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numéro spécial hauts-de-france

La lettre d’information de l’agriculture biologique • www.bio-picardie.com •

N° 57 - Juin 2016

rÉseaux et filières

partenariat pour les filières bio locales diversification des offres filière viande Fruits et légumes : transformation bio locale en pas-de-Calais dÉveloppement de la filière légumes secs PAGES 2 À 4

Crédits Photos : GABNOR

Optimisation des systÈmes

Laboratoire de transformation de Vieille-Église (62).

Édito

Nadou Masson, Présidente ABP

Je suis fière de vous présenter le numéro spécial de LABienvenue co-réalisé par les équipes du GABNOR et de l’ABP. Ce numéro «Hauts-de-France» reflète la richesse et la diversité du maillage économique de la filière bio en région. Nous savons qu’il y a une forte augmentation des surfaces cultivées en bio et l’enjeu de demain est que le développement de la valeur ajoutée des filières se fasse sur notre territoire ! Pour cela l’ABP et le GABNOR, riches d’un savoirfaire acquis depuis de nombreuses années et reconnus par les agriculteurs et les opérateurs économiques partenaires, apportent leurs compétences à tous les acteurs de la filière bio. N’hésitez pas à les contacter !

maïs grain en AB colza oléagineux en AB focus maraichage contractualisation en légumes de plein champ PAGE 5 À 7


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Réseaux et filières bio Bio d’ici d’abord et Biocoop Partenaires pour développer des filières au plus proche du territoire

Bio d’ici d’abord a clôturé une belle année 2015 avec un chiffre d’affaires en progrès de 12% par rapport à l’exercice précédent. La dynamique se poursuit avec un premier semestre 2016 encourageant. L’augmentation de la consommation bio se ressent sur les ventes de la plate-forme. Parallèlement, le 400ème magasin du réseau national Biocoop a vu le jour le 26 mai dernier. Ces développements conjoints s’accompagnent d’un partenariat privilégié entre le réseau national et la plate-forme locale. Les liens entre les deux structures s’observent pour les deux débouchés de Bio d’ici d’abord.

Magasins spécialisés : un souhait de favoriser le local dans le réseau Biocoop Le local est la première valeur fondamentale de notre convention de distribution des magasins Biocoop. Pour répondre à cette valeur du réseau, Biocoop national finance 4 postes de chargés de développement des produits locaux répartis sur la France entière depuis 2012. Par ailleurs, plusieurs Biocoop sont sociétaires de Bio d’ici d’abord. Comment sont définis les produits locaux pour un magasin Biocoop ? • Quoi ? Une production agricole, ou un produit transformé dans une entreprise locale, hors achat revente. • Où ? À moins de 150 km routiers du magasin. Le référencement des produits locaux se réalise en recherchant le respect des cri-

tères de sélection Biocoop. En national, les magasins Biocoop travaillent avec plus de 5 500 fournisseurs locaux. Les relations avec les plates-formes locales telles que Bio d’ici d’abord sont privilégiées. La relation de confiance et de proximité de ces plates-formes, leur ancrage territorial et le lien avec les agriculteurs et clients sont une ressource pour le réseau Biocoop. Par ailleurs, Bio d’ici d’abord est garant de la qualité des produits fournis aux magasins.

Restauration collective : un partenariat entre Bio d’ici d’abord et Biocoop restauration Biocoop restauration est une filiale du réseau Biocoop qui travaille spécifiquement sur l’approvisionnement de la restauration collective sur tout le territoire français. La filiale est partenaire de Bio d’ici d’abord depuis ses débuts en 2010. Elle propose une veille sur les marchés publics pour apporter une visibilité des besoins en restauration collective en région. Biocoop restauration est à la fois partenaire et fournisseur de Bio d’ici d’abord. Dans le cadre de réponses à des appels d’offres, Bio d’ici d’abord peut répondre avec Biocoop restauration pour proposer des produits qui ne sont pas (ou peu) disponibles en régions. Ainsi, les deux structures ont remporté le marché public de la Ville d’Amiens avec l’aide de l’ABP. Il représente 7 000 repas par jour et, en 2016, 18% de produits bio dont 3% de bio local en progression constante.

