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La lettre d’information de l’agriculture biologique en Picardie • www.bio-picardie.com •

N° 60 - Décembre 2016

ÉVÈNEMENT TERR’EAU BIO PREND FORME

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TECHNIQUES MARAÎCHAGE ...RIGUEURS D’HIVER, QUE FAIRE ?

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RÉSEAUX ET FILIÈRES FORUM D’OPÉRATEURS À COMPIÈGNE SYSTÈME BOVINS LAIT BIO : 100% HERBE OU POLYCULTURE ? JOURNÉE D’ÉCHANGES : LA BIO CHANGE D’ÉCHELLE VENTE DIRECTE : UN DÉFI À RELEVER

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ÉDITO

Par Nadou Masson, Présidente ABP Ce nouveau numéro de LABienvenue débute sur le salon à venir Terr’Eau Bio et conclut par un article sur les circuits courts. Derrière ces deux articles, il y a un message que j’ai à cœur de mettre en valeur : montrons ce que nous faisons ! Chaque citoyen qui consomme bio est un potentiel ambassadeur du projet que nous portons, alors nous devons ouvrir grands nos ateliers, nos fermes, nos entreprises et montrer comment nous travaillons, attachés au cahier des charges bio, à la cohérence de nos systèmes. La bio a tellement de succès qu’elle est attaquée de toute part, alors il faut que nous, les acteurs bio, défendions notre projet, chacun avec nos possibilités, pour une bio forte et porteuse d’avenir. Je vous souhaite à tous de belles fêtes de fin d’année !


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Labienvenue N° 60 • Décembre 2016

Évènement TERR’EAU BIO ! LE 1ER SALON DES TECHNIQUES BIO DU GRAND NORD DE LA FRANCE PREND FORME ! Agriculteur conventionnel en recherche de nouvelles pratiques moins gourmandes en intrants, agriculteur bio fort d’une solide expérience ou producteur récemment en bio, Terr’Eau Bio est fait pour vous ! pour échanger, découvrir et partager autour des vitrines végétales, des démonstrations de matériels et des conférences sur la performance des systèmes bio avec des techniciens de divers horizons rompus aux techniques agro-écologiques et innovantes. Le salon accueillera les opérateurs économiques, les machinistes, les semenciers, les associations de développement, les centres techniques et les instituts de recherche. Depuis le mois d’août... ça pousse ! Les vitrines végétales de colza, de fourrages et de céréales d’hiver sont d’ores et déjà implantées... et ce ne seront pas moins de 200 micros parcelles qui seront présentées aux visiteurs en juin, avec notamment une vitrine de légumes de plein champ. L’idée n’est pas seulement de présenter des itinéraires techniques sécurisés mais aussi de susciter des questions et des débats autour de conduites culturales plus novatrices. Comment optimiser les prairies temporaires dans une logique d’allongement des rotations et de gestion des adventices ? Pourquoi observe-t-on une augmentation des parcelles de mélanges céréales protéagineux ? Peut-on envisager les légumes de plein champ sans système d’irrigation ?... autant de problématiques qui seront abordées et animées tout au long du Salon.

Des espaces thématiques affleurent 3 ha d’espaces de démonstration en fourrages, grandes cultures et légumes sont également en train de se conceptualiser avec les machinistes et les concessions de la France entière afin de présenter les matériels en action. La FR CUMA animera ces démonstrations de désherbage mécanique, désherbage thermique, binage des céréales, travail du sol, chaîne de récolte de fourrages et semoirs spécifiques. La bio a le vent en poupe et les opérateurs économiques de la filière cherchent à répondre à une demande sociétale forte. Le rendez-vous leur est donné dans le Village d’exposants qui leur permettra de présenter les perspectives des marchés ouverts et en plein essor, notamment en légumes de plein champ. Un nouvel espace dédié à la Conversion, l’Installation et la Transmission a également été imaginé pour que les porteurs de projet ou tout simplement les curieux discutent des cheminements possibles vers l’agriculture

www.terreaubio.fr

QUE

CHNI

N TE ’E A U TERR B I O 7 SALO

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Colza associé au Sarrazin, Lentilles fourragères et Trèfle blanc

