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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... Chers adhérents,

Cela fait 10 ans que l'ACIM organise les Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux. Idée généreuse de partage et d'échange « hic et nunc » (ici et maintenant) lancée en 2001 par Christian Massault, histoire de faire le point, une fois par an, tout en étant à chaque fois ailleurs/autre. Les premières rencontres eurent lieu à Bourges. Nous avions à ce propos envisagé d'y organiser les 10e rencontres, mais il était trop tôt pour revenir sur nos pas, même au prétexte d'élargir notre empreinte. Chercher d'autres lieux possibles, c'est ce qui nous a conduit à organiser nos 10e Rencontres nationales à Aix-en-Provence, du 31 mars au 2 avril 2010. C'est ce qui nous permet ce glissement d'une région à l'autre, d'une musique à l'autre, d'un partenaire à un autre. Une façon pour nous d'enraciner ces journées professionnelles dans un continuel dépaysement. En attendant de vous en parler plus longuement dans le prochain bulletin, nous poursuivons la transcription des interventions des Rencontres nationales qui ont eu lieu cette année à Paris, avec la fin de la première journée à la Bibliothèque nationale de France. Et Gilles Pierret présente les résultats de l'enquête de Médiaquitaine sur les espaces musique des bibliothèques publiques d'Aquitaine.

Musicalement vôtre, Arsène Ott, Président de l'ACIM

Directeur de publication : Arsène Ott Tél. 03 88 78 80 47 – Mél. ao.acim@gmail.com Rédaction : Arsène Ott, Gilles Pierret Transcription des interventions des Rencontres nationales : Béatrice Pedot, de Marges et paperoles Crédits Photographiques : Françoise Goczkowski Légende : Vinyle en situation et Arsène Ott Légendes : Spectacle "Fans" Cie Jamaux-Jacquot, Eléments de scénographie issus de l'exposition "Cadavres exquis" réalisée par les Rhubarbus – Médiathèque de Strasbourg Centre ville, Les 20 ans de l'ACIM

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Sommaire : Editorial : « En attendant Aix-en-Provence... » / Arsène Ott (p. 1) Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux, Paris 2009 « Le temps des cigales » : 4e partie : transcription des interventions de la fin d'après-midi du lundi 23 mars 2009 à la BnF (p. 4) 4.1

LES PÔLES ASSOCIÉS DE LA BnF AUTOUR DE LA MUSIQUE ENREGISTRÉE ET

DE L'ORALITÉ (P. 4) La coopération numérique Frédéric-David Martin, adjoint au chef de service Pôles associés-Gallica, département de la coopération, BnF (p. 4) Le portail du patrimoine oral : catalogue collectif d'archives sonores et audiovisuelles sur les traditions orales en France Véronique Ginouvès, ingénieure de recherche au CNRS, responsable de la Phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, Aix-en-Provence (p. 6) Vers un catalogue collectif des disques 78 tours : une expérience de numérisation Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris (p. 10) L'inventaire des collections patrimoniales de disques dans les collections publiques en France Elizabeth Giuliani, présidente de l'Association française des détenteurs de documents audiovisuels et sonores (AFAS) (p.14)

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L'ACIM, DES ORIGINES A NOS JOURS : 20 ANS DE COOPERATION (P. 17)

LE « CANAL HISTORIQUE » ET SA CONTINUITE avec la participation de : Michel Sineux, membre fondateur ; Éliane Bourguignat, membre fondateur ; Christian Massault, directeur adjoint de la Médiathèque départementale de la Loire, président de Vidéothécaires, discothécaires de la région lyonnaise (VDL), membre du CA de l'ACIM ; Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris, vice-président de l’ACIM.

Portrait des espaces musique des bibliothèques d'Aquitaine / Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris (p. 22)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux, Paris 2009 - « Le temps des cigales » : fin des interventions du lundi 23 mars 2009 à la Bibliothèque nationale de France 4.1

LES PÔLES ASSOCIÉS DE LA BnF AUTOUR DE LA MUSIQUE ENREGISTRÉE ET DE L'ORALITÉ

La coopération numérique Frédéric-David Martin, adjoint au chef de service Pôles associés-Gallica, département de la coopération, BnF Pour commencer, je reviendrai sur la notion du web sémantique en complétant les définitions déjà données par celle de Tim Berners-Lee, inventeur du web, qui définissait le web sémantique comme une capacité nouvelle pour les moteurs de recherche de répondre à des requêtes dites « intelligentes ». On peut avoir des exemples précis où le sens de la requête importe : le mot « est », du verbe « être » à la 3e personne du singulier, constitue un mot vide pour les moteurs de recherche, mais « est » la direction est un mot plein. Autre exemple, « car », conjonction de coordination, est un mot vide pour les moteurs de recherche français mais c’est un mot plein pour les moteurs de recherche anglais car il signifie « voiture ». Ce sont des exemples très simples pour pointer la nécessité du passage à une logique de données et d’une meilleure exploitation des données dont nous disposons pour permettre aux utilisateurs de réaliser des requêtes plus fines et, à terme, de pouvoir poser des questions de manière naturelle qui seraient directement interprétées par l’ordinateur. Pour revenir à la coopération, dimension importante de notre métier de bibliothécaire, le décret fondateur de l’établissement BnF, en 1994, précise sa vocation d’animer des réseaux documentaires et d’établir un travail en partenariat avec des établissements qui ont des missions documentaires. Aujourd’hui, le réseau des partenaires de la BnF est constitué par 154 établissements qui se subdivisent en deux réseaux : ●

les pôles associés dits de « dépôt légal », éditeur et imprimeur ;

les 89 pôles associés documentaires, dont les pôles associés régionaux.

Les pôles associés documentaires sont des établissements ou des réseaux à mission documentaire qui conservent et traitent des documents auxquels la BnF reconnaît un intérêt national pour leur valeur patrimoniale et/ou scientifique. Les différents types d’actions menées par la BnF avec les pôles associés sont : ●

les acquisitions partagées ;

la numérisation concertée ;

le signalement (rétroconversion, catalogage, description des fonds, bases bibliographiques thématiques ou régionales) ;

la valorisation (expositions).

Nous avons la possibilité de conventionner avec des établissements et de leur attribuer des subventions ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... pour des projets identifiés. L’idée centrale est celle de la complémentarité des collections BnF avec celles des établissements partenaires. Au-delà des objectifs de chaque établissement, il faut rechercher des initiatives qui soient fédératrices, faciliter les échanges entre des établissements qui ont des problématiques documentaires proches ou similaires mais qui peuvent avoir des statuts différents (bibliothèques municipales, universitaires, fondations, associations…), mettre en valeur les collections de chacun en jouant sur la complémentarité et mutualiser l’expérience et l’expertise de tous. Il s’agit de créer un effet démultiplicateur de l’action en mutualisant les moyens et en partageant les objectifs. Le soutien du ministère de la Culture, via la subvention de la BnF, se portait en 2008 à 1 400 000 € pour les pôles associés documentaires. L’objectif pour les années 2009-2011 est de rechercher la meilleure complémentarité avec les programmes menés par la BnF pour ses propres collections et, en particulier, la place grandissante du numérique dans ses programmes avec : ●

la numérisation en cours et d’envergure des imprimés ;

la numérisation importante des documents des départements spécialisés ;

le développement de SPAR pour la conservation des documents numérisés ;

la métamorphose de Gallica, durant toute l’année 2008, pour présenter un produit qui donne accès à des collections plus riches mais aussi à des services mieux élaborés.

Deux types d’actions sont privilégiés dans les années à venir : ●

le signalement, étape indispensable pour la conservation et, éventuellement, la numérisation, avec la réalisation d’inventaires de fonds patrimoniaux, d’histoire locale, d’opérations de rétroconversion, la visibilité sur le Catalogue collectif de France (CCFr) ;

la numérisation pour les documents qui relèvent du domaine public ou pour lesquels les droits d’accès ont été négociés avec les ayants droit.

Il s’agit de diversifier les actions et de s’appuyer sur des réseaux existants ou des réseaux dont la BnF favorise l’éclosion et la constitution. Si la coopération est une idée noble, il s’agit aussi de s’entendre sur des objectifs précis qui aboutissent à des réalisations concrètes, avec des résultats visibles pour tous et qui bénéficieront à la communauté nationale. La BnF met à disposition le CCFr et Gallica afin que ces outils puissent bénéficier à tous et ne se limitent pas seulement aux collections de la BnF. L’interopérabilité est au cœur de la coopération numérique en tant que traduction technique et documentaire de cette coopération. Dans le dispositif actuel des pôles associés, l’accent est mis davantage sur les imprimés, en accompagnement du Plan d’action pour le patrimoine écrit (PAPE) du ministère de la Culture. Cependant, cela ne signifie pas que la coopération avec la BnF se limite aux seuls imprimés. Il faut rechercher une articulation optimale avec le plan national de numérisation de la mission Recherche et technologie du ministère de la Culture, qui concerne plus particulièrement les fonds iconographiques et sonores. En ce qui concerne les pôles associés autour de la musique enregistrée et de l’oralité, trois initiatives s’inscrivent pleinement dans la politique de signalement et de numérisation des fonds documentaires, avec un soutien de plus de 200 000 € sur les 3 années précédentes : ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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la Fédération des associations de musiques et danses traditionnelles (FAMDT) qui regroupe cinq associations avec pour objectif de réaliser des collectes, de signaler et cataloguer les documents sonores inédits et l’élaboration d’un métaportail, catalogue collectif qui donnera accès à ces fonds ;

l’Association française des détenteurs de documents audiovisuels et sonores (AFAS) pour la réalisation d’un inventaire des fonds sonores patrimoniaux présents dans les collections publiques françaises : c’est aussi une mission d’intérêt documentaire majeure ;

une initiative forte de signalement des 78 tours, menée avec la Médiathèque musicale de Paris et la BMVR de Nice, avec comme perspective, à partir de 2010, la constitution, dans le cadre du CCFr, d’une base « Patrimoine sonore » qui pourrait recueillir, dans un premier temps, le signalement des 78 tours puis, par la suite, celui des microsillons.