Débouchés de Bio d’ici d’abord % du CA 2016

Des projets en cours pour Bio d’ici d’abord L’année 2015 a été marquée par l’aboutissement de plusieurs projets dont le poulet local maintenant proposé à la restauration collective et à la distribution spécialisée, mais aussi les livraisons en éco-transport sur la zone d’Amiens par l’intermédiaire de l’association « La Petite Boucle ». Bio d’ici d’abord travaille aussi avec d’autres réseaux de magasins spécialisés et des magasins bio indépendants. Côté producteurs, la plate-forme travaille avec une quarantaine d’agriculteurs et est toujours à la recherche de nouveaux fournisseurs.

Contacts Fanny Vandewalle, Chargée de mission Filières ABP au 03 22 22 58 37 ou f.vandewalle@bio-picardie.com

Ludovic Pradel, Bio d’ici d’abord au 03 60 12 25 39 ou bio.dici.dabord@live.fr

Fabien Payen, Chargé de développement local Biocoop au 01 44 11 13 60 ou f.payen@biocoop.fr


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structuration de filière Viande bio en Hauts-de-France, vers une diversification des offres... En 2014, la plus grande boucherie bio de France était la GMS* avec 51% des volumes de viande bio vendue (source : Observatoire des viandes bio 2014, Interbev). Des initiatives locales s’orientent vers une valorisation de la viande bio sur d’autres marchés tels que les boucheries artisanales, les magasins spécialisés ou encore la vente directe. Dans les Hauts-de-France, environ un tiers des agriculteurs biologiques sont des éleveurs. Deux associations s’inscrivent dans des projets structurants pour la filière viande avec un objectif de valorisation locale des productions. * Grande et Moyenne Surface

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Association Viandes bio Nord Pas de Calais-Picardie Fédérer les acteurs de la production à la consommation

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L’association est un Pôle de coopération économique incluant des acteurs de la production à la consommation de viande biologique issus d’animaux de préférence nés, élevés et abattus en Hauts-de-France. L’implication de l’ensemble des acteurs de la filière permet de répondre au mieux aux besoins de la distribution. La transparence dans la formation du prix payé au producteur et l’intérêt économique de l’ensemble des acteurs du pôle sont assurés en s’appuyant sur la contractualisation. 2015 marque l’année de la concrétisation avec le démarrage de la commercialisation de porcs ; 3 éleveurs ont fourni 345 porcs charcutiers. Cette année, la filière se développe avec déjà 394 animaux abattus au 20 mai 2016. L’association Viandes bio d’ici compte développer une offre en volaille et en viande bovine.

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Fiche d’identité Date de création • 2010 Président actuel • Laurent Rigaud, boucherie Rigaud et filles Objet • Structuration d’une filière de viande bio locale par l’accompagnement de la production, la transformation et la commercialisation Adhérents

Contacts Laurent Rigaud, président | laurent. rigaud@aliceadsl.fr • Bruno Retailleau, animateur | au 03 20 32 25 35, bruno.retailleau@gabnor.org.

Coopérative micro-Abattoir 80 Un « Pôle Viande » pour répondre aux attentes des éleveurs en circuits courts L’association a été créée dans un contexte de manque d’outils pour la filière viande : abattage, découpe, transformation. Pour entamer l’étude technique et financière d’un outil conjoint qui permette la gestion du bétail jusqu’à la livraison de viande transformée, la coopérative a fixé un objectif d’engagement de 300 T/an. Le niveau engagé est actuellement à environ 100 T/ an. En attendant le développement d’un outil en propre qui requiert un investissement de 2 millions d’euros, les coopérateurs ont décidé de lancer un appel d’offre globalisé à destination des prestataires existants pour proposer aux éleveurs un service de livraison, abattage, découpe et transformation à la carte. L’appel d’offre vient d’être lancé (prévu fin juin).