1 er SALON professionnel des techniques bio en hauts-de-france

mer. 7 & jeu. 8 JUIN 2017 À chÈvreville, dans l’Oise teurs les ac ntéresser ’i ontrer r renc giques et sovantes. u o p biolo ilégié l t inn atériees ur priv filières iques e Carrefoulture, desagro-écolog ations de m sur l s c r e s t ri c s e g n a u n e o r de l’ x techniq • dém io confé au étalesants • mini-systèmes b s s es Vég Vitrinage d’expomances de r • vill perfo

www.terreaubio.fr

Mélange Trèfles blanc et violet, Ray grass et Chicorée

biologique, réfléchissent ensemble à l’élaboration d’un système cohérent et le plus autonome possible, adapté à chacun en fonction de ses aspirations et du potentiel de son exploitation. Bien plus qu’un changement de pratiques, il s’agit d’appréhender un nouveau métier ! Toute l’équipe de l’ABP est mobilisée pour organiser ce grand évènement en partenariat avec les Chambres d’agriculture. Aujourd’hui le projet prend forme grâce à l’implication des membres du comité technique soucieux de construire un salon innovant.

organisé par

en partenariat avec

et avec le soutien de nos partenaires

Terr’Eau Bio est rendu possible grâce au soutien des financeurs que sont le Conseil régional des Hauts-de-France, l’Agence de l’eau Seine-Normandie, l’Agence de l’Eau Artois-Picardie. En clair, Terr’eau Bio c’est du vert, des machines, des échanges et évidemment des hommes. Rendez-vous les 7 et 8 juin prochains à Chèvreville dans l’Oise !

Contact

Déborah Van Daëlle, ABP au 03 22 22 58 30 ou dvandaelle@biopicardie.com

MOBILISEZ-VOUS POUR CET ÉVÈNEMENT D’ENVERGURE ! Producteurs • Relayez l’information • Soyez bénévole • Venez en visiteur Organismes agricoles, Coopératives, Concessionnaires, Fournisseurs de produits agro-écologiques • Relayez l’information • Invitez en direct les

agriculteurs • Organisez leurs déplacements • Si vous êtes opérateur avec une activité bio, réservez un emplacement ! www.terreaubio.fr/exposer/formules-tarifs • Venez au salon

Collectivités • Relayez l’information • Invitez en direct les agriculteurs • Organisez leurs déplacements • Venez au salon

Pour tous renseignements, contactez Delphine BEUN au 03 22 22 58 30 ou salonterreaubio@bio-picardie.com

Réservez les dates des 7 et 8 juin 2017 à Chèvreville dans l’Oise !


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Techniques maraîchage ...RIGUEURS D’HIVER ! QUE FAIRE ? Les prévisions météorologiques de saison nous font part de beaucoup d’incertitudes pour les mois à venir. Cependant, les scénarios convergent et laissent entendre qu’un hiver doux identique à celui de 2015 et 2016 semble avoir peu de chance de se reproduire. En maraîchage diversifié, sommes-nous préparés à traverser un hiver rigoureux pour les cultures en plein champ et sous abris ?

La neige peut occasionner d’importants dégâts pour l’ensemble des cultures en plein champ. À la suite d’un épisode neigeux, le poireau par exemple, sera marqué de trainées blanchâtres sur le feuillage. En conséquence, le temps de travail pour ébarber sera beaucoup plus long qu’au démarrage de la production. Le poireau sera avant tout amaigri et les rendements revus à la baisse. Si l’épisode neigeux se prolonge, les dégâts peuvent atteindre le fût du poireau et endommager complètement le parc. La mâche supporte le gel mais reste très sensible à la neige, elle ressort grillée et dépérit rapidement sous la pression des maladies. Il est possible de protéger de la neige les cultures en plein champ. La mise en place d’un voile de protection sur mâche le permet, toutefois, uniquement lors d’épisode neigeux de courte durée. La mise en œuvre de cette méthode sur poireau n’est pas envisageable, tant sa manipulation est rendue difficile et le risque de dégât lié à la charge est important (lorsque la neige gèle). Certains choux ont des aptitudes à résister à des gelées jusqu’à – 5°C, le choux de Pontoise et certains choux de Milan. Cependant, la neige peut provoquer des brûlures à cœur et faire disparaître la culture. À la suite d’un épisode neigeux, des conséquences sanitaires sont à envisager pour l’ensemble des légumes en plein champ. Les dommages sont autant de porte d’entrée pour les maladies fongiques et bactériennes.

