Issuu on Google+

POUR RECEVOIR VOTRE CARTE GRATUITE !

OM

Diawara-Heinze, défense d’entrer

P.23

Avec la Carte Club Privilège bénéficiez de nombreux avantages et réductions auprès de vos partenaires et participez à de nombreux jeux concours.

www.laprovenceprivilege.com

PEOPLE

MARDI 4 AOÛT 2009

www.laprovence.com / 0,90¤

MARSEILLE

POUR JOINDRE LA REDACTION : 04.91.84.45.45

Nos enfants sont-ils en sécurité en colo?

Des manquements aux règles relevés lors de la mort d’Anissa Johnny "fatigué" dans la Durance. L’encadrement des colonies est-il adapté?

P.2 ET 3

reste hospitalisé

Coup de pompe pour la star, qui souffre aussi de la hanche P.29

500 M¤ réclamés aux agriculteurs L’UE juge que trop d’aides ont été versées. L’État va leur demander de rembourser P.28

La bonne passe de Renault et Peugeot Excellent mois de juillet pour les constructeurs français, grâce à la prime à la casse P.28

Les logements de fonction plus chers? L’État va augmenter les loyers des habitations réservées aux fonctionnaires P. 28 0 20306 - 804 - 0,90 E - 0

<:HIMKNA=[UU^U[:?a@s@a@e@k> CAHIER 1 - No 4434

La palette d’activités proposées devient de plus en plus sportive. La sécurité est donc plus difficile à assurer.

/ Photo Valérie Suau

Consommation

Pollution

Dans les rayons des supermarchés c’est déjà la rentrée!

Les plages rouvrent... jusqu’au prochain orage

Pour éviter la foule, fin août, ou afin d’étaler leurs dépenses, ils sont de plus en plus nombreux à acheter les fournitures scolaires au cœur de leurs vacances. / Photo F. Pennant P.4

Sept des neuf plages fermées ont été rouvertes hier. Mais il faudra s’y faire: à chaque violent orage, la baignade sera sans doute interdite. Explications... P.5


2

LE DOSSIER DU JOUR

Mardi 4 Août 2009 www.laprovence.com

ENQUÊTE / Après la mort d’une fillette de 11 ans dans la Durance, la justice tente de pointer les fautes commises.

Faut-il craindre les colonies de Par Denis Trossero dtrossero@laprovence-presse.fr

C’

est toujours un peu la même histoire. Une histoire à la française. Qui fait qu’avec la noyade de cette fillette de 11 ans dans la Durance, à L’Argentière, on semble ne découvrir ou faire mine de ne découvrir les problèmes que lorsqu’ils surgissent soudain. Avec leur lot de larmes. À Gap, deux hommes viennent de voir leurs

gardes à vue prolongées : le gérant du club nautique et l’un de ses moniteurs. Souvenez-vous, l’affaire du minibus de La Calade, au nord d’Aix-en-Provence, en avril 1993. Le choc terrible entre le véhicule immobilisé sur la voie ferrée Marseille-Briançon. On avait évoqué le manque d’accompagnants, ajouté que, s’ils avaient été plus nombreux peut-être, on aurait pu sauver les trois enfants décédés. Promis, juré, cela ne se re-

L'ANALYSE

produirait plus... Et puis, il y eut d’autres drames emblématiques, comme l’accident du Drac, dans l’Isère, et cette sortie pédagogique de décembre 1995, au cours de laquelle six enfants et leur accompagnatrice ont péri. Et puis encore, en janvier 1998, le drame des Orres, dans les Alpes, où 11 collégiens et 2 adultes sont morts pour cause d’avalanche, d’imprudence aussi, sous la crête du Lauzet . Chaque fois, ce sont les dys-

fonctionnements que l’on pointe, les oublis que l’on recense, les petites lâchetés, les grands accommodements que la justice s’efforce de pister. Le procureur de Gap a montré la voie cette fois : manquements à la réglementation, défaillances dans l’encadrement, absence de reconnaissance de la rivière, défaut d’attestation de nage des enfants, questions qui restent en suspens, forcément en suspens. L’inventaire, après

coup, est facile. Commode. Et le sport à risques est très éloigné du risque zéro, qui n’existe pas, assurent les spécialistes. Hier, nos "jolies colonies de vacances" à la Pierre Perret, ne couraient pas grand danger. À part peut-être la piqûre de guêpe, le pouce retourné ou la jambe cassée... Aujourd’hui, avec l’hydrospeed, l’escalade, la "via ferrata", le VTT, le rafting, le canyoning, la donne des "colos" n’est plus la même. Les

sports pratiqués, s’ils attirent davantage, sont devenus plus dangereux. Ils font rêver. Mais le rêve peut aussi tourner au cauchemar. Comment faire justement pour concilier l’exigence des textes, de plus en plus aiguë, et la quête de liberté chez les plus jeunes ? Comment s’y retrouver dans le maquis réglementaire ? Quels contrôles sont vraiment pratiqués ? Autant de questions qu’il faut avoir le courage de se poser. 3

d’Olivier Yken / responsable des stages d’été à "Loisirs Provence Méditerranée", qui organise 80 séjours au départ de notre région

