMANENCE » Paris-New York est une ligne particulièrement concurrentielle. Comment faites-vous la différence ? Tout d’abord, nous avons des passagers fréquents extrêmement fidèles, une clientèle de commuters qui ont une vie ou un business partagé entre les deux villes. Mais surtout, nous améliorons notre offre en permanence. Nous avons lancé en 2015 un programme d’investissement que nous poursuivons sur 2016. On a revu notre catering dans les trois cabines, on a ouvert notre propre salon à Orly ouest, basé sur l’esthétique d’un loft new-yorkais et qui recueille un taux de satisfaction qui dépasse les 90 %. On a adapté l’horaire de notre vol pour JFK afin de faciliter les correspondances domestiques. On a aussi pris beaucoup d’initiatives tarifaires, en créant des packages de prix attractifs notamment pour per-

mettre à nos clients de mixer leur été rénovées et nous allons intégrer parcours avec, par exemple, un aller un quatrième avion dans notre flotte en premium de jour et un retour en cet été. business pour le vol de nuit.

Votre test de transfert gratuit en voiture avec chauffeur depuis/vers Orly pour vos passagers affaires est-il amené à se prolonger ? Mieux que ça : l’accueil a été tellement positif que nous avons l’intention de l’étendre sur le marché américain ! Désormais, à chaque fois que vous achèterez des billets OpenSkies en classe affaires, le transfert sera inclus dans les deux sens. Nous serons les seuls à proposer ce service à Paris comme à New York. Plus loin, c’est tout notre programme d’investissement qui va se poursuivre cette année : avant le mois de juin, l’ensemble des cabines de nos trois avions auront

Air France lance cet été un vol quotidien vers New York depuis Orly. Cette arrivée vous fait-elle peur ? Non car je pense que notre produit est meilleur : le 777 qu’Air France va mettre en place depuis Orly est un appareil d’ancienne génération, avec les sièges du milieu en classe affaires, très peu appréciés par la clientèle. Nous gardons également l’avantage sur la fréquence, avec trois vols par jour et deux aéroports, à New York bien sûr (JFK et Newark) mais aussi à Paris via notre alliance transatlantique avec American Airlines, British Airways et Iberia qui nous permet de proposer en tout une vingtaine de vols quotidiens sur la ligne.

Quand Air France vous guide

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onne nouvelle pour les voyageurs débarquant à Londres par la porte d’entrée Gatwick : si ce n’est déjà fait, vous allez bientôt découvrir les charmes du nouveau Gatwick Express Electrostar (plus d’espace pour les bagages et les jambes, prise électrique, connexion wi-fi…). Le premier des 27 nouveaux trains a été installé sur les rails fin février et l’ensemble de la nouvelle flotte devrait être opérationnel avant l’été.

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a compagnie nationale a lancé début mars son site « Travel by Air France », collection digitale de guides de destinations conçu comme un « véritable outil d’accompagnement durant le séjour ». Ces pages joliment mises en forme sont également bourrées d’informations pratiques (formalités, infos santé, circulation…). Mais « Travel by Air France » ne se limite pas à l’essentiel et va plus loin en proposant pour chaque destination un agenda des événements à venir et surtout « une large sélection de restaurants insolites, d’hôtels de charme, de sites pittoresques, élaborée par des amoureux de leur ville (réseau de blogueurs, e-influenceurs, journalistes, etc.) ». Selon la destination, cette sélection

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Un plus pour Gatwick

est certes plus ou moins aboutie mais on ne peut pas avoir tout bon dès le lancement : 89 destinations ont déjà été intégrées dans le panel et deux nouvelles destinations devraient être ajoutées chaque mois. Wait and see…


NEWS

Thalys : nouveau lounge, nouveau réseau

NOUVELLES LIGNES ■

ous ceux qui ont apprécié l’ouverture, l’été dernier, du lounge Thalys de la gare du Nord et qui regrettaient de ne pas bénéficier du même service en gare de Bruxelles sont désormais comblés : le transporteur a ouvert début mars un nouvel espace de 230 m2 tout en clarté sur la place Horta, juste en face de la gare de Bruxelles-Midi. Du wi-fi, des snacks, des journaux, des prises et des chargeurs mais surtout du calme : voilà ce que les voyageurs d’affaires pourront retrouver dans ce nouveau Thalyslounge réservé aux porteurs de la carte Thalys TheCard, aux bénéficiaires d’un tarif B2B ainsi qu’aux clients Railteam et Business AirFrance. Le lounge propose également une petite salle que l’on peut réserver pour des réunions allant jusqu’à

©D.Plas

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6 personnes. Selon le bon vieux principe de la bonne nouvelle qui n’arrive jamais seule, Thalys a également annoncé, toujours en mars, l’ouverture d’une nouvelle liaison vers Dortmund. Après Aix-la-Chapelle, Cologne, Düsseldorf, Duisbourg et Essen, Thalys ajoute ainsi une sixième ville allemande à son réseau. Depuis Paris, la liaison vers Dortmund est désormais assurée en 4h41, trois fois par jour.

Lufthansa : du neuf pour l’été

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’annonce du programme été de Lufthansa a permis de connaître les nouvelles destinations du transporteur allemand et des compagnies membres du groupe (Swiss, Austrian, Brussels Airlines et Eurowings). Grosses nouveautés sur le long-courrier : la desserte de San Jose cinq fois par semaine depuis le hub

de Francfort, et celles de Denver (cinq vols par semaine) et Téhéran (trois vols par semaine) depuis Munich. Mais le développement du réseau se fait aussi en Europe et notamment à l’est du continent. Depuis Munich, Lufthansa ouvre ainsi de nouvelles liaisons vers Debrecen (Hongrie), Rzeszow (Pologne), Odessa (Ukraine) et Tallinn (Estonie). Du côté des compagnies membres du groupe, les voyageurs d’affaires français retiendront notamment l’ouverture d’un vol vers Toronto (cinq vols par semaine) ainsi que de vols vers Nantes et Belfast avec Brussels Airlines ou encore l’extension du réseau Eurowings vers Boston et l’île Maurice depuis Cologne.

Toulouse Blagnac

Le sixième aéroport français poursuit sa croissance cette saison avec pas moins de 14 nouvelles destinations dans le programme été. Les voyageurs d’affaires retiendront notamment l’ouverture de lignes vers Berlin et Milan (avec easyJet) et Brest et Prague (avec Volotea). L’aéroport envisage de dépasser la barre des 8 millions de passagers sur l’année 2016. ■

Nice-Côte d’Azur

Neuf nouvelles destinations cet été depuis l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. On retiendra notamment l’ouverture de lignes depuis/vers l’Europe de l’est et du nord : Varsovie (avec LOT), Budapest (avec Wizzair), Billund (avec Primera Air). À noter aussi : l’ouverture d’une liaison Nice-Reykjavik avec la compagnie WOW Air. Avec plus de 12 millions de passagers en 2015, NiceCôte d’Azur est le troisième aéroport français derrière Roissy et Orly. ■

Bâle-Mulhouse

« 690 vols hebdomadaires vers plus de 90 aéroports » : c’est la nouvelle offre de l’Euroairport Basel-Mulhouse-Freiburg qui gagne quatre nouvelles destinations (Bristol, Pise, Heringsdorf et Varsovie) avec le lancement des programmes été. On retiendra notamment la montée en puissance d’easyJet, qui assure les nouvelles liaisons vers Bristol (cinq vols hebdomadaires) et Pise (trois vols hebdomadaires) et reprend sa liaison vers Prague (trois vols par semaine).

Classement Skytrax : l’Asie toujours au top

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a commence à devenir une habitude : les aéroports asiatiques continuent de truster les premières places du classement Skytrax, le plus célèbre palmarès des installations aéroportuaires du monde. Dans l’édition 2016, dévoilée mi-mars, on

retrouvera donc cinq aéroports asiatiques dans les six premières places (dans l’ordre : Singapore Changi, Incheon International Airport, Tokyo Haneda, Hong Kong International Airport et Chubu Centrair Nagoya). Seul l’aéroport de Munich (à la

troisième place) parvient à introduire un peu d’Europe dans ce haut du panier. À noter : la victoire de Singapore Changi n’est pas une première puisque l’aéroport se place pour la quatrième année consécutive sur la plus haute marche du podium. Avril / Mai 2016 | N°24 | 7


NEWS

QUESTIONS À… Laurent Sautré, responsable cartes commerciales de BNP-Paribas

Pourquoi ce moyen de paiement suscite-t-il un tel intérêt dans le monde du voyage d’affaires ? En premier lieu : parce qu’il améliore la sécurité de la transaction car il n’est pas « rejouable » (non réutilisable) et va donc éviter la fraude ou l’utilisa-

HRG : un véhicule avec chauffeur, c’est possible

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©Library of Congres

n nouveau partenariat avec l’agrégateur de VTC Cabforce permet désormais à HRG de proposer à ses clients une fonctionnalité de réservation online et offline de véhicules avec chauffeur. « Cette offre s’intègre facilement dans le programme voyages des clients, tout en permettant des critères de sélection propres à chaque entreprise, comme la forme de paiement ou les destinations souhaitées » précise dans un communiqué le spécialiste de la gestion des déplacements professionnels.

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tion abusive. Ensuite, parce qu’il est traçable, de son émission au reporting en passant par l’utilisation : à chaque émission de carte virtuelle, la personne peut y associer jusqu’à dix champs de référence qui vont se retrouver dans le reporting. Dans le cadre du voyage d’affaires, le succès de notre solution tient également au fait que nous avons choisi le réseau VISA, réseau d’acceptation des paiements cartes le plus large au monde, ce qui permet de réserver et de payer tout type de biens ou de services à travers le monde. Enfin BNP Paribas a développé sa propre plate-forme technique, ce qui fait que nous maîtrisons son développement au gré des besoins du marché avec une réactivité proche d’une FINTECH.

Pour quels types de dépenses ce moyen de paiement est plus particulièrement utilisé ? Pour l’instant, surtout pour l’hôtellerie et les compagnies low cost, un grand nombre d’entre elles n’acceptant pas la carte logée. Mais il n’est pas impossible que l’on élargisse bientôt l’utilisation de ce moyen de paiement à la location de voitures ou aux dépenses liées au MICE. À terme, ce que l’on imagine – et nous ne sommes pas les seuls –, c’est que la carte virtuelle supplantera la carte logée pour payer toutes les dépenses liées au voyage, hormis les dépenses effectuées lors du déplacement professionnel (taxi, restaurant par exemple).

Triplink : maintenant en France

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ombien perdez-vous en dépenses invisibles ? » : c’est l’accroche de Triplink, l’agrégateur de Concur, conçu pour capturer la donnée des réservations qui échappent au contrôle de l’entreprise. Déjà utilisée par « 6 000 entreprises à travers le monde » selon Concur, cette solution est désormais disponible sur le marché français. L’occasion pour Emmanuel Vergé, directeur marketing France de Concur, de faire le point via un webinar organisé le 17 mars et centré sur les avantages de cet outil. « Il s’agit de permettre aux entreprises de répondre aux nouveaux comportements de leurs voyageurs, qui naviguent, notamment sur leurs outils mobiles, sur des canaux différents de ceux préconisés par l’entreprise » résume Emmanuel Vergé, qui rappelle que cette « fuite » d’information nuit non seulement au contrôle de la dépense mais également au devoir de protection des

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La carte virtuelle, tout le monde en parle mais comment ça marche ? Il s’agit d’une carte émise pour une seule transaction dans le cadre d’un achat en VAD (Vente à Distance). L’acheteur va faire une requête sur le site web de la banque pour recevoir son numéro de carte virtuelle qui sera composé des 16 chiffres de la carte, d’une date de fin de validité et d’un cryptogramme visuel.

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« LA CARTE VIRTUELLE SUPPLANTERA LA CARTE LOGÉE »

entreprises vis-à-vis de leurs voyageurs. Mais le succès de l’opération Triplink dépend directement du nombre de passerelles consolidées ! Concur compte donc continuer à « construire un écosystème de partenaires ». Chaînes hôtelières, compagnies aériennes, loueurs de voitures ou plates-formes collaboratives : on peut s’attendre à voir pas mal d’acteurs rejoindre la boucle Triplink d’ici la fin de l’année...