Contacts Mathieu Devienne, mathieu.devienne@ gmail.com • Fanny Vandewalle, Chargée de mission Filières ABP au 03 22 22 58 37 ou f.vandewalle@ bio-picardie.com

Fiche d’identité Date de création • 2014 statut associatif, 2015 coopérative Président actuel • Matthieu Devienne, éleveur bio Objet • Développer un outil logistique, d’abattage, de découpe et de transformation par et pour les éleveurs qui commercialisent en circuit court Zone géographique • Ouest de la Somme et alentours Adhérents • 119 éleveurs dont 4 éleveurs bio

De juillet à septembre 2016

En janvier 2017

Appel d’offre globalisée Lancement des prestations


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Réseaux et filières bio Légumes secs

quels développements possibles à l’échelle des territoires ?

Fruits et légumes : une solution transformation bio, locale et solidaire !

Crédits Photos : GABNOR

Suite aux accords pris dans le cadre de la COP 21, il est temps d’agir pour limiter le réchauffement climatique. L’ONU a proclamé 2016 comme l’année internationale des légumineuses.

L’Ecopôle alimentaire de la région d’Audruicq est un centre de ressource et de développement de nouvelles activités agrorurales et d’appui aux systèmes alimentaires locaux situé à Vieille-Eglise, entre Calais et Dunkerque. Ce projet est incarné par ses premiers occupants, Terre d’Opale et les Anges Gardins. Le Pôle Territorial de Coopération Économique (PTCE) Terre d’Opale, membre du GABNOR, s’est doté d’un laboratoire de transformation de 300 m2 opérationnel et ouvert à tous. Son équipement permet la conservation de légumes et soupes stérilisées, la conservation de légumes frais sous vide et la réalisation de confitures, coulis et jus. On y trouve ainsi une chambre froide, une salle d’agréage, une légumerie climatisée et différents outils de transformation (autoclave de 200 litres…). L’atelier s’adapte aux productions de toutes les dimensions. Vous pourrez ainsi : 1) Acheter des légumes avant perte pour la gamme de produits Terre d’Opale, 2) Travailler à façon sur vos produits conservés, 3) Être accompagné dans votre autoproduction (vous transformez, on vous aide). Une dizaine de producteurs bio du territoire utilise déjà cet espace de transformation. Si nécessaire, vous pourrez également vous fournir en produits bio auprès de Terre d’Opale, en réseau avec de nombreux producteurs et la coopérative Norabio.

Crédits Photos : GABNOR

Laboratoire de transformation de Vieille-Église.

De plus, le site comprend un espace de restauration pour accueillir des groupes, faire découvrir vos produits… Dominique Hays, administrateur du GABNOR, se réjouit d’avoir réussi à faire émerger ce projet gourmand en investissements : « Je pense que nous avons besoin de développer les outils mutualisés entre producteurs et à leur service. C’est le meilleur moyen d’optimiser les productions et d’avoir le contrôle des outils dont dépend notre avenir économique ». Pour en savoir plus et/ou avoir accès au laboratoire de transformation de VieilleEglise, contactez Noémie Manduchet 06 13 92 25 83 ou nboulanger@terredopale.fr • Hafid Djelad 07 61 89 21 71 ou adjelad@ terredopale.fr • Dominique Hays 07 61 89 21 73 ou dhays@ecopolealimentaire.fr