Lors d’un hiver rigoureux, les gelées peuvent retarder les cultures sous abris de 2 voire 3 semaines. Il existe d’autres risques liés aux fortes gelées. Pour la carotte primeur semée en novembre ou en décembre par exemple, les températures basses durant une longue période vont provoquer sa vernalisation (traitement par le froid d’une culture pour lui permettre de rentrer en floraison). Ce phénomène s’observe par le changement de pigmentation du feuillage qui devient violet. Il faut donc se résoudre à broyer le parc de carottes. Le peu de réserve racinaire servira au développement de l’inflorescence à l’arrivée du printemps. Pour protéger le parc de carottes sous abris, la pose d’un voile de forçage est indispensable. Cette technique est valable pour d’autres cultures en respectant quelques règles pour les plus sensibles. La salade de type laitue, les jeunes pousses et les mescluns réagiront mal au contact direct avec le voile. Toutes techniques consistant à relever le voile permettront à ces cultures de passer l’hiver avec des températures basses (voile déposé sur arceaux, sur ficelle tendue sur arceaux). Les légumes sont stressés par le gel, ainsi, ils s’exposent largement aux maladies : le Botrytis est à redouter en cas de retour à des jours plus humides. Différentes méthodes de protection contre le gel existe et il convient d’évaluer lesquelles sont techniquement et économiquement réalisables. N’oublions pas qu’avant la mise en œuvre de mesures actives ou directes, il existe des mesures préventives : l’emploi de voile, le choix variétal, pour n’en citer que deux.

Les travaux d’hiver L’activité de production se réduisant, le travail s’oriente vers la préparation de la nouvelle campagne. La réalisation d’un bilan des résultats permet de rediriger les techniques qui n’ont pas été satisfaisantes. Les journées de rencontres de producteurs et formations professionnelles sont autant d’occasion pour échanger sur le bilan de l’année, les perspectives à venir et les opportunités. L’ABP et le GABNOR organisent cinq journées d’échanges en maraîchage diversifié portant sur plusieurs thématiques avec la volonté de faire se rencontrer les producteurs du nord et du sud des Hauts-de-France. Notez également qu’une formation sur la gestion de la fertilisation en maraîchage biologique aura lieu les 27 et 28 février 2017, à SaintOmer (62) et à Saint -Quentin (02).

Contact

Valentin Liénard, Conseiller technique en maraîchage ABP au 03 22 22 58 32 ou 06 31 29 25 07 ou v.lienard@bio-picardie.com

Mesures prophylactiques d’hiver pour réduire la pression des ravageurs et maladies sous abris. On distingue : - L’évacuation systématique des sujets malades, des cultures d’automne en fin de cycle et des flores d’adventices, véritable lieu de conservation de maladies et ravageurs. - L’aération des tunnels est indispensable lorsque la météo le permet afin de réduire les phénomènes de condensation. Notons que l’emploi de chauffages pour mettre en hors gel les cultures sous abris augmente significativement l’humidité de ce dernier. - Favoriser le drainage des parcelles (sous solage, décompactions). - Gérer les intrants organiques pour ne pas surfertiliser en azote : favorable aux maladies et ravageurs. - Le nettoyage des outils et équipements de cultures avant l’implantation de nouvelles cultures de printemps et d’été.


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Réseaux et filières bio FORUM D’OPÉRATEURS À COMPIÈGNE, LES OPÉRATEURS DES FILIÈRES BIOLOGIQUES ONT RENCONTRÉ LES AGRICULTEURS BIO DE DEMAIN ! Forte du succès de la première édition du Forum d’opérateurs à Conty en 2015, l’Agriculture Biologique en Picardie (ABP) a imaginé cette année la nouvelle édition à Compiègne sur le territoire de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, son partenaire, avec le soutien du Conseil régional des Hauts-de-France, l’Agence de l’eau Artois-Picardie, le Conseil départemental de l’Oise et la Communauté de la Région de Compiègne. 26 acteurs économiques des filières biologiques ont répondu présents le 30 novembre dernier. Les débouchés existent et la demande n’est pas comblée, notamment en légumes, comme l’illustre la présence de 11 acteurs de cette filière. Ce que ne manque pas de souligner en préambule Nadou Masson, Présidente de l’ABP, «Le mouvement de croissance de la consommation bio a connu en 2016 une accélération sans précédent avec 20% de croissance, voire 30% ou 40% lorsqu’il s’agit des légumes! »