NEWS

Quand l’hôtellerie d’affaires prend la Bastille

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n cinq étoiles dans l’Est parisien : c’est chose faite avec l’ouverture par l’hôtel Paris Bastille Boutet (Mgallery), à quelques pas de la station Faidherbe-Chaligny. Installé derrière la façade dûment restaurée de la « maison Boutet » (autrefois spécialisée dans l’importation de bois pour les ébénistes et magasins de meubles de la rue du Faubourg-Saint-Antoine), ce nouveau venu composé de 80 chambres et suites – dont dix avec terrasse – n’a évidemment pas fait l’impasse sur ce qu’il pouvait tirer du charme des lieux. Des reliquats d’Art déco et d’esthétique industrielle agrémentent un établissement qui, malgré ses cinq étoiles, se met au diapason du quartier en refusant de se pousser du col. Pas de dorure, pas de marbre, rien de bling-bling dans le lobby mais plutôt un accueil simple sur sobre parquet en bois sombre, au milieu des fauteuils patinés et des tables ou comptoirs en zinc. Qu’on s’entende bien : le côté « vintage » s’arrête évidemment dès qu’il est question d’équipement dans les chambres, toutes dotées du wi-fi gratuit, d’une TV 48 pouces (minimum), d’une station d’accueil Bluetooth et d’une rain-

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shower. Cinq étoiles obligent : le nouvel établissement se distingue également par la qualité de son « espace bien-être » avec piscine à jets contre-courant, sauna, hammam et tout un arsenal de massages, gommages et autres soins à l’huile de cacao dispensés en cabine. La liste s’allonge Dans ce quartier longtemps négligé par l’hôtellerie de charme, le Paris Bastille Boutet est certes un fleuron mais pas une exception. En quelques années, il a en effet vu s’implanter une ribambelle de boutique-hôtels aux dimensions certes plus réduites mais à l’esthétique décalée qui leur vaut régulièrement les honneurs des magazines de décoration d’intérieur. On vous laisse quelques indices pour parfaire votre sourcing autour du Génie : Hôtel Original (sur le boulevard Beaumarchais), Hôtel Marceau (tout près du port de l’Arsenal) ou encore Hôtel Antoine et Hôtel Exquis (rue de Charonne). Et pour les plus aventureux, inutile de préciser que le quartier est assez bien représenté sur Airbnb…

■ Transfert aéroport : nouveaux forfaits

Souvent annoncés, maintes fois reportés ; les « forfaits aéroports » débarquent enfin dans les taxis parisiens. On rappellera la nouvelle grille, appliquée depuis début mars : 30 € pour un trajet entre Paris rive gauche et Orly, 35 € entre Paris rive droite et Orly, 50 € entre Paris rive droite et Roissy et 55 € entre Paris rive gauche et Roissy. Noter que les frais de réservation ont également été plafonnés : 4 € pour une réservation et 7 € pour une réservation à l’avance. ■

Cityscoot : c’est pour cet été !

Vos voyageurs à Paris n’ont pas envie de s’éreinter sur un Vélib ni de se perdre dans les embouteillages en Autolib ? Qu’à cela ne tienne : ils auront, à partir de cet été, la possibilité de rouler en scooter électrique dans les rues de la capitale avec Cityscoot, le premier service de scooters partagés proposé à Paris. Inutile de leur conseiller la prudence : les engins seront de toute façon bridés à 45 kilomètres/heure… ■

ADP : plus d’Espaces Business

ADP s’apprête à prolonger l’expérience de ses « Espaces business » destinés aux voyageurs d’affaires et situés en salle d’embarquement. Après l’ouverture d’une première unité début 2015 à Orly Ouest, trois nouvelles inaugurations sont déjà annoncées (une à Orly sud, deux à Roissy-CDG).

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’est la dernière attraction parisienne en matière d’immobilier d’entreprises : 33 000 m2 de bureaux flambant neufs à deux pas de la Bourse, répartis dans un ensemble de quatre immeubles anciens réinterprétés par l’architecte Philippe Chiambaretta. Conçu pour accueillir les salariés de grandes entreprises de

l’économie numérique, de la finance ou du luxe (BlaBlaCar, Exane, Coty…), le nouvel ensemble, baptisé #cloud.paris, s’ouvre également au monde extérieur en proposant un centre d’affaires de 900 m² d’espaces modulables et ultra connectés à l’esthétique très flatteuse. de 200 places à retrouver sur cloud-buLe clou du cloud : le Hub, auditorium sinesscenter.com. Avril / Mai 2016 | N°24 | 9

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#cloud.paris : le nouveau « place to meet »


NEWS

Canada : attention, autorisation

Sur le modèle de l’ESTA, rendu obligatoire pour toute entrée aux ÉtatsUnis depuis 2009, le Canada a mis en place une Autorisation de Voyage Électronique (AVE) pour les voyageurs issus de pays exemptés de l’obligation de visa (dont la France). À partir de l’automne prochain, les voyageurs français au Canada devront donc obligatoirement se procurer cette AVE en remplissant un formulaire en ligne. Le prix de l’AVE est de 7 dollars canadiens, pour une durée de validité de cinq ans. ■

G

râce à l’inauguration, le 1er mars dernier, d’un nouvel établissement situé en surplomb de la gare de Cannes, OKKO – la petite chaîne qui monte – lance un premier semestre 2016 particulièrement actif, avec des inaugurations déjà annoncées à Bayonne et Rueil-Malmaison. « Quatre étoiles et aucun nuage » : c’est le slogan de cette chaîne créée fin 2014 par Olivier Devys (ancien PDG de Suite-

Angola : vérifiez vos carnets

La recrudescence de fièvre jaune en cours à Luanda depuis fin 2015 a considérablement accru la vigilance des autorités sur la validité des carnets de vaccination. Le site France Diplomatie souligne désormais qu’« un certificat de vaccination antiamarile est exigé pour tous les voyageurs » et précise que « la mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite est également fortement recommandée ». ■

OKKO : phase 2

UE : adieu roaming !

Finies les factures de téléphone délirantes ! Déjà fortement réduits en 2014, les frais d’itinérance (roaming) seront plafonnés à partir du 30 avril : + 0,05 € la minute pour un appel émis et +0,01 € pour un appel reçu. Il faudra cependant attendre juin 2017 pour voir disparaître les frais d’itinérance et s’appliquer le tarif national sur l’ensemble de l’UE.

©J.Galland

hotel) et déjà implantée à Nantes, Grenoble et Lyon. Le concept : des « 4 étoiles urbains au design contemporain », résolument implantés en cœur de ville avec, en prime, la promesse d’une clarté tarifaire hors norme. Chez Okko en effet, pas de supplément wi-fi, ni minibar, ni petit-déjeuner : « vous n’aurez pas de mauvaise surprise en consultant votre facture : puisqu’il n’y a pas de suppléments, le tarif annoncé est le tarif débité durant votre séjour » annonce Okko qui, dans chacun de ses établissements, met à la disposition de ses clients un « Club » où ils peuvent trouver une cuisine et « de quoi grignoter et se rafraîchir tout au long de la journée ». Attention, on dit bien « se rafraîchir » et pas « s’imbiber » : les boissons alcoolisées restent payantes au-delà du premier verre, offert par la maison…

Unbound : la nouvelle marque de distinction Hyatt

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yatt vient de lancer un nouveau label hôtelier pour distinguer une sélection d’hôtels au cachet particulier. « Joyaux historiques urbains » ou « faiseurs de tendances contemporains », les heureux sélectionnés de l’Unbound Collection se conçoivent comme des destinations en soi, des « expériences » qui sortent de l’ordinaire des hôtels formatés. Parmi les premiers établissements inscrits dans la collection, on ne sera donc étonné de retrouver des établissements historiques comme l’Hôtel du Louvre (Paris) ou le Driskill Hotel (Austin) ou encore le Coco Palms Resort de Kaua’i, où Elvis Presley tourna quelques scènes du film Blue Hawai. Hyatt n’est pas

le seul groupe hôtelier à faire appel au branding pour distinguer ses établissements les plus délicats au sein d’une offre pléthorique. Ces dernières années, on a pu ainsi assister à la création de Tribute Portfolio par Starwood, de la Curio Collection par Hilton, ou encore de l’Autograph Collection par Marriott.

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AVIS AUX VOYAGEURS

AccorHotels passe la barre des 500 000 chambres

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eux nouveaux hôtels tous les trois jours » : c’est le rythme effréné qu’a suivi le groupe AccorHotels en 2015, année record pour le groupe avec 229 nouveaux hôtels et plus de 36 000 nouvelles chambres. Le groupe compte dé-

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sormais « plus de 3 900 hôtels et 510 000 chambres dans 92 pays » et ce chiffre aura déjà très certainement évolué à l’heure où vous lirez ces lignes. Avec 37 % des nouvelles ouvertures, l’Europe constitue évidemment une zone de choix pour le

développement du groupe mais c’est désormais l’Asie Pacifique qui mène la marche, avec 39 % des nouvelles ouvertures en 2015 et surtout près de la moitié des ouvertures prévues pour l’année en cours.


NEWS

Etude AirPlus : travel managers, encore un effort ! voyages » note ainsi AirPlus. « Voyager plus pour dépenser moins » : les voyageurs auraient trouvé la formule magique ? Pas sûr du tout et ce paradoxe souligne surtout la nécessité pour les gestionnaires des déplacements professionnels de prolonger leurs efforts de pédagogie : « une fois rassemblés, ces chiffres indiquent que les voyageurs sont moins conscients que les gestionnaires de voyages de l’impact des déplacements professionnels sur leur entreprise. 2016 est peut-être une bonne année pour intensifier la communication envers ces voyageurs d’affaires sur la façon de changer leur comportement d’achat dans le cadre de la bataille pour le contrôle des coûts » souligne AirPlus. Un point sur la situation française : 66 % des TM interrogés pensent que le volume de voyages de leur entre-

Voyage d’affaires : c’est bon pour le moral !

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inie la complainte du voyageur d’affaires ? Peut-être si l’on en croit l’étude publiée fin février par Egencia et qui se conclut sur cette statistique étonnante : « 69 % des voyageurs d’affaires trouvent les voyages d’affaires plus agréables que les journées de travail ».

Plus agréables, peut-être mais si les voyages d’affaires peuvent s’avérer plus stimulant que le train-train quotidien, l’étude n’omet pas de mentionner que la médaille a son revers : 42 % des voyageurs d’affaires « trouvent l’expérience du voyage encore plus stressante qu’une journée de travail classique », 43 % « déclarent se sentir fatigués » au terme de leur mission et 28 % se disent même « soulagés de rentrer à la maison ». Pas si rose que ça, finalement...

prise restera globalement inchangé cette année, contre 18 % qui envisagent une hausse et 15 % qui prévoient une baisse. Ce qui place résolument la France dans le camp des pessimistes, loin derrière les ÉtatsUnis (où 26 % des TM prévoient une hausse du volum e de voyages), la Chine (33 %), le Royaume-Uni (36 %), l’Italie (39 %) et plus loin encore de l’Inde (67 %), qui apparaît de ce point du vue comme le nouvel eldorado des budgets voyages.

Trafic aérien : toujours au vert

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our le trafic aérien mondial, l’année 2016 démarre sur les mêmes bases vrombissantes que l’année 2015. Selon les chiffres publiés par l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), le trafic passagers a ainsi augmenté de 7,1 % en janvier 2016 (par rapport à janvier 2015), poursuivant la tendance d’une année 2015 qui s’est achevée sur une progression de 6,5 % du trafic passagers mondial. Particulièrement en vue en ce début d’année : le marché domestique indien, sur lequel le trafic a augmenté de 23 % en glissement annuel en janvier dernier ! ©DR

A

irPlus a dévoilé le 7 avril la 11e édition de son International Travel Management Study, étude de tendance sur l’évolution du voyage d’affaires dans 24 pays répartis à travers le monde. Grande nouveauté de ce cru 2016 : à côté de son panel de 847 travel managers internationaux, l’étude donne cette année la parole à plus d’un millier de voyageurs d’affaires (1 158 pour être précis). L’occasion de vérifier que le point de vue n’est pas forcément le même d’un côté et de l’autre de la barrière : «  Les voyageurs sont plus optimistes que leurs travel managers sur l’évolution économique et ils sont plus nombreux à prédire une hausse qu’une baisse du volume de voyages. Mais paradoxalement, ils sont aussi moins nombreux à s’attendre à une hausse du coût des

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Le combat pour la réduction des coûts passe par un effort de pédagogie auprès des voyageurs : c’est ce qui ressort de l’édition 2016 de l’International Travel Management Study Airplus.

Avril / Mai 2016 | N°24 | 11


NEWS

Forum Dimo : fort comme Lyon Organisée le 5 avril 2016 au Centre de Congrès de Lyon, la quinzième édition du Forum Dimo a confirmé la montée en puissance d’un événement qui tient une place à part dans l’agenda de l’industrie du déplacement professionnel.

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12 | N°24 | Avril / Mai 2016

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ans le calendrier des gestionnaires du voyage d’affaires, il y a des repères familiers qui finiront, peut-être, par paraître éternels. Chaque année, Univ’Airplus sonne ainsi l’heure d’une rentrée des classes qui se confirme à Top Résa et, tout comme on célèbre l’orée de l’hiver à la soirée de l’AFTM, le retour du printemps annonce immanquablement le retour du « Forum Dimo ». Dans ce bal bien rythmé, le grand rendezvous organisé par l’éditeur/intégrateur de logiciels de gestion Dimo Software constitue une heureuse exception puisqu’il est le seul grand rendez-vous non parisien. Créée (et toujours installée) à Limonest au nord de Lyon, la société Dimo Software réalise en effet chaque année depuis le début du millénaire cette petite prouesse : ancrer « l’événement incontournable des solutions de gestion » dans la capitale des Gaules. Certes, « les solutions de gestion », c’est large ! D’année en année, Dimo Software a ainsi construit un catalogue d’une trentaine de produits logiciels en élargissant constamment le scope : gestion des voyages bien sûr mais aussi gestion RH, fiscalité, cash management, CRM... Au Forum Dimo, le travel management doit donc partager l’affiche avec ces autres niches, ce qui contribue à la croissance continue de l’événement. Pour le premier Forum Dimo, en 2002, on ne comptait qu’une centaine de participants. Pour la quinzième édition, organisée au Centre des Congrès de Lyon le 5 avril 2016, les organisateurs en annonçaient 15 fois plus !