Le 3 mai dernier, le Réseau Action Climat et Solagro ont organisé une journée d’échanges sur les légumes secs (haricots, pois cassés, pois chiches, lentilles…). Ces cultures, en tant que légumineuses, présentent un faible impact climatique et ont toute leur place en AB : fertilité du sol, diversification des assolements et création de nouveaux débouchés. Il est ressorti de la journée que les français sont de petits consommateurs de légumes secs avec une moyenne d’1,7 kg/an/habitant contre 11,4 kg pour les canadiens. Les consommateurs réguliers de produits bio se placent au-delà de cette moyenne avec une consommation supérieure de 49% pour les hommes et 85% pour les femmes (Source : Étude NutriNet-Santé). Actuellement, la France importe 80% des légumes secs consommés. En terme de volumes, les principaux débouchés sont des industries qui bénéficient de prix bas liés aux avancées techniques de certains pays sur le sujet tels que la Chine, la Turquie, le Canada… L’apport protéique des légumes secs, en alimentation humaine, en fait un complément pertinent aux protéines animales. Les initiatives présentées au cours de la journée prouvent la pertinence de l’échelle territoriale. Des ateliers ont permis de recueillir les expériences de cantines et de coopératives à l’initiative du développement des filières légumes secs dans les territoires. En Picardie, les légumes secs bio sont une culture très faiblement représentée. On compte aujourd’hui environ 100 ha de lentilles. Le développement des filières légumes secs doit être envisagé à travers la production et la consommation. Il ressort des échanges de gros besoins d’accompagnement technique pour la production mais aussi pour la gestion post-récolte, notamment le tri. Le développement de la filière passera aussi par une adaptation des variétés propre au contexte pédo-climatique de chaque territoire et une mise en valeur d’un produit final à forte valeur ajoutée. Cette thématique vous intéresse? Contactez Fanny Vandewalle, Chargée de mis-

sion Filières ABP au 03 22 22 58 37 ou f.vandewalle@bio-picardie.com


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Optimisation des systèmes techniques grandes cultures LE maïs grain en AB, une culture pas si difficile ! Le maïs, plante en C4, a un profil très intéressant dans les systèmes de production en AB de par plusieurs aspects : • Fixation augmentée du carbone, • Adéquation entre besoin de la culture et minéralisation du sol, • Permet de gérer facilement l’enherbement, • Marché toujours en attente, rentabilité au rendez-vous !

Conditions pour bien réussir son maïs : un précédent favorable, avec de l’azote disponible.

Semis.

Les besoins en azote déterminent la place du maïs dans la rotation, l’idéal étant de le placer derrière une légumineuse, une prairie temporaire de 2 ans ou plus, ou un engrais vert (ex. : trèfle blanc sous couvert ou post-récolte à base de légumineuse). Dans ces derniers cas, il faudra détruire le précédent au minimum 2 mois avant l’implantation du maïs pour éviter les éventuelles pressions des ravageurs et pour augmenter la disponibilité en azote au démarrage de la culture.

Maïs fermeture du rang.

Choix de la variété Les 2 critères à privilégier sont : • La précocité : Ne pas choisir de variété trop tardive (indice > à 270), qui aurait pour conséquence de retarder la date de récolte ou de devoir récolter avec un taux d’humidité important. À noter que plusieurs essais variétés maïs grain AB ont lieu chaque année en Picardie ! • La vigueur : Le choix d’une variété avec une bonne vigueur de départ est primordiale en AB, cela limite la pression ravageurs (ex : limace) et permet de prendre le dessus sur les adventices.

Le Semis Ne jamais semer si la température du sol est inférieure à 8 °C (pour rappel le zéro de végétation du maïs est de 6°C). La profondeur de semis est également essentielle, 6 à 7 cm semble un compromis pour éviter la pression corbeaux. La dose de semis doit tenir compte des futurs passages de désherbage mécanique, 100 000 à 110 000 gr/ha permettent d’arriver à 90 000/95 000 pieds à la récolte.

Préconisation de passage d’outils en fonction du stade Stade et Outils Pré-levée Pointant 1F

2-3F

4-5F

6F et +

Gestion de l’enherbement jusqu’au stade 8 feuilles (fermeture du rang) Les faux semis doivent être envisagés, l’objectif étant de remettre le compteur adventice proche de zéro avant le semis. Pour cela, une reprise de labour suivie d’une préparation permettant des passages de herses étrilles sont conseillées. Un passage de herse étrille après le semis permet généralement de masquer les lignes de semis et niveler le sol en vue des passages d’outils de désherbage mécanique présentés ci-contre. Arrivé au stade 8 feuilles, c’est gagné !