Le portail du patrimoine oral : catalogue collectif d'archives sonores et audiovisuelles sur les traditions orales en France Véronique Ginouvès, ingénieure de recherche au CNRS, responsable de la Phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, Aix-en-Provence. Le projet de portail du patrimoine oral est en réflexion depuis plusieurs années1 en collaboration avec le service Pôles associés de la Bibliothèque nationale de France et la Fédération des associations de musiques et danses traditionnelles (FAMDT) à laquelle 5 centres sont rattachés depuis 1999 : ●

le Centre d‘études, de recherche et de documentation sur l‘oralité (CERDO), installé en PoitouCharentes ;

le Conservatoire occitan, centre de musiques et danses traditionnelles Toulouse/MidiPyrénées, à Toulouse ;

Dastum, à Rennes ;

la Maison du patrimoine oral de Bourgogne ;

la phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH), à Aix-enProvence

Ces centres documentaires, tout en conservant leur indépendance, travaillent depuis longtemps ensemble et utilisent le même outil d’analyse2, ce qui permet d’avoir des notices documentaires homogènes. Nous avons des données, des enquêtes de terrain, enregistrées dans les différentes régions évoquées ci-dessus et utilisons tous le même guide d’analyse documentaire du son inédit3. Nous avons ainsi été amenés à réfléchir plus précisément à l’utilisation du protocole OAI-PMH (Open Archives Initiative – Protocol for Metadata Harvesting), outil pour faire parler entre eux les catalogues 1

http://enssibal.enssib.fr/bibliotheque/documents/dcb/M-2004-PRO-01.pdf

2

http://afas.imageson.org/document313.html#ocfrom5

3

Bénédicte Bonnemason, Véronique Ginouvès, Véronique Perennou, Guide d’analyse documentaire du son inédit pour la mise en place de banques de données, Modal, 2001.

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... documentaires. Ce protocole de moissonnage des métadonnées s’inscrit dans le mouvement des archives ouvertes. Il est lié au choix du libre accès : nous sommes là pour faciliter et garantir l’accès à l’information à la fois dans une perspective globale car ces catalogues collectifs ont une vocation internationale, mais aussi dans une perspective locale car il y a un retour vers les notices documentaires des catalogues en local lorsqu’on interroge ces métaportails. L’OAI-PMH permet d’échanger des métadonnées entre services. Il est basé sur les standards du web. Rendu public en 2001, il définit des protocoles de structuration et d’interrogation communs pour l’interopérabilité4. Quels choix de métadonnées devions-nous faire pour organiser ce portail ? Le choix s’est porté, avec l’aide de la BnF, sur le Dublin Core simple. C’est un format central dans le fonctionnement de l’OAI-PMH. Ce schéma de 15 éléments permet de se mettre d’accord sur un minimum de terminologie pour désigner les objets (norme ISO 15836-2003). Cette désignation commune va permettre l’agrégation du contenu de bases différentes. Les éléments du Dublin Core simple Il me semble intéressant de présenter aux bibliothécaires musicaux que vous êtes la manière dont nous avons utilisé la Dublin Core simple pour traiter nos données qui sont des enquêtes de terrain. 1. Title : nom donné à la ressource => titre du corpus, de l'enquête orale ou de la séquence sonore. 2. Description : description du contenu de la ressource => résumé du corpus, de l'enquête ou de la séquence sonore. 3. Type : genre de ressource => sound 4. Subject : sujets du contenu de la ressource ➢ ➢ ➢

Mots-clés, lieux, périodes, noms et dates cités ; Instruments cités ou interprétés (classification Sachs-Hornbostel) ; Titre uniforme des œuvres citées ou interprétées (pour le conte classification Aarne et Thompson, pour la chanson classification P. Coirault et C. Laforte) ; Nom des danses.

5. Coverage : portée ou couverture spatio-temporelle de la ressource 4

Tout savoir sur l’OAI-PMH : www.openarchives.org/OAI/2.0/openarchivesprotocol.htm

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... => lieu d'enregistrement de l'enquête. Utilisation du code officiel géographique INSEE www.insee.fr/fr/methodes/nomenclatures/cog/ Un travail en cours sur la géolocalisation permet de repérer et localiser des répertoires. 6. Description : description du contenu de la ressource => résumé du corpus, de l’enquête, de la séquence. 7. Source : référence à une ressource dont la ressource actuelle dérive => cote ou numéro d'inventaire du document sonore. 8. Right : droits sur la ressource => informations sur les droits d'utilisation et de diffusion. Tous les enregistrements déposés dans les cinq centres d’archives sonores font l’objet de contrats de dépôt avec les enquêteurs et nous essayons aussi d’effectuer des contrats avec les informateurs, les interprètes des enquêtes. Les nouveaux fonds sonores entrant font l’effet de contrats pour nous permettre de mettre en ligne une grande partie des archives. Depuis que les bases sont en ligne, nous avons des retours d’ayants droit qui se retrouvent sur ces bases de données et nous permettent ainsi de leur faire signer des contrats de diffusion. 9. Date : date associée à un événement dans le cycle de vie de la ressource => date d'enregistrement du document sonore. Note du W3C www.w3.org/TR/NOTE-datetime 10. Creator : entité principale responsable de la création du contenu de la ressource => enquêteur, informateur, interprète... 11. Contributor : entité qui a contribué à la création du contenu de la ressource 12. Publisher : entité responsable de la diffusion de la ressource dans sa forme actuelle => phonothèque. 13. Identifier : référence non ambiguë à la ressource dans un contexte donné => lien (URL) vers la notice originale pour permettre un retour vers le catalogue local. 14. Format : matérialisation physique ou numérique de la ressource => informations sur les supports et durée de l'enregistrement.

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... 15. Relation : imbrication du document avec d'autres => lien entre les différents niveaux d'analyse (corpus, enquête, séquence sonore).

Les réponses et les requêtes sont effectuées sur des métadonnées et le retour vers le document numérique s’effectue en local sur des fichiers MP3 ou MPEG pour les fichiers audiovisuels. Le portail renvoie vers des métadonnées avec un lien vers les documents primaires. Lorsque le portail entrera en production, avant l’été 2009, nous aurons environ 10 000 notices accessibles. Intérêt du protocole OAI-PMH Ce protocole nous a paru central pour : ●

faciliter le partage de données entre les différents centres d’archives sonores mais aussi avec des bases de données hétérogènes (son édité, texte ou image) sur des domaines proches ;

sortir les archives sonores de l’enfouissement du web ;

centraliser les informations et fournir un accès unique pour les recherches tout en conservant l’identité de chaque catalogue ;

valoriser le document sonore inédit en permettant que les catalogues de phonothèques soient disponibles dans des bases de données internationales.

L’idée est de s’ouvrir à d’autres centres qui traitent d’archives sonores inédites sans pour autant que ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... ceux-ci soient pôles associés à la BnF : nous sommes déjà en contact avec des centres en Catalogne, en Corse, en Guadeloupe. Le portail est encore en test pour l’instant, n’hésitez pas à le consulter et à nous faire part de vos remarques : http://phonotheque.hypotheses.org/396

Vers un catalogue collectif des disques 78 tours : une expérience de numérisation Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris Bien que la numérisation du fonds de disques 78 tours soit encore très récente, puisqu’elle entre aujourd’hui dans sa phase de production active, celle-ci a été l’aboutissement d’un processus qui a démarré il y a maintenant près de quatre ans. Tout a commencé avec la signature de la convention de « pôle associé » pour les documents sonores avec le département de l’Audiovisuel de la BnF, qui nous a permis d’effectuer le signalement et le catalogage de ce fonds. Ce projet s’inscrivait, par ailleurs, dans la perspective de l’informatisation des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris et du programme de numérisation des fonds patrimoniaux ; c’est ce contexte favorable, complété par l’arrivée d’un don exceptionnel, qui a servi de « déclencheur » : le traitement de ce corpus n’entrait pas, en effet, dans les missions prioritaires assignées à la Médiathèque musicale de Paris, qui privilégient la conservation du disque microsillon. Malgré sa taille relativement petite (6 000 documents), le fonds de 78 tours, constitué essentiellement d’addition de dons successifs, est cependant assez représentatif de la production éditée sur ce support : musique classique, chansons, opérettes, musiques de divertissement, textes (théâtre, diction)… Les documents les plus anciens remontent aux années 1910, les plus récents datent de la fin de la production du support, au milieu des années 50. On y distingue deux ensembles remarquables : ●

une collection d’enregistrements « parlés » (théâtre, diction, poésie…) comportant un grand nombre de raretés ;

la collection d’un amateur de jazz, constituée d’un millier de 78 tours de jazz français, un fonds rare qui a l’avantage d’avoir été décrit par son possesseur – à sa façon – mais de manière très précise, avec notamment les entrées de chaque instrument ; la richesse des données de ce « catalogue » en a permis une rétroconversion effectuée par la société Jouve.