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Un événement en plein essor Le format semble bien en place : le Forum Dimo, c’est un salon réunissant une soixantaine d’exposants, accompagné d’une grande conférence thématique en ouverture et d’une procession d’« ateliers » et de « focus métiers » se succédant jusqu’au cocktail de clôture. Le logiciel de gestion des voyages Notilus constituant l’un des produits phares de l’éditeur (près d’un tiers du chiffre d’affaires de Dimo Software, quand même), les responsables des déplacements professionnels sont toujours assurés de trouver à tout moment quelque chose pour se sustenter dans le programme d’un Forum Dimo. Pour eux, la voie était donc toute tracée en ce mardi 5 avril : conférence thématique (« l’échec, tremplin de la réussite ») pour se mettre

en jambes, exposé de best practices sur l’optimisation des déplacements et frais professionnels en fin de matinée, témoignages-clients sur le déploiement de Notilus en début d’après-midi et table-ronde sur l’innovation dans le voyage d’affaires pour conclure. Sans oublier, bien entendu, la tournée des exposants présents dans la partie « salon » : AirPlus, BNP Paribas, HRS, Bleu Voyages, SNCF... De ces différents rendez-vous, les professionnels retiendront surtout la difficulté croissante à imposer au voyageur les outils de réservation préconisés par l’entreprise dans ce monde de smartphones où, comme le résumait Benoit Poron (HRS), « la simplicité s’est ancrée dans l’esprit du réservataire ». Le problème serat-il résolu l’année prochaine ? C’est fort peu probable mais vous pouvez d’ores et déjà noter la date pour la 16e édition du Forum : 11 avril 2017. LE FORUM DIMO EN CHIFFRES • 2 500 cafés servis • 1 500 participants (à 75 % originaires de Rhône-Alpes) • 60 partenaires • 30 retours d’expérience-clients et 26 ateliers • 1 rame de TGV affrétée depuis Paris


TRANSPORTS

Le grand retour des compagnies américaines Fortement touchés par les conséquences des attentats du 11 septembre 2001 et la concurrence des compagnies low cost, les transporteurs américains ont été obligés de mener une véritable mutation. Ils ont tout changé pour mieux redécoller.

©L.Lucero

Par Jean-Baptiste Héguy

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ndubitablement, les attentats du 11 septembre 2001 ont généré pour l’ensemble du transport aérien américain une des plus grandes crises de son histoire, dont il s’est à présent rele-

vé. Pendant de nombreuses années, les principales compagnies américaines, qui auparavant affichaient plutôt une bonne santé, ont été plongées dans une crise aussi bien financière que structu-

relle, aiguisée par la concurrence des compagnies low cost sur le marché domestique. Pour se relever, les « majors » américaines plombées par des pertes financières abyssales, ont dû forAvril / Mai 2016 | N°24 | 13


TRANSPORTS

Delta : la force du réseau Celle qui est restée le moins longtemps sous la protection du chapitre 11 n’est autre que la compagnie Delta Airlines. Elle y est entrée le 15 septembre 2005, et ressortie le 30 avril 2007, soit une période totale d’un an et sept mois et demi. Dès 2008, Delta a entamé une phase de consolidation ainsi qu’un rapprochement avec sa concurrente Northwest Airlines. Un rapprochement qui a mis près de deux ans a être finalisé, avec la disparition symbolique de la marque Northwest, et la non moins symbolique nomination de Ed Bastian, ancien président de Northwest Airlines, à la tête de Delta Airlines. Un an plus tard, Delta a été la première compagnie américaine à être de nouveau présente sur tous les continents, grâce à l’ouverture d’une liaison vers l’Australie (Los Angeles-Sydney). Elle a franchi cette même année un nouveau pas important avec la création d’une joint-venture (ndlr : société commune) avec ses partenaires de Skyteam, Air France-KLM et Alitalia, pour l’exploitation conjointe de l’ensemble de leurs lignes transatlantiques. Cette « JV » a été créée avec l’assentiment du Département du transport américain qui a octroyé aux trois compagnies « l’immunité antitrust ». « Cette joint-venture a été la première de ce type dans l’histoire du transport aérien. Cela nous a permis de mutualiser les équipes et d’être beaucoup plus efficace, à moindre coûts » explique Béatrice de Rotalier, représentante de 14 | N°24 | Avril / Mai 2016

©Delta

tement se restructurer voire fusionner avec leurs concurrentes. Pour pouvoir se remettre de cette crise systémique, les compagnies aériennes ont utilisé un outil juridique extrêmement efficace : le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. En se plaçant « sous le chapitre 11 » après avoir déposé leur bilan, les grands transporteurs américains se sont mis à l’abri des créanciers pour mieux se rétablir, selon un schéma similaire à celui du redressement judiciaire en droit français.

« Nous sommes en train de nous refaire un trésor de guerre et les coûts bas du baril de pétrole nous aident » Béatrice de Rotalier, représentante de Delta en France Delta en France. Une coopération qui s’étend aussi sur le terrain commercial : « Delta représente Air France-KLM et Alitalia aux États-Unis et c’est l’inverse en Europe. Je reste la coordinatrice en France, logée dans les locaux d’Air France-KLM et j’assure la pérennité de la marque » précise Béatrice de Rotalier. Les aménagements de réseau, de tarification ou de flotte

se font toujours en concertation avec Air France-KLM et tous les vols opérés en propre le sont en partage de codes avec les deux autres partenaires. À présent, Delta opère en propre des vols au départ de Paris CDG et Nice vers treize destinations aux États-Unis. Et elle va encore étoffer son réseau avec le lancement à partir du 13 mai d’un nouveau vol quotidien Paris CDG-Raleigh/Durham. « Nous sommes ici dans le « triangle de la Recherche » de Caroline du Nord, juste au sud de Washington, explique Béatrice de Rotalier, par ailleurs, l’accès aux superbes sites des Appalaches va aussi nous permettre de discuter avec les tour-opérateurs pour qu’ils puissent proposer cette nouvelle destination américaine ». Parallèlement aux vols effectués en propre par Delta, la compagnie américaine bénéficie aussi des accords de partages de codes et de la joint-venture avec Air France. Elle exploite de son côté au départ de Paris CDG des vols quotidiens vers Los Angeles, San Francisco, Houston, Chicago, Washington, Miami. Elle assure aussi quatre vols hebdomadaires vers New York et deux vols hebdomadaires vers Atlanta. Ce réseau est complété cet


TRANSPORTS

LIAISONS OPÉRÉES PAR LES COMPAGNIES AMÉRICAINES AU DÉPART DE FRANCE CET ÉTÉ. n

American Airlines

Au départ de Paris CDG : Boston (quotidien saisonnier à compter du 6 mai jusqu’au 29 septembre), Charlotte (quotidien saisonnier du 27 mars au 25 octobre 2016), Chicago (quotidien), Dallas/Fort Worth (quotidien), Miami (quotidien), New York JFK (deux quotidiens), Philadelphie (quotidien). n

Delta Airlines

Au départ de Paris CDG : Atlanta (quotidien), Boston (quotidien), Chicago (5 vols par semaine), Cincinnati (quotidien), Detroit (quotidien), Minneapolis (quotidien), New York JFK (quotidien), Newark (5 vols par semaine), Philadelphie (quotidien), Pittsburgh (quotidien), Raleigh/ Durham (quotidien, à compter du 13 mai), Salt Lake City (quotidien), Seattle (quotidien). Au départ de Nice Côte d’Azur : New York JFK (quotidien mais quatre fréquences hebdomadaires en hiver). n

United Airlines

Au départ de Paris CDG : Newark (quotidien), Washington (un quotidien) et San Francisco (quotidien). avions en cours d’arrivage. Dernier volet d’amélioration pour Delta : le service à bord. Le wi-fi est en phase finale d’installation sur tous les vols internationaux et côté IFE (Inflight Entertainment ou divertissement à bord), Delta Airlines est maintenant la seule compagnie américaine à proposer la VOD (vidéo à la demande) dans toutes les classes de siège. Par ailleurs, Delta s’est

engagée sur une performance opérationnelle. « Nous atteignons aujourd’hui 92 % de ponctualité avec plus de 15 000 vols opérés tous les jours. Nous sommes à un taux de réalisation de 99,9 % par rapport à notre programme et nous avons lancé il y a un an un engagement fort de remboursement si nos performances sont inférieures à celles de nos concurrents », se réjouit Béatrice de Rotalier.

©United Airlines

été par le lancement à partir du 6 juin d’une liaison Orly-New York JFK et par l’ajout de capacités vers Los Angeles et San Francisco grâce à l’exploitation d’appareils plus grands. Ces deux réseaux sont encore complétés par les nouveautés de KLM au départ d’Amsterdam-Schiphol. Le transporteur propose deux fréquences additionnelles hebdomadaires vers San Francisco (neuf vols hebdos au total) ainsi que des fréquences additionnelles vers Los Angeles en pointe cet été pour atteindre quatorze fréquences hebdomadaires. « Cet ensemble de liaisons, conjugué à la desserte de Virgin Atlantic au départ de Londres (ndlr : Delta a racheté la part de 49 % de Singapore Airlines dans le capital de Virgin), nous donne facilement la meilleure couverture transatlantique face à nos concurrents », précise Béatrice de Rotalier, directrice générale France de Delta Air Lines. Au-delà du fait d’avoir retrouvé un réseau très solide, Delta Airlines est aussi en train de retrouver une santé financière. La compagnie américaine est en effet parvenue à faire passer sa dette de 17 milliards de dollars en 2009 à 6 milliards en 2016. Symboliquement, la compagnie a reversé 1,5 milliard de dollars à ses employés le jour de la SaintValentin, soit 21 % du résultat net de Delta en 2015 ! « Nous sommes en train de nous refaire un trésor de guerre et les coûts bas du baril de pétrole nous aident », précise Béatrice de Rotalier. Côté réseau et flotte, la compagnie est en train de rééquilibrer le « mix » entre les vols régionaux et le long-courrier. La part des vols régionaux est ainsi passée de 37 à 46 %, tandis que celle des vols long-courriers est passée de 63 à 54 %. « Le marché intérieur américain est en forte croissance et les résultats du long-courrier sont moins bons qu’ils n’ont été. Pour soutenir la demande accrue sur le marché intérieur, nous y avons affecté des Boeing 717 avec des capacités de 110 passagers », explique Béatrice de Rotalier. Au total, la compagnie dispose d’une flotte de 815 appareils, et 180

Avril / Mai 2016 | N°24 | 15


TRANSPORTS

n

LES GRANDES DATES RÉCENTES DES COMPAGNIES AMÉRICAINES

re mb e v no 11 29 20

98

19

American Airlines est membre fondateur de l’alliance Oneworld.

n jui 22 000 2

Delta est co-fondatrice de l’alliance Skyteam avec Air France, Korean Air et Aeromexico.

97

19

United fait partie des six membres fondateurs de Star Alliance.

re mb e v no 13 27 20

American Airlines et sa holding AMR déposent leur bilan et se placent sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

e br em 4 t p 0 Se 20

Annonce d’un plan de restructuration avec le départ de 6 900 salariés, après la suppression de 16 000 emplois depuis le 11 septembre 2001.

e br m e t ep 05 5 s 20

1

La compagnie se place sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

e br em 2 c Dé 200

United respire Si Delta est la compagnie américaine qui est restée le moins longtemps sous la protection du Chapitre 11, la première à avoir utilisé cette procédure a été la compagnie United Airlines en décembre 2002. Elle en est ressortie trois ans après, le 1er février 2006. Quatre ans plus tard, elle a fusionné avec son ancienne rivale Continental Airlines, un mouvement de consolidation qui s’est achevé en 2012. La compagnie, membre fondateur de Star Alliance, a elle aussi retrouvé une excellente santé financière et renoué avec les bénéfices l’année passée. « En incluant des éléments exceptionnels, nous avons dé16 | N°24 | Avril / Mai 2016

American Airlines sort du chapitre 11.

ril av 30 007 2

r rie fév 06 1 20

United Airlines sort du chapitre 11.

Déjà annoncée depuis quelques mois, la compagnie officialise une fusion avec US Airways.

r rie fév 10 1 20

ril av 14 008 2

Delta sort du chapitre 11, avec un an d’avance sur le plan initial.

er

United Airlines dépose son bilan et se place sous la protection du chapitre 11.

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Les conseils d’administration de Delta et Northwest Airlines annoncent leur fusion.

Delta finalise l’intégration de Northwest.

i Ma 10 0 2

rs Ma012 2

United annonce son intention de fusionner avec Continental Airlines.