Bineuse

Contacts Simon lenoir au 03 22 22 58 34

Herse étrille

ou s.lenoir@bio-picardie.com • Guillaume Roussel au 03 22 22 58 36 ou g.roussel@ bio-picardie.com

Houe rotative


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techniques grandes cultures Le colza oléagineux en AB, l’innovation au service de la production Réputée exigeante, technique et peu répandue en AB, la culture de colza oléagineux agrobiologique se développe progressivement en Hauts-de-France de par la mise en place d’itinéraires techniques fiables et une filière en demande d’autre part.

Le colza : en tête de rotation ! Culture à cycle long, le colza sera préférentiellement placé à la suite d’une prairie temporaire à dominante légumineuse fourragère afin de bénéficier de l’effet désherbage de celle-ci et du « priming-effect » azoté lié à la destruction de la prairie. En effet, le colza est sensible à l’enherbement au début de son cycle de culture or la prairie temporaire pluriannuelle offre ces conditions d’autant que celle-ci sera détruite un mois avant le semis et permettra la réalisation d’un faux semis. Par ailleurs, la dynamique des besoins azotés du colza est atypique dans nos systèmes de culture. En effet, le colza valorise très bien l’azote disponible en fin de saison et se montre sensible aux carences azotées en fin d’hiver d’où l’intérêt de le placer en tête de rotation.

Une implantation soignée et précoce. Afin d’atteindre les objectifs de peuplement (>20 p/m2) et de biomasse verte (>2,2 kg/ m2) en sortie d’hiver, l’implantation du colza doit être réalisée dans de bonnes conditions et précocement (2ème quinzaine d’août) afin d’assurer un développement régulier et rapide de la culture. Le labour superficiel suivi d’une préparation de semis de type betteravier reste aujourd’hui la façon culturale la plus fiable. Par ailleurs, la profondeur de semis (<1cm) et surtout la densité de semis (40 gr/m2) devront être ajustées afin d’obtenir un peuplement optimum.

techniques fourrages quels mélanges pour quel besoin ?

Floraison

Couverture du trèfle blanc post-récolte

En ligne ou en compagnie ? Classiquement, le colza est implanté en ligne au semoir monograine afin de permettre le binage. Des essais d’association du colza avec des plantes compagnes, gélives ou non, conduits depuis deux ans ont mis en lumière des effets de leurre vis-à-vis des insectes, des effets de concurrences vis-à-vis des adventices sans préjudices sur le colza et d’autres effets tels que la production d’azote pour la culture suivante ou encore la gestion des repousses. À la suite de ces essais, le sarrasin (10 kg/ha) et la lentille fourragère (10 kg/ha), ces deux plantes gélives ont été retenues pour leurs croissances rapides et leurs effets en début de cycle. Enfin, l’adjonction de Trèfle Blanc (4kg/ha) au semis a montré des bénéfices

importants à partir de la fin du cycle et assure une production d’azote (80 kgN) pour la culture suivante (débouchés meuniers). En association, le colza oléagineux peut être implanté à la volée via la herse étrille ou le semoir à céréale en un passage avec les plantes compagnes.