Démarche L’opération de numérisation elle-même a été précédée d’une phase d’étude d’une année qui nous a permis d’acquérir une méthodologie et de rédiger un cahier des charges détaillé, avec des spécifications particulièrement précises. Un marché a été lancé et attribué à la société Memnon Archiving Service de Bruxelles, qui a été choisi par rapport à d’autres prestataires techniquement équivalents pour sa capacité à accompagner, dans chacune de ses phases, un projet largement inédit : il s’agissait notamment de la numérisation d’un volume de masse (près de 5 000 documents), dont le traitement était d’ailleurs également assez nouveau pour le prestataire, habitué plutôt à travailler « à la pièce », sur des documents rares en très petite quantité. Concrètement, nous avons opté pour une numérisation sous deux types de formats :

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pour la conservation, un format sans compression (WAVE), choisi conformément aux préconisations internationales (IASA), avec stockage des fichiers sur un serveur dédié à la Direction des Systèmes et des Technologies de l’Information de la Ville de Paris ;

pour la consultation, un format compressé (MP3).

Pour l’instant, en attendant le versement dans la base de l’intégralité des quelque 4500 faces numérisées (d’ici fin 2009), un ensemble de 550 faces est d’ores et déjà accessibles en écoute, à la fois sur site et à distance, à partir du catalogue en ligne des bibliothèques spécialisées de la ville de Paris. Deux modes d’accès sont possibles : ●

soit à partir du catalogue lui-même, un logo en marge de la notice signalant que le document correspondant peut être écouté ;

soit à partir de la base des collections numérisées.

Exemple d’accès par le catalogue À partir d’une recherche sur la cantatrice Marian Anderson.

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Exemple d’accès par les collections numérisées Pour l’instant l’accès se limite à l’ordre alphabétique des titres ; la recherche par mot du titre est presque finalisée et sera mise en place rapidement. Recherche à partir du titre Les affaires sont les affaires : entrée de Lechat, d’Octave Mirbeau.

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... Pour chaque document numérisé, il est possible d’écouter : – un extrait (30 s) ; – face par face ; – l’enregistrement intégral. Lors de la consultation, une fenêtre apparaît, contenant les métadonnées liées au document numérisé. Perspectives Lorsque la totalité des disques 78 tours numérisés sera versée dans la base (en principe fin 2009), notre prochain objectif sera de s’attaquer à la numérisation des microsillons, en privilégiant des documents touchant à des genres musicaux pour lesquels nous devrions pouvoir travailler en coopération avec le département de l’Audiovisuel de la Bnf, comme ceux qui ont été évoqués tout à l’heure (« le baroque avant le baroque » ou les musiques du monde, par exemple). La numérisation des 78 tours, particulièrement complexe, nous a permis d’acquérir un savoir-faire que nous devrions pouvoir appliquer aux microsillons, pour lesquels il faudra par contre prendre en compte d’autres paramètres, comme le traitement de masse, la nécessité de numériser les pochettes et les livrets, mais aussi, et surtout, la question des droits, en formulant l’espoir de la possibilité d’une négociation globale, évoquée ce matin. Si ces conditions sont remplies, la numérisation d’une première tranche de quelque 8 000 microsillons, choisis dans des fonds remarquables, pourrait être réalisée dans un avenir proche.

L'inventaire des collections patrimoniales de disques dans les collections publiques en France Elizabeth Giuliani, présidente de l'Association française des détenteurs de documents audiovisuels et sonores (AFAS) Je vais vous présenter le pôle associé entre la BnF et l’AFAS, bien que celui-ci n’ait pas encore pris son véritable envol. Vous trouverez sur le site de l’AFAS, l’ensemble de la description du projet et des démarches à suivre5. En mai 2005, à l’occasion des journées annuelles de l’AFAS, nous avions choisi pour thème le patrimoine sonore édité. Beaucoup d’actions s’étaient mises en place pour signaler, traiter et valoriser les archives sonores inédites, mais le patrimoine édité restait pratiquement encore muet dans les fonds, car, avec les évolutions technologiques, le support analogique devenait difficile à donner en consultation et encore plus en prêt. Ainsi, ces collections tombaient en désuétude et dans l’oubli. Nous avons donc suggéré, à partir de la présentation de certaines entreprises déjà en œuvre, de recenser de façon volontaire les ressources en documents sonores analogiques édités (essentiellement 78 tours et microsillons). Dans un premier temps, il s’agissait d’établir une cartographie des fonds, généraux ou particuliers, des institutions ouvertes au public quelle que soit leur taille. Nous nous sommes inspirés du Répertoire des fonds musicaux en France, élaboré d’abord sous forme 5

http://afas.imageson.org/document.html?id=200

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... papier puis mis en ligne sur le site français de l’AIBM. Nous avons présenté notre projet sur le site de l’AFAS et mis deux formulaires complémentaires en ligne pour que les organismes concernés puissent nous renvoyer les informations macroscopiques sur la présence de fonds d’éditions phonographiques analogiques dans leurs collections. Par ailleurs, grâce au pôle associé, nous avons pu, durant les premiers mois, recruter une personne qui a mis au propre le questionnaire, établi le carnet d’adresses, assuré l’envoi et la relance, y compris par téléphone, pour un premier cercle d’environ 230 collectivités documentaires (des bibliothèques mais aussi des écoles de musique…). Pour des raisons administratives, nous n’avons pas pu utiliser la subvention en temps voulu et avons dû interrompre le travail amorcé avec une quarantaine de réponses exploitables et la possibilité, désormais, de reprendre ce travail dans les mois à venir. Je profite de cette tribune pour lancer un appel à tous ceux qui n’auraient pas encore rempli ce formulaire en les invitant à venir nous rendre visite sur le site de l’AFAS pour le trouver et le remplir. Nous souhaitons inscrire, dans un premier temps, ces fonds localisés dans le Répertoire général des bibliothèques qui est un chapitre important du Catalogue collectif de France (CCFr). Ensuite, en fonction de l’état du traitement documentaire et du signalement de ces fonds, nous pourrons amorcer la partie « Patrimoine sonore édité » du CCFr qui nous tient beaucoup à cœur et dans lequel nous souhaiterions également voir apparaître la formidable discothèque de Radio France.

Questions de la salle 

Patrick Casse, BMVR Alcazar, Marseille

Deux questions. La première au sujet du travail qui est fait par la Ville de Paris autour des collections patrimoniales et de la relation établie avec la BnF à propos des fichiers numérisés. Ces fichiers numérisés peuvent-ils être transmis à la BnF lorsqu’elle ne les a pas et inversement ? Si la coopération s’avère intéressante, compte tenu des budgets contraints, nous devons aussi réussir à mutualiser les ressources. Quelles ont été les négociations de la Ville de Paris avec la SACEM sur la possibilité de mettre des

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... ressources sur Internet ? À Marseille, nous avons récupéré 70 000 documents du fonds de Radio France, dont énormément de 78 tours, que nous souhaiterions pouvoir mettre en ligne. La SACEM locale nous donne des autorisations sous contrat pour pouvoir faire de l’écoute sur place mais ils sont plus réticents en ce qui concerne la mise en ligne. La seconde question s’adresse plutôt à Elizabeth Giuliani, en tant qu’adjointe à la directrice du département de l’audiovisuel à la BnF. À Marseille, en tant que petit cousin d’une province éloignée, nous rencontrons quelques difficultés à cerner les problématiques : à partir de la semaine prochaine, nous mettons en écoute des 45 tours sur place et nous avons mis pratiquement six mois pour trouver les bons interlocuteurs pour pouvoir importer les notices catalographiques ou obtenir des renseignements. Dans une problématique de coopération, nous avons vraiment besoin de pouvoir situer nos référents dans votre grande maison. 

Elizabeth Giuliani

Dans un premier temps, je vous incite à vous connecter sur le site www.bnf.fr. Dans la rubrique « ressources professionnelles », vous avez des adresses professionnelles génériques, en particulier pour la coordination du catalogue bibliographique ou pour les pôles associés. Vous pourrez ainsi poser vos premières questions et vous serez redirigés vers les personnes plus précisément concernées. Le service est très réactif et correspond à une première étape à effectuer systématiquement. 