La fusion avec Continental est achevée.

gagé un bénéfice net de 823 millions de dollars au troisième trimestre de l’année 2015 », explique Luc Geerts, directeur général des ventes pour l’Europe du Nord et occidentale de United Airlines. « Pour l’ensemble de l’année, toujours en incluant des éléments exceptionnels, la compagnie a dégagé un profit net de 7,3 milliards de dollars », ajoute-t-il. Côté

flotte, la compagnie exploite un total de 700 appareils environ, et est engagée dans un renouvellement important. « United a notamment annoncé un accord pour acheter 40 Boeing 737700 qui devraient commencer à arriver dans la flotte à la mi-2017. Ces appareils auront vocation à remplacer une partie des avions qui sont exploités par nos

Pour l’ensemble de l’année, en incluant des éléments exceptionnels, la compagnie a dégagé un profit net de 7,3 milliards de dollars. Luc Geerts, directeur général des ventes pour l’Europe du Nord et occidentale de United Airlines


©C.Brinkmann

TRANSPORTS

partenaires régionaux. La compagnie veut ainsi profiter de la bonne santé du marché intérieur américain et réduire de plus de la moitié sa flotte d’appareils de 50 places d’ici 2019 », explique Luc Geerts. L’arrivée des 737-700 permettra aussi à la compagnie de proposer à bord de ses avions une meilleure expérience de vol avec des sièges première, business class, economy premium, et le wi-fi accessible à bord. Côté réseau, la compagnie propose cet été beaucoup de nouvelles liaisons notamment au départ de son hub de San Francisco : Tel Aviv, X’ian (Chine), Singapour, Auckland. Ces liaisons sont toutes opérées en Boeing 787 Dreamliner, dont United Airlines possède 26 unités dans sa flotte. Entre la France et les États-Unis, United opère trois vols quotidiens au départ de Roissy CDG vers New York/Newark, Washington et San Francisco. American mise sur la Premium La dernière compagnie à être sortie du chapitre 11 est American Airlines à la toute fin de l’année 2013. Cette sortie a été simultanée avec l’approbation (disputée) par les autorités américaines 18 | N°24 | Avril / Mai 2016

« American a commandé plus de 600 avions qui devraient progressivement être livrés d’ici 2022 » Isabelle Gannoun, directrice des ventes France d’American Airlines d’une fusion avec US Airways. « L’intégration a été progressive. Un accord de partage de codes a d’abord été conclu avec US Airways. US Airways est devenue membre de l’alliance Oneworld fin 2014. Et au début de l’année 2015, un certificat d’opération unique a été mis en place pour American et US Airways. Depuis le 18 octobre 2015, la fusion a été achevée et US Airways n’existe plus en tant que marque visuelle », explique

Isabelle Gannoun, directrice des ventes France d’American Airlines. Côté flotte, qui compte 1 500 appareils, American Airlines est aussi en totale restructuration. « Nous avons changé de logo et de livrée sur tous les appareils qui arrivent en flotte. American a commandé plus de 600 avions qui devraient progressivement être livrés d’ici 2022 », précise Isabelle Gannoun. Pour l’instant, 65 % des appareils de la flotte arborent déjà la nouvelle livrée et la mise aux nouvelles couleurs devrait être achevée au premier trimestre 2018. Mais la principale nouveauté chez American Airlines est la mise en service d’une nouvelle classe Premium Economy. Le premier appareil équipé de la nouvelle classe sera le Boeing 787-9 qui doit entrer en service à la fin de l’année 2016. Le nouveau siège proposera notamment aux passagers plus d’espace pour les jambes, une assise plus large, un système de divertissement individuel à la demande, des menus améliorés ainsi que la priorité à l’embarquement et à l’enregistrement et une franchise spéciale pour les bagages de soute. À noter que la Premium Economy équipera aussi les A350 qui intégreront la flotte d’American Airlines en 2017. Elle sera aussi installée sur les Boeing 777-300ER, les Boeing 777-200ER, les 787-8 et les A330 qui arriveront dans la flotte d’American Airlines dans les trois prochaines années. Les majors américaines sont donc bien de retour. Alors que la consolidation semble achevée, les changements et les améliorations tous azimuts sont encore à l’œuvre dans l’ensemble des compagnies aériennes américaines. Avec en point de mire, un avenir que toutes espèrent beaucoup plus radieux pour oublier les années sombres. n


HÉBERGEMENT

Résidences de tourisme

Une valeur sûre dans un contexte instable Face à l’ascension d’Airbnb et à la vague de personnalisation des chaînes hôtelières, quel avenir pour les appart’hôtels ? Si le marché semble complexe, les chiffres du Syndicat National des Résidences de Tourisme progressent constamment. Décryptage d’un phénomène en plein essor. Par Viktoria Varecza

Studio Citadines Tour Eiffel

©F.Rambert

C

’est le moment ou jamais de se montrer créatif ! S’il y a un secteur qui est mis à rude épreuve ces derniers temps, c’est bien celui des appart’hôtels : avec la croissance fulgurante des locations entre particuliers, les acteurs historiques du secteur doivent remuer ciel et terre pour maintenir leur part de marché. Une offre très personnalisée et des tarifs abordables d’un côté, une volonté exemplaire et de nouvelles idées de l’autre ; les acteurs majeurs de la location des résidences urbaines ne manquent pas d’imagination pour prouver aux clients que leur maîtrise du marché relève d’un gage de qualité et d’un savoir-faire unique. La chasse aux clients est ouverte, et dans

Avril / Mai 2016 | N°24 | 19


HÉBERGEMENT

Le collaboratif, un danger réel ? C’est la mode, certes, mais il ne faudrait pas non plus surestimer la concurrence des plates-formes collaboratives. En effet, la location d’appartements entre particuliers, phénomène majeur du tourisme contemporain, séduit avant tout les voyageurs loisirs : selon les derniers chiffres communiqués par Airbnb, les voyageurs d’affaires représenteraient environ 10 % de leur clientèle. Bien entendu, l’acteur principal du tourisme collaboratif, qui propose 150 000 hébergements en France (dont 50 000 en Île-de-France), souhaite développer davantage cette cible à fort potentiel mais les réseaux de résidences urbaines gardent deux atouts majeurs vis-à-vis de la clientèle corporate : la sécurité et la transparence. Les travel managers continuent de nourrir des doutes sur la fiabilité des solutions collaboratives On les retrouve à la lecture de l’étude « Faster, smarter, better ? » réalisée en 2015 par Carlson Wagonlit Travel et qui démontre que 29 % des personnes interrogées restent dubitatives quant à la réservation d’hébergement pour un séjour business. Leurs principales

craintes proviennent des problèmes éventuels liés au reporting (38 %), à la sécurité (41 %) et à la gestion des données (43 %). « Je n’ai pas l’impression que le marché corporate soit réellement touché par ces transformations du secteur du voyage. Quand on est en vacances, on n’hésite pas à prendre le risque ; ce n’est absolument pas le cas pour un séjour business » commente Pascale Jallet, déléguée générale du Syndicat National des Résidences de Tourisme. Miser sur la sécurité, mais aussi sur l’accueil et les services garantis : désormais les marques historiques du marché des résidences urbaines orientent leur discours vers une offre entièrement adaptée aux besoins et aux requis des entreprises. Un marché qui progresse Grâce à la stabilité de la demande corporate, le marché des résidences urbaines a clôturé une bonne année 2015 avec un taux d’occupation entre 70 et 80 % et 21 ouvertures en France. « Les ouvertures se concentrent bien entendu sur les grandes villes françaises, avec 6 nouvelles adresses en région parisienne » précise Pascale Jallet. Si l’on ne retrouve aucun nouvel établissement à Paris, on relève en revanche des inaugurations à Massy Palaiseau, à Puteaux, à Courbevoie, avec des adresses se positionnant essentiellement sur le créneau 3* et 4*. « Cela correspond entièrement à la demande de la clientèle. Nous avons peu de résidences urbaines 5*, cependant, nous constatons un réel

Business Corner Citadines Suites Louvre

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ce contexte particulièrement concurrentiel, le créneau corporate semble être le nouveau remède miracle des réseaux. Cette clientèle historique des appart’hôtels s’affiche comme une priorité pour la plupart des grandes marques aujourd’hui.

engouement pour ce type de produits » commente la déléguée générale du SNRT. L’offre haut de gamme se compose actuellement de deux adresses parisiennes appartenant à la marque Citadines Suites et un établissement Relais Spa situé à Roissy-en-France. Vers une offre haut de gamme ? La montée en gamme est l’une des tendances les plus fortes du secteur. Le renforcement du portefeuille 4* et l’inauguration des premières adresses 5* redessinent les contours d’une offre qui se montre de plus en plus raffinée. « Nous avons la profonde conviction qu’il nous faut non seulement privilégier les résidences milieu de gamme, mais

DES TRAVEL MANAGERS ENCORE FRILEUX

29 %

}

des personnes interrogées seraient dubitatives quant à la réservation d’hébergement en solutions collaboratives pour un séjour business.

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Les principales craintes proviennent de problèmes liés :

38 %

41 %

au reporting à la sécurité

43 %

à la gestion des données


ADAGIO SAS – 11, rue de Cambrai, 75947 Paris Cedex 19, France. SAS au capital de 1000000 € – 503 938 110 RCS PARIS – SIRET 503 938 110 00015 – APE 6420Z.

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30/03/2016 17:09


aussi répondre aux attentes des voyageurs d’affaires à la recherche de produits de luxe à travers notre label Citadines Suites » explique Nancy Faure, viceprésidente des ventes et marketing Europe de The Ascott Limited. Et pour cause : quelques mois après l’inauguration de son adresse chic Citadines Suites Arc de Triomphe en février 2015, le groupe singapourien a annoncé fin 2015 l’acquisition de sa nouvelle résidence haut de gamme, Citadines Suites Champs-Élysées qui ouvrira ses portes en 2018. « En France, sur du très haut de gamme, la concurrence est particulièrement rude entre les hôtels de luxe et les appartements haut de gamme à location longue durée, donc pour assurer la rentabilité, il faut trouver le bon mix en termes de localisation et de business models » commente Karim Malak, directeur des ventes chez Aparthotels Adagio. Actuellement, Adagio mise

©JE.Cuvillier

HÉBERGEMENT

Relais Spa Paris-Roissy CDG

sur l’élargissement de cette gamme de produits au Moyen-Orient à travers son label Premium : après l’inauguration de son adresse Adagio Premium Dubaï Al Barsha, le réseau se prépare à l’ouverture de son Adagio Premium à Jeddah, prévue au cours de l’année 2016. « Certes, nos projets sur ce créneau se concentrent pour l’instant sur le Moyen-Orient, mais nous avons une réelle volonté d’ouvrir une adresse Premium à Paris » ajoute Karim Malak.

QUESTIONS À… Pascale Jallet, déléguée générale du Syndicat National des Résidences de Tourisme

Quelles étaient les grandes tendances de l’année 2015 pour votre secteur ?

Nous avons clôturé une bonne année, en tout cas jusqu’à mi-novembre. L’une des tendances les plus fortes était le poids des réservations de dernière minute, ce qui fait que nous avons eu très peu de visibilité sur l’évolution du marché. Nous avons assisté à une vingtaine d’ouvertures en ville, ce qui représente plus de 2 000 appartements, surtout en 3* et 4*. En région parisienne, la tendance suit le même schéma, la plupart des résidences urbaines ouvertes en 2015 se positionnent sur le créneau 3* et 4*.

Comment le marché se porte-il après les attentats de novembre ?

Nous avons fait une excellente année 2015 mais, comme tout le monde, nous enregistrons une baisse considérable autour de 20-30 % depuis les attentats, notamment sur Paris et sur le créneau haut de gamme. La chute concerne essentiellement les réservations loisirs : en effet, les résidences urbaines s’adressent aussi bien aux clients corporate qu’aux touristes. À Paris, ils représentent même 50 % des clients. La clientèle business se montre beaucoup moins sensible aux événements.