Vous êtes intéressés pour implanter du colza en 2016, contactez nous. Un projet d’expérimentation est en cours avec Biocer et le soutien financier du Conseil régional des Hauts-de France et des Agences de l’Eau. Contact Guillaume Roussel au 03 22 22 58 36 ou g.roussel@bio-picardie.com

FAUCHE DOMINANTE CONSERVATION SÈCHE Luzerne 25kg/ha – Fétuques des prés 8 kg/ha ou Fétuque élevée 5 kg/ha DOMINANTE CONSERVATION ANAÉROBIE Trèfle Violet 15 kg/ha – Trèfle Blanc 2 kg/ha – RGA 8 kg/ha

PÂTURAGE PÂTURAGE ANIMAUX BESOINS ÉLEVÉS Trèfle Blanc 4 kg/ha – Trèfle Violet 6 kg/ha – RGA 8 kg/ha – Festulolium 8 kg/ha – Chicorée Fourragère 0,5 kg/ha PÂTURAGE ANIMAUX BESOINS MODÉRÉS Trèfle Blanc 4 kg/ha – RGA 10 kg/ha – Fétuque élevée 10 kg/ha


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FOCUS maraichage intempÉries Suites aux intempéries des mois de mai et juin, les productions en maraîchage diversifié ont été fortement impactées. Les légumes de printemps en plein champ, du fait de la montée des cours d’eau ou d’une remontée du niveau des nappes, souffrent d’asphyxie racinaire et sont exposés à des pressions d’agents particulièrement fortes. Sous abris, les conséquences sont du même ordre en raison de la remontée des eaux et du taux très élevé de l’hygrométrie sur une longue période. Les cultures d’automne et d’hiver sont, pour la plupart, aussi fortement impactées. Quand elles sont déjà implantées, les signes de dépérissement arrivent tardivement, mais brusquement, ou bien l’état des sols retarde toute intervention mécanique dans la préparation du sol.

Comment réagir face à l’ensemble de ces problématiques ? Ne pas se précipiter pour les cultures en place et mettre en œuvre l’ensemble des moyens techniques, dès que la météo le permet, afin de préserver les cultures : • S’assurer de l’évacuation de l’eau stagnante lorsque les précipitations sont régulières. • Réaliser l’ensemble des mesures prophylactiques : désherbage, aération des abris,

évacuation des déchets, piégeage des limaces, effeuillage des plants malades. Cela permet de réduire les risques de proliférations des maladies et ravageurs. • Être en mesure d’intervenir en préventif, dès que possible, pour réaliser des traitements en plein champ et sous abris (purins, produit phytosanitaire sous réserve d’être en possession du Certiphyto, protection biologique intégrée). • Se réapproprier le calendrier de production : - De nouveaux semis sont à réaliser même s’ils ne répondent pas aux exigences en termes de stockage et conservation. C’est ainsi que le choix variétal, le cycle et les densités de semis sont à retravailler. - De nouvelles plantations : les difficultés d’approvisionnement s’expliquent par le temps de mise en culture en pépinière et à travers la disponibilité en semence en pleine saison. Contactez les fournisseurs de plants et des collègues qui n’auraient pas pu réaliser les plantations. N’implantez qu’en fonction de vos moyens à gérer la culture derrière (désherbage), essayez d’échelonner quitte à privilégier certains légumes pour ne pas vous retrouver avec des pics de travail ingérables. Préparez votre automne et votre hiver en légumes frais, il n’est pas trop tard pour vous organiser afin de compléter les manques en légumes de garde pour cet automne et surtout hiver : mesclun, épinard, radis, blettes, salades, mâche... Jouez à fond la

carte du maraîcher, notamment si vous avez des abris ! • Favoriser les échanges avec vos collègues maraîchers et légumiers sur les bonnes pratiques et le partage de «bons plans». • Contacter les acteurs de la filière : coopérative, metteur en marché, pour prendre connaissance des disponibilités de légumes sur le marché et anticiper des compléments de gamme pour cet hiver. • Participer aux groupes d’échanges, via des réunions téléphoniques, proposés conjointement par la FAMAPP et l’ABP et des réunions de bord champ par le GABNOR. • Face aux difficultés financières, signaler au plus vite votre situation auprès de la MSA. • Informer par courrier l’administration, DDTM et les organismes agricoles, pour faire part de votre situation dans une perspective d’indemnisation. L’ABP et la FAMAPP ont alerté l’administration et proposent d’apporter leur expertise pour évaluer l’impact technico-économique. Le GABNOR est aussi en lien avec la DDTM pour suivre la mise en œuvre possible du dispositif de calamités agricoles.