Gilles Pierret, Médiathèque musicale de Paris

L’hébergement possible des fichiers numériques par la BnF est pour moi une optique qui pourrait se placer dans une coopération naturelle. Ce sont des points que nous évoquons régulièrement mais pour lesquels les possibilités d’accomplissement doivent encore être discutées. 

Elizabeth Giuliani

Au niveau des principes, c’est absolument acquis, il reste à résoudre certains aspects techniques concernant notamment la mission de préservation. 

Frédéric-David Martin, adjoint au chef de service Pôles associés-Gallica, BNF

Pour compléter ce point de discussion, SPAR, qui vous a été présenté tout à l’heure, correspond bien à un besoin de préservation pour les collections numériques de la BnF, mais il a aussi, d’emblée, été conçu comme pouvant être ouvert à d’autres partenaires, bibliothèques de différents statuts qui auraient des besoins similaires de préservation numérique. Nous savons bien que, d’une part, la préservation a un coût et que, d’autre part, la perte de données peut être une réelle menace. Plusieurs acteurs en France sont susceptibles de conserver des documents numériques et la BnF étudie actuellement les possibilités d’une ouverture plus large de ce service de coopération à d’autres partenaires. Un travail d’études technique et juridique, d’élaboration de modèles, de proposition de modalités de participation financière (ou non) doit encore être approfondi pour pouvoir proposer à ceux qui le souhaitent une offre de tiers archivage numérique. 

Gilles Pierret

La préservation est un véritable souci lorsqu’on veut numériser pour la conservation car les fichiers sont très lourds et il existe peu d’endroit où ils peuvent être stockés. Sur les aspects juridiques, nous avançons techniquement en espérant trouver les réponses juridiques : dans le domaine des 78 tours, tout ce qui concerne le support, les enregistrements et les interprètes est dans le domaine public. Pour les auteurs, beaucoup de choses le sont également. ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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LE « CANAL HISTORIQUE » ET SA CONTINUITE avec la participation de : Michel Sineux, membre fondateur ; Éliane Bourguignat, membre fondateur ; Christian Massault, directeur adjoint de la Médiathèque départementale de la Loire, président de Vidéothécaires, discothécaires de la région lyonnaise (VDL), membre du CA de l'ACIM ; Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris, vice-président de l’ACIM. 

Michel Sineux, membre fondateur

Pour clore cette première journée, les deux personnages que vous avez devant vous, exhumés du Musée Grévin avec une permission de 48 heures, ont la tâche ardue de réveiller un auditoire épuisé par l’ordre du jour, exaspéré par le retard accumulé et peu désireux, sans doute, de replonger dans l’histoire, si proche fût-elle, à l’heure où on lui avait promis de boire un coup, donc abrégeons ! 

Éliane Bourguignat, membre fondateur

Puisque c’est l’anniversaire de l’ACIM, nous allons faire un retour en arrière sur sa naissance. Dans les années 80, il faut reconnaître que le contexte était très favorable pour les bibliothèques. C’était l’époque du développement de la lecture publique, des grandes médiathèques en région et, évidemment, de la place de la musique dans ces établissements. C’était le début de la coopération et l’âge d’or des associations, les agences de coopération en particulier, mais aussi VDL, APPEL, la FFCB, structures souples pour lesquelles il était assez facile, à l’époque, d’obtenir des aides financières. Faisons encore un tout petit retour en arrière, pour parler d’une ville que beaucoup d’entre vous ont connue, Massy, ville de 40 000 habitants, mais surtout une des premières discothèques de prêt et une bibliothèque d’application. Je suis sûre que, parmi vous, certains ont le diplôme qui se préparait à Massy, le Certificat d’aptitude à la fonction de bibliothécaire (CAFB) option discothèque, devenue par la suite option musique. Certains aussi ont participé à la formation dispensée à Massy. À l’époque, les discothécaires passaient pour des bibliothécaires pas tout à fait comme les autres, un peu bruyants, un peu artistes. La discothèque était un endroit, situé au fond d’un couloir, où on dansait et où on faisait du bruit. Nous avons vraiment apprécié le développement des nouveaux supports qui ont permis d’intégrer la musique comme une discipline et non seulement comme une technique. Ce CAFB musique a vécu 20 ans de 1974 à 1994. Le centre de formation étant intégré dans une bibliothèque de lecture publique qui desservait la population massicoise, la reprise en charge directe de la lecture publique par la commune a été décidée. La formation, elle, prenait un nouveau tournant en étant confiée au centre de formation, Médiadix, alors que se créait le Centre national de coopération entre les bibliothèques publiques (CNCBP), s’appuyant sur un réseau d’agences régionales de coopération. C’était, pour nous, un grand espoir de développer la coopération avec un réseau de partenaires qui n’était autre que celui qui gravitait autour de la formation du CAFB Musique (la

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... Bibliothèque nationale, son département de la musique, la Phonothèque nationale, la Discothèque de France, la Discothèque des Halles, les conservatoires de musique, les discothécaires de terrain, des musiciens…). En s’appuyant sur ce réseau musical interprofessionnel, nous avons construit ce projet d’association et plus précisément de création d’une revue, Écouter Voir, qui dans notre esprit devait être un Livres Hebdo des discothécaires. L’idée s’est concrétisée entre deux personnes, Michel Sineux et moi-même, dans une zone neutre (le train Paris-Auxerre), mais deux personnes avec des équipes et sur un terrain favorable. Nos deux tutelles (la Direction du livre et de la lecture et la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris) ont accueilli favorablement le projet, tant au niveau intellectuel que financier, et ont été, un peu plus tard, rejointes par la Direction de la musique. 