22 | N°24 | Avril / Mai 2016

©P.Matsas

« L’UNE DES TENDANCES LES PLUS FORTES ÉTAIT LE POIDS DES RÉSERVATIONS DE DERNIÈRE MINUTE »

Milieu de gamme renforcé « Depuis quelques années, le développement du parc est incontestablement tiré vers le haut » commente Pascale Jallet du SNRT. Si les adresses Citadines Suites et le Relais Spa Paris-Roissy CDG avec ses 465 chambres de luxe répondent à une clientèle internationale particulièrement exigeante (chez Citadines Suites, elle représente en effet 90 % des clients), les établissements 3* et 4* gagnent du terrain chez tous les acteurs du secteur afin de satisfaire les besoins des hommes d’affaires, aussi bien français qu’étrangers. Il y a à peine un mois, le parc des résidences urbaines de la capitale française s’est agrandi en accueillant la première adresse parisienne du réseau Hipark en février, qui en compte 5 au total dans l’Hexagone. Située dans le 19e arrondissement sur le boulevard d’Indochine à seulement quelques minutes à pied de la Philharmonie de Paris, cette nouvelle résidence de 125 appartements avec un concept design et moderne renforce elle aussi l’offre milieu de gamme. « La demande de la clientèle corporate se tourne vers les établissements 3* et 4*, et cela depuis plusieurs années, nos adhérents misent donc davantage sur ce créneau » précise Pascale Jallet. En effet, chez Adagio, le développement de cette gamme se confirme en 2016. Suite à l’ouverture récente de la résidence Adagio La Défense Courbevoie, le réseau s’enrichira d’une nouvelle adresse Adagio Paris Malakoff très bientôt en région parisienne, ainsi que de plusieurs établissements


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Bercy Village et Toulouse Parthénon), deux en Suisse (Genève Mont-Blanc et Genève Saint-Genis Pouilly) et une en Italie (Rome Vatican). Entrée de gamme : un segment non-négligeable « Nous n’avons aucune résidence 1*, en revanche le produit 2* a toute sa place dans l’offre des résidences d’aujourd’hui. Il s’agit d’un produit plutôt corporate, en général un peu plus ex-

qui compte 72 établissements, inaugurera sa nouvelle adresse Séjours & Affaires (sa gamme 2*) à Bagneux en 2016. Cette gamme représente par ailleurs plus de 50 % du parc du réseau avec 41 résidences au total. Le groupe mise sérieusement sur ses produits 2*, ce dont témoigne la montée en confort de ses établissements Séjours & Affaires grâce au renouvellement tout récent de la literie. Résides Études a investi 1,2 mil-

Les appart’hôtels s’adaptent de plus en plus aux besoins des clients, et cela se traduit par la volonté des acteurs du secteur de créer une ambiance plus conviviale dans leurs établissements. centré » précise Pascale Jallet à propos du parc « entrée de gamme ». Quasiment tous les acteurs majeurs du secteur agrandissent leur offre sur ce segment : le réseau Résides Études,

©J.Pallé

en Europe (Francfort, Édimbourg) et dans le monde (Salvador da Bahia). Le portefeuille-produit du groupe Appart’City s’agrandit également d’une adresse 4* en avril : Appart’City Nîmes Arènes disposera de 67 appartements répartis sur 4 étages. La tendance du renforcement de l’offre 3* et 4* dominera l’année 2017 également : la palette des résidences milieu de gamme s’enrichira d’une adresse Residhome de 135 appartements dans le 19e et d’une résidence Odalys City*** de 145 appartements dans le 17e arrondissement. Le renouveau de l’offre milieu de gamme se réalise aussi à travers la rénovation des établissements déjà bien implantés. Même si « le parc en France est récent » selon la déléguée générale du Syndicat National des Résidences de Tourisme, certains acteurs ont entrepris de sérieux travaux de rénovation afin d’adapter leurs produits aux besoins des clients. Sur la période 2010-2015, le groupe The Ascott Limited a ainsi prévu d’investir 125 millions d’euros pour la rénovation de ses résidences. En 2015, il a notamment rénové 7 de ses établissements Citadines en France. En 2016, il compte continuer sur sa lancée avec 4 adresses à rénover. Plus des deux tiers de son parc auront ainsi été remis entièrement au goût du jour. De la même façon, chez Adagio, 5 résidences bénéficient d’importants agrandissements ou rénovations, dont deux en France (Paris

©F.Rambert

HÉBERGEMENT

lion d’euros dans l’équipement de ses résidences en matelas, sommiers et sur-matelas de marques renommées pour un confort optimal. « Pour Adagio, le développement de cette gamme sous le label Access est tout aussi important que l’élargissement de l’offre Premium ou l’inauguration des adresses 3* et 4*. Les trois correspondent à une typologie de clients différente » se confie Karim Malak, directeur des ventes chez Aparthotels Adagio. Et pour cause, le réseau s’est agrandi récemment de 6 nouvelles résidences Access (dont 5 en France et une en Allemagne) et il se réjouit de sa prochaine ouverture Access au Brésil, à Jundiaí, dans l’État de São Paulo.


HÉBERGEMENT

Le client est roi « Face à la présence croissante d’Airbnb, nous devons nous montrer créatifs et mettre en avant notamment la qualité des services de nos résidences » déclare Pascale Jallet à propos de la valeur ajoutée des appart’hôtels. La digitalisation reste l’une des priorités des réseaux, accompagnée de la transformation des établissements en véritables lieux d’échange à la touche personnelle.

©DR

Relais Spa Paris-Roissy CDG

« Les attentes de la clientèle business se concentrent sur la connectivité et sur la personnalisation, deux domaines dans lesquels le groupe The Ascott Limited investit sans cesse » commente Nancy Faure, vice-présidente des ventes et marketing Europe du groupe. « Nous avons signé un partenariat exclusif avec Samsung en Asie en avril 2015 afin de développer des solutions concernant Lobby Citadines de Lille

©P.Wang

Les résidences urbaines, un potentiel à exploiter ? Si pour les acteurs historiques du secteur la clientèle corporate a toujours représenté une priorité indéniable, certaines marques font leurs premiers pas vers une offre diversifiée. Depuis 3 ans, Odalys oriente sa stratégie de développement vers les résidences de centre-ville. Six nouveaux appart’hôtels situés dans les grandes villes françaises ont rejoint le portefeuille du groupe en 2015. Ainsi, Odalys gère désormais 23 résidences urbaines en France et ne compte pas en rester là : plusieurs projets sont programmés notamment à Paris et à Bordeaux. Pour d’autres, le segment des appart’hôtels s’avère moins séduisant. Chez Novasol, spécialisé dans la location saisonnière depuis plusieurs années, la clientèle business ne représente que 5 %. Néanmoins, la demande de la part des entreprises pour la location longue durée connaît une croissance importante. Quant à son offre urbaine, le constat est pourtant sans appel : « il serait difficile pour nous de passer derrière Airbnb qui a 150 000 produits en France ; nous n’avons aucune intention de les attaquer sur ce segment où la concurrence est plus que frontale » avoue Pascal Japel, directeur commercial & marketing de Novasol. En effet, le groupe a abandonné sa seule adresse parisienne et se concentre sur son cœur de cible, les voyageurs loisirs. Il propose 40 000 locations à travers l’Europe.

les objets connectés » précise-t-elle en ajoutant que ces idées innovantes permettront de connecter les outils des clients à l’équipement des résidences y compris la télévision, le frigo, la baignoire, etc. Le premier prototype sera testé d’ici fin 2016 en Asie,

et sera lancé par la suite en Europe. Les appart’hôtels s’adaptent de plus en plus aux besoins des clients, et cela se traduit par la volonté des acteurs du secteur de créer une ambiance plus conviviale dans leurs établissements, d’autant que les résidences urbaines sont souvent critiquées pour leur approche parfois trop standardisée. « Nous avons créé du mobilier spécifique adapté au coworking à Berlin, à Birmingham et à Munich afin de permettre à nos clients de se rencontrer dans des parties communes » explique le directeur des ventes chez Aparthotels Adagio. Des espaces communs plus accueillants, des « minimarkets » proposant des produits alimentaires à disposition des clients dans le lobby ; ces innovations côté produit visent à installer une atmosphère plus familiale et personnalisée dans les résidences. Cette année, Adagio continue ces changements avec l’organisation d’événements dans les parties communes comme des dégustations, par exemple : « Certes, le client business qui reste trois semaines vient pour travailler, mais nos études montrent que ces voyageurs d’affaires souffrent d’une perte de repère, de l’ennui et d’un sentiment d’isolement lors de leur séjour. Nous déployons donc tous les moyens pour satisfaire leurs besoins dans ce domaine » ajoute Karim Malak. Sans aucun doute, l’avenir des résidences urbaines se cache dans la créativité. n Avril / Mai 2016 | N°24 | 25


TRANSPORTS

Le train roule pour les voyageurs pros Gros contributeurs en termes de revenus et clients fidèles, les passagers affaires sont plus que jamais choyés par les compagnies ferroviaires européennes. Ces dernières multiplient ainsi les investissements et les initiatives pour les conserver. Par Christophe Chalon

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Valoriser la Première Afin de conserver la clientèle business en première classe alors que les sociétés sont tentées de faire voyager leurs collaborateurs en seconde depuis la crise de 2008, les compagnies ferroviaires ont multiplié les produits à forte valeur ajoutée, renforcé les services et amélioré l’expérience de voyage. L’achat d’un billet en Business Premier chez Eurostar apporte ainsi la flexibilité totale, la possibilité d’annuler un billet, l’accès aux lounges, l’embarquement express 26 | N°24 | Avril / Mai 2016

©Thalys

our les courts trajets des voyageurs d’affaires pressés et hyper connectés, le transport ferroviaire à grande vitesse fait tout pour conserver son avantage face à l’aérien. On connaît les atouts du rail : des liaisons de centre à centre, la régularité, le temps utile passé à bord pour travailler, le confort de voyage… Seule la facilité d’accès au train jusqu’au départ pourrait être remise en cause en raison de l’installation de portiques liée à la lutte contre la fraude et aux mesures de sécurité mises en place suite aux attentats.

10 minutes avant le départ, le repas à bord et la réservation d’un taxi à l’arrivée. Le billet de première chez Lyria entre la France et la Suisse inclut de même le repas à bord, la presse, l’accès aux lounges… Alleo, alliance commerciale entre la SNCF et la Deutsche Bahn sur les liaisons France-Allemagne propose aussi des services similaires aux passagers Pros de 1ère classe avec le repas inclus dans le prix du billet, un choix de journaux, l’accès aux salons Grand

Voyageurs et DB Lounge (à Francfort, Stuttgart, Munich, Mannheim), la réservation de taxi… La SNCF dédie pour sa part à sa clientèle affaires les billets Pro 1ère et Pro 2nde avec à la clé des réductions (au travers d’abonnements), une facilité d’échange des billets et la possibilité de monter à bord de n’importe quel train de la journée, de consulter son dossier via l’appli mobile TGV Pro ou d’embarquer avec un m-billet sous forme de code-barres sur son smart-


©Thalys

Guillaume Pepy, PDG de la SNCF phone. La SNCF a en plus créé l’Espace Pro 1ère développé sur les principaux axes business entre la province et Paris. Les passagers voyageant avec des billets Pro sont ainsi regroupés dans une voiture de 1ère classe le matin et le soir en semaine afin de bénéficier d’un environnement calme, propice au travail ou au repos. L’attractivité passe également par les abonnements. La SNCF propose des solutions annuelles avec Fréquence et Fréquences 25 qui, outre la flexibilité, apportent au voyageur une remise garantie de respectivement 50 % et 25 % sur les tarifs TGV Pro et Intercités. Contre la signature d’accords dédiés, la compagnie met enfin à disposition des sociétés des solutions adaptées selon le niveau de consommation ferroviaire annuel. Celles qui réalisent 10 000 € d’achats par an peuvent ainsi accéder à l’utilisation du Portail Entreprise, outil 100 % web qui permet de gérer ses réservations ferroviaires mais aussi ses déplacements professionnels. Les sociétés qui dépassent les 80 000 € peuvent, elles, conclure un contrat Grand Compte SNCF avec à la clé des avantages sur les tarifs, un relevé mensuel des consommations, l’aide d’un chargé de clientèle… D’autres com-

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pagnies ont développé leurs propres outils et solutions pour les entreprises. En Allemagne, la Deutsche Bahn commercialise aussi un portail de réservation en ligne avec DBusiness sur lequel les voyageurs pros gèrent leurs déplacements en train mais aussi en avion. Selon le niveau de consommation du voyageur, Thalys propose différentes offres d’abonnement. ThePass Business représente le niveau plancher destiné aux passagers effectuant quelques A/R par semaine ou par mois. Les statuts Premium et Business apportent l’avantage d’un tarif unique sur un axe ou des réductions allant de 30 % à 50 %, ainsi que des facilités d’échange, la possibilité de prendre le train d’avant ou d’après… Comme la SNCF, Thalys a créé des contrats sociétés liés au volume de billets consommé dans l’année. B2B Classic, à partir de 15 000 € d’achat annuel, apporte au passager une réduction de 5 % sur les tarifs en Comfort 1, un accès aux lounges, une flexibilité sur les billets et des possibilités de rem-

©Lyria/Y.Stoeckel

« La stratégie de la SNCF est d’apporter à ses clients toutes les solutions de mobilité et de les rendre facilement accessibles par des plates-formes web »

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TRANSPORTS

boursement. Si B2B Advantage, à partir de 30 000 €, apporte toujours la flexibilité, ce contrat fait bénéficier d’une remise négociée selon le volume par axe et la classe de voyage, et apporte en plus la possibilité d’être assisté par un account manager. Chez Eurostar, le seuil pour un contrat est nettement plus conséquent, s’élevant à 150 000 € d’achats par an en Business Premier. Le train de plus en plus mobile Pour faciliter les déplacements de ses clients professionnels, le train profite de l’essor des nouvelles technologies au travers d’applications online qui permettent de gérer son dossier voyage, de charger son titre de transport, de bénéficier de services annexes et de prestations de porte-à-porte. La SNCF leur destine ainsi l’application TGV Pro pour charger et modifier ses e-billets, recevoir les informations de voyage, charger gratuitement des journaux pour le trajet, réserver un taxi ou une place de parking en gare… Afin de suivre les nouvelles habitudes de déplacement, la SNCF est aussi devenue très active sur les offres de porte-à-porte. Le transporteur a ainsi mis en place iDPass, une carte et une application mobile proposant des solutions de transport et services complémentaires au rail comme les taxis et VTC, la réservation d’une place de parking, les vélos en libre-service, le covoiturage (avec iDVROOM), l’autopartage… La SNCF dispose notamment d’un partenariat avec Zipcar, la marque d’autopartage du loueur Avis. « La stratégie de la SNCF est d’apporter à ses clients toutes les soluAvril / Mai 2016 | N°24 | 27