Contacts Valentin Liénard, conseiller technique en maraîchage ABP au 03 22 22 58 32 ou 06 31 29 25 07 ou v.lienard@bio-picardie.com Eugénie Grave, Animatrice Maraîchage GABNOR au 03 20 32 25 35 ou eugenie. grave@gabnor.org.

légumes de plein champ la contractualisation : un atout

À ce jour, la quasi-totalité des productions légumières de plein champs en agriculture biologique sont produites sous contrat. Si les producteurs se réjouissent de cet état de fait, pour que cela soit durable, il faudra dans l’avenir être plus vigilant dans les engagements des différentes parties lors de leurs négociations. Contractualiser pour un agriculteur, c’est se garantir par avance de débouchés tant en terme de prix que de quantité. Contractualiser pour un opérateur en amont de la filière, c’est sécuriser ses sources d’approvisionnement et organiser au mieux le marché. Si cela semble une évidence, il faut pour pouvoir bénéficier de ces atouts mener en amont une négociation rigoureuse pour que l’ensemble des parties s’inscrivent dans

une collaboration pluriannuelle comme la loi l’a prévue. Avant de se mettre autour de la table, l’agriculteur doit connaître ses coûts de production et de commercialisation. Une étude technico-économique doit être absolument réalisée. Elle doit s’appuyer sur un itinéraire technique qui peut être mis en œuvre sur l’exploitation, conditions pédoclimatiques, ressources humaines et investissements. Si l’ensemble des conditions ne peuvent être réunies, il est souhaitable de ne pas mettre en culture, même si le marché est en forte demande. Dès lors que la contractualisation porte sur des volumes et non des hectares, il est très important de sécuriser ses engagements. Se regrouper et assurer ses cultures pour diminuer les risques semblent être des solutions efficaces. Avant de faire une proposition commerciale, il est important pour un opérateur de s’assurer que sa demande correspond à l’offre. Il est normal d’attendre la qualité et les volumes contractualisés, mais ne pas perdre de vue que cela reste une production agricole soumise à des aléas climatiques. Revenir sur la qualité attendue est difficilement concevable, par contre il est indispensable de trouver une solution

pour accepter des variations de volumes livrés. Encadrer le tonnage à livrer par un pourcentage à la baisse ou à la hausse, la notion de manquant imposable de ce fait est incontournable. Cette piste de réflexion semble être une solution. Aucune des deux parties n’a intérêt à ne pas maîtriser ses engagements ; une gestion chaotique des volumes favorise le marché libre et cela est un frein au développement des filières. Le marché en forte progression et le souhait de l’ensemble des acteurs d’accompagner cette nouvelle demande génèrent quelquefois des collaborations où l’on n’a pas pris soin de respecter l’ensemble des étapes. L’agréage est le moment qui peut agréger les désillusions. Il est donc très important d’en définir quelques règles de bon sens. À quel moment, le lieu, les participants et en cas de litige quelle voie de recours amiable. L’ensemble des acteurs souhaitent le développement de l’agriculture biologique. Pour être au rendez-vous de ce défi, l’ABP, votre interprofession, peut vous accompagner. Contact Jean-Pierre Peral au 06 73 83 04 75 ou j.peral@bio-picardie.com.


8 • Labienvenue N° 57 • Juin 2016

La Thiérache à la fête !