Dès aujourd’hui… Les 26 opérateurs des filières grandes cultures, élevage et légumes de plein champ présents répètent le message  : les débouchés sont bien réels et les marchés biologiques en forte demande... dès aujourd’hui ! « On sent qu’il y a un virage à prendre. L’AB apparaît comme une des solutions possibles pour pérenniser mon exploitation économiquement et agronomiquement», témoigne un agriculteur conventionnel venu en visite à la recherche d’un nouveau système de production. À l’instar de cet agriculteur, 90 producteurs, majoritairement conventionnels, se sont rendus au Forum pour, avant tout, rencontrer des acteurs de la bio et découvrir une filière en plein essor, échanger avec les opérateurs présents des différentes filières bio, nourrir leur réflexion pour une conversion auprès des conseillers du Pôle de conversion, questionner sur la fertilité des sols… et pour certains, déjà prendre des contacts en vue d’une contractualisation.

Pour un développement équitable... Ce développement de l’offre en agriculture biologique, parce qu’il y a cette demande croissante, ne doit cependant pas tomber dans les travers connus du passé, mais emprunter le chemin du dialogue et de la concertation entre tous les maillons de la filière afin que chacun vive de son travail. Pour Nadou Masson, Présidente de l’ABP ce sont « les éléments clés d’une structuration différente », « en posant comme base de dialogue le prix de revient, et où chaque acteur doit maîtriser cet aspect».  Les producteurs qui se lancent en bio sont encouragés à s’organiser, à penser leur commercialisation collectivement et à être pleinement acteurs des organisations auxquelles ils appartiennent. L’édition 2017 du Forum prendra une autre ampleur, en s’intégrant dans le salon professionnel de grande envergure que l’ABP organise les 7 et 8 juin 2017. Nous vous donnons rendez-vous à Chèvreville (60) pour Terr’Eau Bio.

Contact Fanny Vandewalle, Chargée de mission Filières ABP au 03 22 22 58 37 ou f.vandewalle@bio-picardie.com

Retrouvez les opportunités de marché présentées par les 26 opérateurs présents au Forum à Compiègne dans le numéro spécial LABienvenue N°59, sur www.bio-picardie.com.


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SYSTÈME BOVINS LAIT BIO : 100 % HERBE OU POLYCULTURE ?

Échantillon des fermes étudiées

Herbagers

Polyculteurs

Le GABNOR a comparé sur les plans économiques et financiers deux groupes de producteurs laitiers bio de l’Avesnois : 5 herbagers et 5 polyculteurs. Depuis 2003, la Chambre d’Agriculture N-PDC et le GABNOR collectent chaque année des marges brutes (outil GTE Lait) auprès des éleveurs laitiers volontaires de la région Nord-Pas de Calais. Cet outil est un moyen efficace pour produire des références techniques et analyser ses résultats au sein d’un groupe homogène. Cependant, pour prendre du recul par rapport à son système, il est indispensable d’aller au-delà de la marge brute et d’intégrer ses charges de structures pour mesurer l’influence du système sur le revenu final. L’étude réalisée par Camille Roger (Ingénieure ISA Lille) en 2015 repose sur la comparaison de deux panels de fermes biologiques.

Le premier représente les éleveurs « herbagers » produisant du lait biologique sur prairies permanentes et sans terres labourables, et le second les exploitations biologiques en polyculture-élevage laitier. Ces exploitations sont toutes situées dans l’Avesnois (Thiérache du Nord). Les fermes en polyculture-élevage sont en moyenne plus grandes et plus productives mais permettent de dégager une rémunération permise (Voir graphique Coûts de production et rémunération permise) équivalente aux fermes herbagères rapportée à l’hectare, soit environ 950 €/ha. En effet, les fermes herbagères compensent des produits plus faibles par des charges également plus faibles. Par ailleurs le niveau d’endettement des fermes herbagères est plus faible, les

annuités pèsent moins sur l’excédent brut d’exploitation et leur confèrent un revenu réel à l’hectare supérieur à 644 €/ha contre 554 €/ha pour les polyculteurs. Les éleveurs évoluent généralement dans un cadre contraint (surface totale, surface accessible aux vaches, qualité des sols...). Ce cadre explique souvent le choix de se tourner vers un système de production ou un autre. Cette étude n’a pas vocation à « donner des leçons ». Cependant, elle tend à démontrer que, lorsque c’est possible à mettre en œuvre, un système herbager est économiquement performant.