TRANSPORTS

Des programmes de fidélité performants Comme les compagnies aériennes, les opérateurs ferroviaires ont créé des programmes de fidélisation destinés à la clientèle affaires afin de créer un attachement à la marque. Voyageurs, celui de la SNCF se décline en 4 statuts : Voyageur pour les passagers professionnels occasionnels, Grand Voyageur et Grand Voyageur Plus pour les passagers fréquents, et Grand Voyageur Le Club pour ceux qui se déplacent en train sans compter. Classiquement, les passagers peuvent échanger leurs points contre des billets gratuits (y compris sur 28 | N°24 | Avril / Mai 2016

les lignes internationales), des services comme la livraison des bagages à domicile, la restauration à bord des TGV, ou tout simplement des cadeaux liés à l’univers du voyage. Les porteurs de la carte Grand Voyageur Plus bénéficient

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tions de mobilité, de les articuler les unes avec les autres et de les rendre facilement accessibles par des plates-formes web », précise le PDG Guillaume Pepy, qui estime que la mobilité partagée pèsera 30 % des déplacements dans 10 à 15 ans contre 15 % aujourd’hui. À l’international, Eurostar collabore avec CarTrawler pour proposer des transferts pré-réservés en taxi dans les gares desservies. Via des offres Classe affaires, un chauffeur attend ainsi en bout de quai le client business avec une pancarte à son nom. Thalys s’est pour sa part associé avec iDCAB de la SNCF pour lancer Book&Cab, son service de réservation de VTC ou taxi.

Face à l’aérien, le train à grande vitesse conserve l’avantage sur les voyages de moins de 3 heures, voire plus sur un réseau qui continue de s’étendre. Certaines liaisons ont gagné en rapidité : Lyria est ainsi passé sous la barre des 3h – 2h58 très exactement – depuis fin 2015 sur la ligne Paris-Genève. Depuis le 21 mars, Thalys file en 4h41 de Paris (et 3h08 de Bruxelles) jusqu’à Dortmund, et a lancé des liaisons quotidiennes Lille-Amsterdam en 2h33. Grâce à l’achat de nouvelles rames, Eurostar prévoit de son côté de mettre en place des liaisons entre Londres et Amsterdam à compter de 2017. Au sud de l’Europe, la SNCF dessert Turin et Milan depuis Paris via Lyon et Chambéry. Les réseaux ferroviaires français et espagnols sont aussi connectés à Barcelone, permettant aux voyageurs de changer de train pour poursuivre jusqu’à Madrid à bord de l’AVE, le train à grande vitesse espagnol. S’il faut compter encore plus de 6h pour faire un ParisBarcelone, la capitale catalane est ainsi accessible rapidement depuis Perpignan (1h19), Montpellier (2h50), Toulouse (3h07) et Nîmes (3h18). Côté réseau, l’ouverture de la portion 2 de la LGV Est européenne placera Strasbourg à 1h30 de Paris à partir du 3 juillet prochain et réduira chez Alleo les temps de parcours de 30 mn. D’autres chantiers ferroviaires sont en cours en France comme le contournement ferroviaire NîmesMontpellier, la LGV Bretagne et la LGV Sud Europe Atlantique qui permettront à terme de voyager plus rapidement vers Rennes (1h30), Montpellier (3h) et Bordeaux (2h05) depuis Paris. Il faudra en revanche patienter jusqu’en 2028/2029 pour profiter de la liaison Lyon-Turin passant sous les Alpes.

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©Zipcar

TOUJOURS PLUS LOIN, TOUJOURS PLUS VITE

d’avantages supplémentaires comme l’utilisation des guichets Pro ou Grand Voyageur situés dans les grandes gares, l’accès à un service client par téléphone et à une ligne prioritaire des taxis G7… Sans surprise, ceux qui possèdent la carte Le Club rangée dans leur portefeuille bénéficient des avantages les plus importants : accès au train suivant sans échange du billet, entrée aux salons Grand Voyageur en France et de l’alliance ferroviaire Railteam en Europe… La carte de fidélité Voyageur, quel que soit son statut, possède enfin une autre fonction essentielle pour la clientèle affaires, puisqu’elle est le support de l’e-billet pour les voyageurs désireux de se passer du billet papier et du tra-


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TRANSPORTS

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less ». Enfin, outre-Rhin, la Deutsche Bahn distribue sa Bahn Card dont le montant consommé annuellement donne droit à nombre d’avantages.

ditionnel compostage. Chez Eurostar, le programme Eurostar Frequent Traveller possède un barème de points en fonction de la classe de voyage et compte deux niveaux de fidélisation avec une carte classique pour les voyageurs fréquents et une carte blanche pour les voyageurs très fréquents.

au moins 100 voyages par an, la compagnie attribue sa carte Platinium+ qui apporte une kyrielle d’avantages dont celui de pouvoir accéder à tous les trains de la journée, l’utilisation du salon à bord du TGV (quatre places), l’accès à un bureau Regus… Ce statut est venu compléter les niveaux Silver

Afin de conserver la clientèle business en première classe, les compagnies ferroviaires ont multiplié les produits à forte valeur ajoutée, renforcé les services et amélioré l’expérience de voyage.

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pour les voyageurs qui font moins de 10 voyages par an, Gold – entre 10 et 28 trajets – et Platinium, à partir de 28 voyages. À l’instar de la carte Voyageur de la SNCF, les cartes TheCard sont utilisées pour voyager « ticket-

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Ce dernier statut permet d’engranger plus de 1 500 points par an, soit l’équivalent de cinq allers-retours en Business Premier. Des services sont en outre accordés aux possesseurs de la carte blanche comme l’accès aux salons Business Premier, un checkin rapide – en 10 minutes chrono –, des guichets et réservations de taxi prioritaires, un envoi de SMS en cas d’annulation du train et la possibilité d’inviter une personne de son choix au lounge. Plus basique, la carte classique permet le retrait des billets électroniques et offre des attentions comme un service de change sans commission. Avec TheCard, Thalys dispose d’un programme similaire avec accumulation de points à chaque voyage, points échangeables contre des billets gratuits. Pour les passagers qui enchaînent les allers-retours avec

De nouvelles solutions pour le wi-fi Le wi-fi à bord est aussi devenu un élément incontournable de l’offre ferroviaire pro. Ce service a ainsi fait ses preuves depuis 2008 chez Thalys où le wi-fi est utilisé par une partie de la clientèle affaires, l’accès étant inclus dans le prix en Comfort 1. Pour augmenter la bande passante et la rapidité d’accès au réseau dans cette classe de voyage, la compagnie ferroviaire vient toutefois d’adopter une nouvelle solution de type 4G avec l’aide de l’entreprise Icomera. Régulièrement pointée du doigt pour son retard sur cette question du wi-fi (seul le TGV Est est équipé), la SNCF a décidé de contourner le problème du coût de l’équipement de l’ensemble de son parc TGV par l’amélioration de la couverture du réseau mobile, les voyageurs d’affaires étant devenus hyper connectés via leurs smartphones, ordinateurs, tablettes… Premier partenariat signé : Orange vient ainsi d’équiper en 4G la ligne TGV ParisLyon, très empruntée par la clientèle d’affaires. L’opérateur télécom s’attaquera ensuite aux lignes Paris-Lille et Lyon-Marseille. Eurostar va pour sa part mettre en place le wi-fi gratuit à bord de ses nouvelles rames (en cours de déploiement sur ParisLondres) et proposera à sa clientèle un portail pour accéder à des news, à la météo, aux informations sur la compagnie ainsi qu’à des divertissements pour faire passer encore plus vite le voyage. Outre le wi-fi, ces 17 trains à grande vitesse commandés à Siemens vont représenter pour les passagers business une avancée en matière de confort et de design (signé Pininfarina) avec des sièges Business Premier qui s’allongent et s’inclinent davantage que les anciens, un porte-

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pourront se retourner afin d’être placés dans le sens de la marche lors de chaque trajet. Au fil des rénovations de rames TGV, ce fauteuil sera déployé sur d’autres lignes d’ici 2019. Il devrait être accompagné par la mise en place d’un nouveau siège en seconde qui lui n’a pas encore été dévoilé. Rendezvous en juillet 2017 pour apprécier ces nouveaux aménagements. ■

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Côte confort, c’est sur Paris-Bordeaux que la SNCF s’apprête à frapper un grand coup auprès de la clientèle d’affaires voyageant en 1ère classe. Celle-ci pourra en effet apprécier son nouveau fauteuil qui sera déployé en juillet 2017 sur les 40 rames EuroDuplex commandées auprès d’Alstom pour cette ligne. « Notre ambition est d’offrir une nouvelle expérience de voyage en TGV et d’être la référence en la matière », assure Guilgobelet (cup holder), un portemanteau, laume Pepy. Pour travailler, les pasun port USB, une prise électrique (aux sagers affaires disposeront d’abord normes françaises mais aussi britand’un siège plus droit mais aussi d’une niques) pour recharger son ordinagrande tablette et d’une plus petite teur ou son smartphone, une liseuse pour poser leur smartphone, d’une LED… D’autres aménagements ont prise électrique et d’un port USB, d’un été prévus pour les bagages, le bar éclairage modulable, d’une liseuse et buffet, les WC sans oublier la signalid’un espace de rangement pour un sation avec des écrans dans chaque petit bagage. Un petit miroir a même wagon diffusant des informations en été incorporé pour ces dames. Grande temps réel (vitesse, géolocalisation, nouveauté, tous les sièges (à l’excepTHACLG160323-01_HashtagDortmund_205x140mm_03_HD.pdf 1 29/03/16 14:53 arrêts…). tion des espaces pour 4 personnes)

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Londres,

du nouveau à l’est ! Loin des monuments « officiels » et des hauts lieux de la monarchie, l’est de la capitale se réinvente. De la City au quartier tendance de Shoreditch en passant par la rive sud de la Tamise, c’est là que bat le nouveau cœur de Londres.

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Par Thierry Beaurepère

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ans la City, le quartier d’affaires de Londres, on ne parle que de ça ! Le Brexit (pour Britain Exit) est sur toutes les lèvres. Encore plus depuis que Boris Johnson – le fantasque maire de la ville – a pris position pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, à contre-courant de la plupart des financiers londoniens. Non pas qu’ils soient devenus subitement des ardents défenseurs de la cause commune, mais tout simplement par pragmatisme ! Car les 500 banques et établissements financiers installés à Londres bénéficient notamment du « passeport européen », à savoir la liberté d’opérer dans tous les autres États membres de l’Union ; un droit qui pourrait être remis en

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cause, rendant plus coûteuses les opérations financières. Le sujet est d’autant plus important que la City représente 12 % du PIB britannique. Plusieurs banques ont déjà fait savoir qu’elles pourraient délocaliser une partie de leurs équipes en cas de sortie de l’Europe, à commencer par la puissante HSBC dont le patron a prévenu que 1 000 salariés (sur les 5 000 basés à Londres) pourraient prendre le chemin de… la France. Un comble ! La cinquième ville de France Pour l’heure, les Français sont toujours aussi nombreux à traverser le Channel ; deux millions chaque année, voyageurs d’affaires et touristesmêlés. Beaucoup s’y installent aussi,

pour un temps ou définitivement. 300 à 400 000 de nos compatriotes vivent ainsi à Londres, ce qui fait de la capitale britannique la… cinquième ville de France ! Ils viennent y chercher un état d’esprit anticonformiste ; et surtout un job, dans une ville où tout semble possible, même si le coût de la vie exorbitant se traduit par de nombreuses déceptions et de nombreux retours dans l’Hexagone après quelques mois… Encore faut-il rappeler que ce dynamisme économique (2,2 % de croissance l’an dernier et un taux de chômage de 5,2 %, deux fois moindre que chez nous) se traduit par un déficit public rapporté au PIB de 5 %, bien plus que celui de la France (3,5 % en 2015) ; rappeler aussi que les écarts


EN DIRECT DE... LONDRES

Cornichon ou râpe à fromage ? En attendant le 23 juin, jour du référendum national qui permettra à chaque citoyen britannique de prendre position, la City continue à vibrer. On l’a cru menacée par la concurrence de Canary Wharf, situé plus à l’est… Il est vrai que le quartier lové dans une boucle de la Tamise témoigne d’un réel dynamisme, symbolisé par les gratte-ciel sortis de terre au début des années 2000. Attirées par des prix fonciers plus abordables, de nombreuses entreprises y ont déménagé et 100 000 personnes y travaillent quotidiennement. Mieux, Canary Wharf vibre aussi le dimanche grâce à ses 200 magasins et restaurants qui restent ouverts. Et pourtant, la City résiste ! On l’a cru terrassée par la crise financière en 2008, c’était pour mieux prendre sa revanche. Partout, les marteaux-piqueurs sont à l’œuvre. De nouveaux gratte-ciel sortent de terre, étouffent les immeubles victoriens ; au point que la City prend des petits airs de Manhattan. Ils sont rapidement baptisés par les Londoniens : The « Walkie Talkie » ou « Cheese Grater » (la râpe à fromage) qui culmine à 225 mètres ; en attendant le « Scalpel » (190 m) annoncé pour 2017… Sans oublier