Michel Sineux

Si l’ACIM (Association pour la coopération de l’interprofession musicale) a aujourd’hui 20 ans, c’est parce que ses statuts ont été déposés à la préfecture de l’Essonne, le 15 juillet 1989. Pourquoi pas le 14, direz-vous ?… Parce que le 14 juillet est férié depuis une sacrée lurette ! De toute manière, les instigateurs du projet n’avaient pas l’intention de refaire la Révolution en 1989, tout juste d'apporter un peu de neuf dans le « Landerneau de la documentation musicale » et un zeste de coopération dans l’interprofession. Depuis quelque temps déjà (et l’historique que vient de brosser Éliane Bourguignat le montre bien), le besoin d’un lien entre les institutions concernées par la documentation musicale se faisait sentir. Très immodestement, les artisans du nouveau projet rêvaient d’un Livres Hebdo pour l’édition musicale et ses problématiques périphériques. On réfléchissait à un outil susceptible d’apporter à un milieu professionnel inégalement armé une information raisonnée sur l’offre documentaire, la vie des institutions et des métiers de la musique. Par là même, cet instrument tiendrait lieu tout à la fois d’outil d’information et de formation. L’ACIM, support juridique qui devait assurer à la revue Écouter Voir les subventions nécessaires à l’équilibre de son fonctionnement, marquait aussi l’engagement des tutelles dans une structure de coopération État/Ville de Paris, qui ne connaissait guère alors d’équivalent. En ce sens, la signature des statuts constitutifs de l’ACIM par la Direction du livre pour le Ministère de la culture et la Direction des affaires culturelles de la Mairie de Paris reste une date à marquer d’une pierre blanche. Que Bruno Racine et la mémoire de Jean Gattegno, agissant alors respectivement pour la Ville de Paris et le ministère de la Culture, soient ici remerciés, sans oublier Jean-Sébastien Dupuit qui, par la suite, contribua activement non seulement à pérenniser l’entreprise, mais à convaincre la Direction de la musique de nous rejoindre et d’apporter son aide à sa consolidation. Le projet, en effet, affirmait d’entrée sa vocation œcuménique : embrasser la documentation musicale et les métiers de la musique dans leur plus grande diversité. En ouverture de la première livraison d’Écouter Voir, en octobre 1989, Bruno Racine et Jean Gattegno signaient ensemble un éditorial qui définissait l’entreprise comme « un organe interprofessionnel de coopération en faveur d’une meilleure connaissance des métiers qui œuvrent à la diffusion du patrimoine musical ». Quant aux initiateurs du projet, ils précisaient, dans leur propre éditorial, qu’Écouter Voir « s’adresse aux gestionnaires privilégiés de l’information et de la documentation musicale que sont les bibliothécaires, discothécaires », mais « fait [aussi] appel à ces partenaires naturels… sans lesquels leur existence même et leur action seraient sans objet : les éditeurs de phonogrammes, de musique imprimée, les disquaires… ». En 1993, avait paru la première édition de Musique en bibliothèques qui attirait l’attention des tutelles aussi bien que de nos collègues sur ce que nous appelions « la malédiction des organigrammes », qui cloisonnait de manière étanche les domaines d’intervention ministériels en faveur de la documentation musicale : en gros, la musique imprimée, qui intéressait principalement les bibliothèques spécialisées patrimoniales et les établissements pédagogiques, relevait de la Direction de la musique, tandis que la musique enregistrée (les phonogrammes) restait du domaine exclusif de la ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... Direction du livre puisque les discothèques de prêt étaient partie intégrante des bibliothèques de lecture publique. Que la chaîne documentaire musicale puisse intéresser, dans la diversité de ses supports, n’importe quel type d’institution n’effleurait encore personne. Le clivage des domaines de compétence renvoyait à des pratiques dépassées que la nouvelle demande des publics contredisait pourtant à l’envi. D’où la composition des conseils d’administration de l’ACIM, dont les chaises musicales virent défiler, simultanément ou consécutivement, représentants des institutions patrimoniales, des établissements pédagogiques, des équipements de lecture publique, de la diversité des structures associatives impliquées dans la diffusion musicale, sans oublier les acteurs de l’édition phonographique et de musique imprimée, représentés par leurs syndicats ou associations professionnelles. Durant 13 ans, la revue Écouter Voir, qui constitua l’essentiel des activités de la première ACIM, à l’exception de ses participations à des manifestations ponctuelles ou régulières comme le Salon Musicora, proposa des sélections raisonnées de la production éditoriale courante, ainsi que des rétrospectives thématiques n’excluant aucun des supports susceptibles de documenter le phénomène musical. Écouter Voir rendait compte aussi de la vie musicale dans sa globalité : éditeurs, labels, institutions. Écouter Voir revisitait régulièrement l’histoire des genres musicaux dont elle mettait à jour la documentation, faisant appel en tant que de besoin à des compétences extérieures. Enfin, l’évolution des textes législatifs sur la propriété intellectuelle incita à la création d’une rubrique juridique « La gazette », laquelle faisait régulièrement le point sur ces questions. Mais, il est probable que cette initiative n’aurait pu voir le jour sans l’existence du CNCBP, très impliqué, au cours des années 1980, dans les questions de formation et d’information au service des bibliothèques publiques, et de la Discothèque des Halles (aujourd’hui Médiathèque musicale de Paris), premier exemple d’une médiathèque multisupports exclusivement consacrée à la documentation musicale, équipement de prêt, de consultation sur place et de conservation et, surtout, ouverte à tous les publics. C’est grâce, en effet, aux compétences motivées de l’équipe fondatrice, rejointe par des partenaires extérieurs tout aussi impliqués, qu’une logistique rédactionnelle a pu se mettre en place et perdurer tout en se renouvelant. Que cette équipe, dont certains membres sont présents aujourd’hui, soit une nouvelle fois remerciée et félicitée. Écouter Voir publia sa dernière livraison en 2003, après 13 ans de parution régulière, titrant en couverture « Point d’orgue… ou da capo ? ». Certes, les subventions commençaient à se contracter, en phase avec un déclin manifeste des moyens mis à la disposition de la vie associative, dans un contexte général de tensions budgétaires. Mais, il faut aussi admettre que la formule avait fait son temps. La mutation de l’information, le questionnement sur l’avenir des supports et des métiers, toutes choses qui sont au cœur des préoccupations des professionnels aujourd’hui, constituaient déjà autant d’interrogations qui appelaient de nouvelles approches et de nouveaux animateurs. L’ACIM fit son bilan, passa les rênes à une nouvelle équipe, celle qui nous accueille aujourd’hui. Avons-nous d’autres prérogatives, nous les anciens, les fondateurs, que de vous proposer cette mise en perspective d’un projet qui répondait aux exigences de son époque et du travail réalisé ? Les interrogations, les hypothèses, les solutions aux questions posées aujourd’hui par l’évolution de la vie musicale, de son paysage documentaire et de l’accès à l’information vous appartiennent. Ce dont nous étions, néanmoins, convaincus, dès 2003, au moment de mettre le point d’orgue à Écouter Voir, c’est que l’existence d’un support juridique associatif tel que l’ACIM serait toujours utile et peut-être même un jour indispensable, en tant que plateforme de communication et de concertation interprofessionnelle, pour évaluer ensemble, plutôt que chacun dans sa spécialité inévitablement réductrice, les problèmes et les solutions de l’avenir. En attendant d’écouter et de voir ce que les continuateurs ont à nous dire, nous vous remercions de l’attention et de l’intérêt que vous avez porté à l’entreprise jusqu’à aujourd’hui.

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Christian Massault, directeur adjoint de la Médiathèque départementale de la Loire, président de Vidéothécaires, discothécaires de la région lyonnaise (VDL), membre du CA de l'ACIM

Ne faisant partie, à l’époque, ni de la Ville de Paris ni du CNCBP, je représentais plutôt ceux qui ont cru, dès 1983, au disque compact comme support de substitution au vinyle pour nos collections de prêt. La discothèque de France, la Ville de Paris, le CNCBP m’avaient alors commandé différentes formations qui m’ont permis de rencontrer des collègues de tout le réseau et d’enregistrer leurs attentes. Lorsque le projet de revue pour l’ensemble de la profession s’est constitué, avec le parrainage conjoint de la Ville de Paris et de l’État, il fallait qu’il y ait au sein de cette équipe des représentants des bibliothèques du territoire. Il s’avérait que nous avions constitué en région lyonnaise l’association VDL, la première association régionale de ce type. Cet ensemble d’engagements m’a amené à rejoindre le groupe fondateur tout en étant, à l’époque, un de ses plus modestes contributeurs. En 1997, la loi dite « Sapin » sur la gestion de fait, préconisait de sortir des instances dirigeantes des associations les financeurs de celles-ci. Nous avons dû alors continuer à faire fonctionner l’ACIM, support de l’édition d’Écouter Voir, dans des conditions légales alors que jusque-là les présidents successifs étaient alternativement le représentant de l’État et celui de la Ville de Paris. Il a fallu élire, au sein de l’association et de ses représentants non financeurs, un nouveau président. J’ai été, de ce fait, élu président et j’ai porté le flambeau jusqu’en 2004, date à laquelle j’ai passé le témoin à Arsène Ott qui a su, avec une nouvelle équipe, faire évoluer l’ACIM vers ce qu’elle est aujourd’hui. Il a fallu, à l’époque, réussir à transformer une association qui n’était que le produit de la volonté des pouvoirs publics de doter la profession d’un outil opérationnel en une association réellement représentative de la profession, du terrain, des réseaux. C’est essentiellement dans cette direction que j’ai pu agir au sein de l’ACIM. Je ne pourrai citer ici toutes les personnes qui y ont participé mais je rappellerai tout de même la place importante qu’y ont tenu Yves Alix, responsable de la rubrique juridique de la revue et administrateur très actif de l’association, et Béatrice Pedot, alors déléguée générale de la FFCB. Mon modeste rôle dans cette affaire a été d’essayer d’ajouter une dimension réseau à ce qui était essentiellement une entreprise de communication et d’information et d’opérer des liens avec les secteurs de la formation car, à peu prés à la même époque, se créaient les Centres régionaux de formation aux carrières des bibliothèques (CRFCB), intégrés aux universités en 1988. Il nous paraissait important que l’outil d’information ne soit pas déconnecté des besoins en formation de la profession. Nous étions également animés par la conviction qu’il était très important de se rencontrer. C’était une demande récurrente. C’est au nom de celle-ci que VDL s’est créée, en 1984, puis que j’ai proposé les premières rencontres des bibliothécaires musicaux (ou des discothécaires) en 2001. Nous sommes, cette année, à la neuvième édition de ces rencontres, ce qui annonce pour l’année prochaine un nouvel anniversaire à fêter. Elles sont passées de 30 participants, en 2001 à Bourges, à 300 participants cette année. 

Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris, vice-président de l’ACIM

Je suis un témoin modeste mais heureux d’avoir pu me positionner dans une perspective historique de l’association. Parmi les événements marquants qui ont ponctué la vie de l’ACIM, je garde notamment le souvenir des rencontres nationales des bibliothécaires musicaux à Saint-Jean-de-Védas, en 2004, lorsque Michel Sineux nous annonça que l’association n’avait plus les moyens de publier la revue, fer de lance de notre profession, et qu’il fallait, en conséquence, trouver d’autres moyens d’action. Un grand silence fit d’abord suite à ce constat douloureux, et nous crûmes un instant que tout était fini, puis des voix se levèrent, autour d’Arséne Ott et de quelques autres, pour prendre le relais. Je crois qu’on peut saluer leur engagement dans le contexte financier difficile de l’époque et le pari alors

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... entrepris de continuer à faire vivre l’ACIM : l’importance de l’assemblée réunie ici aujourd’hui, le succès de nos Rencontres nationales annuelles, prouve que le défi méritait d’être relevé. Mais si cela a fonctionné, c’est aussi parce que les missions définies par les fondateurs sont toujours d’actualité : créer un trait d’union et une liaison entre les différents professionnels de l’information et convaincre de la nécessité de conjuguer toutes nos forces, quelle que soit la bibliothèque à laquelle nous appartenons, publique ou spécialisée, si nous voulons défendre la cause de la musique en bibliothèque. Nous sommes toujours dans cette perspective fondatrice, et il est heureux que nous puissions continuer dans cette voie, y compris dans une optique interprofessionnelle qui, au départ, avait beaucoup intrigué. Nous sommes toujours des militants de la musique en bibliothèque, et si nous continuons à l’être, c’est grâce à l’action des fondateurs. 