POURQUOI L’ENCADREMENT DES JEUNES EST DEVENU UN VRAI CASSE-TÊTE

Chaque année, l’été approchant, le même casse-tête se dessine. Comment éviter le pire, dont on dit qu’il est toujours sûr ? Car organiser des séjours de vacances, c’est assurément jouer avec le feu, tenter de déminer mille terrains explosifs sans savoir celui qui se révélera le plus menaçant. Olivier Yken est, depuis dix ans, sur ce terrain-là, responsable des stages d’été pour Loisirs Provence Méditerranée (LPM), une grosse structure qui s’efforce de tout prévoir. 80 stages en juillet et août, en France ou à l’étranger . Pas le droit de se tromper. D’abord, la norme : un animateur pour douze enfants mineurs. Mais on peut descendre à huit, en fonction de la dangerosité de l’activité (parapente, eaux vives, escalade, VTT... ). LPM a fait ce choix. Elle opte pour huit quand la loi lui impose douze. Rigueur oblige. Ensuite, il faut être imaginatif et organisé. Le stage de belote ou la litanie de la boule de pétanque déclinée sur une semaine ne passionne guère. Pour les moins de six ans, la norme est un animateur pour huit. LPM s’est fixé un maximum de six enfants. Le donneur d’ordres en la matière est le ministère de la Jeunesse et des Sports. À LPM, on fait appel pour l’essentiel à des moniteurs brevetés

SUR LA SORGUE

Aujourd’hui, les organismes d’État ouvrent tous les parapluies possibles et imaginables.”

0"Les mesures de précaution se sont accrues dans tous les secteurs", avoue Olivier Yken. Particulièrement pour / Photo La Provence les activités aquatiques, comme l’hydrospeed ou la voile.

d’État. Une garantie de sérieux. Mais la mission de LPM ne s’arrête pas là. Face à une réglementation qui s’est durcie depuis une dizaine d’années, largement initiée par le drame du Drac (lire ci-dessus), les organisateurs ont des demandes de plus en plus pressantes. Ils exigent la copie

du contrat d’assurance du prestataire de service (le moniteur d’hydrospeed par exemple). Le directeur de la "colo" devra vérifier sur place que son diplôme est bien affiché et que la photo n’est pas celle d’un autre. "L’encadrement des enfants est devenu de plus en plus surveillé. Les or-

ganismes d’État ouvrent tous les parapluies possibles et imaginables. Les mesures de précaution se sont accrues dans tous les secteurs. On est obligé de s’informer en permanence, de suivre l’évolution de la réglementation, explique Olivier Yken, qui raconte comment il a dû, il y a quelques

années, licencier, bien malgré lui, un initiateur de mini-quad, pour avoir découvert à la veille de l’été que les textes exigeaient tout à coup un animateur breveté d’État. Du coup, le prix des séjours est parti à la hausse. 400 ¤ la semaine et jusqu’à 2 500 ¤ les trois, parfois. Mais LPM ne lésine pas sur les formalités : elle contrôle que le prestataire est bien agréé Jeunesse et Sports, qu’il est à jour au niveau de l’Urssaf. Aux parents, qui, dit-il, "sont de plus en plus inquiets", il demande le brevet de natation de 25 m, obligatoire pour les séjours en eaux vives, le certificat médical d’aptitude qui détaille les activités autorisées, l’autorisation de pratique du sport visé signée des parents. Et en ces temps de grippe A, LPM a déjà formé ses équipes de direction aux diverses informations et recommandations, au cas où justement... le pire serait aussi sûr qu’annoncé. 3 Denis Trossero

VOTRE AVIS

Le club de canoë-kayak "l’Islois" organise des descentes de la rivière tous les étés

FAITES-VOUS CONFIANCE

"LES GROUPES PARTENT TOUJOURS AVEC UN MONITEUR"