Sky Garden Au sommet de la nouvelle « Walkie Talkie Tower », le Sky Garden permet de découvrir Londres depuis le 35e étage, et dans la verdure ! L’accès est gratuit mais la réservation obligatoire. On peut aussi boire un verre au Sky Pod, ou dîner dans l’un des deux restaurants : la brasserie Darwin ou le Fenchurch Seafood & Bar. http://skygarden.london ■

Les bobos filent à l’est Cette audace architecturale et ce dynamisme rejaillissent par ricochet dans les quartiers voisins de l’est londonien, à Shoreditch et Hoxton, devenus les nouveaux repères branchés de la ville. Déjà, les bétonneurs y poussent leurs pions… Ici, pas de monuments majeurs mais des usines désaffectées et de petites rues qui ont gardé leur caractère ouvrier du XIXe siècle. Elles abritent désormais des bars branchés et des restaurants trendy, des marchés bio et des friperies, des boutiques design et des galeries d’art. Des boutique-hôtels cosy ou arty y ont récemment ouvert leurs portes, pour des voyageurs d’affaires hyper connectés, addicts de culture et de créativité ; comme The Boundary, Ace Hôtel ou The Hoxton. Les bobos troquent leur costume trois-pièces pour des tenues plus excentriques, et s’encanaillent chaque soir et chaque week-end dans ce Londres éclectique, excentrique et électrique…

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ne cessent de se creuser entre les plus riches et les plus pauvres. Au point que le gouvernement britannique vient d’annoncer une hausse de 7,5 % du salaire minimum anglais pour les plus de 25 ans au 1er avril (à environ 9 € par heure), afin de doper la consommation.

QUOI DE NEUF ?

Tate Modern Installé dans une ancienne centrale électrique qui borde la Tamise depuis 2000, le musée d’art moderne ouvre une extension le 17 juin, soit 60 % d’espaces supplémentaires. Le nouveau bâtiment de dix étages a été conçu par les architectes Herzog et de Meuron. Pour l’ouverture, le musée accueille une exposition temporaire consacrée à Louise Bourgeois. www.tate.org.uk ■

LES INCONTOURNABLES La Tour de Londres Désormais cernée par les gratte-ciel, cette forteresse médiévale flanquée d’un donjon fut la résidence royale, avant de devenir une prison. D’énormes corbeaux hantent les lieux. Selon la ■

Boutique-hôtels De nouveaux boutique-hôtels révolutionnent Londres. Le Z hôtel Shoreditch s’est installé dans des bureaux réhabilités, le M by Montcalm Shoreditch dans une tour de 18 étages quand le Mondrian a ouvert sur la rive sud de la Tamise, à Southbank. www.thezhotels.com, www.mbymontcalm.co.uk et www. morganshotelgroup.com ■

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The Shard de l’autre côté de la Tamise, inauguré en 2013. Le célèbre « Gherkin » de l’architecte Norman Forster, érigé en 2003 et qui marqua le début de cette révolution du verre et de l’acier, n’a qu’à bien se tenir !

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légende, tant qu’ils restent ici, l’Angleterre est protégée de toute invasion. Afin de forcer le destin, on leur a toutefois coupé les ailes ! Peut-être y croiserez-vous le fantôme d’Anne Boleyn, la femme d’Henri VIII décapitée pour adultère. Mais plus sûrement les joyaux de la couronne, surveillés par des gardes armés de hallebardes et vêtus comme au XVIe siècle ! La Tamise et Tower Bridge, le plus célèbre pont de Londres, ne sont qu’à quelques enjambées. www.hrp.org.uk Le British Museum Au nord de la Tamise, reconnaissable à son architecture néo-classique, c’est l’équivalent de notre Louvre. L’architecte britannique Norman Foster a recouvert sa Queen Elisabeth II Great Court d’un toit de résille, ce qui en fait la plus grande place couverte d’Europe. C’est la porte d’entrée des sublimes collections. Parmi les incontournables, la King’s Library, somptueuse bibliothèque dont l’atmosphère évoque un cabinet de curiosités, et les salles dédiées aux antiquités égyptiennes. Entre statues monumentales et sarcophages, on y découvre la Pierre de Rosette. www.britishmuseum.org

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Royal Mile - South Bank Aménagée sur la rive sud de la Tamise, cette longue promenade est devenue un lieu prisé des Londoniens comme des touristes. Depuis le City Hall, la mairie aux allures de casque de moto, jusqu’à la grande roue London Eye, on y prend la juste mesure de l’entrée en fanfare de Londres dans le XXIe siècle. En chemin, on pourra visiter la Tate Modern (voir « C’est nouveau ») ou le Shakespeare’s Globe. Plusieurs fois détruit, le théâtre à ciel ouvert de Shakespeare a été reconstruit à l’original en 1997, avec colombages et murs de torchis. Depuis 2014, il est flanqué d’un second théâtre couvert inspiré du XVIIe siècle. www.shakespeareglobe.com

gantesque nef longue de 150 mètres, étincelante de mosaïques, que Diana dit « oui » au Prince Charles. Les plus audacieux emprunteront les 528 marches qui conduisent à son dôme, pour une vue somptueuse sur la ville. www.stpauls.co.uk

La cathédrale Saint Paul Elle marque l’entrée de la City. Construite à la fin du XVIIe siècle et mélangeant les styles classique et baroque, elle subjugue par son dôme qui culmine à 111 m, inspiré de la basilique Saint Pierre de Rome et des Invalides à Paris. C’est dans sa gi-

Inauguré en 2013, c’est le nouveau « joyau » de Londres. Dessinée en forme d’éclat (shard en anglais) par l’architecte Renzo Piano, la tour domine la rive sud de Londres du haut de ses 310 mètres, ce qui en fait le plus haut gratte-ciel d’Europe. Un ascenseur filant à 6 m/seconde conduit les visiteurs au 72e étage, à 244 m. C’est l’endroit parfait pour découvrir Londres, grâce à des télescopes numériques et interactifs. Revers de la médaille : le prix pour grimper, astronomique, 30,95 £ sur place (environ 39 €). Le gratte-ciel héberge l’hôtel ShangriLa, entre les 34e et 52e étages. www.theviewfromtheshard.com/fr

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The Shard

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NOTRE SÉLECTION D’HÔTELS

QUOI DE NEUF ?

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Novotel Blackfriars Dans le quartier de South Bank (sud de la Tamise) en plein renouveau et tout près de la Tate Modern, Novotel décline son concept urbain. Les 182 chambres arborent des couleurs marron rehaussées de touches chaleureuses (jaune, rouge ou bleu). Sept salles de réunion (90 p. maxi). Le restaurant Jamboree à l’ambiance vintage propose des dîners décontractés (burgers), la piscine en sous-sol est un vrai plus. www.novotel.com Andaz Au cœur de la City, ce fut le premier établissement à arborer l’enseigne Andaz (lifestyle) du groupe Hyatt. Il est installé dans un superbe immeuble victorien de l’ex Great Eastern Railway Company. Les parties communes subjuguent, entre le restaurant 1901 dominé par une verrière, le bar à champagne et l’incroyable temple maçonnique découvert lors de la rénovation (on peut

NOS BONNES ADRESSES Oxo Au 8e étage d’un ancien entrepôt du quartier de South Bank, Oxo propose de boire un verre ou de dîner dans un cadre branché, en profitant d’une ■

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Intercontinental 02 Accolé à l’O2 Arena dans le quartier de Greenwich, cet hôtel aux lignes sobres a ouvert en début d’année. Excentré (accès en bateau depuis le centre en 20 minutes), il séduira d’abord les organisateurs de grands événements, avec ses 453 chambres lumineuses, sa trentaine de salles et sa ballroom géante de 3 000 p. Coté équipements : trois restaurants, une vaste piscine, plusieurs bars dont Le Clipper et le Sky Bar dévoilant des vues sur Canary Wharf. www.intercontinental.com

O2 Arena L’ex Dôme du Millénaire a été reconverti en salle de concerts et lieu touristique (restaurants, cinémas…). On peut notamment l’escalader, encordé ! Il accueillera un village de 85 boutiques détaxées à la fin de l’année. www.theo2.co.uk ■

Vueling Au départ de sa nouvelle base de Roissy, la compagnie à bas prix lance un vol pour Londres-Gatwick à compter du 5 mai, avec treize fréquences par semaine. De quoi séduire les voyageurs d’affaires. www.vueling.com ■

Gansevoort Après New York où il possède deux adresses « hype », Gansevoort pose ses valises à Londres. Le groupe y ouvre son cinquième hôtel cet été (baptisé The Curtain), dans le quartier de Shoreditch. www.gansevoorthotelgroup.com ■

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y organiser des soirées pour 60 p.). Quatorze salles de réunion accueillent des séminaires (jusqu’à 700 p.). Bien équipées, les 267 chambres mériteraient une décoration plus chaleureuse. www.andaz.hyatt.com ■

Shakespeare’s Globe Le théâtre célèbre l’anniversaire des 400 ans de la mort de Shakespeare. Au programme : pièces de théâtre et expositions, comme celle qui animera la rive sud de la Tamise (23 et 24 avril), à travers une « balade cinématographique » de 37 courts-métrages. www.shakespearesglobe.com ■

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■ Indigo Tower Hill Avec ce petit établissement (46 chambres) arborant son enseigne « lifestyle », dans une rue tranquille de la City, le groupe IHG séduit les voyageurs à la recherche d’une atmosphère authentique. Les chambres sont cosy (murs en briques, parquet au sol, lit à baldaquin…), le restaurant du rez-de-chaussée propose un petit-déjeuner à prix abordable (12 £). La tour de Londres n’est qu’à dix minutes de marche. www.ihg.com

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jolie vue sur la City, de l’autre côté de la Tamise. www.harveynichols.com/oxo-towerlondon Blixen Ambiance bistrot vintage pour ce « gastropub » installé dans le Spitafields Market. On aime ses produits simples et frais à prix abordables et son agréable jardin d’hiver noyé dans la verdure. www.blixen.co.uk ©DR

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pittoresque Borough Market permet de remplir son cabas de produits bio ou de reprendre des forces dans les stands de street food. Et pourquoi pas un « fish and chips » ? http://boroughmarket.org.uk

Boundary Pour les amateurs du quartier de Shoreditch, ce restaurant associé à l’hôtel du même nom est un incontournable. Il propose une cuisine française dans sa salle cosy (briques, cuisine ouverte…). On peut se contenter d’un cocktail sur le rooftop. http://theboundary.co.uk/restaurant ■

Old Spitafields Market Entre la City et Shoreditch, ce marché a investi une halle du XIX e siècle. Les restaurants à la mode y côtoient les food trucks, les friperies partagent les trottoirs avec les marques de jeunes créateurs. www.oldspitalfieldsmarket.com Westfield Stratford City Tout à l’est, le quartier olympique peine à trouver une seconde vie. En revanche, le centre commercial Westfield Stratford installé à ses pieds réjouit les amateurs de shopping avec ses 250 boutiques, ses cinémas ou son casino. https://uk.westfield.com/stratfordcity

Borough Market Aménagé sous les arches d’une ligne ferroviaire, à deux pas de The Shard, le ■

Brick Lane Food court de cuisines du monde installé dans l’ex Old Truman Brewery, magasins de fripes, immeubles en briques et murs peints… C’est le coin « hipster ». Les barbiers et les tatoueurs y font fortune ! Un bric-à-brac à explorer en goûtant les currys et bagels qui font la réputation du coin. n

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Où se renseigner ? Offices de tourisme de Grande-Bretagne : www.visitbritain.fr Office de tourisme de Londres : www.visitlondon.com/fr

POUR LE SHOPPING

CARNET PRATIQUE

Y aller : L’Eurostar relie Paris (gare du Nord), Lille et désormais Marseille (via Lyon) à Londres. La durée du voyage depuis Paris est de 2h15.Trois classes sont proposées : Standard, Standard Premier avec siège plus large, repas léger et sélection de magazines, et Business Premier adapté aux voyageurs d’affaires. Cette dernière classe inclut l’accès aux salons (snacks, boissons, journaux…) à Paris et Londres et le chek-in rapide (10 minutes avant le départ). À bord, les voitures sont équipées de prises électriques individuelles, proposent le wi-fi gratuit et la restauration est conçue par le chef étoilé Raymond Blanc. www.eurostar.com Formalités : carte d’identité ou passeport.

Monnaie : la livre sterling. 1 € = 0,80 £. Langues : l’anglais bien sûr, mais aussi le français du fait de la forte communauté française. Décalage horaire : - 1 heure Climat : océanique, tempéré (21° en été) et souvent humide !