Contact Bertrand Follet, Conseiller productions animales Avesnois au 03 27 77 51 69 ou bertrand.follet@gabnor.org

Coûts de production et rémunération permise (€/ha) Description de l’assolement moyen des fermes étudiées

Herbagers

Polyculteurs

Herbagers

ZOOM SUR… LE SUCRE DE BETTERAVE BIO C’est LA filière régionale qui n’existe pas encore en agriculture biologique… Plus pour longtemps ? Voici les premiers morceaux de sucre de betterave bio des Hauts-de-France ! La production est artisanale mais la dynamique est lancée... Nous vous livrerons plus d’informations dans un prochain numéro !

Polyculteurs


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JOURNÉE D’ÉCHANGES LA BIO CHANGE D’ÉCHELLE : OPPORTUNITÉ OU MENACE ? Le 14 décembre dernier, les représentants de la FNAB, sa Présidente Stéphanie Pageot, éleveuse en Pays de la Loire, Sylvie Corpart, Présidente de la FRAB Champagne-Ardenne et Julien Adda, Délégué général étaient venus partager le débat avec le réseau Bio des Hauts-de-France. Depuis le début d’année la bio connaît une croissance exceptionnelle tant au niveau de la consommation que de la production. Malgré cela, beaucoup de produits sont en rupture et les transformateurs et distributeurs sont venus à la rencontre du réseau pour développer des collaborations. Si nous avons appelé cette croissance de nos vœux depuis de nombreuses années, elle attire aussi notre vigilance et soulève un certain nombre de craintes. Une cinquantaine d’adhérents et salariés du GABNOR et de l’ABP sont venus partager leurs idées, leurs témoignages, pour évoluer ensemble dans la construction d’une filière bio dans la logique du projet FNAB que nous portons. Nous avons proposé 3 thèmes de réflexion autour desquels adhérents et salariés ont bâti quelques idées fortes : Comment développer l’équitabilité dans les échanges du producteur au consommateur ? Définir un prix qui rémunèrerait justement les acteurs de la filière est plus simple à énoncer qu’à mettre en œuvre. Au-delà de la volonté de principe, les producteurs et coopératives présents dans le débat ont mis en avant la nécessité de former les acteurs pour rendre possible le dialogue au sein de la filière (définition du prix de revient, quelle rémunération du travail de production), mais aussi de développer les références technico-économiques, la communication avec les consommateurs, etc. Le réseau n’est pas là pour structurer les filières mais pour développer les outils pour aider les acteurs à dialoguer. Le réseau doit-il accueillir tous les acteurs ? la réponse est unanime, et au regard du débat qui a déjà eu lieu dans plusieurs régions de France, l’esprit d’ouverture qu’ont appelé de leurs vœux les adhérents présents est le reflet d’une tendance nationale. En effet, ils souhaitent faire connaitre la charte des valeurs : elle invite les acteurs bio dans une démarche de progrès pour que chacun rende plus durable son activité ; le cahier des charge bio s’appuie surtout sur des critères environnementaux mais la charte propose d’aller plus loin socialement, dans l’ancrage dans les territoires, et dans la gestion des énergies. Cette démarche d’amélioration continue est aussi une idée forte qui est ressortie de l’atelier qui s’interrogeait sur le risque d’une bio à plusieurs vitesses. En effet, l’arrivée du nouveau cahier des charges européen fait craindre une dégradation des principes de base qui ont amenés les acteurs économiques et les consommateurs vers la bio. Comment se différencier dans le paysage quand les consommateurs se posent déjà des questions ? « Il y a bio et bio » entend-on régulièrement. La confiance que recherchent les citoyens dans ce qu’ils mangent doit être développée, maintenue voire restaurée, la communication est un élément clé et les producteurs notamment doivent ouvrir leur ferme pour expliquer ce qu’ils font. Un certain nombre d’adhérents nous ont fait part de leur intérêt pour ces questions et nous enverrons prochainement les comptes-rendus détaillés des échanges. En tout état de cause, nous vous invitons à y contribuer en participant à l’une des réunions « de territoire » que nous organiserons en février avant notre AG qui aura lieu quant-à elle en avril prochain.