Une 3ème Fête du lait BIO conviviale et familiale 220 petits déjeuners bio locaux servis à l’Earl Du Chêne Henry IV Dimanche 5 juin dernier a eu lieu la 3ème Fête du lait BIO à Lerzy en Thiérache. Cette nouvelle édition, organisée par la famille Tabary avec l’aide de l’ABP dans le cadre du Printemps Bio a été une belle réussite : 220 formules de petit déjeuner ont été servies. La fréquentation a été remarquable, avec entre 350 et 400 personnes venues des environs ou de plus loin… profiter des visites de la ferme (laiterie, serres,…), de nombreuses animations avec des artistes, des structures environnementales et des producteurs bio locaux mobilisés qui ont créé de la convivialité et des échanges très appréciés. Sophie Tabary : « Nous sommes très contents d’avoir accueilli cette Fête du lait chez nous. À notre grande satisfaction, cet événement a permis de rendre visible la bio sur le territoire et de créer un réseau bio et local autour de la ferme dans une ambiance conviviale et familiale. Tout ceci a été rendu possible grâce à tous les bénévoles qui sont venus de la nouvelle grande région des Hauts-de-France et auxquels nous voulons dire un grand merci ! » Evénement FNAB dans le cadre du Printemps Bio, la Fête du lait BIO est soutenue par le CNIEL (Le centre national interprofessionnel de l’économie laitière) et l’Agence Bio. Régionalement, elle est organisée avec le soutien du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et du Conseil régional des Hauts-de-France.

Annonces Vends troupeau de 20 bovins charolais bios (animaux âgés de 1 mois à 15 ans). Si vous êtes intéressés, contactez Catherine Terré au 06 25 17 06 91 en soirée. RECHERCHE NETTOYEUR À GRAIN, à plat ou rotatif, marque DENIS ou FAO. Contact Guillaume Roussel au 06 31 41 49 65.

www.bi o etlocal.o rg Un événement organisé par le réseau FNAB :

coordonné par :

En partenariat avec :

avec le soutien en région de :

APPEL À PARTICIPATION Dans le cadre de la campagne 2016, des actions de sensibilisation et d’information des citoyens et des élus sur les enjeux de l’agriculture biologique et de la consommation bio et locale seront organisées en Hauts-de-France et dans toute la France. La campagne Manger bio et local, c’est l’idéal est donc l’occasion de faire découvrir pourquoi et comment consommer des produits biologiques en circuits courts. Chaque année, le programme des événements est riche et varié (300 animations en France) : fermes ouvertes, conférences, dégustation de produits dans les magasins, ateliers culinaires, animations sur les marchés, cinés-débat, colloques, repas bio en restauration collective…

Vous souhaitez porter un événement,le co-organiser avec des acteurs de votre territoire entre le 17 et le 25

septembre en lien avec les valeurs de la campagne... pour l’inscrire dans la campagne, bénéficier de la communication nationale et de la coordination régionale, contactez Virginie au 03 22 22 58 31 ou v.roland@bio-picardie.com. La charte et la fiche d’inscription sont consultables sur bio-picardie.com.

Cette année, l’ABP coordonne la campagne nationale Manger bio et local, c’est l’idéal en Hauts-de-France avec pour objectif de favoriser le développement de l’activité des producteurs et des distributeurs bio locaux.

LABienvenue La lettre d’information de l’agriculture biologique en Hauts-de-France Directeur de la rédaction : Nadou Masson, Présidente | Rédaction : ABP et GABNOR | Maquette et mise en page : Virginie Roland, ABP | Crédits Photos : ABP, GABNOR. Imprimé sur papier recyclé par l’imprimerie I&RG (80) et Copy centre (59). | Numéro ISSN : 2431-1049. L’ABP et le GABNOR sont soutenus par le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, le Conseil régional des Hauts-de-France, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, l’Agence de l’Eau Artois-Picardie et les Conseils départementaux de l’Oise, de l’Aisne, du Nord et du Pas-deCalais. Agriculture Biologique en Picardie | 14, rue du 8 mai 1945, 80090 Amiens | T 03 22 22 58 30 | F 03 22 41 11 08 | contact@bio-picardie.com www.bio-picardie.com | ABPicardieTV sur Youtube | Facebook | Tweeter | Organisme de conseil indépendant N° Agrément PI01462 SIRET 433 476 686 00038

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LABienvenue N°57  

Lettre d'actualité de l'agriculture biologique en Picardie N° 57

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