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Dubaï,

nouvel empire du milieu Née avec la globalisation, Dubaï est devenue un centre stratégique du commerce international. Première plate-forme aéroportuaire et 4e ville la plus visitée au monde en 2015, elle poursuit son développement à une allure folle. Par Adèle Dunois

La dynamique d’un hub Dubaï est un hub qui se nourrit de la dynamique des autres. « Sa géolocalisation et son accessibilité sont les clefs de son succès, explique Pascal Maigniez, directeur France et Benelux du Dubaï Department of Tourism and Commerce Marketing (DTCM). Dubaï poursuit la stratégie de Sheikh Rashid qui, dès les années 1960 et alors que l’électricité et l’eau courante venaient juste d’arriver, répétait qu’il fallait construire des routes, des ports et des aéroports pour inscrire Dubaï sur la carte du monde ». Le port de Jebel Ali, créé dans les années 1980, est le plus grand port artificiel de la planète, ados-

Zones franches ultralibérales En 2015, l’émirat s’est hissé à la quatrième place des villes les plus visitées au monde. Parmi ces visiteurs, 60 % viennent faire du tourisme, notamment les ressortissants des pays du Golfe attirés par la libéralité de la place, et 21 % sont des voyageurs d’affaires. « 70 % des 500 premières fortunes mondiales sont implantées à Dubaï », glisse Pascal Maigniez. L’environnement fiscal y est plus que favorable (« paradisiaque » estiment certains observateurs) et les étrangers peuvent accéder à la propriété dans les zones franches, qui se multiplient.

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trole, qui a permis son développement fulgurant à partir de 1967, ne représente plus qu’une part infime du PIB.

sé à une zone franche regroupant plus de 7 000 entreprises qui importent et exportent avec une centaine de pays. Déjà n°1 mondial pour le nombre de voyageurs qui y ont transité en 2015, l’aéroport de Dubaï International s’est offert une extension qui porte sa capacité annuelle de 75 à 90 millions de passagers. Un deuxième aéroport, Al Maktoum International, encore en développement, a un objectif de 220 millions de passagers et 16 millions de tonnes de cargo à l’horizon 2022. Un métro aérien ultra-moderne circule le long de Sheikh Zayed Road, une autoroute urbaine à deux fois six voies, et un tramway futuriste a été inauguré fin 2014… Sheikh Rashid, qui dirigea l’émirat jusqu’en 1983, serait heureux de constater que sa vision a pris forme.

C

omme toujours à Dubaï, chiffres et déclarations donnent le tournis. L’émirat aime les superlatifs : la plus haute tour du monde, le plus grand mall, le plus grand parc à thème, la plus longue piste de ski couverte… Cette manie des records exprime la volonté farouche de l’« entreprise » Dubaï de se faire une place au soleil. Car l’ouverture au monde est la raison d’être de cette plate-forme stratégiquement située au carrefour de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique : les deux tiers de la population mondiale vivent à quelques heures de vol. Autrefois petit port de pêche, l’émirat possède aujourd’hui l’économie la plus diversifiée de la région du Golfe reposant sur les transports, le commerce, la finance et le tourisme tandis que le pé-

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EN DIRECT DE... DUBAÏ

QUOI DE NEUF ? Dubai Design District Ce nouveau quartier dédié à la mode et au design a pour objectif d’attirer les créateurs internationaux mais aussi de faire émerger les talents régionaux. Chanel y a organisé son défilé « croisières » l’an dernier et le groupe Chalhoub, acteur majeur de la distribution de produits de luxe au Moyen-Orient, y a déménagé certaines de ses activités.

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Palm Jumeirah Cette île artificielle en forme de palmier abrite de nombreux hôtels dont l’iconique Atlantis The Palm ; ce gigantesque complexe hôtelier accueille un extraordinaire parc aquatique où on peut nager avec les dauphins, plonger dans un tunnel au milieu des requins… Un monorail circule sur le « tronc » du palmier, reliant l’île au réseau de tramway de la ville. Burj Khalifa La Burj Khalifa forme l’épicentre de Downtown Dubai. La plus haute tour du monde est dotée de deux plates-formes d’observation, l’une au 124e étage et l’autre au 148e, sous la forme d’un bar lounge : At The Top Sky Lounge, inauguré récemment, fait courir les foules et la réservation est obligatoire. Au pied de la tour, une extraordinaire fontaine dansante se donne en spectacle chaque soir. ■

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Dubai Opera House La construction s’achève et l’ouverture de la Dubaï Opera House (2 000 places) dont l’architecture s’inspire des « dhows », les bateaux traditionnels, est confirmée pour 2016. Ce sera la pièce maîtresse d’un nouveau quartier baptisé Dubai Modern Art Museum & Opera House District. ■

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La France au 11e rang des échanges Le French Business Council de Dubaï (10e plus importante chambre de commerce française à l’étranger) compte quelque 700 membres et plus de 15 000 Français sont enregistrés au consulat. La France figure au 11e rang des échanges commerciaux de l’émirat, avec des entreprises présentes dans tous les secteurs, l’hôtellerie, l’industrie pharmaceutique et l’art de vivre caracolant en tête. La règle pour faire des affaires à Dubaï : être très réactif, réaliste par rapport aux marges et aimer travailler dans un environnement extrêmement cosmopolite.

LES INCONTOURNABLES

Dubai Frame Deux tours reliées par un pont plateforme à proximité du parc à thème Stargate, le lieu doit ouvrir au public en 2016. Ce nouveau monument emblématique accueillera un musée consacré à l’histoire de Dubaï. L’objectif est d’attirer 2 millions de visiteurs par an. ■

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Projets pharaoniques Choisi pour accueillir l’Exposition Universelle de 2020 autour du thème « connecter les esprits, construire le futur », l’émirat renoue avec les projets pharaoniques. Une zone de 145 km2 rebaptisée Dubai South l’été dernier (ex Dubai World Central) accueille déjà l’aéroport Al Maktoum ; le site de l’Expo le jouxtera et une nouvelle ville sera construite. Meydan One est un autre programme extravagant avec une tour résidentielle de plus de 700 mètres de haut, un mall évidemment gigantesque, une piste de ski « indoor », un port de plaisance… La première phase devrait être achevée pour l’Exposition Universelle. Des îles artificielles sont en cours d’aménagement et Mall of The World, qui doit ouvrir dans une dizaine d’années, aura tout simplement la taille d’une ville. Plus que jamais, Dubaï voit grand.

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Palazzo Versace Après l’Australie, le deuxième hôtel du couturier italien a ouvert ses portes fin 2015 au sein de Culture Village, à Bur Dubai. Style néoclassique opulent et touches arabisantes, le glamour est au rendezvous. 215 chambres et suites et 169 appartements. ■

The Creek C’est autour de ce bras de mer que s’est développé le premier cœur de Dubaï. Le fort Al-Fahidi, plus vieux bâtiment de la région, accueille le musée de Dubaï qui retrace la métamorphose d’un petit port en métropole de l’ultra modernité. Alentour, les ruelles de l’ancien quartier des marchands sont bordées de belles demeures dotées de tours à vent et de cours ombragées où se sont installés galeries d’art, boutique-hôtels et restaurants. ■

Escapade dans le désert

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Four Seasons Déjà présent avec le Four Seasons Resort Jumeirah Beach, ouvert fin 2014, Four Seasons vient de s’installer à Dubai International Financial Centre (DIFC), où les grandes entreprises internationales côtoient galeries d’art, boutiques, restaurants et clubs. 106 chambres et suites. ■

Oberoi Dubai Dans le quartier des affaires, Oberoi occupe une tour contemporaine. Il compte 252 chambres et suites et des espaces de réunion (jusqu’à 450 p.). Atmosphère chic et service exceptionnel. www.oberoihotels.com/hotels-indubai ■

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mètres chacune – hébergent plus de 1 600 chambres et suites. Luxe contemporain, vues panoramiques et généreux espaces de réunion (jusqu’à 1 548 p.). www.marriott.fr

Le désert d’Arabie débute à 20 minutes de voiture de la ville. Virées en 4x4 dans les dunes, balades en quad ou à dos de chameau, ski sur sable, il invite à l’aventure. Deux adresses permettent d’y passer la nuit : Bab Al Shams Desert Resort et Al Maha Desert Resort & Spa. Al Quoz Les immenses entrepôts de la zone industrielle d’Al Quoz ont été reconvertis en galeries : Fridge est dédié à la création éphémère, A4 Space est un espace événementiel avant-gardiste et la Green Art Gallery l’une des vitrines majeures des talents régionaux. Idéal pour humer l’air du temps. ■

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QUOI DE NEUF ?

soirs de week-end, c’est ici que les défilés de voiture de luxe sont les plus spectaculaires !

© N.Dumont

Dubai Marina & JBR Encore en développement, Dubai Marina sera la plus grande marina artificielle du monde, hérissée d’une forêt serrée de buildings futuristes. En face, Jumeirah Beach Residence, ou JBR, est un quartier animé organisé autour de The Walk, une promenade bordée de restaurants. Les ■

St Regis Dubai Inauguré en novembre 2015 au sein du complexe d’Al Harboor City, sur Sheikh Zayed Road, cet hôtel de 234 chambres et suites offre un cadre de séjour luxueux à l’élégance classique. www.stregisdubai.com ■

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■ JW Marriott Marquis Sur Sheikh Zayed Road, deux tours en forme de palmiers – 72 étages et 355

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NOTRE SÉLECTION D’HÔTELS


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nomique est pilotée par le Chef français Jérôme Lagarde. At.Mosphère, qui se présente comme le restaurant le plus haut du monde, pratique des prix tout aussi élevés : à réserver pour les grandes occasions ! www.atmosphereburjkhalifa.com ©Dubai Tourism

Conrad Dubai À deux pas du Dubai World Trade Centre, cet établissement au décor classique contemporain est idéal pour les personnes qui participent à un salon ; 555 chambres et suites, prestations impeccables et espaces de réunion (jusqu’à 1 100 p.). www.conraddubai.com ■

NOS BONNES ADRESSES Al Mahara Avec sa silhouette en forme de voile et son luxe opulent, l’hôtel Burj al Arab est une icône de l’émirat. Parmi ses différents restaurants, Al Mahara invite à dîner dans un aquarium ; dans l’assiette, on retrouve des spécialités de la mer mais aussi du bœuf japonais « wagyu ». Une expérience « so Dubai » ! www.jumeirah.com

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Stay Les cartes des différents restaurants de l’hôtel One&Only The Palm sont élaborées par Yannick Alleno. Avec sa table d’hôtes permettant de partager les plats, Stay propose un séduisant concept de cuisine conviviale. www.oneandonlyresorts.com ■

XVA Gallery La galerie installée à Al Fahidi depuis 2003 a été l’un des précurseurs du renouveau créatif de ce vieux quartier de Dubaï. Expositions pointues, 14 chambres et un restaurant de fine cuisine qui se déguste dans un cadre arty très abouti. www.xvahotel.com ■

POUR LE SHOPPING Dubai Mall À côté de Burj Khalifa, c’est le plus grand centre commercial du monde : 1 200 boutiques dont Level Shoe District, un gigantesque concept store entièrement dédié aux chaussures, restaurants, parc à thème, patinoire aux dimensions olympiques, simulateur de vol en A380, aquarium géant… On peut y passer des heures à observer les élégantes locales faire leur shopping, véritable sport national. ■

Dubai Outlet Mall Tout est dans le « outlet » : alors que les prix dans les malls classiques ont tendance à être sensiblement les mêmes qu’à Paris, ici, ils sont cassés. Anciennes collections, accessoires : on peut faire de bonnes affaires.

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At.Mosphère Dans les hauteurs de Burj Khalifa, c’est une table en vue. La cuisine gastro■

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Les souks de Deira À l’ouest du Creek, les souks composent un monde effervescent. Ils sont subdivisés en quartiers spécialisés : électronique, vêtements, parfums, poissons, épices… Le plus spectaculaire est l’éblouissant souk de l’or, qui se vend ici au poids. À mille lieues des « malls » aseptisés, ces marchés exhalent une étourdissante atmosphère moyen-orientale. n ■

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CARNET PRATIQUE Où se renseigner ? Office de tourisme de Dubaï www.visitdubai.com.fr

Y aller : Emirates propose 20 vols hebdomadaires entre Paris et Dubaï, tous opérés en A380. Vols quotidiens de Nice et 5 vols par semaine de Lyon. Air France opère un vol quotidien entre Paris et Dubaï. Formalités : passeport valable 6 mois après la date d’arrivée.

Monnaie : le dirham des Émirats arabes unis. 1 AED = 0,24 €.

Langues : l’arabe ; l’anglais est la langue des affaires.

Décalage horaire : + 2h en hiver, + 3h en été. Climat : désertique. La meilleure saison s’étale de novembre à avril ; les espaces intérieurs sont climatisés, permettant de voyager à Dubaï toute l’année.


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Spécial Voyages d'Affaires N°24 avril/mai 2016  

Spécial Voyages d'Affaires N°24 avril/mai 2016  

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