Christian Massault

Au nom d’Arsène Ott, notre président, du bureau, du CA et de toute l’association, je vous invite à boire le verre de l’amitié. À tout de suite…

Christian Massault, Michel Sineux, Éliane Bourguignat, Gilles Pierret

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... Portrait des espaces musique des bibliothèques d'Aquitaine / Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque musicale de Paris Cette enquête, commandée par Médiaquitaine avec le concours de la Direction régionale des affaires culturelles d'Aquitaine, s'est donnée comme objectif de "dresser un état des lieux des espaces musique des bibliothèques de la région Aquitaine, d'en décrire et d'en analyser le fonctionnement et enfin de définir les besoins en formation des personnels qui les font vivre". Les principaux résultats en ont été présentés lors d'une journée d'étude organisée par Médiaquitaine à Bordeaux le 7 Avril 2009. Le compte-rendu ci-dessous reprend l'essentiel des données et des analyses développées dans cette étude dont on pourra, si on le souhaite, lire l'intégralité, sur le site de Médiaquitaine6. Introduction. Données générales et objectifs poursuivis L'enquête a porté sur un panel de 810 établissements, dont un tiers (289, 33%) a répondu au questionnaire. Le taux de réponse a été très variable selon les départements en fonction de la taille des équipements et de la présence ou non d’un espace (ou d’un fonds) dédié à la musique. Sur les 289 équipements ayant répondu, 111 (40%) disposent d’un fonds ou d'un espace musical (constitué pour 31 %, en projet ou en cours de création pour 9 %). N. B. : Les établissements ne proposant que des documents imprimés sont toujours indiqués comme "bibliothèques"; ceux qui proposent d'autres supports sont indiqués comme "médiathèques". Près de 90 % des établissements ayant répondu sont des structures communales ; 30 seulement (11 %) relèvent d'une communauté de communes. 15 % de ces dernières possèdent un fonds ou espace musique, soit plus que la moyenne (11%). Il semblerait donc, même si cela doit être confirmé, que l’intercommunalité favoriserait davantage la création d’espaces musique. Les petites villes sont les plus représentées parmi les répondants ; presque la moitié sont des communes de moins de 2 000 hab., ce qui reflète les structures démographiques de la région Aquitaine (10 % seulement des communes ont plus de 2 000 hab.) ; les médiathèques, logiquement, sont plutôt implantées dans les grandes villes, pour 80 % d’entre elles; ainsi, parmi les villes de plus de 20 000 hab. recensées, 19 sur 20 disposent d’une médiathèque. Objectifs de l’enquête : procéder à un état des lieux des espaces musique en Aquitaine et étudier leur fonctionnement, à partir de trois axes différents :

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les fonds musicaux et leur constitution : nature et modes d’acquisition, incluant une éventuelle offre virtuelle ;

les services au public : description des espaces dédiés à la musique, analyse de l'usage des services offerts ;

perspectives d’avenir pour les bibliothécaires musicaux : étude des « caractéristiques professionnelles » des personnels, vision de l’avenir qu’ils peuvent avoir et besoins en formation.

mediaquitaine@u-bordeaux4.fr

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... I. Les fonds musicaux et leur constitution A. Nature des fonds Volumétrie : Si une petite moitié des médiathèques dispose de plus de 20 000 documents, cela ne signifie pas pour autant que les fonds musicaux soient très importants : parmi celles-ci, 17 seulement (soit 6 %) ont plus de 5 000 documents musicaux, 25 (9 %) en ont entre 1 000 et 5 000, 31 (11%) entre 100 et 1 000, 23 (8%) en ont moins de 100. Age des fonds : 10 % des médiathèques ont moins de 10 ans, 8 % ont entre 5 et 10 ans, 9 % moins de 5 ans. Supports : CD et livres sur la musique sont présents dans une très grande majorité des établissements (respectivement 94 et 89 %) ; DVD et périodiques dans un peu plus de la moitié. Sans surprise, les autres supports sont plus rares : disques vinyles (dans 4 % des cas), partitions (10 %), VHS (20 %), K7 audio enfin (27 %, ce chiffre plus élevé s’expliquant sans doute par la permanence de ce support dans l’offre musicale pour la jeunesse). Composition des fonds : Elle a été étudiée à partir d’un panel de 5 médiathèques possédant plus de 20 000 documents, situées dans trois villes de plus de 20 000 hab. et dans deux villes ayant entre 5 000 à 20 000 hab. Dans l’ensemble de ces structures, on note peu de disparités dans la composition des fonds : la chanson francophone et le rock/variété internationale sont les genres les plus représentés, avec en moyenne 20 % des collections pour chacun (avec une fourchette allant de 17 à 25 %) ; viennent ensuite les musiques « afro-américaines » (19 % des fonds, fourchette de 13 à 21 %) la musique classique (16 %, fourchette de 10 à 19 %) et les musiques du monde (14 %, fourchette de 12 à 16 %) ; les autres genres recensés sont beaucoup moins présents : électro (4 % des fonds), musiques de films (3%), musiques fonctionnelles enfin (2%). Les espaces musique à destination de la jeunesse : ils sont présents dans un tiers des établissements, en général dans ceux qui possèdent déjà des fonds musicaux ; même compte tenu de l’offre éditoriale, le nombre de documents est plutôt restreint (moins de 150 documents dans la moitié des cas) ; le fonds musical jeunesse est localisé d’abord en section adultes (51 %) puis en Jeunesse (38 %), "ailleurs" (?) enfin (11%). B. Les achats Les budgets : 41 % des médiathèques disposent d’un budget d’acquisition global de plus de 18 000 €, ce qui permet aux deux tiers d’entre elles de dépenser au moins deux euros par habitant ; 25 % dépensent entre deux et trois euros, et 38 % vont même au-delà de trois euros. Elles ne sont que 10 % seulement à ne pas dépenser plus de 50 centimes d’euro. Par contre 30% des bibliothèques (sans espace musique) ont moins de 500 €. Les achats de documents musicaux sont inférieurs à 6 000 € dans 70 % des cas ; 35 % des établissements dépensent moins de 1 000 €, et 18 % de 5 à 6 000 €. La part réservée aux documents sonores est évidemment très importante, entre 75 et 100 % dans un tiers des cas, 100 % dans la moitié des cas. La part du budget « musique » dans l’ensemble de l’établissement est relativement importante : de 20 à 50 % pour un quart des médiathèques, de 10 à 30 % pour les deux tiers. Les fournisseurs : Les trois quarts des médiathèques dont le budget est supérieur à 4 000 € passent par une procédure de marché public, 25 % de celles qui ont un budget inférieur à ce seuil, bien qu’elles n’y soient théoriquement pas obligées, y ont également recours. Les principaux fournisseurs sont les libraires (qui proposent des disques), les grossistes, les grandes surfaces spécialisées (Fnac, Virgin) et

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... les disquaires, avec des pratiques d’exclusivité ou non. Les achats sont effectués à proximité (sauf pour les grossistes), essentiellement dans le département d’appartenance mais très peu dans la commune. On note une lègère prédominance des libraires, mais les sources d’approvisionnement se répartissent de façon à peu près équivalente. Les productions des labels indépendants : Elles représentent une part des achats assez réduite, de 1 à 20 % en moyenne, bien qu’une majorité de médiathèques n’ait pu l’évaluer. Les raisons invoquées en sont les difficultés d'achats, compte tenu des contraintes administratives, même si on note que de plus en plus de fournisseurs (grossistes surtout) diffusent mieux aujourd’hui ce type de produits. Si un travail de veille documentaire important est réalisé dans ce domaine, il ne trouve pas l’aboutissement souhaité, les fournisseurs titulaires du marché ne parvenant que très difficilement à assurer la fourniture des références recherchées (sauf dans le cas des quelques-uns qui ont encore la possibilité d’acquérir directement auprès des labels eux-mêmes). Le traitement des documents : 70 % des médiathèques cataloguent en format Unimarc ; plus de la moitié pratiquent l’indexation matière, dont 53 % avec Rameau, 32 % avec d’autres thesaurus (essentiellement la liste « Blanc-Montmayeur ») ; près des trois quarts des établissement cotent leurs documents en PCDM (46 % pour la version 4, 25 % pour la version 3), le quart restant se répartissant entre les classifications Dewey, Massy, Discothèque de France et « Paris » (?). Deux tiers des médiathèques disposent d’un catalogue informatisé. C. Espaces musique et numérique Si les trois quarts des établissements ont un accès Internet (90 % des médiathèques, mais seulement un tiers des bibliothèques), l’offre de musique virtuelle n’est présente que dans trois médiathèques. L’une propose l’accès à un site de musique libre en hébergeant la plateforme Dogmazik (Gradignan) ; les deux autres on entrepris la numérisation de leurs fonds de CD en écoute sur place. Dans la première (Biarritz ?), 6 000 albums ont été numérisés depuis l’ouverture il y a trois ans et sont accessibles en écoute à partir des postes informatiques ; la seconde, en Gironde (Mérignac ?), a opté pour une écoute à partir de bornes réservées à cet usage (12 en adultes, 8 en Jeunesse) ; dans les deux cas, la numérisation a été effectuée « par les services de la médiathèque » (par crainte de perte des documents en les confiant à un prestataire extérieur), en ayant recours à des agents contractuels en Gironde, pour un coût qui a été toutefois estimé plus élevé que si on avait recouru à un prestataire extérieur. Dans les deux cas, il n’y a pas d’accès en ligne, ni de téléchargement possible. On note enfin, dans un grand équipement de Gironde, la présence d’un accès à l’Extranet de la Cité de la Musique.

