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De quoi La Poste est-elle le nom ? Ou de l’art de l’étranglement de presse On le sait de longue date, la liberté d'expression est un acquis fragile, sans cesse menacé, et de bien diverses manières. Ainsi, à l'instigation des néolibéraux et de ceux qui veulent la privatiser, La Poste a mis en place des obstacles matériels et financiers de plus en plus élevés pour ne plus avoir à distribuer au tarif presse les petits journaux de la presse libre, dont « À Contre Courant » est l’un des exemples. Dans l'incapacité de satisfaire aux contraintes de routage et de coût imposées par La Poste et le gouvernement, des milliers de revues ont été asphyxiées ces dernières années. L'espace démocratique qu'elles préservent se réduit comme peau de chagrin. « À Contre Courant » est aujourd’hui menacé de disparaître au 31 décembre 2011. « À Contre Courant » est une revue mensuelle qui paraît depuis 23 ans. Inscrite à la CPPAP (commission paritaire des publications et agences de presse), elle envoie chaque numéro à près de 1400 exemplaires au tarif presse. Outre des difficultés liées aux exigences toujours plus grandes de La Poste en matière de coût, de prétri et de présentation des envois, la revue est aujourd’hui confrontée à un véritable ultimatum de la part des responsables de la plateforme industrielle du courrier (PIC) de Mulhouse, dont elle dépend pour ses expéditions. Il lui est en effet demandé de placer impérativement ses exemplaires sous enveloppe ou sous film plastique à partir du 1er janvier 2012. À défaut de quoi, elle ne bénéficierait plus du tarif préférentiel de presse qui, même s’il augmente dangereusement depuis des années, demeure en deçà du tarif lent ordinaire. Une « tolérance » lui est obligeamment accordée jusqu'à l’échéance, pour continuer à effectuer les envois sous bande (en l’occurrence un pli vertical serti par une étiquette qui sert également à l’adressage), modalités postales de vigueur depuis toujours. Il s'agit là d’une contrainte odieuse pour au moins deux raisons : La première est de principe: mettre sous enveloppe constituerait un gaspillage de papier préjudiciable à l'environnement, en contradiction avec notre sensibilité, et les propres intentions affichées de La Poste. Une mise sous plastique serait encore plus préjudiciable de ce point de vue. La seconde est liée au coût de mise en oeuvre de la mesure. Outre l’insupportable surcoût financier qu’elle induirait (il faudrait en passer par un prestataire de routage), elle épuiserait encore davantage l’énergie militante de la petite équipe qui porte la revue à bout de bras depuis ses origines, et accomplit la totalité des tâches de conception, depuis l’impression et la reliure jusqu’à la mise en distribution. Ceci reviendrait à signer la disparition du titre, tout au moins dans sa version papier. Une mesure générale ?

De quoi La Poste est-elle le nom ?  

La Poste A Contre Courant

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