Le club de canoë-kayak l’Islois, ce sont des dizaines de compétiteurs, des pluies de médailles glanées à l’année, mais également, l’été, des descentes de la Sorgue organisées à l’attention de la clientèle touristique. Et dans ce coin de Vaucluse, aux beaux jours, la rivière a parfois des allures de petite autoroute à kayak, pratiqué à la fois par des particuliers et des enfants en colonies de vacances. La Sorgue, réputée pour son calme, pro-

pice aux découvertes en famille, aux initiations, peut convenir à des personnes qui n’ont jamais pratiqué cette activité. Avec une profondeur moyenne de un mètre (même si certains lieux en atteignent quatre), la descente est plutôt tranquille. Ce qui n’empêche pas le club de l’Isle-sur-la-Sorgue de miser toujours sur la sécurité. Alors que la réglementation ne l’exige pas, il a pris le parti de faire descendre systématiquement ses grou-

0Sur la Sorgue réputée pour son calme, les gilets de sauvetage et les chaussures fermées sont de rigueur pour le kayak, mais le casque n’est pas obligatoire. / Photo Valérie Suau

pes avec des moniteurs diplômés. "C’est un choix que l’on a fait depuis toujours", explique François Hemidy, le salarié de l’association. Chaque moniteur dirige alors les pratiquants au fil de l’eau et dispose d’une trousse de premiers secours (pansements, antiseptique, couverture de survie) et d’un téléphone portable en cas de pépin. "C’est sécurisant pour nous, ça évite de perdre des groupes, reprend François Hemidy. Et puis, pour les gens, c’est rassurant d’être pris en charge de A à Z, surtout ceux qui ont des enfants, car nous assurons aussi leur transport en véhicule jusqu’à la mise à l’eau." Les enfants sont justement acceptés dès lors qu’ils savent nager. Mais une attestation est exigée à chacun des pratiquants avant qu’ils n’embarquent. Pour autant, les accidents sur la Sorgue sont extrêmement rares, cette rivière étant répertoriée dans la classe 2, celle des rivières dites "calmes". Pour preuve, si les gilets et les chaussures fermées sont de rigueur, le port du casque n’est pas obligatoire. "Il faut être vigilant en avant-saison lorsque le courant est plus rapide, note le salarié du club. Mais le principal danger, c’est de rester accroché aux arbres qui sont à fleur d’eau car il y en a beaucoup, couchés en bord de Sorgue." 3 Florence Antunes

Mireille

Sylvie et Daniel

43 ans Gémenos

38 et 48 ans Avignon

Non, parce que j’ai toujours peur de tout, même dans une colonie de vacances. Et puis je trouve que tous ces centres sont mal surveillés. Une fois, le centre aéré a perdu ma fille au cinéma. Du coup, dès que l’école demande des mamans pour accompagner les sorties, j’en suis. Et la dernière fois, au cours d’une classe verte dans le Vercors, j’ai remarqué que le centre n’était pas fermé. Depuis, je reste très méfiante."

Nous n’avons jamais mis notre enfant en colo, notamment parce qu’une question de confiance se pose : à cinq ans, on le faisait garder en centre aéré, un soir il est revenu avec une insolation carabinée. Il n’avait pas encore l’âge où les enfants boivent d’eux-mêmes. En allant nous plaindre au directeur, il nous a proposé une ristourne financière pour l’année d’après... On ne l’a plus jamais remis en centre aéré. Alors en colo..."


3

LE DOSSIER DU JOUR

Mardi 4 Août 2009 www.laprovence.com

Les gardes à vue du gérant du club nautique et de l’un des moniteurs ont été prolongées hier par le parquet de Gap

vacances sportives de nos enfants? EAU VIVE

LA RÉGLEMENTATION SERA SANS DOUTE COMPLÉTÉE

0Hier, une activité normale a peu à peu repris sur la Durance. Mais les amateurs d’hydrospeed, de canoë ou de raft avaient sûrement à l’esprit le drame qui s’était noué sur cette même rivière, 24 heures plus tôt. / Photo M.F.

À L'ARGENTIÈRE

Les professionnels des activités d'eau vive de la Haute-Durance sont bien sûr touchés par le tragique accident de l'Argentière-la-Bessée. Ils sont nombreux à penser que le risque n'est jamais à exclure. Car un nageur en rivière ou un kayakiste piégés par un morceau de fer, un tronc d'arbre, cela est déjà survenu. Sur les manquements à la réglementation pointés par le procureur de la République, celui-ci ne se prononce pas, respectant l'enquête en cours et, sans le dire expressément, la douleur de la famille éplorée. Toutefois, les textes réglementaires ne semblent pas connus de tous à un même degré de précision.

Un moniteur et le gérant d’un club toujours en garde à vue

DES "MANQUEMENTS" QUI EXPLIQUENT LA MORT D’ANISSA?