II. Les services offerts au public A. Superficies Plus des deux tiers des médiathèques ont une superficie globale de plus de 200m², mais 75 % des bibliothèques, par définition de taille plus modeste, ne dépassent pas les 100 m² ; 22 % d’entre elles ont même moins de 40 m². Sur les 41 médiathèques (16 % de l’ensemble) disposant de plus de 500 m², 40 ont un fonds ou espace musical constitué ou en cours de constitution. Cependant, la présence d’espaces musique reste globalement rare, et lorsqu’ils existent, ils sont de petite taille : 9 % seulement ont plus de 20 m². Même constatation pour le rapport espace musique / surface totale : 85 % des espaces musique représentent moins de 10 % de la surface totale. Un tiers des espaces est dédié à la musique seule, un tiers est

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... couplé avec d’autres disciplines (arts, cinéma …). B. Equipement des espaces musique Les deux tiers des médiathèques ne disposent pas de poste d’écoute en accès libre ; 15 % en possèdent un ou deux, 16 % en ont 3 et plus. 35 % ont un ou deux postes d’écoute à la demande, 15 % 3 postes ou plus. On invoque, par rapport à cette faiblesse, le manque d’espace, mais le fait que l'offre soit tournée quasi exclusivement vers le prêt ne favorise pas le développement de ce type de service. C. Services et usagers Evolution de la fréquentation : Si les avis sont partagés sur la baisse des prêts, 47 % des médiathèques signalent une légère ou nette diminution des emprunts ; pour 22 % d’entre elles par contre, les prêts sont stables, et surprise quand même, 31 % constatent une lègère ou nette augmentation (sans doute s’agit-il de nouveaux équipements, et cela est à mettre sur le compte de l’effet d’ouverture). Inscriptions : Les trois quarts des médiathèques ont plus de 500 inscrits, un tiers a plus de 1 500 inscrits, un tiers entre 500 et 1000 (bibliothèques : 72 % ont moins de 500 inscrits). Usages et usagers : Ils ont fait l’objet de réponses ouvertes dans 58 établissements ; il en ressort que l’emprunt est la pratique la plus répandue, l’écoute restant très marginale : lorsque celle-ci existe, elle sert surtout à confirmer le choix de l’usager avant l’emprunt. Beaucoup reconnaissent qu’ils ne sont pas en mesure de proposer un vrai service d’écoute, faute de place et d’équipements. Dans une grande médiathèque de Gironde, on estime qu’une personne sur dix utilise les bornes d’écoute mises à disposition. On retrouve un peu partout une majorité d’usagers adultes entre 20 et 60 ans ; certains signalent une forte proportion d’enfants dans leur public ; d’autres un intérêt croissant des parents pour les musiques pour enfants. Les ados, plus ou moins présents en fonction de la composition de l’offre, ont souvent des attentes précises, très variables d’une médiathèque à l’autre (cela peut aller du rock basque aux variétés francophones ou anglophones). Les jeunes (plus de 20 ans) sont présents surtout dans les grandes villes ; peu de seniors en revanche, qui viennent surtout en section adultes, mais utilisent par contre largement les services multimédias lorsqu’ils existent. Les attentes des usagers sont très diverses. A certains endroits, on recense plutôt des néophytes, qui peuvent être à la recherche de découvertes, mais sont plus volontiers demandeurs de nouveautés « grand public » : l'esprit d’ouverture, noté ici ou là, est tempéré par une forte attente en matière de distraction « sans référence particulière à un éventuel aspect culturel » ; ailleurs, on note au contraire une forte demande d’amateurs éclairés, dans des domaines très divers, dans tous les genres musicaux pour certaines structures, plutôt en musique classique et en musiques du monde pour d’autres ; dans tous les cas, le désir de découverte est fort, les exigences souvent pointues. Du point de vue des genres musicaux, la chanson francophone reste le domaine favori du public ; c’est une « valeur sûre » dans beaucoup de médiathèques ; viennent ensuite les variétés internationales et le rock, qui ont la faveur d’un public plutôt jeune. D’une manière générale, il y a peu de demandes sur les musiques du monde, et très peu sur les musiques fonctionnelles ou les musiques de films. Si, en règle générale, dans les villes moyennes ou les communautés de communes, tous les genres musicaux sont demandés, quelques médiathèques soulignent un lien entre une catégorie d’usagers et un genre musical : les adultes ente 30 et 60 ans pour les variétés francophones ou anglophones, les ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... hommes de 40 ans pour le Jazz et les femmes de 60 ans pour la musique classique (!), les ados pour le rap et le R'n’B. On note aussi souvent que les hommes sont des emprunteurs plus éclairés, recherchant des références précises, notamment en jazz, en rock et en musiques du monde, alors que les femmes empruntent plus facilement ce qu’elles ne connaissent pas et sont plus enclines à la découverte… Même si tout cela reste très variable en fonction du contexte local, on note donc quelques tendances récurrentes avec une demande majoritaire venant d’usagers ayant entre 30 et 60 ans et se portant sur la chanson francophone, le rock et la variété internationale ; moins demandés, la musique classique, le jazz et les musiques du monde semblent garder encore une certaine faveur des publics, à la différence des musiques fonctionnelles ou des musiques de films, qui font l’objet de demandes infimes. Les chiffres de prêt relevés dans cinq grandes médiathèques de villes ayant entre 5 000 et 20 000 hab. et possédant plus de 20 000 documents confirment, à quelques nuances près, ces analyses : le rock et la variété internationale arrivent en tête des emprunts avec un taux de rotation de 4,42 (avec une fourchette se situant entre 2,65 et 5,7), suivis de la chanson francophone (4,2, fourchette comprise entre 2,51 et 5,68), puis des musiques du monde dont le taux de rotation moyen (3,22) cache une grande disparité d’un établissement à l’autre (de 2,29 à 5,68) ; les musiques électroniques font un score équivalent (3,21) avec, là aussi, d’importants écarts (de 2,52 à 4,24) ; quant aux musiques « légitimées », musique classique et jazz, leur audience semble se stabiliser, après une lente érosion (respectivement 2,07 et 2,54) ; enfin, le taux de rotation élevé des musiques fonctionnelles et musiques de films (4,38) ne s’explique que par la petite taille de ces fonds. D. Action culturelle, animations 29 établissements seulement ont répondu qu’elles mettaient en place des animations culturelles, ce qui laisserait à penser que ces actions soient assez peu répandues. Pour ceux qui ont répondu positivement, on note une grande variété dans la forme comme dans le rythme des animations programmées : un tiers des médiathèques organisent des concerts plusieurs fois par an, sous des formes diverses : « concerts thématiques », accueil de petites formations musicales, « mini concerts », « show case », voire « ateliers d’écriture musicale » ( ?) ou découverte de techniques instrumentales. Des expositions sont organisées au moins une fois par an dans les deux tiers des médiathèques, et, avec la même fréquence, des présentations discographiques. Par contre, les accueils de groupes scolaires sont beaucoup plus rares. Partenariats : Les partenariats les plus fréquents concernent les écoles de musique - près des trois quarts des médiathèques en ont une à proximité -, avec lesquelles sont organisés d’abord des concerts ou auditions d’élèves, accompagnés parfois d’autres animations : ainsi dans une médiathèque d’une grande ville de Gironde qui héberge des « master class » suivies d’un concert ou un « ciné-concert », ces animations étant parfois centrées sur un thème particulier ; ainsi également dans une médiathèque du Lot-et-Garonne qui organise des séries de « découvertes musicales ». Malgré cela, on signale à plusieurs reprises que les partenariats sont souvent difficiles à mettre en place, surtout dans une perspective à long terme, et que les actions organisées ne décollent guère en terme de fréquentation. Les associations constituent aussi des partenaires vers lesquels on se tourne facilement, avec, lorsque cela fonctionne bien, un travail approfondi, comme celui qui est mené par une grande médiathèque de Gironde (Gradignan) autour des musiques libres avec l'association Dogmazik (hébergement de la borne « Automazik »), ou par une autre qui travaille sur les musiques du monde avec ECLA (Ecrit Cinéma Livre et Audiovisuel), ou encore par cette médiathèque du Lot-et-Garonne qui héberge le fonds ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... documentaire d’une association consacré à la chanson, accessible en prêt au même titre que les collections propres de l’établissement. Avec les écoles sont organisées également des séances d’écoute musicale ou des lectures de contes musicaux, qui peuvent aboutir à un partenariat plus approfondi, comme dans cette médiathèque de Gironde, où ce travail de sensibilisation à la musique a débouché sur la création d’une chorale qui s’y est produite en concert. Plus rarement, la présence dans une ville d’une salle de concert peut permettre aussi de développer des partenariats suivis, comme dans cette ville du Lot-et-Garonne (Agen), où la médiathèque présente au public la programmation mensuelle du « Florida », espace culturel dédié aux musiques amplifiées, en assurant la promotion des CD des artistes à l’affiche et en proposant des tarifs préférentiels pour les concerts. La Fête de la Musique et les festivals locaux sont aussi l’occasion d’activités d’animation, sous forme par exemple de conférences liées à la thématique d’un festival, avec parfois des projets d’animation regroupant plusieurs villes, comme par exemple en Gironde avec le Festival des Hauts de Garonne. Bien souvent, on pointe les difficultés et le manque de moyens, qui peuvent constituer un frein au développement de ces actions d’animation : manque de place, absence d’auditorium ou de salle dédiée, qui oblige à une programmation en dehors des heures d’ouverture (sans possibilité d’accrocher le public « de passage »), équipement technique et logistique insuffisant (pas de sonorisation), manque de temps enfin…, toutes contraintes qui, au final pèsent sur le bilan de ces actions qui ne rencontrent, de l’avis de certains, qu’un succès mitigé en regard du travail fourni et des efforts déployés.