Labienvenue N° 60 • Décembre 2016 • 7

LA VENTE DIRECTE EN HAUTS-DE-FRANCE : UN DÉFI À RELEVER ! En Picardie, 6% des achats en bio sont réalisés en circuits courts contre 13% en France*. Le contexte est donc peu favorable à la vente directe, en revanche l’intérêt de la relocalisation de l’agriculture et de l’alimentation est grandissant. La thématique intègre les politiques publiques depuis quelques années maintenant et d’autant plus dans ce contexte agricole en difficulté. * Source : Agence bio 2014. Fort de ce constat, nous souhaitons accompagner les acteurs pour renforcer la présence, la visibilité de l’agriculture biologique en vente directe. En 2016, l’ABP a mené une enquête auprès d’un panel d’une vingtaine de producteurs bio, de transformateurs bio en vente directe et auprès de distributeurs bio répartis sur le territoire Picard. Nous avons tenté d’identifier les besoins d’accompagnement. En effet le contact direct avec le consommateur appelle souvent à des compétences spécifiques. Cela peut paraître parfois laborieux et/ ou chronophage. Valoriser ses produits, sensibiliser les consommateurs et/ou les amapiens remplit considérablement un planning déjà très chargé et consacré à la production, la fabrication et la logistique. Les principales conclusions de cette enquête  ont mis en lumière l’intérêt des structures rencontrées pour travailler sur la communication et les outils valorisant les produits bios locaux. Les producteurs commercialisant leurs produits en amap font état des difficultés rencontrées à la sensibilisation de leurs nouveaux clients amapiens. Une nouvelle vague arrive, les producteurs doivent à nouveau expliquer les enjeux d’une amap, sensibiliser à l’agriculture biologique, etc. Plusieurs actions ont été mises en place suite à cette enquête et seront développées en 2017. L’ABP a proposé, en lien avec notre partenaire la Fédération des Amap de Picardie, la réalisation d’ateliers culinaires pour valoriser les produits bio locaux. Cette proposition a fait écho et un premier atelier culinaire a eu lieu le 17 septembre chez Edwin Delasalle, paysan boulanger proposant du pain, de la farine de blé et de lentillon, des lentilles vertes et rosées, des pois cassés. Corinne Vilt, diététicienne nutritionniste, a donc abordé la thématique des légumineuses et la réduction de la consommation de viande avec la quinzaine de participants à travers 6 recettes originales et savoureuses. Cet atelier a permis l’organisation par la ferme d’un second atelier courant novembre sur la même thématique. Nous proposerons à d’autres producteurs et d’autres AMAP d’organiser des ateliers culinaires qui permettent dans une ambiance chaleureuse de découvrir des produits et d’autres façons de cuisiner et de se nourrir. Suite de l’article en page 8.

Réseau social et vente directe : Pourquoi et comment développer sa visibilité ? Mardi 24 janvier 2017 De 9h à 17h Formation

2017

La formation se déroule à l’ABP 14 rue du 8 mai 1945 80 090 Amiens Repas inclus

Face à un nombre croissant de producteurs biologiques proposant une offre locale aux consommateurs, il convient de plus en plus de rendre visible cette offre, renforcer la connaissance des lieux de vente et favoriser l’achat des consommateurs chez les producteurs. Le réseau social Facebook est un des outils permettant de répondre à ces objectifs. • Mieux appréhender les enjeux et l’utilité marketing des réseaux sociaux • Sensibiliser à l’intérêt commercial de Facebook pour l’entreprise • Déterminer une stratégie commerciale en fonction des cibles définies • Créer un compte et le paramétrer pour élaborer sa stratégie de communication • Développer son cercle de cibles et/ou d’»amis» • Animer son compte et sa ou ses pages d’entreprise • Promouvoir commercialement son entreprise • Calculer sa notoriété et apporter des axes d’amélioration Méthodes Exposés, échanges, démonstration

www.bio-picardie.com Avec le soutien de

IntervenAnt Laurent Pilniak, formateur en communication digitale

InsCrIPtIon

AvAnt Le 17 jAnvIer 2017 tarif adhérent ABP : 30€ par personne tarif non adhérent : 50€ par personne ContACt Sophie ROSBLACK au 03 22 22 58 30 ou s.rosblack@bio-picardie.com