Dimanche, dès le lendemain de la mort d’Anissa, 11 ans, dans la Durance, à l'Argentière-la-Bessée, le groupe est retourné à Étampes (Essonne), les enfants ayant besoin de retrouver leur famille. Seul, l'organisateur du stage, un éducateur sportif de la ville d'Étampes, est demeuré sur place, à la disposition de la brigade de recherches de la gendarmerie. Les témoins évoquent "un homme effondré". Mais hier, les enquêteurs se concentraient sur les deux hommes-clés de cette sortie mortelle sur la Durance. Le moniteur qui dirigeait la descente en rivière et le gérant de River Club, la structure l'employant, étaient toujours en garde à vue. Cela dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "homicide involontaire" ouverte par le procureur de la République de Gap, Philippe Toccanier, qui a relevé plusieurs manquements à la réglementation. "Un problème de com-

pétence tout d'abord : le moniteur est un stagiaire non encore diplômé, il aurait dû être supervisé par son maître de stage ; le nombre de participants ensuite : il ne peut être supérieur à huit, or ils étaient onze ; enfin, le gérant de la structure qui réalisait la descente en eau vive ne possède pas les attestations comme quoi les enfants du groupe d’Étampes savaient nager." Parmi les autres personnes entendues, le propriétaire du terrain en bordure de la rivière, car la loi édicte que l'on est responsable des berges jusqu'au milieu du lit de la rivière, y compris d’une barre métallique qui peut faire obstacle, comme pour ce drame. Les gendarmes ont aussi interrogé le président du Comité régional de canoë-kayak, René Réquena, car River Club est propriété de ce comité. Il est établi que le moniteur de 19 ans était en tête du groupe, dans un canoë

AUX COLONIES DE VACANCES?

Bernadette

Sandrine

46 ans Aix-en-Provence

38 ans Marseille

Ça dépend des colonies. Il faut bien se renseigner avant d’y inscrire les enfants. Des activités sont dangereuses mais il ne faut pas les proscrire pour autant. Le ministère de la Jeunesse et des Sports devrait mieux encadrer le secteur car la différence des compétences qui sont demandées, comparé à l’enseignement, est énorme. Les normes et les contraintes à respecter devraient être plus drastiques."

J’ai cinq enfants et je ne les ai jamais envoyés en colonie de vacances. Certains diront peut-être que je suis une maman poule et que je prive mes enfants d’une expérience enrichissante et ils ont probablement raison. Mais je doute des capacités de ces moniteurs que je considère comme trop jeunes. Ils ne savent pas ce que c’est que d’avoir des enfants. Je n’ai pas confiance en eux."

Du côté de la loi

dans lequel avait également pris place un neuvième enfant qui ne nageait donc pas. Quand Anissa, qui, selon certains témoignages, était en retrait du reste du groupe, a été bloquée par la barre de fer, les deux animateurs adultes du groupe étaient bien derrière elle. Ils ont tenté en vain de la dégager et un kayakiste est venu les aider. "Un solide gaillard qui a lui aussi bataillé pour tenter de tirer l'enfant du piège", selon un gendarme. Quant à la reconnaissance de la rivière avant d'entamer une sortie de nage en eau vive, cela ne figure dans aucun texte. Dès hier soir, le procureur parlait de l'ouverture d'une information judiciaire. "Le juge d'instruction appréciera si d'autres personnes seront mises en cause", précisait-il. On devrait savoir aujourd'hui si la famille d'Anissa porte plainte. 3 Maurice Fortoul

En ce moment, la Durance roule à environ 25m3/sec.” Michel Baudry

Y a-t-il justement imprécision ? "Le ministère de la Jeunesse et des Sports autorise un groupe de seize personnes quand il s'agit d’une sortie ’tout public’ ; par contre, s'agissant de centres de vacances et de loisirs ou de colonies, il est réduit à huit", indique Mi-

chel Baudry, directeur du Comité départemental de canoëkayak. River Club, la structure professionnelle impliquée dans le drame, n'aurait ainsi pas respecté les textes. "River Club est une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, Ndlr) de droit commercial donc, qui est propriété du Comité régional. Son gérant, Didier Laffay, exerce la fonction à titre bénévole." Il est surtout le directeur du centre régional de formation de canoë-kayak. La présence de la pièce métallique qui a piégé Anissa pouvait-elle être détectée ? Longue de 12 m, il est logique de s'interroger. "Deux semaines auparavant, des championnats de France de canoëkayak ont été disputés sur ce même tronçon de la Durance et personne n'a vu ni signalé cet obstacle. Pourtant, plusieurs centaines d'embarcations y sont passées", commente Michel Baudry, qui ajoute : "Ce parcours de la Durance n'est pas difficile ; en ce moment nous sommes à l'étiage estival, elle roule à environ 25 m3/seconde". Il ne fait guère de doute désormais que la réglementation de la nage en eau vive sera revue et complétée. 3

M.F.


Nos enfants sont-ils en sécurité en colo