III. Avenir du métier et besoins de formation Deux aspects sont étudiés dans ce chapitre : les caractéristiques professionnelles des personnels travaillant en « espace musique », et les interrogations liées à l’avenir du métier de bibliothécaire (musical). A. Les personnels des espaces musiques Dans plus de la moitié des médiathèques, une à deux personnes sont en charge de l'espace musique : 13 % disposent de trois personnes ou plus. Par contre, un tiers ne dispose, pour son espace musique, d'aucun personnel spécifique. Parmi les personnels, 25 % ont un niveau d’études inférieur au Bac, 50 % ont un diplôme de niveau Bac à Bac + 3, 25 % enfin ont un niveau supérieur à Bac + 3. En ce qui concerne les diplômes, 40 % ont un DUT Métiers du livre, 11 % un CAFB Musique, 14 % un CAFB autre, 35 % un autre diplôme professionnel. Enfin, sur 86 médiathèques recensées, 10 établissements ont un titulaire de catégorie A, 28 ont au moins un titulaire de catégorie B (23 en ont un seul, 5 en ont deux ou plus), 48 ont au moins un titulaire de catégorie C (32 en ont un seul, 16 en ont deux ou plus) ; les non titulaires sont au nombre de 10 (1 A, 3 B, 6 C). B. L'avenir du métier Deux préoccupations importantes reviennent régulièrement dans les réponses à cette question : la place de la musique « virtuelle » et le développement nécessaire de la médiation. Toutefois, ces interrogations sont plus prégnantes dans les grands établissements disposant de moyens que dans les ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... petites structures qui doivent d’abord se battre pour faire admettre l’existence d’une offre musicale qui, dans bien des endroits, est loin d’aller de soi. Nombre de responsables d’établissements ne sont pas vraiment convaincus de la nécessité d’avoir un fonds musique ou cinéma, « souvent par méconnaissance ou désintérêt pour le genre ». Autre obstacle, le cloisonnement en sections, qui coïncide souvent avec une logique de supports, constitue un frein encore très fort à la constitution de fonds multisupports basés sur une logique de contenus. Enfin, beaucoup de petits établissements avouent avoir des difficultés à se projeter dans l’avenir alors qu’ils se battent pour disposer d’un minimum de moyens ou n’ont pas de personnel formé. Les difficultés que peuvent rencontrer les établissements à recruter un personnel qualifié et disposant de compétences multiples sont soulignées, tout particulièrement dans les petites structures : comme le fait remarquer une médiathèque du Lot-et-Garonne, il ne va pas de soi de trouver un agent de catégorie B qui soit capable de constituer un fonds musique, mais aussi de créer des partenariats, de développer des animations et des actions de médiation, tout en réfléchissant aux évolutions à venir ! Pour certains, il faudrait créer un concours spécifique pour ce type d’emplois. Si la question de la place des supports physiques dans les collections et de l’opportunité de développer une offre de musique virtuelle est présente dans tous les esprits, l’analyse qu’on peut en faire est toutefois très contrastée. Pour certains, le développement de la musique en ligne, indissociable du déclin inévitable des supports physiques, risque de conduire à la disparition rapide des espaces musique ; d’autres, peu convaincus par les expériences d’offre de musique virtuelle en bibliothèque, pensent que le public restera majoritairement attaché au support physique, à « l’objet disque », et considèrent que le CD doit plus que jamais être présent dans les collections « pour demeurer la mémoire musicale de toute une époque ». Pour d’autres au contraire, il faut s’adapter coûte que coûte à la dématérialisation des supports ; le rôle des médiathèques sera toujours de sélectionner des informations et d’orienter les usagers, mais dans un nouvel environnement de travail, en proposant par exemple « à partir d’un portail, des contenus intégrant sélections et critiques » (médiathèque des Pyrénées-Atlantiques). Ici on fait le pari de l’intercommunalité en proposant dans ce cadre une mise en ligne commune des fonds ; là (grande médiathèque de Gironde), un budget est prévu pour la mise en place d’un service de consultation et de téléchargement en ligne ; ailleurs on insiste sur le développement des réseaux (sitothèques spécialisées en musique), en ayant recours à d’autres ressources, comme l’Extranet de la Cité de la Musique ; souvent enfin sont évoquées les questions techniques (maîtrise de l’outil informatique) et les difficultés liées au changement, mais curieusement, aucun établissement ne parle des questions juridiques, pourtant essentielles… C. Les besoins en formation Un grand nombre de médiathèques a répondu aux questions en besoins de formation, preuve d’un grand intérêt pour ces questions et d’un manque généralisé dans ce domaine. Parmi les besoins exprimés, ce sont les formations sur les « genres musicaux » (86 % des répondants) qui font l’objet des attentes les plus grandes, suivies de « l’animation et la médiation culturelle », « les labels indépendants », « l’accueil du public », « les politiques d’acquisition spécifiques aux espaces musique » (75 % ) ; viennent ensuite « le traitement du document » (72 %), « les modes de diffusion du numérique » (66 %) et les droits d’auteurs » (67 %) ; moins demandées, les formations sur les questions financières (marchés publics et acquisitions), les aspects économiques de la production musicale recueillent quand même encore un peu plus de la moitié des demandes. Le grand mérite de cette enquête, la première du genre à notre connaissance, est de présenter un panorama, à l'échelle d'une région, de la place de la musique en bibliothèque, qui s'appuie à la fois sur des données statistiques et sur un éventail de retours d'expériences largement exprimés par les professionnels. Les enseignements que l'on peut en tirer sont riches, même si l'on retrouve un certain ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale)

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ACIM Bulletin de liaison électronique n°08 – novembre 2009 En attendant Aix-en-Provence... nombre de constantes, que ce soit sur les publics, la composition des fonds ou les prêts. On remarque tout d'abord que la musique et les autres médias que le livre sont présents dans 80 % des équipements existants dans les villes de plus de 2 000 hab., ce qui signifie qu'une forte majorité d'établissements, même si l'offre n'est pas toujours suffisamment développée ou diversifiée, ont largement intégré cette préoccupation. Corollaire de cette observation, on constate une très nette fracture entre les petits établissements, qui ne disposent que rarement de fonds ou d'espace musique, et les plus grands -du type médiathèque-, qui peuvent compter sur des moyens relativement importants et des personnels souvent formés. Pour les premiers, il faut avant tout se battre au quotidien pour obtenir le "minimum vital" en matière de moyens comme de personnels, et tenter de convaincre, le cas échéant, de l'intérêt de s'ouvrir aux autres médias que le livre -ce qui n'a rien de simple ; les seconds, par contre, ont davantage la possibilité de réfléchir à l'avenir, à la question du devenir des supports physiques par rapport au développement du virtuel, bien que trois établissements seulement proposent une offre dématérialisée ; ce sont aussi ceux qui peuvent le plus facilement développer des actions d'animation ou de médiation, et mettre en place des partenariats, même si tout cela peut rester fragile dans nombre des structures. Ce qui est frappant enfin, ce sont les interrogations sur l'avenir du métier, qui suscitent des avis extrêmement divers, réalistes ou pessimistes sur l'avenir, ou voulant se montrer malgré tout confiants quant à la pérennité des supports : dans tous les cas, on perçoit une inquiétude diffuse, mais on conserve intacte la volonté de parier sur l'avenir, pour preuve les projets d'espaces musique en cours et les besoins en formation de tous ordres fortement exprimés.

Retrouvez les bulletins précédents sur le portail des bibliothécaires musicaux : http://www.acim.asso.fr/spip.php?rubrique90 Si vous ne souhaitez plus recevoir cette lettre ou si vous rencontrez un problème de réception, merci de nous en avertir par mél. : lemaire.acim@gmail.com ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale) Siège social : 46bis rue Saint-Maur – 75011 Paris SIRET : 382.220.945.00069 – Code APE : 9101Z Adresse pour la trésorerie et les adhésions : c/o Patrick Goczkowski 14 avenue des tilleuls – 95320 Saint-Leu-la-Forêt Bulletin d’adhésion sur : http://acim.asso.fr/spip.php?article213

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