8 • Labienvenue N° 60 • Décembre 2016

Pour répondre à l’objectif de visibilité des producteurs et des produits bio, nous proposons à l’ensemble des producteurs en vente directe une première formation le mardi 24 janvier 2017 qui abordera les réseaux sociaux et plus spécifiquement Facebook. Elle sera animée par un formateur en communication digitale, Laurent Pilniak. Toujours dans cette thématique Réseaux Sociaux, nous animons une page Facebook «  Manger Bio à Amiens  » depuis octobre dernier permettant la présentation de chaque acteur de la bio, les différents lieux d’achats de produits bio à Amiens et aux alentours. Ces différents acteurs ont été mis en lumière dans un document récapitulatif et diffusé le plus largement possible.

Venez LIKER la page !

Crédit Photo Marion Herlédan

D’autres actions  Rapidement, des fiches sur les différentes variétés de produits et leurs utilisations seront également proposées aux producteurs. Les premiers produits seront les pommes de terre, les pommes et les tomates. Concernant le travail avec la distribution spécialisée, nous proposerons courant janvier une réunion pour aborder la relocalisation de l’approvisionnement. Nous souhaitons porter ce sujet et permettre à chaque consommateur picard de trouver des produits bio locaux picards voire des D’autres actions verront le jour en 2017 avec votre aide ! Nous sommes à votre écoute et souhaitons vous aider à mettre en avant votre activité ! Hauts-de-France dans leurs magasins. Une question, une idée ? Contactez Sophie Rosblack au 03 22 22 58 33 ou par mail : s.rosblack@bio-picardie.com

Et si on pratiquait une cuisine facile, gaie, et savoureuse, pour notre écologie personnelle et celle de la planète ? C’est ce que propose Véronique Bourfe-Rivière en métropole lilloise, où elle anime des ateliers de nourrithérapie (nourriterre-happy!). Pour vos buffets de fêtes, elle vous propose cette recette fraîche et colorée, en apéritif ou entrée. Plus d’infos sur www.se-nourrir.fr.

Carpaccio de légumes racines 1 betterave crue • 1 chou-rave • 1 radis noir • Huile de sésame • graines de sésame • fleur de sel • persil haché Bien laver et brosser les légumes. Avec une mandoline, ou un couteau-économe, tailler des tranches très fines. Les disposer harmonieusement sur un plat. Verser un beau filet d’huile. Faire griller le sésame dans une poêle bien chaude. Lorsque les graines gonflent et sentent bon, éteindre, ajouter la fleur de sel, écraser grossièrement. Saupoudrer les graines et le persil juste avant de servir. Véronique Bourfe-Rivière, Nourrithérapeute, journaliste & consultante 32, rue de la Concorde, 59491 Villeneuve-d’Ascq 03 20 65 27 70 ou 06 10 17 37 34

LABienvenue La lettre d’information de l’agriculture biologique en Picardie Directeur de la rédaction : Nadou Masson, Présidente | Rédaction : ABP et GABNOR | Maquette et mise en page : Virginie Roland, ABP | Crédits Photos : ABP, Marion Herlédan. Imprimé sur papier recyclé par l’imprimerie I&RG (80). | Numéro ISSN : 2431-1049. L’ABP est soutenue par le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, le Conseil régional des Hauts-de-France, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, l’Agence de l’Eau Artois-Picardie et les Conseils départementaux de l’Oise et de l’Aisne. Agriculture Biologique en Picardie | 14, rue du 8 mai 1945, 80090 Amiens | T 03 22 22 58 30 | F 03 22 41 11 08 | contact@bio-picardie.com www.bio-picardie.com | ABPicardieTV sur Youtube | Facebook | Tweeter | Organisme de conseil indépendant N° Agrément PI01462 SIRET 433 476 686 00038


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